Introduction à la logique mathématique
Introduction à la logique mathématique
E N S E M B L E S , É Q U AT I O N S , I N É Q U AT I O N S
1
1.1 assertions, quantificateurs
1.1.1 Assertions
Assertion : énoncé mathématique correctement formé susceptible d’avoir une valeur de vérité (vrai ou faux) (elle
comporte un verbe).
Une assertion démontrable est appelée théorème.
√
3 π
Exemples : = cos est une assertion fausse ; 4 + 2 6 1 + 5 est une assertion vraie. La phrase “Tous les entiers sont
2 3
négatifs” est une assertion (fausse). Contre exemples : 4 + 2 6 Z n’est pas une assertion (erreur de typage). 4 + 2 n’est pas une
assertion (c’est un nombre).
Le décryptage d’un texte mathématique passe par l’identification systématique du type de chaque objet désigné par chaque
expression ou sous expression présente dans le texte.
Exercice [Link].
Déterminez le type des objets désignés par l’expression ci-dessous et par les sous-expressions qu’elle contient :
“Soit a un nombre entier et soit f l’application qui à un entier n associe n + a. Si a > 5 alors
{m ∈ N | f(m − 1) < 4} est vide.”
Début de réponse : “a est un nombre, 5 est un nombre, a > 5 est une assertion... ”
import [Link].
Basic L’exercice ci-dessus devra être répété à la lecture de chaque texte mathématique. Le logiciel Lean
#check 4
([Link] peut vous aider dans ce travail : utilisez la commande #check pour
#check 4+2
#check 4+2 6 1+5 déterminer le type d’un objet désigné par une expression. Dans Lean, Prop signifie assertion.
#check (fun n:N7→ n+1)
1
[Link] Assertion dépendant d’une variable (prédicat) - Variable libre Le logiciel Lean permet de représenter une assertion dépendant
d’une ou plusieurs variables. On dit que la variable x est libre
Exercice [Link]. dans
P(x) (x − 1)2 = x2 − 1
Vrai ou faux ? Si vous pensez que la question est mal posée,
import [Link]
reformulez, discutez, détaillez. def P (x:Z) := (x-1)^2 = x^2 - 1
Vocabulaire [Link] (Quantificateur universel). Lesquelles des assertions ci-dessous sont vraies ?
(pas de preuve rédigée pour l’instant)
L’expression “pour tout” est appelé quantificateur universel, et noté ∀. (a) ∀x ∈ R, (x − 1)2 = x2 − 2x + 1
∀x ∈ E, P(x) est une assertion signifiant qu’en remplaçant x par n’im-
(b) ∀x ∈ R, (x − 1)2 = x2 − 1
porte quel élément de E, P(x) est vraie.
(c) ∀n ∈ {17; 13; 25; 0; 11} , n est impair
(d) ∀x ∈ R, x2 < 0
Pour démontrer ∀x ∈ E, P(x), on fixe un élément u quelconque (sans contrainte) de E en on prouve que P(u) est vraie pour ce u
particulier. Attention : on ne choisit pas la valeur de u, ni aucune hypothèse le concernant (sauf u ∈ E) puisque u doit rester
“générique”. Cette démarche s’initie avec le mot clé "Soit". Le u ainsi défini restera valide dans une zone du texte appelée sa portée
que l’on mettre en évidence par une indentation appropriée.
[Link] Démontrer ∀x ∈ E, P(x)
import [Link]
Soit u un élément de E. example: ∀x:R, (x-1)^2 = x^2 -2*x + 1 :=
λ u:R7→ -- soit u:R,
··· (
sorry: P u
· · · INDENTER )
···
· · · Donc P(u) est vraie. Dans Lean, déplacez le curseur devant le λ, puis devant le sorry,
Donc ∀x ∈ E, P(x) et observez l’évolution du contexte (Tactic state) et du but (Goal).
Exercice [Link].
Exercice [Link].
1. Montrez que ∀x ∈ {−1; 2} , x + 1 6 5 − x.
Démontrez les assertions de l’exercice [Link] dont vous
2. Prouvez que ∀x ∈ {1; 2} , x3 − 3x2 + 2x = 0.
avez conjecturé qu’elles sont vraies.
3. Démontrez que ∀y ∈ R, y2 − 4y + 7 > 1.
Utiliser une assertion du type ∀x ∈ E, P(x) consiste à la spécialiser : si P(x) est vrai pour n’importe quel x, il sera vrai en
particulier pour un u de notre choix (on choisit un u qui nous arrange).
Exercice [Link].
example (a:R) (h: ∀x:R,a 6 x^2 -2*x) : a 6 -1 :=
Soit a un nombre réel. calc
a 6 1^2-2*1 := h 1 -- on applique h à 1
On suppose que ∀x ∈ R, a 6 x2 − 2x. Montrez que a 6 −1. _ = -1 := by norm_num
Exercice [Link].
1. Soit a un nombre réel vérifiant : ∀x ∈ R, a sin(x) = 0. Montrez que a = 0.
2. Soient a et b des nombres réels. On suppose que ∀x ∈ R, x > a OU x 6 b. Montrez que a 6 b.
3. Soit a un nombre réel tel que a2 6 2, et qui est supérieur ou égal à tout nombre réel dont le carré est inférieur
ou égal à 2. Soit b un nombre réel possédant les deux mêmes propriétés. Prouvez que a = b.
2
1.1.3 Quantificateur Existentiel
L’expression “il existe” (signifiant “il existe au moins”) est appelé quantificateur existentiel, et noté ∃.
∃x ∈ E, P(x) est une assertion signifiant qu’il existe (au moins) un élément u de E tel que l’assertion P(u) soit vraie.
Exercice [Link].
Exercice [Link].
Lesquelles des assertions ci-dessous sont vraies ?
1. ∃n ∈ {17; 13; 25; 0; 11} , n est impair. (i) Donnez la définition d’un nombre entier impair
2. ∃x ∈ R, (x − 1)2 = x2 − 2x + 1 (ii) La formulation suivante est incorrecte, car imprécise :
3. ∃x ∈ R, (x − 1)2 = x2 −1
cos(x) = 0 équivaut à x = π2 + kπ avec k ∈ Z.
Donnez en une formulation correcte.
4. ∃x ∈ R, x2 < 0
Exercice [Link].
1. Démontrez les assertions de l’exercice [Link] dont vous avez conjecturé qu’elles sont vraies.
2. Montrez que ∃x ∈ {1; 2} , x2 − 5x + 6 = 0.
3. Montrez que 7 est impair. [Cela signifie “Montrez que 7 vérifie la définition d’un entier impair”].
Exercice [Link].
3
1.1.4 Variable liée, portée
Exercice [Link].
Quelles sont les variables libres dans les assertions suivantes ? Identifiez les variables liées et leur portée.
1. bx2 > 0 5. ∀w ∈ R, f(w) 6 M 9. ∃M ∈ R, (∀u ∈ R, f(x) 6 M)
2. ∀x ∈ R, bx2 > 0 6. Si a > 0 alors ∀a ∈ R, f(a) 6 M 10. ∀x ∈ R, (x + m = 2 ⇐⇒ x = −m + 2)
3. f(u) 6 M 7. Si a > 0 alors ∀r ∈ R, f(r) 6 M
4. Si t > 0 alors f(t) 6 M 8. ∃M ∈ R, (∀x ∈ R, f(x) 6 M)
P R
Remarque : autres mutateurs ( , , lim, 7→, ...)
Exercice [Link].
Quelles sont les variables libres dans les expressions suivantes ? Identifiez les variables liées et leur portée.
Zx
X
n
1 X
n
1 5. fy : R −→ R
1. y cos(a + xt) dt 3. n 4. k
a n+k k+n x 7→ exp(xy)
k=1 k=1
Zt
(ln y)x
2. y cos(a + xt) dt 6. lim
a y→+∞ yt
Exercice [Link].
1. Démontrez que les assertions de l’exercice [Link] dont vous avez conjecturé qu’elles sont fausses le sont.
2. Démontrez que les assertions de l’exercice [Link] dont vous avez conjecturé qu’elles sont fausses le sont.
3. Donnez une assertion équivalente à NON (∀x ∈ E, P(x)) et une assertion équivalente à NON (∃x ∈ E, P(x))
On donnera la preuve de ces résultats plus tard.
Exercice [Link].
Pour chacune des expressions ci-après, identifiez le connecteur principal, et construisez l’arbre de l’expression. Placez les parenthèses
implicites. Repérez la portée de chaque symbole.
∀ ∃
Démontrer (intro) Pas le choix (autre joueur) Choix (vous)
Utiliser (elim) Choix (vous) Pas le choix (autre joueur)
Exercice [Link].
1. Montrez que ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, y > x
2. Montrez que l’assertion suivante est fausse : ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, y > x
4
1.2 implication ; raisonnement par récurrence
1.2.1 L’implication =⇒
Vocabulaire [Link].
Si P et Q sont des assertions, P =⇒ Q est une assertion qui, lorsqu’elle est vraie, permet de produire une preuve de
Q lorsqu’on a la garantie que P est vraie. Voici d’autres formulations de P =⇒ Q :
• Si P alors Q
• Pour que P soit vraie, il est nécessaire que Q soit vraie (Q est une condition nécessaire (CN) pour P)
• Pour que Q soit vraie, il est suffisant que P soit vraie (P est une condition suffisante (CS) pour Q)
• Q si P
• P seulement si Q
• « Théorème : Supposons que soient satisfaites les hypothèses (P). Alors on aura (conclusion) (Q) ».
L’assertion Q =⇒ P s’appelle Réciproque de P =⇒ Q. Attention : une implication et sa réciproque n’ont pas, en
général, la même valeur de vérité.
Remarque importante (nous démontrerons cela plus tard) : P =⇒ Q est vraie dans deux cas, et seulement ces deux cas :
— si Q est vraie (dans ce cas peu importe la valeur de vérité de P)
— si P est fausse (dans ce cas peu importe la valeur de vérité de Q)
Il est crucial de comprendre que P =⇒ Q ne dit rien sur la valeur de vérité de P : P =⇒ Q peut parfois être vraie lorsque P est
vraie, mais aussi lorsque P est fausse. Affirmer P =⇒ Q n’a d’intérêt que lorsqu’on n’a pas d’information sur la valeur de vérité
de P. (Si on savait que P est vraie, il suffirait d’affirmer Q). (en ceci P =⇒ Q se distingue de P donc Q).
Prouver P =⇒ Q
Supposons P.
example: ∀x:R, (x=2 → x^2=4) :=
··· λ x:R7→ --- soit x:R ,
· · · INDENTER λ h:x=2 7→ --- supposons h:x=2 ,
··· calc
· · · Donc Q est vraie. x^2 = 2^2 := congr_arg (fun z:R7→ z^2) (h:x=2)
_ = 4 := by norm_num
Donc P =⇒ Q.
Exercice [Link].
1. Reformulez le problème ci-dessous en utilisant ∀ et =⇒ puis le résoudre :
“Soient a et b des nombres rationnels. Supposons que a − b = 4 et ab = 1. Montrez que (a + b)2 = 20.”
2. Reformulez le problème ci-dessous et français (comme dans la question précédente) puis le résoudre :
“ Montrez que : ∀x ∈ Z, ∀y ∈ Z, (x + 3 6 2 ET y + 2x > 3) =⇒ y > 3 ”
3. Reformuler en utilisant ∀ et =⇒ puis montrez que : “La somme de deux entiers impairs est un entier pair.”
5
[Link] Utilisation de P =⇒ Q (élimination de =⇒) - Modus Ponens
Règle du Modus Ponens : Lorsque P =⇒ Q et P figurent dans les hypothèses, on peut en déduire Q.
Exemple : Théorème de Pythagore : Soient A, B et C trois points du plan. Alors (ABC rectangle en A) =⇒ BC2 = BA2 + AC2 .
Modus Ponens
Exercice [Link].
Soit a un nombre réel dont le carré est au plus 2, et qui est supérieur ou égal à n’importe quel nombre réel dont le
carré est au plus 2. Soit b un nombre réel avec les deux mêmes propriétés. Prouvez que a = b.
Exercice [Link].
Exercice [Link].
Ainsi, vous avez établi que : ∀x ∈ R, x ∈ {1; 2} =⇒ x3 − 3x2 + 2x = 0 , c’est-à-dire que pour tout nombre réel x, x ∈ {1; 2} est
UNE condition suffisante pour que x3 − 3x2 + 2x = 0. Par contre, elle n’est pas nécessaire, car...
Dans les énoncés d’exercices vous aurez des questions du type “Donnez une condition suffisante sur x ∈ E pour que P(x)”. La
question peut se reformuler de la façon suivante :
• Trouvez une assertion C(x) dépendant de x telle que ∀x ∈ E, ? C(x) ? =⇒ P(x)
• Démontrez que ∀x ∈ E, C(x) =⇒ P(x).
Exercice [Link].
1. Ecrivez dans Lean une fonction de deux assertions P et Q exprimant : “P est une condition suffisante pour Q”.
def ConditionSuffisante (P Q : Prop): Prop := sorry
6
[Link] Notion de Condition Nécessaire
√
1. Résolvez l’équation x + 7 = x + 1.
2. Vérifiez vos calculs en remplaçant la/les valeur(s) trouvée(s) dans l’équation de départ.
√ Au cours de la résolution√ de l’exercice précedent, vous êtes peut-être arrivé-e à “ x = 2 ou x = −3”. Pourtant, si on a bien
2 + 7 = 2 + 1, on n’a pas −3 + 7 = −3 + 1.√
Vous avez donc démontré que ∀x ∈ R, x + 7 =√x + 1 =⇒ x ∈ {2; −3} c’est-à-dire que pour tout nombre réel x, l’assertion
x ∈ {2; −3} est UNE condition nécessaire pour que x + 7 = x + 1. (par contre, ce n’est pas une condition suffisante).
Dans les énoncés d’exercices vous aurez des questions du type “Donnez une condition nécessaire sur x ∈ E pour que P(x)”. La
question peut se reformuler de la façon suivante :
• Trouvez une assertion C(x) dépendant de x telle que ∀x ∈ E, P(x) =⇒ ? C(x) ?
• Démontrez que ∀x ∈ E, P(x) =⇒ C(x).
Exercice [Link].
1. Ecrivez dans Lean une fonction de deux assertions P et Q exprimant : “P est une condition nécessaire pour Q”.
√
2. Donnez une condition nécessaire sur x ∈ R pour que x + 6 = x + 4. Est-elle suffisante ?
3. trouvez une CN, non suffisante, pour qu’un quadrilatère ABCD soit un rectangle
4. trouvez une CS, non nécessaire, pour qu’un quadrilatère ABCD soit un rectangle
import [Link]
import [Link]
import [Link]
Théorème [Link] (Principe de récurrence). example : ∀ n:N, n^2 > n :=
[Link]
-- initialisation
(calc 0^2 > 0 := by norm_num)
Soit n0 un entier naturel. -- hérédité
Considérons une assertion H(n) dépendant d’un entier n, telle que (λ k:N7→
λ ih: k^2 > k 7→
(1) H(n0 ) soit vraie calc
(k+1)^2 = k^2+(2*k+1) := by ring
(2) ∀k ∈ N, ((k > n0 ET H(k)) =⇒ H(k + 1)) _ > k +(2*k+1) := add_le_add_right ih _
_ = (k+1)+2*k := by ring
Alors _ > k+1 :=
le_add_of_nonneg_right
∀n ∈ N, n > n0 =⇒ H(n) ((mul_nonneg
(by norm_num : 2 > 0)
(zero_le k : k > 0)
): 2*k > 0)
)
Exercice [Link].
1. Réécrire le théorème précédent comme une seule phrase quantifiée.
2. Montrez que pour tout n ∈ N, 2n > n
3. Prouvez que l’assertion H(n) : le nombre 4n + 1 est un multiple de 3 est héréditaire. Pouvez-vous trouver un entier n tel
que 4n + 1 est multiple de 3 ?
7
Récurrence double
C’est un cas particulier de raisonnement par récurrence où H(n) est de la forme : P(n) ET P(n + 1).
Exercice [Link].
On considère la suite (Fn )n∈N des nombres de Fibonnacci définie par F0 = 0 et F1 = 1 et ∀n ∈ N, Fn+2 = Fn+1 + Fn .
n
Montrez que ∀n ∈ N, Fn < 35 .
Récurrence finie
C’est un cas particulier de raisonnement par récurrence où, étant donné un entier N fixé, H(n) est de la forme : (n 6 N =⇒ P(n)).
Exemple : cf TD
Récurrence forte
C’est un cas particulier de raisonnement par récurrence où H(n) est de la forme : ∀k ∈ J0; NK , P(k).
Exercice [Link].
1
Soit (un )n∈N la suite définie par u0 = 1 et ∀n ∈ N, un+1 = u20 + u21 + · · · + u2n . Montrez que ∀n ∈ N, un = 1.
n+1
8
1.3 ensembles - equivalence - equations et inéquations
Motivation : En s’appuyant sur la notion de résolution d’équations, et d’inéquations, consolider et formaliser les concepts
d’ensemble et d’équivalence logique
Prérequis
— Manipulations algébriques élémentaires dans R ou C , identités remarquables
— Résolution d’une équation/inéquations du premier et second degré dans R et dans C
— Définition de la racine carrée
Nouvelles notions : équivalence logique ; condition nécessaire et suffisante ; Analyse/Synthèse/Conclusion ; équation, inéqua-
tion ; définition d’un ensemble en compréhension ; intervalles de R
Savoir faire
— Démontrer une assertion du type P ⇐⇒ Q
— Rédiger parfaitement la résolution d’équation (définition de symbole, utilisation appropriée de l’équivalence)
— Résoudre des équations du second degré sans forcément calculer delta (autres techniques : factorisation, forme canonique,
solutions évidentes, somme et produit). Importance donnée à la rédaction logique du raisonnement et non au calcul détaillé
de delta.
— Reconnaitre un raisonnement par CN et un raisonnement par CNS et un raisonnement par CS
— Maitrise de l’utilisation de ⇐⇒
— Résoudre des équations à paramètres
— Résoudre des inéquations dans R (à paramètre ou non) en exprimant l’ensemble solution à l’aide des intervalles de R
— Mener un raisonnement par analyse / synthèse / conclusion
Définition [Link].
(P =⇒ Q)ET (Q =⇒ P)
Nous pourrons démontrer que P =⇒ Q est vraie dans exactement deux cas :
• lorsque P et Q sont vraies toutes les deux
• lorsque P et Q sont fausses toutes les deux
De même que pour l’implication, l’écriture P ⇐⇒ Q n’a d’intérêt que lorsqu’on ne connaît pas les valeurs de vérité de P ou de Q,
c’est à dire en pratique lorsque P et Q dépendent d’une variable non connue. En particulier : ∀x ∈ E, P(x) ⇐⇒ Q(x).
Exercice [Link].
9
Remarque : L’équivalence étant transitive, une preuve par équivalences successives est possible à condition de bien veiller
à la conservation de l’équivalence à chaque étape : S1 ⇐⇒ S2 puis S2 ⇐⇒ S3 puis . . .Sn−1 ⇐⇒ Sn permettent de conclure à
S1 ⇐⇒ Sn .
import [Link]
example (x:R) : 4*x+3=0 ↔ x=-3/4 :=
calc
4*x+3=0 ↔ 4*x+3+(-3)=0+(-3) := (add_right_cancel_iff).symm
_ ↔ 4*x = -3 := by ring_nf
_ ↔ 4*x/4 = -3/4 := (div_left_inj’ (by norm_num)).symm
_ ↔ x = -3/4 := by ring_nf
Au § [Link] nous avons vu que ∀x ∈ R, x ∈ {1; 2} =⇒ x3 − 3x2 + 2x = 0 . Ainsi, les nombres 1 et 2 vérifient l’équation, on dit
qu’elles en sont solutions. Pourtant, l’affirmation précédente, quoique correcte, ne garantit pas qu’il n’y a pas d’autre solution. Par
exemple, 03 − 3 × 02 + 2 × 0 = 0.
√
Au § [Link] nous avons vu que ∀x ∈ R, x + 7 = x + 1 =⇒ (x = 2 OU x = −3) . Cela garantit qu’aucune valeur en dehors de
2√et de −3 ne peut être solution de l’équation, mais n’assure pas que ces deux valeurs sont effectivement solutions. D’ailleurs
−3 + 7 6= −3 + 1.
Résoudre une équation c’est déterminer TOUTES les solutions et seulement les solutions (ne pas en oublier, et ne pas en donner
en trop). Résoudre en x ∈ E une équation P(x) consiste donc à trouver une assertion concernant x équivalente à P(x) pour tout
x ∈ E ou encore : trouver une condition nécessaire et suffisante sur x ∈ E pour que P(x).
Exercice [Link].
Vocabulaire [Link].
Soit P une assertion dépendant d’une variable x et E un ensemble (ou un type) (dit ensemble ou type de référence).
L’ensemble F des éléments x de E vérifiant P(x) se note
F := {x ∈ E | P(x)}
P s’appelle la propriété caractéristique de F. L’ensemble F ne contient que des éléments de E : on dit que c’est un
sous-ensemble de E (ou un ensemble d’éléments de type E).
Etant donné x de E : x ∈ F se lit “x appartient à F” et signifie P(x)
import [Link]
Exercice [Link]. import [Link]
Soit E un ensemble de référence (ou type) et A et B des sous-ensembles de E de propriétés caractéristiques respectives PA et PB .
10
Définition [Link].
Théorème [Link].
Les énoncés ci-dessous traduisent exactement la même question, dans laquelle la notion d’équivalence logique est sous-jacente :
(i) Résoudre en le réel x l’équation (x − 3)2 = 2 (vii) Montrez que x ∈ R | (x − 3)2 = 2 = {. . .}
(ii) Résoudre dans R l’équation (x − 3)2 = 2 (viii) Montrez que ∀x ∈ R, (x − 3)2 = 2 ⇐⇒ x = . . . OU . . .
(iii) (imprécis) Résoudre (x − 3)2 =2
(ix) (imprécis) Quels sont les réels vérifiant (x − 3)2 = 2 ?
(iv) Soit x ∈ R. Trouvez une CNS sur x pour que (x − 3)2 = 2
(v) Déterminez l’ensemble des réels x vérifiant (x − 3)2 = 2 (x) (imprécis) Déterminez x tel que (x − 3)2 = 2
(vi) Déterminez x ∈ R | (x − 3)2 = 2 (xi) Soit x ∈ R. Donnez une caracérisation de (x − 3)2 = 2
Exercice [Link].
Résolvez dans R les équations
Indications :
ci-dessous sans utiliser le discri-
minant : (i) Si a et b sont des nombres réels alors ab = 0 équivaut à a = 0 ou b = 0
(i) (x + 3)(x − 4) = 0 (ii) Identité remarquable
(ii) x2 = 25 (iii) Identité remarquable
(iii) (x + 1)2 −9 = 0 (iv) Une solution évidente ; Le produit des solutions de x2 − sx + p = 0 est p et leur
somme est s.
(iv) x2 +x−2 = 0
(v) Forme canonique
(v) x2 + 2x − 4 = 0
1.3.3 Inéquations
Exercice [Link].
[Prep - inéquations, intervalles]
1. Quel est l’ensemble des nombres réels x tels que x2 > 2 ?
2. Quel est l’ensemble des nombres réels x tels que x2 > 2 ?
3. Quel est l’ensemble des nombres réels x tels que x2 > −2 ?
4. Quel est l’ensemble des nombres réels x tels que x2 < −2 ?
Les inéquations fonctionnent sur le même principe que les équations, à ceci près que l’assertion “dépendant d’un paramètre”
n’est plus une égalité mais une inégalité. Le verbe n’est plus “=” mais l’un des verbes suivants : “<” ; “>” ; “6” ; “>”.
L’ensemble solution d’une inéquation n’est généralement pas constitué d’une ou quelques valeurs isolées, mais d’une infinité
de valeurs. Pour répondre à l’exercice précédent, vous avez dû être confronté(e) à l’écriture des intervalles réels. Confirmez, à
l’aide des définitions ci-dessous, que vos solutions à l’exercice précédent utilisent les notations correctes :
11
Définition [Link] (Intervalles de R).
Soient a et b deux nombres réels tels que a 6 b. On appelle intervalle tout ensemble de l’une des formes ci-dessous :
Exercice [Link].
1. Soit m un paramètre réel fixé. Résolvez (en la variable réelle x) : (m + 1)x + 2 − m = 0
2. Soit m un nombre réel. Quel est l’ensemble des nombres réels x tels que (m + 1)x − m2 − m > 0 ?
Attention au statut des symboles : il faut bien identifier les symboles désignant des paramètres (“fixés”) et le symbole désignant
la variable par rapport à laquelle on résoud.
Par exemple dans la q1, l’ensemble cherché Em := {x ∈ R | (m + 1)x + 2 − m = 0} dépendant de m qui est fixé mais pas de x
qui est liée dans l’écriture ensembliste.
import [Link]
def P (m:R ) (x:R) := (m+1) * x + 2 - m = 0
def E := {x: R | P m x } -- error : undefined m
def F (m:R) := { x : R | P m x }
def G (m:R) (x:R) := { x : R | P m x } -- warning : unused x
Ce type de raisonnement est utilisé lorsque, étant donnée une assertion P dépendant d’une variable x ∈ E, on souhaite
démontrer une assertion du type ∀x ∈ E, P(x) ⇐⇒ C(x) mais que la condition C(x) est à trouver.
En pratique, les questions ressemblent à “Trouver une condition nécessaire et suffisante (CNS) pour que...” ou à “Donnez une
caractérisation de ...” ou “ Déterminez l’ensemble ...”.
analyse : Etant donné x ∈ E, on suppose P(x) et on cherche tout ce qu’on peut en déduire. Cette étape permet d’établir une
condition N(x) nécessaire pour que P(x) soit vérifiée, pour tout x ∈ E. En exploitant l’information contenue dans P(x), on
essaye de choisir N(x) la plus contraignante, restrictive, précise, possible. A ce stade on a prouvé
Exercice [Link].
√
1. Trouvez une condition nécessaire et suffisante sur x ∈ [−3; +∞[ pour que x − 3 = x + 3.
2. Déterminez (a; b) ∈ R2 | ∀x ∈ R, a cos x + b sin x = 0 .
3. Montrez qu’il existe un unique nombre rationnel a tel que ∀x ∈ Q, (x > 1 ET x 6 3) =⇒ (a − x)2 6 1.
12
1.4 compléments de logique propositionnelle : la négation
Motivation :
Prérequis
— Chapitre 1, séances 1,2,3
Nouvelles notions : ET, OU, Négation d’une assertion ; raisonnement par la contraposée ; raisonnement par l’absurde
Savoir faire
— Calculer la négation d’une formule propositionnelle
— Calculer la négation d’une formule quantifiée avec ∀ ou ∃
— Conduire un raisonnement par la contraposée
— Conduire un raisonnement par l’absurde
— Faire des preuves en logique propositionnelle
1.4.1 ET, OU
Le FAUX est une assertion qui n’a pas d’introduction (on ne peut pas en construire de preuve), mais dont l’élimination
permet de construire une preuve de n’importe quelle assertion. (Si les poules ont des dents, on peut mettre paris en
bouteille). Ce principe s’appelle le principe d’explosion, ou ”ex falso“.
Proposition [Link].
Démonstration. Ex falso.
13
Définition [Link].
Proposition [Link].
Exercice [Link].
Soit f une fonction de R dans R. Exprimez la négation de ∃M ∈ R, ∀x ∈ R, (x < 0 OU f(x) > M).
montrer qu’une assertion est fausse On montre que sa négation est vraie.
Exercice [Link].
Montrez qu’il existe une fonction positive f de R dans R et un nombre réel λ tels que λ · f n’est pas positive.
1.4.5 La contraposée
Définition [Link].
14
Proposition [Link].
Démonstration. Se démontre avec une table de vérité ou en utilisant les propriétés des assertions.
Exercice [Link].
Proposition [Link].
Signification : Prouver que ∀x ∈ E, P(x) =⇒ Q(x) est fausse revient à prouver que ∃x ∈ E, (P(x) ET NON (Q(x))), c’est-à-dire
trouver un contre-exemple x pour lequel P(x) est vraie alors que Q(x) est fausse.
Démonstration. Se démontre avec une table de vérité ou en utilisant les propriétés des assertions.
Exercice [Link].
La définition de limn→∞ un = +∞ est : ∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n > n0 =⇒ un > A.
Quelle est sa négation ?
Proposition [Link].
Démonstration. Se démontre avec une table de vérité ou en utilisant les propriétés des assertions.
Conséquence : Pour prouver que P est vraie, on peut supposer qu’elle est fausse et aboutir à une contradiction
Remarque : A réserver lorsque la démonstration directe semble trop difficile.
Exercice [Link].
x+1
1. Montrez que pour tout nombre réel x différent de −2 on a : 6= 1.
x+2
√
2. (*) Montrez que 2 n’est pas un nombre rationnel.
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1.5 opérations sur les ensembles
On a déjà abordé la notation d’un ensemble en compréhension, défini par sa propriété caractéristique : {x ∈ E | P(x)}.
On peut aussi définir un ensemble fini en extension : si E est un ensemble de référence, n ∈ N et x1 , . . . , xn ∈ E alors :
{x1 , x2 , . . . , xn } := {x ∈ E | x = x1 OU x = x2 OU . . . OU x = xn }
Un ensemble est uniquement caractérisé par l’appartenance des éléments. Consésquences :
? pas de notion d’ordre : {a; b; c} = {c; b; a}
√ √
3 2 π 3
? pas de répétition : 4; ; 2 ; cos = 4;
2 6 2
1.5.2 Complémentaire
Proposition [Link].
Exercice [Link].
(i) {E {E A = A
(ii) {E ∅ = E
1. Démontrez la proposition [Link], (iv).
(iii) {E E = ∅
(iv) A ⊂ B ⇐⇒ {E B ⊂ {E A
Figure 1 – Complémentaire
[Link] Définitions
Figure 2 – Intersection
Attention : L’intersection ne se note PAS “n”.
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Définition [Link] (Différence ensembliste).
On appelle différence de A et B (“A privé de B”) et on note A \ B l’ensemble des éléments de E qui appartiennent à A mais pas à B :
A \ B := {x ∈ A | x ∈ / B}
Figure 3 – Réunion
Attention : La réunion ne se note PAS “u”.
Proposition [Link].
Proposition [Link]. Exercice [Link].
• {E (A ∩ B) = {E A ∪ {E B
i) (A ∩ B) ∪ C = (A ∪ C) ∩ (B ∪ C) Retrouvez l’assertion (ii)) en utilisant (i)) et
• {E (A ∪ B) = {E A ∩ {E B (duale)
ii) (A ∪ B) ∩ C = (A ∩ C) ∪ (B ∩ C) (duale) les lois de De Morgan.
Définition [Link].
Exercice [Link].
Remarque [Link].
• L’existence d’un tel ensemble est assurée par l’un des 6 axiomes de la théorie des ensembles.
• On peut en démontrer l’unicité (considérer deux ensembles P et P 0 vérifiant cette propriété caractéristique et montrer qu’il sont égaux)
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1.5.6 Ensembles de nombres
N Ensemble des entiers naturels
Z Ensemble des entiers relatifs
Exercice [Link].
D Ensemble des nombres décimaux
Q Ensemble des nombres rationnels
Soient a et b deux nombres réels avec a 6 b.
R Ensemble des nombres réels
Rappelez la définition des intervalles ci-dessous :
C Ensemble des nombres complexes [a; b] ]a; b] [a; b[ ]−∞; b] [a; +∞[ ]a; b[ ]−∞; b[
• On a les inclusions : N ⊂ Z ⊂ D ⊂ Q ⊂ R ⊂ C ]a; +∞[
1
Soient E et F deux ensembles.
On appelle produit cartésien de E et de F, et on note E × F l’en-
semble des couples (x; y) où x ∈ E et y ∈ F
Par définition, (a; b) = (a 0 ; b 0 ) signifie F := [0; 1]
E × F = [1; 2] × [0; 1]
a = a0
b = b0
0 1 E := [1; 2] 2
Exercice [Link].
Exercice [Link].
Considérez d’une part (x; y) et d’autre part {x; y}. Que deviennent-ils chacun si
x = y ? Et si on échange x et y ?
Démontrez cette proposition.
Proposition [Link].
Exercice [Link].
(i) A × B = ∅ ⇐⇒ A = ∅ OU B = ∅
(ii) Si A 6= ∅ et B 6= ∅ alors A × B ⊂ A 0 × B 0 ⇐⇒ A ⊂ A 0 ET B ⊂ B 0 Ecrire l’ensemble (R × R) \ ([−1; 1] × [2; 3])
(iii) Si A 6= ∅ et B 6= ∅ alors A × B = A 0 × B 0 ⇐⇒ A = A 0 ET B = B 0 sous la forme d’une réunion de produits carté-
(iv) (A ∩ B) × C = (A × C) ∩ (B × C) siens.
(v) (A ∪ B) × C = (A × C) ∪ (B × C)
Exemple : RN est l’ensemble des suites réelles. La suite réelle constante (un )n∈R définie par : ∀n ∈ N, un = 1 est un élément de RN .
Remarque. On pourrait considérer e := (ei )i∈I comme une application de I dans E : alors on noterait e : I → E au lieu de (ei )i∈I et e(i) au lieu de ei . Ainsi
une suite réelle (un )n∈N est une application u de N dans R.
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