Introduction à la Microéconomie et Utilité
Introduction à la Microéconomie et Utilité
L’analyse économique s’efforce d’expliquer la façon dont les ressources rares sont utilisées
pour la satisfaction des besoins illimités (elle se propose d’étudier comment sont réalisées les
choix à l’utilisation des ressources rares et comment ces choix se coordonnent).
La Microéconomie tire ces sources dans le courant néoclassique qui émane du concept de
l’utilité marginale et d’une démarche qu’on appelle le marginalisme ou le néoclassicisme. La
théorie néoclassique est une Ecole de pensée économiques apparues en 1870, elle indique un
terme générique utilisé pour désigner plusieurs courants économiques qui étudient la
formation des prix, de la production et de la distribution des revenus à travers le mécanisme
d'offre et de la demande sur un marché. Les fondateurs sont : Carl Menger à Vienne en
Autriche, de William Stanley Jevons à Manchester en Angleterre et de Léon Walras à
Lausanne en Suisse, préconisant l’analyse à la marge comme méthode.
La microéconomique étudie le comportement individuel
des agents économiques essentiellement les consommateurs et les producteurs ainsi que leur
relation sur les différents marchés. La vision de la microéconomie est différente de celle de la
macroéconomie qui étudie les faits concernant les grands ensembles (Pays, branches, agrégats
de production tels que : le volume total de l’emploi, la production globale ou le revenu
national, etc).
L’objectif principal consiste à étudier le comportement individuel des agents économiques
supposés rationnels notamment consommateur et producteur ainsi que la fixation des prix.
Les objectifs spécifiques sont entre autre :
- étudier les comportements individuels des Consommateurs ;
- analyser les comportements du Producteur ;
- identifier les différentes structures (formes) de marché ;
L’originalité de la théorie microéconomique néoclassique est de ne pas raisonner sur des
quantités globales mais sur des quantités additionnelles appelées marginales. L’analyse
microéconomique privilégie la courte période puisque ce qui est analysé est la microdécision
d’un instant donné qui succède à un grand nombre de microdécisions.
Par ailleurs, ce cours s’organise autour de : La théorie du Consommateur, La théorie du
Producteur, Les structures de marché.
1
CHAPITRE I : LA THEORIE DU CONSOMMATEUR
I. La Notion d’Utilité
C’est la satisfaction que procure un bien au Consommateur. Les précurseurs de la révolution
marginaliste (Walras, Jevons, Menger) concevaient l’utilité comme la sensation de plaisir
associée à la consommation d’un bien. Il existe deux approches de la notion d’utilité : la
théorie cardinale de l’utilité et la théorie ordinale de l’utilité.
2
D’après ce tableau, la consommation d’un kilogramme de biens X procure au consommateur
un niveau de satisfaction égale à 5, la consommation de deux unités lui procure un niveau de
satisfaction égale à 10, celle de trois unités lui procure 20 et quatre lui procure 14.
1.2. Théorie de l’Utilité ordinale
Il n’existe pas d’échelle objective de la mesure de l’utilité c’est pourquoi Vilfreto PARETO,
successeur d’Alfred MARSHALL, Slusky, Hicks et Samuelson, les auteurs modernes ont
abandonné le concept d’utilité cardinale au profit de celui, moins restrictif, d’utilité ordinale.
Dans ce cas il est demandé au consommateur de pouvoir classer raisonnablement les biens
ou paniers de biens en fonction de l’utilité apportée.
Puisqu’il paraît improbable qu’un consommateur soit capable de mesurer avec précision
l’utilité que lui procure un panier de biens. Pour traduire formellement ce classement, on
définit la relation de préférence et d’indifférence.
1.2.1. L’étude des préférences du consommateur
On définit dans l’ensemble des paniers de consommation, la relation de préférence. C'est-à-
dire qu’un agent peut exprimer une préférence entre deux ou plusieurs paniers de biens. D’où
la relation binaire qui désigne une relation entre des éléments pris deux à deux de cet
ensemble. Deux relations binaires sont définies : l’une sur l’ensemble des biens, la relation de
préférence ; l’autre sur l’ensemble des agents, la relation d’échange.
1.2.2. La relation de préférence stricte
Elle permet de comparer deux paniers de biens et de déterminer le panier qui est préfère à
l’autre. Ainsi, si l’on compare deux paniers de biens A et B, la relation : A ¿ B
Se lit « le panier de biens A est préféré au panier de biens B ».
1.2.3. La relation d’indifférence
Elle établit que deux paniers de préférence apportent exactement la même satisfaction au
consommateur qui est donc « indifférent » entre les deux paniers de biens. Ainsi, lorsque le
consommateur est indifférent entre le panier de biens A et le panier de biens B, on note :
A ~ B.
Les deux relations peuvent être combinées en une seule indiquant qu’un panier de biens
est « préféré ou indifférent » ou « au moins aussi désiré » à un autre panier de biens. Ainsi,
lorsque le panier A est « préféré ou indifférent » au panier B. On écrit : A ¿ B.
Cette relation va permettre au consommateur de classer l’ensemble des paniers de
consommation. Chaque agent possède une structure de préférences qui lui est propre.
3
1.2.4. Le préordre complet
L’analyse microéconomique impose des contraintes particulières à la relation de préférence
« ¿ ». Elle suppose en particulier que cette relation satisfait les propriétés d’un préordre
complet.
En pratique ces contraintes prennent la forme d’hypothèses invérifiables (ou infalsiables) que
l’on ne pourra confirmer ou infirmer à partir de l’observation des comportements des agents.
C’est pourquoi ces contraintes sont posées sous forme d’axiomes. L’ensemble de ces axiomes
constitue l’axiomatique des préférences. Au contraire d’hypothèse scientifique, ces axiomes
ne sont pas soumis au jugement de l’observation à leurs jugements.
- Axiome de totalité : énonce que le consommateur doit être capable de comparer tout
panier à tout autre panier de l’ensemble de consommation. Autrement dit, il n’y a pas
de panier inclassable par un consommateur. Si un tel panier existe, on admettra qu’il
est en dehors de l’ensemble de consommation. Plus formellement, un consommateur
qui considère deux paniers de biens A et B doit pouvoir affirmer que l’une des deux
situations suivantes est vérifiées : A ¿ B ou B ¿ A
- Axiome de réflexivité : tout panier est préféré ou indifférent à lui-même (A≥ A) ;
- Axiome de transitivité : si le consommateur estime que : A ≥ B et B ≥ C alors
A ≥ C.
- Si la relation de préférence n’était pas transitive cela pourrait conduire à des situations
de préférences telles que : A ≥ B ≥ C ≥ A. Un consommateur serait alors incapable de
dire quel panier il préfère : il donne l’impression de « tourner en rond »
Il existe une dernière condition importante à connaître : il s’agit de l’hypothèse de « non-
satiété » ou encore appelée « hypothèse de non-saturation ».
4
Exemple d’application
Le panier de consommation A est « au plus aussi désiré » que le panier de consommation B se
note :
a− A≻B
b− A≺B
c− A≥B
d− A≤B
3. Fonction d’Utilité
Elle indique la relation qui existe entre le niveau d’utilité et les quantités de biens
consommées. Considérons que le consommateur consomme deux biens l’un des biens
considérés comme composite c'est-à-dire qui peut représenter d’autres biens différents du
premier bien appelé bien de base. Elle est notée : U = f(x, y).
5
décroissant. Ainsi, le supplément d’utilité fourni par des unités croissantes d’un bien va en
diminuant jusqu’à devenir nul au point de satiété. Il s’agit de la première loi de Gossen. Cette
« loi » est purement empirique et ne repose que sur le bon sens.
δU
U mX =
- dans le cas continu : δX
Exemple 1
Exprimons à l’aide d’un tableau la valeur de l’utilité totale obtenue grâce à la consommation
de quantités de plus en plus importantes de biens X ;
Y = u / v (v ≠ 0) Y’ = (vu’ – uv’) / v2
Y = lnx Y = 1/ x
Exemple
Déterminer l’utilité marginale des biens x et y des fonctions d’utilité suivantes :
U ( x , y )=xy 2 +x 2 y
;
{ x ∂U(x;y) 2
U m=
∂x
=y +2xy¿¿¿¿
;
U ( x , y )=ln x + y
{
;
U mx=
∂U(x,y) 1
∂x
= ¿¿¿¿
x
5. L’utilité totale
L’utilité totale d’un bien est définie par son aptitude à satisfaire des besoins. L’utilité totale
est la somme des utilités marginales. L’utilité totale est la somme des utilités marginales.
L’utilité totale croix à taux décroissant (si on accepte la décroissance de l’utilité marginale) et
atteint son maximum au point de satiété ; au-delà l’utilité totale diminue puisque l’utilité
marginale dévient négative.
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Propriété 1 L’utilité totale croit dans le même L’utilité marginale évolue en sens
sens que la quantité consommée. Inverse que la quantité consommée.
Propriété 2 L’utilité totale culmine au point de L’utilité marginale est nulle au point
satiété. de satiété
Propriété 3 Au-delà du point satiété l’utilité totale Au-delà du point de satiété l’utilité
décroit jusqu’à devenir nul. marginale devient négative.
Les deux paniers A et B sont donc équivalents ; on peut écrire : (xa, ya) ~ (xb, yb).
L’utilité augmente au fur et à mesure que l’on se déplace vers le haut et à droite : c’est la
conséquence de l’hypothèse de non-saturation des préférences.
Sans changer les quantités consommées de biens Y, si un individu rationnel consomme
davantage de biens X, alors sa satisfaction augmente et il se situe sur une autre courbe
d’indifférence, plus haute, par exemple U 1 ou U2; Pour une fonction d’utilité, l’ensemble des
courbes d’indifférence constitue la « carte d’inférence » du consommateur.
8
x
U ( x , y )=xy
U0
U 0 =xy ⇒ y = , x=1 , U 0 =2⇒ y=2
x
x=2 , y=1
d. Pour les biens indésirables e. Les biens neutres : les biens dont le
Les biens que le consommateur n’aime. Consommateur ne se préoccupe pas du tout.
ttout.
y
y
x x
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- Il existe une infinité de courbes d’indifférence, mais celles-ci ne peuvent pas se couper
(en vertu de la transitivité des choix: leur intersection signifie qu’il existe deux paniers
de biens qui procurent au consommateur de façon simultanée un même niveau de
satisfaction alors qu’ils sont situés sur des courbes d’indifférence distinctes).
y
A ~C et B~ C alors A~B or
A B B>A
x
- Elles ont une pente négative et forment une surface convexe (un ensemble est convexe
si le segment joignant deux points quelconque de cet ensemble est lui-même tout
entier dans cet ensemble);
- La pente en un point de la courbe d’indifférence définit le Taux Marginal de
Substitution (TMS) entre les deux biens.
Exemple d’application 1
Soient dans l’espace des biens (OX, OY), les trois paniers A(2,5), B(3, 6), C(4, 3), deux
d’entre eux ne peuvent en aucun cas être sur une même courbe d’indifférence, lesquels.
Autrement dit, il exprime quelle quantité de l’un des biens le consommateur peut
abandonner en contrepartie de la consommation d’une unité supplémentaire de l’autre
bien, tout en conservant la même utilité totale.
10
TMS est aussi égal au rapport des utilités marginales des deux biens (x et y):
x
−dy U m P x
TMS= = y=
dx U Py
m
2 U xm y2 y
U ( x , y )=xy , TMS xy = = =
Umy 2 xy 2 x
- ;
1
U xm x 1
U(x, y )=ln x + y ; TMS xy = y = = .
Um 1 x
-
Exemple d’application
X1 X2
Helène et Jean, frère et sœur, consomment les mêmes biens et , mais vérifient des
β β
U H =x 1 1 x 2 2 U J =β 1 ln x1 + β 2 ln x2 β 1≻0 β 2≻0
fonctions d’utilité différente : , , ,
β1 β2
a) Quelle est la signification des paramètres et .
b) Hélène et Jean ont – ils le même ordre de préférence.
Exemple d’application 2
Soient U1, U2, U3, U4 quatre fonctions d’utilité :
U 0 =x α1 x 2β
U 1 =x α1 −1 x 2β−1
1 2
U 2 =2 x1 . x 2 3
2
U 3 =ln x + y
2
U 4 =( 5 x 0, 5 + 2 y 0 , 5 )
U 5 =Log( x 1 +1 )2 + Logx 2 , aveca≻0 etb≻0
Le TMS de U1, U2, U3 et U4 est-il croissant, décroissant, constant ?
11
Situation dans laquelle la combinaison des biens achetés maximise le bien-être du
consommateur c'est-à-dire la détermination des combinaisons de biens qui maximisent la
satisfaction du consommateur.
Supposons que le consommateur dispose d’un revenu R qu’il répartit en achats de biens X et
Y selon des quantités x et y. Le prix unitaire du bien X est noté p et le prix unitaire du bien Y
est noté q. Le consommateur rationnel est conduit à résoudre le problème suivant :
1. La Méthode de Substitution
Soit le Programme Marshalien :
Il faut ensuite reporter cette expression dans la fonction d’utilité qui devient donc fonction
d’une seule variable (ici x ) :
(
U ( x , y)=U [ x , y( x ) ]=U x ,
R Px
− x
Py Py ) .
Il suffit ensuite de calculer la condition de premier ordre pour trouver la valeur optimale de x
dU
=0 dU [ x , y( x ) ] =U x
dx+U y
dy=0
.: dx . Par différenciation, on obtient : m m
R Px P
y= − x ⇔dy=− 1 dx
Or : Py Py P2
12
Px
dU [ x , y ( x ) ] =U mx dx +U my dy=U xm dx−U my dx=0
On peut donc écrire : Py
En effet, l’utilité marginale d’un bien pondérée par son prix correspond au supplément
d’utilité ressentie par le consommateur lorsqu’il achète pour unité monétaire supplémentaire
de ce bien.
A l’optimum du consommateur le rapport des utilités marginales doit être égal au rapport au
¿
rapport des prix. La condition d’optimalité permet alors de trouver la valeur optimale de x
R Px ¿
¿ y¿= − x
de X. La valeur optimale de y de Y s’écrit alors : P y Py
La condition de second ordre permet enfin de vérifier que l’optimum trouvé correspond à un
d 2 U [ x , y ( x )]
≺0
maximum. On doit vérifier : dx 2
L( x , y , λ)=U ( x ; y)+λ(R−xP x − yP y )
Où λ représente le multiplicateur de Lagrange.
Par convention, on notera que la contrainte budgétaire est définie comme l’écart entre le
revenu et la dépense. Modifier cette écriture ne change pas le résultat algébrique mais nous
priverait d’une interprétation du multiplicateur de Lagrange.
Les conditions de premier ordre sont obtenues par annulation des dérivées partielles premières
de la fonction de Lagrange par rapport à ses trois variables :
13
{ {
∂L(x , y , λ) x ∂L(x , y , λ) y
∂x
=Um−λPx=0¿ =Um−λPy=0¿¿¿
∂y
On obtient donc un système de trois équations à trois inconnues, x , y , λ . Les deux premières
conditions permettent de retrouver la condition d’optimalité obtenue dans le cadre de la
méthode de substitution :
U xm P x
U mx= λPx ¿ } ¿¿⇔ U y = P ¿
m y
La troisième condition assure que la contrainte est bien saturée. Cette condition permet de
confirmer la solution graphique précédente. En effet, à l’optimum, la pente de la courbe
d’indifférence
−U mx /U my doit être identique à celle de la contrainte de budget −P x / P y . La
solution optimale qui appartient à la droite de budget doit correspondre à un point de
tangence entre les deux courbes.
La condition de second ordre pour un maximum est vérifiée si le déterminant suivant est
positif :
3. La Méthode graphique
Le consommateur atteint l’optimum lorsque :
- Les utilités marginales pondérées par les prix sont égales ;
- Ou alors que le rapport des utilités marginales est égal au rapport des prix :
U mx Px
TmS= =
U my Py
. Ce résultat important est parfois appelé « seconde loi de Gossen » :
14
Afin de représenter la contrainte de budget sur le graphique où figure la carte d’indifférence
du consommateur, il est nécessaire de déterminer les courbes de niveau associées à cette
R xP x
y= − .
contrainte : Py Py
Il y a autant de droites de budget que de valeurs R 0. Toutes ces droites sont parallèles puisque
le coefficient directeur est constant. Le choix optimal du consommateur consiste donc à
trouver un panier de biens respectant la contrainte et situé sur la courbe d’indifférence.
On constate que la seule position optimale (encore appelée « équilibre ») est celle où
la droite de budget est tangente à une courbe d’indifférence. Tant qu’une courbe
d’indifférence coupe une droite de budget en deux points, cela signifie que l’on peut
encore trouver une courbe d’indifférence « plus haute », ayant un point commun avec
la contrainte budgétaire et permettant d’accroître la satisfaction de l’agent.
Soient
P x et P y respectivement les prix des biens X et Y et R le Revenu du consommateur.
y
R/Py
a) Préférence convexe
xP x + yP y =R ¿
y
Pour x=0 ⇒
y=
R 0,
Py , A Py( )
R
x
¿
R/Px x
Pour y=0⇒
x=
R R
( )
Px , B P x
,0
R/ P y
¿
y
¿
y
¿ ¿
x R/ P x x x x
d) Préférences concaves
y 15
Exemple d’application 1
U ( x ; y )=(1+x ) y
La fonction d’utilité d’un consommateur est la suivante :
Les prix des biens sont P pour le bien X et Q pour le Y, R Le revenu du consommateur.
a. Calculé les quantités à l’optimum qui maximise la satisfaction du consommateur.
S’agit-il d’un maximum ou d’un minimum, P1= 20, P2= 8 et R = 4
b. cette fonction d’utilité admet – elle un équilibre en coin ?
Exemple d’application 2
Clair consomme chaque jour des biens X et Y, dont les prix unitaires sont respectivement de
20 et 25 francs. Elle dispose d’un revenu quotidien de 250 francs qu’elle dépense entièrement.
Vous disposez de plus les informations suivantes concernant l’utilité marginale de Claire :
Quantité 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
U mx 120 100 90 85 80 75 70 65 6 55 40 20
0
16
c) En déduire les quantités à l’optimum.
4. La Demande du Consommateur
Nous allons maintenant nous intéresser aux modifications de l’équilibre consécutives à des
changements affectant soit les ressources du consommateur, soit le prix des biens. A travers
les élasticités, nous allons successivement analyser les demandes marshalliennes par rapport à
chacune de leurs variables : revenu, prix du bien, prix des biens liés.
y
R3/Py La Consommation – Revenu ou Courbe Niveau de Vie
R2/Py
R1/Py
Pour chaque bien, il est possible de déduire de la courbe précédente, une relation
fonctionnelle entre le revenu et la consommation c'est-à-dire établir un lien entre le
Revenu du consommateur et la quantité demandée d’un bien.
17
Si on place en abscisse les différents niveaux du revenu et en ordonnée les valeurs associées
des quantités optimales consommées, on obtient la « courbe d’Engel » c'est-à-dire la quantité
consommée d’un bien est fonction du revenu du consommateur.
X Courbe d’Engel
R
Il est alors possible de calculer l’élasticité de la demande d’un bien par rapport à son revenu.
18
5. La Demande et le Prix
5.1. La Fonction de Demande individuelle du Consommateur
Nous avons vu que la fonction d’utilité permettait de déterminer les coordonnées de
l’optimum, c'est-à-dire, permettait de connaître les quantités de biens maximisant la
satisfaction, sachant que le prix des biens et le revenu sont donnés.
La courbe de demande d’un bien indique que la quantité achetée est généralement une
fonction décroissante du prix ce bien.
Ainsi, suivant la valeur du prix p du bien X (admettons qu’il baisse), on obtient différentes
valeurs d’équilibre E1, E2, et E3. La courbe reliant ces points est appelée « courbe de
consommation-prix ». Pour chaque niveau de prix (P1, P2, et P3), le consommateur est donc
capable d’indiquer une quantité optimale (respectivement x 1, x2 et x3). Ce que le graphique
montre pour trois points est à généraliser.
Cette courbe indique la manière dont varie les achats en biens x et y lorsque seul le prix
de l’un des biens varie.
y
Courbe Consommation - Prix
R/Py P La courbe de Demande
Q
R/P1 R/P2 R/ P3 x
19
- D’élasticité – prix partielle directe de la demande d’un bien, il s’agit tout simplement
∂ QX
log Q X Q ∂Q X P X
eQ = = = ¿
X log P X ∂ P X ∂ P X Q X
PX
de l’élasticité – prix directe : PX
Exemple d’application
qi
Soit la fonction de demande individuelle telle que :
1
Logqi =−2 LogPi + LogP j +1 ,5 LogR
2
20
La variation du prix d’un bien, toutes choses égales par ailleurs (c'est-à-dire à niveau constant
des goûts, du revenu monétaire et du prix de l’autre bien) a deux incidences analytiquement
différente, même si en pratique elles paraissent indissociables.
- En premier lieu, lorsqu’un prix varie à la hausse (ou à la baisse), le bien correspondant
devient relativement plus coûteux (ou moins coûteux) qu’il n’était initialement, ce qui
conduit le consommateur à déplacer ses achats au profit (ou aux dépens) d’un bien
substituable devenu comparativement meilleur marché (ou plus coûteux) : c’est l’effet
de substitution.
- Mais en second lieu, la hausse (ou la baisse) en question modifie le revenu réel (c'est-
à-dire le pouvoir d’achat) du consommateur dans le sens de sa diminution (ou de son
augmentation), ce qui conduit logiquement le consommateur à réduire (ou à accroître)
sa consommation : c’est l’effet de revenu, correspondant à la variation de la quantité
demandée résultant uniquement du revenu réel, effet qui se répercute sur les deux
biens.
Exemple d’application
U =2 x 1 x 22
La fonction d’utilité d’un consommateur s’écrit :
P1 et P2 étant les prix des biens 1 et 2, et R le revenu du consommateur.
a. Calculer le complexe optimal du consommateur si P1 = 2, P2 = 3 et R = 30.
b. Même question si P1 augmente de deux unités.
c. Mettre en évidence l’effet substitution et l’effet revenu.
d. Interpréter économiquement les résultats obtenus.
6. Le Surplus du Consommateur
En règle générale, tous les consommateurs ne sont pas à priori disposés à payer le même prix
pour obtenir un bien donné. Cependant ; le prix de marché est unique et les agents qui
déboursent en fin de compte une somme inférieure à celle qu’ils étaient disposés à acquitter
réalisent une économie virtuelle : c’est cette économie que l’on qualifie de rente (ou surplus)
du consommateur.
Autrement dit, c’est l’avantage ou le gain du consommateur en achetant un bien à un
prix inférieur à celui auquel il était disposé à payer.
21
Une augmentation du prix du marché réduit ce surplus. La perte qu’il subit peut être évaluée
par le montant de revenu qu’il faudrait lui allouer pour compenser ce changement de prix. La
valeur du Surplus s’écrit :
a. Méthode Algébrique
Q
SC=∫0 P (Q)dq−P.Q
b. Méthode graphique.
Soit la fonction de demande suivante : q=− p+b si le prix payé est de P Francs, déterminer
la valeur du surplus du consommateur.
P
b BH
=
Le Surplus du consommateur (SC) 2
Dépense du consommateur.
P1
Q1 b Q
Exemple d’application
q=−2 P+30
La fonction de demande d’un consommateur pour le bien X est : Si le prix payé
est 5 francs, quelle est la valeur du surplus ?
22
montant optimal de consommation que l’agent doit effectuer lors de chaque période, afin de
maximiser sa satisfaction intertemporelle, sous contrainte budgétaire.
Plaçons nous dans le cas où l’agent épargne, l’année 1, une partie de son revenu. Il place cette
{ Max :U =f ( C 1 , C2 ) ¿ ¿ ¿ ¿
C1
Courbe
R2+R1(1+i) d’indifference
du Prêteur
R2 C2
+ R1
( 1+i)
C1
R2+R1(1+i)
Courbe
d’indifferenc de
l’Emprunteur
23
R C2
( 1+i)
Exemple d’application 1
U ( x , y ) =ln x 2 +ln y
Soit la fonction d’utilité :
P x=P y=2
à la période initiale, les prix sont :
P x=1, P y =4
à la période finale, ils sont :
1. Déterminer l’indice de PAASCHE.
2. Expliquer pourquoi l’accroissement du niveau général des prix est de 0% pour le
consommateur compte tenu de la structure de consommation.
8. L’Arbitrage Travail-loisir
8.1. Les Hypothèses de base
L’agent dispose de H heures qu’il peut consacrer aux loisirs (L : temps de loisir) et au travail
(T : temps de Travail) ; on a donc la relation simple : H = T + L. Son salaire nominal est égal
à s. Il consomme une quantité C de biens composites F, de prix unitaire p.
24
sH s
C= − L
Finalement la contrainte de budget s’écrit : p p (2)
L’expression (1) de la contrainte budgétaire permet de bien comprendre l’arbitrage travail-
loisirs. Le terme sH correspond au revenu potentiel que l’individu obtiendrait s’il travaillait la
totalité du temps disponible. Le terme de droite correspond à l’emploi du revenu : ce dernier
peut donc être consacré à l’achat d’un certain nombre de biens F au prix p mais aussi à l’achat
d’un certain nombre d’heures de loisir au prix s. On considère ainsi que l’individu « achète »
du loisir car chaque heure consacrée au loisir ne peut pas être consacrée au travail ; chaque
heure consacrée au loisir « coûte » donc indirectement une heure de travail. On dit d’ailleurs
en économie que le salaire est le « coût d’opportunité » du loisir.
L’individu doit maintenant confronter ses préférences à sa contrainte budgétaire. On fera
l’hypothèse habituelle de courbe d’indifférence convexe. L’individu sera dans une situation
optimale au point de tangence entre sa contrainte budgétaire et la courbe d’indifférence la plus
haute. Le problème consiste donc à maximiser une fonction d’utilité (ayant de « bonnes »
propriétés) sous la contrainte de budget.
{Max:U=f(C,L)¿¿¿¿
Il est possible de calculer le taux marginal de substitution de la consommation au loisir : il est
égal à la quantité additionnelle de biens F que l’individu exige d’obtenir en compensation de
la réduction d’une unité de loisir, à utilité constante. A l’optimum, le TMS est égal à la pente
de la droite de budget, donc est égal au taux de salaire réel :
∂U
L
∂ L Um ∂C s
TMS LC = = C =− =
∂U U m ∂L p
∂C
25
Exemple d’application
26
Si l’élasticité prix direct est égal à -1, lequel des points de coordonnées (Q, P) vérifie cette
fonction de demande :
P 5,( )5
2
a.
P ( )
5
2
,5
b.
c. C(6,10)
6. Quels types d’élasticité permettraient d’étudier les cinq questions suivantes :
a) Y a-t-il une relation entre le prix du maïs et les ventes de manioc ?
b) Les ventes de motos dépendent – elles de leurs prix ?
c) Quel est le degré de concurrence d’une voiture par rapport à un bus pour se rendre
de Paris sur la Côte d’Azur ?
d) Quelle est l’influence du prix des péages sur la fréquentation des autoroutes ?
e) Le lait est-il un bien inférieur ?
7. Dans lequel des deux (2) pays l’élasticité revenu de la demande est plus faible :
a. Pays développés ;
b. Pays en voie de développement.
8. Le prix de la marchandise A baisse. Quelle est l’allure graphique de l’effet de
substitution :
a. Un mouvement ascendant le long d’une courbe d’indifférence donnée ?
b. Un mouvement allant d’une courbe d’indifférence élevée à une courbe
d’indifférence plus baisse ?
c. Un mouvement descendant le long d’une courbe d’indifférence donnée ?
9. L’effet de revenu fait varier la demande d’un bien :
a. Dans le sens inverse de son prix.
b. Dans le même sens que son prix.
c. Dans un sens variable selon la nature du bien.
27
c. Du travail pour s’offrir du loisir.
11. Il y a absence d’illusion monétaire si, lors d’une inflation :
a. Les prix nominaux ne varient pas.
b. Les prix réels ne varient pas.
c. Les revenus réels ne varient pas.
d. Les quantités demandées ne varient pas.
28
L’analyse du producteur constitue le second pilier de la théorie microéconomique. Quand
l’analyse du comportement du consommateur définit la demande sur le marché, l’étude de
celui des firmes permet d’expliciter l’offre et, par confrontation avec la demande, de justifier
la formation des prix sur un marché.
La production est une activité socialement organisée consistant l’obtention des biens et
services destinés à la satisfaction directe ou indirecte des besoins de l’homme par la
transformation des biens intermédiaires (en combinant du Travail et du capital)
donnant lieu à un revenu en contrepartie.
b. Facteur variable
Un facteur est dit variable lorsque la quantité de ce facteur est fonction du volume de la
production.
Il serait naïf de croire que les notions de courte et de longue période recouvrent une durée
précise, un nombre de mois ou d’années bien spécifique. On considère que l’on raisonne en
courte période si l’un au moins des facteurs de production est fixe ; en longue période tous les
inputs sont variables.
L
b. Les fonctions de Production à facteurs complémentaires :
Q( K , L)=min { K , L }
30
L
c. Les fonctions de Production non linéaire à facteurs substituables ou fonction de
α β
Production Coob-Douglas : Q( K , L)= AK L
- A = coefficient de dimension ;
- α et β = paramètre d’intensité des facteurs ;
- K et L = facteurs de Production
∂ f ( x , y0 )
PmX =
- La productivité marginale du facteur X : ∂x
Lorsqu’on associe de plus en plus de facteur variable X à une quantité donnée de facteur fixe
Y, l’accroissement de la production peut être, soit plus fort, soit identique, soit plus faible que
l’accroissement du facteur variable. Même si dans la réalité toutes les situations sont
31
possibles, le bon sens et la logique conduisent cependant, lorsqu’on généralise, à privilégier la
dernière hypothèse, connues sous le nom de « loi des rendements décroissants » (ou loi de la
productivité marginale décroissante, ou enfin hypothèse des rendements factoriels
décroissants).
La caractéristique de la longue période consiste dans le fait que tous les facteurs sont
variables. Par souci de simplicité, on fera varier tous les facteurs simultanément, dans
le même sens et dans les mêmes proportions. Cette situation fait référence à ce qu’on
appelle « les rendements d’échelle ».
f ( λx, λy )=[ λ m ] .f ( x , y)
Les fonctions homogènes satisfont à l’identité d’Euler :
∂ f ( x , y) ∂ f ( x, y )
x +y =m.f ( x , y)
∂x ∂y
2. Comportement du producteur
2.1. Isoquantes, iso-coût et optimum
Par souci de clarté, nous considérerons une fonction de production à deux variables. Il est
alors possible de définir, comme pour le consommateur, des courbes d’indifférence appelées
dans ce cas isoquantes. Il s’agit de l’ensemble des combinaisons de facteurs de production
permettant d’obtenir le même niveau de production. Plus on se déplace vers le nord-est du
graphique, plus le niveau de la production est élevé. Toutes les propriétés étudiées dans le cas
des courbes d’indifférence du consommateur restent valables pour les isoquantes : elles ne
peuvent pas se couper, elles sont convexes, et seule la partie décroissante est à prendre en
considération.
32
Supposons que le producteur dispose d’un budget B 1 qu’il reparti en achats de facteurs X et Y
selon des quantités x et y. Le prix unitaire de X est noté p et le prix unitaire de Y est noté q.
Le principe est identique à ce qui a été vu pour le consommateur : les facteurs remplacent les
biens, la fonction de production remplace la fonction d’utilité, le budget du producteur
remplace le revenu du consommateur, le prix des facteurs remplace le prix des biens. L e
problème consiste donc à maximiser la production sous la contrainte de budget.
{ Max:Q=f(x,y)¿¿¿¿
Le choix optimal du producteur consiste donc à trouver une combinaison de facteurs
respectant la contrainte et située sur l’isoquante la plus élevée. L’optimum A se situe au point
de tangence de la droite de budget (appelée droite d’isocoût) et de l’isoquante Q 1. Il est de
même possible de fournir une interprétation économique du multiplicateur de Lagrange : il
mesure l’accroissement de la production provoqué par l’accroissement du budget d’une unité.
Supposons que x = L, y = K, Px = PK, P = PL et B = B1.
K
B
PK
¿
K
¿
L B L
PL
Exemple d’application
Pour fabriquer les biens X et Y, la petite entreprise familliale Pèpè utilise trois facteurs de
production le Kapital (K), le Travail (L) et le Gaz (G) d’où la fonction d’utilité suivante :
1 1 1 1
[ x+ y ] 2 = K 2
+2 L 2
+G 2
.
33
c) déterminer les quantités de facteurs K, L et G permettant de minimiser son coût de
production sachant que le volume de la production est de 1280 et les prix des facteurs
sont constants.
K
B3/PK Ligne d’échelle ou le Sentier d’expansion de la Firme
B2/PK
B1/PK
Exemple d’application
( )
1 1 2
2 2
Soit la fonction de production :Q( K , L)= 3 K + 2 L
a. Quelles sont les productivités moyennes des facteurs ?
b. Quelles sont les productivités marginales des facteurs ?
c. Quelle est la nature des rendements d’échelle ?
d. Calculer le TMST.
e. Vérifier que l’élasticité de substitution est constante.
35
compte de ces deux éléments suppose qu’ils ne soient plus considérés comme des contraintes,
mais qu’ils soient intégrés directement dans le raisonnement initial. De plus, il est nécessaire
de distinguer le court terme du long terme.
36
1.3. Coût total
Le coût total, noté CT(q), est défini comme la somme du coût fixe et du coût variable. On
définit aussi :
CV (q ) CF (q ) CT ( q )
C M (q )= + =
- Le coût total moyen : q q q
∂ [ CV (q )+CF ] ∂CV (q )
C m (q )= = =CV m (q )
- Le coût total marginal : ∂q ∂q
ΔCT CT 1 −CT 0
Cm= =
ΔQ Q1 −Q0
Pour le cas discret :
37
4.2. Seuil de Rentabilité et Seuil de Fermeture
a. Seuil de Rentabilité
Le seuil de rentabilité correspond à la quantité pour laquelle le prix de vente est égal au
minimum du coût moyen, c'est-à-dire l’ensemble de ses coûts est tout juste couvert par ses
recettes.
b. Seuil de Fermeture
On désigne par seuil de fermeture le minimum de la courbe de coût variable moyen, lorsque le
prix se situe en deçà du seuil de fermeture ; l’activité de la firme est interrompue car cette fois
le prix ne parvient même plus à couvrir ses coûts variables.
CM CMV
Cm
P
P0
38
En longue période, l’échelle de production peut être modifiée suite à des investissements
permettant d’accroître le stock d’équipements, la surface de l’usine, ou la superficie des
terres…Si bien qu’en longue période, il n’y a plus que des coûts variables.
CT3
CT1
CT CT2 CTLP
CF3
CF2
CF1
Q
5.2. Les courbes de coût moyen et de coût marginal de longue période
Exemple d’application
Une entreprise utilise une technologie de production pouvant se traduire formellement par la
0 ,5
fonction suivante :Q( K , L)=5 KL
Les prix des facteurs sont de 30 u.c pour le capital (r) et 15 u.c pour le travail (w). Les coûts
fixes sont nuls.
a) Déterminer l’équation du sentier d’expansion.
b) Déterminer la fonction de coût de cette entreprise.
c) Déterminer le coût moyen et le coût marginal de cette entreprise.
TRAVAUX DIRIGES
1. Si les productivités marginales des facteurs d’une entreprise sont décroissantes, son
coût total est :
a) Décroissant à taux croissant.
b) Décroissant à taux décroissant.
c) Croissant à taux croissant.
2. La fonction de coût marginal coupe en son minimum :
40
a) La fonction de coût moyen.
b) La fonction de coût variable moyen.
c) La fonction de coût total.
d) La fonction de coût fixe moyen.
3. A court terme, l’entreprise produit si le prix est supérieur :
a) Au coût fixe.
b) Au minimum du coût moyen.
c) Au minimum du coût variable moyen.
d) Au coût fixe moyen.
4. Montrer algébriquement que la courbe de la productivité marginale coupe celle de la
productivité moyenne en son maximum.
5. La loi des rendements décroissants est- elle vérifiée sur les fonctions de production
suivantes, pour le facteur X ?
1
3
−Q( x , y )= Ax y
1
1− β
−Q( x , y )= Ax 2 y
β 1− β
−Q( x , y )= Ax y Avec A > 0 et 0< β <1 .
6. La fonction de production Q( K , L)=2 KL (type Cobb – Douglas) présente des
rendements d’échelle croissants. Vrai ou Faux
7. Pour fabriquer 5 unités d’un produit donné, il faut exactement 15 unités de facteurs X,
25 unités de facteurs Y et 20 kg de facteurs Z. La forme de la fonction de production
est :
1 1 1
Q( x , y , z )=15 x 5 +25 y 5 +20 z 5
1 1 1
Q( x , y , z )=3 x .5 y . 4 z 5
5 5
{
x y z
Q( x , y , z )=min ; ;
3 5 4 }
Q( x , y , z )=min { 3 x ; 5 y ; 4 z }
41
CHAPITRE III : LES STRUCTURES DE MARCHES
42
Infinité d’acheteurs potentiels, ayant chacun la plus petite dimension possible, afin
qu’aucun demandeur et qu’aucun offreur ne puisse exercer une influence sensible sur
le prix et le volume des transactions ;
2. Homogénéité du produit dans l’espace et dans le temps
Le bien ne comporte aucun signe d’identification du producteur, ni de signe distinctif
quelconque comme un emballage ou une taille ou une couleur différents des autres
biens destinés au même usage et offerts au même moment dans le même lieu.
3. Transparence parfaite du marché
Les offreurs et les demandeurs disposent d’une information complète sur les éléments
composant le marché. Les demandeurs connaissent les conditions de l’offre et les
offreurs connaissent les conditions de la demande.
4. La fluidité parfaite de l’offre et de la demande
C’est la liberté d’entrée et de sortie du marché, mais c’est aussi l’adaptation immédiate
de l’offre à la demande en cas d’afflux des demandeurs qui se traduit par la hausse des
prix, et l’adaptation de la demande à l’offre en cas de baisse des prix consécutive à une
pléthore.
Toutes choses égales par ailleurs, la fonction de demande d’un bien définit une
relation décroissante entre la quantité que les consommateurs souhaitent acheter et le
prix auquel ils souhaitent acheter cette quantité. La forme de la fonction de demande
individuelle s’établit par rapport aux préférences du consommateur.
Toutes choses égales par ailleurs, la fonction d’offre d’un bien définit une relation
croissante entre la quantité que les producteurs souhaitent vendre et le prix auquel ils
souhaitent vendre cette quantité. La forme de la fonction d’offre individuelle s’établit
par rapport aux producteurs.
Il est essentiel de préciser « toutes choses égales par ailleurs » à cause des nombreux autres
facteurs qui peuvent influencer l’offre (le progrès technique, le prix des facteurs de
production, etc) et la demande (le revenu du consommateur, la publicité, les caractéristiques
des produits substituables et complémentaires, etc). Ces éléments expliquent que les courbes
d’offres et de demande puissent se déplacer vers la droite ou vers la gauche : on parle par
43
exemple d’un accroissement de la demande, à prix donné. C’est pourquoi il ne faut pas
confondre les mouvements le long d’une courbe avec les mouvements d’une courbe elle-
même.
P D
Pe
Qe Q
En régime de concurrence parfaite, l’équilibre d’un marché particulier ou équilibre partiel est
réalisé si la quantité demandée par les acheteurs du produit considéré est égale à la quantité
offerte par les vendeurs de ce même produit :
D( p x )=O( p x )
D( p x )−O( p x )=0
44
2.1. Equilibre dynamique avec adaptation instantanée
Les vendeurs peuvent produire très rapidement les quantités demandées : le processus
d’ajustement est considéré comme très rapide, quasiment instantané. Chaque vendeur indique
la quantité qu’il souhaiterait vendre et à quel prix et chaque acheteur indique la quantité qu’il
souhaiterait acheter et à quel prix. Il est rare d’aboutir à l’équilibre dès les premiers souhaits
de chacun. Le déséquilibre est fréquent : par exemple, toute l’offre potentielle ne trouve pas
preneur.
Pour aboutir à une situation meilleure pour tous, le commissaire-priseur, se basant sur les
premières informations fournies par le marché, va proposer un prix plus faible. Ce faisant, il
espère que les demandes seront plus fortes. Ace prix, les offreurs ne proposent pas assez pour
satisfaire les demandeurs. Le prix est suffisamment bas pour décourager certains producteurs.
Le commissaire-priseur continuera à proposer des prix en tenant compte des informations qui
ressortent des propositions précédentes. Lorsque l’équilibre est atteint, le commissaire-priseur
arrête les négociations.
P O
45
2.3. La stabilité de l’équilibre de courte période
On dit qu’un équilibre est stable si une perturbation est suivie d’un retour à une situation
d’équilibre, identique ou non à la situation d’équilibre initiale. Le rétablissement de
l’équilibre, identique ou non à la situation d’équilibre initial. Le rétablissement de l'équilibre
peut être obtenu soit par une variation du prix, soit par une variation des quantités. La stabilité
de l’équilibre dépend des pentes respectives des droites de demande et d’offre.
3.4. En Conclusion :
- Les entreprises en Concurrence n’ont aucune influence sur le prix du marché, elles
sont preneuses de prix.
- La demande à laquelle chaque entreprise fait face est parfaitement élastique au prix du
marché.
- Pour chaque entreprise, la RM et la Rm sont égales au prix du marché. Les courbes de
Rm, de la RM et de la Demande sont confondues.
La Concurrence Pure et Parfaite se rencontre rarement dans la réalité. Son étude est
néanmoins essentielle à la compréhension de la formation des prix sur les marchés, ainsi qu’à
la compréhension d’autres structures de marché telles que l’oligopole ou le monopole.
Exemple d’application
Soit un marché en situation de concurrence pure et parfaite sur lequel se vend un produit q au
prix P.
2
Cinq entreprises assurent la production du produit. Leur coût total est : C (q)=3q +12
D
La demande globale sur ce marché est : Q =−P+55
1. Calculer le prix et la quantité d’équilibre de courte période du marché ainsi que le
profit d’une firme.
D
2. On suppose que la demande globale se modifie et dévient : Q =−P+77
Quels seront le prix d’équilibre du marché et le profit d’équilibre du marché et le
profit de chaque entreprise en période infra courte.
3. On suppose que la demande globale se modifie et la nouvelle quantité d’équilibre de
courte période, c’est –à dire après ajustement, déterminer le prix et la quantité
d’équilibre.
4. Représenter graphiquement les trois situations étudiées.
B. Le monopole
Une entreprise est un monopole lorsqu’elle est la seule à produire un bien ou un service
homogène pour lequel il n’existe pas de substitut. Ainsi la demande qui s’adresse à
48
l’entreprise en situation de monopole se confond avec la demande du marché. Or, pour une
très grande majorité de produits, cette dernière est décroissante.
Le monopoleur dispose donc de deux stratégies : soit il fixe la quantité qu’il désire vendre et
laisse les acheteurs fixer le prix d’achat ; soit il fixe le prix et laisse aux consommateurs le
soin de déterminer la quantité achetée.
L’objectif habituel d’un monopole est la maximisation de ses profits. Elle est obtenue lorsque
la production d’une unité supplémentaire ne procure plus aucun bénéfice supplémentaire à
l’entreprise, c'est-à-dire lorsque le coût marginal est égal à la recette marginale. On retrouve la
condition fondamentale qui est ainsi toujours valable en monopole. Il faut cependant
remarquer qu’il n’est plus possible d’écrire :Cm=Rm=Pr ix , comme en situation de
concurrence pure et parfaite.
1. Recette totale, Recette moyenne et Recette marginale
a. Recette totale
La Recette totale du monopoleur est égale au produit du prix par la quantité vendue. Soit P X
b. La Recette moyenne
C’est le rapport entre la recette totale et la quantité de produit vendue. Elle est égale au prix de
RT
RM =
vente : Q
c. La Recette marginale
La Recette marginale procurée par la dernière unité de produit vendue ou encore
∂ RT
Rm=
accroissement de la recette totale liée à l’accroissement de la quantité vendue : ∂Q .
2. La Règle d’optimisation du monopoleur marginal
Le monopoleur définit sa production optimale en égalisant le coût marginal (croissant) de sa
fabrication à sa recette marginale (décroissante). Le prix de marché et la quantité vendue
forment alors la combinaison la plus rémunératrice pour le producteur qui bénéficie de la
« rente du monopoleur ».
Sur le long terme, la stratégie du monopoleur dépendra des conditions du marché : si aucune
entrée de nouveau producteur n’est prévisible, le monopoleur restera sans concurrents et
maintiendra la règle d’optimisation en égalisant son coût marginal (de long terme) et sa
49
recette marginale. Toutefois, s’il redoute l’entrée de nouveaux concurrents sur son marché, en
particuliers s’il n’est pas suffisamment protégé par des barrières à l’entrée (qu’elles soient
techniques, légales ou financières), il pourra conduire une stratégie de « prix limite », c'est-à-
dire adopter un prix qu’le niveau n’st pas suffisant pour inciter d'els concurrents à pénétrer sur
le marché. Les concurrents potentiels estiment alors que la rentabilité trop modeste ne justifie
pas la pénétration du marché.
Soit la fonction de Demande suivante :
Q=−P+b
RT =Pq=q (−q+b )=−q2 +qb
∂ RT
=−2 q +b ⇔ Rm=−2 q+b
∂q
∂Π
Π=RT −CT ⇔ =Rm−Cm=0
∂q
P
b Rm = Cm
PM
P = Cm Cm
Pc
Rm D
QM b Qc b Q
2
Exemple d’application
Soit une entreprise en situation de monopole. La demande qui s’adresse à elle est :
q D =−P+60
, P étant le prix du produit q.
3 q2
C (q )= +2 q
2
Le coût total du monopoleur s’écrit : .
a. Déterminer le prix, la quantité, le taux de marge ainsi que le profit de l’entreprise à
l’équilibre.
T 0 ,T 0≻0.
b. Même question si l’Etat décide de prélever un impôt forfaitaire
50
c. Même question si l’Etat impose un impôt dont le montant est proportionnel au
nombre d’unités produites (taxe à l’unité). On note t le taux marginal
t=20 %.
d’imposition : ,
a. Le monopole légal
Voulu par les pouvoirs publics et réglementé par eux. Dans ce cas, une entreprise obtient de la
puissance publique une concession, c'est-à-dire un contrat qui lui accorde le droit exclusif de
vendre un bien ou un service.
b. Le monopole naturel
On dit qu’il y a monopole naturel, lorsqu’une seule entreprise peut satisfaire l’ensemble de la
demande à moindre coût. L’entrée de nouveaux producteurs sur le marché et la division des
débouchés auraient pour effet, en raison de la lourdeur des coûts fixes, d’élever les coûts
unitaires. Dans le cas général de n firmes ayant une structure de coût identique, cette
définition se traduit mathématiquement par la propriété suivante :
n n
C (Q)≺∑ C (Q) ∑ Qi =Q
i=! avec : i=1
On dit alors que la fonction de coût est sous additive. Une fonction de coût sous additive se
traduit par une courbe de coût moyen de long terme décroissante, donc par la présence
d’économies d’échelle. Lorsque le coût moyen est décroissant, le coût marginal lui est
inférieur.
Dans le cas où le critère de gestion est la maximisation du profit, l’optimum d’un monopole
naturel se construit comme dans un monopole pur, exception faite de la forme des courbes de
coût. En revanche, quand il s’agit de monopole naturel public, le critère de la maximisation du
profit est souvent abandonné afin de ne pas pénaliser les consommateurs. Deux solutions
peuvent être envisagées. La solution la plus rationnelle est qui consiste à adopter la
tarification au coût marginal, dans le but de maximiser le bien-être collectif.
51
c. Le monopsone
C’est une forme de marché symétrique à celle du monopole : un seul acheteur fait face à une
infinité d’offreurs sur le marché.
Contrairement à ce qui se passe en régime de concurrence, le monopoliste qui représente à lui
seul la totalité de la demande totale ne peut pas considérer comme une donnée le prix du
produit ou du service qu'il envisage de se procurer : ce prix est déterminé par la courbe d’offre
totale. Si la courbe d’offre a une inclinaison positive, le prix sera une fonction croissante de la
demande.
L’équilibre est obtenu lorsque la recette marginale du demandeur, supposé revendeur dès qu’il
achète, est égale au coût marginal du marché.
e. La concurrence monopolistique
Comme son nom l’indique, la concurrence monopolistique tire ses caractéristiques à la fois la
concurrence parfaite et monopole. Elle tient de la concurrence parfaite (qui existe surtout en
longue période) en ce que le nombre des vendeurs est suffisamment grand pour qu’aucun
d’entre eux ne soit en mesure d’exercer une influence sur les autres.
Elle tient du monopole et de l’oligopole différencié (qui existent en courte période) en ce que
chaque producteur s’adresse à une demande particulière puisque son produit n’est pas
absolument semblable à celui des autres ; il peut donc augmenter son prix sans perdre toute sa
clientèle et l’abaisser sans attirer toute la clientèle de ses concurrents.
52
- En courte période : la détermination de l’équilibre est identique à celle du monopole.
Mais il s’agit d’une situation provisoire, dans la mesure où l’entrée dans la branche est
possible.
- En longue période : les profits réalisés par les firmes en courte période attirent de
nouvelles entreprises dans la branche. Ces dernières fabriquent des produits
différenciés mais substituables avec les produits fabriqués par les firmes en place. Les
nouvelles firmes arrivent ainsi à s’attacher une demande propre. De ce fait, l’entrée de
nouvelles firmes dans la branche va provoquer une réduction de la demande pour les
firmes en place. Pour chaque niveau de prix, la demande est plus faible.
La position optimale correspond au point où il y a tangence entre la courbe de coût moyen et
la courbe de demande : en ce point, il y a donc égalité entre le prix de vente et le coût moyen
de production. Tout déplacement de la courbe de demande vers la gauche, suite à une entrée
supplémentaire, conduirait l’entreprise à faire des pertes. Au niveau de production optimal on
constate que l’égalité fondamentale entre la recette marginale et le coût marginal est vérifiée.
C. Les oligopoles
En effet, un petit nombre signifie : un nombre inférieur à celui en concurrence pure et parfaite
mais supérieur à l’entreprise unique du monopole. L’oligopole se situe donc entre ces deux
structures de marché chaque firme détient un pouvoir de marché mais doit tenir compte de
celui de ses concurrents.
53
Le marché de l’oligopole est essentiellement caractérisé par l’interdépendance des actions des
différents vendeurs.
D’une manière générale, on se limite à 2 entreprises : ce qui correspond à une situation de
duopole. Aussi, on suppose d’une part que les firmes produisent toutes un bien homogène
(oligopole homogène) et d’autre part les firmes produisent les biens similaires mais pas
identiques (oligopole différencié).
On suppose que le marché est composé de 2 entreprises et chaque firme peut choisir sa
stratégie d’action de l’une des façons suivantes :
- Si l’une des 2 firmes fixe son prix avant l’autre, elle est ‘’Price – Leader’’ (leader en
prix) et l’autre ‘’Price –Follower’’ (suiveur en prix).
- Ou, l’une des 2 firmes choisit d’abord sa quantité elle est ‘’quantity –Leader’’ (leader
en quantité’’ et l’autre ‘’quantity-Follower’’ (suiveur en quantité).
Dans ce cas, les interdépendances entre les 2 firmes donnent lieu à des jeux séquentiels. Il
peut aussi s’agir de cas où une entreprise ne sache pas les décisions prises par l’autre
firme quand elle effectue son choix. Dans ce cas elle doit prévoir le choix de l’autre firme
afin de prendre une décision judicieuse : il s’agit ici de jeu simultané ou les entreprises
peuvent choisir simultanément leurs prix ou leurs quantités.
- On peut aussi avoir un jeu coopératif : les firmes au lieu de se concurrencer d’une
façon ou d’une autre, décident de former une coalition (ou entente). Elles se mettent
d’accord pour fixer les prix et les quantités qui maximisent la somme de leur profit.
54
I. Les oligopoles non Coopératifs
Il existe de nombreux modèles d’oligopoles non coopératifs. Tous ont en commun de mettre
en avant l’interdépendance qui existe entre les actions des entreprises opérant sur les marchés
oligopolistiques. Nous n’étudierons ici que les modèles suivants : le modèle de Cournot et le
modèles de Stackelberg.
indique qu’il s’agit d’une quantité attendue ou anticipée). Si la firme 1 décide de produit Y 1
55
unité de biens, elle s’attend à ce que la quantité totale soit :
Y =Y 1 +Y e2 et que cette quantité
{ dΠ 1 (Y 1 )
dY 1
=0 ¿ ¿ ¿ ¿ ¿
56
Admettons qu’il y ait n entreprises et représentons par :
Y = y 1 + y 2 + y 3 +.. .+ y n la quantité
totale du secteur. La condition d’égalité suivante : Rm=Cm pour l’entreprise i est :
Π i =P(Y ) y i−CT i=P(Y ) yi −CT i
∂Πi ∂P ∂Q P ∂ yi P 1 ∂ P y i ∂ P P
= yi +P(Y )−Cm( y i )=0 , e Q = = ⇔ = ⇒ = , P (Y )=P .
∂ yi ∂ yi P
∂ P Q ∂ P y i e ∂ y i P ∂ y i ey i
∂Πi P 1 P−Cm
= y i +P−Cm ( y i )=0⇒ =
∂ y i ey i |e| P
e étant l’élasticité prix directe de la demande : plus la part de marché de l’entreprise est
faible, plus la demande est élastique :
- Si la part de marché de l’entreprise est égale à 1, elle est en position de monopole ;
- Si par contre l’entreprise représente une très petite partie d’un grand marché, sa part de
marché est presque nulle et la courbe de demande pour la firme est presque
horizontale.
Dans ce modèle, une entreprise choisit avant l’autre la quantité à produire c'est-à-dire
les interactions entre « Leader » et « Suiveuse ».
Stackelberg envisage la possibilité que dans le cadre formalisé par Cournot l’une des deux
(firmes détentrice d’un brevet a l’avantage en termes de ressource naturelle etc.) ainsi la firme
« Leader » peut prendre sa décision de produire avant l’entreprise « Suiveuse » et prendre en
compte la fonction de celui-ci dans son calcul.
Supposons que la firme 1 soit « Leader » et qu’elle choisisse de produire une quantité y 1 ,
l’entreprise deux réagit en choisissant de produire une quantité y 2. Chaque entreprise sait que
le prix d’équilibre sur le marché dépend de la quantité totale de biens produits.
a. Le Problème de la Suiveuse
Supposons que la « Suiveuse » désir maximiser son profit :
Π 2 =P(Y ) y 2 −CT 2 ( y 2 )= [ a−b( y 1 + y 2 ) ] y 2 −CT 2 ( y 2 )=ay 2 −by 1 y 2−by 22 −CT 2 ( y 2 )
∂Π
=a−by 1−2 y 2 −Cm 2 ( y 2 )=0 ,Cm 2 ( y 2 )=0
∂ y2
a−by 1
a−by 1 =2 y 2 ⇒ y 2 =
2
y2 est la fonction de réaction de la suiveuse.
57
b. Le Problème du Leader
Supposons que le Leader désir maximiser son profit :
Π 1( y1 )=ay1−by21−by 1 []
a−by1
2b
−CT 1(y1 )
{ { {
a a 3a
y1= ¿ y2= ¿ Y = ¿ ¿¿¿
2b 4b 4b
∂Π
=0,Cm1(y1 )=0⇒
∂ y1
¿
- y1 : c’est la quantité produite par l’entreprise « Leader »
- y2 : c’est la quantité produite par l’entreprise « Suiveuse »
II.1.1. Le Cartel
C’est un groupe d’entreprises qui forme une coalition (groupement de personnes physique ou
morale agissant en commun pour plier les lois du marché) de façon à se comporter come un
monopole unique, à maximiser leur profit.
58
Π 1 ( y1 + y 2 )=RT ( y 1 + y 2 )−CT ( y 1 )−CT ( y 2 )=P( y 1 + y 2 )( y 1 + y 2 )−CT 1 ( y 1 )−CT 2 ( y 2 )
∂ Π ( y 1+ y 2 )
=Rm( y 1 + y 2 )−Cm 1 ( y 1 )−Cm 2 ( y 2 )=0
∂( y 1 + y 2 )
Cm 1 ( y 1 )=Cm 2 ( y 2 )=0
Cartel
Π ( y 1 + y 2 )=[ a−b( y 1 + y 2 ) ]( y1 + y 2 )=a ( y 1 + y 2 )−b ( y 1 + y 2 )2
∂ Π ( y 1+ y 2 ) a
=a−2 b( y 1 + y 2 )=0 ⇒( y 1 + y 2 )=
∂( y 1 + y 2 ) 2b
P( y + y )=a−b ( )
a
=
2b 2
2 a−a 1 1
= a⇔ P( y 1 + y 2 )= a
2 2
Ils reposent sur l’existence d’une firme « Leader » à laquelle se référent les autres
firmes sans volonté de modifier la répartition du marché.
Ce phénomène est illustré par la courbe coudée de la demande (courbe conçus par le
britannique Paul SWEEZY pour établir la relation entre la demande et le prix dans
l’oligopole). Le coude étant situé au prix d’équilibre. Si une entreprise augmente son prix
pour une demande élastique, elle perd ses clients, si elle baisse son prix pour une demande
rigide, elle sera suivie par les autres firmes.
a. Stabilité du Cartel
Il est inutile que les gouvernements utilisent des ressources à la répression des
ententes dans la mesure où, selon lui d’une part ces ententes sont vouées à la
dissolution, et d’autre part, elles sont difficiles à détecter.
60
- L’homogénéité du produit : les prix sont uniformes de telle sorte que tout écart de prix
est plus visible et révèle une violation de l’accord.
- Le caractère plus ou moyen fluctuant de la demande ou des coûts à une influence sur
la facilité de détection des tricheurs. Les prix ou les quantités doivent être ajustés
lorsque la demande ou les coûts varient de façon exogène. Des représailles pourraient
alors être injustes s’il n’y a pas de tricherie, mais en cas de tricherie ne pas sanctionner
pourrait conduire à des abus.
Par conséquent le progrès technique rend difficile l’entente puisqu’il affecte non seulement
l’homogénéité du produit mais induit également une incertitude sur le coût. Ce pendant, dans
certains cas, la détection des tricheurs n’a pas lieu d’être : les entreprises respectent
spontanément l’accord.
Πm : le Profit du monopole ;
Π T : le Profit du Tricheur ;
ΠC : le Profit de la Concurrence ;
r : le taux d’intérêt
Πm ΠC
Πm+ ≻¿ ¿Π T + ⇔rΠ m+ Π m≻rΠ T + Π C ⇔ r ( Π T − Π m )≻( Π m− Π C )
1≻2 ⇔ r r
( Π m−Π C )
⇒ r≻
( Π T −Π m )
Cette inégalité indique : tant que le taux d’intérêt est suffisamment faible, la perspective de
punition future est suffisamment importante, les firmes auront intérêt à respecter leurs quotas
de production.
61
Exemple d’application
Deux entreprises A et B forment un duopole et sont les seules à offrir un bien homogène X,
Q=400−100 P
dont la demande totale est égale à : .
Les coûts totaux de production de ces deux entreprises sont les suivantes :
CT ( q A )=q A +b b≥0
- Pour A : , avec ,
CT ( qB )=q B + c c≥0
- Pour B : , avec ,
b. En supposant que les coûts fixes sont nuls, déterminez pour chaque entreprise les
valeurs fondamentales de l’équilibre de Stackelberg le cas où l’entreprise B est la
firme dominante.
L’étude formelle des interactions stratégiques évoquées précédemment est l’un des
principaux domaines d’applications de la théorie des jeux en économie. Il nous semble
important de préciser dès à présent que la théorie des jeux ne constitue pas une branche
de la théorie microéconomie contemporaine.
La théorie des jeux en tant que discipline académique, la théorie des jeux a pour objectif de
formaliser des situations conflictuelles inhérentes à une communauté d'individus en
62
interaction, de discuter puis de proposer des solutions à ces conflits. La théorie des jeux se
propose d'étudier des situations (appelées « jeux ») où des individus (les « joueurs ») prennent
des décisions, chacun étant conscient que le résultat de son propre choix (ses « gains »)
dépend de celui des autres.
Considérons le cas d’une collectivité locale qui désire effectuer une série de travaux. Deux
entreprises ayant les mêmes caractéristiques transmettent leur offre de manière indépendante.
Elles ont la même évaluation du coût des travaux et peuvent soit effectuer une offre de prix
élevée (1 million), soit une offre de prix faible (0,8 million). Elles savent que le mieux disant
emportera le marché et, qu’en cas d’égalité des offres, la collectivité, pensant réduire les
risques d’une malfaçon générale, décidera de partager le marché en parts égales. Dans cet
exemple trivial, nous pouvons identifier deux joueurs, les deux entreprises, chaque joueur
possédant deux actions possibles : annoncer un prix élevé, E, ou faible, F. Les joueurs
interviennent simultanément : ils ne connaissent donc pas l’annonce de l’adversaire mais ils
connaissent les gains pour chacune des quatre combinaisons d’offres possibles.
Si, dans chaque couple, le premier terme représente le choix de l’entreprise 1 et le second
celui de l’entreprise 2, nous avons quatre possibilités : (E, E) procure 500 000 francs à
chacune, (F, E) procure 800 000 francs pour l’entreprise 1 et rien pour l’entreprise 2, (E, F) ne
procure rien pour l’entreprise 1 et 800 000 francs pour l’entreprise 2, (F, F) procure 400 000
francs à chacune. Le problème de la théorie des jeux est de déterminer des critères pour
classer les différents couples et sélectionner l’ensemble des issues les plus probables.
E1 ENTREPRISE 1
E2 Elevé Faible
63
Si nous supposons maintenant que A joue en premier, B observe et joue ensuite. Les actions
ne sont plus simultanées mais séquentielles. La représentation usuelle d’un jeu séquentiel
s’effectue en utilisant une représentation arborescente : c’est la forme extensive.
Dans la théorie des jeux, l'équilibre ou l'équilibre de Nash, nommé d'après John Forbes
Nash, est un concept de solution dans lequel l'ensemble des choix faits par plusieurs joueurs,
connaissant leurs stratégies réciproques, est devenu stable du fait qu'aucun ne peut modifier
seul sa stratégie sans affaiblir sa concurrente.
L’équilibre de Nash est constitué par la sélection, pour chaque joueur, de la meilleure réponse
qu’il peut effectuer lorsque chacun de ses adversaires joue sa meilleure réponse :
C'est-à-dire chaque entreprise ne regrette pas sa décision après avoir constaté celle de
l’autre entreprise. Autrement dit, il y a équilibre de Nash, quand, étant donné les choix des
entreprises, aucune ne souhaite changer son propre choix.
Nous constatons que les deux firmes ont intérêt de choisir la stratégie « Produire beaucoup »,
la solution qui émerge est donc : (200 ; 200). Il s’agit d’un équilibre de Nash : chaque
entreprise ne regrette pas sa décision après avoir constaté celle de l’autre entreprise.
Lorsqu’on effectue le total des profits, on constate que la solution retenue (200 + 200 = 400)
ne permet pas d’obtenir la valeur maximale (225 + 225 = 450). L’équilibre de Nash précédent
n’est donc pas une solution optimale pour le duopole.
64
IV.4. Le Dilemme du prisonnier
Deux malfaiteurs sont arrêtés, fortement soupçonnés de cambriolage, ils sont interrogés
séparément. Chacun peut décider de se taire ou de dénoncer l’autre. Si les deux se taisent, ils
sont condamnés à une peine d’emprisonnement de principe d’un mois chacun. Si l’un décide
de dénoncer l’autre qui se tait, il est libre et l’autre est condamné à cinq mois
d’emprisonnement. S’ils se dénoncent mutuellement, ils sont condamnés à quatre mois de
prison chacun. Comme il est assez facile de le vérifier, le couple de stratégies pures
(dénoncer, dénoncer) est le seul équilibre de ce jeu. En effet, si un individu décidait de se
taire, la meilleure réponse que peut faire l’autre est de le dénoncer.
B
Se taire Dénoncer
Ce résultat nous montre que des décisions individuelles rationnelles peuvent conduire à un
équilibre qui n’est pas optimal au sens de Pareto puisque le passage du couple (-4, -4) au
couple (-1, -1) permet d’améliorer la situation de chaque joueur sans dégrader celle de
l’autre.
V. L’Economie de l’Information
Dans le modèle d’équilibre général, l’information nécessaire pour chaque agent est
entièrement contenue dans le vecteur de prix. L’information est ainsi symétriquement
partagée par tous sans coûts.
Le cadre d’analyse qui a été privilégié pour l’analyse des asymétries d’information est
le modèle principal-agent. Ce modèle décrit les relations d’échanges entre deux
agents : le principal et l’agent. Les termes de l’échange sont définis par un contrat qui
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est à l’initiative du principal. L’agent peut refuser ou accepter le contrat qui lui est
proposé et dans le second cas, il agira de manière à maximiser son utilité.
Le problème du principal est qu’il doit agir en situation d’information incomplète. C'est-à-dire
que l’agent est mieux informé que lui sur ses caractéristiques. Nous pouvons distinguer deux
cas qui seront traités dans les sections suivantes : soit le principal ne connaît pas le type de
l’agent avec lequel il passe un contrat, soit le principal ne peut observer directement l’action
choisie par l’agent pour atteindre l’objectif fixé dans le contrat.
Considérons le cas d’un assureur (le principal) qui propose un contrat d’assurance à un
individu (l’agent). Supposons que l’assureur possède suffisamment d’information sur les
caractéristiques de l’agent pour évaluer précisément le risque du sinistre contre lequel il se
propose de le prémunir. Toutefois, il ne connaît pas les efforts que fera l’agent pour éviter
l’apparition du sinistre. Or le niveau de précaution choisit par l’agent influence la probabilité
de réaliser du sinistre. Dans cet exemple, il est assez facile de constater que l’agent choisira
un degré de précaution maximum lorsqu’il n’est pas assuré. C'est-à-dire lorsqu’il sait qu’il
supportera la totalité des pertes. Suivant le même raisonnement, il apparaît que le degré de
précaution sera minimum (voire nul) s’il peut acheter un contrat qui lui garantit un
remboursement total de ses pertes. Ce type de comportement porte le nom de Hasard Moral.
Dans ce type de contrat, le principal supporte la totalité du risque, il en résulte une absence
d’incitation pour l’agent à se prémunir contre le risque assuré.
Les situations de hasard moral sont courantes dans les relations économiques. Ainsi dans le
cadre d’une relation entre un employeur (principal) et un employé (l’agent) où la quantité
produite ne dépend pas parfaitement de l’effort fourni par l’employé. L’employeur peut
observer la quantité produite, mais il ne peut observer le niveau d’effort choisi par l’gent. Si la
rémunération de celui-ci est fixe, il choisira le niveau d’effort minimum.
Après avoir analysé le problème posé par ce type d’asymétrie d’information, la théorie de
l’information propose des outils pour le résoudre. La solution passe par la définition d’un
contrat optimal qui doit posséder deux propriétés essentielles :
a. Il doit garantir à l’agent un niveau d’utilité minimum suffisamment élevé pour que
celui-ci accepte le contrat : c’est la contrainte de participation.
66
b. Le mécanisme de rémunération doit garantir qu’il sera optimal pour l’agent de choisir
le niveau d’effort souhaité par la principal : c’est la contrainte de compatibilité du
mécanisme incitatif.
Sans entrer dans les détails de cette théorie qui devient rapidement très complexe, nous
pouvons illustrer l’application de ses conclusions sur nos deux exemples. Dans le cas d’un
contrat d’assurance, il s’avère optimal pour l’assureur d’offrir un montant de remboursement
suffisamment élevé mais pas total. Ainsi les contrats prévoient généralement une franchise
fixe qui reste à la charge de l’assuré. Certaines clauses imposent également un certain degré
de précaution. Dans le cas de la relation de travail, une partie de la rémunération doit
dépendre des résultats obtenus.
Exemple d’application
Considérons le jeu suivant qui comporte deux joueurs chacun possédant deux stratégies
pures :
B b1 b2
a1 (2 ; x) (1 ; 2)
a2 (1 ; 0) (0 ; - 1)
b1
b. Déterminez les valeurs de x pour les quelles est une stratégie strictement dominante
pour le joueur B.
B. Le Monopole
1. En régime de monopole strict :
a. La firme productrice est l’unique offreur sur le marché.
b. Les biens produits ont une élasticité croisée de la demande par rapport aux prix des
autres biens très faible.
c. La firme égalise coût marginal et recette marginale.
d. La firme égalise coût marginal et prix.
2. Régime de concurrence monopolistique :
a. Chaque firme est en situation de monopole dans la production de son propre
produit.
b. La prise en compte de la concurrence passe pour une entreprise par l’influence du
prix pratiqué par les firmes concurrentes sur la demande de ses propres clients.
c. L’équilibre de long terme intègre moins de firmes qu’en régime de concurrence.
3. Sur la longue période, la théorie indique qu’un monopole réalise des profits purs. Est-
ce parce que :
a. Le prix de vente est fixé à un niveau élevé ?
b. Le coût moyen, du fait des quantités importantes, est faible ?
c. L’entrée dans la branche est supposée bloquée ?
4. La charge morte du monopole mesure :
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a. La diminution de surplus du consommateur par rapport à la situation de concurrence.
b. Le gain en termes de rente ou de surplus du producteur par rapport à la situation de
concurrence.
c. La perte collective enregistrée du fait d’une gestion par un monopole privé par
opposition avec un régime concurrentiel.
5. La gestion optimale d’un monopole naturel par l’Etat peut consister à :
a. Annuler la charge morte.
b. Annuler la perte du monopole.
c. Maximiser le profit
6. A l’aide des définitions algébriques de l’élasticité – prix de la demande et de la recette
marginale,
C. Les Oligopoles
a. Toujours à un équilibre.
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b. A la fois le prix de vente et les quantités produites par chaque firme.
Pratique
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1. Soit un modèle de duopole de Cournot simplifié dans lequel chaque entreprise décide
de la quantité à produire d’un même bien. Le coût marginal de production est supposé
cons tant et unitaire pour les deux entreprises. La fonction de demande qui dépend de
q=q 1 +q 2 p(q )=11−q
la quantité totale offerte, notée : , s’écrit : .
BIBLIOGRAPHIE
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1. Reynald – Alexandre LAURENT, Christophe HACHON, Arnaud MAYEUR :
Microéconomie, Exercices corrigés, Paris, Nathan 2013.
2. Varian, Harl R : Introduction à la microéconomie, traduction de la 8 ème édition
américaine par Bernard Thiry, 7ème édition, Paris 2011.
3. Jacques LECAILLON et Claude PONDAVIN, analyse microéconomique, cours et
exercices, édition Cujas, 1998
4. Pierre PICARD et B JULIEN, Eléments de Microéconomie tome 2, exercices et
corrigés, édition Montchrestien.
5. Hervé DEEAVARD, Fondements de la Microéconomie, volume 2 Equilibre des
Marchés, édition de Boeck 2003.
6. Pierre MEDAN : Microéconomie, Travaux Dirigés : Rappels de Cours, Questions de
reflexion, Exercices d’entrainement, Annales Corrigées, édition Dunod, Paris 1999.
7. Jacques LECAILLON : Microéconomie, édition économica.
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