CHAPITRE 3 : GESTION DE LA RENTABILITE ET
LES INDICES FINANCIERES.
• INTRODUCTION :
La gestion de la rentabilité et les indices financiers sont deux concepts
clés en matière de gestion financière. La gestion de la rentabilité consiste
à maximiser les bénéfices de l'entreprise tout en minimisant les coûts.
Pour ce faire, il est important de suivre de près les dépenses et les
revenus de l'entreprise.
Les indices financiers, quant à eux, sont des mesures utilisées pour
évaluer la performance financière d'une entreprise. Ils sont calculés à
partir des états financiers tels que le bilan, le compte de résultat et le
tableau de flux de trésorerie.
En utilisant les indices financiers, les gestionnaires peuvent analyser la
situation financière de leur entreprise, identifier les forces et les
faiblesses, et prendre des décisions éclairées pour améliorer la
performance et la rentabilité de l'entreprise.
En somme, la gestion de la rentabilité et les indices financiers sont des
outils essentiels pour la prise de décision en matière de gestion
financière, permettant aux entreprises de maximiser leurs profits et
d'assurer leur pérennité.
I. LA RENTABILITÉ BANCAIRE
1. La rentabilité bancaire :
Est un indicateur clé de la performance financière des banques. Elle mesure la
capacité d'une banque à générer des bénéfices à partir de ses activités
commerciales et financières. La rentabilité est généralement mesurée par le
rapport entre le bénéfice net et les actifs totaux de la banque, exprimé en
pourcentage. La rentabilité des banques peut être définie comme la capacité
d'une banque a générer des bénéfices à partir de ses activités. Les banques
génèrent des revenus en prêtant de l'argent a des emprunteurs à un taux
d'intérêt plus élevé que le taux d'intérêt qu'elles paient sur les dépôts de leurs
clients. Les banques peuvent également gagner de l'argent grâce à des activités
de trading, de gestion d'actifs et d'autres services financiers.
Une rentabilité élevée est souvent considérée comme un signe de bonne santé
financière de la banque, tandis qu'une rentabilité faible peut indiquer des
problèmes de gestion ou des risques élevés. Les facteurs qui influencent la
rentabilité bancaire comprennent les taux d'intérêt, les coûts d'exploitation, le
niveau de risque de crédit et la concurrence sur le marché aussi dépend à la
qualité des actifs, la réglementation et la gestion efficace des risques.
Les banques peuvent améliorer leur rentabilité en augmentant leurs revenus,
en réduisant leurs coûts ou en gérant efficacement leur risque. Cependant,
aussi ils ont amélioré leur rentabilité en réduisant les coûts, en augmentant les
revenus, en élargissant leur portefeuille de produits et en améliorant
l'efficacité opérationnelle. Cela peut se faire par le biais de la numérisation et
de l'automatisation des processus, de la réduction des coûts liés aux agences et
du développement de nouveaux produits et services. Il est important de noter
que la rentabilité ne doit pas être considérée comme le seul indicateur de la
santé financière d'une banque, car d'autres facteurs tels que la qualité des
actifs, la liquidité et le niveau de capitalisation sont également importants.
Autrement dit, les banques centrales se préoccupent de la rentabilité des
banques de second rang : une faible rentabilité conduirait à davantage
d’instabilité financière. Celle-ci empêche d’atteindre les objectifs de
stabilisation macro-économique.
Ce raisonnement associe faible rentabilité et instabilité financière : une faible
rentabilité limite la capacité des banques à générer du capital de manière
organique. Ce faisant les banques éprouvent davantage de difficultés pour
accumuler du capital et ont donc, avant crise, une moins bonne capacité
d’absorption des pertes.
Une faible rentabilité structurelle expose directement le capital de la banque a
l’enregistrement de pertes. La rentabilité est en effet en soi un coussin de
protection. Ensuite, de faibles perspectives de rentabilité et donc de faibles
valorisations boursières rendent les augmentations de capital sur les marchés
couteux, voir prohibitives en période de crise.
La recherche des rentabilités élevées par les banques est soumise a la
contrainte des normes de gestion. Ces normes sont destinées a sécuriser
l’ensemble du système bancaire.
La réglementation bancaire fait obligation aux banques de respecter des
normes de gestion sous forme notamment de ratios :
1-1.Ratio de liquidité :
Ce ratio astreint les banques à respecter un rapport minimal entre les éléments
de leur actif considérés comme liquides et les éléments comme exigibles. Ce
ratio traduit la capacité d'une banque à rembourser ses engagements à court
terme grâce à des actifs liquides. Par exemple l'ensemble des crédits inférieurs
à un mois doivent être supérieurs aux ressources de même durée.
1-2. Ratio de solvabilité :
Il s'agit d'un ratio pondéré établissant une relation entre les fonds propres de la
banque et ses engagements, les concours sont retenus pour une quotité
variable selon la nature du risque, de la qualité du bénéficiaire, la durée du
crédit et la valeur des garanties dont ils sont assortis. Il concerne le
renforcement des fonds propres et leur solvabilité, les fonds propres et
assimilés doivent être supérieurs à 8% des risques crédit de la banque
(engagements pondérés par les risques crédit et pays+ plus équivalent risque
crédit hors bilan).
1-3.Coefficient de division des risques :
Il s'agit d'un rapport maximum, que les banques sont tenues de respecter entre
le total des crédits consentis à un même bénéficiaire et leurs fonds propres afin
de limiter le risque de non-remboursement et assurer la solvabilité de la
banque, c'est que l'ensemble des risques client supérieurs à 15% des fonds
propres doivent être inférieur à huit fois les fonds propres. Ce ratio ne
s'applique pas aux concours accordés à l'Etat et aux autres établissements
bancaires.
1-4. Ratio de couverture des immobilisations :
Ratio se calculant en divisant les capitaux permanents par les immobilisations.
Ce ratio permet de savoir si l'entreprise finance bien ses investissements de
long terme (immobilisations) par des ressources de long terme (capitaux
permanents).
1-5. Coefficient de fonds propres et de ressources
permanentes :
Ce ratio impose aux établissements de crédit un niveau minimal de couverture
des emplois longs par ressources stables, il faut donc trouver la ressource
correspondante en fonds propres, quasi-fonds propres ou emprunts
obligataires, c'est-à-dire les ressources supérieures à cinq ans doivent
permettre de financer plus de 60% des emplois effectués par la banque pour
des durées supérieures à cinq ans.
Une stabilité économique (et financière) permet de mieux se prémunir contre
les crises économiques et financières. A contrario, l’instabilité peut accroître
l’incertitude, décourager l’investissement, faire obstacle à la croissance,
compromettre les niveaux de vie et porter atteinte à la stabilité financière «
BAM, stabilité financière, 2013. »
2.L'impact du crédit sur la rentabilité bancaire :
L'objectif de chaque banque est de réaliser des profits à travers toutes ses
activités, parmi lesquelles on cite l'activité d'octroi du crédit, cette dernière
implique de grandes influences sur la rentabilité de la banque puisqu'elle
engendre un risque bancaire majeur qui est le risque d'insolvabilité. De
nombreuses études se sont penchées sur la question des déterminants de la
rentabilité bancaire et l'impact du crédit sur cette dernière, visant comment les
caractéristiques des banques et de l'environnement financier affectent la
rentabilité des banques européennes en prenant un échantillon de 6 banques.
La littérature économique regroupe des facteurs externes et d'autres internes
influençant la rentabilité de la banque, parmi les facteurs internes on trouve les
prêts bancaires et les pertes sur emprunts d'exploitations qui représentent
l'opération d'octroi du crédit, se sont en général des facteurs liés à la gestion.
D'après l'études qui sont penchées sur la question des déterminants de la
rentabilité bancaire et l'impact du crédit sur la rentabilité de la banque on
dégage 3 grands éléments qui démontrent l'impact du crédit sur la rentabilité
bancaire :
• Le taux d'intérêt :
Relativement plus haut, on en déduit qu'il y a une relation directe entre le taux
d'intérêt et le rendement du crédit, ici le crédit a un impact positif sur la
rentabilité bancaire.
• Le poids des provisions dans les résultats :
La monté des risques trouve son explication dans les dotations aux provisions
qu'effectue la banque suite à toute activité d'octroi du crédit, cette
augmentation de provisions affecte le résultat des banques, en terme
économique, la constitution des provisions peut s'analyser comme une charge
dans la mesure où les dotations aux provisions sont imputées aux résultats
dégagés par les établissements de crédit, autrement dit la constatation du
risque rend la relation entre le crédit et la rentabilité est inverse, c'est-à-dire
plus on octroi du crédit plus la rentabilité diminue, dans ce cas le crédit a un
impact négatif sur la rentabilité bancaire.
• L'insolvabilité des clients :
La banque est par définition une institution financière qui collecte l'épargne
auprès des dépositaires d'une part, et d'autre part elle utilise les dépôts
collectés en les distribuant sous forme de crédit aux emprunteurs.
Or l'activité d'accord du crédit comme nous l'avons bien constaté est une
activité très risquée sous l'effet que le client ne rembourse pas, ce qui entraine
une augmentation de l'indice du risque au sein de la banque, ceci pousse les
dépositaires à retirer leur argent auprès de l'établissement de crédit, par
conséquent la banque se trouve obligée de faire recourt à ses capitaux propres
pour rendre aux dépositaires leurs épargnes et d'une manière indirecte couvrir
les risques des crédits, cas de la crise actuelle, démontrant ainsi l'impact négatif
du crédit sur la rentabilité de la banque.
Les banques parviennent cependant, à avoir une certaine idée de la rentabilité
de leurs services grâce à l'analyse des différents éléments.
On peut conclure que l'impact du crédit sur la rentabilité bancaire a deux
aspects : soit qu'il est négatif soit qu'il est positif, ceci dépend de la situation de
remboursement de chaque client et du taux d'intérêt.
Le système bancaire marocain date du XIXème siècle avec l'institution de la
banque de l'Etat en 1907 qui disposait du monopole d'émission de la monnaie
fiduciaire et jouait le rôle d'agent financier du gouvernement, mais après le
protectorat de nombreuses filiales des banques européennes se sont instaurées
au sein du territoire marocain ainsi que de nouvelles institutions financières
remplissant des fonctions spécifiques ont vu le jour, vient tout ensuite
l'avènement du premier texte juridique qui régi l'activité bancaire, ainsi après
de nombreuses années le Maroc dispose toujours d'un système structuré qui
est constitué des organes de tutelle et de surveillance qui sont : le ministre des
finances qui réglemente l'exercice de la profession bancaire, Bank al Maghreb
(la banque centrale) contrôleur de la profession et des organes spécialisés, ainsi
que le comité de crédit et du marché financier qui surveille la structure
financière des banques d'où vient la nécessité de savoir le système de la BMCI.
II .La création de la valeur par les banques :
Lorsqu'une banque accorde un crédit, elle crée la monnaie correspondante en
créditant le compte de son client. Cette création monétaire est scripturale, c'est-
à-dire qu'elle se fait via des écritures comptables et non par l'impression de
nouveaux billets en l’appel la création de la valeur .
Le mécanisme principal de la création monétaire repose sur le crédit bancaire.
La monnaie est donc créée lorsqu’une banque accorde un crédit à un client.
Depuis 1971 et la fin des accords de Bretton Woods, la monnaie n’a plus aucun
lien avec l’or, qui est devenu une simple matière première. Ainsi, la création
monétaire n’est pas liée aux découvertes d’or.
Le processus principal de la création monétaire repose sur le crédit bancaire.
Lorsqu’une banque accorde un crédit, elle crée la monnaie correspondante en
créditant le compte de son client. Cette création monétaire est scripturale, c’est-
à-dire qu’elle se fait via des écritures comptables et non par l’impression de
nouveaux billets. La création de billets et de pièces correspond à de la
fabrication physique de monnaie. Cependant, quand un particulier retire de
l’argent au distributeur, la somme retirée en billets est retranchée de son compte
bancaire. La masse monétaire reste donc identique bien que sa composition ait
changé.
Les dépôts ne sont donc pas un préalable à l’octroi de crédit. En fait, quand une
banque crée de la monnaie en accordant un crédit, elle crée par la même
occasion un dépôt bancaire en mettant à disposition de son client la monnaie
ainsi créée. Ce sont donc les crédits qui font les dépôts, un mécanisme qui peut
sembler en contradiction avec la croyance populaire qui veut que ce soient les
dépôts qui fassent les crédits !
À l’inverse, la monnaie est détruite lorsqu’un emprunt est remboursé. Ainsi, s’il
y a plus de crédits accordés que de crédits remboursés sur une période donnée,
la masse monétaire augmente. Inversement, elle diminue si les remboursements
sont supérieurs aux crédits accordés.
Cependant, la capacité des banques à créer de la monnaie n’est pas illimitée.
Elles sont contraintes par des exigences de refinancement fixées par la banque
centrale. C’est donc la banque centrale (en zone euro, la Banque centrale
européenne) qui, en faisant varier son taux de refinancement, l’un des taux
d’intérêt directeurs, pilote la création monétaire.
Les banques sont des entreprises particulières ; des institutions qui créent la
monnaie et firmes privées qui ont ultime objectif de créer de la valeur pour leurs
actionnaires. Les banques cherchent à maximiser le rendement des fonds
propres (ROE, Return On Equity) pour satisfaire les investisseurs et n’hésitent
pas à augmenter autant que possible le levier financier, avec comme seule
contrainte le respect du cadre réglementaire. La création de valeur n’est pas une
stratégie, mais une règle pour arbitrer les intérêts des différentes parties
prenantes, indépendamment des préférences personnelles des dirigeants. «Le
rendement des fonds
propres (ROE(*), Return On Equity) reste le critère de jugement le plus
fréquent de la rentabilité des entreprises, même si les directions des groupes
cotés ont progressivement
intégré des indicateurs de création de valeur à leurs rapports de gestion. (*)Le
ROE est défini le plus souvent par le rapport des profits aux fonds propres,
c’est-à-dire les sommes que les actionnaires lui ont apporté (en souscrivant aux
actions émises) ou laissé (les profits mis en réserves). Le taux de rentabilité des
capitaux propres de 15 % est exigé par les dirigeants des grandes entreprises
sous la pression de leurs nouveaux actionnaires. Pour une entreprise industrielle,
si la rentabilité du capital productif est constante, l’augmentation du rendement
des fonds propres est alors obtenue par la hausse du levier d’endettement (le
rapport dettes sur fonds propres) qui augmente à la fois avec la hausse de la
dette (emprunts, émissions d’obligations) et la réduction des fonds propres liée
aux rachats d’actions. Ce mécanisme n’est pas sans risque quand il est poussé à
l’excès, surtout quand l’inflation et la récession menacent
• le Ratio Return on Equity :
ROA : mesure en pourcentage le rapport entre le résultat net et les capitaux
propres investis par les associés ou actionnaires de sociétés1.
Formule de calcul
RESULTAT NET / CAPITAUX PROPRES = ROA
III. La Rentabilité :
La rentabilité est un indicateur de la performance financière d'une entreprise
ou d'un investissement. Elle mesure la capacité d'une entreprise à générer des
profits par rapport à l'investissement initial. Plus précisément, la rentabilité est le
rapport entre le bénéfice net et le capital investi ou les actifs de l'entreprise.
Il existe plusieurs mesures de la rentabilité, notamment le retour sur investissement
(ROI), le retour sur capitaux propres (ROE), le retour sur actifs (ROA) et le taux de
marge bénéficiaire. Chacune de ces mesures offre une perspective différente sur la
rentabilité de l'entreprise et peut être utilisée pour évaluer la performance
financière dans des contextes différents.
En général, une rentabilité élevée est considérée comme un signe de bonne
performance financière, car elle indique que l'entreprise est capable de générer des
bénéfices significatifs à partir de son capital investi ou de ses actifs. Cependant, il
est important de noter que la rentabilité ne doit pas être considérée de manière
isolée, mais plutôt dans le contexte de l'ensemble des facteurs qui influencent la
performance financière d'une entreprise.
IV. La profitabilité :
Est un outil essentiel pour la survie d’une entreprise .cela permet une prise de
décision rapide lors de la mise en œuvre des projets d’investissement .
Vous pouvez notamment voir ce que votre investissement apportera par rapport à
ses coûts.
Plus le taux de rendement d’une entreprise est élevé ,plus son image à l’extérieur
est positive ,ce qui est important si ,par exemple ,elle a besoin d’un prêt auprès
d’une banque ou d’une vente de titres avec ses actionnaires . En fait ,une rentabilité
élevée ou en augmentation constante indique que l’entreprise a tendance à être plus
durable , et vice versa si elle est en déclin.
Comment calculer le taux de profitabilité ?
Cet indicateur permet de mesurer la rentabilité d’une entreprise en fonction de son
activité. Ce taux
est un ratio entre le résultat et le chiffre d’affaires de période :
Résultat net/chiffre d’affaires =taux de profitabilité
Comment interpréter l’indice de profitabilité ?
• l’indice de rentabilité complète la valeur actualisé nette(VAN) est l’un des
indicateurs clés pour connaître la rentabilité d’un projet d’investissement .
• Un projet d’investissement avec un indice de profitabilité supérieur à 1 est
un projet qui devrait rentable ,tandis que s’il est inférieur à 1 ,ce projet ne le
sera pas. En comparaison avec la valeur actuelle nette ,un indice supérieur à
1 équivant à une VAN positive .
La différence entre le profit et profitabilité ?
• On peut dire que le profit est le montant qui reste quand tout est payé
(charges ,fournisseurs ,impôts..)
• le profitabilité peut s’exprimer en pourcentage et représente la part de profit
généré.
V. Effet de levier
L’effet de levier désigne l’utilisation de l’endettement pour augmenter la capacité
d’investissement d’une entreprise, d’un organisme financier ou d’un particulier et
l’impact de cette utilisation sur la rentabilité des capitaux propres investis. L’effet
de levier augmente la rentabilité des capitaux propres tant que le coût de
l’endettement est inférieur à l’augmentation des bénéfices obtenus grâce à
l’endettement. Dans le cas inverse il devient négatif.
Autre notion importante : l’effet de levier, qui permet de juger de l’intérêt du
recours à l’endettement pour financer un investissement.
L’endettement procure un effet démultiplicateur pour les actionnaires lié au fait
qu’ils n’apportent qu’une partie des sommes sur lesquelles porte un investissement.
Cet effet est d’autant plus important que le taux d’intérêt auquel est souscrit
l’emprunt est faible et que la rentabilité économique de l’investissement est
importante.
Avant de s’endetter, il est judicieux de s’interroger sur l’impact d’une telle
décision, en particulier sur la rentabilité financière du projet d’investissement afin
de savoir si l’effet de levier procuré par l’endettement est bénéfique pour
l’emprunteur. Cette question se pose pour l’ensemble des acteurs économiques,
qu’il s’agisse des ménages souhaitant investir dans la pierre ou la finance, des
banques et des fonds d’investissement souhaitant réaliser des investissements
financiers.
Attention, l’effet de levier joue dans les deux sens. Si la rentabilité économique est
supérieure au coût de l’endettement, on parle d’effet de levier positif car dans ce
cas de figure la rentabilité financière est impactée positivement. Dans le cas
contraire, c’est-à-dire si la rentabilité économique est inférieure au coût de
l’endettement, cet effet de levier joue cette fois dans l’autre sens : on parle alors d’
« effet de massue » ou d’ « effet boomerang ». L’effet de levier est un moyen
extrêmement puissant pour permettre aux actionnaires d’obtenir des rentabilités
financières élevées. Mais plus le levier utilisé est élevé, plus l’effet boomerang peut
être violent.
Prenons par exemple le cas classique de l’achat d’un bien immobilier destiné à la
location avec un apport personnel de 20 % et un emprunt de 80 % de la valeur du
bien acheté. Le levier est de 4 (80/20). L’effet levier sera positif si le loyer perçu
est supérieur aux charges de l’emprunt et si le prix du logement augmente
permettant de réaliser des plus-values à la revente. Mais si le propriétaire n’arrive
plus à louer et si le prix des logements chute, l’effet de levier sera négatif et il peut
devenir catastrophique comme cela s’est passé avec les emprunts subprimes aux
États-Unis.
En effet, si l’emprunteur n’est plus en mesure de régler ses mensualités d’emprunt,
son bien sera saisi et vendu dans de mauvaises conditions, parfois moins cher que
le montant de l’emprunt qui reste à rembourser.
Autre exemple : celui des banques. Il est légitime qu’elles prêtent plus que leurs
fonds propres. C’est leur fonction économique. Mais cela les rend fragiles en cas
de non-remboursement. C’est pourquoi les pouvoirs publics leur imposent le
respect de règles prudentielles qui correspondent de facto à une limitation de l’effet
de levier.
Voir notre article sur le ratio de solvabilité bancaire.
1. Effet de levier financier et capacité de remboursement
Le directeur financier a parmi ses missions la mise en œuvre de la politique
financière. Pour cela, il doit respecter les contraintes de l'entreprise et les objectifs
des actionnaires. Les choix de financement posent la question de l'effet de levier
financier et de la capacité maximale de remboursement.
a) L'effet de levier financier
L’effet de levier financier fait référence au poids respectif des capitaux propres et
dettes financières dans le financement de l’entreprise. Cette notion se situe donc au
cœur de la politique financière que le directeur financier doit mettre en œuvre.
Un levier financier de 2 signifie qu’il existe deux euros de dettes financières
(endettement net) pour un euro de capitaux propres (capital & réserves). La dette
financière procure un « levier » en permettant de financer des actifs pour un
montant supérieur aux apports des actionnaires. Le financement par emprunt est
évidemment nécessaire pour venir en complément de la capacité d’apport des
actionnaires, limitée. Il joue également un rôle essentiel pour améliorer la
rentabilité des capitaux propres et l’amener au niveau souhaité par les actionnaires.
b) La problématique
• Les entreprises, A et B, ont le même actif économique (10 000), le même
chiffre d’affaires et le même taux de rentabilité économique de 10% (ratio résultat
d’exploitation / actif économique).
• Seule diffère leur structure financière :
• Le passif de la société A se compose de 70% de dettes financières (7 000) et
de 30% de capitaux propres (3 000) ;
• Le passif de la société B se compose de 20% de dettes financières (2 000) et
de 80% de capitaux propres (8 000).
• Toutes deux empruntent au taux de 5 %.
c) Le calcul de la rentabilité des capitaux propres des
deux entreprises
• La société B affiche un meilleur résultat net, moins endettée. Et elle a moins
de frais financiers.
• La société A présente quant à elle un ratio de rentabilité sur capitaux propres
largement supérieur. Elle est beaucoup plus intéressante pour l'investisseur en
capital. Et même si le résultat net est plus faible, l’apport des actionnaires est
largement
inférieur à celui de la société A.
2. banque de l’ombre et effet de levier
Une des sources principales de la fragilité des banques est constituée par leurs
activités hors bilan qui, dans certains cas, peuvent dépasser largement le volume
officiel du bilan déclaré. Les grandes banques continuent à créer et à utiliser des
sans aucun contrôle ou dans le cas des MMF avec un contrôle très léger, en faisant
des prêts aux banques ou en réalisant toutes sortes de spéculations avec une
multitude de dérivés ou d’actifs physiques (matières premières, produits agricoles)
sur les marchés à terme ou sur le marché de gré à gré (OTC) lui-même non
réglementé. L’opacité est totale ou presque. Les banques ne sont pas tenues de
déclarer dans leurs comptes les activités des sociétés non bancaires qu’elles ont
créées. Les plus dangereuses sont les activités menées par les Special Purpose
Vehicles car ce sont les plus dissimulées. Si les pertes d’une de ces sociétés
provoquent leur faillite, la banque qui l’a créée est forcée par les créanciers de
finalement inscrire la perte dans ses comptes, ce qui peut provoquer
l’engloutissement de son capital et sa propre faillite (ou encore son rachat par une
autre banque ou par les pouvoirs publics, ou encore son sauvetage par les pouvoirs
publics). C’est ce qui s’est passé avec Lehman Brothers, Merrill Lynch, Bear
Stearns, Royal Bank of Scotland, Dexia, Fortis et plusieurs autres banques après
2008.
sociétés ad hoc (Special Purpose Vehicles, MMF) qui ne sont pas considérés
comme des banques et ne sont pas soumises aux règlementations bancaires1 (déjà
très lâches). Jusqu’ici, ces sociétés spécifiques peuvent opérer
de manière systématique, leurs fonds propres 3 | sont très faibles en rapport aux
engagements qu’elles prennent. C’est d’ailleurs, de leur point de vue, l’objectif
recherché : avoir le moins de fonds propres possibles proportionnellement au bilan.
En effet, même si le bénéfice global est faible quand on le calcule en % des actifs,
il peut donner un rendement sur fonds propres élevé si ceux-ci sont très petits.
Imaginons un bénéfice de 1,2 milliard d’euros sur un volume d’actif de 100
milliards, cela donne 1,2% de profit. Mais si les fonds propres s’élèvent à 8
milliards d’euros, le bénéfice représente en fait 15% de rendement sur fonds
propres. Si, par la suite, la banque développe l’effet de levier et emprunte sur les
marchés financiers 200 milliards, le volume des actifs passe à 300 milliards, les
fonds propres n’ont pas augmenté, ils sont toujours de 8 milliards, mais le passif a
augmenté avec les 200 milliards de dettes nouvelles. Imaginons que la banque
fasse le même taux de bénéfice qu’avant l’augmentation de sa dette et de ses actifs,
soit 1,2%, cela donne 3,6 milliards d’euros. Comparés aux fonds propres de 8
milliards, cela donne un rendement sur fonds propres de 45%.
VI. Les instruments d'analyse de la rentabilité
L'équilibre rentabilité/risque ne peut pas toujours être apprécié par le seul
examen du résultat net, qui est un solde intégrant parfois des produits ou charges
non récurrents qui peuvent masquer la structure de la rentabilité des établissements.
C'est pourquoi l'analyse de celle-ci passe par la mise en évidence de soldes
intermédiaires de gestion qui permettent d'identifier les éléments ayant concouru à
l'obtention du résultat final .
A. Les différentes approches de la rentabilité bancaire :
La rentabilité d'un établissement de crédit représente son aptitude à
dégager de son exploitation des gains suffisants, après déduction des coûts
nécessaires à cette exploitation, pour poursuivre durablement son activité. Il
existe plusieurs façons d'apprécier la rentabilité bancaire, selon l'objectif
poursuivi.
Pour les actionnaires , le rapport du résultat net aux fonds propres
( coefficient de rentabilité ou return on equity ROE ) met en évidence le
rendement de leur investissement. Cette vision peut s'accommoder d'une
sous-capitalisation structurelle des établissements, un bon coefficient de
rentabilité pouvant provenir d'un faible niveau de fonds propres.
Les analystes extérieurs , notamment les contreparties des
établissements de crédit, prennent également en compte les autres aspects de
la structure financière et en particulier, le coefficient de
rendement ou return on assets (ROA) . L'inconvénient de cette approche est
qu'elle place tous les actifs sur un même plan, alors que leurs risques sont
différents et qu'elle néglige les activités de hors-bilan qui se sont fort
développées au cours des dernières années.
B. Les instruments d'analyse de la rentabilité :
➢ Les soldes intermédiaires de gestion
L'équilibre rentabilité/risque ne peut pas toujours être apprécié par le seul examen
du résultat net, qui est un solde intégrant parfois des produits ou charges non
récurrents qui peuvent masquer la structure de la rentabilité des établissements.
C'est pourquoi l'analyse de celle-ci passe par la mise en évidence de soldes
intermédiaires de gestion qui permettent d'identifier les éléments ayant concouru à
l'obtention du résultat final.
➢ - Le produit net bancaire (PNB)
Est calculé par différence entre les produits bancaires et les charges bancaires
(activité de prêt et d'emprunt ; opérations sur titres, change, marchés dérivés,...).
Il mesure la contribution spécifique des banques à l'augmentation de la richesse
nationale et peut en cela être rapproché de la valeur ajoutée dégagée par les
entreprises non financières. Depuis 1993, le calcul du PNB intègre les dotations
ou reprises de provisions sur titres de placement. En revanche, les intérêts sur
créances douteuses en sont désormais déduits.
➢ -Le produit global d'exploitation (PGE),
Calculé depuis 1993, est un solde intermédiaire qui ajoute au PNB, les produits
accessoires et divers, les plus-values nettes de cession sur immobilisations
corporelles ou incorporelles, les plus values nettes de cession sur immobilisations
financières et les dotations nettes aux provisions sur immobilisations financières.
➢ - Le résultat brut d'exploitation (RBE)
S'obtient en retranchant du PNB, majoré des produits accessoires, le volume des
frais généraux et des dotations aux amortissements. Il permet d'apprécier la
capacité d'un établissement de crédit à générer une marge après imputation du coût
des ressources et des charges de fonctionnement.
➢ - Le résultat d'exploitation (RE)
Correspond au RBE diminué des dotations nettes aux provisions d'exploitation.
C'est à ce niveau que la notion de risque est prise en compte. Depuis 1993, ce solde
a été remplacé par le résultat courant avant impôt.
➢ - Le résultat net (RN)
intègre, outre le résultat d'exploitation, les autres produits et charges de caractère le
plus souvent exceptionnel, les dotations au fonds pour risques bancaires généraux et
l'impôt sur les sociétés.
➢ Les coûts, rendements et marges
L'évaluation de la rentabilité est le fruit des variations de taux et de volume qu'il
importe de pouvoir dissocier dans l'appréciation de la situation d'un établissement
de crédit. La mesure de l'effet prix et de l'effet volume passe par l'analyse des coûts
et des rendements, obtenus en rapprochant le montant des intérêts perçus et versés
sur celui des prêts et des emprunts correspondants. Un calcul de marge peut dès
lors être réalisé sur les différentes activités d'intermédiation (opérations avec la
clientèle, opérations de trésorerie) et donner lieu en définitive à une évaluation de
la marge globale d'intermédiation .
➢ Les ratios d'exploitation
Plusieurs ratios peuvent être calculés afin de mettre en évidence les structures
d'exploitation. Les plus utilisés sont :
- le coefficient global d'exploitation - rapport des frais généraux au PGE. Il
montre de façon synthétique la part des gains réalisés qui est absorbée par les coûts
fixes.
- le coefficient de rentabilité : rapport du résultat net aux fonds propres (capital,
réserves et éléments assimilés, report à nouveau), autrement appelé return on
equity ROE .
- le coefficient de rendement : rapport du résultat net au total du bilan,
autrement appelé return on assets (ROA) .
VII. Les soldes des intermédiaire de gestion (PASSAGE)
EXERCICE
(Extrait d’examen final : janvier 2006 FSJES de Mohammedia)
Soit le bilan de la SA « Etoile du Nord » au 31-12- 2000 (avant répartition du résultat)
Informations complémentaires
· La valeur vénale des terrains est estimée à 380 000 DH · Le
stock de sécurité est évalué à 50.000 DH.
· Le stock rossignol est de 6500 DH.
· La provision pour charges est sans objet.
· L’écart de conversion actif n’étant pas couvert par une provision.
· Le résultat sera distribué pour moitié et mis en réserves pour l’autre moitié. · Taux
de l’IS 30%
Travail à faire :
· Etablir le bilan financier après avoir effectué les retraitements et reclassements nécessaires,
·
CORRIGE DE L’EXERCICE
Retraitements et reclassements
Eléments Actif Stocks Créances Trésor/ Capitaux Dettes à Dettes à Trésor/
Immob. actif propres MLT CT passif
Totaux 1983000 400000 85000 65000 2090000 230000 205000 8000
comptables nets
Actif fictif -
frais - 50 000 - 50 000
préliminaires
- écart de - 40 000 - 40 000
conv/actif
Terrains +80 000 +80 000
Plus value
Stock outil + 50 000 -50 000
Stock rossignol -6 500 -6 500
Provision pour +21000 -30000 +9000
risque
Résultat - 15 000 + 15 000
Totaux 2023000 343500 85000 65000 2079500 200000 229000 8000
financiers
Explications et calculs justificatifs
· Les frais préliminaires sont considérés comme des actifs fictifs, donc à retrancher de l’actif
immobilisé et des capitaux propres.
· Les écarts de conversion/Actif sont des actifs fictifs puisqu’ils ne sont pas couverts par une
provision, donc à retrancher de l’actif immobilisé et des capitaux propres.
· La valeur réelle des terrains est : 380 000, sa valeur nette comptable est de 300 000, donc il
s’agit d’une plue value de 380000 – 300000 = 80000 : à ajouter à l’actif immobilisé et
aux capitaux propres.
· Le stock outil est la partie des stocks à immobiliser, donc : il faut retrancher 50 000 des
stocks (actif circulant) et les ajouter à l’actif immobilisé.
· Le stock rossignol n’a pas de valeur ( sa valeur est nulle), à retrancher de l’actif circulant et
des capitaux propres.
· La provision pour risques et charges est sans objet, donc elle disparaîtra en ajoutant la
partie nette d’IS (30000 X 0,70= 21000) aux capitaux propres et l’autre partie, càd l’impôt
(30000 X 0,30 = 9000) aux dettes à CT.
· 50% du résultat (15000) est distribué sous forme de dividendes qui sont des dettes à court
terme, donc à retrancher des capitaux propres et ajouter aux dettes à CT.
Après retraitements, le bilan financier se présente de la façon suivante :
Bilan financier
ACTIF MONTANTS PASSIF MONTANTS
Immobilisations 2023 000 Capitaux propres 2 079 500
Stocks 343 500 Dette à L.M.T. 200 000
Créances 85 000 Dette à C.T. 229 000
Trésorerie / Actif 65 000 Trésorerie / Passif 8 000
TOTAL 2 516 500 TOTAL 2 516 500
VIII. Les coûts du risque
En 2021, le coût du risque des banques marocaines s'est élevé à 10,4 milliards de dirhams, ce qui
représente une baisse de 16,8% par rapport à l'année précédente, où il avait connu une forte
augmentation de 74,1% en raison de l'impact de la pandémie de COVID-19.
Sur ce total, le coût du risque au titre des créances en souffrance a continué à augmenter de 3%
pour atteindre près de 9,3 milliards de dirhams, tandis que les autres dotations nettes de reprises ont
reculé de 67%, les banques ayant constitué à titre préventif en 2020 des provisions à caractère général,
en couverture des risques latents.
En termes de ratios, le coût du risque rapporté au RBE s'est établi à 36,5% en 2021, contre 47% en
2020. Par rapport à l'encours des crédits, le coût du risque est revenu à 1% en 2021, contre 1,3% en
2020.
Il est important de noter que ces chiffres reflètent les effets de la crise Covid-19 sur l'économie
marocaine et les activités bancaires en 2020 et 2021.
LE COUT DU RISQUE DES BANQUES (EN
MILLIARDS DE DIRHAMS)
2019 2020 2021
Coût du risque 7.2 12.5 10.4
Coût du risque rapporté au
28.3 47 36.5
RBE en %
Coût du risque rapporté aux
0.8 1.3 1
crédits en %
Source : Rapport de supervision 2021
Les charges externes sont constituées notamment des frais d’entretien et de réparation, des
rémunérations d’honoraires et d’intermédiaires, de transports et de déplacement et des frais de
publicité.
Le coût de risque impacte les résultats des banques ; il diminue le PNB, le résultat net et
donc la rentabilité.
Le coût du risque, qui représente les provisions passées par les banques pour faire face à d’éventuels
accidents de remboursement des crédits accordés, a été multiplié en moyenne par deux pour la
plupart des banques de la place, ce qui a, par ricochet, rogné leurs bénéfices.
Les effets économiques du coronavirus impactent négativement les résultats des banques à plusieurs
niveaux. Entre autres conséquences négatives, l'on peut noter essentiellement :
• La baisse de marges causée par un ralentissement des activités de la banque (baisse des
marges d’intérêt et de commissions) ;
• La hausse des coûts d'exploitation favorisée par des nouvelles organisations afin de s'adapter
à la situation de crise et cela engendre aussi des nouveaux coûts ;
Et l'augmentation du coût du risque causée par la détérioration de la qualité du portefeuille.
ÉVOLUTION DE LA MARGE DES BANQUES SUR LES OPERATIONS AVEC LA CLIENTELE (EN
%)
2019 2020 2021
Taux de rendement des crédits 4,63 4.54 4.31
Marge sur les opérations avec la clientèle 3,73 3.76 3.71
Coût moyen des dépôts 0,90 0,78 0.60
Source : BAM, Rapport de supervision 2021
Le coût du risque, qui représente les provisions passées par les banques pour faire face à d’éventuels
accidents de remboursement des crédits accordés, a été multiplié en moyenne par deux pour la
plupart des banques de la place, ce qui a, par ricochet, rogné leurs bénéfices. Créé le 5 avril 2021
Les effets économiques du coronavirus impactent négativement les résultats des banques à plusieurs
niveaux. Entre autres conséquences négatives, l'on peut noter essentiellement :
Le coût du risque, qui représente les provisions passées par les banques pour faire face à d’éventuels
accidents de remboursement des crédits accordés, a été multiplié en moyenne par deux pour la
plupart des banques de la place, ce qui a, par ricochet, rogné leurs bénéfices.
Les effets économiques du coronavirus impactent négativement les résultats des banques à plusieurs
niveaux. Entre autres conséquences négatives, l'on peut noter essentiellement :
• La baisse de marges causée par un ralentissement des activités de la banque (baisse des
marges d’intérêt et de commissions) ;
• La hausse des coûts d'exploitation favorisée par des nouvelles organisations afin de s'adapter
à la situation de crise et cela engendre aussi des nouveaux coûts ;
Et l'augmentation du coût du risque causée par la détérioration de la qualité du portefeuille.
ÉVOLUTION DE LA MARGE DES BANQUES SUR LES OPERATIONS AVEC LA CLIENTELE (EN
%)
2019 2020 2021
Taux de rendement des crédits 4,63 4.54 4.31
Marge sur les opérations avec la clientèle 3,73 3.76 3.71
Coût moyen des dépôts 0,90 0,78 0.60
Source : BAM, Rapport de supervision 2021
➢ Les ratios d'exploitation
1 - Indicateur du rendement global
Compte tenu du fort développement des opérations bancaires hors intermédiation (services de
conseil, opérations sur marchés dérivés...) il est souhaitable de tenir compte dans l'analyse des
produits et charges qu'elles génèrent et de rapporter l'ensemble des gains nets ainsi obtenus au
total des fonds utilisés, qui sont constitués des fonds empruntés et des capitaux propres. Ce taux est
un indicateur du rendement global d'un établissement de crédit
Gains nets/ total des fonds utilisés :
Le taux est un indicateur du rendement global d'un établissement de crédit.
2 - Le coefficient global d'exploitation
- Rapport des frais généraux au PGE. Il montre de façon synthétique la part des gains
réalisés qui est absorbée par les coûts fixes
Evolution du RBE et du coefficient moyen d’exploitation des banques
2019 2020 2021
RBE en milliards de dirhams 25.5 26.7 28.5
Coefficient moyen d’exploitation (en %) 50.2 50 48.5
Source : BAM, Rapport de supervision 2021
De façon générale on désigne la rentabilité financière par le ratio de rentabilité
des fonds propres – ROE :
Cependant, l'un des inconvénients du ROE est qu'il intègre les effets de la politique de
financement de l'entreprise.
C'est la raison pour laquelle on peut chercher à compléter le ROE par une mesure de la rentabilité
économique c'est-à-dire par un ratio indépendant du mode de financement de l'entreprise.
La rentabilité économique est le plus fréquemment appréhendée par le ROCE (return on
Capital employed) qui s'apprécie par rapport aux capitaux utilisés.
Les capitaux employés figurant au dénominateur correspondent à la somme des
immobilisations et du besoin en fond de roulement d'exploitation, c'est-à-dire aux besoins de
financement stables de l'activité.
Cette notion de la rentabilité peut également être exprimée par le rapport donnant le bénéfice
par action :
On retient ici le nombre d'actions composant le capital social.
Évolution de la rentabilité
2019 2020 2021
Rentabilité des actifs des banques (ROA) en % : 0.9 0.5 0.8
Rentabilité des fonds propres des banques (ROE) (**) en % : 9.4 4.8 8.3
Source : BAM, Rapport de supervision 2021
Les deux indicateurs traditionnels de rentabilité bancaire :
a. Le coefficient de rendement : rapport du résultat net au total du bilan, autrement
appelé return on assets (ROA)
b. Le coefficient de rentabilité [Le taux de profit] : le rapport du résultat net aux fonds propres
(capital, réserves et éléments assimilés, report à nouveau), autrement appelé return on
equity ROE. (*) Le coefficient de rendement : rapport du résultat net au total du bilan,
autrement appelé return on assets (ROA)
IX. La marge globale d'intermédiation
1 . Définition
✓ marge globale :
La marge bancaire globale prend en compte l'ensemble de
l'activité bancaire, y compris les activités de service et de
hors-bilan (la distinction entre intermédiation et non
intermédiation tendant à devenir plus imprécise.
✓ Marge d'intermédiation :
La marge d’intermédiation bancaire, c’est-à-dire le résultat des banques sur leur
activité de prêt, a rarement fait l’objet de travaux économétriques
2. la modélisation de marge d’intermédiation bancaire :
C’est-à-dire du résultat des banques sur leur activité de prêt, présente un intérêt à
la fois pour les banques elles-mêmes et pour les autorités de régulation. D’une
part, il est indispensable pour un établissement de crédit de d éterminer sa
vulnérabilité à la conjoncture et aux mouvements de taux. D’autre part, les
autorités publiques doivent pouvoir aussi évaluer à tout moment les risques qui
pèsent sur le systèmebancaire dans sa globalité parce qu’ils sont susceptibles
d’affecter l’ensemble de l’économie.
✓ Noter bien:
La marge bancaire globale, mesurée par le rapport entre le PNB et la moyenne
des emplois.
_ Le calcul de la marge d’intermédiation bancaire (PNI):
Quand la banque prête 1 000 000 FCFA sur une durée de 1 an, l’argent prêté
n’est pas sa propriété. Elle utilise soit les dépôts de la clientèle si elle est
autorisée à collecter l’épargne, soit des fonds empruntés.
Pour simplifier, nous utilisons ici les taux proportionnels (par opposition au taux
actuariel qui correspondrait mieux à la réalité)
Si le prêt est fait à 3 % mensuel (le taux proportionnel est de 3% * 12 mois = 36
%) le prêt va lui rapporter 360 000 FCFA.
Dans le même temps elle doit rémunérer les déposants qui ont permis de
disposer de 1 000 000 FCFA.
En les rémunérant au taux de 5 % l’an cela lui coûte 50 000 FCFA
Le résultat de cette opération est donc de 310 000 FCFA. C’est ce qu’on appelle
la « marge d’intermédiation » appelée également Produit Net d’Intérêts (PNI)
X. Bilan d’une banque :
Le bilan d'une banque est un état financier qui présente la situation patrimoniale
de la banque à un moment donné. Le bilan se divise en deux parties principales :
l'actif et le passif.
L'actif comprend tous les éléments que la banque possède, tels que les prêts
accordés, les investissements réalisés, les titres et les liquidités détenues.
Le passif représente les sources de financement de la banque, comme les dépôts
des clients, les emprunts et les dettes.
Le bilan permet donc de déterminer la capacité d'une banque à faire face à ses
obligations financières, à savoir rembourser les dettes et honorer les dépôts des
clients.
Il est important de noter que le bilan d'une banque est soumis à une
réglementation stricte, notamment en ce qui concerne les ratios de solvabilité,
qui mesurent la capacité de la banque à faire face à des situations de stress
financier.
un exemple simplifié de bilan d'une banque :
ACTIF :
Prêts accordés : 500 000 DHS
Investissements : 200 000 DHS
Titres : 100 000 DHS
Liquidités : 50 000 DHS
PASSIF :
Dépôts des clients : 600 000 DHS
Emprunts : 100 000 DHS
Dettes : 50 000 DHS
TOTAL ACTIF : 850 000 DHS
TOTAL PASSIF : 750 000 DHS
Dans cet exemple, la banque dispose d'un actif total de 850 000 DHS, composé
principalement de prêts, d'investissements et de titres, ainsi que d'une certaine
quantité de liquidités pour faire face à des demandes de retraits des clients. Le
passif de la banque est quant à lui composé des dépôts des clients, des emprunts
et des dettes. Le passif total s'élève à 750 000 DHS.
On peut constater que les actifs de la banque dépassent ses passifs, ce qui
signifie qu'elle dispose d'un capital excédentaire de 100 000 DHS. Ce capital est
important pour la solvabilité de la banque, car il lui permet de faire face à des
pertes éventuelles ou à des situations de stress financier.
• CONCLUSION :
En conclusion, la gestion de la rentabilité et les indices financiers sont des
éléments cruciaux pour toute entreprise souhaitant maximiser sa performance
financière. La gestion de la rentabilité permet aux gestionnaires de surveiller
étroitement les coûts et les revenus de l'entreprise, tandis que les indices
financiers fournissent des mesures claires de la performance de l'entreprise.
En utilisant ces outils, les gestionnaires peuvent prendre des décisions éclairées
pour améliorer la performance de l'entreprise, identifier les domaines qui
nécessitent une attention particulière, et maintenir la viabilité financière de
l'entreprise à long terme.
En somme, la gestion de la rentabilité et les indices financiers sont des éléments
clés pour toute entreprise qui souhaite réussir sur le plan financier et maintenir
sa compétitivité dans un environnement commercial en constante évolution.
Préparé par : Encadré par :
Pr. EL GHEZAOUI MARIA
❖ Nabila Belkas
❖ Smail Ayyoub
❖ Amine Ankila
❖ El jabri Safae
❖ Kawtar Tayab
❖ Walid Es-saqy
❖ Ayoub Kharrazi
❖ Samira Handour
❖ Abdessamad Chaachaai
❖ Wijdane Bensaleh