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Mathématiques : Sous-groupes et SLn(Z)

Ce document présente les définitions et propriétés de base du groupe SLn(Z). Il introduit les notions de sous-groupe engendré, d'ordre d'un élément et de morphismes entre groupes. Il démontre ensuite plusieurs résultats sur la structure des sous-groupes finis de SLn(Z).

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Mathématiques : Sous-groupes et SLn(Z)

Ce document présente les définitions et propriétés de base du groupe SLn(Z). Il introduit les notions de sous-groupe engendré, d'ordre d'un élément et de morphismes entre groupes. Il démontre ensuite plusieurs résultats sur la structure des sous-groupes finis de SLn(Z).

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Première composition de mathématiques

ENS 2006 – MP
Notations et conventions
Soit G un groupe et soit S une partie de G. On appelle sous-groupe de G engendré par S l’inter-
section de tous les sous-groupes de G contenant S. On dit que S engendre G si le sous-groupe de
G engendré par S est G.
Un élément g de G est d’ordre fini si le sous-groupe de G engendré par {g} est fini. On appelle alors
ordre de g le cardinal de ce sous-groupe. Si G est fini, le cardinal de tout sous-groupe de G divise
le cardinal de G ; en particulier, tout élément de G est d’ordre fini et son ordre divise le cardinal
de G.
Dans tout le problème, n est un entier naturel non nul. Soit K un corps ; on note
— Mn (K) la K-algèbre des matrices carrées à n lignes à coefficients dans K ;
— GLn (K) le groupe des éléments inversibles de Mn (K) ;
— In l’élément neutre de GLn (K), c’est-à-dire la matrice identité de taille n ;
— SLn (K) le groupe de GLn (K) formé des matrices de déterminant 1 ;
— SLn (Z) l’ensemble des matrices de SLn (Q) à coefficients dans Z.
Pour tous éléments distincts i et j de {1, . . . , n}, on note Ei,j l’élément de Mn (Q) dont tous les
coefficients sont nuls, sauf celui de la i-ième ligne et de la j-ième colonne, qui vaut 1. On note
Mi,j = In + Ei,j ; c’est un élément de SLn (Z).

PARTIE I - Le groupe SLn (Z)

1) Montrer que SLn (Z) est un sous-groupe de SLn (Q) (on pourra utiliser l’expression de l’inverse
d’une matrice en fonction de sa comatrice).
2) Pour tous éléments distincts i et j de {1, . . . , n} et tout entier relatif m, calculer (Mi,j )m .
3) Soit M une matrice à n colonnes, non nécessairement carrée, à coefficients dans Z. On appelle
opération élémentaire restreinte sur les colonnes de M la multiplication à droite de M par une
matrice (Mi,j )m , où m ∈ Z et où i et j sont des éléments distincts de {1, . . . , n}. Comment
s’expriment les colonnes de la matrice M (Mi,j )m en fonction de celles de M ?
4) On suppose n ≥ 2. Soit a1 , . . ., an des entiers relatifs. Montrer que l’on peut,
 par des opérations

élémentaires restreintes sur les colonnes, transformer la matrice ligne a1 a2 · · · an en
 
la matrice ligne d 0 · · · 0 où d est le pgcd positif de a1 , a2 , . . ., an .
5) Montrer que l’ensemble des matrices Mi,j , pour i et j distincts dans {1, . . . , n} engendre le
groupe SLn (Z).
6) Soit p un nombre premier, de sorte que Z/pZ est un corps.
a. Montrer que la réduction modulo p des coefficients d’une matrice permet de définir un
morphisme de groupes
ϕn,p : SLn (Z) → SLn (Z/pZ) .

b. Montrer que ϕn,p est surjectif (on pourra utiliser la question 4 et raisonner par récurrence
sur n).

1
PARTIE II - Sous-groupes finis de SLn (Z)

7) Soit G un sous-groupe fini de GLn (R).


a. Montrer que tout élément M de G est diagonalisable sur C et qu’on a

Tr(M ) = Tr(M −1 ) et |Tr(M )| ≤ n .

Quels sont les éléments de G de trace n ? Quels sont ceux de trace −n ?


b. Soit U la matrice définie par X t
U= MM .
M ∈G

Montrer que l’application (X, Y ) 7→ tXU Y définit un produit scalaire sur Rn .


c. On munit Rn de ce produit scalaire. Montrer que les endomorphismes de Rn dont la matrice
dans la base canonique est un élément de G sont orthogonaux pour ce produit scalaire.
8) Soit G un sous-groupe fini de SL2 (Z).
a. Montrer que le groupe G est cyclique (on pourra utiliser la question 7.c)).
b. Montrer que le cardinal de G est 1, 2, 3, 4 ou 6.
c. Déterminer tous les éléments de SL2 (Z) d’ordre 2.
d. Caractériser les éléments de SL2 (Z) d’ordre 3, puis 4, puis 6, à l’aide de leur trace.
e. Pour chaque g dans {1, 2, 3, 4, 6}, donner un exemple de sous-groupe de SL2 (Z) de cardinal
g.
9) Soit M un élément de SL3 (Z) d’ordre fini. Déterminer les valeurs possibles de sa trace et
déterminer l’ordre M en fonction de celle-ci.
10) Considérons des matrices carrées, à coefficients dans un corps K, dont les lignes et les colonnes
sont indexées par un ensemble fini I pas nécessairement ordonné. Si X
M = (ai,j )i,j∈I et N =
(bi,j )i,j∈I sont de telles matrices, on définit la trace de M comme ai,i , la somme M + N
i∈I
comme la matrice (ai,j + bi,j )i,j∈I et le produit M N comme la matrice (ci,j )i,j∈I où
X
ci,j = ai,k bk,j .
k∈I

On définit ainsi une K-algèbre ; on notera MI (K) cette algèbre et GLI (K) le groupe de ses
éléments inversibles. Si I est de cardinal n, le choix d’une bijection entre I et {1, . . . , n}
induit un isomorphisme de K-algèbres entre MI (K) et Mn (K). On identifiera en particulier
GL{1,...,n} (K) et GLn (K).
Soit I et I 0 des ensembles finis, M et M 0 des éléments respectivement de MI (R) et MI 0 (R).
On définit un élément M ? M 0 de MI×I 0 (R) en posant M = (ai,j )i,j∈I , M 0 = (bi0 ,j 0 )i0 ,j 0 ∈I 0 et
M ? M 0 = (c(i,i0 ),(j,j 0 ) )(i,i0 ),(j,j 0 )∈I×I 0 avec

c(i,i0 ),(j,j 0 ) = ai,j bi0 ,j 0 .

Enfin, pour tout entier r strictement positif, on définit un élément M ?r de MI r (R) par
récurrence sur r en posant M ?1 = M et M ?r = M ?r−1 ? M .
a. Calculer la trace de M ? M 0 en fonction de celles de M et M 0 .

2
b. Soit N et N 0 des éléments respectivement de MI (R) et MI 0 (R). Exprimer la matrice
(M N ) ? (M 0 N 0 ) en fonction des matrices M ? M 0 et N ? N 0 .
c. Soit r un entier strictement positif. Montrer qu’en associant à M la matrice M ?r , on définit
un morphisme de groupes
ψr : GLI (R) → GLI r (R) .

11) Soit G un sous-groupe fini de GLn (R) de cardinal g. On pose


X
S= M.
M ∈G

a. Montrer que la trace de S est un entier divisible par g (on pourra calculer S 2 ).
b. Soit r un entier strictement positif. Décrire le noyau de la restriction à G du morphisme
de groupes
ψr : GLn (R) → GL{1,...,n}r (R)
défini à la question 10.c) (on pourra étudier la trace des éléments de ce noyau).
X
c. Montrer que pour tout entier naturel r, la somme Tr(M )r est un entier divisible par
M ∈G
g.
12) Soit G un sous-groupe fini de SLn (Z) de cardinal g.
a. Soit {t0 , t1 , . . . , ts } l’ensemble des traces (distinctes) des éléments de G, avec t0 = n =
Tr(In ). Montrer que
(n − t1 ) · · · (n − ts )

X divisible par g (on pourra poser P = (X − t1 ) · · · (X − ts ) et considérer la


est un entier
somme P (Tr(M ))).
M ∈G
b. En déduire que g divise (2n)! et que si n est impair, g divise (2n − 1)!.
c. Si n = 3, montrer que g divise 24 (on pourra utiliser la question 9).
13) a. Construire pour chaque entier n supérieur ou égal à 2 un sous-groupe de SLn (Z) de cardinal
2n−1 n! (si T est l’ensemble des vecteurs colonnes à n lignes dont tous les coefficients sont
nuls sauf un qui vaut ±1, on pourra considérer les matrices qui appliquent l’ensemble T
dans lui-même).
b. En déduire le cardinal maximal d’un sous-groupe fini de SL3 (Z).
14) Soit p un nombre premier et soit M un élément de SLn (Z) d’ordre p. On note m le pgcd
positif de tous les coefficients de M − In .
a. Montrer que m divise p (on pourra écrire M = In + mN et développer (In + mN )p ).
b. Montrer qu’on a soit m = 1, soit m = p = 2.
15) Soit G un sous-groupe fini de SLn (Z) de cardinal g.
a. Montrer que la restriction à G du morphisme de groupes ϕn,3 : SLn (Z) → SLn (Z/3Z) défini
dans la question 6.a) est injective.
1
b. En déduire que g divise (3n − 1)(3n − 3) · · · (3n − 3n−1 ).
2
c. Si n = 4, montrer que g divise 5760.

3
16) Montrer que tout groupe fini de cardinal g est isomorphe à un sous-groupe de SLg (Z).

PARTIE III - Morphismes de groupes et SLn (Z)

17) Montrer qu’il existe un morphisme de groupes surjectif

SL2 (Z) → Z/2Z

(on pourra montrer que SL2 (Z/2Z) est isomorphe à un groupe de permutations).
18) On suppose dans cette question n ≥ 3.
a. Soit i, j et k des éléments deux à deux distincts de {1, . . . , n}. Calculer le produit

Mi,j Mj,k (Mi,j )−1 (Mj,k )−1 .

b. Soit G un groupe commutatif. Montrer que tout morphisme de groupes SLn (Z) → G est
constant.
19) Soit G un groupe engendré par une partie finie et soit H un groupe fini.
a. Montrer qu’il y a un nombre fini de morphismes de groupes de G dans H.
b. Soit u : G → G un morphisme de groupes surjectif. Montrer que pour tout morphisme de
groupes v : G → H, on a Ker(u) ⊂ Ker(v).
20) En déduire que tout morphisme de groupes surjectif SLn (Z) → SLn (Z) est bijectif.

4
Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP


PARTIE I - Le groupe SLn (Z)

1) Puisque Z est inclus dans Q, SLn (Z) est inclus dans SLn (Q). Puisque l’identité est à coeffi-
cients entiers et est de déterminant 1, In appartient à SLn (Z), qui n’est donc pas vide. Soit
P et Q dans SLn (Z). Comme ce sont des éléments de SLn (Q), P −1 et P Q sont dans SLn (Q),
et donc appartiennent à SLn (Z) si et seulement s’ils sont à coefficients entiers.
Puisque le déterminant et le produit matriciel sont des expressions polynomiales à coefficients
entiers en fonction des termes des matrices considérées, P Q est à coefficients entiers et le
déterminant et donc aussi les cofacteurs de P sont des entiers. Il en résulte que la comatrice
de P est à coefficients entiers. Comme det(P ) = 1, la transposée de la comatrice de P est
également son inverse et donc les coefficients de P −1 sont entiers. Par caractérisation des
sous-groupes, on en déduit que SLn (Z) est un sous-groupe de SLn (Q).
2) Soit i et j deux éléments distincts de {1, . . . , n}. La matrice Ei,j est alors nilpotente d’ordre
−1
2 et donc, (In − Ei,j )(In + Ei,j ) = In , i.e. Mi,j existe et vaut In − Ei,j . Puisque l’identité
commute avec toute matrice, on peut appliquer la formule du binôme de Newton et, en tenant
compte de la nilpotence d’ordre 2, il vient, pour tout entier relatif m, (Mi,j )m = In + mEi,j .
3) D’après la formule précédente, et puisqu’on a affaire à une opération élémentaire sur les
colonnes d’une matrice au sens habituel dans SLn (R),
les colonnes de M (Mi,j )m sont celles de M à l’exception de la j-ième à laquelle on a
additionné m fois la i-ième colonne de M .
 
4) On note M la matrice ligne a1 . . . an . Soit i et j deux éléments distincts de {1, . . . , n}
avec 0 < |ai | ≤ |aj |. D’après ce qui précède, on peut, par des opérations élémentaires res-
treintes sur les colonnes, transformer aj en aj ±ai et en particulier choisir le signe de sorte que
ce terme soit de valeur absolue égale à |aj | − |ai |, et donc faire décroître la somme des valeurs
absolues des coefficients de M . Puisque cette somme est un entier positif, on ne peut le faire
décroître strictement indéfiniment, i.e. on peut, par des opérations élémentaires restreintes
sur les colonnes, transformer M en une matrice dont au plus un terme est non nul. Quitte
−1
à multiplier par Mi,1 M1,i , on peut supposer que tous les termes, sauf peut-être le premier,
−1 2 M −1 , on peut supposer que le
sont nuls. Puisqu’on a n ≥ 2, quitte à multiplier par M1,2 M2,1 2,1
premier terme est positif.
Par ailleurs une opération élémentaire restreinte sur les colonnes ne modifie pas le pgcd
des coefficients d’une matrice ligne, puisque l’idéal de Z engendré par ces coefficients est le
même. On en déduit que l’on peut,
 par des opérations
 élémentaires restreintes sur les colonnes,
transformer la matrice ligne a1 a2 · · · an en la matrice ligne
 
d 0 · · · 0 où d est le pgcd positif de a1 , a2 , . . ., an .
5) Pour i et j des entiers distincts dans J1, nK, Mi,j appartient à SLn (Z), ainsi qu’il est affirmé
dans le préambule, puisqu’il s’agit d’une matrice triangulaire de diagonale identiquement
égale à 1, à coefficients égaux à 0 ou 1. Le groupe G que ces matrices engendrent contient
donc tout produit de ces matrices, élevées à des puissances relatives, ainsi que les inverses de
ses éléments. Il en résulte que si l’on peut, par des opérations élémentaires restreintes sur les
colonnes, transformer M en l’identité, alors on dispose de A dans G tel que M A = In et donc
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M = A−1 , et M appartient à G. On remarque enfin que G est inclus dans SLn (Z) puisque ce
dernier est un groupe contenant toutes les matrices Mi,j .
 
Soit M dans SLn (Z). On note a1 a2 · · · an sa première ligne. D’après ce qui précède on
   
dispose de A dans G tel que a1 a2 · · · an A = d 0 · · · 0 , où d est le pgcd positif
de a1 , a2 , . . ., an . La matrice M A est alors triangulaire par blocs et son déterminant est donc
un multiple entier de d. Puisqu’on a affaire à des matrices de SLn (Z), puisque G ⊂ SLn (Z),
il en résulte que d divise 1, puis d = 1 par positivité.
Par récurrence immédiate sur k dans J2, nK, en travaillant sur les colonnes de k à n, on en
déduit qu’on peut, par des opérations élémentaires restreintes sur les colonnes, transformer
M en une matrice triangulaire inférieure de diagonale identiquement égale à 1.
En multipliant à droite par des matrices de la forme Mn,i a , on peut transformer la matrice

précédente en une matrice de même type ayant une dernière ligne formée de 0 à l’exception
du terme diagonal. Encore une fois par récurrence immédiate descendante sur k dans J2, nK,
on peut transformer cette matrice en une matrice dont les n + 1 − k dernières lignes sont
formées de 0 à l’exception des termes diagonaux. Pour k = 2, finalement, on obtient que l’on
peut transformer M en l’identité. Par conséquent l’ensemble des matrices Mi,j , pour i et j
distincts dans {1, . . . , n}, engendre le groupe SLn (Z).
6) a. Puisque le déterminant est une fonction polynomiale à coefficients entiers des termes d’une
matrice, le morphisme canonique ϕp de Z dans Z/pZ induit une application Φn,p de Mn (Z)
dans Mn (Z/pZ) compatible au déterminant, i.e. det(M ) = det(Φn,p (M )) pour tout M dans
Mn (Z). En particulier, ϕp induit aussi une application ϕn,p de SLn (Z) dans SLn (Z/pZ).
Comme le produit matriciel est une fonction polynomiale à coefficients entiers des termes
des matrices, il est également compatible au morphisme canonique précédent, i.e.
ϕn,p est un morphisme de groupes.
b. Soit (Hk ) le prédicat sur k dans N∗ : ϕk,p est surjectif. Pour k = 1, les groupes SLn sont
réduits à leurs éléments neutres et donc (H1 ) est vrai.
Par définition le morphisme canonique ϕp est surjectif et donc Φk,p l’est aussi pour tout
entier strictement positif k puisqu’on a affaire à des produits cartésiens.
Soit maintenant k dans N∗ tel que (Hk ) soit vrai et A dans SLk+1 (Z/pZ). Soit alors M
dans Mk+1 (Z) un antécédent de A par Φk+1,p . D’après la question précèdente, on a donc
det(M ) = det(A) et donc det(M ) ≡ 1 (mod p).
On reprend les notations des questions 4) et 5). On dispose alors d’un élément g de G tel que
M g soit triangulaire, en relaxant la condition d = 1 sur chaque ligne. Comme det(g) = 1,
on a donc det(M g) = det(M ) ≡ 1 (mod p) et donc tous les éléments diagonaux de M g sont
inversibles modulo p et leur produit est égal à 1 modulo p. On note d le premier terme de
la diagonale de M g. Comme d est inversible modulo p, par relation de Bézout, on dispose
de u et v dans Z tels que du − pv = 1. On considère alors la matrice diagonale par blocs h
donnée par (en convenant qu’il n’y a pas de bloc inférieur si k = 1)
 
 u p 
h= v d
 

 
Ik−1

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Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

de sorte que h est à coefficients entiers et de déterminant 1, i.e. h ∈ SLn (Z). Comme, de
plus, Φk+1,p (h) est une matrice triangulaire inférieure, on en déduit que Φk+1,p (M gh) aussi.
De plus son premier terme diagonal est du, i.e. est congru à 1 modulo p. On décompose
alors M gh par blocs de taille 1 et k
 
du X 
M gh = 
Y N

et, comme Φk+1,p (M gh) est triangulaire inférieure avec 1 comme premier terme diagonal,
Φk,p (N ) ∈ SLk (Z/pZ). Par hypothèse de récurrence, on dispose de M 0 dans SLn (Z/pZ) tel
que ϕk,p (M 0 ) = N . Soit alors la matrice diagonale par blocs k donnée par
 
1
k=  .
M0

Alors k est à coefficients entiers et de déterminant 1, donc appartient à SLk+1 (Z). De plus
Φk+1,p (M ghk −1 ) est triangulaire inférieure avec une diagonale identiquement égale à 1. Il
en résulte que Φk+1,p (M ghk −1 ) appartient à l’image de ϕk+1,p puisqu’un antécédent peut
être choisi triangulaire inférieur à diagonale identiquement égal à 1, dans Mn (Z) et donc
aussi dans SLn (Z). Soit f un tel antécédent. On a donc Φk+1,p (M ghk −1 ) = Φk+1,p (f ) et
donc aussi A = Φk+1,p (M ) = Φk+1,p (f kh−1 g −1 ) et, comme f kh−1 g −1 est dans SLn (Z) en
tant que produit d’éléments et d’inverses de tels éléments, il vient A = ϕk+1,p (f kh−1 g −1 ).
Par conséquent ϕk+1,p est surjectif.
Le principe de récurrence permet de conclure que ϕn,p est surjectif.

PARTIE II - Sous-groupes finis de SLn (Z)

7) a. Soit M dans G. D’après le théorème de Lagrange, M est annulé par le polynôme X |G| − 1,
qui est simplement scindé sur C. Il en résulte que M est diagonalisable sur C.
Soit D diagonale telle que D|G| − 1, alors les éléments diagonaux de D sont ses valeurs
propres, donc des racines de l’unité, et donc D−1 = D. Soit alors P dans GLn (C) tel
que P −1 M P soit diagonal. Il vient P −1 M −1 P = P −1 M P et donc, puisque la trace est
invariante par conjugaison et compatible à la conjugaison complexe,

Tr(M −1 ) = Tr(P −1 M −1 P ) = Tr(P −1 M P ) = Tr(P −1 M P ) = Tr(M ) = Tr(M )

puisque M est réel, i.e. Tr(M ) = Tr(M −1 ).


De plus comme la diagonale de P −1 M P est formée d’éléments de module 1, par inégalité
triangulaire, il vient |Tr(M )| ≤ n.
Le cas d’égalité dans l’inégalité triangulaire correspondant au cas où tous les nombres sont
positivement liés, puisqu’ils sont tous de même module, il vient D scalaire, et donc aussi
M . Par conséquent le seul élément de G de trace n est In .
De plus G contient au plus un élément de trace −n, à savoir −In .

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Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

b. Soit M dans G et X dans Rn . La matrice tM M est alors symétrique réelle. On a tX tM M X =


kM Xk2 . D’après la question précédente, le spectre de M ne contient pas 0, et donc M est
inversible. Il en résulte que (X, Y ) 7→ tX tM M Y est un produit scalaire sur Rn . Une somme
de produits scalaires en étant un aussi (X, Y ) 7→ tXU Y définit un produit scalaire sur Rn .
c. On note h· | ·i le produit scalaire précédent. Soit N dans G, x dans Rn et X la matrice
colonne associée à x dans la base canonique. Soit enfin f l’endomorphisme de Rn dont la
matrice dans la base canonique est N . On a

hx | xi = tXU X et hf (x) | f (x)i = tX tN U N X .

Puisque G est un groupe, l’application M 7→ M N est une bijection de G sur lui-même,


d’inverse donné par M 7→ M N −1 . Il vient alors
t
X t
N tM M N =
X t X t
NUN = (M N )M N = MM = U
M ∈G M ∈G M ∈G

et donc
t
X tN U N X = tXU X ,
i.e. f est un endomorphisme orthogonal pour ce produit scalaire.
8) a. Soit (e) une base orthonormée de R2 pour le produit scalaire de la question 7.b). Soit
M dans G et f l’endomorphisme dont la matrice dans la base canonique est M . Alors la
matrice de f dans (e) est orthogonale, d’après ce qui précède, et donc si P est la matrice
de passage de la base canonique à la base (e), P −1 M P appartient à O2 (R). Comme M est
de déterminant 1, il en va de même pour ses conjugués, et donc l’automorphisme intérieur
de GL2 (R) associé à P est un isomorphisme entre G et un sous-groupe fini du groupe
commutatif SO2 (R), lui-même isomorphe à U, groupe des unités complexes. À tout sous-
groupe fini G de SL2 (Z) et toute matrice de passage P de la base canonique à une matrice
orthogonale pour le produit scalaire associé à G dans la question précédente, on peut donc
associer une application ϕG,P déterminée par
iP ∼
G ,−→ SO2 (R) −
→U

où iP désigne l’automorphisme intérieur M 7→ P −1 M P . D’après le théorème de Lagrange,


on en déduit que G est isomorphe à un sous-groupe du groupe cyclique des racines |G|-
ièmes de l’unité. Comme ce dernier est de cardinal |G|, ϕG,P induit un isomorphisme entre
G et U|G| , groupe des racines |G|-ièmes de l’unité, et en particulier G est cyclique.
b. On reprend les notations précédentes en fixant P . Comme la trace est invariante par conju-
gaison et que la trace d’une rotation d’angle θ est 2 cos(θ), on a, pour tout M dans G,
Tr(M ) = 2 Re(ϕG,P (M )).
Soit M un générateur de G. Sa trace et comprise entre −2 et 2, d’après 7.a), et
est entière 
1 1

donc Re(ϕG,P (M )) appartient à −1, − , 0, , 1 . On en déduit que ϕG,P (M ) appartient à
2 2
−1, j, j 2 , ±i, −j, −j 2 , 1 où j est une racine primitive troisième de l’unité. Comme l’ordre


de G est celui de M qui est celui de ϕG,P (M ), le cardinal de G est 1, 2, 3, 4 ou 6.

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Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

Remarque : on peut raisonner directement. Le polynôme caractéristique de M est unitaire,


de terme constant égal à 1 (le déterminant de M ) et est donc déterminé par sa trace.
En notant Φk le polynôme cyclotomique d’indice k, χM fait partie donc partie des cinq
polynômes suivants : (X − 1)2 , X 2 − X + 1, X 2 + 1, X 2 + X + 1 et (X + 1)2 , i.e. Φ21 , Φ6 ,
Φ4 , Φ3 ou Φ22 . Il en résulte que les racines de l’unité qui sont racines d’un de ces polynômes
sont les racines d’ordre 1, 2, 3, 4 ou 6.
c. Soit M dans SL2 (Z) d’ordre 2. On note G le groupe engendré par M , qui est donc un
sous-groupe fini d’ordre 2 de SL2 (Z). D’après ce qui précède la trace de M est donc égale
à -2 et son polynôme caractéristique est donc (X + 1)2 . Comme M est diagonalisable,
son polynôme minimal est X + 1, i.e. M = −I2 . Comme −I2 est effectivement d’ordre 2,
le seul élément de SL2 (Z) d’ordre 2 est −I2 .
d. Soit M un élément d’ordre fini de SL2 (Z) d’ordre supérieur à 3. On considère le groupe
cyclique G engendré par M . D’après l’étude faite en 8.b), l’ordre de M est caractérisé par
sa trace, qui appartient alors à {−1, 0, 1}.
Réciproquement si la trace de M appartient à {−1, 0, 1}, alors le polynôme caractéristique
de M fait partie de X 2 + X + 1, X 2 + 1 ou X 2 − X + 1 et donc M est annulé par un diviseur
de X 3 − 1, X 4 − 1 ou X 6 − 1 respectivement. Ces trois polynômes sont simplement scindés
sur C avec comme racines des racines de l’unité, donc M est diagonalisable sur C et ses
valeurs propres sont des racines de l’unité, et en particulier M est d’ordre fini. Au final,
parmi les éléments de SL2 (Z)
ceux d’ordre 3 sont ceux de trace −1, ceux d’ordre 4 sont ceux de trace nulle, ceux
d’ordre 6 sont ceux de trace 1.
e. Pour g = 1, G = {I2 } convient. Pour g = 2, G = {±I2 } convient. Pour g ≥ 3, on peut
prendre pour M la matrice compagnon associée à son polynôme minimal (qui est aussi son
polynôme caractéristique). D’où les sous-groupes d’ordres 1, 2, 3, 4 et 6 respectivement
 k   k 

 0   
1   0 1 
{I2 }, {±I2 },  0≤k≤2 ,   0≤k≤3 et
 −1 −1
 
  −1 0
 

 k 

 0 1 

  0≤k≤5 .
 −1 1
 

9) Soit M un élément de SL3 (Z) d’ordre fini et G le groupe cyclique qu’il engendre. On reprend
l’étude de la question 8 : on note (e) une base orthonormée de R3 pour le produit scalaire
défini à la question 7.b) et P la matrice de passage de la base canonique à la base (e). Alors
P −1 M P appartient à SO3 (R) et admet donc un vecteur propre unitaire X pour la valeur
propre 1. Soit alors Q la matrice de passage de (e) à une base orthonormée ayant X comme
premier vecteur. Alors (P Q)−1 M P Q appartient à SO3 (R) et se décompose par blocs avec un
bloc de taille 1 égal à 1 et un bloc U de taille 2 dans SO2 (R), et ce dernier bloc caractérise
M . On obtient à nouveau un isomorphisme entre G et un sous-groupe de U, tel qu’on ait
Tr(M ) = Tr((P Q)−1 M P Q) = 1 + Tr(U ) = 1 + 2 Re(u), si u est le nombre complexe associé
à M par cet isomorphisme. De plus l’ordre de M est celui de u dans U.

5
Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

Comme la trace de M est entière et que u est de module 1, il vient Tr(M ) ∈ J−1, 3K et,
comme en question 8.b), u appartient à −1, j, j 2 , ±i, −j, −j 2 , 1 et donc M est d’ordre 1,


2, 3, 4 ou 6. Réciproquement on peut construire des matrices ayant cet ordre en choisissant


une matrice par bloc avec un 1 et un bloc comme construit en 8.e). On en conclut que
l’ordre de M est 1, 2, 3, 4 ou 6 selon que Tr(M ) vaut 3, −1, 0, 1 ou 2.
10) a. On a
! 

Tr(M ? M 0 ) =
X X X
a(i,i) b(i0 ,i0 ) = a(i,i)  b(i0 ,i0 ) 
(i,i0 )∈I×I 0 i∈I i0 ∈I 0

et donc Tr(M ? M 0 ) = Tr(M ) Tr(M 0 ).


b. On pose N = (ci,j )i,j∈I et N 0 = (di0 ,j 0 )i0 ,j 0 ∈I 0 . Pour (i, j) × (i0 , j 0 ) dans I 2 × (I 0 )2 , il vient
  
X    X X
a(i,k) b(i0 ,k0 ) c(k,j) d(k0 ,j 0 ) =  a(i,k) c(k,j)   b(i0 ,k0 ) d(k0 ,j 0 ) 
(k,k0 )∈I×I 0 k∈I k0 ∈I 0

et donc (M N ) ? (M 0 N 0 ) = (M ? M 0 ) · (N ? N 0 ).
c. L’élément neutre de GLI (R) pour la multiplication est la matrice ayant des 1 sur la diago-
nale, i.e. ai,i = 1 pour tout i dans I, et des 0 ailleurs. Par définition on en déduit que son
image par ψr est l’élément neutre de GLI r (R).
Par ailleurs, par récurrence immédiate et en utilisant ce qui précède, on a (M N )?r =
M ?r · N ?r . En particulier si M appartient à GLI (R) on a (M M −1 )?r = M ?r · (M −1 )?r et
donc ψr est à valeurs dans GLI r (R). La formule précédente montre alors que
ψr est un morphisme de groupes de GLI (R) dans GLI r (R).
11) a. Puisque, pour tout M dans G, la multiplication à gauche par M est une bijection de G sur
lui-même, d’inverse donné par la multiplication à gauche par M −1 , il vient
X X X X
S2 = MN = N = gS
M ∈G N ∈G M ∈G N ∈G

1
et donc S est un projecteur. Il en résulte que sa trace est égale à son rang et donc
g  
1
Tr(S) = g rg S . En particulier, Tr(S) est un entier divisible par g.
g
b. Soit M dans G tel que ψr (M ) est le neutre de de GL{1,...,n}r (R). En particulier Tr(ψr (M )) =
nr et donc, en utilisant 10.a), |Tr(M )| = n. Il en résulte, d’après 7.a),
M = In si r est impair et M = ±In sinon.
X
c. Pour r = 0, en convenant que si Tr(M ) = 0, alors Tr(M )r = 1, il vient Tr(M )r =
X M ∈G
1 = g. Pour r dans N∗ , on a, comme en 11.a) et en utilisant 10.b),
M ∈G
!2
M ∗r (M N )∗r = g N ∗r
X X X X
=
M ∈G M ∈G N ∈G N ∈G

6
Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

1 X
et donc M ∗r est un projecteur et sa trace est un entier égal à son rang. En te-
g M ∈G
nant compte de 10.a) et du cas r = 0, on en déduit que, pour tout entier naturel r,
X
Tr(M )r est un entier divisible par g.
M ∈G
Remarque : on peut aussi choisir un isomorphisme entre GL{1,...,n}r (R) et GLnr (R) et
obtenir un morphisme de groupes ιr entre G et un sous-groupe de GLnr (R). Alors, d’après
10.a), X X
Tr(M )r = Card Ker(ιr ) Tr(N )
M ∈G N ∈ιr (G)

ce qui, d’après 11.a), est un multiple entier de Card Ker(ιr ) × Card Im(ιr ), donc de g. Mais
il faut alors justifier ces calculs.
s
X
12) a. On pose P = (X − t1 ) · · · (X − ts ) et on note P = ak X k . Alors, puisque les traces
k=0
d’éléments de G sont entières, P est à coefficients entiers relatifs et il vient
X s
X X
P (Tr(M )) = ak Tr(M )r ∈ gZ
M ∈G k=0 M ∈G

d’après la question précédente. Comme P s’annule sur {t1 , . . . , ts } et que la seule matrice
de G de trace égale à n est In , d’après 7.a), il vient P (n) ∈ gZ, i.e.
(n − t1 ) · · · (n − ts ) est un entier divisible par g.
b. D’après 7.a) les termes du produit précédent sont des entiers naturels compris entre 1 et
2n, et ne peuvent être égaux à 2n que si G contient −In , ce qui est impossible si n est
impair. On en déduit : g divise (2n)! et même, si n est impair, g divise (2n − 1)!.
c. D’après 9), si n = 3, {t1 , . . . , ts } ⊂ J−1, 2K et donc g divise 4!, i.e. g divise 24.
13) a. Soit n un entier supérieur ou égal à 2. Soit H l’ensemble des matrices diagonales à coef-
ficients dans le groupe {±1}. C’est un sous-groupe de GLn (R) isomorphe à {±1}n . Soit
K le groupe des matrices de permutations d’ordre n. C’est un sous-groupe de GLn (R)
isomorphe à Sn . On montre que HK est un sous-groupe de GLn (R). Il est non vide car
contient In . Soit (h, h0 ) et (k, k 0 ) deux couples d’éléments de H et K respectivement, alors
khk −1 est la matrice obtenue à partir de h en permutant ses lignes et colonnes selon la
permutation associée à k et donc c’est un élément de H. Il en résulte que kh appartient
à HK puisque kh = khk −1 k. En particulier k −1 h−1 ∈ HK et donc HK est stable par
0
passage à l’inverse. De plus h0 k 0 hk = h0 (k 0 hk −1 )k 0 k et donc HK est stable par produit.
Il en résulte que HK est un sous-groupe de GLn (R). De plus, comme H ∩ K = {In },
l’écriture d’un élément de HK sous la forme hk est unique et donc HK est de cardinal
2n n!.
De plus H et K sont formés de matrices à coefficients entiers et de déterminant dans ±1,
donc HK aussi. Enfin il y a 2n−1 éléments de déterminant fixé (dans {±1}) dans H. Ainsi
à k fixé dans K, correspondent exactement 2n−1 éléments de H tels que hk appartienne à
SLn (Z) et donc HK ∩ SLn (Z) est un sous-groupe de SLn (Z) de cardinal 2n−1 n!.

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Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

b. D’après le deux questions précédentes


le cardinal maximal d’un sous-groupe fini de SL3 (Z) est 24.
1
14) a. On pose N = (M − In ) et alors N est à coefficients entiers par définition de m et le pgcd
m
positif de ses coefficients est 1. Comme In et N commutent, il vient
p !
X p
0 = M p − In = (In + mN )p − In = pmN + mk N k
k=2
k

et donc p !
X p
pN = −m mk−2 N k ,
k=2
k
de sorte que les coefficients de pN sont tous divisibles par m, puisque tous les termes qui
interviennent sont entiers ou à coefficients entiers. Comme le pgcd positif des coefficients
de N est 1, celui de pN est p et donc m divise p.
b. D’après ce qui précède, si m 6= 1, alors m = p puisque p est premier. D’où
p ! p !
X p k−2 k p−1 2 X p
pN = −p p N = −p2 N − p2 pk−3 N k ,
k=2
k 2 k=3
k

et donc, si p 6= 2, p2 divise tous les coefficients du membre de droite car p est impair et
p−1
donc est entier. Ceci est contradictoire avec le fait que le pgcd positif des coefficients
2
de pN est p, et donc soit m = 1, soit m = p = 2.
15) a. On remarque que G ∩ Ker(ϕn,3 ) est un groupe. Soit M dans ce groupe, r son ordre et
p un diviseur premier de r. Alors M r/p est d’ordre p et appartient à G ∩ Ker(ϕn,3 ). En
particulier 3 divise tous les coefficients de M r/p −In , ce qui contredit le résultat précédent. Il
en résulte que r n’admet aucun diviseur premier, i.e. r = 1 et donc M = In . Par conséquent
la restriction à G de ϕn,3 est injective.
b. Se donner un élément de GLn (Z/3Z), c’est se donner une base de (Z/3Z)n . Or étant donné
k vecteurs de (Z/3Z)n (avec 0 ≤ k < n) formant une famille libre, ils engendrent un espace
de dimension k, donc de cardinal 3k , et on dispose de 3n − 3k vecteurs indépendants de
cette famille. Par application récursive du principe des bergers, on en déduit que le cardinal
n−1
Y
de GLn (Z/3Z) est (3n − 3k ).
k=0
De plus la matrice diagonale n’ayant que des coefficients diagonaux égaux à 1, sauf le
premier égal à −1, est de déterminant −1. Enfin, par multiplicativité du déterminant,
la multiplication par cette matrice échange SLn (Z/3Z) avec son complémentaire dans
GLn (Z/3Z). Il en résulte que SLn (Z/3Z) est de cardinal la moitié de celui de GLn (Z/3Z).
Comme G et ϕn,3 (G) sont isomorphes, par injectivité de ϕn,3 , ils ont même cardinal et
celui-ci divise celui de SLn (Z/3Z) d’après le théorème de Lagrange. On en conclut que
1
g divise (3n − 1)(3n − 3) · · · (3n − 3n−1 ).
2

8
Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

1
c. On déduit de la question précédente et de 12.b) que, si n = 4, g divise 8! et 80×78×72×54,
2
autrement dit 27 × 32 × 5 × 7 et 28 × 36 × 5 × 13. Il divise également leur pgcd, à savoir
27 × 32 × 5, i.e. g divise 5760.
16) Puisque tout élément d’un groupe est régulier, il définit une permutation de G par translation
à gauche donnée par : h 7→ (k 7→ hk). Cette application est un morphisme injectif de groupes
de G dans SG . Une bijection entre G et J1, gK induit un isomorphisme de groupes de SG
sur Sn . Enfin l’application qui à une permutation associe sa matrice de permutation est un
morphisme injectif de groupes de Sn dans On (R). On obtient ainsi un morphisme injectif de
groupes de G dans On (R), noté α. L’image de α est formée de matrices à coefficients entiers
et de déterminant ±1.
On note (ei )1≤i≤n la base canonique de Rn et (ui )1≤i≤n la base (u) de Rn donnée par
n
X
u1 = ek et, pour i ≥ 2, ui = ei − e1 . Soit alors Q la matrice de passage de la base
k=1
canonique à (u) et iQ l’automorphisme intérieur de GLn (R) donné par P 7→ QP Q−1 . Les
formules, pour σ dans Sn et i dans J2, nK,
n
X    
eσ(k) = u1 et eσ(i) − eσ(1) = eσ(i) − e1 − eσ(1) − e1
k=1

montrent que iQ ◦ α est un morphisme injectif de groupes de G dans GLn (R) dont l’image
est formée de matrices à coefficients entiers de déterminant ±1, diagonales par blocs avec un
premier bloc égal à (1) et un bloc de taille n − 1.
Pour h dans G on pose β(h) la matrice diagonale dont le premier terme diagonal est égal
à det(α(h)) et tous les autres sont égaux à 1, de sorte qu’on a det(β(h)) = det(α(h)). Par
composition de morphismes, β est un morphisme de groupes et par construction les images
de α et de β commutent entre elles. On en déduit qu’en posant ϕ(h) = α(h)β(h), on obtient
un morphisme de groupes. En effet, pour h et k dans G, on a

ϕ(h)ϕ(k) = α(h)β(h)α(k)β(k) = α(h)α(k)β(h)β(k) = α(hk)β(hk) = ϕ(hk)

et, de plus, det(ϕ(h)) = det(α(h))2 = 1 et donc ϕ est un morphisme à valeurs dans SLn (Z).
C’est un morphisme injectif car α l’est et que celui-ci est déterminé par le second bloc, de
taille n − 1, de ϕ.
Par conséquent G est isomorphe à un sous-groupe de SLg (Z).

PARTIE III - Morphismes de groupes et SLn (Z)

17) Puisque (Z/2Z)2 est de cardinal 4, il admet trois vecteurs non nuls et donc tout élément
de GL2 (Z/2Z) permute entre eux ces trois éléments. On en déduit un morphisme injectif
de groupes de GL2 (Z/2Z) dans S3 . Comme toute famille de deux vecteurs distincts et non
nuls de (Z/2Z)2 en forme une base, ce dernier admet six bases, ce qui est donc aussi le
cardinal de son groupe linéaire. Par cardinalité, on en déduit GL2 (Z/2Z) ' S3 . Comme le
seul scalaire non nul de Z/2Z est son élément neutre on a aussi GL2 (Z/2Z) = SL2 (Z/2Z)

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Première composition de mathématiques – ENS 2006 – MP Corrigé

et on dispose donc d’un isomorphisme de groupes s entre SL2 (Z/2Z) et S3 . Par surjectivité
de l’homomorphisme signature ε et, d’après 6.b), de ϕn,2 , on en déduit que ε ◦ s ◦ ϕn,2 est
un morphisme de groupes surjectif de SL2 (Z) dans Z/2Z.
18) a. Soit i, j et k des éléments deux à deux distincts de {1, . . . , n}. Par définition, on a
Mi,j Mj,k = In + Ei,j + Ej,k + Ei,k et donc son inverse est In − Ei,j − Ej,k − Ei,k puis-
qu’on a affaire à des indices distincts deux à deux. Pour la même raison, le produit de ces
deux matrices est I + Ei,k , i.e. Mi,j Mj,k (Mi,j )−1 (Mj,k )−1 = Mi,k .
b. Soit ϕ un morphisme de groupes de SLn (Z) dans G. Puisque n est supérieur à 3, pour
tous i et k d’élements distincts de {1, . . . , n} on dispose d’un j dans le même ensemble et
distinct de i et k. D’après ce qui précède et par commutativité de G, il vient

ϕ(Mi,k ) = ϕ(Mi,j )ϕ(Mj,k )ϕ(Mi,j )−1 ϕ(Mj,k )−1 = 1G

et donc, en utilisant 5), ϕ est constant.


19) a. Soit S une partie génératrice finie de G. Alors l’application de Hom(G, H) dans H S qui à
un morphisme de groupes de G dans H associe sa restriction à S est injective. Comme H
et S sont finis, H S l’est aussi et donc, par injectivité, Hom(G, H) est fini.
b. Soit ϕ l’application de Hom(G, H) dans lui-même définie par ϕ(f ) = f ◦ u. Par surjectivité
de u, ϕ est injective et donc, par finitude de Hom(G, H), bijective. Il en résulte que, pour
tout morphisme de groupes v de G dans H, on dispose de f dans Hom(G, H) tel que
v = f ◦ u et il en résulte Ker(u) ⊂ Ker(v).
20) Soit ϕ un endomorphisme de groupes surjectif de SLn (Z) et M dans son noyau. Soit p un
nombre premier. D’après 5) et 19.b), M appartient au noyau de ϕn,p puisque SLn (Z/pZ) est
un groupe fini et donc p divise tous les coefficients de M − In . Comme ce résultat est vrai
pour tout nombre premier p, les coefficients de M − In sont tous nuls et donc M = In , i.e. ϕ
est injectif. Il en résulte qu’il est bijectif.

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