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Introduction
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
L’eau est un bien précieux qui subit diverses pollutions et dégradations: les
écosystèmes et la santé des personnes en sont directement impactés. Les
pollutions présentes dans l’eau sont d’origines diverses: industrielle, domestique
ou agricole.
Ces eaux usées nécessitent une dépollution par les procédés de traitement des
eaux composés de plusieurs phases, chacune traitant un type particulier de
pollution (organique, chimique, minérale).
De par ses excellentes performances, la phase de traitement biologique par
boues activées représente la phase clé de la chaîne globale de traitement.
Cependant, son fonctionnement repose sur le développement de populations
bactériennes et est également le plus difficile à maîtriser suite aux variations
brutales des flux d’entrée et des quantités de pollution, aux conditions
opératoires contraignantes et à l’évolution non prévisible du comportement
bactérien.
Comme toute technique, la filière des boues activées est exposée à divers
dysfonctionnements, principalement biologiques, ce qui impliquent un surcoût
d'exploitation et conduisent à une dégradation de la qualité de l'effluent épuré et
donc limitent la fiabilité des stations d'épuration à boues activées.
Dans ce présent travail, nous traiterons les défaillances des stations d’épuration à
boues activées et la résolution de ces problèmes par une bonne exploitation.
Tout d’abord, le 1er chapitre est consacré aux notions générales sur les eaux
usées, les procédés de traitement et la situation actuelle de la dépollution des
eaux usées au Maroc.
Enfin dans le 4ème chapitre, nous définirons les modes d’exploitation assurant un
bon fonctionnement d’une station d’épuration à boues activées.
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Chapitre I:
(Généralités)
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Les eaux usées sont des eaux polluées non potables. Elles contiennent des éléments solides,
d’autres chimiques, des virus et des microorganismes.
Les eaux industrielles: ont une composition différente selon les industries. En plus de
matières organiques azotées ou phosphorées, elles peuvent également contenir des
produits toxiques, des solvants, des métaux lourds, des micropolluants organiques et
des hydrocarbures.
Les eaux pluviales: peuvent être chargées d’impureté au contact de l’air, puis en
ruisselant; des résidus déposés sur les toits et les chaussés des villes.
Dans la plupart du temps, le système d’assainissement est unitaire, alors toutes ces eaux se
mélangent dans les égouts, ce qui implique leur traitement afin de préserver le milieu
récepteur où elles seront déversées.
La composition des eaux usées est extrêmement variable en fonction de leur origine
(industrielle, domestique). Elles peuvent contenir de nombreuses substances, sous forme
solide ou dissous, ainsi que de nombreux microorganismes. En fonction de leurs
caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et du danger sanitaire qu’elles
représentent, ces substances peuvent être classées en quatre groupes: les microorganismes, les
matières en suspension, les éléments traces minéraux ou organiques et les substances
nutritives.
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L’épuration des eaux usées est l’ensemble des techniques permettant de restituer au milieu
naturel après usage, une eau proche de la qualité de celle qui a été prélevée.
Dans les stations d’épuration des eaux usées, il existe deux méthodes principales:
Les filières biologiques: qui font appel aux microorganismes.
Les filières physico-chimiques: qui utilisent les moyens physiques et/ou chimiques.
Chaque station d’épuration a ses spécificités mais toutes fonctionnent généralement selon les
principes suivants:
Un prétraitement physique de l’effluent,
Un traitement primaire (décantation),
Un traitement secondaire, (généralement biologique et comprenant éventuellement une
décantation),
Un traitement tertiaire (finition),
Traitement des boues.
1. Le prétraitement
Le dégrillage :
Il permet de récupérer les déchets volumineux et encombrant afin de protéger les équipements
électromécaniques et réduire les risques de colmatage des conduites mises en place dans la
station d’épuration.
Le dessablage, dégraissage-déshuilage :
Ils Consistent à faire passer l’eau dans un bassin où la réduction de vitesse d’écoulement fait
se déposer les sables et flotter les graisses.
2. Le traitement primaire
Le traitement primaire est une simple décantation qui permet de supprimer la majeure partie
des matières en suspension, parce qu’elles sont responsables du trouble des eaux usées.
L’opération est réalisée dans des bassins de décantation dont la taille dépend du type
d’installation et du volume d’eau à traiter. De la même manière, le temps de séjour des
effluents dans ce bassin dépend de la quantité de manière à éliminer et de la capacité de
l’installation à les éliminer.
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Dans ces bassins l’épuration résulte d’une part de la décantation des matières sédimentaires,
d’autre part de la dégradation des matières organiques solides et solubles en méthane et en gaz
carboniques.
3. Le traitement secondaire
Le traitement secondaire se fait le plus couramment par voie biologique. Une voie physico-
chimique peut le remplacer ou plus souvent s’y ajouter pour favoriser la floculation et la
coagulation des boues ou permettre, par exemple, la fixation des phosphates apportés, entre
autres, par l’utilisation d’engrais pour les activités agricoles.
a) Boues activées
Le traitement par boues activées est très largement utilisé. Il s’agit d’un réacteur qui contient
les eaux à traiter, dans lequel est injectée une boue chargée de bactéries. Les bactéries
consomment la matière organique et contribuent à l’élimination de l’azote et du phosphate. A
la sortie du réacteur, l’effluent passe dans un clarificateur. La boue décantée est séparée en
deux flux: l’un rejoint le réacteur (ensemencement) et l’autre est évacuée vers la filière des
boues. L’action des bactéries dans le réacteur nécessite de l’oxygène.
b) Lits bactériens
L’épuration sur lit bactérien est le plus ancien procédé biologique. Des bactéries sont
cultivées sur un substrat neutre. On fait passer l’effluent sur le substrat. La difficulté consiste
à trouver la bonne vitesse du flux d’eau, qui ne doit pas être trop rapide (pour permettre la
dégradation bactérienne) ni trop lent (pour une bonne évacuation des MES en excès). Une
épuration sur lit bactérien est plus efficace qu’un traitement à boues activées car elle élimine
non seulement virus et bactéries mais aussi les œufs d’helminthes et les kystes de
protozoaires.
c) Disques biologiques
Une technique faisant appel aux cultures fixées est constituée par les disques biologiques
tournants. Les microorganismes se développent et forment un film biologique épurateur à la
surface des disques, ces derniers étant semi immergés, leur rotation permet l’oxygénation de
la biomasse fixée.
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Dés que le film biologique dépasse une épaisseur de quelques millimètres, il se détache et est
entraîné vers le décanteur final où il est séparé de l’eau épurée. Les boues ainsi piégées sont
renvoyées par pompage périodique vers l’ouvrage de tête pour y stockées et digérées.
a) Lagunage
Pour le lagunage, le traitement est mis en œuvre dans des bassins de grandes dimensions, dans
lesquels les temps de séjour sont calculées en fonction des cinétiques propres à l’épuration en
milieu naturel et se comptent en jours ou en dizaines de jours.
L’épuration biologique est assurée par des microorganismes se développant dans le milieu
grâce à l’oxygène de la photosynthèse (lagunage naturel); le cas échéant par aération
artificielle (lagunage aéré).
b) Infiltration percolation
Consiste en une filtration biologique aérobie sur un milieu granulaire fin (sable par exemple).
L’eau est successivement distribuée sur plusieurs unités d’infiltration. Les charges
hydrauliques sont de plusieurs centaines de litre par mètre carré de massif filtrant et par jour.
L’eau à traiter est répartie uniformément à la surface du filtre qui n’est pas recouvert.
4. Le traitement tertiaire
Il représente le traitement d’affinage portant sur un effluent déjà épuré au niveau secondaire.
Ce traitement vise la production d’une eau de très haute qualité soit dans le but de protéger un
milieu particulièrement sensible, soit dans le but d’un recyclage contraignant.
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Au Maroc, les volumes d’eaux usées rejetés ont été estimés à 470 Mm3 par an en 1994 et
atteindraient 900 Mm3 par an à l’horizon 2020 (Ministère de l’Agriculture et de la Mise en
Valeur Agricole, Maroc, 1998).
A l’instar des pays en développement, l’essentiel des eaux usées sont déversées dans le milieu
naturel sans traitement. Néanmoins, ces dernières années, l’accroissement de la demande en
eau pour la consommation humaine, industrielle, agricole et les sécheresses répétées qui
sévissent au Maroc ont sensibilisé les décideurs à considérer les eaux usées comme une
ressource hydrique appréciable, d’où la nécessité de réfléchir à un programme national
d’épuration des eaux usées.
De nombreuses stations d’épuration ont été construites, mais rares sont encore fonctionnelles
en raison de problèmes de suivi, d’entretien ou d’inadaptation de la filière de traitement.
Cependant les STEP génèrent des boues qui sont évacuées sans aucun traitement préalable.
Ainsi leurs compositions ne sont pas encore bien définies au Maroc. Elles présentent ainsi de
graves conséquences pour le milieu récepteur.
Depuis 1958, des dizaines de stations d'épuration des eaux usées ont été construites au
Maroc, mais en 1994 la grande majorité est hors service ou n'a pas été raccordée au réseau
pour des raisons diverses :
Inadaptation de la filière de traitement aux conditions locales ;
Défaut de conception des ouvrages, manque d'entretien ;
Problèmes de gestion (absence de budget, manque de cadres techniques compétents) ;
Absence de planification à court et long terme.
Seuls 8 % des eaux usées sont épurés, le reste est déversé directement dans la mer (52 %),
dans le réseau hydrographique (32 %) et les fosses septiques, ce qui entraîne une pollution
importante du littoral, des cours d'eau (Oued Sebou) et des nappes phréatiques. Le tableau 1
résume la situation de l’état des STEP au Maroc.
Comme le montre les tableaux sur Annexe I, le Maroc actuellement dispose de:
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Le nombre STEP dans les communes rurales est 8 et dans les centres est 5.
1.2. Identification de la capacité de traitement des STEP marocaines
En 2005, le Maroc, compte environ 32 stations qui fonctionnent et dont les capacités de
traitement sont résumées dans le tableau 1.
Boue activée AP
Nador 100 000 1 000 3 650 000
Khouribga 75 000 7 500 2 737 500
M’diq (T) 3 000 300 109 500
Cabo Negro (T) 22 000 2 200 803 000
Benguerir – OCP 5 000 1 260 459 900
Beni Mellal 110 000 11 890 4 339 850
Nouacer Aéroport 550 200 750
Nestlé El Jadida Industrie 503 183 595
Hoceima 84 000 8 356 3 050 000
Lagunage
Benslimane 37 000 5 600 2 044 000
Boujaâd 20 000 2 500 912 500
Bouznika 12 000 1 400 511 000
Ouarzazate 1 4 300 430 156 950
Ouarzazate 2 4 300 430 156 950
Marrakech 3 000 380 138 700
IAV- Hassan II 1 400 85 31 025
InfiltrationPercolation
Ben Sergao 5 000 750 273 750
Draga 8 000 1 000 365 000
Marrakech (T) 750 225 82 125
Agadir 350 000 43 000 15 695 000
Lit bactérien
Hattane- OCP 3 600 375 136 875
Boujniba -OCP 3 600 225 82 125
Youssoufia-OCP 25 000 27 500 10 037 500
Total 875 350 35 901 095
Tableau 1: Capacité de traitement des STEP opérationnelles au Maroc (Le rapport de Composting
MOROCOMP 2006 : Production des boues des stations de traitement des eaux usées au Maroc,
Composting MOROCOMP).
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Le parc de la dépollution des eaux usées au Maroc connait, récemment, une évolution rapide
et cela peut s’expliquer par:
Afin d’assurer un bon financement pour ses projets d’épuration des eaux usées, le Maroc a
adopté une stratégie de développement touristique comprenant les tâches suivantes:
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Chapitre II:
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Le traitement biologique par les boues activées permet d’éliminer de façon très poussée la
fraction soluble et organique de la pollution par culture libre (bactéries).
En effet, ces bactéries en raison de leur taille très réduite, de leur capacité d’échange
membranaire, de leur forte densité, de leur capacité d’adaptation et de leur fort taux de
développement, sont les plus capables d’épurer efficacement les eaux usées.
Donc le traitement par boues activées fait partie des traitements secondaires; qui est effectue
dans un bassin de boues activées tout en mélangeant intimement:
L’eau à épurer ;
L’air.
2. Historique
En 1910, le Directeur des eaux de Manchester « Fowler » a avancé pour la première fois
l'hypothèse d’épuration des eaux d’égouts par l’action des bactéries ; selon l’expérience
suivante:
Saturation eau d'égout à l'air (oxygénation) ;
Décantation des suspensions ;
Extraction du surnageant ;
Mélange de la "boue" avec de l'eau d'égout ;
Resaturation à l'air ;
L'eau extraite est purifiée.
En 1914, les chimistes Adern et Locket de Manchester déposent le 1er brevet sur "les boues
activées" et mettront au point la technique d'abord dans un seul bassin puis par la suite,
l’amélioreront par l'ajout d'autres bassins et étapes.
Un peu plus tard, en Afrique du sud, et compte tenu des problèmes d'eau, de nombreuses
recherches furent menées très tôt. Furent découverts la dénitrification en zone anoxie et en
zone endogène, et, plus récemment, la déphosphatation biologique en zone anaérobie.
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L’épuration par les boues activées consiste à mettre en conditions optimales des bactéries
hétérotrophes pour qu’elles consomment la matière organique biodégradable contenue dans
l’eau. Un bras mécanique brasse le bassin de manière continue pour injecter de l’air sous
pression (nécessaire à la vie des bactéries). De cette manière, de l’oxygène se dissous dans
l’eau et peut être utilisé pour la respiration des bactéries. Ces dernières produiront alors du
CO2 rejeté dans l’atmosphère.
Un procédé à boues activées visant à éliminer les matières organiques comprend souvent,
comme le montre la figure1, les éléments suivants:
Bassin d'aération, dans lequel de l'air est injecté de manière à obtenir une teneur en
oxygène dissous suffisante pour l'activité biologique aérobie.
Figure 1: Schéma d’une filière d’épuration des eaux usées par les boues activées
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Afin de maintenir une biomasse bactérienne suffisante, la boue est recyclée par pompage dans
le bassin de décantation secondaire vers le bassin de traitement aérobie. Une part du travail de
gestion et de dimensionnement d'un système à boues activées consiste à gérer cette biomasse.
Celle-ci peut être rendue insuffisante par une recirculation trop faible, une intoxication des
bactéries par une pollution massive, une trop forte arrivée d'eau, ou bien à la mise ou remise
en service, qui implique une mise en charge progressive.
1.3. Aération
L'aération des eaux résiduaires a lieu dans les bassins, contenant les boues activées, qui ont
une forme appropriée en fonction du système d'aération, du mode d'introduction des eaux et
de la boue activée.
On appelle ces bassins: bassins d'aération, bassins à boues activées ou encore bassins
d’oxydation. L'aération peut être assurée en surface par des turbines, ou dans le fond par des
procédés de rampe de distribution de bulles d'air alimentées par un surpresseur. La durée de
rétention peut être de plusieurs heures à quelques jours.
Comme toute technique, l’épuration à boues activées présente divers avantages par rapport
aux autres techniques de la dépollution des eaux usées mais n’empêche qu’elle montre autre
inconvénients, le tableau 2 résume ces différents avantages et inconvénients :
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Avantages Inconvénients
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Chapitre III:
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La limpidité de l’eau est un indice simple et précieux pour l’exploitant qui permet de mettre
en évidence l’origine d’un bon nombre de dysfonctionnements. Ces dysfonctionnements
peuvent être classés en deux grands groupes:
Les boues activées forment donc un écosystème très complexe où cohabitent différentes
souches bactériennes et une microfaune.
1.1. La microfaune
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a) Dispersée
Les bactéries sont libres les unes par rapport aux autres dans le liquide interstitiel, comme le
montre la figue 2. Cette situation s’observe lors du démarrage de la station, en condition de
forte charge massique. Les nouvelles cellules peuvent se disperser ou bien rester groupées au
sein d’une colonie structurée par un mucilage exoploysaccharidique.
b) Floculée
Les bactéries sont regroupées en amas, très souvent autour d’un support organique ou minéral
sous forme d’un floc (illustré sur la figure 3). La cohésion de l’ensemble est assurée par la
production d’exopolysaccharides. Ce type de croissance est recherché dans le traitement de
l’eau usée.
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c) Filamenteuse
Lors de la multiplication cellulaire, la séparation des cellules mère et fille n’a pas lieu en
totalité, les cellules mère et fille restent en contact voire partagent une paroi cellulaire. Ce
type de croissance, que l’on observe également chez les champignons conduit à la formation
de filaments pouvant atteindre 500 μm de long.
Les bactéries filamenteuses sont une composante essentielle des boues activées. C'est en effet
un élément indispensable à la structuration du floc. Une hypothèse, qui a depuis largement été
reprise est que les micro-organismes filamenteux formeraient ce que l'on peut considérer
comme le "squelette" ou la charpente du floc. Les bactéries floculantes vont pour leur part se
regrouper en amas autour d'un support minéral ou organique et des filaments.
Une teneur insuffisante des eaux usées en oxygène peut affecter le fonctionnement des
stations d’épuration et avoir pour conséquences une mauvaise décantation, un rendement
médiocre, voire le dégagement d’odeurs nauséabondes insupportables imputables à des
phénomènes de dégradation anaérobie. De plus, comme une carence d’oxygène peut aussi
avoir des répercussions dans l’entreprise qui génère les eaux usées ainsi qu’au niveau du
réseau de canalisation ou du collecteur, il arrive qu’il en résulte des problèmes considérables.
Dans les stations d'épuration à boues activées il est essentiel de maintenir une biomasse de
bonne qualité ceci afin que l'eau soit traitée correctement. Un des paramètres caractéristiques
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Les mousses forment des amas de flottants très stables de couleur marron clair à foncé et de
structure visqueuse. Leur densité tend à s’accroître progressivement au cours du temps. Ces
mousses sont peu déstructurées par une agitation de surface et reforment rapidement un tapis
uniforme en absence d’agitation. Les bulles de gaz favorisent la flottation.
Dans certains cas extrêmes, on a calculé que les mousses peuvent représenter jusqu’à 34 % de
la biomasse totale, avec des concentrations en matières sèches pouvant atteindre 100 g/L,
voire des hauteurs dépassant un mètre.
Les paramètres de fonctionnement, principalement la charge massique, et d’exploitation de la
station sont alors fortement dégradés par la diminution du transfert d’oxygène.
Le test de décantation couplé à l'observation microscopique révèle une eau turbide, parfois
laiteuse où seule est présente une population dense de bactéries dispersées. Cette situation peut
être rencontrée lors du démarrage de la station (forte charge appliquée), ou après un incident
majeur ayant détruit ou lessivé la biomasse initiale.
La qualité de l'eau traitée peut devenir médiocre, on ne distingue pas de voile de boue (pas
d'interface nette boue/eau) ni de microfaune lors de l'observation microscopique. Le degré de
défloculation peut varier en fonction de l'intensité du toxique responsable du phénomène. Cet
agent toxique est déversé le plus souvent accidentellement, parfois de façon cyclique.
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Présentes en surface des bassins, elles sont plus ou moins stables et visqueuses en fonction de
leur concentration qui peut atteindre des valeurs très élevées (>50 g MES/1).
L'observation microscopique révèle systématiquement la présence de microorganismes
filamenteux. Il en résulte que la problématique des mousses biologiques est très proche de
celle du foisonnement des boues.
Les principales causes du développement de ces germes spécifiques des mousses sont à
rapprocher: de l’âge de boue élevé; des phénomènes de septicité (réseau long, impact d'un
séjour prolongé en prétraitement ou traitement primaire), de la présence de graisses ou des
déséquilibres nutritionnels.
Lorsque les conditions de soutirage des boues en excès ne permettent pas d'extraire en
quantité suffisante les boues produites (la période hivernale), cela entraîne une augmentation
anormale du stock de boue dans le bassin d'aération puis le décanteur, avec pour
conséquences négatives une consommation excessive d'électricité (respiration des boues) et
des risques de pertes de boue en sortie (réduction de la capacité hydraulique du clarificateur).
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3.2. Le foisonnement
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Chapitre IV:
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Une bonne exploitation d’une station d’épuration des eaux usées à boues activées, révèle d’un
suivi régulier de la station en suivant certains paramètres.
Pour les stations équipées d’un débitmètre enregistrant les débits journaliers, il est demandé
de noter les débits journaliers dans la colonne « volume ». Le volume total du mois est calculé
en faisant la différence entre les index du dernier et premier jour du mois.
Pour les stations équipées d’un poste de relèvement, le volume est estimé par le relevé
hebdomadaire des compteurs horaires et le débit des pompes. Un étalonnage régulier des
pompes est nécessaire.
4. La météo
Indiquer la dominante des 5 derniers jours par soleil, humide, pluie, gel, neige, chaud, doux,
froid.
La météo est une indication importante surtout si le réseau est unitaire.
5. Le déversoir d’orage
Si celui-ci se trouve sur le site de la station, il doit être équipé d’un détecteur de surverse pour
connaître la fréquence de déversement. Un report hebdomadaire est demandé dans la colonne
« Déversement ». Le but est de savoir si de l’eau usée non épurée passe en surverse ou pas,
notamment par temps sec.
6. La transparence
Avec un disque de Secchi, ce test permet d’apprécier la limpidité de l’effluent traité.
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Disque de Secchi : disque blanc de 30 cm de diamètre fixé en son centre à un manche, d’une
longueur d’environ 1m80 et gradué de 10 en 10 cm.
7. Note d’observations
Doivent être mentionnés sous cette rubrique, tous les évènements inhabituels que peut avoir
subi la station: station disjonctée par un orage, appareil en panne (date de la panne et date de
remise en service), violents apports d’eaux avec curage de réseau, apparition de mousses,
pertes de boue, etc.
Toutes modifications sur les réglages des appareils électromécaniques sont notées (aération,
recirculation, etc.) avec la date et la teneur de ces modifications.
L’arrivée de toutes eaux brutes non conformes aux effluents domestiques doit être indiquée.
Cela peut être du fuel, des eaux industrielles, des huiles de vidanges, des solvants, du purin,
des eaux blanches, etc.
Remarque :
La surveillance de la STEP à boues activées doit être accompagnée avec le suivi de réseau
d’assainissement; ce qui oblige:
La disposition d’un plan des réseaux.
La rédaction d’un règlement d’assainissement.
L’établissement du taux de raccordement et le taux de branchement.
La mise en place une auto-surveillance pour les déversoirs d’orage.
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Un défaut d’entretien ou une panne prolongée (équipement automatique) entraîne une mise en
charge des collecteurs:
Risque de colmatage du réseau
Rétention de dépôts en fermentation pouvant occasionner des perturbations de
fonctionnement de la station ;
Risques d’odeurs (H2S).
Alors pour lutter contre ces anomalies, on effectue un suivi régulier concernant:
Contrôle visuel journalier des équipements électromécaniques ;
Inspection journalière de la quantité de déchets retenus.
1.2. Entretien
En combinaison avec le suivi précédemment cité, il faut bien entretenir le dégrilleur; en
effectuant les tâches suivantes:
Nettoyage journalier de la grille manuelle durant 1 à 2 min par manipulation (la
fréquence pourra être réduite suivant l’importance des déchets retenus) ;
Mise en stockage en conteneur à ordures ou bac approprié après égouttage préalable ;
L’égouttage pourra se réaliser également avant stockage dans un panier ou par un
fonctionnement sur cycles courts dans le cas d’un équipement automatique à grille
droite.
Cet entretien est assuré par un râteau racleur ou une fourche.
2. Dessableur
2.1. Suivi
Un mauvais entretien du dessableur peut provoquer les problèmes suivants:
L’engorgement des canalisations ;
L’usure des pompes ;
Les dépôts dans les bassins.
Selon le type de dessableur on procède à un suivi particulier, donc:
Pour un dessableur longitudinal : contrôle de la quantité des sables piégés ;
Pour les systèmes automatisés (tangentiel ou couplé avec un dégraisseur): inspection
journalière des équipements électromécaniques.
2.2. Entretien
Pou bien gérer le fonctionnement du dessableur, il faut effectuer:
Extraction des sables 1 à 2 fois par semaine et stockage sur une aire d’égouttage ;
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Pour les systèmes d’extraction par surpresseur d’air, l’extraction se déroulera en trois
temps ;
Admission d’air, vanne d’extraction fermée durant 30 s à 1 mn pour séparation sables
matières organiques ;
Arrêt d’air durant 3 à 5 mn pour redécantation des sables ;
Admission d’air, vanne d’extraction ouverte pour l’évacuation des sables.
3. Dégraisseur
3.1. Suivi
Le colmatage d’un dégraisseur est le problème majeur qu’il faut éviter pour ne pas avoir
certains dysfonctionnements des systèmes ultérieurs:
Donc pour les ouvrages mécanisé, on doit effectuer un contrôle des équipements (bullage -
raclage), accompagné avec une vérification de la mise en trémie des graisses (pour eviter le
colmatage).
3.2. Entretien
Il se résume en:
Ecumage journalier des ouvrages non mécanisés et stockage en fosse (la fréquence
pourra être adaptée suivant l’importance des écumes) ;
Vidange régulière de la fosse de stockage des écumes (ne pas attendre la surcharge de
celle-ci : risques d’odeurs, de retours d’eau sous-nageante chargée en graisses) ;
Pour les ouvrages statiques, dont les formes de pente sont insuffisantes, une remise en
suspension 1 à 2 fois par semaine des dépôts organiques sera nécessaire.
4. Bassin d’aération
L’exploitation d’un bassin d’aération doit assurer une quantité d’oxygène en suffisance aux
bactéries par un brassage homogène du bassin.
4.1. Suivi
Des dégradations notables de la qualité du rejet peuvent être provoquées par :
Une insuffisance d’aération (présence importante de NH4, eaux troubles, gonflement
des boues) en raison d’une surcharge polluante ou d’une concentration en boue trop
élevée.
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
Un excès d’aération qui cause une dénitrification (présence de nitrates (NO3), rejets
de flocons de boues.
4.2. Entretien
a) Pour le problème des bactéries filamenteuses :
Des analyses régulières de l’eau doivent s’effectuer afin de déterminer la concentration des
bactéries filamenteuses puis la comparer à la marge de concentration optimale de ces
bactéries, et agir correctement par les actions suivantes:
La mise en place de zone de contact: la création d'une zone à forte charge avant le
bassin d'aération limite le développement des bactéries filamenteuses dans les boues et
peut par conséquent avoir un effet sur les mousses biologiques.
L'ajout de réactifs chimiques: dans les boues (sels de fer ou d'aluminium) ou d'agents
antimousse. Ces produits ne peuvent empêcher le développement des bactéries
filamenteuses mais ils permettent de les maintenir liées au floc.
La chloration des boues (ou des mousses): dont le principe est de détruire par
oxydation les bactéries filamenteuses responsables des mousses. Du fait de leur
importante surface d'échange avec le liquide interstitiel, celles-ci sont en effet plus
sensibles à l'oxydant que les bactéries floculées.
Pour s’assurer d’un apport suffisant de l’oxygène il est nécessaire d’effectuer des tests de
NH4 et NO3 sur effluent traité.
5. Clarificateur
5.1. Suivi
Il est important de signaler que le clarificateur n’est pas un concentrateur à boues ; car aucun
stockage n’est admis dans cet ouvrage.
Afin de lutter contre une mauvaise décantation, on effectue un test de décantation en
éprouvette, 1 à 2 fois par semaine.
Sachant qu’une vérification journalière, de la limpidité et du niveau des boues dans le
clarificateur, est nécessaire (en fin de matinée ou début d’après-midi de préférence).
Les réglages d’extraction devront être adaptés en fonction des résultats de décantation
obtenus.
5.2. Entretien
Pour le décanteur statique, il faut effectuer un brossage des parois de l’ouvrage jusqu’au fond
(recirculation mise en continu pour la récupération des boues) une fois par semaine.
Pour la cloison siphoïde, un brossage une fois par semaine des rigoles (dépôts boueux –
algues…).
Pour la fosse de stockage des écumes, il la faut une vidange régulière.
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
Conclusion
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
Dans la présente étude, nous avons travaillé sur la problématique d’une filière
d’épuration des eaux usées au Maroc; il s’agit des boues activées, son
exploitation et les problèmes rencontrés lors du fonctionnement de ce type de
station d’épuration.
Cependant même avec ce chiffre les stations à boues activées nécessitent une
gestion bien particulière afin de s'assurer d'un bon fonctionnement.
Une STEP à boues activées est une installation de type industriel, dont le
fonctionnement repose principalement sur la stimulation de processus naturels
biologiques et l'utilisation de phénomènes physiques ; c’est pour ça les fortes
fluctuations de débits et de charges sont susceptibles de perturber son
fonctionnement.
Avec ces anomalies, la charge polluante rejetée dans l'environnement peut alors
augmenter à des valeurs dépassant les exigences légales, c’est pour ça une bonne
exploitation et un entretien régulier paraient les seules solutions face à ces
dysfonctionnements.
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
Glossaire
Floc: Ensemble de particules d'un milieu dispersé qui adhèrent faiblement les
unes aux autres.
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
Références
bibliographiques
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
ONEP, 2006. Fiche d’exploitation d’une filière à boues activées des boues
activées.
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
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Rapport de stage LP GAMU 2011-2012
Type de
Province ou Année de En Hors
STEP Collectivité
Préfecture démarrage fonction service
Locale
Aïn Jemaâ Al Ismailia C 1984 +
Aït Ourir Al Haouz CR 1958 +
Aïn Sebaâ Ain Sbaâ CR +
Béni Bouayach Al Hoceima M 1982 +
Ait Youssef
OuAli
Al Hoceima CR 1977 +
Oukaïmeden Al Haouz CR
Amizmiz Al Haouz C 1965 +
Lamzar Agadir M
Agadir Ida
Drarga
Outanane
CR +
Ben Sergao-
DHR
Agadir M 1989 +
Ouaouizerth Azilal C 1976 +
Demnate Azilal M 1984 +
Nouacer- Ain Chok Hay
ONDA Hassani
M +
Bouznika-
ONEP
BenSlimane M 1981 +
Ben Slimane Ben Slimane M 1950 +
Béni Mellal Beni Mellal M 1992
El Aïoun Sidi
Mellouk
Berkane Taourirt M 1982 +
Missour Boulmane 1983 +
Outat El Haj Boulmane M +
Boulmane Boulmane M 1984
Imin Tanout Chichaoua CR +
Chefchaouen Chefchaouen M 981
El Jadida-
NESTLE (I)
El Jadida M +
El Jadida-Golf
(T)
El Jadida CR +
Zemamra El Jadida M +
M : Municipalité, CR : Commune Rurale, C : Centre, NR : Non Raccordée
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(Suite)
Type de
Province ou Année de En
Collectivité Hors
STEP Préfecture démarrage fonction
Locale service
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(Suite)
Type de
Province ou Année de En
Collectivité Hors
STEP Préfecture démarrage fonction
Locale service
Rabat-Takkadoum Rabat M NR
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