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Acteurs internationaux après 1945

Ce document décrit le contexte mondial après la Seconde Guerre mondiale. Il explique les pertes humaines et matérielles massives, puis les efforts pour établir un nouvel ordre mondial à travers l'Organisation des Nations Unies et les procès de Nuremberg.

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Acteurs internationaux après 1945

Ce document décrit le contexte mondial après la Seconde Guerre mondiale. Il explique les pertes humaines et matérielles massives, puis les efforts pour établir un nouvel ordre mondial à travers l'Organisation des Nations Unies et les procès de Nuremberg.

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Thème 2.

La multiplication des acteurs internationaux dans un monde


bipolaire (de 1945 au début des années 1970)

H4. La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts d'un


nouvel ordre mondial
Introduction :
Doc 1 p. 118
En 1945, l'annonce des capitulations allemande et japonaise déclenche des
manifestations de joie dans le monde entier. Mais, l'ampleur des souffrances, des pertes humaines
et des destructions matérielles fait prendre conscience à l'humanité qu'un seuil de violence inédit a
été franchi.
Doc La signature de la Charte de San Francisco, le 25 juin 1945
Ainsi, les puissances victorieuses de la Grande Alliance espèrent faire de l'année 1945
l'année 0 d'une nouvelle ère fondée sur la paix mondiale, la sécurité collective et la prospérité.
Doc Churchill denonce le « rideau de fer » qui tombe sur l'Europe
Cependant, l'alliance entre les EU et l'URSS se fissure rapidement et leur rivalité
idéologique débouche sur la bipolarisation du monde dès 1947.

Comment passe-t-on de la recherche d'un nouvel ordre mondial aux tensions entre les
EU et l'URSS ?

I. Le monde en 1945 : l'espoir d'un nouvel ordre international

Sur quelles bases le monde se reconstruit-il au lendemain de la SGM ?

a. Un monde profondément meurtri


Doc Les pertes humaines de la guerre
La SGM a été la guerre la plus meurtrière de tous les temps. Elle a fait au moins 60 millions
de morts en Europe et en Asie, dont une majorité de civils (50%).
L'URSS (a elle seule 27 millions de morts), la Chine (10 à 20 millions), l'Allemagne (8,6
millions) et la Pologne (5,7 millions) ont versé le plus lourd tribut.
Les pertes humaines sont très importantes en URSS où la guerre a duré le plus longtemps
(quatre ans) et où l’affrontement a été le plus violent pour les raisons que l’on a déjà étudiées. La
Pologne a presque 6 millions de morts. Parmi ces morts, il faut compter les trois millions de Juifs
polonais qui ont été exterminés par les Allemands dans les ghettos et les camps d’extermination.
La mortalité est aussi très importante en Chine, en guerre contre le Japon. L’Allemagne et le Japon
ont eu de nombreuses pertes durant les combats ou sous les bombardements alliés.

Doc L'état matériel de la France à la Libération


Doc Dresde au lendemain de la guerre
Les destructions sont considérables dans les zones de conflits. Les villes ont été en partie
détruites par les bombardements (70% des villes allemandes), et les voies de communication, les
ports, les usines ont subi de graves dommages.

1
Doc PIB de 1945 par rapport à celui de 1939
Ainsi, en 1945, dans de nombreux pays, la production est beaucoup plus faible qu'en
1939 et les Etats sont très endettés. Les EU, qui n'ont pas connu la guerre sur leur sol, ont au
contraire fortement accru leur production et sont devenus les créanciers du monde. Le
rationnement se développe et perdure durant de nombreuses années après la guerre à cause des
difficultés d'approvisionnement et la lente relance de l'agriculture.

Par ailleurs, le traumatisme moral est important. Durant la guerre, la violence a été
extrême (massacres, viols, tortures, bombe atomique). L'humanité a désormais la capacité de
s'autodétruire. Voir doc La découverte des camps de concentration En 1945, le monde découvre
avec effroi les camps de concentration et d'extermination. Voir doc La nouvelle angoisse
atomique L'usage de la bombe atomique et ses effet suscite de nouvelles angoisses pour l'avenir.
Certaines populations ont subi (En 1945, on évalue à 50 millions le nombre d'Européens
sur les routes : déportés survivants, prisonniers libérés et civils ayant fui les combats) et subissent
des déplacements avec le remaniement des frontières, ce qui augmente les traumatismes. En effet,
l'URSS s'étend vers l'ouest dans les pays Baltes, les Balkans et la Pologne. En Asie, le Japon perd
toutes ses annexions depuis 1931 et la Corée est coupée en 2 zones d'occupation (EU-URSS).

Dans ces conditions, les nations victorieuses envisagent de façon radicalement différente les
relations internationales après la guerre.

b. Régler le sort des vaincus


Doc Conférence de Yalta
En 1945, les chefs d'Etat des trois grandes puissances alliées (URSS, EU, RU) se
rencontrent lors des conférences de Yalta (en février avec F. Roosevelt, J. Staline, W. Churchill)
et Potsdam (en juillet avec H.S. Truman, C. Attlee et J. Staline).
A Yalta, il est question de finir la guerre, d'établir les futures frontières de l'Europe libérée,
de préparer l'organisation d'élections libres dans les pays libérés de la domination nazieet
d'organiser la sécurité et la paix future.
A Potsdam, il est question de fixer les principes de l'après-guerre en Allemagne :
occupation quadripartite, démilitarisation, dénazification (décision prise par les Alliés d'épurer la
société allemande du nazisme et de rétablir les principes démocratiques), juger les criminels et
régler le paiement de réparations.

Doc 1 p. 130 + Doc 4 p. 131


De 1945 à 1946, à Nuremberg, un tribunal militaire internationale composé des
représentants des Alliés (EU, URSS, RU et France) juge 22 dirigeants allemands ainsi que des
organisations nazies.
De 1946 à 1948, à Tokyo, le tribunal pour l'Extrême-Orient, composé de 11 nations, juge
les 28 responsables japonais.
→ Q4 et 5 p. 131 avec doc 1, 2 et 4 p. 130-131
Q4. Montrez que l’organisation des deux procès se veut exemplaire.
Les deux procès doivent permettre de documenter les crimes : dans les deux cas, des
documents ont été collectés minutieusement et montrés dans les salles d’audiences, devant les
inculpés mais aussi devant les centaines de journalistes qui ont suivi les procès et ainsi divulgués

2
aux opinions publiques. Comme l’illustre les photos, les inculpés sont écoutés, des interprètes
permettent à tous de suivre les échanges.
Pour être exemplaires ils suivent des règles juridiques : statut d’organisation, justice
publique, nombreux témoins appelés, possibilité pour les accusés de s’exprimer et d’être défendus
par des avocats, possibilité d’appel (à Tokyo).
Q5. Quelle est l’importance des preuves et des témoignages, pour le procès et pour les
sociétés ?
Ces procès contribuent, pendant les mois de leur déroulement, à documenter l’histoire des
régimes et de leurs crimes ; le procès de Nuremberg ouvre la possibilité d’autres poursuites
ultérieures comme le montrent le document 2 (institution d’une nouvelle notion juridique) et le
document 3 (révélations sur Eichmann).
Par l’institution de nouvelles notions juridiques comme le crime contre l’humanité, ces
procès reconnaissent, devant les victimes et l’ensemble des sociétés, l’exceptionnelle gravité des
violences commises. Les condamnations sont la reconnaissance des violences subies et un aspect de
leur réparation. Ces témoignages et ces preuves sont donc des éléments essentiels de la sortie de
guerre et de la reconstruction morale des sociétés.
Durant ces procès, trois chefs d'accusation sont retenus :
- crime contre la paix (fait d'avoir déclenché la guerre),
- crime de guerre (violation des lois de la guerre par les militaires – armes interdites,
massacres, pillages, exécution d'otages...),
- une nouvelle notion apparaît → « crime contre l'humanité » (notion créée en 1945 pour
définir l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout acte
inhumain commis contre toutes les populations civiles avant ou pendant la guerre, ou bien les
persécutions pour des motifs religieux, raciaux ou politiques ».
Attention, s'il est question des persécutions antisémites pendant ces procès, le génocide n'est
pas encore défini comme un crime spécifique.

Doc Les procès en chiffres


Avec ces procès apparaît une justice pénale internationale (justice, qui à l'aide d'une
législation internationale, vise à régler les différends entre Etats ou entre des particuliers et
des Etats) pour les crimes commis dans le cadre d'une guerre.

c. Vers un monde meilleur ?


Dès les premières années du conflit, les puissances alliées avaient envisager l'après-conflit
sur de nouvelles bases. En août 1941, Roosevelt et Churchill se réunissent lors de la Conférence de
l'Atlantique → Voir doc Charte de l'Atlantique. Ils envisagent la création d'une nouvelle
institution pour remplacer la SDN : l'ONU.
Au sortir de la guerre, la charte de de San Francisco, le 26 juin 1945 qui donne naissance
à l'ONU (Organisation des Nations Unies) est signée par 51 pays.

Doc Les objectifs de l'Organisation des Nations Unies


Son but est de maintenir la paix dans le monde mais aussi d'assurer le progrès
économique et social.
Au-delà des principes de démocratie, de libertés et de droit des peuples s'ajoute la volonté
des Etats membres d'unir leur force pour maintenir la paix et la sécurité collective (système qui
veut assurer la paix en fondant les relations internationales sur le droit et la transparence, par
opposition à la diplomatie traditionnelle, souvent secrète).

3
Doc Le fonctionnement de l'ONU
L’Assemblée générale élit les membres des différentes institutions de l’ONU : les
membres non permanents du Conseil de sécurité, le secrétaire général, les membres du Conseil
économique et social, du Conseil de tutelle et de la Cour internationale de justice. Elle vote aussi le
budget de l’ONU.
Son rôle est consultatif pour les questions touchant au maintien de la paix. Un État peut
saisir l’Assemblée générale, mais ses conclusions n’ont qu’une valeur de recommandation : au
final, c’est le Conseil de sécurité qui décidera.
Le Conseil de sécurité prend donc les décisions concernant le maintien de la paix (on
parle de résolutions). Il comprend 5 pays membres permanents qui ont un droit de véto (les
vainqueurs de la guerre, dont la France) et 6 membres (puis 10) élus pour deux ans par
l’Assemblée générale. Il peut prendre des sanctions économiques, envoyer des Casques bleus
fournis par les États membres pour qu’ils s’interposent entre les belligérants. Il peut aussi permettre
à un pays ou une coalition de pays d’intervenir militairement contre le pays fautif.

Pour les EU, une paix durable n'est possible que dans un contexte de croissance
économique. La crise de 1929 et le repli protectionniste sont une des origines de la guerre pour les
EU et le RU.

Doc L'intérêt des accords de Bretton Woods


Les avantages des accords de Bretton Woods sont tout d’abord d’assurer la stabilité
financière sur la planète, ce qui facilite les échanges financiers et commerciaux. Par ailleurs, les
petits pays pourront s’adresser à une institution financière internationale (FMI ou BIRD) pour
obtenir un prêt, et seront donc moins dépendants politiquement des pays les plus riches auxquels ils
étaient contraints jusqu’alors de s’adresser. Il n’y aura plus de subordination politique entre pays.
Le 24 juillet 1944, 44 pays alliés (à l'exception de l'URSS), signent les accords de Bretton
Woods afin de réorganiser le système financier mondial et d'éviter le retour du désordre
économique des années 1930.
Doc Les accords de Bretton Woods
Ainsi, ils créent le système monétaire international (SMI) pour établir un taux de change
fixe des différentes monnaies par rapport au dollar (monnaie de référence) et favoriser les échanges
mondiaux. Deux institutions financières financées par les Etats membres voient le jour : le Fonds
monétaire international (FMI), chargé de prêter de l'argent aux Etats en difficulté financière, et la
Banque pour la reconstruction et le développement (BIRD) pour financer des projets de
développement.
En 1947, les accords du GATT sont signés pour favoriser les échanges en réduisant les
taxes douanières.

L'installation du siège de l'ONU à New-York et du FMI à Washington montre que les EU


veulent à l'avenir jouer un grand rôle dans le nouvel ordre international.

Enfin, dès les années 1930, la crise économique a conduit les démocraties libérales à
redéfinir le rôle de l'Etat et à renforcer ses prérogatives dans le domaine social.

4
Dossier documentaire Le programme du CNR et de l'Etat-Providence
Le Conseil national de la Résistance a été créé en 1943 sous l’impulsion de Jean Moulin
envoyé en France par de Gaulle. Le CNR réunit les différents mouvements de résistance, même
communistes, ainsi que des syndicats et partis interdits par le régime de Vichy. Pendant la guerre, il
élabore un programme qui doit être celui de la France à la Libération.
Dans le domaine économique, il s’agit de nationaliser certains secteurs de l’économie
(sources d’énergie et richesses du sous-sol ; compagnies d’assurance et grandes banques) et de
s’appuyer sur un plan quinquennal défini par l’État. Dans le domaine social : augmenter les salaires,
reconstituer le syndicalisme, créer un système de sécurité sociale visant à aider tous ceux qui ne
peuvent pas travailler, verser des retraites aux vieux travailleurs.
Les réformes de l’après-guerre s’inspirent largement de ce programme. Les secteurs
nationalisés sont le transport aérien (création d’Air France, le chemin de fer ayant été nationalisé en
1938) ; les banques et les compagnies d’assurance ; le secteur de l’énergie (électricité, gaz) ; les
mines de charbon. L’entreprise Renault est nationalisée pour fait de collaboration. Dans le domaine
social, les réformes concernent la création des comités d’entreprise, le retour des 40 heures de
travail hebdomadaire, et surtout la Sécurité sociale.
Il s’agit ici de la deuxième ordonnance de la Sécurité sociale (19 octobre 1945), qui précise
le champ d’application et les prestations de la Sécurité sociale. Les risques couverts sont les
maladies et l’invalidité, les charges de maternité (accouchement, congé maternité) et la vieillesse
par le versement d’une pension de retraite à partir de 60 ans.
« Tous solidaires, tous bénéficiaires » signifie que tout le monde participe financièrement à
la Sécurité sociale en fonction de ses moyens (plus on a un revenu élevé, plus on cotise), alors que
chaque cotisant en bénéficie en fonction de ses besoins.

Le libéralisme est considéré comme responsable de la crise des années 1930, et la politique
keynésienne aux États-Unis – le New Deal – comme un succès. Puis, pendant la guerre, l’État est
beaucoup intervenu dans le domaine économique (production de matériel de guerre,
approvisionnement en matières premières importées, affectation de la main-d’oeuvre) et aussi social
(assistance aux victimes). Enfin, après la guerre, la société aspire à vivre mieux. Cela pousse les
États, dont la France, à continuer sur la voie de l’intervention économique et sociale et à réaliser des
réformes sociales.

Dans de nombreux pays, les dirigeants souhaitent la mise en place d'un Etat-Providence
(ensemble des interventions de l'Etat dans le domaine économique et social). Le rapport de
Lord Beveridge (1942) au RU relève la nécessité d'un Etat plus protecteur et redistributeur. L'Etat et
les administrations publiques se doivent d'assurer les citoyens contre les risques sociaux (maladie,
vieillesse et chômage) et d'effectuer une redistribution des revenus dans un objectif de justice
sociale.
En France, le gouvernement s'appuie sur le programme du Conseil national de la
Résistance (CNR) rédigé en 1944. Il nationalise de nombreuses entreprises dans les domaines de
l'énergie, des banques et des transports, et crée la Sécurité sociale en 1945.
Pensez aussi aux évolutions politiques avec le vote des femmes (avril 1944) et la
reconnaissance du rôle des syndicats.

5
II. La montée des tensions en Europe et au Proche-Orient

Comment le monde s'organise-t-il autour de la tension entre EU et URSS ?

a. Des tensions croissantes entre les deux Grands (1945-1948)


En 1941, les EU et l'URSS se sont rapprochés pour lutter contre l'Allemagne nazie. Mais, ce
rapprochement était une simple alliance de circonstance : les idéologies véhiculées par ces deux
pays étant bien lointaines (capitalisme/communisme // démocratie/totalitarisme).

Au sortir de la guerre, les EU, qui ont été épargnés par les conflits et ont participé à l'effort
de guerre en faisant fonctionner leur industrie, sont vus comme la première puissance économique
du monde (ils possèdent plus de la moitié du stock d'or mondial) mais aussi comme la première
puissance militaire et culturelle (le American Way of Life devient un modèle en Europe).
Si jusqu'à Pearl Harbor, les EU avaient adopté une politique isolationniste (Politique
consistant, autant que possible, à ne pas intervenir dans les relations internationales), à partir
de 1945, les EU sont conscients qu'ils ont un rôle à jouer dans les relations internationales : on parle
d'interventionnisme.

En URSS, le bilan de la guerre est très lourd : nombreux morts, destructions importantes,
famines... Cependant, l'union peut s'appuyer sur le prestige de l'Armée rouge et sur l'appui des
partis communistes européens. Staline a des ambitions hégémoniques sur l'Europe de l'Est
(libérée par son armée). Il utilise alors sa puissance militaire et politique pour obtenir des
réparations de l'Allemagne, pour annexer des territoires de l'Est de l'Europe et pour intervenir
dans plusieurs pays d'Europe de l'Est pour asseoir le communisme.

Doc Discours de Churchill à Fulton (5 mars 1946)


Pour Churchill, les pays d’Europe de l’Est sont en train de rentrer dans l’ère d’influence
soviétique, soumis au contrôle de Moscou, avec des partis communistes qui cherchent partout à
s’emparer du pouvoir. L’URSS désire une expansion illimitée de sa puissance et de sa doctrine.
→ Un « rideau de fer », une séparation, est tombé sur l'Europe. L'URSS s'empare du
pouvoir politique des pays d'Europe de l'Est en créant des démocraties populaires (nom qu'ont
adopté les régimes communistes d'Europe de l'Est de 1945 à 1989, par opposition aux régimes
occidentaux qualifiés de « démocraties bourgeoises »). Voir doc L'établissement des
« démocraties populaires ».
Cette volonté de l'URSS d'instaurer des régimes communistes dans les pays qu'elle a libérés
va à l'encontre des accords de Yalta qui prévoyaient la tenue d'élections libres.

C'est notamment le cas en Tchécoslovaquie :


Dossier documentaire 1948 : le « coup de Prague »
Q1. Comment Jackson perçoit-il la situation enTchécoslovaquie fin 1946 ?
Pour cet homme politique américain, la Tchécoslovaquie reste fin 1946 un pays ouvert «
furieusement » occidental et son séjour à Prague témoigne des liens conservés entre les deux pays
au lendemain de la guerre. La Tchécoslovaquie esten effet un pays singulier, le seul à avoir été
libéré à la fois par les Anglo-Américains en Bohème et par les Soviétiques à l’Est. Le retrait
simultané des deux armées fin 1945 a montré la possibilité d’une coopération dans un pays de la
sphère d’influence soviétique. La démocratie y est restaurée avec un gouvernement de coalition («
présence de communistes dans son gouvernement ») : tous les partis de gauche sont autorisés à

6
participer mais le Parti communiste est le plus puissant avec 1,8 million membres et 8 portefeuilles
sur 25. Son chef Gottwald se dit alors légaliste. On voit cependant dans cette lettre écrite plusieurs
mois après le discours de Fulton (« nous avons inventé le “rideau de fer” »), que les doutes
divisent déjà les dirigeants américains : « les peurs américaines des rouges sont largement
exagérées », traduit l’optimisme de certains conseillers et journalistes pour qui la Tchécoslovaquie
est toujours un « pont entre l’Est et l’Ouest », une « sphère d’influence ouverte » (voir l’ouvrage de
Justine Faure, L’ami américain, la Tchécoslovaquie enjeu de la diplomatie américaine, Tallandier,
2004).

2. Identifiez les consignes données par Jdanov aux partis communistes à partir de
septembre 1947.
(La réunion de fondation du Kominform en septembre 1947 traduit la dégradation des
relations entre l’Est et l’Ouest après l’annonce du plan Marshall. Dans le document 2, Jdanov,
l’idéologue soviétique, parle « de plan américain d’asservissement de l’Europe » et de « plans
expansionnistes américains » dans une rhétorique guerrière réactivant l’antifascisme, mais
désormais contre les États-Unis. Les Tchécoslovaques ont déjà dû renoncer à l’aide américaine en
juillet quand des ministres tchèques ont été convoqués à Moscou).
Ce discours définit donc une nouvelle tactique offensive pour les partis communistes : ils
doivent « soutenir les éléments patriotiques », « lutter », « être la force dirigeante » et «
antifasciste ». Le Parti communiste tchécoslovaque change alors de stratégie, dès la fin 1947, afin
de promouvoir son influence (=contrôler) notamment dans l’armée et la police.

3. Analysez la façon dont les communistes prennent le pouvoir en Tchécoslovaquie en


février 1948.
Les documents mettent en évidence les étapes de la prise du pouvoir. Dans le document 3, il
est question d’une « méticuleuse préparation » : le Parti communiste tchécoslovaque mobilise en
masse ses partisans dans des manifestations et une grève générale le 24 février afin de faire
pression sur le président de la République, contre les ministres libéraux qui demandaient de
nouvelles élections. La photographie (doc. 4) dit l’ampleur de cette mobilisation communiste dans
les rues de Prague ; elle en montre aussi l’ordre et le calme. Le correspondant du Monde évoque «
la discipline des adhérents », « l’intelligence politique des chefs », c’est-à-dire l’importance de la
préparation. Le président E. Benès, malade et redoutant une guerre civile, cède à Gottwald qui
obtient, le 25 février, la formation d’un gouvernement exclusivement formé de communistes. Le
journal du Parti communiste français parle alors de « foule en liesse », quand Le Monde parle de
la fin « du régime parlementaire ». Ce dernier évoque ainsi la violence qui suit la prise du pouvoir
politique et économique par les communistes : « briser les partis organisés », « arrêter les
opposants », « expulser les chefs d’entreprise ».

4. Montrez la différence dans la manière de traiter le « coup de Prague » dans ces deux
journaux.
Pour Le Monde, journal de centre gauche, les événements de Prague justifient le terme de
« coup » (Bénès « capitule devant les injonctions » de Gottwald), longuement préparé (« la
Tchécoslovaquie enfin mise au pas », « méticuleuse préparation ») ; il souligne l’importance que
cet événement représente pour toute l’Europe selon lui (« le rideau de fer tombe sur le dernier acte
»), dans un pays qui est « la vaste usine du monde slave » et qui cesse d’être le pont entre l’Est et
l’Ouest (« nous aurons demain un bloc oriental sans fissure »). Le point de vue de L’Humanité, le
journal du Parti communiste, est bien sûr diamétralement opposé et souligne la popularité du
nouveau gouvernement (« foule en liesse », « acclame »), en quelque sorte légalisé par la rue ; il
parle « d’unité d’action » pour évoquer l’homogénéité du nouveau gouvernement. Pour les deux
journaux, en revanche, une étape est franchie avec la formation d’une « démocratie populaire »
(L’Humanité) ou d’une « république populaire » (Le Monde). → Raison pour laquelle vous devez

7
faire très attention aux sources, aux auteurs (= critiquer les documents : comment interpréter
le document en fonction de la source et de l'auteur).

Ainsi, par des élections truquées, voire des coups de force (comme en Tchécoslovaquie en
1948), l'Europe de l'est bascule en deux ans sous la coupe soviétique.

Un autre espace est source de tension en Europe : la gestion de l'Allemagne occupée.


L'Allemagne est un point crucial dans la montée des tensions entre les vainqueurs.
Doc L'Allemagne entre 1945 et 1949
Pour ne pas répéter l'erreur du traité de Versailles en affaiblissant l'Allemagne vaincue, les
puissances occidentales rétablissent l'économie libérale et la démocratie en Allemagne de
l'Ouest. A contrario, dans leur zone d'occupation à l'Est, les Soviétiques placent des communistes
au pouvoir.
Berlin, située en zone soviétique, est divisée en 4 zones (dont 3 aux mains des Américains,
des Britanniques et des Français). En juin 1948, les Occidentaux fusionnent leurs zones.
Inquiétude de l'URSS.

b. La naissance d'un monde bipolaire


Dossier documentaire 1945-1949 : Berlin et les premières tensions Est-Ouest p. 142- 143
Doc 3 → On voit apparaître les zones d'occupation dont les 3 zones occidentales sont
réunies. Les occidentaux créent alors une nouvelle monnaie pour l'Ouest : le Deutsche Mark
(valable aussi à Berlin ouest).
Staline revendique depuis plusieurs mois la totalité de Berlin. Face à ces aggressions, il
réplique par le blocus terrestre de Berlin-Ouest. S'engage alors un bras de fer de 11 mois entre
les Soviétiques et les Américains qui décident de ravitailler son secteur (2,5 millions d'habitants)
par un pont aérien → Doc 4. Le 12 mars 1949, Staline décide alors de lever le blocus.
En conséquence, l'ouest proclame en mars la RFA, une démocratie libérale et les
Soviétiques créent en octobre la RDA (démocratie populaire).
Pour protéger les alliés des EU, l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord)
est créée en 1949.

Mais cette Guerre froide, cette bipolarisation (processus par lequel le monde se divise en
deux groupes soudés autour d'une grande puissance militaire et politique durant la Guerre
froide) du monde, se note davantage avec l'adoption de deux textes.
Doc La doctrine Truman
Truman fait une comparaison entre les deux régimes. Pour lui, la démocratie libérale est la
volonté de la majorité, des élections libres, les libertés fondamentales (individuelles, de parole, de
religion) et l’absence d’oppression politique. Le régime communiste, c’est la volonté d’une
minorité (communiste) imposée par la force, la terreur et l’oppression, la suppression et l’absence
de libertés, le contrôle des médias, des élections truquées.
Truman pense que l’URSS et les communistes (« des minorités armées ») s’appuient sur la
misère et qu’il faut donc apporter un soutien économique et financier aux pays en difficulté.
C’est pour lui la seule façon de consolider les gouvernements libres face à la menace communiste.
Voir doc Une affiche pour le plan Marshall. Les EU mettent alors en place en 1947 le plan
Marshall : aide financière de 13 milliards de $ pour permettre la reconstruction des pays
européens, pour ceux qui l'acceptent. Ce plan est vu comme un moyen d'endiguer (containment)

8
le communisme, c'est-à-dire de contenir la tyrannie soviétique. 16 pays d'Europe de l'Ouest
acceptent le plan. La ligne de partage entre les 2 Europes est désormais clairement définie.

Doc Le rapport Jdanov (septembre 1947)


Pour Jdanov, l’aide américaine a pour but d’assurer la domination économique
américaine (et donc politique) sur le monde / il dénonce l'impérialisme américain.
Les partis communistes doivent donc refuser le plan Marshall et s’opposer aux États-Unis.
C’est d’ailleurs l’objet de l’affiche du Parti communiste français. Voir doc Affiche du Parti
communiste français contre le plan Marshall. Seule la Yougoslavie de Tito rompt avec Moscou
en juin 1948.
L'URSS créé alors en 1947 le Kominform (un organe de coordination politique des
différents partis communistes européens), dissous en 1956.

Ainsi, le rêve d'une sécurité collective sous l'égide de l'ONU s'effondre.

c. Aux origines du conflit israélo-arabe


Dossier documentaire 1948 : la naissance de l'Etat d'Israël
→ Q1 à 4 p. 134-135
1. Relevez les étapes menant à la fondation d’Israël.
L’introduction et la chronologie permettent de resituer les étapes antérieures à la Seconde
Guerre mondiale : la fondation du sionisme (mouvement nationaliste et laïque prônant le retour
des juifs en terre d'Israël et la création d'un Etat juif en Palestine) à la fin du XIXe siècle, puis
l’immigration en Palestine dans l’entre-deux-guerres sous le mandat britannique (suite à la
déclaration Balfour). Après 1945, s’ajoutent la question des rescapés du génocide et le problème
des conflits récurrents entre communautés.
En 1947, les Britanniques impuissants s’en remettent à l’ONU ; le document 1 montre le
partage effectué alors par les membres de l’ONU en fonction de la démographie ; ce plan
prévoit une union économique entre les deux États et la zone internationale (Jérusalem, Bethléem).
Il est adopté le 29 novembre 1947 par 33 voix (dont les États-Unis et l’URSS), contre 13 (dont les
pays arabes, la Turquie, l’Iran l’Inde, Cuba) et 10 abstentions (dont la Chine, l’Argentine).
Les violences éclatent immédiatement entre Juifs et Arabes ; les Britanniques
commencent à se désengager laissant les communautés face à face et quittent la Palestine le 14
mai ; David Ben Gourion (fondateur de l'Etat d'Israël et premier ministre de 1948 à 1963)
proclame aussitôt la création de l’État d’Israël (doc. 2). Une guerre éclate alors.

2. Recensez les participants à la guerre de 1948- 1949.


Les participants à la guerre de 1948-1949 sont les membres des deux communautés vivant
en Palestine. La majorité des Juifs de Palestine ont accepté le plan de partage, mais la plupart des
Arabes palestiniens le refusent ; ces derniers sont soutenus par les troupes des pays arabes voisins :
l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban mais aussi l'Irak, l'Arabie Saoudite et le Yémen du Nord →
forment la ligue arabe (elle veut l'affirmation de l'unité de la nation arabe mais son action vise
essentiellement à coordonner la politique des Etats membres contre Israël) entrent en guerre
contre Israël en mai 1948 au lendemain de la proclamation de Ben Gourion.
En Europe, des rescapés de la Shoah, des orphelins désormais isolés, se mobilisent (Saül
Friedlander parle de sa solitude après l’assassinat de ses parents, de sa « prise de conscience », de
son « rêve de communion et de communauté ») et s’engagent dans la défense d’Israël. Le
document 3 montre également l’influence des organisations sionistes en Europe dans cette
mobilisation.

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3. Décrivez la situation des Arabes palestiniens en 1948-1949.
La création de l’Israël, la guerre civile, puis la guerre avec les pays voisins, aboutissent
au déplacement de populations arabes, obligées de quitter leurs villages et de tout abandonner,
comme le montre le document 4 et le document 5 : « ma famille perdit tous ses biens et toutes ses
résidences » écrit Edward Saïd. Ils se réfugient dans les territoires annexés par la Jordanie et
l’Égypte, ou dans les pays voisins, comme la famille Saïd réfugiée en Égypte. Les 700 000
Palestiniens ainsi exilés se retrouvent le plus souvent dans des camps de fortune. Edward Saïd parle
des conséquences sociales (la misère, le chômage, l’isolement), mais aussi psychologiques (« perte
de courage, vie brisée, calme détruit »), les exilés étant interdits de retour. Il interroge, dans ce
témoignage, la question de la « cause palestinienne » et de la solidarité :« la plupart de gens étaient
prêts à [en] parler » mais « il n’y en avait que très peu qui voulaient bien faire quelque chose de
concret ».

4. Analysez les fondements historiques, religieux et politiques sur lesquels Israël est
créé.
Les fondements religieux sont évoqués dans le document 2 : Ben Gourion rappelle la
naissance du judaïsme dans le « pays d’Israël » (« le lieu où naquit le peuple juif […] son caractère
spirituel, religieux et national »). À ces motivations culturelles s’ajoutent des raisons historiques : la
personnalité de Ben Gourion et son rôle à la tête du Congrès juif, incite d’abord à rappeler la
constitution du sionisme à la fin du XIXe siècle au moment où le nationalisme et l’antisémitisme
provoquent des persécutions en Europe. En outre, dans la proclamation (doc. 2), il évoque les liens
conservés au cours des siècles entre la diaspora et la Palestine mais aussi l’importance de l’histoire
récente : l’immigration (« tout au long des dernières décennies, ils s’y rendirent en masse »),
l’enracinement par le travail et lesréalisations (« défrichèrent », « bâtirent cités et villages »). Les
conséquences de la Shoah sont à ses yeux essentielles, elles sont humaines (Israël sera un refuge
pour les rescapés) et politiques. Les raisons de la création d’Israël sont aussi de « conférer au peuple
juif l’égalité des droits au sein des nations ». Le témoignage de S. Friedlander confirme ces
dimensions humaines et politiques en soulignant l’influence du sionisme et l’importance du projet
collectif : « la tension devint insupportable », « rêve de communion et de communauté ». La
proclamation de Ben Gourion montre également qu’Israël (où une partie de la population est arabe)
est fondé sur un projet politique démocratique, respectant les libertés (« de conscience, de culte,
d’éducation et de culture ») et la « complète égalité de droits sociaux et politiques ».

Face au manque d'unité des armées arabes, Israël, qui dispose du matériel britannique issu
de la SGM et d'un armement moderne fourni par la Tchécoslovaquie, remporte sa première
victoire. Les combats s'achèvent par un armistice en janvier 1949, après une défaite arabe
écrasante. L'Etat arabe palestinien ne voit pas le jour, partagé entre Israël, la Jordanie et l'Egypte. Mais
l'absence de traité de paix engendrent des rivalités profondes et durables.

Conclusion
Schéma de synthèse

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