Similitude des Matrices et Endomorphismes
Similitude des Matrices et Endomorphismes
Soit n ∈ N∗ . 0 −1 = P I P −1 = P P −1 = I .
• D’autre part : P N P n n
Soient M ∈ Mn (R) et N ∈ Mn (R). Donc P(0) est vérifiée.
I Hérédité :
• Les matrices M et N sont semblables s’il existe une matrice inversible P
telle que : Soit k ∈ N.
Supposons P(k) et démontrons P(k + 1) (i.e. M k+1 = P N k+1 P −1 ).
M = P N P −1
M k+1 = M × M k
Remarque = P N P −1 × M k (par hypothèse)
La relation de similitude (celle qui stipule qu’une matrice M est semblable
à une matrice N ) vérifie les propriétés suivantes : (par hypothèse de
= P N P −1 × P N k P −1
récurrence)
1) elle est réflexive : M est semblable à M .
2) elle est symétrique : si M est semblable à N alors N est semblable à M . = P N (P −1 P ) N k P −1
3) elle est transitive : si M est semblable à N et N est semblable à R alors = P N In N k P −1
M est semblable à R. = P N k+1 P −1
Ainsi, P(k + 1) est vérifiée.
Par principe de récurrence : ∀k ∈ N, P(k).
1
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• Il est particulièrement aisé de calculer la puissance N k lorsque : 1. Déterminer N 2 et en déduire, pour tout k ∈ N, N k .
− N = 0. Alors N k = 0. 2. Soit n ∈ N. Déterminer T n à l’aide de la formule du binôme de Newton.
(ce cas n’est pas très pertinent : si N = 0 alors M = P 0P −1 = 0 et on
peut travailler directement sur M ) Démonstration.
0 0 2
0 0 2
0 0 0
2
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Remarque Démonstration.
• La « relation de Chasles » stipule que pour tout (m, p, n) ∈ N tel que Soit u ∈ E. On considère v = f (u) et on note :
3
m6p6n:
n
P Pp n
P U = MatB (u) V = MatB (v) P = PB,B0
uk = uk + uk
k=m k=m k=p+1 U 0 = MatB0 (u) V 0 = MatB0 (v)
(la deuxième somme est nulle si p = n)
Avec ces notations :
où (un ) est une suite quelconque de réels ou de matrices.
On insiste ici sur le fait que cette relation n’est vérifiée que sous la condition v = f (u)
m 6 p 6 n.
(écriture de l’égalité sous forme
• Dans cette question, on est dans le cas où m = 0 et p = 1. ⇔ V =M U
matricielle dans la base B)
L’argument n ∈ N∗ est donc essentiel pour découper la somme.
Le cas n = 0 doit donc être traité à part. ⇔ P V 0 = MP U0
⇔ V 0 = P −1 M P U 0
I.3. Lien entre relation de similitude et applications linéaires
⇔ N U 0 = P −1 M P U 0
Théorème 2.
Soit E un ev de dimension finie. En effet : V 0 = N U 0 (cela correspond à l’écriture matricielle de v = f (u)
Soit B et B 0 deux bases de E. dans la base B 0 ). On a donc démontré :
Soit f ∈ L (E). (P −1 M P − N ) U 0 = 0
On note M = MatB (f ), N = M atB0 (f ) et P = PB,B0 .
1. Alors : Ceci étant vrai pour tout U 0 , on en déduit que P −1 M P − N = 0.
M = P N P −1
Remarque
ce qui signifie : On peut retenir cette formule sous la forme :
3
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matrice dans la base B est notée A et la matrice dans B 0 est notée T . suivante (présente dans les corrigés officiels de l’EDHEC).
On suppose que :
• Soit n ∈ N . Comme T est la matrice de f dans la base B , on en déduit
∗ 0
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Ceci équivaut à : 2. Vérifier que la matrice T de f dans la base (u1 , u2 , u3 ) est triangulaire et
que ses éléments diagonaux sont tous égaux à 2.
λ1 − λ2 + λ3 = 0
λ1 + λ3 = 0 Démonstration.
λ2 + λ3 = 0 Considérons les matrices colonnes suivantes.
1 −1 1
L2 ← L2 − L1 λ1 − λ2 + λ3 = 0
⇐⇒ λ2 = 0 U1 = MatB (u1 ) = 1, U2 = MatB (u2 ) = 0 , U3 = MatB (u3 ) = 1
0 1 1
λ2 + λ3 = 0
• Tout d’abord :
L3 ← L3 − L2 λ1 − λ2 + λ3 = 0
⇐⇒ λ2 = 0 MatB (f (u1 )) = MatB (f ) × MatB (u1 )
λ3 = 0
3 −1 1 1 2 1
= A × U1 = 2 0 21 = 2 = 2 · 1
⇐⇒ λ1 = λ2 = λ3 = 0
(par remontées successives) 1 −1 3 0 0 0
= 2 · MatB (u1 ) = MatB (2 · u1 )
La famille (u1 , u2 , u3 ) est donc libre.
• De plus, Card((u1 , u2 , u3 )) = 3 = dim(R3 ). Ainsi : f (u1 ) = 2 · u1 + 0 · u2 + 0 · u3 .
2
(u1 , u2 , u3 ) est donc une base de R3 . On en déduit que : Mat(u1 ,u2 ,u3 ) (f (u1 )) = 0.
0
Remarque
• Ensuite :
• Le terme cardinal est réservé aux ensembles finis. La famille (u1 , u2 , u3 )
est un ensemble qui contient 3 vecteurs. Elle est donc finie, de cardinal MatB (f (u2 )) = MatB (f ) × MatB (u2 )
3 (ce qu’on note Card((u1 , u2 , u3 )) = 3).
3 −1 1
−1 −2
−1
• Vect (u1 , u2 , u3 ) est l’ev constitué de toutes les combinaisons linéaires = A × U2 = 2 0 2 0 = 0 = 2 · 0
des vecteurs (u1 , u2 , u3 ). C’est un ensemble infini de vecteurs, on ne 1 −1 3 1 2 1
peut parler de son cardinal. Par contre, si l’on dispose d’une base = 2 · MatB (u2 ) = MatB (2 · u2 )
(u1 , u2 , u3 ) d’un ev, tout vecteur se décompose de manière unique sur
cette base. Ceci permet de donner une représentation finie de cet en- Ainsi : f (u2 ) = 0 · u1 + 2 · u2 + 0 · u3 .
semble infini. 0
On en déduit que : Mat(u1 ,u2 ,u3 ) (f (u2 )) = 2.
• Les notations : Card(Vect (u1 , u2 , u3 )) et dim((u1 , u2 , u3 )) n’ont aucun
0
sens !
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• Enfin : 2
Et ainsi : Mat(u1 ,u2 ,u3 ) (f (u3 )) = 1.
MatB (f (u3 )) = MatB (f ) × MatB (u3 ) 2
3 −1 1 1 3 2 0 2
= A × U3 = 2 0 21 = 4 • On en déduit que : T = Mat(u1 ,u2 ,u3 ) (f ) = 0 2 1.
1 −1 3 1 3 0 0 2
3. Déterminer P la matrice de passage de B à B 0 .
On cherche alors à décomposer ce vecteur suivant (U1 , U2 , U3 ).
Autrement dit, on cherche (α, β, γ) ∈ R3 tel que : Démonstration.
3
1
−1
1
Par définition : P = PB,B0 = MatB (u1 ), MatB (u2 ), MatB (u3 ) . Ainsi :
4 = α · 1 + β · 0 + γ · 1
3 0 1 1 1 −1 1
P = 1 0 1
Cela équivaut au système : 0 1 1
α − β + γ = 3 4. Déterminer P −1 . Donner une interprétation de cette matrice.
α + γ = 4
β + γ = 3 Démonstration.
On applique la méthode du pivot de Gauss.
L2 ← L2 − L1 α − β + γ = 3
⇐⇒ β = 1 1 −1 1 1 0 0
1 0 1 0 1 0
β + γ = 3
0 1 1 0 0 1
L3 ← L3 − L2 α − β + γ = 3
⇐⇒ β = 1 On effectue les opérations L2 ← L2 − L1 . On obtient :
γ = 2
1 −1 1 1 0 0
L1 ← L1 − L3 α − β = 1 0 1 0 −1 1 0
⇐⇒ β = 1 0 1 1 0 0 1
γ = 2
On effectue l’opération L3 ← L3 − L2 . On obtient :
L1 ← L1 + L2 α = 2
⇐⇒
β = 1 1 −1 1 1 0 0
γ = 2 0 1 0 −1 1 0
0 0 1 1 −1 1
On en déduit que : f (u3 ) = 2 · u1 + 1 · u2 + 2 · u3 .
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1 −1 1 6. Soit n ∈ N. Que vaut An ?
La matrice réduite 0 1 0 est triangulaire supérieure à coefficients
0 0 1 Démonstration.
diagonaux tous non nuls. Comme A = P N P −1 , on a (par une récurrence immédiate) :
Elle est donc inversible. Ainsi, P est inversible. An = P T n P −1
On effectue les opérations L1 ← L1 − L3 . On obtient : (d’après le début
= P (2n I + n 2n−1 N ) P −1
de chapitre)
= (2n P + n 2n−1 P N ) P −1
1 −1 0 0 1 −1
0 1 0 −1 1 0
= 2n P P −1 + n 2n−1 P N P −1
0 0 1 1 −1 1
= 2n I + n 2n−1 P N P −1
On effectue les opérations L1 ← L1 + L2 . On obtient :
−1 1
1
0 0 2
−1 2 −1
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II. Éléments propres d’un endomorphisme, d’une ma- Définition (Vecteur propre)
trice carrée Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
Soit f ∈ L (E) et soit A ∈ Mn (R).
II.1. Valeurs propres et vecteurs propres d’un endomorphisme, On suppose que f (resp. A) admet une valeur propre λ ∈ R.
d’une matrice carrée (ce n’est pas forcément le cas !)
II.1.a) Définition 1) Cas des endomorphismes
• On appelle vecteur propre de f associé à la valeur propre λ, tout
Définition (Valeur propre)
vecteur non nul u de E tel que f (u) = λ u.
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
2) Cas des matrices carrées
Soit f ∈ L (E) et soit A ∈ Mn (R). • On appelle vecteur propre de A associé à la valeur propre λ, tout
1) Cas des endomorphismes vecteur colonne U ∈ Mn,1 (R) non nul tel que AU = λ U .
• On dit qu’un réel λ est une valeur propre de l’endomorphisme f s’il Exercice
existe un vecteur u ∈ E non nul tel que :
On note B = (P0 , P1 , P2 ) la base canonique de R2 [X].
f (u) = λ u On note B 0 = (R0 , R1 , R2 ) ∈ (R2 [X])3 les polynômes définis par :
R0 (X) = 1, R1 (X) = X − 1 et R2 (X) = (X − 1)2
• L’ensemble des valeurs propres d’un endomorphisme f est appelé spectre
de f et est noté Sp(f ). 1) Soit f ∈ L (R2 [X]) définie par (f (P ))(X) = (X − 1) P 0 (X) + P (X).
Calculer f (R0 ), f (R1 ) et f (R2 ). Que peut-on en déduire ?
Sp(f ) = {λ ∈ R | ∃u 6= 0E , f (u) = λ u}
Démonstration.
Déterminons (f (R2 ))(X).
2) Cas des matrices carrées
• On dit qu’un réel λ est une valeur propre de la matrice A s’il existe (f (R2 ))(X) = (X − 1) R20 (X) + R2 (X)
un vecteur colonne X ∈ Mn,1 (R) non nul tel que : = (X − 1) 2(X − 1) + (X − 1)2 = 3 (X − 1)2
= 3 R2 (X)
AX = λ X
Ainsi, f (R2 ) = 3 · R2 .
• L’ensemble des valeurs propres d’une matrice carrée A est appelé spectre R2 est vecteur propre de f , associé à la valeur propre 3.
de A et est noté Sp(A).
De même : f (R0 ) = 1 · R0 et f (R1 ) = 2 · R1 . Ainsi :
× R0 est vecteur propre de f associé à la valeur propre 1.
Sp(A) = {λ ∈ R | ∃X 6= 0, AX = λ X}
× R1 est vecteur propre de f associé à la valeur propre 2.
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2) Soit g ∈ L (R2 [X]) définie par g(P ) = P 0 . En réalité, on a déjà fait ces calculs dans l’exercice précédent.
Calculer g(P0 ). Que peut-on en déduire ? C’est même ce calcul qui nous a permis de démontrer que :
Démonstration. f (u1 ) = 2 · u1 et f (u2 ) = 2 · u2
Déterminons g(P0 ).
g(P0 ) = P00 = 0R2 [X] = 0 · P0
Remarque
Ainsi, g(P0 ) = 0 · P0 .
P0 est vecteur propre de g, associé à la valeur propre 0. • Dans la définition de valeur propre λ de f , il est que le vecteur u tel que
f (u) = λu doit être non nul. Ceci est primordial.
Sans cete hypothèse, tout réel λ ∈ R serait valeur propre.
Exercice En effet, on peut toujours écrire :
0 1 0 1
1. Soit A = 0 0 2. Calculer AU pour U = 0.
f (0E ) = λ · 0E
0 0 0 0
Que peut-on en déduire ?
Cette égalité ne permet en aucun cas de démontrer que λ est valeur
Démonstration. propre de f .
0
• En revanche, la définition n’impose pas de contrainte particulière sur le
Par calcul : AU = 0.
0
réel λ qui peut tout à fait être nul. C’est d’ailleurs le cas pour l’application
Ainsi, AU = 0 · U . g de cet exercice. Comme g(P0 ) = 0 · P0 , le réel 0 est valeur propre de f et
U est donc vecteur propre de A associé à la valeur propre 0. P0 (6= 0R2 [X] ) est un vecteur propre associé à cette valeur propre 0.
3 −1 1 Exercice
2. Soit A = 2 0 2. Soit ϕ l’endomorphisme de R3 dont la matrice représentative dans la base
1 −1 3 canonique (notée B) est :
1 −1
Calculer AUi pour U1 = 1, U2 = 0 .
1 4 4
0 1 1
M= 2 −1 −7
Que peut-on en déduire ? 3
0 0 6
Démonstration.
Déterminons AUi . (on dit que ϕ est l’endomorphisme canoniquement associé à M )
Notons :
AU1 = 2 · U1 , AU2 = 2 · U2
−1 2 0
V 1 = 1 ,
V2 = 1
et V3 = −1
Ainsi, U1 est vecteur propre de A associé à la valeur propre 2 et U2 est
0 0 1
vecteur propre de A associé à la valeur propre 2.
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1. Déterminer M V1 , M V2 , M V3 . Que peut-on en déduire ? 3. a) Il suffit de démontrer que la famille (v1 , v2 , v3 ) est libre (EXO).
2. Notons v1 l’unique vecteur de R3 tel que : MatB (v1 ) = V1 . Comme de plus Card((v1 , v2 , v3 )) = 3 = dim(R3 ), on en déduit que
On définit de même v2 et v3 . Déterminer les valeurs propres de ϕ. B 0 = (v1 , v2 , v3 ) est une base de R3 .
3. a) Démontrer que B 0 = (v1 , v2 , v3 ) est une base de R3 . b) • Tout d’abord : ϕ(v1 ) = −1 · v
1 + 0· v2 + 0 · v3 .
b) Déterminer N , la matrice représentative de ϕ dans B 0 . −1
Ainsi : Mat(v1 ,v2 ,v3 ) (ϕ(v1 )) = 0 .
4. a) Déterminer P , la matrice de passage de B à B 0 .
0
b) Quel lien y a-t-il entre les matrices M , N et P ?
• Ensuite : ϕ(v2 ) = 0 · v1 + 1 · v
2 +0 · v3 .
c) Soit n ∈ N. Déterminer M n . 0
Ainsi : Mat(v1 ,v2 ,v3 ) (ϕ(v2 )) = 1.
Démonstration. 0
1. Déterminons M Vi . • Enfin : ϕ(v3 ) = 0 · v1 + 0 · v2 +
2· v3 .
0
1 3 1 6 1 0 Ainsi : Mat(v1 ,v2 ,v3 ) (ϕ(v3 )) = 0.
M V1 = −3 = −1·V1 , M V2 = 3 = 1·V2 , M V3 = −6 = 2·V3
3 0 3 0 3 6 2
−1 0 0
Ainsi, V1 , V2 et V3 sont des vecteurs propres associés respectivement aux On en déduit que : N = MatB0 (ϕ) = 0 1 0.
valeurs propres λ1 = −1, λ2 = 1, λ3 = 2. 0 0 2
2. Tout d’abord :
4. a) Par définition : P = PB,B 0 = MatB (v1 ), MatB (v2 ), MatB (v3 ) . Ainsi :
v1 = (−1, 1, 0), v2 = (2, 1, 0), et v3 = (0, −1, 1)
Remarquons que pour tout i ∈ J1, 3K : −1 2 0
P = 1 1 −1
M Vi = λi Vi 0 0 1
q q
b) D’après la formule de changement de base :
MatB (ϕ) × MatB (vi ) λi · MatB (vi )
q q MatB (ϕ) = PB,B0 × MatB0 (ϕ) × PB0 ,B
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II.1.c) Caractérisation des valeurs propres d’un endomorphisme, Cette dernière équivalence est vérifiée car, sous les hypothèses :
d’une matrice carrée × E est un espace vectoriel de dimension finie,
Théorème 5. × g ∈ L (E).
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ . on a : g injectif ⇔ g surjectif ⇔ g bijectif.
Soit f un endomorphisme de E. (on a la même conclusion sur g ∈ L (E, F ) si E et F des ev de même
Soit A une matrice de Mn (R). dimension finie : dim(E) = dim(F ))
1) Cas des endomorphismes Et ainsi : g n’est pas injectif ⇔ g n’est pas surjectif ⇔ g n’est pas bijectif.
On conclut en appliquant ce résultat à g = f − λ idE .
λ est valeur n o
⇔ Ker(f − λ idE ) 6= 0E
propre de f II.1.d) Lien entre éléments propres d’un endomorphisme et élé-
⇔ L’endomorphisme f − λ idE n’est pas injectif ments propres de sa matrice représentative dans une base
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Exemple ⇔ ∃U 6= 0, (A − λ In ) U = 0
On note B = (P0 , P1 , P2 ) la base canonique de R2 [X]. ⇔ A − λIn n’est pas inversible
On note f ∈ L (R2 [X]) définie par (f (P ))(X) = (X − 1) P 0 (X) + P (X).
l’un (au moins) des coefficients diagonaux de la
Enfin, on note A = MatB (f ). ⇔ réduite (triangulaire supérieure) de A − λIn
1. Notons P (X) = 2 + X + 3X 2 . Déterminer f (P ). est nul
2
2. Déterminer A1. Plus précisément, on procède comme suit.
3 1) On écrit la matrice A − λIn où λ est inconnu.
Démonstration. 2) On calcule le rang de A − λIn .
1. On effectue le calcul : En opérant par opérations élémentaires sur les lignes de la matrice (ce
qui ne modifie pas le rang), on obtient une matrice réduite sous forme
(f (P ))(X) = (X − 1) P 0 (X) + P (X) triangulaire supérieure.
= (X − 1) (1 + 6X) + (2 + X + 3X 2 ) (cela consiste à appliquer l’algorithme du pivot de Gauss)
3) Les valeurs propres de la matrice A sont exactement les valeurs de λ qui
= 1 − 4X + 9X 2 = (1 · P0 − 4 · P1 + 9 · P2 )(X)
annulent un des coefficients diagonaux de la matrice réduite.
Ainsi, f (P ) = 1 · P0 − 4 · P1 + 9 · P2 .
1
2. D’après ce qui précède : MatB (f (P )) = −4.
9
Enfin : MatB (f (P )) = MatB (f ) × MatB (P ) = A × U .
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Exercice On en déduit :
Soit E = R3 . On note B la base canonique de E. On considère l’endomor- A − λI3 non inversible ⇔ 6 − λ = 0 OU − 8 + 6 λ − λ2 = 0
phisme de f ∈ L (E) dont la représentation matricielle dans la base B est :
⇔ λ = 6 OU − (λ − 2)(λ − 4) = 0
5 1 −1 7 8 2 ⇔ λ = 6 OU λ = 2 OU λ = 4
A = 2 4 −2 puis B = 0 3 1
1 −1 3 0 0 3 Ainsi : Sp(f ) = Sp(A) = {2, 4, 6}.
• Soit λ ∈ R.
1) Déterminer les valeurs propres de f .
7−λ 8 2
2) Même question avec E = R2 et g l’endomorphisme
dont
la représentation
rg(B − λ I3 ) = rg 0 3−λ 1
1 −1 0 −1 0 0 3−λ
matricielle dans la base canonique est : C = puis D = .
1 3 1 0
La réduite obtenue est triangulaire supérieure.
Elle (et donc B − λI3 ) est non inversible si et seulement si l’un de ses
Démonstration.
coefficients diagonaux est nul. On en déduit :
• Soit λ ∈ R.
B − λI3 non inversible ⇔ 7 − λ = 0 OU 3 − λ = 0 OU 3 − λ = 0
5−λ 1 −1 ⇔ λ = 7 OU λ = 3
rg(A − λ I3 ) = rg 2 4 − λ −2
1 −1 3 − λ Ainsi : Sp(f ) = Sp(B) = {3, 7}.
L1 ↔ L3 1 −1 3 − λ Théorème 7.
= rg 2 4 − λ −2 Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
5−λ 1 −1
Soit A ∈ Mn (R).
L2 ← L2 − 2 L1
L3 ← L3 − (5 − λ) L1 1 −1 3−λ La matrice A est triangulaire Les valeurs propres de A sont
= rg 0 6 − λ −8 + 2λ 1) ⇒
supérieure (resp. inférieure) ses coefficients diagonaux
0 6 − λ −1 − (5 − λ)(3 − λ)
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• Pour les matrices carrées d’ordre 2 on utilise la caractérisation suivante : II.1.e) Valeurs propres de matrices semblables
Théorème 8.
λ est valeur propre de A ⇔ A − λI2 n’est pas inversible
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
⇔ det(A − λI2 ) = 0 Soient M et N des matrice de Mn (R).
Remarque Ainsi : M − λIn et N − λIn sont semblables. Elles ont donc le même rang.
Ce dernier exemple démontre qu’il existe des endomorphismes (resp. des 3) On remarque :
matrices carrées) qui n’admettent pas de valeur propre réelle.
λ est valeur propre de M ⇔ M − λI2 n’est pas inversible
⇔ rg(M − λI2 ) 6= n
⇔ rg(N − λI2 ) 6= n
⇔ N − λI2 n’est pas inversible
⇔ λ est valeur propre de N
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Remarque
Dans le théorème précédent, on démontre que deux matrices semblables M
et N ont même rang et on en déduit : Sp(M ) = Sp(N ). On peut aussi faire la
démonstration en rappelant que M et N sont les représentations matricielles
d’un même endomorphisme f ∈ L (E) (où E est un ev de dimension n) dans
des bases différentes. On en déduit :
Sp(M ) = Sp(f ) = Sp(N )
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⊂
1) Cas des endomorphismes E Mn,1 (R)
On appelle sous-espace propre de f associé à la valeur propre λ, l’en-
semble noté Eλ (f ) défini par : Soit λ une valeur propre d’un endomorphisme f ∈ L (E).
Il faut faire attention à cette définition :
Eλ (f ) = u ∈ E | f (u) = λ · u × u = 0E n’est JAMAIS vecteur propre de l’endomorphisme f .
= u ∈ E | (f − λid)(u) = 0E = Ker(f − λid) × ainsi, l’ensemble des vecteurs propres associés à la valeur propre
λ n’est JAMAIS un espace vectoriel.
2) Cas des matrices carrées Attention à la confusion :
On appelle sous-espace propre de A associé à la valeur propre λ, l’en-
vecteurs propres associés
semble noté Eλ (A) défini par : Eλ (f ) 6=
à la valeur propre λ
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II.2.b) Structure d’un sous-espace propre II.2.c) Détermination d’un sous-espace propre
Théorème 10. Déterminer Eλ (f ) le sous-espace propre de f associé à une
MÉTHODO
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ . valeur propre λ donnée
Soit f ∈ L (E). Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ et soit B une base de E.
Soit A ∈ Mn (R). Soit f ∈ L (E). Notons A = MatB (f ).
1) Cas des endomorphismes Soit u ∈ E. Notons U = MatB (u).
Soit λ une valeur propre de f . Soit λ est une valeur propre de f .
On rappelle que :
a. Eλ (f ) est un sous-espace vectoriel de E
u ∈ Eλ (f ) ⇔ f (u) = λ · u
b. Eλ (f ) 6= {0E }. En particulier : dim(Eλ (f )) > 1
⇔ (f − λ idE )(u) = 0E
2) Cas des matrices carrées ⇔ (A − λ In ) × U = 0Mn,1 (R)
Soit λ une valeur propre de A.
On se ramène ainsi à la résolution d’un système linéaire.
a. Eλ (A) est un sous-espace vectoriel de Mn,1 (R)
Démonstration.
1) Soit λ une valeur propre de f .
• Par définition, Eλ (f ) = Ker(f − λidE ).
Eλ (f ) est alors un espace vectoriel en tant que noyau d’une application
linéaire.
• λ étant une valeur propre de f , il existe u 6= 0E tel que f (u) = λu.
Autrement dit, u ∈ Ker(f − λidE ) = Eλ (f ).
Ainsi, Eλ (f ) 6= {0E } et dim(Eλ (f )) 6= 0.
On en déduit que dim(Eλ (f )) > 1.
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• Déterminons E−3 (f ). 2 λ1 − λ2 − λ3 = 0
Ceci équivaut au système : (S) λ1 − 2 λ3 = 0 .
u ∈ E−3 (f ) ⇐⇒ (f + 3 id)(u) = 0E
λ2 + λ3 = 0
⇐⇒ (A + 3 I3 ) × U = 0M3,1 (R)
2 λ1 − λ2 − λ3 = 0
⇔ − 2 λ3 = 0
5 x − 2y + z = 0 Or : (S) λ1
⇐⇒ λ2 + λ3 = 0
2x + 2z = 0
−x + 2y + 3z = 0
L2 ← 5 L2 − 2 L1
L2 ← 2 L2 − L1 2 λ1 − λ2 − λ3 = 0
L3 ← 5 L3 + L1 5x − 2y + z = 0 ⇐⇒ λ2 − 3 λ3 = 0
⇐⇒ 4y + 8z = 0
λ2 + λ3 = 0
8 y + 16 z = 0
5x − 2y + z = 0 L3 ← L3 − L2 2 λ1 − λ2 − λ3 = 0
L3 ← L3 − 2 L2
⇐⇒ 4y + 8z = 0 ⇐⇒ λ2 − 3 λ3 = 0
4 λ3 = 0
0 = 0
5x − 2y = −z
L3 ← L3 − 2 L2
⇐⇒ λ1 = λ2 = λ3 = 0
⇐⇒
y = −2 z (par remontées successives)
Ainsi, la famille B est libre.
L1 ← L1 + 2 L2 5x = −5 z
⇐⇒ De plus, Card(B) = 3 = dim(R3 ).
y = −2 z
On en déduit que B est une base de R3 .
On en déduit : 4. Notons u = (2, 1, 0), v = (−1, 0, 1) et w = (−1, −2, 1).
E−3 (f ) = {u = (x, y, z) ∈ R3 | u ∈ E−3 (f )} D’après ce qui précède :
1
= {(x, y, z) ∈ R3 | x = −z ET y = −2z} × f (u) = 1 · u + 0 · v + 0 · w, donc MatB0 (f (u)) = 0
0
= {(−z, −2z, z) ∈ R3 | z ∈ R}
0
= {z · (−1, −2, 1) | z ∈ R} × f (v) = 0 · u + 1 · v + 0 · w, donc MatB 0 (f (v)) = 1
0
= Vect ((−1, −2, 1))
0
× f (w) = 0 · u + 0 · v − 3 · w, donc MatB 0 (f (v)) = 0
3. Soit (λ1 , λ2 , λ3 ) ∈ R3 .
−3
Supposons : λ1 (2, 1, 0) + λ2 (−1, 0, 1) + λ3 (−1, −2, 1) = (0, 0, 0).
1 0 0
On en déduit que : MatB0 (f ) = 0 1 0 .
0 0 −3
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Remarque Exemple
• Cet exercice a consisté à diagonaliser f . Autrement dit à trouver une base Considérons f ∈ L (E) et A ∈ Mn (R).
dans laquelle la matrice représentative de f est diagonale. 2
• Notons P (X) = X − 2X. On a alors :
• Le lien entre les matrices représentatives de f dans les deux bases diffé-
rentes est donné par : P (f ) = f 2 − 2f et P (A) = A2 − 2A
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II.3.c) Existence d’un polynôme annulateur non nul II.3.d) Intérêt des polynômes annulateurs
Théorème 11. Théorème 12.
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ . Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
Soit f ∈ L (E) et soit A ∈ Mn (R). Soit f ∈ L (E) et soit A ∈ Mn (R).
1) Cas des endomorphismes
Soit P ∈ R[X].
Il existe un polynôme annulateur non nul de f . 1) Cas des endomorphismes
2) Cas des matrices carrées Si P est un polynôme annulateur de f alors :
Il existe un polynôme annulateur non nul de A.
λ une valeur propre de f ⇒ λ est une racine de P
Démonstration.
2
Considérons la famille (A0 , A1 , A2 , . . . , An ). Ainsi : Sp(f ) ⊂ {racines de P }
Cette famille contient n2 + 1 éléments dans l’ev Mn (R) qui est de dimension
finie n2 . On en déduit que cette famille est liée. 2) Cas des matrices carrées
2
Il existe donc un (n + 1)-uplet (α0 , α1 , . . . , αn2 ) 6= (0, 0, . . . , 0) tel que : Si P est un polynôme annulateur de A alors :
2
α0 A0 + . . . + αn2 An = 0Mn (R) λ une valeur propre de A ⇒ λ est une racine de P
n2
Le polynôme P défini par P (X) =
P
αk X k est donc un polynôme annu- Ainsi : Sp(A) ⊂ {racines de P }
k=0
lateur non nul de A. Démonstration.
Soit λ une valeur propre de A et U un vecteur propre associé.
Remarque k k
• Démontrons tout d’abord par récurrence que : ∀k ∈ N, A U = λ U .
En fait, toute matrice de Mn (R) possède un polynôme annulateur de degré
1) Initialisation :
inférieur ou égal à n, mais ce résultat est hors-programme. 0
× D’une part A U = I × U = U .
0
× D’autre part λ U = 1 · U = U .
On a bien A U = λ0 U .
0
2) Hérédité :
Soit k ∈ N.
Supposons que Ak U = λk U et démontrons que Ak+1 U = λk+1 U .
Ak+1 U = A(Ak U ) = A(λk U ) = λk AU = λk λU = λk+1 U
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• Si P est un polynôme annulateur de A, on sait de plus : P (A) = 0. λ une valeur propre de A ⇐⇒ λ est une racine de P
On en déduit que : P (A) U = 0 · U = 0Mn,1 (R) . Ainsi :
Si on reprend l’exemple précédent, puisque P est un polynôme an-
P (λ) U = 0Mn,1 (R) nulateur de A, alors, pour tout β ∈ R, Rβ (X) = (X − β) P (X) est
Or U 6= 0Mn,1 (R) puisque c’est un vecteur propre de A. Ainsi P (λ) = 0. un polynôme annulateur de A :
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Exercice
f est diagonalisable ⇔ A est diagonalisable
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
Soit f ∈ L (E). On suppose que f est diagonalisable.
Remarque
Démontrer que f 2 est diagonalisable.
• On a adopté ici une présentation légèrement différente de celle présente
dans le programme officiel. Celui-ci recommande de considérer comme dé-
Démonstration. finition de diagonalisibilité de f le résultat de ce théorème. À savoir que f
L’endomorphisme f est diagonalisable s’il existe une base B de E telle que : est diagonalisable s’il existe une base de vecteurs propres de f .
MatB (f ) = D où D est une matrice diagonale.
• Dans les énoncés, on donne généralement f sous une forme matricielle A.
Il suffit alors de remarquer que :
Il faut savoir jongler entre les différentes représentations en fonction des
MatB (f 2 ) = MatB (f ◦ f ) = MatB (f ) × MatB (f ) = D × D = D2 exigences de l’énoncé.
D’où f 2 diagonalisable.
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⇔ il existe une base B 0 et une matrice D ∈ Mn (R) diagonale telle que : ⇔ f est diagonalisable
MatB0 (f ) = D ⇔ il existe une base (u1 , . . . , un ) formée de vecteurs propres de f
⇔ il existe une base B 0 et une matrice D ∈ Mn (R) diagonale telle que : ⇔ il existe une base (U1 , . . . , Un ) formée de vecteurs propres de A
PB0 ,B × MatB (f ) × PB,B0 = D Remarque
Dans le point 1) , on démontre que f (ei 0 ) = λi · ei 0 .
⇔ il existe une base B 0 et une matrice D ∈ Mn (R) diagonale telle que :
Ceci signifie que ei 0 ∈ Eλi (f ) mais pas forcément que ei 0 est un vecteur propre
−1
MatB (f ) = PB,B0 × D × (PB,B0 ) de f . Il faut en plus démontrer que ei 0 6= 0E . Or B 0 étant une base, elle ne
peut contenir 0E (toute famille contenant 0E est liée).
⇔ A est diagonalisable
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À RETENIR Exercice
• Dans les énoncés, l’endomorphisme f ∈ L (E) est généralement donné par Soit A ∈ Mn (R). On suppose que A est diagonalisable.
A sa matrice représentative dans une base B = (e1 , . . . , en ) donnée. Soit B une matrice semblable à A.
• Diagonaliser f , c’est trouver une base B 0 = (e01 , . . . , e0n ) dans laquelle la Démontrer que B est diagonalisable.
matrice représentative de f , notée D, est diagonale. Plus précisément :
Démonstration.
× cette base B est constituée de vecteurs propres de f .
0
1) En détaillant les formules
× la matrice D a pour coefficients diagonaux les valeurs propres de f .
Ces valeurs propres apparaissent dans l’ordre de classement des vecteurs Comme A est diagonalisable, il existe une matrice P ∈ Mn (R) inversible
propres apparaissant dans B 0 . et une matrice D ∈ Mn (R) diagonale telle que :
• La formule de changement de base permet de faire le lien entre tous ces A = P DP −1
objets :
MatB (f ) = PB,B0 MatB0 (f ) PB0 ,B Comme A et B sont semblables, il existe Q ∈ Mn (R) inversible telle que :
q q q q
A = QBQ−1
A = P D P −1
On en déduit :
La matrice P est la matrice de passage de la base B à la base B 0 . Elle est
obtenue en concaténant les matrices colonnes représentatives, dans la base QBQ−1 = P DP −1 et donc B = Q−1 P D P −1 Q
B des vecteurs propres de f . Plus précisément :
Et ainsi B = Q−1 P D (Q−1 P )−1 .
0 0
PB,B0 = MatB (e1 ) . . . MatB (en ) 2) À l’aide de la passerelle endomorphisme-matrice (beaucoup plus élégant)
• Comme A et B sont semblables, elles représentent le même endomor-
phisme, noté f ∈ L (E) dans des bases différentes.
• Or A est diagonalisable donc f l’est (sens réciproque du point 3) du
théorème précédent).
• Comme f est diagonalisable, B l’est (c’est le sens direct du point 3) du
théorème précédent).
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III.2. Réduction des endomorphismes et des matrices carrées III.2.b) Condition suffisante de diagonalisabilité
III.2.a) Critère de diagonalisabilité Théorème 15.
Théorème 14. Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ . Soit f ∈ L (E) et soit A ∈ Mn (R).
Soit f ∈ L (E) et soit A ∈ Mn (R). 1) Cas des endomorphismes
m
P Démonstration.
b. f est diagonalisable ⇔ dim(Eλi (f )) = dim(E)
i=1 Supposons que f admet n valeurs propres distinctes notées λ1 , . . . , λn .
Considérons F = (u1 , . . . , un ) famille de vecteurs propres associés aux va-
2) Cas des matrices carrées
leurs propres λ1 , . . . , λn .
Soient λ1 , . . . , λm les valeurs propres distinctes de A.
• F est une famille libre car constituée de n vecteurs propres associés à n
Notons Eλ1 (A), . . . , Eλm (A) les sous-espaces propres associés à ces va- valeurs propres distinctes.
leurs propres.
• De plus, Card(F ) = n = dim(E).
m
On en déduit que F est une base de E constituée de vecteurs propres de f .
P
a. dim(Eλi (A)) 6 n
i=1 Ainsi f est diagonalisable.
m
P
b. A est diagonalisable ⇔ dim(Eλi (A)) = n Remarque
i=1
Le résultat énoncé dans le théorème n’est pas une équivalence. Pour s’en
convaincre, il suffit de considérer la matrice de l’exercice précédent : elle est
Démonstration.
diagonalisable mais n’a que 2 valeurs propres distinctes.
Admis.
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Exercice 3−λ 1 1
Soit f ∈ L (R3 ) et A la matrice canoniquement associée à f . rg(A − λ I3 ) = rg 1 3−λ 1
1 1 3−λ
3 1 1
A = 1 3 1 L1 ↔ L3 1 1 3−λ
1 1 3 = rg 1 3−λ 1
3−λ 1 1
1. Déterminer les valeurs propres de f .
L2 ← L2 − L1
2. Déterminer les espaces propres associés aux valeurs propres de f . L3 ← L3 − (3 − λ) L1 1 1 3−λ
= rg 0 2−λ −(2 − λ)
3. L’endomorphisme f est-il diagonalisable ? 0 −(2 − λ) 1 − (3 − λ)2
4. Démontrer qu’il existe P ∈ M3 (R) inversible tel que :
L3 ← L3 + L2 1 1 3−λ
5 0 0 = rg 0 2 − λ −(2 − λ)
A = P 0 2 0P −1 0 0 −(2 − λ)(4 − λ) − (2 − λ)
0 0 2
Enfin :
On explicitera P et P −1 . −(2 − λ)(4 − λ) − (2 − λ) = −(2 − λ) (4 − λ) + 1 = −(2 − λ) (5 − λ)
5. En déduire la valeur de An pour tout n ∈ N.
Les valeurs propres de A sont les réels λ qui annulent l’un des coeffi-
6. Quelle propriété a An ? Pourquoi ? cients diagonaux de la matrice réduite triangulaire supérieure obtenue.
Ainsi : Sp(A) = {2, 5} = Sp(f ).
Démonstration.
x
1. Soit λ ∈ R. Rappelons que : 2. Soit u = (x, y, z) ∈ R3 . Notons U = MatB (u) = y .
z
λ est valeur • Déterminons E2 (f ).
⇔ λ est valeur propre de A
propre de f
u ∈ E2 (f ) ⇐⇒ (f − 2 id)(u) = 0E
⇔ A − λI3 n’est pas inversible
⇐⇒ (A − 2 I3 ) U = 0M3,1 (R)
l’un (au moins) des coefficients diagonaux de la réduite
⇔ x + y + z = 0
(triangulaire supérieure) de A − λIn est nul
⇐⇒ x + y + z = 0
x + y + z = 0
L2 ← L2 − L1
L3 ← L3 − L1
⇐⇒ x + y + z = 0
⇐⇒ x = −y − z
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E2 (f ) = {u = (x, y, z) ∈ R3 | u ∈ E2 (f )} E5 (f ) = {u = (x, y, z) ∈ R3 | u ∈ E5 (f )}
= {(x, y, z) ∈ R3 | x = −y − z} = {(x, y, z) ∈ R3 | x = z ET y = z}
= {(−y − z, y, z) ∈ R3 | y ∈ R ET z ∈ R} = {(z, z, z) ∈ R3 | z ∈ R}
= {y · (−1, 1, 0) + z · (−1, 0, 1) | y ∈ R ET z ∈ R} = {z · (1, 1, 1) | z ∈ R}
= Vect ((−1, 1, 0), (−1, 0, 1)) = Vect ((1, 1, 1))
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D’après la formule de changement de base : L1 ← 3L1 + L3
On effectue les opérations . On obtient :
L2 ← 3L2 − L3
MatB (f ) = PB,B0 × MatB0 (f ) ×PB0 ,B
3 −3 0 2 −1 2
q q q 0 6 0 −2 4 −2
0 0 3 −1 −1 2
1 −1 −1 5 0 0
A 1 1 0 0 2 0
1 0 1 0 0 2 On effectue l’opération L1 ← 2 L1 + L2 . On obtient :
3 0 0 2 2 2
La matrice P est obtenue en remarquant : 0 6 0 −2 4 −2
• (1, 1, 1) = 1 · e1 + 1 · e2 + 1 · e3 , 0 0 3 −1 −1 2
• (−1, 1, 0) = (−1) · e1 + 1 · e2 + 0 · e3 ,
1 1 1 1
• (−1, 0, 1) = (−1) · e1 + 0 · e2 + 1 · e3 , Ainsi, P est inversible d’inverse P −1 = −1 2 −1
3 −1 −1 2
On détermine P −1 par la méthode du pivot de Gauss. 5. Pour tout n ∈ N :
5n 0 0
1 −1 −1 1 0 0
1 1 0 0 1 0 An = P 0 2n 0 P −1
1 0 1 0 0 1 0 0 2n
n
1 1 −1 −15 0 0 1 1 1
L2 ← L2 − L1 = 1 1 0 0 2n 0 −1 2 −1
On effectue les opérations . On obtient : 3 1 0
L3 ← L3 − L1 1 0 0 2n −1 −1 2
n n n
1 −1 −1 1 0 0 1 5n −2n −2 1 1 1
0 2 1 −1 1 0 = 5 2 0 −1 2 −1
0 1 2 −1 0 1 3 5n 0 2 n −1 −1 2
n n n − 2n n − 2n
On effectue l’opération L3 ← 2 L3 − L2 . On obtient : 5
1 n + 2 · 2 5 5
= 5 − 2n 5n + 2 · 2n 5n − 2n
3 5n − 2n 5n − 2n 5n + 2 · 2n
1 −1 −1 1 0 0
0 2 1 −1 1 0 6. On remarque que la matrice An est symétrique.
0 0 3 −1 −1 2 Rappelons que, si (A, B) ∈ (Mn (R))2 , on a : t (AB) = t B t A.
Par une récurrence immédiate, on a donc : t (An ) = (t A)n .
La matrice réduite obtenue est triangulaire supérieure et à coefficients
Et comme t A = A, on a enfin : t (An ) = An .
diagonaux tous non nuls. On en déduit que P est inversible.
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où D est une matrice diagonale dont les coefficients diagonaux sont Ainsi, il existe une base B 0 = (e01 , e02 , e03 ) constituée de vecteurs propres
les valeurs propres de A. de f dans laquelle la matrice représentative de f est la matrice diagonale :
Comme A n’a qu’une seule valeur propre : D = λIn .
3 0 0
Et ainsi : D = 0 4 0
A = P (λ In )P −1 = λP P −1 = λ In 0 0 5
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ECE2-B 2018-2019
2. La matrice M est triangulaire supérieure. III.3. Caractère diagonalisable des matrices symétriques
Ses valeurs propres sont donc ses coefficients diagonaux. Ainsi :
Définition (Matrice symétrique)
Sp(M ) = {7} Soit A ∈ Mn (R).
• La matrice A est dite symétrique si t A = A.
Supposons par l’absurde que f est diagonalisable.
Il existe alors une base B 0 = (e01 , e02 , e03 ) constituée de vecteurs propres de • Autrement dit, A est symétrique si :
f dans laquelle la matrice représentative de f est la matrice diagonale :
∀(i, j) ∈ J1, nK2 , ai,j = aj,i
7 0 0
D = 0 7 0 = 7 I3 Théorème 17.
0 0 7
Soit E un ev de dimension finie n ∈ N∗ .
D’après la formule de changement de base : Soit f ∈ L (E) et soit A ∈ Mn (R).
q q q q
Il existe une base dans laquelle la matrice
M P D P −1 ⇒ f est diagonalisable
représentative de f est symétrique
Ainsi :
M = P (7 I3 )P −1 = 7 P P −1 = 7 I3 2) Cas des matrices carrées
Démonstration.
Admis.
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Remarque
• Ce résultat n’a rien à faire dans un cours sur les applications linéaires. C’est
un résultat qui provient du cours sur les applications bilinéaires, chapitre
qui n’est pas au programme de la section ECE.
• Il faut donc utiliser ce résultat comme une recette qu’on applique bêtement.
• Ainsi, dès qu’on rencontre une matrice A symétrique, il faut avoir le réflexe
de dire qu’elle est diagonalisable. On note cependant que ce résultat ne dit
RIEN sur les valeurs propres et les espaces propres de A.
Exercice
On considère l’endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique
est :
1 1 1
A = 1 1 1
1 1 1
1. L’endomorphisme f est-il diagonalisable ?
2. a) La matrice A est-elle inversible ?
b) En déduire une valeur propre de A.
3. a) Calculer A2 .
b) Déterminer alors un polynôme annulateur de A.
4. Déterminer les valeurs propres et sous-espaces propres de f .
5. a) Exhiber D ∈ M3 (R) diagonale et P ∈ M3 (R) inversible telles que :
A = P DP −1
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