BACCALAURÉAT GÉNÉRAL
ÉPREUVE D’ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
SESSION 2022
ARTS
Histoire des arts
Mercredi 11 Mai 2022
Durée de l’épreuve : 3 h 30
L’usage de la calculatrice et du dictionnaire n’est pas autorisé.
Dès que ce sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet.
Ce sujet comporte 15 pages numérotées de 1/15 à 15/15.
Le candidat traite au choix 1 sujet parmi les 3 sujets proposés.
Il indique sur sa copie le sujet choisi.
Un extrait musical est intégré au premier sujet : composition sur documents.
Les salles d’examen doivent donc être équipées d’un lecteur audio.
Le fragment musical fera l’objet d’une audition en début d’épreuve dès que les
candidats auront pris connaissance des sujets puis, après avoir averti les candidats,
d’une deuxième et d’une troisième audition, respectivement 45 minutes et 1h30 après
le début de l’épreuve.
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SUJET 1
De quelles manières l’art s’intéresse-t-il aux femmes ordinaires ?
Document 1
Johannes VERMEER (1632-1675), La Dentellière, vers 1669-1670, 24 x 21 cm, huile
sur toile collée sur bois, Musée du Louvre, Paris.
Document 2
Edgar DEGAS (1834-1917), Après le bain, femme nue s’essuyant la nuque, 1895-
1898, 60,2 x 65 cm, pastel sur papier vélin fin collé sur carton, Musée d’Orsay, Paris.
Document 3
Duane HANSON (1925-1996), Supermarket Lady, 1969-1970, 166 x 130 x 65 cm,
polyester, fibre de verre, peinture acrylique, huile, cheveux, prothèses oculaires,
chariot de supermarché et boîtes de conserve, Ludwig Forum, Aix La Chapelle.
Document 4
Dorothea LANGE (1895-1965), Migrant Mother, Nipoma, California, 1936, 30,4 x
23,5 cm, photogravure, The Art Institute of Chicago, Chicago.
Document 5
Jean FERRAT (1930-2010) (interprète), « Ma môme », 1961, musique de Jean
FERRAT (1930-2010) et texte de Pierre FRACHET (1933-2015),1’59", album Deux
enfants au soleil, Editions Decca.
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Document 1 (sujet 1)
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Document 2 (sujet 1)
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Document 3 (sujet 1)
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Document 4 (sujet 1)
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Document 5 (sujet 1)
Ma môme1, elle joue pas les starlettes On se dit toutes les choses qui nous
Elle met pas des lunettes viennent
De soleil C'est beau comme du Verlaine
Elle pose pas pour les magazines On dirait
Elle travaille en usine On regarde tomber le jour
À Créteil Et puis on fait l'amour
En secret
Dans une banlieue surpeuplée
On habite un meublé Ma môme, elle joue pas les starlettes
Elle et moi Elle met pas des lunettes
La fenêtre n'a qu'un carreau De soleil
Qui donne sur l'entrepôt Elle pose pas pour les magazines
Et les toits Elle travaille en usine
À Créteil
On va pas à Saint-Paul-de-Vence
On passe toutes nos vacances
À Saint-Ouen
Comme famille on n'a qu'une marraine
Quelque part en Lorraine
Et c'est loin
Mais ma môme, elle a vingt-cinq
berges2
Et je crois bien que la Sainte Vierge
Des églises
N'a pas plus d'amour dans les yeux
Et ne sourit pas mieux
Quoi qu'on dise
L'été quand la ville s'ensommeille
Chez nous y a du soleil
Qui s'attarde
Je pose ma tête sur ses reins
Je prends, doucement sa main
Et je la garde
1Terme familier, qui, ici, a une connotation affectueuse 2 Terme familier, qui signifie « année » en parlant de
et signifie « petite amie », « maîtresse ». l’âge de quelqu’un.
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SUJET 2
Dissertation
Voyages d’artistes en Italie du XVIIe au XIXe siècle.
Dans son essai de « De L’institution des enfants », Montaigne1 recommande la
fréquentation des hommes et « la visite des pays étrangers […] pour frotter et limer
notre cervelle contre celle d’autrui. »
Quels bénéfices les artistes envisagent-ils en entreprenant le voyage d’Italie ?
1Michel de Montaigne (philosophe et écrivain français), 1533-1592, Essais, Editions 1595, Livre I,
Chapitre 26.
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SUJET 3
Comment Charlotte Perriand réinvente-t-elle le rapport de l’homme à l’espace ?
Document 1
Atelier LE CORBUSIER (1887-1965), d’après un projet de Charlotte PERRIAND
(1903-1999), Cuisine-bar pour l’Unité d’habitation de la Cité radieuse de Marseille,
1952, chêne massif, contre-plaqué de chêne et hêtre, aluminium moulé, grès
cérame, 1,83 x 2,74 m, Musée des Arts décoratifs, Paris.
Document 2
Charlotte PERRIAND (1903-1999), Bibliothèque murale nuage, 1953, frêne massif,
aluminium laqué, Musée des Arts décoratifs, Paris.
Document 3
Charlotte PERRIAND (1903-1999), Étude ergonomique de sièges adaptés aux
positions du mannequin, 1928, photocollage et dessin à l’encre de Chine et
aérographe, 28,5 x 22,5 cm, in Le monde nouveau de Charlotte Perriand, catalogue
d’exposition, Fondation Louis Vuitton, Gallimard, 2019, Paris.
Document 4
Charlotte PERRIAND (1903-1999), « Mon petit chalet à Méribel », Une vie de création,
pages 234-235, 1998, Odile Jacob, Paris.
Document 5
Charlotte PERRIAND (1903-1999) et Guy REY-MILLET (1929-2017), Résidence La
Cascade (1967-1989), Station des Arcs,1969, Savoie, France.
Document 5 bis
Charlotte PERRIAND (1903-1999) et Guy REY-MILLET (1929-2017), Résidence La
Cascade, façade Nord, Station des Arcs,1969, Savoie, France.
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Document 1 (sujet 3)
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Document 2 (sujet 3)
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Document 3 (sujet 3)
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Document 4 (sujet 3)
Mon petit chalet à Méribel
« Alors perplexe, je me promenais dans les villages alentour, analysant les vertus des
chalets paysans. A tant faire, repartir des sources. Et je découvrais la vérité
constructive de ces chalets : des murs de pierre arasés sur lesquels était posée une
charpente, comme un chapeau ; les vides créés au premier étage étaient fermés par
des lattes de bois posées à claire-voie pour laisser respirer le foin entreposé ; au rez-
de-chaussée, le domaine des vaches et des hommes qui profitaient ainsi de leur
chaleur rayonnante à l’abri du froid et de l’incendie.
J’appliquai le principe de base : charpente posée sur des murs de pierre arasés, mais,
à la place des lattes, un double vitrage dans les bois de charpente des pignons. Tous
les vides du premier étage sont fermés par des portes coulissantes garnies de glace
claire. Elles s’escamotent, disparaissant entre les murs de pierre et les pans de bois à
l’intérieur. Par beau temps le soleil brille dans le chalet, et moi, protégée sous ma belle
toiture-parasol, je suis en rapport avec les sapins tout proches, les oiseaux, les
écureuils, ma terrasse et la ligne d’horizon, perdue dans le ciel, les sommets.
A la tombée de la nuit, je rentre dans mon cocon, protégée du regard du loup-garou
par des volets coulissants opaques ou translucides qui, éclairés de l’extérieur, diffusent
un bon éclairage d’ambiance. Architecture de jour, architecture de nuit.
Pas de cloison au premier étage, deux lits clos à la savoyarde, niches bien agréables
qui laissent un grand espace libre, convivial. Et, dans ma niche, lorsque le soleil à l’est
émerge des sommets "pan ! dans l’œil", je me réveille.
Le rez-de-chaussée est de plain-pied avec la prairie. Une vaste cheminée en
contrebas, dans laquelle on entre pour s’asseoir autour du foyer constitué de dalles de
granit disposées comme un autel de sacrifice. Une pièce dans la pièce pour griller un
marcassin, des brochettes, des saucisses, le chapon à Noël, des bananes sous la
cendre, pour boire ou chanter, rêver la nuit tombée à la lueur des flammes, l’hiver,
bercé par le bois qui chante, dans le silence de la neige qui tombe. Il y a bien une
petite cuisine, mais c’est pour faire la vaisselle ! »
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Document 5 (sujet 3)
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Document 5 bis (sujet 3)
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