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Cours Thermo

Ce document décrit les trois types de transferts thermiques que sont la conduction, la convection et le rayonnement. Il présente les concepts clés liés à ces transferts comme la loi de Fourier, l'équation de diffusion thermique et le bilan d'énergie local pour un système.

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Ce document décrit les trois types de transferts thermiques que sont la conduction, la convection et le rayonnement. Il présente les concepts clés liés à ces transferts comme la loi de Fourier, l'équation de diffusion thermique et le bilan d'énergie local pour un système.

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Thermo Les transferts thermiques

Lycée Thiers - Physique-Chimie - MPI/MPI* - 2023-2024

Table des matières


1 Rappel sur les transferts thermiques 1
1.1 La chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Les trois types d’échanges thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.3 Bilan local d’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 Conduction dans un milieu immobile 6
2.1 Loi de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Équation de la diffusion thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Régime stationnaire en absence de source et résistances thermiques . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.4 Effet de peau thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3 Couplage conducto-conductif à l’interface solide/fluide 9
3.1 Loi de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2 Régime stationnaire en géométrie cartésienne et résistance thermique . . . . . . . . . . . . . . 10
4 Le rayonnement thermique 10
4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.2 Le rayonnement d’équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.3 Le modèle du corps noir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

1 Rappel sur les transferts thermiques


1.1 La chaleur
Lorsque l’on met en présence deux corps pris à des températures différentes, au bout d’un certain
temps, les deux températures sont égales, l’équilibre thermique est atteint. Le corps le plus chaud a vu sa
température diminuer et le corps le plus froid a vu sa température augmenter.
On dit qui il y a eu transfert thermique entre les deux corps. S’il n’y a pas d’intervention extérieure
l’échange a toujours lieu du corps le plus chaud vers le corps le plus froid. Au cours d’un transfert thermique
il peut se produire un changement d’état. Alors que le travail correspond à un transfert ordonné d’énergie,
le transfert thermique correspond à un transfert désordonné de l’énergie.
Définition. On appelle chaleur l’énergie échangée au cours d’un transfert thermique. On la note Q.
Contrairement au travail, la chaleur est un transfert d’énergie microscopique désordonnée.
La chaleur dépend de la transformation et non pas des états extrémaux de celle-ci. Un échange infinitésimal
de chaleur se note donc δQ.

1.2 Les trois types d’échanges thermiques


1.2.1 La conduction
Définition. Le transfert de chaleur par conduction est un échange d’énergie se réalisant au sein d’un
système sans déplacement de matière. Ce transfert peut se réaliser au sein d’un seul corps ou par contact
entre deux corps.

Maxime Champion - [Link] 1/16


Thermo : Les transferts thermiques Maxime Champion

Exemple 1 : Lorsqu’une tige immobile métallique est chauffée à une extrémité, l’ensemble
de la tige va chauffer par conduction.

1.2.2 La convection
Définition. Le transfert de chaleur par convection est dû au déplacement de molécules de différentes
températures, il se déroule dans un fluide (un liquide ou un gaz). Ces molécules se déplaçant, elles
transfèrent leur chaleur à un autre endroit du système.
En faisant chauffer de l’eau dans une casserole par le fond, un mouvement d’eau apparaît qui tend
à homogénéiser par mélange la température du système. L’eau chaude étant plus légère que l’eau froide,
grâce à la poussée d’Archimède, elle monte et tend donc à mettre l’ensemble du fluide en mouvement.

Remarque : Il est possible dans certains cas très précis de donner une expression algébrique à
cet échange de chaleur. Dans la plupart des cas, il est très difficile voire impossible d’exprimer
simplement mathématiquement cet échange.

1.2.3 Le rayonnement
Définition. Le transfert de chaleur se fait par rayonnement électromagnétique. Quelle que soit sa tem-
pérature, un corps émet un rayonnement thermique, celui-ci est plus ou moins intense selon cette tempé-
rature. La longueur d’onde à laquelle est émise ce rayonnement dépend aussi de cette température.
Ainsi, le rayonnement électromagnétique thermique émis par le Soleil est situé principalement dans le
visible. Des corps plus froids comme les mammifères émettent quant à eux dans l’infrarouge et les corps
plus chauds émettent vers le bleu et l’ultraviolet. Ce phénomène explique la couleur des objets chauds.
Il faut retenir que les ondes électromagnétiques transfèrent de la chaleur. Il n’y a pas besoin de support
matériel, sinon le Soleil ne pourrait pas transmettre de chaleur.

Fig. 1 – Les trois types d’échanges thermiques

1.3 Bilan local d’énergie


Étudions un système composé d’une phase condensée incompressible et indilatable soumis à des échanges
d’énergie thermique. Ce système est à l’équilibre mécanique, il ne subit aucune force et ne se déforme
pas.
On rappelle que le premier principe dans ce cas s’exprime, pour un système macroscopique,
∆U + ∆Ec = W + Q d’où ∆U = Q
avec les hypothèses d’équilibre mécanique, U étant l’énergie interne du système.

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Remarque : Il s’agit d’un solide incompressible, le travail des forces de pression est donc
nul. Les bilans d’énergie peuvent se faire en utilisant l’enthalpie ou l’énergie interne dont les
variations se confondent ici.
Ainsi, en notant U (t) l’énergie interne présente dans ce système à l’instant t et étudions la variation de
celle-ci entre t et t + dt. La variation de celle-ci correspond à la différence entre entre les chaleurs entrante
et sortante aux interfaces plus une éventuelle chaleur produite (qui peut aussi être interprétée comme un
travail selon les cas). On a le bilan

U (t + dt) − U (t) = δQentrante − δQsortante + δQproduite . (1.1)

Remarque : La transformation étant à pression fixée, il est aussi possible de conduire un bilan
d’enthalpie plutôt qu’un bilan d’énergie interne.

Variation d’énergie interne :


Définition. Ensuite, celle-ci est est reliée à la température par la capacité thermique massique d’un
matériau c (en J · K−1 · kg−1 ) à travers la relation dU = ρcdT dV avec ρ la masse volumique du système.

Remarque : Pour une phase condensée et incompressible, on rappelle que les capacités ther-
miques à volume et à pression constantes sont quasiment égales, soit cV ≈ cP = c.

On rappelle la règle de calcul différentiel, similaire au calcul d’un développement limité d’ordre 1,
f (y + dy) = f (y) + f 0 (y)dy. Cette égalité est vraie à l’ordre 1. On a donc
∂U ∂T
U (t + dt) − U (t) = dt = ρc dtdV .
∂t ∂t

Terme source :
Définition. On définit la puissance volumique thermique PV crée δQproduite = PV dV dt . Elle s’ex-
prime en W/m3 .
Elle rend compte de phénomènes endo- ou exothermiques in situ, tels qu’une transition de phase, une
réaction chimique, une réaction nucléaire, ou encore un effet Joule.

Flux thermique :
Définition. Tout type de transfert thermique est décrit par son flux thermique Φ, qui est la quantité
de chaleur δQ qui traverse une surface donnée par unité de temps. On écrit ainsi δQ = Φdt , où l’on voit
que Φ est une puissance, et s’exprime donc en watts.
D’un point de vue géométrique, Φ est défini comme le flux du vecteur densité de courant thermique

j th (en W/m2 ) :
¨
#» #»
Φ= j th · dS .

On a alors
δQentrante − δQsortante = (Φentrant − Φsortant )dt .

Conclusion : il vient donc en repartant de (1.1) et en simplifiant par dt,


∂T
ρc dV = (Φentrant − Φsortant ) + PV dV . (1.2)
∂t

1.3.1 Cas d’un système unidimensionnel cartésien


Considérons une portion de solide linéaire de surface transverse S. Considérons une portion infinité-
simale comprise entre x et x + dx comme représenté figure 2. Dans ce cas, on a le volume infinitésimal
dV = Sdx.
Par définition du flux thermique, il vient

Φentrant − Φsortant = Φ(x) − Φ(x + dx) = jth (x)S − jth (x + dx)S

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S

j th

x x + dx

Fig. 2 – Portion de solide unidimensionnelle cartésienne comprise entre x et x + dx.

car la surface étant infinitésimale, le flux du vecteur densité de courant thermique est constant.
En repartant de (1.2), il vient

∂h ∂jth
ρ Sdx = − Sdx + PV dV .
∂t ∂x

En simplifiant par dV = Sdx, il vient la relation

∂T ∂jth
ρc =− + PV . (1.3)
∂t ∂x

1.3.2 Cas d’un système unidimensionnel cylindrique



On se place en géométrie cylindrique à une dimension radiale. On a donc j th = jth (r) #»
e r . Le système
élémentaire est un cylindre compris entre le rayon r et r + dr.


j th
h

r dr

Fig. 3 – Portion de solide unidimensionnelle cylindrique comprise entre r et r + dr.

Reprenons donc le bilan de flux de l’équation (1.2)


Φentrant − Φsortant = S(r)jth (r) − S(r + dr)jth (r + dr) = (S(r)jth (r))dr
∂r

avec S(r) = h2πr la surface du cylindre.


La relation (1.2) devient alors

∂T ∂
ρc dV = (S(r)jth (r))dr + PV dV .
∂t ∂r

dV
Or le volume élémentaire de la calotte cylindrique vaut dV = V (r + dr) − V (r) = dr = 2πrhdr car
dr
V (r) = hπr2 . En remplaçant les termes, on arrive à l’équation

∂T 1 ∂
ρc = (rjth ) + PV .
∂t r ∂r
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dr #»
j th
r
×

Fig. 4 – Portion de solide unidimensionnelle sphérique comprise entre r et r + dr.

1.3.3 Cas d’un système unidimensionnel sphérique



On se place en géométrie sphérique à une dimension radiale. On a donc j th = jth (r) #»
e r . Le système
élémentaire est une sphère comprise entre le rayon r et r + dr.
Reprenons donc le bilan de flux de l’équation (1.2)


Φentrant − Φsortant ) = S(r)jth (r) − S(r + dr)jth (r + dr) = (S(r)jth (r))dr
∂r

avec S(r) = 4πr2 la surface de la sphère.


La relation (1.2) devient alors

∂T ∂
ρc dV = (S(r)jth (r))dr + PV dV .
∂t ∂r

dV
Or le volume élémentaire de la calotte cylindrique vaut dV = V (r + dr) − V (r) = dr = 4πr2 dr car
dr
4
V (r) = φr3 . En remplaçant les termes, on arrive à l’équation
3

∂T 1 ∂
ρc = 2 (r2 jth ) + PV .
∂t r ∂r

1.3.4 Généralisation

À l’aide de l’opérateur divergence, la généralisation de l’équation (1.3) est immédiate. En effet, par
définition, la divergence d’un champ vectoriel en un point multiplié par le volume infinitésimal autour
de celui-ci représente le flux sortant à travers la surface infinitésimale autour de ce point. Ainsi, l’énergie
interne un peu plus tard est égale à ce que l’on avait avant plus l’énergie crée moins ce qui est parti, soit

U (t + dt) = U (t) + PV dV dt − (div j th )dV dt .

Application 1 : Montrer que ce résultat est l’application de la formule de Green-Ostrogradsi.

Il vient donc

∂T #»
ρc dV dt = ρc(T (t + dt) − T (t))dV = U (t + dt) − U (t) = (−(div j th ) + PV )dV dt
∂t

soit directement
∂T #»
ρc = − div j th + PV .
∂t

En appliquant les différentes définitions de l’opérateur divergence à différentes géométrie, on retrouve


systématiquement les équations des différentes géométries.

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2 Conduction dans un milieu immobile


2.1 Loi de Fourier
En 1807, Joseph Fourier présente à l’Académie des Sciences une loi phénoménologique qui décrit adé-
quatement la conduction thermique dans un milieu immobile homogène et isotrope (à condition que le
gradient de température n’y soit ni trop fort ni trop fluctuant).

Propriété. La loi de Fourier donné le vecteur densité de courant conductif


# » # »
jcond = −λ grad T

où λ est la conductivité thermique du milieu, exprimée en W/(m · K).

Le signe − de cette loi phénoménologique rend compte du sens du transfert spontané de chaleur du
chaud vers le froid, issu du Second Principe de la Thermodynamique.

2.1.1 Quelques ordres de grandeur de conductivité thermique (à connaître) :


Matériau cuivre acier verre béton eau (20 ◦C) air
λ (W/(m · K)) 390 13 1 0.9 0.6 0.03

2.2 Équation de la diffusion thermique


On injecte la loi phénoménologique de Fourier dans le bilan d’énergie de l’équation (1.3) dans le cas
#» ∂T #»
cartésien à une dimension, soit j th = −λ e x.
∂x
Propriété. On obtient l’équation de la diffusion thermique à une dimension cartésienne

∂T ∂2T PV
=D 2 +
∂t ∂x ρc

λ
où D = est la diffusivité thermique (en m2 /s), quantifiant la capacité du milieu à diffuser la chaleur
ρc
en son sein, sans mouvement macroscopique avec λ la conductivité thermique, ρ la masse volumique et c
la capacité calorifique massique.

Remarque : Il s’agit d’une équation aux dérivées partielles linéaire. L’étude de ces équations
en général est hors programme. On verra quelques cas particuliers où la résolution peut être
menée.

Application 2 : On rappelle que, lorsque la température dépend uniquement de la variable r, le


# » ∂T #»
gradient en coordonnées cylindriques et sphérique vaut grad T (r) = e r . En déduire l’équation
∂r
de la chaleur en géométrie cylindrique et sphérique.
# »
On rappelle que que le laplacien scalaire est défini par ∆A = div(grad A). La généralisation à trois
dimensions dans toute géométrique implique donc

∂T PV
= D∆T + . (2.1)
∂t ρc

2.2.1 Le phénomène de diffusion

Propriété. La diffusion thermique est un processus irréversible : cela se voit en remplaçant la


variable t par −t dans l’équation de diffusion, conduisant à un comportement différent (ce ne serait pas
le cas avec une dérivée seconde en temps, comme pour l’équation de d’Alembert).

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En absence de source, la diffusivité thermique D d’un milieu permet de construire une loi d’échelle
reliant le temps caractéristique de diffusion τ à la portée L du phénomène.
En effet, on a
T T
∼D 2
τ L
soit L2 ∼ Dτ . Ainsi, une élévation de température en x = 0 à la date t = 0 sera ressentie en x = L au
bout d’un temps τ = L2 /D. Le carré est important : l’effet sera perçu en x = 20L au bout d’un temps 400
fois plus long !

2.3 Régime stationnaire en absence de source et résistances thermiques


Propriété. En régime stationnaire les grandeurs physiques ne varient pas : aucune accumulation
d’énergie thermique n’est possible localement. Ainsi, toute l’énergie entrant dans un volume de
contrôle en ressort, si elle n’est pas consommée in situ. ˜ #» #»
Ainsi, en l’absence de terme de puits/source d’énergie, le flux conductif Φ = j th · dS est constant : il
est le même en entrée et en sortie de tout volume de contrôle.

L’équation de la chaleur (2.1) devient simplement ∆T = 0 .

2.3.1 Analogie avec l’Approximation des Régimes Quasi-Stationnaires en électrocinétique


D’après l’équation de la diffusion, en régime stationnaire, et en l’absence de terme de puits/source
d’énergie, le flux thermique qui traverse un volume de contrôle est proportionnel à la différence de tem-
pérature de part et d’autre de ce volume. C’est aussi ce qu’il se passe pour un flux de charges traversant
un volume conducteur de résistance R et de différence de potentiel ∆V . On construit ainsi une analogie
thermique complète avec les lois de l’ARQS en électrocinétique.
#» # »
Cette analogie provient formellement de la structure similaire de la loi d’Ohm locale j = − grad V et
de la loi de Fourier.

Électrocinétique (ARQS) Thermique (stationnaire)


VA − VB T1 − T2
I Φ
R Rth
Loi d’Ohm : U = RI T1 − T2 = Rth Φ

1 Φ 2
• •

T1 − T2

Fig. 5 – Loi d’Ohm thermique en convention récepteur T1 − T2 = Rth Φ.

Ainsi, toutes les relations utilisant les résistances électriques sont valables, soit les résistances équiva-
lentes ainsi que les ponts diviseurs.

2.3.2 En géométrie cartésienne :


A travers une barre calorifugée de longueur L et de conductivité thermique λ, encadrée par deux
thermostats à T1 et T2 < T1 , le régime stationnaire impose un profil thermique affine
T1 − T2
T (x) = T1 − x.
L
∂T T1 − T2
On en déduit le flux Φ = jth S = −λ S=λ S.
∂x L
L
Il vient en géométrie cartésienne Rth = .
λS

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2.3.3 En géométrie cylindrique :


On considère une tuyauterie d’axe (Oz), de longueur h et de conductivité thermique λ, contenant
de l’eau chaude à T1 . Son rayon intérieur est R1 , son rayon extérieur R2 . La surface extérieure est à la
température T2 . Le régime permanent implique qu’il n’y ait aucune accumulation d’énergie en tout point du
matériau ; le flux total Φ à travers tout cylindre d’axe (Oz) et de rayon r prend donc une valeur constante :
∂T
Φ = Cste = jth (r)2πrh = −λ 2πrh. En intégrant de R1 à R2 entre les températures T1 et T2 , on obtient
 ∂r
Φ R2
T (R1 ) − T (R2 ) = ln .
λ2πh R1
1 R2
 
Il vient en géométrie cylindrique Rth = ln .
λ2πh R1
2.3.4 En géométrie sphérique :
On considère une boule, de longueur R1 contenant de l’eau chaude à T1 . Cette boule est entourée d’une
coquille de conductivité thermique λ. Son rayon intérieur est R1 , son rayon extérieur R2 . La surface exté-
rieure est à la température T2 . Le régime permanent implique qu’il n’y ait aucune accumulation d’énergie en
tout point du matériau ; le flux total Φ à travers toute sphère de rayon r prend donc une valeur constante :
∂T
Φ = Cste = jth (r)4πr2 = −λ 4πr2 . En intégrant de R1 à R2 entre les températures T1 et T2 , on obtient
∂r 
Φ 1 1

T (R1 ) − T (R2 ) = − .
λ4π R1 R2
1 1 1
 
Il vient en géométrie sphérique Rth = − .
λ4π R1 R2

2.4 Effet de peau thermique


Plaçons nous en géométrie cartésienne. On considère une demi-espace x > 0 d’un matériau de conduc-
tivité thermique λ. On suppose qu’à x = 0, la température est décrite par une fonction sinusoïdale
T (x = 0, t) = T0 + a cos(ωt). Ce modèle permet de décrire les variations de température dans le sol,
la surface étant soumis à des variations de température journalière ou saisonnière.
Repartons de l’équation de la chaleur sans terme sources, on a alors
∂T ∂2T
=D 2 .
∂t ∂x
On cherche une solution sous la forme T (x, t) = <[T (x, t)] avec T (x, t) = T0 + af (x) exp(iωt). Cette
forme permet de tenir compte du fait que, en chaque point, la température est sinusoïdale. L’amplitude de
cette onde peut toutefois varier avec la profondeur.
En injectant cette solution dans l’équation aux dérivées partielles, il vient
iωaf (x) exp(iωt) = Df 00 (x)a exp(iωt))
soit

f 00 (x) − f (x) = 0 .
D2
iω π
 
On note k la solution du polynôme caractéristique. On a donc k 2 − 2
= 0. Or on sait que i = exp i
D 2
soit
ω 1/2 1
r r
ω π ω
   
k=± i =± exp i = ±√ (1 + i) .
D D 4 2 D
On ne conserve que la solution avec − car sinon la température diverge lorsque x → +∞.
Il vient alors, en tenant compte des conditions aux limites en x = 0,
r r  r
ω ω ω
     
T (x, t) = T0 + a exp (i(ωt − (1 + i)x) = T0 + a exp i ωt − x exp − x .
2D 2D 2D
On a alors
x
 
T (x, t) = <[T (x, t)] = T0 + a(x) cos ωt − .
δ
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Propriété. L’onde se propage selon la direction x mais est exponentiellement amortie sur une distance
x

caractéristique δ. Son amplitude s’écrit donc a(x) = a exp − .
δ
2D
r
On appelle δ l’épaisseur de peau δ = .
ω

Remarque : Parfois, cette onde est qualifiée à tort d’évanescente. Les ondes évanescentes ne
se propagent pas et dont le nombre d’onde est imaginaire pur.

Dans ce cas, la vitesse de phase de l’onde sera vφ = ωδ. On rappelle que la vitesse de phase correspond
à la vitesse de propagation de cette onde de pulsation ω fixée.
On constate que l’épaisseur de peau est d’autant plus grande que la pulsation est petite. Autrement
dit, les variations de faible fréquence, donc de période longue, pénètrent plus en profondeur. Par exemple,
la température d’une cave n’est pas soumise aux variations de température journalière alors qu’elle est
sensible aux variations de températures saisonnières.

3 Couplage conducto-conductif à l’interface solide/fluide


3.1 Loi de Newton
A l’interface entre un solide (milieu immobile donc purement conductif) et un fluide convectif, les
échanges de chaleur sont complexes à décrire à l’échelle microscopique. Un modèle macroscopique simple
consiste à définir entre le solide et le fluide convectif (bien mélangé, donc de température uniforme) une
couche limite thermique (CLT) constituée de fluide quasi-immobile (par adhérence visqueuse). Dans
cette couche d’épaisseur e, on observe expérimentalement un gradient de température, ce qui signifie que
la convection y est négligeable devant la conduction thermique.

Propriété. En régime permanent, le profil de température au sein de la couche limite thermique est supposé
affine, et borné par la température de l’interface solide Tsol d’une part, et celle du fluide convectif Tf d’autre
λf
part. La densité de courant thermique dans la couche limite du fluide s’écrit donc jth = (Tsol − Tf )
e
où λf est la conductivité thermique du fluide (air, eau, huile...) au contact du solide étudié. Ce modèle
permet de comprendre la loi phénoménologique utilisée à l’interface solide/fluide. Il s’agit de la loi de
Newton donnant la densité de courant conducto-convectif

jcc = h(Tsol − Tf ) .

Dans de nombreux problème, la condition aux limites sera donné en flux, et non pas en température.
À titre d’exemple, la sensation thermique n’est pas liée à la température, mais au flux. À température
identique, la sensation sera différente selon que le flux est plus ou moins important. Ainsi, en présence de
vent, le flux conducto-convectif est plus important, la sensation de froid est accentuée.

Application 3 : Donner l’équation vérifiée par T (x) dans une barre cylindrique de rayon r et de
conductivité thermique λ. Le coefficient conducto-convectif vers l’extérieur est noté h et la tempéra-
ture extérieure Text .

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3.1.1 Quelques ordres de grandeur du coefficient de conducto-convection :


. interface solide/gaz (convection naturelle) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . h ' 5 − 30 W/(m2 · K)
. interface solide/gaz (convection forcée) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . h ' 10 − 300 W/(m2 · K)
. interface solide/liquide (convection naturelle) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . h ' 50 − 103 W/(m2 · K).
. interface solide/liquide (convection forcée) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . h ' 300 − 104 W/(m2 · K).

3.2 Régime stationnaire en géométrie cartésienne et résistance thermique


En régime stationnaire, le flux à l’interface solide/fluide Φcc = hS(Tsol − Tf ) issu de la loi de Newton
permet de définir la résistance thermique conducto-convective

Tsol − Tf 1
Rcc = = .
Φcc hS

4 Le rayonnement thermique
4.1 Définitions
Définition. Un corps porté à la température T émet un rayonnement électromagnétique appelle « rayon-
nement thermique ». Il se propage à la vitesse de la lumière.

Contrairement à la conduction et à la convection, ce rayonnement peut se propager dans le vide. À titre


d’exemple, on peut penser au rayonnement solaire ou à la chaleur rayonnée par une flamme et certains
radiateurs.

Remarque : Ce rayonnement correspond au flux du vecteur de Poynting étudié en électroma-


gnétisme.

L’énergie transmise provient des oscillations, ou des transitions, des électrons au niveau atomique.
Cette énergie émise est une composante de l’énergie interne du corps émetteur. De plus, cette énergie est
portée par un rayonnement électromagnétique. Le rayonnement dépend donc de la longueur d’onde du
rayonnement.
Toute forme de matière rayonne mais le phénomène est différent selon l’état physique :
. pour les gaz et les milieux matériels transparents, les phénomènes radiatifs sont volumiques ;
. pour les autres, les phénomènes radiatifs sont surfaciques. Ces corps sont dit opaques.

Remarque : En réalité, le phénomène radiatif provient d’une couche de très faible épaisseur
à la surface du milieu, généralement de l’ordre du micromètre.

Pour les milieux, il n’existe pas de transparence ou d’opacité absolue, celle-ci dépend de fenêtres de longueur
d’onde. Par exemple, le verre est transparent dans le visible mais opaque aux infrarouges.

4.1.1 Propriétés radiatives


Un corps peut être soumis à différents phénomènes :
. la réflexion : le rayonnement incident sur un corps opaque est renvoyé dans d’autres directions ;
. l’absorption : le rayonnement absorbé par le corps opaque est transformé en énergie interne ;
. l’émission : l’énergie interne du corps est convertie en énergie radiative, c’est le phénomène inverse de
l’absorption.
Si un matériau est susceptible d’absorber un rayonnement, il est en général susceptible d’émettre dans les
mêmes plages de longueur d’onde.
Certains corps sont de plus qualifiés de diffusant si les propriétés radiatives sont indépendantes de la
direction, comme par exemple le tissu, le papier, le verre dépoli...

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4.1.2 Puissances (ou flux) surfaciques

Définition. La puissance (ou flux) surfacique est la puissance par unité de surface traversant celle-ci.
On la note ϕ et s’exprime en W · m−2 .

Dans le cas d’un corps opaque, le flux ne peut être émis que sur le demi-espace opposé au corps. On parle
donc de flux hémisphérique.

L L L Attention ! Dans les paragraphes sur la conduction, la notation φ faisant référence à une puissance
alors que ϕ fait ici référence à une puissance surfacique.

On note :

. ϕr la puissance surfacique réfléchie ;


. ϕa la puissance surfacique absorbée ;
. ϕe la puissance surfacique émise.

Par convention, ces puissances surfaciques sont comptées positivement.

Par conservation de l’énergie, il vient :

. la puissance incidente ϕi = ϕr + ϕa ;
. la puissance partante ϕp = ϕr + ϕe .

On définit de plus la puissance radiative surfacique ϕR = ϕp − ϕi = ϕe − ϕa . Cette puissance apparait


naturellement dans les bilans énergétiques globaux et peut être positive ou négative.

4.2 Le rayonnement d’équilibre

4.2.1 La loi de Planck

On étudie un corps opaque diffusant convexe dans un milieu transparent. Ce corps émet dans toutes les
directions un rayonnement thermique. Les échanges d’énergie entre le rayonnement et la matière s’effectuent
par quanta d’énergie hν correspondant à des échanges de photons.

On suppose que :

. le corps est à l’équilibre thermique à la température T ;


. le corps est à l’équilibre radiatif, ainsi ϕR = 0, il n’y a pas d’accumulation ou de perte d’énergie par
rayonnement.

Sous ces hypothèses, dans un milieu transparent, la densité spectrale d’énergie en longueur d’onde du
rayonnement thermique wλ à l’équilibre thermique et radiatif à la température T est donnée par la loi de
Planck

8πhc 1
wλ =
λ5 hc
 
exp −1
λkB T

avec c la vitesse de la lumière dans le vide, h la constante de Planck et kB la constate de Boltzmann. Ces
grandeur est l’énergie volumique de rayonnement comprise dans un intervalle de longueur d’onde compris
entre λ et λ + dλ (en J · m−4 ). Elle est tracé pour différentes températures figure 6.

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Fig. 6 – Densité spectrale d’énergie en longueur d’onde du rayonnement thermique wλ en fonction de la longueur
d’onde à températures différentes (image Wikipedia).

On admet que le flux total partant (égal au flux incident dans le cadre de l’équilibre radiatif) est alors
relié à cette densité spectrale par la relation
ˆ +∞ ˆ +∞
p dϕ c
ϕ = dλ = wλ dλ .
0 dλ 0 4
Remarque : Ces relations ne sont pas à connaître.

Commentaire historique : À la fin du 19ème siècle, les physiciens essayaient de comprendre le spectre du
rayonnement des corps noirs en se fondant sur la physique classique, la physique statistique et l’électrody-
namique classique. Des hypothèses contradictoires (loi de Wien, loi de Rayleigh-Jeans) et une concordance
seulement partielle avec les résultats expérimentaux conduisirent à une situation non satisfaisante. C’est
Max Planck qui, à la fin du siècle, réussit à trouver une loi de rayonnement complètement en accord avec
les mesures expérimentales. Outre l’importance pratique du corps noir, la découverte de la loi de Planck
en 1900 signe la naissance de la mécanique quantique : pour expliquer sa loi trouvée de manière empirique,
Planck a dû supposer que la lumière (et donc le rayonnement électromagnétique en général) n’était pas ab-
sorbée et émise de manière continue, mais uniquement de manière discrète. Cette quantification de l’énergie
sera à l’origine de l’article de 1905 d’Albert Einstein sur l’effet photoélectrique, mais Planck ne considère
ces éléments d’énergie que comme des artefacts de calculs, car il ne croit pas à l’hypothèse atomiste...
4.2.2 La loi de Wien
On cherche à connaître la longueur d’onde pour laquelle la densité d’énergie wλ est maximale. Pour
hc x5
cela, on pose x = . Ainsi, il vient wλ (x) = A x avec A une constante que l’on ne cherche pas à
λkB T e −1
déterminer.
On cherche le maximum de cette fonction en la dérivant, soit
dwλ (x) 5x4 Ax4
!
−ex xex
 
=A x + x5 x = x 5− x .
dx e −1 (e − 1)2 e −1 e −)
x
Cette dérivée s’annule pour e−x = 1 − .
5
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Étude numérique : On réalise le code python suivant :

from numpy import *


import [Link] as plt

def f(x) :
return exp(-x) - 1 + x/5

x = linspace(-1, 10, 2000)


[Link](x,f(x))
[Link](x,0*x)
[Link](r’Annulations de $e^{-x} - 1 + x/5$’)
[Link]()

>>> from [Link] import bisect


>>> bisect(f,4,5)
4.965114231743428

On constate graphiquement que cette équation a deux solutions, x = 0 (qui ne nous intéresse pas) et
hc
xm ≈ 4.965. On en déduit donc λm T = .
k B xm
Propriété. La loi de Wien indique que la longueur d’onde λm qui maximise la densité spectrale d’énergie
à la température T vérifie
λm T = 3 mm · K .
De plus, on peut montrer que 98% de l’énergie émise est comprise entre λm /2 et 8λm .

Cette relation peut s’observer figure 6, la position des maxima suivant une hyperbole. La remarque sur
l’énergie provient de l’aire sous la courbe.
Cette relation permet d’estimer la température d’un corps en mesurant son spectre. On constate de
plus que la longueur d’onde diminue avec la température. Ainsi, par exemple, les étoiles bleues sont plus
chaudes que les étoiles rouges. De même, lorsqu’un métal chauffe, il passe du rouge puis au jaune puis au
blanc (avec un maximum dans le bleu).
Par exemple, la Terre, et les êtres vivants, ont une température au voisinage de 300 K, ce qui implique
une longueur d’onde maximale de 10 µm, soit de l’infrarouge. Les filtres à infrarouge permettent d’observer
ce rayonnement, même en nuit noire. En général, pour des températures inférieures à 800 K, le rayonnement
est essentiellement infrarouge.
Le maxima d’émission du Soleil est lui autour de 0.6 µm, ce qui correspond à une température de surface
de environ 5000 K. De plus, l’étendue spectrale englobe bien la totalité du spectre visible.

4.2.3 La loi de Stefan


On a vu que le flux partant est donné par la relation
ˆ +∞ ˆ +∞
p c 2πhc2 1
ϕ = wλ dλ = .
4 λ5 hc
 
0 0 exp −1
λkB T
hc
On pose à nouveau le changement de variable x = et il vient alors
λkB T
4 T 4 ˆ +∞
2πkB x3
p
ϕ = dx .
h3 c2 0 ex − 1

Cette intégrale se calcule de façon exacte et faut π 4 /15.


2π 5 kB
4
On pose alors σ = .
15h3 c2
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Propriété. La loi de Stefan indique que le flux radiatif partant d’un corps opaque en équilibre thermique
et radiatif vaut
ϕp = σT 4

avec σ = 5.67 × 10−8 W · m−2 · K−4 .

À haute température, comme la température est à une puissance élevée, ce flux radiatif est largement
dominant sur les autres flux conductifs ou convectifs.

Exemple du Soleil : Par exemple, la puissance rayonnée par le Soleil vaut P = (σT 4 )4πR2 avec
T = 5700 K et R = 6.96 × 108 m. Cela conduit à une puissance P = 3.6 × 1026 W. On rappelle que
la puissance d’une tranche de centrale nucléaire à fission est de 1 GW, l’origine de la puissance du Soleil
provient de la fusion nucléaire des noyaux d’hydrogènes en noyaux plus lourds, bien plus énergétique que
la fission.
dm
De plus, la relation d’Einstein indique dE = dmc2 soit une perte de masse par unité de temps =
dt
P
= 4 × 109 kg/s (sachant que la masse du Soleil vaut 2 × 1030 kg).
c2
Au niveau de la Terre, la puissance calculée au paragraphe précédent est toujours présente mais diluée
sur une sphère de rayon d = 1.49 × 1011 m (une unité astronomique, la moyenne de la distance Terre-Soleil).
P
Ainsi, le flux surfacique reçu au niveau de la Terre vaut ϕS = = 1.3 kW · m−2 , ce qui rapporté à la
4πd2
surface transverse de la Terre implique une puissance reçue PS = πRT 2 ϕ = 1.66 × 1017 W en prenant
S
RT = 6400 km.

Remarque : Attention, ce flux n’est pas celui reçu en un point quelconque de la Terre car il
faut tenir compte de l’inclinaison des rayons solaires incidents dus à la courbure de la Terre et
au fait qu’une partie des rayons sont réfléchis par l’atmosphère.

4.3 Le modèle du corps noir


Le modèle précédent ne dépend pas du corps. Il est simplement nécessaire d’être à l’équilibre thermique
et radiatif, ce qui permet d’en déduire les flux partants et incidents. La nature du corps va toutefois influer
sur les flux émis et absorbés.
Définition. Un corps noir est un corps opaque absorbeur intégral d’énergie, c’est-à-dire que quelle que
soit la direction et la longueur du du rayonnement incident, on a ϕaCN = ϕi .

Cette définition est très restrictive. En général, un corps pourra être considéré comme un corps noir sur
certaines gammes de longueurs d’ondes. Par exemple, le verre et le plâtre blanc sont des corps noirs dans
l’infrarouge et un dépôt noir de fumée est un corps noir à température ambiante.

Remarque : Un corps noir n’est donc pas nécessairement de couleur noire.

Propriété. Un corps noir à l’équilibre thermique local à la température T émet une puissance thermique
ϕeCN = σT 4 , y compris si le corps n’est pas à l’équilibre avec le milieu extérieur.

En effet, l’émission est liée uniquement à la structure interne du corps noir. Dans ce modèle, toute l’énergie
incidente est absorbée puis réémise car la température du corps est fixée, donc il n’accumule pas d’énergie. Il
est à noter que, si le rayonnement incident et le rayonnement émis sont égaux, ils ne sont pas nécessairement
portés dans des photons de même longueur d’onde. La couleur du corps noir dépend uniquement de sa
température.

4.3.1 Exemple et ordre de grandeur


Considérons un corps à l’équilibre thermique local T dans un four considéré comme un thermostat à la
température Te . Le flux radiatif total ϕR correspond au flux émis ϕe moins le flux incident en provenance
de l’air dans le four considéré comme un corps noir ϕi . Il vient

ϕR = ϕe − ϕi = σ(T 4 − Te4 ) .

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Le flux radiatif est non nul, ce qui implique que le corps va changer de température. Cela est contradictoire
avec l’équilibre thermique supposé en hypothèse. Toutefois, cet échange étant très lent, on peut considéré
que l’équilibre thermique est atteint à chaque instant ce qui permet d’appliquer à chaque instant les lois
précédentes.
Si on suppose que Te = T + δT avec δT  Te (on rappelle que les températures sont en Kelvin), il vient

ϕR ≈ 4σTe3 (T − Te ) .

Or à 300 K, 4σTe3 ≈ 6 W · m−2 · K−1 , à comparer avec le coefficient conducto-convectif avec en convection
naturelle avec l’air qui est de l’ordre de 5 à 30 W · m−2 · K−1 . Autrement dit, le rayonnement est plus faible
mais du même ordre de grandeur que les échanges conducto-convectifs. Ils ne doivent pas être négligés dans
un bilan thermique.

4.3.2 Application à l’étude de l’effet de serre


Pour simplifier l’étude, on néglige les échanges conducto-convectifs entre les différents milieux et l’air
ambiant.

Température du sol soumis au rayonnement solaire : Considérons un champ soumis au rayonnement


solaire assimilé à un corps noir à l’équilibre thermique. L’équilibre radiatif implique que le flux émis par le
sol ϕT est égal au flux solaire incident ϕS .
Le sol étant un corps noir, il vient
1/4
ϕS

ϕS = ϕT = σT 4 ⇒ T = .
σ

En prenant un flux solaire incidence ϕS = 300 W · m−2 , on arrive à T = 270 K.

Remarque : Ce modèle est ultra simpliste. On néglige en effet tout effet atmosphérique. Il
permet toutefois de se fixer les idées.

Réflexion et absorption d’une plaque de verre : On considère une plaque de verre d’indice optique
n2 = 1.5 recevant le rayonnement solaire. Le coefficient de réflexion en puissance sur le verre est r2 =
n1 − n2 2
 
avec n1 = 1 l’indice de l’air. Ainsi, r2 = 0.04 soit 4% de l’énergie incidente sur le verre est
n1 + n2
réfléchie.
De plus, on estime que environ 2% de l’énergie incidente est absorbée par le verre, cette énergie étant
majoritairement située dans le domaine infrarouge pour lequel le verre est totalement absorbant. Ainsi, le
verre peut être assimilé à un corps noir dans l’infrarouge.
Cela implique donc que 94% de l’énergie solaire incidente traverse la plaque de verre.
Toutefois, le rayonnement émis par le sol est lui très majoritairement dans l’infrarouge. Ainsi, le flux
provenant du sol est lui totalement absorbé par le verre.

Bilans radiatifs : Effectuons un bilan d’énergie sur le verre. Comme celle-ci a deux faces libres, le flux
émis est à compter deux fois dans les deux directions. On a donc
98
ϕS + ϕT = 2ϕV + ϕt + ϕr = 2ϕV + ϕS .
100

Effectuons un bilan d’énergie sur la terre enserrée, on a


94
ϕT = ϕt + ϕV = ϕS + ϕV .
100

En manipulant ces deux équations, on arrive )


96 190
ϕV = ϕS et ϕT = ϕS .
100 100
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ϕS ϕV
ϕr
ϕa Verre
ϕt ϕV

ϕT

Sol

Fig. 7 – Schématisation de l’effet de serre.

La terre est assimilée à un corps noir soir ϕT = σTT4 et le verre aussi grâce à ses propriétés d’opacités
dans l’infrarouge soit ϕV = σTV4 .
En prenant un flux solaire incidence ϕS = 300 W · m−2 , on arrive à TV = 267 K et TT = 317 K.
On constate que la température de la terre est nettement plus élevée en présence de la serre, ce qui
permet donc de faire pousser des légumes en hiver.

Remarque : Ce modèle peut être étendu à l’étude de l’effet de serre au niveau du globe.
Toutefois, ce modèle est très simpliste et il nécessite en réalité de prendre en compte plusieurs
couches d’atmosphères pour donner des résultats cohérents avec les observations.

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