EXEMPLE COMPLET
L’exemple suivant nous permettra d’approfondir l’analyse de la norme ISA. Il s’agit d’une boucle
de régulation de température industrielle typique.
Procédé de régulation de température
La boucle de régulation de température (boucle externe) est réalisée par deux boucles (interne et
externe) reliées en cascade. C’est donc un système multi-variable.
La température interne du réservoir est obtenue via un thermocouple. Ce dernier est directement
relié au régulateur PID #1. La sortie de ce régulateur doit commander le débit de vapeur grâce à
l’action de la valve #1. Si on désire avoir une régulation stable et performante, il faut s’assurer
que le débit de vapeur réel corresponde bien à ce qui est demandé par le régulateur PID. Ce
résultat est assuré par une deuxième boucle placée en cascade (boucle interne). Ce deuxième
régulateur PID contrôle le débit de vapeur grâce à un débitmètre placé sur le retour du serpentin.
Le régulateur PID utilisé est du type numérique programmable, il offre de nombreuses
possibilités dont celle du contrôle en cascade utilisée dans le présent procédé. Sur ce régulateur
PID, seules la consigne, la température du procédé et la commande de la valve sont affichées sur
le régulateur.
Les deux régulateurs PID (boucles interne et externe) sont inclus dans le programme du
régulateur #1.
Représentation complète du procédé suivant la norme ISA
Analysons maintenant chacun des éléments présents de la Figure
Ce symbole représente la restriction (causée par la plaque orifice) de l’élément primaire du
capteur de débit.
• F = débit - « flow »
• E = élément primaire de mesure « element »
Rappelons que ce type de capteur de débit est constitué d’une restriction au passage du liquide.
La relation entre la différence de pression (de part et d’autre de la plaque orifice) et le débit est
donné par l’équation :
où :
• D est le débit
• ⧠P est la différence de pression sur la plaque orifice
• K est la constante de proportionnalité
capteur de pression différentielle
Ce symbole représente le capteur de pression différentielle. Sa fonction est de mesurer la
différence de pression sur la plaque orifice (FE/1). La sortie de ce capteur est un signal électrique
de 4 à 20 mA.
• F = débit - « flow »
• T = transmetteur
Fonction mathématique
Ce symbole représente une fonction mathématique. Dans ce cas, la sortie de la fonction
représente la racine carrée de l’entrée.
• F = débit - « flow »
• Y = « relay »
Convertisseur courant / pression
Ce symbole représente le convertisseur courant / pression de la boucle #1. Rappelons
qu’aujourd’hui encore, la plupart des vannes industrielles est commandée par des dispositifs
pneumatiques. L’ouverture de la vanne dépend d’un signal variant de 3 à 15 PSI. Le régulateur
fournit à la vanne un signal électrique de 4 à 20 mA. La fonction du convertisseur I / P est donc
de transformer le signal électrique en un signal pneumatique.
• F = débit - « flow »
• Y = « relay »
• I = courant
• P = pression
Vanne pneumatique
Ce symbole représente la vanne qui contrôle le débit de vapeur.
• F = débit - « flow »
• C = régulation - « control »
• V = vanne
Détecteur de température
Ce symbole représente un détecteur de température excessive.
• T = température
• S = commutateur - « switch »
• A = alarme
Indicateur lumineux
Ce symbole représente l’indicateur lumineux de haute température. La barre dans le centre du
cercle indique que la lumière est située sur la console de l’opérateur.
• L = lumière
• I = indicateur
• H = haut - « high »
Enregistreur
Ce symbole représente la première entrée de l’enregisteur, placée sur la console de l’opérateur (la
seconde entrée étant le LR 2).
• T = température
• R = enregistreur - « recorder »
Régulateur
Ce symbole représente le régulateur de débit de la boucle #1.
• F = débit - « flow »
• C = régulateur - « controller »
La mesure et les
capteurs industriels
Le progrès des technologies utilisées pour la fabrication des capteurs industriels aura permis
d’améliorer l’efficacité de la chaîne de mesure. En effet, la multitude de capteurs disponibles
permet d'exploiter le système de mesure adéquatement pour toutes les grandeurs physiques que
l’on mesure dans une entreprise (température, pression etc.); elles sont mesurées avec la précision
qu’exige l’application industrielle visée.
Le substantif mesure représente le résultat de l’action de mesurer, à savoir la valeur de la
grandeur physique mesurée. Pour un système de régulation de procédé, cette grandeur physique
mesurée exprime, de façon électrique, l’état de la variable que nous voulons réguler. Cette
variable qui évolue dans le temps en fonction de perturbation extérieure ou de variation au sein
du procédé est communément appelée la grandeur mesurée (« process value » ou PV).
Les méthodes de mesure aussi ont progressé considérablement.
La méthode qui est maintenant la plus répandue est la mesure à l’aide de circuit électronique. Que
ce soit avec une chaîne de mesure analogique ou numérique, la valeur de la grandeur physique est
traitée, enregistrée ou affichée par un système intégré de plus en plus complet.
L’objectif est de nous familiariser avec les différents concepts entourant la chaîne de mesure que
nous retrouvons en milieu industriel lorsque la lecture d’une grandeur physique devient
essentielle.
1 Le capteur
1.1Définition
Un capteur est un organe de prélèvement d'information qui élabore à partir d'une grandeur
physique, une autre grandeur physique de nature différente (très souvent électrique). Cette
grandeur représentative de la grandeur prélevée est utilisable à des fins de mesure ou de
commande.
1.2 Transmission du signal de mesure.
Selon le type de capteur, le signal électrique de mesure peut être de différentes natures :
analogique, numérique ou logique.
• signal de mesure analogique : il est lié au mesurande par une loi continue, parfois linéaire, qui
caractérise l’évolution des phénomènes physiques mesurés. Il peut être de toute nature :
− courant 0 – 20 mA , 4 – 20 mA.
− tension 0 – 10 V , 0 – 5 V.
• signal de mesure numérique : il se présente sous la forme d’impulsions électriques générées
simultanément (mode parallèle, sur plusieurs fils) ou successivement (mode série, sur un seul fil).
Cette transmission est compatible avec les systèmes informatiques de traitement.
• signal de mesure logique : il ne compte que deux valeurs possibles, c’est un signal tout ou
rien.
Un signal est dit analogique si l'amplitude de la grandeur physique le réprésentant peut
prendre une infinité de valeurs dans un intervalle donné.
Signal continu : C'est un signal qui varie 'lentement' dans le temps : température, débit,
niveau.
Forme : C'est la forme de ce signal qui est importante : pression cardiaque, chromatographie,
impact.
Fréquentiel : C'est le spectre fréquentiel qui transporte l'information désirée : analyse vocale,
sonar, spectrographie.
Un signal est dit numérique si l'amplitude de la grandeur physique le représentant ne peut
prendre qu'un nombre fini de valeurs. En général ce nombre fini de valeurs est une
puissance de 2.
Tout ou rien (TOR) : Il informe sur l'état bivalent d'un système.
Exemple : une vanne ouverte ou fermée.
Train d'impulsion : Chaque impulsion est l'image d'un changement d'état. Exemple : un
codeur incrémental donne un nombre fini et connu d'impulsion par tour.
Echantillonnage : C'est l'image numérique d'un signal analogique.
Exemple : température, débit, niveau, son (pression)…
1.3 Types de capteurs
En tant qu'élément de circuit électrique, le capteur se présente, vu de sa sortie :
➢ Capteur actif
Fonctionnant en générateur, un capteur actif est généralement fondé dans son principe sur un effet
physique qui assure la conversion en énergie électrique de la forme d'énergie propre à la grandeur
physique à prélever, énergie thermique, mécanique ou de rayonnement. Les plus classiques sont :
• Effet thermoélectrique : Un circuit formé de deux conducteurs de nature chimique différente,
dont les jonctions sont à des températures T1 et T2, est le siège d'une force électromotrice
e(T1,T2).
On constate que si la température T2 est différente de T1
alors il apparaît une tension U aux bornes des deux fils
soumis à la température T1.
Le phénomène inverse est aussi vrai : si on applique une
tension, alors il y aura un échauffement ou un
refroidissement au point de liaison des deux conducteurs
( modules à effet Peltier ).
Application : Mesure des hautes températures ( 900 →
1300°C ).
• Effet piézo-électrique : L'application d'une contrainte mécanique à certains matériaux dits
piézo-électrique (le quartz par exemple) entraîne l'apparition d'une déformation et d'une même
charge électrique de signe différent sur les faces opposées.
Une force appliquée à une lame de quartz induit une déformation qui donne naissance à une
tension électrique.
• Effet d'induction électromagnétique : La variation du flux d'induction magnétique dans un
circuit électrique induit une tension électrique.
• Effet photo-électrique : Un semi-conducteur est un matériau pauvre en porteurs de charges
électriques (isolant). Lorsqu'un photon d'énergie suffisante excite un atome du matériau, celui-ci
libère plus facilement un électron qui participera à la conduction.
• Effet Hall : Un barreau de semi-conducteur soumis à un champ magnétique uniforme B et
traversé par un courant I, est le siège d'une force électromotrice UH sur deux de ses faces.
• Effet photovoltaïque :Des électrons et des trous sont libérés au voisinage d'une jonction PN
illuminée, leur déplacement modifie la tension à ses bornes.
Capteur passif
Il s'agit généralement d'impédance dont l'un des paramètres déterminants est sensible à la
grandeur mesurée. La variation d'impédance résulte :
• Soit d'une variation de dimension du capteur, c'est le principe de fonctionnement d'un grand
nombre de capteur de position, potentiomètre, inductance à noyaux mobile, condensateur à
armature mobile.
• Soit d'une déformation résultant de force ou de grandeur s'y ramenant, pression accélération
(armature de condensateur soumise à une différence de pression, jauge d'extensiométrie liée à une
structure déformable).
L'impédance d'un capteur passif et ses variations ne sont mesurables qu'en intégrant le capteur
dans un circuit électrique, par ailleurs alimenté et qui est son conditionneur.
Généralement, pour une variation de la résistivité du capteur, nous utiliserons un circuit de
résistances en pont; pour les variations du type magnétique ou capacitif, nous utiliserons un pont
d’impédances ou un oscillateur.
2. CHAINE DE MESURE
2.1 Principe d'une chaîne de mesure
La mesure d’une grandeur physique ou chimique consiste à utiliser une suite d’élément afin
d’obtenir une indication ou un signal représentatif de cette grandeur .
On appelle chaîne de mesure l’ensemble des éléments, à partir de l’élément primaire de mesure
jusqu’au dispositif final d’indication ,d’enregistrement, de stockage ou de traitement .
2.2 La chaîne de mesure analogique
La chaîne de mesure analogique illustrée à la figure est constituée de l’ensemble des dispositifs, y
compris le capteur, rendant possibles le traitement du signal mesuré et la transmission d’un signal
normalisé 4-20mA.
Schéma de principe d’une chaîne de mesure analogique
Pour optimiser et exploiter adéquatement la variable mesurée, des blocs fonctionnels assurent un
conditionnement du signal exempt de bruit, linéaire et compensé thermiquement. Voici la
description des blocs que nous retrouvons dans ce schéma de principe.
1. Procédé et variable mesurée : Environnement dans lequel évolue la variable mesurée,
occasionnellement appelée la mesurande.
2. Capteur : Élément primaire de mesure qui subit une modification de ses caractéristiques
intrinsèques.
3. Conditionneur de signal : Un ensemble de circuits qui délivre un signal électrique
proportionnel à la variation du capteur soumis à une contrainte physique. Le conditionneur de
signal comporte dans certains cas des circuits d’amplification bas niveau, des circuits de
linéarisation ou de compensation thermique, ou des circuits de traitement du bruit. Pour d’autres
cas, nous retrouvons simplement un circuit en pont ou un oscillateur.
4. Amplificateur d’instrumentation : Circuit d’amplification aussi appelé amplificateur
différentiel de signal. Ce circuit électronique est utilisé pour amplifier des signaux qui sont en
mode différentiel, par exemple, un signal de ligne balancée ou d’un pont de mesure. Un des
principaux avantages de cet amplificateur est qu’il possède un grand taux de rejet du bruit.
5. Transmetteur 4-20mA :
Le transmetteur: Un ensemble d’éléments électroniques qui conditionne,
amplifie et transmet un signal électrique normalisé en fonction de la
variation que subit le capteur. En principe, le signal de sortie est transmis
sur une boucle de courant normalisée 4-20mA correspondant
linéairement à la gamme de mesure reproduite.
La fiabilité d’un tel dispositif en terme de détection rapide de rupture de ligne, de transport sur
une grande distance avec un faible taux de bruit sans perte de signal et la précision du transfert de
la grandeur mesurée en font l’une des normes des plus reconnues. Par exemple, pour une gamme
de mesure de 0°C à +50°C, le transmetteur fournira un signal de 12mA pour une température
mesurée de +25°C.
6. Équipements usuels : Beaucoup d’instruments de mesure et de contrôle de procédé,
commercialisés par les fabricants, possèdent une entrée analogique 1-5V. À l’aide d’une
résistance de 250Ω de précision, un signal venant d’un transmetteur 4-20mA peut facilement être
exploité puisque le transfert de 4-20mA, dans une résistance de 250Ω, donne un signal
standardisé 1-5V. Les instruments usuels sont :
• l’enregistreur ;
• l’afficheur ;
• le régulateur de procédé ;
• le système d’acquisition de données ;
• le système de gestion des alarmes.
2.3 La chaîne de mesure numérique
Les progrès de l’électronique numérique ont influencé considérablement le domaine de la mesure
en milieu industriel. Les circuits de conversion de signal analogique à numérique (« A/D
converter ») et l’utilisation grandissante des micro-contrôleurs spécialisés, dédiés et autonomes
ont facilité le traitement et la transmission numérique de signaux de mesure. En effet, nous
retrouvons des standards de communication série pour transmettre des signaux entre les
différentes unités du système industriel.
Il suffit de doter l’ensemble de mesure d’un système à micro-contrôleur pour faciliter le
traitement et la communication. En effet, la chaîne de mesure numérique illustrée à la est
constituée de circuits permettant d’effectuer le traitement numérique de l’information.
Schéma de principe d’une chaîne de mesure numérique
Voici la description des blocs que nous retrouvons dans ce schéma de principe.
1. Procédé et variable mesurée : Environnement dans lequel évolue la variable mesurée,
occasionnellement appelée la mesurande.
2. Capteur : Élément primaire de mesure qui subit une modification de ses caractéristiques
intrinsèques.
3. Conditionneur de signal : Circuit qui délivre un signal électrique proportionnel à la variation
du capteur soumis à une contrainte physique. Dans ce cas, le conditionneur de signal comporte
beaucoup moins de circuits électroniques. En effet, les opérations de linéarisation et de
compensation peuvent avantageusement être effectuées par le micro-contrôleur.
4. Convertisseur analogique à numérique : Circuit intégré avec ou sans échantillonnage,
permettant le transfert du signal électrique analogique en code binaire pour une plage donnée.
Dans certaines applications, le convertisseur fait partie d’un ensemble intégré à base de
microcontrôleur. Dans ce cas, nous retrouvons des fonctions complexes de filtre numérique du
signal d’entrée, de fonctions de transfert particulières ou de linéarisation. La fréquence de
l’échantillonnage (contrôlée de façon matérielle ou logicielle) doit être beaucoup plus élevée que
la fréquence du signal mesuré pour obtenir une conversion optimale et pour une représentation
numérique du signal valable.
5. Équipements usuels : Circuit à base de microprocesseur (micro-ordinateur, micro-contrôleur ou
autre) pour le traitement numérique du signal ou pour des fonctions d’instrumentation :
• transmission numérique ;
• afficheur numérique ou enregistreur numérique ;
• système d’acquisition de données et gestionnaire d’alarmes.
3.3 LES CARACTERISTIQUES GENERALES DES CAPTEURS
Toutes les opérations de commande sont basées sur une mesure. Il en résulte que les capteurs sont
conçus pour reproduire la plus grande variation possible à la sortie pour une variation donnée à
l’entrée. À l’instar de tout dispositif de mesure de qualité, ils doivent avoir un comportement
stable, reproductible et fiable. Avant d’aborder systématiquement l’étude des principes de
fonctionnement des capteurs, il serait bon de préciser quelques caractéristiques générales utilisées
pour spécifier les capteurs.
Bien que certaines caractéristiques de capteurs soient standardisées, il serait préférable de se
référer toujours aux procédures que le fabricant a utilisées pour apprécier les caractéristiques du
capteur. En effet, la plupart des conditions de test ne sont pas uniformisées et le vocabulaire
utilisé est totalement différent d’un fabricant à l’autre, voire d’une nationalité à l’autre.
Voici un aperçu général des caractéristiques usuelles d’un capteur; les plus importantes sont:
− limites d’utilisation ;
− étendue de mesure;
− sensibilité ;
− résolution ;
− linéarité ;
− fidélité, justesse, précision
− classe de précision
− répétabilité ;
− hystérésis ;
− finesse ;
− temps de réponse.
Voici l’exemple qui illustre les caractéristiques d’une cellule de charge - capteur permettant la
mesure d’une masse.
3.1 Les limites d’utilisation
Les limites d’utilisation définissent les limites extrêmes (inférieure et supérieure) de la grandeur
physique que l’on peut reproduire sans détériorer ou modifier les caractéristiques métrologiques
du capteur. C’est une caractéristique nominale fournie par le fabricant du capteur.
La gamme de mesure de la chaîne de mesure ne doit jamais excéder les limites d’utilisation du
capteur.
• Chaque capteur présente des caractéristiques métrologiques qui définissent ses limites
d'utilisation et de précision.
• Ces limites dépendent de la mesurande et des grandeurs d’influence.
• Trois domaines de fonctionnement:
3.2 L'étendue de mesure
En anglais « span », l'étendue de mesure est la différence algébrique entre les valeurs extrêmes
(minimale et maximale) pouvant être mesuré par la chaîne de mesure. L'étendue de mesure doit
être obtenue à l'intérieur des limites d'utilisation du capteur. Pour les appareils à gamme de
mesure réglable, la valeur maximale de l'étendue de mesure est appelée pleine échelle.
3.3 L'erreur absolue et l'erreur relative et l'erreur systématique
L'erreur absolue est la valeur de l'erreur directement liée à la mesure. Par exemple, si le capteur a
une valeur nominale de 100Ω, et que l'on spécifie une incertitude de 0,2Ω, on notera l'erreur
absolue à ±0,2Ω.
L'erreur relative est le rapport entre l'erreur absolue sur le résultat de la mesure. Pour le capteur
précédent, nous avons une erreur relative de
L'erreur systématique pour une valeur donnée, exprime l'écart entre la valeur mesurée et la valeur
recherchée, soit la valeur nominale, en pourcentage par rapport à l'étendue de mesure.
Par exemple, pour une chaîne de mesure dont l'étendue de mesure est de 200°C, on mesure, dans
des conditions données, une température de +50,2°C comparée à une valeur nominale ou de
référence de +50,0°C. L'erreur systématique (souvent appelée l'erreur de précision d'échelle) est
donc de
3.4 La sensibilité
De façon générale, cette caractéristique traduit le rapport entre la variation du signal de sortie et
la variation du signal d’entrée pour une plage d’utilisation donnée. Si le capteur possède une
fonction de transfert linéaire sur toute la gamme d’utilisation, la sensibilité sera unique pour toute
l’étendue de mesure. Toutefois, si le capteur possède quelques imperfections, le fabricant fournira
la sensibilité pour différents points de la fonction de transfert. Le calcul de la pente de la tangente
à un point donné du graphique, exprimant le signal de sortie en fonction de la grandeur mesurée,
donne la sensibilité au point donné. Le capteur de température LM35 a une sensibilité de
10mV/°C.
Des exemples de sensibilité:
− mesure de température : 10mV/°C ;
− mesure de débit : 1mA/Litre/sec ;
− mesure de vitesse : 12pas/sec.
Pour certains capteurs, la sensibilité est influencée par l’alimentation. C’est souvent le cas pour
des capteurs de température ou des capteurs de pression dont le transducteur est basé sur un pont
de mesure. Des exemples:
− mesure de température : 1mV/V/°C ;
− mesure de pression : 10mV/V/kPa.
Dans le cas d’une sensibilité de 1mV/V/°C, pour chaque volt d’alimentation, le signal de sortie
augmentera de 1mV pour une augmentation de la température de 1°C. Donc, si le circuit est
alimenté à l’aide d’une source de 10V, nous pouvons considérer que la sensibilité de sortie est de
10mV/°C. Mais attention, si vous modifiez l’alimentation, la sensibilité sera affectée.
Si nous alimentons le circuit à l’aide d’une source de 20V et que cette tension est dans les limites
technologiques du capteur, la sensibilité sera augmentée à 20mV/°C. Ce qui correspond aussi à
une multiplication du gain du circuit par 2.
3.5 La résolution
La résolution de la chaîne de mesure nous informe de la plus petite valeur que le système peut
mesurer avec précision. Normalement, cette caractéristique est fournie dans le cas d’une chaîne
de mesure possédant une interface numérique (convertisseur a/n ou n/a) à une étape de la
conversion. Plus le convertisseur aura de bits, meilleur sera la résolution. on définit la résolution
par la formule suivante :
é𝑡𝑒𝑛𝑑𝑢𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒
𝑅é𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛 =
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒
3.6 La linéarité
L'erreur de linéarité spécifie le plus grand écart entre la courbe d'étalonnage et une ligne droite
appelée « meilleure droite ». L'écart de linéarité s'exprime en % de l'étendue de mesure comme
l'erreur systématique. La fonction de transfert est linéaire dans une plage déterminée si les
variations du signal de sortie (la variable dépendante) sont proportionnelles aux variations de la
grandeur mesurée (variable indépendante). Si la sensibilité est la même sur toute la plage
d’utilisation du capteur, il en résulte un capteur linéaire. Les écarts de cette droite sont appelés
écarts de linéarité; ils sont spécifiés en pourcentage de l’étendue de mesure par rapport à la droite
idéale (erreur systématique).
Par exemple, un capteur de température dont la gamme de mesure est de -50°C à +100°C possède
un « span », étendue de mesure de 150°C. Si le fabricant spécifie un écart de 0,05% pour une
mesure de 50°C, alors le capteur peut donner une erreur de 0,075°C (0,05% de 150°C) à 50°C, ce
qui n’est pas si mal. Évidemment, plus le chiffre est petit, meilleur est le capteur.
3.7 Fidélité, justesse, précision
➢ La fidélité est la qualité d'un appareillage de mesure dont les erreurs sont faibles.
➢ Un instrument est d'autant plus juste que la valeur moyenne est proche de la valeur vraie.
➢ Un appareil précis est à la fois fidèle et juste.
Le centre représente la valeur vraie
En pratique, la précision est une donnée qui fixe globalement l'erreur maximum (en + ou en -)
pouvant être commise lors d'une mesure. Elle est généralement exprimée en % de l'étendue de
mesure.
Pour les applications courantes, la précision d'un capteur industriel est comprise entre ± 0,5% et
±2,0% de l'étendue de mesure.
3.8 Classe de précision
La classe d'un appareil de mesure correspond à la valeur en % du rapport entre la plus grande
erreur possible sur l'étendue de mesure.
𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑒𝑟𝑟𝑒𝑢𝑟 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒
𝑐𝑙𝑎𝑠𝑠𝑒 = 100 ×
é𝑡𝑒𝑛𝑑𝑢𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒
3.3.9 La répétabilité
Un capteur idéalement précis reproduira toujours le même signal de sortie lorsque soumis à une
même grandeur physique. Cette caractéristique est généralement exprimée en pourcentage par
rapport à l’étendue de mesure pour une valeur donnée.
3.3.10 L’hystérésis
Un capteur est soumis à une variation croissante de la grandeur mesurée, puis subit la même
variation décroissante. Idéalement, le point de retour devrait être le même que le point de départ.
On dit qu'il y a hystéresis lorsque la courbe obtenue à la croissance ne se superpose pas avec la
courbe obtenue à la décroissance de. Cette caractéristique est généralement exprimée en
pourcentage par rapport à l’étendue de mesure pour une valeur donnée.
3.11 La finesse
Qualité exprimant l'aptitude d'un capteur à donner la valeur de la grandeur à mesurer sans
modifier celle-ci par sa présence.
Par exemple, certains hygromètres vaporisent de l’eau (psychrométrie) pour mesurer l’humidité
de l’air. Une telle opération modifie l’humidité de l’air. Cette opération doit être prise en compte
lors de l’établissement de l’humidité réelle mesurée.
3.12 Le temps de réponse
Le temps de réponse, ou temps de montée, est l’intervalle de temps que prend le signal de sortie
pour retrouver un nouvel équilibre après une variation brusque de la grandeur à mesurer. Certains
fabricants de capteur considèrent que le temp de réponse (ou temps de montée) est l’intervalle de
temps qui s’écoule entre le moment où la sortie du capteur passe de 10% à 90% de sa variation
sur une échelle normalisée.
Il illustre la réponse temporelle d’un capteur subissant une variation instantanée de la grandeur
mesurée. Il est à remarquer qu’un capteur requiert un certain délai avant d’être influencé par la
grandeur physique à reproduire. Cette caractéristique est nommée le temps de délai.
Représentation de la réponse temporelle d'un capteur
4 METHODE DE CHOIX DES CAPTEURS INDUSTRIELS
Pour choisir correctement le capteur industriel pour une application donnée, la démarche
proposée se fera en tenant compte de trois informations:
1. définition du cahier des charges ;
2. considérations techniques externes affectant le choix du capteur ;
3. caractéristiques intrinsèques du capteur.
Il sera important d’etre bien documenté chez les fournisseurs pour connaître les technologies et
les dispositifs disponibles sur le marché. Le choix adéquat du capteur sera fait en considérant une
foule de compromis en fonction des caractéristiques générales de la mesure.
4.1 Définition du cahier des charges
Les critères de choix sont déterminés en fonction de l’environnement où la mesure sera prise, la
qualité de la mesure demandé et la disponibilité financière.
Prioritairement, nous devons définir le besoin:
• lisez attentivement le cahier des charges pour identifier précisément:
a) la nature et le type de grandeur physique à mesurer ;
b) la précision demandée par l’application ;
c) le signal de sortie requis ;
d) les contraintes financières ;
• déterminez la technologie appropriée pour l’application:
a) électrique ;
b) électronique ;
c) mécanique ;
d) pneumatique ;
e) hydraulique ;
• faites le choix de l’élément de mesure :
a) en fonction du cahier des charges ;
b) en fonction de l’application et des solutions technologiques ;
c) en fonction de la disponibilité chez les fournisseurs.
4.2 Les considérations techniques externes affectant le choix du capteur
Les éléments les plus important sont :
1. la disponibilité en alimentation :
• la distribution électrique de courant alternatif est-elle disponible ?
• devrons-nous plutôt utiliser une alimentation à courant continu ?
2. la technologie à utiliser :
• sommes-nous en présence d’une application requérant un circuit tout-ou-rien (alarme ou
détection de seuil) ou est-il nécessaire d’obtenir une information proportionnelle ?
• quel est l’ordre de grandeur de la précision recherchée ?
• quelle distance sépare l’ensemble capteur-transmetteur de l’alimentation ?
• quel est le type de signal requis à la sortie ?
3. l’environnement est-il :
• poussiéreux ?
• humide ou sec ?
• en atmosphère explosive ?
• à haute ou basse température (température ambiante) ?
4. la dimension et la fixation du capteur :
• la dimension et le poids ;
• les modes de fixation ;
• l’endurance mécanique ;
• la résistance aux chocs et aux vibrations ;
• le degré d’étanchéité.
4.3 Les caractéristiques intrinsèques du capteur
Nous devons définir quelques éléments importants pour choisir le capteur:
1. La gamme de mesure: Les valeurs minimales et maximales de la grandeur physique à mesurer.
2. La sensibilité: L'expression d’un signal suffisant élevé en fonction d’une grandeur physique
donnée.
3. La qualité: Il doit être relativement précis, posséder une bonne répétabilité et être exempt
d'hystérésis. Il doit fournir un signal de sortie exact pour la valeur de la grandeur physique
mesurée
4. La linéarité: Il doit être linéaire dans la plage d’utilisation de l’application qui nous intéresse.
5. Le type de transduction: Il faut déterminer le type de signal de sortie. Si la mesure se fait à une
grande distance par rapport aux circuits d’acquisition de donnée ou de traitement, le capteur doit
être accompagné d’un transmetteur 4-20mA.
6. Il doit être peu encombrant et bon marché.
Il appartiendra au concepteur de la chaîne de mesure de bien établir l’importance de chaque
critères énoncés en fonction de la nature de la mesure à effectuer, de la précision demandée et de
la disponibilité financière.