Quels changements affectent la France entre 1848 et 1870 ?
Évaluez les transforma<ons sur
les plans poli<que, économique et social pour montrer que le pays connaît une ère de
révolu<ons.
Introduc<on :
[Accroche] En 1846-1847, la France traverse une période de crise économique qui nourrit la
colère populaire. La révolu<on de février 1848 promet des jours meilleurs. [Probléma<que]
Quels changements affectent la France entre 1848 et 1870 ? [Annonce du plan] Après avoir
présenté les bouleversements poli<ques de la période [I], nous évaluerons la modernisa<on
de l’économie [II] et les avancées sociales [III] afin de déterminer si ces transforma<ons
peuvent être qualifiées de « révolu<onnaires ».
I) Un cadre poli<que bouleversé mais stabilisé
1) Une République impuissante
Dès son avènement en février 1848, la IIe République crée des ateliers na<onaux pour
répondre aux besoins des ouvriers sans emploi. Mais, coûteux et considérés comme source
d’agita<on, ils sont rapidement fermés par le gouvernement ; la crise sociale se prolonge
alors. Le blocage des ins<tu<ons poli<ques conduit le président Louis-Napoléon Bonaparte à
organiser un coup d’État, le 2 décembre 1851. C’est l’échec du régime républicain.
2) L'avènement d'un régime autoritaire mais stable
Le Second Empire est autoritaire : Napoléon III y contrôle le pouvoir. Soutenu par les classes
conservatrices (bourgeoisie d’affaires et monde rural), son régime est stable. Il va durer 19
ans, la plus longue période d’un système poli<que depuis 1789. Esprit indépendant et nourri
d’idées nouvelles, l’empereur veut faire de la France un pays moderne et une puissance
respectée par ses voisins en Europe
[Transi<on] Le système poli<que est totalement remanié et stabilisé. Comment l’ambi<on de
l’empereur se traduit-elle sur le plan économique ?
II) La modernisa<on de l'économie
1) Une première « révolu<on industrielle » française
Si les milieux d’affaires rejement, au nom du libéralisme, toute interven<on de l’État dans
l’économie, Napoléon III préfère donner à ce dernier un rôle directeur pour orienter les
inves<ssements dans les domaines stratégiques. La France concentre ses efforts sur les trois
secteurs porteurs de la révolu<on industrielle : l’énergie <rée du charbon (bassin houiller du
Nord ou du Creusot), le fer (Lorraine) et le développement du rail. Le territoire se couvre
d’un réseau ferroviaire qui, centralisé sur Paris, ameint 17 000 kilomètres en 1869.
2) Le développement du commerce, signe de bonne santé économique
Le développement des banques d’affaires (Crédit lyonnais en 1863, Société générale en
1864) et du crédit, favorise les inves<ssements produc<fs ainsi que la consomma<on. En
1860, le traité de libre-échange avec l’Angleterre oblige les entreprises françaises à se
moderniser pour faire face à la concurrence. Plus compé<<ves, elles conquièrent de
nouveaux marchés. Le développement des grands magasins (Félix Po<n, Bon Marché), où le
client trouve un large choix de marchandises, dynamise l’économie.
3) La modernisa<on de Paris, vitrine d'une France nouvelle
Sous la direc<on du baron Haussmann, Paris se transforme. Les habita<ons vétustes sont
détruites, remplacées par des immeubles modernes ; de grands boulevards sont ouverts et
facilitent la circula<on. La capitale se dote de bâ<ments publics (écoles, casernes), travaux
qui favorisent l’ac<vité et créent des emplois. Un réseau d’égouts assainit la ville.
[Transi<on] En pleine révolu<on industrielle, l’économie de la France se modernise de façon
radicale. Tous les Français profitent-ils de la situa<on ?
III) Des avancées sociales limitées
1) Des transforma<ons profondes de la société
Une nouvelle classe d’ouvriers sans qualifica<on se développe. Hétérogène et mal protégée,
elle connaît des condi<ons de vie et de travail difficiles. La misère qui ameint les plus
précaires est source de troubles. Dès 1854, pour lumer contre le vagabondage, est instauré le
livret : les qualifica<ons, emplois et comportements de l’ouvrier y sont consignés par le
patron. En 1864, une loi établit le droit de coali<on et de grève. L’empereur incite, par
ailleurs, les entrepreneurs à construire des logements ouvriers.
2) Limite des avancées dans une France encore très rurale
Les avancées sociales sont ambiguës. Le livret permet surtout le contrôle et la soumission
des ouvriers. Le droit de coali<on et de grève reste théorique : l’employeur peut licencier
ceux qui en font usage, et la loi punit toutes entraves à la liberté du travail. La France reste
rurale et à majorité paysanne. Les exploita<ons agricoles sont tradi<onnelles, la vie dans les
campagnes est rude ; mais les paysans, très conservateurs, sou<ennent en majorité le
régime.
Conclusion
[Réponse à la probléma<que] De la crise de 1848 à la débâcle militaire de 1870, la France
change profondément. Elle connaît de vraies révolu<ons dans tous les secteurs, poli<que,
économique comme social. Mais ces transforma<ons ne profitent pas à tous les Français
dans d’égales propor<ons. [Ouverture] L’avènement d’une République forte et durable en
1870 permemra-t-il d’apporter aux plus démunis des avancées plus effec<ves ?