Cours A
Cours A
Modélisation Mathématique
Filière Génie Civil
Première année
2022-2023
Imad EL MAHI
ADRESSE : COMPLEXE UNIVERSITAIRE, HAY EL QODS, B.P 669, 60000 OUJDA, MAROC
Table des matières
2
Chapitre 1
Equations de la physique -
Classication des EDP
1.1 Introduction
La modélisation consiste à remplacer un système complexe en un objet simple qui reproduit
les comportements principaux du système à étudier. Ce modèle peut être un modèle réduit, une
expérience au laboratoire, un modèle numérique, etc.
On s'intéresse ici à la modélisation numérique qui consiste à remplacer le problème physique,
chimique, biologique, économique ou industriel par des équations mathématiques. Ces équations
s'écrivent souvent sous forme d'EDP (Équations aux dérivées partielles) et sont généralement
non linéaires et posées en deux ou trois dimensions d'espaces avec des conditions aux limites
parfois compliquées. Leurs solutions analytiques (exactes) sont souvent très diciles à calculer
voire impossible. On fait donc recours aux méthodes numériques pour approcher les solutions de
ces équations.
3. Méthodes numériques pour la résolution du problème discret. Ce point est crucial car la
validité du modèle dépend étroitement de la précision des méthodes utilisées. A ce niveau,
souvent une analyse d'erreurs et de convergence de la méthode est requise.
4. Mise en ÷uvre informatique. Ceci consiste à reproduire les algorithmes développés par un
langage de programmation (Fortran, Matlab, Python, ...).
3
Une équation aux dérivées partielles (ou en abrégé EDP) pour la fonction u est une relation
liant la fonction u, les variables x1 , x2 , . . . , xn et les dérivées partielles de u par rapport à ces
variables. Elle s'écrit en général sous la forme :
∂u ∂u ∂ 2 u ∂ 2 u
F (x1 , x2 , . . . , xn , u, ,..., , , , . . .) = 0 (1.1)
∂x1 ∂xn ∂x21 ∂x1 ∂x2
Remarque 1:
Les EDP interviennent dans beaucoup d'applications en physique, biologie, économie, ingénierie,
génie civil, etc :
et on a
+∞ +∞
1 √
Z Z
1 1 2
u2 ( , x) dx = √ e−x dx = √ π = 1
−∞ 4 −∞ π π
Remarque 2:
Il est clair que pour avoir une solution unique de l'EDP (E), il faut rajouter à l'équation une
condition initiale et des conditions aux limites.
4
Exercice 1 Montrer que la solution de s'exprime, quand le domaine est non borné (inni),
(E)
comme le produit de convolution de la condition initiale par le noyau de la chaleur :
Z +∞
u(t, x) = u(0, x) ? u2 (t, x) = u(0, x − y) u2 (t, y) dy
−∞
Dénition 1.2.2 (Ordre d'une EDP) On appelle ordre d'une EDP l'ordre le plus élevé des
dérivées que contient l'EDP.
Dénition 1.2.3 (EDP linéaire - EDP non linéaire) Une EDP est dite linéaire quand elle
l'est par rapport à u et par rapport à toutes ses dérivées partielles.
En fait, les EDP linéaires ne contiennent aucun produit de u avec elle même ou avec ses dérivées
partielles alors que les EDP non linéaires peuvent en avoir.
Par exemple, une EDP linéaire du 1er ordre pour la fonction u(x, y) a la forme générale :
∂u ∂u
A +B + Cu = D (1.2)
∂x ∂y
où A, B , C et D peuvent être des fonctions de x et y .
La forme générale d'une EDP linéaire du 2ème ordre pour u(x, y) est :
Dénition 1.2.4 (EDP homogène - EDP non homogène) Une EDP est dite homogène lors-
qu'elle ne contient que des termes faisant intervenir la fonction u et ses dérivées partielles.
Par exemple, l'EDP linéaire du 1er ordre (1.2) serait homogène si D = 0. Celle du 2ème
ordre (1.3) est homogène si G = 0.
Exemples :
∂u ∂u
+ =0 EDP du 1er ordre, linéaire et homogène (à coecients constants).
∂x ∂y
∂2u ∂2u
+ =0 (Eq. d'équilibre) est une EDP du 2ème ordre, linéaire et homogène.
∂x2 ∂y 2
∂u ∂u
+ + sin(u) = 0 1er ordre, non linéaire et homogène.
∂x ∂y
∂u ∂u
x + y2 + 4xyu = 1 1er ordre, linéaire et non homogène.
∂x ∂y
∂2u ∂2u
− =0 (Eq. de propagation des ondes) 2ème ordre, linéaire et homogène.
∂t2 ∂x2
∂u ∂u ∂2u
+u =ν 2 2ème ordre, non linéaire et homogène.
∂t ∂x ∂x
∂u 3 ∂u ∂ 2 u
( ) + · =0 2ème ordre, non linéaire et homogène.
∂x ∂x ∂y 2
5
1.3 Classication des EDP linéaires du 2ème ordre :
On considère une EDP linéaire du 2ème ordre sous forme générale en (2D ) :
Classication :
On dira que l'EDP (1.4) est
hyperbolique si ∆ > 0,
parabolique si ∆ = 0,
elliptique si ∆ < 0.
Remarques :
1. Les termes hyperbolique, parabolique, elliptique proviennent du fait que si l'on sup-
pose que A, B , C , D , E et F constants et que l'on cherche une solution ϕ(x, y) de
l'équation homogène associée à (1.4) (G = 0) de la forme :
AX 2 + BXY + CY 2 + DX + EY + F = 0 (A)
6
Exemples :
1. Equation des ondes (1D) :
∂2u 2
2∂ u
− c =0 où c représente la vitesse du son.
∂t2 ∂x2
Variables −→ (t, x)
Coecients : A = 1 ; B = 0 ; C = −c2 ; D = E = F = G = 0
Le discriminant de l'EDP : ∆ = B 2 − 4AC = 4c2 > 0
L'équation des ondes est donc une EDP hyperbolique.
3. Equation de Laplace :
∂2u ∂2u
+ 2 =0
∂x2 ∂y
Variables −→ (x, y)
Coecients : A = 1; B = 0; C = 1; D = E = F = G = 0
∆ = −4 < 0 =⇒ L'équation de Laplace est elliptique.
4. Equation de Tricomi :
∂2u ∂2u
y − 2 =0
∂x2 ∂y
Variables −→ (x, y)
Coecients : A = y ; B = 0 ; C = −1 ; D = E = F = G = 0
Le discriminant de l'EDP : ∆ = 4y
Si y>0 alors l'EDP est hyperbolique.
L'équation de Tricomi peut modéliser par exemple les écoulements transsoniques non
visqueux. On voit que c'est une EDP mixte : hyperbolique sur le demi plan supérieur
y > 0, parabolique sur l'axe horizontal y = 0 et elliptique sur le demi plan inférieur y < 0.
7
1.4 Quelques modèles d'équations hyperboliques et paraboliques
1.4.1 Equations hyperboliques
Les équations hyperboliques modélisent les phénomènes de propagation d'ondes sans aucune
dissipation, c'est-à-dire que l'énergie produite par ces ondes ne s'atténue pas au cours du temps.
On parle de convection pure. On les trouve dans divers problèmes de la physique.
Dans le cas linéaire, ces équations peuvent modéliser la propagation du son dans un milieu
homogène. En électromagnétisme, les équations de Maxwell sont hyperboliques et linéaires.
Dans le cas non linéaire, ces équations proviennent de lois de conservation de certaines quantités.
C'est le cas par exemple des équations d'Euler qui expriment la conservation de la masse, de la
quantité de mouvement et de l'énergie pour un uide parfait (non visqueux). En hydraulique,
les équations de Saint-Venant modélisent les écoulements de l'eau peu profonde (océans, rivières,
écoulements suite aux rupture de barrages, etc).
Cette équation modélise la propagation d'une onde sonore à vitesse c dans milieu homo-
gène. On l'appelle aussi équation de la corde vibrante.
2
Si l'on prend c = 1 et comme condition initiale la fonction u0 (x) dénie par u0 (x) = e−x ,
8
2. Equation de convection :
∂u ∂u
+c =0
∂t ∂x (1.6)
u(t = 0, x) = u0 (x) donnée
alors la simulation avec une vitesse c = 2m/sec, donne la solution suivante à t = 3 sec :
Exemple :
∂u ∂2u
−ν 2 =0 (1.7)
∂t ∂x
u(t = 0, x) = u0 (x)
9
Cette équation permet de simuler la diusion de la quantité u(t, x) où ν est le coecient de
diusion. Il est clair que plus ν est grand plus la quantité u(t, x) diuse plus vite.
2
Si l'on prend à t = 0, la condition initiale u(0, x) = u0 (x) = e−x , alors à t > 0, on aura :
∂u ∂u
P +Q +Cu=D (1.8)
∂x ∂y
où P , Q, C et D sont des fonctions de x et y.
(1.8) s'écrit aussi :
∂u ∂u
P +Q =R
∂x ∂y
avec R=D−Cu
s
)
(s)
s ),y
(x(
Courbe caractéristique
Si on arrive à résoudre l'EDO sur la courbe caractéristique Γ, alors on pourra répéter la procédure
en partant de la courbe voisine, etc et donc obtenir la solution u(x, y) dans tout le domaine.
10
Equation de convection
∂u ∂u
+c =0 pour x ∈ R ; t > 0
∂t ∂x
u(0, x) = u0 (x) ←− condition initiale
Nous allons chercher une courbe caractéristique Γ ((t(s), x(s)), s étant le paramètre qui décrit la
courbe, le long de laquelle l'EDP devient un système d'EDO.
du ∂u dt ∂u dx
= +
ds ∂t ds ∂x ds
Or d'après l'EDP
∂u ∂u
= −c
∂t ∂x
On a alors :
du ∂u dx dt
= −c
ds ∂x ds ds
dx dt
On voit que si on impose : −c =0 c'est-à-dire dx = c dt
ds ds
dx
ou encore =c
dt
on obtient :
du
=0
ds
Les courbes caractéristiques sont donc les droites d'équation :
dx
=c
dt
et sur ces courbes caractéristiques la solution vérie :
du = 0
c'est-à-dire que u reste constante sur chaque caractéristique (on parle d'invariants de Riemann).
Courbes caractéristiques
dx
= c ⇔ x = ct + ξ (ξ ∈ R)
dt
11
Solution
Sur chaque courbe caractéristique (Γ) : x − ct = ξ , on a :
∂u ∂u
P +Q =R
∂x ∂y
Cherchons une courbe caractéristique Γ = Γ(x(s), y(s)) le long de laquelle l'EDP se réduit à une
équation diérentielle.
du ∂u dx ∂u dy
= +
ds ∂x ds ∂y ds
Soit
du ∂u dx ∂u dy
P = P +P
ds ∂x ds ∂y ds
∂u dx ∂u dy
= (R − Q ) +P
∂y ds ∂y ds
∂u dy dx dx
= (P −Q )+R
∂y ds ds ds
12
On remarque alors que dès lors qu'on impose
dy dx
P −Q =0
ds ds
on aura
du dx
P =R
ds ds
Autrement dit, le long des courbes caractéristiques :
P dy = Q dx (1.9)
la solution vérie :
P du = R dx (1.10)
dx dy du
= = (1.11)
P Q R
Remarques :
1. La relation P dy = Q dx est appelée direction caractéristique. La pente locale de la ca-
ractéristique est :
dy Q
=
dx P
2. Dans le cas où R = 0, la méthode des caractéristiques donne : du = 0 le long de la
caractéristique, c'est-à-dire que u est constance le long de la caractéristiques (on appelle
cela un invariant de Riemann).
Exercice 2 Utiliser la méthode des caractéristiques pour résoudre les EDP suivantes :
∂u ∂u
+ =0 (1)
∂x ∂y
∂u ∂u
+y =0 (2)
∂x ∂y
∂u ∂u
x +2 − 2u = 0 (3)
∂x ∂y
∂u ∂u
+ =0 (1)
∂x ∂y
Cherchons une courbe caractéristique Γ = Γ (x(s), y(s)) le long de laquelle l'EDP se réduit à une
équation diérentielle. Dérivons le long de la courbe Γ
13
du ∂u dx ∂u dy
= +
ds ∂x ds ∂y ds
∂u dx ∂u dy
= − +
∂y ds ∂y ds
∂u dy dx
= −
∂y ds ds
On voit donc que dès lors qu'on pose
dy dx
− =0
ds ds
c'est-à-dire le long de la courbe caractéristique
dy = dx
ou encore
y − x = cte = ξ
la solution u vérie :
du
=0
ds
c'est-à-dire u est constante le long de chaque courbe Γ (invariant de Riemann).
14
∂u ∂u
+y =0 (2)
∂x ∂y
Manière 1
On dérive le long d'une courbe caractéristique Γ :
du ∂u dx ∂u dy
= +
ds ∂x ds ∂y ds
∂u dx ∂u dy
= (−y ) +
∂y ds ∂y ds
∂u dy dx
= ( −y )
∂y ds ds
Le long de la courbe caractéristique
dy dx
−y c-à-d dy = y dx
ds ds
La solution vérie
du
=0 c-à-d du = 0
ds
Les courbes caractéristiques sont
dy
dy = y dx ⇔ = dx ln |y| = x + K
y
y = ξex
ou encore
ye−x = ξ
Le long de ces courbes, la solution u est constante c'est-à-dire :
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Plus simple
Écrire le système d'EDP sur les caractéristiques (P = 1 ; Q = y ; R = 0)
dx dy
=
y dx = dy ←− caractéristiques
dx dy du 1
y
= = ⇔ ⇔
1 y 0
du dx du = 0 ←−
solution
=
0 1
∂u ∂u
x +2 − 2u = 0 (3)
∂x ∂y
du ∂u dx ∂u dy
= +
ds ∂x ds ∂y ds
∂u dx 1 ∂u dy
= + (2u − x )
∂x ds 2 ∂x ds
∂u dx x dy dy
= − +u
∂x ds 2 ds ds
dx x dy dx 1
− =0 c-à-d = dy
ds 2 ds x 2
1
ln |x| = y + K ou x = ξey/2
2
du dy du
=u c-à-d = dy
ds ds u
ln |u| = y + K soit u = Cey
16
Chapitre 2
On a par dénition :
17
Faisons un DL de u(x + ∆x, y, z, t) au voisinage de (x, y, z, t) avec ∆x → 0.
∂u (∆x)2 ∂ 2 u
u(x + ∆x, y, z, t) = u(x, y, z, t) + ∆x (x, y, z, t) + (x, y, z, t)
∂x 2! ∂x2
(∆x)n ∂ n u
(x, y, z, t) + O (∆x)n+1 )
+......... + n
n! ∂x
Si on tronque ce DL à l'ordre 1 en ∆x, on aura :
∂u
u(x + ∆x, y, z, t) = u(x, y, z, t) + ∆x (x, y, z, t) + O((∆x)2 )
∂x
On obtient alors :
Et on a la dénition :
Dénition 2.2.1 On appelle ordre d'une méthode, la puissance de ∆x avec laquelle l'erreur de
troncature tend vers 0.
u0 (x) + u(x) = x − 1
pour x ∈ ]0, 2]
(2.1)
u(0) = 1
a = x1 x2 x3 xi−1 xi xi+1 xN = b
b−a
On note par ∆x = le pas du maillage (ici a = 0 et b = 2).
N −1
Les n÷uds du maillage sont :
x1 = a ; x2 = a + ∆x ; . . . ; xi = a + (i − 1)∆x
18
Le problème continue (2.1) qui consiste à chercher la fonction u(x) sur l'intervalle [a, b] de di-
mension inni se ramène alors à la recherche de N valeurs discrètes ui en chaque n÷ud xi du
maillage.
Notons par ui = u(xi ) la valeur discrète de u(x) au n÷ud xi et u0i = u0 (xi ) la dérivée au n÷ud
xi .
ui+1 − ui
u0i '
∆x
qui est un schéma aux diérences nies décentré "aval".
ui − ui−1
u0i '
∆x
(∆x)2 00
ui+1 = u(xi + ∆x) = ui + ∆x u0i + ui + O (∆x)3 )
(A)
2!
(∆x)2 00
ui−1 = u(xi − ∆x) = ui − ∆x u0i + ui + O (∆x)3 )
(B)
2!
En faisant (A)-(B), on obtient :
19
c'est-à-dire :
ui+1 − ui−1
u0i = + O (∆x)2
2∆x
Autrement dit, une approximation d'ordre 2 "centrée" de u0i est :
ui+1 − ui−1
u0i '
2∆x
Remarque 1:
1. En général, pour obtenir des ordres encore supérieurs, il faut utiliser plusieurs n÷uds
voisins de xi . Le nombre de n÷uds nécessaires pour l'écriture du schéma numérique est
appelé "stencil".
2. An de pouvoir conclure sur l'ordre d'un schéma, il est conseillé de pousser les dévelop-
pements limités susamment loin.
3. En théorie, la précision d'un schéma d'ordre supérieur est plus élevée. Mais attention, ceci
n'est vrai que dans la limite ∆x, ∆t → 0. D'ailleurs, parfois un schéma d'ordre 1, peut
s'avérer être plus précis qu'un schéma d'ordre supérieur à ∆x, ∆t nis.
x ≤ 10 x2 ⇐⇒ x ≥ 0.1
Exercice 3 Ecrire un schéma aux diérences nies d'ordre 3 par l'approximation de la dérivée
u0i au n÷ud xi (Indication : utiliser les valeurs de u aux n÷uds xi , xi−1 , xi+1 , et xi+2 ).
Réponse
−ui+2 + 6ui+1 − 3ui − 2ui−1
u0i = + O (∆x)3
6 ∆x
on peut aussi utiliser les valeurs de u aux n÷uds xi−2 , xi−1 , xi , xi+1 , et on obtient :
Détail corrigé
On fait le DL de ui+1 , ui+2 , ui−1 au voisinage de xi à l'ordre 3 :
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On fait une combinaison linéaire de ui+1 , ui+2 et ui−1 :
(∆x)2
αui+1 + βui+2 + γui−1 = (α + β + γ)ui + ∆x(α + 2β − γ)u0i + (α + 4β + γ)u00i (2.3)
2
(∆x)3 (3)
(α + 8β − γ)ui + O (∆x)4
+
3!
(3)
Pour obtenir u0i en fonction de ui , ui−1 , ui+1 et ui+2 , on annule on les coecients de u00i et ui .
On impose alors que :
α + 4β + γ = 0
α + 8β − γ = 0 ⇒ 2α + 12β = 0 ⇒ α = −6β
α + 2β − γ 6= 0
Ce qui donne :
6ui+1 − ui+2 − 2ui−1 − 3ui
u0i + O (∆x)3
=
6 ∆x
Exercice 4 Programmer cette méthode aux diérences nies sous Matlab, puis comparer la so-
lution numérique avec la solution exacte.
La solution exacte de l'équation diérentielle étant :
u(x) = 3e−x + x − 2
21
2.4 Diérences nies pour un problème elliptique 1D
2.4.1 Modèle mathématique
On considère une barre métallique de longueur 1m chauée par une source de chaleur f et
dont les deux extrémités sont plongées dans un milieu où la température est nulle (la glace par
exemple).
x1 = 0 x2 x3 xi−1 xi xi+1 xN = 1
On a :
1
xi = xi−1 + ∆x = (i − 1)∆x avec ∆x =
N −1
Le problème continue (2.4) est remplacé par le problème discret suivant :
Chercher u(xi ) pour i = 2, . . . , N − 1 vériant
−u00 (xi ) = f (xi ) (2.5)
u(x1 ) = u(xN ) = 0
soit :
ui−1 − 2ui + ui+1
u00i = + O (∆x)2
(∆x) 2
22
c'est-à-dire qu'une approximation à l'ordre 2 de u00i est :
Avec ce choix d'approximation de u00i , on peut approcher le problème (2.5) par le problème discret
suivant :
u2 , u3 , . . . , un−1 ∈ R /
Trouver
ui−1 − 2ui + ui+1
− = fi pour i = 2, . . . , N − 1 (2.6)
(∆x)2
u1 = uN = 0
En i = 2, on a :
u1 − 2u2 + u3
− = f2
(∆x)2
Puisque u1 = 0 alors
1
− (−2u2 + u3 ) = f2
(∆x)2
En i = N − 1, on a :
1
− (uN −2 − 2uN −1 + uN ) = fN −1
(∆x)2
Or uN = 0, alors
1
− (uN −2 − 2uN −1 ) = fN −1
(∆x)2
Et pour 3 ≤ i ≤ N − 2, on a :
1
− (ui−1 − 2ui + ui+1 ) = fi
(∆x)2
1
− (−2u2 + u3 ) = f2
(∆x)2
1
− (ui−1 − 2ui + ui+1 ) = fi pour 3≤i≤N −2
(∆x)2
1
− (uN −2 − 2uN −1 ) = fN −1
(∆x)2
23
−2 1 0 ··· ··· ···
0 u2 f2
1 −2 1 0 ··· ··· 0 u3 f3
0
1 −2 1 0 ···
0
u4
f4
1 .
.. . .. . .. . .. . .. .. .
.
.
.
..
− . .
. = .
(∆x)2
. . .
.. .. .. ..
.. . . . . 0 . .
. .
0 ··· ··· 0 1 −2 1 uN −2 fN −2
0 ··· ··· ··· 0 1 −2 uN −1 fN −1
Matrice tridiagonale
| {z }
⇐⇒
AU = b
On peut aussi utiliser, comme la matrice est tridiagonale, l'algorithme de Thomas basé
sur la factorisation LU et qui est moins coûteux en nombre d'opérations (voir plus tard).
∂u ∂2u
−D 2 =0 ∀ x ∈ ]0, 1[ ; ∀ t ≥ 0
∂t ∂x (2.7)
u(x, 0) = f (x) ← donnée ∀ x ∈]0, 1[
u(0, t) = Tg ; u(1, t) = Td ∀t ≥ 0
24
2.5.2 Approximation diérences nies
Etape 1 : Maillage (Discrétisation spatiale et temporelle)
a = x1 x2 x3 xi−1 xi xi+1 xN = b
Dérivée temporelle :
Pour la discrétisation temporelle, il y a deux manières de procéder : soit utiliser un schéma
explicite, soit un schéma implicite.
∂u
Tout d'abord, une approximation à l'ordre 1 en temps de s'écrit :
∂t i
∂u un+1
i − uni
'
∂t i ∆t
25
On obtient alors le schéma :
D∆t n
un+1 = uni + (u − 2uni + uni+1 ) ∀i = 2, . . . , N − 1 (2.9)
i
(∆x)2 i−1
Remarque 1:
Le schéma (2.9) est très simple à mettre en oeuvre, cependant on montrera par la suite que pour
être stable, il nécessite une restriction sur le pas du temps ∆t. Ce dernier doit être choisi de telle
sorte que la condition suivante soit vériée :
2D
∆t ≤1
(∆x)2
∂2u un+1
i−1 − 2un+1
i + un+1
i+1
'
∂x2 i (∆x)2
un+1
i − uni un+1 n+1
i−1 − 2ui + un+1
i+1
−D =0 pour i = 2, . . . , N − 1
(∆x)2
∆t (2.10)
u0 = f (xi ) pour i = 2, . . . , N − 1
uin = T ; un = T
1 g N d ∀n ∈ N
Soit
−λun+1 n+1
− λun+1 n
i−1 + (1 + 2λ)ui i+1 = ui pour i = 2, . . . , N − 1 (2.11)
D∆t
avec λ= .
(∆x)2
Le schéma aux diérences nies implicite (2.11) peut être écrit sous la forme matricielle suivante :
un+1
−λ ··· ··· ··· un2 + λTg
1 + 2λ 0 0 2
n+1
−λ 1 + 2λ −λ 0 ··· ··· 0 u un3
3n+1
un4
0
−λ 1 + 2λ −λ 0 · · · 0 u4
.. .. .. .. .. . . .
. .. .
. . . . . . .
.. =
. . . . . .
.. .. .. .. .. .
0 . .
. . . . .
.. .. .. .. .
0 0 .
n+1 un
0 ··· ··· 0 −λ 1 + 2λ −λ
uN −2
N −2
0 ··· ··· ··· 0 −λ 1 + 2λ n
uN −1 + λTd
un+1 N −1
26
On voit donc qu'à chaque instant, c'est-à-dire qu'à chaque passage de tn à tn+1 , ce schéma
nécessite la résolution d'un système linéaire dont la matrice est tridiagonale.
Remarque 2:
Pour la résolution du système linéaire avec matrice tridiagonale, on peut utiliser l'algorithme de
Thomas, qui eectue la factorisation LU de Gauss et qui nécessite un coût de calcul de 8N − 7
opérations (3(N − 1) opérations pour la factorisation et 5N − 4 opérations pour la substitution).
Algorithme de Thomas
a1 c1 0 · · · · · · 0
b2 a2 c2 0 · · · 0
.. .. ..
A=0
. . .
.
..
cn−1
0 · · · · · · 0 bn an
On décompose : A = LU avec :
1 0 ··· 0 α1 c1 · · · 0
. .
. .
β2 . .
.. . .. .. .
L=0 . ; U =0 .
. . . . .
. .
.. ..
cn−1
0 ··· 0 βn 1 0 ··· αn
On aura alors :
α1 = a1
b2 b2
β2 α1 = b2 =⇒ β2 = =
α1 a1
b2
β2 c1 + α2 = a2 =⇒ α2 = a2 − β2 c1 = a2 − c1
a1
.
.
.
27
Autrement dit, si l'équation s'écrit :
L(u) = 0
où L est un opérateur diérentiel, et l'équation approchée s'écrit :
Lh (u) = 0
alors
ET = L(u) − Lh (u)
On voit que l'erreur de troncature en temps est en O(∆t) et celle en espace est en O (∆x)2 .
2.6.2 Consistance
En fait, pour une même équation diérentielle ou aux dérivées partielles, il existe une multi-
tude de schémas numériques permettant de résoudre cette équation. Il faut donc assurer que le
schéma représente bien l'équation exacte dans la limite où le pas d'espace ∆x et la pas de temps
∆t tendent vers zero, et partout dans le domaine considéré. On parle de consistance du schéma.
Dénition 2.6.2 Un schéma aux diérences nies est dit consistant si et seulement si :
lim ET = 0
∆x→0
∆t→0
Exemple 2.6.2 Le schéma (2.13) pour l'équation de la chaleur (2.12) est consistant. En eet :
28
2.6.3 Stabilité d'un schéma numérique
Dénition 2.6.3 Un schéma numérique est dit stable si la solution numérique calculée par ce
schéma reste bornée dans le temps et dans l'espace.
Autrement dit, les erreurs produites par le schéma (Erreur de troncature, erreurs d'arrondi, ...)
ne doivent pas croître lors de la procédure numérique.
La stabilité du schéma numérique est parfois attachée aux valeurs du pas du temps ∆t et du pas
d'espace ∆x.
En fait, trois cas sont possibles pour un schéma numérique :
2.6.4 Convergence
Dénition 2.6.4 Un schéma numérique sera dit convergent pour une norme donné (notée k.k),
si pour toute solution initiale u0 et pour tout n ∈ N, on a :
lim kunh − unex k = 0
∆x→0
∆t→0
Théorème de Lax
Pour un problème linéaire aux valeurs initiales, la solution numérique d'un schéma itératif en
temps aux diérences nies converge vers la solution exacte si le schéma est consistant et stable.
29
unj = C n eiξxj avec xj = j∆x et ξ est le nombre d'onde.
puis injecter cette solution dans le schéma numérique, et étudier le comportement de la suite de
fonction (C n )n∈N .
On obtient une relation de récurrence sur les C n. Et on a :
n
si la suite de fonctions (C )n∈N est bornée pour la norme L2 alors le schéma numérique est stable,
sinon il est instable.
on pose :
unj = C n eiξj∆x
on injecte cette solution dans le schéma, on aura :
ξ∆x
A = 1 − 4λ sin2 ( ) A est appelé facteur d'amplication.
2
on a alors :
C n+1 = AC n
c'est-à-dire :
C n = AC n−1 = A2 C n−2 = . . . = An C 0
En démarrant par une condition initiale u0j = C 0 eiξj∆x bornée
0
c'est-à-dire telle que |C | ≤ M , pour que la solution unj à l'instant tn = n∆t soit bornée ∀n ∈ N,
il faut que |A| ≤ 1 ; ∀ξ ∈ R
30
c'est-à-dire :
ξ∆x
−1 ≤ 1 − 4λ sin2 ( )≤1 ∀ξ ∈ R
2
or on a toujours
ξ∆x ξ∆x
1 − 4λ sin2 ( )≤1 car 4λ sin2 ( ≥0
2 2
Il reste :
ξ∆x
−1 ≤ 1 − 4λ sin2 ( )
2
ξ∆x
⇔ −2 ≤ −4λ sin2 ( )
2
ξ∆x
⇔ 2λ sin2 ( ) ≤ 1 ∀ξ ∈ R
2
ξ∆x
⇔ sup(2λ sin2 ( )) ≤ 1
ξ∈R 2
2∆tD
⇔ 2λ ≤ 1 ⇐⇒ ≤1
(∆x)2
∆tD 1
≤
(∆x)2 2
Exemple 2.6.4 Considérons cette fois-ci un schéma implicite pour l'équation de la chaleur :
un+1
j − unj un+1 n+1
j−1 − 2uj + un+1
j+1
−D =0
∆t (∆x)2
1
C n+1 = Cn
(1 + 2λ) − λ(e−iξ∆x + eiξ∆x )
1
C n+1 = Cn
ξ∆x
1 + 4λ sin2 ( )
2
= A Cn
31
or
1
∀ξ ∈ R ; |A| = ≤1
ξ∆x2
1 + 4λ sin ( )
2
Il s'en suit que le schéma implicite est stable dans L2 (R).
On dit qu'il est inconditionnellement stable (c'est-à-dire quelques soient les paramètres ∆t et
∆x).
| − λ +{zλe
−iξ∆x
C n+1 = (1 }) C
n
A
On doit avoir :
|A| ≤ 1 ∀ξ ∈ R
or
∀ξ ∈ R ; 2λ(1 − cos(ξ∆x)) ≥ 0 car λ>0
On doit donc avoir :
λ−1≤0
c'est-à-dire :
c∆t
λ= ≤1
∆x
32
Exercice 6 On reprend l'équation d'advection précédente (avec c > 0).
∂u ∂u
+c = 0 ∀x ∈ R ; ∀t > 0
∂t ∂x
u(x, 0) = u0 (x) ∀x ∈ R
Étudier l'ordre, la consistance et la stabilité de Fourier - Von Neumann des schémas suivants :
un+1
j − ujn−1 unj+1 − unj−1
+c =0
2∆t 2∆x
un+1
j − unj unj+1 − unj
+c =0
∆t ∆x
∂u n un+1
j − unj
=⇒ = + O(∆t)
∂t j ∆t
n
∂u
unj+1 = u(xj + ∆x, tn ) = unj + ∆x + O((∆x)2 )
∂x j
∂u n unj+1 − unj
=⇒ = + O(∆x)
∂x j ∆x
c'est-à-dire
lim ET = 0
∆t→0
∆x→0
33
Stabilité
Le schéma (1) s'écrit :
c∆t
un+1
j = unj − λ(unj+1 − unj ) avec λ=
∆x
on pose
unj = C n eiξj∆x
on injecte cette solution dans le schéma :
C n+1 = [1
|+λ−
iξ∆x
{zλe }] C
n
|A| ≤ 1 ∀ξ ∈ R
Schéma 2 (centré)
un+1
j − unj unj+1 − unj−1
+c =0
∆t 2∆x
Ordre et consistance
∂u n un+1
j − unj
= + O(∆t)
∂t j ∆t
n n
∂u (∆x)2 ∂ 2 u
unj+1 = unj + ∆x + O (∆x)3
+ (2.14)
∂x j 2 ∂x2 j
n n
∂u (∆x)2 ∂ 2 u
unj−1 = unj − ∆x + O (∆x)3
+ (2.15)
∂x j 2 ∂x2 j
∂u n unj+1 − unj−1
+ O (∆x)2
(2.14)-(2.15) =⇒ =
∂x j 2∆x
= O(∆t) + O (∆x)2
ET
|ET | ≤ |O(∆t)| + |O(∆x)2 | ≤ λ1 ∆t + λ2 (∆x)2 −→ 0
∆t/∆x→0
34
Stabilité
Le schéma s'écrit :
c∆t
un+1
j = unj − λ(unj+1 − unj−1 ) avec λ=
2∆x
On pose :
unj = C n eiξj∆x
On l'injecte dans le schéma
h i
C n+1 eiξj∆x = iξj∆x
e − λ(eiξ(j+1)∆x − eiξ(j−1)∆x ) C n
h i
C n+1 = 1 − λ(eiξ∆x − e−iξ∆x ) C n
C n+1 = [1 − 2i sin(ξ∆x)] C n
| {z }
A
Or
|A|2 = |1 − 2iλ sin(ξ∆x)|2
= 1 + 4λ2 sin2 (ξ∆x) ≥ 1 ∀ξ ∈ R
Donc le schéma (2) est instable.
Schéma 3 (Leap-frog)
un+1
j − ujn−1 unj+1 − unj−1
+c =0
2∆t 2∆x
n n
∂u (∆t)2 ∂ 2 u
un+1 unj + O (∆t)3
j = + ∆t + (2.16)
∂t j 2 ∂t2 j
n n
∂u (∆t)2 ∂ 2 u
un−1 = unj − ∆t + O (∆t)3
j + (2.17)
∂t j 2 ∂t2 j
∂u n un+1
j − ujn−1
+ O (∆t)2
(2.16)-(2.17) =⇒ =
∂t j 2∆t
De même on a :
∂u n unj+1 − unj−1
+ O (∆x)2
=
∂x j 2∆x
= O((∆t)2 ) + O (∆x)2
ET
35
Stabilité
Le schéma s'écrit :
c∆t
un+1
j = un−1
j − λ(unj+1 − unj−1 ) avec λ=
∆x
On pose :
unj = C n eiξj∆x
on l'injecte dans le schéma
C n = αr1n + βr2n
où r1 et r2 sont les racines de l'équation caractéristique (2.18)
( p
r1 = −iλ sin(ξ∆x) − 1 − λ2 sin2 (ξ∆x)
p
r2 = −iλ sin(ξ∆x) + 1 − λ2 sin2 (ξ∆x)
Pour avoir la stabilité c'est-à-dire la suite (C n ) bornée ∀n ∈ N, il faut et il sut que les racines
de l'équation caractéristique (2.18) soient toutes les deux de module inférieur ou égale à 1.
1 − λ2 sin2 (ξ∆x) ≥ 0
Donc :
|r1 |2 = |r2 |2 = (−λ sin(ξ∆x))2 + (1 − λ2 sin2 (ξ∆x)) = 1
Le schéma est donc stable.
c∆t
⇔ λ2 ≤ 1 ⇔ λ= ≤1
∆x
36