Histoire du syndicalisme au Sénégal
Histoire du syndicalisme au Sénégal
SÉNÉGALAIS
Cette période a été marquée par l’hégémonie du PCF sur le mouvement syndical.
La grève générale qui fut déclenchée par l’UGTAN du 4 au 6 janvier 1959 envenima
davantage les rapports. Le parti de Senghor essaya alors d’affaiblir l’UGTAN de l’in-
térieur et provoqua des scissions. De 1960 à 1963, il y a eu trois organisations
séparées portant le nom d’UGTAN explique Ibrahima Konté. De leur côté, des
enseignants s’organisèrent en syndicats autonomes.
Même si après l’indépendance des regroupements partiels eurent lieu sous la hou-
lette du pouvoir, cette période est à la racine de trois phénomènes durables dans
le syndicalisme sénégalais :
— une tradition d’intervention des partis politiques au sein des organisations
syndicales,
— le maintien de courants oppositionnels dans la centrale syndicale liée au parti
socialiste,
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DE L’INDÉPENDANCE À 1980
Comme il le fit avec les partis politiques, Senghor mena une politique combinant
répression contre ceux qui lui tenaient tête, mainmise renforcée sur la centrale
syndicale contrôlée par son parti, propositions de fusion organisationnelle.
Ce processus culmina au niveau politique en juin1966, où la seule organisation poli-
tique légale fut désormais le parti au pouvoir. Il en alla de même au niveau syndical
où tous les syndicats fusionnèrent en avril 1967 sous le nom d’UNTS (Union natio-
nale des travailleurs du Sénégal). Officiellement6 , tout travailleur membre du parti
devait obligatoirement être membre de l’UNTS, et tout membre de l’UNTS ne
pouvait pas adhérer à un autre parti.
Mais la constitution d’une centrale syndicale unique eut l’effet inverse de celui
escompté par le pouvoir. En fait, la nouvelle centrale comprenait de nombreux
opposants politiques militant dans des organisations clandestines. Par ailleurs, cet
afflux des travailleurs non membres du parti au pouvoir ne manqua pas d’influer
sur l’orientation de l’UNTS : elle ne tarda pas à dénoncer la baisse du pouvoir d’a-
chat des travailleurs.
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A son arrivée au pouvoir, Abdou Diouf autorisa tous les partis politiques et ceux-
ci proliférèrent rapidement.
Simultanément, de nombreux syndicats autonomes se constituèrent comme dans
la santé, l’électricité, la justice, les journalistes, etc11. Plusieurs syndicats se désaf-
filièrent par ailleurs de la CNTS, comme dans les PTT et les transports en commun
de la région de Dakar.
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Dès le début des années 1980, les syndicats autonomes tentèrent de s’organiser
de façon interprofessionnelle, mais une première forme de structuration n’est
intervenue qu’en 1987. Il en a résulté par la suite la création de deux centrales auto-
nomes : l’UNSAS en 1990, et la CSA en 1997.
SÉNÉGAL LA LUTTE DES ÉLECTRICIENS DE LA SENELEC12
la centrale. Elle suscita un grand intérêt en milieu ouvrier et dans les partis d’op-
position, notamment le parti prosoviétique PIT. Etant donné le discrédit de l’é-
quipe précédente, il est plus que probable que certains éléments du pouvoir
appuyèrent également « discrètement et efficacement » Madia Diop pour « cana-
liser les courants contestataires préjudiciables au régime ».
« Toute la stratégie de Madia Diop reposait sur une sorte de jeu de balancier »
entre, d’une part, le PS et le gouvernement, d’autre part, les membres de son
syndicat. Ce « jeu d’équilibriste » permettait, au passage, aux dirigeants du syn-
dicat « de participer au partage de certaines responsabilités politiques et gouver-
nementales »14 . La répartition de ces prébendes explique en grande partie les
conflits sans aucune base idéologique au sein des organes dirigeants
SÉNÉGAL
A la fin des années 1990, la direction de la CNTS s’est trouvée de plus en plus dés-
équilibrée par le discrédit croissant du régime, le développement de luttes comme
celle de la Senelec et la croissance des syndicats autonomes. L’exigence que la
CNTS se désaffilie du PS se développa. De nombreux militants de la CNTS menè-
rent bataille pour le départ de Madia Diop. Il avait en effet critiqué les coupures d’é-
lectricité réalisées par le Sutelec, et avait en fait donné son aval pour l’arrestation
de Sock en 1998. Il avait, de plus, levé à la demande du PS le mot d’ordre de
grève générale pour les 28 et 29 juin 1999 qui avait été appelée conjointement par
toutes les centrales syndicales.
Avec la fin des 40 années de pouvoir socialiste, le paysage syndical a été en grande
partie remodelé.
— Lors de son congrès de novembre 2001, la CNTS s’est désaffiliée du PS. Ce
congrès marque symboliquement la fin de l’époque senghorienne dans le
mouvement syndical. Wade a alors cherché à prendre le contrôle de la centrale.
Il voulait reproduire à son profit la politique de domestication du syndicalisme
mise en œuvre pendant 40 ans par son prédécesseur socialiste. « Mais il ne se
rendait pas compte que le contexte et les mentalités avaient changé », explique
Bayla Sow. « Ce qui avait été possible en 1981 avec le “Renouveau syndical”
de Madia Diop ne l’était plus 20 ans plus tard. Il n’était plus possible d’em-
barquer les travailleurs de cette façon. Et le résultat a été, d'une part, la cas-
sure de la CNTS lors du congrès de 2001 et, d'autre part, la création de la
CNTS-FC en janvier 2002. Wade a ensuite essayé de faire jouer à cette nou-
velle centrale le rôle qu’Abdou Diouf avait fait jouer à la CNTS. Mais cela n’a
pas davantage marché, d’autant plus que celle-ci a connu à son tour une scis-
sion en 200515 . Aujourd’hui, la CNTS-FC fonctionne en grande partie avec les
moyens de l’Etat. Par exemple, lors de la fondation de la CSI, la CNTS-FC, qui
n’avait qu’un délégué, avait 4 représentants. Cela n’était possible que grâce
aux moyens de l’Etat. De la même façon, à la réunion annuelle du BIT à
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Pour Kalidou Diallo16, « une rupture historique » a eu lieu, reposant sur « la dispa-
rition quasi simultanée » de deux orientations sur lesquelles s’était bâti le syndi-
calisme depuis l’indépendance.
— D’une part, « la collaboration discriminatoire entre les pouvoirs publics, le
patronat et les seuls syndicats affiliés au parti socialiste17 a disparu avec le
changement de régime intervenu le 19 mars 2000 ».
— D’autre part, le syndicalisme autonome18 , très proche de l’opposition de l’épo-
que, a soutenu et même accompagné le processus qui a mené à l’alternance ».
Kalidou Diallo y voit la raison de « la multiplication de nouveaux syndicats qui
ont la caractéristique de s’enfermer dans des cadres étroitement corporatistes et
se limitant à la défense des intérêts particuliers », passant sous silence que le nou-
veau pouvoir a largement encouragé ce processus d’émiettement.
Il existe en effet aujourd’hui, au Sénégal, 18 organisations auxquelles est reconnu
le statut de centrale syndicale contre 10 en 1998. Pour Ibrahima Konté la multi-
plication de centrales, dont certaines n’existent que sur le papier, permet au pou-
voir de relativiser le poids des principales d’entre elles.
Bayla Sow ajoute, pour sa part, que dans l’entourage de Wade certains cherchent
en effet à créer des confédérations pour lui dire “nous maîtrisons les travailleurs”.
Mais en final, Wade a plusieurs sigles autour de lui, mais il n’a pas pour autant les
travailleurs. En attendant, on a aujourd’hui, au Sénégal, un syndicalisme épar-
pillé, émietté et qui a donc perdu de sa force.
La division du mouvement syndical ne recoupe pas celle qui a longtemps existé
entre la CNTS et les syndicats autonomes. Sont en effet regroupées en intersyn-
dicale quatre centrales autonomes la CSA, l’UTS, la CNTS, et l’UDTS (qui est une
ancienne scission de celle-ci). Les 14 autres centrales ont formé « le Front uni-
taire » dont les principales composantes sont la centrale autonome UNSAS et les
deux scissions pro-Wade de la CNTS (la CNTS-FC et la CDSL). Le 22 mai 2008,
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1 « Les syndicats, l’État et les partis politiques » par Babacar Diop Buuba (1992).
www.codesria.org/Links/Publications/monographs/trajectories/diopbuubatrajectetat.pdf
2 Le rassemblement démocratique africain (RDA) a été fondé en 1946.
En 1950 la direction du RDA coupa les ponts avec le PCF et le groupe parlementaire RDA à
l’Assemblée Nationale française et s’affilia au groupe socialiste.
3 Lire à ce sujet l’incontournable livre « Les bouts de bois de Dieu » de Sembene Ousmane
(1960) – ed. Pocket.
4 Mar Fall « L’Etat,et la question syndicale au Sénégal (1989) – L’Harmattan – page 25
5 Senghor : Voie africaine du socialisme (1960).
6 Magatte Lo, cité dans Diop/Diouf (1990) p 227.
7 Dont Madia Diop et Iba Der Thiam.
8 M-C. Diop et M. Diouf (1990) page 207.
9 Officiellement, tout travailleur membre du PS doit obligatoirement adhérer à la CNTS, mais
un membre de la CNTS peut adhérer à un autre parti. Magatte Lo, cité dans M-C. Diop et
M. Diouf (1990) page 228. L’association des syndicats à l’appareil d’Etat est désignée sous le
nom de « participation responsable (id. p27).
10 Dans la deuxième partie des années 1970, deux autres partis sont progressivement reconnus,
c’est ce qu’on appelle « le multipartisme limité ».
11 Le SUTELEC (électricité) et le SUTSAS (santé) ont été créés en 1982, puis ce fut le tour du
SATJUS dans la justice (1983), et du SYNPICS (1984) chez le journalistes. En 1990, les
informaticiens de l’Administration mirent sur pied le SINFAD, et un Comité d’Initiative pour la
Défense des Intérêts des Fonctionnaires (CODIF) voit également le jour.
12 http://users.skynet.be/cadtm/pages/francais/abdulaye.htm
www.pskprofils.info/Mademba-Sock_a12.html
www.archipo.com/archiveur_dossier.php?nom=Mademba Sock
13 Ce qui suit est emprunté au livre « Le Sénégal sous Abdou Diouf » par M-C. Diop et M. Diouf
(1990).
14 La CNTS avait notamment droit à deux ministres, 10 % des députés, des places dans
Conseils d’administration des sociétés para-étatiques, Madia Diop était vice-président de
l’Assemblée nationale, etc.
15 La CSDL, issue en 2005 de la scission de la CNTS-FC, est également dirigée par un membre du
parti au pouvoir.
16 Certains des éléments de ce qui suit sont tirés d’un document remis en mai 2008 aux organi-
sations syndicales par Kalidou Diallo au nom du gouvernement. Kalidou Diallo est un bon
connaisseur du mouvement syndical. Historien spécialisé dans le mouvement syndical, il a
également été militant du PIT et secrétaire général adjoint du syndicat SUDES. Membre du
PDS depuis 2005, il est devenu conseiller du Président Wade en 2008, puis ministre de
l’Education élémentaire
17 Dans son texte, Kalidou Diallo précise qu’avant 1976, la dénomination officielle de ce parti
était UPS.
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calisation baissait, le parti ne contrôlait plus rien dans les entreprises. Le pouvoir,
qui avait besoin d’une base syndicale, a donc appuyé Madia pour faire sauter le
secrétaire général Babacar Diagne, qui était par ailleurs ministre. L’affiliation per-
mettait de garder la mainmise sur la centrale. Un « comité syndical CNTS-PS »,
dirigé par Jean Colin3 , a été mis en place pour verrouiller le dispositif et constituait
une sorte de direction parallèle. Le PS a théorisé cela sous le terme de « partici-
pation responsable », qui rappelle la tradition de la social-démocratie allemande.
- De son côté, Madia a joué la carte de l’opposition politique clandestine : le PIT a
été le parti qui a le plus aidé Madia à devenir secrétaire général de la CNTS.
Dansokho, le secrétaire général du PIT, travaillait étroitement avec les militants
du PIT membres de la CNTS. Madia manquait en effet de compétences dans son
SÉNÉGAL
entourage, notamment pour écrire dans la presse du syndicat. De plus, certains
anciens responsables pouvaient être des espions de la direction du PS. Il s’est donc
appuyé sur des opposants au pouvoir ou sur des militants n’appartenant à aucun
parti. « Quatre ou cinq secteurs stratégiques étaient contrôlés par des militants sou-
vent liés au PIT ou à AJ, précise pour sa part Bayla Sow : les télécoms, les industries
extractives, les huileries et corps gras, la marine de pêche, le secteur de l’aérien. A
chaque fois que Madia était attaqué, il s’efforçait que les responsables de ces
syndicats se mettent au premier plan ».
Semou Pathé Guèye5 qui appartenait à une autre centrale syndicale fait une ana-
lyse convergente : « Même lorsque la CNTS était aux côtés du pouvoir socialiste
dans le cadre de la « participation responsable », on a tout de même eu un syn-
dicalisme assez présent dans la prise en charge des préoccupations des travailleurs.
Madia jouait un jeu assez subtil. Il savait en même temps bénéficier des avan-
tages politiques que lui donnait son lien au pouvoir, mais en même temps, il savait
coller aux préoccupations des travailleurs. D’un côté, il servait de soupape pour le
pouvoir, mais de l’autre, il faisait avancer les revendications des travailleurs. Par
nature, le régime de Wade ne pouvait pas s’en accommoder ».
Dès 1998, la succession de Madia Diop s’est posée dans un contexte où une alter-
native politique aux 40 années de règne du PS voyait le jour. Une cassure défini-
tive est intervenue en avril 1999 à l’occasion de l’appel par toutes les centrales syn-
dicales à une grève générale pour les 28 et 29 avril. A la demande du PS, Madia
Diop a en effet levé unilatéralement le mot d’ordre de grève de la CNTS. Dès lors
son départ est devenu incontournable. La défaite électorale du PS en 2000 ampli-
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fie encore cette exigence. Ce sera chose faite au congrès de novembre 2001. Une
nouvelle histoire commence alors pour la CNTS.
1 www.pressafrik.com/DECES-DE-MADIA-DIOP-Syndicaliste-et-homme-politique-au-long-
parcours_a91.html
2 Union démocratique sénégalaise (UDS), une branche locale du Rassemblement démocratique
africain (RDA) très puissant en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Mali.
3 Ancien haut fonctionnaire de l’administration coloniale, Jean Colin était resté au Sénégal
après l’indépendance « Jusqu’en 1990, Jean Colin régnait sur tout : Abdou Diouf était le
président, mais Jean Colin était plus que Raspoutine, il gérait tout » commente Ibrahima Konté
4 Alioune Sow est mort en novembre 2007.
5 Ce philosophe était un des dirigeants historiques du PIT. Il est décédé en mars 2009.
SÉNÉGAL LA SAGA DU SYNDICALISME
AUTONOME ENSEIGNANT
Même si la CNTS est présente dans l’enseignement, les syndicats auto-
nomes y ont été toujours plus importants. Les syndicats autonomes
enseignants ont joué, par ailleurs, un rôle central dans la constitution
de l’UNSAS et de la CSA. Sauf indication contraire, ce qui suit est tiré
d’entretiens réalisés avec Mamadou Diouf (SUDES-CSA) ou Olivier
Sagna (SAES-UNSAS).
par le pouvoir et dont les anciens militants se retrouvaient dans le SUDES. Cela a
marché de 1976 à 1981.
Dès son arrivée à la présidence en 1981, Abdou Diouf a annoncé qu’il reconnaî-
trait tous les partis qui en feraient la demande. Et tout de suite, chaque responsable
syndical que l’on identifiait uniquement comme tel apparaissait comme le respon-
sable d’une obédience politique donnée. A la Commission administrative du
SUDES on trouvait presque tous les responsables des partis politiques clandestins.
Au fond, les gens avaient fait de la politique dans le syndicat, car pendant des
années cela avait été le seul cadre où il avait été possible de s’exprimer.
Maguette Thiam, le premier secrétaire général du SUDES de 1976 à 1979, était
membre du Bureau politique du PIT. Mamadou Ndoye, qui lui a succédé entre
SÉNÉGAL
1979 et 1981, était au BP de la LD/MPT. Il a été alors remplacé par Madior Diouf,
actuellement secrétaire général du RND. Babacar Sané, qui était membre de la
direction du SUDES, a été le premier secrétaire général de la LD/MPT lorsqu’elle a
été reconnue en 1982. Bathily, l’actuel secrétaire général de la LD/MPT, était
chargé de la politique revendicative du SUDES dans l’enseignement supérieur. Et
ainsi de suite. Les germes de la scission étaient là.
Au congrès de 1981, le secrétaire général sortant, Mamadou Ndoye, n’a pas été
réélu. C’était un militant connu du parti « prosoviétique » LD/MPT. C’était une opi-
nion courante dans ces milieux, qu’une organisation comme le SUDES devait
nécessairement avoir à sa tête des marxistes.
Tel n’était pas l’avis de la majorité des militants, dont la plupart n’appartenaient à
aucun parti. Ils estimaient que la diversité politique existant à la base devait se
retrouver au niveau des organes de direction. Les « sans parti » ne voulaient plus
servir de masse de manœuvre à des « marxistes » qui se réserveraient la direction.
Le choix de la majorité des militants s’est alors porté sur Madior Diouf qui appar-
tenait au Rassemblement National Démocratique, une formation politique liée au
nationalisme panafricain et dirigée par le Professeur Cheikh Anta Diop.
Madior n’était pas le candidat du RND en tant que tel. Cette formation n’était pas
venue au congrès du SUDES avec un candidat déclaré.
Madior avait plutôt pris ses responsabilités en tant qu’enseignant. Il s’est proposé et
il a été soutenu par tous ceux qui n’étant membre d’aucun parti politique n’en étaient
pas moins attachés à l’indépendance du syndicat. On les appelait à l’époque les
« démocrates ». Il n’a pas été élu parce qu’il était au RND, mais d’abord parce qu’il
connaissait bien le syndicat et qu’il avait des idées intéressantes sur l’école, et que les
enseignants lui faisaient confiance. L’autre parti « prosoviétique », le PIT, a visible-
ment soutenu la candidature de Madior ».
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SÉNÉGAL Rompant avec les pratiques de ses prédécesseurs, Abdou Diouf a voulu associer cer-
tains de ses opposants au gouvernement. Une des figures historiques du syndi-
calisme enseignant s’est vu offrir la place de ministre de l’Education. Il y est resté
de 1983 à 1988. Un peu plus tard, le pouvoir a offert des places de ministres aux
deux partis communistes pro-soviétiques très influents chez les syndicalistes ensei-
gnants : le PIT (1991 à 1998) et la LD/MPT (1993 à 1998). Le parti d’extrême-
gauche AJ/PADS a par contre refusé, jusqu’en 2000, ce genre de proposition.
Au fil des ans, de plus en plus d’enseignants syndiqués au SUDES lorsqu’ils étaient
dans le secondaire décidaient d’adhérer au SAES lorsqu’ils étaient recrutés à l’u-
niversité. De même, de nombreux militants du SUDES, peu engagés politique-
ment et/ou non membres du PIT, rejoignirent peu à peu le SAES. Parallèlement, la
section du supérieur du SUDES était de plus en plus affaiblie et n’avait guère d’in-
fluence tant auprès des enseignants que des autorités rectorales et gouverne-
mentales sur l’échiquier syndical de l’université. Une dizaine d’années après sa
création, sur les quelques 900 enseignants du supérieur, près de 400 étaient mem-
bres du SAES, ce qui en faisait le syndicat le plus représentatif pour ne pas dire
hégémonique. Une bonne partie de ses membres avait exercé des activités mili-
tantes au sein du mouvement lycéen, du mouvement étudiant ou dans des partis
politiques. Leur adhésion au SAES s’était faite sur la base des luttes qui avaient rapi-
dement permis d’engranger des acquis substantiels dans divers domaines (aug-
mentation du taux des heures complémentaires, augmentation de l’indemnité de
logement, augmentation du pécule pour les voyages d’études, attribution de quo-
tas dans les programmes de logements et de terrains viabilisés, facilitation de l’ac-
cès à des prêts, mise en place d’une coopérative d’habitat, d’une mutuelle, d’un
système de transports, etc.).
Mamadou Diouf ajoute pour sa part : « D’autres professeurs d’université ont pré-
féré rester au sein d’un syndicat organisant les enseignants de tous les degrés afin
de faire mieux fonctionner la solidarité. Analysant les conditions du départ du
SAES, le SUDES a alors créé en 1985 une section dans le supérieur, afin que les
enseignants du supérieur aient leur place au sein du syndicat unitaire tout en leur
permettant d’avoir leur autonomie. Il a été décidé que le secrétaire général de
cette section était d’office membre de la direction du SUDES, ce qui leur donnait
une certaine marge de manœuvre ».
Olivier Sagna poursuit : « Tout en s’étant interdit de s’engager sur la voie des lut-
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Les "volontaires de l’éducation" avaient été créés pour détruire le statut d’en-
seignant, sur la base d’un recrutement de 1 200 "volontaires" par an14.
A l’époque, le syndicat SUDES avait porté plainte auprès du BIT car ces ensei-
gnants étaient payés deux ou trois fois moins, ils n’avaient ni le droit syndical, ni
la Sécurité sociale.
Recruter des enseignants et refuser de leur accorder le droit syndical violait la
convention 87 de l’OIT. Le gouvernement socialiste a fini par accepter de leur
accorder le droit syndical. Cependant, avec l’alternance de 2000, le nouveau
pouvoir dans sa logique de recherche de nouvelles sphères d’influence dans le sec-
teur de l’éducation et le monde du travail en général, les a encouragés à créer un
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OLIVIER SAGNA
1 Par la suite, Mamadou Ndoye a été ministre entre 1993 et 1998 (voir la suite du texte).
2 L’Association des étudiants sénégalais en France (AESF) faisait partie de la Fédération des
étudiants d’Afrique noire en France (FEANF).
3 C’est en 1988 qu’Olivier Sagna est revenu de France pour intégrer l’Université Cheikh Anta
Diop de Dakar.
4 Syndicat unique des enseignants du Sénégal (SUDES)
5 Parti de l’indépendance et du travail (PIT), parti catalogué comme « pro-soviétique ».
6 Ligue démocratique, Mouvement pour le Parti du travail (LD/MPT), autre parti « pro-soviétique ».
7 Union démocratique des enseignants (UDEN).
8 Les syndicats affiliés au Parti socialiste sont le Syndicat national de l'Enseignement
élémentaire (SNEEL) et le Syndicat des Professeurs du Sénégal (SYPROS).
9 A travers l’Union nationale et patriotique des étudiants du Sénégal (UNAPES)
10 Notamment à travers l’Association des étudiants sénégalais en France (AESF) affiliée à la
Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF). Pour sa part, Mamaadou Diof
explique : « il est possible que la création du SAES ait eu également une dimension politique.
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And-Jëff n’avait pas tellement d’influence sur le SUDES, mais ils avaient quand même
suffisamment de militants forts au niveau du supérieur et il est plausible qu’ils espéraient
peut-être avoir ainsi leur espace d’influence ».
11 Le Parti pour la libération du peuple (PLP), dirigé par M° Babacar Niang, est issu du
Rassemblement national démocratique (RND) fondé par le Pr. Cheikh Anta Diop.
12 Cette subordination était désignée par l’euphémisme « participation responsable » .
13 Proche d’AJ avec lequel il a pris ses distances depuis 2002, Babacar Diop Buuba est fortement
impliqué dans des activités d’alphabétisation des adultes à travers l’Association nationale
pour l’alphabétisation et la formation des adultes (ANAFA). Il est actuellement le Président
de l’Association africaine pour l’alphabétisation et la formation des adultes (AALAE) après
avoir été le Président du Conseil des Organisations Non Gouvernementales d’Appui au
Développement (CONGAD).
14 Cette politique a été mise en place par Mamadou Ndoye, l’ancien secrétaire général des
syndicats enseignant SUDES puis UDEN, devenu ministre
15 www.codesria.org/French/default.htm
16 www.osiris.sn
SÉNÉGAL
RETOUR SUR LA MONTÉE DU
SYNDICALISME AUTONOME
Par Mamadou Diouf, secrétaire général du SUDES et de la Confédération CSA
LA FONDATION DE L’UNSAS
Après le départ des syndicats qui avaient créé l’UNSAS, sont restés membres de la
coordination le SUDES, le SDTS (techniciens), l’UTLS de feu Djibril Diop1, le SUTS
(transports en commun de la région de Dakar)2, ainsi que le SAIB-bois, un syndi-
cat implanté dans une entreprise du secteur du bois.
En 1996 eut lieu une première tentative de créer une centrale sous le nom de
CDSA3. Mais au final on s’est retrouvé à quatre syndicats pour créer la centrale :
le SUDES, le SDTS (techniciens), le SAEB-bois et l’UTS.
Djibril Diop de l’UTS, qui présida la cérémonie d’ouverture du congrès, était can-
didat au poste de secrétaire général de la nouvelle centrale. En ce qui le concerne,
le SUDES proposait son propre secrétaire général, qui était à l’époque Iba Ndiaye
SÉNÉGAL Djadji. Les rapports de forces étaient favorables au SUDES : le SUDES était plus
structuré sur le plan national que l’UTS. De plus il avait le soutien du SDTS qui
avait également une implantation nationale. Djibril Diop et Iba Ndiaye étaient
tous deux membres du Bureau politique du PIT. Mais, lorsqu’il s’est agi de répar-
tir les responsabilités au sein de la nouvelle confédération, les dirigeants des syn-
dicats ouvriers ont eu le sentiment que les enseignants les méprisaient. Les rapports
entre Djibril et Iba sont devenus exécrables Le PIT n’avait pas voulu s’immiscer ( du
moins c’est ce que je crois) et pensait qu’ils trouveraient un compromis. Mais cela
n’a pas été possible. Djibril a jugé que les « intellectuels », comme il disait, voulaient
imposer leur volonté.
Dès que Djibril a compris qu’il ne serait pas secrétaire général, il est sorti de la
salle.
Après la sortie de Djibril Diop, on a continué le congrès, et on est passé de
Coordination des syndicats autonomes à Confédération des syndicats autono-
mes. Sur les quatre syndicats fondateurs, trois étaient restés : le SUDES, le SDTS et
le SAEB-bois.
Les syndicats qui sont venus ensuite nous rejoindre étaient en général de nou-
veaux syndicats. En effet, on est sorti du congrès avec la thématique de l’élargis-
sement du champ de syndicalisation. Nous ne voulions pas comme l’UNSAS nous
positionner comme une centrale alternative à la CNTS. Cela n’avait pas de sens
pour nous, car nous aurions créé un conflit entre centrales syndicales en voulant
construire notre centrale sur les cendres de la CNTS. Au contraire, nous voulions
poser le problème de l’élargissement du champ de syndicalisation. Jusqu’à présent,
des centaines de milliers de Sénégalais n’étaient pas syndiqués et avaient besoin
de l’être.
On a notamment revendiqué la syndicalisation des travailleurs du secteur informel,
des policiers, des magistrats, etc.
Simultanément, nous nous sommes prononcés pour l’unité d’action sans exclusive
avec les centrales syndicales.
nomes dont le sigle est également CSA, puis pour éviter la confusion, elle a ensuite
repris le nom d’UTS, ce qui a permis à Djibril Diop, en étant secrétaire général, de
conserver son siège de vice-président de la FSM ainsi qu’au Conseil d’administra-
tion de la Caisse de Sécurité sociale.
1 En 1991, pour éviter toute confusion, la fraction de l’UTLS animée par Djibril Diop changea
son nom en UTS.
2 Les fondateurs du SUTS venaient de la CNTS où ils avaient animé depuis les années 1977 un
courant d’opposition.
3 Aujourd’hui le sigle CDSA existe toujours, mais il ne représenterait plus, d’après certains de
nos interlocuteurs, “qu’un secrétaire général, des statuts et un récépissé”.
SYNDICAL
AUJOURD’HUI
LE MOUVEMENT
SÉNÉGAL
SÉNÉGAL
PROBLÈMES ACTUELS DU
SYNDICALISME
Entretien avec Bayla Sow* - mai 2008
UN SYNDICALISME MORCELÉ
Après 2000, est venue s’ajouter la CNTS-FC, née d’une scission de la CNTS orga-
nisée par un responsable du parti du président Wade. Celle-ci a ensuite éclaté à son
tour en 2005. Elle a alors donné naissance à la CDSL, également dirigée par un pro-
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Le « Front unitaire » qui avait regroupé en 2007 toutes les centrales a rapide-
ment éclaté pour donner naissance à un second regroupement appelé « l’inter-
syndicale ». La division du mouvement syndical ne recoupe pas celle qui a existé
pendant les 40 années de pouvoir socialiste entre la CNTS et les syndicats auto-
nomes. Mais comme par le passé on retrouve d’un côté les centrales liées à l’op-
position politique et, de l’autre, celles qui sont liées au pouvoir.
Font en effet partie de l’intersyndicale, d’une part, deux centrales historiquement
SÉNÉGAL autonomes (la CSA et l’UTS) et, d’autre part la CNTS et l’UDTS (qui est une
ancienne scission de celle-ci). Les 14 autres centrales appartenant au « Front uni-
taire » regroupent principalement la centrale autonome UNSAS et les deux scissions
pro-Wade de la CNTS (la CNTS-FC et la CDSL). Rien ne serait plus faux que de
considérer ces deux regroupements comme des blocs homogènes : le 22 mai
2008, seule l’intersyndicale appelait à une journée de grève générale, mais le syn-
dicat CNTS des transports en commun de la région de Dakar, qui est dirigé par un
membre du parti au pouvoir, n’appelait pas à la grève. Inversement, le syndicat
UNSAS des télécoms participait à la grève.
Pour qu’une grève réussisse il faut que toutes les centrales y appellent ensemble. Chacune
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d’entre elles joue en effet un rôle déterminant dans un secteur stratégique donné.
La CNTS est par exemple hégémonique dans les télécommunications, les industries
extractives et les chemins de fer de Dakar. La CNTS est très influente dans les
transports routiers. L’UNSAS est hégémonique dans l’électricité ou la poste. La
CSA est hégémonique dans la distribution de l’eau. La CNTS-FC est dominante
dans le secteur pétrolier.
Dans les banques, il n’y a plus qu’un seul syndicat, mais il n’est affilié à aucune centrale.
Le personnel des activités aéroportuaires hors contrôle aérien est représenté par le
SUTTAAAS. Les contrôleurs aériens sont représentés par 6 syndicats différents
dont les deux plus importants ne sont affiliés à aucune centrale. Le syndicalisme est
éclaté dans les activités portuaires avec une prédominance de l’UNSAS.
SÉNÉGAL
L’enseignement et la santé sont principalement représentés par l’UNSAS et la
CSA. Dans la marine de pêche on trouve la CNTS, la CNTS-FC et la CDSL. Dans
l’hôtellerie on trouve la CNTS, la CNTS-FC et l’UNSAS.
Dans les entreprises où coexistent plusieurs organisations syndicales, il est difficile
de faire grève si toutes les centrales n’appellent pas au respect du mot d’ordre.
Et cela d’autant plus qu’au Sénégal, une grève n’est considérée comme réussie que
lorsqu’elle réunit un pourcentage important de grévistes.
Dans certaines entreprises, comme par exemple les télécoms, il existe une lon-
gue tradition d’unité d’action. Ce qui explique que le syndicat affilié à l’UNSAS a
appelé à la grève même si sa centrale n’appelait pas. Mais dans beaucoup de sec-
teurs, la CNTS était souvent la seule centrale et la division syndicale n’existe que
depuis 2002. L’éclatement de la CNTS a été parfois violent, comme le prouvent les
événements sanglants de mars 2002. Depuis, des militants se regardent en chiens
de faïence, et cela rend difficile l’unité d’action.
Néanmoins, à la base, les gens continuent à se parler. Si les dirigeants s’entendaient,
ils pourraient expliquer de façon claire pourquoi il est nécessaire de s’unir autour
d’une plate-forme revendicative qui concerne tout le monde.
1 Il s’agissait d’une enquête partielle réalisée par le pouvoir socialiste en 1998, et dont les
résultats ont été contestés par la plupart des syndicats, Il n’y a pas eu d’autre enquête depuis.
Beaucoup de monde avait une dent contre la direction sortante qui avait été asso-
ciée à l’ancien pouvoir pendant si longtemps. Madia avait critiqué les coupures d’é-
lectricité réalisées par le Sutelec, et avait en fait donné son aval pour l’arrestation
de son secrétaire général en 1998. Lors de la grève des 28-29 juin 1999, un cer-
tains nombre de militants avaient critiqué la levée du mot d’ordre par la direction
de la centrale. J’ai alors participé avec d’autres responsables syndicaux, dont
Cheikh Diop2, à la création d’un regroupement clandestin, qui a pris ensuite le nom
de CICLID3, pour s’opposer au secrétaire général sortant Madia Diop4, et obtenir
la désaffiliation du PS. Cheikh Diop5, qui venait de se rallier au PDS, faisait égale-
ment partie de ce regroupement.
Dès 2000 et, à fortiori, à la veille du congrès de 2001, qui devait consacrer le
départ de Madia Diop, les tensions se sont accumulées au sein de la CNTS. Etait
notamment en débat le positionnement de la centrale par rapport au nouveau pou-
voir, et cela d’autant plus que la « participation responsable » figurait toujours
dans les statuts, alors que c’était Wade qui était au pouvoir.
Tout s’est concentré sur la constitution de la nouvelle équipe de direction, et avant
tout l’élection du secrétaire général. Plusieurs candidats postulaient au poste de
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secrétaire général :
— Ibrahima Sarr, qui avait été longtemps considéré par tout le monde comme le
dauphin de Madia6,
— Mody Guiro7, finalement préféré par Madia,
— Cheikh Diop, le candidat préféré des sommets du nouveau pouvoir8,
— Ibrahima Konté, le leader charismatique du puissant syndicat des télécoms.9
Loin de s’en tenir à une certaine neutralité, Madia a activement soutenu Guiro dont
il a organisé la campagne.
Il n’était pas question pour moi de soutenir Guiro qui était le dauphin de Madia. Il m’a
semblé logique de soutenir Cheikh Diop avec qui j’avais formé le CICLID en 1999.
Au moment du congrès, l’ambiance était tendue. Chaque candidat avait payé
des gardes du corps. Madia avait la situation bien en main et a su comment
SÉNÉGAL
manœuvrer. Il connaissait toutes les arcanes de la centrale et la répartition des
mandats. Madia connaissait tout le monde et allait voir les délégués pour leur
demander de voter pour Guiro. Celui-ci l’a finalement emporté de 32 mandats.
Konté n’a obtenu que 55 mandats10.
Pour composer le nouveau bureau, les partisans de Cheikh Diop voulaient dispo-
ser d’un quota de postes à se répartir entre eux. Guiro a refusé et il en a résulté la
scission qui a donné naissance à la CNTS-FC en janvier 2002.
Guiro a ensuite voulu récupérer les locaux que les membres de la nouvelle centrale
ne voulaient pas libérer, et il en a résulté des bagarres avec des voitures incen-
diées, plusieurs blessés et même un mort.
Rien ne serait plus faux que de voir la CNTS comme un tout homogène ajoute
Ibrahima Konté : « Si le pays n’a pas été paralysé lors de la grève nationale du 22
mai 2008, c’est parce que certains des syndicats de la CNTS, comme celui des
transports routiers n’a pas appelé à la grève. Ce syndicat est implanté dans les
« cars rapides » et des taxis qui font partie du secteur informel. Le secrétaire du syn-
dicat est membre du PDS ».
principaux adjoints de Madia. Il avait siégé comme sénateur PS entre 1998 et 2000.
8 Cheikh Diop a été successivement membre fondateur du RND de Cheikh Anta Diop, puis du
PLP de Babacar Niang qui en est issu. Il a ensuite participé à la fondation du CSD qui a
contribué en 1998 au rassemblements autour de Wade. Le CSD s’est ensuite fondu dans le PDS
en théorisant que les petits partis n’avaient pas d’avenir. Au sein du pouvoir, tous n’étaient
pas d’accord pour soutenir Cheikh Diop. Idrissa Seck, qui était à l’époque le numéro 2 du
régime, a par exemple préféré soutenir discrètement la candidature de Guiro.
9 Konté avait pris des positions courageuses dans des moments difficiles comme au moment de
l’arrestation de Sock ou lors de la grève des 28-29 juin 1999 où il a critiqué les conditions
dans lesquelles le mot d’ordre avait été levé. Konté était soutenu par les militants du PIT,
parti dont il avait été dirigeant, ainsi que de l’aile gauche de la CNTS. Konté comptait des
soutiens non seulement dans les télécoms, mais aussi dans des régions comme Mbour ou
Saint-Louis. La campagne de Konté était facilitée par les moyens matériels et humains mis à
sa disposition par son puissant syndicat.
10 Certains des partisans de Konté expliquent un score étonnamment si faible par le fait qu’au
moment du vote certains délégués qui lui étaient favorables n’ont pas pu entrer dans la salle.
SÉNÉGAL PORTRAIT D’IBRAHIMA KONTÉ
Je suis né en 1951. J’ai commencé à militer au Sénégal lorsque j’étais lycéen puis
étudiant. A l’époque, le seul parti politique autorisé était le PS. Les autres étaient
dans la clandestinité. J’étais déjà plus ou moins marxiste, avec mes propres lectu-
res et mes propres convictions.
tante. Aïdara, qui était également au PIT, en était membre, ainsi que Gabou
Guèye, qui était à l’époque maoïste. Fin 1978-début 1979, j’ai participé avec eux
à la fondation du CAST (Comité pour l’amélioration du sort des travailleurs) qui était
présent à la poste et aux télécoms et dont j’ai été le premier coordonnateur. Nous
avons organisé des réunions par région puis au niveau national à Thiès. Deux pos-
sibilités s’offraient à nous :
— soit se contenter d’« infiltrer » les syndicats, puisque beaucoup de jeunes
étaient à l’UTLS ou à la CNTS,
— soit prendre en compte le fait que la grande masse des jeunes n’étaient
adhérents nulle part car ils étaient dégoûtés par la CNTS qui était affiliée au PS,
sans vouloir pour autant adhérer à l’UTLS créée par Wade.
SÉNÉGAL
On a donc décidé de mettre sur pied un mouvement dans lequel on ne deman-
derait à personne d’abandonner son syndicat. Nous voulions mettre sur pied un
mouvement de jeunes pouvant créer quelque chose de nouveau. Au début, on était
clandestins. En 1979, nous avons acquis une implantation nationale, et nous som-
mes alors apparus publiquement.
Nous avions véritablement ébranlé le système. Mais le mouvement n’a pas survécu au
batailles entres membres des différents courants politiques : prosoviétiques du PIT,
maoïstes, trotskystes (OST, LCT), pro-UTLS, etc. Le CAST est donc tombé à l’eau.
SYNDICALISME ET POLITIQUE
Lorsque je suis devenu secrétaire général du syndicat CNTS, j’ai alors décidé de démis-
sionner de mes responsabilités politiques. J’étais en effet membre du comité central
du PIT depuis 1990, puis du Bureau politique. Je ne voulais pas être à la fois à la
direction du parti et à celle du syndicat. Lorsqu’on est dans des instances d’un parti
on est parfois un peu obligé de lui rendre des comptes. Parfois j’étais d’accord avec
le parti, parfois je ne l’étais pas. J’ai donc décidé de mettre à l’aise tout le monde : je
ne voulais pas que dans le syndicat des militants issus d’autres courants politiques puis-
sent penser que je « parachutais » des mots d‘ordre venus du parti. J’ai continué à
voter PIT, mais je n’y militais plus et je ne dirigeais plus de structures du parti. Je
donne juste un peu d’argent au PIT de temps en temps.
Ce n’est pas le cas d’autres militants, comme par exemple « Castro » qui est à la
fois à la direction du syndicat enseignant UDEN et de la LD/MPT.
Sur cette question, AJ et le PIT ont souvent eu des attitudes assez responsables. Ces
deux partis ne cherchent pas à « caporaliser » les syndicats.
Mon syndicat avait à l’époque combattu l’affiliation de la CNTS au PS.
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1 Le personnel qui prenait en charge les télécommunications internationales, avait déjà un sta-
tut de droit privé.
SÉNÉGAL LA PARALYSIE DE L’UNSAS
(Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal)
En 1988, le gouvernement estimait que 19,6 % des délégués du per-
sonnel étaient affiliés à l’UNSAS. En 2003, l’UNSAS déclarait avoir 52
360 membres (soit 30 000 de moins que la CNTS). Comme la CSA,
l’UNSAS s’est historiquement construite autour du syndicalisme ensei-
gnant indépendant du pouvoir.
1 Kalidou Diallo in “La société sénégalaise entre le local et le global” (2002) p 456
SÉNÉGAL
LA CSA AUJOURD’HUI
Rencontre avec Mamadou Diouf
Outre le SUDES qui organise des enseignants titulaires et non fonctionnaires, sont
affiliés à la CSA le SELS qui organise les enseignants des corps émergents de l’é-
ducation et un syndicat pour les personnels non-enseignants, le SAPESU.
SÉNÉGAL - Avant d’être affilié à la CSA, le SELS/O s’est fondé sur la base d’une dissidence du
Syndicat des enseignants libres SELS, qui organisait des enseignants contractuels et
« volontaires » de l’enseignement primaire qui voulaient avoir un syndicat spécifique.
Le gouvernement avait fini par accepter de leur accorder le droit syndical mais
les avait encouragés à créer un syndicat à part qui s’est appelé le Syndicat des
enseignants libres (SELS). Cela s’est retourné contre lui car, au bout de deux ans,
certains membres de la direction du SELS se sont rendu compte qu’ils ne pou-
vaient pas être l’instrument d’un gouvernement et ils ont voulu faire scission.
L’équipe qui animait ce courant est venue nous rencontrer. On leur a déconseillé
de faire scission. Nous leur avons dit que cela avait été une erreur de créer le
SELS, ils se sont rendu compte que ce syndicat servait les intérêts du gouvernement
et non pas ceux des enseignants et qu’il était préférable pour eux d’en sortir et de
venir rejoindre le SUDES. Ils nous ont répondu qu’à titre individuel ils auraient été
prêts à le faire, mais que le processus était désormais tellement avancé que s’ils ne
créaient pas ce syndicat d’autres allaient le créer et que l’on ne pouvait pas savoir
ce qu’ils en feraient.
On leur alors dit de créer leur syndicat et de venir s’affilier à la CSA.
On a donc finalement accompagné cette scission qui a pris le nom de « SELS ori-
ginel » dont le nom soulignait le fait qu’il était fidèle aux aspirations sur lesquel-
les le SELS avait été au départ créé. Le SELS-Originel fait donc partie de la CSA.
- Des personnels non enseignants des établissements scolaires et universitaires vou-
laient adhérer au SUDES. Mais les statuts du syndicat ne le leur permettaient pas.
On leur a proposé soit d’essayer de changer les statuts au congrès suivant du SUDES,
soit de créer tout de suite leur propre syndicat et de travailler ensuite avec le SUDES.
Lorsque la CSA a été créée, nous avons pris contact avec eux, on a rédigé ensemble
les statuts de ce syndicat qui n’avait donc pas d’affiliation antérieure.
- A la Sénégalaise des eaux (SDE) qui fait partie du groupe Bouygues, notre syndicat
est de très loin le premier avec plus de 72 % des délégués, les quatre autres cen-
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Nous nous battons pour que le droit syndical soit accordé à ceux qui en sont
exclus par la législation nationale comme dans la police, la douane, la gendarmerie,
l’armée, etc. Nous pensons, en effet, qu’il faut donner à tous les travailleurs la pos-
sibilité de s’exprimer de façon démocratique, sinon on court toujours le risque
de les voir trouver des voies d’expression antidémocratiques.
Dans de nombreux pays d’Afrique, il y a eu des régimes militaires et des coups
d’Etat. Et cela souvent parce que ces catégories de travailleurs n’avaient pas des
possibilités de s’exprimer dans des conditions démocratiques et ils ont trouvé d’au-
tres voies d’expression.
Aujourd’hui les magistrats ont toutefois leur association qui ressemble en fait à un
syndicat. Elle n’est pas affiliée à la CSA, mais est dirigée par un ancien militant du
SUDES qui est devenu magistrat.
SÉNÉGAL ORGANISER LE SECTEUR INFORMEL
Je me suis souvenu que lorsque j’étais au RND en 1976, on avait mis en place avec des
camarades paysans un syndicat qui a été reconnu, qui avait ses structures. Il est
ensuite tombé en léthargie, peut-être par faute d’encadrement. Nous avons décidé
de retrouver ces camarades. C’est ainsi qu’on a pris contact avec le syndicat des pay-
sans, cultivateurs, éleveurs et maraîchers qu’on a aidés à se redynamiser.
Autant nous pensons que nous pouvons choisir et assumer notre ligne d’indé-
pendance, autant nous respectons le choix des autres travailleurs qui ont opté pour
d’autres formes organisationnelles. Et à chaque fois que cela est possible, nous nous
entendons avec eux autour d’une plate-forme revendicative commune, et nous
engageons également des batailles communes, chacun maintenant sa personna-
lité propre.
Nous sortons justement de la journée de grève générale du 22 mai 2008 à laquelle
appelaient quatre organisations syndicales qui ne partagent pas forcément les
mêmes orientations, mais qui ont pu s’entendre autour d’un certain nombre de
revendications et ont élaboré des stratégies de lutte pour les mener à bien.
SÉNÉGAL
AGIR AVEC LA « SOCIÉTÉ CIVILE »
Nous cherchons à développer une vision plus élargie du syndicalisme qui nous
amène à nous impliquer globalement dans le champ social. Nous ne sommes pas
un parti politique, nous ne sommes pas affiliés à un parti, mais nous voulons avoir
une vision qui intègre tout cela, et nous donner la liberté de faire une lecture syn-
dicale de la situation politique.
Nous nous retrouvons donc avec des ONG sur la question de l’annulation de la
dette, sur la négociation des accords de partenariat économique entre l’Union
européenne et les pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique. Nous cherchons à
construire avec elles un pôle de contre-pouvoir. Nous participons également aux
forums sociaux. Nous étions par exemple au forum social de Bamako.
En 1999, nous avons par exemple participé à une réflexion sur les travailleurs
migrants où étaient notamment présents non seulement des syndicats, comme par
exemple SUD-PTT, la CGT, ou l’Union des travailleurs Sénégalais en France, mais
aussi la coordination nationale des sans-papiers, etc.
Ce qui particularise peut-être dans l’échiquier syndical la CSA comme mon syndicat
d’origine, le SUDES, c’est notre ligne d’indépendance vis-à-vis de tout gouverne-
ment, de tout parti politique, de tout groupe de pression et de tout groupe confes-
sionnel. Il n’est pas possible d’être en même temps membre de la direction natio-
nale et ministre, membre d’un cabinet ministériel ou député.
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L’an dernier j’ai eu des pressions des paysans, parce que j’ai beaucoup travaillé avec
le mouvement syndical paysan. Ils se sentent abandonnés de tous : il n’y a pas de poli-
tique agricole, les partis politiques ne parlent d’eux que lorsqu’il s’agit de chercher une
masse électorale. Ils voyaient un syndicaliste qui venait tout le temps discuter avec eux
et les organiser. Au cours d’une rencontre ils m’ont demandé si je serais candidat
aux élections présidentielles. Je leur ai dit que je n’étais pas là pour cela.
Mais ce que j’ai compris à travers leur demande c’est qu’ils commençaient à se ren-
dre compte qu’il leur fallait avec eux des gens avec qui ils s’organisent pour pren-
dre en main leur destin. Et cela, ils ne l’attendent pas du politicien classique qu’ils
voient à eux pendant la campagne électorale et qui disparaît après. Ils se sont
donc dit «puisque nous avons travaillé avec lui et son équipe pendant quatre ans,
nous avons fait des choses intéressantes qui vont dans le sens de l’amélioration de
nos conditions de vie, pourquoi ne pas le pousser à se présenter aux élections ?»
J‘ai compris leur réaction et je leur ai expliqué très rapidement que cela ne faisait
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Après coup j’ai essayé de réfléchir et cela me permet de porter un regard critique
sur le fonctionnement classique des partis politiques. Personnellement je ne crois
plus aux partis politiques, plus je les vois agir, et moins je crois en eux. Le rôle
d’un syndicat est de constituer un contre-pouvoir pour que quelque soit le gou-
vernement en place nous puissions lui faire face 4.
SÉNÉGAL
UN FONCTIONNEMENT INNOVANT
des syndicats de l’enseignement, on pensait qu’il était important que les pays
africains qui étaient confrontés aux mêmes problèmes puissent mettre en place une
structure souple d’échange et de coopération Sud-Sud. Nous n’étions pas affiliés
à l’époque à l’Internationale de l’éducation. Mais dès que l’Internationale de
l’Education (IE) a été informée que le SUDES par ses propres moyens avait envoyé
des camarades un peu partout en Afrique de l’Ouest, elle a peut-être pensé que
le SUDES n’était pas capable d’avoir organisé une telle initiative s’il n’y avait pas
d’autre force derrière. Mais nous l’avions fait avec nos propres cotisations car on
y croyait. Les camarades avaient voyagé dans des conditions difficiles par la route.
Les gens l’ont fait parce qu’ils y croyaient. Lorsque l’IE a été informée de cette initia-
tive du SUDES, elle a tout de suite menacé tous les autres syndicats africains : “si vous
SÉNÉGAL faites quelque chose avec le SUDES, nous coupons les ponts, nous arrêtons toute
forme d’assistance ». Comment peut-on construire une solidarité sur cette base ?
Et pour que notre affiliation à l’IE soit acceptée, il a fallu se battre pour cela. Nous
avons expliqué qu’en étant affiliés à l’IE nous voulions rester une organisation
libre de construire ses relations avec ceux qui partagent sa vision. Cela ne peut
donc pas être des relations exclusives. Et, de la même manière, nous avons déve-
loppé depuis plus d’une décennie des relations entre la CSA et la CGT, entre le
SUDES et la FSU, ainsi qu’au sein du Comité syndical francophone de l’éducation
et de la formation, une sorte de réseau de syndicats d’enseignants francophones
présidé en ce moment par Roger Ferrari du SNES.
Nous avons été amenés à travailler avec des amis de SUD-PTT en 1999, lors de l’ate-
lier sur la situation des travailleurs migrants. Et depuis, à chaque fois que des militants
de SUD-PTT sont venus à Dakar, nous avons l’occasion de nous voir et d’échanger un
peu.
Je souhaite approfondir la collaboration pour que l’on puisse voir ce que nous pou-
vons apporter à Solidaires, et également ce que nous pouvons apprendre des for-
mes d’organisation et d’implantation, ainsi que de voir comment nous pouvons
développer des luttes communes.
Au niveau des industries alimentaires, beaucoup de structures sont en fait des
prolongements de sociétés françaises. La Sénégalaise des eaux (SDE) fait partie du
groupe français Bouygues.
Le phénomène des délocalisations s’est beaucoup développé ces dernières années
avec notamment les centres d’appels. Cela nous met devant des problèmes diffi-
ciles à gérer : les centres d’appels fonctionnent au Sénégal, et lorsque cela les
arrange, les employeurs disent agir suivant la législation française, et lorsque cela
ne les arrange pas ils appliquent la loi sénégalaise. Par exemple les salaires sont
basés sur la législation sénégalaise, mais pour les jours de congés ils appliquent la
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législation française qui est moins favorable, parce qu’il y a beaucoup de fêtes
religieuses au Sénégal.
En ce qui concerne les centres d’appels, nous avons été confrontés en 2007 avec
un employeur. Nous avions nécessairement besoin de correspondants en France
qui puissent nous appuyer dans cette lutte. En effet, cet employeur avait décidé de
mettre tous ses employés à la porte, de fermer boutique, renvoyer tout le monde
puis rouvrir la même société sous un autre nom 500 mètres plus loin en recrutant
d‘autres salariés. Il fallait mener le combat. La principale difficulté à laquelle
nous avons été confrontés est de ne pas avoir suffisamment de relations au niveau des
donneurs d’ordres. La maison-mère était française, et il fallait avoir des syndicats
SÉNÉGAL
français qui puissent appuyer cette lutte afin de mettre fin à cette injustice.
Notre principal souhait est de pouvoir mettre en place des mécanismes de coopé-
ration qui puissent permettre de mener ce genre de lutte de façon coordonnée.
Nous voulons également pouvoir nous inspirer de votre expérience, apprendre
tout ce que nous pouvons apprendre, mais également dans le cadre de l’échange
voir ce que nous pouvons vous apporter.
Souvent les travailleurs des centres d’appels n’étaient pas syndiqués et c’est lors-
qu’ils ont eu des difficultés qu’ils sont venus à nous et nous avons essayé de les
structurer. On a tenté d’entrer en contact avec l’employeur français, mais nous n’a-
vons pas réussi.
Nous avons des demandes fortes, surtout en termes de formation des jeunes pour
organiser la relève. Il en va de même pour les femmes. Nous avons en effet des
organisations où le pouvoir de décision des femmes au niveau des instances est
encore faible. Il ne s‘agit pas de revendiquer une discrimination positive, et don-
ner des responsabilités à des femmes uniquement parce que ce sont des fem-
mes. Il faut au contraire que les femmes se battent pour avoir des responsabilités
parce qu’elles ont la compétence. D’où l’importance de la formation. La CSA est
donc preneuse d’un travail en commun dans ce domaine, avant tout pour renforcer
les capacités des jeunes et des femmes.
1 Les statistiques de représentativité de 1998 ont été contestées par toutes les confédérations
Ces enquêtes étaient faites par le ministère du travail du gouvernement PS, parti auquel
était affilié le CNTS.
2 Maguette Thiam, du PIT, a été secrétaire général du SUDES originel de 1976 à 1979, mais son
successeur, Mamadou Ndoye, était par contre à la LD/MPT.
3 A propos d’Iba Ndiaye Diadji, le premier secrétaire général de la CSA, lire
www.lequotidien.sn/portrait/index.cfm?var_portrait=38
4 www.lequotidien.sn/portrait/index.cfm?var_portrait
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