Anxieux
Anxieux
37
7528%/(6$1;,(8;
Réflexions d’autopersuasion positives ............................63
Communication ...............................................................63
Distractions......................................................................64
Visualisation....................................................................64
Être réaliste......................................................................64
Groupe de pairs ...............................................................64
Commentaires sur les stratégies ......................................65
Annexe .......................................................................................66
Bibliographie...............................................................................69
Sites Internet..........................................................................69
Livres et revues .....................................................................69
38
TROUBLES ANXIEUX L’inquiétude, l’angoisse, les nerfs, la frousse : voilà des termes qui
sont souvent employés pour décrire l’anxiété, ce sentiment normal
de l’être humain qui touche également les enfants et les adolescents.
En fait, il faut avoir un certain degré d’anxiété pour mener une vie
saine et productive. Par contre, lorsque les gens sont accablés ou
paralysés par l’intensité et la durée de leur anxiété, on peut dire
qu’ils souffrent de troubles anxieux. Lorsqu’on détermine qu’une
personne a un trouble anxieux, on sait qu’elle est susceptible d’être
atteinte de plus d’un trouble anxieux. En outre, le tiers des
personnes aux prises avec un trouble anxieux peuvent être atteintes
de dépression à un moment ou à un autre de leur vie.1
1
Tiré de Abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 160), de R.C. Carson et al., 1998, New York, New York,
Longman.
2
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 393–394), de l’American Psychiatric
Association, 1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
3
Tiré de Study guide to accompany abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 107), de D.C. Foules, 1996, New York,
New York, Harper Collins College Publications.
4
Tiré de Psychiatric dictionary (4e édition) (p. 49), de L. Hinsie et R.J. Campbell, 1970, Toronto, Ontario, Oxford University
Press.
39
L’anxiété touche également l’aspect psychologique. Ainsi, la
personne :
• a énormément de sentiments négatifs;
• a une inquiétude excessive vis-à-vis des menaces ou des dangers
éventuels;
• est repliée sur elle-même, ce qui nuit à sa capacité de résoudre
efficacement des problèmes;
• a la sensation de ne pas être capable de venir à bout de la menace
si elle se concrétisait.5
Lorsque ces enfants sont séparés de leurs êtres chers, ils ont besoin
de savoir où ceux-ci se trouvent et de garder un contact avec eux
(au téléphone, par exemple). Loin de chez eux, ces enfants ont la
nostalgie de la maison et ne pensent qu’aux retrouvailles. Séparés
de ceux qu’ils aiment, ils sont envahis de craintes d’accidents ou de
maladies qui pourraient les toucher eux-mêmes ou encore toucher
ces personnes chères. Par conséquent, ils peuvent refuser d’aller à
l’école, de rendre visite à des amis ou d’y passer la nuit, ou d’aller
seuls faire des commissions.
5
Tiré de Abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 196), de R.C. Carson et al., 1998, New York, New York,
Longman.
6
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 131–135), de l’American Psychiatric
Association, 1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
40
Les enfants souffrant d’anxiété de séparation proviennent souvent
de familles dans lesquelles les relations sont très étroites. Loin de
la maison ou de ceux qu’ils aiment, ils sont généralement timides,
apathiques, tristes et ne peuvent se concentrer ni sur leur travail ni
sur des jeux. Le refus d’aller à l’école peut conduire à un échec
scolaire ou à un évitement social. Lorsqu’ils sont bouleversés par
une séparation imminente, ils peuvent se mettre en colère et,
occasionnellement, frapper la personne qui essaie de les forcer.
Cependant, en général, ces enfants sont décrits comme excessive-
ment consciencieux, obéissants et désireux de plaire. Un état dé-
pressif est souvent associé à ce trouble et il peut devenir chronique.
7
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 509), de l’American Psychiatric Association,
1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
8
Ibid., p. 509–513.
41
a l’impression qu’une catastrophe l’empêchera de faire son travail
à la perfection. Il exprime ses soucis avec irritation ou avec une
certaine tristesse vis-à-vis de son échec inévitable, tout en
s’efforçant de plaire à son enseignant.
42
État de stress post-traumatique9
Jusqu’en mai et en juin, Dominique était un élève attentif et indus-
trieux. C’est à cette période-là que se formaient occasionnellement
de gros nuages noirs dans le ciel, suivis d’orages. Depuis qu’une
tornade s’est abattue dans le parc à roulottes où il habitait aupara-
vant, il ne peut pas s’empêcher de regarder les nuages régulière-
ment même s’il essaie de les ignorer. Rapidement, il oublie ce qui
se passe en classe.
9
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 498–504), de l’American Psychiatric
Association, 1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
43
Les élèves souffrant de l’état de stress post-traumatique éprouvent
des difficultés considérables sur le plan scolaire, social et familial.
Les symptômes peuvent se manifester immédiatement après le
traumatisme ou jusqu’à six mois plus tard. Chez la moitié des
sujets, la guérison complète survient en trois mois, tandis que chez
les autres, les symptômes persistent plus de 12 mois après le
traumatisme.
44
État de stress aigu10
Mlle Bélanger a été agréablement surprise de voir Bernard repren-
dre le cours normal de la classe après avoir trouvé un corps mutilé
dans un ravin le mois précédent. Il a été désorganisé et agité
pendant deux semaines, mais par la suite, Bernard a graduellement
recommencé à répondre aux questions, à aider en classe et à
remettre ses travaux à temps.
Trouble obsessionnel-compulsif 11
Chris, un élève de 11e année, devient anxieux dès que de petits
changements sont faits à l’ordre des choses à l’école. Si quelqu’un
s’assoit à la place qu’il occupe habituellement, cela le bouleverse.
Il peut même aller jusqu’à se faire du souci si quelqu’un s’assoit
dans un endroit différent de la classe. Avant de s’asseoir, Chris se
sent obligé de faire un petit rituel : il dépose ses livres sur son
pupitre et les aligne au coin supérieur droit du bureau, il sort de la
salle pour aller boire, revient à son pupitre, qu’il touche trois fois
avec ses trois doigts du milieu avant de s’arrêter pour regarder
dehors par la fenêtre située à l’arrière de la classe, puis il revient à
son bureau pour commencer sa journée. Pendant les cours, il
vérifie sa montre sans arrêt pour comparer l’heure avec l’horloge
de sa classe et il demande l’heure à son enseignant. Si un élève lui
emprunte un stylo, il ne le quitte pas des yeux tant qu’il ne lui a pas
été remis. À midi, il passe son temps toujours au même ordinateur
pour jouer toujours au même jeu parce qu’il n’a pas d’amis. Tout
changement dans l’ordre normal des choses de la classe, les
changements d’horaire et les changements de trimestres sont une
source de stress pour lui.
10
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 505), de l’American Psychiatric Association,
1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
11
Tiré de Abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 182–189), de R. C. Carson et al., 1998, New York, New York,
Longman.
45
Le trouble obsessionnel-compulsif, communément appelé TOC, est
un trouble anxieux caractérisé par des représentations persistantes et
récurrentes de pensées irrationnelles ou d’images troublantes. La
plupart du temps, elles sont accompagnées de comportements
compulsifs ayant pour but de neutraliser les pensées ou les images
obsessionnelles ou encore, d’empêcher une situation ou un
événement redouté de se produire.
Les actes compulsifs les plus courants qui sont effectués pour soula-
ger la souffrance induite par les pensées obsessionnelles prennent la
forme du nettoyage, de la vérification et du comptage. Le lavage
excessif des mains peut faire partie du rituel du nettoyage. Après
46
être allée aux toilettes, la personne peut se laver les mains pendant
15 minutes ou elle peut utiliser des produits désinfectants forts
pendant des heures, jusqu’à ce que ses mains saignent. Pour ce qui
est du rituel de la vérification, les personnes atteintes de ce trouble
peuvent vérifier les serrures de trois à six fois ou passer des heures à
une intersection pour trouver des signes d’un accident qu’elles
pensent avoir provoqué. En général, les rituels se répètent un
certain nombre de fois. Ces rituels permettent de réduire la tension
et procurent une impression de satisfaction, tout au moins à court
terme. Cependant, la plupart des personnes ayant un TOC savent
qu’ils consacrent un nombre excessif d’heures à leurs compulsions
tous les jours et qu’elles nuisent à leur fonctionnement social ou
professionnel.
12
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 514-516), de l’American Psychiatric
Association, 1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
47
• les affections cardiovasculaires, comme l’insuffisance cardiaque
(la plénitude excessive des vaisseaux sanguins du cœur),
l’arythmie (l’irrégularité du rythme cardiaque);
• les affections respiratoires, comme l’hyperventilation, la
pneumonie, l’asthme;
• les affections métaboliques, comme l’anémie pernicieuse (déficit
en vitamine B12);
• les affections neurologiques, comme l’encéphalite (inflammation
du cerveau).
13
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles anxieux (4e édition) (p. 517-521), de l’American Psychiatric
Association, 1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
48
Les médicaments qui ont été rapportés comme pouvant provoquer
des symptômes anxieux comprennent les analgésiques, les
anesthésiques, les bronchodilatateurs, l’insuline, les préparations
thyroïdiennes, les contraceptifs oraux, les antihistaminiques, les
stéroïdes, les anticonvulsivants, les médicaments antipsychotiques
et les antidépresseurs.
14
Tiré de Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 476–483), de l’American Psychiatric
Association, 1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
49
d’objets ou de circonstances. Les types communs de phobies
spécifiques sont :
• la phobie des animaux : la peur est induite par les animaux ou les
insectes, ce qui comprend les reptiles et les araignées; on observe
les premiers symptômes généralement dans l’enfance;
• la phobie des éléments naturels : la peur est induite par des
éléments de l’environnement naturel tels les orages, les hauteurs
et l’eau; les premiers symptômes s’observent généralement dans
l’enfance;
• la phobie du sang – injection – accident : la peur est induite par
le fait de voir du sang ou un accident ou d’avoir une injection ou
toute autre procédure médicale ou dentaire invasive, comme des
points de suture pour refermer une plaie; cette peur est hautement
familiale et est souvent caractérisée par des évanouissements; les
premiers symptômes se déclarent généralement dans l’enfance;
• la phobie de certaines situations : la peur est induite par une
situation spécifique tels les transports en commun, les tunnels,
les ponts, les voyages aériens, les ascenseurs, les escaliers rou-
lants ou les endroits clos; les premiers symptômes apparaissent
généralement pendant l’adolescence.
Phobie sociale 15
Joanne, le visage rouge et en état de panique, a non seulement
refusé de faire son discours devant la classe, mais elle n’a même
pas fait l’effort de rédiger son discours, au grand désarroi de son
enseignante. C’est comme si elle n’avait jamais eu à faire ce
travail.
15
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 483–490), de l’American Psychiatric
Association, 1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
50
Qui n’a pas déjà eu le trac, ou n’a pas déjà été timide ou tendu en
présence d’étrangers? Une anxiété ou un comportement d’évite-
ment social transitoire est particulièrement commun dans l’enfance
et l’adolescence. Pour certaines personnes cependant, ces
symptômes sont tellement prononcés et persistants qu’ils nuisent à
la routine quotidienne, au fonctionnement scolaire ainsi qu’à la vie
sociale et familiale.
Les personnes ayant une phobie sociale sont préoccupées par leur
gêne et craignent qu’autrui ne les juge comme étant anxieux,
faibles, fous ou stupides. Chez les enfants, le trouble peut s’accom-
pagner de pleurs, d’accès de colère, de réactions de figement ou
d’agrippement. Aussi, l’enfant craint les situations sociales où se
trouvent des personnes qu’il ne connaît pas bien dans un milieu qui
lui est familier, comme lorsqu’il y a des visiteurs à la maison.
En général, l’enfant ayant une phobie sociale évite les situations qui
l’effraient. De plus, avant la situation sociale redoutée, il ressent
une anticipation anxieuse marquée. Souvent, cette anticipation
mène à une prophétie qui se réalise puisque son fonctionnement est
diminué par la crainte et les pensées négatives qui précèdent
l’événement.
51
systématiquement le regard des autres. En général, les réseaux de
soutien social de ces enfants ne sont pas très larges. Dans les cas
plus graves, les élèves peuvent décrocher de l’école, être incapables
de passer des entrevues pour se trouver un emploi, s’accrocher à des
relations insatisfaisantes ou n’avoir pour seuls contacts que les
membres de leur famille. Dans certaines cultures, la peur ne se
rapporte pas au fait d’être embarrassé, mais plutôt au fait d’offenser
les autres dans des situations sociales. Par exemple, pour certaines
cultures, le fait de rougir et d’avoir des contacts par le regard est
une source d’offense.
16
Tiré de Abnormal psychology and modern life (10e édition) (p. 189) de R.C. Carson et al., 1998, New York, New York
52
Pour ce qui est de l’anxiété de séparation, des souffrances physi-
ques, comme les maux d’estomac, les maux de tête, la nausée et les
vomissements peuvent se manifester lorsqu’il y a séparation ou
lorsque la séparation est imminente. Les symptômes cardiovas-
culaires, comme les palpitations, les étourdissements et les
sensations d’évanouissement sont rares chez les jeunes enfants.
Elles peuvent cependant être présentes chez les enfants plus âgés.
Les enfants ayant une phobie sociale ont presque toujours des
symptômes physiques dans les situations qu’ils redoutent. Ces
symptômes prennent diverses formes : tremblements, voix
chevrotante, transpiration, diarrhée et confusion. Le rougissement
est une caractéristique courante et particulière de la phobie sociale.
17
Tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4e édition) (p. 433), de l’American Psychiatric Association,
1994, Washington, DC, American Psychiatric Association.
53
Parfois, les personnes ayant une phobie spécifique18 acquièrent leur
phobie en observant la réaction craintive d’une autre personne qui
craint l’objet ou une situation qui est à la source de sa phobie. Cette
constatation a des incidences sur les adultes qui modélisent des
comportements anxieux en présence d’enfants ou d’adolescents.
Le conditionnement direct ou vicariant (l’enfant développe une
phobie en observant les réactions négatives d’autrui par rapport à
une situation sociale) semble expliquer la majorité des phobies
sociales.19
Le fait d’observer ou de vivre un événement traumatisant
ou effroyable
Les expériences de la vie devant lesquelles les enfants n’ont pas
l’impression de maîtriser la situation ou d’être en mesure de prévoir
ce qui se passera peuvent les prédisposer à l’anxiété à l’avenir.
Puisque les mécanismes d’adaptation des enfants découlent de leurs
perspectives négatives sur le monde, ces mécanismes peuvent être
activés automatiquement lorsqu’ils perçoivent une situation étrange
ou dangereuse. Chez les enfants sujets à l’anxiété, celle-ci altère le
traitement de l’information menaçante de manière telle qu’ils ne
prêtent attention qu’aux aspects menaçants et non pas aux aspects
rassurants. Toute information ambiguë est, par conséquent,
interprétée comme une menace.
18
Tiré de Abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 163–166), de R.C. Carson et al., 1998, New York, New York,
Longman.
19
Tiré de Abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 166–168), by R.C. Carson et al., 1998, New York, New York,
Longman.
20
Ibid., p. 544.
54
TRAITEMENTS Seuls des professionnels qualifiés et spécialisés en santé mentale
peuvent poser des diagnostics de troubles anxieux. Par contre, les
MÉDICAUX ET enseignants peuvent prêter main-forte en montant un dossier précis
CLINIQUES et en prenant des notes à partir de leurs observations, des interactions
de l’élève ainsi que des signes de croissance chez l’élève, de rende-
ment et de comportement. Les renseignements que nous donnons ici
à propos des traitements médicaux et cliniques ont seulement pour
but de sensibiliser les enseignants à ces troubles et à faire en sorte
qu’ils connaissent mieux les thérapies auxquelles les élèves peuvent
avoir accès à l’extérieur de l’école. Toutes les thérapies médicales et
cliniques doivent être administrées et surveillées par des profes-
sionnels qualifiés et spécialisés en santé mentale.
Il est important de traiter les troubles anxieux chez les jeunes afin
que les comportements déviants ne se transforment pas en
évitements plus prononcés, en dépression ou en pensées et en
situations idiosyncratiques à l’adolescence et au début de la vie
adulte.21 Généralement, les enfants souffrant de troubles anxieux
réagissent bien aux thérapies dont il est question ci-dessous. Ils ont
rarement besoin d’être hospitalisés.22
21
Tiré de Abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 545), de R.C. Carson et al., 1998, New York, New York,
Longman.
22
Tiré de Study guide to accompany abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 107) de D.C. Foules, 1996, New York,
New York, Harper Collins College Publications.
23
Ibid., p. 192–193.
24
Ibid., p. 545.
55
Par la suite, l’élève doit dépasser le stade de l’imaginaire et relaxer
dans le bureau du thérapeute tout en étant exposé à une situation
réelle en compagnie, d’abord, du thérapeute, puis d’un ami, et puis
seul. L’élève affronte ses pires craintes jusqu’à ce que l’anxiété
diminue. À ce moment, il se rend compte que ses pires craintes ne
se concrétiseront pas et son anxiété se dissipe graduellement. Ce
genre de thérapie d’exposition est particulièrement utile dans le
traitement de la phobie spécifique et de la phobie sociale.
Thérapie familiale
Puisque la vie des enfants est liée de si près à celle des membres de
leur famille, des méthodes indirectes telles que la thérapie familiale
permettent souvent de venir à bout des comportements et des
sentiments anxieux chez les enfants.
Il peut être avantageux pour les enfants qui suivent une thérapie par
le jeu de participer à des séances occasionnelles de thérapie fami-
liale visant à aider les parents à se tenir au courant de l’épanouisse-
ment de leur enfant et à les aider à lui venir en aide. Pour leur part,
56
les adolescents peuvent suivre une thérapie individuelle, bien qu’ils
doivent parfois suivre des séances de thérapie familiale afin de
résoudre des questions que les jeunes adultes ne peuvent pas régler
seuls.
Thérapie de groupe
Grâce à la thérapie de groupe, les adolescents ont l’occasion de
mettre en pratique de nouveaux comportements et de recevoir des
commentaires de la part d’autres membres du groupe et du
thérapeute dans un milieu favorable. Du point de vue théorique, les
thérapies de groupe ont diverses orientations mais généralement,
elles sont axées sur les relations.
Thérapie psychodynamique
La thérapie psychodynamique vise à aider les élèves à se com-
prendre, à comprendre leurs problèmes, leurs relations et leur place
dans le monde, ainsi qu’à les aider à acquérir des attitudes plus
saines et de meilleures habiletés d’adaptation. Ce genre de thérapie,
qui est une thérapie à long terme, attache beaucoup d’importance à
la relation individuelle qui existe entre le thérapeute et l’élève. Elle
a précisément pour but d’aider les élèves à explorer les conflits
inconscients qui sont sous-jacents à leurs symptômes anxieux.
Pour les enfants, la thérapie par le jeu constitue une thérapie psy-
chodynamique. La thérapie par le jeu aide les enfants à exprimer
ces aspects troublants d’eux-mêmes par le jeu et non pas par les
mots. Dans ce cas-là, le thérapeute observe l’enfant en train de
jouer dans une pièce spécialement conçue à cette fin. À partir de
ses observations, il tente de déterminer à quoi se rapportent les
conflits, les sentiments et les émotions excessives de l’enfant.
L’établissement d’une relation positive avec le thérapeute permet à
l’enfant de vivre une expérience émotionnelle corrective, en plus de
lui donner la possibilité de conquérir ses craintes et de trouver un
lieu sûr pour remplacer l’anxiété.25
25
Tiré de Abnormal psychology in modern life (10e édition) (p. 546), de R.C. Carson et al., 1998, New York, New York,
Longman.
57
Médicaments
Souvent, les médecins de famille ou les pédiatres recommandent les
patients ayant des symptômes anxieux et des symptômes physiques
à un psychiatre. La thérapie par les médicaments est de plus en plus
préconisée pour les enfants, bien que l’on se demande encore quels
médicaments sont efficaces et à quel moment il faut les administrer.
Un traitement psychopharmacologique constitue souvent une mé-
thode efficace. Il arrive fréquemment que les enfants et les adoles-
cents cessent de prendre leurs médicaments en raison de leurs effets
secondaires désagréables ou encore, parce qu’ils commencent à se
sentir mieux et qu’ils croient ne plus en avoir besoin. Il s’agit là de
l’un des grands inconvénients de la thérapie par les médicaments.
STRATÉGIES POUR Les enseignants peuvent aider à réduire les effets négatifs de
l’anxiété problématique en enseignant des stratégies d’adaptation
AIDER LES ÉLÈVES
réconfortantes, en les mettant en pratique et en aidant les élèves à
AYANT DES TROUBLES « éviter l’évitement ».
ANXIEUX À L’ÉCOLE
Tous les matins, l’enseignante de Pascal prend soin de lui deman-
der comment il va lorsqu’elle le salue. Si la journée de Pascal ne
s’avère pas de bonne augure, ils ont déjà convenu que Pascal peut
faire part de ses pensées à son enseignante, qu’il peut écouter de la
musique douce, faire une marche en direction du bureau du
conseiller et lui parler s’il le désire, prendre un petit moment de
répit dans un coin de la classe qui est à l’écart des autres, ou jouer
avec de la pâte à modeler. Les périodes accordées à ces activités
font l’objet d’une supervision étroite et elles sont raccourcies
graduellement. Une fois qu’un climat confortable et sûr est établi,
Pascal est mieux en mesure de maîtriser ses sentiments, de se fixer
des objectifs et au bout du compte, il est capable de réagir au
« compte de 1, 2, 3 » sans cesser toute activité lorsqu’il est dépassé
par les événements. Pascal a souvent des hauts et des bas, ce qui
signifie qu’il doit souvent recommencer à zéro.
58
Maintenant, ces deux enfants viennent à l’école plus régulièrement
bien qu’ils soient souvent en retard, ce qui pose un problème.
Jeanine peut finir par aimer ses journées et dans le cas de Pascal,
de deux à trois jours peuvent s’écouler sans qu’il n’ait de
problèmes.
De concert avec les parents
Lorsque les élèves font face à des attentes de rendement excessive-
ment élevées, les enseignants doivent s’adresser aux parents pour
fixer des objectifs plus réalistes et remédier à la situation. Suggérez
aux parents d’élargir les horizons de leur enfant très anxieux en lui
parlant et en lui offrant un exemple de vie équilibrée. Suggérez
également aux parents des moyens pratiques d’établir des relations
positives avec leurs enfants afin que ces derniers se sentent mieux
en mesure de faire part de leurs inquiétudes à leurs parents. Aidez
les parents à modifier les attentes exagérées et irréalistes,
susceptibles d’être à la source du trouble anxieux.
59
Faites-vous le défenseur de ces élèves pour qu’ils aient droit à des
programmes et à des services d’enseignement appropriés, comme
l’enseignement à domicile à long terme ou à court terme pendant les
périodes d’anxiété aiguë. De plus, préconisez le maintien de l’élève
en salle de classe, surtout à l’élémentaire, puisque cela a pour effet
de préparer les élèves au milieu scolaire plus complexe dans lequel
ils évolueront par la suite. Lorsque les élèves sont plus âgés,
demandez à ce qu’ils aient droit à de l’aide à l’école. Cette aide
peut leur être fournie par les conseillers et les travailleurs sociaux
de l’école, les aides-enseignants et les enseignants à l’enfance en
difficulté. Les enfants nouent des relations avec divers enseignants
et ceux-ci doivent tous favoriser l’épanouissement des élèves au-
delà des activités scolaires.
60
Certains de ces comportements, comme le refus de faire les travaux
et le fait d’avoir très froid, peuvent être considérés à tort comme un
comportement oppositionnel avec provocation.
Milieu favorable
Une fois que vous êtes conscient de la situation, n’hésitez pas à
nommer les sentiments anxieux pour l’élève qui n’est peut-être pas
capable de le faire. En nommant les sentiments, les personnes
concernées auront l’impression de les contrôler. Par la même
occasion, racontez une anecdote personnelle à votre élève ou une
anecdote d’un autre élève ou encore, demandez à un élève qui a
vécu une anxiété semblable de parler à cet élève. Faites attention de
ne pas montrer d’anxiété afin de ne pas empirer la situation du point
de vue de l’élève.
Milieu
Les résultats de Jérôme à ses examens du secondaire ont été
catastrophiques. Son enseignant a remarqué qu’il y avait un trop
grand écart entre son rendement en classe et ses résultats
d’examen. C’est donc pour cette raison qu’il a décidé d'adapter les
61
séances d’examen en conséquence. Il a donné la permission à
Jérôme de faire les examens séparément des autres élèves de la
classe, dans un bureau tranquille ne ressemblant pas à une classe.
Il lui a donné plus de temps qu’aux autres élèves, lui a permis
d’utiliser un baladeur pour écouter la musique de son choix et lui a
donné la liberté de se lever pour bouger. En changeant de milieu,
les résultats de Jérôme se sont améliorés au point où il ne voulait
plus de dispositions spéciales pour faire ses examens.
Établissement d’objectifs
Jacques est en 3e année. Ne serait-ce que pour accomplir une
tâche, il a besoin d’une tranquillité absolue. Son enseignante a
remarqué que le bruit le dérange. Ensemble, ils se sont donc fixé
un objectif et ont fait un plan. Après l’enseignement de la matière,
Jacques devait rester en classe pendant cinq minutes pour com-
mencer son travail, après quoi il devait se rendre dans un endroit
tranquille de l’école pour terminer son travail. Avec le temps, la
durée passée en classe augmentait puisque Jacques semblait
capable de faire face à la situation. En classe, Jacques recourt aux
réflexions d’autopersuasion au besoin. Il se dit des phrases
comme : « Je vais faire comme si le bruit qui me dérange n’existait
pas. Comment puis-je y arriver? Mon objectif, c’est de travailler
pendant de plus longues périodes en classe. Je vais réussir. » Au
cours d’une période de trois mois, Jacques s’est amélioré au point
de pouvoir rester en classe pendant toute la tâche et son anxiété
s’est dissipée entièrement.
62
lorsque l’élève est prêt. Lorsque les enseignants normalisent les
régressions inévitables, les élèves peuvent être prêts à les affronter.
Communication
La communication entre l’élève et l’enseignant doit être claire et
régulière. En prévoyant un échange de regards ou d’autres signes,
l’élève peut faire signe subtilement à l’enseignant de venir l’aider.
Le fait de dire : « Tu me sembles inquiet aujourd’hui » et non pas
« Tu es inquiet aujourd’hui » laisse entendre que l’élève n’est pas
nécessairement inquiet. Pour obtenir de meilleurs résultats,
l’enseignant doit commencer au niveau de détresse de l’élève, et
63
travailler en vue de réduire les tâches menaçantes jusqu’à ce qu’il se
sente à l’aise. Les situations qui sont à la source d’anxiété doivent
être réparties en composantes, qui servent alors à suggérer des
solutions. Des conversations de deux ou trois minutes avec l’élève
à l’extérieur de la classe, une fois que les cours sont commencés,
peuvent porter fruits. Une fois en classe, un signe visuel peut faire
en sorte que l’enseignant s’approche de l’élève pour le rassurer.
Distractions
La création de distractions peut constituer une méthode utile pour
les enseignants ayant des élèves anxieux. Dans le cas d’élèves plus
âgés qui sont anxieux pendant les périodes d’examen, suggérez-leur
de porter des chaussettes ou des boucles d’oreilles dépareillés, ce
qui aura pour effet de les éloigner de leur obsession des examens.
Recourez à l’humour et à des jetons (qui pourraient prendre la
forme de bonbons chassant le stress) pour distraire les élèves
anxieux qui font un travail leur procurant du stress.
Visualisation
La visualisation est une technique que les élèves peuvent employer
pour surmonter des obstacles éventuels. Dans le cadre de la
visualisation, l’élève doit s’imaginer la situation qui est à la source
de l’anxiété de même qu’une solution. Par exemple, l’élève qui a
peur de faire des exposés en classe peut s’imaginer en train de faire
son exposé à son enseignant ou à un ami seulement.
Être réaliste
Soyez réaliste avec les élèves anxieux afin de les aider à éviter des
pièges pour lesquels ils ne possèdent pas la maturité et l’expérience
nécessaires. Aidez l’élève souffrant de phobie sociale à se rendre
compte que son rêve de carrière qui consiste à devenir commen-
tateur sportif n’est pas réaliste, mais qu’il pourrait tout de même
devenir rédacteur ou chercheur dans ce domaine.
Groupe de pairs
Le groupe de pairs de l’élève est une autre ressource de l’école qui
peut aider l’élève anxieux. Voici notamment deux manières dont
vous pouvez avoir recours aux pairs pour venir en aide aux élèves
anxieux : placez un élève anxieux à côté d’un élève plus confiant,
ou utilisez les séances de groupe pour faire du remue-méninges afin
de trouver des solutions à des situations susceptibles de provoquer
l’anxiété.
64
Commentaire sur les stratégies
Cette liste de stratégies n'est pas exhaustive. Cependant, si ces
stratégies sont utilisées avec prudence, elles auront des incidences
sur l’anxiété paralysante des élèves hyperanxieux.
65
ANNEXE
Plan de l’élève
Objectif
66
ANNEXE (suite)
Plan de l’élève
Objectif
Mon objectif consiste à travailler en classe pendant de plus longues périodes.
• Je vais essayer de faire comme si le bruit qui • Il a semblé être capable de faire
me dérange n’existait pas. comme si le bruit fait par
l’activité en petits groupes en
études sociales, lundi et jeudi,
n’existait pas.
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ANNEXE (suite)
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BIBLIOGRAPHIE Sites Internet
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http://www.psp.ucl.ac.be/cps/
Livres et revues
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MARRA, P. (1997). « Phobie scolaire et trouble de l’anxiété en
milieu scolaire », Prisme, 7, 570-580.
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