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Commande Glissante Moteur Synchrone

Ce mémoire présente une étude sur la commande d'un moteur synchrone à aimants permanents (MSAP) pour l'asservissement en vitesse et en position. Différentes commandes sont étudiées dont la commande vectorielle, la commande par mode glissant et une étude comparative entre ces commandes et la commande PI. Des résultats de simulation sont présentés pour valider les approches proposées.

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Commande Glissante Moteur Synchrone

Ce mémoire présente une étude sur la commande d'un moteur synchrone à aimants permanents (MSAP) pour l'asservissement en vitesse et en position. Différentes commandes sont étudiées dont la commande vectorielle, la commande par mode glissant et une étude comparative entre ces commandes et la commande PI. Des résultats de simulation sont présentés pour valider les approches proposées.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de


La Recherche Scientifique

UNIVERSITE MOHAMMED KHIDER DE BISKRA


FACULTE DES SCIENCES ET DES SCIENCES DE L’INGENIEUR
DEPARTEMENT D’ELECTROTECHNIQUE

N° d'ordre:…………………
Série:………………………

Mémoire

Présenté pour obtenir le diplôme de Magister Nouveau régime en


Electrotechnique
Option
Electricité industrielle

-Thème-
Commande en position et en vitesse par mode de glissement
d’un moteur synchrone triphasé à aimants permanents
avec minimisation du chattring
Par
BENCHABANE Fateh
Soutenu le : ...../…../2005

Devant le jury

Président : Dr S. E. ZOUZOU Pr Univ. Biskra


Rapporteur : Dr A. H. BENAKCHA MC Univ. Biskra
Co-rapporteur : Mr A. MENACER MACC Univ. Biskra
Examinateurs : Dr M. S. NAIT SAID Pr Univ. Batna
Dr M. KADJOUDJ MC Univ. Batna

Année Universitaire 2004/2005


Remerciements

Remerciements

Les travaux présentés dans ce mémoire ont été effectués au sein de l'institut
d'électrotechnique de l'université de Biskra.

Ainsi, je tiens à exprimer mes vifs remerciements à Monsieur Abedelhamid


BENAKCHA, Maître de Conférences à l'Université de Biskra, président de la comité
scientifique de l'institut d'électronique, pour avoir diriger ce travail, pour la confiance et
l'intérêt qu'il a témoigné tout au long de la réalisation de ce travail.

Mes remerciements vont également à Monsieur Arezki MENACER, Maître Assistant


Chargé de Cours à l'université de Biskra, pour son importante participation dans
l'élaboration de ce travail à travers ses nombreux conseils et idées éclairées.

Je remercie vivement Monsieur Salah-eddine ZOUZOU, professeur à l'université de


Biskra, président du comité scientifique de l'institut d'électrotechnique, pour m'avoir fait
l'honneur de présider le jury de mon mémoire.

J'adresse mes respectueux remerciements à Monsieur, M. S. NAIT. SAID professeur à


l'université de Batna, pour m'avoir accepter d'examiner ce travail.

J'exprime également ma gratitude à Monsieur Amar MOUSSI professeur à l'université


de Biskra, pour m'avoir accepter d'examiner ce travail.

Mes remerciements vont également à Monsieur A. BOUHANTELLA, Maître Assistant


Chargé de Cours à l'université de Biskra, pour m'avoir accepter d'examiner ce travail au titre
d'invité, soit aussi bien remercié pour avoir su donné un plus au débat .

Il me tient tout particulièrement à cœur de remercie monsieur Djamel TAIBI, Post


graduant en électrotechnique à l'université de Batna pour ses encouragements et ses aides,
particulièrement, dans le coté du programmation. Il trouve ici toute ma sympathie!
elle
Je remercie aussi M Naima RAHOUA, Melle Aicha SAADI, Melle Nadjiba TERKI
qui n'ont pas cessé de m'encourager pour pouvoir mener à terme ce travail.

Mes remerciements s'adresse aussi à mon ami Khaled YAHIA, Post graduant en
électrotechnique à l'université de Biskra, pour sa disponibilité et ses qualités humaines.
Je tiens également à remercier tous ceux qui de prés ou de loin ont participé à
l'élaboration de ce travail.

I
Dédicace

A mon père et à ma mère

Mes Sœurs, mes Frères et mes Proches,

A tous ceux qui m’ont nourri de leur savoir,

Et à ceux avec qui je partage de bons souvenirs.

II
Sommaire

Sommaire
Remerciements..…………………………………………………………………………………………I
Dédicace……………………………………………………………………………………………….. II
Sommaire.………………………………………………………………………………….…………..III
Notations et symboles………………………………………………………………………………….IV

Introduction ………………..…………………………………………………………………………..1

Chapitre I: Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents


I.1 Introduction…..……………………………………………………………………………………...3
I.2 Structure des machines synchrones triphasées …………………………………...…………………3
I.2.1 Le stator…………………………………………………………………………….……………3
I.2.2 Le rotor………………………………………………..…………………………………………4
I.3 Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents….…………….. ………………….…6
I.3.1 Mise en équation de la MSAP…………………...………………………………………………6
I.3.2 Application de la transformation de Park………………………………………………..……...7
I.3.2.1 Modèle de la machine synchrone à aimants permanents dans le repère lié au rotor ..………8
I.3.2.2 Représentation d’état…...…………………………………………………………………...9
I.4 Modélisation de l’onduleur de tension……………………………………………………………..10
I.5 Commande de l’onduleur de tension à MLI naturelle (sinus-triangle)……………………………..12
Conclusion……………………………………………………………………………………………..14

Chapitre II: Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement


en vitesse ou en position
II.1 Introduction………………………………………………………………………………………..15
II.2 Commande vectorielle de la MSAP pour l’asservissement de la vitesse ou de la position …….…15
II .2.1 Principe……………………………………………………………………………………..15
II .2.2 Description du système global……………………………………………………………..16
II .2.3 Découplage…………………………………………………………………………………17
II .2.4 Détermination des régulateurs de courants ………………………………………………...19
II .2.5 Détermination du régulateur de vitesse …………………………………………………...21
II .2.6 Détermination du régulateur de position …………………………………………………...22
II.3 Résultats de simulation……………………………………………………………………………23
II.3.1 Commande en vitesse……………………………………………………………………….23
II.3.2 Commande en position ……………………………………………………………………..25
Conclusion..……………………………………………………………………………………………26
Sommaire

Chapitre III: Commande à structure variable


III.1 Introduction……………………………………………………………………………………….27
III.2 Principe de la commande par mode de glissement ……………………………………………….28
III.2.1 Bases mathématiques de la commande à structure variable ……………………………………28
III.2.2 Exemple de synthèse d’une co mmande à structure variable………………………………29
III.2.3 Démonstration du mode de glissement …………………………………………………….32
III.2.4 Conditions d'existence du mode de glissement …………………………………………….33
III.2.5 La commande équivalente………………………………………………………………...34
III.2.6 La commande discontinue de base………………………………………………………..36
III.2.6.1 Commande sign……………………………………………………………………...36
III.2.6.2 Commande avec un seul seuil ……………………………………………………….37
III.2.6.3 Commande adoucie………………………………………………………………….37
III.2.6.4 Commande intégrale…………………………………………………………………38
Conclusion……………………………………………………………………………………………..39

Chapitre IV: Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement


en vitesse ou en position
IV.1 Introduction ...……………………………………………………………………………………40
IV.2 Application de la CSV à la machine synchrone à aimants permanents……………..……………40
IV.2.1 L’asservissement de la vitesse………..……………………………………………………40
IV.2.2 L’asservissement de la position……………………………………………………………43
IV.3 Résultats de simulation ……………………………………………………..……………………44
IV.3.1 Elimination du phénomène de chattring……………………………………..…………….44
IV.3.1.1 L'asservissement de vitesse……………………………………………………….…45
a. Commande de type relais…………………………………………………………………..45
b. Commande adoucie……………………………………………………………………..…46
c. Commande intégrale……………………………………………………………………….46
IV.3.2 Résultats de simulation pour l'asservissement de la vitesse ……………………………….48
IV.3.3 Résultats de simulation pour l'asservissement de la position ……………………………...50
Conclusion …………………………………………………………………………………………….51

Chapitre V: Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement


en vitesse ou en position du MSAP
V.1 Introduction………………………………………………………………………………………..53
V.2 Etude comparative de la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse du MSAP …..53
V.2.1 Réponse pour une variation de la vitesse de référence ……………………………..………53
V.2.2 Réponse pour une variation de la charge …………………………………………………...54
V.2.3 Réponse pour une variation du moment d'inertie de la machine…………………………...56
Sommaire

V.3 Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en position du MSAP
V.3.1 Réponse pour une variation de la position de référence ……………………………………57
V.3.2 Réponse pour une variation de la charge……………………………………………..…….58
V.3.3 Réponse pour une variation du moment d'inertie de la machine …………………………..59
Conclusion……………………………………………………………………………………………..60

Chapitre VI: Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position


VI.1 Introduction……………………………………………………………………………...……….61
VI.2 Filtre de Kalman étendu……………………………………………………...…………………..61
VI.2.1 Principe…………………………………………………………………………………….61
VI.2.2 Algorithme…………………………………………………………………………………62
VI.3 Application du filtre de Kalman étendu à la MSAP…………………………………...…………63
VI.3.1 Détermination des matrice F et H………………………………………………………….64
VI.3.2 Choix des matrices de covariance Q et R :………………………………………………...66
VI.4 Simulation d'une commande vectorielle sans capteur mécanique de vitesse et de position……. 67
VI.4.1 Présentation du système simulé……………………………………………………………67
VI.4.2 Résultats de simulation……………………………………………….……………………67
a. Asservissement de vitesse……………………………………………………………67
b. Asservissement de position…………………………………….………….…………68
VI.5 Simulation d'une commande par mode glissant sans capteur mécanique de vitesse et de position
VI.5.1 Présentation du système simulé……………………………………………………………70
VI.5.2 Résultats de simulation…………………………………………………………………….71
a. Asservissement de vitesse………………………………………………………...….71
b. Asservissement de position……………………………………………………..……72
Conclusion………………………………………………………………………………………..……73

Conclusion générale……...………………..………………………………..……………………….74

Résumé................................................................... ...............................................................................7 6
Annexe..………...…………………………..………………………………..……………………….77
Bibliographie……………………………..………………………………..……………………..….78
Notations et symboles

Notations et symboles

MSAP Moteur synchrone à aimants permanents


d, q Composantes de Park (lié au rotor) directe et quadrature

,  Référentielle fixe lié au stator

f .m.m Force magnétomotrice


CSV Commande à structure variable
MLI Modulation de largeur d'impulsion
t Temps [s]

d
P Opérateur de Laplace ( )
dt

vs Tension instantanés des phases statoriques [V]

is Courant instantanés des phases statoriques [A]

i a ,i b ,i c Courants des phases statoriques [A]

va , v b , vc Tensions des phases statoriques [V]

La , L b , Lc Inductances propres des phases a, b,c , respectivement, [H]

M ab , M ac , M bc Mutuelle inductance entre phases ( a et b ), ( a et c ), ( b et c ), respectivement [H]

s Flux statoriques [Wb]

Lss Inductance statorique [H]

Rs Résistance statorique [ ]

f Coefficient de frottement visqueux [Nm / rad / s]

J Inertie de l'entraînement [ kg.m 2 ]


p Nombre de paire de pôles

 Vitesse de rotation mécanique [rad / s]

 ref La vitesse de référence [rad / s]

 Pulsation électrique du rotor (  p  ) [rad / s]

T Matrice de Park normalise


Ce Couple électromagnétique [Nm]

Cr Couple mécanique résistant [Nm]

ref La position de référence [rad]

 La position réelle [rad]


Notations et symboles

K Gain de régulateur de position

Vd , Vq Tensions statoriques du repère de Park [V]

Id , Iq Courants statoriques du repère de Park [A]

d , q Flux du stator selon les axes d,q [Wb]

Ld , Lq Inductance du stator les axes d,q [H]

sf Flux des aimants [Wb]

x Vecteur d'état
u Vecteur de commande
u min , u max La commande minimale, maximale, respectivement [V]

u eq La commande équivalente [V]

un La commande discontinue [V]

S() La surface de glissement de la vitesse [rad / s]

S() La surface de glissement de la position [rad]

S(Id ) La surface de glissement du courant Id [A]

S(Iq ) La surface de glissement du courant Iq [A]

Idref Le courant de référence suivant l'axe d [A]

Iqeq Le courant de référence suivant l'axe q [A]

Iqn , Idn Les courants de commande discontinue suivant l'axe d,q [A]

Vdeq , Vqeq Les tensions de commande équivalente suivant l'axe d et q [V]

Vdn , Vqn Les tensions de commande discontinue suivant l'axe d et q [V]

K v , K d , K q Les paramètres de la commande par mode de glissement

R1 , R 2 Les paramètres de la variété de glissements


w Bruit d'état
v Bruit de mesure
y Vecteur d'observation

Q Matrice de covariance de bruit d'état

R Matrice de covariance de bruit de mesure


P Matrice de covariance de l'erreur
x̂ Vecteur d'état estimé

Ŷ Vecteur de sortie estimé


K(K) Gain du filtre de Kalman
Introduction

Introduction

Aujourd’hui, les moteurs synchrones à aimants permanents (MSAP) sont recommandés


dans le monde industriel. Ceci est dû au fait qu’ils sont simples, fiables et moins encombrants
que les moteurs à courant continu. Ainsi, leur construction est plus simple puisque ils n’ont
pas de commutateurs mécaniques. Par conséquent, ceci augmente leur durée de vie et évite un
entretien permanent. Ils peuvent être utilisés dans un environnement explosif car aucune
étincelle n’est produite. Ils peuvent aussi fournir des puissances importantes par rapport à leur
masse contrairement aux machines à courant continu qui demandent plus de sources
d’alimentation et ont une puissance massique plus faible [ZIA 02].

Grâce aux qualités techniques précédentes, on s’est intéressé beaucoup au MSAP en


robotique, système de traction, technologie spatiale et dans des applications domestiques
[ROB 95].

L'absence de découplage naturel entre l’inducteur et l’induit rend la commande du MSAP


plus difficile, en dépit de sa simplicité structurelle. Le MSAP peut être décrit par trois
équations différentielles non linéaires, avec les grandeurs électriques (courants et flux) et une
grandeur mécanique (vitesse du rotor). Les entrées physiques du système sont les tentions
statoriques. Ce modèle dépend des résistances statoriques qui varient considérablement avec
la température de la machine.

La commande vectorielle permet au MSAP d'avoir une dynamique proche de celle de la


machine à courant continu, autrement dit, une dynamique asymptotiquement linéaire et
découplée.

Cependant, cette structure de commande nécessite que les paramètres de la machine soient
précis. Ceci exige une bonne identification des paramètres. En conséquence, le recours à des
algorithmes de commande robuste, pour maintenir un niveau de découplage et de performance
acceptable, est nécessaire.

La commande à structure variable (CSV) qui, par sa nature est une commande non
linéaire, possède cette robustesse. Le réglage par mode de glissement est fondamentalement
une méthode qui force la réponse à glisser le long d'une trajectoire prédéfinie. Cependant,
cette technique de commande a un inconvénient de commutation aux hautes fréquences
(chattring) [BEN 98].

1
Introduction

La commande sans capteurs de vitesse et de position est devenue un axe de recherche et


de développement intensif. Les chercheurs veulent éviter les problèmes rencontrés dans les
systèmes de régulation, causés par les imperfections inhérentes aux capteurs de mouvement
de rotation utilisés. L'incorporation de ces derniers dans les systèmes peut augmenter leur
complexité et leur encombrement. Elle peut aussi dégrader les performances de la régulation.
Pour ces raisons, la suppression des ces capteurs est indispensable.

Dans ce mémoire, notre travail s'articule principalement autour de six chapitres:

 Le premier chapitre concerne, dans une première partie la modélisation dynamique de


la machine synchrone à aimants permanents dans les hypothèses classiques de
linéarité. La deuxième partie est consacrée à l'étude de l'onduleur de tension et de sa
commande MLI.

 Le second chapitre présente la commande vectorielle de la MSAP pour


l'asservissement de vitesse ou de position. La vitesse est réglée par un régulateur (IP)
et la position par un régulateur à action proportionnelle (P).

 Le troisième chapitre est une étude détaillée de la commande à structure variable qui,
par sa nature, est une commande non linéaire. On y présente les principes théoriques
de cette commande et la conception des ces régulateurs.

 Le quatrième chapitre traite de l'application de la CSV au MSAP pour


l'asservissement de vitesse ou de position, avec minimisation du phénomène de
chattring. On a utilisé la stratégie à 3 surfaces, l'une pour la vitesse ou la position et
l'autre pour les courants.

 Le cinquième chapitre montre l'efficacité et la robustesse de la CSV. Une étude


comparative entre cette dernière et la commande PI est accomplie à travers des
simulations numériques appliquées à la machine.

 L'intégration d'un filtre de Kalman étendu, pour atteindre un réglage total, constitue
l'objet du sixième chapitre. Ce dernier permet d'estimer la vitesse et la position, afin
de les introduire dans la commande vectorielle et la commande par mode de
glissement pour l'asservissement de vitesse ou de position.

Enfin on conclut sur une perspective basée sur les résultats obtenus.

2
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

Modélisation du moteur synchrone


à aimants permanents

I.1 Introduction

Les machines électriques sont, en général, modélisées par des équations non linéaires.
Cette non linéarité est due aux inductances et coefficients des équations dynamiques qui
dépendent de la position rotorique, donc du temps. Un changement de variable est souvent
utilisé afin de diminuer la complexité de ce modèle dynamique, par la réduction du nombre de
variables et l’élimination de la position du rotor dans les coefficients des équations
différentielles. Dans ce cas, les conditions du régime permanent peuvent être déterminées
beaucoup plus facilement et l’analyse de stabilité se fait plus aisément, ainsi que la synthèse
de la commande [HCH 99].

I.2 Structure des machines synchrones triphasées

Les machines synchrones sont devenues compétitives vis-à-vis des machines asynchrones.
Elles couvrent une très grande gamme de puissances, dans les systèmes d’entraînements,
allant de quelques centaines de watts jusqu'à plus de 50 MW [SMI 00].
A l’origine, les machines synchrones étaient essentiellement des alternateurs alimentés par
un courant continu et qui produisaient plus de 99% de l’énergie électrique consommée dans le
monde.

I.2.1 Le stator

Les machines synchrones triphasées, qu’elles soient à pôles saillants ou à pôles lisses, ont
un stator composé de trois enroulements identiques, décalés de 120 électriques dans
l’espace. Lorsqu’ on alimente les enroulements statoriques par un système triphasé équilibré
de tensions, il y a création d’un champ tournant le long de l’entrefer. La vitesse de rotation du
champ tournant est proportionnelle au nombre de pôles de la machine et à la pulsation des
courants statoriques [SMI 00]. On note :
 : La pulsation des courants statoriques [ rad / s ].
p : Le nombre de paire de pôles de la machine.
 : La vitesse de rotation de la machine [ rad / s ].
Soit :
 (I.1)

p

3
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

I.2.2 Le rotor

Le rotor de ces machines peut être à pôles lisses (figure 1.1.a), ou à pôles saillants (figure
1.1.b). Puisque l’entrefer est plus faible sur l’axe direct de la machine, alors l’inductance
directe Ld dans la machine à pôles saillants, est plus grande que celle de l’axe indirect

(quadratique) Lq .

S S

b’ b’
R c R c

a’ a a’ a

b b
’ ’
c c

a. Machine à pôles lisses b. Machine à pôles saillants

Figure 1.1: Formes simplifiées de la machine synchrone à inducteur bobiné.

Avec la possibilité de commutation naturelle, les applications industrielles de ces


machines dans les systèmes d'entraînement se sont d’abord développées dans le domaine des
fortes puissances ( 0.5 MW à 50 MW ). Elles sont utilisées comme moteurs de compresseurs
ou ventilateurs de très fortes puissances, ainsi que dans les systèmes de traction. On peut
aussi rencontrer des applications de fortes puissances de ces machines avec les
cycloconvertisseurs, dont l’intérêt essentiel de la machine est encore la possibilité d’utiliser la
commutation naturelle [HCH 99].

Le moteur synchrone à aimants permanents (MSAP) présente un stator semblable au


stator de toutes les machines électriques triphasées. Le changement du bobinage rotorique par
des aimants permanents apporte beaucoup de simplicité comme l'élimination des ballais (donc
les pertes rotoriques). Cependant, le flux rotorique n’est plus commandable.

Le développement des matériaux magnétiques permet aux MSAP d’être de plus en plus
utilisées dans différents domaines de l’industrie. La densité de puissance massique élevée, le
rendement élevé, l’augmentation de la constante thermique et l'augmentation de la fiabilité
(due à l’absence des contacts glissants bagues- ballais de ces machines) leurs permettent de
concurrencer fortement les machines asynchrones et à courant continu.

4
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

Le rotor possède différentes configurations [BUH 97], [LAA 01]. La figure 1.2 montre
trois cas typiques pour un rotor à quatre pôles.
 Une configuration du rotor à pôles saillants possédant des pièces polaires
servant à la concentration du flux est montrée à la figure 1.2.a. Les aimants
permanents sont magnétisés dans le sens radial.
 Une autre possibilité consiste à disposer les aimants permanents radialement
(aimants noyés dans le rotor). Les aimants sont magnétisés tangentiellement
comme le montre la figure 1.2.b.
 Enfin la figure 1.2.c représente le cas ou les aimants permanents sont distribués
uniformément sur la surface cylindrique du rotor. L’aimantation des aimants
est radiale.

A cause de l’isotropie existante dans ce cas de machine, l’inductance Ld sur l’axe direct

est égale à l’inductance Lq sur l’axe en quadrature. Par contre, elles sont différentes dans les

autres cas.

(2)
(1)
(1)

(a) (b)

(1)

(c)

Figure 1.2: Différents types de rotors d’une MSAP.


(a) aimants permanents (1) et pièce polaire saillante (2).
(b) aimants permanents (1) noyés.
(c) aimants permanents (1) distribués sur la surface du rotor.

5
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

I.3 Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents

La mise sous forme d’un modèle mathématique d’une MSAP est nécessaire pour l'étude
de sa commande dans les différents régimes de fonctionnements transitoire et permanent.
Avant d'établir le modèle mathématique nous devons nous imposer quelques hypothèses :
 le circuit magnétique de la machine n'est pas saturé,
 les f.e.m sont à répartition sinusoïdale,
 l’effet de la température sur les résistances est négligeable,
 l’hystérésis et les courants de Foucault sont négligeables,
 l’effet de peau qui augmente les résistances et réduit les inductances est
négligeable,
 l’entrefer est d’épaisseur uniforme.

I.3.1 Mise en équation de la MSAP

La figure 1.3 donne la représentation des enroulements pour une machine synchrone
triphasée à aimants permanents.

a a
d 
ia
va
sf
0 0

ib

b vb vc q
ic
c

Stator Rotor

Figure 1.3: Représentation d’une machine synchrone à aimants permanents.

A partir de la figure 1.3, nous écrivons les équations de la machine synchrone dans le
repère fixe au stator, en notation matricielle :

o Expression des tensions statoriques


d
 vs    R s  is    s  (I.2)
dt

6
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

o Expression des flux statoriques


(I.3)
 s    Lss  is    sf 
où :
T

 vs    v a vb vc  : Vecteur tensions statoriques


T

is   i a ib ic  : Vecteur courants statoriques


T

 s    a b c  : Vecteur flux statoriques

R s 0 0 
 R s   0 R s 0  : Matrice résistance du stator
0 0 R s 

 La M ab M ac 
 Lss    M ab L b M bc 

: Matrice inductance du stator
 M ac M bc Lc 

 sf    af bf cf T : Vecteur flux créé par l’aimant à travers l’enroulement
statorique.

L’étude analytique du comportement des équations (I.2) et (I.3) est relativement


laborieuse, vu le grand nombre de coefficients variables. On utilise alors des transformations
mathématiques qui permettent de décrire le comportement du moteur à l’aide d’équations
différentielles à coefficients constants. L’une de ces transformations est la transformation de
Park.

I.3.2 Application de la transformation de Park

La transformation de Park est souvent appelée transformation à deux axes. Physiquement,


l’application de cette transformation à la MSAP correspond à une transformation des trois
bobines (statoriques) à deux bobines équivalentes reprenant les mêmes considérations ou
aspects en termes de f.m.m, de flux, de couple ou du moins une image qui leur sera
parfaitement proportionnelle [SMI 00],[CAR 95].

On définit une matrice unique de transformation pour les courants, les tensions et les flux.
Elle conserve l’invariance de la puissance et est orthogonale. De plus, ou fait l’hypothèse que
toutes les grandeurs homopolaires sont nulles. La transformation qui traduit ce passage du
système triphasé (a, b, c) au système biphasé (d,q) est donnée par :

7
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

 Vdq0    T   vabc 
 Idq0    T  iabc  (I.4)
 dq0    T   abc 

tel que :
T : est la matrice de Park normalisée, définie par :

 cos  cos(  2  / 3) cos(   4  / 3) 


2   sin   sin(   2  / 3)  sin(   4  / 3) 

[T]  (I.5)
3 1 1 1 
 
 2 2 2 

I.3.2.1 Modèle de la machine synchrone à aimants permanents dans le repère lié au


rotor

La figure 1.4 illustre la schématisation d’une machine synchrone à aimants permanents,


biphasée, équivalente, issue de la transformation de Park [SMI 00].

d a

Id

Vd

sf
0
Vq
Iq

Figure1.4: Schéma équivalent de la MSAP dans le repère (d,q).

En reportant les transformations dans les expressions des flux et tensions, on obtient :

o Expressions des tensions



 Vd  R s  Id  d   q
 (I.6)
 V  R  I     
 q s q q d

8
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

o Expressions des flux


  d  L d  I d   sf
 (I.7)
  q  L q  I q

sf : flux total dû aux aimants et qui se ferme sur le stator.

Le couple électromagnétique dans le référentiel (d,q) est donné par l’expression suivante :

Ce  p   (L d  L q )Id  Iq   sf  I q  (I.8)

o Equation mécanique :

d
J  f    Ce  C r (I.9)
dt

J : Moment d'inertie de la partie tournante (kg.m 2).

f : Coefficient de frottement visqueux (N.m.s/rad).

Cr : Couple résistant (N.m).

 : Vitesse mécanique (rad/s).

I.3.2.2 Représentation d’état

En combinant les expressions (I.6) et (I.7), on aboutit à la représentation sous la forme


d’équations d’état suivante :

 Rs  L q   Vd 
    
d  Id   Ld Ld   Id   Ld  (I.10)
   
dt  Iq    L d R s   Iq   Vq   sf 
    
 L q Lq   Lq 

A partir de (I.8), (I.9) et (I.10), le modèle de le MSAP dans le repère de Park peut être
schématisé par la figure 1.5.

9
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

Id
Vq + 1
R s  P  Ld
+

p Lq

p Ld p  (Ld  Lq )

- 1 Iq + + 
Vd + p  sf
1
- R s  P  Lq - f  PJ

Cr
p f
p  sf

Figure 1.5: Le modèle de la machine dans le repère de Park.

I.4 Modélisation de l’onduleur de tension

Pour un onduleur triphasé, les commandes des interrupteurs d’un bras sont
complémentaires. Pour chaque bras, il y a donc deux états indépendants. Ces deux états
peuvent être considérés comme une grandeur booléenne [11].

 Sa ,b,c  1 : Interrupteur du demi-bras haut (a, b ou c) fermé.

 Sa ,b,c  0 : Interrupteur du demi-bras bas (a, b ou c) fermé.

La figure I.6 montre le schéma d’un onduleur triphasé avec sa charge [HAD 02] :

U0 Sa Sb Sc
2 a

U0 o u an
u bn n
U0 Sa Sb Sc u cn
b c
2

Figure 1.6: Schéma d’un onduleur de tension triphasé avec sa charge

10
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

Pour simplifier l’étude, on supposera que :

 la commutation des interrupteurs est instantanée ;


 la chute de tension aux bornes des interrupteurs est négligeable ;
 la charge triphasée est équilibrée, couplée en étoile avec neutre isolé.

Pour les tensions composées u ab , u bc et u ca , on a :

u ab  u ao  u ob  u ao  u bo

u bc  u bo  u oc  u bo  u co (I.11)
u  u  u  u  u
 ca co oa co ao

u ao , u bo et u co peuvent être considérées comme des tensions d'entrée à l'onduleur ( tensions


continues).

Soit " n" l'indice du point neutre du coté alternatif. On a:

u ao  u an  u no

u bo  u bn  u no (I.12)
u  u  u
 co cn no

u an , u bn et u cn sont les tensions simples de la machine et u no est la tension fictive entre le


neutre de la MAS et le point fictif d'indice "o".

Sachant que la charge est équilibrée et le neutre isolé alors:

u an  u bn  u cn  0 (I.13)

La substitution de (I.13) dans (I.12) aboutit à:

1
u no  .(u ao  u bo  u co ) (I.14)
3
En remplaçant (I.14) dans (I.12), on obtient:

 2 1 1
 u an  u ao  u bo  u co
3 3 3

 1 2 1
 u bn   u ao  u bo  u co (I.15)
 3 3 3
 1 1 2
 u cn   3 u ao  3 u bo  3 u co

11
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

alors:

 Uo
 u an  3 (2Sa  Sb  Sc )

 Uo
 u bn  ( Sa  2Sb  Sc ) (I.16)
 3
 Uo
 u cn  3 (Sa  Sb  2Sc )

Comme on peut le voir, les combinaisons ( Sa SbSc )= (111) et (0 0 0) correspondent au vecteur


nul. La figure 1.7 montre les six vecteurs non nuls qui peuvent être crées par un onduleur
triphasé.

V3 (010) V4 (011)

V1 (100) V1 (100)

V0 (000) Vecteurs tensions


 nuls
V5 (001) V6 (101) V7 (111)

Figure 1.7 Vecteurs de tension crées par l’onduleur de tension dans ( ,  ).

I.5 Commande de l’onduleur de tension à MLI naturelle (sinus-triangle)

La technique de la MLI naturelle repose sur la comparaison entre deux signaux :

 le premier, qui est appelé signal de référence (Modulatrice) représente l’image de la


sinusoïde qu’on désire à la sortie de l’onduleur. Ce signal est modulable en amplitude
et en fréquence;

 le second, qui est appelé signal de la porteuse (Triangulaire), définit la cadence de la


commutation des interrupteurs statiques de l’onduleur. C’est un signal de hautes
fréquences (HF) par rapport au signal de référence.

L’onde en impulsion est meilleure que l’onde rectangulaire si [KHE 01] :

f porteuse  20. f (I.17)


référence

Les figure 1.8 représente deux signaux à MLI générés par la comparaison de deux signaux
de la porteuse en triangle ayant deux fréquences différentes 1kHz (figure 1.8.a) et
2 kHz (figure 1.8.b), avec le même signal de référence sinusoïdal.

12
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

Signal de référence Onde porteuse

Temps(s)

L'impulsion imposée au bras de l'onduleur

Temps(s)
(a)

Signal de référence Onde porteuse

Temps(s)

L'impulsion imposée au bras de l'onduleur

Temps(s)
(b)

Figure 1.8 Génération d'une MLI naturelle pour un signal de la porteuse de 1 kHz (a) et de 2 kHz (b).

13
Chapitre I Modélisation du moteur synchrone à aimants permanents

La modulation sinus-triangle présente l'inconvénient de générer des impulsions


dissymétriques par rapport à une période de la porteuse. Ainsi, les instants de commutation
ne peuvent être exprimés sous forme analytique simple; ce qui rend délicate sa mise en œuvre
dans les applications numériques [GRE 00].

L'avantage majeur de la technique de modulation sinus-triangle naturelle est de réduire la


pollution (élimination d'harmoniques non désirés) ou de minimiser les oscillations sur la
vitesse, le couple et les courants; ce qui permettra de réduire la pollution en harmoniques dans
le réseau électrique avec minimisation des pertes dans le système et donc amélioration du
rendement.

Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons présenté la modélisation de la machine synchrone à aimants


permanents dans le référentiel de Park lié au rotor. Dans ce référentiel, les équations
électromagnétiques de la MSAP ont considérablement simplifiés et nous permettent d'aborder
aisément à la commande vectorielle pour l'asservissement de la vitesse ou de la position.
On a également présenté la modélisation de l'onduleur de tension et de sa commande à
MLI sinus triangle.

14
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

Commande vectorielle de la MSAP


pour l'asservissement en vitesse ou en position

II.1 Introduction

Le développement de nouvelles technologies des semi-conducteurs et des convertisseurs


statiques a permis une augmentation des fréquences de commutation et, par conséquent, une
meilleure maîtrise de la conversion d'énergie. Parallèlement, les moyens de calcul ont
considérablement évolué. Tous ces progrès ont permis l'application de nouveaux algorithmes
de commande assurant un découplage du flux et du couple dans les machines à courant
alternatif, en régime transitoire et permanent [HAD 02].

Le contrôle vectoriel porte en général sur des machines alimentées en tension et régulées
en courant sur les axes d et q . Cette topologie permet une meilleure dynamique dans le
contrôle du couple tout en évitant les inconvénients d'une alimentation en courant [GRE 00].

Afin de contrôler le couple d'une machine synchrone à aimants permanents, il est


nécessaire de contrôler le vecteur courant. Ceci est possible en contrôlant instantanément soit
son amplitude et son retard par rapport à la f.e.m, soit ces composantes suivant l'axe direct et
l'axe en quadrature.

Il existe deux méthodes distinctes pour contrôler le vecteur courant [HCH 99]:

 l'une ne nécessite pas la connaissance au préalable du modèle électrique de la


machine et consiste à imposer directement les courants de phase dans une bande autour des
courants de référence: c'est la méthode de contrôle par régulateurs à hystérésis,

 l'autre méthode exige la connaissance du modèle de la machine et permet, en fonction


de l'erreur des courants de phase par rapport à leurs références, de déterminer les références
des tensions qui seront imposées aux bornes de la machine grâce à un onduleur de tension
commandé en modulation de largeur d'impulsion (MLI).

II.2 Commande vectorielle de la MSAP pour l’asservissement de la vitesse ou de la


position
II .2.1 Principe
L’objectif de la commande vectorielle de la MSAP est d’aboutir à un modèle équivalent à
celui d’une machine à courant continu, c-à-d un modèle linéaire et découplé, ce qui permet
d’améliorer son comportement dynamique [GRE 00], [BUH 97].
15
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

L'équation (II.1), donnant le couple, montre que celui-ci dépend de deux variables qui sont
choisies comme variables d'états Id et Iq (respectivement courants longitudinal et en

quadrature).

Ce  p  [(Ld  L q )  Id  Iq   sf  I q ] (II.1)

Il s'agit donc de définir une relation entre ces deux variables, puisqu'il n'y a q'une grandeur
à commander (le couple) et deux variables à réguler ( Id et Iq ).

Parmi les stratégies de commande, on utilise souvent celle qui consiste à maintenir la
composante Id nulle. Nous contrôlons le couple uniquement par le courant Iq . On règle ainsi

la vitesse ou la position par la composante Iq [BOU 96] [ZIA 02].

II .2.2 Description du système global

La figure 2.1 représente le schéma global de la commande vectorielle en vitesse ou en


position d’une machine synchrone à aimants permanents dans le repère ( d , q ).

La référence du courant direct Idref est fixe et la sortie du régulateur de vitesse

Iqref constitue la consigne de couple C*e . Les références des courants Idref et Iqref sont

comparées séparément avec les courants réels de la machine Id et Iq .

Les erreurs sont appliquées à l’entrée des régulateurs classiques de type PI. Un bloc de
découplage génère les tensions de références Vd* , Vq* .

Le système est muni d’une boucle de régulation de vitesse ou de position, qui permet de
générer la référence de courant Iqref . Cette référence est limitée au courant maximal. Par

contre, le courant Idref est imposé nul dans notre cas.

Les sorties de la régulation des courants Id et Iq , après passage dans le repère ( a, b, c ),

servent de références de tensions ( Va* , Vb* , Vc* ) pour la commande de l’onduleur à MLI.

16
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

ref  ref
+
+ + Iqref Vd'
K Vd
- -
- Bloc Onduleur
  T 1 MSAP
de à
Idref  0 + Vq' Vq
découplage MLI

-
 


Iq

Id T

Régulation Régulation de vitesse


de position

Figure 2.1: Schéma global de la commande vectorielle de la MSAP.

II .2.3 Découplage

L’alimentation en tension est obtenue en imposant les tensions de référence à l’entrée de


la commande de l’onduleur. Ces tensions permettent de définir les rapports cycliques sur les
bras de l’onduleur de manière à ce que les tensions délivrées par cet onduleur aux bornes du
stator de la machine soient les plus proches possible des tensions de référence. Mais, il faut
définir des termes de compensation, car, dans les équations statoriques, il y a des termes de
couplage entre les axes d et q .

La compensation a pour but de découpler les axes d et q . Ce découplage permet d’écrire


les équations de la machine et de la partie régulation d’une manière simple et ainsi de calculer
aisément les coefficients des régulateurs [BOU 96].

Les équations statoriques comprennent, en effet, des termes qui font intervenir des
courants de l’autre axe. Ces équations s'écrivent:

 Vd  (R s  P  L d )  Id   L q  Iq
 (II.2)

 Vq  (R s  P  L q )  Iq   L d  Id   sf

17
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

La figure 2.2 représente le couplage entre les axes d et q .

 L q  Iq


Vd  1 Id
R s  P  Ld

.sf

 Iq
Vq  1
 R s  P  Lq

 L d  Id
Figure 2.2: Description des couplages.

A partir des équations (II.2), il est possible de définir les termes de découplage qui sont
considérés, dans la suite, comme des perturbations vis-à-vis des régulations. Pour ne pas
compliquer cette étude, nous considérons le cas de décomposition des tensions (figure 2.3).
Dans la première équation, on sépare la tension selon l’axe d en deux parties :

 Vd  V ' d  ed
 (II.3)

ed   L q  Iq

alors:
Id 1
'
 (II.4)
Vd R s  P  Ld

La perturbation ed est compensée par un terme identique de manière à ce que la fonction


de transfert équivalente soit celle indiquée ci-dessus. On peut considérer de manière analogue
la deuxième équation et définir :
 Vq  V ' q  eq
 (II.5)

eq   L d  Id   sf

De la même façon, le terme eq est ajouté de manière à obtenir la fonction de transfert

suivante :
Iq 1
'
 (II.6)
Vq R s  P  Lq

18
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

Idref   V '*d  Vd*  1


Reg (PI) Id
R s  P  Ld
 
ed ed

Iqref
  V '*q  Vq*  1
Reg (PI) Iq
R s  P  Lq
 
eq eq
Correction + Découplage Modèle

Figure 2.3: Découplage par compensation.

Les actions sur les axes d et q sont donc découplées.

Idref 
 V '*d 1
Reg (PI) Id
R s  P  Ld

'*
Iqref   Reg (PI) V q
1
Iq
R s  P  Lq

Figure 2.4: Commande découplée.

II .2.4 Détermination des régulateurs de courants

Les structures des régulateurs sont choisies pour répondre à plusieurs nécessités. Il
convient d’abord de régler la machine de façon à imposer à la charge la vitesse ou la position
et le couple. Il est également nécessaire d’assurer certaines fonctions supplémentaires. Les
plus importantes concernent les protections.

Pour calculer les paramètres des régulateurs, on adopte des modèles linéaires continus.
Les méthodes classiques de l’automatique sont utilisables. Ces méthodes ont l’avantage d’être
simples et faciles à mettre en œuvre.

19
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

Les éléments fondamentaux pour la réalisation des régulateurs sont les actions P.I.D
(proportionnelle, intégrale, dérivée). Les algorithmes, même les plus performants, sont
toujours une combinaison de ces actions. Pour notre étude, nous avons adopté un régulateur
proportionnel – intégral (PI). L’action intégrale a pour effet de réduire l’écart entre la
consigne et la grandeur régulée. L’action proportionnelle permet le réglage de la rapidité du
système [ABE 02].
Le système présente donc pour la régulation de Id un schéma bloc selon la figure 2.5.

Idref + 1 Id
Ki
Kp 
_ p R s  P  Ld

Figure 2.5: Boucle de régulation de courant Id .

On retrouve la même boucle de régulation pour le courant Iq .

La fonction de transfert en boucle ouverte Fbo (P) est :

Ki 1
Fbo (P)  (K p  )( ) (II.7)
P R s  P  Ld

Ld Kp
Compensons le pôle ( ) par ( ) , ce qui se traduit par la condition :
Rs Ki

Kp Ld
 (II.8)
Ki Rs
La fonction de transfert en boucle ouverte s’écrit maintenant :
Ki
Fbo (P)  (II.9)
P  Rs
En boucle fermée, nous obtenons un système de type 1 er ordre avec une constante de temps:
Rs
bf 
Ki

1
Fbf (P)  (II.10)
Rs
 P 1
Ki

20
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

Rs
L'action intégrale du PI est obtenue comme suit: K i 
bf

Si l'on choisit le temps de réponse t rep  3.bf , on a:

 3.L d
K p  t (II.11)
 rep
 3.R s
K i 
 t rep

II .2.5 Détermination du régulateur de vitesse

Dans les conditions de la commande des courants avec compensation, la situation est
effectivement devenue similaire à celle de la machine à courant continu. Ceci facilite la
conception du contrôle de vitesse. Ainsi, le réglage peut être envisagé suivant le schéma
fonctionnel (figure 2.6) où le régulateur adopté est un régulateur IP [ABE 02].
On a :
1
(P)  (Ce (P)  C r (P)) (II.12)
JP  f
avec: Ce (P)  p  sf  Iqref  K t  Iqref

Cr
_
 ref + K iv + Iqref Ce 1 
K pv Kt
_ P _ + JP  f

Figure 2.6: Schéma fonctionnel du contrôle de la vitesse.


avec:
K pv , K iv Coefficients du régulateur IP

K t  p  sf

En considérant le couple de charge comme une perturbation, on dispose d’une fonction de


transfert en boucle fermée par rapport à la consigne sous la forme :

02 (II.13)
Fbf (P)  2
P  2    0  P  02

21
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

avec:
 K pv  K t  K iv
0 
 J (II.14)

 f K pv  K t
 2    0  J  J

Pour la détermination des caractéristiques du régulateur, on choisit un facteur


d’amortissement égal à 0.7 et on définit la pulsation des oscillations non amorties à partir de
la dynamique souhaitée.

II .2.6 Détermination du régulateur de position


Ce régulateur de position nous permet de générer la vitesse de référence  ref (P) . Par
définition, on a :

(P) 1
 (II.15)
(P) P

Le schéma fonctionnel de la boucle de position est présenté sur la figure 2.7 :

ref + e  1 
K
_ P

Figure 2.7: Schéma fonctionnel du régulateur de position.

La fonction de transfert en boucle fermée est :


(P) K
 (II.16)
ref (P) K   P

La cascade (position, vitesse et courant Iq ) impose une dynamique de position très lente par

rapport à celle de la vitesse. La constante de temps de position doit être 5 à 10 fois plus
grande que celle de la vitesse. Ceci permet de déterminer le coefficient K  du régulateur de
position [CAN 00].

22
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

II.3 Résultats de simulation

Nous avons testé en simulation la loi de commande vectorielle de la vitesse ou de la


position sur la MSAP. Les paramètres de la machine sont donnés en annexe.

II.3.1 Commande en vitesse

On remarque d'après la figure 2.8 que, lors du démarrage à vide du MSAP pour un
échelon de consigne de 200 rad / s , suivie d'une application de charge de 5 Nm à partir de
t=0.2 s que:

- L'allure de la vitesse suit parfaitement sa référence qui est atteinte très rapidement avec
un temps de réponse acceptable. L'effet de la perturbation est rapidement éliminé et que le
couple électromagnétique se stabilise à la valeur 5 Nm .

- La réponse des deux composantes du courant montre bien le découplage introduit par
la commande vectorielle de la MSAP (le courant Id est nulle).

- le courant Iq est l'image du couple.

Dans l'essai de la figure 2.9. On a inversé la vitesse de rotation du MSAP de la valeur


référentielle +200 rad / s à la valeur -200 rad / s à l'instant t=0.3 s . Les résultats de simulation
sont satisfaisants et la robustesse de cette commande est garantie vis-à-vis de ce
fonctionnement.

23
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

(rad / s) Ce(Nm)

t(s) t(s)

Id (A) Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 2.8: Réponses de la MSAP en charge avec (Cr=5 N.m à t=0.2 s)

(rad / s) Ce(Nm)

t(s) t(s)

Id (A) Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 2.9: Réponse de la MSAP pour une inversion de la vitesse à t  0.3s .

24
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

II.3.2 Commande en position

La figure 2.10 représente la réponse en position, le couple, la vitesse et les courants


Id , Iq pour une consigne de position de 360° (1 tour mécanique), suivi d'un échelon de couple

résistant de 5 Nm à t=0.2 s . On remarque que l'arbre du MSAP suit l'angle de référence avec
un temps de réponse et un dépassement acceptable. Les courants montrent bien le
découplage ( Id est nulle, Iq est l'image du couple).

Quand on change le sens de rotation de l'arbre du moteur de 360° à -360° à t=0.2 s sans
charge, la réponse est donnée dans les courbes de la figure 2.11. La position suit sa référence
avec un léger dépassement. La vitesse s'annule quand la position atteint sa valeur désirée en
régime permanent. Le courant Id est nul, Le courant Iq est l'image du couple.

 (rad / s)

t(s) t(s)

Ce(Nm) Iq (A)

t(s) t(s)

Id (A)

t(s)

Figure 2.10: Réponses de la MSAP en charge avec (Cr=5 Nm à t  0.2s )


25
Chapitre II Commande vectorielle de la MSAP pour l'asservissement en vitesse ou en position

 (rad / s)

t(s) t(s)

Ce(Nm) Iq (A)

t(s) t(s)

Id (A)

t(s)

Figure 2.11: Réponse de la MSAP pour une inversion de la position à t  0.2s .

Conclusion
Ce chapitre présente la commande vectorielle de la MSAP pour l’asservissement de la
vitesse ou de la position. Les résultats de simulation obtenus montrent bien les performances
de la commande vectorielle: la perturbation est rejetée en un temps très court, une réponse
rapide et un dépassement négligeable sauf lors de l'asservissement de position.

Les régulateurs PI dépendent fortement des paramètres de la machine et de la charge.


Ceci nécessite une identification paramétrique correcte en vue d'une régulation performante.
Il est donc nécessaire de recourir à une commande robuste telle que la commande par mode
de glissement qui est le sujet du chapitre suivant.
26
Chapitre III Commande à structure variable

Commande à structure variable

III.1 Introduction

De nombreux systèmes réels et notamment les machines électriques présentent, en plus


des perturbations extérieures, des non linéarités et des erreurs paramétriques .

Les lois de commande utilisant les régulateurs de type PID donnent de bons résultats dans
le cas des systèmes linéaires à paramètres constants. Pour des systèmes non linéaires ou ayant
des paramètres non constants, ces lois de commande classique peuvent être insuffisantes car
elles ne sont pas robustes surtout lorsque les exigences sur la précision et autres
caractéristiques dynamiques du système sont strictes. On doit faire appel à des lois de
commande insensible aux variations de paramètres, aux perturbations et aux non linéarités.

Le recours à des algorithmes de commande robuste est donc souhaitable aussi bien en
stabilisation qu’en poursuite de trajectoire.

La commande à structure variable (CSV) qui par sa nature est une commande non linéaire,
possède cette robustesse. Elle est basée sur la commutation de fonctions de variables d’état,
utilisées pour créer une variété (ou surface) de glissements, dont le but de forcer la dynamique
du système à correspondre avec celle définie par l’équation de surface [UTK 93]. Quand l’état
est maintenu sur cette surface, le système se trouve en régime glissant. Sa dynamique est alors
insensible aux perturbations extérieures et aux variations des paramètres tant que les
conditions du régime glissant sont assurées [ZAH 98].

Dans la pratique, l’utilisation de cette technique de commande a été longtemps limitée par
les oscillations liées aux commutations de la commande et qui peuvent se manifester sur les
grandeurs asservies. Depuis de nombreuses solutions ont été proposées permettant de réduire
ces oscillations : augmentation de la fréquence de commutation, commande continue dans une
bande autour de la variété de glissements ou décomposition de la commande en une
composante continue de basse fréquence et en commande discontinue de haute fréquence
[OUN 03].

L’étude présentée dans ce mémoire concerne des algorithmes de CSV appliqués à un


moteur synchrone à aimants permanents pour le contrôle en vitesse ou en position.

27
Chapitre III Commande à structure variable

III.2 Principe de la commande par mode de glissement

III.2.1 Bases mathématiques de la commande à structure variable


La modélisation mathématique de la commande à structure variable (formalisation dans le
contexte de la théorie des équations différentielles) conduit à des équations différentielles de
la forme [UTK 93] [KOU 02]:

x(t)  F(x, t, u)  f (x, t)  B(x, t)  u(x, t) (III.1)

où :
x (vecteur d'état)  n ,

f (vecteur de fonctions de x et t )  n ,

B (matrice de fonctions de x et t )  nm ,

u (vecteur de commande)  m .
F représente des fonctions continues par morceaux, ayant des discontinuités sur une
surface S .

Ainsi la surface S(x) représente le comportement dynamique désiré du système. J.J


Slotine propose une forme d’équation générale pour déterminer la surface de glissement qui
assure la convergence d’une variable vers sa valeur désirée [MAD 98]:


S(x)  (   x ) r 1  e(x) (III.2)
t

avec :
e(x)  x ref  x
où:
e(x) : écart de la variable à régler .
 x : Constante positive qui interprète la bande passante du contrôle désiré.
r : degré relatif, égal au nombre de fois qu’il faut dériver la sortie pour faire apparaître la
commande.

S(x)  0 : est une équation différentielle linéaire dont l’unique solution est e(x)  0 .

Après le choix de la surface S , le vecteur de commande u , dont chaque composante u i subit

une discontinuité sur Si (x)  0 , est donné par [BRO 94] [UTK 77] :

28
Chapitre III Commande à structure variable

 u i (x)  u i (x) si Si (x)  0 pour i  1, 2,...m


 (III.3)

 u i (x)  u i (x) si Si (x)  0 pour i  1, 2,...m

L’équation (III.3) nous montre que le changement de valeur du vecteur de commande u


dépend du signe de la surface S(x) . La surface S(x)  0 s’appelle surface de commutation et
la commande est indéterminée sur cette surface.

III.2.2 Exemple de synthèse d’une commande à structure variable

Le réglage par mode de glissement, connu aussi comme système de réglage à structure
variable (CSV), est fondamentalement une méthode qui s’adapte bien lorsque la réponse est
forcée à glisser le long d’une trajectoire prédéfinie. De plus, un système à structure variable
peut posséder de nouvelles propriétés qui ne sont pas présentées dans les structures
individuelles. Par exemple, un système asymptotiquement stable peut être composé de deux
structures qui sont, asymptotiquement, non stables .

Dans cette section, cette possibilité est éclairée par deux exemples très simples, dont le but
est de présenter les avantages de changement des structures pendant une phase de contrôle.

 Considérons, pour le premier exemple, un système de 2 ème ordre [UTK 77] [YAN ] :

x    x (III.4)
avec :
 : la commande du système.
x : la variable d’état.
Le comportement du système dépend de la valeur de la commande  . Ce système à deux
structures est définies par :

  12 et    22 , avec 12   22 .

Le système change de structure et sa représentation dans le plan de phase est donnée par
les figures 3.1.a, 3.1.b. Par conséquent, aucune des deux structures n'est asymptotiquement
stable. Cependant, pour aboutir à une structure asymptotiquement stable, on fait une
combinaison entre les deux structures.

29
Chapitre III Commande à structure variable

x x
II I

I II

x x
x

I II
(a)   12 (b)   22 (c)

Figure 3.1: Stabilisation asymptotique d’un CSV constitué de deux structures marginalement stables.

Le système est donc stable (figure 3.1.c) lorsque sa structure varie selon la commutation
suivante:

 2
 si xx  0
 1 (III.5)
 2 si xx  0
 2
 pour le deuxième exemple [UTK 77] [YAN ] , on a le système suivant :

x    x   x  0 ,  0 (III.6)

où la structure linéaire correspond aux réactions négative et positive quand  est équivalent
soit à   0 ou à   .
1ere cas:   
Les racines de ces équations sont complexes. Par conséquent, le système représenté dans
le plan diverge avec un point d'équilibre instable à l'origine (figure 3.2). (a,b) .

Im x  x2

Re x  x1

Figure 3.2.a: Lieu de racines pour  Figure 3.2.b: Plan de phase

30
Chapitre III Commande à structure variable

2eme cas:   
Le portrait de phase du système ayant des racines réelles, représente une colle avec des
asymptotes (figure 3.2). (c,d).
S(x)  a.x1  x 2  0 x  x2
Im

Re x  x1

Figure 3.2.c: Lieu de racines pour    Figure 3.2.d: Plan de phase

Les deux structures présentées par ce système sont donc instables. Nous remarquons qu'un
seul mouvement qui converge vers l'origine le long d'un vecteur stable de la structure qui
correspond à    .

Si la commutation se trouve au niveau de cette ligne et à x1  0 avec la loi de


commutation:
  si x1  S(x)  0
 (III.7)
 si x1  S(x)  0

 2
où S(x)  a.x1  x 2 , a      
2 4
alors, le système CSV résultant sera asymptotiquement stable (figure 3.2.e).
x  x2

x  x1

S(x)  a  x1  x 2  0

Figure 3.2.e: Stabilité asymptotique d'un système CSV constitué de deux structures instables.
31
Chapitre III Commande à structure variable

III.2.3 Démonstration du mode de glissement

Les deux structures traitées ci-dessus sont instables. Les propriétés du nouveau système
sont obtenues par la composition des trajectoires désirées à partir de celles des différentes
structures. Pour montrer comment un tel mouvement a lieu, nous reconsidérons le deuxième
exemple avec 0  a   au lieu de a   (figure 3.3). On y remarque que les trajectoires de
phase sont dirigées vers la ligne de commutation S(x)  a  x1  x 2  0 [UTK 77].

x  x2

x  x1
S(x)  0

Figure 3.3: modes de glissement d'un système à structure variable du 2eme ordre

Le mouvement le long de la ligne, qui ne représente la trajectoire d'aucune des deux


structures, creé le mode de glissement.

Le phénomène de commutation le long de cette ligne de glissement peut être démontré à


l'aide de la figure 3.4.

x  x2 u
u max
u  u min
S
u min

x  x1
S0
 Sn

u  u max

 Sn

Figure 3.4: Démonstration du mode de glissement

32
Chapitre III Commande à structure variable

La trajectoire dans le plan de phase est constituée de trois parties distinctes [FAQ 03],
(figure 3.5).

 Le mode de convergence (MC) : durant lequel la variable à réguler se déplace à partir


de n’importe quel point du plan de phase vers la surface de commutation S(x)  0 et
l’atteint dans un temps fini. Ce mode est caractérisé par la loi de commande et le
critère de convergence.

 Le mode de glissement (MG) : durant lequel la variable d’état a atteint la surface


glissante et tend vers l’origine du plan de phase. La dynamique dans ce mode est
caractérisée par le choix de la surface de glissement S(x)  0 .

 Le mode de régime permanent (MRP) : il est ajouté pour l’étude de la réponse du


système autour de son point d’équilibre. Il caractérise la qualité et la performance de la
commande. Il est utilisé spécialement pour l’étude des systèmes non linéaires.
x

MG
Régime du mode glissant

MC

MRP S(x)  0
x

S(x)  0 S(x)  0

Figure 3.5: Les différents mode de trajectoire dans le plan de phase.

III.2.4 Conditions d'existence du mode de glissement

Le deuxième aspect important, après la conception de la surface de commutation, est


d’assurer l’existence du mode de glissement.

Le problème d'existence ressemble à un problème de stabilité généralisé. La deuxième


méthode de Lyaponov nous fournit un milieu naturel pour l’analyse. Spécifiquement, la
stabilité de la surface de commutation exige le choix d’une fonction scalaire généralisée de
Lyaponov V(x, t) définie positive. C’est la première condition de convergence qui permet aux
dynamiques du système de converger vers les surfaces de glissement.

33
Chapitre III Commande à structure variable

Cette fonction de lyaponov est définie comme suit:[MER 02] [BEL 02] :
1
V(x)  S2 (x) (III.8)
2

Pour que la fonction de Lyaponov décroisse, il suffit d’assurer que sa dérivée est
négative. Ceci est vérifié si :

S(x)  S(x)  0 (III.9)

Cette inégalité fondamentale, connue comme une condition d'existence, est utilisée pour
résoudre le problème de la synthèse des systèmes à structure variable. Elle nous permet donc
de déterminer les paramètres de réglage.

Tant que S(x).S(x)  0 est vérifié, la dynamique du système sur S(x) , ainsi que sa
stabilité sont indépendantes de la fonction f (x, t) . Elles dépendent uniquement des
paramètres de la surface choisie. Ceci explique l'invariance de ces lois de commande par
rapport aux perturbations agissants sur la partie commande.

D’autre part, comme on l’a mentionné ci-dessus (figure 2.4), il existe le mode de
glissement lorsque les commutations ont lieu continûment entre u max et u min . Alors, la valeur
de la grandeur de commande doit prendre une valeur bien déterminée, désignée par : grandeur
de commande équivalente " u eq ", d’où la condition d’existence [ZAH 98], [KOU 02] :

u min  u eq  u max (III.10)

III.2.5 La commande équivalente

Un vecteur de commande équivalente u eq se définit comme étant les équations du régime

glissant idéal. Nous nous intéressons au calcul de la commande équivalente et par la suite au
calcul de la commande attractive du système défini dans l’espace d’état par l’équation (III.1).
Le vecteur u est composé de deux grandeurs u eq et u n soit :

u  u eq (t)  u n (III.11)

34
Chapitre III Commande à structure variable

Utilisons l’équation (III.1) et (III.11) permet obtenir la commande équivalente u eq :


Nous avons :
dS S x S S
S(x)      f (x, t)  B(x, t) u eq (t)    B(x, t) u n  (III.12)
dt x t x x
En mode de glissement et en régime permanent, la dérivée de la surface est nulle (parce
que S(x)  0 ). Ainsi nous obtenons :
1
 S   S 
u eq    B(x, t)   f (x, t)  , u n  0 (III.13)
 x   x 
En portant u eq dans l'équation (III.1), on obtient l'équation du régime glissant idéal [20] :
1
 S  S
x(t)  f (x, t)  B(x, t)   B(x, t)   f (x, t) (III.14)
 x  x
Cette équation représente la dynamique du système équivalent dans la surface de
glissement [KOU 02].

La commande u eq peut être interprétée comme étant la valeur moyenne que prend la

commande u lors des commutations rapides entre u  (u max ) et u  (u min ) (figure 3.6).

u u eq
u max

u min

Figure 3.6: Commande équivalente u eq .

Tant que le régime glissant est assuré [condition (III.9) vérifiée], le système d'écrit par
l'équation (III.1) est robuste, indépendant des variations des paramètres de la partie
commandée et des perturbations qui agissent sur lui. Il admet en outre des erreurs de
modélisation, tant que ces variations et erreurs maintiennent les conditions du régime glissant
qui s'effectue alors au voisinage de l'hyper surface de glissement Si (x)  0 .

35
Chapitre III Commande à structure variable

III.2.6 La commande discontinue de base

L’addition du terme u n à la loi de commande permet d’assurer l’attractivité de la surface

de glissement S . Celle-ci est attractive si seulement si S(x)  S(x)  0 . Cette condition permet
de définir la région dans laquelle le mode de glissement existe.

Durant le mode de convergence, on remplace le terme u eq par sa valeur donné par (III.13)

dans l’équation (III.12). Nous obtenons donc une nouvelle expression de la dérivée de la
surface, soit :
S
S(x)  B(x, t)  u n  (III.15)
x

Le problème revient à trouver u n tel que :


. S
S(x)  S(x)  S(x) B(x, t) u n   0 (III.16)
x

La solution la plus simple est de choisir u n sous la forme de relais. Dans ce cas, la commande
s’écrit comme suit:
u n  K  sign(S(x))  K  S(x) (III.17)

En remplaçant l’expression (III.17) dans (III.16) on obtient :


. S
S(x)  S(x)  S(x)  B(x, t)  K S(x)  0 (III.18)
x
S
où le facteur B(x, t) est toujours négatif pour la classe de systèmes que nous considérons.
x
Le gain K doit être positif afin de vérifier les conditions de l’attractivité et de la stabilité.

Cependant l’utilisation de la commande de type relais peut provoquer des dynamiques


indésirables caractérisées par le phénomène de chattring.

III.2.6.1 Commande sign

Plusieurs choix pour la commande discontinue (u n ) peuvent être faits. Le plus simple

consiste à exprimer la commande discontinue u n  [u1 , u 2 ,..., u n ] avec la fonction sign par

rapport à S  [S1 ,S2 ,...,Sn ] .

sign(S(x))  1 si S(x)  0
(III.19)

sign(S(x))  1 si S(x)  0

36
Chapitre III Commande à structure variable

u n s’exprime donc comme :

u n  K.sign(S(x))
où K est un gain positif.
u n

K

S(x)

K

Figure 3.7: Définition de la fonction sign.

III.2.6.2 Commande avec un seul seuil

Cette commande est caractérisée par un seul seuil et la commande discontinue est donnée
par l’expression :
 u n  0 si S(x)  e
 (III.20)
 u n  K  sign(S(x)) si S(x)  e

u n

K

S(x)
e e

K

Figure 3.8: Fonction sign de la commande avec un seul seuil.

III.2.6.3 Commande adoucie

Dans le but de diminuer progressivement la valeur de la commande u n en fonction de la


distance entre la trajectoire de la variation à régler et la surface de glissement, on doit
encadrer la surface par une bande avec un ou deux seuils.

37
Chapitre III Commande à structure variable

On peut distinguer trois zones qui dépendent de la distance du point à la surface de


glissement. Si la distance est supérieure au seuil e2 , alors la fonction sign est activée. Si la

distance est inférieure au seuil e1 , alors u n est nulle (zone morte). Si le point est dans la bande

K
(e1 , e2 ) , alors u n est une fonction linéaire de la distance (droite de pente ). (figure 3.9).
e1  e 2

u n

K

e2 e1 S(x)
e1 e2

K

Figure 3.9: Fonction sign de la commande adoucie.

III.2.6.4 Commande intégrale

Les oscillations de hautes fréquences qui apparaissent sur les réponses en régime glissant
peuvent être évitées en rendant continue la commande discontinue u n .Pour cela, on remplace
la fonction sign par la fonction intégrale.
S(x)
un  K  h (III.21)
S(x)  l

tel que :
l  l0  g

avec:
g  g 0 S(x) dt si S(x)  e


g  0 si S(x)  e

et
 h  h 0 S(x) dt si S(x)  e


 h  0 si S(x)  e

38
Chapitre III Commande à structure variable

u n

K

S(x)

K

Figure 3.10: CSV rendu continue.

Conclusion

Dans ce chapitre, on a abordé une méthode de réglage moderne, c'est le réglage par mode
glissant. On a présenté le principe de la CSV pour les différentes structures de la commande
non linéaire u n . Nous avons étudié les techniques de conception des régulateurs par mode
glissants. En effet, la conception de ces régulateurs prend en charge les problèmes de stabilité
et les performances désirées d'une façon systématique.
La mise en œuvre de cette méthode de commande nécessite principalement trois étapes:
 Le choix de la surface: le choix de la surface de glissement concerne non seulement
le nombre nécessaire de ces surfaces, mais également leur forme, en fonction de
l'application et l'objectif visé.

 L'établissement des conditions de la convergence: c'est la première condition de


convergence qui permet aux dynamiques du système de converger vers les surfaces
de glissement.

 La détermination de la commande: une fois la surface de glissement choisie, ainsi


que le critère de convergence, il reste à déterminer la commande nécessaire pour
ramener la variable à contrôler vers la surface et ensuite vers son point d'équilibre en
maintenant la condition d'existence des modes glissants.

L’étude présentée dans le chapitre suivant, concerne l'application de la CSV à un moteur


synchrone à aimants permanents pour le contrôle en vitesse ou en position.

39
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

Commande par mode glissant de la MSAP


pour l’asservissement en vitesse ou en position

IV.1 Introduction

Après avoir présenté la théorie de la commande à structure variable (CSV) avec les
différentes structures de la commande non linéaire, nous allons analyser dans cette partie
l'application de la commande par mode de glissement à la régulation de la vitesse ou de la
position du moteur synchrone à aimants permanents afin de valider l'approche présentée par
des résultats de simulation.

Les lois de commande pour l’asservissement de vitesse ou de position ont pour objectifs :
 d’assurer la rapidité et la précision de la réponse des grandeurs régulées,
 d’assurer la robustesse du système vis-à-vis des perturbations et des variations des
paramètres de la charge mécanique sur l’arbre du moteur.

IV.2 Application de la CSV à la machine synchrone à aimants permanents

Nous rappelons également les équations d’ordre électrique, ainsi que celles d’ordre
mécanique représentant la dynamique de la machine (voir chapitre I).

 R s p. Vd
 Id  L  Id  L  Iq  L
 d d d
 p    Ld R p  sf Vq
Iq   Iq  s  Iq    (IV.1)
 Lq Lq Lq Lq

  


 J    Ce  C r  f  

IV.2.1 L’asservissement de vitesse

 Stratégie de réglage à trois surfaces


Le réglage de la vitesse de la MSAP nécessite le contrôle du courant absorbé par la
machine. Une solution classique consiste à utiliser le principe de la méthode de réglage en
cascade (structure de trois surfaces) la boucle interne permet de contrôler les courants, tandis
que la boucle externe permet de contrôler la vitesse. La figure 4.1 représente la structure

40
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

cascade de régulation de vitesse par mode de glissement de la MSAP alimentée par un


onduleur de tension.

Id
-
Idref + Vd
S(Id ) Va
Va
Park Onduleur
Inverse Vb à Vb
MSAP
T 1 MLI
Vc
 ref + Iqref + Vq Vc
S() S(Iq )
- -

Iq

Figure 4.1: Structure de commande de la vitesse pour la MSAP.

Nous définissons les trois surfaces par :

 La première surface, celle de la vitesse, est d’écrite par :

S()   ref   (IV.2)

Durant le mode de glissement et le régime permanent, nous avons :

S()  0 et S()  0 (IV.3)


D’où nous déduisons : Iqn  0

f    Cr (IV.4)
S()  0  Iqeq 
p   sf  (Ld  Lq )Id 

Durant le mode de glissement, le produit de la surface par sa dérivée doit être inférieur à zéro.
Cela exige de vérifier la condition de Lyaponov suivant :

lim S().S()  0 (IV.5)


s 0

En substituant l’expression de la commande équivalente (IV.3) dans (IV.4), la dérivée de la


surface est donnée par :

p
S()   [sf  (Ld  Lq )Id ]Iqn (IV.6)
J

41
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

avec: Iqn  K v  sign(S()) (IV.7)

Ainsi, la commande Iqref représente la somme des grandeurs Iqeq et Iqn :

Iqref  Iqeq  Iqn (IV.8)

 La deuxième surface de la boucle interne, responsable du contrôle du courant Iq , est

décrite par :
S(Iq )  Iqref  Iq (IV.9)

la dérivée de la surface est donnée par :


Ld    p R p    sf Vq
S(Iq )  Id  s  Iq  
Lq Lq Lq Lq
(IV.10)
Étant donné que : Vq  Vqeq  Vqn

on obtient:
Ld  p   R p    sf Vqeq Vqn
S(Iq )  Id  s  Iq   
Lq Lq Lq Lq Lq

Durant le mode de glissement en régime permanent, nous avons :

S(Iq )  0 alors S(Iq )  0 (IV.11)

avec: Vqn  0

on obtient : Vqeq  R s  Iq  p    sf  L d  Id  (IV.12)

et
(IV.13)
Vqn  K q .sign(S(I q ))

D’où l’expression de Vqc : Vqc  Vqeq  Vqn (IV.14)

 La troisième surface est celle du contrôle du courant Id . Elle est décrite par :

S(Id )  Idref  I d (IV.15)


Dans ce cas nous donnons juste les expressions de :
Vdeq  R s  Id  p  Lq  Iq   (IV.16)
Vdn  K d  sign(S(Id ))
(IV.17)
Vdc  Vdeq  Vdn

(IV.18)
42
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

La stabilité du système nécessite de vérifier que le produit de la surface et sa dérivée est


inférieur ou égal à zéro. Afin d’assurer cette condition, les paramètres, K v , K d et K q sont

toujours positifs.

Ces paramètres sont choisis de façon à :


 assurer la rapidité de la convergence,
 imposer la dynamique en mode de convergence et de glissement,
 limiter le courant à une valeur admissible pour un couple maximal.
Dans le régime permanent, on a:

(IV.19)
Id  0, Iq  0,   0

En remplaçant (IV.19) dans (IV.1), on obtient :

  R s  Id   L q  Iq  Vd  0
 (IV.20)
  R s  Iq   L d  Id  Vq   sf  0

C e  C r  f  
Les conditions d’existence du mode de glissement sont donc :

1
Kv  ( f    C r )
p  sf
(IV.21)
K d   R s  Id   L q  Iq
K q   R s  Iq   L d  Id   sf

IV.2.2 L’asservissement de la position


La CSV pour la position est élaborée à partir d’une variété de glissements de type une
droite :

S()  R1  e  R 2  e (IV.22)

avec : e  ref  

e : l’écart entre la consigne de position ref et la position mesurée  .

e : est la dérivée de l’erreur de position.

R1 , R 2 : sont les paramètres de la variété de glissements.

43
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

On utilise un asservissement à structure variable de position qui génère le courant de


référence. L’asservissement de vitesse ne figure plus sur le schéma de commande (figure 4.2).
Par contre, la CSV utilise l’information sur la vitesse (un retour tachymétrique existe).

La condition nécessaire et suffisante pour l’obtention d’un régime glissant sur S() est que
R1 et R 2 doivent être positifs. Le rapport R 2 / R1 détermine la constante de temps du régime
glissant sur la variété et, par conséquent, la rapidité du système commandé [12].

La commande pour l’asservissement de position est composée uniquement d’une partie


commande rendue continue. Ceci est vrai d’autant plus que l’addition d’une commande
équivalente pour cet asservissement ne modifie pas la réponse en position [ 12] [18].

Id
-
Idref + Vd
S(Id ) Va
Va
Park Onduleur
Inverse Vb à Vb
MSAP
T 1 MLI
Vc
ref + Iqref + Vq Vc
S() S(Iq )
- -

Iq


 p

Figure 4.2 :Schéma global du réglage de la position par mode de glissement d’une MSAP.

IV.3 Résultats de simulation


Nous avons testé en simulation (logiciel MTLAB simulink) la loi de commande par mode
de glissement de la vitesse et de la position sur la MSAP.

IV.3.1 Elimination du phénomène de chattering


Le phénomène de chattering est provoqué par une commutation rapide de la commande
quand les modes techniques des modes glissants sont utilisés [25].

44
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

Dans la but de réduire les broutements (phénomène de chattering haute fréquence), nous
pouvons imposer une variation de la valeur de la commande u n en fonction de la distance
entre la variable d’état et la surface de glissement.

IV.3.1.1 L'asservissement de vitesse

a. Commande de type relais

La fonction « relais » est définie par : u n  K.sign(S(x)) . Si le gain K est très petit, le
temps de réponse sera long. Si K est très grand, le temps de réponse sera rapide, mais des
oscillations indésirables risquent d'apparaître sur les réponses en régime permanent. Le
modèle de la MSAP, présenté au premier chapitre a été testé en charge (figure 4.3).

La figure 4.3 représente les résultats de l’essai à vide pour une référence de (200 rad / s ),
avec l'application de charge de 5 Nm à l’instant t = 0.2 s . La réponse de la vitesse obtenue
avec la CSV est très rapide et sans aucune déformation. La réponse du couple est
pratiquement instantanée.

(rad / s) Ce(Nm)

Zoom(figure 4.3.a)
t(s) t(s)

Id (A) Iq (A)

Zoom(figure 4.3.a)
t(s) t(s)

Figure 4.3: Résultats de simulation en charge pour une commande discontinue de type « relais ».

45
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

Ce(Nm) Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 4.3.a : Agrandissement des oscillations générées par la commande « relais » au niveau de Ce et Iq .

La figure 4.3.a représente un agrandissement d'une zone de la figure 4.3. Les oscillations
de haute fréquence et d'amplitude élevée que l'on remarque sur les courbes du couple et du
courant sont dues à la partie discontinue de la commande qui prend des valeurs importantes.
Ceci est gênant car cela peut induire des oscillations sur la réponse en vitesse. Pour palier cet
inconvénient, on a recours à une autre commande dite « commande adoucie ».

b. Commande adoucie
Le résultat présenté sur la figure 4.4 est obtenu en remplaçant la fonction « relais » par
une fonction adoucie.
Ce résultat représente un essai à vide suivi de l'introduction d'un couple de charge égal à
5 Nm à t=0.2 s. On y remarque qu’il n'y a plus d'oscillations sur les réponses du couple et des
courants.
On constate que la réponse en vitesse, obtenue avec la CSV pour un démarrage à vide est
rapide mais on observe une erreur statique persistante provoquée par la perturbation de la
charge. Cette erreur statique reste l'inconvénient majeur de l'utilisation de cette configuration.
Pour palier cet inconvénient, le recours à une autre forme de commande dite intégrale est
obligatoire.

c. Commande intégrale

La figure 4.5 représente les résultats de l’essai à vide suivi d'application d'une charge de 5
Nm à l’instant t = 0.2 s . On remarque qu’il n'y a plus d'oscillations sur le couple et les
courants. On constate que la vitesse garde toujours sa forme et l'erreur provoquée par la
perturbation de la charge est compensée instantanément.

46
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

(rad / s) Ce(Nm)

t(s) t(s)

Id (A) Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 4.4: Résultats de simulation en charge pour une commande discontinue de type «adoucie ».

(rad / s) Ce(Nm)

t(s) t(s)

Id (A) Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 4.5: Résultats de simulation en charge pour une commande discontinue de type «intégrale ».

47
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

Nous avons analysé le comportement du système à structure variable (CSV) pour diverses
formes de la commande discontinue dans le cas d'asservissement de en vitesse. Les résultats
obtenus avec la CSV sont comparés entre eux afin de montrer la meilleure structure de
commande. Les critères pris en compte sont: rapidité de réponse, erreur statique nulle,
oscillations sur les réponses faibles (élimination du phénomène de chattering).

L’utilisation de la commande rendue continue (intégrale), est l'une des meilleures


solutions proposées. Elle diminue considérablement l’amplitude des oscillations de hautes
fréquences. Pour cette raison, on va appliquer seulement la commande intégrale pour
l’asservissement de la vitesse ou de la position en tenant compte de la présence de l'onduleur.

IV.3.2 Résultats de simulation pour l'asservissement de la vitesse


Dans l'essai de la figure 4.6, nous avons simulé un démarrage à vide avec application
d'une charge égale 5 Nm à t=0.2 s pour une vitesse de référence de 200 rad / s . Pour l'essai de
la figure 4.7, nous avons inversé le sens de rotation de +200 rad / s à -200 rad / s à l'instant
t  0.3s .
Les résultats de simulation montrent que la réponse en vitesse est rapide et précise.
L'erreur provoquée par la perturbation de la charge est compensée instantanément. L'inversion
du sens de rotation permet de déduire que la commande est robuste.
Le courant Iq est l'image du couple. Les seules oscillations résiduelles observables sur le

couple aux instants t  0.2s et t  0.21s correspondent à une oscillation autour de la variété de
glissement qui est très rapidement atténuée, car la commande passe de la commande
discontinue à la commande continue et le système entre en régime glissant de S()  0 .

48
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

(rad / s) Ce(Nm)

t(s) t(s)

Id (A) Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 4.6: Réponses de la MSAP en charge avec (Cr=5 N.m à t=02 s)

(rad / s) Ce(Nm)

t(s) t(s)

Id (A) Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 4.7: Réponses de la MSAP pour une inversion de la vitesse (200 à -200 rad/s)

49
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

IV.3.3 Résultats de simulation pour l'asservissement de la position


Les résultats de simulation d'une CSV de trois surfaces pour la commande en position,
sont représentés dans les figures 4.8 et 4.9. Ces résultats sont obtenus dans les conditions
suivantes:
Lors de démarrage à vide (figure 4.8), on applique un échelon de référence de position de
360° (1 tour mécanique). Une fois que nous atteignons le régime permanent, nous appliquons
un échelon de couple résistant de 5 Nm quand t=0.2 s . Dans l'essai de la figure 4.9, on change
le sens de rotation de l'arbre du moteur de 360° à -360°.
Nous constatons que l'allure de la position est obtenue sans dépassement et que l'arbre du
MSAP suit l'angle de référence avec un temps de réponse acceptable. L'erreur provoquée par
la perturbation de la charge est compensée instantanément. L'inversion du sens de rotation
permet de déduire que la commande est robuste.
Nous constatons aussi que le courant Iq est limité à sa valeur de référence. Cela explique

que le système utilise son maximum d'énergie. Le courant Iq est l'image du couple.

 (rad / s)

t(s) t(s)

Ce(Nm) Id , Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 4.8: Réponses de la MSAP en charge avec (Cr=5 N.m)

50
Chapitre IV Commande par mode glissant de la MSAP pour l’asservissement en vitesse ou en position

 (rad / s)

t(s) t(s)

Ce(Nm) Id , Iq (A)

t(s) t(s)

Figure 4.9: Réponses de la MSAP pour une inversion de la position (360° à -360°)

Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté une méthode de commande à structure variable
(CSV) de la MSAP suivant une structure en cascade. Nous avons défini la méthodologie de
cenception nécessaire pour cette commande pour l'asservissement en vitesse ou en position.
Dans le but de réduire le phénomène de chattering, nous avons simulé trois stratégies de
commande. La première consiste à considérer la fonction de la commande U n comme un
relais. Dans ce cas la fréquence de commutation est finie. La deuxième stratégie consiste à
adoucir la fonction U n . La troisième stratégie, dite commande continue avec composante
intégrale, provoque les oscillations de haute fréquence qui apparaissent sur les réponses en
régime glissant. Ces oscillations sont toutefois amorties.
Les résultats de simulation nous montrent que les réponses avec la CSV pour
l'asservissement en vitesse ou en position sont rapides et robustes. La charge n'a pas
d'influence sur la vitesse et la position.
Le chapitre suivant est consacré à une étude comparative entre la commande vectorielle à
régulateur PI est la CSV de la MSAP, pour valider la robustess aux perturbations extérieures
et aux variations des paramètres.
51
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

Etude comparative entre la CSV et la commande PI


pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

V.1 Introduction
Ce chapitre est consacré à une étude comparative de deux structures de régulation de la
machine synchrone à aimants permanents pour l’asservissement de la vitesse ou de la
position. Cette comparaison est faite dans les mêmes conditions de fonctionnement
(références, charges, perturbations,…) et dans la même configuration de simulation
numérique (pas d'échantillonnage, durée de la simulation,…). La première structure utilise un
régulateur classique de type proportionnel - intégral à coefficients constants. Quant à la
seconde structure, elle est basée sur un régulateur à structure variable.

Le but de cette étude est de valider avec une simulation numérique la robustesse de la
CSV et de la commande PI vis-à-vis des perturbations représentées par le couple de charge et
les variations paramétriques du moteur.

V.2 Etude comparative de la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse


du MSAP

V.2.1 Réponse pour une variation de la vitesse de référence


 Fonctionnement à une inversion de la vitesse

Le but de cet essai est de tester le comportement de la commande. En effet, la référence


doit être suivie sans dépassement lors d'un brusque changement du sens de rotation de la
vitesse du moteur. La figure 5.1 représente la vitesse et le couple de la MSAP dans le cas
d'un démarrage à vide pour un échelon de vitesse de 200 rad / s , suivi, à l'instant t=0.2 s ,
d'une inversion de la vitesse à -200 rad / s , puis d'une deuxième inversion de la vitesse à
+100 rad / s .

Les réponses obtenues avec les deux types de commande montrent clairement que le
système commandé avec la CSV est plus rapide (temps de réponse très petit) que le système
piloté avec la commande PI. Cela montre que la CSV est beaucoup plus robuste par rapport à
la structure PI. Ou la réponse en vitesse est sans dépassement et suit sa référence dans les
deux types de commande.

53
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

D'autre part, les résultats de la figure 5.1 montrent aussi que le couple obtenu par la
commande PI diminue progressivement, tandis que le couple obtenu par la CSV est maintenu
plus longtemps à sa valeur maximale, en particulier pendant les phases de changement du sens
de rotation de la MSAP.

(rad / s) (rad / s)

t(s) t(s)

Ce(Nm) Ce(Nm)

t(s) t(s)

(a) (b)

Figure 5.1: Résultats de simulation pour une inversion de la vitesse.


a- PI, b- CSV.

V.2.2 Réponse pour une variation de la charge


 Fonctionnement à un échelon du couple résistant

La figure 5.2 représente la vitesse et le couple de la machine synchrone à aimants


permanents dans le cas d'un démarrage à vide et pour un échelon de vitesse de 200 rad / s .

A l'instant t=0.2 s , on applique un couple de charge de 5 N.m , puis on l'annule à l'instant


t=0.3 s . Concernant la CSV, on constate que le couple répond instantanément et la vitesse
garde toujours sa forme sans dépassement et sans aucune déformation. On remarque sur le
couple, des oscillations ayant des amplitudes élevées. Ces oscillations sont rapidement
atténuées car la commande discontinue qui se transforme en commande continue et le système

54
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

entre en régime glissant autour de S()  0. Pour la commande PI, on observe que l'erreur
sur la vitesse provoquée par la perturbation de la charge est très importante. La vitesse rejoint
sa référence après une déformation. Le couple ne répond pas instantanément.

 Fonctionnement à une inversion du couple résistant

Pour tester davantage la robustesse de la CSV vis-à-vis des perturbations extérieures, on a


provoqué un régime transitoire sévère, où on a inversé le sens de rotation du moteur ainsi, que
le couple de charge (figure 5.3). On remarque que le système commandé avec la CSV est
beaucoup plus robuste vis-à-vis des variations de la charge, que celui commandé par des
régulateurs PI.

(rad / s) (rad / s)

t(s) t(s)

Ce(Nm) Ce(Nm)

t(s) t(s)

(a) (b)
Figure 5.2: Résultats de simulation pour un échelon de couple résistant (C r  5N.m) .

a- PI, b- CSV.

55
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

(rad / s) (rad / s)

t(s) t(s)

Ce(Nm) Ce(Nm)

t(s) t(s)

(a) (b)
Figure 5.3: Résultats de simulation pour une inversion de couple résistant.
a- PI, b- CSV.

V.2.3 Réponse pour une variation du moment d'inertie de la machine

Dans cette partie nous allons étudier le comportement du système avec les deux types de
commande lors d'une variation du moment d'inertie du moteur.

La figure 5.4 représente les réponses en vitesse obtenues avec la CSV et la commande PI
pour une variation de l'inertie (J  J n  J n  50%) dans le cas d'un démarrage à vide et pour un

échelon de vitesse de 230 rad / s .

Lorsque l'inertie est plus grande, la réponse en vitesse est ralentie (car la constante de
temps mécanique est plus élevée).

Les observations précédentes sont valables pour la commande CSV et pour la commande
PI. La variation du moment d'inertie modifie les réponses et, par conséquent la durée du
régime transitoire. Les meilleures performances encore une fois sont celles de la CSV.

56
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

(rad / s) (rad / s)

t(s) t(s)

(rad / s) Zoom (rad / s) Zoom

J=Jn+ Jn.50% J=Jn+ Jn.50%


J=Jn J=Jn
J=Jn- Jn.50% J=Jn- Jn.50%

t(s) t(s)

(a) (b)
Figure 5.4: Résultats de simulation pour une variation du moment d'inertie (J  J n  J n  50%) .

a- PI, b- CSV.

V.3 Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en


position du MSAP

V.3.1 Réponse pour une variation de la position de référence


 Fonctionnement à une inversion de la position

La figure 5.5 présente la réponse en position et en couple pour la CSV et la commande PI


dans le cas d'un démarrage à vide et pour un échelon de position (ref  2  360) , suivi
de deux inversions de la consigne de la position à 0.2 s (360) , puis à 0.4s (180) .

On constate que la réponse à vide, obtenue avec la CSV, est plus rapide et sans
dépassement que celle obtenue avec la commande PI.

Lors des régimes transitoires, le couple prend des valeurs importantes. La limitation du
courant entre en jeu pour maintenir la stabilité du système. Par contre, le couple obtenu par la
commande PI n'atteint pas la valeur maximale.

57
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

 

t(s) t(s)

Ce(Nm) Ce(Nm)

t(s) t(s)

(a) (b)

Figure 5.5: Résultats de simulation pour une inversion de la position.


a- PI, b- CSV.

V.3.2 Réponse pour une variation de la charge


 Fonctionnement à un échelon de couple résistant

La figure 5.6 présente la réponse en position et en couple électromagnétique pour la CSV


et la commande PI dans le cas d'un démarrage à vide et pour un échelon de position (360)
suivi d'un échelon de couple de charge égal à 5 N.m à t  0.2 s ,puis de son suppression à
l'instant t=0.3 s .

La réponse obtenue avec la CSV est plus rapide et plus précise et l'application d'une
couple de charge n'influe pas sur la réponse de position.
Pour la commande PI, on observe un dépassement sur la réponse en position.
L'application de la charge provoque des déformations mais elles sont finalement compensées.
L'amplitude du couple n'atteint pas les valeurs limites.

58
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

 

t(s) t(s)

Ce(Nm) Ce(Nm)

t(s) t(s)

(a) (b)
Figure 5.6: Résultats de simulation pour un échelon de couple résistant (C r  5N.m). .

a- PI, b- CSV.

V.3.3 Réponse pour une variation du moment d'inertie de la machine

Dans ce paragraphe, nous allons étudié la robustesse de la CSV et la commande PI pour


une variation de l'inertie (J  J n  J n  50%) dans le cas d'un démarrage à vide et pour un

échelon de position de 360 . Les résultats obtenus sont présentés sur la figure 5.7 .

Cet essai montre un bon comportement de la CSV. Par contre, on observe un dépassement
important sur la réponse pour la commande PI.

59
Chapitre V Etude comparative entre la CSV et la commande PI pour l’asservissement en vitesse ou en position du MSAP

 

t(s) t(s)

 Zoom  Zoom

J=Jn+ Jn.50%
J=Jn+ Jn.50%
J=Jn
J=Jn
J=Jn- Jn.50%
J=Jn- Jn.50%

t(s) t(s)

(a) (b)

Figure 5.7: Résultats de simulation pour une variation du moment d'inertie (J  J n  J n  50%) .
a- PI, b- CSV.

Conclusion
Ce chapitre nous permet réaliser une étude comparative entre la CSV et la commande PI
pour l’asservissement en vitesse ou en position de la MSAP.

Les résultats de simulation obtenus montrent clairement que de bonnes performances


sont obtenues avec la CSV. En effet, en comparant avec la commande PI, la CSV est plus
rapide et plus robuste dans les différents modes de fonctionnement du moteur (à vide, en
charge, inversion de la vitesse ou la position et variation du moment d'inertie).

Les techniques de commande CSV et PI nécessitent la connaissance des grandeurs d'état


et de sortie. Ces grandeurs peuvent être obtenues en utilisant des capteurs mécaniques
présentant plusieurs inconvénients tel que l'encombrement, la génération du bruit….

Le chapitre suivant est consacré à l'estimation des grandeurs vitesse et position en


utilisant un filtre de Kalman étendu afin d'élaborer une commande vectorielle robuste .

60
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

Commande sans capteurs


mécaniques de vitesse et de position

VI.1 Introduction
Récemment, plusieurs recherches ont été orientées pour le développement de la
commande du MSAP sans utilisation de capteurs. Ceci, sous la demande accrue de l’industrie
qui veut éviter les problèmes rencontrés dans les systèmes de régulation, causés par les
imperfections inhérentes aux capteurs de mouvement de rotation utilisés. L'incorporation de
ces capteurs dans les systèmes peut augmenter leur complexité et leur encombrement. D'un
autre coté, les mesures provenant de ces capteurs sont souvent bruitées et erronées surtout aux
faibles vitesses [LAA 01].
Pour ces raisons, plusieurs auteurs ont proposé différentes stratégies basées sur la théorie
d’estimation de l’automatisme en vue de déterminer la position et la vitesse pour la
commande de la MSAP.
Ce chapitre présente une description générale d’un contrôle sans capteurs de vitesse et de
position d'une MSAP alimentée par un onduleur de tension à MLI.
Dans la section (VI.4), le filtre de Kalman étendu est associé à un entraînement de la
MSAP piloté par une commande vectorielle PI. Tandis que, dans la section (VI.5), le filtre de
Kalman étendu est associé à un entraînement de la MSAP piloté par une commande à mode
glissant.

VI.2 Filtre de Kalman étendu

VI.2.1 Principe
Le filtre de Kalman étendu est un outil mathématique capable de déterminer des grandeurs
d'états non mesurables évolutives ou des paramètres du système d'état à partir des grandeurs
physiques mesurables [BOU 96].
Ce filtre repose sur un certain nombre d’hypothèses, notamment sur les bruits. En effet, ils
suppose que les bruits qui affectent le modèle sont centrés et blancs et que ceux-ci sont
décorrelés des états estimés. De plus, les bruits d’état doivent être décorrelés des bruits de
mesure.

61
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

VI.2.2 Algorithme
Etant donné le modèle stochastique non linéaire suivant [BOU 96], [BEN 98]:

 x(k  1)  f (x(k), u(k))  w(k)


 (VI.1)
 y(k)  h(x(k))  v(k)
avec
w(k) : vecteur de bruit d'état
v(k) :vecteur de bruit de mesure

On ramène ce système non linéaire en un système linéaire et en déduit l’ensemble des


équations du filtre de Kalman étendu. La procédure d’estimation se décompose en deux
étapes:

Etape 1 : Phase de prédiction


 Estimation sous forme de prédiction :
ˆ  1/ k)  f (x(k
x(k ˆ / k), u(k)) (VI.2)
Cette étape permet de construire une première estimation du vecteur d’état à l’instant
k  1 . On cherche alors à déterminer sa variance.

 calcul de la matrice de covariance de l’erreur de prédiction :


P(k  1/ k)  F(k)P(k)F(k)T  Q (VI.3)

f (x(k), u(k))
Avec : F(k)  (VI.4)
x T (k) ˆ / k)
x(k)  x(k

Etape 2: Phase de correction


En fait, la phase de prédiction permet d’avoir un écart entre la sortie mesurée y k 1 et la

sortie prédite ŷ k 1/ k . Pour améliorer l’état, il faut donc tenir compte de cet écart et le corriger

par l’intermédiaire du gain du filtre K k 1 . En minimisant la variance de l’erreur, on obtient


les expressions suivantes :

 calcul du gain de Kalman :


K(k  1)  P(k  1/ k).H(k)T .(H(k)P(k  1/ k)H(k)T  R) 1 (VI.5)

62
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

Avec:
h(x(k))
H(k)  (VI.6)
x(k) x(k) x(k)
ˆ

 Calcul de la matrice de covariance de l’erreur du filtre :

P(k  1/ k  1)  P(k  1/ k)  K(k  1)H(k)P(k  1/ k) (VI.7)

 Estimation du vecteur d’état à l’instant k  1 :


ˆ  1/ k  1)  x(k
x(k ˆ  1/ k)  K(k  1)(y(k  1)  Hx(k
ˆ  1/ k)) (VI.8)

La figure 1.3 présente le schéma de principe du filtre de Kalman étendu [FRA 05].

u(k) Processus y(k)


u(k  1)  f (u(k), u(k))  w(k)
y(k)  h(x(k))  v(k)

K(k) +
-
P(k / k  1) et K(k) Etat précédent
P(k / k) Etat actuel
P(k  1/ k) Prédiction
P(k  1)
Correction
ŷ(k)
Modèle
ˆ  1/ k  1)  f (x(k), u(k))  K(k  1)(y(k  1)  Hx(k
x(k ˆ  1/ k)
x̂(k)
ˆ ˆ  1)
Y(k  1)  H(k).x(k

Figure 6.1 : Principe d’un filtre de Kalman

VI.3 Application du filtre de Kalman étendu à la MSAP


Le choix du référentiel pour l’application du filtre de Kalman étendu est essentiel. Le cas
idéal consisterait à utiliser le référentiel de Park lié au rotor.
Dans notre cas, on a choisit un modèle avec ce référentiel (lié au rotor) présenté dans
(VI.9) et le filtre de Kalman étendu est utilisé pour l’estimation du vecteur d’état x k composé

des courants Id et Iq , la vitesse mécanique de rotation et la position du rotor. Dans ce modèle

non linéaire, on a supposé que la vitesse mécanique est un état et pas un paramètre.
.

63
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

 x(k  1)  f (x(k), u(k))  w(k)


 (VI.9)
 y(k)  h(x(k))  v(k)
Avec :
 Rs Lq 1 
(1  Ts )Id  pTs Iq  Ts Vd 
 Ld Ld Ld 
 Ld Rs sf 1 
T (pTs )Id  (1  Ts )Iq  Ts p  Ts Vq 
f (x(k), u(k))   Id Iq      Lq Lq Lq Lq 
 L  Lq 
 pTs d sf f 1 
Iq Id  pTs Iq  (1  Ts )  Ts Cr
 J J J J 
  
 
et:
T
h   Id Iq 

VI.3.1 Détermination des matrice F et H

Les matrices de linéarisation F et H nous permettent de linéariser le système en chaque


instant de fonctionnement. Elles sont données comme suit:

 Rs Lq p.Lq 
 1  Ts pTs Ts Iq 0
 Ld Ld Ld 
 Ld Rs p.sf p.Ld 
 pTs 1  Ts (  Ts  Ts Id ) 0 
F(k)   Lq Lq Lq Lq (VI.10)
 L  Lq Ld  Lq 
 pTs d sf f
Iq pTs Id  pTs 1  Ts 0
 J J J J 
 0 0 Ts 1 

1 0 0 0 
H(k)    (VI.11)
0 1 0 0 

Le filtre de Kalman étendu nécessite un vecteur de commande (entré) composé de deux


composantes d'axe dq du courant et de la tension ainsi que le couple de charge C r . Or, ce
couple de charge est difficilement mesurable ce qui nous oblige à utiliser son estimé.

La méthode proposée par lePioufle permet d'estimer en temps réel le couple de charge
[MER 02]. La figure 6.2 illustre le principe de l'estimation.

64
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

MSAP

Id Iq

+ Cr
Estimation 1 - k2
du Ce k1 
- f  JP  P

Figure 6.2: Estimation du couple charge

L'erreur entre la vitesse mesurée et la vitesse estimée est présentée comme entrée d'un
régulateur PI dont la sortie est:
k1
1
P
k2
Cr  C (VI.12)
1  k1 1 2 r
1 P  P
k2 k2

k1 et k 2 sont déterminés par une imposition des pôles.

Figure 6.3: Estimation du couple charge

65
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

La figure 6.3 montre l'estimation du couple de charge pour une référence imposée comme
suit: à t=0.2 s, un échelon de couple de charge Cr  5Nm est appliqué, puis à t=0.4 s, la
charge est inversée et Cr  5Nm . On peut noter que l'estimation de ce couple est
satisfaisante. Le couple estimé suit sa référence lors de la variation brusque d e 5Nm a - 5 Nm.

VI.3.2 Choix des matrices de covariance Q et R


Ce sont via ces matrices que passeront les différents états mesurés, prédits et estimés. Leur
but est de minimiser les erreurs liées à une modélisation approchée et à la présence de bruits
sur les mesures. Ce réglage requiert une attention particulière et seul un réglage en ligne
permet de valider le fonctionnement du filtre. Cependant, quelques grandes lignes permettent
de comprendre l’influence du réglage de ces valeurs par rapport à la dynamique et la stabilité
du filtrage.

La matrice Q liée aux bruits entachant l’état, permet de régler la qualité estimée de notre
modélisation et de sa discrétisation. Une forte valeur de Q donne une forte valeur du gain K
réduisant l’importance de la modélisation et de la dynamique du filtre. La mesure possède
alors un poids relatif plus important. Une trop forte valeur de Q peut cependant créer une
instabilité de l'observateur.

La matrice R règle quant à elle le poids des mesures. Un e forte valeur indique une grande
incertitude de la mesure. Par contre, une faible valeur permet de donner un poids important à
la mesure. Cependant, il faut faire attention au risque d’instabilité aux faibles valeurs de R.

66
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

VI.4 Simulation d'une commande vectorielle sans capteur mécanique de vitesse et de


position

VI.4.1 Présentation du système simulé

ref  ref
+ + Iqref Vd
K +
- - - Bloc Onduleur
T 1 MSAP
de à
Idref + Vq
découplage MLI
-

Iq Vd

FILTRE
Vq T
Id
DE
Id 

KALMAN
ETENDU Iq T

Cr

Régulation Régulation de vitesse


de position

Figure 6.4: Schéma global de la commande vectorielle de la MSAP


avec l'application du filtre de Kalman étendu.

VI.4.2 Résultats de simulation

Afin d'évaluer les performances de l'algorithme d'estimation par le filtre de Kalman


étendu et par conséquent les performances du système d'entraînement global, nous avons
soumis notre système à divers tests de simulation, pour une commande vectorielle en vitesse
et en position.

a. Asservissement de vitesse

La figure 6.5 montre une réponse de vitesse évolue comme suit: à l'instant initial, on
applique un échelon de vitesse de 200rad/s. A t= 0.1s, on applique un couple de charge de
5Nm, le sens de rotation du moteur est inversé à -200rad/s à t=0.2 s et finalement à t=0.4s, la
référence de vitesse devient +20rad/s. Notons, que les réponses en vitesse et position estimées
et réelles sont données dans le même graphe.

67
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

On observe que les résultats d'estimation sont très satisfaisants en terme de robustesse. En
effet, la figure 6.5 montre que les erreurs d'estimation sont faibles, même lors des variations
importantes de la vitesse. On peut noter aussi que, ce filtre donne des bons résultats aux
basses vitesses. Il est bien clair, d'après ces résultats, que cet algorithme de réglage sans
capteurs proposé possède une large capacité de réglage de vitesse et une bonne réponse aussi
bien en transitoire qu'en statique.

(rad / s) Erreur(rad / s)

Vitesse réelle
référence Vitesse estimée
t(s) t(s)
(a) (b)
(rad) Erreur(rad)
Position réelle
Position estimée

t(s) t(s)
(c) (d)
Figure 6.5: Comportement dynamique de la MSAP pour l'asservissement de la vitesse par une commande PI.
(a) vitesse réelle et estimée.
(b) erreur d'estimation de la vitesse.
(c) position réelle et estimée.
(d) erreur d'estimation de la position.
b. Asservissement de position
Pour l'asservissement de position on donne les résultats de simulation des figures 6.6 et
6.7, la figure 6.6 donne le comportement de la MSAP pour un échelon de position de 360°
suivie d'une application de la charge de 5Nm à t=0.2 s. Tandis que, la figure 6.7 donne le
comportement de la MSAP pour une inversion de la position de 360° à -360° à t=0.2 s.
On remarque que, les valeurs réelles et estimées de la position et de la vitesse obtenue sont
comparables et que leurs erreurs d'estimation sont faibles en présence d'une perturbation
externe. Cependant, on observe une divergence du filtre pour le cas d'inversion de la position.
68
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

 Erreur()
référence

Position réelle
Position estimée
t(s) t(s)

(rad / s) (a) Erreur(rad / s) (b)


Vitesse réelle
Vitesse estimée

t(s) t(s)

(c) (d)
Figure 6.6: Résultats de simulation pour l'asservissement de la position de la MSAP par une commande PI,
pour un démarrage à un échelon de position suivi d'une charge de 5 N.m à l'instant t=0.2 s.
 Erreur()
Position réelle
Position estimée

référence
t(s) t(s)

(rad / s) (a) Erreur(rad / s) (b)


Vitesse réelle
Vitesse estimée

t(s) t(s)

(c) (d)
Figure 6.7: Résultats de simulation pour l'asservissement de la position de la MSAP par une commande PI,
pour l'inversion de la position à l'instant t=0.2 s.
(a) vitesse réelle et estimée.
(b) erreur d'estimation de la vitesse.
(c) position réelle et estimée.
(d) erreur d'estimation de la position.
69
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

VI.5 Simulation d'une commande par mode glissant sans capteur mécanique de vitesse
et de position

VI.5.1 Présentation du système simulé

Idref + Vd
S(Id )
-
Park Onduleur
Inverse à MSAP
T 1 MLI

 ref + Iqref + Vq


S() S(Iq )
- -

 Vd

Iq FILTRE Vq T
DE

Id KALMAN Id
ETENDU I T
q

Cr

Figure 6.8: Schéma global de la CSV de la vitesse


avec l'application du filtre de Kalman étendu.

Idref + Vd
S(Id )
-
Park Onduleur
Inverse à MSAP
T 1 MLI

ref + Iqref + Vq


S() S(Iq )
- -

Iq Vd

FILTRE Vq T
Id
DE

 KALMAN Id
ETENDU I T
 q

Cr

Figure 6.9: Schéma global de la CSV de la position


avec l'application du filtre de Kalman étendu.
70
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

VI.5.2 Résultats de simulation


Dans ce cas, le filtre de Kalman étendu est associé à un réglage de vitesse et de position
par le mode de glissement. En suivant le même chemin précèdent, les résultats de simulation
sont comme suit:

a. Asservissement de vitesse

La figure 6.10 montre la vitesse réelle et estimée ainsi que la position angulaire réelle et
estimée correspondante. L'erreur d'estimation de la vitesse et de la position montre que ces
grandeurs suivent leurs estimés avec exactitude en régime permanent qu’en transitoire
(démarrage, application de la charge et inversion du sens de rotation). On peut conclure que,
les comportements statique et dynamique du système d'entraînement global sont meilleurs que
ceux obtenus avec la commande vectorielle PI associe à ce filtre.

(rad / s) Erreur(rad / s)

Vitesse réelle
référence Vitesse estimée
t(s) t(s)
(a) (b)
(rad) Erreur(rad)
Position réelle
Position estimée

t(s) t(s)
(c) (d)

Figure 6.10: Comportement dynamique de la MSAP pour l'asservissement de la vitesse par une commande à
structure variable.
(b) vitesse réelle et estimée.
(b) erreur d'estimation de la vitesse.
(c) position réelle et estimée.
(d) erreur d'estimation de la position.

71
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

b. Asservissement de position
Les résultats de simulation (figure 6.11, 6.12) donnés dans cette section, montrent la
robustesse du filtre proposé et par conséquent le système d'entraînement global pour le cas
d'asservissement de position.
En comparant avec les résultats de la commande vectorielle PI, nous constatons que le réglage
par mode de glissement avec le filtre de Kalman étendu apporte des améliorations importantes
au système d'entraînement.

 Erreur()
référence

Position réelle
Position estimée
t(s) t(s)

(a) (b)
(rad / s) Erreur(rad / s)
Vitesse réelle
Vitesse estimée

t(s) t(s)

(c) (d)

Figure 6.11: Résultats de simulation pour l'asservissement de la position de la MSAP par une commande à
structure variable, pour un démarrage à un échelon de position suivi d'une charge de 5 N.m à l'instant t=0.2 s.
(a) vitesse réelle et estimée.
(b) erreur d'estimation de la vitesse.
(c) position réelle et estimée.
(d) erreur d'estimation de la position.

72
Chapitre VI Commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position

 Erreur()
Position réelle
Position estimée

référence
t(s) t(s)

(a) (b)
(rad / s) Erreur(rad / s)
Vitesse réelle
Vitesse estimée

t(s)

(c) (d)

Figure 6.12: Résultats de simulation pour l'asservissement de la position de la MSAP par une commande à
structure variable, pour l'inversion de la position à l'instant t=0.2 s.
(a) vitesse réelle et estimée.
(b) erreur d'estimation de la vitesse.
(c) position réelle et estimée.
(d) erreur d'estimation de la position.

Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons analysé les propriétés statiques et dynamiques de la
commande vectorielle PI et de la commande CSV sans capteurs de vitesse et de position de la
MSAP en utilisant le filtre de Kalman étendu.
Globalement, pour les deux types de commande, les résultats de simulation obtenus pour
l'estimation de la vitesse et de la position sont très satisfaisants de point de vue erreur
d'estimation, robustesse et stabilité du système d'entraînement global dans n'importe quelle
condition de fonctionnement (vide, charge, inversion de sens de rotation).
Cependant, on peut constater que la CSV sans capteurs et plus robuste et plus meilleure
que celle de la commande PI sans capteurs.

73
Conclusion générale

Conclusion générale

Le travail présenté dans le cadre de ce mémoire concerne la commande en vitesse ou en


position par mode de glissement d'une machine synchrone triphasée à aimants permanents.

Dans le premier chapitre, nous avons vu brièvement la modélisation de la MSAP. Nous


avons utilisé la transformation de Park pour présenter la machine triphasée dans un repère à
deux axes afin de simplifier la résolution des équations électromagnétiques de la machine. En
suite, nous avons modélisé l'onduleur de tension triphasé et sa commande à MLI sinus
triangle.

Le deuxième chapitre est consacré à la commande vectorielle de la MSAP pour son


asservissement en vitesse ou en position. Les résultats de simulation de l'association
(commande vectorielle, onduleur de tension et moteur) sont dans l'ensemble acceptables. Ils
montrent bien les performances de la commande vectorielle: la perturbation est rejetée en un
temps très court, la réponse est rapide et le dépassement est négligeable sauf lors de
l'asservissement en position. Cependant l'inconvénient majeur de cette technique de
commande se manifeste lors des variations paramétriques de la machine. En effet, cette
structure de commande nécessite que les paramètres de la machine soient stables.

Ce problème est surmonté, aux troisième et quatrième chapitres, à travers l'utilisation de la


technique de commande par mode de glissement. Cependant, cette technique de commande
présente aussi l'inconvénient des oscillations aux hautes fréquences. Afin de remédier à cet
inconvénient, nous avons analysé le comportement de la CSV pour diverses formes de la
commande discontinue dans le cas de l'asservissement en vitesse. La première forme consiste
à considérer la fonction de la commande u n comme un relais. La deuxième stratégie consiste

à adoucir la fonction u n . La troisième stratégie, dite commande intégrale, est également


testée.

Les résultats, obtenus avec la CSV pour ces trois stratégies de commande, sont comparés
entre eux afin de montrer la meilleure structure de commande qui minimise le phénomène de
chattring .
A travers ces comparaisons, on peut conclure que la commande intégrale est la meilleure
solution, car elle diminue considérablement l’amplitude des oscillations aux hautes
fréquences.

74
Conclusion générale

Pour ces raisons, on a appliqué cette commande intégrale pour l'asservissement en vitesse
et en position.

Différents tests de simulation sont également effectués afin de vérifier les performances
de l'asservissement en vitesse ou en position par la CSV avec utilisation de la commande
intégrale. Les résultats obtenus sont satisfaisants. En effet, le système est rapide, la charge n'a
pas d'influence sur le comportement du moteur et l'inversion du sens de rotation se fait en
suivant précisément la consigne.

Dans le cinquième chapitre, les résultats obtenus avec la CSV sont comparés avec ceux
obtenus avec une commande vectorielle de type PI. Pour l'asservissement en vitesse ou en
position et quelles que soient les plages de fonctionnement étudiées, les réponses avec la CSV
sont plus rapides et plus robustes vis-à-vis des variations des charges et du moment d'inertie
du moteur.

Concernant la commande sans capteurs mécaniques de vitesse et de position, les résultats


obtenus en simulation montrent l’efficacité du filtre de Kalman étendu. Ils se traduisent par
une erreur d’estimation très petite pour différentes vitesses de rotation (grandes vitesses,
basses vitesses) ainsi que par l’insensibilité aux variations de la charge. Pour l'asservissement
de position, on note aussi que les résultats sont également assez bons. On peut dire que ce
filtre permet de réaliser avec succès les deux types de commandes sans capteurs.

Comme perspectives à la poursuite de notre travail, on propose:

- la prise en compte de la saturation de la machine,


- l'utilisation des régulateurs mixtes (modes glissant, logique floue) au lieu des
régulateurs à modes glissants seulement,
- l'identification paramétrique de la machine en utilisant le filtre de Kalman étendu.

75
Annexe Paramètres de la machine synchrone à aimants permanents

Paramètres de la machine synchrone à aimants permanents utilisée:

Puissance nominale Pn  3Kw

Tension nominale V  220 v

Vitesse nominale   230 rad / s

Résistance statorique R s  0.6 

Inductance suivant l'axe d Ld  1.4 .10 3 H

Inductance suivant l'axe q Lq  2.8 .103 H

Nombre de paire de pôles p4

Flux permanent sf  0.12 Wb

Moment d'inertie J  1.1.10 3 kg.m 2

Coefficient de frottement visqueux f  1.4.10 3 Nm / rad / s

3
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