0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
388 vues44 pages

Rapport Pfe

Ce document présente un projet de fin d'études portant sur la transformée de Fourier et ses applications. Il contient des rappels mathématiques, une présentation détaillée de la transformée de Fourier dans différents espaces fonctionnels ainsi que plusieurs applications comme la résolution d'équations différentielles.

Transféré par

AYMANE JAMAL
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
388 vues44 pages

Rapport Pfe

Ce document présente un projet de fin d'études portant sur la transformée de Fourier et ses applications. Il contient des rappels mathématiques, une présentation détaillée de la transformée de Fourier dans différents espaces fonctionnels ainsi que plusieurs applications comme la résolution d'équations différentielles.

Transféré par

AYMANE JAMAL
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Projet tutoré

Présenté par :
RAHALLI AYOUB

Pour obtenir le diplôme de


Licence fondamentale : Sciences Mathématiques et Applications

Transformée de Fourier et Applications

Soutenue le : 23 Juin 2022

Devant le jury composé de :


M. Hanine Abdelouahab, Président Professeur, Faculté des Sciences de RABAT

M. Toumlilin Mohamed Encadrant Professeur, Faculté des Sciences de RABAT

M. Elmadani Youssef Examinateur Professeur, Faculté des Sciences de RABAT

Année universitaire : 2021/2022

1
REMERCIEMENTS

J’estime que de mes devoirs, est de commencer mon rapport de projet de fin d’études en
exprimer mes gratitudes et mes vifs remerciements à toutes les personnes qui, par leurs efforts,
j’ai aidé l’élaboration et l’acheminement de ce projet par ailleurs, je tiens à remercier Vive-
ment mon encadrant, Monsieur Toumlilin Mohamed, pour son soutien précieux et ses Conseils
éclairés ainsi que son appui que j’ai permis à ce projet de voir le jour. Je tiens à remercier spé-
cialement le président de ce projet monsieur Hanine Abdelouahab, pour sa présence lors de ma
soutenance et l’examinateur, Monsieur Elmadani Youssef pour son intérêt vers ce projet je
voulais aussi remercier Monsieur le coordonnateur de la filière Mathématique et applications
(SMA) de la Faculté des Sciences de Rabat (FSR) ainsi que tout le corps Professoral est ad-
ministratif de cette Faculté pour les efforts qu’ils fournissent afin de nous garantir une bonne
formation.

Mes remerciements vont enfin à toutes les personnes de mon entourage pour leur soutien moral.

j’espère que mon travail vous procure une parfaite satisfaction et soit à la hauteur.

2
TABLE DES MATIÈRES

1 Rappels 6
1
1.0.1 L’espace L . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.0.2 Théorème de convergence dominée de Lebesgue . . . . . . . . . . . . 7
1.0.3 Espaces Lp et Lp ; p ≥ 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

2 Transformée de Fourier 9
2.1 Rappel sur le développement en série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1 Définition de série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2 Série de Fourier à terme complexe : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Transformation de Fourier dans L1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2.1 Introduction et Notation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2.2 Propriétés fondamentales : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.3 Produit de Convolution : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.4 Transformée de Fourier d’une dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.5 Dérivée d’une Transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Transformation de Fourier sur l’espace de Schwartz . . . . . . . . . . . . . . 19

3 Transformation de Fourier dans L2 (Rn ) 23


3.1 Formule de Plancherel-Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Transformation de Fourier dans L2 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.3 Convolution et transformation de Fourier dans L2 (Rn ) . . . . . . . . . . . . 27

4 Application de la Transformée de Fourier 31


4.1 Résolution des équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.2 Des exemples de EDO résolue avec la transformée de Fourier . . . . . . . . . 31
4.2.1 Premier exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.2.2 Deuxième exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.3 L’équation de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.4 Le problème de Dirichlet dans le demi-plan supérieur . . . . . . . . . . . . . 33
4.5 L’équation des cordes vibrantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.6 Application à la résolution de l’équation de la Chaleur . . . . . . . . . . . . 35

A Supports et convolution 38
A.1 Support de fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
A.2 Convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
A.2.1 convolution dans L1 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

3
A.2.2 Convolution dans Lp (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

B Approximation de l’unité dans L1 (Rn ) 40


B.1 Pourquoi une approximation de l’unité ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
B.2 Définition et exemples fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
B.3 Théorème d’approximation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

Bibliographie 44

4
INTRODUCTION

La transformée de Fourier est une opération qui permet de représenter en fré-


quence (développement sur une base d’exponentielles) des signaux qui ne sont
pas périodiques. Il s’agit de l’analogue des séries de Fourier pour les fonctions
périodiques (développement sur la base de fonctions sinusoïdales). Une fonction
non périodique pouvant être considérée comme une fonction dont la période est
infinie. Ce passage à la limite nous fait passer des séries aux intégrales.

La transformation de Fourier est un outil très puissant dans l’analyse ma-


thématique le but de ce travail est de montrer l’utilité de la transformation de
Fourier dans la résolution de certaines équations intégrales.

Ce travail sera divisé en trois parties. La première partie présente quelques


notations fondamental de l’analyse comme "l’espace Lp , la convergence domi-
née et monotone , théorème de Fubini ..... ". La deuxième partie présente un
ensemble de définitions nécessaires et des propriétés de La transformation de
Fourier dans l’espace L1 , S et L2 . Le dernier chapitre représente le but de ce
mémoire consiste à la résolution des équations différentielles à l’aide de la trans-
formation de Fourier.

5
CHAPITRE 1
RAPPELS

Définition 1.0.1
Une propriété est dite vraie presque partout (p.p) si l’ensemble des points où elle
n’est pas vérifiée est de mesure nulle.

Théorème 1.0.1: Convergence Monotone (TCM)


Soient (X, M, µ) un espace mesuré et (fn )n ∈ N une suite mesurable, positive et crois-
sante. Alors lim nfn est mesurable positive et
Z Z
lim fn = lim fn .
n n

Lemme 1.0.1: Lemme de Fatou


Soient (X, M, µ) un espace mesuré et (fn )n∈N une suite mesurable positive. Alors
Z Z Z
lim inf fn ≤ lim inf fn = lim(inf fp ).
n n n p≥n

1.0.1 L’espace L1
L’égalité presque partout définie pour tout f, g ∈ L1 par

f Rg ⇐⇒ f = g µ − p · p.

est une relation d’équivalence sur L1 . On définit alors L1 comme étant l’espace quotient

L1 := L1 /R.

Cet espace possède une structure de R-espace vectoriel normé, dont la norme est donnée par
Z
||F ||1 = ||f¯|| = ||f ||1 = |f |

pour tout F ∈ L1 , ou f ∈ F avec f ∈ L1 .

6
1.0.2 Théorème de convergence dominée de Lebesgue
Théorème 1.0.2: TCD
Soit (X, M, µ) un espace mesuré. Soit (fn ) n ∈ N une suite dans L1 convergente vers
f (f mesurable). Si la suite (f n) n ∈ N est dominée µ − p.p. par une fonction g ∈ L1
positive, i.e, |f n| ≤ g µ − p. p, et pour tout n, alors
- f ∈ L1 . R
- ∥fn R− f ∥ 1 R= |f n − f | −→ 0, quand n tends vers +∞.
- lim fn = f.
n

1.0.3 Espaces Lp et Lp ; p ≥ 1
Soit (X, M, µ) un espace mesuré. Soit p ≥ 1. On définit l’espace Lp = LP (X, M, µ)
comme étant l’espace des fonctions f mesurables vérifiant
Z 1/p
p
∥f ∥p := |f | < +∞.

Sur cet espace, on définit une relation d’équivalence par


f Rg ⇐⇒ f = g µ − p · p.
pour f, g ∈ LP . Par suite, on considère l’espace LP qu’on définit par
Lp := Lp /R
et de sorte que pour F ∈ Lp et tout représentant f ∈ Lp (i.e., f ∈ F ), on a
Z Z
F = f.

On peut introduire plusieurs notions de convergence dans L1 cohérentes (indépendantes des


représentants choisis pour les éléments de Lp ). Soit (X, M, µ) un espace mesuré. Soient
(Fn ) n ⊂ LP et F ∈ Lp . Soient (f n) n ⊂ Lp et f ∈ Lp , avec f n ∈ Fn et f ∈ F .
- Convergence µ − p.p. : On dit que (Fn ) n converge µ − p.p. vers F si (f n)n converge µ − p, p.
vers f .
- Convergence dans Lp : On dit que (Fn ) n converge dans Lp vers F ∈ LP si (f n)n converge
vers f dans LP :
∥Fn − F ∥ p = ∥f n − f ∥p −→ 0
quand n −→ +∞.
Théorème 1.0.3: Théorème de Convergence Dominée (TCD)

Soit (X, M, µ) un espace mesuré. Soit (fn ) n ∈ N une suite dans LP qui converge
µ − p.p. vers une fonction f (f mesurable). Si la suite (f n) n ∈ N est dominée µ − p.p.
par une fonction positive g ∈ Lp , i.e, |fn | ≤ g µ − p. p, et pour tout n, alors
- f ∈ Lp . R
- ∥fn − f ∥ p = |f n − f | −→ 0, quand n tends vers +∞.

Théorème 1.0.4: Riesz–Fisher-Théorème de complétion


Soit (X, M, µ) un espace mesuré. L’espace (Lp , ||.||p ) ; p ≥ 1, est un espace vectoriel
normé complet (un espace de Banach), c’est-à-dire toute suite de Cauchy dans Lp est
convergente dans Lp .

7
Théorème 1.0.5: Fubini
Soit une fonction mesurable :

f: Rn1 × Rn2 −→ {−∞} ∪ R ∪ {+∞}


R
qui est intégrable au sens de Lebesgue, i.e. |f | < ∞. Alors pour presque tout y ∈ Rn2
fixé : Z Z  Z
f (x, y)dx dy = f.
Rn2 Rn1 Rn1 +n2

Théorème 1.0.6: Fubini-Tonelli


Soit une fonction mesurable positive :

f: Rn1 × Rn2 −→ R+ ∪ {+∞}


R
pas forcément Lebesgue-intégrable, à savoir satisfaisant peut-être Rn
= ∞. Alors pour
presque tout y ∈ Rn2 fixé :
Z Z  Z
f (x, y)dx dy = f.
Rn2 Rn1 Rn1 +n2

Théorème 1.0.7: Inégalité de Hölder


1 1
Soient f et g deux fonctions mesurables et p, q ≥ 1 tel que p
+ q
= 1. Alors, on a
Z Z  p1 Z  1q
p q
|f g| ≤ |f | |g|

soit encore
||f g||1 ≤ ||f ||p||g||q .

8
CHAPITRE 2
TRANSFORMÉE DE FOURIER

2.1 Rappel sur le développement en série de Fourier


2.1.1 Définition de série de Fourier
Avant d’entamer l’étude des séries de Fourier, nous commençons par introduire les coef-
ficients de Fourier et donner quelque propriété les concernant.
Définition 2.1.1
Soit f : R → K (K = R ou C), T-périodique, continue par morceau sur R. On appelle
série de Fourier de f , la série :
+∞
X
S(f )(t) = a0 + (an cos nωt + bn sin nωt) (n ∈ N),
n=1


avec : ω = T
, La pulsation associée à T . On a :
( RT
an = T2 0 f (t) cos(nωt)dt, ∀n ∈ N
RT .
bn = T2 0 f (t) sin(nωt)dt, ∀n ∈ N∗
Où les coefficients an et bn sont appelés les coefficients de Fourier de f .

2.1.2 Série de Fourier à terme complexe :


Définition 2.1.2
Soit f une fonction T-périodique et continue par morceaux. On peut définir les coeffi-
cients de Fourier complexes (cn (f ))n∈Z de f de la façon suivante :
(
∗ cn (f ) = 21 (an (f ) − ibn (f ))
c(f ) = a0 (f ) et ∀n ∈ N .
c−n (f ) = 21 (an (f ) + ibn (f ))

9
Proposition 2.1.1
RT
Pour tout n ∈ Z, cn (f ) = T1 0 f (t)e−inωt dt. Pour tout n ∈ N, la somme partielle de
rang n de la série de Fourier de f s’écrit alors :
n
X
∀t ∈ R, Sn (f )(t) = ck (f )eikωt .
k=−n

Démonstration : Soient n ∈ N, t ∈ R,

n
X n
X n
X
ck (f )e ikωt
= a0 (f ) + ikωt
ck (f )e + c−k (f )e−ikωt
k=−n k=1 k=1
Xn  
ikωt
= a0 (f ) + ck (f )e + ck (f )eikωt
k=1
Xn
2 Re ck (f )eikωt

= a0 (f ) +
k=1
n   
X ak (f ) − ibk (f )
= a0 (f ) + 2 Re (cos(kωt) + i sin(kωt))
k=1
2
n
X
= a0 (f ) + (ak (f ) cos(kwt) + bk (f ) sin(kwt))
k=1
= Sn (f )(t).
Il est parfois plus facile de calculer les coefficients (cn (f ))n∈Z à l’aide de la formule in-
tégrale que les coefficients (an (f ))n∈N et (bn (f ))n∈N . On peut ensuite retrouver aisément ces
coefficients à l’aide de la formule suivante :

∗ an (f ) = cn (f ) + c−n (f )
a0 (f ) = c0 (f ) et ∀n ∈ N , .
bn (f ) = i (cn (f ) − c−n (f ))

2.2 Transformation de Fourier dans L1


2.2.1 Introduction et Notation
La notion de série de Fourier permet d’analyser les fonctions définies d’un compact [a, b] de
R dans R (ou dans C), et donc aussi les fonctions périodiques de R dans R (ou C). La notion
de transformée de Fourier permet d’analyser les fonctions définies de R (ou Rn ) dans R (ou
C). Les deux notions ont une multitude d’applications en physique et en mathématiques. La
transformée de Fourier est une notion employée par exemple en théorie du signal, en théorie
des probabilités et pour l’analyse des équations aux dérivées partielles.
Notation :
Pour introduire la transformée de Fourier relative à des fonctions non-périodiques on va
définir les espaces fonctionnels suivants :
 R
L1 (Rn ) = f : Rn → C, Rn |f (t)|dt < +∞ ,
 
n n n
C0 (R ) = f : R → C, f continue sur tout R et lim f (t) = 0 .
||t||→±∞

10
L1 (Rn ) est un espace de Banach, i.e. un espace vectoriel normé et complet, par rapport à la
norme : Z
∥f ∥1 = |f (t)|dt, f ∈ L1 (Rn ),
Rn
n
tandis que C0 (R ) est un espace de Banach par rapport à la norme :

∥f ∥∞ = sup |f (t)|, f ∈ C0 (Rn ).


t∈Rn

Définition 2.2.1
Soit f ∈ L1 (Rn ). On appelle transformée de Fourier de f la fonction fb : Rn 7−→ C
définie par : fb(ξ) = Rn f (x)e−2iπx.ξ dx, où x.ξ = ni=1 xi .ξi pour x, ξ ∈ Rn .
R P

L’application f 7−→ fb s’appelle la transformation de Fourier. On écrit symboliquement :


fb = F(f ) ou fb(ξ) = F{f (x)}.

Remarque 2.2.1. 1. Il faut faire attention aux convention certaines


R définissent la trans-
1 −2iπx.ξ
formée de Fourier avec 2π en facteur, ou par la formule Rn f (x)e
√ dx, cela
changent seulement les constantes en jeu dans tout ce qui suit.
2. Il faut noter que la transformée de Fourier n’existe pas toujours. ParR exemple, la fonc-
+∞
tion f (x) = x2 n’admet pas de transformée de Fourier car l’intégrale −∞ f (x)e−2iπxξ dx
n’existe pour aucune valeur de ξ. De façon plus générale, sauf dans le cas de la fonction
nulle, les fonctions polynôme n’appartient pas à L1 (Rn ).

Exemple 2.2.1. 1. Calculer la transformée de Fourier de la fonction (Dite signal de


porte) définie par : (
1 si t ∈ − 21 , 21
 
f (t) =
0 si non
f ∈ L1 (Rn ). Alors, Z +∞
sin(πξ)
fb(ξ) = f (t)e−2iπt.ξ dt = .
−∞ πξ

11
2. (calculs d’intégrales gaussiennes)
si t > 0 et
2
f (x) = e−t||x|| .
Alors,
π n −||πξ|| 2
fb(ξ) = ( ) 2 e t .
t
12
3. Si a > 0 et
e−a|t| .
Alors,
2a
fˆ(ξ) = .
a2 + 4π 2 ξ
Lemme 2.2.1
Pour f ∈ L1 (Rn ) , fb existe, et on a

lim fb(ξ) = 0.
∥ξ∥→+∞

Démonstration : Il suffit de traiter le cas n = 1, le cas général s’en déduit par une
application directe du théorème de Fubini. L’existence de fb est évidente puisque, pour tout
ξ ∈ R, on a Z +∞
|fb(ξ)| ≤ |f (x)|dx < +∞.
−∞
Pour établir le second point du lemme, nous procédons en deux étapes.
- Supposons d’abord f ∈ Cc1 (R) avec supp(f ) ⊂] − a, a[, a > 0. Alors
Z a
f (ξ) =
b f (x)e−2iπx.ξ dx,
−a

et une intégration par parties donne, pour tout ξ ̸= 0,


 a Z a
1 −2iπx.ξ 1
fb(ξ) = − f (x)e + f ′ (x)e−2iπx.ξ dx.
2iπξ −a 2iπξ −a

Donc
a
|fb(ξ)| ≤ ||f ′ ||∞ ,
|πξ|
et comme f ′ ∈ Cc (R), on a ||f ′ ||∞ < +∞, d’où le résultat désiré.
- Examinons à présent le cas général. L’espace Cc∞ (R) est dense dans L1 (R), donc Cc1 (R)
aussi, d’où
ε
∀ε > 0, ∃φ ∈ Cc1 (R) tel que ∥φ − f ∥1 ≤ .
2
Fixons ε et une telle fonction φ. Comme lim|ξ|→+∞ φ(ξ)b = 0, alors
ε
∃X ∈ R, ∀ξ ∈ R, |ξ| ≥ X ⇒ |φ(ξ)|
b ≤ .
2
Pour tout ξ tel que |ξ| ≥ X, on a alors
ε ε
|fb(ξ)| ≤ |φ(ξ)|
b + |φ
\ − f (ξ)| ≤ |φ(ξ)|
b + ∥φ − f ∥1 ≤ + = ε,
2 2
où la première inégalité utilise la linéarité évidente de l’application f 7→ fb.
Théorème 2.2.1
Soit f ∈ L1 (Rn ) :
1. ∥fb∥∞ ≤ ∥f ∥1 .
2. fb est continue.

13
R
Démonstration : 1) ∥fb∥∞ ≤ supξ∈Rn |fb(ξ)| ≤ supξ∈Rn Rn |f (x)|dx = ∥f ∥1
2) La continuité est une conséquence du théorème de continuité sous le signe de l’intégrale
appliqué à la fonction g(x, ξ) = f (x)e−2πx.ξ . Nous avons donc fb ∈ C0 (Rn ).
Corollaire 2.2.1

F : L1 (Rn ) , ∥ · ∥1 → (C0 (Rn ) , ∥ · ∥∞ )




est une application linéaire continue.

Démonstration : F est manifestement une application linéaire sur L1 (Rn ). Elle est
continue en 0 (donc partout) ça, pour tout f ∈ L1 (Rn ), on a ∥fb∥∞ ≤ ∥f ∥1 d’après le
théorème 2.2.1.

2.2.2 Propriétés fondamentales :


Propriete 2.2.1: Translation
Soient f ∈ L1 (Rn ) et c ∈ Rn . alors

F(f (x − c)) = e−2iπc.ξ fb(ξ).

Démonstration : On a
Z
F{f (x − c)} = f (x − c)e−2iπx.ξ dx
n
ZR
= f (u)e−2iπ(u+c).ξ du, u ≡ x − c
Rn Z
−2iπc.ξ
=e f (u)e−2iπu.ξ du
Rn
−2iπc.ξ
=e fb(ξ),

ce qui achève la démonstration.


Propriete 2.2.2: Modulation
Soient f ∈ L1 (Rn ) et ξ0 ∈ Rn , alors

F e−2iπx.ξ0 f (x) = fb(ξ − ξ0 ).




Démonstration : On a
Z
−2iπx.ξ0
e2iπx.ξ0 f (x)e−2iπx.ξ dx,

F e f (x) =
n
ZR
= f (x)e−2iπx.(ξ−ξ0 ) dx,
Rn
= fb(ξ − ξ0 ) ,

et achève la démonstration.

14
Propriete 2.2.3: Changement d’échelle
Soient f ∈ L1 (Rn ) et c ∈ R∗ , alors

1 bξ
F(f (cx)) = f ( ).
|c|n c

Démonstration : On a
Z
F{f (cx)} = f (cx)e−2iπx.ξ dx
ZRn
1 ξ
= n f (u)e−2iπu. c du, u ≡ cx
|c| Rn
 
1 b ξ
= nf .
|c| c

En particulier, on a F{f (−x)} = fb(−ω) et le résultat en découle.


Propriete 2.2.4: Conjugaison Complex
Soit f ∈ L1 (Rn ). alors
F(f (x)) = fb(−ξ).

Démonstration : On a
Z Z
−2iπx.ξ
F{f (x)} = f (x)e dx = f (x)e2iπx.ξ dx
Rn Rn

= fb(−ξ),

et la démonstration s’achève.

2.2.3 Produit de Convolution :


Définition 2.2.2
Si f et g sont deux fonctions intégrables, alors on peut définir le produit de convolution
(continue) h = f ∗ g par :
Z
h(x) := f (x − y)g(y)dy.
Rn

Lemme 2.2.2
Si f et g sont intégrables, alors h = f ∗ g est bien définie, et intégrables et on a
Z Z Z
h= f g.
Rn Rn Rn

15
Propriete 2.2.5
Soient f, g, h ∈ L1 (Rn ) on a :

1. f ∗ g = g ∗ f (commutativité).
2. f ∗ (g + h) = (f ∗ g) + (f ∗ h) (Distributivité).
3. (f ∗ g) ∗ h = f ∗ (g ∗ h) (Associativité).

Théorème 2.2.2
Soient f, g ∈ L1 (Rn ), alors pour ξ ∈ Rn :

∗ g(ξ) = fb(ξ).b
f[ g (ξ).

Démonstration : f et g sont intégrables sur Rn , donc f ∗ g aussi. Pour tout ξ ∈ Rn ,


on a alors Z Z 
∗ g(ξ) =
f[ f (x − y)g(y)dy e−2iπx.ξ dx.
Rn Rn
D’après le théorème de Fubini-Tonelli et l’invariance par translation de la mesure de
Lebesgue, on a
Z Z  Z Z
|f (x − y)||g(y)|dy dx = |f (u)|du |g(y)|dy = ∥f ∥1 · ∥g∥1 < +∞.
Rn Rn Rn Rn

Le théorème de Fubini s’applique donc, et on a


Z Z 
−2iπ(x−y).ξ
∗ g(ξ) =
f[ f (x − y)g(y)e dx e−2iπy.ξ dy
n Rn
ZR Z
−2iπu.ξ
= f (u)e du g(y)e−2iπy.ξ dy
Rn Rn
= fb(ξ) · gb(ξ),
d’où le résultat souhaité.
Lemme 2.2.3: Formule de dualité
Pour tous f, g ∈ L1 (Rn ), on a
Z Z
f (u).b
g (u)du = fb(v).g(v)dv.
Rn Rn

Démonstration : D’après le théorème de Fubini-Tonelli, on a


Z Z Z Z
−2iπu.v
|f (u)g(v)e |dudv = |f (u)|du |g(v)|dv = ||f ||1 ||g||1 < +∞,
Rn Rn Rn Rn

et le théorème de Fubini donne alors


Z Z Z 
−2iπu.v
f (u)b
g (v)du = f (u) g(v)e dv du
Rn Rn Rn
Z  Z 
= f (u)e−2iπu.v du g(v)dv
n Rn
ZR
= fb(v)g(v)dv.
Rn

16
Remarque 2.2.2. La formule de dualité est également appelée "formule d’échange".
Théorème 2.2.3
La transformation de Fourier
L1 (Rn ) → C0 (Rn ) .

F:
f 7→ fb

est une application injective.

Remarque 2.2.3. La transformée de Fourier n’est pas surjective.


Théorème 2.2.4: Transformée de Fourier inverse
Si f ∈ L1 (Rn ) et fb ∈ L1 (Rn ), alors

ˆ
fˆ(x) = f (−x).

Démonstration : Par définition,


Z
ˆ
fˆ(x) = fb(ξ)e−2iπx.ξ dξ.
Rn

Malheureusement, il n’est pas possible d’appliquer le lemme 2.2.3 car la fonction ξ 7→ e−2iπx.ξ
n’appartient pas a L1 (Rn ). Cependant, comme fb ∈ L1 (Rn ), il suit du théorème de conver-
gence dominée de Lebesgue que
Z
ˆˆ 2 2
f (x) = lim+ fb(ξ)e−2iπx.ξ e−πt ||ξ|| dξ,
t→0 Rn

2 ||ξ||2 2 2
car e−πt → 1 ponctuellement lorsque t → 0+ , et fb(ξ)e−2iπx.ξ e−πt ||ξ|| ≤ |fb(ξ)| pour tout
2 2
ξ ∈ Rn , avec |fb| ∈ L1 (Rn ). Ensuite, puisque ξ 7→ e−πt ||ξ|| ∈ L1 (Rn ), d’après les propriétés
2.2.2 et 2.2.2 et le lemme 2.2.3 on déduit que
Z Z
−2iπx.ξ −πt2 ||ξ||2 2 2
f (ξ)e
b e dξ = \
f (ξ − x)e−πt ||ξ|| dξ
Rn ZR
n

\ 2 ||ξ||2
= f (ξ − x)e−πt dξ
n
ZR
2 2
= f (ξ − x)t−n e−π||ξ|| /t dξ
n
ZR
2
= f (ty − x)e−π||y|| dy.
Rn

En conséquence,
Z Z
ˆ −π||y||2 2
fˆ(x) = lim+ f (ty − x)e dy = f (−x) e−π||y|| dy = f (−x),
t→0 Rn Rn

où nous avons utilisé une fois encore le théorème de convergence dominée de Lebesgue
en se basant sur la continuité de f et sur le fait que
2 2
f (ty − x)e−π||y|| ≤ ∥|f ||∞ e−π||y|| ,
2
et que y 7→ e−π||y|| ∈ L1 (Rn ).

17
Remarque 2.2.4. Cette opération de transformation de Fourier inverse à des propriétés
analogues à la transformation directe, puisque seuls changent le coefficient multiplicatif et le
−i devenu i.
Dans le cas des définitions alternatives, la transformation de Fourier inverse devient :
Z Z
1 1
f (t) = √ fb(ω)e−iω.t
dω ⇔ fˆ(ω) = √ f (t)e−iω.t dt,
2π R n 2π R n

ou Z Z
1
f (x) = fb(ω)e−iω.x dω ⇔ fˆ(ω) = f (x)e−iω.x dx.
2π Rn Rn

2.2.4 Transformée de Fourier d’une dérivée


Soit f une fonction réelle ou complexe, différentiable en un point a de Rn . On note ∂j f (a)
la j-ième dérivée partielle de f en a :
déf. ∂f
∂j f (a) = (a1 , . . . , an ) ,
∂xj
où a = (a1 , . . . , an ).
Proposition 2.2.1
Soient f ∈ L1 (Rn ) ∩ C 1 (Rn ) et j ∈ [1, n] ∩ N. Si ∂j f ∈ L1 (Rn ), alors

∀ξ ∈ Rn , ∂
dj f (ξ) = 2iπξj f (ξ).
b

Démonstration : Pour simplicité de notation nous considérons le cas n = 1. Fixons


M1 < M2 réels positifs. Intégrant par parties :
Z M2 Z M2
−2iπx.ξ df −2iπM2 ξ −2iπM1 ξ
e (x)dx = e f (M2 ) − e f (M1 ) + 2iπξ e−2iπx.ξ f (x)dx.
M1 dx M1
df
Comme f et dx
sont intégrables, on obtient (e.g., par convergence dominée)
RM df
RM df
lim M12 e−2iπx.ξ dx (x)dx = −∞2 e−2iπx.ξ dx (x)dx,
M1 →−∞
R M2 −2iπx.ξ R M2 −2iπx.ξ
lim M1 e f (x)dx = −∞ e f (x)dx.
M1 →−∞

Il en découle que limM1 →−∞ e−2iπM1 ξ f (M1 ) existe, et comme f est intégrable l’unique limite
possible est zéro. Par le même raisonnement limM2 →+∞ e−2iπM2 ξ f (M2 ) = 0, d’où
  Z M2
df df
F (ξ) = lim e−2iπx.ξ (x)dx
dx M1 →−∞,M2 →+∞ M
1
dx
Z M2
= lim 2iπξ e−2iπx.ξ f (x)dx
M1 →−∞,M2 →+∞ M1

= 2iπξ fb(ξ).
Corollaire 2.2.2
Soit α = (α1 , . . . , αn ) ∈ Nn et notons |α| = α1 + · · · + αn . Si f ∈ L1 (Rn ) ∩ C k (Rn ) avec
|α| ≤ k, et si ∂1α1 · · · ∂nαn f ∈ L1 (Rn ), alors

F (∂1α1 · · · ∂nαn f ) (ξ) = (2iπ)|α| ξ1α1 · · · ξnαn F(f )(ξ).

18
2.2.5 Dérivée d’une Transformée de Fourier
Proposition 2.2.2

Soit f ∈ L1 (Rn ) telle que x 7→ xj f (x) soit dans L1 (Rn ). Alors fb est de classe C 1 et

∀ξ ∈ Rn , ∂j (F(f ))(ξ) = −2iπF (xj f ) (ξ).

Démonstration : Posons g(x, ξ) = e−2iπx.ξ f (x), et calculons :


∂g
= −2iπxj e−2iπx.ξ f (x).
∂ξj

Cette dérivée partielle est continue pour tout x et ∂∂g


ξj
= 2π |xj f (x)| est par hypothèse une
fonction intégrable.
Les hypothèses du théorème de la dérivation sous le signe de l’intégrale sont donc vérifiées,
et nous avons
Z Z
∂ fb ∂ −2iπx.ξ
(ξ) = e f (x)dx = −2iπ e−2iπx.ξ xj f (x)dx = −2iπF (xj f (x)) .
∂ξ ∂ξj
Pour α ∈ Nn nous écrivons
α
X Y
|α| = αj , xα = xj j ,

et si f est de classe C |α| :


∂ |α| ∂ |α|
Dα f = f = f.
∂xα ∂xα1 1 · · · ∂xαnn

Corollaire 2.2.3
Soit f : Rn → C une fonction telle que x → (1 + |x|)k f (x) est intégrable. Alors fb est
de classe C k et pour α ∈ Nn , |α| ≤ k :

Dα fb(ξ) = (−2iπ)|α| F x|α| f .




2.3 Transformation de Fourier sur l’espace de Schwartz


L’espace de Schwartz S(Rn ) (dont on rappelle la définition ci-dessous) est un espace très
commode : toutes les propriétés données dans la section précédente sont vérifiées et, surtout
la transformation de Fourier agit bijectivement de S(Rn ) dans lui même. Cette section est
essentiellement motivée par la vérification de ce point.

Notation : Si α = (α1 , · · · , αn ) ∈ Nn (on dit que c’est un multi-indice) et si x =


(x1 , · · · , xn ) ∈ Rn ,

xα := xα1 1 · · · xαnn ∈ R,
avec la convention que 00 = 1. On vérifie que

xα xβ = xα+β .

19
La longueur de α est l’entier
|α| := α1 + · · · + αn .
On note également
α! = α1 ! · · · αn !.
Pour f ∈ C ∞ (Rn ), on note
 α1  αn
∂ α1 +···+αn f
 
α ∂ ∂
∂ f := ··· f= .
∂x1 ∂xn ∂xα1 1 · · · ∂xαnn

Cette notation est légitime d’après le lemme de Schwartz. nous avons aussi,

∂ α ∂ β f = ∂ α+β f,

 
ie ∂ α ∂ β f = ∂ α+β f .
Définition 2.3.1
On appelle espace de Schwartz S(Rn ), l’espace des fonctions f de Rn dans C telle que :
i) f est de classe C ∞ sur Rn ,
ii) f est à décroissante rapide ainsi que toutes ses dérivées.
(c-à-d pour tous α, β ∈ Nn , xα ∂ β f est bornée sur Rn ) , ie ||xα ∂ β f ||L∞ < +∞.

S(Rn ) = {f ∈ C ∞ (Rn )/ pour tout α, β supx∈Rn |xα ∂ β f (x)| < +∞}.

Notations : Soit f une fonction définie dans Rn .


(a) Si f est à valeurs complexes, on note f sa conjuguée.
(b) La symétrisée fσ de f est la fonction définie par fσ (x) = f (−x).
(c) La translatée τa f de f est la fonction définie par τa f (x) = f (x − a) où a est un
point donné de Rn .
Proposition 2.3.1

1. S(Rn ) est un espace vectoriel.


2. S(Rn ) est stable par dérivation :

∀f ∈ S(R), ∀α ∈ Nn , Dα f ∈ S(Rn ).

3. S(Rn ) stable par multiplication par xα :

xα f ∈ S(Rn ).

4. S(Rn ) est stable par produit :

∀f, g ∈ S(Rn ), f.g ∈ S(Rn ).

5. Si f ∈ S(Rn ), Alors f , fσ , τa f et f (.)e−2iπ<x,.> appartiennent à S(Rn ).

20
Proposition 2.3.2
Pour tout f ∈ S(Rn ) et tout α ∈ Nn ,

∂ α fˆ(ξ) = F {(−2iπx)α f (ξ)} ,

α f (ξ) = (−2iπξ)α fˆ(ξ),


∂d
quel que soit ξ ∈ Rn .

Démonstration : Comme il a été mentionné plus haut, il suffit dans le premier cas
de dériver l’expression intégrale définissant fˆ, et dans le second de procéder par intégrations
par parties. Dans l’un et l’autre cas, le fait que f ∈ S(Rn ) permet de justifier l’opération.
Théorème 2.3.1
La transformation de Fourier est une application linéaire bijective de S (Rn ) dans
S (Rn ) .

Démonstration : Soit f ∈ S (Rn ). Montrons que pour tous multi-indices α et β ∈ Nn ,


on a
sup ξ β ∂ α fb(ξ) < ∞.
ξ∈Rn

Par la proposition 2.3, ∂ α fb(ξ) = F {(−2iπx)α f (ξ)} et dès lors

ξ β ∂ α fb(ξ) = ξ β F {(−2iπx)α f (ξ)}


1
= (2iπξ)β F {(−2iπx)α f (ξ)}
(2iπ)|β|
1
= |β|
∂ β (F {(−2iπx)α f (ξ)}) .
(2iπ)

Comme f ∈ S (Rn ), par la Proposition 2.3 x 7→ ∂ β (F {(−2iπx)α f (ξ)}) ∈ S (Rn ), et en parti-


culier appartient aussi à L1 (Rn ). Il suit alors du corollaire 2.2.1 que ∂ β (F {(−2iπx)α f (ξ)}) ∈ L∞ (Rn ).
Nous avons ainsi montré que si f ∈ S (Rn ), alors fb ∈ S (Rn ). On peut dès lors appliquer la
formule d’inversion de Fourier dans S (Rn ) de sorte que

ˆˆ
ˆ
fˆ = f pour tout f ∈ S (Rn ) ,

et par conséquent f 7→ fb est bijective.

Remarque 2.3.1. Au vu du Théorème 2.2.3 et du théorème 2.3, on peut écrire la transfor-


mation de Fourier inverse comme
Z
f (x) = fb(ξ)e2iπx·ξ dξ
Rn

pour tout f ∈ S (Rn ).

Une des caractéristiques importantes de la transformation de Fourier est qu’elle trans-


forme les produits de convolutions en multiplications, et inversement.

21
Corollaire 2.3.1
Si f et g ∈ S (Rn ), alors f ∗ g ∈ S (Rn ) et
(i) f[ ∗ g = fbgb ;
(ii) fb ∗ gb = fcg.

Démonstration : 1. On l’a dèja montrer, théorème 2.2.3, pour L1 elle est donc valable
en particulier pour S.
2. Par la bijectivité de la transformation de Fourier sur S, il existe u, v tels que f = û et g = v̂
alors, fcg(x) = ûv̂(x)
c = u[
[ ∗ v(x) = u ∗ v(−x) d’où fcg(x) = fˆ ∗ ĝ.
Corollaire 2.3.2
Si f ∈ S (Rn ), alors
∥fb∥2 = ∥f ∥2 .

Démonstration : En effet, par le lemme 2.2.3 et la formule d’inversion de Fourier on


a, Z
2
∥f ∥2 =
b fb(ξ)fb(ξ)dξ
Rn
Z Z
= fb(ξ) f (x)e−2iπx·ξ dxdξ
Rn R n
Z Z
= fb(ξ) f (x)e−2iπx·(−ξ) dxdξ
n n
ZR R Z
¯
= f (ξ)f (−ξ)dξ =
b b fb(ξ)fb(ξ)dξ
n n
ZR Z R
b̄ ¯
= f (ξ)fb(ξ)dξ = f (ξ)fb(−ξ)dξ
b
n Rn
ZR
= f (ξ)f (ξ)dξ = ∥f ∥22 .
Rn

22
CHAPITRE 3
TRANSFORMATION DE FOURIER DANS L2(RN )

3.1 Formule de Plancherel-Parseval


Comme L2 (Rn ) ̸⊂ L1 (Rn ), nous ne pouvons pas, en général, utiliser les formules intégrales
pour définir les transformées de Fourier dans L2 (Rn ). Pourtant, la nécessité de sortir du
cadre des fonctions intégrables est apparue très tôt. Ainsi, Plancherel a étendu en 1910 la
transformation de Fourier de L1 (Rn ) à l’espace L2 (Rn ), espace présentant l’avantage par
rapport à L1 (Rn ) d’être un espace de Hilbert, avec tous les avantages géométriques que
cela représente. Cela aboutit, notamment grâce au théorème de Plancherel-Parseval, à une
théorie plus complète et plus symétrique puisque dans L2 (Rn ) les fonctions f et fb jouent
exactement le même rôle. Nous allons commencer par construire la transformation de Fourier
dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) puis, par densité, nous l’étendons à L2 (Rn ). Le résultat fondamental
suivant est la clé de cette démarche.
Théorème 3.1.1: Formule de Plancherel-Parseval
Pour tout f ∈ L1 (Rn ), on a
∥fb∥22 = ∥f ∥22 .

Démonstration : - Supposons d’abord que f et fb soient dans L1 (Rn ). Alors, la fonc-


tion fb est bornée, et on va montrer que fb ∈ L2 (Rn ). En effet, si fb n’est pas partout nulle,
quitte à multiplier par ∥fb∥−1 b 2
∞ , on peut supposer ∥f ∥∞ ≤ 1 ; on a alors |f (ξ)| ≤ |f (ξ)| pour
b b
n 2 n
tout ξ ∈ R , donc fb ∈ L (R ). Cela étant, on a
Z
2
∥f ∥2 = f (x)f (x)dx
Rn
Z
ˆ
= f (x)fˆ(−x)dx (formule d’inversion)
n
ZR
= F(f )(ξ)fb(−ξ)dξ (formule de dualité)
n
ZR
= F(f )(−ξ)fb(−ξ)dξ
Rn
Z
= F(f )(ξ)fb(ξ)dξ
Rn
= ∥fb∥22 ,

23
ce qui établit le théorème dans le cas où f et fb sont dans L1 (Rn ).
- Traitons à présent le cas général où f ∈ L1 (Rn ). Soit fε = f ∗ γε où (γε )ε>0 désigne le
noyau de Gauss. Comme f et γε sont dans L1 (Rn ), il en va de même de f ∗ γε . De plus,
fbε = fbγbε ∈ L1 (Rn ) car fb est bornée et γε ∈ L1 (Rn ). La fonction fε relève donc du cas
précédent, et par conséquent

||fbε ||22 = ||fε ||22 ,


c’est-à-dire Z
|fb(t)|2 γc 2
2ε (t)dt = ||fε ||2 ,
Rn
Or,
2

2ε (t) = exp −ε∥t∥
γc ,
donc, pour tout t ∈ Rn fixé, γbε (t) tend vers 1 en croissant quand ε tend vers 0 . Le théorème
de la convergence monotone donne alors
Z Z
2
lim |f (t)| γc
b 2ε (t)dt = |fb(t)|2 dt = ∥fb∥22 (≤ +∞).
ε→0 Rn Rn

On est ainsi amené à examiner les deux cas suivants.


* Cas où f ∈ L2 (Rn ). Comme (γε )ε>0 est une approximation de l’unité dans L1 (Rn ), (fε )ε>0
converge vers f dans L2 (Rn ) d’après le théorème d’approximation de l’unité dans L1 .
Par continuité de la norme, on conclut que

lim ||fε ||22 = ∥f ∥22 ,


ε→0

d’où le résultat annoncé.


* Cas où f ∈ / L2 (Rn ). Puisque f ∈ L1 (Rn ) , (fε )ε>0 converge vers f dans L1 (Rn ) quand ε
tend vers 0. 
D’après le théorème de Riesz-Fischer , on peut en extraire une sous-suite fεj j qui
converge simplement vers f presque partout sur Rn . On a alors
Z Z
2 2
+∞ = |f (t)| dt = lim inf fεj (t) dt
Rn Rn j→+∞
Z
2
≤ lim inf fεj (t) dt (lemme de Fatou)
j→+∞ Rn
2
= lim inf ||fc
εj ||2
j→+∞
 
≤ ∥fb∥22 car ∀t, fbε (t) = fb(t)b
γε (t) ≤ |fb(t)|

D’où
∥fb∥22 = +∞ = ∥f ∥22
Le théorème est donc démontré.

Remarque 3.1.1. En terme de produit scalaire, la formule de Plancherel-Parseval s’écrit :


Z Z
2 n
∀f, g ∈ L (R ) , f (ξ)b
b g (ξ)dξ = f (x)g(x)dx.
Rn Rn

24
3.2 Transformation de Fourier dans L2 (Rn)
Théorème 3.2.1
Soit f ∈ L2 (Rn ). Alors
1. il existe une suite (fm ) dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui converge vers f dans L2 (Rn ),
 
2. pour une telle suite (fm ), la suite fbm converge dans L2 (Rn ) vers une limite f˜
indépendante de la suite choisie.

Démonstration : (1) Pour m ∈ N∗ , notons B(0, m) la boule ouverte de Rn centrée en


0 et de rayon m. Posons fm = f χB(0,m) . On a évidemment fm ∈ L2 (Rn ), et fm est également
dans L1 (Rn ) car Z Z
|fm (x)| dx = |f (x)|dx,
Rn B(0,m)

et d’après l’inégalité de Schwarz,


Z 2 Z Z
2
|f (x)|dx ≤ |f (x)| dx dx < +∞.
B(0,m) B(0,m) B(0,m)

On a donc fm ∈ L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ). De plus,


Z
lim ||fm − f ||22 = lim |f (x)|2 dx = 0,
m→+∞ m→+∞ ∥x∥≥m

ce qui prouve que (fm ) converge vers f dans L2 (Rn ).


(2) D’après le théorème 3.1, on a fbm ∈ L2 (Rn ) pour tout n ∈ N, mais aussi

lim ||fd d 2
m1 − fm2 ||2 = (2π)
n
lim ||fm1 − fm2 ||22 = 0.
m1 ,m2 →+∞ m1 ,m2 →+∞
 
La suite fm étant de Cauchy dans l’espace complet L2 (Rn ), elle est donc convergente ;
c
on note fe sa limite. Montrons que f˜ ne dépend pas du choix de la suite (fm ). Soit (gm ) une
autre telle suite. Alors (fm − gm ) est dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) et converge vers 0 dans L2 (Rn ),
d’où
2 n
lim ||fc
m−g cm ||2 = (2π) lim ||fm − gm ||22 = 0.
m→+∞ m→+∞

On en conclut que ∥f˜ − g̃∥2 = 0, c’est-à-dire f˜ = g̃.


Définition 3.2.1
La limite f˜ définie par le théorème ci-dessus est appelée la transformée de Fourier de
f dans L2 (Rn ).

Remarque 3.2.1. Le point (1) du théorème 3.2 exprime la densité de L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn )
dans l’espace vectoriel normé (L2 (Rn ) , ∥ · ∥2 ).
Proposition 3.2.1
La définition ci-dessus étend la définition dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ). Autrement dit, si
f ∈ L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) et si on note fb sa transformée de Fourier dans L1 (Rn ) et f˜ sa
transformée de Fourier dans L2 (Rn ), alors fb = fe.

25
Démonstration : Soit f ∈ L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) et posons fm = f χB(0,m) , n ≥ 1. La suite
(fm ) converge vers f dans L1 (Rn ), et comme
Z
sup fcm (ξ) − f (ξ) ≤ |fm (x) − f (x)| dx = ||fm − f ||1 ,
b
ξ∈Rn Rn
   
n
fc
m converge uniformément vers f
b sur R . Par ailleurs, le théorème 3.2 assure que fc
m
2 n
converge vers fe dans L (R ), et d’après le théorème de Riesz-Fischer, on peut trouver une
sous-suite (fc ˜
nj )j qui converge simplement vers f presque partout. Donc les fonctions f et f
b e
2 n
coïncident presque partout et définissent ainsi la même classe dans L (R ).

Remarque 3.2.2. 1. Par passage à la limite en utilisant le résultat de densité fourni par
le théorème 3.2, on obtient pour la transformation de Fourier dans L2 (Rn ) toutes les
propriétés de translation de modulation et d’homothétie établies pour la transformation
de Fourier dans L1 (Rn ).
2. Il faut prendre garde au fait que F désignera deux applications distinctes : d’une part
F : L1 (Rn ) → C0 (Rn ), d’autre part F : L2 (Rn ) → L2 (Rn ), et que ces deux applica-
tions ne coïncident que sur L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ).
3. Lorsque f ∈ L2 (Rn ) \L1 (Rn ), la fonction x 7→ f (x)e−2iπx.ξ n’est intégrable pour aucune
valeur de ξ, et la formule intégrale habituelle n’a aucune sens !
Proposition 3.2.2

Soit f ∈ L2 (R). Entre f et sa transformée de Fourier fb, on a les relations suivantes :

lim ||φA − fb||2 = 0 et lim ||ψA − f ||2 = 0


A→+∞ A→+∞

où l’on a posé
Z A Z A
−2iπx.ξ
φA (ξ) = f (x)e dx et ψA (x) = fb(ξ)e2iπx.ξ dξ.
−A −A

Démonstration : Notons χA la fonction caractéristique du segment [−A, A]. Puisque


f ∈ L2 (R), on a χA f ∈ L1 (R) ∩ L2 (R) et

φA = χd
Af .

Comme ||f − χA f ||2 → 0 lorsque A → +∞, on déduit de la formule de Plancherel-Parseval


que
lim ||fb − φA ||2 = lim ||f\
− χA f ||2 = 0.
A→+∞ A→+∞

Le cas de ||ψA − f ||2 se traite de la même manière.


Corollaire 3.2.1
Lorsque f ∈ L2 (R) et fb ∈ L1 (R), on a presque partout
Z +∞
f (x) = fb(ξ)e2iπx.ξ dξ
−∞

26
Démonstration : Découle directement de la proposition précédente.

Remarque 3.2.3. On a défini fb sans ambiguïté en chaque point ξ lorsque f appartient


à L1 (R). Lorsque f appartient à L2 (R), fb se définit comme un élément de ”espace de Hil-
bert L2 (R), mais en tant que fonction ponctuelle de ξ, on ne dispose que d’une définition
pour presque tout ξ. C’est là une différence importante entre le cas L1 et le cas L2 pour la
transformée de Fourier.
Théorème 3.2.2: Formule de dualité
Soient f et g dans L2 (Rn ) et notons f˜ (resp. g̃ ) la transformée de Fourier de f (resp.
g ) dans L2 (Rn ). Alors feg et f ge sont dans L1 (Rn ), et on a
Z Z
˜
f (u)g(u)du = f (v)g̃(v)dv.
Rn Rn

Démonstration : f˜, g ∈ L2 (Rn ), donc f˜g ∈ L1 (Rn ). D’après le théorème 3.2, on peut
trouver des suites (fm ) et (gm ) dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui convergent respectivement vers f
et g dans L2 (Rn ). Comme
f˜m = fc
m et g˜m = gc m,

la formule de dualité dans L1 (Rn ) donne


Z Z
˜
fm (u)gm (u)du = fm (v)g˜m (v)dv.
Rn Rn

On conclut par passage à la limite.

3.3 Convolution et transformation de Fourier dans L2 (Rn)


La convolution définit une application continue de L2 (Rn ) × L2 (Rn ) dans L∞ (Rn ) ∩
C0 (Rn ). Par ailleurs, en gardant à l’esprit la remarque 3.2.2 (2) ci-dessus, on notera désormais
F(f ) ou fb la transformée de Fourier de f , pour tout f dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ).
Théorème 3.3.1
Soient f et g dans L2 (Rn ). Alors

f ∗ g = F(fb.b
g ),

fcg = fb ∗ gb.

Démonstration : (1) D’après le théorème 3.2 on peut trouver deux suites (fm ) et (gm )
dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui convergent respectivement vers f et g en moyenne quadratique.
En appliquant F à la relation donnée par le théorème 2.2.3, on obtient
 
fm ∗ gm = F fc m·gcm .

Par ailleurs,

||fb · gb − fc
m·g
c m ||1 ≤ ||fm − f ||2 · ∥b
c b g ∥2 + ||fc
m ||2 · ||b
g − gbm ||2
= ||f − fm ||2 · ∥g∥2 + ||fm ||2 · ||g − gm ||2

27
d’après la formule de Plancherel-Parseval. Donc
lim ||fb · gb − fc
m·g
cm ||1 = 0.
n→+∞
  
et à l’aide du théorème 2.2.1, on conclut que F fc m·g cm converge uniformément vers
m
F(fb·g b) sur Rn . Il reste à calculer la limite de (fm ∗ gm )m . On a
||f ∗ g − fm ∗ gm ||∞ ≤ ||f − fm ||2 · ∥g∥2 + ||fm ||2 · ||g − gm ||2 ,
donc (fm ∗ gm )m converge uniformément vers la fonction continue f ∗ g. Finalement,
f ∗ g = F(fb · gb)
(2) Pour la clarté des calculs, nous supposons que d = 1, le cas général se traite de la même
manière. Soit donc (f, g) ∈ L2 (R) × L2 (R) et montrons que fcg = fb ∗ gb. D’après l’inégalité
de Schwarz, on a f g ∈ L1 (R), donc fcg ∈ C0 (R). Pour tout ξ ∈ R, on obtient alors
Z +∞
f g(ξ) =
c f (x)h(x)dx,
−∞

où h(x) = g(x)e2iπx.ξ . Remarque 3.1.1 montre que


Z +∞ Z +∞
f (x)h(x)dx = fb(y)h(y)dy (∗)
d
−∞ −∞

Comme g ∈ L2 (R), on a évidemment h ∈ L2 (R), donc


Z A
h(y) = lim
b h(t)e−2iπty dt dans L2 (R)
A→+∞ −A

d’après la proposition 3.2. Par ailleurs,


Z +A Z A Z A
−2iπty 2iπt(ξ−y)
h(t)e dt = g(t)e dt = g(t)e−2iπt(ξ−y) dt.
−A −A −A

Comme g ∈ L2 (R),
Z A
lim g(t)e−2iπt(ξ−y) dt = gb(ξ − y) dans L2 (R),
A→+∞ −A

h(y) = gb(ξ − y). La relation (*) s’écrit donc


d’où b
Z +∞ Z +∞
f (x)h(x)dx = g (ξ − y)dy = fb ∗ gb(ξ).
fb(y)b
−∞ −∞

Ainsi, pour presque tout ξ ∈ R,


fcg(ξ) = fb ∗ gb(ξ).
En fait, cette égalité a lieu pour tout ξ ∈ R car fb ∗ gb est continue sur R comme convolée de
deux éléments de L2 (R).
Remarque 3.3.1. Pour (f, g) ∈ L2 (Rn ) × L2 (Rn ), on a f ∗ g ∈ C0 (Rn ), mais on ne sait
pas si f ∗ g appartient à L1 (Rn ). On ne peut donc pas, a priori, parler de f[
∗ g.
Proposition 3.3.1
Soient f ∈ L2 (Rn ) et g ∈ L1 (Rn ). Alors

fb · gb ∈ L2 (Rn ) et f ∗ g = F(fb · gb).

28
Démonstration : fb ∈ L2 (Rn ) et gb ∈ L∞ (Rn ), donc fb · gb ∈ L2 (Rn ). Par ailleurs, il
existe des suites (fm ) et (gm ) dans L1 (Rn ) ∩ L2 (Rn ) qui convergent en moyenne quadratique
vers f et g respectivement, et on a F(fc m·g cm ) = fm ∗ gm . Étudions la convergence de la suite
2 n
m·g
(fc cm )n dans L (R ). D’après la formule de Plancherel-Parseval,

||fb · gb − fc
m·g
cm ||2 ≤ ||f − fm ||2 · ∥b
b c g ∥∞ + ||fc
m ||2 · ||b
g − gc
m ||∞
= ||f − fm ||2 · ∥b
g ∥∞ + ||fm ||2 · ||b
g − gc
m ||∞ .

Or,
lim ||f − fm ||2 = 0,
n→+∞

et d’après le théorème 2.2.1, on a

lim ||g − gm ||1 = 0 ⇒ lim ||b


g − gc
m ||∞ = 0.
n→+∞ m→+∞

m ·g
On en conclut que lasuite (fc m )n converge en moyenne quadratique vers f ·b
c b g . La continuité

de F assure que F fc m·g
cm converge en moyenne quadratique vers F(f · g
b b). Par ailleurs,
la continuité du produit de convolution entraîne la convergence en moyenne quadratique de
(fm ∗ gm )n vers f ∗ g. Donc f ∗ g = F(fb · gb) dans L2 (Rn ).
Définition 3.3.1
On appelle opérateur de Fourier-Plancherel, l’opérateur
(
L2 (Rn ) → L2 (Rn )
P:
f 7→ F(f )

(P n’est donc autre que l’opérateur de Fourier convenablement normalisé).

Lemme 3.3.1
n o
def.
L’espace vectoriel V = f ∈ L1 (Rn ) ; fb ∈ L1 (Rn ) est dense dans Lp (Rn ) pour tout
p ∈ [1, +∞[.

Démonstration : Soient f ∈ Lp (Rn ) et ε > 0. Par densité de Cc∞ (Rn ) dans Lp (Rn )
il existe fε ∈ Cc∞ (Rn ) tel que ||f − fε ||p ≤ ε/2. Fixons un tel fε . Pour tout γs élément du
noyau de Gauss, on sait que fε ∗ γs ∈ L1 (Rn ), donc F (fε ∗ γs ) ∈ L1 (Rn ) cat fbε ∈ L∞ (Rn ) et
bs ∈ L1 (Rn ). Cela montre que fε ∗ γs ∈ V . Comme (γs )s>0 est une approximation de l’unité
γ
dans L1 (Rn ) et que fε ∈ LP (Rn ), on a

lim ||fε ∗ γs − fε ||p = 0,


s→0+

d’après le théorème d’approximation de l’unité dans L1 . Il existe donc s0 > 0 tel que
ε
∀s ≤ s0 , ||fε ∗ γs − fε ||p ≤ ,
2
et par conséquent
∀ε > 0, ∃s0 > 0, ||f − fε ∗ γs0 ||p ≤ ε.
D’où le lemme.

29
Théorème 3.3.2: Formule d’inversion
L’opérateur de Fourier-Plancherel
(
L2 (Rn ) → L2 (Rn )
P:
f 7→ F(f )

est un automorphisme de l’espace de Hilbert L2 (Rn ), d’inverse P −1 = P.

Démonstration : Soit f ∈ L2 (Rn ). D’après le lemme ci-dessus, il existe une suite (fm )
dans V qui converge vers f dans L2 (Rn ). Or, pour tout entier n, le théorème 2.2.3 donne
 
fc = fm λd − p · p. (∗)
c
m
σ

Par ailleurs, la formule de Plancherel-Parseval


  montre que la convergence de (fm ) vers f
2 n 2 n
dans L (R ) entraîne celle de fc m vers f dans ce même espace. Comme fm ∈ L (R ), on
b
 
a aussi convergence de F fbm vers F(fb) dans L2 (Rn ). Il suffit maintenant de passer à la
limite dans (*) pour obtenir la formule de réciprocité annoncée.

30
CHAPITRE 4
APPLICATION DE LA TRANSFORMÉE DE FOURIER

4.1 Résolution des équations différentielles


La transformation de Fourier permet de résoudre explicitement une équation différentielle
linéaire en la transformant en une équation plus simple. Par exemple, si l’équation du départ
est à coefficients constants, la transformée de Fourier de cette équation est une équation
algébrique. La transformation de Fourier est à utiliser lorsque l’équation est posée sur tout
Rn .

4.2 Des exemples de EDO résolue avec la transformée de


Fourier
4.2.1 Premier exemple
Soient y, g : R → R, y, g ∈ L1 (R), y deux fois différentiable, on considère l’EDO sui-
vante :
y ′′ (t) − y(t) = −g(t) ∀t ∈ R.
Si on applique la transformée de Fourier aux deux côtés, grâce à sa linéarité on peut écrire :

yˆ′′ (ω) − ŷ(ω) = −ĝ(ω)


i.e.
−4π 2 ω 2 ŷ(ω) − ŷ(ω) = −ĝ(ω) ⇐⇒ 1 + 4π 2 ω 2 ŷ(ω) = ĝ(ω)


i.e.
1
ŷ(ω) = · ĝ(ω) (Solution dans le domain frequentiel).
1 + 4π 2 ω 2
Grâce aux propriétés de la transformée de Fourier, on a rendu l’EDO une équation algébrique
dans le domaine fréquentiel ! Si on connait la transformée de Fourier de g, alors on a résolu
l’EDO dans l’espace de Fourier.
Néanmoins, L’EDO initiale a été formulé par rapport à la variable t, donc il faut revenir
à la représentation originale en appliquant la transformée de Fourier inverse aux deux côtés
de la dernière équation en utilisant la théorème 2.2.3 :
     
ˇ 1 1
ŷ(ω)(t) = y(t) = F · ĝ(ω) (t) = F (t) ∗ g(t)
1 + 4π 2 ω 2 1 + 4π 2 ω 2

31
Dans les exemples fondamentaux on a vu que :
2a
e[
−a|t| (ω) =
a2 + 4π 2 ω 2
donc, si on considère a = 1 :
1d 2
e−|t| (ω) = 2
2 a + 4π 2 ω 2
et alors :
1
y(t) = e−|t| ∗ g(t)
2
i.e.
1 +∞ −|t−s| 1 +∞
Z Z
y(t) = e g(s)ds = g(t − s)e−|s| ds.
2 −∞ 2 −∞
Si on suit calculer l’intégrale (ceci dépend de l’expression analytique de g ), alors on peut
déterminer explicitement y(t), sinon on peut en tout cas approximer sa valeur.

4.2.2 Deuxième exemple


Trouver une fonction f : R → C intégrable sur R telle que
d2 f 2

2
(t) + f (t) = e−t , t ∈ R.
dt
La transformée de Fourier de l’équation ci-dessus s’écrit
 2
4π 2 u2 F (u) + F (u) = F e−t (u),
    2
2
où l’inconnue est F = Ff . On en déduit que F = 1
1+4π 2 u2
F e−t = 12 F e−|t| F e−t ,
F
la dernière égalité étant une conséquence de e−|t| −→ 2
1+(2πu)2
.

4.3 L’équation de Laplace


déf. Pn 2 2 n n
Soit ∆ = i=1 ∂ /∂xi l’opérateur de Laplace dans R . On se donne φ ∈ S (R ) et on
n
se propose de résoudre dans S (R ) l’équation de Laplace :
∆u − u = φ.
D’après le théorème 2.3, on a l’équivalence suivante
 
u ∈ S(Rn ) u ∈ S (Rn )
⇔ (∗)
∆u − u = φ F(∆u − u) = φ
b
Or, d’après la proposition 2.3, u ∈ S (Rn ) implique ∆u ∈ S (Rn ), et on a
n n
!
X X
F(∆u − u) = F(∆u) − u
b=− (2πξi )2 u
b−u
b=− 1+ (2πξi )2 u
b.
i=1 i=1

De plus, ( (
u ∈ S(R ) n u ∈ S (Rn )
(∗) ⇔ ⇔ −φ
−(1 + ∥2πξ∥22 )b
u=φ u
b = 1+∥ξ∥
b
b 2
2
( n
u ∈ S (R )

  
−φ −φ
u = F −1 b
1+∥2πξ∥22
⇔ u(x) = F b
1+∥2πξ∥22
(−x).

32
−1
b (1 + ∥2πξ∥22 ) est
L’avant-dernière équivalence résulte du fait que la fonction ξ 7→ −φ(ξ)
n
dans S (R ). L’équation de Laplace admet donc une et une seule solution dans l’espace de
Schwartz.

4.4 Le problème de Dirichlet dans le demi-plan supérieur


Position du problème : Le problème de Dirichlet dans le demi-plan supérieur consiste
à déterminer les fonctions u de classe C 2 sur R × R∗+ vérifiant
∂2u 2
+ ∂∂yu2 (x, y) = 0, (x, y) ∈ R × R∗+ ;

 ∂x2
(x, y)
(D) u(x, 0) = f (x), x ∈ R;
R +∞
supy≥0 −∞ |u(x, y)|dx = 0.

où f ∈ L1 (R) est une fonction donnée. La condition u(x, 0) = f (x) signifie que

lim u(x, y) = f (x) λ − p · p.


y→0

On suppose que, pour tout y > 0, les fonctions

∂u ∂ 2u ∂ 2u
x 7→ u(x, y), x 7→ (x, y), x 7→ (x, y), x →
7 (x, y)
∂x ∂x2 ∂y 2
sont intégrables sur R.
Résolution : Pour y ∈ R∗+ , posons
Z +∞
u
b(ξ, y) = u(x, y)e−2iπxξ dx.
−∞

En appliquant à (D) la transformation de Fourier par rapport à la variable x, on obtient


 2 2
 (2πξ) u
 b(ξ, y) − ∂∂yub2 (ξ, y) = 0
(E) u b(ξ, 0) = fb(ξ)
R +∞
u(ξ, y)| ≤ −∞ u(x, y)e−2iπxξ dx < +∞.

 |b

Pour ξ ∈ R fixé, l’équation différentielle en y :

∂ 2u
(2πξ)2 u
b(ξ, y) −
b
(ξ, y) = 0
∂y 2
admet pour solution générale

b(ξ, y) = A(ξ)e−2πξy + B(ξ)e2πξy .


u

comme u
b(ξ, 0) = fb(ξ), il vient A(ξ) + B(ξ) = fb(ξ). De plus, si ξ > 0,

lim e−ξy = 0 et lim eξy = +∞,


y→+∞ y→+∞

donc la condition supy≥0 |bu(ξ, y)| < +∞ implique B(ξ) = 0. On obtient de même : A(ξ) = 0
si ξ < 0. Ainsi, le problème (E) a pour solution

b(ξ, y) = fb(ξ)e−|ξ|y .
u (∗)

33
Or, pour y > 0 fixé, la fonction ξ 7→ ub(ξ, y) est dans L1 (R), la formule d’inversion de Fourier
donne alors Z +∞
1
u(x, y) = b(ξ, y)e2iπxξ dξ.
u
2π −∞
D’après l’exemple 3 2.2.1, on a, pour y fixé,
 
1 y
F (ξ) = e−|ξ|y ,
π x2 + y 2

et l’égalité (*) s’écrit alors


1 y
b(ξ, y) = F (f ∗ gy ) où gy (x) =
u .
π x + y2
2

Par injectivité de F, on conclut que


Z +∞
y
u(x, y) = (f ∗ gy ) (x) = f (s) ds
−∞ π (y 2 + (x − s)2 )

On vérifie facilement que u est de classe C ∞ sur R × R∗+ et satisfait les autres conditions
requises.

4.5 L’équation des cordes vibrantes


Position du problème : On considère l’équation des cordes vibrantes
 ∂2u 2
 ∂t2 (t, x) − a2 ∂∂xu2 (t, x) = 0, (t, x) ∈ R∗+ × R;
(C.V.) u(0, x) = f (x), x ∈ R;
 ∂u
∂t
(0, x) = g(x), x ∈ R;

On suppose que f ∈ C 2 (R) ∩ L1 (R) est telle que f ′ , f ′′ ∈ L1 (R), et que g ∈ C 1 (R) ∩ L1 (R) est
telle que g ′ ∈ L1 (R). Il s’agit alors de déterminer u ∈ C 2 R∗+ × R solution de (C.V.) telle


que, pour chaque t > 0 fixé, les fonctions

∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
x 7→ u(t, x), x 7→ (t, x), x 7→ 2 (t, x), x 7→ (t, x), x 7→ (t, x)
∂t ∂t ∂x ∂x2
appartiennent à L1 (R), et que

∂ 2 +∞
Z Z +∞ 2
−2iπxξ ∂ u
2
u(t, x)e dx = 2
(t, x)e−2iπxξ dx.
∂t −∞ −∞ ∂t

Résolution : En appliquant la transformation de Fourier par rapport à la variable x, on


obtient
∂ 2u
+ 4a2 π 2 ξ 2 u
b
b = 0.
∂t2
Cette équation différentielle du second ordre admet pour solution générale

u
b(t, ξ) = A(ξ) cos 2aπξt + B(ξ) sin 2aπξt,

et, tenant compte des conditions initiales, on trouve.


gb(ξ)
u
b(t, ξ) = A(ξ) cos 2aπξt + sin 2aπξt.

34
Par ailleurs, on a
1 hb i 1
fb(ξ) cos aξt = f (ξ)eiaξt + fb(ξ)e−iaξt = F[f (x + at) + f (x − at)](ξ),
2 2
de même que
gb(ξ) 1 sin aξt 1  1 
sin aξt = gb(ξ) = gb(ξ)F χ[−at,at] (ξ) = F g ∗ χ[−at,at] (ξ).
aξ a ξ 2a 2a
De plus, pour tout x ∈ R,
Z +∞
g ∗ χ[−at,at] (x) = g(x − y)χ[−at,at] (y)dy
−∞
Z at Z x+at
= g(x − y)dy = g(s)ds.
−at x−at

D’où Z x+at
1 1
u(t, x) = [f (x − at) + f (x + at)] + g(s)ds.
2 2a x−at
Les hypothèses sur f et g permettent de vérifier facilement que la fonction u ainsi obtenue
satisfait bien toutes les propriétés requises.

4.6 Application à la résolution de l’équation de la Cha-


leur
L’équation de la chaleur (avec donnée initiale u0 ) sur l’espace entier s’écrit
 ∂u
∂t
(t, x) − ∆u(t, x) = 0 pour (t, x) ∈ R+ × Rn ,
u(0, x) = u0 (x) pour x ∈ Rn ,
2
où u : R+ × Rn → R, et ∆u(t, x) = ni=1 ∂∂xu2 (t, x). Considérons, au moins formellement, la
P
i
transformation de Fourier de u par rapport à la variable x uniquement :
Z
v(t, ξ) := u(t, x)e−2iπx·ξ dx.
Rn

En utilisant la Proposition 2.3, on obtient , après avoir appliqué la transformation de


Fourier à l’équation,
 ∂v
∂t
(t, ξ) = −4π 2 |ξ|2 v(t, ξ) pour (t, ξ) ∈ R+ × Rn ,
v(0, ξ) = û0 (ξ) pour ξ ∈ Rn .

L’avantage de cette dernière formulation est que pour ξ fixé (et donc considéré comme une
paramètre), il s’agit là non plus d’une équation aux dérivées partielles mais d’une équation
différentielle ordinaire, dont la solution s’écrit simplement
2 |ξ|2 t
v(t, ξ) = û0 (ξ)e−4π .
2
Notons que si l’on pose ρ(ξ) := e−π|ξ| , alors
2 |ξ|2 t
e−4π = δ1/√4πt ρ
= δ1/√4πtρ̂
= (4πt)−n/2 δ\

4πt ρ,

35
où on a utilisé le fait que ρ̂ = ρ. En particulier, si u0 ∈ S (Rn ), en utilisant le Corollaire 2.3,
on obtient

v(t, ξ) = û0 (ξ)(4πt)−n/2 δ\ 4πtρ(ξ) = (4πt)−n/2 u0 ∗δ
\ √
4πt ρ(ξ).

Par ailleurs le théorème 2.3 nous assure que la transformation de Fourier est bijective sur
S (Rn ), et donc,
Z
|x−y|2
−n/2 −n/2
u(t, x) = (4πt) u0 ∗ δ√4πt ρ(x) = (4πt) u0 (y)e− 4t dy
Rn

Maintenant que nous avons "deviné" la forme de la solution, nous pouvons démontrer le :
Théorème 4.6.1
Soit u0 ∈ L1 (Rn ). Alors la fonction u : (0, ∞) × Rn → R définie par
Z
|x−y 2 |
−n/2
u(t, x) := (4πt) u0 (y)e− 4t dy
Rn

est indéfiniment dérivable sur (0, ∞) × Rn . De plus, elle vérifie

∂u
(t, x) − ∆u(t, x) = 0 pour tout (t, x) ∈ (0, ∞) × Rn ,
∂t
et on a
lim ∥u(t, ·) − u0 ∥1 = 0.
t→0+

|x−y|2
Démonstration. On remarque aisément que la fonction (t, x, y) 7→ (4πt)−n/2 e− 4t
admet des dérivées partielles de tout ordre par rapport à t et/ou x qui sont bornées (et donc
appartiennent à L∞ (Rn ) par rapport à la variable y). Comme u0 ∈ L1 (Rn ) on est en droit
d’appliquer le théorème de convergence dominée de Lebesgue et donc de dériver sous le signe
intégral ce qui assure que u ∈ C ∞ ((0, ∞) × Rn ). De plus, on vérifie également aisément que

∂u
(t, x) − ∆u(t, x) = 0
∂t
pour tous (t, x) ∈ (0, ∞) × Rn .
Nous nous intéressons maintenant à la convergence vers la donnée initiale. On note que, pour
tout t > 0, Z
|y|2
−n/2
(4πt) e− 4t dy = 1
Rn
et donc Z
|y|2
−n/2
|u(t, x) − u0 (x)| ≤ (4πt) |u0 (x − y) − u0 (x)| e− 4t dy
Rn

36
ce qui implique, après intégration suivant la variable x et utilisation du thérème de Fubini,
que
|y|2
e− 4t
Z Z Z
|u(t, x) − u0 (x)| dx ≤ |u0 (x − y) − u0 (x)| dydx
Rn Rn Rn (4πt)n/2
Z Z  − |y|2
e 4t
≤ |τy u0 (x) − u0 (x)| dx dy
B(0,δ) Rn (4πt)n/2
Z Z  − |y|2
e 4t
+ |τy u0 (x) − u0 (x)| dx dy
Rn \B(0,δ) Rn (4πt)n/2
|y|2
e− 4t
Z
≤ sup ∥τ u0 − u0 ∥1 + 2 ∥u0 ∥1 n/2
dy.
y∈B(0,δ) Rn \B(0,δ) (4πt)

Par la continuité des translations dans L1 (Rn ), on obtient

sup ∥τ u0 − u0 ∥1 → 0
y∈B(0,δ)

lorsque δ → 0. Par ailleurs, par changement de variable il suit que pour tout δ > 0,
|y|2
e− 4t
Z Z
2
dy = √
e−π|z| dz → 0
Rn \B(0,δ) (4πt)n/2 Rn \B(0,δ/ 4πt)

2
lorsque t → 0, car z 7→ e−π|z| ∈ L1 (Rn ). Finalement, en prenant d’abord la limite lorsque
δ → 0, et ensuite celle lorsque t → 0 on aboutit à

lim ∥u(t, ·) − u0 ∥1 = 0,
t→0+

ce qui termine la démonstration.

37
ANNEXE A
SUPPORTS ET CONVOLUTION

A.1 Support de fonction


Définition A.1.1
Soit f une fonction à valeurs complexes, définie sur un espace topologique X.
On appelle support de f , noté supp(f ), l’adhérence de l’ensemble des points en lesquels
la fonction ne s’annule pas.

supp(f ) := {x ∈ X/f (x) ̸= 0 }.

C’est donc une partie fermée de X.

Proposition A.1.1
Si f et g sont deux fonctions continues sur R telles que

supp(f ) ⊂ [a, +∞[ et supp(g) ⊂ [b, +∞[,

lors f ∗ g existe, est continue sur R et son support est contenu dans [c, +∞[ pour un
certain c dans R.

Remarque A.1.1. Les conclusions de cette proposition restent vraies si on suppose seule-
ment continue par morceaux.

A.2 Convolution
A.2.1 convolution dans L1 (Rn )
Théorème A.2.1: Convolution dans L1 (Rn )
Soient f et g dans L1 (Rn ).
1. Pour presque tout X, l’application t 7→ f (x − t)g(t) est intégrable sur Rn .
2. La fonction f ∗ g est intégrable sur Rn .
3. ∥f ∗ g∥1 ≤ ∥f ∥1 · ∥g∥1 .

38
A.2.2 Convolution dans Lp (Rn )
Définition A.2.1
Deux réels p et q dans ]1, +∞ [ sont dits conjugués si p−1 + q −1 = 1. Par extension, on
dira que 1 et +∞ sont conjugués.

Théorème A.2.2
Soient f ∈ L1 (Rn ) et g ∈ Lp (Rn ) avec 1 ≤ p < +∞. Alors, pour presque tout x, la
fonction t 7→ f (t)g(x − t) est intégrable sur Rn , et f ∗ g est dans Lp (Rn ) . De plus, on a

∥f ∗ g∥p ≤ ∥f ∥1 · ∥g∥p .

Théorème A.2.3: Convolution dans (Lp (Rn ) , Lq (Rn ))


Soit p ∈ [1, +∞] et soit q son conjugué. Alors, pour tout f ∈ Lp (Rn ) et tout g ∈
Lq (Rn ), on a
1. f ∗ g est une fonction partout définie et bornée sur Rn , de plus

∥f ∗ g∥∞ ≤ ∥f ∥p · ∥g∥q .

2. f ∗ g est uniformément continue sur Rn .


3. Si de plus p ̸= 1, +∞, alors f ∗ g ∈ C0 (Rn ).

Théorème A.2.4
[Inégalité de Young] Soient 1 ≤ p, q, r ≤ +∞ trois nombres réels tels que
1 1 1
+ = +1
p q r

et soient f ∈ Lp (Rn ) et g ∈ Lq (Rn ). Alors f ∗ g ∈ Lr (Rn ), et

∥f ∗ g∥r ≤ ∥f ∥p · ∥g∥q .

39
ANNEXE B
APPROXIMATION DE L’UNITÉ DANS L1(RN )

B.1 Pourquoi une approximation de l’unité ?


La réponse à cette question est fournie par le résultat suivant.
Proposition B.1.1
L’algèbre de Banach (L1 (Rn ), +, ., ∗) n’a pas d’élément neutre pour le produit de convo-
lution.

Démonstration : Supposons l’existence d’un tel élément neutre u ∈ L1 (Rn ) (identifié


à l’un de ses représentants dans L1 (Rn ) ). La fonction u vérifie donc en particulier
2 2
∀ρ ∈ R∗ +, e−ρ∥·∥ ∗ u = e−ρ∥·∥ λd − p.p.

où ∥ · ∥ désigne la norme euclidienne de Rn . Or, d’après le théorème A.2.1 pour p = 1 et


2 2
q = +∞, la fonction x 7→ e−ρ∥·∥ ∗ u(x) est continue sur Rn , donc, e−ρ∥·∥ l’étant aussi, ces
deux fonctions coïncident partout. En particulier, en x = 0 on obtient
Z
2
e−ρ∥y∥ dλd (y) = 1.
Rn

Or, par convergence dominée, on a


Z
2
lim e−ρ∥y∥ dλd (y) = 0.
ρ→+∞ Rn

D’où la contradiction.

Remarque B.1.1. La transformation de Fourier permet d’obtenir une autre démonstration


simple de la proposition ci-dessus.

Pour pallier l’absence d’élément neutre pour la convolution sur L1 , on introduit ce qu’on
appelle des approximations de l’unité, c’est-à-dire des suites de fonctions (φj )j≥1 se compor-
tant asymptotiquement comme une unité. C’est l’objet du paragraphe suivant.

40
B.2 Définition et exemples fondamentaux
Définition B.2.1: Approximation de l’unité
On appelle approximation de l’unité (ou unité approchée ) dans L1 (Rn ), toute suite
(φj )j≥1 de fonctions mesurables sur Rn telles que
1. pour tout j ∈ N∗ , Z
n
φj ≥ 0 sur R et φj (x)dx = 1, (B.1)
Rn

2. Pour tout réel ϵ > 0, Z


lim φj (x)dx = 0. (B.2)
j→+∞ ||x||>ϵ

Remarque B.2.1. Une fonction mesurable φj vérifiant les propriétés B.1 est appelée une
densité de probabilité.

Exemple B.2.1. Les exemples suivants jouent un rôle important en analyse. Le troisième
est particulièrement utile pour l’étude de la transformation Fourier.

Approximation de Laplace : φj (x) = 2j e−j|x| .


j 1
Approximation de Cauchy : φj (x) = π 1+j 2 x2
.
−j x 2 2
Approximation de Gauss : φj (x) = √j e 2 .

Remarque B.2.2. Pour les besoins des applications, on privilégie souvent les familles d’ap-
proximation suivantes appelées "noyaux" de paramètre t ∈ R∗+ :
1 − |x|
Le noyau de Laplace : φt (x) = 2t
e t.

t 1
Le noyau de Cauchy : φt (x) = π t2 +x2
.
x 2
Le noyau de Gauss : φt (x) = √1 e− 2t2 .
t 2π

B.3 Théorème d’approximation


Théorème B.3.1
Soit (φj )j≥1 une approximation de l’unité dans L1 (Rn ).
1. Si f est uniformément continue sur Rn et bornée, alors (f ∗ φj )j≥1 converge uni-
formément vers f sur Rn .
2. Si f ∈ Lp (Rn ) et p ∈ [1, +∞ [ , alors (f ∗ φj )j≥1 converge vers f dans Lp (Rn ).

Démonstration : (1) La fonction f est uniformément continue sur Rn et bornée, elle


définit donc un élément dans L∞ (Rn ). Comme φj ∈ L1 (Rn ), le théorème A.2.2 montre que
la fonction f ∗ φj est uniformément continue sur Rn et bornée. Il reste donc à montrer que

∀ε > 0, ∃J ∈ N∗ , ∀j ≥ J, ∥(f ∗ φj ) − f ∥∞ ≤ ε.

41
Donnons-nous ε > 0. Pour tout j ∈ N∗ , on a
Z
|(f ∗ φj ) (x) − f (x)| = (f (x − t) − f (x))φj (t)dt
n
ZR
≤ |f (x − t) − f (x)|φj (t)dt.
Rn

Comme f est uniformément continue sur Rn ,

∀ε1 > 0, ∃η (ε1 ) , ∀x, y ∈ Rn , ∥x − y∥ ≤ η (ε1 ) ⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε1 .

Posons g(x, t) = |f (x − t) − f (x)|φj (t). D’après ce qui précède,


Z Z
|(f ∗ φj − f ) (x)| ≤ g(x, t)dt + g(x, t)dt
∥t∥≤η(ε1 ) ∥t∥>η(ε1 )
Z
≤ ε1 + 2∥f ∥∞ ∥t∥ > η (ε1 )φj (t)dt.

Choisissons ε1 = ε/2 et η = η (ε1 ). Puisque


Z
lim φj (t)dt = 0,
j→+∞ ∥t∥>η

il existe J ∈ N∗ tel que, pour tout entier j ≥ J, on ait


Z
ε
φj (t)dt ≤ .
∥t∥>η 4∥f ∥∞

Pour de tels j on aura alors, compte tenu de A.1,

|(f ∗ φj − f ) (x)| ≤ ε.

Ceci étant vrai pour tout x dans Rn , on a établi le point (1) du théorème.
(2) Soit f ∈ Lp (Rn ) avec p ∈ [1, +∞ [ , et montrons que (f ∗ φj )j≥1 converge vers f dans
Lp (Rn ) .
- Supposons d’abord que f ∈ Cc (Rn ) avec supp(f ) ⊂ B̄(0, R) où B̄(0, R) désigne la boule
fermée de rayon R > 0 centrée en 0 dans Rn . Notons χ∥x∥ ≤ 2R la fonction indicatrice de
B̄(0, 2R), et χ∥x∥>2R celle de l’ouvert complémentaire. On a

f ∗ φj − f = (f ∗ φj − f ) χ∥x∥≤2R + (f ∗ φj − f ) χ∥x∥>2R ,

d’où

∥f ∗ φj − f ∥ p ≤ (f ∗ φj − f ) χ∥x∥≤2R p + (f ∗ φj − f ) χ∥x∥>2R p
.

Comme f est continue et à support compact dans Rn , elle est uniformément continue et
bornée, donc vérifie les hypothèses du cas (1). On a alors

lim ∥f ∗ φj − f ∥∞ = 0,
j→+∞

et comme  1/p
(f ∗ φj − f ) χ∥x∥≤R p ≤ λd(B̄(0, 2R)) · ∥f ∗ φj − f ∥∞ ,
on en déduit que
lim (f ∗ φj − f ) χB̄(0,2R) p
= 0.
j→+∞

42
Si maintenant ∥x∥ > 2R, alors f (x) = 0, et de plus,

∀t ∈ Rn , ∥t∥ ≤ R ⇒ ∥x − t∥ > R ⇒ f (x − t) = 0,

d’où Z

(f ∗ φj − f ) (x) = f (x − t)φj (t)dt = f ∗ φj χ∥t∥>R (x).
∥t∥>R

Comme f ∈ Lp (Rn ) et φj χ∥t∥>R ∈ L1 (Rn ), on a f ∗ φj χ∥t∥>R ∈ Lp (Rn ), et le théorème
A.2.2 montre que 
f ∗ φj χ∥t∥>R p ≤ ∥f ∥p · φj χ∥t∥>R 1 .
(φj )j≥1 étant une approximation de l’unité, on a

lim φj χ∥t∥>R 1
= 0,
j→+∞

d’où 
lim f ∗ φj χ∥t∥>R p
= 0,
j→+∞

et on conclut à l’aide de A.1.1. On a donc établi le point (2) dans le cas où f est continue à
support compact.
- Supposons maintenant f ∈ Lp (Rn ) , p ∈] 1, +∞ [. D’abord, pour tout g ∈ Cc (Rn ), on a

∥f ∗ φj − f ∥ p ≤ ∥(f − g) ∗ φj∥ p + ∥(g ∗ φj) − g∥ p + ∥g − f ∥p


≤ ∥f − g∥p · ∥φj∥ 1 + ∥(g ∗ φj) − g∥ p + ∥g − f ∥p
≤ 2∥g − f ∥p + ∥(g ∗ φj) − g∥p

et on cherche à montrer que

∀ε > 0, ∃J ∈ N, ∀j ∈ N, j ≥ J ⇒ ∥f ∗ φj − f ∥p ≤ ε.

Donnons-nous ε > 0. Par densité de Cc (Rn ) dans Lp (Rn ) (p ̸= +∞), on a


ε
∃g ∈ Cc (Rn ) , ∥f − g∥p ≤
3
Par ailleurs, comme g est continue à support compact, le cas étudié précédemment donne
ε
∃J ∈ N, ∀j ∈ N, j ≥ J ⇒ ∥g ∗ φj − g∥p ≤ .
3
De l’inégalité
| f ∗ φj − f ∥p ≤ 2∥ g − f ∥p+∥ (g ∗ φj ) − g∥p ,
on déduit que, pour tout entier j ≥ J,
2ε ε
∥f ∗ φj − f ∥p ≤ + = ε,
3 3
c’est-à-dire
lim f ∗ φj = f dans Lp (Rn ) .
j→+∞

Ceci achève d’établir le point (2) dans le cas général.

43
BIBLIOGRAPHIE

[1] Jean-Michel Bony. Cours d’analyse : théorie des distributions et analyse de Fourier.
Editions Ecole Polytechnique, 2001.
[2] Mohammed El Amrani. Analyse de Fourier dans les espaces fonctionnels : niveau
M1. Ellipses Marketing, 2008.
[3] Ahmed Lesfari. Distributions, analyse de Fourier et transformation de Laplace :
cours et exercices. Ellipses, 2012.

44

Vous aimerez peut-être aussi