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QE : Les Cahiers de Douai entre tradition et modernité

Le recueil des Cahiers de Douai frappe par son audace et son inventivité. Mais par ailleurs, son auteur étant
un grand admirateur de Hugo et Baudelaire, il ne se démarque pas complètement des modèles
contemporains. C’est ce qui rend ce recueil inclassable.
Rappels d’histoire littéraire :
Le XIXe siècle connaît une ébullition en littérature : les ruptures, recherches et découvertes poétiques sont
de mise à travers les différents courants littéraires qui le traversent et certains auteur-phare de cette
période.
Le mouvement romantique : mouvement majeur de la deuxième moitié du XIXe siècle. Parmi les motifs
propres au romantisme, on trouve : l’intérêt porté aux sentiments et aux émotions et l’attrait pour
l’exploration des méandres de l’âme humaine ; la figure du poète voyant ; la fascination pour l’histoire
récente en particulier la révolution française.
Représentants de ce mouvement : Lamartine, Victor Hugo (Les Contemplations, 1856 et Les Châtiments,
1852) puis Les Misérables, 1862).
Le Parnasse : mouvement littéraire de la 2ème moitié du XIXe siècle. Les parnassiens prônent une poésie
éloignée de toute considération politique, ambitieuse sur le plan de la recherche lexicale et stylistique, à la
forme très travaillée.
Représentants de ce mouvement : Théophile Gautier, Théodore de Banville

I. Un recueil qui s’appuie sur une tradition poétique


I. 1 Par les choix formels
- une prédominance du sonnet : 12 poème sur 22 sont des sonnets. Cette forme, héritée de la Renaissance fait
partie des formes académiques de la poésie classique.
- De nombreux poèmes sous formes de quatrains (« Première soirée », « Sensation », « Ophélie », « Bal des
pendus » ou de tercets (« les Effarés ») => Seuls deux poèmes échappent à cette structure strophique « Soleil et
Chair » et « Le Forgeron ».
- procédés du refrain largement utilisé et hérité de la poésie du Moyen-Age (ballade, rondeau) : on retrouve
cet effet de boucle dans « Première soirée », « Ophélie », « Bal des pendus » ou « Roman » « On n’est pas
sérieux quand on a dix-sept ans / et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade. »
- tous les poèmes sont versifiés ; le plus souvent en alexandrins mais aussi en octosyllabes (« Les Reparties de
Nina » ; « Les Effarés ») et les hexasyllabes (« Rêvé pour l’hiver »).
Ex. d’alexandrins réguliers avec rythme binaire (césure à l’hémistiche 6/ 6) :
v. 1 et 2 de « Sensation » : « Par les soirs bleus d’été, j’irai par les sentiers, / Picotés par les blés, fouler l’herbe
menue ». (+ rime intérieure en é)

1
I. 2 Par les thématiques abordées qui se rattachent au mouvement romantique
Dans sa lettre dite du « voyant » à Paul Demeny (15 mai 1871), Arthur Rimbaud rend hommage aux poètes
romantiques qui ont été selon lui des visionnaires « sans trop bien s’en rendre compte » même si leur poésie
n’est pas parvenue à sortir du carcan de « la forme vieille ».
- célébration de la nature et de ses beautés dans la veine romantique : « Sensation », « Ma Bohème », « Soleil
et Chair », « Les Repartie de Nina »
- la peinture du sentiment amoureux : « Première soirée », « Roman », « les Reparties de Nina », « Rêvé pour
l’hiver » qui renvoie à une certaine forme de lyrisme.
Ex. « Ophélie » associe les thèmes-clés du romantisme : la fascination pour la mort, l’expression intense des
sentiments et la mise en scène des beautés de la nature (pour rappel, le personnage d’Ophélie est lui-même
emprunté et n’a rien de novateur puisqu’il vient de Shakespeare).
- l’engagement politique et social cher aux romantiques : la peinture des affamés (« Les Effarés ») ou la
dénonciation de Napoléon III ou de toutes les formes de tyrannie.
Ex. : « Le Forgeron », Louis XVI « debout sur son ventre »
« Rages de César », Napoléon III « homme pâle », « à l’œil terne »
« L’Eclatante victoire de Sarrebrück », soldat « raide sur son dada »
I.3 Par l’hommage rendu aux auteurs de son époque
- l’inspiration de Victor Hugo est double : elle repose à la fois sur l’évocation de l’amour (cf « Rêvé pour
l’hiver ») et sur la satire du pouvoir à la manière des Châtiment, recueil satirique qui s’en prend violemment à
« Napoléon le petit », écrit en exil (cf « Le Forgeron »). La tonalité pathétique des « Effarés » n’est pas sans
rappeler certains poèmes comme « Chose vue un jour de printemps » ou « Melancholia » dans Les
Contemplations.
- Pour Rimbaud, Baudelaire est « le premier voyant, le roi des poètes, un vrai Dieu » (Lettre du « voyant » datée
du 15 mai 1871). Quand Les Fleurs du Mal paraissent en 1857, le recueil constitue une vraie révolution
poétique. Ce recueil, jugé scandaleux, affirme que laideur et beauté peuvent se rencontrer dans une alchimie
poétique « Tu m’as donné de la boue, j’en ai fait de l’or » (appendice des Fleurs du Mal).
Ex. « Vénus anadyomène » : associe la figure mythologique de Vénus symbole de beauté à une femme
repoussante sortant de sa baignoire désignée par un oxymore aux accents baudelairiens « belle hideusement »
(v. 14). La fin du sonnet, particulièrement audacieuse fait rimer « Vénus » et « anus ».
Ex. de sources d’inspiration : photocopies des poèmes qui ont pu inspirer A. Rimbaud pour « Rêvé pour
l’hiver » : « La Coccinelle » (VH), « Vieille chanson du jeune temps » (VH), « l’Invitation au voyage » (Baudelaire).

II. Un recueil qui s’émancipe des modèles pour créer une poésie nouvelle
II.1 Des innovations formelles
Synthèse très intéressante p. 155-157 de votre livre !

2
- Au niveau du sonnet : des tercets dépendants grammaticalement l’un de l’autre (« Ma Bohême », « Au
Cabaret-Vert », « La Maline ») ; des sonnets hétérométriques « Rêvé pour l’hiver »), des jeux de rimes non
traditionnels (premier tercet de « Vénus anadyomène » avec une rime unique).
- Au niveau de la versification : dislocation du rythme (le rythme canonique étant 6/6), multiplication du
rejet et du contre rejet, des rimes audacieuses
Notez ici vos propres exemples :

- Au niveau du lexique : le vocabulaire prosaïque, le lexique familier, les interjections etc.


Notez ici vos exemples :

II.2 Une réécriture des grands thèmes de la poésie classique


-Un lyrisme revisité : tout en rendant hommage à ses prédécesseurs, il détourne les codes de la poésie
amoureuse
Ex. : « Les reparties de Nina »
Allusions sexuelles audacieuses « J’irais, pressant, ton corps », nature triviale « Une vache fientera, fière » loin
de la vision idyllique de l’amour ou dangereuse ( « dans la ravine »), retour au prosaïsme du « bureau » en fin
de poème.
Ex. « Rêvé pour l’hiver »
La « coccinelle » d’Hugo devient « araignée » et la nature n’est plus protectrice mais menaçante faite de
« monstruosités » et de « démons ».
N. B : trois poèmes du recueil s’achèvent sur la mention des fesses du personnages « Vénus anadyomène »,
« Les Effarés », « L’Eclatante victoire de Sarrebrück ».

-Parodie de poèmes ou de thèmes déjà traités : A. Rimbaud s’empare des thèmes


traités par ses prédécesseurs mais pour mieux se les approprier
Ex. « Bal des pendus » transforme le poème-testament de François Villon « la
Ballade des pendus » (1489) en danse macabre comique : un « squelette fou »
« crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque / Avec des cris pareils à des
ricanements. » v. 37-38
Ex. « Le Châtiment de Tartufe » s’inspire du personnage de Molière pour pousser plus
avant la caricature montrant le faux dévot soumis à ses pulsions et se trouvant
littéralement mis à nu devant nous :
« Peuh ! Tartufe était nu du haut jusques en bas ». v. 14

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