Thème 2b : Les climats de la Terre : comprendre le passé
pour agir aujourd’hui et demain
→ Chapitre 9 : Reconstituer et comprendre les variations
climatiques passées
→ Selon l’Organisation Météorologique Mondiale, le climat correspond aux conditions
moyennes (températures, précipitations, ensoleillement, humidité de l’air, vitesse des
vents…) qui règnent sur une région donnée durant une longue période. Pour l’organisation
Météorologique Mondiale (OMM), elle doit être d’au minimum 30ans.
I. L’évolution du climat depuis l’avènement de l’ère industrielle
→ Peut-on attribuer uniquement des origines anthropiques au réchauffement
climatique global actuel ?
→ Unité 1 page 240-241
Doc. 1 : Référence : période 1961 à 1990 (30 ans) → température moyenne de 14°C = 0
sur le graphique. On évalue les écarts de température depuis 1850 à partir de cette
référence. On observe sur ce document que la température terrestre a augmenté
d’environ 1 degré en 150 ans. Cette évolution n’est pas régulière et plusieurs périodes
peuvent être distinguées. À partir des années 1980, les anomalies de températures sont
constamment positives.
Doc. 2 : Evolution de la proportion de CO 2 dans l’atmosphère exprimée en ppm depuis le
milieu du Moyen Âge. On estime ces proportions en étudiant les bulles d’air piégés dans la
glace dans différentes régions du globe qui est relativement stable autour de 280ppm. La
proportion de CO2 est de 360ppm en 2000 ce qui correspond à une augmentation de près
de 30%.
Doc.3 : La consommation d’énergie augmente avec le temps en lien avec le
développement des nouvelles technologies (montrée en Gtep : Giga tonne équivalent
pétrole). Les énergies fossiles sont majoritairement représentées comme ressources
utilisées actuellement contribuant notamment à l’émission de CO2 dans l’atmosphère.
Doc. 4 : On s’intéresse à l’évolution de la température depuis 1900 en s’interrogeant sur
l’effet des forçages naturels (volcanisme, activité solaire, …). Une simulation ne montre
pas de correspondance car la température moyenne semble relativement constante en un
siècle. Or lorsqu’on ajoute à ce forçage naturel, le forçage anthropique (activité
industrielle, agricole, …), on remarque une correspondance qui indique une relation non
négligeable de l’activité humaine dans les écarts de température observés.
Bilan :
→ Les forçages radiatifs naturels n’expliquent pas à eux seuls l’augmentation
globale de température à la surface de la Terre d’environ 1° en 150 ans. Le
développement de l’industrialisation avec la consommation intensive des énergies fossiles
favorise la libération de CO2 dans l’atmosphère, gaz à effet de serre, qui contribue à la
modification du bilan radiatif terrestre.
II. L’évolution du climat du Quaternaire
1. Les indices
→ unité 2 page 242-245
a. Palynologie
De -12 000 ans à -11 000 ans, les pollens retrouvés appartiennent majoritairement à des
espèces herbacées ainsi qu’à des pins et des bouleaux. La végétation de cette période est
typique des toundras et des taïgas, qui se situent actuellement aux hautes latitudes. Le
climat en France vers -12 000 ans était sans doute plus froid qu’aujourd’hui. À partir de -11
000 ans et jusqu’à aujourd’hui, les pollens retrouvés appartiennent majoritairement à des
arbres feuillus (noisetiers, chênes, hêtres), typiques des forêts tempérées qui se situent
vers nos latitudes. Le climat s’est donc réchauffé à partir de -11 000 ans.
b. Sédimentologie
Les roches observées dans les Hautes Alpes sont datées du Pléistocène et sont typiques
des moraines déposées par les glaciers. Aujourd’hui, le plus proche glacier est situé à 40
km environ de l’affleurement. Ces moraines se sont formées alors que le terrain s’est
trouvé érodé sous l’action des glaces alors que des roches ont résisté à l’érosion
(« demoiselles coiffées »). Le bloc erratique observé à Central Park a été déposé au
Pléistocène par un glacier. Aujourd’hui, les glaciers les plus proches sont situés à
plusieurs centaines de kilomètres. L’étendue des glaciers était donc plus importante en
Europe et en Amérique au Pléistocène, le climat était sûrement plus froid.
c. Géologie isotopique
Plus la température de l’eau est importante, plus le δ18O des carbonates est faible. Plus la
température de l’air est importante, plus le δ18O des glaces est élevé. Au Pléistocène, le
δ18O des glaces diminue et le δ18O des carbonates augmente, le climat s’est donc sans
doute refroidi aux environs de -125 000 ans. A -11 000 ans, le δ18O des glaces augmente
et le δ18O des carbonates diminue, le climat s’est sans doute réchauffé.
d. Peintures rupestres
Dans la grotte Chauvet, les animaux peints par les humains entre -37 000 ans et -28 000
ans sont des animaux typiques des toundras. Or les toundras se retrouvent actuellement
vers les hautes latitudes. Entre -27 000 ans et -19 000 ans, les humains accédaient à la
grotte Cosquer par une entrée à l’air libre. Or, aujourd’hui, cette entrée est située à -36
mètres sous le niveau de la mer. Entre -27 000 ans et -19 000 ans, le niveau de la mer
était donc plus bas. Or on sait que plus le climat est chaud, plus le niveau des océans est
élevé. Les indices observés dans ces deux grottes montrent qu’au Pléistocène, dans le
sud de la France, le climat était plus froid qu’aujourd’hui.
Bilan :
→ À l’échelle du Quaternaire, des données préhistoriques, géologiques et
paléoécologiques attestent l’existence, sur la période s’étendant entre -120 000 et -11
000 ans, d’une glaciation, c’est-à-dire d’une période de temps où la baisse planétaire des
températures conduit à une vaste extension des calottes glaciaires. Les témoignages
glaciaires (moraines), la mesure de rapports isotopiques de l’oxygène dans les carottes
polaires antarctiques et les sédiments font apparaître une alternance de périodes
glaciaires et interglaciaires durant les derniers 800 000 ans.
2. Des causes orbitales : les cycles de Milankovitch
→ unité 3 page 246-247
Doc 1 : L’obliquité, l’excentricité et la précession varient de manière cyclique. Lors d’une
période chaude, l’obliquité, l’excentricité et la précession ont des valeurs élevées, le
contraste été/hiver est fort. C’est l’inverse pour les périodes froides.
Doc 2 à 5 : Lorsque l’obliquité est maximale, les contrastes entre l’été et l’hiver sont
marqués ce qui favorise la fonte des glaces ; la latitude des calottes augmente ; l’albédo et
donc la puissance solaire renvoyée vers l’espace diminue donc la température globale
augmente (ce qui favorise d’autant plus la fonte des glaces : rétroaction positive). Le
réchauffement favorise le dégazage du CO2 de l’océan vers l’atmosphère, l’effet de serre
et donc la température globale augmente encore (ce qui amplifie le dégazage du CO 2 :
rétroaction positive). L’augmentation de l’obliquité est donc à l’origine d’un climat chaud. À
l’inverse, lorsque l’obliquité est minimale, les contrastes entre l’été et l’hiver peu marqués
sont à l’origine d’un climat froid.
Schéma de la rétroaction positive au niveau du climat : effet albédo
Bilan :
→ Les rapports isotopiques montrent des variations cycliques coïncidant avec des
variations périodiques des paramètres orbitaux de l Terre. Celles-ci ont modifié la
puissance solaire reçue et ont été accompagnées de boucles de rétroactions positives et
négatives(albédo lié à l’asymétrie des masses continentales dans les deux hémisphères,
solubilité océanique du CO2 ; elles sont à l’origine des entrées et des sorties de glaciation.
III. L’évolution du climat durant les 500 derniers million d’années
→ unité 4 page 248-251
Doc.1 : variations de la valeur du δ18O du Crétacé à la fin du Cénozoïque, déterminées à
partir de foraminifères benthiques (qui vivent sur le fond de l’océan) et de foraminifères
planctoniques (qui vivent en pleine eau). La valeur du δ18O augmente durant tout le
Cénozoïque. Or l’augmentation de la valeur du δ18O déterminée à partir des carbonates
traduit une baisse de la température de l’océan, et donc de l’atmosphère. Cette baisse est
moins prononcée dans les eaux de surface du Pacifique tropical (période glaciaire).
Doc 2 : Position des continents au pôle Sud depuis 86 Ma. On observe que l’Antarctique
s’est individualisé permettant ainsi la mise en place de la circulation « circumpolaire »
(courant froid se déplaçant autour de l’Antarctique). La mise en place de ce courant froid a
participé et participe au refroidissement de l’Antarctique et donc à l’installation ainsi qu’au
maintien de la calotte antarctique. La mise en place de cette calotte contribue au
refroidissement au Cénozoïque en augmentant l’albédo global de la Terre.
Doc. 3, 4 et 5 : Reconstitution des climats au Paléozoïque et au Mésozoïque en utilisant
les roches sédimentaires dont la formation est liée à une aire climatique. Pour reconstituer
le climat à l’aide des roches sédimentaires, il faut déterminer l’âge des roches, appliquer
le principe d’actualisme, et prendre en compte la position des masses continentales à
l’époque de la formation des roches. L’exploitation des cartes couplée aux informations du
tableau permet de conclure que le climat au Carbonifère devait être relativement
comparable à l’actuel alors que le climat crétacé devait être de type tropical (période
interglaciaire) jusqu’à des hautes latitudes (bauxites crétacées au-delà de 50° de latitude
nord).
Doc 6 et 7 : Représentation simplifié du cycle du carbone ainsi qu’une estimation des
différents compartiments. Au Carbonifère, le piégeage du carbone sous la forme de
matière organique (fossilisation) est très faible : cela implique une libération importante de
CO2 dans l’atmosphère contribuant à un réchauffement climatique (interglaciaire). Un
piégeage important de carbone va contribuer à appauvrir l’atmosphère en CO2 et atténuer
l’effet de serre et donc contribuer à une péiode glaciaire (visible après le carbonifère).
Doc 8 : La formation de chaînes montagneuses entraine la mise à l’affleurement d’une
grande quantité de roches soumise à l’érosion. L’hydrolyse d’un pyroxène nécessite de
l’eau et du CO2 dont la transformation produit un carbonate (HCO3-) : piégeage du CO2.
Doc 9 : L’ouverture des dorsales océaniques et leur expansion contribuent à libérer du
CO2 et donc participer au réchauffement climatique.
Bilan :
→ Globalement à l’échelle du Cénozoïque, et depuis 30 millions d’années, les
indices géochimiques des sédiments marins montrent une tendance générale à la baisse
de température moyenne du globe.
→ Celles-ci apparaît à une baisse de la concentration atmosphérique de CO22 en
relation avec l’altération des matériaux continentaux, notamment à la suite des
orogenèses du Tertiaire. De plus, la variation de la position des continents a modifié la
circulation océanique.
→ Au Mésozoïque, pendant le Crétacé, les variations climatique se manifestent par
une tendance à une hausse de température. Du fait de l’augmentation de l’activité des
dorsale, la géodynamique terrestre interne semble principalement responsable de ces
variations.
→ Au Paléozoïque, des indices paléontologiques et géologiques, corrélés à
l’échelle planétaire et tenant compte des paléo latitudes, révèlent une importante
glaciation au Carbonifère-Permien.
⇒ Bilan Chapitre 9 :
1. Les variations climatiques depuis la révolution industrielle
• Depuis la révolution industrielle, les activités humaines libèrent des gaz à effet de
serre dans l’atmosphère, comme le CO2. L’augmentation de sa proportion dans
l’atmosphère est responsable d’un forçage radiatif supplémentaire à l’origine de
l’augmentation de la température mondiale (qui a augmenté de 1° C depuis
1850).
2. Les variations climatiques du Quaternaire
• Les indices de différente nature (paléoécologiques, géologiques, préhistoriques
et isotopiques) permettent de reconstituer, au Quaternaire, des alternances de
périodes glaciaires et interglaciaires. Ces variations climatiques s’expliquent par
les modifications cycliques des paramètres orbitaux de la Terre (paramètres de
Milankovitch) : l’obliquité, l’excentricité et la précession.
• Les variations cycliques des paramètres orbitaux sont à l’origine de changements
de la température globale car ils modifient les contrastes entre l’été et l’hiver, faisant
varier la couverture de glace et donc la rétroaction de l’albédo. Ces effets sont
amplifiés par la rétroaction de l’océan (faisant varier la solubilité du CO2 dans l’eau,
modifiant l’intensité de l’effet de serre).
3. Les variations climatiques du Paléozoïque, Mésozoïque et Cénozoïque
• Les indices isotopiques (δ18O), paléontologiques (fossiles) et géologiques (roches
sédimentaires) permettent de reconstituer les climats très anciens : glaciation au
Paléozoïque (entre le Carbonifère et le Permien), réchauffement planétaire au
Mésozoïque (pendant le Crétacé) et refroidissement global au Cénozoïque.
• Ces variations climatiques s’expliquent principalement par des modifications de
l’intensité de l’effet de serre causées par différents processus : modification de
la circulation océanique, piégeage de la matière organique et altération des
grandes chaînes de montagnes (diminuant la proportion de CO2 atmosphérique),
volcanisme intense (libérant du CO2).
⇒ Vocabulaire
Albédo : capacité d’une surface à réfléchir et diffuser par rayonnement la puissance qu’elle
reçoit.
δ18O : indicateur de la composition en 18O et 16O d’un échantillon, il est utilisé comme
paléothermomètre.
Excentricité : changement de la forme de l’orbite de la Terre autour du Soleil.
Obliquité : variation de l’angle d’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre sur ellemême.
Paramètres orbitaux de la Terre : caractéristiques de l’orbite de la Terre ayant une
influence sur le climat (paramètres de Milankovitch).
Période glaciaire (glaciation) : période de climat froid caractérisée par de grandes surfaces
couvertes de glaces.
Période interglaciaire : période de climat plutôt chaud entre deux périodes glaciaires.
Précession : rotation de l’axe de rotation de la Terre sur elle-même.
Rétroaction positive : action amplificatrice d’un effet sur sa propre cause.