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Introduction à la Microéconomie et Utilité

Ce document introduit la microéconomie et la théorie du consommateur. Il définit des concepts clés comme l'utilité, les préférences du consommateur, et les hypothèses sur le comportement rationnel. Le document est structuré autour de ces sujets fondamentaux de la microéconomie.

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Introduction à la Microéconomie et Utilité

Ce document introduit la microéconomie et la théorie du consommateur. Il définit des concepts clés comme l'utilité, les préférences du consommateur, et les hypothèses sur le comportement rationnel. Le document est structuré autour de ces sujets fondamentaux de la microéconomie.

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INTRODUCTION

L’analyse économique s’efforce d’expliquer la façon dont les ressources rares sont utilisées
pour la satisfaction des besoins illimités (elle se propose d’étudier comment sont réalisées les
choix à l’utilisation des ressources rares et comment ces choix se coordonnent).
La Microéconomie tire ces sources dans le courant néoclassique qui émane du concept de
l’utilité marginale et d’une démarche qu’on appelle le marginalisme ou le néoclassicisme. La
théorie néoclassique est une Ecole de pensée économiques apparues en 1870, elle indique un
terme générique utilisé pour désigner plusieurs courants économiques qui étudient la
formation des prix, de la production et de la distribution des revenus à travers le mécanisme
d'offre et de la demande sur un marché. Les fondateurs sont : Carl Menger à Vienne en
Autriche, de William Stanley Jevons à Manchester en Angleterre et de Léon Walras à
Lausanne en Suisse, préconisant l’analyse à la marge comme méthode.
La microéconomique étudie le comportement individuel
des agents économiques essentiellement les consommateurs et les producteurs ainsi que leur
relation sur les différents marchés. La vision de la microéconomie est différente de celle de la
macroéconomie qui étudie les faits concernant les grands ensembles (Pays, branches, agrégats
de production tels que : le volume total de l’emploi, la production globale ou le revenu
national, etc).
L’objectif principal consiste à étudier le comportement individuel des agents économiques
supposés rationnels notamment consommateur et producteur ainsi que la fixation des prix.
Les objectifs spécifiques sont entre autre :
- étudier les comportements individuels des Consommateurs ;
- analyser les comportements du Producteur ;
- identifier les différentes structures (formes) de marché ;
L’originalité de la théorie microéconomique néoclassique est de ne pas raisonner sur des
quantités globales mais sur des quantités additionnelles appelées marginales. L’analyse
microéconomique privilégie la courte période puisque ce qui est analysé est la microdécision
d’un instant donné qui succède à un grand nombre de microdécisions.
Par ailleurs, ce cours s’organise autour de : La théorie du Consommateur, La théorie du
Producteur, Les structures de marché.

1
CHAPITRE I : LA THEORIE DU CONSOMMATEUR

On définit habituellement la science économique comme étant la Gestion de la rareté ou


l’étude des procédés par lesquels les ressources rares sont réparties entre des besoins
alternatifs et concurrents en vue d’obtenir le maximum de satisfaction de ces besoins.
La théorie du consommateur vise à expliquer les fondements de la demande globale de
chaque bien. Pour cela, elle étudie la façon dont se forment les demandes individuelles en
décrivant le comportement d’un consommateur représentatif évoluant dans un univers de
concurrence pure et parfaite. Dans ce contexte, le comportement du consommateur est fondé
sur un postulat de rationalité.

I. La Notion d’Utilité
C’est la satisfaction que procure un bien au Consommateur. Les précurseurs de la révolution
marginaliste (Walras, Jevons, Menger) concevaient l’utilité comme la sensation de plaisir
associée à la consommation d’un bien. Il existe deux approches de la notion d’utilité : la
théorie cardinale de l’utilité et la théorie ordinale de l’utilité.

1.1. La théorie de l’utilité cardinale


Ces précurseurs (Menger, Jevons, Walras) admettaient que l’utilité que procurent des biens
aux consommateurs était mesurable, au même titre que le poids ou la longueur des objets.
Ils supposaient que le consommateur était capable d’exprimer par un nombre le degré d’utilité
qu’il attribuait à chaque bien ou à chaque combinaison de biens, autrement dit qu’il pouvait
procéder à une mesure cardinale de l’utilité.
Nous supposerons que les consommateurs sont capables de mesurer, de chiffrer, de quantifier
la satisfaction liée à la consommation d’une quantité déterminée d’un bien ou d’un panier
biens (combinaison de biens).
Exemple : symbolisons l’utilité cardinale par le tableau suivant :
Quantité d’un bien X (en kg) Degré de satisfaction ou d’utilité
1 5
2 10
3 20
4 14

2
D’après ce tableau, la consommation d’un kilogramme de biens X procure au consommateur
un niveau de satisfaction égale à 5, la consommation de deux unités lui procure un niveau de
satisfaction égale à 10, celle de trois unités lui procure 20 et quatre lui procure 14.
1.2. Théorie de l’Utilité ordinale
Il n’existe pas d’échelle objective de la mesure de l’utilité c’est pourquoi Vilfreto PARETO,
successeur d’Alfred MARSHALL, Slusky, Hicks et Samuelson, les auteurs modernes ont
abandonné le concept d’utilité cardinale au profit de celui, moins restrictif, d’utilité ordinale.

Dans ce cas il est demandé au consommateur de pouvoir classer raisonnablement les biens
ou paniers de biens en fonction de l’utilité apportée.

Puisqu’il paraît improbable qu’un consommateur soit capable de mesurer avec précision
l’utilité que lui procure un panier de biens. Pour traduire formellement ce classement, on
définit la relation de préférence et d’indifférence.
1.2.1. L’étude des préférences du consommateur
On définit dans l’ensemble des paniers de consommation, la relation de préférence. C'est-à-
dire qu’un agent peut exprimer une préférence entre deux ou plusieurs paniers de biens. D’où
la relation binaire qui désigne une relation entre des éléments pris deux à deux de cet
ensemble. Deux relations binaires sont définies : l’une sur l’ensemble des biens, la relation de
préférence ; l’autre sur l’ensemble des agents, la relation d’échange.
1.2.2. La relation de préférence stricte
Elle permet de comparer deux paniers de biens et de déterminer le panier qui est préfère à
l’autre. Ainsi, si l’on compare deux paniers de biens A et B, la relation : A ¿ B
Se lit « le panier de biens A est préféré au panier de biens B ».
1.2.3. La relation d’indifférence
Elle établit que deux paniers de préférence apportent exactement la même satisfaction au
consommateur qui est donc « indifférent » entre les deux paniers de biens. Ainsi, lorsque le
consommateur est indifférent entre le panier de biens A et le panier de biens B, on note :
A ~ B.
Les deux relations peuvent être combinées en une seule indiquant qu’un panier de biens
est « préféré ou indifférent » ou « au moins aussi désiré » à un autre panier de biens. Ainsi,
lorsque le panier A est « préféré ou indifférent » au panier B. On écrit : A ¿ B.
Cette relation va permettre au consommateur de classer l’ensemble des paniers de
consommation. Chaque agent possède une structure de préférences qui lui est propre.

3
1.2.4. Le préordre complet
L’analyse microéconomique impose des contraintes particulières à la relation de préférence
« ¿ ». Elle suppose en particulier que cette relation satisfait les propriétés d’un préordre
complet.
En pratique ces contraintes prennent la forme d’hypothèses invérifiables (ou infalsiables) que
l’on ne pourra confirmer ou infirmer à partir de l’observation des comportements des agents.
C’est pourquoi ces contraintes sont posées sous forme d’axiomes. L’ensemble de ces axiomes
constitue l’axiomatique des préférences. Au contraire d’hypothèse scientifique, ces axiomes
ne sont pas soumis au jugement de l’observation à leurs jugements.
- Axiome de totalité : énonce que le consommateur doit être capable de comparer tout
panier à tout autre panier de l’ensemble de consommation. Autrement dit, il n’y a pas
de panier inclassable par un consommateur. Si un tel panier existe, on admettra qu’il
est en dehors de l’ensemble de consommation. Plus formellement, un consommateur
qui considère deux paniers de biens A et B doit pouvoir affirmer que l’une des deux
situations suivantes est vérifiées : A ¿ B ou B ¿ A
- Axiome de réflexivité : tout panier est préféré ou indifférent à lui-même (A≥ A) ;
- Axiome de transitivité : si le consommateur estime que : A ≥ B et B ≥ C alors
A ≥ C.
- Si la relation de préférence n’était pas transitive cela pourrait conduire à des situations
de préférences telles que : A ≥ B ≥ C ≥ A. Un consommateur serait alors incapable de
dire quel panier il préfère : il donne l’impression de « tourner en rond »
Il existe une dernière condition importante à connaître : il s’agit de l’hypothèse de « non-
satiété » ou encore appelée « hypothèse de non-saturation ».

1.2.5. L’hypothèse de non-satiété ou encore appelée hypothèse de non-saturation


Soient X et Y deux vecteurs de consommation, c'est-à-dire :
X = (x1, x2, …, xn) ; Y = (y1, y2, …, yn).
xi et yi représentent les quantités S du bien n°i. Si ces vecteurs sont tels que yi ≥ xi pour tout
bien i, sauf au moins pour un bien, pour lequel on aura yi > xi, alors on dira que Y est préféré
à X. On dit qu’il ya non-saturation des préférences.
L’axiomatique des préférences que nous venons de rappeler permet d’élaborer une théorie
ordinale de l’utilité, fondée pour l’essentiel sur la notion de courbe d’indifférence ou courbe
d’iso-utilité.

4
Exemple d’application
Le panier de consommation A est « au plus aussi désiré » que le panier de consommation B se
note :
a− A≻B
b− A≺B
c− A≥B
d− A≤B

3. Fonction d’Utilité
Elle indique la relation qui existe entre le niveau d’utilité et les quantités de biens
consommées. Considérons que le consommateur consomme deux biens l’un des biens
considérés comme composite c'est-à-dire qui peut représenter d’autres biens différents du
premier bien appelé bien de base. Elle est notée : U = f(x, y).

3.1. Type de Fonctions

- Les Préférences Substituables :U ( x , y )=αx+βy


α β
- Les Préférence Coob Douglas :U ( x , y )=x y

- Les Préférences Complémentaires :U ( x , y )=min { αx , βy }


Supposons que l’utilité totale, pour le consommateur, dépend de la consommation de deux
biens X et Y, le raisonnement pouvant se généraliser à n biens. Alors la fonction d’utilité sera
une fonction de deux variables, c'est-à-dire la satisfaction éprouvée par ce consommateur
dépend de deux biens X et Y : Ut (x, y).
Le calcul de l’utilité marginale du bien X passe par le calcul de la dérivée partielle de Ut par
rapport à la variable x. En effet, la dérivée partielle mesure l’influence d’une très petite
variation de la variable x sur la fonction Ut, sachant que la variable y est considérée comme
une constante.
Supposons que le consommateur fasse varier à la fois les quantités de biens X et biens Y par
rapport à une structure de consommation initiale. La variation de l’utilité totale résultant de
δU t δU t
dU t = dx+ dy
ces modifications s’écrit : δx δy
3.2. L’utilité marginale
L’utilité marginale d’une consommation est définie comme l’utilité de la dernière unité de
bien consommée. Selon une hypothèse classique, l’utilité marginale finit toujours par être

5
décroissant. Ainsi, le supplément d’utilité fourni par des unités croissantes d’un bien va en
diminuant jusqu’à devenir nul au point de satiété. Il s’agit de la première loi de Gossen. Cette
« loi » est purement empirique et ne repose que sur le bon sens.

4. Formulation mathématique de l’utilité marginale


L’utilité marginale s’écrit :
ΔU t U 2−U 1
U mX = U mX =
- dans le cas discret : ΔX t ⇔ X 2− X 1

δU
U mX =
- dans le cas continu : δX
Exemple 1
Exprimons à l’aide d’un tableau la valeur de l’utilité totale obtenue grâce à la consommation
de quantités de plus en plus importantes de biens X ;

Quantités consommées de X (en kg) Utilité totale Utilité marginale


0 0
2 10
4 25
6 35
8 43
10 45
12 45
14 42
Fonction Dérivée
y = c (constante) y’ = 0
y=x y’ = 1
y = ax +b y’ = a
y=xn y = n. x (n-1)
Y= ax2 + bx + c Y’ = 2ax + b Rappels mathématiques
3 2 2
Y = ax + bx +c Y’ = 3ax + 2bx Tableau des dérivées usuelles
Y = ax4 + bx2 + c Y’ = 4ax3 + 2bx
Y = 1/ x (x ≠ 0) Y’ = - (1/ x2)
Y=u+v–w Y’ = u’ + v – w’
Y = Cu Y’ = Cu’
Y = u. v Y’= uv’ + vu’
Y=un Y’ = n. u (n-1). u’ 6

Y = u / v (v ≠ 0) Y’ = (vu’ – uv’) / v2
Y = lnx Y = 1/ x
Exemple
Déterminer l’utilité marginale des biens x et y des fonctions d’utilité suivantes :

U ( x , y )=xy 2 +x 2 y
;
{ x ∂U(x;y) 2
U m=
∂x
=y +2xy¿¿¿¿
;

U ( x , y )=ln x + y
{
;
U mx=
∂U(x,y) 1
∂x
= ¿¿¿¿
x

5. L’utilité totale
L’utilité totale d’un bien est définie par son aptitude à satisfaire des besoins. L’utilité totale
est la somme des utilités marginales. L’utilité totale est la somme des utilités marginales.
L’utilité totale croix à taux décroissant (si on accepte la décroissance de l’utilité marginale) et
atteint son maximum au point de satiété ; au-delà l’utilité totale diminue puisque l’utilité
marginale dévient négative.

6. Propriété des Utilités


Propriété Utilité totale Utilité marginale

7
Propriété 1 L’utilité totale croit dans le même L’utilité marginale évolue en sens
sens que la quantité consommée. Inverse que la quantité consommée.
Propriété 2 L’utilité totale culmine au point de L’utilité marginale est nulle au point
satiété. de satiété
Propriété 3 Au-delà du point satiété l’utilité totale Au-delà du point de satiété l’utilité
décroit jusqu’à devenir nul. marginale devient négative.

7. Les courbes d’indifférence ou ensemble d’indifférence


La fonction d’utilité ordinale associe est un indicateur de satisfaction aux diverses quantités
de biens consommés par l’individu rationnel. D’un point de vue graphique, il vaut mieux se
limiter à la prise en compte de deux biens X et Y. Ainsi on peut poser que : U = f (x, y).
Puisque la fonction est continue, cette égalité peut être satisfaite par un nombre infini de
paniers de biens.

Ainsi, on appelle courbe d’indifférence le lieu géométrique de l’ensemble des


combinaisons ou paniers de biens qui procurent au consommateur un même niveau de
satisfaction.

Les deux paniers A et B sont donc équivalents ; on peut écrire : (xa, ya) ~ (xb, yb).
L’utilité augmente au fur et à mesure que l’on se déplace vers le haut et à droite : c’est la
conséquence de l’hypothèse de non-saturation des préférences.
Sans changer les quantités consommées de biens Y, si un individu rationnel consomme
davantage de biens X, alors sa satisfaction augmente et il se situe sur une autre courbe
d’indifférence, plus haute, par exemple U 1 ou U2; Pour une fonction d’utilité, l’ensemble des
courbes d’indifférence constitue la « carte d’inférence » du consommateur.

7.1. Les différentes formes de courbes d’indifférence


a. Pour les fonctions de type Coob-Douglas y

Soit une fonction d’utilité :

8
x
U ( x , y )=xy
U0
U 0 =xy ⇒ y = , x=1 , U 0 =2⇒ y=2
x
x=2 , y=1

b. Pour les préférences substituables


U ( x , y )=αx+ βy y
U 0 αx
U 0 =αx+ βy ⇒ y= +
β β

c. Pour les préférences complémentaires : U ( x , y )=min { αx , βy }

d. Pour les biens indésirables e. Les biens neutres : les biens dont le
Les biens que le consommateur n’aime. Consommateur ne se préoccupe pas du tout.
ttout.
y
y

x x

7.2. Propriété des Courbes d’indifférence


- En tout point de l’espace, passe nécessairement une courbe d’indifférence ;

9
- Il existe une infinité de courbes d’indifférence, mais celles-ci ne peuvent pas se couper
(en vertu de la transitivité des choix: leur intersection signifie qu’il existe deux paniers
de biens qui procurent au consommateur de façon simultanée un même niveau de
satisfaction alors qu’ils sont situés sur des courbes d’indifférence distinctes).

y
A ~C et B~ C alors A~B or
A B B>A

x
- Elles ont une pente négative et forment une surface convexe (un ensemble est convexe
si le segment joignant deux points quelconque de cet ensemble est lui-même tout
entier dans cet ensemble);
- La pente en un point de la courbe d’indifférence définit le Taux Marginal de
Substitution (TMS) entre les deux biens.

Exemple d’application 1
Soient dans l’espace des biens (OX, OY), les trois paniers A(2,5), B(3, 6), C(4, 3), deux
d’entre eux ne peuvent en aucun cas être sur une même courbe d’indifférence, lesquels.

7.3. Le Taux Marginal de Substitution ou TMS


Dans le cas de deux biens X et Y, le TMS du bien Y au bien X est égal à la quantité
additionnelle de biens Y dont le consommateur doit disposer pour compenser la réduction
d’une unité de la consommation de biens X à utilité inchangée.

Autrement dit, il exprime quelle quantité de l’un des biens le consommateur peut
abandonner en contrepartie de la consommation d’une unité supplémentaire de l’autre
bien, tout en conservant la même utilité totale.

Le TMS correspond au rapport entre la variation de consommation du bien porté en ordonnée


et la variation induite de consommation du bien porté en abscisse, à satisfaction constante ; le

10
TMS est aussi égal au rapport des utilités marginales des deux biens (x et y):
x
−dy U m P x
TMS= = y=
dx U Py
m

Exemple : soient les fonctions d’utilité suivantes :

2 U xm y2 y
U ( x , y )=xy , TMS xy = = =
Umy 2 xy 2 x
- ;
1
U xm x 1
U(x, y )=ln x + y ; TMS xy = y = = .
Um 1 x
-
Exemple d’application
X1 X2
Helène et Jean, frère et sœur, consomment les mêmes biens et , mais vérifient des
β β
U H =x 1 1 x 2 2 U J =β 1 ln x1 + β 2 ln x2 β 1≻0 β 2≻0
fonctions d’utilité différente : , , ,
β1 β2
a) Quelle est la signification des paramètres et .
b) Hélène et Jean ont – ils le même ordre de préférence.

Exemple d’application 2
Soient U1, U2, U3, U4 quatre fonctions d’utilité :
U 0 =x α1 x 2β
U 1 =x α1 −1 x 2β−1
1 2
U 2 =2 x1 . x 2 3
2

U 3 =ln x + y
2
U 4 =( 5 x 0, 5 + 2 y 0 , 5 )
U 5 =Log( x 1 +1 )2 + Logx 2 , aveca≻0 etb≻0
Le TMS de U1, U2, U3 et U4 est-il croissant, décroissant, constant ?

Les courbes d’indifférences sont-elles convexes par rapport à l’origine ?

II. L’Equilibre du consommateur

11
Situation dans laquelle la combinaison des biens achetés maximise le bien-être du
consommateur c'est-à-dire la détermination des combinaisons de biens qui maximisent la
satisfaction du consommateur.
Supposons que le consommateur dispose d’un revenu R qu’il répartit en achats de biens X et
Y selon des quantités x et y. Le prix unitaire du bien X est noté p et le prix unitaire du bien Y
est noté q. Le consommateur rationnel est conduit à résoudre le problème suivant :

{Max:UT =f (x, y) ¿ ¿¿¿


La droite budgétaire est l’ensemble des paniers ou combinaison de biens (x 1, x2) que le
consommateur peut acquérir avec son Revenu ou la limite en termes de dépenses
monétaires.

L’Optimum du Consommateur peut être obtenu par les méthodes suivantes :

1. La Méthode de Substitution
Soit le Programme Marshalien :

{Max:UT =f (x, y) ¿ ¿¿¿


La première étape de résolution est d’exprimer une des variables en fonction de l’autre (par
exemple y en fonction de x ) à partir de la contrainte budgétaire :
R Px
R=xP x + yP y ⇒ y= − x
Py P y .

Il faut ensuite reporter cette expression dans la fonction d’utilité qui devient donc fonction
d’une seule variable (ici x ) :

(
U ( x , y)=U [ x , y( x ) ]=U x ,
R Px
− x
Py Py ) .
Il suffit ensuite de calculer la condition de premier ordre pour trouver la valeur optimale de x

dU
=0 dU [ x , y( x ) ] =U x
dx+U y
dy=0
.: dx . Par différenciation, on obtient : m m

R Px P
y= − x ⇔dy=− 1 dx
Or : Py Py P2

12
Px
dU [ x , y ( x ) ] =U mx dx +U my dy=U xm dx−U my dx=0
On peut donc écrire : Py

La condition d’optimalité prend alors la forme :


dU P1 U xm P x
=U mx −U my =0⇔ y =
dx P2 U m Py

L’interprétation de la condition d’optimalité : la condition d’optimalité s’interprète facilement


U mx U my
=
si on l’écrit sous la forme suivante : P x Py

En effet, l’utilité marginale d’un bien pondérée par son prix correspond au supplément
d’utilité ressentie par le consommateur lorsqu’il achète pour unité monétaire supplémentaire
de ce bien.
A l’optimum du consommateur le rapport des utilités marginales doit être égal au rapport au
¿
rapport des prix. La condition d’optimalité permet alors de trouver la valeur optimale de x
R Px ¿
¿ y¿= − x
de X. La valeur optimale de y de Y s’écrit alors : P y Py

La condition de second ordre permet enfin de vérifier que l’optimum trouvé correspond à un
d 2 U [ x , y ( x )]
≺0
maximum. On doit vérifier : dx 2

2. La Méthode de Lagrange (ou du multiplicateur de Lagrange)


La méthode de Lagrange permet de résoudre directement le programme de maximisation sous
contrainte. La première étape consiste à écrire la fonction de Lagrange (ou Lagrangien) :

L( x , y , λ)=U ( x ; y)+λ(R−xP x − yP y )
Où λ représente le multiplicateur de Lagrange.
Par convention, on notera que la contrainte budgétaire est définie comme l’écart entre le
revenu et la dépense. Modifier cette écriture ne change pas le résultat algébrique mais nous
priverait d’une interprétation du multiplicateur de Lagrange.
Les conditions de premier ordre sont obtenues par annulation des dérivées partielles premières
de la fonction de Lagrange par rapport à ses trois variables :

13
{ {
∂L(x , y , λ) x ∂L(x , y , λ) y
∂x
=Um−λPx=0¿ =Um−λPy=0¿¿¿
∂y
On obtient donc un système de trois équations à trois inconnues, x , y , λ . Les deux premières
conditions permettent de retrouver la condition d’optimalité obtenue dans le cadre de la
méthode de substitution :

U xm P x
U mx= λPx ¿ } ¿¿⇔ U y = P ¿
m y

La troisième condition assure que la contrainte est bien saturée. Cette condition permet de
confirmer la solution graphique précédente. En effet, à l’optimum, la pente de la courbe

d’indifférence
−U mx /U my doit être identique à celle de la contrainte de budget −P x / P y . La
solution optimale qui appartient à la droite de budget doit correspondre à un point de
tangence entre les deux courbes.
La condition de second ordre pour un maximum est vérifiée si le déterminant suivant est
positif :

|Lx Lxy Lxλ ¿| Lyx Ly Lyλ ¿|¿


¿¿ ∂ L( x , y , λ)
¿ ij où
L correspond à la dérivée partielle seconde : ∂i ∂ j , avec i=x , y , λ et
j=x , y , λ .

3. La Méthode graphique
Le consommateur atteint l’optimum lorsque :
- Les utilités marginales pondérées par les prix sont égales ;
- Ou alors que le rapport des utilités marginales est égal au rapport des prix :
U mx Px
TmS= =
U my Py
. Ce résultat important est parfois appelé « seconde loi de Gossen » :

14
Afin de représenter la contrainte de budget sur le graphique où figure la carte d’indifférence
du consommateur, il est nécessaire de déterminer les courbes de niveau associées à cette
R xP x
y= − .
contrainte : Py Py

Il y a autant de droites de budget que de valeurs R 0. Toutes ces droites sont parallèles puisque
le coefficient directeur est constant. Le choix optimal du consommateur consiste donc à
trouver un panier de biens respectant la contrainte et situé sur la courbe d’indifférence.

On constate que la seule position optimale (encore appelée « équilibre ») est celle où
la droite de budget est tangente à une courbe d’indifférence. Tant qu’une courbe
d’indifférence coupe une droite de budget en deux points, cela signifie que l’on peut
encore trouver une courbe d’indifférence « plus haute », ayant un point commun avec
la contrainte budgétaire et permettant d’accroître la satisfaction de l’agent.

Soient
P x et P y respectivement les prix des biens X et Y et R le Revenu du consommateur.
y
R/Py
a) Préférence convexe
xP x + yP y =R ¿
y

Pour x=0 ⇒
y=
R 0,
Py , A Py( )
R
x
¿
R/Px x

Pour y=0⇒
x=
R R
( )
Px , B P x
,0

b) Pour les préférences complémentaires c) Pour les préférences substituables


y y

R/ P y
¿
y
¿
y

¿ ¿
x R/ P x x x x

d) Préférences concaves

y 15
Exemple d’application 1
U ( x ; y )=(1+x ) y
La fonction d’utilité d’un consommateur est la suivante :
Les prix des biens sont P pour le bien X et Q pour le Y, R Le revenu du consommateur.
a. Calculé les quantités à l’optimum qui maximise la satisfaction du consommateur.
S’agit-il d’un maximum ou d’un minimum, P1= 20, P2= 8 et R = 4
b. cette fonction d’utilité admet – elle un équilibre en coin ?

Exemple d’application 2
Clair consomme chaque jour des biens X et Y, dont les prix unitaires sont respectivement de
20 et 25 francs. Elle dispose d’un revenu quotidien de 250 francs qu’elle dépense entièrement.
Vous disposez de plus les informations suivantes concernant l’utilité marginale de Claire :

Quantité 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

U mx 120 100 90 85 80 75 70 65 6 55 40 20
0

U my 160 140 130 12 110 100 90 80 7 60 50 40


0 0

a) Indiquer la contrainte budgétaire de Claire.


b) Ecrire la condition d’équilibre et la justifier.

16
c) En déduire les quantités à l’optimum.

4. La Demande du Consommateur
Nous allons maintenant nous intéresser aux modifications de l’équilibre consécutives à des
changements affectant soit les ressources du consommateur, soit le prix des biens. A travers
les élasticités, nous allons successivement analyser les demandes marshalliennes par rapport à
chacune de leurs variables : revenu, prix du bien, prix des biens liés.

4.1. La Consommation et le Revenu


4.1.1. La Courbe de Consommation – Revenu
Nous avons vu qu’un accroissement du revenu se matérialise graphiquement par un
déplacement parallèle de la droite de budget vers le haut. A chaque fois qu’une droite de
budget est tangente à une courbe d’indifférence, cela définit un nouvel équilibre.
L’ensemble des équilibres ainsi défini constitue le « chemin d’expansion du revenu »,
appelé aussi courbe de « consommation-revenu ». Elle traduit la manière dont varie les
achats en biens X et Y lorsque seul le Revenu du Consommateur varie.

y
R3/Py La Consommation – Revenu ou Courbe Niveau de Vie
R2/Py
R1/Py

R1/Px R2/Px R3/Px x

4.1.2. Courbe d’Engel et Typologie des biens de consommation

Pour chaque bien, il est possible de déduire de la courbe précédente, une relation
fonctionnelle entre le revenu et la consommation c'est-à-dire établir un lien entre le
Revenu du consommateur et la quantité demandée d’un bien.

17
Si on place en abscisse les différents niveaux du revenu et en ordonnée les valeurs associées
des quantités optimales consommées, on obtient la « courbe d’Engel » c'est-à-dire la quantité
consommée d’un bien est fonction du revenu du consommateur.

X Courbe d’Engel

R
Il est alors possible de calculer l’élasticité de la demande d’un bien par rapport à son revenu.

4.2. Elasticité - Revenu


L’élasticité de la demande par rapport au revenu mesure donc l’effet d’une variation du
revenu sur le niveau de la consommation, pour un bien donné.
a. Formule de Calcul
∂Q
∂ logQ Q ∂Q R ∂Q R
eQ = = = ∗ = ∗
R
∂ log R ∂ R Q ∂ R ∂R Q
R
b. Typologie des Biens
Il existe deux grandes catégories de biens selon la valeur de l’élasticité-revenu.
- Biens à élasticité - revenu positive : biens dont la consommation augmente (en valeur
absolue) lorsque le revenu augmente. Cela signifie que la courbe d’Engel est
croissante. On trouve :
 Les biens normaux : la consommation augmente moins que
proportionnellement par rapport au revenu (0 < E Q/R>1). Ce type de bien est
aussi appelé « bien prioritaire » ou « bien de première nécessité » ;
 Les biens supérieurs : la consommation augmente plus que
proportionnellement par rapport au revenu (EQ/R >1). Ce type de bien est
parfois appelé « bien de luxe ».
- Biens à élasticité - revenu négative : biens dont la consommation diminue (en valeur
absolue) lorsque le revenu augmente. Cela signifie que la courbe d’Engel est
décroissante ; ces biens sont appelés biens inférieurs.

18
5. La Demande et le Prix
5.1. La Fonction de Demande individuelle du Consommateur
Nous avons vu que la fonction d’utilité permettait de déterminer les coordonnées de
l’optimum, c'est-à-dire, permettait de connaître les quantités de biens maximisant la
satisfaction, sachant que le prix des biens et le revenu sont donnés.

La courbe de demande d’un bien indique que la quantité achetée est généralement une
fonction décroissante du prix ce bien.

Ainsi, suivant la valeur du prix p du bien X (admettons qu’il baisse), on obtient différentes
valeurs d’équilibre E1, E2, et E3. La courbe reliant ces points est appelée « courbe de
consommation-prix ». Pour chaque niveau de prix (P1, P2, et P3), le consommateur est donc
capable d’indiquer une quantité optimale (respectivement x 1, x2 et x3). Ce que le graphique
montre pour trois points est à généraliser.

Cette courbe indique la manière dont varie les achats en biens x et y lorsque seul le prix
de l’un des biens varie.

y
Courbe Consommation - Prix
R/Py P La courbe de Demande

Q
R/P1 R/P2 R/ P3 x

5.2. Elasticité de la demande par rapport au prix


L’élasticité-prix directe mesure l’influence d’une variation du prix d’un produit X sur les
quantités consommées de ce même produit, toutes choses égales par ailleurs. On peut définir
les notions :

19
- D’élasticité – prix partielle directe de la demande d’un bien, il s’agit tout simplement
∂ QX
log Q X Q ∂Q X P X
eQ = = = ¿
X log P X ∂ P X ∂ P X Q X
PX
de l’élasticité – prix directe : PX

- D’élasticité – prix partielle croisée : mesure l’influence de la variation du prix d’un


bien sur la quantité consommée d’un autre bien, toutes choses égales par ailleurs.
∂Q X
∂ log Q X QX ∂Q X PY
eQ = = = ¿
X ∂ log PY ∂ PY ∂ PY Q X
PY
PY
Elle permet de dire si deux biens sont substituables ou complémentaires, ou a priori sans lien :
 Si e croisée > 0 alors les biens sont substituables ;
 Si e croisée < 0 alors les biens sont complémentaires ;
 Si e croisée = 0 à priori, pas de liaison entre les biens

Exemple d’application
qi
Soit la fonction de demande individuelle telle que :

1
Logqi =−2 LogPi + LogP j +1 ,5 LogR
2

Pi, Pj, étant les prix des biens i, j, et R le revenu du consommateur.


Calculer l’élasticité prix directe, l’élasticité-revenu et l’élasticité prix croisée.

5.3. Effet de substitution et effet de revenu


Ces deux effets expliquent pourquoi et comment la quantité demandée d’un bien varie suite à
une modification de son prix, bien qu’a priori cette relation puisse paraître triviale.

20
La variation du prix d’un bien, toutes choses égales par ailleurs (c'est-à-dire à niveau constant
des goûts, du revenu monétaire et du prix de l’autre bien) a deux incidences analytiquement
différente, même si en pratique elles paraissent indissociables.
- En premier lieu, lorsqu’un prix varie à la hausse (ou à la baisse), le bien correspondant
devient relativement plus coûteux (ou moins coûteux) qu’il n’était initialement, ce qui
conduit le consommateur à déplacer ses achats au profit (ou aux dépens) d’un bien
substituable devenu comparativement meilleur marché (ou plus coûteux) : c’est l’effet
de substitution.
- Mais en second lieu, la hausse (ou la baisse) en question modifie le revenu réel (c'est-
à-dire le pouvoir d’achat) du consommateur dans le sens de sa diminution (ou de son
augmentation), ce qui conduit logiquement le consommateur à réduire (ou à accroître)
sa consommation : c’est l’effet de revenu, correspondant à la variation de la quantité
demandée résultant uniquement du revenu réel, effet qui se répercute sur les deux
biens.

Exemple d’application

U =2 x 1 x 22
La fonction d’utilité d’un consommateur s’écrit :
P1 et P2 étant les prix des biens 1 et 2, et R le revenu du consommateur.
a. Calculer le complexe optimal du consommateur si P1 = 2, P2 = 3 et R = 30.
b. Même question si P1 augmente de deux unités.
c. Mettre en évidence l’effet substitution et l’effet revenu.
d. Interpréter économiquement les résultats obtenus.

6. Le Surplus du Consommateur
En règle générale, tous les consommateurs ne sont pas à priori disposés à payer le même prix
pour obtenir un bien donné. Cependant ; le prix de marché est unique et les agents qui
déboursent en fin de compte une somme inférieure à celle qu’ils étaient disposés à acquitter
réalisent une économie virtuelle : c’est cette économie que l’on qualifie de rente (ou surplus)
du consommateur.
Autrement dit, c’est l’avantage ou le gain du consommateur en achetant un bien à un
prix inférieur à celui auquel il était disposé à payer.

21
Une augmentation du prix du marché réduit ce surplus. La perte qu’il subit peut être évaluée
par le montant de revenu qu’il faudrait lui allouer pour compenser ce changement de prix. La
valeur du Surplus s’écrit :

a. Méthode Algébrique
Q
SC=∫0 P (Q)dq−P.Q

b. Méthode graphique.
Soit la fonction de demande suivante : q=− p+b si le prix payé est de P Francs, déterminer
la valeur du surplus du consommateur.

P
b BH
=
Le Surplus du consommateur (SC) 2
Dépense du consommateur.
P1

Q1 b Q

Exemple d’application
q=−2 P+30
La fonction de demande d’un consommateur pour le bien X est : Si le prix payé
est 5 francs, quelle est la valeur du surplus ?

7. Les Choix Intertemporels


On parle de préférences intertemporelles pour indiquer qu’un agent maximise sa satisfaction
dans le temps.
7.1. Principes de base
L’agent effectue un arbitrage sur deux périodes. Il ne dispose pas de capital initial et connaît
parfaitement ses revenus R1 et R2 des années 1et 2. Lorsque l’agent ne dépense pas tout son
revenu l’année 1 (C1 correspond à sa consommation), la différence (E 1= R1- C1) sera placé au
taux d’intérêt annuel « i » ; dans le cas contraire, il est dans l’obligation de s’endetter au taux
« i ». Pour simplifier, admettons que le prix des biens B 1 et B2 est égal à 1 franc ; les valeurs
C1 et C2 sont donc à la fois des quantités et des francs. L’objectif consiste à déterminer le

22
montant optimal de consommation que l’agent doit effectuer lors de chaque période, afin de
maximiser sa satisfaction intertemporelle, sous contrainte budgétaire.
Plaçons nous dans le cas où l’agent épargne, l’année 1, une partie de son revenu. Il place cette

I =i .E 1=i( R1 −C1 ) . Par hypothèse, l’agent


épargne qui lui rapporte donc un montant égal à i
consomme tous ses revenus. Ainsi, on peut poser l’égalité : C 1 +C 2=R 1 + R2 +i ( R1 −C 1 ) . La
contrainte budgétaire s’écrit donc : C 1 .( 1+i )+ C2 =R1 (1+i )+ R 2 .
Si l’agent s’endette au lieu d’épargner, toutes ces relations restent valables : l’épargne E1
devient alors négative et le montant de l’intérêt I 1 (négatif lui aussi) est versé par l’agent au
lieu d’être reçu par lui. Ce paiement d’intérêt diminue sa consommation de l’année 2. L’agent
peut décider de ne pas prêter et ne pas emprunter : il consomme chaque année exactement son
revenu annuel.

7.2. Détermination du Choix optimal


L’agent possède donc une fonction d’utilité intertemporelle, qui est fonction des dépenses
successives de consommation. Le lieu géométrique de toutes les combinaisons qui satisfont
cette égalité est appelé « courbe d’indifférence intertemporelle ». Elle possède les mêmes
propriétés que les courbes d’indifférence classiques. Le problème consiste donc à maximiser
cette fonction sous la contrainte de budget intertemporelle.

{ Max :U =f ( C 1 , C2 ) ¿ ¿ ¿ ¿
C1
Courbe
R2+R1(1+i) d’indifference
du Prêteur

R2 C2
+ R1
( 1+i)
C1
R2+R1(1+i)
Courbe
d’indifferenc de
l’Emprunteur
23

R C2
( 1+i)

Exemple d’application 1

U ( x , y ) =ln x 2 +ln y
Soit la fonction d’utilité :

P x=P y=2
à la période initiale, les prix sont :

P x=1, P y =4
à la période finale, ils sont :
1. Déterminer l’indice de PAASCHE.
2. Expliquer pourquoi l’accroissement du niveau général des prix est de 0% pour le
consommateur compte tenu de la structure de consommation.

8. L’Arbitrage Travail-loisir
8.1. Les Hypothèses de base
L’agent dispose de H heures qu’il peut consacrer aux loisirs (L : temps de loisir) et au travail
(T : temps de Travail) ; on a donc la relation simple : H = T + L. Son salaire nominal est égal
à s. Il consomme une quantité C de biens composites F, de prix unitaire p.

8.2. La Contrainte budgétaire


L’agent souhaite maximiser sa satisfaction, sous sa contrainte budgétaire : sT = pC . Cette
égalité exprime simplement le fait que les dépenses doivent être égales aux ressources, par
hypothèse, entièrement utilisées. Une transformation permet d’écrire cette contrainte sous une
forme exploitable :
sT = pC ⇔ sT +sH = pC+sH
⇔ sH =sH −sT + pC
⇔ sH =s ( H−T )+ pC
⇔ sH =sL+ pC
(1)

24
sH s
C= − L
Finalement la contrainte de budget s’écrit : p p (2)
L’expression (1) de la contrainte budgétaire permet de bien comprendre l’arbitrage travail-
loisirs. Le terme sH correspond au revenu potentiel que l’individu obtiendrait s’il travaillait la
totalité du temps disponible. Le terme de droite correspond à l’emploi du revenu : ce dernier
peut donc être consacré à l’achat d’un certain nombre de biens F au prix p mais aussi à l’achat
d’un certain nombre d’heures de loisir au prix s. On considère ainsi que l’individu « achète »
du loisir car chaque heure consacrée au loisir ne peut pas être consacrée au travail ; chaque
heure consacrée au loisir « coûte » donc indirectement une heure de travail. On dit d’ailleurs
en économie que le salaire est le « coût d’opportunité » du loisir.
L’individu doit maintenant confronter ses préférences à sa contrainte budgétaire. On fera
l’hypothèse habituelle de courbe d’indifférence convexe. L’individu sera dans une situation
optimale au point de tangence entre sa contrainte budgétaire et la courbe d’indifférence la plus
haute. Le problème consiste donc à maximiser une fonction d’utilité (ayant de « bonnes »
propriétés) sous la contrainte de budget.

{Max:U=f(C,L)¿¿¿¿
Il est possible de calculer le taux marginal de substitution de la consommation au loisir : il est
égal à la quantité additionnelle de biens F que l’individu exige d’obtenir en compensation de
la réduction d’une unité de loisir, à utilité constante. A l’optimum, le TMS est égal à la pente
de la droite de budget, donc est égal au taux de salaire réel :
∂U
L
∂ L Um ∂C s
TMS LC = = C =− =
∂U U m ∂L p
∂C

25
Exemple d’application

La fonction d’utilité d’un consommateur s’écrit :


U ( x 1 , L0 )=x 1 L0

x 1 étant la quantité consommée d’un bien 1 et L0 le nombre d’heure de loisir de l’individus


En plus de son salaire, cet agent économique reçoit des revenus non salariaux Y constants. Le
temps disponible par jour et en heures du consommateur est T = 12.
L L ≻0 , L≻0 .
a. Etablir la relation liant le loisir ( 0 ) et le travail (L) avec 0
b. L’Etat décide de prélever un impôt sur les salaires au taux θ1 et sur les revenus non
salariaux au taux θ2 . Si le taux de salaire W = 3, le prix du bien 1
P1 =2 ,Y =24 , θ1 =20 %, θ2 =10 %, comment sera affectée l’utilité du consommateur

par cette décision gouvernementale ?

TRAVAUX DIRIGES (TD).


1. Selon les tenants de la théorie cardinale, l’utilité marginale d’un bien est :
a) Toujours décroissante.
b) Généralement décroissante.
c) Souvent croissante puis décroissante
2. Considérons une promotion d’étudiants de licence 3 et la relation « strictement plus
âgé que » ; la relation de préférence est :
a) Réflexive.
b) Complète
3. Une courbe d’indifférence est l’ensemble des paniers de consommation procurant une
même satisfaction au consommateur. Vrai ou Faux.
4. L’élasticité croisée de la demande de X2 au prix de X1 est égale à - 0,2 tandis que le
prix de X2 n’apparaît pas dans la fonction de demande de X1
a. X1 n’est pas lié à X2.
b. X2 n’est pas lié à X1.
c. X1 est substituables à X2.
d. X1 est complémentaire de X2
e. X2 est complémentaire de X1
X ( P )=−P+10
5. Soit la fonction de demande d’un bien X :

26
Si l’élasticité prix direct est égal à -1, lequel des points de coordonnées (Q, P) vérifie cette

fonction de demande :

P 5,( )5
2
a.

P ( )
5
2
,5
b.
c. C(6,10)
6. Quels types d’élasticité permettraient d’étudier les cinq questions suivantes :
a) Y a-t-il une relation entre le prix du maïs et les ventes de manioc ?
b) Les ventes de motos dépendent – elles de leurs prix ?
c) Quel est le degré de concurrence d’une voiture par rapport à un bus pour se rendre
de Paris sur la Côte d’Azur ?
d) Quelle est l’influence du prix des péages sur la fréquentation des autoroutes ?
e) Le lait est-il un bien inférieur ?
7. Dans lequel des deux (2) pays l’élasticité revenu de la demande est plus faible :
a. Pays développés ;
b. Pays en voie de développement.
8. Le prix de la marchandise A baisse. Quelle est l’allure graphique de l’effet de
substitution :
a. Un mouvement ascendant le long d’une courbe d’indifférence donnée ?
b. Un mouvement allant d’une courbe d’indifférence élevée à une courbe
d’indifférence plus baisse ?
c. Un mouvement descendant le long d’une courbe d’indifférence donnée ?
9. L’effet de revenu fait varier la demande d’un bien :
a. Dans le sens inverse de son prix.
b. Dans le même sens que son prix.
c. Dans un sens variable selon la nature du bien.

10. Un individu qui n’est pas entrepreneur demande :


a. Du travail
b. Du loisir et, complémentairement, du travail.

27
c. Du travail pour s’offrir du loisir.
11. Il y a absence d’illusion monétaire si, lors d’une inflation :
a. Les prix nominaux ne varient pas.
b. Les prix réels ne varient pas.
c. Les revenus réels ne varient pas.
d. Les quantités demandées ne varient pas.

CHAPITRE II : LA THEORIE DU PRODUCTEUR

28
L’analyse du producteur constitue le second pilier de la théorie microéconomique. Quand
l’analyse du comportement du consommateur définit la demande sur le marché, l’étude de
celui des firmes permet d’expliciter l’offre et, par confrontation avec la demande, de justifier
la formation des prix sur un marché.
La production est une activité socialement organisée consistant l’obtention des biens et
services destinés à la satisfaction directe ou indirecte des besoins de l’homme par la
transformation des biens intermédiaires (en combinant du Travail et du capital)
donnant lieu à un revenu en contrepartie.

Le comportement du producteur possède de grandes similitudes avec celui du consommateur.


Comme ce dernier, le producteur achète des biens et des services (les facteurs de production),
le producteur possède une « sorte » de fonction d’utilité (la fonction de production), et enfin,
le producteur est limité par ses ressources (la contrainte budgétaire). Dans un premier temps,
nous étudierons le comportement du producteur d’un point de vue technique et tenterons de
résoudre le problème de la maximisation de la quantité produite pour un budget donné. De
nombreux concepts étudiés dans le cadre du consommateur seront transposés à l’analyse du
producteur.

1. Techniques de production et fonction de production


La fonction de production décrit la relation entre la quantité produite d’un bien et les quantités
des différents facteurs nécessaires à sa fabrication. La fonction de production résume sous
forme mathématique les choix techniques de l’entrepreneur.

1.1. Les Caractéristiques des facteurs de production


- La divisibilité correspond à la possibilité d’utiliser un facteur de production dans
d’aussi petites quantités que l’on souhaite.
- L’adaptabilité correspond à la possibilité d’associer à une unité d’un facteur de
production donné, un nombre variable d’unités d’un autre facteur de production.
- La substituabilité signifie que le producteur peut remplacer une certaine quantité d’un
facteur par une certaine quantité d’un autre facteur, à niveau de production égal.

1.2. Distinction entre Facteur fixe et Facteur variable


29
a. Facteur fixe
Un facteur fixe est un facteur dont la quantité ne peut être modifiée pendant la période de
temps considérée. Cela revient à dire que la quantité d’un facteur fixe est indépendante du
volume de la production.

b. Facteur variable
Un facteur est dit variable lorsque la quantité de ce facteur est fonction du volume de la
production.
Il serait naïf de croire que les notions de courte et de longue période recouvrent une durée
précise, un nombre de mois ou d’années bien spécifique. On considère que l’on raisonne en
courte période si l’un au moins des facteurs de production est fixe ; en longue période tous les
inputs sont variables.

1.3. Fonction de Production


La Fonction de Production représente le champ qu’ouvre la technique à la production ; elle
décrit, en somme, l’horizon technologique de l’entreprise. On la définit comme une relation
quantitative entre les inputs et l’output, entièrement déterminée par l’état des techniques et
décrivant en termes physiques quelle est la quantité d’inputs nécessaire pour produire une
certaine quantité d’output. On note : Q=f ( K , L) .

1.4. Les Types de Fonction de Production


a. Les fonctions de Production linéaires à facteurs substituables :
Q( K , L)=αK + βL
K
Isoquantes ou Carte d’isoquantes

L
b. Les fonctions de Production à facteurs complémentaires :
Q( K , L)=min { K , L }

K Isoquantes ou carte d’isoquantes

30
L
c. Les fonctions de Production non linéaire à facteurs substituables ou fonction de
α β
Production Coob-Douglas : Q( K , L)= AK L
- A = coefficient de dimension ;
- α et β = paramètre d’intensité des facteurs ;
- K et L = facteurs de Production

Isoquantes ou carte d’isoquantes

Règle générale, plus on allonge la période de référence et plus il y a de la flexibilité dans


l’organisation de la production : telle est la raison pour laquelle on distingue les fonctions de
production de courte période des fonctions de longue période.

1.5. La fonction de production en courte période


Soit Q=f ( x , y ) une fonction de production. Les variables x et y correspondent
respectivement aux quantités de facteurs X et Y utilisés pour obtenir Q produits. Lorsque y est
constant (noté y0), la valeur prise par Q s’appelle « productivité totale » du facteur X ou plus
simplement « production ». On définit :
f ( x , y0 )
P XM =
- La productivité moyenne du facteur X : x

∂ f ( x , y0 )
PmX =
- La productivité marginale du facteur X : ∂x

Lorsqu’on associe de plus en plus de facteur variable X à une quantité donnée de facteur fixe
Y, l’accroissement de la production peut être, soit plus fort, soit identique, soit plus faible que
l’accroissement du facteur variable. Même si dans la réalité toutes les situations sont

31
possibles, le bon sens et la logique conduisent cependant, lorsqu’on généralise, à privilégier la
dernière hypothèse, connues sous le nom de « loi des rendements décroissants » (ou loi de la
productivité marginale décroissante, ou enfin hypothèse des rendements factoriels
décroissants).

1.6. La fonction de production en longue période

La caractéristique de la longue période consiste dans le fait que tous les facteurs sont
variables. Par souci de simplicité, on fera varier tous les facteurs simultanément, dans
le même sens et dans les mêmes proportions. Cette situation fait référence à ce qu’on
appelle « les rendements d’échelle ».

Lorsque l’accroissement de la production est exactement proportionnel là l’accroissement des


facteurs, on dit que les rendements d’échelle sont constants. Lorsque l’accroissement de la
production est plus que proportionnel à l’accroissement des facteurs, on dit que les
rendements d’échelle sont croissants. Ils sont décroissants si c’est l’inverse.
On dira que la fonction f ( x , y ) est homogène de degré »m » si, pour tout nombre réel
strictement positif λ , l’égalité suivante est vérifiée :

f ( λx, λy )=[ λ m ] .f ( x , y)
Les fonctions homogènes satisfont à l’identité d’Euler :
∂ f ( x , y) ∂ f ( x, y )
x +y =m.f ( x , y)
∂x ∂y

2. Comportement du producteur
2.1. Isoquantes, iso-coût et optimum
Par souci de clarté, nous considérerons une fonction de production à deux variables. Il est
alors possible de définir, comme pour le consommateur, des courbes d’indifférence appelées
dans ce cas isoquantes. Il s’agit de l’ensemble des combinaisons de facteurs de production
permettant d’obtenir le même niveau de production. Plus on se déplace vers le nord-est du
graphique, plus le niveau de la production est élevé. Toutes les propriétés étudiées dans le cas
des courbes d’indifférence du consommateur restent valables pour les isoquantes : elles ne
peuvent pas se couper, elles sont convexes, et seule la partie décroissante est à prendre en
considération.

32
Supposons que le producteur dispose d’un budget B 1 qu’il reparti en achats de facteurs X et Y
selon des quantités x et y. Le prix unitaire de X est noté p et le prix unitaire de Y est noté q.
Le principe est identique à ce qui a été vu pour le consommateur : les facteurs remplacent les
biens, la fonction de production remplace la fonction d’utilité, le budget du producteur
remplace le revenu du consommateur, le prix des facteurs remplace le prix des biens. L e
problème consiste donc à maximiser la production sous la contrainte de budget.

{ Max:Q=f(x,y)¿¿¿¿
Le choix optimal du producteur consiste donc à trouver une combinaison de facteurs
respectant la contrainte et située sur l’isoquante la plus élevée. L’optimum A se situe au point
de tangence de la droite de budget (appelée droite d’isocoût) et de l’isoquante Q 1. Il est de
même possible de fournir une interprétation économique du multiplicateur de Lagrange : il
mesure l’accroissement de la production provoqué par l’accroissement du budget d’une unité.
Supposons que x = L, y = K, Px = PK, P = PL et B = B1.
K
B
PK
¿
K

¿
L B L
PL
Exemple d’application
Pour fabriquer les biens X et Y, la petite entreprise familliale Pèpè utilise trois facteurs de
production le Kapital (K), le Travail (L) et le Gaz (G) d’où la fonction d’utilité suivante :
1 1 1 1
[ x+ y ] 2 = K 2
+2 L 2
+G 2
.

on note les prix des facteurs de la façon suivante :


P K ,P L ,P G . L’entreprise dispose d’un
budget B.
a) déterminer les quantités de facteurs K, L et G permettant à Pèpè de maximiser sa
production.

b) En déduire les quantités optimales lorsque


P K =4, PL =32,PG =8,B=2560 .

33
c) déterminer les quantités de facteurs K, L et G permettant de minimiser son coût de
production sachant que le volume de la production est de 1280 et les prix des facteurs
sont constants.

2.2. Le Sentier d’expansion


Imaginons que le producteur augmente le budget consacré à la production de B 1 et B2, puis de
B2 à B3. Dans ce cas, la droite d’isocoût va se déplacer parallèlement à elle –même, vers le
haut du graphique. La courbe qui relie tous les points d’équilibre est appelée « sentier
d’expansion de la firme », ou « ligne d’échelle ». Cette courbe exprime l’augmentation des
quantités de facteurs utilisés, suite à l’accroissement des ressources disponibles pour produire.
Précisons que ces modifications s’effectuent à prix de facteurs constants (on dit que les prix
relatifs des facteurs sont fixes) ; le coefficient directeur de la droite d’isocoût est fixe.

K
B3/PK Ligne d’échelle ou le Sentier d’expansion de la Firme
B2/PK
B1/PK

B1/PL B2/PL B3/PL L

2.3. Modification de la Structure des prix relatifs


Pour qu’il y ait modification de la pente de la droite de budget, il faut qu’il y ait un
changement dans la structure des prix relatifs des facteurs. Imaginons, par exemple, que le
prix de Y reste stable et que seul le prix de X varie. Si le prix de X augmente, toutes choses
égales par ailleurs, cela va logiquement réduire les possibilités de production de la firme et
inversement si le prix de X baisse.
On constate que la variation du prix a provoqué un changement dans la combinaison
productive : c’est logique, dans la mesure où la variation du prix d’un facteur pousse le
producteur à substituer le facteur qui est devenu moins cher au facteur relativement plus cher.
Comme dans le cas du consommateur, il est possible d’étudier le passage d’un optimum à
l’autre en utilisant les notions d’effet de substitution et d’effet de revenu.

2.4. Elasticité de substitution


34
Il s’agit d’un indicateur permettant de mesurer l’impact d’une modification de la structure des
prix relatifs des facteurs sur la combinaison productive. Nous avons donc besoin de deux
éléments :
- Une façon d’apprécier la combinaison productive : on choisira de la caractériser par le
y
rapport x ;
- Une façon d’apprécier la structure des prix relatifs : on choisira de la caractériser par
p
le rapport q
L’élasticité de substitution est donc égale à :
y y
d( ) d( )
x x
y y y
d( )
x x x TMST
es= = = ∗
p d (TMST ) d (TMST ) y
d( )
q TMST x
p
q
p
Ainsi, en admettant que le rapport des prix des facteurs q augmente de 1%, le fait de dire
y
que l’élasticité de substitution est égale à 3 signifiera que le rapport x des quantités de
facteurs augmente de 3%.

Exemple d’application

( )
1 1 2
2 2
Soit la fonction de production :Q( K , L)= 3 K + 2 L
a. Quelles sont les productivités moyennes des facteurs ?
b. Quelles sont les productivités marginales des facteurs ?
c. Quelle est la nature des rendements d’échelle ?
d. Calculer le TMST.
e. Vérifier que l’élasticité de substitution est constante.

3. Le Comportement du producteur et Coûts de production


Le producteur cherche le plus souvent à maximiser son profit et non la quantité produite. Or,
le profit correspond à la différence entre les recettes totales et les charges totales. La prise en

35
compte de ces deux éléments suppose qu’ils ne soient plus considérés comme des contraintes,
mais qu’ils soient intégrés directement dans le raisonnement initial. De plus, il est nécessaire
de distinguer le court terme du long terme.

1. Les Coûts de production en courte période


Le producteur choisit le niveau de production lui offrant le profit le plus fort, le prix des
facteurs étant donné par le marché, indépendamment de l’entreprise. Or, le producteur
rationnel ne peut retenir qu’une combinaison se situant sur le sentier d’expansion. Ainsi, pour
chaque combinaison optimale, le producteur calcule le coût de production et la quantité
produite, Finalement, pour chaque point du sentier d’expansion, le producteur établit une
liaison entre la quantité produite et son coût de fabrication. Cette liaison définit la fonction de
coût total.

En courte période, on considère qu’il ya fixité d’un certain nombre d’éléments


participant à la production : équipements, bâtiments, terre… La capacité maximale de
production est une donnée et les coûts associés à ces facteurs doivent être supportés
par le producteur quelle que soit la quantité produite. C’est pourquoi ils sont appelés
coûts fixes.

1.1. Les Coûts fixes


Si le facteur K est le facteur fixe à court terme, son coût, noté par convention CF, est fixe quel
que soit le niveau de production. Il est possible de définir le coût fixe moyen noté CF M, encore
appelé coût fixe unitaire : il est décroissant car plus le producteur utilise ses facteurs fixes,
plus il en réduit le coût unitaire.

1.2. Les coûts variables


Un coût de production proportionnel aux quantités produites est un « coût variable ». Ce
dernier est une fonction croissante des quantités produites. On le notera CV(q). A partir du
coût variable, sous – entendu « total », on peut définir :
CV (q)
CV M ( q )=
- Le coût total moyen : q ;
∂CV (q )
CV m (q )=
- Le coût variable margina : ∂q

36
1.3. Coût total
Le coût total, noté CT(q), est défini comme la somme du coût fixe et du coût variable. On
définit aussi :
CV (q ) CF (q ) CT ( q )
C M (q )= + =
- Le coût total moyen : q q q
∂ [ CV (q )+CF ] ∂CV (q )
C m (q )= = =CV m (q )
- Le coût total marginal : ∂q ∂q
ΔCT CT 1 −CT 0
Cm= =
ΔQ Q1 −Q0
Pour le cas discret :

4. Maximisation du profit et fonction d’offre en courte période


Nous continuerons de supposer que le cadre de référence est la courte période et que le prix
des facteurs et le prix de vente sont des données exogènes, qui s’imposent à l’entreprise.

4.1. La Maximisation du profit


Soit le profit de l’entreprise, noté π , fonction de la quantité produite :
π (q )=Pq−CT ( q ) où P est le prix de vente du produit fabriqué par l’entreprise. Pour que le
profit admette un extremum, il faut que la condition nécessaire du 1er ordre soit respectée :
∂ π (q) ∂CT (q )
=0 P− =0 ⇔ P=C m
∂q c'est-à-dire : ∂ q
Ainsi, la quantité optimale est celle pour laquelle le coût marginal est égal au prix de vente.
Pour que cet extremum soit effectivement un maximum, il suffit que la dérivée seconde de la
fonction de profit soit strictement inférieure à zéro :
∂2 π ( q ) ∂ 2 CT (q )
2
≺0 − 2
≺0⇔ C'm (q )≻0
∂q c'est-à-dire : ∂q
Ainsi, pour que la fonction de profit admette un maximum, il suffit que le coût marginal soit
croissant. Si l’égalité du prix de vente et du coût marginal est vérifiée pour plusieurs niveaux
de production, seule la solution située dans la partie croissante de la courbe de coût marginal
est à retenir.

37
4.2. Seuil de Rentabilité et Seuil de Fermeture
a. Seuil de Rentabilité
Le seuil de rentabilité correspond à la quantité pour laquelle le prix de vente est égal au
minimum du coût moyen, c'est-à-dire l’ensemble de ses coûts est tout juste couvert par ses
recettes.

b. Seuil de Fermeture
On désigne par seuil de fermeture le minimum de la courbe de coût variable moyen, lorsque le
prix se situe en deçà du seuil de fermeture ; l’activité de la firme est interrompue car cette fois
le prix ne parvient même plus à couvrir ses coûts variables.

CM CMV

Cm
P
P0

4.3. La courbe d’offre de l’entreprise


La fonction d’offre individuelle d’une entreprise établit une relation entre le prix d’un produit
et la quantité offerte. Ainsi, la quantité offerte par l’entreprise est donnée par le coût marginal
de l’entreprise du fait même de la condition permettant d’avoir un maximum. La fonction
d’offre se confond donc avec la partie de la courbe de coût marginal, partie croissante et
supérieure au minimum du coût variable moyen. Lorsque le prix de vente est inférieur à cette
valeur, l’offre de la firme est nulle, c’est pourquoi la courbe d’offre se poursuit sur l’axe des
ordonnées.

5. Les Coûts de production en longue période

38
En longue période, l’échelle de production peut être modifiée suite à des investissements
permettant d’accroître le stock d’équipements, la surface de l’usine, ou la superficie des
terres…Si bien qu’en longue période, il n’y a plus que des coûts variables.

5.1. La Courbe de coût total de longue période


Appelons K la capacité de production installée, c'est-à-dire la capacité maximale que
l’entreprise peut mobiliser. Or, les coûts fixes dépendent de cette capacité K. Plus elle est
importante, plus les coûts fixes seront élevés. La capacité de production ne peut évoluer qu’à
long terme. Le producteur peut décider d’investir afin d’accroître cette capacité. C’est
pourquoi on dit qu’à long terme, le montant des coûts fixes est une fonction croissante de la
capacité de production.
Si : CF =g( K )
Alors : CT ( q)=f ( q )+CF =f ( q )+ g( K )
Ainsi, le coût total est fonction du volume de la production (noté q) et de la capacité de
production (notée K). A chaque valeur de K est associée une valeur pour CF.
Considérons les trois fonctions ci-dessous :

CT 1 (q)=f (q)+CF 1 ;CT 2 (q)=f (q)+CF 2 ;CT 3 (q)=f (q)+CF 3


Pour chaque taille d’usine, on a une courbe de coût total de courte période. Ainsi, chaque
niveau de production peut être obtenu de différentes manières : avec une petite usine, une
moyenne…une grande, mais avec des niveaux de coûts différents.

CT3
CT1
CT CT2 CTLP
CF3

CF2

CF1

Q
5.2. Les courbes de coût moyen et de coût marginal de longue période

Lorsqu’il y a une infinité d’équipements possibles, la courbe CM LP sera la courbe


enveloppe des courbes CMCP. Il s’agit de tracer la courbe de longue période de façon à
39
ce qu’elle soit tangente à toutes les courbes de courte période.
Pour chaque taille, il existe une courbe de coût moyen et une courbe de coût marginal.
Comme la courbe de CMLP est tangente en un point à chaque courbe de CM CP, cela permet de
déterminer la valeur du coût marginal associé. On répète cette opération autant de fois qu’il y
a de courbes de courte période. Il suffit ensuite de relier ces points pour obtenir la courbe de
CmLP. Cette dernière coupe en son minimum la courbe de coût moyen de longue période.

Exemple d’application
Une entreprise utilise une technologie de production pouvant se traduire formellement par la
0 ,5
fonction suivante :Q( K , L)=5 KL
Les prix des facteurs sont de 30 u.c pour le capital (r) et 15 u.c pour le travail (w). Les coûts
fixes sont nuls.
a) Déterminer l’équation du sentier d’expansion.
b) Déterminer la fonction de coût de cette entreprise.
c) Déterminer le coût moyen et le coût marginal de cette entreprise.

5.3. La maximisation du profit en longue période


Elle s’obtient de la même façon qu’en courte période, mais en considérant les fonctions de
coût de longue période. Ainsi, le profit sera maximum lorsque le producteur égalisera son
coût marginal de longue période au prix de vente (donnée exogène) : CmLP = P. Comme en
courte période, cette égalisation doit s’effectuer dans la partie croissante du coût marginal. La
quantité pour laquelle il y a égalité correspond donc au volume de production optimal ; le
producteur est ensuite en mesure de déterminer la capacité de production optimale.

TRAVAUX DIRIGES
1. Si les productivités marginales des facteurs d’une entreprise sont décroissantes, son
coût total est :
a) Décroissant à taux croissant.
b) Décroissant à taux décroissant.
c) Croissant à taux croissant.
2. La fonction de coût marginal coupe en son minimum :

40
a) La fonction de coût moyen.
b) La fonction de coût variable moyen.
c) La fonction de coût total.
d) La fonction de coût fixe moyen.
3. A court terme, l’entreprise produit si le prix est supérieur :
a) Au coût fixe.
b) Au minimum du coût moyen.
c) Au minimum du coût variable moyen.
d) Au coût fixe moyen.
4. Montrer algébriquement que la courbe de la productivité marginale coupe celle de la
productivité moyenne en son maximum.
5. La loi des rendements décroissants est- elle vérifiée sur les fonctions de production
suivantes, pour le facteur X ?
1
3
−Q( x , y )= Ax y
1
1− β
−Q( x , y )= Ax 2 y
β 1− β
−Q( x , y )= Ax y Avec A > 0 et 0< β <1 .
6. La fonction de production Q( K , L)=2 KL (type Cobb – Douglas) présente des
rendements d’échelle croissants. Vrai ou Faux
7. Pour fabriquer 5 unités d’un produit donné, il faut exactement 15 unités de facteurs X,
25 unités de facteurs Y et 20 kg de facteurs Z. La forme de la fonction de production
est :
1 1 1
Q( x , y , z )=15 x 5 +25 y 5 +20 z 5

1 1 1
Q( x , y , z )=3 x .5 y . 4 z 5
5 5

{
x y z
Q( x , y , z )=min ; ;
3 5 4 }
Q( x , y , z )=min { 3 x ; 5 y ; 4 z }

8. Le producteur enregistre une perte si :


a. Le prix est inférieur au minimum du coût moyen.
b. Le prix est inférieur au minimum du coût marginal.
c. Le prix est inférieur au minimum du coût variable moyen.

41
CHAPITRE III : LES STRUCTURES DE MARCHES

Le marché est un processus de confrontation de l’offre et la demande.


Les Structures de marche ou organisation industrielle sont des caractéristiques qui influent sur
les choix et les stratégies des firmes en matière :
- De prix de vente ;
- Du volume de la production (quantité optimale) ;
- Du profit attendu.

Les principales structures de marché

Nom Nombre de vendeurs Nombre d'acheteurs


Monopole 1 très grand
Monopole bilatéral 1 1
Monopsone très grand 1
Duopole 2 très grand
Duopsone très grand 2
Oligopole petit très grand
Oligopsone très grand petit
Concurrence très grand très grand

A. La concurrence Pure et Parfaite (CPP)

Un marché est qualifié de parfaite concurrence lorsqu’il répond aux caractéristiques


suivantes :
1. Atomicité du marché

42
Infinité d’acheteurs potentiels, ayant chacun la plus petite dimension possible, afin
qu’aucun demandeur et qu’aucun offreur ne puisse exercer une influence sensible sur
le prix et le volume des transactions ;
2. Homogénéité du produit dans l’espace et dans le temps
Le bien ne comporte aucun signe d’identification du producteur, ni de signe distinctif
quelconque comme un emballage ou une taille ou une couleur différents des autres
biens destinés au même usage et offerts au même moment dans le même lieu.
3. Transparence parfaite du marché
Les offreurs et les demandeurs disposent d’une information complète sur les éléments
composant le marché. Les demandeurs connaissent les conditions de l’offre et les
offreurs connaissent les conditions de la demande.
4. La fluidité parfaite de l’offre et de la demande
C’est la liberté d’entrée et de sortie du marché, mais c’est aussi l’adaptation immédiate
de l’offre à la demande en cas d’afflux des demandeurs qui se traduit par la hausse des
prix, et l’adaptation de la demande à l’offre en cas de baisse des prix consécutive à une
pléthore.

1. La loi de l’offre et de la demande


1.1. Les courbes d’offre et de demande du marché

Toutes choses égales par ailleurs, la fonction de demande d’un bien définit une
relation décroissante entre la quantité que les consommateurs souhaitent acheter et le
prix auquel ils souhaitent acheter cette quantité. La forme de la fonction de demande
individuelle s’établit par rapport aux préférences du consommateur.
Toutes choses égales par ailleurs, la fonction d’offre d’un bien définit une relation
croissante entre la quantité que les producteurs souhaitent vendre et le prix auquel ils
souhaitent vendre cette quantité. La forme de la fonction d’offre individuelle s’établit
par rapport aux producteurs.

Il est essentiel de préciser « toutes choses égales par ailleurs » à cause des nombreux autres
facteurs qui peuvent influencer l’offre (le progrès technique, le prix des facteurs de
production, etc) et la demande (le revenu du consommateur, la publicité, les caractéristiques
des produits substituables et complémentaires, etc). Ces éléments expliquent que les courbes
d’offres et de demande puissent se déplacer vers la droite ou vers la gauche : on parle par
43
exemple d’un accroissement de la demande, à prix donné. C’est pourquoi il ne faut pas
confondre les mouvements le long d’une courbe avec les mouvements d’une courbe elle-
même.

1.2. L’Equilibre entre l’offre et la demande


L’intersection entre les courbes de demande et d’offre définit le point d’équilibre du marché
¿ ¿
(Q , P ). Il s’obtient rarement sans tâtonnement. Ainsi dans une perspective dynamique des
périodes plus ou moins longues de déséquilibre peuvent exister. On voir apparaître un excès
d’offre lorsque les vendeurs produisent une quantité trop importante par rapport à la demande.

P D

Pe

Qe Q

2. Détermination de l’Equilibre en Concurrence Pure et Parfaite à court terme

La théorie microéconomique fait intervenir ce qu’il est convenu d’appeler le


« commissaire priseur ». Son intervention est une condition nécessaire au
fonctionnement du marche (et au fonctionnement du modèle théorique de concurrence
pure et parfaite). Le mécanisme que nous allons décrire est souvent appelé
« tâtonnement walrasien ».

En régime de concurrence parfaite, l’équilibre d’un marché particulier ou équilibre partiel est
réalisé si la quantité demandée par les acheteurs du produit considéré est égale à la quantité
offerte par les vendeurs de ce même produit :
D( p x )=O( p x )
D( p x )−O( p x )=0

44
2.1. Equilibre dynamique avec adaptation instantanée
Les vendeurs peuvent produire très rapidement les quantités demandées : le processus
d’ajustement est considéré comme très rapide, quasiment instantané. Chaque vendeur indique
la quantité qu’il souhaiterait vendre et à quel prix et chaque acheteur indique la quantité qu’il
souhaiterait acheter et à quel prix. Il est rare d’aboutir à l’équilibre dès les premiers souhaits
de chacun. Le déséquilibre est fréquent : par exemple, toute l’offre potentielle ne trouve pas
preneur.
Pour aboutir à une situation meilleure pour tous, le commissaire-priseur, se basant sur les
premières informations fournies par le marché, va proposer un prix plus faible. Ce faisant, il
espère que les demandes seront plus fortes. Ace prix, les offreurs ne proposent pas assez pour
satisfaire les demandeurs. Le prix est suffisamment bas pour décourager certains producteurs.
Le commissaire-priseur continuera à proposer des prix en tenant compte des informations qui
ressortent des propositions précédentes. Lorsque l’équilibre est atteint, le commissaire-priseur
arrête les négociations.

2.2. Equilibre dynamique avec adaptation retardée


Pour un grand nombre de biens, la production ne peut pas être instantanée et demande un
certain délai. C’est pourquoi les producteurs sont souvent obligés de « construire » leurs plans
de production par rapport aux informations de la période précédente. Dans ce cas, le
processus d’ajustement correspond à une suite de périodes de durée variable où les échanges
se réalisent, avant même que l’équilibre n’ait été atteint. Le processus forme une toile
d’araignée, autour de la position d’équilibre ; c’est pourquoi on parle de toile d’araignée, de

« Cobweb » ou encore de « modèle arachnéen » :


Qt =f ( Pt−1 ) .

P O

45
2.3. La stabilité de l’équilibre de courte période
On dit qu’un équilibre est stable si une perturbation est suivie d’un retour à une situation
d’équilibre, identique ou non à la situation d’équilibre initiale. Le rétablissement de
l’équilibre, identique ou non à la situation d’équilibre initial. Le rétablissement de l'équilibre
peut être obtenu soit par une variation du prix, soit par une variation des quantités. La stabilité
de l’équilibre dépend des pentes respectives des droites de demande et d’offre.

3. L’Equilibre de marché en longue période


Dans la courte période à laquelle nous venons de nous attacher, le volume de l’offre du bien X
ne peut varier qu’entre zéro et une limite supérieure fixée par la capacité de production des
entreprises existantes, puisque cette capacité de production constitue une donnée, En longue
période cette capacité de production peut varier.
Un prix est alors fournit par l’intersection de la courbe d’offre de longue période des
entreprises existantes et de la courbe de demande. Ce prix doit bien entendu être suffisant
pour couvrir les coûts de production des entreprises, faute de quoi certaines d’entre elles
disparaîtraient, l’offre deviendrait insuffisante et le prix montrait.

3.1. Le comportement du producteur


Lorsque le prix est fixé, la firme choisit donc son volume de production par rapport à son coût
marginal. Ceci est valable à court terme, pour un stock de capital donné, ainsi que sur une
période plus longue, car on sait que l’entreprise peut faire varier son stock de capital de telle
façon à profiter de coûts plus faibles.

3.2. L’Entrée des concurrents dans la branche


La présence d’un surprofit attire des entreprises dans la branche dont la rentabilité est
supérieure à la moyenne. L’offre totale sur le marché s’accroît et entraîne une baisse du prix
d’équilibre. Le surprofit de chaque firme se réduit. Tant qu’il ya un surprofit à réaliser, des
firmes extérieures vont continuer d’entrer dans la branche.
Lorsque le prix sera tombé au minimum du coût moyen de longue période, cette branche
n’attirera plus les entreprises. La situation d’équilibre de longue période sera atteinte. A long
terme, le surprofit est nul : cela ne signifie pas que le bénéfice comptable est nul. Cela signifie
que tous les facteurs, même le capital, sont payés à leur « prix du marché », c'est-à-dire à un
prix identique à celui qu’ils pourraient recevoir ailleurs. En longue période, la concurrence
détermine un nombre important de variables :
46
- Le prix d’équilibre : P F

- La quantité d’équilibre au niveau de la branche : Q F

- La quantité d’équilibre pour chaque firme : q F


QF
N F=
- Le nombre d’entreprises dans la branche : qF

3.3. Les Coût et les Profits


Pour calculer le profit et déterminer la quantité qui maximise le profit, il faut enfin analyser la
fonction d’offre de l’entreprise et donc ses coûts : CTM, CVM et Cm car :

π=RT (Q)−CT (Q)⇔ π =PQ−CT (Q )


Rm=Cm⇔ P=Cm
π=QP−QCM =Q( P−CM )
- L’Entreprise doit choisir le niveau de production pour lequel le coût de production
d’une unité supplémentaire (Cm) est égale à la recette que cette dernière génère (Rm) :
Rm=Cm⇔ P=Cm ;
- Lorsque le coût de production d’une unité supplémentaire (Cm) est inferieur à la
recette que cette dernière génère (Rm), l’entreprise à tout intérêt d’augmenter sa
production c'est-à-dire : Rm≻Cm ;
- Si par contre, Rm≺Cm , elle devra réduire sa production.
A court terme, même si les entreprises produisent la quantité qui maximise leur profit, elles ne
font pas nécessairement des profits économiques. Elles peuvent :
a. Etre au point mort (réalisé un profit normal) : P=CTM , l’entreprise est au point
mort ;
b. Réaliser un profit économique (profit pur) : P≻CTM , l’entreprise réalise un profit
pur ;
c. Réaliser une perte économique : P≺CTM
L’entreprise ne peut décider d’interrompre la production que si et seulement si :
RT≺CVTouP≺CVM .
A long terme, les entreprises en concurrence pure et parfaite sont confrontées aux questions
suivantes :
1. Rester sur le marché ou le quitter ?
2. Si elle choisit de rester, continuer à produire ou cesser temporairement la production ?
47
3. Si elle choisit de continuer à produire, quel est le niveau de production optimale ?

3.4. En Conclusion :
- Les entreprises en Concurrence n’ont aucune influence sur le prix du marché, elles
sont preneuses de prix.
- La demande à laquelle chaque entreprise fait face est parfaitement élastique au prix du
marché.
- Pour chaque entreprise, la RM et la Rm sont égales au prix du marché. Les courbes de
Rm, de la RM et de la Demande sont confondues.
La Concurrence Pure et Parfaite se rencontre rarement dans la réalité. Son étude est
néanmoins essentielle à la compréhension de la formation des prix sur les marchés, ainsi qu’à
la compréhension d’autres structures de marché telles que l’oligopole ou le monopole.

Exemple d’application
Soit un marché en situation de concurrence pure et parfaite sur lequel se vend un produit q au
prix P.
2
Cinq entreprises assurent la production du produit. Leur coût total est : C (q)=3q +12
D
La demande globale sur ce marché est : Q =−P+55
1. Calculer le prix et la quantité d’équilibre de courte période du marché ainsi que le
profit d’une firme.
D
2. On suppose que la demande globale se modifie et dévient : Q =−P+77
Quels seront le prix d’équilibre du marché et le profit d’équilibre du marché et le
profit de chaque entreprise en période infra courte.
3. On suppose que la demande globale se modifie et la nouvelle quantité d’équilibre de
courte période, c’est –à dire après ajustement, déterminer le prix et la quantité
d’équilibre.
4. Représenter graphiquement les trois situations étudiées.

B. Le monopole
Une entreprise est un monopole lorsqu’elle est la seule à produire un bien ou un service
homogène pour lequel il n’existe pas de substitut. Ainsi la demande qui s’adresse à

48
l’entreprise en situation de monopole se confond avec la demande du marché. Or, pour une
très grande majorité de produits, cette dernière est décroissante.
Le monopoleur dispose donc de deux stratégies : soit il fixe la quantité qu’il désire vendre et
laisse les acheteurs fixer le prix d’achat ; soit il fixe le prix et laisse aux consommateurs le
soin de déterminer la quantité achetée.
L’objectif habituel d’un monopole est la maximisation de ses profits. Elle est obtenue lorsque
la production d’une unité supplémentaire ne procure plus aucun bénéfice supplémentaire à
l’entreprise, c'est-à-dire lorsque le coût marginal est égal à la recette marginale. On retrouve la
condition fondamentale qui est ainsi toujours valable en monopole. Il faut cependant
remarquer qu’il n’est plus possible d’écrire :Cm=Rm=Pr ix , comme en situation de
concurrence pure et parfaite.
1. Recette totale, Recette moyenne et Recette marginale
a. Recette totale
La Recette totale du monopoleur est égale au produit du prix par la quantité vendue. Soit P X

le prix du bien X et x la quantité produite et vendue de ce bien. On a :


R=x.P x

b. La Recette moyenne
C’est le rapport entre la recette totale et la quantité de produit vendue. Elle est égale au prix de
RT
RM =
vente : Q
c. La Recette marginale
La Recette marginale procurée par la dernière unité de produit vendue ou encore
∂ RT
Rm=
accroissement de la recette totale liée à l’accroissement de la quantité vendue : ∂Q .
2. La Règle d’optimisation du monopoleur marginal
Le monopoleur définit sa production optimale en égalisant le coût marginal (croissant) de sa
fabrication à sa recette marginale (décroissante). Le prix de marché et la quantité vendue
forment alors la combinaison la plus rémunératrice pour le producteur qui bénéficie de la
« rente du monopoleur ».
Sur le long terme, la stratégie du monopoleur dépendra des conditions du marché : si aucune
entrée de nouveau producteur n’est prévisible, le monopoleur restera sans concurrents et
maintiendra la règle d’optimisation en égalisant son coût marginal (de long terme) et sa

49
recette marginale. Toutefois, s’il redoute l’entrée de nouveaux concurrents sur son marché, en
particuliers s’il n’est pas suffisamment protégé par des barrières à l’entrée (qu’elles soient
techniques, légales ou financières), il pourra conduire une stratégie de « prix limite », c'est-à-
dire adopter un prix qu’le niveau n’st pas suffisant pour inciter d'els concurrents à pénétrer sur
le marché. Les concurrents potentiels estiment alors que la rentabilité trop modeste ne justifie
pas la pénétration du marché.
Soit la fonction de Demande suivante :
Q=−P+b
RT =Pq=q (−q+b )=−q2 +qb
∂ RT
=−2 q +b ⇔ Rm=−2 q+b
∂q
∂Π
Π=RT −CT ⇔ =Rm−Cm=0
∂q
P
b Rm = Cm

PM
P = Cm Cm
Pc

Rm D

QM b Qc b Q
2
Exemple d’application
Soit une entreprise en situation de monopole. La demande qui s’adresse à elle est :

q D =−P+60
, P étant le prix du produit q.

3 q2
C (q )= +2 q
2
Le coût total du monopoleur s’écrit : .
a. Déterminer le prix, la quantité, le taux de marge ainsi que le profit de l’entreprise à
l’équilibre.
T 0 ,T 0≻0.
b. Même question si l’Etat décide de prélever un impôt forfaitaire

50
c. Même question si l’Etat impose un impôt dont le montant est proportionnel au
nombre d’unités produites (taxe à l’unité). On note t le taux marginal
t=20 %.
d’imposition : ,

3. Les types de monopole


Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’émergence des monopoles et l’on distingue
traditionnellement.

a. Le monopole légal
Voulu par les pouvoirs publics et réglementé par eux. Dans ce cas, une entreprise obtient de la
puissance publique une concession, c'est-à-dire un contrat qui lui accorde le droit exclusif de
vendre un bien ou un service.

b. Le monopole naturel
On dit qu’il y a monopole naturel, lorsqu’une seule entreprise peut satisfaire l’ensemble de la
demande à moindre coût. L’entrée de nouveaux producteurs sur le marché et la division des
débouchés auraient pour effet, en raison de la lourdeur des coûts fixes, d’élever les coûts
unitaires. Dans le cas général de n firmes ayant une structure de coût identique, cette
définition se traduit mathématiquement par la propriété suivante :
n n
C (Q)≺∑ C (Q) ∑ Qi =Q
i=! avec : i=1

On dit alors que la fonction de coût est sous additive. Une fonction de coût sous additive se
traduit par une courbe de coût moyen de long terme décroissante, donc par la présence
d’économies d’échelle. Lorsque le coût moyen est décroissant, le coût marginal lui est
inférieur.
Dans le cas où le critère de gestion est la maximisation du profit, l’optimum d’un monopole
naturel se construit comme dans un monopole pur, exception faite de la forme des courbes de
coût. En revanche, quand il s’agit de monopole naturel public, le critère de la maximisation du
profit est souvent abandonné afin de ne pas pénaliser les consommateurs. Deux solutions
peuvent être envisagées. La solution la plus rationnelle est qui consiste à adopter la
tarification au coût marginal, dans le but de maximiser le bien-être collectif.

51
c. Le monopsone
C’est une forme de marché symétrique à celle du monopole : un seul acheteur fait face à une
infinité d’offreurs sur le marché.
Contrairement à ce qui se passe en régime de concurrence, le monopoliste qui représente à lui
seul la totalité de la demande totale ne peut pas considérer comme une donnée le prix du
produit ou du service qu'il envisage de se procurer : ce prix est déterminé par la courbe d’offre
totale. Si la courbe d’offre a une inclinaison positive, le prix sera une fonction croissante de la
demande.
L’équilibre est obtenu lorsque la recette marginale du demandeur, supposé revendeur dès qu’il
achète, est égale au coût marginal du marché.

d. La discrimination par les prix


Le monopoleur peut moduler ses tarifs dès que sa clientèle se repartit en groupes identifiables
n’ayant pas la même sensibilité au prix. Il pratique dès lors une discrimination souvent
d’autant plus facile que les marchés sont séparés géographiquement.
La maximisation de ce profit du monopole discriminant implique l’identité des recettes
marginales pour les deux clientèles et leur égalité au coût marginal. La recette marginale sur
chaque marché doit être égale au coût marginal de la production totale du monopoleur.
L’intérêt de la discrimination par les prix est donc vérifié si l’élasticité du premier client ( e 1 )
est différente de l’élasticité du deuxième client ( e 2 ) c'est-à-dire e 1≠ e2 qui signifie aussi que
les deux clientèles n’ont pas la même sensibilité aux variations du prix.

e. La concurrence monopolistique
Comme son nom l’indique, la concurrence monopolistique tire ses caractéristiques à la fois la
concurrence parfaite et monopole. Elle tient de la concurrence parfaite (qui existe surtout en
longue période) en ce que le nombre des vendeurs est suffisamment grand pour qu’aucun
d’entre eux ne soit en mesure d’exercer une influence sur les autres.
Elle tient du monopole et de l’oligopole différencié (qui existent en courte période) en ce que
chaque producteur s’adresse à une demande particulière puisque son produit n’est pas
absolument semblable à celui des autres ; il peut donc augmenter son prix sans perdre toute sa
clientèle et l’abaisser sans attirer toute la clientèle de ses concurrents.

52
- En courte période : la détermination de l’équilibre est identique à celle du monopole.
Mais il s’agit d’une situation provisoire, dans la mesure où l’entrée dans la branche est
possible.
- En longue période : les profits réalisés par les firmes en courte période attirent de
nouvelles entreprises dans la branche. Ces dernières fabriquent des produits
différenciés mais substituables avec les produits fabriqués par les firmes en place. Les
nouvelles firmes arrivent ainsi à s’attacher une demande propre. De ce fait, l’entrée de
nouvelles firmes dans la branche va provoquer une réduction de la demande pour les
firmes en place. Pour chaque niveau de prix, la demande est plus faible.
La position optimale correspond au point où il y a tangence entre la courbe de coût moyen et
la courbe de demande : en ce point, il y a donc égalité entre le prix de vente et le coût moyen
de production. Tout déplacement de la courbe de demande vers la gauche, suite à une entrée
supplémentaire, conduirait l’entreprise à faire des pertes. Au niveau de production optimal on
constate que l’égalité fondamentale entre la recette marginale et le coût marginal est vérifiée.

C. Les oligopoles

Etymologiquement le terme « oligopole » vient de deux mots grecs : oligos qui


signifie un petit nombre, polein qui signifie vendre. Il signifie à peu près quelques
vendeurs. La situation d’oligopole est souvent décrite comme celle de « la
concurrence entre un petit nombre d’entreprises» c'est-à-dire l’oligopole est une
structure de marché dans laquelle l’offre est réalisée par un petit nombre
d’entreprises face à un grand nombre de demandeurs.

En effet, un petit nombre signifie : un nombre inférieur à celui en concurrence pure et parfaite
mais supérieur à l’entreprise unique du monopole. L’oligopole se situe donc entre ces deux
structures de marché chaque firme détient un pouvoir de marché mais doit tenir compte de
celui de ses concurrents.

53
Le marché de l’oligopole est essentiellement caractérisé par l’interdépendance des actions des
différents vendeurs.
D’une manière générale, on se limite à 2 entreprises : ce qui correspond à une situation de
duopole. Aussi, on suppose d’une part que les firmes produisent toutes un bien homogène
(oligopole homogène) et d’autre part les firmes produisent les biens similaires mais pas
identiques (oligopole différencié).

a. Caractéristiques du marché de duopole

Sur un marché de duopole, avec un produit homogène, la combinaison prix quantité et le


profit de chaque agent dépendent des actions de tous les autres agents. L’action entreprise par
l’une des firmes rivales aura sa contrepartie dans la stratégie de l’autre entreprise.
De nombreuses possibilités d’action résultent des interactions des firmes sur le marché de
l’oligopole ou du duopole. Celles-ci correspondent à autant de solutions possibles et chaque
solution repose sur un ensemble différent d’hypothèses de comportement.

b. Les Solutions aux problèmes de Duopole

On suppose que le marché est composé de 2 entreprises et chaque firme peut choisir sa
stratégie d’action de l’une des façons suivantes :
- Si l’une des 2 firmes fixe son prix avant l’autre, elle est ‘’Price – Leader’’ (leader en
prix) et l’autre ‘’Price –Follower’’ (suiveur en prix).

- Ou, l’une des 2 firmes choisit d’abord sa quantité elle est ‘’quantity –Leader’’ (leader
en quantité’’ et l’autre ‘’quantity-Follower’’ (suiveur en quantité).

Dans ce cas, les interdépendances entre les 2 firmes donnent lieu à des jeux séquentiels. Il
peut aussi s’agir de cas où une entreprise ne sache pas les décisions prises par l’autre
firme quand elle effectue son choix. Dans ce cas elle doit prévoir le choix de l’autre firme
afin de prendre une décision judicieuse : il s’agit ici de jeu simultané ou les entreprises
peuvent choisir simultanément leurs prix ou leurs quantités.
- On peut aussi avoir un jeu coopératif : les firmes au lieu de se concurrencer d’une
façon ou d’une autre, décident de former une coalition (ou entente). Elles se mettent
d’accord pour fixer les prix et les quantités qui maximisent la somme de leur profit.

54
I. Les oligopoles non Coopératifs
Il existe de nombreux modèles d’oligopoles non coopératifs. Tous ont en commun de mettre
en avant l’interdépendance qui existe entre les actions des entreprises opérant sur les marchés
oligopolistiques. Nous n’étudierons ici que les modèles suivants : le modèle de Cournot et le
modèles de Stackelberg.

Deux des hypothèses du modèle de concurrence pure et parfaite sont retenues


dans le cadre des modèles d’oligopole suscité :
- Homogénéité du bien : les entreprises produisent toutes les mêmes
biens ;
- Transparence : il y a information parfaite entre offreurs et demandeurs
Les deux autres hypothèses du modèle de concurrence pure et parfaite ne sont
plus vérifiées dans le cadre de l’oligopole :
- Atomicité : les entreprises sont peu nombreuses de telle sorte qu’elles
peuvent exercer un pouvoir de marché et fixer un prix égal au coût
marginal ou une quantité inférieur à la quantité d’équilibre
concurrentielle.
- Libre entrée : les entreprises sont en nombre fixe, aucune autre
entreprise ne peut entrer sur le marché.

I.1. Le Modèle de Cournot : la fixation simultanée des quantités

Ce premier modèle a été construit par Antoine Augustin COURNOT, il met en


scène un duopole de double dépendance ou duopole symétrique sur un marché où
l’offre du bien est proposée par deux entreprises qui produisent un bien homogène
chacune adoptant sa quantité offerte à la quantité offerte par l’autre pour
maximiser le profit.

Supposons que la firme 1 s’attend à ce que la firme 2 produise


Y e2 unité de biens (l’exposant e

indique qu’il s’agit d’une quantité attendue ou anticipée). Si la firme 1 décide de produit Y 1

55
unité de biens, elle s’attend à ce que la quantité totale soit :
Y =Y 1 +Y e2 et que cette quantité

implique un prix de marché à :


P(Y )=P(Y 1 +Y e2 )=a−b(Y ) .

a. La Détermination de la quantité optimale


Chercher la quantité optimale revient à résoudre un système à deux équations (appelée
fonction de réaction) à deux inconnues :

{ dΠ 1 (Y 1 )
dY 1
=0 ¿ ¿ ¿ ¿ ¿

¿ ( y t1 ; y t2 ) qui ne sont pas


Supposons qu’à la période t les entreprises produisent des quantités

nécessairement les quantités d’équilibre. Si la firme 2 continue à produire


y t2 au cours de la
période suivante, elle désirera choisir la quantité qui compte tenu de cette croissance
t
(f ( y ))
maximise son profit 1 1 . Le choix de la firme 1 au cours de la période t 1 sera par
t+1
y
conséquent : 1
=f 2 ( y t2 ).
La firme 2 peut raisonner de la même façon de telle sorte que le choix de la firme 2 au cours

de la période suivante soit :


y t+1 t
2 =f 2 ( y 1 ). Ces équations décrivent comment chaque firme

ajuste sa quantité en tenant compte du choix de l’autre entreprise.

b. L’Equilibre de Cournot quand il y a un grand nombre d’Entreprises


Envisageons maintenant un équilibre de Cournot avec plusieurs entreprises et non pas
uniquement deux entreprises. Nous supposons que chaque firme anticipe les niveaux de
production que vont choisir toutes les autres entreprises du secteur.

56
Admettons qu’il y ait n entreprises et représentons par :
Y = y 1 + y 2 + y 3 +.. .+ y n la quantité
totale du secteur. La condition d’égalité suivante : Rm=Cm pour l’entreprise i est :
Π i =P(Y ) y i−CT i=P(Y ) yi −CT i
∂Πi ∂P ∂Q P ∂ yi P 1 ∂ P y i ∂ P P
= yi +P(Y )−Cm( y i )=0 , e Q = = ⇔ = ⇒ = , P (Y )=P .
∂ yi ∂ yi P
∂ P Q ∂ P y i e ∂ y i P ∂ y i ey i
∂Πi P 1 P−Cm
= y i +P−Cm ( y i )=0⇒ =
∂ y i ey i |e| P
e étant l’élasticité prix directe de la demande : plus la part de marché de l’entreprise est
faible, plus la demande est élastique :
- Si la part de marché de l’entreprise est égale à 1, elle est en position de monopole ;
- Si par contre l’entreprise représente une très petite partie d’un grand marché, sa part de
marché est presque nulle et la courbe de demande pour la firme est presque
horizontale.

I.2. Le Modèle de Stackelberg ou le Leadership en quantité

Dans ce modèle, une entreprise choisit avant l’autre la quantité à produire c'est-à-dire
les interactions entre « Leader » et « Suiveuse ».

Stackelberg envisage la possibilité que dans le cadre formalisé par Cournot l’une des deux
(firmes détentrice d’un brevet a l’avantage en termes de ressource naturelle etc.) ainsi la firme
« Leader » peut prendre sa décision de produire avant l’entreprise « Suiveuse » et prendre en
compte la fonction de celui-ci dans son calcul.
Supposons que la firme 1 soit « Leader » et qu’elle choisisse de produire une quantité y 1 ,
l’entreprise deux réagit en choisissant de produire une quantité y 2. Chaque entreprise sait que
le prix d’équilibre sur le marché dépend de la quantité totale de biens produits.
a. Le Problème de la Suiveuse
Supposons que la « Suiveuse » désir maximiser son profit :
Π 2 =P(Y ) y 2 −CT 2 ( y 2 )= [ a−b( y 1 + y 2 ) ] y 2 −CT 2 ( y 2 )=ay 2 −by 1 y 2−by 22 −CT 2 ( y 2 )
∂Π
=a−by 1−2 y 2 −Cm 2 ( y 2 )=0 ,Cm 2 ( y 2 )=0
∂ y2
a−by 1
a−by 1 =2 y 2 ⇒ y 2 =
2
y2 est la fonction de réaction de la suiveuse.

57
b. Le Problème du Leader
Supposons que le Leader désir maximiser son profit :

Π 1( y1 )=P(Y)y1−CT 1(y1 )=[ a−b(y1+y2 )] y1−CT 1(y1 )=ay1−by21−by1 y2−CT 1(y1 )

Π 1( y1 )=ay1−by21−by 1 []
a−by1
2b
−CT 1(y1 )
{ { {
a a 3a
y1= ¿ y2= ¿ Y = ¿ ¿¿¿
2b 4b 4b
∂Π
=0,Cm1(y1 )=0⇒
∂ y1
¿
- y1 : c’est la quantité produite par l’entreprise « Leader »
- y2 : c’est la quantité produite par l’entreprise « Suiveuse »

II. Les Oligopoles Coopératifs


II.1. Les Oligopoles Coopératifs avec accord explicite
Quand les entreprises se rassemblent essaient de fixer le prix et les quantités de façon à
maximiser les profits totaux du secteur, nous disons qu’elles forment un Cartel.

II.1.1. Le Cartel
C’est un groupe d’entreprises qui forme une coalition (groupement de personnes physique ou
morale agissant en commun pour plier les lois du marché) de façon à se comporter come un
monopole unique, à maximiser leur profit.

a. Problème de Maximisation du Profit


Pour deux entreprises consiste dès l’or à choisir leur quantité Y 1, Y2 afin de maximiser les
profits totaux du secteur.

58
Π 1 ( y1 + y 2 )=RT ( y 1 + y 2 )−CT ( y 1 )−CT ( y 2 )=P( y 1 + y 2 )( y 1 + y 2 )−CT 1 ( y 1 )−CT 2 ( y 2 )
∂ Π ( y 1+ y 2 )
=Rm( y 1 + y 2 )−Cm 1 ( y 1 )−Cm 2 ( y 2 )=0
∂( y 1 + y 2 )
Cm 1 ( y 1 )=Cm 2 ( y 2 )=0

Cartel
Π ( y 1 + y 2 )=[ a−b( y 1 + y 2 ) ]( y1 + y 2 )=a ( y 1 + y 2 )−b ( y 1 + y 2 )2
∂ Π ( y 1+ y 2 ) a
=a−2 b( y 1 + y 2 )=0 ⇒( y 1 + y 2 )=
∂( y 1 + y 2 ) 2b

P( y + y )=a−b ( )
a
=
2b 2
2 a−a 1 1
= a⇔ P( y 1 + y 2 )= a
2 2

b. Conditions de création d’un Cartel


L’intérêt pour les entreprises de s’entendre et de former un cartel se résume ainsi, il faut
qu’elles puissent en attendre des gains :
1. Il faut donc que tout d’abord que les entreprises puissent augmenter le prix et récolter
les fruits de cette augmentation ;
2. Une demande peu élastique (la variation de la demande par rapport à la variation du
prix est faible et un contrôle important du cartel sur le marché favorisent la création du
Cartel ;
3. Il faut ensuite que le coût lié à l’organisation et à la création du cartel soit
suffisamment faible pour ne pas trop entamer les gains que les entreprises espèrent
percevoir ;
4. En fin, si le cartel venait d’être découvert, il serait sanctionné par le Gouvernements. Il
faut alors que ces sanctions ou amendes ne soient pas trop élevés par rapport aux gains
anticipés.
Lorsque touts ces conditions favorables sont réunies, les entreprises ont intérêt à s’entendre et
à former un Cartel.

II.1.2. Le Respect spontané de l’Accord


Dans certaines circonstances les entreprises n’ont aucune incitation à violer l’accord.
En effet, si l’augmentation de la quantité produite induit une augmentation considérable du
coût, il peut ne pas être rentable de produire ces unités supplémentaires. Des coûts fixes peu
importants incitent également une entreprise à respecter les règles de l’entente :
- Si la demande est inélastique, baisser le prix a peu d’effets sur la quantité vendue.
59
- La fréquence et la concentration des ventes ont aussi un effet sur l’incitation à violer
l’accord lorsque les ventes sont peu fréquentes, le délai de détection est plus long et
l’incitation à tricher plus important.

II.2. Les Oligopoles Coopératifs avec Accord Implicite

Ils reposent sur l’existence d’une firme « Leader » à laquelle se référent les autres
firmes sans volonté de modifier la répartition du marché.

Ce phénomène est illustré par la courbe coudée de la demande (courbe conçus par le
britannique Paul SWEEZY pour établir la relation entre la demande et le prix dans
l’oligopole). Le coude étant situé au prix d’équilibre. Si une entreprise augmente son prix
pour une demande élastique, elle perd ses clients, si elle baisse son prix pour une demande
rigide, elle sera suivie par les autres firmes.

a. Stabilité du Cartel

Il est inutile que les gouvernements utilisent des ressources à la répression des
ententes dans la mesure où, selon lui d’une part ces ententes sont vouées à la
dissolution, et d’autre part, elles sont difficiles à détecter.

En effet, l’entente peut perdurer si les entreprises se comportent de la manière suivante :


Respecter l’accord tant que l’autre le respect et ne plus respecter l’accord dès l’autre l’a
rompu. Pour maintenir le Cartel, les entreprises doivent disposer d’un moyen de détection et
de punition des tricheurs.

b. La Détection des Tricheurs


Un certain nombre de facteurs facilitent la détection de violation de l’accord par la mise en
place de la collusion.
Lorsque le nombre d’entreprise sur le marché est faible, si deux entreprises se partagent le
marché, chacune est consciente de ce que fait l’autre et la probabilité de ne pas se faire
prendre en cas de tricherie est très faible :
- Le degré de concentration : si une entreprise viole l’accord par exemple en baissant le
prix, l’augmentation de sa part sera d’autant plus visible qu’elle détenait au paravent
une part importante du marché ;

60
- L’homogénéité du produit : les prix sont uniformes de telle sorte que tout écart de prix
est plus visible et révèle une violation de l’accord.
- Le caractère plus ou moyen fluctuant de la demande ou des coûts à une influence sur
la facilité de détection des tricheurs. Les prix ou les quantités doivent être ajustés
lorsque la demande ou les coûts varient de façon exogène. Des représailles pourraient
alors être injustes s’il n’y a pas de tricherie, mais en cas de tricherie ne pas sanctionner
pourrait conduire à des abus.
Par conséquent le progrès technique rend difficile l’entente puisqu’il affecte non seulement
l’homogénéité du produit mais induit également une incertitude sur le coût. Ce pendant, dans
certains cas, la détection des tricheurs n’a pas lieu d’être : les entreprises respectent
spontanément l’accord.

III. Les Stratégies de Punition


Considérons un duopole où il y a deux (2) firmes identiques. Une firme annonce à
l’autre : « Si vous respectez le niveau de production qui maximise les profits totaux du
secteur, très bien. Mais si je découvre que vous trichez en produisant davantage, je vous
punirais en produisant désormais et pour toujours le niveau de quantité de Cournot ». C’est la
Stratégie de punition.
Πm
VP= Π m+
1. La valeur présente du comportement de Cartel : r
ΠC
VPF = Π T +
2. La valeur présente de la fraude : r

Πm : le Profit du monopole ;
Π T : le Profit du Tricheur ;

ΠC : le Profit de la Concurrence ;
r : le taux d’intérêt
Πm ΠC
Πm+ ≻¿ ¿Π T + ⇔rΠ m+ Π m≻rΠ T + Π C ⇔ r ( Π T − Π m )≻( Π m− Π C )
1≻2 ⇔ r r

( Π m−Π C )
⇒ r≻
( Π T −Π m )
Cette inégalité indique : tant que le taux d’intérêt est suffisamment faible, la perspective de
punition future est suffisamment importante, les firmes auront intérêt à respecter leurs quotas
de production.

61
Exemple d’application
Deux entreprises A et B forment un duopole et sont les seules à offrir un bien homogène X,
Q=400−100 P
dont la demande totale est égale à : .

Les coûts totaux de production de ces deux entreprises sont les suivantes :
CT ( q A )=q A +b b≥0
- Pour A : , avec ,

CT ( qB )=q B + c c≥0
- Pour B : , avec ,

a. Déterminer pour chaque entreprise les valeurs fondamentales de l’équilibre de


Cournot, faire la représentation graphique.

b. En supposant que les coûts fixes sont nuls, déterminez pour chaque entreprise les
valeurs fondamentales de l’équilibre de Stackelberg le cas où l’entreprise B est la
firme dominante.

c. Les firmes A et B décident de former un cartel. Calculer les productions optimales et


les profits associés des deux firmes, dans le cas où A est effectivement dominant.

IV. La Théorie des Jeux


Il s’agit d’un outil mathématique qui, suivant l’ouvrage fondateur de Von Neumann et
Morgenstern (1944) Theory of Games and Economic Behavior, Princeton University
Press, s’applique naturellement à l’économie mais peut également trouver d’autres
domaines d’applications comme la sociologie, les sciences politiques, la sélection
naturelle des espèces. En ce sens, notre choix d’effectuer une introduction peu formalisée
masque une des caractéristiques essentielles de cette théorie.

L’étude formelle des interactions stratégiques évoquées précédemment est l’un des
principaux domaines d’applications de la théorie des jeux en économie. Il nous semble
important de préciser dès à présent que la théorie des jeux ne constitue pas une branche
de la théorie microéconomie contemporaine.

La théorie des jeux en tant que discipline académique, la théorie des jeux a pour objectif de
formaliser des situations conflictuelles inhérentes à une communauté d'individus en

62
interaction, de discuter puis de proposer des solutions à ces conflits. La théorie des jeux se
propose d'étudier des situations (appelées « jeux ») où des individus (les « joueurs ») prennent
des décisions, chacun étant conscient que le résultat de son propre choix (ses « gains »)
dépend de celui des autres.

IV.1. La représentation stratégique

Considérons le cas d’une collectivité locale qui désire effectuer une série de travaux. Deux
entreprises ayant les mêmes caractéristiques transmettent leur offre de manière indépendante.
Elles ont la même évaluation du coût des travaux et peuvent soit effectuer une offre de prix
élevée (1 million), soit une offre de prix faible (0,8 million). Elles savent que le mieux disant
emportera le marché et, qu’en cas d’égalité des offres, la collectivité, pensant réduire les
risques d’une malfaçon générale, décidera de partager le marché en parts égales. Dans cet
exemple trivial, nous pouvons identifier deux joueurs, les deux entreprises, chaque joueur
possédant deux actions possibles : annoncer un prix élevé, E, ou faible, F. Les joueurs
interviennent simultanément : ils ne connaissent donc pas l’annonce de l’adversaire mais ils
connaissent les gains pour chacune des quatre combinaisons d’offres possibles.
Si, dans chaque couple, le premier terme représente le choix de l’entreprise 1 et le second
celui de l’entreprise 2, nous avons quatre possibilités : (E, E) procure 500 000 francs à
chacune, (F, E) procure 800 000 francs pour l’entreprise 1 et rien pour l’entreprise 2, (E, F) ne
procure rien pour l’entreprise 1 et 800 000 francs pour l’entreprise 2, (F, F) procure 400 000
francs à chacune. Le problème de la théorie des jeux est de déterminer des critères pour
classer les différents couples et sélectionner l’ensemble des issues les plus probables.

E1 ENTREPRISE 1
E2 Elevé Faible

Elevé (5,5) (0,8)

ENTREPRISE 2 Faible (8,0) (4,4)

IV.2. La représentation extensive

63
Si nous supposons maintenant que A joue en premier, B observe et joue ensuite. Les actions
ne sont plus simultanées mais séquentielles. La représentation usuelle d’un jeu séquentiel
s’effectue en utilisant une représentation arborescente : c’est la forme extensive.

IV.3. Equilibre de Nash

Dans la théorie des jeux, l'équilibre ou l'équilibre de Nash, nommé d'après John Forbes
Nash, est un concept de solution dans lequel l'ensemble des choix faits par plusieurs joueurs,
connaissant leurs stratégies réciproques, est devenu stable du fait qu'aucun ne peut modifier
seul sa stratégie sans affaiblir sa concurrente.
L’équilibre de Nash est constitué par la sélection, pour chaque joueur, de la meilleure réponse
qu’il peut effectuer lorsque chacun de ses adversaires joue sa meilleure réponse :

C'est-à-dire chaque entreprise ne regrette pas sa décision après avoir constaté celle de
l’autre entreprise. Autrement dit, il y a équilibre de Nash, quand, étant donné les choix des
entreprises, aucune ne souhaite changer son propre choix.

Considérons deux entreprises A et B qui forment un duopole. Chaque entreprise a le choix


entre deux stratégies : « produire peu » (soit une quantité égale à 150) ou « produire
beaucoup » (soit une quantité égale à 200). Voici la matrice des profits du duopole :

A Produire Produire beaucoup


B peu
Produire peu (225 ; 225) (187,5 ; 250)
a 11 b 11 a 12 a 12

Produire beaucoup (250 ; 187,5) (200 ; 200)


a 21 b 21 a 22 b 22

Nous constatons que les deux firmes ont intérêt de choisir la stratégie « Produire beaucoup »,
la solution qui émerge est donc : (200 ; 200). Il s’agit d’un équilibre de Nash : chaque
entreprise ne regrette pas sa décision après avoir constaté celle de l’autre entreprise.
Lorsqu’on effectue le total des profits, on constate que la solution retenue (200 + 200 = 400)
ne permet pas d’obtenir la valeur maximale (225 + 225 = 450). L’équilibre de Nash précédent
n’est donc pas une solution optimale pour le duopole.

64
IV.4. Le Dilemme du prisonnier
Deux malfaiteurs sont arrêtés, fortement soupçonnés de cambriolage, ils sont interrogés
séparément. Chacun peut décider de se taire ou de dénoncer l’autre. Si les deux se taisent, ils
sont condamnés à une peine d’emprisonnement de principe d’un mois chacun. Si l’un décide
de dénoncer l’autre qui se tait, il est libre et l’autre est condamné à cinq mois
d’emprisonnement. S’ils se dénoncent mutuellement, ils sont condamnés à quatre mois de
prison chacun. Comme il est assez facile de le vérifier, le couple de stratégies pures
(dénoncer, dénoncer) est le seul équilibre de ce jeu. En effet, si un individu décidait de se
taire, la meilleure réponse que peut faire l’autre est de le dénoncer.
B
Se taire Dénoncer

Se taire (-1,-1) (-5,0)

A Dénoncer (0,-5) (-4, -4)

Ce résultat nous montre que des décisions individuelles rationnelles peuvent conduire à un
équilibre qui n’est pas optimal au sens de Pareto puisque le passage du couple (-4, -4) au
couple (-1, -1) permet d’améliorer la situation de chaque joueur sans dégrader celle de
l’autre.

V. L’Economie de l’Information
Dans le modèle d’équilibre général, l’information nécessaire pour chaque agent est
entièrement contenue dans le vecteur de prix. L’information est ainsi symétriquement
partagée par tous sans coûts.

L’économie de l’information regroupe l’information dans les échanges économiques.


Les développements récents qui se sont centrés sur l’analyse des asymétries
d’informations entre agents ont donné lieu à de nombreuses applications en économie
industrielle et en économie publique.

V.1. Le Modèle Principal-Agent

Le cadre d’analyse qui a été privilégié pour l’analyse des asymétries d’information est
le modèle principal-agent. Ce modèle décrit les relations d’échanges entre deux
agents : le principal et l’agent. Les termes de l’échange sont définis par un contrat qui
65
est à l’initiative du principal. L’agent peut refuser ou accepter le contrat qui lui est
proposé et dans le second cas, il agira de manière à maximiser son utilité.
Le problème du principal est qu’il doit agir en situation d’information incomplète. C'est-à-dire
que l’agent est mieux informé que lui sur ses caractéristiques. Nous pouvons distinguer deux
cas qui seront traités dans les sections suivantes : soit le principal ne connaît pas le type de
l’agent avec lequel il passe un contrat, soit le principal ne peut observer directement l’action
choisie par l’agent pour atteindre l’objectif fixé dans le contrat.

V.2. Le Modèle avec Action Cachées

Considérons le cas d’un assureur (le principal) qui propose un contrat d’assurance à un
individu (l’agent). Supposons que l’assureur possède suffisamment d’information sur les
caractéristiques de l’agent pour évaluer précisément le risque du sinistre contre lequel il se
propose de le prémunir. Toutefois, il ne connaît pas les efforts que fera l’agent pour éviter
l’apparition du sinistre. Or le niveau de précaution choisit par l’agent influence la probabilité
de réaliser du sinistre. Dans cet exemple, il est assez facile de constater que l’agent choisira
un degré de précaution maximum lorsqu’il n’est pas assuré. C'est-à-dire lorsqu’il sait qu’il
supportera la totalité des pertes. Suivant le même raisonnement, il apparaît que le degré de
précaution sera minimum (voire nul) s’il peut acheter un contrat qui lui garantit un
remboursement total de ses pertes. Ce type de comportement porte le nom de Hasard Moral.
Dans ce type de contrat, le principal supporte la totalité du risque, il en résulte une absence
d’incitation pour l’agent à se prémunir contre le risque assuré.
Les situations de hasard moral sont courantes dans les relations économiques. Ainsi dans le
cadre d’une relation entre un employeur (principal) et un employé (l’agent) où la quantité
produite ne dépend pas parfaitement de l’effort fourni par l’employé. L’employeur peut
observer la quantité produite, mais il ne peut observer le niveau d’effort choisi par l’gent. Si la
rémunération de celui-ci est fixe, il choisira le niveau d’effort minimum.
Après avoir analysé le problème posé par ce type d’asymétrie d’information, la théorie de
l’information propose des outils pour le résoudre. La solution passe par la définition d’un
contrat optimal qui doit posséder deux propriétés essentielles :
a. Il doit garantir à l’agent un niveau d’utilité minimum suffisamment élevé pour que
celui-ci accepte le contrat : c’est la contrainte de participation.
66
b. Le mécanisme de rémunération doit garantir qu’il sera optimal pour l’agent de choisir
le niveau d’effort souhaité par la principal : c’est la contrainte de compatibilité du
mécanisme incitatif.

Sans entrer dans les détails de cette théorie qui devient rapidement très complexe, nous
pouvons illustrer l’application de ses conclusions sur nos deux exemples. Dans le cas d’un
contrat d’assurance, il s’avère optimal pour l’assureur d’offrir un montant de remboursement
suffisamment élevé mais pas total. Ainsi les contrats prévoient généralement une franchise
fixe qui reste à la charge de l’assuré. Certaines clauses imposent également un certain degré
de précaution. Dans le cas de la relation de travail, une partie de la rémunération doit
dépendre des résultats obtenus.

V.3. Le Modèle avec Types Cachés

Toujours dans le cadre du modèle principal-agent, le second type d’asymétrie d’information


qui a été analysé en détail dans la littérature est celui où le principal n’observe pas le type de
l’agent. Nous nous retrouvons ici dans une structure de jeu en information incomplète.
Pour illustrer les conséquences de ce type d’asymétrie, reconsidérons l’exemple d’une
compagnie d’assurances (le principal) qui propose un contrat à un agent dont elle ne connaît
pas complètement les caractéristiques.
Pour simplifier, nous allons supposer que l’agent peut être de deux types différents : la
probabilité de sinistre est élevée pour le premier type et faible pour le second. Nous
supposons également que les contrats ne diffèrent que par la prime exigée.
En situation d’information complète, la compagnie proposera un contrat différent : la
probabilité de sinistre est élevée pour le premier type et faible pour le second. Dans le cas
présent, supposons qu’elle décide de proposer un contrat basé sur le risque moyen. La prime
de ce contrat sera comprise entre les deux primes des contrats précédents. La prime de ce
contrat « moyen » tend vers la prime la plus élevée lorsque le pourcentage d’individus du type
risqué augmente.
Elle peut donc être supérieure à la prime maximale que les agents du type le moins risqué sont
prêts à payer. Dans ce cas, les seuls individus qui souscriront ce contrat d’assurance sont les
individus du type le plus risqué.
La compagnie a involontairement sélectionné le sous-groupe qu’elle ne désirait pas c’est le
phénomène d’anti-sélection ou « sélection adverse ». La prime de ce contrat moyen est alors
trop faible et la compagnie qui observera des pertes trop importantes peut décider de ne plus
67
proposer ce type de contrat d’assurance. Dans ce cas limite, l’asymétrie d’information a pour
conséquence la disparition d’un marché.

Exemple d’application

Considérons le jeu suivant qui comporte deux joueurs chacun possédant deux stratégies
pures :

B b1 b2

a1 (2 ; x) (1 ; 2)
a2 (1 ; 0) (0 ; - 1)

a. Caractérisez les stratégies du joueur A.

b1
b. Déterminez les valeurs de x pour les quelles est une stratégie strictement dominante
pour le joueur B.

c. En supposant que x satisfait la condition définie précédemment, déterminez l’équilibre


en stratégie strictement dominantes de ce jeu.

d. L’équilibre précédent est-il un équilibre de Nash en stratégies pures ?

Travaux Diriges (TD) : les structures de marchés


A. La concurrence pure et parfaite
1. Le prix a d’abord un rôle allocatif, en ce sens qu’il est un élément essentiel dans le
processus de répartition des biens et services. En établissant un prix d’équilibre, le
marché alloue les biens aux acheteurs solvables désireux d’en faire l’acquisition ;
simultanément, il permet à certains vendeurs de participer à la production. Vrai ou
faux.
2. On dit que l’équilibre de concurrence pure et parfaite est optimal car :
a. Il offre aux consommateurs des produits homogènes.
b. Le coût moyen est à son plus bas niveau.
c. Le prix est égal au coût marginal.
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3. Les entreprises d’une branche en situation de concurrence pure et parfaite se voient
imposer par les pouvoirs publics une taxe forfaitaire sur leur coût de production. A
court terme, on observe, suite à la taxe
a. Un prix de vente en augmentation.
b. Un prix de vente identique (à celui qui prévalait avant la taxe).
c. Une quantité d’équilibre sur le marché identique.
d. Un profit par entreprise en diminution.
4. Lorsque les pouvoirs publics décident de fixer un prix maximum pour la vente d’un
bien, on constate :
a. Que les consommateurs sont gagnants dans tous les cas.
b. Que cette décision n’aura d’effet positif pour les consommateurs que si le prix
maximum est inférieur au prix d’équilibre qui prévalait antérieurement.
c. Que si le prix maximum est inférieur au prix d’équilibre, l’apparition d’une
pénurie sur ce bien est probable.

B. Le Monopole
1. En régime de monopole strict :
a. La firme productrice est l’unique offreur sur le marché.
b. Les biens produits ont une élasticité croisée de la demande par rapport aux prix des
autres biens très faible.
c. La firme égalise coût marginal et recette marginale.
d. La firme égalise coût marginal et prix.
2. Régime de concurrence monopolistique :
a. Chaque firme est en situation de monopole dans la production de son propre
produit.
b. La prise en compte de la concurrence passe pour une entreprise par l’influence du
prix pratiqué par les firmes concurrentes sur la demande de ses propres clients.
c. L’équilibre de long terme intègre moins de firmes qu’en régime de concurrence.
3. Sur la longue période, la théorie indique qu’un monopole réalise des profits purs. Est-
ce parce que :
a. Le prix de vente est fixé à un niveau élevé ?
b. Le coût moyen, du fait des quantités importantes, est faible ?
c. L’entrée dans la branche est supposée bloquée ?
4. La charge morte du monopole mesure :
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a. La diminution de surplus du consommateur par rapport à la situation de concurrence.
b. Le gain en termes de rente ou de surplus du producteur par rapport à la situation de
concurrence.
c. La perte collective enregistrée du fait d’une gestion par un monopole privé par
opposition avec un régime concurrentiel.
5. La gestion optimale d’un monopole naturel par l’Etat peut consister à :
a. Annuler la charge morte.
b. Annuler la perte du monopole.
c. Maximiser le profit
6. A l’aide des définitions algébriques de l’élasticité – prix de la demande et de la recette
marginale,

a. Démontrer que la relation suivante est vérifiée à l’optimum :


[ ]
Rm =p 1−
1
|e|

b. En déduire l’indice de Lerner.

C. Les Oligopoles

1. Dans un duopole de Cournot

a. La firme dominante choisit en premier le niveau de sa production.

b. Les deux firmes s’entendent pour maximiser leurs profits.

c. La concurrence s’exprime en termes de quantités à produire.

d. Les firmes adaptent leur comportement à la stratégie optimale de leur concurrent.

2. Dans le duopole de Cournot, les fonctions de réaction conduisent.

a. Toujours à un équilibre.

b. Toujours à un équilibre stable.

c. Parfois à un équilibre stable.

3. Dans un cartel, l’autorité centrale fixe

a. Uniquement le prix de vente, commun à toutes les firmes.

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b. A la fois le prix de vente et les quantités produites par chaque firme.

c. Uniquement les quantités produites, communes à toutes les firmes.

4. Le dilemme du prisonnier, décrit un jeu :

a. Dans lequel l’équilibre de Nash n’est pas optimal au sens de Pareto.

b. Qui ne possède pas d’équilibre de Nash (en stratégies pures et mixtes).

c. Qui possède une infinité d’équilibres de Nash.

5. Dans le modèle principal-agent :

a. Le principal est toujours mieux informé que l’agent.

b. L’agent est toujours mieux informé que le principal.

c. Toute l’information est commune mais le principal joue en premier.

6. Dans le cadre du modèle principal – agent, le phénomène d’antisélection correspond à


une situation où :

a. Le principal ne peut observer les actions de l’agent.

b. Le principal ne peut observer le type de l’agent.

c. L’agent ne peut observer le type du principal.

7. Dans le cadre du modèle principal–agent, le phénomène du hasard moral correspond à


une situation où :

a. Le principal ne peut observer les actions de l’agent.

b. L’agent ne peut observer le type du principal.

c. Le principal ne peut observer le type de l’agent.

Pratique

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1. Soit un modèle de duopole de Cournot simplifié dans lequel chaque entreprise décide
de la quantité à produire d’un même bien. Le coût marginal de production est supposé
cons tant et unitaire pour les deux entreprises. La fonction de demande qui dépend de
q=q 1 +q 2 p(q )=11−q
la quantité totale offerte, notée : , s’écrit : .

a. Préciser l’ensemble des actions possibles pour chaque entreprise.

b. Préciser l’expression des paiements qui correspondent aux profits.

c. Calculer la fonction de meilleure réponse ou fonction de réaction de chaque


entreprise.

d. Représenter graphiquement les deux fonctions de réaction. Que représente


l’intersection de ces deux fonctions ?

e. Déterminer analytiquement l’équilibre de Nash de ce jeu.

f. A quelle situation correspond la solution coopérative de ce jeu ?

g. Comparer les prix, les quantités et les profits de la solution coopérative et de


l’équilibre de Nash.

BIBLIOGRAPHIE

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1. Reynald – Alexandre LAURENT, Christophe HACHON, Arnaud MAYEUR :
Microéconomie, Exercices corrigés, Paris, Nathan 2013.
2. Varian, Harl R : Introduction à la microéconomie, traduction de la 8 ème édition
américaine par Bernard Thiry, 7ème édition, Paris 2011.
3. Jacques LECAILLON et Claude PONDAVIN, analyse microéconomique, cours et
exercices, édition Cujas, 1998
4. Pierre PICARD et B JULIEN, Eléments de Microéconomie tome 2, exercices et
corrigés, édition Montchrestien.
5. Hervé DEEAVARD, Fondements de la Microéconomie, volume 2 Equilibre des
Marchés, édition de Boeck 2003.
6. Pierre MEDAN : Microéconomie, Travaux Dirigés : Rappels de Cours, Questions de
reflexion, Exercices d’entrainement, Annales Corrigées, édition Dunod, Paris 1999.
7. Jacques LECAILLON : Microéconomie, édition économica.

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