Cours de Méthodes de Recherche Scientifique 2020-2021
O.O INTRODUCTION
Ce cours est axé sur une matière particulière, à savoir la théorie de la recherche
scientifique en général et plus particulièrement dans le domaine des sciences humaines.
Pour comprendre la théorie de la recherche scientifique, il faut d’abord savoir ce que
signifie le mot « science ». En définissant ce qu’est une science, nous serons à même de
cerner ce qu’est la méthodologie des sciences et en quoi elle est importante.
Apparu pour la première fois en 1080 dans la chanson de Roland, le mot science
dérive du mot latin scienta qui signifie « connaissance ». Scienta vient lui-même de sciens
et scientis qui veulent dire : « qui sait », « instruit », « habile » et « connaisseur ». La
science est donc une connaissance et le scientifique, celui qui sait. La science instruit ; le
scientifique est un connaisseur ou, pour le moins, quelqu’un qui veut savoir.
La recherche scientifique est, quant à elle, définie comme ‘’un effort
systématique de compréhension, provoqué par un besoin ou une difficulté dont on a pris
conscience, s’attachant à l’étude d’un phénomène complexe, dont l’intérêt dépasse les
préoccupations personnelles et immédiates, le problème étant posé sous forme
d’hypothèse’’. Cette définition permet de distinguer nettement l’investigation menée par
le chercheur, des tâtonnements et des essais circonstanciels du praticien. Autrement dit, la
recherche scientifique obéit à un certain nombre de règles.
Aussi, la méthodologie de la recherche scientifique désigne-t-elle un ensemble de
méthodes et de techniques qui orientent l’élaboration d’une recherche et qui guident la
démarche scientifique (Maurice Angers, 1992 :353). Elle définit les exigences théoriques
et opératoires de l’observation. Elle énonce à la fois les principes à respecter dans la
préparation du travail et la collecte des faits. Elle est une véritable logique opératoire en ce
sens qu’elle précise les différentes étapes du processus de recherche, c’est-à-dire
l’ensemble des étapes à franchir et des procédés à utiliser pour obtenir une connaissance
scientifique (Tremblay, 1968 : 92).
La recherche scientifique tend donc vers une explication générale, vers une loi,
elle est nomothétique. Toutefois, avant d’atteindre ce niveau, une recherche peut connaitre
une période plus ou moins longue, pendant laquelle les efforts sont concentrés sur la
description d’objets singuliers (phase idiographique). Par exemple, avant de connaitre les
lois de l’économie, il importe d’en décrire objectivement le déroulement et d’en analyser
les procédures. En plus de ces orientations, la recherche scientifique enregistre
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aujourd’hui plusieurs autres directions (recherche expérimentale, recherche-action,
recherche historique…).
O.1 Objectifs du cours
Objectif général
La recherche scientifique est devenue un domaine si vaste qu’il est impossible de
discuter de tous les problèmes. Il vise à amener les étudiants à réaliser une démarche
scientifique en sciences humaines en étant conscient de ses mérites et de ses faiblesses.
Objectifs spécifiques
A la fin de ce cours, les étudiants seront capables de :
Définir la recherche scientifique en spécifiant ses procédures, ses finalités,
ses exigences ;
Discuter de quelques problèmes généraux de la recherche scientifique ;
Réaliser une recherche scientifique, de la conception du sujet de recherche
à la communication des résultats ;
Formuler la problématique en indiquant la (les) question (s) ou problèmes
(s), l’ (les) objectifs, l’ (les) hypothèses (s), la (les) variables (s) ;
Différencier les phases de la recherche scientifique ;
Identifier la méthode ainsi que la (les) technique (s) pouvant l’aider à
collecter, à analyser les données et interpréter les résultats ;
Présenter le rapport détaillé de la recherche.
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CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
1.1 DEFINITIONS
La recherche scientifique est un des modes qu’utilise l’homme pour
connaître et comprendre le monde qui l’entoure. Il existe deux catégories de modes pour
acquérir la connaissance : les méthodes préscientifiques d’acquisition des connaissances et
la méthode scientifique.
1.2. Buts de la recherche scientifique
Le but ultime de la recherche scientifique est la compréhension totale de
l’univers dans lequel nous vivons. Il ne s’agit donc pas d’identifier seulement une partie
des causes sous-jacentes à un phénomène, mais bien d’obtenir une description et une
explication complète de ce phénomène, d’être capable d’en prédire l’apparition, et, dans la
plupart des cas, de la produire.
En fait, les quatre objectifs de la science sont, comme le souligne L.B.
Christensen (1977), la description, l’explication, la prédiction et la production. Le
premier de ces objectifs est de décrire avec une grande précision le phénomène étudié.
Décrire est un phénomène qui consiste à en identifier les composantes et, si possibles,
leurs degrés respectifs d’importance. En second lieu, d’expliquer l’apparition même du
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phénomène ; mais puisque, dans la plupart des cas, plusieurs causes simultanées peuvent
expliquer cette apparition, il faut être prudent et accepter de réviser l’explication donnée
lorsque des faits nouveaux sont observés, ou lorsque des nouvelles conditions préalables
sont mises en évidence.
Un troisième objectif, atteint seulement grâce à une connaissance encore plus poussée du
phénomène étudié, est orienté vers la possibilité d’anticiper son apparition ou de le
prédire. Cette capacité s’appuie sur la connaissance exacte des conditions qui favorisent
l’apparition d’un phénomène. Enfin, le quatrième et le dernier objectif est celui de la
production. Pour produire un phénomène donné, il faut pouvoir le créer à volonté en
mettant en place les facteurs ou les conditions qui le font apparaître. La production opère
donc une fois qu’on a dégagé les conditions d’apparition du phénomène concerné.
Atteindre cet objectif nécessite ordinairement une connaissance très approfondie du
phénomène.
1.3. Typologie de recherche
Trois types de problèmes, trois types de recherche ont toujours occupés un
nombre croissant de chercheurs. En effet, les problèmes que se posent les hommes de
science sont de différentes catégories :
1) les problèmes pratiques qui correspondent au désir de faire mieux, plus vite, à
meilleur compte, les travaux dans lesquels ils sont engagés ;
2) les problèmes intellectuels qui correspondent au désir de connaître et de
comprendre le monde qui nous entoure ;
3) les problèmes résultant des tentatives faites pour utiliser les connaissances
intellectuelles acquises par la recherche désintéressée pour la production d’objets
nouveaux et l’amélioration des techniques.
Peu à peu la recherche (fondée sur des théories fantaisistes) à perdu le rôle
important qu’elle jouait à l’origine et c’est la recherche appliquée qui occupe maintenant
la première place.
A l’heure actuelle, cette classification est devenue insuffisante. Ainsi,
plusieurs auteurs donnent diverses classifications. A titre d’illustration, nous développons
la typologie de G. De Landsheere qui distingue trois catégories principales de recherche,
à savoir :
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a. La recherche fondamentale
C’est la recherche des connaissances nouvelles et de champs
d’investigations nouveaux, sans ce soucié de l’application pratique de nouvelles
connaissances acquises.
b. La recherche appliquée :
C’est la recherche ayant un but pratique déterminé en vue de servir
l’humanité dans un de ses besoins. On vise à l’application pratique de la connaissance
scientifique ; c’est le stade intermédiaire entre la découverte et l’utilisation quotidienne.
c. La recherche de développement technique :
C’est l’adaptation systématique des données de la recherche appliquée et
des connaissances empiriques, en vue de la production et de l’emploi des matériaux,
d’appareils, de méthodes ou de procédés nouveaux.
Actuellement, la distinction entre recherche fondamentale et recherche
appliquée est contestée par un grand nombre de chercheurs. La nouvelle tendance est de
ne plus retenir que deux catégories principales :
La recherche et le développement (classification bipolaire).
Dans cette perspective, la recherche est orientée soit vers des conclusions
(le chercheur s’intéresse à un problème et peut en formuler l’hypothèse selon son savoir
ou son intuition), soit vers des décisions (le problème est posé au chercheur par un
organisme qui attend les résultats du travail pour orienter son action).
Dans ce contexte, un nouveau type de recherche est à la mode dans
l’approche actuelle de résolution des problèmes ou de changement social. Il s’agit de la
recherche-action inspirée du socio-psychologue Kurt Lewin qui avait reconnu les
difficultés d’appliquées les résultats de la science sociale trouvée dans le laboratoire
psychologique sur la réalité sociale quotidienne.
Ce type de recherche se caractérise notamment par une nouvelle relation entre la théorie et
la pratique qui se manifeste ou se fonde sur :
- une relation directe entre la théorie et la pratique : les problèmes pratiques suscitent les
efforts de recherche et sont à la base des hypothèses ;
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- un choix de partenaires (participants) dicté par la nature du problème pratique, du
problème à résoudre ;
- une interdisciplinarité orientée non vers le développement des disciplines scientifiques,
ni la vérification des hypothèses théoriques, mais un effort de changement de la réalité
sociale ou vers la solution des problèmes concrets.
1.4. Qualités fondamentales d’une recherche scientifique
1. La vérifiabilité
Pour être qualifié de scientifique, un énoncé doit être vérifiable. Cette
vérification doit être accessible aux autres investigateurs, ce qui permet de généraliser les
conclusions. La vérification se pratique à partir des faits, par des observations directes ou
indirectement à partir des conséquences déduites des observations, par la méthode
scientifique et par l’expérimentation. C’est par l’expérimentation qu’il est possible de
faire la preuve de ce qui a été avancé dans l’hypothèse.
Cependant, il est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît à première vue de
formuler un énoncé de manière explicite pour qu’il puisse être vérifié par autrui.
Quelques obstacles peuvent empêcher un énoncé d’être vérifiable :
a) l’impossibilité matérielle et/ou les obstacles d’ordre déontologiques.
Exemple : Supposons qu’il faille priver un enfant de sa mère à telle ou telle phase de son
développement pour pouvoir vérifier une hypothèse bien précise concernant le rôle de la
relation mère-enfant dans l’acquisition du langage ; une telle expérience ne pourra pas
avoir lieu pour des raisons morales évidentes.
b) L’utilisation des concepts dont la définition n’est pas suffisamment univoque ou
opératoire.
Exemple 1 : Vouloir expliquer un phénomène naturel en postulant l’intervention d’entités
dont l’existence ne se prête pas à la vérification, ni à la démonstration (pensée animiste,
mythologie,…)
Exemple 2 : Fausses explications et recours à des concepts mal définis ou passe-partout.
Dans le malade imaginaire, MOLIERE se moque de ce type d’argumentation qu’il prête
aux médecins de son temps :
Question : Pourquoi l’opium fait-il dormir ?
Réponse : Parce que l’opium possède une vertu dormitive.
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Quel que soit l’effet d’un traitement, on pourra toujours l’expliquer par
l’effet de telle ou telle vertu. Ce n’est donc pas un concept opératoire.
En sciences humaines, s’ils ne sont pas définis avec suffisamment
d’univocité, certains concepts risquent de ne pas avoir une valeur opératoire.
c) L’utilisation des termes ou expressions vagues pour désigner les relations entre
phénomènes ou leur degré d’importance.
Exemple : L’utilisation de termes tels que :
- parfois, souvent
- un peu, beaucoup
d) L’absence des renseignements précis concernant les caractéristiques de la population
étudiée, les circonstances, le contexte.
2. La validité
Un énoncé scientifique doit tendre à la validité. La validité désigne la
conformité d’un élément réel avec sa représentation. Par représentation, nous entendons
ici une construction intellectuelle destinée à décrire, à expliquer ou à donner un sens à des
éléments de la réalité. Une telle construction intellectuelle se présente globalement sous la
forme d’énoncés. Pour être valides, ces énoncés doivent être en accord avec les faits
connus.
Exemple :
On dit d’une information lue dans un journal qu’elle n’est pas valide ou
conforme à la réalité si elle peut être démentie par un fait bien établi.
La démarche scientifique utilise et produit des représentations avec le souci
de les valider, de les prouver.
Pour ce faire, le chercheur a recours à des observations ou les provoque
(expérimentation).
Corollairement, avant de pouvoir énoncer un principe, une loi ou une
propriété dont la portée se veut générale par rapport à un domaine de la réalité, le
chercheur devra recourir à un grand nombre d’observations ou des résultats
d’expériences.
La validité est une notion clé, elle concerne en effet les représentations
auxquelles le chercheur se réfère ou qu’il produit et elle concerne également les
instruments d’étude qui servent à construire ces représentations.
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3. La prédictivité
Le scientifique ne se contente pas seulement de tirer des conclusions
permettant de généraliser et d’expliquer les phénomènes ; il s’intéresse aussi aux
prédictions. La prédiction permet de prévoir comment les généralisations seront rendues
opératoires dans une nouvelle situation.
La rigueur qui sous-tend l’approche scientifique ne veut pas dire que la
science considère tout de façon absolue. Pour faire des prédictions elle doit recourir aux
paradigmes (ensemble d’hypothèses fondamentales qui donnent naissance aux théories et
aux modèles), à des propositions, à la loi des probabilités.
La théorie des probabilités a pour objet de mesurer l’indétermination et
d’effectuer des calculs de probabilité selon des principes logiques et cohérents. Elle a son
origine dans la théorie des jeux de hasard.
4. L’explicabilité
Expliquer, c’est faire connaître la raison d’un fait, c’est rapprocher les
choses les unes aux autres. La recherche scientifique ne peut se borner qu’à expliquer des
données et des lois, elle doit encore les intégrer dans des théories et des modèles
explicatifs.
En science, les théories et les modèles servent de fondement à l’explication
en augmentant ainsi le corpus des connaissances scientifiques.
5. La systématisation
La connaissance de faits singuliers et isolés ne présente en soi qu’un intérêt
relativement limité. La simple accumulation de données (sans relation entre elles) n’est
pas satisfaisante. Toutes ces informations doivent en effet être systématisées.
Une recherche peut être entreprise en vue de tester une hypothèse bien
précise dont la portée est clairement délimitée. Dans ce cas, ou ne parlera pas
nécessairement de systématisation.
La systématisation intervient lorsqu’une recherche concerne plusieurs
hypothèses ou lorsqu’on effectue une synthèse à propos d’un ensemble de recherches.
1.5 La déontologie de la recherche scientifique
Dans toute recherche scientifique en sciences sociales, le respect de la
personne humaine doit rester primordial. C’est pourquoi : La recherche doit se faire avec
l’accord de toutes les parties concernées ; la recherche ne peut nuire à la santé physique ou
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mentale des sujets ; la recherche ne peut violer ni l’intimité de l’individu, ni celle des
familles ; le secret professionnel doit être scrupuleusement respecté ; Sauf accord formel,
les publications de recherche ne doivent pas permettre d’identifier les participants. Les
dossiers, accumulés dans les services de recherche, ne peuvent pas tomber au hasard
dans les mains des personnes indiscrètes. Un système de destruction d’archives doit donc
être prévu.
En principe, et pour autant qu’il n’y ait pas contradiction avec la règle du
secret professionnel, ceux qui participent à une expérience ou une recherche ont le droit
d’en connaître les résultats. Toutefois :
- La communication des résultats doit se faire avec tact et discernement : la
révélation brutale d’insuffisances, de situations d’infériorité, peut provoquer des
chocs graves et entraîner des lourdes conséquences :
- Afin d’éviter les fausses interprétations, le chercheur utilise un langage adapté au
niveau de culture et d’information de ses interlocuteurs. En cas de doute, un
entretien est préférable à une communication écrite.
- Les promesses doivent être tenues ;
- On attend du chercheur une probité scientifique totale ;
- une expérience ne peut jamais être sciemment faussée, si peu que ce soit ;
- Si décevants puissent-ils être, les résultats doivent être fidèlement rapportés ;
- Les résultats acquis par d’autres chercheurs sont leur stricte propriété. Il vaut
mieux citer une fois de trop ses sources plutôt que de s’approprier le bien d’autrui,
si peu que ce soit.
CHAPITRE II : FORMULATION D’UNE PROBLEMATIQUE DE
RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
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Dans toute recherche scientifique, la condition de succès est une vision
claire de ce que l’on cherche. Mais cette exigence est trop fréquemment négligée. Les
auteurs des manuels de méthodologie de recherche sont unanimes à reconnaître
l’importance de fixer les objectifs de la recherche, d’énoncer une question générale ou
encore de cerner le problème. Bref, d’élaborer une problématique et d’émettre des
hypothèses.
Il importe d’abord de distinguer des notions apparentées et souvent
mentionnées comme celles d’objectif, de problème, de problématique, d’hypothèse, de
variable et de concept, afin de juger de leur nécessité dans les différentes recherches
scientifiques, car toutes ces notions entrent dans la composition d’une bonne
problématique. Mais il ne suffit de saisir le sens précis de ces termes, encore faut-il mettre
en pratique leur contenu.
Décrire le processus intellectuel qui mène à l’énoncée d’une problématique
de recherche scientifique est une entreprise difficile, et cela, pour plusieurs raisons :
- l’élaboration d’une problématique de recherche est une opération qui relève du
raisonnement, activité quotidienne élémentaire et familière, mais dont les
modalités sont particulières à chaque individu ;
- même si la raison vise la découverte de connaissances universelles, son
fonctionnement demeure éminemment personnel. Or, chaque individu possède une
formation et une expérience particulière, des aptitudes et des opinions
personnelles, des dispositions intellectuelles à s’intéresser à des cas concrets ou à
des questions abstraites.
- Le raisonnement qu’implique l’élaboration d’une problématique de recherche
relève de l’art plus que de la technique. Pour élaborer une problématique de
recherche, c’est d’un savoir-faire, l’art de raisonner correctement et de manière
inventive dont le chercheur a besoin. Or, cet art ne se transmet pas plus aisément ;
il comporte une bonne part de talent inné, développé par l’expérience.
2.1 Objectif de recherche
De tous les concepts dont nous allons faire l’inventaire dans ce chapitre,
celui d’objectif est sans doute le plus général, puisqu’il est impossible d’entreprendre une
recherche sans lui fixer au préalable un objectif.
2.1.1. Notion d’objectif
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Chaque recherche vise un objectif particulier qui la distingue de toutes les
autres : en ce sens, l’objectif peut être assimilé à la réponse à une question, à la solution
d’un problème, au dénouement d’une difficulté. Mais au delà de la multitude des objectifs
particuliers, toutes les recherches peuvent être regroupées en quatre classes générales du
point de vue de la nature de leur objectif :
a. la recherche est exploratoire si l’intention du chercheur est de se familiariser avec
le sujet ou un domaine qu’il connaît peu ou pas.
b. Elle est descriptive ou classificatoire si le propos du chercheur est de mieux
connaître la nature, la structure, l’organisation d’un sujet ou d’un domaine avec
lequel il s’est déjà familiarisé.
c. Son objectif est explicatif si la recherche vise à expliquer les causes de
changements observés ou à comprendre les processus de changement.
d. Si le chercheur nourrit l’ambition de prévoir des changements, son objectif est
prédictif.
Il existe évidemment différentes classifications de la recherche, lesquelles
donnent naissances à d’autres catégories d’objectifs. Il est possible, par exemple, de
distinguer la recherche fondamentale, dont l’objectif est de découvrir de nouvelles
connaissances, de la recherche appliquée qui vise à les mettre en pratique. La recherche
peut aussi viser l’élaboration de nouvelles théories ou encore la vérification des théories
déjà admises.
2.1.2. Détermination des objectifs de recherche
La détermination des objectifs de recherche ne pose pas de difficultés
singulières. L’objectif particulier peut être assimilé aux questions ou aux problèmes de
recherche dont nous allons discuter plus loin ; le chercheur doit alors préciser les résultats
auxquels il désire parvenir à la fin de sa recherche. Quels problèmes souhaite-t-il régler ?
A quelle question veut-il répondre ? Quant à l’objectif général de la recherche, il s’agit
souvent d’une donnée hétérogène, c'est-à-dire que ce sont des considérations externes au
sujet et au domaine de recherche qui amènent le chercheur à opter pour une démarche
exploratoire plutôt qu’explicative, descriptive plutôt que prédictive. Ce sont, par exemple,
les conditions d’un contrat de recherche, les directives d’un supérieur hiérarchique, l’état
des connaissances du chercheur, etc.
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La recherche est souvent soumise à des exigences externes qui ont des
implications importantes sur son déroulement. Le chercheur doit tenir compte de ces
exigences et de ces limites dans la formulation de son objectif. Les obligations
réglementaires, les limites budgétaires, s’il s’agit d’un contrat, et diverses contraintes
doivent être prises en considération au moment de la préparation d’un projet de recherche.
En effet, l’ampleur de la problématique, la précision des hypothèses, l’exhaustivité de la
collecte documentaire, la taille de la population étudiée, la complexité des traitements
statistiques, en somme, toutes les facettes de la recherche doivent être en harmonie avec
ses objectifs.
2.2. Questions et problèmes de recherche
Infiniment liés à l’objectif particulier, la question ou le problème de
recherche mérite plus d’attention parce que c’est autour de cette proposition que s’amorce
très souvent la recherche.
2.2.1. Notion de problème de recherche
Le mot problème recouvre deux réalités distinctes. Dans l’ordre de la
pratique ou de l’action, il renvoie à une difficulté qu’il faut vaincre, à un obstacle qu’il
faut lever comme la pollution atmosphérique, la délinquance juvénile ou la discrimination
ethnique.
Dans l’ordre de la connaissance, il désigne d’abord une énigme à résoudre, comme un
problème mathématique. Invariablement, le problème à origine d’une recherche
scientifique peut être défini comme un écart entre des actes et des normes, entre une
situation concrète et les attentes de la société ou encore entre les faits observés et l’état de
nos connaissances.
Les difficultés pratiques qui relèvent de l’ordre de l’action concernent la
société et exigent des solutions. Il peut s’agir, tout d’abord, de problèmes généraux
comme l’exploitation de la violence dans les medias ou le manque d’informations fiables
à la disposition des citoyens : dans ce cas la formulation d’une problématique exige du
chercheur qu’il limite, qu’il cerne ou circonscrive la portée de sa recherche. Dans d’autres
cas, il s’agit de problèmes particuliers, comme les doléances d’un groupe de pression X à
l’endroit de la programmation d’une T.V publique Y : le chercheur doit alors faire le lien
entre cette difficulté particulière et une théorie plus générale à l’intérieur de laquelle le
problème pourrait trouver sa solution.
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Les problèmes qui relèvent de l’ordre de la connaissance ne soulèvent pas
toujours d’intérêt dans la société, mais, en revanche, ils apparaissent aux scientifiques
comme autant de défis à leur créativité.
Il n’est sans doute pas superflu d’introduire ici une distinction entre
recherche (research) et cherche (search). Ce dernier terme désignerait une démarche
entreprise dans le but de trouver des renseignements présumés existants. Le terme
recherche, en revanche, désigne une démarche d’expérimentation, d’observation,
d’analyse ou de réflexion qui a pour but la production de nouvelles connaissances.
Les démarches de type cherche visent à repérer et à recueillir les renseignements
généralement ponctuels dans le but de combler un besoin ponctuel : le renseignement ou
la donnée existe, il suffit de le trouver pour s’informer. On peut, en outre, considérer que
la portée des démarches de ce type est purement individuelle : la donnée n’a de sens que
pour celui qui a besoin. Il en va autrement dans les démarches de type recherche, dont on
pourrait dire qu’elle vise à combler un besoin commun à l’ensemble des personnes qui
s’intéressent au même sujet. Les démarches de recherche ont pour but de mettre à jour non
pas des renseignements ponctuels, mais plutôt des connaissances générales qui n’existent
pas encore. Les questions d’ordre général que se pose le chercheur peuvent souvent être
satisfaites par une démarche de type cherche : la documentation scientifique dans laquelle
se trouvent consignées les recherches déjà réalisées contient en effet la réponse à nombre
de ces questions.
A l’origine de toute recherche, il y a donc une question à résoudre ou une
difficulté à aplanir. Souvent, il s’agit d’un ensemble de questions ou de difficultés
complémentaires qui forment le noyau original autour du quel se cristallise la
problématique.
2.2.2. Expression et analyse du problème de recherche
Il n’est pas rare, surtout chez le chercheur débutant, qu’une recherche
réponde à un intérêt personnel plus ou moins précis. Dans ce cas, c’est le désir
d’augmenter ses connaissances qui amorce la recherche. Souvent, aussi, des événements
particuliers suscitent son intérêt, éveillent ses préoccupations. La recherche débute alors
par la constatation d’un problème pratique, d’une difficulté théorique, par une question à
propos d’une situation qui semble présenter des lacunes, contredire des opinions
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communément admises, contrarier des intérêts, alimenter des inquiétudes. Le chercheur
expérimenté, en fin, possède déjà une certaine connaissance de son objet d’étude et est en
mesure de formuler adéquatement un problème de recherche, mais il n’est pas
nécessairement familier avec toutes les facettes du problème. Evidemment, les difficultés
que posent l’expression et l’analyse du problème dépendent, d’une part, de la compétence
du chercheur et, d’autre part, du degré de précision de l’énoncé initial sur lequel la
recherche s’amorce.
2.3. Problématique de recherche
Lorsqu’il est appliqué à une recherche particulière, le mot problématique
désigne l’ensemble des problèmes à résoudre ou des hypothèses à vérifier et les
orientations théoriques à l’intérieur des quelles ou par rapport auxquelles cette recherche
se situe.
A l’origine de toute recherche, il y a une question théorique ou une
difficulté pratique. Elles peuvent être d’ordre général ou particulier. La manière d’élaborer
la problématique dépend en partie de la nature du problème. Lorsque le chercheur doit
résoudre un problème théorique, il emprunte généralement une démarche déductive. En
revanche, lorsqu’il est aux prises avec une difficulté pratique particulière, sa démarche est
le plus souvent inductive.
Les problématiques inspirées des problèmes théoriques attirent les
scientifiques plus qu’elles ne préoccupent la société.
Elles consistent à évaluer la congruence entre elles de différentes théories ou encore à
vérifier si une théorie s’applique à certains cas particuliers. D’un certain point de vue, les
problématiques de cette nature sont d’une élaboration plus facile parce que la théorie sur
laquelle elles s’appuient est déjà disponible, l’objectif de la recherche étant de tester sa
validité. La formulation d’une problématique de ce genre suit un cheminement de type
déductif en ce sens que le chercheur part d’un énoncé général, une théorie ou ce qui en
tient lieu, et l’applique à des cas particuliers.
Les problématiques appartenant à la seconde catégorie sont élaborées autour
de difficultés concrètes que doivent affronter la société, un groupe social ou un individu.
Le problème soulevé est tantôt général, s’il touche l’ensemble ou une partie importante de
la société, tantôt particulier s’il ne concerne qu’un individu, un groupe d’individu ou une
situation.
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Le problème, théorique ou pratique, retenu par le chercheur constitue le
noyau de sa problématique. Nous avons vu que ce problème doit être non seulement
précis, mais aussi pertinent. Il ne suffit pas de postuler la pertinence du problème, il faut
aussi que le chercheur la démontre, qu’il explique pourquoi il a choisi de s’attaquer à ces
questions et en quoi leur solution intéresse la science ou la société.
Le problème doit aussi être mis en situation : pourquoi est-il opportun d’en
traiter ici et maintenant ? Cette mise en situation peut concerner le contexte social en
général. Mais la situation peut aussi être celle de la science elle-même : tel domaine
demeure inexploré, tels résultats ont soulevé des doutes sur une théorie qu’il y a lieu de la
remettre à l’épreuve, etc.
CHAPITRE III: MÉTHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE
3.1. Méthodes de recherche quantitatives
Une méthode peut être définie comme un procédé régulier, explicite et
reproductible, une suite d’étapes intellectuelles et de règles opératoires à suivre pour
résoudre un problème. Cette définition générale de la méthode est intéressante dans la
mesure où elle met l’accent sur la régularité et le caractère séquentiel de la méthode. Pour
sa part, J. M. Van Der Maren (1996) définit une méthode de recherche comme étant un
ensemble d’opérations systématiquement et rationnellement enchaînées afin de :
- Relier avec consistance l’intention, le but, l’objectif de la recherche, la manière de
poser le problème, les techniques de constitution du matériel et leur validation, les
techniques de traitement transformant les données en résultats, les procédures
d’interprétation des résultats et de leur vérification, la justification des différents
choix ;
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- Répondre aux critères formels et opérationnels auxquels elles doivent s’astreindre
pour se voir accorder la crédibilité recherchée.
Ainsi, nous allons examiner les méthodes le plus courantes dans les
recherches quantitatives en sciences sociales. Il s’agit de la méthode d’enquête et de
sondage, la méthode transversale, la méthode longitudinale, la méthode expérimentale et
les méthodes quasi-expérimentales.
3.1.1. La méthode d’enquête et de sondage
[Link]. Définitions
La méthode d’enquête et de sondage est l’une des méthodes très largement
exploitées dans les recherches en sciences sociales, surtout ces dernières années. A. Flink
(1995) définit l’enquête ou le sondage comme étant une démarche pour récolter les
informations, décrire, comparer et expliquer les connaissances, les attitudes et les
comportements des personnes. Il s’agit, en fait de récolter, comme le précise D.M.
Mertens (1998), les points de vue personnels des individus concernant leurs
connaissances, attitudes ou comportements.
Selon [Link] (1997), le but de la méthode de recherche par sondage est
de décrire les caractéristiques spécifiques d’un grand groupe des personnes, d’objets ou
d’institutions. En général, le groupe en question est bien définit et le chercheur désire
obtenir des informations sur les conditions présentes de ce groupe plutôt que sur des faits
lointains.
[Link]. Etapes de la recherche par l’enquête ou le sondage
A première vue, l’enquête ou le sondage semble être simple : rédiger
quelques questions, les poser à quelques personnes, compter les réponses et rédiger le
rapport. En fait, réaliser une enquête ou un sondage est plus compliqué et plus complexe.
Jaeger définit les étapes d’une enquête comme suit :
Définir le problème ;
Identifier la population cible ;
Passer en revue la littérature relative aux recherches faites dans ce domaine ;
Sélectionner la méthode de Survey à adopter ;
Obtenir le cadre de l’échantillonnage ;
Construire les instruments d’enquête ;
Engager les procédures de terrain ;
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Elaborer les résultats : réduction et correction des données ;
Planifier l’analyse des données ;
Préparer le rapport des résultats ;
Organiser l’enquête-pilote ;
Procéder à la révision et à l’exécution.
Les étapes décrites ci-dessus montrent l’étendue du travail à entreprendre
pour réaliser une recherche par enquête. Cependant, il y a lieu de les présenter avec
concision. C’est la voie choisie par M.J. Rosier (1997) qui décrit les étapes du survey de
la manière suivante :
- Formuler les questions de la recherche ;
- Circonscrire le cadre théorique ;
- Planifier l’échantillonnage ;
- Organiser la collecte des données ;
- Préparer et élaborer les données ;
- Analyser les données ;
- Rédiger le rapport des résultats.
D’où le cycle de recherche par enquête (survey) suivant :
Question de recherche
Présentation des résultats Cadre conceptuel
n
Analyse des données Planning de l’
échantillonnage
Préparation des données Collecte des données
3.1.2. La méthode expérimentale
1. Définition
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La méthode expérimentale est généralement définie comme une méthode
scientifique de recherche qui part de l’observation rigoureuse des faits, pour dégager une
hypothèse, qu’elle soumet au contrôle de l’expérience (ou expérimentation) afin d’arriver
à la connaissance de la loi générale des phénomènes (R. Lafon, 1963). Cette définition
décrit les étapes de la méthode expérimentale : observation, hypothèse, expérience. De
tous les trois concepts, celui d’expérience en est le maître. Par expérience, il faut entendre,
une observation provoquée dans l’intention d’étudier certains phénomènes, de contrôler
ou de suggérer une idée, l’expérimentation étant l’emploi systématique de l’expérience
scientifique (G. De Landsheere, 1970).
La méthode expérimentale s’inscrit dans la perspective des recherches qui
visent à comprendre la complexité de la réalité afin d’accroître les connaissances
humaines sur le monde. Elle vise à élucider la nature des phénomènes et à établir des
structures de relation ou de causalité. La recherche de la causalité peut même être
considérée comme la particularité de la méthode expérimentale.
2. Les Etapes de la méthode expérimentale
1. La préparation de la recherche
La méthode expérimentale est l’aboutissement d’un long processus
méthodologique qui commence par l’observation et passe par la découverte des relations
entre certaines variables. En outre, elle est très exigeante. Pour s’y engager, il faut d’abord
s’assurer que :
- La question-problème peut trouver la réponse par l’expérimentation ;
- Les connaissances relatives à cette question-problème fournissent un cadre
théorique suffisant pour comprendre et interpréter les résultats qui seront
observés ;
- Le processus déductif partant de l’hypothèse générale à l’hypothèse scientifique et
de celle-ci à l’hypothèse statistique est bien logique et cohérent.
2. L’expérimentation
L’expérimentation comprend quatre moments importants : la détermination
des variables, le choix du dispositif expérimental, l’échantillonnage et la manipulation des
variables.
a) La détermination des variables : il s’agit d’abord de déterminer les variables
expérimentales, celles que l’on va manipuler pendant l’expérience et qui
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constituent le traitement. Il faut aussi déterminer les variables non expérimentales,
c'est-à-dire les variables qui pourront être contrôlées (V. contrôlées) et celles qu’on
ne pourra pas contrôler et qui devront varier librement (V. parasites). Enfin, il
faudra déterminer les variables dépendantes par lesquelles on observera les effets
des variables expérimentales.
b) Choix du dispositif expérimental : le choix du dispositif expérimental ou mieux, sa
construction est une opération nécessaire, dans la mesure où, c’est ce plan qui
régira la réalisation effective de la recherche d’où découleront les réponses aux
questions posées.
c) L’échantillonnage : les techniques de détermination de l’échantillonnage sont
décrites au point [Link]. Il est important de savoir que la réalisation d’une
recherche expérimentale pose comme préalable la mise au point d’un
échantillonnage basé sur la probabilité. Cet échantillonnage permet d’avoir des
groupes équivalents dans l’expérience afin de comparer les effets de la variable
expérimentale.
d) La manipulation des variables : celle-ci consiste principalement à neutraliser l’effet
possible des autres variables, de manière à ce que l’effet de la variable
indépendante puisse être isolée, ou de manière à ce qu’elle ne soit pas contaminée
par le jeu de variables qui ne sont pas à l’étude.
3. Le contrôle de l’expérience
Il est question du contrôle de la validité de l’expérience à partir de laquelle les conclusions
doivent être tirées. Ce contrôle concerne la validité et la sensibilité du plan expérimental
3.1.3. Les méthodes quasi-expérimentales
Plusieurs disciplines scientifiques des sciences sociales ont acquis le statut
autonome de science vers la fin du 19e S, suivant les traces de la philosophie. A cette
époque, toute l’ambition était de réaliser des études expérimentales, et si possible, dans les
laboratoires. Cette tendance s’est poursuivie jusqu’au tour des années 1970. Actuellement,
il se dessine une nouvelle tendance, celle de quitter les laboratoires pour mener des
recherches dans les milieux naturels. Cela suppose une adaptation des méthodes et des
techniques.
L’application de la méthode expérimentale dans les sciences du
comportement se heurte à des difficultés évidentes de randomization. C’est ainsi que les
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méthodes quasi-expérimentales sont nées et se développent avec une fulgurance
extraordinaire. Elles ont pris plusieurs noms dans la littérature : recherche pré-
éxpérimentales, corrélationnelles, comparatives, quasi-expérimentales.
1. Etapes de la démarche quasi-expérimentale
1. Poser la question-problème : il s’agit du problème de recherche posé sous
forme d’une question. En effet, dans une recherche, on se pose toujours une
ou plusieurs questions qu’il s’agira de résoudre.
2. Formuler les hypothèses : Il s’agit ici des hypothèses scientifiques (de
recherche). L’hypothèse scientifique est une réponse possible, mais
provisoire que le chercheur donne à la question-problème. Toutefois, la
caractéristique impérieuse de l’hypothèse ici est la définition des variables
de la recherche, à savoir les V.I qui serviront du traitement, les V.D qui
seront utilisés comme mesure et les V. Parasites qu’il faudra contrôler. Sans
une définition claire et opérationnelle de ces différentes variables, il est
impossible de mener une recherche quasi-expérimentale.
3. déterminer l’échantillon : les techniques de détermination de l’échantillon
sont développées au point [Link].
4. vérifier les hypothèses par les différentes techniques statistiques
appropriées.
3.2. Les techniques de la recherche quantitative
Les méthodes quantitatives que nous venons de décrire supposent le recours
aux techniques appropriées de récolte des données et de leur traitement. Ce point porte
sur ces techniques communes qui interviennent dans toutes les méthodes quantitatives. Il
est structuré en deux parties : les techniques de récolte des données et les techniques de
traitement et d’analyse des données.
3.2.1. Les techniques de récolte des données
1. Les techniques de l’échantillonnage
L’ambition de la recherche quantitative est d’arriver à développer un corps
de connaissances monothétiques généralisables et indépendantes du contexte. Pour
réaliser cette ambition, il faut connaître l’ensemble auquel ces connaissances doivent être
étendues et comment le faire. Les techniques de l’échantillonnage tentent de satisfaire à
ces exigences.
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1. La détermination de la population de recherche : toute recherche doit déterminer la
population à la quelle elle est destinée. Par population, il faut entendre l’ensemble
fini ou infini d’individus, d’objets, d’institutions, … auxquels s’adresse la
recherche et qui possède les caractéristiques qu’on veut mesurer.
2. la détermination de l’échantillonnage : la recherche étant une démarche
parcimonieuse, elle s’exerce rarement sur toute la population : elle procède par
l’échantillonnage, c'est-à-dire par l’extraction d’un certain nombre d’éléments,
appelés échantillons, de l’ensemble de la population déterminée. Cette opération
d’extraction est très importante dans la mesure où les résultats qui seront obtenus
dépendront de cet échantillon et leur généralisabilité à l’ensemble de la population
sera possible ou non.
D’où le rôle capital que jouent les techniques d’échantillonnage. On
distingue généralement deux techniques d’échantillonnage : la technique basée sur le
principe de probabilité et celle basée sur le principe de maquette.
A. L’Echantillonnage basé sur la probabilité
Selon la théorie de la probabilité, les différents traits qui caractérisent les
individus dans une population se répartissent conformément à la loi du hasard. On
présuppose, à la suite de cette théorie, que si on extrait au hasard des individus de cette
population, on retrouvera dans cet échantillon la même répartition au hasard des variations
pour les traits que celle qui caractérise les individus de la population.
L’échantillonnage au hasard est considéré comme la meilleure technique
pour constituer un échantillon dit « échantillon au hasard ». un échantillon au hasard est
celui dans lequel chaque membre de la population a la même probabilité d’être choisi. Le
hasard ici signifie que la chance d’un individu d’être choisi est indépendante de la chance
d’un autre.
1. L’échantillonnage aléatoire simple : il consiste à extraire strictement au hasard les
individus qui doivent constituer l’échantillon. Cela suppose le respect absolu du
principe selon lequel chacun a une chance connue, non nulle et égale d’être choisi.
Pour réussir, il faut disposer d’une liste des individus de la population afin de
réaliser l’extraction. L’extraction proprement dite se fait selon les procédures de la
loterie, sur base des chiffres au hasard ou selon la technique de l’urne. Dans cet
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échantillonnage, souvent, on pratique l’extraction avec remise afin que le nombre
des individus dans la population reste constant.
Lorsque le chercheur dispose de tous les éléments sur la population, cet
échantillonnage est avantageux, mais la grande difficulté est de réunir toutes les
informations sur la population.
2. L’échantillonnage systématique : par cet échantillonnage, le chercheur dispose
d’une liste des éléments de la population. La procédure consiste à estimer le type
d’échantillon à former en divisant le nombre d’éléments de la liste par le nombre
souhaité de l’échantillon et ensuite de tirer tous les numéros correspondant au
quotient de la division.
Exemple : On dispose d’une population de 500 individus et qu’on veut constituer un
échantillon de 50, en divisant 500 par 5O, on obtient 10. Le chercheur choisit le premier
numéro sur la liste au hasard et ensuite, il prend les autres membres de l’échantillon à
chaque 10e numéro ou intervalle. Mais, il faut prendre la précaution de ne pas arranger les
éléments par ordre alphabétique.
3. L’échantillon aréolaire : c’est une technique topographique utilisable lorsqu’on ne
dispose pas d’une liste des individus. On quadrille l’espace géographique,, on le
divise en blocs et on considère chaque bloc comme une unité d’échantillonnage.
Les différents blocs sont tirés au hasard selon une des techniques décrites plus
haut.
4. L’échantillonnage en grappes : dans cette technique, on tire au hasard, non pas des
individus, mais des groupes, ensuite, dans chacun des groupes retenus, on tire au
hasard des individus (échantillon au second degré) ou des sous-groupes, pour
lesquels un tirage subséquent produirait un échantillon au troisième degré
d’individu, …
5. L’échantillonnage stratifié : l’échantillonnage stratifié part de la constitution de la
population en sous-groupes ou sous-catégories. Ces sous-groupes sont appelés des
« strates ». c’est de chaque strate qu’on devra tirer les sujets au hasard comme dans
d’autres techniques. Il faut ajouter ici qu’on ne tient pas seulement compte des
sous-groupes, mais aussi de leur importance. Lorsque l’échantillon reflète aussi
l’importance relative de chaque sous-groupe, on parle de l’échantillon stratifié
pondéré.
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B. L’échantillonnage basé sur le principe de la maquette
Selon Van Der Maren (1996), par le principe de la maquette ou du
modèle réduit, on tente, à partir de différents critères, de postulats ou de règles
déduites d’une théorie, de sélectionner un nombre d’individu tel que, si l’on pouvait
grossir l’image qu’ils projettent, ou obtiendrait une image semblable à celle de la
population. Les échantillonnages en maquette s’effectuent le plus souvent selon trois
techniques : l’échantillonnage raisonné, l’échantillonnage en cascade contrastée et
l’échantillonnage par quotas.
a) L’échantillonnage raisonné : c’est un échantillonnage (théorique ou rationnel)
progressif dans lequel on construit un modèle de l’individu en se basant sur des
idées a priori (une théorie, un postulat) concernant les caractéristiques que
devraient posséder les individus de l’échantillon. Ayant repéré quelques individus
types, on y joint ceux qui sont en relation avec eux (selon le principe « qui se
ressemble s’assemble »). Pour utiliser cette technique, il faut bien expliciter la
théorie sur laquelle on se base afin de rendre intelligible l’échantillon choisi.
b) L’échantillonnage en cascade contrastée : ici, on délimite sur la base d’un modèle
théorique ou de postulats, les caractéristiques fixes que doivent avoir tous les
individus de l’échantillon et les caractéristiques qui devraient varier. On
sélectionne alors un premier individu ayant les caractéristiques fixes et on lui
demande de désigner un autre individu possèdent les caractéristiques fixes, mais
manifestant des positions contraires ou différentes quant aux caractéristiques qui
peuvent varier. Et ainsi de suite d’individu à individu.
c) L’échantillonnage par quotas : dans cette technique, on détermine, au préalable et
selon une théorie ou un postulat, quel pourcentage d’individus de la population
manifestera chacune des caractéristiques pertinentes ; c’est la détermination du
poids de chacune des strates, ou des composantes de la population. Par exemple,
on détermine, à partir d’un recensement, le pourcentage de femme, d’homme, …
ensuite, on compose l’échantillon en y incluant les individus selon le pourcentage
de ceux qui doivent manifester les caractéristiques pertinentes : c’est la
reproduction de la pondération des strates dans l’échantillon. L’échantillon
comportera le même pourcentage de femme, homme, … que la population.
[Link]. Les techniques d’observation scientifique
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Dans le sens courant, l’observation est la constatation attentive des
phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’investigation et d’étude à
cette constatation. La constatation des phénomènes dans leur signification singulière ne
devient recherche scientifique qu’à partir du moment où les relations, causales ou autres,
sont dégagées et où les généralisations, fussent-elles très limitées, conduisent à la
prédiction.
Mais si nous considérons l’observation comme un processus, nous pouvons
dire que l’observation est un processus, situé au-delà de la perception qui, non seulement
rend conscientes les sensations, mais les organise ; l’observation des situations consiste à
concentrer son attention sur les partenaires qui y sont engagés, analyse l’interdépendance
de leurs comportements ; enfin, l’observation est une opération de prélèvement et de
structuration des données de façon à faire apparaître un réseau de signification.
Trois problèmes majeurs doivent être pris en compte pour réaliser
l’observation scientifique : la définition de l’objet de l’observation, le recours à une
démarche approprié pour observer et la quantification des observations faites.
[Link]. Les techniques du questionnaire et opinionnaire
1. La technique du questionnaire
Un questionnaire est un instrument d’auto-rapport utilisé pour récolter les
informations concernant les variables qui intéressent le chercheur. Il consiste en un
nombre de questions ou items écrits que le répondant lit et aux quels il répond.
Le questionnaire repose sur trois principes de base :
- Le répondant est capable de lire et de comprendre les questions ou les items ;
- Le répondant possède les informations pour répondre aux questions ou aux items ;
- Le répondant est disposé à y répondre honnêtement.
Les variables pour lesquelles le questionnaire doit glaner les informations
sont définies par la recherche dans son ensemble.
Les variables peuvent être nombreuses, mais le questionnaire doit être limité
aux buts visés et au respect de la bonne disponibilité des répondants. Les questions
doivent porter sur l’intérêt principal de la recherche : chaque question doit être
explicitement ou implicitement reliée à une question de la recherche ou à une hypothèse.
C'est-à-dire, que le questionnaire n’est pas une suite de question, mais une suite de
variables transformées en questions pour récolter les informations afin de vérifier une
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hypothèse ou de répondre aux questions de la recherche. Cela implique que la première
tâche pour avoir un questionnaire n’est pas de rédiger les questions, mais de poser la ou
les questions de la recherche, de définir les variables et de formuler les hypothèses.
Le questionnaire doit tenir compte des meilleures dispositions des
répondants pour ne leurs proposer que des questions nécessaires, cela veut dire celles
auxquelles personne d’autre, ni aucune autre institution ne peut répondre. Il faut donc
éliminer les questions dont les réponses peuvent être obtenues par d’autres voies. En
procédant ainsi, on aura un questionnaire équilibré, pas trop long pour fatiguer les
répondants, ni trop ennuyeux pour les décourager.
2. La technique de l’opinionnaire ou échelle d’attitudes
A. Qu’est ce qu’un opinionnaire ?
Comme le questionnaire, l’opinionnaire est un instrument d’auto-rapport
utilisé pour récolter les informations relatives aux opinions, intérêts, valeurs et attitudes
des personnes interrogées. Ces caractéristiques affectives jouent un rôle important dans le
processus de recherche. Un opinionnaire consiste à :
- Poser des questions directes à la personne pour qu’elle exprime son opinion sur le
sujet. Cette technique correspond au questionnaire qui comprend les questions
directes, ouvertes ou fermées. Elle correspond aussi à l’interview au cours de
laquelle la personne exprime oralement ses sentiments, son point de vue, ses
convictions ;
- Demander à la personne de choisir sur une liste des propositions celles qui
correspondent à son point de vue ;
- Demander à la personne d’indiquer son degré d’accord ou de désaccord par rapport
à une série des propositions concernant un sujet controversé ;
- Inférer l’attitude à partir des techniques projectives dans lesquelles la personne
révèle inconsciemment son attitude.
Pour mesurer l’attitude, ces propositions doivent être reliées à l’objet-cible
de l’attitude, être situées quelque part sur un continuum d’attitude, et être intelligible pour
que ceux qui doivent y répondre le fassent sans difficulté.
Il existe quatre principaux types d’échelles d’attitudes :
1. L’échelle de Thurstone ;
2. L’échelle de Likert ;
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3. L’échelle de Guttman ;
4. La sémantique Différentielle D’osgood.
B. La construction d’un opinionnaire
La démarche dans la construction d’un opinionnaire est quasi identique à
celle de l’élaboration d’un questionnaire. Cependant, certaines particularités méritent
d’être soulignées :
Il faut déterminer l’objet ou le sujet de l’attitude. Sur quoi porte l’attitude ? c’est la
question-problème qui va déterminer les variables et les hypothèses à partir
desquelles les items seront rédigés ;
Développer un certain nombre d’items ou mieux, en récolter auprès de quelques
personnes faisant partie de la population ;
Rédiger la première version d’items. Pour cela :
S’assurer que chaque item exprime un sentiment, un affect plutôt qu’une
croyance ou l’affirmation d’un fait ;
Avoir un langage simple, clair et direct ;
Veiller à ce que chaque proposition ne contienne qu’une seule idée ;
Eviter l’usage de proposition ayant une double négation ;
Eviter les mots vagues ou difficiles à être compris par les répondants.
La présentation de l’opinionnaire
3.2.2. Les techniques de traitement des données quantitatives
De part leur nature, les recherches quantitatives récoltent des données
expérimentées ou transformées en termes quantitatifs. Le premier problème qui se pose
est celui de l’expression ou de la transformation des phénomènes, généralement
qualitatifs, en termes quantitatifs. Ce problème concerne les unités d’analyse, les échelles
de mesure et le processus de construction des indices. Le deuxième problème est
naturellement celui de traitement même de ces données. Entre ces deux problèmes, il faut
considérer le moyen terme qu’est l’hypothèse.
1. La quantification des données
La quantification se réfère au problème de mesure des phénomènes. Dans le
sens courant, c’est déterminer la valeur de certaines grandeurs par comparaison avec une
grandeur constante de même espèce, prise comme terme de référence (étalon, unité). Dans
les sciences humaines, on a à faire à des phénomènes dont les plus significatifs sont
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qualitatifs : comment les mesurer ? Parmi les pionniers de la mesure des phénomènes
psychiques, on peut se référer à Fechner qui a élaboré la loi psychophysique et qui voulait
à partir des études sensorielles, parvenir à déterminer les rapports entre la matière et
l’esprit, entre le physique et le psychique, entre le stimulus et l’expérience sensorielle
qu’il déclenche. D’autres chercheurs ont prolongé ces études en les étendant à d’autres
domaines tels que l’affectivité, l’intelligence, les attitudes.
D’une manière générale, la mesure ici fait appel aux échelles pour faire
correspondre certaines propriétés des choses avec certaines propriétés des nombres. Selon
la nature des phénomènes et leur variabilité, on peut leur appliquer, soit des échelles
nominales, ordinales, d’intervalle ou de rapport.
Les échelles nominales constituent le type de correspondance le plus
élémentaire et le plus faible. Les phénomènes sont simplement classés dans des
catégories et chaque catégorie reçoit un numéro. On peut, par exemple, classer les
institutions sanitaires en quatre catégories : 1, 2, 3 et 4. Ces chiffres nominaux ne sont pas
susceptibles d’opérations arithmétiques comme l’addition, la soustraction, la
multiplication ou la division. On peut seulement compter le nombre d’institutions par
catégorie (c'est-à-dire les fréquences) et calculer les propositions (pourcentage).
D’autres phénomènes peuvent être ordonnés à partir de certains de leurs
attributs dans des échelles ordinales. Dans ce cas, on peut dire que tel chiffre est plus
grand ou plus petit que l’autre.
D’autres phénomènes encore peuvent varier dans une sorte de continuum
allant d’un point faible vers un autre plus élevé ou plus grand, comme la température.
Dans ce cas, on peut leur faire correspondre une échelle d’intervalle, comme le
thermomètre. La plupart des phénomènes sociaux peuvent être mesurés au moyen
d’échelle d’intervalle. On remarque ici que le point zéro est tout à fait arbitraire, il ne
signifie pas l’absence du phénomène mesuré. D’où, on ne peut pas appliquer toutes les
propriétés des nombres à cette échelle.
Enfin, dans les échelles de rapport le point zéro est absolu, il correspond à
l’absence de la caractéristique mesurée. Ici, on peut faire correspondre aux phénomènes
toutes les propriétés des nombres. Seulement, ces situations ne sont pas fréquentes en
sciences sociales et humaines.
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La quantification ou la mesure offre d’énormes avantages à la recherche en
sciences sociales. Elle permet d’effectuer sur des nombres des opérations très complexes
et qui auraient été très coûteuses si elles étaient réalisées sur les choses. Néanmoins,
l’intérêt ne réside pas dans les performances mathématiques, c’est dans les connaissances
que l’on peut en tirer. C’est pourquoi la quantification doit marcher de paire avec la
construction des indices à partir des quels on peut tirer une signification sur les
phénomènes étudiés.
2. La statistique inférentielle et la recherche sociale
La statistique inférentielle permet d’atteindre trois objectifs :
1. Déterminer les effets systématiques ou aléatoires des traitements. En effet, la
plupart des études cherchent à déterminer si le comportement est relié à certains
facteurs du milieu ou aux caractéristiques des individus étudiés ;
2. Déterminer les relations de causalité. Lorsqu’on a conclu à l’existence d’un effet
systématique, on peut chercher encore une plus grande inférence si l’échantillon a
été aléatoire afin de s’assurer que l’effet systématique est causal ;
3. enfin, permettre le passage de la statistique au paramètre. Etant donné qu’on ne
peut pas réaliser la recherche sur toute la population, on doit être capable d’estimer
les paramètres de la population à partir des échantillons statistiques. C’est aussi le
problème de la généralisabilité des résultats obtenus
Schéma des étapes de la recherche scientifique
1. Identifier la question
2. Revoir les théories et recherches antérieures
3. Développer les hypothèses de recherche
4. Identifier les variables
5. Conduire l’expérience
6. Utiliser la statistique descriptive
7. Utiliser la statistique inférentielle
8. Préparer le rapport
La statistique inférentielle permet de statuer sur l’hypothèse : si elle est
confirmée par l’expérience ou infirmée. La procédure objective généralement utilisée pour
accepter ou rejeter une hypothèse comporte les étapes suivantes :
Formuler l’hypothèse nulle ;
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Spécifier le niveau de signification et le type d’échantillon ;
Trouver la distribution d’échantillonnage du test statistique ;
Définir la région de rejet ;
Et calculer la valeur du test et décider.
Les problèmes liés à la formulation des hypothèses statistiques ont déjà été
traités ; considérons à présent ceux concernant les tests statistiques de signification et
leurs implications. Il existe une grande diversité des tests statistiques. Notre objectif n’est
pas de les décrire tous ni d’indiquer de quelle manière on peut effectuer des calculs y
relatifs. Nous voudrions simplement, à partir de quelques questions d’inférence, indiquer
les tests les plus usuels. Nous pouvons ramener les questions d’inférence à trois niveaux :
- Les questions d’estimation ;
- Les questions de comparaison ;
- Et celles de relation.
Les tests statistiques de signification les plus usuels sont :
3.3.2. Les méthodes qualitatives en Sciences Sociales
Il y a lieu de citer, sans entrer en profondeur, les méthodes suivantes :
- L’étude de cas ;
- La méthode ethnographique ;
- La méthode biographique ;
- La méthode phénoménologique ;
- La méthode de la théorie critique.
3.3.3. Les techniques de base de la recherche qualitative
Les méthodes qualitatives recourent principalement à trois techniques de
base pour récolter les données : l’observation participante, les entrevues ou entretiens
ainsi que la documentation.
1. L’observation participante
L’observation participante est une technique de la recherche qualitative qui
implique le chercheur dans l’activité de recherche et combine plusieurs démarches pour
recueillir les informations sur le milieu, les individus et la réalité. L’engagement du
chercheur dans le champ d’étude pendant une période relativement longue est la base de
cette technique. Son immersion dans la situation lui permet d’entendre, de voir et de faire
l’expérience de la réalité telle que les participants le vivent.
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Pénétrer le milieu, avoir accès aux événements et aux réalités intimes
supposent une technicité et une habilité dans les relations sociales interpersonnelles.
Cependant, le chercheur doit trouver un équilibre entre la participation et l’observation et
résoudre les tentions qu’occasionne ce que [Link] (1997) appelle « le participariat ». Le
participariat désigne la qualité du chercheur en tant que membre à la fois interne et
externe de la communauté.
2. La technique de l’interview
L’interview (ou l’entrevue ou encore l’entretien) est, avec l’observation
participative, la technique de récolte des données la plus utilisée dans la recherche
qualitative. Selon D.M. Keats (1987), une interview est une conversation contrôlée dans la
quelle l’interviewer tente d’obtenir des informations auprès de son interlocuteur
(l’interviewé). La conversation prend ordinairement la forme d’une série de questions
posées par l’interviewer à l’interviewé. Le mode d’interaction est essentiellement verbal,
mais les messages non verbaux sont aussi présents et nécessitent d’être interprétés
ensemble avec les éléments verbaux de l’interaction.
On distingue globalement les interviews selon leur structure et selon le
nombre d’interlocuteur. Ainsi, on a l’interview structurée ou non structurée, l’interview
individuelle ou de groupe, en combinant les deux critères, on peut dégager quatre
principales formes d’interview :
- L’interview structurée individuelle ;
- L’interview structurée de groupe ;
- L’interview non structurée individuelle ;
- L’interview non structurée de groupe.
Dans l’interview structurée, le chercheur dispose d’un questionnaire avec des
questions bien formulées et bien ordonnées tel que nous l’avons expliqué au
questionnaire. Il pose ces questions en suivant l’ordre strict et en exigeant des réponses
précises à chacune d’elles. C’est pourquoi, ce genre d’interview n’est pas utilisé dans les
recherches qualitatives. Dans les entrevues non structurées, par contre, le chercheur
organise une conversation libre avec son interlocuteur ou avec le groupe. Il a une idée des
questions qu’il veut poser, mais il n’est pas soumis aux exigences de la structure
rigoureuse.
L’interview comporte généralement trois phases :
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Cours de Méthodes de Recherche Scientifique 2020-2021
1. La phase de démarrage : au cours de la quelle le chercheur tente d’établir sa
crédibilité, de se faire accepter, de développer un climat serein avec son
interlocuteur ;
2. La phase de développement du contenu au cours de la quelle le chercheur aborde
des questions relatives à sa recherche ;
3. La phase de dénouement qui consiste à conclure l’interview en dégageant les faits
les plus saillants.
La réussite de l’interview exige certaines précautions :
Les aptitudes à la parole ;
Les aptitudes à l’écoute ;
Les aptitudes à la prise des notes ;
Les autres dispositions à prendre comme le lieu où doit se dérouler l’interview, le
comportement courtois envers le répondant, la prise en compte des caractéristiques
culturelles,…
La formation des interviewers. Si on doit recourir aux services d’autres personnes
pour récolter les données par l’entretien, il faut les former. Cette formation porte
sur :
La manière d’établir le rapport et de maintenir la motivation ;
L’écoute attentive ;
Les aptitudes à la parole pour un discours clair ;
La structuration de l’entretien ;
Le ménagement des équipements ;
Les stratégies pour éviter le biais ;
La manière de conclure l’entretien.
Le traitement des données : il se fait selon les techniques que nous avons déjà
indiquées.
3. La technique de la documentation
Cette technique s’occupe de l’étude des preuves muettes qui sont des textes
écrits ou des œuvres produites par des hommes, en un mot des documents. Contrairement
aux paroles, les documents ont une longévité plus grande et sont susceptibles d’être
séparés de leurs producteurs pour étude et interprétation.
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Cours de Méthodes de Recherche Scientifique 2020-2021
Lincoln et Gubu (1985) distinguent parmi les textes écrits les archives et les
documents proprement dits. Les archives comprennent les certificats de mariage, les
permis de conduire, les documents bancaires,… bref tout document à usage administratif.
Les documents sont plus intimes comme les journaux intimes, les mémos, les lettres, les
notes de terrain,…
Les documents non écrits, tels que les œuvres, les constructions et d’autres
vestiges sont des témoignages de l’activité humaine intentionnelle et non intentionnelle et
permettant de donner des intuitions alternatives dans la manière de comprendre comment
les gens perçoivent et façonnent leur vie.
Il existe plusieurs types de documents et il se pose un problème de
classification. Nous prenons la classification donnée par Van Dalen et Meyer (1966) qui
nous semble plus complète. Ils distinguent :
- Les archives officielles : elles comprennent les documents législatifs, judiciaires,
administratifs ; les listes de taxes, les statistiques officielles, les données
religieuses, les rapports annuels, les recueils, les états financiers, les données
économiques, …
- Les archives personnelles : elles font allusion aux journaux intimes
autobiographies, lettres, testaments, propriétés, contrats, notes de lecture,
manuscrits originaux des discours, articles et livres ;
- Les traditions orales : les mythes, folklores, contes, histoires familiales, danses,
jeux, cérémonies, souvenirs oculaires des événements et autres enregistrements ;
- Les archives iconographiques : les photographies, les films, les micro-fims, les
enregistrements vidéo, les peintures, les sculptures, …
- Les matériels publiés : les journaux, articles, périodiques, travaux littéraires et
philosophiques en rapport avec…
- Les vestiges physiques : ouvrages architecturaux, infrastructures, mobiliers,
habillements, instruments, décorations honorifiques,…
- Les archives audiovisuelles : entrevues, rencontres enregistrées, disques,…
Ces documents intéressent toute la recherche qualitative, même quantitative, spécialement
les méthodes ethnographique et biographique.
4. Technique de l’analyse de contenu
1. Définition
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Comme l’affirme Laurence Bardin, l’analyse de contenu est « un ensemble
de techniques d’analyse des communications visant, par des procédures systématiques et
objectives de description du contenu des messages, à obtenir des indicateurs (quantitatifs
ou non) permettant l’inférence des connaissances relatives aux conditions de
productions/réception (variables inférées) de ces messages. »
Il faut noter que les communications dont il est question sont généralement
d’origine verbale et se présentent sous la forme orale (discours, comptes rendus
d’entretien, conversations) ou sous la forme écrite (lettres, textes, articles de journaux). En
outre, l’analyse de contenu peut se définir comme une technique de recherche qui vise à
analyser le (s) sens d’un texte en considérant les composantes de ce dernier et qui se base
sur trois sortes d’informations :
- Celles qui constituent le message lui-même ;
- Celles qui se rapportent à l’émetteur du message ;
- Celles qui concernent l’effet recherché par le message et l’émetteur.
Une distinction doit être établie entre l’analyse de contenu et l’analyse
documentaire. En effet, cette dernière est un ensemble d’opérations qui visent à
représenter le contenu d’un document sous une forme différente de sa forme originale en
vue d’en faciliter la consultation ou le repérage ultérieur. Les différences essentielles entre
les deux analyses peuvent se résumer dans les traits suivants :
a) la documentation travaille sur des documents tandis que l’analyse de contenu sur
des messages ;
b) l’objectif de l’analyse documentaire est la représentation condensée d’information
pour stockage et consultation (par exemple les résumés ou abstracts) alors que
celui de l’analyse de contenu est la manipulation des messages pour définir des
indicateurs permettant d’inférer sur une réalité autre que celle du message.
2. Caractéristiques (qualités)
L’analyse de contenu doit posséder les qualités suivantes :
a) Etre objective : c'est-à-dire recourir à des règles, des consignes claires et précises
pouvant être utilisées par plusieurs analystes ;
b) Etre systématique et méthodique : c'est-à-dire permettre d’ordonner et d’intégrer le
contenu manifeste des communications dans des catégories choisies en fonction du
but poursuivi ;
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c) Etre quantitative : c'est-à-dire permettre le dénombrement des éléments
significatifs et leur analyse quantitative.
3. Catégorie d’analyse de contenu
On peut distinguer plusieurs types d’analyse de contenu selon les différents critères
envisagés :
a) L’analyse de contenu est dite de vérification ou d’exploration suivant que le but est
de vérifier une hypothèse ou de se limiter à l’exploration ;
b) Selon le degré de systématisation utilisée, l’analyse peut être dirigée ou non
dirigée ;
c) L’analyse de contenu peut être qualitative ou quantitative selon qu’on se limite à
noter la présence ou l’absence d’une caractéristique (nombre de fois) ;
d) L’analyse de contenu peut aussi être qualifiée d’indirecte ou de directe quand
l’interprétation recherchée va au-delà de ce qui est dit ou quand l’interprétation se
base sur les réponses telles qu’elles sont données ;
e) L’analyse de contenu est considérée comme instrumentale si la communication
analysée cherche à produire un effet sur le récepteur (communication
instrumentale) ; elle est consommatoire ou représentative lorsqu’elle se rapporte à
une communication dont l’objectif est de fournir une information sur l’état de
l’émetteur (communication consommatoire).
4. Objectifs ou usage de l’analyse de contenu
L’analyse de contenu poursuit divers objectifs qui correspondent aux
différents aspects de l’analyse de toute communication, aspects qui se résument dans les
questions ci-après :
a) Qui parle ? ou l’étude de l’émetteur (origine, autorité) ;
b) Pour dire quoi ? ou l’étude du contenu du message (matière) ;
c) A qui ? ou l’étude du récepteur (auditeur, acteurs, groupes) ;
d) Comment ? ou l’étude de la forme (moyens utilisés) ;
e) Pourquoi ? ou l’étude des buts, des valeurs ;
f) A quel résultat ? l’étude de l’effet du message.
3.4. Méthodes visant l’objectif d’explication
La méthode, comme un élément de réponse à la question « comment » est
liée inévitablement au problème de l’explication, particulièrement à celui de l’ampleur de
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l’explication visée. Parmi les méthodes liées à la solution du problème de l’explication, on
peut citer : la méthode statistique, fonctionnelle, structurale, comparative, historique,
génétique, dialectique.
3.4.1. Méthode statistique
Elle consiste dans l’analyse des résultats chiffrés, dans l’application des lois
mathématiques rigoureuses à des faits observés. Elle permet de tirer une prévision. Elle se
limite à indiquer une relation mais ne fournit pas une réponse au pourquoi et au comment
des faits observés.
3.4.2. Méthode fonctionnelle
Elle repose sur la notion de fonction pour l’interprétation ou l’explication
des faits. Mais cette notion couvre des sens différents selon les disciplines scientifiques.
Quoi qu’il en soit, la fonction implique « la constatation de la façon de fonctionner d’un
organisme » et consiste à maintenir la cause préexistante d’où les faits dérivent. Si elle
permet d’analyser certaines situations, de fournir des observations, elle se limite toutefois
à une explication limitée et met plus d’accent sur la description que sur l’analyse.
3.4.3. Méthode structurale
Elle se fonde sur la structure définie comme un modèle, c'est-à-dire
représentation d’un groupe de relation, construit pour étudier un ensemble de phénomènes
et un problème particulier les concernant. En d’autres termes, la structure serait un modèle
descriptif qui sert à saisir la réalité de manière globale, cohérente et articulée. La méthode
structurale est en conséquence la reconnaissance du caractère systématique et total de
l’objet, elle ne définit pas de procédures qui permettent d’expliquer l’interdépendance des
éléments constitutifs de l’objet.
3.4.4. Méthode comparative
Elle utilise la comparaison pour analyser les données concrètes et en
dégager les éléments constants, abstraits et généraux. Elle exige que l’on ne compare que
ce qui est à des niveaux semblables et l’on ne retienne que les caractéristiques essentielles
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Cours de Méthodes de Recherche Scientifique 2020-2021
de ce que l’on compare. En général, elle fait intervenir des variables globales et manque
de rigueur dans la définition des éléments de comparaison.
En pratique, on peut noter deux catégories de méthodes comparatives :
a) Celle qui porte sur la confrontation des phénomènes analogues et étudiés
selon la même technique d’analyse (exigence précitée) ;
b) Celle qui consiste à rapprocher des aspects différents d’analyse du même
phénomène, aspects appréhendés chacun à l’aide de techniques
particulières.
3.4.5. Méthode historique et méthode génétique
Elles fournissent toutes deux une explication diachronique qui est à la fois
historique et génétique. Mais, l’explication génétique diffère de l’explication historique du
fait de la notion du temps retenue.
Dans la méthode historique, ou explication historique, on s’appuie sur un
temps, le temps de l’histoire, le temps dans la durée. Ce temps assure une continuité, une
base aux phénomènes. Ainsi, la causalité (explication) historique met en évidence la
singularité du lien causal tout en renforçant la continuité de ce lien.
Dans la méthode génétique ou l’explication génétique, on recherche la cause
initiale, le fait générateur, la genèse des événements. C'est-à-dire, les antécédents. Ici le
temps ne correspond pas à l’histoire succession mais au rythme propre du sous-produit
d’une genèse, d’un mécanisme. Dans la causalité génétique, le temps a un rôle secondaire
car l’explication se recherche sur les faits eux-mêmes.
3.4.6. Méthode dialectique
Elle se base sur les lois ou principes de la dialectique. Rappelons tout
d’abord à ce propos, le processus de la dialectique défini par Hegel : « tous les
phénomènes de quelques natures qu’ils soient, se suivent dans un ordre bien déterminé ; à
un état de chose données (thèse) succède en réaction une situation opposée (antithèse), qui
appelle à son tour une troisième phase réunissant les éléments valables et progressistes des
deux premières (synthèse) ».
Ainsi nous pouvons résumer les lois de la dialectique en retenant les
éléments suivants :
a) L’existence dans tout phénomène des contradictions ou des buts insatisfaits
qui sont à la base des actions à entreprendre ;
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b) Le dépassement des situations présentes pour des nouvelles en éliminant les
aspects négatifs et en conservant les aspects positifs ;
c) La production des changements qualitatifs à travers les changements
quantitatifs par addition ou par soustraction.
On peut distinguer plusieurs formes de dialectiques :
La dialectique d’antagonisme qui aboutit à la rupture, à la
révolution ;
La dialectique de dialogue qui mène à la paix, à la justice en se
référant aux normes de la société ;
La dialectique du conflit qui entraîne la comparaison et la réforme
sociale.
La méthode dialectique, considérée comme la plus complète que les autres,
est d’une part une attitude vis-à-vis de l’objet, c'est-à-dire être empirique et déductive dans
la façon de récolter les données, et/ou d’autre part, une tentative d’explication des faits
observés. Dans son explication, elle considère les faits réels c'est-à-dire des éléments
concrets qui ont une existence concrète et non des éléments abstraits obtenus par
l’analyse.
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CHAPITRE IV : ETAPES DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Après avoir décrit quelques considérations générales de la recherche, il convient
d’examiner dans ce chapitre le processus de la recherche ou les étapes à parcourir. Il s’agit
notamment :
- De la formulation du problème ;
- De la formulation des hypothèses de travail ;
- De la collecte des données ;
- Du dépouillement et de l’élaboration des données ;
- De l’analyse et de l’interprétation des résultats.
4.1 Formulation du problème
1. Nature du problème
Toute recherche scientifique, en général, commence par la formulation du
problème, habituellement énoncé sous forme d’une question. La question ainsi formulée
doit trouver une réponse à l’aide de matériaux dont on dispose. Par conséquent, le
problème doit concerner un certain aspect du comportement ou de la situation à étudier.
Il peut arriver qu’on ait tellement accumulé un certain nombre de connaissance au
point qu’on ne sait pas dire si on les possède vraiment. Ou encore, il peut se faire qu’on
n’a pas assez d’informations pour répondre à la question posée, ou bien l’information dont
on dispose est formulée de façon confuse, de manière qu’on ne sait pas l’exploiter pour
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résoudre le problème qui se pose. Quelle que soit la situation, le problème existe. Voyons
de quelle manière nous pouvons devenir conscients d’un problème.
2. Sources de problème
Il existe plusieurs sources qui peuvent générer ou faire émerger un problème. Nous
en retenons principalement cinq :
Lacunes dans nos connaissances ;
Observation des faits existants ;
Résultats contradictoires ;
Explication d’un fait ;
Réflexion.
1). Lacunes dans nos connaissances
Le manque d’informations est probablement la façon la plus apparente suivant
laquelle un problème se manifeste. Nous pouvons être sûrs de ce que nous possédons mais
il y a toujours quelque chose que nous ignorons.
Imaginons un groupe de chercheurs africains qui s’apprêtent à établir un centre
pour des services de psychologie industrielle. Il se pose de questions ayant trait à
l’efficacité de leur travail. Entre autres ces deux questions :
Quel genre de psychotechnique utiliser en Afrique ?
Des différents systèmes d’organisation des centres psychotechniques qui
existent, lequel serait le plus efficace, en Afrique ?
Voilà des questions très importantes pour ce travail. Mais supposons que jusqu’à
présent, il n’y ait pas encore dans la littérature scientifique des travaux déjà menés dans
leurs connaissances. Ils doivent, s’ils veulent résoudre ce problème, multiplier de
recherche pour nourrir leurs connaissances et combler ainsi leur lacune.
2). Observation des faits existants
Les observations de tous les jours peuvent servir d’outil nécessaire à la découverte
de problème. Par exemple, le professeur de logique, expression écrite et orale constate
que dans les travaux pratiques les étudiants commettent beaucoup de fautes
grammaticales. Le professeur peut chercher à connaître la raison de cette situation et à
résoudre les difficultés des étudiants.
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3). Résultats contradictoires
Par la lecture ou la documentation scientifique, on peut se trouver en face des
résultats contradictoires pour des recherches ayant porté sur le même phénomène.
Considérons deux études sur l’apprentissage. Elles étaient très similaires et visaient à
résoudre la question suivante : « quand une personne apprend une tâche, les pauses sont-
elles plus bénéfiques quand elles sont concentrées au début de l’apprentissage ou à la fin
de l’apprentissage ? »
Le plan général de toutes les deux études consistait à utiliser :
Un groupe de sujets pratiquant la tâche avec les pauses concentrées pendant la
première partie de l’apprentissage ;
Un second groupe de sujets apprend la tâche avec des pauses progressivement
allongées entres essais ;
Les résultats obtenus dans ces études se résument ainsi :
- Dore et Hilgard ont trouvé en 1938 que quand les pauses sont progressivement
allongées, les résultats sont bons ;
- Renshaw et Schwarzbeck, toujours en 1938 ont trouvé que quand les pauses sont
progressivement écourtées l’apprentissage est efficace ;
- Cook et Hilgard, en 1949, ont trouvé que les effets des pauses réduites
progressivement sont les mêmes.
Comment se fait-il qu’un même problème donne lieu à des solutions différentes ?
On peut se demander quelle est la bonne ? On se trouve alors devant un problème, pour le
résoudre, il faut chercher les raisons possibles de ces contradictions. Il faut considérer
chaque expérience l’une après l’autre et chercher les erreurs probables qui s’y sont glisser.
Une des raisons possibles de ce conflit est que certains principes expérimentaux ont été
négligés, par exemple sur le comportement observé. Ceci peut encore s’expliquer par le
fait que chaque chercheur a considéré chaque fois une autre variable indépendante ; c'est-
à-dire que le sens donné à la V.I n’est pas constante et identique pour tous les chercheurs.
4). explication d’un fait
La quatrième source de problème est le fait que quand nous sommes en présence
d’un fait nouveau, nous nous demandons nous-mêmes le « pourquoi » de cela. Souvent un
fait isolé du reste de nos connaissances demande une explication. Une science ne consiste
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pas seulement à accumuler des connaissances, mais à leur systématisation, c'est-à-dire
connaître les faits tout en les catégorisant. Plus grande est la systématisation, plus grande
est la compréhension de la nature. Devant un « fait » nouveau, le scientifique procède par
analyse. Il essaie de relier le nouvel élément au corps de ses connaissances antérieures.
Dans la mesure où il réussit, on peut dire qu’il a compris et le problème n’existe pas ; le
« fait » est expliqué. Mais dans le cas contraire, le scientifique est placé devant un
problème évident. En cherchant à relier un fait nouveau aux anciennes connaissances, le
scientifique peut s’exposer à d’autres problèmes nouveaux appelant une explication et
enrichissant ainsi davantage ses connaissances.
5). Réflexion (imagination)
La réflexion peut aussi constituer une source générale du problème d’investigation
tant il est vrai qu’un problème peut provenir d’un questionnement intérieur du chercheur,
c'est-à-dire de son imagination ou de sa réflexion. La plupart des travaux de recherche
fondamentale libre (ou recherche pure) entrent dans cette catégorie.
3. Etablissement de la documentation scientifique
La documentation scientifique permet non seulement de faire jaillir un problème,
mais aussi à mieux le définir. C’est pourquoi il importe de savoir comment l’établir. La
documentation scientifique est l’étape de l’accumulation des matériaux en rapport avec le
sujet à traiter. Elle exige beaucoup de travail, notamment lire énormément, analyser,
comparer, juger et cerner davantage le sujet.
1. La bibliographie
Elle a pour but la description et le classement des livres, non pas le classement
purement matériel des volumes (qui révèle de la bibliothéconomie), mais le classement
des documents consultés ou à consulter, suivant les principes d’ordre que l’on peut
considérer : auteur, date, ouvrage, etc. Les travaux bibliographiques tendent à créer de
bons répertoires bibliographiques à l’aide desquels s’accomplit le travail propre de
l’heuristique dont le but est de dresser la bibliographie spéciale du sujet que l’on
entreprend d’étudier.
Comment faut-il procéder ?
Il y a deux catégories d’instruments à exploiter :
1. Pour la bibliographie rétrospective : ou répertoires qui s’arrêtent à une date
déterminée :
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On consultera : les traités systématiques, les encyclopédies spéciales qui
fournissent la bibliographie du sujet dont ils s’occupent (dictionnaires ou vocabulaire).
Les traités sont des résumés, des sources de connaissances d’une ou de plusieurs
disciplines. Les encyclopédies donnent la première information générale et peu profonde
bien sûr parce qu’elles embrassent l’ensemble des sciences sans en approfondir aucune ;
même les encyclopédies dite spécialisées ne sauraient donner des informations
exhaustives et encore moins le dernier état d’une question. Ainsi, le lecteur en le
consultant doit prendre des précautions et s’en tenir à leur rôle de renseignements
généraux. D’une manière générale, la valeur d’une encyclopédie est fonction de l’autorité
et de la spécialisation des rédacteurs, de la longueur des articles, de la documentation sur
laquelle elle s’appuie et surtout de la qualité des références bibliographiques qui les
accompagnent.
Les dictionnaires, lexiques ou vocabulaires précisent l’usage des mots, leur emploi.
2. Pour la bibliographie courante : ou répertoires bibliographiques qui apparaissent
périodiquement et qui signalent les publications nouvelles à mesure qu’elles voient
le jour. Cette bibliographie est constituée essentiellement de revues, de bulletins,
de périodiques.
2. Conseils pratiques pour la formulation du problème
Toute recherche devait, en principe s’appuyer toujours sur une théorie générale,
même contestable. Ceci a l’avantage de donner à la recherche un fil directeur sans lequel
on court le risque de ne pas dépasser les limites de la simple technique ou de
l’accumulation d’éléments.
On se fixe sur un problème en prenant soins au préalable de le situer dans son
contexte, de faire une mise au point clair de l’état actuel de la question. Ce préliminaire
fait apparaître l’intérêt et la pertinence de la recherche. Ici se dégage l’importance de la
documentation constituée. Il faut éviter toutefois de tomber dans un scrupule
bibliographique exagéré empêchant le chercheur d’entrer dans l’action.
Le problème retenu devra être énoncé avec le plus grand soin : chaque mot doit
avoir un sens précis, sans équivoque possible. On évitera cette équivocité par une
définition opérationnelle des variables, c'est-à-dire par l’énoncé des procédures permettant
de les mesurer, de les produire ou de les reconnaître parmi d’autres.
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La formulation idéale semble être de poser le problème sous forme de question
portant sur la relation entre les variables retenues.
Grâce à l’effort d’information et de synthèse, il faudra éviter les dangers suivants :
- Le faux problème (rattacher un effet à une cause qui lui est étrangère) ;
- Le problème trop vaste (et donc impossible à traiter avec les moyens disponibles) ;
- Le problème déjà résolu (quoi qu’en sciences humaines il n’y a pas des solutions
définitives et complètes).
4.2 Formulation des hypothèses de travail
La formulation du problème ou de la question rendue possible par l’observation ou
la documentation, doit être suivie de sa solution.
La solution de problème dans la recherche scientifique est basée sur l’élaboration
des hypothèses appropriées.
1. Nature des hypothèses
Une recherche scientifique commence avec l’énoncé du problème. Une tentative de
solution à ce problème est donnée sous forme d’une proposition vérifiable, l’hypothèse.
L’hypothèse est un instrument avec lequel nous cherchons à donner une certaine
explication. Comme telle, nous l’utilisons pour établir la relation possible entre un fait et
un autre, entre une variable et une autre. Ainsi, nous pouvons dire que l’hypothèse
exprime une relation quantitative entre les variables contenues dans la question. Cela
étant, l’hypothèse peut s’énoncer comme suit : « une hypothèse est un énoncé vérifiable
d’une relation potentielle entre deux ou plusieurs variables contenues dans un problème ».
Pour d’autres auteurs, l’hypothèse est une solution ou une réponse anticipée. C’est
aussi une série de réponses provisoires mais vraisemblables vis-à-vis des questions ou
problèmes soulevés. Ou encore, c’est une affirmation a priori relative à la réponse à la
question fondamentale qui découle du problème à étudier.
Dans une étude relative à l’option du personnel et aux actions des dirigeants en
rapport avec l’environnement du travail dans un hôpital, le chercheur s’est intéressé à la
problématique suivante qui se résume à la question ci-après : « Est-ce que le personnel de
l’hôpital œuvre dans un environnement favorable au travail ? ». Cet environnement
permet-il au personnel de trouver l’épanouissement au travail ? Et s’il est défavorable,
quelles conséquences néfastes a-t-il produit au sein de l’hôpital ?
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A partir d’expériences du terrain, le chercheur a répondu anticipativement à cette
interrogation fondamentale en énonçant l’hypothèse suivante : « le personnel de l’hôpital
travaille dans un environnement défavorable » (malsain). De ce fait, il n’est pas en mesure
d’accomplir efficacement ses tâches et il n’y trouve pas d’épanouissement. Cet
environnement entraîne d’énormes conséquences comme la corruption, le vol, la
déception.
Le caractère provisoire de l’hypothèse s’explique du fait qu’il faut qu’elle soit
confirmée ou infirmée par des preuves qui la soutiennent (hypothèse confirmée) ou la
détruisent (hypothèse infirmée). Il est conseillé d’émettre plusieurs hypothèses à cause du
manque d’assurance de la pertinence d’une explication ou solution provisoire.
2. Enoncé de l’hypothèse
Comment pouvons-nous formuler l’hypothèse dans un travail scientifique ? Lord
Russel répond à la question en proposant que la forme logique de l’implication générale
soit utilisée pour exprimer les hypothèses. L’implication générale peut être exprimée par
la formule suivante. « Si…; Alors… ».Pour une meilleure compréhension de la relation
« si…, alors… », utilisons les symboles suivants :
« a » pour exprimer le premier ensemble de conditions ;
« b » pour désigner le deuxième ensemble des faits.
Dans ce cas, l’implication générale pourrait s’exprimer comme suit : « si a, alors
b ». Dans l’intention de donner beaucoup plus de précisions sur ce que représentent
respectivement « a » et « b », nous formulons des propositions. La proposition traduisant
le symbole « a » peut être considéré comme l’antécédent de l’hypothèse et la proposition
traduisant le symbole « b » constitue le conséquent de l’hypothèse. Ceci conduit à
affirmer que si « a » est vrai « b » est également vrai et vice versa. Les symboles « a » et
« b » constituent les variables propositionnelles. Elles sont contenues dans l’hypothèse et
représentent respectivement la variable indépendante (V.I) et la variable dépendante. Ceci
se résume comme suit :
« Si A ………….., alors B»
Antécédent conséquent
Variable indépendante ………. Variable dépendante
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3. Types d’hypothèses
Nous distinguons deux grandes catégories d’hypothèses : les hypothèses induites et
les hypothèses déduites.
a) Hypothèses induites
Elles naissent de l’observation des faits. L’hypothèse se présente alors comme une
réponse possible à la question que s’est posée le chercheur et consiste à supposer
l’existence d’une relation entre les faits tels que la présence ou la modification de l’un
entraînera la présence ou la modification de l’autre et l’expliquera en quelque sorte. Dans
l’exemple de l’hypothèse citée ci-haut dans l’étude de l’opinion du personnel il s’agit
d’une hypothèse induite. Mais si le chercheur avait son hypothèse à partir des théories de
la motivation et de satisfaction du travail, l’hypothèse aurait été une hypothèse déduite.
b) Hypothèse déduite
Il faut que la science soit suffisamment avancée pour avoir des hypothèses
déduites, car elles doivent être déduites des relations connues ou des théories qui les
généralisent.
4. Caractères d’une bonne hypothèse
Une bonne hypothèse est celle qui sera féconde et permettra un nouveau pas
(souvent très petit) dans la science.
a) Elle doit être une réponse adéquate à la question posée. Cependant « adéquate » ne
veut pas dire « exhaustive ». une hypothèse n’expliquera, le plus souvent qu’une
partie des faits, et en science il ne faut pas craindre les longs cheminements ;
b) Elle doit tenir compte des connaissances antérieurement acquises et être de ce fait
vraisemblable. Certes, les meilleures hypothèses ouvrent de nouvelles voies, mais
elles ne contredisent jamais les résultats scientifiques acquis ;
c) Elle doit être vérifiable. Ce critère est le plus important et le plus chargé de
conséquences.
Une hypothèse vérifiable, importe que :
1. Elle est opérationnelle, c'est-à-dire elle formule une relation entre deux classes de
faits. En d’autres termes, l’hypothèse est une conceptualisation qui, en tant que
telle, a une portée générale. L’hypothèse qui a une portée générale n’est vérifiée
que sur des cas particuliers. En pratique, la répétition des expériences, la variété
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des situations donnent la possibilité de vérifier de proche en proche la généralité
d’une loi. C’est pourquoi la science ne progresse qu’avec de multiples chercheurs
réalisant de très nombreuses expériences souvent très voisines les unes des autres.
il y a un mouvement dialectique entre la pensée et les expériences qui vont du
général au particulier. Une hypothèse n’est jamais totalement vérifiée, mais
l’approximation devient de plus en plus grande par plusieurs expériences.
2. La vérification peut être directe ou indirecte. Elle est directe lorsque les deux
termes de la relation hypothétique peuvent, l’un et l’autre, faire l’objet d’une
observation directe (cfr hypothèse induite formulée supra). Mais très souvent
l’hypothèse est plus complexe et suppose l’existence d’une vérification indirecte.
Ce sont par exemple les hypothèses faisant intervention des facteurs ou des faits de
personnalité, des motivations, des caractères généraux d’une conduite.
3. La vérification d’une hypothèse est presque toujours partielle. En physiologie, il
est possible de vérifier complètement les hypothèses, de façon directe et précise.
En sciences humaines, ce n’est pas possible. On établi un pronostic de la
vérification qui s’exprime par un test statistique, le plus souvent on dira à ce
moment là que l’hypothèse est vérifiée au seuil de probabilité de .05, c'est-à-dire il
y a 5 chances sur 100 pour que les résultats obtenus soient dus au hasard. (ou
l’hypothèse est vérifiée au seuil de .01).
5. Fonction d’orientation de l’hypothèse
Sachant que l’hypothèse formule une relation entre deux classes de faits et qu’elle
constitue la réponse à une question donnée, elle doit par conséquent, tracer le chemin que
doit parcourir le chercheur dans la poursuite de son travail.
La formulation de l’hypothèse elle-même donne les directives à suivre dans la
conduite de l’étude. Elle détermine par exemple :
- La nature des sujets sur lesquels il faudra travailler ;
- Le type de matériel à utiliser ;
- La manière de collecter les données ;
- Les techniques statistiques d’analyse des résultats, etc.
Dans la pratique, il est conseillé de retenir un ensemble d’hypothèses découlant des
causes ou antécédents connus ou supposés du phénomène au lieu de s’attacher à une
hypothèse.
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4.3 Collecte des données
Après avoir défini et délimité le sujet d’étude, après avoir formulé les hypothèses à
vérifier, le chercheur est placé devant la nécessité de disposer des informations et/ou des
données devant lui permettre la vérification des hypothèses retenues. Où trouver les
informations et comment les recueillir ?
La réponse à la première question dépend de la situation devant laquelle se trouve
le chercheur :
Soit les informations sont disponibles et gardées dans des documents, il
suffit d’en extraire les données recherchées ;
Soit les informations ne sont pas encore consignées quelque part et le
chercheur est alors obligé de les obtenir auprès des personnes qui sont
sensés les détenir.
La réponse à la deuxième question fait penser aux différentes techniques de
collecte des données qui sont développées dans le chapitre IV du cours.
4.4 Dépouillement et élaboration des données
A partir des données récoltées en vrac, l’investigateur devra dégager des résultats
en recourant aux techniques de dépouillement adaptées à la nature des données
disponibles, en triant dans la masse des données celles jugées indispensables et en
établissant une certaine logique (intelligibilité) dans l’ensemble des données.
En somme, cette phase de la recherche consiste à établir un ordre dans les
multiples données rassemblées en les classant et en les regroupant en fonction des
variables indépendantes.
Ces regroupements peuvent se faire au moyen :
Des tableaux : ils doivent être clairs et porter les résultats regroupés en valeurs
brutes ou en pourcentages ;
Des graphiques : ils ont l’avantage de mettre en relation deux ou plusieurs
variables en transformant des chiffres en lignes ou en blocs ;
De l’élaboration statistique : il s’agit généralement de rechercher les paramètres
fondamentaux de la distribution des données que sont un indice de tendance
centrale (moyenne, médiane) et un indice de dispersion (écart-type, écart semi-
interquartile).
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Il faut noter que ces regroupements ne sont qu’une première étape qui se poursuit
par l’analyse et l’interprétation des résultats. En effet, l’élaboration n’est qu’un constat.
4.5 Analyse et interprétation des résultats
a) Analyse statistique
L’investigation doit dépasser la simple description et la simple présentation des
résultats. Mais il doit chercher au-delà de la représentation graphique, de la présentation
des résultats sous forme de tableaux, et de la description statistique, la loi théorique qui
pourrait rattacher la variable indépendante et la variable dépendante. Il doit également, le
cas échéant, utiliser les tests statistiques qui permettent de dire si les résultats empiriques
correspondent oui ou non à la loi théorique probable.
En d’autres termes, le chercheur doit aboutir à l’acceptation ou au rejet des
hypothèses de travail formulées au départ. Mais cette décision scientifique suppose le
recours à l’analyse statistique fondée sur l’acceptation ou le rejet de l’hypothèse nulle.
C’est ici qu’interviennent les connaissances sur la statistique analytique.
Signalons que l’hypothèse nulle (HO) est l’hypothèse de la non différence (manque
de différence). Elle est le contraire affirmé de l’hypothèse de recherche. Son rejet entraîne
l’acceptation de l’hypothèse alternative (HA) ou hypothèse de recherche. La vérification
de l’hypothèse nulle se fait à l’aide des test statistiques auxquels sont rattachées des
probabilités d’occurrence des événements c'est-à-dire que ces événements sont soit rares,
soit vraisemblables.
b) Interprétation ou explication
L’explication consiste à rechercher dans chaque cas si le type de relations établies
ne serait pas un cas particulier d’une loi générale connue et déjà plus ou moins vérifiée.
C’est commettre une erreur fondamentale que de prendre une cause partielle pour la
cause.
Expliquer, c’est aussi répondre à la question du pourquoi, ou dégager la raison et la
causalité. Notons ici que la raison et la cause comportent deux caractères antithétiques
dont la réunion pose problème. En effet, la raison et la cause peuvent s’appuyer sur un
modèle déductif (général-particulier) et un modèle inductif (particulier-général). Dans le
premier cas, il s’agit de dégager la raison formelle, réelle ou nécessaire d’une réalité. Dans
le second cas, il s’agit de saisir ce qu’il y a de nouveau de justifier une construction
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effective. Ce problème d’explication se rapporte au problème central de l’épistémologie,
celui de la valeur de la connaissance scientifique.
c) Généralisation
Bien que la généralisation en sciences humaines et sociales ne soit pas aussi aisée
qu’en sciences naturelles, il est cependant admis l’existence des généralisations relatives
ou probabilistes permettant une prédiction.
Le chercheur formule à partir d’une pluralité d’observations, une hypothèse qui a
un caractère général. Mais la vérification se fait à partir d’un cas singulier ou mieux à
partir d’un exemple représentatif. Se pose à lui la question de savoir : peut-il étendre à une
classe ce qu’il a observé sur un cas singulier ?
Quoi qu’il en soit, il faut noter que la valeur de la généralisation ne dépend pas
principalement de l’analyse conceptuelle même bien faite des déterminants mais de la
confirmation répétée d’une relation par des expériences différentes mais proches les unes
des autres.
Selon Fraise et Piaget, dans le traité de psychologie expérimentale, la
généralisation du résultat est liée à quatre aspects :
a) La généralisation de la situation : c'est-à-dire étudier le même problème dans
une certaine variété de situation ;
b) La généralisation de la réponse : c'est-à-dire diverses manifestations observées
peuvent se traduire par un concept ;
c) La généralisation au niveau des personnes : c'est-à-dire le recours à la
représentativité de l’échantillon des populations étudiées et l’emploi des
populations de plus en plus nombreuses et variées ;
d) La généralisation des relations : c'est-à-dire dégager un mode de relations plus
général, appelé mode explicatif, à partir de la répétition des relations similaires
entre variables.
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Conclusion
Aujourd’hui, la recherche est d’une importance vitale en science de l’éducation.
Car, les professeurs, les maitres, les éducateurs et animateurs de l’école doivent rendre
une valeur humaine à cette institution impersonnelle. Ils doivent garder le contact avec la
réalité.
D’où, le but propre de l’éducation et ses méthodes doivent être constamment
révisé en raison que la science et l’expérience accroissent les connaissances de l’enfant,
de l’homme et de la société.
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