Rapport Pfe
Rapport Pfe
Présenté par :
RAHALLI AYOUB
1
REMERCIEMENTS
J’estime que de mes devoirs, est de commencer mon rapport de projet de fin d’études en
exprimer mes gratitudes et mes vifs remerciements à toutes les personnes qui, par leurs efforts,
j’ai aidé l’élaboration et l’acheminement de ce projet par ailleurs, je tiens à remercier Vive-
ment mon encadrant, Monsieur Toumlilin Mohamed, pour son soutien précieux et ses Conseils
éclairés ainsi que son appui que j’ai permis à ce projet de voir le jour. Je tiens à remercier spé-
cialement le président de ce projet monsieur Hanine Abdelouahab, pour sa présence lors de ma
soutenance et l’examinateur, Monsieur Elmadani Youssef pour son intérêt vers ce projet je
voulais aussi remercier Monsieur le coordonnateur de la filière Mathématique et applications
(SMA) de la Faculté des Sciences de Rabat (FSR) ainsi que tout le corps Professoral est ad-
ministratif de cette Faculté pour les efforts qu’ils fournissent afin de nous garantir une bonne
formation.
Mes remerciements vont enfin à toutes les personnes de mon entourage pour leur soutien moral.
j’espère que mon travail vous procure une parfaite satisfaction et soit à la hauteur.
2
TABLE DES MATIÈRES
1 Rappels 6
1
1.0.1 L’espace L . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.0.2 Théorème de convergence dominée de Lebesgue . . . . . . . . . . . . 7
1.0.3 Espaces Lp et Lp ; p ≥ 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2 Transformée de Fourier 9
2.1 Rappel sur le développement en série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1 Définition de série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2 Série de Fourier à terme complexe : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Transformation de Fourier dans L1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2.1 Introduction et Notation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2.2 Propriétés fondamentales : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.3 Produit de Convolution : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.4 Transformée de Fourier d’une dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.5 Dérivée d’une Transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Transformation de Fourier sur l’espace de Schwartz . . . . . . . . . . . . . . 19
A Supports et convolution 38
A.1 Support de fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
A.2 Convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
A.2.1 convolution dans L1 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3
A.2.2 Convolution dans Lp (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Bibliographie 44
4
INTRODUCTION
5
CHAPITRE 1
RAPPELS
Définition 1.0.1
Une propriété est dite vraie presque partout (p.p) si l’ensemble des points où elle
n’est pas vérifiée est de mesure nulle.
1.0.1 L’espace L1
L’égalité presque partout définie pour tout f, g ∈ L1 par
f Rg ⇐⇒ f = g µ − p · p.
est une relation d’équivalence sur L1 . On définit alors L1 comme étant l’espace quotient
L1 := L1 /R.
Cet espace possède une structure de R-espace vectoriel normé, dont la norme est donnée par
Z
||F ||1 = ||f¯|| = ||f ||1 = |f |
6
1.0.2 Théorème de convergence dominée de Lebesgue
Théorème 1.0.2: TCD
Soit (X, M, µ) un espace mesuré. Soit (fn ) n ∈ N une suite dans L1 convergente vers
f (f mesurable). Si la suite (f n) n ∈ N est dominée µ − p.p. par une fonction g ∈ L1
positive, i.e, |f n| ≤ g µ − p. p, et pour tout n, alors
- f ∈ L1 . R
- ∥fn R− f ∥ 1 R= |f n − f | −→ 0, quand n tends vers +∞.
- lim fn = f.
n
1.0.3 Espaces Lp et Lp ; p ≥ 1
Soit (X, M, µ) un espace mesuré. Soit p ≥ 1. On définit l’espace Lp = LP (X, M, µ)
comme étant l’espace des fonctions f mesurables vérifiant
Z 1/p
p
∥f ∥p := |f | < +∞.
Soit (X, M, µ) un espace mesuré. Soit (fn ) n ∈ N une suite dans LP qui converge
µ − p.p. vers une fonction f (f mesurable). Si la suite (f n) n ∈ N est dominée µ − p.p.
par une fonction positive g ∈ Lp , i.e, |fn | ≤ g µ − p. p, et pour tout n, alors
- f ∈ Lp . R
- ∥fn − f ∥ p = |f n − f | −→ 0, quand n tends vers +∞.
7
Théorème 1.0.5: Fubini
Soit une fonction mesurable :
soit encore
||f g||1 ≤ ||f ||p||g||q .
8
CHAPITRE 2
TRANSFORMÉE DE FOURIER
2π
avec : ω = T
, La pulsation associée à T . On a :
( RT
an = T2 0 f (t) cos(nωt)dt, ∀n ∈ N
RT .
bn = T2 0 f (t) sin(nωt)dt, ∀n ∈ N∗
Où les coefficients an et bn sont appelés les coefficients de Fourier de f .
9
Proposition 2.1.1
RT
Pour tout n ∈ Z, cn (f ) = T1 0 f (t)e−inωt dt. Pour tout n ∈ N, la somme partielle de
rang n de la série de Fourier de f s’écrit alors :
n
X
∀t ∈ R, Sn (f )(t) = ck (f )eikωt .
k=−n
Démonstration : Soient n ∈ N, t ∈ R,
n
X n
X n
X
ck (f )e ikωt
= a0 (f ) + ikωt
ck (f )e + c−k (f )e−ikωt
k=−n k=1 k=1
Xn
ikωt
= a0 (f ) + ck (f )e + ck (f )eikωt
k=1
Xn
2 Re ck (f )eikωt
= a0 (f ) +
k=1
n
X ak (f ) − ibk (f )
= a0 (f ) + 2 Re (cos(kωt) + i sin(kωt))
k=1
2
n
X
= a0 (f ) + (ak (f ) cos(kwt) + bk (f ) sin(kwt))
k=1
= Sn (f )(t).
Il est parfois plus facile de calculer les coefficients (cn (f ))n∈Z à l’aide de la formule in-
tégrale que les coefficients (an (f ))n∈N et (bn (f ))n∈N . On peut ensuite retrouver aisément ces
coefficients à l’aide de la formule suivante :
∗ an (f ) = cn (f ) + c−n (f )
a0 (f ) = c0 (f ) et ∀n ∈ N , .
bn (f ) = i (cn (f ) − c−n (f ))
10
L1 (Rn ) est un espace de Banach, i.e. un espace vectoriel normé et complet, par rapport à la
norme : Z
∥f ∥1 = |f (t)|dt, f ∈ L1 (Rn ),
Rn
n
tandis que C0 (R ) est un espace de Banach par rapport à la norme :
Définition 2.2.1
Soit f ∈ L1 (Rn ). On appelle transformée de Fourier de f la fonction fb : Rn 7−→ C
définie par : fb(ξ) = Rn f (x)e−2iπx.ξ dx, où x.ξ = ni=1 xi .ξi pour x, ξ ∈ Rn .
R P
11
2. (calculs d’intégrales gaussiennes)
si t > 0 et
2
f (x) = e−t||x|| .
Alors,
π n −||πξ|| 2
fb(ξ) = ( ) 2 e t .
t
12
3. Si a > 0 et
e−a|t| .
Alors,
2a
fˆ(ξ) = .
a2 + 4π 2 ξ
Lemme 2.2.1
Pour f ∈ L1 (Rn ) , fb existe, et on a
lim fb(ξ) = 0.
∥ξ∥→+∞
Démonstration : Il suffit de traiter le cas n = 1, le cas général s’en déduit par une
application directe du théorème de Fubini. L’existence de fb est évidente puisque, pour tout
ξ ∈ R, on a Z +∞
|fb(ξ)| ≤ |f (x)|dx < +∞.
−∞
Pour établir le second point du lemme, nous procédons en deux étapes.
- Supposons d’abord f ∈ Cc1 (R) avec supp(f ) ⊂] − a, a[, a > 0. Alors
Z a
f (ξ) =
b f (x)e−2iπx.ξ dx,
−a
Donc
a
|fb(ξ)| ≤ ||f ′ ||∞ ,
|πξ|
et comme f ′ ∈ Cc (R), on a ||f ′ ||∞ < +∞, d’où le résultat désiré.
- Examinons à présent le cas général. L’espace Cc∞ (R) est dense dans L1 (R), donc Cc1 (R)
aussi, d’où
ε
∀ε > 0, ∃φ ∈ Cc1 (R) tel que ∥φ − f ∥1 ≤ .
2
Fixons ε et une telle fonction φ. Comme lim|ξ|→+∞ φ(ξ)b = 0, alors
ε
∃X ∈ R, ∀ξ ∈ R, |ξ| ≥ X ⇒ |φ(ξ)|
b ≤ .
2
Pour tout ξ tel que |ξ| ≥ X, on a alors
ε ε
|fb(ξ)| ≤ |φ(ξ)|
b + |φ
\ − f (ξ)| ≤ |φ(ξ)|
b + ∥φ − f ∥1 ≤ + = ε,
2 2
où la première inégalité utilise la linéarité évidente de l’application f 7→ fb.
Théorème 2.2.1
Soit f ∈ L1 (Rn ) :
1. ∥fb∥∞ ≤ ∥f ∥1 .
2. fb est continue.
13
R
Démonstration : 1) ∥fb∥∞ ≤ supξ∈Rn |fb(ξ)| ≤ supξ∈Rn Rn |f (x)|dx = ∥f ∥1
2) La continuité est une conséquence du théorème de continuité sous le signe de l’intégrale
appliqué à la fonction g(x, ξ) = f (x)e−2πx.ξ . Nous avons donc fb ∈ C0 (Rn ).
Corollaire 2.2.1
Démonstration : F est manifestement une application linéaire sur L1 (Rn ). Elle est
continue en 0 (donc partout) ça, pour tout f ∈ L1 (Rn ), on a ∥fb∥∞ ≤ ∥f ∥1 d’après le
théorème 2.2.1.
Démonstration : On a
Z
F{f (x − c)} = f (x − c)e−2iπx.ξ dx
n
ZR
= f (u)e−2iπ(u+c).ξ du, u ≡ x − c
Rn Z
−2iπc.ξ
=e f (u)e−2iπu.ξ du
Rn
−2iπc.ξ
=e fb(ξ),
Démonstration : On a
Z
−2iπx.ξ0
e2iπx.ξ0 f (x)e−2iπx.ξ dx,
F e f (x) =
n
ZR
= f (x)e−2iπx.(ξ−ξ0 ) dx,
Rn
= fb(ξ − ξ0 ) ,
et achève la démonstration.
14
Propriete 2.2.3: Changement d’échelle
Soient f ∈ L1 (Rn ) et c ∈ R∗ , alors
1 bξ
F(f (cx)) = f ( ).
|c|n c
Démonstration : On a
Z
F{f (cx)} = f (cx)e−2iπx.ξ dx
ZRn
1 ξ
= n f (u)e−2iπu. c du, u ≡ cx
|c| Rn
1 b ξ
= nf .
|c| c
Démonstration : On a
Z Z
−2iπx.ξ
F{f (x)} = f (x)e dx = f (x)e2iπx.ξ dx
Rn Rn
= fb(−ξ),
et la démonstration s’achève.
Lemme 2.2.2
Si f et g sont intégrables, alors h = f ∗ g est bien définie, et intégrables et on a
Z Z Z
h= f g.
Rn Rn Rn
15
Propriete 2.2.5
Soient f, g, h ∈ L1 (Rn ) on a :
1. f ∗ g = g ∗ f (commutativité).
2. f ∗ (g + h) = (f ∗ g) + (f ∗ h) (Distributivité).
3. (f ∗ g) ∗ h = f ∗ (g ∗ h) (Associativité).
Théorème 2.2.2
Soient f, g ∈ L1 (Rn ), alors pour ξ ∈ Rn :
∗ g(ξ) = fb(ξ).b
f[ g (ξ).
16
Remarque 2.2.2. La formule de dualité est également appelée "formule d’échange".
Théorème 2.2.3
La transformation de Fourier
L1 (Rn ) → C0 (Rn ) .
F:
f 7→ fb
ˆ
fˆ(x) = f (−x).
Malheureusement, il n’est pas possible d’appliquer le lemme 2.2.3 car la fonction ξ 7→ e−2iπx.ξ
n’appartient pas a L1 (Rn ). Cependant, comme fb ∈ L1 (Rn ), il suit du théorème de conver-
gence dominée de Lebesgue que
Z
ˆˆ 2 2
f (x) = lim+ fb(ξ)e−2iπx.ξ e−πt ||ξ|| dξ,
t→0 Rn
2 ||ξ||2 2 2
car e−πt → 1 ponctuellement lorsque t → 0+ , et fb(ξ)e−2iπx.ξ e−πt ||ξ|| ≤ |fb(ξ)| pour tout
2 2
ξ ∈ Rn , avec |fb| ∈ L1 (Rn ). Ensuite, puisque ξ 7→ e−πt ||ξ|| ∈ L1 (Rn ), d’après les propriétés
2.2.2 et 2.2.2 et le lemme 2.2.3 on déduit que
Z Z
−2iπx.ξ −πt2 ||ξ||2 2 2
f (ξ)e
b e dξ = \
f (ξ − x)e−πt ||ξ|| dξ
Rn ZR
n
\ 2 ||ξ||2
= f (ξ − x)e−πt dξ
n
ZR
2 2
= f (ξ − x)t−n e−π||ξ|| /t dξ
n
ZR
2
= f (ty − x)e−π||y|| dy.
Rn
En conséquence,
Z Z
ˆ −π||y||2 2
fˆ(x) = lim+ f (ty − x)e dy = f (−x) e−π||y|| dy = f (−x),
t→0 Rn Rn
où nous avons utilisé une fois encore le théorème de convergence dominée de Lebesgue
en se basant sur la continuité de f et sur le fait que
2 2
f (ty − x)e−π||y|| ≤ ∥|f ||∞ e−π||y|| ,
2
et que y 7→ e−π||y|| ∈ L1 (Rn ).
17
Remarque 2.2.4. Cette opération de transformation de Fourier inverse à des propriétés
analogues à la transformation directe, puisque seuls changent le coefficient multiplicatif et le
−i devenu i.
Dans le cas des définitions alternatives, la transformation de Fourier inverse devient :
Z Z
1 1
f (t) = √ fb(ω)e−iω.t
dω ⇔ fˆ(ω) = √ f (t)e−iω.t dt,
2π R n 2π R n
ou Z Z
1
f (x) = fb(ω)e−iω.x dω ⇔ fˆ(ω) = f (x)e−iω.x dx.
2π Rn Rn
∀ξ ∈ Rn , ∂
dj f (ξ) = 2iπξj f (ξ).
b
Il en découle que limM1 →−∞ e−2iπM1 ξ f (M1 ) existe, et comme f est intégrable l’unique limite
possible est zéro. Par le même raisonnement limM2 →+∞ e−2iπM2 ξ f (M2 ) = 0, d’où
Z M2
df df
F (ξ) = lim e−2iπx.ξ (x)dx
dx M1 →−∞,M2 →+∞ M
1
dx
Z M2
= lim 2iπξ e−2iπx.ξ f (x)dx
M1 →−∞,M2 →+∞ M1
= 2iπξ fb(ξ).
Corollaire 2.2.2
Soit α = (α1 , . . . , αn ) ∈ Nn et notons |α| = α1 + · · · + αn . Si f ∈ L1 (Rn ) ∩ C k (Rn ) avec
|α| ≤ k, et si ∂1α1 · · · ∂nαn f ∈ L1 (Rn ), alors
18
2.2.5 Dérivée d’une Transformée de Fourier
Proposition 2.2.2
Soit f ∈ L1 (Rn ) telle que x 7→ xj f (x) soit dans L1 (Rn ). Alors fb est de classe C 1 et
Corollaire 2.2.3
Soit f : Rn → C une fonction telle que x → (1 + |x|)k f (x) est intégrable. Alors fb est
de classe C k et pour α ∈ Nn , |α| ≤ k :
xα := xα1 1 · · · xαnn ∈ R,
avec la convention que 00 = 1. On vérifie que
xα xβ = xα+β .
19
La longueur de α est l’entier
|α| := α1 + · · · + αn .
On note également
α! = α1 ! · · · αn !.
Pour f ∈ C ∞ (Rn ), on note
α1 αn
∂ α1 +···+αn f
α ∂ ∂
∂ f := ··· f= .
∂x1 ∂xn ∂xα1 1 · · · ∂xαnn
Cette notation est légitime d’après le lemme de Schwartz. nous avons aussi,
∂ α ∂ β f = ∂ α+β f,
ie ∂ α ∂ β f = ∂ α+β f .
Définition 2.3.1
On appelle espace de Schwartz S(Rn ), l’espace des fonctions f de Rn dans C telle que :
i) f est de classe C ∞ sur Rn ,
ii) f est à décroissante rapide ainsi que toutes ses dérivées.
(c-à-d pour tous α, β ∈ Nn , xα ∂ β f est bornée sur Rn ) , ie ||xα ∂ β f ||L∞ < +∞.
∀f ∈ S(R), ∀α ∈ Nn , Dα f ∈ S(Rn ).
xα f ∈ S(Rn ).
20
Proposition 2.3.2
Pour tout f ∈ S(Rn ) et tout α ∈ Nn ,
Démonstration : Comme il a été mentionné plus haut, il suffit dans le premier cas
de dériver l’expression intégrale définissant fˆ, et dans le second de procéder par intégrations
par parties. Dans l’un et l’autre cas, le fait que f ∈ S(Rn ) permet de justifier l’opération.
Théorème 2.3.1
La transformation de Fourier est une application linéaire bijective de S (Rn ) dans
S (Rn ) .
ˆˆ
ˆ
fˆ = f pour tout f ∈ S (Rn ) ,
21
Corollaire 2.3.1
Si f et g ∈ S (Rn ), alors f ∗ g ∈ S (Rn ) et
(i) f[ ∗ g = fbgb ;
(ii) fb ∗ gb = fcg.
Démonstration : 1. On l’a dèja montrer, théorème 2.2.3, pour L1 elle est donc valable
en particulier pour S.
2. Par la bijectivité de la transformation de Fourier sur S, il existe u, v tels que f = û et g = v̂
alors, fcg(x) = ûv̂(x)
c = u[
[ ∗ v(x) = u ∗ v(−x) d’où fcg(x) = fˆ ∗ ĝ.
Corollaire 2.3.2
Si f ∈ S (Rn ), alors
∥fb∥2 = ∥f ∥2 .
22
CHAPITRE 3
TRANSFORMATION DE FOURIER DANS L2(RN )
23
ce qui établit le théorème dans le cas où f et fb sont dans L1 (Rn ).
- Traitons à présent le cas général où f ∈ L1 (Rn ). Soit fε = f ∗ γε où (γε )ε>0 désigne le
noyau de Gauss. Comme f et γε sont dans L1 (Rn ), il en va de même de f ∗ γε . De plus,
fbε = fbγbε ∈ L1 (Rn ) car fb est bornée et γε ∈ L1 (Rn ). La fonction fε relève donc du cas
précédent, et par conséquent
D’où
∥fb∥22 = +∞ = ∥f ∥22
Le théorème est donc démontré.
24
3.2 Transformation de Fourier dans L2 (Rn)
Théorème 3.2.1
Soit f ∈ L2 (Rn ). Alors
1. il existe une suite (fm ) dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui converge vers f dans L2 (Rn ),
2. pour une telle suite (fm ), la suite fbm converge dans L2 (Rn ) vers une limite f˜
indépendante de la suite choisie.
lim ||fd d 2
m1 − fm2 ||2 = (2π)
n
lim ||fm1 − fm2 ||22 = 0.
m1 ,m2 →+∞ m1 ,m2 →+∞
La suite fm étant de Cauchy dans l’espace complet L2 (Rn ), elle est donc convergente ;
c
on note fe sa limite. Montrons que f˜ ne dépend pas du choix de la suite (fm ). Soit (gm ) une
autre telle suite. Alors (fm − gm ) est dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) et converge vers 0 dans L2 (Rn ),
d’où
2 n
lim ||fc
m−g cm ||2 = (2π) lim ||fm − gm ||22 = 0.
m→+∞ m→+∞
Remarque 3.2.1. Le point (1) du théorème 3.2 exprime la densité de L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn )
dans l’espace vectoriel normé (L2 (Rn ) , ∥ · ∥2 ).
Proposition 3.2.1
La définition ci-dessus étend la définition dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ). Autrement dit, si
f ∈ L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) et si on note fb sa transformée de Fourier dans L1 (Rn ) et f˜ sa
transformée de Fourier dans L2 (Rn ), alors fb = fe.
25
Démonstration : Soit f ∈ L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) et posons fm = f χB(0,m) , n ≥ 1. La suite
(fm ) converge vers f dans L1 (Rn ), et comme
Z
sup fcm (ξ) − f (ξ) ≤ |fm (x) − f (x)| dx = ||fm − f ||1 ,
b
ξ∈Rn Rn
n
fc
m converge uniformément vers f
b sur R . Par ailleurs, le théorème 3.2 assure que fc
m
2 n
converge vers fe dans L (R ), et d’après le théorème de Riesz-Fischer, on peut trouver une
sous-suite (fc ˜
nj )j qui converge simplement vers f presque partout. Donc les fonctions f et f
b e
2 n
coïncident presque partout et définissent ainsi la même classe dans L (R ).
Remarque 3.2.2. 1. Par passage à la limite en utilisant le résultat de densité fourni par
le théorème 3.2, on obtient pour la transformation de Fourier dans L2 (Rn ) toutes les
propriétés de translation de modulation et d’homothétie établies pour la transformation
de Fourier dans L1 (Rn ).
2. Il faut prendre garde au fait que F désignera deux applications distinctes : d’une part
F : L1 (Rn ) → C0 (Rn ), d’autre part F : L2 (Rn ) → L2 (Rn ), et que ces deux applica-
tions ne coïncident que sur L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ).
3. Lorsque f ∈ L2 (Rn ) \L1 (Rn ), la fonction x 7→ f (x)e−2iπx.ξ n’est intégrable pour aucune
valeur de ξ, et la formule intégrale habituelle n’a aucune sens !
Proposition 3.2.2
où l’on a posé
Z A Z A
−2iπx.ξ
φA (ξ) = f (x)e dx et ψA (x) = fb(ξ)e2iπx.ξ dξ.
−A −A
φA = χd
Af .
26
Démonstration : Découle directement de la proposition précédente.
Démonstration : f˜, g ∈ L2 (Rn ), donc f˜g ∈ L1 (Rn ). D’après le théorème 3.2, on peut
trouver des suites (fm ) et (gm ) dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui convergent respectivement vers f
et g dans L2 (Rn ). Comme
f˜m = fc
m et g˜m = gc m,
f ∗ g = F(fb.b
g ),
fcg = fb ∗ gb.
Démonstration : (1) D’après le théorème 3.2 on peut trouver deux suites (fm ) et (gm )
dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui convergent respectivement vers f et g en moyenne quadratique.
En appliquant F à la relation donnée par le théorème 2.2.3, on obtient
fm ∗ gm = F fc m·gcm .
Par ailleurs,
||fb · gb − fc
m·g
c m ||1 ≤ ||fm − f ||2 · ∥b
c b g ∥2 + ||fc
m ||2 · ||b
g − gbm ||2
= ||f − fm ||2 · ∥g∥2 + ||fm ||2 · ||g − gm ||2
27
d’après la formule de Plancherel-Parseval. Donc
lim ||fb · gb − fc
m·g
cm ||1 = 0.
n→+∞
et à l’aide du théorème 2.2.1, on conclut que F fc m·g cm converge uniformément vers
m
F(fb·g b) sur Rn . Il reste à calculer la limite de (fm ∗ gm )m . On a
||f ∗ g − fm ∗ gm ||∞ ≤ ||f − fm ||2 · ∥g∥2 + ||fm ||2 · ||g − gm ||2 ,
donc (fm ∗ gm )m converge uniformément vers la fonction continue f ∗ g. Finalement,
f ∗ g = F(fb · gb)
(2) Pour la clarté des calculs, nous supposons que d = 1, le cas général se traite de la même
manière. Soit donc (f, g) ∈ L2 (R) × L2 (R) et montrons que fcg = fb ∗ gb. D’après l’inégalité
de Schwarz, on a f g ∈ L1 (R), donc fcg ∈ C0 (R). Pour tout ξ ∈ R, on obtient alors
Z +∞
f g(ξ) =
c f (x)h(x)dx,
−∞
Comme g ∈ L2 (R),
Z A
lim g(t)e−2iπt(ξ−y) dt = gb(ξ − y) dans L2 (R),
A→+∞ −A
28
Démonstration : fb ∈ L2 (Rn ) et gb ∈ L∞ (Rn ), donc fb · gb ∈ L2 (Rn ). Par ailleurs, il
existe des suites (fm ) et (gm ) dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui convergent en moyenne quadratique
vers f et g respectivement, et on a F(fc m·g cm ) = fm ∗ gm . Étudions la convergence de la suite
2 n
m·g
(fc cm )n dans L (R ). D’après la formule de Plancherel-Parseval,
||fb · gb − fc
m·g
cm ||2 ≤ ||f − fm ||2 · ∥b
b c g ∥∞ + ||fc
m ||2 · ||b
g − gc
m ||∞
= ||f − fm ||2 · ∥b
g ∥∞ + ||fm ||2 · ||b
g − gc
m ||∞ .
Or,
lim ||f − fm ||2 = 0,
n→+∞
m ·g
On en conclut que lasuite (fc m )n converge en moyenne quadratique vers f ·b
c b g . La continuité
de F assure que F fc m·g
cm converge en moyenne quadratique vers F(f · g
b b). Par ailleurs,
la continuité du produit de convolution entraîne la convergence en moyenne quadratique de
(fm ∗ gm )n vers f ∗ g. Donc f ∗ g = F(fb · gb) dans L2 (Rn ).
Définition 3.3.1
On appelle opérateur de Fourier-Plancherel, l’opérateur
(
L2 (Rn ) → L2 (Rn )
P:
f 7→ F(f )
Lemme 3.3.1
n o
def.
L’espace vectoriel V = f ∈ L1 (Rn ) ; fb ∈ L1 (Rn ) est dense dans Lp (Rn ) pour tout
p ∈ [1, +∞[.
Démonstration : Soient f ∈ Lp (Rn ) et ε > 0. Par densité de Cc∞ (Rn ) dans Lp (Rn )
il existe fε ∈ Cc∞ (Rn ) tel que ||f − fε ||p ≤ ε/2. Fixons un tel fε . Pour tout γs élément du
noyau de Gauss, on sait que fε ∗ γs ∈ L1 (Rn ), donc F (fε ∗ γs ) ∈ L1 (Rn ) cat fbε ∈ L∞ (Rn ) et
bs ∈ L1 (Rn ). Cela montre que fε ∗ γs ∈ V . Comme (γs )s>0 est une approximation de l’unité
γ
dans L1 (Rn ) et que fε ∈ LP (Rn ), on a
d’après le théorème d’approximation de l’unité dans L1 . Il existe donc s0 > 0 tel que
ε
∀s ≤ s0 , ||fε ∗ γs − fε ||p ≤ ,
2
et par conséquent
∀ε > 0, ∃s0 > 0, ||f − fε ∗ γs0 ||p ≤ ε.
D’où le lemme.
29
Théorème 3.3.2: Formule d’inversion
L’opérateur de Fourier-Plancherel
(
L2 (Rn ) → L2 (Rn )
P:
f 7→ F(f )
Démonstration : Soit f ∈ L2 (Rn ). D’après le lemme ci-dessus, il existe une suite (fm )
dans V qui converge vers f dans L2 (Rn ). Or, pour tout entier n, le théorème 2.2.3 donne
fc = fm λd − p · p. (∗)
c
m
σ
30
CHAPITRE 4
APPLICATION DE LA TRANSFORMÉE DE FOURIER
i.e.
1
ŷ(ω) = · ĝ(ω) (Solution dans le domain frequentiel).
1 + 4π 2 ω 2
Grâce aux propriétés de la transformée de Fourier, on a rendu l’EDO une équation algébrique
dans le domaine fréquentiel ! Si on connait la transformée de Fourier de g, alors on a résolu
l’EDO dans l’espace de Fourier.
Néanmoins, L’EDO initiale a été formulé par rapport à la variable t, donc il faut revenir
à la représentation originale en appliquant la transformée de Fourier inverse aux deux côtés
de la dernière équation en utilisant la théorème 2.2.3 :
ˇ 1 1
ŷ(ω)(t) = y(t) = F · ĝ(ω) (t) = F (t) ∗ g(t)
1 + 4π 2 ω 2 1 + 4π 2 ω 2
31
Dans les exemples fondamentaux on a vu que :
2a
e[
−a|t| (ω) =
a2 + 4π 2 ω 2
donc, si on considère a = 1 :
1d 2
e−|t| (ω) = 2
2 a + 4π 2 ω 2
et alors :
1
y(t) = e−|t| ∗ g(t)
2
i.e.
1 +∞ −|t−s| 1 +∞
Z Z
y(t) = e g(s)ds = g(t − s)e−|s| ds.
2 −∞ 2 −∞
Si on suit calculer l’intégrale (ceci dépend de l’expression analytique de g ), alors on peut
déterminer explicitement y(t), sinon on peut en tout cas approximer sa valeur.
De plus, ( (
u ∈ S(R ) n u ∈ S (Rn )
(∗) ⇔ ⇔ −φ
−(1 + ∥2πξ∥22 )b
u=φ u
b = 1+∥ξ∥
b
b 2
2
( n
u ∈ S (R )
⇔
−φ −φ
u = F −1 b
1+∥2πξ∥22
⇔ u(x) = F b
1+∥2πξ∥22
(−x).
32
−1
b (1 + ∥2πξ∥22 ) est
L’avant-dernière équivalence résulte du fait que la fonction ξ 7→ −φ(ξ)
n
dans S (R ). L’équation de Laplace admet donc une et une seule solution dans l’espace de
Schwartz.
où f ∈ L1 (R) est une fonction donnée. La condition u(x, 0) = f (x) signifie que
∂u ∂ 2u ∂ 2u
x 7→ u(x, y), x 7→ (x, y), x 7→ (x, y), x →
7 (x, y)
∂x ∂x2 ∂y 2
sont intégrables sur R.
Résolution : Pour y ∈ R∗+ , posons
Z +∞
u
b(ξ, y) = u(x, y)e−2iπxξ dx.
−∞
∂ 2u
(2πξ)2 u
b(ξ, y) −
b
(ξ, y) = 0
∂y 2
admet pour solution générale
comme u
b(ξ, 0) = fb(ξ), il vient A(ξ) + B(ξ) = fb(ξ). De plus, si ξ > 0,
donc la condition supy≥0 |bu(ξ, y)| < +∞ implique B(ξ) = 0. On obtient de même : A(ξ) = 0
si ξ < 0. Ainsi, le problème (E) a pour solution
b(ξ, y) = fb(ξ)e−|ξ|y .
u (∗)
33
Or, pour y > 0 fixé, la fonction ξ 7→ ub(ξ, y) est dans L1 (R), la formule d’inversion de Fourier
donne alors Z +∞
1
u(x, y) = b(ξ, y)e2iπxξ dξ.
u
2π −∞
D’après l’exemple 3 2.2.1, on a, pour y fixé,
1 y
F (ξ) = e−|ξ|y ,
π x2 + y 2
On vérifie facilement que u est de classe C ∞ sur R × R∗+ et satisfait les autres conditions
requises.
On suppose que f ∈ C 2 (R) ∩ L1 (R) est telle que f ′ , f ′′ ∈ L1 (R), et que g ∈ C 1 (R) ∩ L1 (R) est
telle que g ′ ∈ L1 (R). Il s’agit alors de déterminer u ∈ C 2 R∗+ × R solution de (C.V.) telle
∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
x 7→ u(t, x), x 7→ (t, x), x 7→ 2 (t, x), x 7→ (t, x), x 7→ (t, x)
∂t ∂t ∂x ∂x2
appartiennent à L1 (R), et que
∂ 2 +∞
Z Z +∞ 2
−2iπxξ ∂ u
2
u(t, x)e dx = 2
(t, x)e−2iπxξ dx.
∂t −∞ −∞ ∂t
u
b(t, ξ) = A(ξ) cos 2aπξt + B(ξ) sin 2aπξt,
34
Par ailleurs, on a
1 hb i 1
fb(ξ) cos aξt = f (ξ)eiaξt + fb(ξ)e−iaξt = F[f (x + at) + f (x − at)](ξ),
2 2
de même que
gb(ξ) 1 sin aξt 1 1
sin aξt = gb(ξ) = gb(ξ)F χ[−at,at] (ξ) = F g ∗ χ[−at,at] (ξ).
aξ a ξ 2a 2a
De plus, pour tout x ∈ R,
Z +∞
g ∗ χ[−at,at] (x) = g(x − y)χ[−at,at] (y)dy
−∞
Z at Z x+at
= g(x − y)dy = g(s)ds.
−at x−at
D’où Z x+at
1 1
u(t, x) = [f (x − at) + f (x + at)] + g(s)ds.
2 2a x−at
Les hypothèses sur f et g permettent de vérifier facilement que la fonction u ainsi obtenue
satisfait bien toutes les propriétés requises.
L’avantage de cette dernière formulation est que pour ξ fixé (et donc considéré comme une
paramètre), il s’agit là non plus d’une équation aux dérivées partielles mais d’une équation
différentielle ordinaire, dont la solution s’écrit simplement
2 |ξ|2 t
v(t, ξ) = û0 (ξ)e−4π .
2
Notons que si l’on pose ρ(ξ) := e−π|ξ| , alors
2 |ξ|2 t
e−4π = δ1/√4πt ρ
= δ1/√4πtρ̂
= (4πt)−n/2 δ\
√
4πt ρ,
35
où on a utilisé le fait que ρ̂ = ρ. En particulier, si u0 ∈ S (Rn ), en utilisant le Corollaire 2.3,
on obtient
√
v(t, ξ) = û0 (ξ)(4πt)−n/2 δ\ 4πtρ(ξ) = (4πt)−n/2 u0 ∗δ
\ √
4πt ρ(ξ).
Par ailleurs le théorème 2.3 nous assure que la transformation de Fourier est bijective sur
S (Rn ), et donc,
Z
|x−y|2
−n/2 −n/2
u(t, x) = (4πt) u0 ∗ δ√4πt ρ(x) = (4πt) u0 (y)e− 4t dy
Rn
Maintenant que nous avons "deviné" la forme de la solution, nous pouvons démontrer le :
Théorème 4.6.1
Soit u0 ∈ L1 (Rn ). Alors la fonction u : (0, ∞) × Rn → R définie par
Z
|x−y 2 |
−n/2
u(t, x) := (4πt) u0 (y)e− 4t dy
Rn
∂u
(t, x) − ∆u(t, x) = 0 pour tout (t, x) ∈ (0, ∞) × Rn ,
∂t
et on a
lim ∥u(t, ·) − u0 ∥1 = 0.
t→0+
|x−y|2
Démonstration. On remarque aisément que la fonction (t, x, y) 7→ (4πt)−n/2 e− 4t
admet des dérivées partielles de tout ordre par rapport à t et/ou x qui sont bornées (et donc
appartiennent à L∞ (Rn ) par rapport à la variable y). Comme u0 ∈ L1 (Rn ) on est en droit
d’appliquer le théorème de convergence dominée de Lebesgue et donc de dériver sous le signe
intégral ce qui assure que u ∈ C ∞ ((0, ∞) × Rn ). De plus, on vérifie également aisément que
∂u
(t, x) − ∆u(t, x) = 0
∂t
pour tous (t, x) ∈ (0, ∞) × Rn .
Nous nous intéressons maintenant à la convergence vers la donnée initiale. On note que, pour
tout t > 0, Z
|y|2
−n/2
(4πt) e− 4t dy = 1
Rn
et donc Z
|y|2
−n/2
|u(t, x) − u0 (x)| ≤ (4πt) |u0 (x − y) − u0 (x)| e− 4t dy
Rn
36
ce qui implique, après intégration suivant la variable x et utilisation du thérème de Fubini,
que
|y|2
e− 4t
Z Z Z
|u(t, x) − u0 (x)| dx ≤ |u0 (x − y) − u0 (x)| dydx
Rn Rn Rn (4πt)n/2
Z Z − |y|2
e 4t
≤ |τy u0 (x) − u0 (x)| dx dy
B(0,δ) Rn (4πt)n/2
Z Z − |y|2
e 4t
+ |τy u0 (x) − u0 (x)| dx dy
Rn \B(0,δ) Rn (4πt)n/2
|y|2
e− 4t
Z
≤ sup ∥τ u0 − u0 ∥1 + 2 ∥u0 ∥1 n/2
dy.
y∈B(0,δ) Rn \B(0,δ) (4πt)
sup ∥τ u0 − u0 ∥1 → 0
y∈B(0,δ)
lorsque δ → 0. Par ailleurs, par changement de variable il suit que pour tout δ > 0,
|y|2
e− 4t
Z Z
2
dy = √
e−π|z| dz → 0
Rn \B(0,δ) (4πt)n/2 Rn \B(0,δ/ 4πt)
2
lorsque t → 0, car z 7→ e−π|z| ∈ L1 (Rn ). Finalement, en prenant d’abord la limite lorsque
δ → 0, et ensuite celle lorsque t → 0 on aboutit à
lim ∥u(t, ·) − u0 ∥1 = 0,
t→0+
37
ANNEXE A
SUPPORTS ET CONVOLUTION
Proposition A.1.1
Si f et g sont deux fonctions continues sur R telles que
lors f ∗ g existe, est continue sur R et son support est contenu dans [c, +∞[ pour un
certain c dans R.
Remarque A.1.1. Les conclusions de cette proposition restent vraies si on suppose seule-
ment continue par morceaux.
A.2 Convolution
A.2.1 convolution dans L1 (Rn )
Théorème A.2.1: Convolution dans L1 (Rn )
Soient f et g dans L1 (Rn ).
1. Pour presque tout X, l’application t 7→ f (x − t)g(t) est intégrable sur Rn .
2. La fonction f ∗ g est intégrable sur Rn .
3. ∥f ∗ g∥1 ≤ ∥f ∥1 · ∥g∥1 .
38
A.2.2 Convolution dans Lp (Rn )
Définition A.2.1
Deux réels p et q dans ]1, +∞ [ sont dits conjugués si p−1 + q −1 = 1. Par extension, on
dira que 1 et +∞ sont conjugués.
Théorème A.2.2
Soient f ∈ L1 (Rn ) et g ∈ Lp (Rn ) avec 1 ≤ p < +∞. Alors, pour presque tout x, la
fonction t 7→ f (t)g(x − t) est intégrable sur Rn , et f ∗ g est dans Lp (Rn ) . De plus, on a
∥f ∗ g∥p ≤ ∥f ∥1 · ∥g∥p .
∥f ∗ g∥∞ ≤ ∥f ∥p · ∥g∥q .
Théorème A.2.4
[Inégalité de Young] Soient 1 ≤ p, q, r ≤ +∞ trois nombres réels tels que
1 1 1
+ = +1
p q r
∥f ∗ g∥r ≤ ∥f ∥p · ∥g∥q .
39
ANNEXE B
APPROXIMATION DE L’UNITÉ DANS L1(RN )
D’où la contradiction.
Pour pallier l’absence d’élément neutre pour la convolution sur L1 , on introduit ce qu’on
appelle des approximations de l’unité, c’est-à-dire des suites de fonctions (φj )j≥1 se compor-
tant asymptotiquement comme une unité. C’est l’objet du paragraphe suivant.
40
B.2 Définition et exemples fondamentaux
Définition B.2.1: Approximation de l’unité
On appelle approximation de l’unité (ou unité approchée ) dans L1 (Rn ), toute suite
(φj )j≥1 de fonctions mesurables sur Rn telles que
1. pour tout j ∈ N∗ , Z
n
φj ≥ 0 sur R et φj (x)dx = 1, (B.1)
Rn
Remarque B.2.1. Une fonction mesurable φj vérifiant les propriétés B.1 est appelée une
densité de probabilité.
Exemple B.2.1. Les exemples suivants jouent un rôle important en analyse. Le troisième
est particulièrement utile pour l’étude de la transformation Fourier.
Remarque B.2.2. Pour les besoins des applications, on privilégie souvent les familles d’ap-
proximation suivantes appelées "noyaux" de paramètre t ∈ R∗+ :
1 − |x|
Le noyau de Laplace : φt (x) = 2t
e t.
t 1
Le noyau de Cauchy : φt (x) = π t2 +x2
.
x 2
Le noyau de Gauss : φt (x) = √1 e− 2t2 .
t 2π
∀ε > 0, ∃J ∈ N∗ , ∀j ≥ J, ∥(f ∗ φj ) − f ∥∞ ≤ ε.
41
Donnons-nous ε > 0. Pour tout j ∈ N∗ , on a
Z
|(f ∗ φj ) (x) − f (x)| = (f (x − t) − f (x))φj (t)dt
n
ZR
≤ |f (x − t) − f (x)|φj (t)dt.
Rn
|(f ∗ φj − f ) (x)| ≤ ε.
Ceci étant vrai pour tout x dans Rn , on a établi le point (1) du théorème.
(2) Soit f ∈ Lp (Rn ) avec p ∈ [1, +∞ [ , et montrons que (f ∗ φj )j≥1 converge vers f dans
Lp (Rn ) .
- Supposons d’abord que f ∈ Cc (Rn ) avec supp(f ) ⊂ B̄(0, R) où B̄(0, R) désigne la boule
fermée de rayon R > 0 centrée en 0 dans Rn . Notons χ∥x∥ ≤ 2R la fonction indicatrice de
B̄(0, 2R), et χ∥x∥>2R celle de l’ouvert complémentaire. On a
f ∗ φj − f = (f ∗ φj − f ) χ∥x∥≤2R + (f ∗ φj − f ) χ∥x∥>2R ,
d’où
∥f ∗ φj − f ∥ p ≤ (f ∗ φj − f ) χ∥x∥≤2R p + (f ∗ φj − f ) χ∥x∥>2R p
.
Comme f est continue et à support compact dans Rn , elle est uniformément continue et
bornée, donc vérifie les hypothèses du cas (1). On a alors
lim ∥f ∗ φj − f ∥∞ = 0,
j→+∞
et comme 1/p
(f ∗ φj − f ) χ∥x∥≤R p ≤ λd(B̄(0, 2R)) · ∥f ∗ φj − f ∥∞ ,
on en déduit que
lim (f ∗ φj − f ) χB̄(0,2R) p
= 0.
j→+∞
42
Si maintenant ∥x∥ > 2R, alors f (x) = 0, et de plus,
∀t ∈ Rn , ∥t∥ ≤ R ⇒ ∥x − t∥ > R ⇒ f (x − t) = 0,
d’où Z
(f ∗ φj − f ) (x) = f (x − t)φj (t)dt = f ∗ φj χ∥t∥>R (x).
∥t∥>R
Comme f ∈ Lp (Rn ) et φj χ∥t∥>R ∈ L1 (Rn ), on a f ∗ φj χ∥t∥>R ∈ Lp (Rn ), et le théorème
A.2.2 montre que
f ∗ φj χ∥t∥>R p ≤ ∥f ∥p · φj χ∥t∥>R 1 .
(φj )j≥1 étant une approximation de l’unité, on a
lim φj χ∥t∥>R 1
= 0,
j→+∞
d’où
lim f ∗ φj χ∥t∥>R p
= 0,
j→+∞
et on conclut à l’aide de A.1.1. On a donc établi le point (2) dans le cas où f est continue à
support compact.
- Supposons maintenant f ∈ Lp (Rn ) , p ∈] 1, +∞ [. D’abord, pour tout g ∈ Cc (Rn ), on a
∀ε > 0, ∃J ∈ N, ∀j ∈ N, j ≥ J ⇒ ∥f ∗ φj − f ∥p ≤ ε.
43
BIBLIOGRAPHIE
[1] Jean-Michel Bony. Cours d’analyse : théorie des distributions et analyse de Fourier.
Editions Ecole Polytechnique, 2001.
[2] Mohammed El Amrani. Analyse de Fourier dans les espaces fonctionnels : niveau
M1. Ellipses Marketing, 2008.
[3] Ahmed Lesfari. Distributions, analyse de Fourier et transformation de Laplace :
cours et exercices. Ellipses, 2012.
44