Groupes et Anneaux : Concepts Clés
Groupes et Anneaux : Concepts Clés
2 La structure d’anneau 21
2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2 Calculs dans un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Puissances d’un élément . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4 Les sous-anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.5 Les corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.6 Formules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.7 Anneaux intègres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.8 Morphismes d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.9 Les anneaux produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.10 Les idéaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3 Z/nZ 31
3.1 Groupes quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2 Anneaux quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.3 Propriétés spécifiques de Z/nZ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4 Théorème chinois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
1
Groupes et anneaux 1
1 La structure de groupe
1.1 Définitions
Définition. Soit G un ensemble muni d’une loi interne notée “×”. On suppose que
G est un monoı̈de dont l’élément neutre sera notée 1G .
On dit que (G, ×) est un groupe si et seulement si tout élément de G possède un
symétrique pour la loi interne, c’est-à-dire si et seulement si, pour tout x ∈ G, il existe
y ∈ G tel que x × y = y × x = 1G .
Dans ce cas, pour tout x ∈ G, le symétrique de x est unique, il est noté x−1 .
Démonstration.
Soit x ∈ G. Soit y et z deux symétriques de x. Alors
y = y × e = y × (x × z) = (y × x) × z = e × z = z.
Remarque. On aurait très bien pu continuer à noter ∆ la loi de G et e son élément
neutre, avec ∆ et e substituable par n’importe quel autre symbole, mais l’usage restreint
la notation de la loi interne d’un groupe à seulement deux notations : la notation
multiplicative, que l’on vient de voir, et la notation additive, réservée aux groupes
commutatifs. Ainsi, (G, +) est la notation générique d’un groupe commutatif. Son
élément neutre est alors noté 0 ou 0G et le symétrique de x est alors noté −x.
Remarque. En notation multiplicative, le produit de deux éléments x et y est souvent
noté xy au lieu de x.y ou x × y, c’est-à-dire que la loi utilisée est notée par . . . rien du
tout.
En résumé, (G, .) est un groupe si et seulement si G est un ensemble muni d’une loi
interne “.” vérifiant
— l’associativité : pour tout x, y, z ∈ G, x(yz) = (xy)z ;
— l’existence d’un élément neutre 1G : pour tout x ∈ G, 1G .x = x.1G = x :
— l’existence, pour tout x ∈ G, d’un symétrique x−1 tel que : xx−1 = x−1 x = 1G .
Exemple.
— (Z, +) et (Q, +) sont des groupes commutatifs.
— (Q∗ , ×) est un groupe commutatif mais (Z∗ , ×) n’est pas un groupe.
— (R∗ , .) et (C∗ , .) sont des groupes commutatifs.
— L’ensemble des matrices carrées de taille n à coefficients réels Mn (R) muni de
son addition est un groupe commutatif.
— L’ensemble des matrices inversibles de Mn (R) muni de la multiplication matri-
cielle est un groupe non commutatif.
Définition. Si (G, .) est un groupe fini, le cardinal de G est appelé l’ordre de G.
Définition. Pour un groupe, “commutatif” et “abélien” sont synonymes.
Notation.
Dans un groupe (G, .), en notation multiplicative donc, si x1 , . . . , xn ∈ G, on note
n
Y
x1 ×· · ·×xn = xi , en convenant que ce produit vaut 1G lorsque n = 0 (produit vide).
i=1
Il est préférable de limiter l’usage de cette notation au cas où les éléments x1 , . . . , xn
commutent deux à deux (c’est-à-dire lorsque, pour tout i, j ∈ {1, . . . , n}, xi xj = xj xi ).
Dans un groupe abélien (G, +), en notation additive donc, si x1 , . . . , xn ∈ G, on note
Xn
x1 + · · · + xn = xi , en convenant que cette somme vaut 0G lorsque n = 0 (somme
i=1
vide).
Propriété. Soit (G, .) un groupe et (x, y) ∈ G2 . Alors
Démonstration.
x × x−1 = x−1 × x = 1G , donc le symétrique de x−1 est bien x.
(xy)(y −1 x−1 ) = x(yy −1 )x−1 = x.1G .x−1 = 1G et de même, (y −1 x−1 )xy = 1G , donc le
symétrique de xy est y −1 x−1 .
Remarque. Par récurrence, on en déduit que si n ∈ N et x1 , . . . , xn ∈ G, où (G, .)
−1
est un groupe, alors (x1 × · · · × xn )−1 = x−1
n × · · · × x1 .
∀x, y, z ∈ G, x − (y + z) = x − y − z et x − (y − z) = x − y + z.
Démonstration.
Soit x, y, z ∈ G.
x − (y + z) = x + [−(y + z)] (d’après (1))
= x + [(−y) + (−z)] (c’est la propriété précédente en notation additive)
= (x + (−y)) + (−z) (d’après l’associativité)
= (x − y) − z (en utilisant deux fois (1))
= x − y − z (car c’est bien ainsi qu’il faut lire x − y − z).
et
Démonstration.
Il faut montrer que (G, .) est un groupe.
La loi “.” définie ci-dessus est bien une application de G2 dans G.
Associativité. Soient x = (x1 , . . . , xn ) ∈ G, y = (y1 , . . . , yn ) ∈ G
et z = (z1 , . . . , zn ) ∈ G.
x.(y.z) = (x1 .1 (y1 .1 z1 ), . . . , xn .n (yn .n zn )) = ((x1 .1 y1 ).1 z1 , . . . , (xn .n yn ).n zn ), car les lois
.i des groupes Gi sont associatives.
Ainsi x.(y.z) = (x.y).z.
Elément neutre. Notons 1i l’élément neutre de Gi .
Pour tout x = (x1 , . . . , xn ) ∈ G,
x.(11 , . . . , 1n ) = (x1 .1 11 , . . . , xn .n 1n ) = (x1 , . . . , xn ) = x
et (11 , . . . , 1n ).x = (11 .1 x1 , . . . , 1n .n xn ) = (x1 , . . . , xn ) = x, donc l’élément 1 = (11 , . . . , 1n )
de G est un élément neutre.
Elément symétrique. Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ G. Notons y = (x−1 −1
1 , . . . , xn ).
x.y = (x1 .1 x−1 −1
1 , . . . , xn .n xn ) = (11 , . . . , 1n ) = 1, et de même y.x = 1.
Remarque. Avec les notations précédentes, G est abélien si et seulement si, pour
tout i ∈ Nn , Gi est abélien.
Démonstration.
Supposons que G est abélien. Soit i ∈ Nn .
Soit (xi , yi ) ∈ G2i . Pour tout j ∈ Nn avec j 6= i, posons xj = yj = 1j .
Notons x = (x1 , . . . , xn ) et y = (y1 , . . . , yn ).
G est abélien, donc x.y = y.x. En prenant la ième composante de cette égalité, on
obtient : xi .i yi = yi .i xi .
Ainsi Gi est commutatif, pour tout i ∈ Nn .
La réciproque est simple à établir.
Exemple. En prenant, pour tout i ∈ Nn , (Gi , .i ) = (R, +), on obtient G = (Rn , +).
C’est la structure canonique de Rn en tant que groupe abélien.
Exemple. Le produit du groupe (R, +) avec le groupe (R∗+ , .) donne le groupe R × R∗+
muni de la loi ∆ définie par :
pour tous (x, y), (x0 , y 0 ) ∈ R × R∗+ , (x, y)∆(x0 , y 0 ) = (x + x0 , yy 0 ).
∀a ∈ A, (f.g)(a) = f (a).g(a).
Alors GA est un groupe, dont l’élément neutre est l’application constante a 7−→ 1G et
f −1 : A −→ G
pour lequel le symétrique de f ∈ GA est .
a 7−→ [f (a)]−1
Démonstration.
Exercice.
Remarque. La notation f −1 désigne ici le symétrique de f pour cette loi de groupe.
Mais rien n’interdit de supposer que f est bijective. Dans ce cas, f −1 peut également
désigner la bijection réciproque de f , ce qui n’est pas du tout le même objet, donc il y
a un vrai conflit de notation. Dans ces conditions, ou bien le contexte permet de savoir
de quoi on parle, ou bien il faut adopter localement d’autres notations.
Exemple. F(R, R) est un groupe abélien en convenant que, pour tout f, g ∈ RR , pour
tout x ∈ R, (f + g)(x) = f (x) + g(x). L’élément neutre est l’application identiquement
nulle.
1.4 Sous-groupes
1.4.1 Définition
Propriété et définition : Soit (G, .) un groupe et H une partie de G.
H est un groupe pour la restriction de la loi “.” à H × H, avec le même élément neutre
1G si et seulement si
— H 6= ∅ ;
— ∀(x, y) ∈ H 2 , xy ∈ H (stabilité du produit) ;
— ∀x ∈ H , x−1 ∈ H (stabilité du symétrique).
Cet ensemble de conditions est équivalent à
— H 6= ∅ ;
— ∀(x, y) ∈ H 2 , xy −1 ∈ H.
Dans ce cas, on dit que H est un sous-groupe de G.
Démonstration.
Supposons que H est un groupe pour la restriction de la loi “.” à H × H, avec le
même élément neutre 1G .
Pour que la loi utilisée soit bien une loi interne, il est nécessaire que, pour tout x, y ∈ H,
xy ∈ H.
Pour que H admette 1G comme élément neutre, il est nécessaire que 1G ∈ H, donc que
H soit non vide.
Soit x ∈ H. H étant un sous-groupe, x admet un symétrique y dans H :
xy = yx = 1G . Ainsi, y est également symétrique de x dans G, donc par unicité du
symétrique, y = x−1 . Ainsi, x−1 ∈ H.
Propriété. Soit
( (G, .) un groupe et A une partie de G. Notons ) A−1 = {a−1 /a ∈ A}.
n
Y
Alors Gr(A) = ai /n ∈ N, ∀i ∈ {1, . . . , n}, ai ∈ A ∪ A−1 .
i=1
Démonstration.
( n )
Y
−1
Posons H = ai /n ∈ N, ∀i ∈ {1, . . . , n}, ai ∈ A ∪ A . H est non vide car, avec
i=1
n
Y
n = 0, ai désigne le produit vide, qui vaut 1G .
i=1
H est de plus clairement stable pour le produit et le passage au symétrique, donc H
est un sous-groupe de G qui contient clairement A.
Soit K un sous-groupe contenant A. Alors par stabilité par passage au symétrique,
A−1 ⊂ K, puis par récurrence sur n ∈ N, on montre que, pour tout a1 , . . . , an ∈ A∪A−1 ,
Yn
ai ∈ K. Ainsi, H ⊂ K, ce qui montre que H est le plus petit sous-groupe de G
i=1
contenant A.
Définition. Si H et K sont deux sous-groupes d’un groupe abélien (G, +), on note
H + K = {h + k/(h, k) ∈ H × K}. C’est le groupe engendré par H ∪ K.
Définition. Soit G un groupe et A une partie de G.
A est une partie génératrice de G si et seulement si Gr(A) = G.
Exemple.
[0, 1] engendre (R, +). En effet, si G est un sous-groupe de (R, +) contenant [0, 1],
alors 1 ∈ G, donc Z ⊂ G. De plus, pour tout x ∈ R, x = bxc + f où f ∈ [0, 1[, donc
x ∈ G.
Groupe des entiers de Gauss : G = {n + im/(n, m) ∈ Z2 } est un sous-groupe de
(C, +). Il est engendré par {1, i}.
Définition. Soit (G, .) un groupe et a ∈ G. On définit la famille (an )n∈Z par les
relations suivantes :
— Initialisation : a0 = 1G (encore le produit vide) ;
— Itération : pour tout n ∈ N, an+1 = a.an (donc pour n ∈ N∗ , an = a
| × ·{z
· · × a}) ;
nf ois
n −n −1
— Symétrique : pour tout n ∈ Z avec n < 0, a = (a ) .
Propriété. Soit (G, .) un groupe et a un élément de G. On dispose des formules
suivantes :
∀n, m ∈ Z, an am = an+m ,
∀n, m ∈ Z, (an )m = anm .
Démonstration.
1. On montre d’abord par récurrence que, pour tout n ∈ N, R(n) : an a = an+1 .
En effet, pour n = 0, a0 a = a = an+1 .
De plus, pour n ≥ 0, si R(n) est vrai, alors an+1 a = (aan )a, d’après la partie
“itération” de la définition de la famille (am )m∈Z , donc an+1 a = a(an a) = aan+1
d’après R(n), puis an+1 a = an+2 grâce à nouveau à la partie “itération” de la
définition. Ceci prouve R(n + 1).
D’après le principe de récurrence, on a montré que, pour tout n ∈ N, an a = an+1 .
2. En remplaçant a par a−1 dans la définition précédente, on dispose également de
la famille ((a−1 )n )n∈Z .
Toujours par récurrence, montrons que, pour tout n ∈ N, S(n) : a−n = (a−1 )n .
Pour n = 0, a−0 = a0 = 1G = (a−1 )0 .
Pour n ≥ 0, supposons que S(n) est vrai et montrons S(n + 1).
D’après la propriété 1, an+1 = an a et d’après la définition de la famille ((a−1 )n )n∈Z ,
(a−1 )n+1 = a−1 (a−1 )n , donc
an+1 (a−1 )n+1 = (an a)(a−1 (a−1 )n ) = an (aa−1 )(a−1 )n = an (a−1 )n = an a−n d’après
S(n), or d’après la définition de la famille (an )n∈Z , a−n est le symétrique de an ,
donc an+1 (a−1 )n+1 = 1G . Ainsi, le symétrique de an+1 est égal à (a−1 )n+1 : on a
prouvé S(n + 1).
3. On en déduit que, pour tout n ∈ Z, an a = an+1 .
En effet, lorsque n < 0, en posant m = −n ∈ N∗ , d’après la propriété 2,
an a = (a−1 )m a, donc d’après la propriété 1 appliquée à a−1 ,
an a = [(a−1 )m−1 a−1 ]a = (a−1 )m−1 . Alors, d’après la propriété 2,
an a = a−(m−1) = an+1 .
4. On en déduit aussi que, pour tout n ∈ Z, a−n = (a−1 )n .
En effet, lorsque n < 0, posons m = −n ∈ N et appliquons la propriété 2 à a−1 .
Ainsi, (a−1 )n = (a−1 )−m = ([a−1 ]−1 )m = am = a−n .
5. Pour m ∈ N, notons T (m) l’assertion : ∀n ∈ Z, an am = an+m .
Pour m = 0, on vérifie T (0).
Pour m ≥ 0, supposons T (m). Soit n ∈ Z.
an am+1 = an (aam ) (d’après la définiton de (ak )k∈Z )
= an+1 am (d’après la propriété 3)
= a(n+1)+m (d’après T (m)).
Ceci prouve T (m + 1).
6. Soit maintenant m, n ∈ Z. Nous avons montré que an am = an+m lorsque m ∈ N.
Si m < 0, posons k = −m : d’après la propriété 4, an am = (a−1 )−n (a−1 )k ,
donc d’après la propriété 5 appliquée à a−1 , an am = (a−1 )−n+k , puis à nouveau
d’après la propriété 4, an am = a−(−n+k) = an+m .
Ainsi, pour tout m, n ∈ Z, on a an am = an+m .
Propriété. Soit
nX (G, +) un groupe abélien
o et A une partie de G.
(A)
Alors Gr(A) = na .a/(na )a∈A ∈ Z .
a∈A
On rappelle que Z(A) désigne l’ensemble des familles presque nulles d’entiers relatifs,
dont les éléments sont tous nuls sauf pour un nombre fini d’entre eux.
Démonstration. X X
Soit (na )a∈A , (pa )a∈A ∈ Z(A) . Alors, par définition, na .a = na .a, donc c’est
a∈A a∈A
na 6=0G
une somme d’un nombre fini X de termes. X De plus, pour toute partie finie B contenant
{a ∈ A/na 6= 0}, on a encore na .a = na .a. Aussi peut-on écrire
X X X a∈A X a∈B
na .a + pa a = na .a + pa .a
a∈A a∈A a∈A pa ∈A
na 6=0 pa 6=0
X X
= na .a + pa .a
a∈A pa ∈A
(na 6=0)∨(pa 6=0) (na 6=0)∨(pa 6=0)
X
= (na .a + pa .a)
a∈A
(na 6=0)∨(pa 6=0)
X
= (na + pa ).a
a∈A
(na 6=0)∨(pa 6=0)
X
= (na + pa ).a.
a∈A
Ce calcul utilise la notion de somme finie qui est fondée sur un principe de commuta-
tivité généralisée. Ce
nX dernier sera effectivement
o démontré page 20.
(A)
On pose H = na .a/(na )a∈A ∈ Z . On vérifie que H est non vide (même
a∈A
lorsque A = ∅ car la somme vide vaut 0G par convention), qu’il est stable pour l’addition
(d’après le point précédent) et pour le passage à l’opposé, donc H est un sous-groupe
de G. Il contient clairement A.
De plus, si K est un sous-groupe de G contenant A, pour tout a ∈ A, K étant stable
pour l’addition, pour tout n ∈ N, na ∈ K, puis K étant stable par passage à l’opposé,
pour tout n ∈ Z, na ∈ K. Enfin, K étant stable pour l’addition, tout élément de H
appartient à K. Ainsi, H ⊂ K, ce qui prouve que H est bien le plus petit sous-groupe
de G contenant A.
Remarque. En particulier, lorsque A = {x1 , . . . , xp } est une partie finie de G,
p
nX o
Gr({x1 , . . . , xp }) = ni xi /(ni )1≤i≤p ∈ Zp .
i=1
Propriété. Soit (G, .) un groupe et a ∈ G. Alors le groupe engendré par la partie {a}
est Gr({a}) = {an /n ∈ Z}. On le note plus simplement Gr(a).
Propriété. Soit (G, +) un groupe abélien et a ∈ G. Alors le groupe engendré par
la partie {a} est Gr({a}) = {na/n ∈ Z}. On le note Gr(a). On peut donc écrire
Gr(a) = Z.a.
Propriété. Les sous-groupes de (Z, +) sont les nZ, où n ∈ N.
Démonstration.
Soit n ∈ N. nZ est non vide, stable pour l’addition et le passage à l’opposé, donc
nZ est bien un sous-groupe de Z.
Soit G un sous-groupe de (Z, +). Si G = {0}, alors G = 0.Z.
On peut donc supposer que G 6= {0}. Ainsi, il existe x ∈ G avec x 6= 0. Alors x et −x
sont tous deux dans G, donc G ∩ N∗ est une partie non vide de N. Elle possède donc
un minimum noté a.
a ∈ G, donc aZ = Gr(a) ⊂ G.
Réciproquement, soit k ∈ G. Écrivons la division euclidienne de k par a : il existe
q, r ∈ Z tels que k = qa + r avec 0 ≤ r < a.
r = k − qa ∈ G, mais 0 ≤ r < a = min(G ∩ N∗ ), donc r = 0, puis k = qa ∈ aZ.
Ainsi, G = aZ.
Définition. Soit a un élément d’un groupe G. Lorsque Gr(a) est de cardinal fini, ce
cardinal est appelé l’ordre de a.
Définition. On dit qu’un groupe (G, .) est monogène si et seulement si il existe
a ∈ G tel que G = Gr(a).
On sait que ii)=⇒ iii)=⇒ iv)=⇒ i), en remplaçant n par p, donc Gr(a) est cyclique de
cardinal p, ce qui montre que p = n.
f (1G ) = 1H
et, pour tout x ∈ G, f (x)−1 = f (x−1 ).
Démonstration.
f (1G ) = f (1G ∗ 1G ) = f (1G ) ∗ f (1G ),
donc 1H = [f (1G )]−1 f (1G ) = [f (1G )]−1 .(f (1G ) ∗ f (1G )) = f (1G ).
Soit x ∈ G. f (x).f (x−1 ) = f (x.x−1 ) = f (1G ) = 1H , donc f (x)−1 = f (x−1 ).
Propriété. En notation additive, si f est un morphisme entre deux groupes abéliens
(G, +) et (H, +), alors f (0G ) = 0H et, pour tout x ∈ G, −f (x) = f (−x).
Propriété. Soit ϕ un morphisme du groupe (G, .) vers le groupe (G0 , .).
n
Y Yn
Alors, pour tout n ∈ N et x1 , . . . , xn ∈ G, ϕ xi = ϕ(xi ).
i=1 i=1
De plus, pour tout n ∈ Z et a ∈ G, ϕ(an ) = ϕ(a)n .
Démonstration.
La première propriété se démontre par récurrence sur n.
Soit a ∈ G. En appliquant cette première propriété lorsque tous les xi sont égaux à a,
on obtient que pour tout n ∈ N, ϕ(an ) = ϕ(a)n .
De plus, si n ∈ N, ϕ(a−n ) = ϕ((an )−1 ) = ϕ(an )−1 = (ϕ(a)n )−1 = ϕ(a)−n .
Ainsi, pour tout n ∈ Z, ϕ(an ) = ϕ(a)n .
Propriété. Soit ϕ un morphisme du groupe abélien (G, +) vers le groupe abélien
n
X Xn
(G0 , +). Alors, pour tout n ∈ N et x1 , . . . , xn ∈ G, ϕ xi = ϕ(xi ).
i=1 i=1
De plus, pour tout n ∈ Z et a ∈ G, ϕ(na) = nϕ(a).
Propriété. La composée de deux morphismes de groupes est un morphisme de
groupes.
Propriété. Si f : G −→ H est un isomorphisme de groupes, f −1 est encore un
isomorphisme de groupes, de H dans G.
Démonstration.
Soit (x0 , y 0 ) ∈ H 2 . Notons x = f −1 (x0 ) et y = f −1 (y 0 ).
f (xy) = f (x)f (y) = x0 .y 0 , donc f −1 (x0 ).f −1 (y 0 ) = xy = f −1 (f (xy)) = f −1 (x0 y 0 ).
Propriété. Soit (G, .) un groupe. On note Aut(G) l’ensemble des automorphismes de
G. C’est un sous-groupe de S(G).
Démonstration.
IdG ∈ Aut(G), la composée de deux automorphismes est un automorphisme et la
bijection réciproque d’un automorphisme est un automorphisme, donc Aut(G) est bien
un sous-groupe du groupe S(G).
Exemple. Soit (G, .) et (H, .) deux groupes. On note Hom(G, H) l’ensemble des
homomorphismes du groupe G vers le groupe H. Lorsque H est abélien, Hom(G, H)
est un sous-groupe de H G .
En effet, L’application constante x 7−→ 1H de G dans H est un élément de Hom(G, H),
donc ce dernier est non vide. De plus, si f, g ∈ Hom(G, H), pour tout x, y ∈ G,
(f g −1 )(xy) = f (xy)[g(xy)]−1 = f (x)f (y)g(y)−1 g(x)−1
Démonstration.
Supposons que f est injective. Soit x ∈ Ker(f ). Alors f (x) = 1H = f (1G ), donc
x = 1G . Ainsi, Ker(f ) ⊂ {1G } et l’inclusion réciproque est évidente.
Réciproquement, supposons que Ker(f ) = {1G }. Soit x, y ∈ G tels que f (x) = f (y).
Alors f (xy −1 ) = f (x)f (y)−1 = 1H , donc xy −1 ∈ Ker(f ), puis xy −1 = 1G . Ainsi, x = y,
ce qui prouve que f est injective.
Exemple.
— Avec exp : (R, +) −→ (R∗ , ×), Ker(exp) = {0} et Im(exp) = R∗+ .
— Avec ln : (R∗+ , ×) −→ (R, +), Ker(ln) = {1} et Im(ln) = R.
— Avec |.| : (C∗ , ×) −→ (C∗ , ×), Ker(|.|) = U et Im(|.|) = R∗+ .
ϕ : (R, +) −→ (C∗ , ×)
— Avec , Ker(ϕ) = 2πZ et Im(ϕ) = U.
x 7−→ eix
Propriété. Un groupe est monogène non cyclique si et seulement si il est isomorphe
à (Z, +).
Démonstration.
Soit (G, .) un groupe monogène non cyclique. Il existe a ∈ G tel que
G = Gr(a) = {an /n ∈ Z}.
ϕ : Z −→ G
Notons . On sait que ϕ est un morphisme de groupes. Il est surjectif
n 7−→ an
car G = {an /n ∈ Z}. S’il existait k ∈ N∗ tel que ak = 1G , on a vu que G serait cyclique,
donc Ker(ϕ) = {0} et ϕ est injectif. Ainsi, ϕ réalise un isomorphisme de Z dans G.
Réciproquement, supposons qu’il existe un isomorphisme ϕ de Z dans G. Posons
a = ϕ(1). Alors, pour tout n ∈ Z, ϕ(n) = ϕ(n.1) = ϕ(1)n = an , donc
G = ϕ(Z) = {an /n ∈ Z}, ce qui prouve que G est monogène. De plus G est en bijection
avec Z, donc il est de cardinal infini. Ainsi G est bien monogène et non cyclique.
2 La structure d’anneau
2.1 Définition
Définition. Soit A un ensemble muni de deux lois internes notées “+” et “.”. On dit
que (A, +, .) est un anneau si et seulement si (A, +) est un groupe commutatif et si
— le produit est associatif ;
— le produit admet un élément neutre ;
∀x ∈ A 0.x = x.0 = 0, et
1A 6= 0A .
Démonstration.
Soit A un anneau tel que 1A = 0A .
Soit x ∈ A. x = x.1A = x.0A = 0A . Ainsi A = {0A }.
On a montré que si 1A = 0A , A est réduit à un singleton. La contraposée de cette
implication est la propriété qu’il fallait démontrer.
Propriété. Généralisation de la distributivité.
Soient A un anneau, (a1 , . . . , an ) ∈ An et (b1 , . . . , bp ) ∈ Ap .
p
n
! !
X X X
ai . bi = ai .bj .
i=1 i=1 1≤i≤n
1≤j≤p
∀n, m, an am = an+m ,
∀n, m, (an )m = anm ,
valables pour tout n, m ∈ N lorsque a est quelconque dans A
et valables pour tout n, m ∈ Z lorsque a est un élément inversible de A.
Démonstration.
Adapter ce que l’on a fait dans le cours sur les groupes.
Propriété. Soit a, b ∈ A tels que ab = ba (on dit que a et b commutent).
Alors (ab)n = an bn , pour tout n, m ∈ N lorsque a et b sont quelconques dans A
et pour tout n, m ∈ Z lorsque a et b sont des éléments inversibles de A.
Démonstration.
Adapter ce que l’on a fait dans le cours sur les groupes.
1A ∈ B,
B est un sous-anneau de A si et seulement si ∀(x, y) ∈ B 2 x − y ∈ B,
∀(x, y) ∈ B 2 xy ∈ B.
On peut montrer (théorème de Wedderburn) que tout corps gauche fini est commuta-
tif. Cependant il existe des corps gauches infinis non commutatifs, dont le corps des
quaternions.
Définition. Soit (K, +, .) un corps et L ⊂ K. L est un sous-corps de K si et seulement
si, en le munissant des restrictions sur L2 des lois “+” et “.”, L est un corps possédant
les mêmes éléments neutres que ceux de K.
Propriété. Si K est un corps, B est un sous-corps de K si et seulement si B est un
sous-anneau de K vérifiant la propriété suivante : ∀x ∈ B \ {0} x−1 ∈ B.
√
Exemple. (Q + 2Q, +, .) est√un sous-corps√de R.
En effet, 1 appartient à Q + 2Q = {α + 2β/(α, β) ∈ Q2 } et cet ensemble est
clairement stable pour le√ produit et la différence. Il √reste donc à montrer que tout
élément non nul de Q + 2Q√a son inverse √ dans Q + 2Q. √
2
Soit (α, β) ∈ Q tel
√ que α + 2β 6
= 0. α − 2β 6
= 0, car 2 est irrationnel, donc
1 α − 2β α √ −β √
√ = 2 2
= 2 2
+ 2 2 ∈ Q + 2Q.
α + 2β α − 2β α − 2β α − 2β 2
2.6 Formules
Formule du binôme de Newton.
Soient A un anneau et a et b deux éléments de A qui commutent entre eux. Alors,
pour tout n ∈ N,
n
n
X n
(a + b) = ai bn−i .
i
i=0
Démonstration.
Déjà fait.
Formule du multinôme (hors programme) :
Soient A un anneau et (b1 , . . . , bp ) un p-uplet d’éléments de A qui commutent deux à
deux. Alors, pour tout n ∈ N,
X n!
(b1 + · · · + bp )n = bα1 1 · · · bαp p .
α1 +···+αp
α ! · · · αp !
=n 1
Démonstration.
Déjà fait.
Formule de Bernoulli : Soit (A, +, ×) un anneau. Soit a et b deux éléments de A
qui commutent (i.e ab = ba). Alors, pour tout n ∈ N,
n
X
n+1 n+1
a −b = (a − b) ak bn−k .
k=0
Démonstration.
n n
X X
(a−b) ak bn−k = (ak+1 b(n+1)−(k+1) −ak b(n+1)−k ). Il s’agit d’une somme télescopique,
k=0 k=0
ce qui permet de conclure.
Remarque. Lorque n + 1 est impair,
n
X
an+1 + bn+1 = an+1 − (−b)n+1 = (a + b) ak (−1)n−k bn−k .
k=0
Exemple. a − b = (a − b)(a + ab + b2 ).
3 3 2
• f (1A ) = 1B ,
• ∀(x, y) ∈ A2 f (x +A y) = f (x) +B f (y),
• ∀(x, y) ∈ A2 f (x.A y) = f (x).B f (y).
Un isomorphisme est un morphisme bijectif.
Un endomorphisme est un morphisme de A dans lui-même.
Un automorphisme est un endomorphisme bijectif.
Remarque. Un morphisme d’anneaux est en particulier un morphisme de groupes.
Ainsi, lorsque f est un morphisme d’anneaux, on dispose de son image Im(f ) et de
son noyau Ker(f ) = f −1 ({0}).
Exemple.
— IdA est un automorphisme de l’anneau A.
— L’application z 7−→ z est un automorphisme involutif de l’anneau (C, +, .).
— L’application (xn ) 7−→ limn→+∞ (xn ) est un morphisme d’anneaux, de C dans R,
où C désigne le sous-anneau des suites convergentes de réels.
Propriété. Soient A et B deux anneaux et f un morphisme d’anneaux de A dans B.
Pour tout a ∈ A, p ∈ N et n ∈ Z,
— f (na) = nf (a),
— f (ap ) = f (a)p ,
— Si a est inversible, alors f (a) est inversible et f (an ) = f (a)n .
En particulier, f (a−1 ) = f (a)−1 .
Démonstration.
Le second point se démontre par récurrence sur p ∈ N.
Le premier point est connu, car f est un morphisme entre les groupes (A, +) et (B, +).
Pour le dernier point, si a est inversible alors f (a)f (a−1 ) = f (aa−1 ) = f (1A ) = 1B ,
U (B)
donc f (a) est inversible. Ainsi f |U (A) est bien défini. Il est clair que c’est un morphisme
de groupes multiplicatifs, ce qui permet de conclure.
Propriété. La composée de deux morphismes d’anneaux est un morphisme d’anneaux.
Propriété. Si f est un isomorphisme d’anneaux, f −1 est encore un isomorphisme
d’anneaux.
Propriété. Soient (A, +A , .A ) et (B, +B , .B ) deux anneaux et f : A −→ B un mor-
phisme d’anneaux.
L’image directe par f de tout sous-anneau de A est un sous-anneau de B.
L’image réciproque selon f de tout sous-anneau de B est un sous-anneau de A.
Définition. Soit K et L deux corps et f une application de K dans L. On dit que f
est un morphisme de corps si et seulement si c’est un morphisme d’anneaux.
Propriété. (hors programme) Un morphisme de corps est toujours injectif.
Démonstration.
Soit f : K −→ L un morphisme de corps. Soit x ∈ K avec x 6= 0. Alors x est
inversible, donc il existe y ∈ K tel que xy = 1. Ainsi, 1 = f (1) = f (xy) = f (x)f (y),
donc f (x) 6= 0.
I 6= ∅,
∀(x, y) ∈ I 2 , x + y ∈ I, et
∀(x, y) ∈ A × I, x.y ∈ I (resp : y.x ∈ I).
Ainsi un idéal est stable pour l’addition et “superstable” pour le produit. On dit aussi
qu’un idéal est absorbant pour le produit.
Lorsque I est un idéal à gauche et à droite, on dit que c’est un idéal bilatère.
Notation. Pour la suite, on fixe un anneau (A, +, .) que l’on suppose commutatif.
Propriété. Tout idéal est un groupe pour la loi “+”.
Démonstration.
Soit I un idéal d’un anneau commutatif A. I est non vide et stable pour l’addition,
donc il reste à montrer qu’il est stable par passage au symétrique. Mais −1A ∈ A, donc,
si x ∈ I, −x = (−1A ).x ∈ I.
Exemples. A et {0} sont des idéaux de A.
Propriété. Soit A un anneau commutatif et I un idéal de A. Alors 1 ∈ I ⇐⇒ I = A.
Ainsi les idéaux de A différents de A ne sont pas des sous-anneaux de A.
Démonstration.
Supposons que 1 ∈ I. Soit a ∈ A. a = a.1 ∈ I d’après la superstabilité de I pour le
produit.
La réciproque est claire.
Propriété. Une intersection d’idéaux de A est un idéal de A.
Démonstration. \
Soit (Ik )k∈K une famille d’idéaux (K peut être de cardinal infini). Notons I = Ik .
k∈K
On sait déjà que I est un sous-groupe de A, en tant qu’intersection de sous-groupes.
Soit (a, x) ∈ A × I. Soit k ∈ K.
a ∈ A et x ∈ Ik , mais Ik est superstable pour le produit, donc a.x ∈ Ik . Ainsi a.x ∈ I,
ce qui prouve que I est un idéal.
Définition. Soit B une partie de A. L’idéal engendré par B est l’intersection des
idéaux de A contenant B. C’est le plus petit idéal (au sens de l’inclusion) contenant
B. On le note Id(B).
Propriété. Soient B et C deux parties de A telles que C ⊂ B. Alors Id(C) ⊂ Id(B).
Propriété. Si B est une partie de A,
X n
Id(B) = { ai bi /n ∈ N, (a1 , . . . , an ) ∈ An , (b1 , . . . , bn ) ∈ B n }.
i=1
Démonstration. n
X
Notons temporairement B 0 = { ai bi /n ∈ N, (a1 , . . . , an ) ∈ An , (b1 , . . . , bn ) ∈ B n }.
i=1
n
X
Avec n = 0, par convention, ai bi = 0, donc B 0 6= ∅. De plus, on vérifie que B 0 est
i=1
stable pour l’addition et superstable pour le produit, donc B 0 est un idéal de A, qui
contient clairement B.
Enfin, si I est un idéal de A contenant B, il contient B 0 car I est stable pour l’addition
et superstable pour le produit.
Exemples. Id(∅) = {0}.
Pour tout b ∈ A, Id(b) = {ab/a ∈ A} = Ab : c’est l’ensemble des multiples de b.
Exemple. Si A = Z, pour tout n ∈ N, Id(n) = nZ.
3 Z/nZ
3.1 Groupes quotients
Notation. On fixe un groupe (G, .) et un sous-groupe H de G.
On note RH la relation binaire définie sur G par :
Propriété. RH est une relation d’équivalence et, pour tout x ∈ G, la classe d’équivalence
∆
de x pour RH est x = {xh/h ∈ H} = xH.
On note G/H l’ensemble des classes d’équivalence : G/H = {x/x ∈ G}.
Démonstration.
Pour tout x ∈ G, x−1 x = 1G ∈ H, donc RH est réflexive.
Soit x, y ∈ G tels que xRH y. Alors x−1 y ∈ H, mais H est stable par passage à
l’inverse, donc y −1 x ∈ H, ce qui montre que yRH x. Ainsi RH est symétrique.
Soit x, y, z ∈ G tels que xRH y et yRH z. Ainsi x−1 y ∈ H et y −1 z ∈ H. Alors, H
étant un sous-groupe, x−1 z = (x−1 y).(y −1 z) ∈ H, donc xRH z. Ainsi, RH est transitive.
Soit x, y ∈ G.
y ∈ x ⇐⇒ [∃h ∈ H x−1 y = h] ⇐⇒ [∃h ∈ H y = xh], donc x = xH.
Exemple. Lorsque G = (Z, +) et H = nZ, où n ∈ N,
Z/nZ = {k/k ∈ Z}, où k = {k + na/a ∈ Z}.
Théorème de Lagrange (Hors programme) : Si G est de cardinal fini, alors le
cardinal de H divise celui de G.
Démonstration.
RH étant une relation
X d’équivalence, ses classes d’équivalence forment une partition de
G, donc #G = #C.
C∈G/H
Soit C ∈ G/H. Il existe x ∈ G tel que C = x = xH.
ϕ : H −→ xH
L’application est surjective par définition de xH. De plus, pour
h 7−→ xh
h, h0 ∈ H, si ϕ(h) = ϕ(h0 ), alors xh = xh0 , donc en composant par x−1 , on obtient
h = h0 . Ainsi ϕXest une bijection, ce qui montre que #C = #(xH) = #H.
Ainsi #G = #C = [#H].[#(G/H)], ce qu’il fallait démontrer.
C∈G/H
Théorème. (au programme) : Si (G, .) est un groupe d’ordre fini, alors l’ordre de
chacun de ses éléments divise l’ordre de G.
Cela signifie que, ∀a ∈ G, a|G| = 1G .
Démonstration.
C’est évident en utilisant le théorème de Lagrange, mais il est hors programme. Lorsque
(G, .) est commutatif, la preuve suivante est à connaı̂tre :
G −→ G
Soit a ∈ G. Alors G = aG : en effet, l’application est une bijection,
x 7−→ ax
d’application
Y réciproque
Y Yx 7−→ a−1 x. Y
Ainsi, α= β= a.α = a#G α,
Y α∈G β∈aG α∈G α∈G
Notation. Pour la suite, on suppose que (G, +) est un groupe commutatif. Ainsi,
pour tout x, y ∈ G, xRH y ⇐⇒ y − x ∈ H.
∆
Théorème. En posant, pour tout x, y ∈ G, x + y = x + y, on définit une loi “+” sur
G/H pour laquelle G/H est un groupe commutatif.
Démonstration.
∆
la relation x + y = x + y a un sens seulement si la quantité x + y est bien une
fonction de (x, y). Il faut donc montrer que si (x, y) = (a, b), alors x + y = a + b.
Supposons donc que x = a et y = b, où x, y, a, b ∈ G.
Alors (x + y) − (a + b) = (x − a) + (y − b), or x − a ∈ H car xRH a et y − b ∈ H.
H étant un sous-groupe, (x + y) − (a + b) ∈ H, donc x + y = a + b.
On montre facilement que la loi “+” ainsi définie sur G/H est commutative et
associative.
Il est clair également que 0G est l’élément neutre et que, pour tout x ∈ H, −x = (−x).
G −→ G/H
Définition. L’application est un morphisme surjectif de groupes, que
x 7−→ x
l’on appelle la surjection canonique.
Exemple. (seul cet exemple est au programme) : Soit n ∈ N. Dans le groupe abélien
(Z/nZ, +), on dispose des règles de calcul suivantes :
— Pour tout a, b ∈ Z, a = b ⇐⇒ a ≡ b [n],
— Pour a, b ∈ Z, a + nb = a,
— 0 = 0Z/nZ ,
— pour tout k ∈ Z, −k = −k,
— pour tout h, k ∈ Z, h + k = h + k,
— pour tout h, k ∈ Z, hk = hk.
La dernière règle provient du fait que si l’on note ϕ la surjection canonique, alors
hk = hϕ(k) = ϕ(hk) = hk.
Propriété. Si n = 0, Z/nZ est monogène non cyclique. Il est isomorphe à Z.
pk
puis ϕ(pk ) = pk − #{ph/0 ≤ h < p
= pk−1 } = pk − pk−1 .
Propriété. Soit a et b sont deux entiers supérieurs à 2.
Si a ∧ b = 1, alors ϕ(ab) = ϕ(a)ϕ(b).
Démonstration.
ϕ(ab) = #(U (Z/abZ)) = #[f (U (Z/abZ))], où f est l’isomorphisme
Z/abZ −→ (Z/aZ) × (Z/bZ)
du théorème chinois.
k 7−→ (k, k)
Mais si g est un isomorphisme d’un anneau A dans un anneau A0 ,
alors g(U (A)) = U (A0 ) : en effet, si a0 ∈ g(U (A)), il existe a ∈ U (A) tel que a0 = g(a).
Il existe b ∈ A tel que ab = ba = 1A ,
donc a0 g(b) = g(a)g(b) = g(ab) = g(1A ) = 1A0 et g(b)a0 = 1A0 , donc a0 ∈ U (A0 ).
Réciproquement, si a0 ∈ U (A0 ), en posant a = g −1 (a0 ), on vérifie que a est inversible
dans A (d’inverse g −1 (a0 −1 )), donc a0 = g(a) avec a ∈ U (A), ce qui montre que
a0 ∈ g(U (A)).
On a donc ϕ(ab) = #[U ((Z/aZ) × (Z/bZ)]. Mais si A et B sont deux anneaux, alors
U (A × B) = U (A) × U (B) : en effet,
(a, b) ∈ U (A × B) ⇐⇒ ∃(a0 , b0 ) ∈ A × B (a, b).(a0 , b0 ) = (a0 , b0 ).(a, b) = 1A×B = (1A , 1B )
⇐⇒ ∃(a0 , b0 ) ∈ A × B [aa0 = a0 a = 1A et bb0 = b0 b = 1B ]
⇐⇒ [a ∈ U (A) et b ∈ U (B)].
On a donc ϕ(ab) = #[U (Z/aZ) × U (Z/bZ)] = ϕ(a).ϕ(b).
Corollaire. Soit n un entier supérieur à 2, dont la décomposition en produit de
k
Y
nombres premiers s’écrit n = pm
i
i
(où k ≥ 1, pour tout i, pi ∈ P et mi ∈ N∗ ). Alors
i=1
k
Y 1
ϕ(n) = n 1− .
i=1
pi
Démonstration.
Les pm
i
i
étant deux à deux premiers entre eux, par récurrence sur k, on montre que
k
Y k
Y
mi −1
ϕ(n) = ϕ(pm
i
i
), donc ϕ(n) = (pm
i − pi
i
).
i=1 i=1
X
Exercice. Montrer que, pour tout n ∈ N∗ , n = ϕ(d).
d∈N,d|n
Solution : C’est clair pour n = 1. On suppose maintenant que n ≥ 2.
k
Pour tout k ∈ {1, . . . , n}, on sait que le rationnel admet une unique écriture
n
k h k
irréductible = , où d|n et h ∧ d = 1. De plus ∈]0, 1], donc h ∈ {1, . . . , d}.
n d n
Ainsi, si l’on pose pour tout entier naturel d diviseur de n,
h
Cd = { /h ∈ {1, . . . , d} avec h ∧ d = 1}, la famille (Cd )d∈N,d|n est une partition
d
k
de { /k ∈ {1, . . . , n}}.
n k X X
Ainsi, n = # { /k ∈ {1, . . . , n}} = #(Cd ) = ϕ(d).
n
d∈N,d|n d∈N,d|n
3.6 RSA
Propriété d’Euler-Fermat : Soit n ∈ N avec n ≥ 2 et soit k ∈ Z.
Si k ∧ n = 1, alors k ϕ(n) ≡ 1 [n].
Démonstration.
Dans Z/nZ, k est inversible, donc k est un élément du groupe multiplicatif U (Z/nZ),
ϕ(n)
qui est de cardinal ϕ(n). On sait alors que k = 1.
Corollaire. (petit théorème de Fermat) :
Si p est un nombre premier, alors pour tout k ∈ Z, k p ≡ k [p].
Démonstration.
Si k et p sont premiers entre eux, sachant que ϕ(p) = p − 1, d’après le théorème
précédent, k p−1 ≡ 1 [p] et l’on conclut en multipliant par k.
Sinon, p étant premier, k ∈ pZ, donc k ≡ 0 [p], puis k p ≡ 0 ≡ k [p].
Exercice. Soit p un nombre premier impair tel que −1 est un carré dans Fp .
Montrer que p ≡ 1 [4].
Solution :
Première solution : Par hypothèse, il existe a ∈ Fp tel que a2 = −1. Alors a 6= 0,
p−1 p−1
donc ap−1 = 1, mais on a aussi ap−1 = (a2 ) 2 = (−1) 2 1, or 1 6= −1 car p ≥ 3,
p−1
donc (−1) 2 = 1 puis p−1 2
est pair, donc p − 1 ≡ 0 [4].
Démonstration.
Soit f un isomorphisme entre deux anneaux A et B.
Pour tout k ∈ N∗ , k.1B = 0 ⇐⇒ f (k.1A ) = 0 ⇐⇒ k.1A = 0.
Reprenons les notations du début de ce paragraphe.
Pour tout h, k ∈ Z, ϕ(h) = ϕ(k) ⇐⇒ h − k ∈ nZ ⇐⇒ h ≡ k [n], donc l’applica-
ϕ : Z/nZ −→ ϕ(Z) = Z.1A
tion est bien définie et elle est bijective. Or c’est un
m 7−→ m.1A
morphisme d’anneaux, donc Z.1A est isomorphe à Z/nZ, où n = car(A). Ainsi,
Propriété. Si car(A) = 0, alors le plus petit sous-anneau de A est isomorphe à Z.
Sinon, il est isomorphe à Z/nZ, où n = car(A).
Corollaire. Un anneau de caractéristique nulle est de cardinal infini.
Remarque. La réciproque est fausse, car pour tout n ∈ N∗ , l’anneau (Z/nZ)[X] est
infini mais de caractéristique n non nulle.
Propriété. Si A est intègre et car(A) 6= 0, alors car(A) ∈ P.
Démonstration.
Posons n = car(A) et supposons que n = pq.
Alors (p.1A )(q.1A ) = n.1A = 0A , or A est intègre, donc p.1A = 0 ou bien q.1A = 0. Or
n ∈ N∗ , donc 1 ≤ p, q ≤ n. Alors, d’après la définition de car(A), p = n ou q = n. Ceci
démontre que n est premier.
Propriété. On suppose que A est un anneau commutatif de caractéristique p ∈ P.
Alors l’application x 7−→ xp est un endomorphisme sur A, appelé l’endomorphisme de
Frobenius.
Démonstration.
f : A −→ A
Posons . f (1A ) = 1A .
x 7−→ xp
Soit x, y ∈ A. f (xy) = f (x)f (y) car A est commutatif.
p
X p
D’après la formule du binôme de Newton, f (x + y) = xk y p−k .
k
k=0
p
Soit k ∈ {1, . . . , p − 1} : k ≥ 1, donc p | p(p − 1) · · · (p − k + 1) = k!, or k < p,
k
p p
donc p ∧ (k!) = 1. Alors d’après le théorème de Gauss, p | , donc .1A = 0.
k k
On en déduit que (x + y)p = xp + y p .
Notation. Pour toute la suite de ce paragraphe, K désigne un corps quelconque.
Propriété. La caractéristique d’un corps est ou bien nulle, ou bien un nombre premier.
Démonstration.
Tout corps est intègre.
Propriété. On appelle sous-corps premier de K le plus petit sous-corps de K.
— Si p = car(K) ∈ P, le sous-corps premier de K est Z.1K , il est isomorphe à Z/pZ.