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Internationalisation et Implantation Bancaire

Le document décrit les différents modes d'implantation bancaire à l'international, notamment le recours à des correspondants, les bureaux de représentation, les banques affiliées, les succursales et les filiales. Il explique également les motivations des banques à s'internationaliser comme le suivi de la clientèle et la concurrence.

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Internationalisation et Implantation Bancaire

Le document décrit les différents modes d'implantation bancaire à l'international, notamment le recours à des correspondants, les bureaux de représentation, les banques affiliées, les succursales et les filiales. Il explique également les motivations des banques à s'internationaliser comme le suivi de la clientèle et la concurrence.

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1

1.1) L'internationalisation des structures bancaires


Afin de pouvoir suivre leurs clients qui s'implantent à l'étranger, les banques
ont dû élargir leur assise géographique (structures externes). Pour pouvoir
dialoguer avec eux et pour renforcer leur pouvoir de négociation, les banques
ont dû adapter leur organisation interne, en aménageant des unités
spécialisées, susceptibles d'appréhender les multinationales dans leur
globalité. Les banques qui désirent s'internationaliser ont le choix entre deux
voies. La première a pour objet de développer le réseau international de la
banque, en s'implantant directement à l'étranger par le moyen de bureaux de
représentation, agences, filiales ou succursales. La seconde voie consiste à
s'allier à d'autres banques, dans le but de couvrir un plus grand nombre de
marchés géographiques, ou sectoriels, soit en constituant avec celles-ci, des
filiales communes, appelées généralement (banques consortiales) soit en
signant des accords, à portée beaucoup plus générales, dont la mise en œuvre
aboutit à la création de véritables "clubs" bancaires. Dans l'ensemble, les
banques américaines ont opté, plutôt pour la première formule. Quant à la
seconde alternative, elle a été choisie, plus particulièrement, par les banques
européennes et japonaises. En fait, beaucoup de banques ont adopté les deux
solutions simultanément (Arvissenet, Petit ; 2011) 3.
1.2) Les modes d'implantation
On distinguera successivement le recours à des correspondants, le bureaude
représentation, la banque affiliée, la filiale et la succursale.
1.2.1) Le recours à un réseau de correspondants
Dans ce cas, la banque concernée entretient des relations de type privilégié
avec une banque étrangère (la banque correspondante) et maintient un
compte ouvert dans les livres de celle- ci (compte Nostro). En contrepartie,
la banque étrangère possède aussi un compte dans la première banque,
désigné sous le nom de compte Loro 4.
1.2.2) Les bureaux de représentation
Un bureau de représentation est caractérisé par le fait qu'il n'est pas habilité
à effectuer des opérations de banque. Sa fonction essentielle est l'information
et les conseils.
Conseils aux clients de la banque qui veulent développer leurs relations
d'affaires (exportations ou investissement), soit avec un pays étranger, soit
avec le pays d'origine de la banque. Le bureau de représentation peut attirer
une clientèle, mais la réalisation des opérations bancaires qui résulteront de

2
cette activité sera prise en charge par le correspondant local de la banque,
ou par une unité bancaire de celle-ci. Il peut, alors, s'agir d'une succursale ou
d'une filiale. Dans les deux cas, ces entités sont habilitées à effectuer toutes
les opérations de banque dans le pays où elles se trouvent. Ce qui les
distingue essentiellement c'est leur statut juridique.
1.2.3) La banque affiliée
Elle peut être définie comme étant une banque locale, dans laquelle la banque
étrangère a pris une participation. A titre d'exemple, on peut citer la prise de
participation de "Philadelphia National Bank" dans la banqueWorms ou de
"White-Weld Cie" dans la banque française de dépôts et titres (Mérieux,
Chouan, Ligeard et al ; 2013) 5.
1.2.4) La succursale
Le siège de la banque dans le pays d'origine est, directement, responsable et
ses résultats d'exploitation sont inscrits, directement, au bilan du siège. La
garantie de la société- mère est un facteur important de la solidité financière
de la succursale.
1.2.5) La filiale
Elle se distingue de la banque affiliée par les caractéristiques suivantes. La
maison mère possède une participation majoritaire (souvent 100 %) dans le
capital de cette banque, alors que dans le cas précédent, il ne s'agissait que
d'une participation minoritaire.
La banque- mère dispose d'un pouvoir de contrôle sur la gestion de son unité
bancaire à l'étranger, qui peut être comparé à celui qu'elle détient dansle cas
d'une succursale.
1.3) Les motifs de l'implantation à l'étranger
En gros, on peut dire que le choix du mode d'implantation dépend, en grande
partie du volume d'affaires potentiel et des réglementations bancaires du
pays d'accueil (et du pays d'origine).
Cependant, il faut mentionner, en premier lieu, la nécessité impérative, pour
les banques, de suivre leurs clients. Avec le développement des exportations
et d'investissements directs à l'étranger, les banques sont tenues de fournir à
leurs clientèles, dans les pays où elles trouvent, une gamme de services
comparable à celle qui est offerte dans le pays d'origine, par exemple, le
financement des exportations avec les produits y afférents. Le risque pour les
banques qui ne suivraient pas le mouvement est, en effet,de voir leurs clients
se lier à d'autres banques concurrentes, installées dans

3
les pays avec lesquels ils développent un courant d'affaires. La nécessité de
suivre la clientèle est indissociable de la concurrence bancaire.
L'expansion des banques à l'étranger a, d'abord, été liée aux perspectives de
croissance du commerce international. "Pendant longtemps, elle a été limitée
aux empires coloniaux des différents pays européens".
"Au début du XXème siècle, l'Angleterre avait 32 banques dites coloniales
avec 2104 succursales, à l'étranger, la France en avait 18 avec 104
succursales, l'Allemagne et la Hollande disposaient respectivement de 70 et
68 succursales à l'étranger.". "Les banques américaines, par contre,
n'étaient pratiquement pas implantées à l'étranger (20 établissements,
seulement en 1920). C'est pour soutenir leurs clients investissant à l'étranger
que les banques américaines se lancèrent dans l'aventure internationale."
(Bayol, Guaraudet. 2011)6. Ainsi, les motifs de l'internationalisation
bancaire peuvent être résumés comme suit:
• La concurrence internationale ;
• La croissance du commerce et des investissements directs
internationaux ;
• La croissance monétaire et financière des marchés internationaux ;
• L'accès à l'information, en effet, la détention de l'information
constitue un facteur clef pour le banquier et, singulièrement, quand
il veut effectuer des opérations, à l'échelle mondiale. Il s'agit, pour
lui, de pouvoir apprécier la solvabilité d'emprunteurs lointains, d'être
au courant des opportunités d'affaires, d'avoir des données, de
premières mains sur la situation économique et sociale des différents
pays avec lesquels il travaille.
1.4) Bref rappel sur les restructurations bancaires dans le monde
1.4.1) La libéralisation généralisée du marché des capitaux dans le
monde
Entre 1960 et 1979 coexistent des systèmes monétaires et financiers
cloisonnés caractérisés par le système de la finance administrée et une
internalisation financière limitée assurée par le biais du marché des
eurodollars qui s’est constitué avec l’accord des autorités financières
britanniques. Le marché des eurodollars est un marché interbancaire.
L’abrogation du système de Bretton Woods a mis fin au rattachement du
dollar à l’or et le système des taux de change flexibles s’est mis en place et

4
provoque depuis beaucoup d’instabilité monétaire. Le marché des changes
est le premier marché des capitaux à s’être mondialisé.
A partir de 1979, les mesures économiques adoptées aux USA et au
Royaume Uni ont mis fin au contrôle du mouvement des capitaux avec
l’étranger et ont déréglementé les marchés monétaires et financiers
A partir de 1986, le marché des actions se décloisonne et se déréglemente.
Au début des années 1990, le développement des marchés émergents
contribue à mondialiser les marchés financiers. Aussi, le marché des capitaux
se caractérise par les 3D : Décloisonnement, Déréglementation,
Désintermédiation. En outre, les nouvelles technologies de l’information et
de la communication ont permis de relier les marchés des capitaux dans le
monde.
1.5) Les grandes tendances récentes
La "croissance interne" d'une banque (c'est-à-dire son expansion via son
réseau, son capital humain et la gamme des produits offerts) constitue une
stratégie qui présente nombre d'atouts : moindre coût à court terme d'une
opération externe, préservation de la même culture d'entreprise, moindre
complexité, …etc. Dans le cadre des opérations de restructuration externe,
il faut d'abord noter les participations minoritaires dans le capital d'un
établissement concurrent (afin de coopérer dans certains domaines) ou bien
les alliances entre établissements (afin de bénéficier de certaines
complémentarités).
La bancassurance (alliance BNP – UAP, Dresdner Bank – Alliance)
constitue une illustration de ce phénomène qui se traduit notamment par une
commercialisation conjointe des produits respectifs. Le nombre et la taille
des opérations de fusions- acquisitions dans le monde bancaire se sontaccrus
dans la période récente. D'ailleurs, l'industrie bancaire et financière mondiale
occupe la seconde place parmi les différentes industries concernées par le
mouvement de fusions- acquisitions au cours des sept dernières années
(Thauvron, Varch ; 2007)7. Le mouvement (Fusion- acquisitions) a été
initié aux Etats-Unis, mais il a gagné le Royaume-Uni (les banques d'affaires,
les buildings societies puis les banques commerciales avec notamment
l'absorption de la Midland par la Hong- Kong Shanghai Banking Corporation
en 1992). Puis l'Europe Continentale, en particulier les Pays-Bas (fusion
ABN- Amro en 1992). L'Espagne (par exemple, l'absorption de Banesto par
la Banco de Santander en 1995) et la Suisse (fusion SBS-UBS en 1997).
Aux Etats-Unis, le mouvement a été

5
particulièrement ample. De 1975 à 1997, le nombre de banques
commerciales aux Etats-Unis est passé de 14.318 à 9.216. Depuis le début
des années 80, il y a eu une moyenne annuelle de 400 fusions (Fontanel ;
2012)8. En France, le processus est passé notamment au travers de la
restructuration des réseaux fédéralistes et mutualistes au début des années
90, puis a concerné des établissements (au sens de la cible) de taille petite ou
moyenne (Société Générale – Crédit du Nord, Crédit Agricole, Indosuez,
Crédit Mutuel – CIC). Mais ce n'est qu'en 1999 que les banques françaises
devraient connaître des opérations de dimension comparable à celles que l'on
a observées à l'étranger (rapprochement entre BNP et Paribas) ((De Lima ;
2015)9.
Au Japon, les restructurations bancaires se sont développées à partir de 1997-
1998, quelque peu "forcées" par la grave détérioration de la rentabilité des
établissements japonais, avec même une certaine ouverture à des partenaires
étrangers. Ajoutons également les opérations récemment enregistrées en
Corée, Malaisie et en Indonésie dans un contexte, il est vrai, particulier
(Choinel ; 2012)10.
1.6) Quels sont les ressorts du mouvement en cours ?
Une littérature abondante a été consacrée au cours des dernières années aux
facteurs de restructurations bancaires dans le monde. On peut mentionner
succinctement six types de facteurs :
• La maximisation de la valeur actionnariale est souvent citée comme
facteur principal du processus de restructuration ;
• Les facteurs de nature technologique ont également joué un certain
rôle ;
• La déréglementation des activités bancaires demeure également un
facteur essentiel des restructurations ;
• L'intégration financière européenne renforcée par la monnaie
unique, constitue un facteur important et propre aux établissements
européens ;
• Certains auteurs évoquent le mimétisme qui affecterait les banques
initiatrices des opérations ;
• Les défaillances bancaires : la crise bancaire de la Finlande dans la
première moitié des années 90, a ainsi mené à une concentration
accrue du système bancaire finlandais (Arvisennet ; Petit, 2011)11.

6
1.7) Les conditions de réussite des opérations de restructuration
L'attention s'est récemment portée sur les conditions de réussite des
opérations de restructuration. En effet, il va sans dire que les opérations de
fusions- acquisitions comprennent des coûts potentiellement non
négligeables.
D'abord, si l'opération n'aboutit pas, l'image de marque de l'établissement
initiateur peut en souffrir de même que son rating, et il est possible qu'il
puisse se retrouver lui-même en situation de "proie".
Ensuite, l'opération comprend elle-même des coûts potentiels élevés : coûts
d'intégration, tensions culturelles, complexité accrue de gestion, focalisation
excessive des équipes sur le nouveau dispositif de fonctionnement… Il faut
aussi intégrer le risque d'érosion de l'activité au cours de la transaction du
fait de l'incompréhension, voire de l'insatisfaction des clients et/ou du
personnel (d'où des risques de perte de clientèle ou de défection d'une partie
des équipes).
1) Les principales mutations bancaires au cours des années 90 et 2000
Quelles sont les principales mutations bancaires enregistrées en Occident
durant la période 90 ? C'est à cette question que nous tenterons d'apporter
des éléments de réponses ci-dessous.

2.1) Les mutations technologiques


L'industrie bancaire mondiale est sans doute l'une de celles qui ont le plus
investi dans les nouvelles technologies de l'information. Les nouvelles
technologies ont aussi naturellement entraîné l'automatisation denombreuses
tâches administratives de la part des établissements.
L'ingénierie financière permet également de développer de nouveaux
produits (dérivés notamment) ou des techniques de traitements spécifiques
(stratégie d'investissement, analyse de risque de la clientèle, …etc.). Les
nouvelles technologies induisent encore une meilleure connaissance du
client grâce à l'enregistrement et l'analyse de données le concernant, ces
informations conduisant ensuite à personnaliser l'offre (Lesnard : Carissant
; 2014)12.
L'intérêt des nouvelles technologies dépasse de bien loin l'abaissement des
coûts : il y a donc plus d'information, plus de cohérence dans l'action, plus
de flexibilité et beaucoup de plus de rapidité. Les nouvelles technologies ont
des conséquences diverses. Elles renforcent la concurrence (réduction des
barrières à l'entrée de nouveaux prestataires de services bancaires,

7
renforcement du pouvoir de négociation des fournisseurs et des clients,
généralisation du comportement de shopping bancaire de la part de la
clientèle, développement rapide de produits de substitution, …etc.). Elles
justifient en partie des restructurations bancaires, compte tenu du montant
des investissements à réaliser. Elles renforcent l'exigence de
professionnalisme et de technicité des métiers. Elles bouleversent souvent
les structures des établissements (partage immédiat de l'information, se
substituant à une logique de cloisonnement des clients, des produits et des
métiers)
2.2) La concurrence bancaire
La concurrence s'est considérablement renforcée durant les années 80 et 90
en [Link] longtemps l’activité bancaire était parfois apparue
comme une activité de service public (en particulier en France), les banques
ont subi dans les années 80 une concurrence (Lima ; 2015)13. Cela résulte du
puissant mouvement de banalisation et d'uniformisation de nature juridique,
fiscale et surtout économique (cloisonnement au niveau de la collecte des
ressources, suppression de l'encadrement du crédit, …etc.) entre
établissements. Cette évolution a naturellement touché les pays où
prédominait le modèle de banque universelle (institution offrant une gamme
très large de services financiers), surtout en Europe continentale. Mais elle
avait aussi touché les pays anglo-saxons (Etats-Unis et Royaume-Uni) où
jusqu'à présent avait prédominé un modèle de banque spécialisée.
Il subsiste cependant une certaine hétérogénéité (en termes de structure de
capital surtout) entre types d'établissements au sein même des pays, y
compris en Europe continentale.
D'une manière plus générale, les banques sont donc plus fragilisées
qu'autrefois, par leur environnement : le cycle économique, le cycle boursier,
le cycle immobilier. Aussi, un très grand nombre de pays industrialisés et
émergents ont été, à un moment ou à un autre et à des degrés divers,
confrontés à de graves difficultés dans leur système bancaire. Aujourd'hui,
les banques comme les entreprises industrielles sont poussée à effectuer des
ajustements, de différentes natures :
• En termes stratégiques ;
• En termes de gestion ;
• En termes de rentabilité.
Les banques, ayant été privatisées, sont poussées, sous l'effet de la pression
concurrentielle, à la surveillance des agences de notation, et surtout de
8
l'exigence des actionnaires et du risque de devenir la cible d'une société
acquéreur, à accroître la rentabilité des fonds propres. Aussi, la valeur pour
l'actionnaire devient un objectif essentiel pour les dirigeants de certaines
banques.
Dans pratiquement tous les pays européens, le nombre d'offreurs a diminué
et la part des 5 plus grands établissements s'est élargie. Il reste que la situation
est très disparate en ce qui concerne la concentration des systèmes bancaires
(Fontanel : 2012)14. L'expérience des banques américaines peut apporter un
éclairage intéressant sur les stratégies des établissements européens. Il y a
aux Etats-Unis trois grands types de stratégie dans la banque de proximité.
Tout d'abord, devenir leader dans une zone géographique délimitée, à
l'exemple de la Chase sur la côte Est. Ensuite, s'affirmer le numéro un
mondial sur un segment, à l'image de la Citibank sur le créneau des
particuliers "haut de gamme". Enfin, être le champion national inter-états,
comme Nations bank après la fusion avec Bank of America (Fontanel :
2012)15.
2) L'importance de la mondialisation de la finance et ses répercussions
sur les relations banque- entreprise
On rappellera que les fusions et acquisitions dans le domaine bancaire se sont
considérablement développées depuis le début des années 80. On est passé à
plus de 14.000 banques en 1980 à 11.500 en 1992 et 9.000 en [Link] estime
que les dix premières banques américaines concentrent plus de 40 % des
actifs bancaires. La course à la taille est décisive (Fontanel : 2012) 16.
Fontanel (2012)17 s'interroge également sur la logique douteuse qui conduit
aux mégafusions à l'échelle planétaire. La dimension est un facteur de
pouvoir, pas nécessairement celui de l'efficacité économique en tant que tel
explique l'auteur.
Cependant, les alliances constituent aussi des moyens efficaces pour
améliorer la compétitivité des établissements. Ce mouvement semble
aujourd'hui se profiler. Il permet notamment de préserver l'autonomie, la
réversibilité et une plus grande rationalisation des coûts.
La libéralisation imposée à l'ensemble des pays du monde a conduit à une
accélération de la mobilité géographique des capitaux, et à une substituabilité
accrue entre les instruments financiers. Les transactions internationales sur
actions et obligations ont été multipliées par cent en moins de 20 ans. Elles
représentent plus du tiers de la capitalisation

9
boursière de Paris, la rendant ainsi très dépendante de Wall Street (
Fontanel, 2012) 17.
Cet état de fait met en évidence l'exceptionnel développement du libre-
échange des capitaux depuis trois décennies. Nous pensons que les transferts,
qui alliaient auparavant des
Pays développés vers les pays en développement, répondent maintenant à
une logique Nord-
Nord. Il s'agit d'une logique de finance directe de type triadique.
Les marchés financiers émergents (MFE) dont la capitalisation boursière est
passée de 2,5 % en 1983 à plus de 10 % en 1995, se développent rapidement.
Le phénomène d'internationalisation de la finance est incontestable, mais il
n'est sans doute pas aussi important qu'il n'est généralement supposé
(Temar, 2005) 18.
3.1) Les crises financières
De manière générale, les marchés financiers internationaux ont pour
fonctions essentielles la mobilisation de l'épargne mondiale pour le
financement des investissements. Les marchés financiers gèrent l'alternative
entre une utilité immédiate et une utilité différée. Aussi, l'internationalisation
des marchés financiers constitue un contre-pouvoir national.
Dans le domaine financier, la concurrence a rarement été de mise. A. Smith,
le chantre supposé du libéralisme, y était opposé. Il faut dire que trop souvent
la privatisation et la libéralisation conduisent à la spéculation effrénée des
crises financières importantes, si importantes qu'elles obligent les pouvoirs
publics à intervenir (Fontanel ; 2012)19.
La globalisation financière conduit à l'émergence d'un marché unique de
l'argent dans le monde entier. Ses défenseurs soutiennent qu'elle devrait
favoriser une meilleure allocation du capital. Cependant, n'a-t-on pas assisté
ces dernières années à un environnement économique instable, secoué par
des crises financières et cambiaires de première importance ? Les banques
centrales qui pouvaient contrôler et piloter les marchés financiers ne sont-
elles pas obligées de composer avec les décisions privées
? En moyenne, plus de 1.200 milliards de dollars s'échangent
quotidiennement sur les marchés internationaux, alors que les exportations
mondiales n'excèdent pas 10 milliards de dollars par jour. L'intervention de
l'Etat est remplacée par l'aléatoire (Cohen ; 2011)20.

10
En effet, l'interdépendance des places financières est très développée,
rendant chacun dépendant des autres. Un pays en voie de développement
peut subir de plein fouet la spéculation des opérateurs de Wall Street. Compte
tenu d'une part, des incertitudes pesant sur l'économie mondiale et d'autre
part, de la nécessaire confiance pour le fonctionnement satisfaisant du
système à économie de marché et du comportement grégaire des opérateurs
économiques, la théorie du chaos s'applique aux marchés financiers, en
l'absence d'une autorité centrale de dernier ressort, qui peut prendre la forme
d'une instance de coopération et de coordination.
A titre historique, nous rappelons que la crise asiatique est à cet égard
exemplaire. Si les valeurs économiques défendues par les pays d'Asie avaient
été avancées pour expliquer leur réussite économique, du jour au lendemain,
les opérateurs ont insisté sur l'endettement et l'instabilité chronique. A ce
sujet, malgré la concentration des financements internationaux dans les pays
développés, les pays émergents, encore exemplaires il y a moins d'une
décennie, ont appris progressivement le fonctionnement de l'endettement,
avant de recevoir de plein fouetl'enseignement du "retour de bâton". Ils ont
perdu plus de 100 milliards de dollars au second semestre de 1997 avec
l'apparition de la crise asiatique (Fischer ; 1998)21.
3.2) Existe-t-il des dangers relatifs au capital financier international ?
Pour la théorie libérale, le marché financier global, permet d'accroître
l'efficacité du système de financement, par une meilleure allocation des
capitaux entre pays et secteurs d'activité. Cependant, s'il y a une baisse du
coût de financement, elle profite surtout aux firmes multinationales et bien
peu aux PME (Plihon ; 2004)22. Aujourd'hui, les finances sont
déconnectées de la production. Il y a une dilatation de la sphère financière,
qui a quadruplé depuis 1980 pour atteindre quotidiennement 1500 à 1800
milliards de dollars. Les nouveaux acteurs de la finance internationale
cherchent la liquidité et la rentabilité financière à court terme, alors que les
entreprises ont besoin de financements durables (Fontanel ; 2012)23.
3.3) Peut-on refuser la globalisation financière ?
Les libéraux reconnaissent la fragilité du système financier international, ils
considèrent aussi que les remèdes seraient pires que le mal. Il ne faut pas
combattre la mondialisation qui accroît les opportunités d'investissement et
améliore les choix des épargnants et des consommateurs (Tranges ; 2010)24.

11
Pour les keynésiens, les marchés financiers sont instables par nature et
incapable de s'autoréguler. La spéculation l'emporte sur les activités
productives.
Les marchés financiers sont inefficients, car ils conduisent normalement àla
constitution de bulles spéculatives. Les analyses néo-classiques se réfèrent
toujours dans leurs modèles à une information parfaite sans coût. Le régime
d'accumulation à dominante financière, désigne un mode de fonctionnement
du capitalisme qui donne au secteur financier à la fois un rôle déterminant
sur les grands agrégats économiques et des revenus conséquents aux
propriétaires d'actions et d'obligations.
Les crises financières à répétition ne sont pas des pathologies mystérieuses,
frappant une économie mondiale en bonne santé. Elles traduisent sur le
plan de la monnaie (les taux de change), du système de crédit (les banques)
et des marchés financiers (les bourses), l'existence de contradictions qui ont
leur racine dans le fondement du système économique et que la libéralisation
et la déréglementation ont encore aggravées.
Le financement international est comme un vrai casino dans lequel les actifs
sont échangés presque entièrement sur la base d'un profit spéculatif, plutôt
que sur celle d'un bénéfice réel de l'économie. La libéralisation financière a
conduit à une perte d'autonomie des politiques économiques. Les clefs du
pouvoir appartiennent à ces groupes internationaux qui sanctionnent les
Etats, même s'ils n'ont pas toujours la cohérence nécessaire pour mener une
politique rationnelle et efficace. La globalisation financière permet aux
firmes multinationales d'emprunter et de prêter de l'argent sans limites dans
le temps et dans l'espace sur la base des trois D (Désintéressement,
Déréglementation et Décloisonnement).
3.4) La globalisation financière est-elle contrôlable
Nous sommes encore loin d'un marché des capitaux complètement unifié. En
effet, un bon nombre de pays en développement et en transition conservent
des systèmes financiers encore fermés (bien que la tendance soit à
l'ouverture) et que leur degré de risque est encore trop élevé pour permettre
des entrées de capitaux plus massives. De nouveaux mécanismes sont mis en
place dans les pays industrialisés et dans les institutions financières
internationales en vue de décroître la probabilité qu'une crise financière dans
un pays particulier ne déstabilise le système financier dans son ensemble. Le
G825, à la suite de la crise financière du Mexique, s'est interrogé sur les
moyens d'améliorer la capacité des opérateurs financiers

12
internationaux. La libéralisation financière a souvent permis aux banques
nationales de s'endetter lourdement sur les marchés internationaux de
capitaux pour accompagner des programmes de réforme et de croissance
ambitieux. La libéralisation du capital (demandée par le FMI), qui n’était pas
nécessaire, est à l'origine des diverses crises. Les pays sont à la merci des
impulsions irrationnelles des marchés. C'est pourquoi Keynes souhaitait un
contrôle public international.
3.5) Quelques exemples de fusions – acquisitions dans le domaine
financier en Occident
3.5.1 : Fusions - acquisitions domestiques dans la finance aux États- Unis
et en Europe (en milliards de dollars) 1985 – 2000

Institutions Institutions - cibles


acquéreurs Etats-Unis Europe
Banque Maison Assurance Banque Maison Assurance
de de
titres titres
Banque 241 15 0,2 89 9 20
commerciale (51,8 (3,2 %) (0,1 %) (36 %) (3,6 %) (8,1 %)
%)
Maisons de 6 74 27 23 19 24
titres (1,2 %) (15,9 (5,8 %) (9,3 %) (7,7 %) (9,7 %)
%)
Compagnie 0,3 14 88 11 6 46
d'assurance (0,1 %) (3,0 %) (18,9 %) (4,4 %) (2,4 %) (18,3 %)
Sources : P. D'Arvisenet et J.P. Petit : Economie internationale, la place des
banques. Edition Dunod, Paris, 2001, page 36

3) Crises bancaires et comité de Bâle


La plus grande complexité du monde bancaire et l'apparition de nombreux
produits innovants, mais mal appréhendés, ont incité le régulateur à remettre
à niveau une réglementation devenue obsolète et ne représentant plus la
réalité des risques encourus par les établissements.
4.1) les accords de Bâle
En juillet 1988, le comité de Bâle a publié les accords de Bâle, définissent
un besoin minimum de capital (relations avec le risque de crédit) pour les
banques des pays de l'OCDE, ces accords ont instauré les ratios Cooke 26.

13
Les risquent pondérés sont calculés à partir des encours de manière
forfaitaire. Les contreparties sont classées par grands groupes de
contreparties, et à chaque groupe est affectée d’une pondération de risque
unique.
Une des limites du ratio Cooke est qu'il ne tient pas compte des différences
de risques liées aux produits. Ces limites ont conduit le comité de Bâle à
publier de nouveaux accords. Les calculs très forfaitaires du ratio
Cooke, s'il présente l'avantage d'être assez simple à calculer, ne prend pas
assez bien en compte la diversité et la complexité des marchés et des produits
qui peuvent être utilisés. De plus, ils couvrent principalement des risques de
crédit, et, depuis 1996, les risques de marché, laissant de côté des risques
opérationnels (Lepicier ; Le tallec ; 2005)27.
4.2) Principes de contrôle bancaire
La performance des banques et de plus en plus influencée par
l'environnement externe à leur pays d'origine, en raison de l'augmentation
de leurs activités transfrontalières et du développement des moyens
électroniques .Avec la collaboration d'une quinzaine d'autres pays, le comité
de Bâle a abouti en 1997, à un consensus international sur les principes de
contrôle bancaire efficace. Ces principes recouvrent : les conditions
institutionnelles et juridiques, en ce sens que ce corpus de règles est appliqué
dans 140 pays, mais reste d'application libre et n'a pas de portée
réglementaire,
Le FMI publie sur le réseau Internet des données économiques et financières
sur les pays qui ont déjà, ou souhaitent, avoir accès aux marchés
internationaux des capitaux. En 1997, quarante-deux pays avaient souscrit à
ce système de diffusion des données du FMI. Tout l'espace financier mondial
est concerné par les règles prudentielles. C'est pour cette raison que le comité
sur le contrôle bancaire et le comité technique de l'organisation internationale
des commissions de valeur (OICV) cherchent à atteindre un traitement
prudentiel homogène pour le calcul des minima defonds propres des banques
et des entreprises d'investissements qui ont des activités de négoce et sur
produits dérivés. Avec le développement de gros groupes financiers opérant
à l'échelle mondiale et se faisant concurrence, dans une large gamme de
produits financiers, les autorités de surveillance de l'ensemble du secteur
financier sont appelées à plus de coopération. Leur but commun est de
promouvoir la stabilité financière et l'efficience des marchés. Le comité de
Bâle sur le contrôle bancaire et le groupe des

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autorités de contrôle bancaire des pays ayant des zones franches financières
crée en 1980 ont établi vingt-neuf recommandations destinées à améliorer
et à faciliter la surveillance prudentielle des risques bancaires, afin d'assurer
la solidité des établissements de crédit sur le plan individuel et la stabilité
du système financier dans son ensemble.
4.3) principes du nouveau système appelé accord de Bâle II
Le comité de Bâle I à instaurer un minimum qui doit être respecté par les
banques. Connue sous le nom de Bale I, la première réglementation en
matière d’évaluation des fonds propres a été mise en place le 15 juillet 1988
en réponse à l’accroissement spectaculaire des faillites bancaires dans les
années 80.
Le principe est de faire respecter par les banquiers un ratio, dit ratio Cooke
ou ratio de la solvabilité, afin de constituer un minimum de fonds propres
bancaires en proportion des crédits alloués, s’appuyant sur le principe que
la banque doit garder 8% des dettes sous formes de fonds propres, ce ratio ne
tient pas compte du portefeuille de risques bancaires hors risque de crédit.
Ce n’est qu’en 1996 que le comité de Bâle propose d’incorporer le risque de
marché dans le ratio Cooke. L’objectif de cette réforme est donc de
considérer principalement, dans l’évaluation du capital bancaire, les
instruments utilisés dans les procédures d’accord de crédit et la devise
employée. La perte doit être ainsi réévaluée en fonction des variations des
prix de marché. Les accords de Bâle II ont pour objectif de réformer le ratio
Cooke, afin d'avoir une mise en adéquation plus juste des fonds propres et
du profil de risque réel des établissements de crédit. Un nouveau ratio a été
créé : le ratio Mac Donough. Ce ratio est un ratio de solvabilité, dont le
niveau d'exigence reste inchangé par rapport au ratio Cooke (8 %), mais dont
le calcul du dénominateur est considérablement infini. Les calculs des
risques de crédit sont assignés pour tenir compte des pertes attendues et des
pertes inattendues. Le risque est abordé par classe d'actifs et parties de
produits. Le risque opérationnel est une dimension nouvelle intégrée dans le
calcul du risque.
4.3.1) Champs et date d'application
Bâle II s'applique à toutes les sociétés de portefeuille contrôlant les groupes
à dominance bancaire, ainsi qu'à toutes les banques internationales, à tous les
niveaux du groupe : ensemble des opérations bancaires, autres activités
financières pertinentes, filiales d'assurances, investissements dans les
sociétés commerciales au-delà de certains seuils.

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Le traité de Bâle II est entré en vigueur le 1er janvier 2007, et l'année 2007
devant être suivi en parallèle avec le ratio Cooke et le ratio Mac Donough
28
. Le but de Bâle II n'est pas de durcir les conditions d'accès au crédit pour
les entreprises ou pour certains types d'entreprise, puisque l'adéquation du
volume des capitaux propres par rapport aux risques encourus doit rester
globalement de 8 %.
La réglementation prudentielle influence la gouvernance des entreprises,
puisque celle-ci est étroitement dépendante des logiques financières. Le fer
de lance de la réforme en ce domaine est le processus engagé à Bâle, sous
l’égide du comité des gouverneurs des banques centrales, pour mieux tenir
compte des changements introduits par les banques dans le contrôlé des
risque cause de leur hybridation avec les marchés de capitaux.
4) Internationalisation de la banque algérienne et règles prudentielles
Depuis le 1 janvier 1992 (instruction N° 34-91 de la banque d’Algérie) du
14 novembre 1991 relative à la fixation des règles prudentielles de gestion
des banques et des établissements financiers, la règle prudentielle que les
dénominations Françaises appellent « Ratio Cooke » et anglo saxonne
Capital Adequacy Ratio est devenue obligatoire.
L’application progressive de ce ratio aux banques et établissements
financiers a été assurée selon des périodicités fixées par instructions de la
banque d’Algérie.
L’actuel accord sur les fonds propres appelé Ratio Cooke-Bâle I, en tant que
rapport entre
les fonds propres et les risques pondérés, a permis d’harmoniser avecsuccès
la réglementation des risques de crédit sur le plan international. En
complément du Ratio Cooke, un nouveau ratio comme nous l’avons souligné
a été mis en œuvre en 2007 en Europe et en 2008 en Algérie, il s’agit du ratio
MC Donough. En Algérie, le règlement N°02-03 du 14 novembre 2002
portant sur le contrôle interne des banques et des établissements financiers
prévoit ces différents ratios. Aussi, et dans ce cadre, la Banque d’Algérie et
la commission bancaire continuent de veiller à ce que toutes les banques
réalisent des efforts requis pour l’amélioration durable de leur gestion des
risques de crédits, notamment dans la perspective de la mise en œuvre de
ces nouvelles règles prudentielles Bâle II en 2008.
5.1) Eléments principaux du règlement du conseil de la monnaie et du
crédit (CMC) de la banque d’Algérie N° 02-03 du 14 novembre 2002

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portant sur le contrôle interne des banques et des établissements
financiers
• Le règlement dans son article 2 définit certains risques, notamment
le risque de taux d’intérêt global, le risque de règlement, le risque
marché, le risque opérationnel, le risque juridique.
• Les articles 3, 4, 5 et 6 mettent en relief le système de contrôle des
opérations et des procédures internes.
• Les articles 16-33 mettent en évidence les systèmes de mesure des
risques et des résultats.
• Les articles 34-39 mettent en exergue les systèmes de surveillance et
de maîtrise des risques.
• Les articles 40-47 expliquent le système d’information et de
documentation.
5.2) Règlement CMC N° 09-04 du 23 juillet 2009 portant plan de
comptes bancaire et règles comptables applicables aux banques et aux
établissements financiers
Ce règlement a pour objet de fixer le plan de compte bancaire et les règles
comptables applicables aux banques et aux établissements financiers en
Algérie.
Applicable, à partir du 1 janvier, ce règlement met en évidence la
nomenclature de la comptabilité bancaire.
5.3) Règlement CMC N° 08-04 du 23 décembre 2008 relatif au capital
minimum des banques et établissements financiers exerçant en Algérie.
Ce règlement du conseil de la monnaie et du crédit (CMC) de la banque
d’Algérie a pour objet de fixer le capital minimum que doivent libérer, à leur
constitution les banques et établissements financiers exerçant en Algérie.
• L’article 2 du règlement stipule en ce sens :
✓ Les banques et établissements financiers, constitués sous forme de
société par actions de droit algérien, doivent disposer à leur
constitution, d’un capital libéré en totalité et en numéraire au moins
égal à :
o Dix milliards de dinars ([Link].DA)

o Trois milliards cinq cents millions de dinars


([Link].DA) pour les établissements financiers.

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5.4) Règlement CMC N° 09-05 du 18 octobre 2009 relatif à
l’établissement et à la publication des états financiers des banques et des
établissements financiers
Ce règlement fixe les conditions d’établissement et de publication des états
financiers. Il stipule entre autres :
• Les états financiers doivent être préparés sur la base des principes
comptables et des règles d’évaluation et de comptabilisation portant
plan des comptes bancaires et règles comptables applicables aux
banques et aux états financiers.
5.5) Règlement CMC N° 04-03 du 4 mars 2004 relatif au système de
garanties des dépôts bancaires
Ce règlement stipule entre autres :
• Article 2 : les banques ainsi que les succursales de banques
étrangères sont tenues d’adhérer dans les conditions prévues par le
règlement au système de garantie de dépôt ;
• Article 6 : Le fonds de garantie des dépôts bancaires est géré par la
société par actions dénommée « société de garantie des dépôts
bancaires ». Les banques doivent souscrire au capital de la société
de garantie des dépôts bancaires qui est réparti à parts égales entre
elles ;
• Article 7 : Les banques sont tenues de verser au fonds de garantie
des dépôts bancaires, une prime annuelle calculée sur le montant
global des dépôts en monnaie nationale enregistrée au 31 décembre
de chaque année ( Code monétaire et financier ; 2011)29.
5.6 : L’internationalisation de la banque algérienne ; un scénario
possible
Dans le cadre des réformes initiées par les pouvoirs publics. Les résidents
algériens résidant à l’étranger peuvent investir en Algérie. Cependant, les
difficultés de nature informationnelles ne permettent pas très souvent à nos
concitoyens résidant hors de notre pays d’avoir des informations précises sur
les nouvelles tendances en matière économique en Algérie. Cet état de fait,
est également valable pour les étrangers. Cette opacité
« communicative » est due souvent à l’absence d’institutions algériennes à
l’étranger capable d’informer, de conseiller les potentiels investisseurs. Si
nous prenons, le cas de la France, nous savons qu’il existe une forte
communauté algérienne détentrice de capitaux. Dans la plupart des cas, ces

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flux financiers transitent par le biais du marché informel et qui a eu pour effet
d’accentuer le phénomène de l’économie souterraine. Cette épargneau lieu
de transiter par les institutions bancaires algériennes se dirige versun canal
informel. Plusieurs causes traduisent cet état de fait, nous citons entre autres
:-La cotation officielle de l’Euro est démotivante et la percée fulgurante du
« trabendisme ».
Pourquoi, ne pas ouvrir des agences bancaires algériennes en France, par
exemple. ? L’agence BEA (à titre d’exemple simplement) pourrait être le
prélude à une internationalisation de cette institution. L’internationalisation
en question de cette entreprise bancaire sera déterminante à plus d’un titre :
• L’installation de la banque BEA en France par exemple, aura d’une
part un effet psychologique sur la communauté algérienne. Se
trouvant à l’étranger, l’émigré voyant une banque algérienne,
ressentira un sentiment de fierté, de sensibilité, d’amour et
d’appartenance. Cet état de fait, influencera le comportement de nos
compatriotes qui ressentiront le besoin de rallier les guichets de
l’institution de leur Pays. D’autre part, l’aspect culturel aura
également son importance, ce qui se traduira par un ralliement
auprès de la BEA. Certes, la concurrence interbancaires : taux
attractif, qualité de service…..seront également des critères
déterminants. Cependant, nous considérons que les fondements
sociologiques, psychologiques et culturels auront quand même leurs
importances.
• Les institutions bancaires des autres Pays du Maghreb à l’instar de
la banque Marocaine du commerce extérieur (BMCE) est installée
en France depuis bien longtemps, et pour ne citer que ce Pays,
pourquoi pas les Banques algériennes ? Nous pouvons citer
également les banques des Pays du Golfe. Un Etat qui désire
encourager l’exportation commence par instaurer un dialogue
permanent avec les opérateurs économiques au sein d’une institution
dédiée à cette pratique, promouvoir des secteurs de formation et de
recherche scientifique efficace et améliorer méthodiquement et
méticuleusement l’environnement des affaires. C’est une question de
priorité et de pratiques managériales.

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Toute stratégie d’internationalisation nécessite un environnement
économique adéquat, l’internationalisation est une culture, or notre culture
économique n’est elle pas dominée uniquement par la rente pétrolière ?

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