INCENDIES
1 Incendie
Un incendie est un feu violent et destructeur pour les activités humaines ou la nature.
L'incendie est une réaction de combustion non maîtrisée dans le temps et l'espace.
2 Comment se déclenche un incendie ?
Le feu est une réaction chimique pour laquelle trois éléments sont nécessaires : une matière
combustible, de l’oxygène et une température d’inflammation. Cette température
d’inflammation peut être atteinte en présence d’une flamme, d’une étincelle, d’une source de
chaleur, d’un frottement...Ces trois éléments sont généralement présentés dans un triangle, le
triangle du feu.
Les trois côtés du triangle du feu sont :
1. la matière combustible
2. l’oxygène
3. la source d’inflammation
Il y a beaucoup de matières comburantes. Elles sont subdivisées en trois catégories :
Les matières solides (par ex. vêtements, matériel d’emballage, chiffons sales)
Les matières liquides (par ex. essence, diesel, peinture, diluant pour peinture)
Les matières gazeuses (par ex. gaz naturel, propane).
On a normalement 21 % d’oxygène dans l’air. C’est suffisant pour qu’un processus de
combustion démarre. Si la teneur en oxygène dans l’air est plus élevée (par exemple, en cas
de fuite d’une bonbonne d’oxygène), la combustion sera plus rapide.
Il y a beaucoup de sources qui peuvent mener à un incendie ou une explosion :
Feu ouvert (bout de cigarette incandescent, étincelles de soudage)
Étincelles dues à un court-circuit ou de l’électricité statique
Augmentation de la chaleur suite à du chauffage ou du frottement.
Les trois côtés du triangle du feu indiquent les conditions pour la naissance d’un feu. Il
ne peut pas y avoir de feu si l’un de ces éléments manque. Si les trois éléments sont
combinés dans les bonnes proportions, le triangle de feu est fermé et un feu prend naissance.
Quand on retire un de ces facteurs, le feu s’éteint. Ce triangle est donc aussi un instrument
utile pour prévenir et combattre l’incendie.
3 Modes de propagation
Un incendie passe par une phase de développement, puis de régression, entraînant une
1
élévation suivie d’une baisse de température. Selon le mode d’inflammation et la nature du
combustible, le développement sera plus ou moins rapide.
La sévérité du feu et la durée de ces phases dépendent de plusieurs paramètres
:
Quantité et répartition des matériaux combustibles (charge incendie) ;
Vitesse de combustion de ces matériaux ;
Conditions de ventilation (ouvertures) ;
Géométrie du compartiment ;
Propriétés thermiques des parois du compartiment.
3.1 Démarrage du feu (1re phase)
La rapidité de démarrage d’un incendie sera fonction du combustible en cause, de sa
forme, de la ventilation du lieu et du type de source d’allumage.
Durant la phase de feu couvant, la température est localisée au point d’ignition ; les premiers
gaz et la fumée apparaissent.
3.2 Déclenchement de l’incendie (2e phase)
Au cours de la deuxième phase, où le foyer est vif mais encore localisé, le rayonnement ou le
contact des flammes atteint les matières proches, les gaz chauds se dégagent et emplissent le
volume, annonçant la troisième phase.
3.3 Embrasement généralisé (3e phase)
Les gaz chauds accumulés portent les combustibles présents à leur température
d’inflammation et l’ensemble du volume s’embrase brutalement (flash-over).
L’incendie atteint son point maximal. La présence de gaz inflammables peut également
provoquer des déflagrations plus ou moins violentes.
3.4 Retombée du feu (4e phase)
2
La violence du feu décroît avec la disparition progressive du combustible.
4 Les causes de déclenchement d’incendie :
Les causes responsables d’un départ d’incendie peuvent être classées en trois groupes :
les causes techniques, les causes humaines et les causes naturelles.
4.1 Causes techniques
4.1.1 Liées aux combustibles :
- Conditions de manipulation de gaz ou de liquides extrêmement inflammables,
facilement inflammables ou inflammables.
Produits chimiques de laboratoires
éther éthylique, méthanol, butane, éthanol, hydrogène…
Produits d’emploi courant
Colle, correcteurs, dissolvants de peintures et vernis ;
Bombes aérosols avec gaz propulseur inflammables (butane, propane…) : produits
d’hygiène, insecticide, nettoyage…
- Conditions de stockage
des produits inflammables
Absence de locaux d’entreposage conformes à la réglementation, d’armoires de sécurité
pour liquides inflammables, absence de ventilation, absence de détection incendie…
Des matériaux combustibles
Entreposage sauvage, non prise en compte du potentiel calorifique des locaux ni du pouvoir
calorifique des matériaux (locaux d’archives).
Réactions chimiques dangereuses
– réaction exothermique non contrôlée pouvant provoquer l’inflammation des produits de la
réaction ;
– réaction libérant des gaz inflammables;
– réaction violente entre produits chimiques.
4.1.2 Liées aux comburants
L’oxygène
Présent à 21 % dans l’air ambiant, l’oxygène de l’air est le comburant privilégié. La réaction
des matériaux au feu diffère en milieu suroxygéné. Tout mélange gazeux comportant plus de
21 % d’oxygène est un mélange comburant.
Composés dans lesquels les éléments électronégatifs sont faiblement liés
Peroxydes, acide nitrique, acide perchlorique, et leurs sels minéraux et organiques. Les
peroxydes inorganiques (eau oxygénée concentrée)…
4.1.3 Liées aux énergies d’activation
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Courant électrique
– vétusté des installations, isolement défectueux des conducteurs au niveau des fiches murales
– surcharge des conducteurs et des circuits
– résistances de contact mal établi qui provoquent des échauffements
– utilisation de multiprises en surcapacité
– utilisation de câbles d’alimentation de diamètre insuffisant et fusibles inada ptés à la charge de
l’appareil
– utilisation de câble de rallonge enroulé
– entretien et contrôle réguliers des installations
Échauffement mécanique : frottement, pression…Axe de moteur grippé (exemple : pompes
à vide, centrifugeuse…).
Surface chaude : plaque électrique, agitateurs chauffants…
Flamme nue : veilleuse d’appareil à gaz et de chaudière.
Énergie électrostatique : téléphone portable, tissu synthétique.
4.2 Les causes humaines
Travaux par points chauds : Ils concernent le soudage au chalumeau à gaz oxyacéthylénique
ou à l’arc électrique, les coupages, meulage, l’oxycoupage des métaux… et tous travaux
susceptibles de communiquer le feu à des matières combustibles par production d’étincelles,
de flammes ou de chaleur.
Imprudence, négligence, ignorance, malveillance.
4.3 Les causes naturelles
Climatiques: foudre, soleil, canicule.
5 Prévention et protection
Le risque d’incendie existera toujours puisqu’il est impossible de n’utiliser que des produits
incombustibles dans les bâtiments. Aussi, le respect et la mise en place d’un ensemble de
mesures de prévention adéquates et leur prise en compte dans la conception du bâtiment sont
essentiels pour limiter et maîtriser le risque incendie.
5.1 Principe de prévention
Un incendie peut être évité si l’on s’arrange pour que le triangle du feu ne soit pas fermé. On
peut le faire en éliminant un des trois facteurs (oxygène, combustible et source
d’inflammation).
5.1.1 Matière combustible :
Dans un environnement avec de l’oxygène où une source de chaleur peut se transformer en
source d’inflammation, il faut éviter la présence de matières combustibles.
5.1.2 Oxygène
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Il n’est généralement pas possible d’éliminer l’oxygène, mais on peut dans certains cas,
diminuer la teneur ou le volume en oxygène. L’oxygène ne brûle pas lui-même mais entretient
le processus de combustion et peut augmenter considérablement le danger d’incendie (par ex.
éviction d’oxygène par l’azote dans les silos).
5.1.3 Source d’inflammation
L’incendie peut être prévenu en évitant les sources d’inflammation où du matériel combustible
et de l’oxygène sont présents.
5.2 Protection
5.2.1 Protection active :
Les protections initiales sont dites « actives » lorsqu’elles mettent en œuvre des dispositifs
dynamiques (détection, alarmes, désenfumage, sprinklers) ou font intervenir l’action humaine
pour éteindre le début d’incendie (robinet d’incendie armé ou RIA). Elles ont pour objectif
premier de permettre l’évacuation des personnes dans les meilleurs délais et de faciliter
l’intervention rapide des secours.
Le feu doit être détecté au plus tôt pour être combattu efficacement. L’ensemble des
protections actives doit être efficace dans les deux premières phases de développement du
sinistre.
Quelques dispositifs de protection active :
– les détecteurs, réagissant à la fumée, à la chaleur, ou aux flammes, déclenchent une alarme
sonore et la mise en œuvre de certains équipements ;
– les consignes de sécurité et le balisage favorisent l’évacuation des occupants ;
– le système de désenfumage évacue les fumées toxiques, facilitant l’évacuation des
occupants sans dommages et l’intervention des secours ;
– les moyens de lutte, extincteurs ou RIA, permettent l’attaque immédiate du feu ;
– les sprinklers, réseau d’extinction automatique, attaquent sans délai le feu naissant.
5.2.2 Protection passive :
La protection passive regroupe les moyens mis en œuvre pour limiter les effets
Destructeurs du feu ;
Coupe-feu et pare flammes.
Propagation de flammes
5.3 Les principales recommandations pour une bonne sécurité
Alarme – détection
Permet l’évacuation du bâtiment dès les premiers instants de l’incendie
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Désenfumage
Évacue les gaz nocifs
Limite l’extension du feu
Facilite l’évacuation des occupants
Permet l’intervention des secours
Cantonnement
Une retombée en plafond, le cantonnement, piège les
fumées et évite l’extension des gaz nocifs
Sprinklers
Maîtrisent le début d’incendie
Limitent l’extension du feu
Pompiers
La proximité, les équipements et l’accessibilité des
pompiers permettent de sauver des vies humaines, limitent
les pertes et évitent la propagation à un tiers
Compartimentage
Le cloisonnement des espaces facilite l’évacuation des
personnes et retarde ou empêche l’extension du feu
Assure la sécurité des secours hors du local enflammé
Structure résistant au feu
La résistance au feu n’a que peu d’influence dans les immeubles de faible hauteur, mais elle est
importante dans les bâtiments à plusieurs étages pour préserver le temps nécessaire à l’évacuation
des et assurer la sécurité des pompiers et des personnes attendant les secours dans le bâtiment
Normes de sécurité
La formation du personnel, la présence d’extincteurs
Homologués régulièrement entretenus et de RIA augmentent les
possibilités d’intervention précoce et donc d’extinction du feu.
5.4 Procédés d’extinction :
5.4.1 Le refroidissement :
Il s’agit de l’absorption de l’énergie calorifique émise par le foyer .l’objectif est d’abaisser la
température du combustible en dessous de la température d’inflammation afin de bloquer la
distillation des gaz inflammables
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5.4.2 L’étouffement :
Le principe consiste à abaisser la teneur en oxygène aux alentours du foyer afin de rendre
l’atmosphère incomburante. On considère qu’à partir d’oxygène cet objectif commence à
atteint, mais en fonction de la nature du combustible et de la profondeur du foyer, il peut être
nécessaire d’abaisser la teneur en oxygène en dessous de 8 pourcent.
5.4.3 L’isolement
Voisin du mode d’action de l’étouffement, l’isolement sépare physiquement les gaz de
distillation par rapport à l’oxygène de l’air.
5.4.4 L’inhibition
Il s’agit de bloquer la réaction chimique du feu en empêchant de passer à la séquence
suivante.
5.5 Agents extincteurs :
5.5.1 L'eau :
On ne rencontre quasiment pas d'extincteur à eau pure.
5.5.2 La mousse :
Les extincteurs à mousse ont une conception identique aux extincteurs à eau avec additif, car
il s'agit du même mélange. Cependant ici la solution est mélangée à l'air au niveau du
diffuseur, qui est composé d'un simple tube mousse (un long tube doté d'une ouverture à son
origine pour faire entrer l'air par l'effet Venturi) formant de la mousse à bas foisonnement
(mousse lourde).
5.5.3 Poudre :
Les extincteurs à poudre contiennent une poudre chimique qui agit de plusieurs manières,
principalement en étouffant le feu et en isolant le combustible .Cependant, elle n'a strictement
aucun pouvoir refroidissant.
5.5.4 Poudres BC (feux de classes B et C)
Elle est composée principalement de bicarbonate de sodium ou de bicarbonate de potassium
(85-95%) qui sous l'effet de la chaleur se décomposent en donnant notamment du CO2. Ils ont
également une action inhibitrice sur les réactions chimiques au sein de la combustion.
5.5.5 Poudre ABC (feux de classes A, B et C)
Elle est composée principalement (jusqu'à 95%) de phosphate ou sulfate d'ammonium, de
phosphate monoamonique ou de carbamate ou bicarbonate de sodium. Les sels d'ammonium,
outre de dégager du CO2 et d'être de meilleurs inhibiteurs que ceux de sodium/potassium, ont
la propriété de fondre sous l'effet de la chaleur et de former à la surface des solides une croûte
les isolant de l'air. C'est ce qui rend cette poudre utilisable aussi bien sur les feux de classe A,
B ou C.
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5.5.6 Dioxyde de carbone
Le dioxyde de carbone (CO2) agit principalement par étouffement, en diminuant fortement la
concentration d'oxygène alimentant le feu.
5.5.7 Halon :
Celle des extincteurs dont le contenu appartient à la famille des halons.
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DEMARCHE ERGONOMIQUE
1 Introduction générale
Selon l'Association Internationale d'Ergonomie, l’ergonomie (ou l’étude des facteurs humains)
est la discipline scientifique qui vise la compréhension fondamentale des interactions entre les
êtres humains et les autres composantes d’un système, et la mise en œuvre dans la
conception de théories, de principes, de méthodes et de données pertinentes afin
d'améliorer le bien-être des hommes et l'efficacité globale des systèmes.
2 Qu’est-ce que l'ergonomie?
L’ergonomie traite de l’adaptation des conditions de travail aux capacités et caractéristiques
de la personne active, et des capacités d’adaptation de cette personne à sa fonction.
L’ergonomie ne se préoccupe pas seulement de l’adaptation des moyens de travail aux
dimensions corporelles; elle s’intéresse aussi à une organisation du travail à mesure humaine,
ainsi qu’au contenu et à l’environnement du travail.
3 A quoi sert l’ergonomie?
3.1 Bien-être au poste de travail
Des postes et des processus de travail ergonomiques sont indispensables au bien-être des
personnes au travail.
3.2 Productivité accrue
L’ergonomie présente aussi un intérêt économique. Des postes de travail et un travail adaptés
à l’homme ont en effet une influence positive sur la motivation et le rendement des
collaborateurs. Si l’ergonomie est correctement appliquée, elle contribue de manière
significative à l’amélioration de la productivité.
3.3 Moins d’accidents et de maladies
L’ergonomie a également des effets positifs sur la sécurité au travail et la protection de la
santé. Car sur des postes de travail ergonomiques, il y a moins d’accidents et de maladies, et,
par conséquent, moins de journées d’absence. Des solutions globales en matière de sécurité du
travail impliquent souvent la prise en compte d’aspects ergonomiques.
4 Roue de l'ergonomie
La roue de l’ergonomie est subdivisée en 3 parties: le centre, le cercle de l’action et le cercle
de la réaction.
Au centre se trouvent l’homme et la tâche. Il faut adapter le travail aux capacités et aux
caractéristiques de l’être humain. Mais l’homme possède aussi une certaine capacité
d’adaptation à la tâche à effectuer. Pour cette raison, nous trouvons également l’homme dans
le cercle de l’action, qui est le domaine de l’ergonomie, en compagnie des facteurs poste de
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travail, organisation du travail, environnement de travail et contenu du travail. Tous ces
facteurs influent sur les éléments du cercle de la réaction qui doit impérativement être puissant
et équilibré si on veut obtenir le bien-être au poste de travail et un bon résultat d’exploitation.
Ces deux notions sont inséparables dès qu’il s’agit d’assurer un succès durable. La fonction de
l’ergonomie peut être mise en évidence à l’aide d’une représentation simple:
5 Les facteurs importants de l'ergonomie
5.1 L’homme
Nous distinguons entre les caractéristiques préétablies, qui ne sont pas ou seulement
difficilement modifiables, telles que:
Le sexe;
L’âge;
Les dimensions corporelles (anthropométrie) la constitution les caractéristiques
physiques et fonctionnelles de l’organisme (physiologie).
Et les caractéristiques qui sont plus ou moins modifiables, telles que:
Le niveau de formation;
La dextérité;
L’expérience;
La condition physique.
Dans la roue de l’ergonomie, les caractéristiques difficilement modifiables sont à attribuer au
centre, tandis que les caractéristiques modifiables sont plutôt à attribuer au cercle de l’action:
5.2 Le poste de travail
Quelques aspects importants de l’aménagement du poste de travail.
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5.2.1 Position assise ou debout?
Cette question est d’une importance fondamentale pour l’aménagement du poste de travail.
Les activités en position assise se trouvent surtout dans les bureaux et dans l’administration,
tandis que les activités en position debout sont majoritaires dans le domaine industriel et la
vente.
Les activités mixtes en position assise, debout ou en marche sont idéales, car elles sont bonnes
pour la circulation, la musculature et l’appareil locomoteur. Un poste de travail combiné assis
debout contribue de façon importante au bien-être de la personne. Les disques intervertébraux
sont alimentés en substances nutritives par les mouvements de la colonne vertébrale, ce qui a
pour effet d’améliorer le rendement.
5.2.2 Les dimensions
La construction de l’équipement de travail et l’aménagement des postes se font d’après les
lois de l’anthropométrie et de la physiologie, tant que le mode opératoire ou le processus de
production n’imposent pas de dimensions particulières.
5.2.3 Les espaces pour les mouvements et les distances de sécurité
Les machines et les appareils doivent être conçus de telle manière que leur utilisation, leur
surveillance et leur maintenance soient aisées. Le poste de travail adapté à la personne offre
suffisamment d’espace pour les mouvements, et présente les distances de sécurité nécessaires.
5.2.4 Les postures forcées
Dans la mesure du possible, les postures forcées sont à éviter. En cas de travail prolongé à
l’écran, du mobilier adapté doit permettre le changement de position.
D’occasionnels exercices de stretching ou de gymnastique pendant le travail devraient non
seulement être tolérés, mais aussi encouragés.
5.2.5 Le levage de charges
L’être humain n’est pas un moyen de levage ou de transport. Le levage fréquent de charges
doit être soit remplacé par une automatisation partielle ou totale du processus, soit facilité par
des aides de levage appropriées.
De nombreux accidents avec arrêt de travail sont consécutifs à des manutentions manuelles ou
des postures inadaptées.
5.2.6 La surveillance et la maintenance des installations
La productivité d’une installation n’est pas seulement influencée par la facilité d’utilisation,
mais aussi par la qualité de la surveillance et de la maintenance. La qualité de la surveillance
est avant tout déterminée par la présentation appropriée des états de fonctionnement
(affichage) et par le bon fonctionnement des éléments de commande (dispositifs de réglage,
poignées) disposés de manière cohérente et fonctionnelle dans le système. La disponibilité
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d’une installation est dans une large mesure fonction de la maintenance. C’est pourquoi il est
important que les installations soient facilement accessibles pour des travaux de maintenance
et que le personnel dispose de suffisamment de place. La disponibilité immédiate des éléments
suivants est également déterminante: aides de levage, moyens de transport, outils, appareils de
contrôle et pièces de rechange.
5.3 L’organisation du travail
Une organisation du travail adaptée à la situation et à l’être humain influence notablement le
climat d’entreprise, le rendement des employés et la rentabilité du processus de travail. La
figure 9 montre ce qui fait partie d’une telle organisation.
5.3.1 Les modes opératoires et les moyens de travail
Pour obtenir une production économique, il est indispensable des choisir des modes
opératoires et des moyens de travail appropriés; ils ont en particulier une grande influence sur
le degré de fatigue et la vitesse avec laquelle elle s’installe.
Les modes opératoires qui demandent une dépense physique fréquente et répétitive devraient
si possible être mécanisés et automatisés. Des efforts physiques importants sur une période
prolongée causent de la fatigue, ainsi qu’une baisse de la concentration et du rendement, avec
des effets négatifs directs sur la rentabilité, la sécurité et la santé.
5.3.2 La planification du travail et la formation
Un travail efficace et sûr, sans risques d’accident, passe par une bonne formation.
Les informations concernant les risques et les instructions d’utilisation sont tout aussi
importantes que les explications concernant la qualité et les délais. Si les personnes, les
machines ou les méthodes sont nouvelles, il faut que la formation soit particulièrement
soignée. Dans tous les cas de figure, cette formation devrait être renouvelée de temps à autre,
et sa mise en pratique vérifiée.
5.3.3 Le temps de travail et les pauses
L’horaire flexible garantit une certaine marge de manœuvre qui permet d’adapter l’horaire de
travail aux besoins personnels. Pour des raisons organisationnelles, techniques ou
économiques, il n’est pas toujours possible d’introduire ce type d’horaire. Les pauses
devraient être adaptées au type d’activité et avoir lieu avant que les réserves en énergie ne
soient trop entamées.
Des recherches en physiologie du travail ont établi que la fatigue n’augmente pas de façon
linéaire, mais qu’elle croît d’autant plus rapidement que la personne fatiguée travaille
longtemps. De même, la récupération est maximale en début de pause et l’accroissement de la
récupération ne fait que diminuer à mesure que la pause s’allonge. Il en résulte que, pour une
durée totale équivalente, de nombreuses pauses brèves permettent d’obtenir une meilleure
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récupération et ralentissent davantage la progression de la fatigue que des pauses moins
nombreuses mais plus longues.
5.3.4 L’évaluation du travail et la rémunération
L’évaluation claire et précise du travail et une rémunération correspondant au rendement sont
–avec l’éloge, la reconnaissance et l’estime de la personne – les conditions du bien-être, de la
motivation et de la volonté de rendement.
Cette façon de diriger le personnel s’est révélée être plus efficace, même en temps de crise,
que la pression et la critique.
5.3.5 La marge de responsabilité et de décision
Pour ne pas entraver la créativité et le sens des responsabilités par une organisation e xagérée
du travail, il convient de supprimer toutes les contraintes qui ne sont pas absolument
nécessaires, pour les remplacer par des possibilités de décision. Tant que cela ne porte pas
préjudice à d’autres postes de production, à la qualité ou aux délais, la personne devrait
pouvoir définir elle-même le déroulement du travail, dans le cadre de ses moyens et capacités.
Dans de nombreux cas, le regroupement des travaux de planification, d’exécution et de
contrôle représente un enrichissement du travail avec un effet positif sur le processus de
production.
L’exécution de plusieurs tâches par rotation périodique à l’intérieur d’un groupe contribue à
diversifier le travail et encourage l’esprit l’équipe et la coopération.
5.4 Le contenu du travail
Le contenu du travail est en fait un sujet faisant partie du chapitre sur l’organisation du travail.
Mais comme ce sujet gagne de plus en plus en importance, il est justifié de le traiter à part et
de façon détaillée.
Le contenu du travail peut aussi bien être trop limité que trop important. Ceci peut entraîner la
sous-occupation ou le surmenage en rapport avec la quantité ou la qualité du travail.
5.4.1 La sous-occupation et la monotonie
La sous-occupation réduit la motivation et la satisfaction au travail. On rencontre avant t out la
sous-occupation dans des activités monotones, peu stimulantes et peu exigeantes. De tel -les
activités sont souvent le résultat d’une division extrême du travail (taylorisme), qui a tendance
à subdiviser les tâches complexes en de nombreuses étapes intermédiaires (par ex. le travail à
la chaîne).
La monotonie conduit rapidement à de l’indifférence et à une baisse de l’attention.
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Ces deux facteurs ont une influence négative tant sur le comportement en matière de sécurité
que sur le rendement. La sous-occupation et la monotonie peuvent être réduites, voire
supprimées par les mesures suivantes: la rotation des tâches l’élargissement des tâches.
5.4.2 Le surmenage
Les limites entre sous-occupation, activité équilibrée et surmenage varient d’une personne à
l’autre. Telle activité sera jugée enrichissante par une personne, alors que pour une autre elle
est synonyme de stress et de surmenage. En plus du stress de la vie professionnelle, il faut
aussi tenir compte du stress de la sphère privée (famille, vie associative, sport, circulation
routière, etc.). La somme de tous les stress ne doit pas atteindre le niveau, variable d’une
personne à l’autre, du stress malsain. On parle de stress professionnel malsain lorsque les
exigences de travail sont constamment supérieures aux capacités dont dispose la personne
pour y faire face. Cet état se manifeste par des sensations telles que la peur, la colère, la
fatigue, l’ennui, les maux de tête et les douleurs dorsales.
5.5 L’environnement de travail
L’environnement de travail influence dans une large mesure les conditions de travail et, par
conséquent, le bien-être, la sécurité, la satisfaction au travail, la fatigue, la santé et, en fin de
compte, le rendement.
L’environnement de travail consiste en: conditions qui sont imposées par l’exécution du
travail conditions qui résultent de l’exécution du travail ou qui sont modifiées par cette
exécution conditions qui proviennent de « l’extérieur », c’est-à-dire des postes de travail
voisins. Conditions imposées par l’exécution du travail Font partie de ces conditions, le climat
adapté à l’activité et à la personne, ainsi qu’un éclairage correct.
Le climat est déterminé par la température de l’air, son déplacement et son humidité, ainsi que
par la température à la surface des locaux et des installations. Le climat dit « de bien-être »
dépend aussi de l’importance des mouvements physiques et du travail musculaire.
Ce climat idéal varie avec l’âge, le sexe, la constitution, la santé, l’alimentation et
l’habillement.
Le type d’éclairage, l’intensité lumineuse et l’angle d’incidence de la lumière doivent être
adaptés aux besoins visuels.
Avec des couleurs, il est possible d’influer sur l’ambiance et sur la façon de ressentir la
température et la distance.
En complément de ce qui précède, il convient de souligner l’importance de l’ordre et de la
propreté dans l’environnement de travail; ils influencent l’ordre et la propreté au poste de
travail et contribuent de façon non négligeable à la qualité du travail, au rendement, ainsi qu’à
la sécurité et à la santé.
Dr ATEBA ENSPD 14
NORMES ET REGLEMENTATION
1 Norme OHSAS 18001
La norme OHSAS 18001 indique la méthode de mise en place d'un management de la santé
et de la sécurité au travail.
L'objectif est d'obtenir une meilleure gestion des risques afin de réduire le nombre d'accidents,
de se conformer à la législation et d'améliorer les performances.
1.1 Présentation de l'OHSAS 18001
Il s'agit de l'abréviation d’Occupational Health and Safety Assessment Series, ce qui signifie
Sécurité et Santé au travail. Le référentiel OHSAS 18001 a établi un certain nombre de
critères d'évaluation d'un système de management de la santé et de la sécurité au travail. Ce
document a été établi en 1999 pour aider les entreprises à respecter les obligations en matière
de santé et de sécurité.
Pour compléter L'OHSAS 18001, BSI a publié L’OHSAS 18002. Ce document explique les
exigences de ce référentiel et décrit les démarches à entreprendre pour mettre en oeuvre et
certifier un système de management.
L’OHSAS 18001 est un référentiel (et non pas une « norme internationale ») élaborée en
qualité d'outil pour auditer les entreprises. Structure du référentiel L'OHSAS a une structure
très similaire à aux normes ISO 9001 et 14001, et est basé sur l’amélioration continue.
1.2 Les axes sont les suivants :
• Une politique santé & sécurité qui engagent à tous les niveaux de l'organisation entière dans
une considération plus prononcée des problèmes de sécurité
• Une planification basée en partie sur l'identification des dangers, donnera une vision plus
avancée concernant l'évaluation et la maîtrise des risques
• La mise en œuvre et opérations sur tous les éléments de l'organisation pour une pro activité
optimisée et immédiatement opérationnelle
• La vérification et les actions correctives pour un traitement et un contrôle systématique
• La revue de Direction pour contrôler et orienter les actions.
2 ISO 12100 :2010
L'ISO 12100 :2010 spécifie la terminologie de base, les principes et une méthodologie en vue
d'assurer la sécurité dans la conception des machines. Elle spécifie les principes de
l'appréciation du risque et de la réduction du risque pour aider les concepteurs à atteindre cet
objectif. Ces principes sont fondés sur la connaissance et l'expérience de la conception, de
l'utilisation, des incidents, des accidents et des risques associés aux machines. Des procédures
sont décrites pour identifier les phénomènes dangereux, et estimer et évaluer les risques au
Dr ATEBA ENSPD 15
cours des phases pertinentes du cycle de vie des machines, ainsi que pour supprimer les
phénomènes dangereux ou arriver à réduire suffisamment les risques. Des lignes directrices
sont fournies sur la documentation et la vérification du processus d'appréciation du risque et
de réduction du risque.
L'ISO 12100 :2010 est également destinée à servir de document de base pour l'élaboration des
normes de sécurité de type B ou de type C.
Elle ne traite pas des risques et/ou des dommages causés aux animaux domestiques, aux biens
ou à l'environnement.
3 ISO 13857 :2008
L'ISO 13857 :2008 établit des valeurs en matière de distances de sécurité, tant dans un
environnement industriel que public, afin d'empêcher l'atteinte des zones dangereuses des
machines. Les distances de sécurité sont adaptées aux structures de protection. La présente
Norme internationale donne également des informations concernant les distances empêchant
le libre accès des membres inférieurs. Elle couvre les personnes d'un âge égal ou supérieur à
14 ans (la taille du 5e percentile des personnes âgées de 14 ans est d'environ 1 400 mm). Pour
les membres supérieurs uniquement, elle fournit en outre des informations concernant les
enfants âgés de plus de 3 ans (la taille du 5e percentile des personnes âgées de 3 ans est
d'environ 900 mm) pour ce qui concerne l'atteinte des zones dangereuses à travers des
ouvertures.
4 Iso 45001 : 2018
ISO 45001 est une Norme internationale qui spécifie les exigences que doit remplir un
système de management de la santé et la sécurité au travail, avec des lignes directrices pour
son utilisation, pour permettre à un organisme d’améliorer de façon proactive sa performance
SST en termes de prévention des blessures et des problèmes de santé. ISO 45001 sera
applicable à toute organisation, quels qu’en soient la taille, le type et la nature. Toutes ses
exigences sont destinées à être intégrées dans les processus de gestion d’une organisation.
ISO 45001 permet à une organisation d’intégrer, au travers de son système de management de
la santé et sécurité au travail (SMS), d’autres aspects ayant trait à la santé et la sécurité,
comme le bien-être des travailleurs. Mais, il convient de signaler qu’une organisation peut
aussi avoir l’obligation légale de traiter ces questions.
ISO 45001 n’énonce pas de critères spécifiques de performance en matière de santé et sécurité
au travail (SST) et n’établit pas de prescriptions quant à la conception d’un système de
management de la santé et sécurité au travail (SMS). Il convient qu’un tel système de
management soit précis et détaillé pour remplir sa mission de prévention des blessures et de la
maladie. Une petite entreprise où les risques sont faibles pourra n’avoir besoin que d’un
système relativement simple, alors qu’une grande organisation avec des risques élevés devra
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peut-être mettre sur pied un système beaucoup plus sophistiqué. Tout système peut être
conforme aux exigences de la norme, pour autant que l’on puisse en démontrer l’adéquation
pour l’organisation et l’efficacité. ISO 45001 ne traite pas spécifiquement de questions telles
que la sécurité des produits, les dommages matériels ou les impacts environnementaux, et une
organisation n’est tenue de prendre ces éléments en compte que s’ils présentent un risque pour
ses travailleurs. ISO 45001 ne se veut pas un document juridiquement contraignant, c’est un
outil de management que les organisations, des plus petites aux plus grandes, peuvent utiliser
à titre volontaire si elles veulent éliminer ou réduire au minimum les risques dangereux....
Un système de management de la santé et sécurité au travail (SMS) fondé sur ISO 45001
permettra à une organisation d’améliorer sa performance SST de différentes façons :
• En mettant en place et en appliquant une politique et des objectifs SST
• En établissant des processus systématiques qui tiennent compte du « contexte », des risques
et opportunités et des exigences juridiques et autres
• En déterminant les dangers et les risques SST associés à ses activités et en cherchant à les
éliminer, ou à les maîtriser pour en minimiser les effets potentiels
• En instaurant des mesures de maîtrise opérationnelle pour gérer ses risques SST et les
exigences juridiques et autres
• En prenant mieux conscience des risques SST
• En évaluant les performances SST et en cherchant à les améliorer en adoptant des mesures
appropriées
• En veillant à ce que les travailleurs jouent un rôle actif dans les questions SST
Ces mesures combinées établiront la réputation de l’organisation en tant que lieu de travail sûr
et pourront avoir les autres avantages directs suivants :
• Meilleure aptitude à réagir en termes de conformité réglementaire
• Réduction du coût d’ensemble des incidents
• Diminution des temps d’immobilisation et du coût des perturbations de la production
• Réduction du coût des primes d’assurance
• Réduction de l’absentéisme et de la rotation du personnel
• Adoption d’un référentiel international (qui peut être un critère positif pour les clients
attachés aux principes de responsabilités sociétales).
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