Manipulation 1 : Le spectro-goniomètre
Descriptif et réglage du matériel :
Le goniomètre est un instrument de mesure constitué d’un plateau circulaire fixe qui porte une règle
circulaire graduée appelée limbe. Autour de l’axe vertical du plateau, peuvent tourner les éléments
suivants :
▪ Un plateau tournant circulaire du même axe que le plateau principal et sur lequel nous
fixons un prisme ou un réseau. Ce plateau peut être bloqué par une vis.
▪ Deux collimateurs formant une image à l’infini d’une fente réglable en largeur pour l’un,
d’une mire graduée pour l’autre. Nous n’utilisons que le premier, en éclairant la fente par la
source dont nous souhaitons étudier le spectre.
▪ une lunette de visée que nous réglons sur l’infini. Elle est solidaire d’une réglette graduée
qui permet de mesurer la position de la lunette à la minute d’angle près sur le limbe. une vis
permet d’immobiliser la lunette par rapport au plateau (voir figure).
Pour le réglage du goniomètre, nous commençons par placer le collimateur au voisinage de la
graduation zéro du limbe, avant de le solidariser avec le plateau à l’aide d’une petite vis. Ce réglage
n’a pas besoin d’être fait avec précision, car nous allons faire des mesures relatives dans lesquelles
l’origine n’intervient pas ; nous réglons ensuite le collimateur et la lunette sur l’infini. Nous
choisissons une fente aussi fine que possible, sans toutefois l’obturer complètement. Pour ce réglage,
la lunette et le collimateur sont alignés et le prisme est absent.
A ce stade, il est important de vérifier que les axes de la lunette et du collimateur sont bien dans le
même plan. Une molette permet généralement de régler l’angle de hausse de la lunette, c.à.d.
l’inclinaison de son axe par rapport à l’horizontale.
1
Lorsque l’angle est mal réglé, la fente n’est pas visible dans la lunette.
Théorie :
Prisme
1- Rappeler l’objectif du TP.
2- Établir la condition d’émergence sur l’incidence pour le prisme ?
3- Le minimum de déviation est atteint lorsque l’angle d’incidence est égal à l’angle d’émergence.
Montrer que l’on peut exprimer l’indice de réfraction du prisme sous la forme :
𝐷𝑚𝑖𝑛 (𝜆) + 𝐴
sin
𝑛(𝜆) = 2
𝐴
sin 2
Réseau
Un réseau de diffraction est constitué de N motifs (fentes, traies, ….). La période du réseau est la
distance séparant deux motifs successifs.
4- Etablir la formule du réseau :
sin 𝑖 − sin 𝑖 ′ = 𝑘𝜆/𝑎
où a est la période du réseau et 𝑘 est un entier qui représente l’ordre d’interférence.
5- Montrer que l’on peut exprimer la déviation minimale sous la forme :
2
𝐷𝑚𝑖𝑛
2 sin ( ) = 𝑝𝑁𝜆
2
Rq : p représente l’ordre d’interférence.
Pour une longueur de 1 mm du réseau, le nombre de traies (fentes) est 𝑁 = 1/𝑎
Manipulation :
6- Mesurer A l’angle au sommet du prisme.
7- Mesurer 𝐷𝑚 (𝜆) l’angle minimum de déviation.
8- Déduire 𝑛(𝜆) l’indice de réfraction du prisme avec son incertitude pour les raies visibles.
9- Utiliser la lampe à Zinc (lumière bleu). Disposer sur la plateforme tournante du goniomètre le
réseau de diffraction. Faite tourner la lunette et repérer la première raie rouge qui apparait.
Chercher le minimum de déviation correspondant, et en déduire la valeur de N sachant que la
longueur d’onde de la raie rouge du spectre de Zinc est 650 nm.
10- Déterminer les longueurs d’onde des raies apparentes pour les deux premiers ordres du spectre
de Hg.
Ordre 1 :
Couleur
Déviation minimale
𝜆(𝑛𝑚)
Ordre 2 :
Couleur
Déviation minimale
𝜆(𝑛𝑚)
11- Conclure.
Exemple de lecture sur le goniomètre :
Vernier Mobile
Echelle fixe
On lit 3° 18’= 3.3 °
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Manipulation 2 : La diffraction de la lumière
On se propose d’étudier le phénomène de diffraction par différentes fentes (ouvertures)
rectangulaires.
❑ Etude théorique :
▪ Fente rectangulaire simple
1. Montrer que l’amplitude complexe d’une vibration diffractée à travers une ouverture infiniment
longue vaut dans le cas d’une diffraction de Fraunhofer :
𝜋𝑎𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜋𝑎𝑠𝑖𝑛𝜃
𝐴 = 𝐴0 𝑒 𝑗 𝜆 𝑠𝑖𝑛𝑐( )
𝜆
2. En déduire que l’intensité peut s’exprimer ainsi :
𝜑 2𝜋𝑎𝑠𝑖𝑛𝜃
I = 𝐴20 𝑠𝑖𝑛𝑐 2 ( ) 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜑 =
2 𝜆
3. L’intensité est maximale au centre (𝜃 = 0). Montrer que l’intensité s’annule pour les valeurs de
θ = kλ⁄a .
4. Déterminer la largeur de la tache centrale.
▪ Fente rectangulaire double
5. Montrer que l’expressions de l’intensité de la lumière diffractée par une fente double peut se
mettre sous la forme du produit de deux termes (la modulation)
𝜋𝑎 𝜋𝑏𝑥
𝐼 = 4𝐴0 2 𝑠𝑖𝑛𝑐 2 ( 𝑠𝑖𝑛 𝜃) 𝑐𝑜𝑠 2 ( )
𝜆 𝜆𝑓′
6. Que représente chaque terme ?
▪ Fente rectangulaire multiple
7. Montrer que l’on peut exprimer l’intensité dans cette situation sous la forme :
𝜑𝑚𝑎𝑥 𝑠𝑖𝑛2 (𝑁𝜑′⁄2)
𝐼= 𝑁 2 𝐴20 𝑠𝑖𝑛𝑐 2 ( ). 2
2 𝑁 𝑠𝑖𝑛2 (𝜑′⁄2)
8. Quelle est l’effet du nombre de fente sur la figure de diffraction.
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❑ Manipulation :
▪ Fente simple :
1. Réaliser le schéma ci-dessus en utilisant un jeu de fente de plusieurs largeurs.
2. Dresser le tableau suivant :
𝑎(𝜇𝑚) 30 40 60 80 100 150 200
1⁄𝑎
𝐿
𝜃(𝑟𝑎𝑑)
3. Tracer la courbe θ = f (1/a). Que remarquez-vous ?
4. Que représente la pente de la courbe ?
5. En déduire la valeur expérimentale de la longueur d’onde.
6. En se basant sur ce qui précède, Expliquer comment vous pouvez mesurer l’épaisseur d’un
cheveu.
▪ Fente double :
7. Utiliser le jeu de fente double pour produire une figure de diffraction sur l’écran
d’observation. Interpréter cette apparence de la lumière.
8. A partir de la figure de la diffraction sur l’écran, déterminer la longueur d’onde de la
lumière utilisée de deux manières différentes.
▪ Fente multiple :
9. Utiliser sur le montage le jeu de fentes multiples avec de différente largeurs. Interpréter la
façon dans la lumière est répartie sur l’écran.
10. Expliquer pourquoi le faisceau direct (incidence normale) est plus lumineux que pour les
autres directions
11. Expliquer la différence de luminosité entre les différentes fentes multiples.
12. Déterminer la distance séparant deux fentes successives et la largeur d’une des fentes si cela
est possible.
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Manipulation 3 : La focométrie
Il s’agit de déterminer les distances focales d’un jeu de lentilles convergentes et divergentes par des
méthodes pratiques.
Lentilles convergentes.
1. Mesure par la relation de conjugaison
La relation de conjugaison reliant les positions de l’objet A et de son image A’ est donnée par :
1 1 1
= −
OF′ ̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅
̅̅̅̅̅ OA′ OA
Pour une position de l’objet et celle d’une lentille convergente, chercher la position de l’image
en faisant glisser l’écran sur le banc. Utiliser la formule de conjugaison pour calculer la distance
focale de la lentille convergente mise à votre disposition.
2. Mesure par la méthode de Bessel-Silbermann
Etant donné que la distance D est celle qui sépare un objet et son image projetée sur un écran, et la
distance d est celle qui sépare deux positions (dites de Bessel) de la même lentille pour lesquelles
l’image apparait sur l’écran,
𝐷 2 −𝑑2
▪ Montrer que l’on peut exprimer la distance focale de la lentille par : 𝑓 ′ = 4𝐷
▪ Déterminer les positions de Bessel, et déduire les distances focales de deux lentilles à votre
disposition.
▪ La technique de Silbermann est le cas pour lequel il y a apparition de l’image pour une unique
position de la lentille au lieu de deux. Exprimer la distance focale et donner sa valeur pour les
deux lentilles convergentes.
▪ Quelles sont les avantages et les inconvénients de chaque technique ?
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Les lentilles divergentes
Pour déterminer la distance focale d’une lentille divergente, on conçoit un Doublet.
▪ Montrer que l’on peut exprimer la vergence du Doublet par :
𝑉𝑑𝑜𝑢𝑏𝑙𝑒𝑡 = 𝑉1 + 𝑉2 − 𝑒𝑉1 𝑉2
où 𝑉1 et 𝑉1 représentent les vergences des lentilles constituant le Doublet, et "𝑒" est la distance qui les
sépare.
Le doublet est constitué d’une lentille convergente et une autre divergente. Si le doublet est convergent,
on pourra alors appliquer les techniques vues précédemment.
▪ Déterminer la distance focale de la lentille divergente. Vous pouvez prendre le cas particulier de
e = 0.
▪ Mesure par la méthode de Badal
On se propose d’appliquer une autre méthode illustrée ci-dessous :
En posant un objet A au foyer de la lentille 𝐿1 , son image est rejetée à l’infini matérialisée par des rayons
parallèles. Cette image intermédiaire constitue un objet situé à l’infini pour la lentille 𝐿2 . Ainsi l’image finale A’
est formée au foyer image de la lentille 𝐿2 . Si on interpose une lentille divergente L au plan focal objet de la
lentille 𝐿2 , l’image finale est repoussée par la distance « d » vers une nouvelle position A’’.
▪ En utilisant la formule de conjugaison de Newton, montrer que l’on peut exprimer la distance
′ 2
focale de la lentille divergente par : 𝑓′𝑑𝑖𝑣 = (𝑓2′ ) ⁄𝑑, où f’2 représente la distance focale de la
lentille 𝐿2 :
▪ Faites le montage susmentionné et déterminer la distance focale de la lentille divergente.
▪ Conclure
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Manipulation 4 : Les lois de Descartes
On se propose dans cette manipulation de mettre en évidence les lois de Descartes.
Nous disposons d’une source lumineuse monochromatique qui va changer brusquement de milieu de
propagation.
1/ Interface Air-Plexiglas :
Sur le disque gradué, disposer le dioptre en plexiglas de façon à pouvoir effectuer des mesures des
angles d’incidence, de réflexion et de réfraction, étant donné que le milieu de départ est l’air.
▪ Les angles « i », « i’ », « r » représentant respectivement les angles d’incidence, de
réflexion et de réfraction, dresser le tableau suivant :
𝑖
sin(𝑖)
𝑟
sin (𝑟)
𝑖′
▪ Tracer la courbe sin 𝑖 = 𝑓(sin 𝑟).
▪ Que représente la pente de la courbe ?
▪ Dégager les lois régissant ces angles.
▪ Les lois de Kepler sont-elles vérifiées ? justifier.
2/ Interface Plexiglas-Air :
Dans cette situation, le milieu auquel appartient le rayon d’incidence est le plexiglas.
Dresser le tableau suivant :
𝑖
sin 𝑖
𝑟
sin 𝑟
▪ Quelle est la valeur 𝑖𝑙 de l’angle d’incidence à partir duquel il n’y a plus de
réfraction.
▪ En déduire l’indice de réfraction du dioptre.
▪ Quel phénomène observe-t-on au-delà de la valeur 𝑖𝑙 ?
3/ Refaire le même travail pour déterminer de deux façons différentes l’indice de réfraction de l’eau.
Utiliser le dioptre creux et le remplir légèrement pour éviter le débordement.
4/ Lorsqu’on dispose une lame à face parallèle devant la marche d’un rayon lumineux, celui-ci subit un
déplacement latéral (voir figure).
8
d
i1
I
𝑖
▪ Montrer que l’on peut exprimer le déplacement latéral pour des faibles incidences
de la manière suivante :
1
𝑑 = 𝑒𝑖 (1 − )
𝑛
On utilise un bac rectangulaire rempli d’un liquide à identifier. Pour cela, on effectue des mesures sur
l’angle d’incidence et le déplacement latéral correspondant :
- Dresser le tableau de mesure suivant :
𝑖
𝑑
- Tracer la courbe 𝑑 = 𝑓(𝑖), et déterminer la pente de la courbe.
- Quelle la limite de validité (sur l’incidence) de cette loi.
- Déterminer l’indice du milieu de la lame.
5/ Reprendre le dioptre en plexiglas. Faites-le glisser verticalement au rayon laser jusqu’à la disparition
du rayon émergent.
- Mesurer l’angle d’incidence (sur la deuxième face) et comparer la mesure à la valeur
théorique.
- Au-delà de cette valeur de l’angle d’incidence, quel phénomène observe-t-on ?
expliquer.
- Conclusion.