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Explication Linéaire Bois de Pin

Le document décrit la fascination de l'auteur pour une forêt de pins. Il détaille les caractéristiques de la forêt et souligne la croissance lente mais assurée des arbres. L'auteur voit le pin comme représentant l'essence même de l'arbre, avec sa tige élancée et droite. Il suggère que le poème, comme le bois, doit rester pur et direct sans digressions inutiles.

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Explication Linéaire Bois de Pin

Le document décrit la fascination de l'auteur pour une forêt de pins. Il détaille les caractéristiques de la forêt et souligne la croissance lente mais assurée des arbres. L'auteur voit le pin comme représentant l'essence même de l'arbre, avec sa tige élancée et droite. Il suggère que le poème, comme le bois, doit rester pur et direct sans digressions inutiles.

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Ce passage de "La Rage de l'expression" de Francis Ponge semble décrire la fascina:on

de l'auteur pour les bois de pins. Ponge s'a>arde sur la fabrique du bois, évoquant une
sorte de transforma:on où la nature se mue en matériau exploitable par l'homme. Le
texte souligne la sécheresse parfaite des bois de pins, a>ribuant à ce>e caractéris:que
une qualité musicale et vibrante. L'auteur semble a>ribuer une importance par:culière
à la ver:calité du pin, considérant sa :ge élancée comme l'idée élémentaire de l'arbre.
La descrip:on mé:culeuse des détails contribue à créer une atmosphère
contempla:ve et presque sacrée autour de ce>e transforma:on lente du bois.

1er paragraphe : la fabrique du bois.

20 août 1940

• Mention d’un date qui rappelle que La rage de l’expression est un journal
poétique.
• Août 1940 : 2de guerre mondiale, début de l’occupation. Ponge a lui-même été
jeté sur les routes de l’exode. Contexte d’écriture de ce poème très particulier.

Ici, où se dresse une profusion relativement ordonnée de mâts séniles, coiffés de


cônes verdoyants, ici, où le soleil et le vent sont tamisés par un infini entrecroisement
d'aiguilles vertes, ici où le sol est couvert d'un épais tapis d'épingles à cheveux
végétales : ici se fabrique lentement le bois.

• Ici (x4) établit le lieu, dans une forêt de pins // place réellement le lecteur au
cœur du bois de pins à comme s’il lui montrait les éléments en même temps
qu’il les décrit

- 3 prop sub rela?ves à caractéris:ques de la forêt de pins


- mâts séniles // métaphore qui désignent les troncs de pins à ver?calité +
solidité des troncs // âge avancé à suggère forêt ancienne + profusion à les
pins sont âgés mais encore debout et nombreux
- coiffés de cônes verdoyants à les pins sont encore vivants et fer:les malgré
leur âge
à CeEe image juxtapose l’idée de vieillesse (sénilité) et de vitalité
(verdoyant) à coexistence de la vieillesse et de la jeunesse // la vie et la mort
- où le soleil et le vent sont tamisés à le verbe tamiser suggère que la lumière
du soleil et le souffle du vent sont filtrés par un réseau dense que forment les
aiguilles de pins, ne pénètrent pas directement // par un infini
entrecroisement d'aiguilles vertes à complexité et richesse de la canopée des
pins, créant un jeu de lumière et d’ombre constant // l’entrecroisement des
aiguilles = reflété dans la complexité syntaxique de la phraseà subordonnées
qui s’entrelacent
- le sol est couvert d'un épais tapis d'épingles Le sol = en:èrement recouvert à
suggère accumula:on de ma:ère organique // aiguilles de pins à enrichissent
le sol à nourrissent le cycle de la vie
- d'épingles à cheveux végétales à souligne leur forme fine et allongée //
métaphore qui donne une image familière voire in:me des éléments de la
nature
- se fabrique lentement le bois à conclut la descrip?on en soulignant le
processus naturel de croissance et de transforma?on des pins à les arbres
poussent, vieillissent, perdent leurs aiguilles et à travers ces cycles le bois se
forme progressivement // lentement
- richesse sensorielles à la vue // aiguilles vertes, cônes verdoyants + tac?les //
tapis d’épingles à cheveux à atmosphère qui plonge le lecteur dans ce>e forêt
de pins + lumière tamisée et vent filtré à harmonie et tranquilité

En série, industriellement, mais avec une lenteur majestueuse ici se fabrique le bois. Il
se parfait en silence. Avec une assurance et un succès certains aussi.

- Métaphore industrielle pour décrire le processus de fabrication du bois à


met en valeur le contraste entre la production rapide de biens industriels et la
lenteur naturelle de la croissance des pins à voc industrie pour évoquer la
régularité et l’efficacité de la nature
- Cc de manière à Contrairement à l’industrie, la nature suit un rythme lent //
création d'un poème, contrairement au monde de l’industrie // le bois se
forme avec dignité et minutie qui évoquent une perfection naturelle atteinte
sans précipitation // peut être vue comme une métaphore de la patience et
de l'attention au détail nécessaires à la poésie.
- Cc de manière à la croissance des arbres = processus silencieux
contrairement au bruit de l’industrie humaine à ce silence confère un
caractère presque sacré au processus naturel // besoin de réflexion intérieure
et de méditation pour le poète.
- Personnification du bois

à Fabrique du poème, comme celle du bois, est lente et prudente. → le


poème cherche à s’approcher de cet idéal du bois de pins.

Il y a des sous-produits : obscurité, méditation, parfum, etc., fagots de moindre


qualité, pommes de pins (fruits serrés comme des ananas), aiguilles à cheveux
végétales, mousses, fougères, myrtilles, champignons.

- Enumération : FP élargit sa vision et s’intéresse à présent aux sous-produits de


la forêt // éléments naturels qui accompagnent la croissance des pins. Cette
énumération révèle la richesse et la diversité de l’écosystème forestier.
- Densité des pins à zones d’ombre propices à la réflexion et méditation //
état contemplatif
- Caractéristique sensorielle marquante, ajoutant une dimension olfactive à
l'expérience de la forêt.
- Branches et petits bois, moins précieux que le bois principal, mais utiles et font
partie de la production de la forêt.
- Comparés à des ananas // par leur forme serrée et compacte, sont des
éléments significatifs de la forêt de pins
- // aiguille de pins à fines et longues // intimiste

à Parallèle objet / poème est sous-jacent : l’obscurité (contre laquelle se bat


F. Ponge), la méditation (l’écriture poétique est vue comme une longue
méditation sur un objet), les fagots de moindre qualité (et que le poète rejette
après avoir écrits).

Mais, à travers toutes sortes de développements l'un après l'autre caducs (et
qu'importe), l'idée générale se poursuit et s'entrevoit la hampe, le mât : - la poutre,
la planche.

- Conj coordina?on à Opposi:on entre une proliféra:on et une ne>eté à


« s’entrevoit » « à travers » : ce n’est pas facile à voir. Vue gênée par des
obstacles à Ponge suggère que cette idée générale devient progressivement
visible. On commence à percevoir l'objectif final à travers les différentes
étapes de croissance.
- Parallèle entre le bois et le poème : « développements », « idée générale »
qualifient davantage le poème que l’arbre à Ponge fait référence aux
mul?ples étapes de croissance et de transforma?on que subit le pin //
créa?on poé?que
- Caducs = éphémères ou temporaires à Malgré la nature éphémère de
certaines étapes, il y a une continuité, une direction générale dans le
développement de l'arbre àLe poème se débarrasse de ses développements
comme l’arbre de ses branches mortes, même s’ils restent dans le poème,
comme les branches restent dans le bois (au sol) → sont tombés mais restent
importants (« caducs (et qu'importe) ») puisqu’ils nourrissent ce bois.
- La parenthèse à même si ces étapes peuvent sembler insignifiantes, elles
n'ont pas d'importance en elles-mêmes à Ce qui compte, c'est le résultat final
de ce processus continu
- Continuité et persévérance + révélation progressive à Il y a un dévoilement
progressif de la finalité à mesure que le processus avance à nature //
création poétique
- Insistance sur ce qui se dégage dans ceEe profusion : l’« idée générale »,
reprise par quatre termes successifs à « la hampe » : référence directe au
végétal. L’axe de la plante // « le mât » : métaphore à ce qui guide le bateau,
lui permet aussi de maintenir l’équilibre // « la poutre » : ce qui main:ent la
structure de l’édifice // « la planche » : ce sur quoi tout repose
à La progression logique et inévitable vers la « poutre, la planche » dans le poème
reflète la structure interne du texte lui-même, où chaque phrase et chaque image
construisent progressivement un tout cohérent. Le texte évolue de manière
similaire à la croissance d'un arbre, chaque élément contribuant à l'ensemble de
l'œuvre poé?que.

2e et 3e paragraphes : le bois de pin : le souhait d’un poème à l’image de son objet.

Le pin (je ne serais pas éloigné de dire que) est l'idée élémentaire de l'arbre. C'est un
i, une tige, et le reste importe peu.

- Dans ce 2ème mouvement, FP continue d'explorer la nature et les


caractéristiques essentielles du pin, utilisant une prose poétique pour mettre
en lumière l'essence même de cet arbre.
- Ponge suggère que le pin représente une forme pure et simple, décrit comme
une "tige" droite, symbolise la pureté et l'essence de l'arbre. à De même, un
poème doit souvent revenir à une idée centrale ou une image forte qui ne se
perd pas dans des digressions. // présent de vérité générale
- Cette parenthèse montre une certaine hésitation dans l'affirmation de Ponge,
comme s'il proposait une idée personnelle et subjective. //CONDITIONNEL
- Cette « tige » symbolise la simplicité et la verticalité du pin // la ligne
directrice ou le thème principal du poème

à Comme la tige droite et élancée du pin, l’essence du poème doit rester pure et
directe, sans être alourdie par des ornements inutiles ou des digressions.

C'est pourquoi il fournit - de ses développements obligatoires selon l'horizontale -


tant de bois mort. C'est que seule importe la tige, toute droite, élancée, naïve et ne
divergeant pas de cet élan naïf et sans remords ni retouches ni repentirs. (Dans un élan
sans repentir, tout simple et droit.)

- Sorte de conclusion à redit l’importance de ce qu’il appelle ailleurs « la


formule » du bois de pins, ce « i », cette forme épurée qu’il cherche à
atteindre et n’atteint pas.
- Ponge se réfère ici aux branches latérales du pin, qui poussent
horizontalement à Ces branches sont considérées comme des ajouts
nécessaires mais secondaires à la structure principale.
- Les branches latérales finissent par mourir et devenir du bois mort. Cela
souligne le fait que, pour le pin, l'essentiel reste la tige verticale.
- Cette formule est, à l’image de la tige, droite, elle ne fait pas de détours, elle
est simple : c’est une image du poème classique (cf Boileau). Elle est en un sens
tout le contraire du poème pongien qui fait tant de détours, hésite, corrige, se
reprend (remords, retouches et repentirs) à La simplicité et la clarté
permettent de transmettre le message avec force et efficacité

Tout évolue aussi vers une parfaite sécheresse...

- « Tout » est ici un pronom indéfini qui peut faire référence à l’ensemble de
son geste poétique.
- Peut être vue comme une métaphore de la distillation de l'essentiel à Dans
la création poétique, cela signifie épurer le langage, éliminer le superflu pour
ne conserver que ce qui est nécessaire et poignant. Ce processus de réduction
mène à une forme de perfection, où chaque mot compte et chaque vers
résonne avec précision.
- Expression paradoxale à cette vision de la sécheresse comme un idéal,
comme une image de la perfection, rappelle encore la perception classique du
poème.

Extrait du « Bois de pins » qui affirment plusieurs idées déterminantes dans la


conception qu’a Ponge de la poésie :

• La poésie comme recherche (fabrique), comme un artisanat, une construction.


• Cette construction se fait petit à petit et produit ce qu’on pourrait appeler des
déchets.
• Ces déchets sont importants, comme l’est l’humus du tapis qui permet au bois
de pousser : c’est pourquoi Ponge les donne à lire au lecteur, c’est en quelques
sortes le terreau de sa pensée.
• Ce qui importe, c’est l’idée de la forme parfaite, épurée, simple (débarrassée
des branches basses qui l’encombrent) – Ponge s’inscrit dans une pensée très
classique du poème, en dépit de la modernité de ses textes (rappeler son goût
notamment pour Malherbe). Mais cette forme épurée, cette « formule » du
Bois de pins, il n’est pas sûr que Ponge y parvienne (il est même plutôt sûr qu’il
n’y parvient pas).

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