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Uluslararası Müslüman-Hıri~tiyan Diyalog Sempozyumu

İSLAM VE HIRİSTİYANLlK'TA
KURTULUŞ .

3-4 Kasım 2006


İstanbul

Marmara Üniversitesi İlahiyar Fakültesi ile PJ.S.A.I ve· Gregoriana Üniversitesi


(Roma) Öğretim Üyeleri ile Kapüsen Rahiplerin Katılımıyla Düzenlenmiştir
258

L'EGUSE CATHOUQUE
ET
LES « AUTRES »
APRES VATICAN II
Prof.Dr. Maurice BORRMANS

Introduction
L~s rexres ·de la Bible, Ancien. et Nouveau Tesramenrs reunis, permeı:tent aux
chretiens, depuis longı:emps, de se faire une idee essenrielle de l'-histoire du salut,
aurour de la personne cenı:rale de Jesus-Christ done les paroles et les actions leur
revelem l'universaliı:e du message.et de la mission : Dieu veut que tous ~es hommes
soient sauves et accedent ala connaissance de son mystere de bonte et d'amour. C esr
ceı:ı:e visian positive de l'hisı:oire humaine qu'onr developpee les Peres de l'Eglise
p rimitive et les grands penseurs du Moyen Age; ainsi que les ı:heologiens des ı:emps
modernes, a travers les vicissiı:udes d'une histoii:e au cours de laquelle exclusivisme
eı: inclusivisme se sont alternes par suiı:e d'evenemenrs culı:urels et politiques con-
tradicı:oires. · · ·
Il esr cerı:ain que l'etude des rextes du Concile Yarican II revele a rous que
l'Eglise catholiqi.ıe y a fait preuve d'une relecture courageuse dans sa maniere d'en-
visager la place des « autres » dans l'hisı:oire du salut. D'une part, son souci
?cumenique l'a ameoee a renouveler son rapporı: avec les « autres » Eglises et com-
munautes chretiennes en vue d'une « reconstruction de l'unite ·, telle que Jesus- .
Chrisı: l'avait desiree pour ı:ous les si~ns (cf. specialemenr le Decreı: sur
Pcumenisme, U nitaris redintegratio), er, d'autre part, le regard qu'elle porte sur les
juifs et « autres , non chretiens a voulu se faire plus positif et coıiıprehensif, comme
l'onr dernontre les conferences precedenres .
Qu'en esr-il done de son attitude globale depuis que le Concile Vatican II s'esı:
prononce sur son souci des « autres » dans les rextes essentiels que sont la
Consı:i ı:uı:ion dogmatique sur l'Eglise (Lumen Genrium), la Constitution pastarale
sur l'Eglise dans le monde de ce ı:emps (Gaudium et spes), le Decret sur .l'acrivite
missionnaire de l'Eglise (Ad Genres), la Declaration sur la l iberı:e religieuse
(Dign"itatis humanae) et la Declararion sur les relations de l'Eglise avec les religions
non chreı:iennes (N~stra aetate)? S'agissant ici d'un premier et rapide bilan·de ce qui
a ete vecu et ecrit au COUtS des quarante dernieres annees, il CQnvİent de s'interroger .
d'abord sur " !'esprit de dialogue , gui a anime les activites de ses reşponsables, tel
qu'il a ete manifeste par leurs dires et leurs faits, pour tenter ensuite d'envisager les
multiples manifestations qe la reflexion theologique a ce sujet, tour en ins_istant plus
L'Eglise Carholique er !es "aurres;, apres Yarican II. 259
parriculieremenc sur la relacion encre chreriens et musulmans qui faic l'objer de nos
€changes amicaux en ces journees d'ecude ec de medicacion . . ·

I
Les catholiques et~ !'esprit de <;lialogue »
Les iniciarives n'onc pas manque au cours des quarre dernieres decennies, qu'il
s'agisse des papes, des dicasreres romains, des episcopats nationaux ou des associa-
tions chreriennes evangeliquemenc enga~ees dans la rencanere des « aurres >>.
L 1 Ce que les papes ont fiı.it, ont dit ciu ont ckrit "'
. Paul VI, Jean Paul II et Beno1c XVI, a Rome meme ou ils one reÇu tane de
ı:epresencancs des religieıns non chreciennes ec au cours de leurs voyages aposroliques
aux quarre coins du monde, n'onc pas manque d'uciliser ec de devetopper le concenu
de la Declaracion N os cra aecare desocmais consideree eomme eranc la « charte du dia-
· Iogue ,,, .
Paul VI , dans son Encyclique Eeclesiarn Suam (6 aofıt 1964), ou il refleehir sur
les rapporrs de l'Eglise avec !es « aurres >>, apres avoir evoque un premier eercle done
'' l'aire eouvre l'humanice », envisage un deuxie~ cercle, eelui des « hommes qui
adorenc le Dieu unique ec souverain >> : « Nous faisons allusion ·aux fıls, dignes de
norie affeecueux respecc, du peuple juif, fidetes a la religion appelee par nous''çelle
de l'Ancien Testament, puis aux adorareurs de Dieu- selon la canception de la reli-
gion monotheiste musulmane en parcicu lier - qui meritenc adıniration pour ce gu'il
y a de vrai er de bon dans leur culce de Dieu, et puis encore les fıdeles des grandes
religions asiaciques [ ... ). Nous ne voulons pas refuser de reconna1tre avec respect !es
valeurs spiricuelles er morates des differentes confessions religi.euses non chreciennes
. . ; nous voulons avee elles promouvoir et defendre les ideaux que nous pouvons avoir
en eommun dans le domaine de la liberte.religieuse, de la fraternite humaine, de la
saine culcure, de la bienfaisanee soeiale et de l'ordre eivil. Au sujet de ces ideaux
communs, un dialogue de norre part esc possible » (ES ııı.:ıı2) . .
Dans une autre Encyclique, intitulee Popularum Progressio (26 mars 1967), il
precise qu' « entre les civilisacions comme encre !es personnes, un dialogue sineere
esc en effer creaceur de frarernire [ ... ]. Un dialogu.e cencre sur l'homme, er non su~
!es denrees ou les cechniques, s'ouvrira alors. Il sera feeond s'il apporre aux peuples
qui en benefıcienr les moyens de s'elever ec de se spirirualiser >> (PP 73 ec 82).
Enfın, dans son Exhorrarion aposroÜque Evangelii Nu~riandi (8 decembre
1975), il ·affırme que « la premiere (annonce) s'adresse aussi a d'immenses porcions
d'humanice qui pratiquenc des religions non chretiennes que l'Eglise respeere er
estime, car elles sont rexpressioiı vivanre de l'arne de vasres groupes hı.imains. Elles
porcent en elles l'edıo 'd e millenaires de eecherche de Dieu, recherche incomplete
mais realisee somrent avec sineeri ce ec droicure de c?ur. Elles possedent un parri-
moine impressionnanc de rexres profandement religieux. Elles one appris a des
generations de personnes a prier. Elles şonc roı1tes parsemees d'innombrables
'semences du Verbe' er peuvenc constituer une aucheni:ique 'prepar~tion
evangelique', pour reprendre un mor heureux du Concile Vatican II emprunte a
Eusebe de Cesaree ,, . ·
A C$ rexres du magiscere offıciel de Paul VI, il convienr d'ajouter ceux de son
magistere ordinaire, dans lesquels il a su preciser certains aspects des doeuments
conciliaires. « L'Eglise, av!lir-il die, aux Peres du Concile, le 29 sepcembre 1963,
/

260 Prof.Dr. Maurice BORRMANS


porte son regard au-dela de sa sphere propre vers les autres religions qui gardene le
sens et la nocion du Dieu unique, supreme et transcendant, Createur et Providence.
Ces religions rendene a Dieu un culre par des acres de piere.'sincere qui, ainsi qu~
leurs convicrions, sone a la base de leur vie morale et sociale », et plus tard-, -a.
Bombay, en Inde, il devait affırmer que « nous ne devons· pas nous rencanerer
comme de simples tourisres, mais comme ·des pelecins qui vonc chercher Dieu, non
dans des edifıces de pierre, mais dans le c?ur des hommes » (3 decembre 1964). Plus
precisemenc, a Berhleem, le 6 janvier 1964, il avait splkifıe : « Ce salur deferenc,
Nous l'aqressons d'une maniere particuliere aquiconque professe le monotheisme et
avec nous rend un culte religieux a l'unique et vrai Dieu, le Dieu vivanc et supreme,
le Dieu d'Abraham, le Tres.:Hauc », signifıanc par la que les musulmans, objeccive-
menc, adorenc· « avec nous » le meme Dieu. Qui plus esr, commentant a Rqme, a
l'audience generale du 9 decembre 1964, ses impressions de voyage en Inde, il
n'hesice pas a dire, apres avoir.souligne. la cacholicire de l'Eglise, que eelle-ci consid-
ere les , Gencils avec respecc, puisque « Sainc Auguscin, qui ecait pourtant severe
lorsqu'il affırmait le rapport necessaire encre l'Eglise ec le salur, ecrivait : 'On ne
do ic pas doucer de ce que les Gencils eux aussi aienc leurs propheces' [ ... , couces
choses qui imposent] au dialogue aposcolique beaucoup de mesure, de sagesse ec de
patience ''· Et il ajouce encore, un peu plus tard, qu'il ya differentes manieres d'ap-
partenir a l'Eglise ,, en realire ou virruellemenr, in voco, par le desir (comme les
carechumenes), ou aussi par une orienrarion bonnere de la vie, manquanc peur-erre
de couce connaissance explicice du Christianisme, mais ouverce par sa reccicude
morale a l'action mysterieuse de la misericorde de Dieu, laquelle peuc associer egale-
rnem a l'humanice sauvee par le Christ, et done a l'Eglise, les immenses multitudes
d'hommes ». ·
Jean Paul II n'a fait que conrinuer cette meme approche des religions non chre-
ciennes. Dans son Encyclique Redempror Hominis (4 mars 1979), il invite « aappli- .
quer les reflexions precedences (relarives a l'oecumenisme) a l'activite qui tend au
rapprochemenc avec les ı:epresencancs des religions non chreriennes ec qui s'exprime
par le dialogue, les concaccs, la priere en commun, la recherche des eresors de la spir-
itualice humaine, car ceux-ci,. nous le savons bien, ne font pas defaut aux membres
de ces religions » (RH 6).
Et le pape d'ajourer, dans son Exhortation aposrolique Chriscifideles Laici (30
decembre 1988), que « le dialogue encre les religions esr de rouce premiere impor-
rance parce qu'il COnduit a l'amour et au respeCt reciproques ;'il efface OU, tOUt au
moins, attenue les prejuges encre les adeptes des diverses religions et promeut l'u-
nite er l'amirie encre les peuples » (CL 35).
Mais c'est avec son Encyclique Redemptotis Missio (7 decembre 1990) qu'il
devait donner roure sa pensee sur le dialogu!! interreligieux, prenant acre que, sou-
venc, c'est la une premiere forme d'evangel·isarion : « Enrendu comme merhode er
comme moyen en vue d'une connaissance et d'un enrichissemenc reciproques, il ne
s'oppose pasala -mission ad gences, au conrraire il lui esr specialemenc lie ec en esc
une expressian [ .. . ]. (Dieu) ne riıanque pas' non pl~s de manifescer sa presence de
beaucoup de manieres, non seulement aux individus mais encore aux peuples, par
leurs richesses spiricuelles done les religions sonc une expressian principale ec essen-
cielle, bien qu'elles comporcem 'des lacunes, des insuffısances ec des erreurs'. Le
Concile et les enseignements ulterieurs du magistere one amplemenc souligne cela».
Dans la meme Encyclique, toujours aussi convaincu que Jesus-Christ esc la «
L'Eglise Catholique et les "autres" apres Yarican II. 261
bonne nouvelle » du salut offerte a t(?US Jes humains et que c'esra le faire connaitre
et .aimer que s'emploie humblemei:ıt l'Eglise en harmonie avec !es interventions de
l'Esprit Sainc dans les consciences, Jean Paul II precise encore : « Le dialogue n'esr
pas la consequence d'une srraregie ou d'un inceret, mais c'esr une activire qui a ses
morivarions, ses exigences et sa dignire propres : il esr demande par le profand
respecr qu'on doir envers cour. ce que l'Esprir, qui 'sôuffle qu il veur', a opere en
l'homme: Gcice au dialogue, l'Eglise encend decouvrir les 'semences du Verbe', les
'rayons de la verice qu! illumine les hommes', semences er rayo_ns qui se crouvent
dans !es personnes ec les cradirions religieuses de l'humanice. Le dialogue esr fonde
sur l'esperance et la charite, et il portera des fruits dans !'Esprit. Les aurres religions
CO!lstiruent un defı positif pour l'Eglise d'aujourd'hui : en effet, elles l'incicenr a
decouvrir ec a reconnai'tre les signes de la presence du Christ ec de l'accibn de
!'Esprit, er aussi · a approfondir son identire ec a cemoigner de l'incegrice de la
Revelation done elle esc deposiraice pour le bien d~ tous. On voic par la quel esprit
doic animer ce dialogue [. .. ). L'incerlocuceur doit ecre-.qıhe~~nt avec ses tradirions
ec ses conviccions religieuses ec ouvert a celles de l'aurre ·pou.i:"les-,ç_omprendre, sans
<;lissimulacion ni fermecure, mais dans la veri re, l'humilire, la loyauı:e., ,en sachane
bien que le dialogue peur erre une source d'enrichissement pour chacun"~'·· Il· ne doir
y avoir ni capitularion, ni irenisme, mais remoignage reciproque çn vue d'un 'pro-
gres des uns er des ·aurres sur le cherrı"in d(! la eecherche et de l'expe'rience ı:eligieuses
ec aussi en vue de surmanter les prejuges, l'inrolerance er les malenrendus. Le dia-
logue tend a la purifıcacion et a la canversion interieure qui, si elles se font da11s la
docilice a !'Esprit, serone spiriruellemenr fruccueuses » (RM 55-57).
Le Carechisme de l'Eglise Carholique, approuve par Jean Paul II, le 25 juin 1992,
s'appuie sur cous les rexres conciliaires pour affıemer que « le lien de l'Eglise avec les
religions non chreriennes esr d'abord celui de l'origine ec de la fın communes du
ge~re humain », car << de mulciples manieres, dans leur hisroire, ec jusqu'a aujour-
d'hui, les hommes one donne expressian a leur quere de Dieu par leürs·croyances ec
''teurs comporcemencs religieux (prieres, sacrifıces, culces, medicarions, ere.). Malgee
les·-.~mbigui'ces qu'elles peuvenc comporter, ces formes d'expression sonr si uni-
verselle_s que !'on peut appeler l'homme un ecre religieux ».Et c'esc doneala lumiere
des rexres conciliaires qu'il convienc de bien interpreter l'expression « hors de
l'Eglise, pas de saluc » : eelle-ci esr le « sacremenc universel » du salut donne en·
Jesus-Christ, lequel rejoinr chaque ecre humain par des voies qui lui sont propres.
Et l'Encyclique Veriraris Splendor (6 amir 1003) rappelle que, <<dans ce temoignage
rendu au caraccere absolu du bien moral, les chreciens ne sonr pas seuls : ils se crou-
venc confırmes par le sens·moral des peuples ec par les grandes traditions religi~uses
et sapienriales de l'Occidenc et de l'Orierit, non sans une action incerieure et mys-
terieuse de !'Esprit de Dieu » (VS 94).
Tour ceci explique pourquoi Jean Paul II exprima le desir que rous soienr invices
a s'associer a l'annee jubilaire au seuil de !'an 2000 (a Rome, le 28 occobre 1999),
comme il le disait dans sa Lertre aposcolique Terrio Millennio Advience, reconnais-
sanr que les synodes conrinenraux avaienr a se preoccuper de ce souci majeur : « La
vigile de !'an 2000 sera une circonscance favorable pour le dialogue incerreligieux
[ ... ). Pour ce la, on ecudiera la possibilire de prevoir des rendez-vous hisroriques a
Berhleem, a Jerusalem er sur le Monr Sina"i, lieux de haure valeur symbolique, afın
d'inrensifıer le dialogue avec les juifs et les fidetes de l'Islam », er c'esc bien ce qui
s'est produit ranr en Egypre (fevrier 2000) qu'en Terre Saince (mars 2000) et a
Damas (mai 2001), au cours des deux annees suivances.
262 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
Que peur-on recueillir de son magiscere ordinaire, qui rassemble plus de 300
documencs, ec de ses nombreuses visites; surtour en pays musulmans, quanc au dia-
logue islamo-chrecien ? Les chreciens se doivenc de respeccer· leurs concitayens
musulmans· pattour ou ils one a vivre ·avec eu.x, car i ls « se declarenc 'obeissantS
envers Dieu', 'soumis a Dieu', ec meme 'serviteurs de Dieu', selon leurs propres
paroles » (Ankara, 29 novembre 1979), drou << l'efforc sineere de comprehension ec
la recherche.commune de solucions dans un reel desir de conciliacion avec l'aide du
Dieu Unique auquel ·cous nous croyons »(Paris, 31 mai 1980), car << nous pouvons
nous appeler au sens vrai des mocs : 'freres ec s?urs dans la fo i' au seul Dieu·ec nous
sommes reconnaissancs pour cecc_e foi » {Kaduna, 14 fevrier 1982). En consequence,
'' comme nous sommes des croyancs en Dieu - qui esc Bence ec Perfeccion - couces
nos accivices doivenc reflecer la nacure sainte ec droice de Celui que nous adorons ec
~ qui no us cherchons a obeir » (Ro~ e, a la World Islamic Call Sociecy, 15 janvier
1990). ,Touces cheses qui invitenc chreciens ec musulmans a s'incerrogec sur le mys-
cere meme de Dieu, auceur de la creacion ec malere des propheces. Qu'en esc-il alors
des livres sacres ? Si Jean Paul Ilcice conscammenc les cexces bibliques, il n'oublie
pas parfois de recourir au Coran lui-meme, demonuane ainsi. a son incerlocuceur
qu'il s'esc infoerne de « sa cradieian scripturaice ». La valeur de l'homme cienc aussi
au faic que, « pour le Corcin, l.ivre sacre des musulmans, 'Dieu lui a insuffle son esprit
et l'a doce de l'ou'ie, de la vue ec du c?ur', c'es.c-a-dire d'incelligence (squrace 32, 9)
» (Ankara, 29 novembre 1979). Au.x parcicipancs d'un symposium romain islamo-
chrecien sur la « saincece », il n'hesice pas a rappeler que '' couce vraie saincece vienc
de Dieu, qui esc appele 'le Sainc' dans les livres sacres des juifs, des chreciens ec des
musulmans. Vocre sainc Coran appelle D ieu al-QuddQ.s (sourace 59, 23) [ ... }. La
foule innombrable de gens de bien a. cravers le monde, chreciens, musulmans et
aurres qui vivenc.sans bruir des vies d'obeissance auchencique, de louange ec d'accion
de.graces envers Dieu, ec de service desinceresse de leur prochain, offrenc a !'human-
ice une alternacive auchencique, la 'voie de Dieu'; pour. un monde qui aucremenc
serait de.cruit par l'ego'isme, la haineec les conflics » (Rame, 9 mai 1985).
Si « les croyancs so ne eclaires. du soleil de Die u », ils so ne aussi ai des par l'exem-
ple des propheces qu'il leur envoie comme modeles ec comme messagers. Dans son
enseignemenc dialogique, Jean Paul II faic souvenc reference a Abraham, mais en des
formulacions qui insiscenc sur une « parence spiricuelle ». En effet, pour lui,
Jerusalem esc la « pacrie de c?ur de cous les descendancs spiricuels d'Abraham »
(Jtedempcoris Anno). « La foi en Dieu, que peafessene les descendancs spiricuels
d'Abraham, chreciens, musulmans ec juifs » (Ankara, 29 novembre 1979), faic de
cous des ·~ freres ec s?urs dans la foi d'Abraham » (Rame, 5 juin 1.985), tour comme
« les croyancs des crois religions (monocheisces) font reference a Abraham, pacer
omnium credencium (cf. Rm 4, ll), pour lequel ils one, meme d'une façon dif-
ference, une profonde venerarion » (Rome, 30 avril 1991). Le pape sait aussi parler
de Jesus au.x milliers de jeunes musulmans de Casabianca ec reconnalcre, a cecce occa-
sion, que « la loyauce exige aussi que nous reconnaissions ec respeccions nos dif-
ferences. La plus fondamencale esc evi:demmenc le regard que nous po~cons sur la
personne ec l'oeuvre de Jesus de Nazarech. Vous savez que, pour les chreciens, ce
Jesus les faic encrer dans une connaissance incime du myscere de Dieu ec dal}s une
communion fıliale a ses dons, si bien qu'ils · le reconnaissenc ec le proclamenc
Seigneur ec Sauveur. Ce sonc la des differences importances que now pouvons
accepcer avec humilice ec respecc, dans la colerance mucıielle ; il y a la un myscere
sur lequel Dieu nous ecla-irera un jour, j'en suis cercain » (19 aouc 1985). On sait
L'Eglise Cacholique ec les "aucres" apres Vacican II. 263 ·
qu'a Damas, Jean Paul II a su parler de Marie er de Jean Baprisre, rour eiı rappelanr
a .rous que " mosquees er eglises s·onr des oasis de paix, desilence er de priere ». Er
. c'esr bien pourquoi il insisre parrour sur l'imporrance de cerre derniere. C'esr « a
· partir des realires de la crearion que se vir la priere ''• dir-il encore, er c'esr en. vue
de « la fraternire ~t de la paix universelle » que la priere des religions doir s'adress-
er au seul Createur gui « exauce » les dernandes des c?·urs sinceres. Comment ne pas
evoquer !ci l'inruition gu'il a eue du rassemblemenc a Assise, le 27 octobre ı 986,
des represenranrs des diverses religions mondiales en vue de prier, chacun selon sa
rradidon propre, mais « ensemble » er « . pour la paix »,en y joignanr un « jeline »
symbolique er un « pelerinage » significarif en un « haut lieu » de la reconciliarion,
la. ci re de Sainr François, il poverello ? «Le rassemblemenr de ram de chefs religieux
pour prier, y souligna:ic-il, esr en lui-meme une invitation faite aujourd'hui au
monde a prendre consçience gu'il exisre une aucre dimension de la paix er une aurre
maniere de la promouvoir [ ... }. Elles resulcent de la priere qui, dans la ·di versite des
religions, exprime une relarion avec une puissance supreme qui s.urpasse nos seules
capacires humaines » . Er plus rard, rendane compre a la Curie romaine de cerre
experience nouvelle (22 decembre ı986), il confessair que << le fair d'~rre reunis a
Assise pour prier, jeliner et cheminer en sitence a ete comme un signe dair de !'u-
nice profonde de ceux gui .cherchenr dans la religion des valeurs spiriruelles er rriın­
scendanres "• er il affırmair que << roure priere authentigue est suscitee par !'Esprit
Sainr gui esr mysrerieusemenr presenr dans le c?ur de tour homme ».
Dans un autre domaine, celui d'une erhique co.ı:nmune a tous les croyanrs, Jean
Paul II s'esr attache a devdopper les suggesrions .de la Dedararion Nostra Aerate en
la mariere. <<La foi en Dieu, a-r-il dir a Ankara, le 29 novembre ı979, esr un fonde-
mem assure de la dignite, de la fraternite er de la liberre des hommes er un .Principe
. . de recrirude pour la conduite morale ec la vie en sociere ». Nombreux sonr les rexres.
de son magisrere qui souligne l'eminenre dignire de la personne humaine, rour
homme eranr, sur terre, un << representanr califal » de Dieü pour les musulmans ou
son « servireur filial » pour les chretiens. C'esr au Sina1, le 26 fevrier 2000, gu'il a
pu rappeler gue les « dix commandemenrs· » donnesa Mo1se constiruenr une « plate-
forme de valeurs communes » pour l'edificarion des ·socieres pluralisces. « Les dix
commandemenrs, y a-r-il dir, ne sont pas imposes par un Seigneur ryrannique. Ils
one ete ecrirs dans la pierre ; mais, avant cela, ils om ere ecrits dans le c?ur de
l'homme comme la loi morale universelle, valable en rour remps et en r.our lieu.
Aujourd'hui comme toujours, les dix 'paroles' de la Loi fournissenr les seules verita-
btes bases pour la vie des personnes, des socieres-ec des nations ».
D'ou les appels constanrs du Sainr-Pere ala solidarite au plan du developpemerit
economique, a l'echange des culrures au plan de !'intelligence er de la· technologie, .
a la defense de la vie, de lafemme et de la famille au plan de la bioethique, ainsi qu'a
une education qui prepare les nouvelles gen~racions a promouvoir ces valeurs
superieures. Qui pli.ıs esr, devane le regain des violences en divers pays comme dans
les Balkans er en Terre Sainre, le Pape n'a pai cesse d'invirer les ancagonisres ·a
resoudre leurs differends par la voie pacifique du dialogue. Ses messages annuels
pour la Journee Mondiale de la Paix du ler janvier n·e cessent d'invicer au respecr des
minorires, quelles qu'elles soienr, a la solidarire universelle sans aucune discrimina-
rion er au pardon reciprogue en vue d'une reconciliarion aurhenrique, que ce soit en
Bosnie-Herzegovine (sa visice er son discours a Sarajevo, le ı 2 avril ı 997 en
temoignenr) ou en Terre Sainre enrre isnieliens et palesriniens. Quant au dialogue
propremenr inrerculrurel, il s'en esr fait l.e promoreur en rous lieux. En fevrier 2000,
)

264 Prof.Dr. Maurice BOR.RMANS


au Grand Sh.a ykh d'al-Azhar, Mohammed Sayed Tancawi, ila pu dire qu' << il exisre
un lien erroir enrre Ies religions, la fo i religieuse er la culrure .», com me c'esr· le ·cas
ranr pour !'islam que pour le chrisriimisme. Il ne faisait que reprendre a-lors ce qu'il
avait affirme en ranr d'aurres occasions, sunout a propos du Liban. Le 7 septembre
1989, il s'adressaiı: aux musulmans libanais en ces rermes ' ..
: « Chers amis de l'i"slam,
vocre priere et vorre action ne peuvenı: manquer au ~ouvemenf de salidarice qui
reclame le salut du Liban ». Plus rard; suire au synocl,e extraordinaire des e'veques
pour le Liban, auquel parriciperenı: rrois represenı:anrs des musulmans libanais, il
pouvait dire a cous, a Beyrourh, en son Exhorration aposrolique, le ll mai ı'997 : <<
Nous voulons dire au monde l'imporrance du Liban, sa mission historique, accom-
plie au long des siecles : pays de nombreuses confessioris religieuses, il a monrre que
ces differenres confessions peuvenr vivre ensemble dans la paix, ia fraternire et la cal-
laboration » .. C'est done une « culture du dialogue » que Jean Paul II a voulu pea-
poser au monde, comme ill'a dir a ses hôtes, chretiens et non chretiens, qui partic-
ipaient a l'Assemblee inı:erreligieuse, sur la Place Sainr Pierre, a Rame, le 28 ocro-
bre 1999, au seuil de l'Annee Sainre: <<]'ai toujours considere que les chefs religieux
jouaienr un rôle viral pour alimenter l'esperance de justice et de paix sans laquelle il
n'y a pas d'avenir digne de l'humanire [ ... ).Le devoir qui nous arrend consisFe done
a promouvoir une culrure du dialogue ». Signalons enfın qu'a la suire des evene-
menrs dramatiques de New York et Washington du ll septembre 2001 ec de ce qui
a suivi en Afghaniscan, en Irak, en Palescine er en Israel, Jean Paul II, a l'occasion
d'une nouvelle Journee d'Assise de priere pour la paix, le 24 janvier 2002, a propose
aux chefs d'Etai ou de gouvernemenı: du monde, qui y ecaienr represenres, un
Decalogue pour la Paix, le 24 fevrier 2002, qui meı:irei:air d'erre ecudie danş le cadre
de cette meme << culture du dialogue ».
1.2 Ce que les dicasteres romains et les episcopars narionaux y onı: ajoute
C'est le Secrecariar romain pour tes no() chretiens qui, lors de sa creaçion en
1964, en lafere de la Penrecôte, fut charge de mertre en ?uvre le dialogue inrerre-
ligieux de par le monde. Apres vingc ans d'ecudes, d'accivires er de publications, il
a voulu fournir aux catholiques des (( reflexions et o~ientations concernant le dia-
logue er la mission »en leur donnanr, le 10 mai 1984, un document sur l'Attirude
de l'Eglise carholiqı.ie devant les croyanrs des aurres religions, afin de clarifier, aupres
de rous, les rapporrs amqigus enrre ces deux formes du remoignage evangelique.
Jea.n Paul II disair a ce propos : ,,. Nul. n'igoore l'imporrance erJa necessire du dia-
logue inrerreligieux pour roures les religions ~t pour rous les croyanrs appeles plus
que jamais a collaborer pour que chaque homme puise atreindre son bur transeen-
dane et reatiser sa croissarice aurhentique ; et il aide les cultures a r~aliser leurs pro-
pres valeurs religieuses et spiricuelles en preseoce des rapides rransformarions
sociales ». Le Document rappelair done aux çhreriens que la « mission » a ses exi-
gences de remoignage vis-a-vis de Jesus-Chrisr er de respect de la liberre des person-
nes humaines. S'agissanr du dialogue avec rouces les religions, il y esr affıerne que
celui-ci esr fonde, pour rous, sur des exigences personnelles et sociales, qu'elles
soieni psycholog_iques ou philosophiques, er, pour les.chreciens, sur la foi en Dieu le
Pere, dans son Verbe qui s'esr uni a chaque homme er dans l'Esprit Saint qui agir
pour l'accomplissemenr du Royaume de D~eu en tous lieux, en y developpanr les
semences du Verbe grace a un dialogue sincere. Er le Documenr de distinguer :
- le dialogue de la vie quocidieiıne ( « sryle d'action qui <;omporte attenrion,
respect et accueil de l'autr~, a qui on laisse l'espace necessaire ason idenrite, ason
L'Eglise Catholique er !es "autres" apres Vatican Il. 265
expressian propre et a ses valeurs ») ;
- le dialogue des ?uvres ( << visant les objectifs de caraccere humanitaire, social,
. economique ec policique qui favorisen~ la liberacion ec le developpemenc de
l'homme ») ;
-le dialogue des specialisces (« pour comparer, approfondir ec emiehir les pacri~
moines religieux des uns ec des aucres , au plan ethique ou theologique) ;
-et le dialogue de I'experience spicituE:lle (de ceux.qui, « enracines dans leucs tra-
ditiol}s religieuses, peuvenr parcager leurs experiences de priere, de concemplacion,
de foi et d'engagemenc, expressions et voies de eecherche de I'Absolu » ).
E.n vue d'harmoniser << les rapports encre dialogue ec .mission », le Documenc a
.v·oulu, en conclusion, ı:.appeler qu'il s'agic toujours d'un << appel ala canversion dans
le respecc des consciences et de l'Esprit vivificaceur avec un desir de progres mucuel
». Les personnes de foi vivanre doivenr savoir que, ce faisant, elles collaborent << avec
rous pqur la realisacion du projec d'amour que Dieu a pour çhaque peuple, en mer-
tant en valeur toures les richesses de la Sagesse infinie er mi.ılciforme de Dieu ». Il
s'agir alors, pour rous, d'affermir la paix universelle ec d'enrrer dans la parience de
Dieu, « Lui done !'Esprit mysrerieux ec silencieux ouvre les c?urs des homrpes ec des
peuples aux voies du dialogue pour surmonrer les differences raciales, sociales et
er
religieuses, pour s'enrichir muruellemenr ».
Plus rard, le meme dicastere, devenu en 1987 le Conseil Ponrifical pour le
Dialogue Inrerreligieux, a propose, le 19 mai 1991, six mois apres la publicacion de
l'Encyclique Redempcoris Missio, un cexre .complemenraire, redige en collaboracion
avec la Cangregation pour l'Evangelisacion des Peuples, qui a pour ci ere Dialogue er
Annonce, en vue de preciser ciavancage << quelques oriencacions concernanr le dia-
logue incerreligieux ec l'annonce de l'Evangile » rout eri·reaffirmanr que « l'hiscoire
de l'accion salvarrice de Dieu s'ecend a couces les nations ». << U ne jusre appreciacion
des aucres tradirions religieuses, y esc-il die, presuppose normalement un concacr
ecroic avec celles-ci. Cela implique, a côre des connaissances cheoriques·, une experi-
ence reelle du dialogue inrerreligieux avec les adeptes de ces memes tradicions.
Cependant, il esı; aussi vrai qu'une evaluacion theologique carreere de ces traditions,
au moins en cermes generaux, demeure un presuppose necessaire pour le dialogue
inı:erreligieux. Ces tradicions doivenc ecre approchees avec grand respec·t a cause des
valeurs spiricuelles et hurnaines qu'elles conriennenr. Elles requierent norr~ consid-
eration car, a travers les siecles, elles one porce temoignage des efforcs "cleployes"pour
trouver des reponses 'aux enigmes cachees de la-condicion hurnaine ec elles ont ete
le lieu d'expression de !'experience religieuse ec des plus profondes aspiracions de
millions de leurs membres : elles concinuenr ale faire ec al'etre aujourcrhui. Vaticao
II. a iodique le chemio" pour arriver a une celle evaluacion [ ... ). Le sal uc en Jesus- ·
Christ esc, par des voies myscerieuses, une realice offerte a couce personne de bonoe
volome [ ... ). Lurneo Genrium fait reference au bien 'seme' non seulemenc 'dans !'e-
sprit ec le c?ur des hommes', mais aussi 'dans les rites et !es coucumes des peuples'
[ ... ). Un disceroemenc esc ici requis, pour lequel des crireres doivenc ecre ecablis,
(car) bien des personnes sioceres, inspirees par l'Esprir de Dieu, one cercainemenc
marque de leur empreince l'elaboracion ec le developpemenr de leurs cradirions
religieuses respeccives ». Le Documenr parle alors de << defi reciproque » er, apres
avoir rappele quels sonc les quarre domaines ou le dialogue esc appele a se develop-
per, il en precise les m.odalices. Ceux et celles qui dialogtient << ne devraienr ecre ni
crop ingenus ni hypercritiques, mais bien plucôc d'espric ouvert ec ~ccueillanr ,; sans
266 . . Prqf.Dr. Maurice BORRMANS
faire, pour auranr·, ,; absrracrion de leurs convicrions relig.ieuses respeccives ». Ec le
Qgçumenc de rappeler que « rour e.n gardanc imaere leur idenrire, !es chretiens
doivenr erre prers a apprendre er a recevoir des aurres, er a crayers eux; !es valeurs
posirives de leurs rradirions. Par le d.ialogue. i ls peuvenr erre conduits a vaincre des-
prejuges inveteres, a rev.iser des idees preconçues et meme parfois a accepter que la
comprehension de le.ur foi soit purifiee». ·
· En occobre 1996, la Commission Theologique Inrer.n ationale qui regroupe nain-
bre d'expercs cacholiques a presence uıı. tapport de syhchese qui a ete approıhre par
son Pres!denc, le Cardinal Rarzinger, devenu depuis peu le pape Beno1c XVI.
Incicule Le christian.isme et les religions, il s'inrerroge sur la valeur salvif'ique des
religions, rappelle les presupposes cheologiques fondamencaux pour une coherence
chretienne a ce sujet er emer done des reserves just:ifiees vis-a-vis çie la (( cheolbgie
pluralisce des religions ».Il en sera parle plus en decail.dans la seconde parcie de eec
expose. Alors prefec de la Cangregation pour la Doccrine de la Foi, le meme Cardinal
Raczinger, approuve par Jean Paul II, a presence, le 6 aoGt de l'an 2000, la
Declaracion Dominus Jesus « sur l'unicice ec !' universalice salvifique de Jesus-Ghrisc
et de l'Eglise » En effet, comme le reconna1c celle-ci, « de la pracique er de la theor.i-
sa~ion du dialogue emre la foi chı:erienne er les aurres rradicions religieuses, naissenc
de nouvelles questions ; il faur !es affroncer. en parcouranc de nouvelles pisces d'in-
vescigacion, en avançant des proposicions er en suggerant çies compoi:cemencs; qui
doivenc erre soumis a un discernemenc attenrif ». C'esc pourquoi, apres avoir medice
ce qu'esc « la revelation de Jesus-Chrisc complete et definitive ,, ec. s'ecre incerroge
sur le rôle du « Logos incarne ec (du) $aint-Esprit dans l'?uvre du salur >> et done sur
1' « ı.inicice ec (1 ') universalite du myscere salvifique de] esus-Chrisc ,, , la Declaracion
encend bien y sicuer la place sp~cifique de l'Eglise: son « unicite ecunice >>,son rap-
port a ce qui esc « Royai.ıme de Dieu ec Royaume du Chrisc >> et sa relari.on avec «
!es religions face au salut >> done il sera egalement parle plus loin. L'intencion du
documeot esc des plus claires: il s'agit de (( remedier a une inencalice relativisce tou-
jours plus repandue >>, puisque «sur la base de presupposes adapres sans uniformire,
comme des affirmacions par cerrains, comme des hypotheses pour d'aucres, des
proposicions rheologiques sonc elaborees qui fonr perdre leur caractere de ·verir€
absolue er d'universalite salvifique ala revelation chretienne et au myscere de Jesus-
Chrisr er de l'Eglise, ou y jetcent au moins une arnbre de doure et d'incercirude >>
(DI. 4). L'essenriel de ces deux documenrs imporcants sera repri,s dans la reflexion
cheologique qui va suivre.
A eec ensemble de rexres officiels publies par !es dicasceres qu! dep~ndenr du
Sainc-Siege · ec en parfaice harmoni e avec eux, il conviendrait d'ajouter !es nom-
breuses declarations des conferences episcopales conı:inenı:ales ou nationales, sans
parler de celles de certai·ns eveques qui one cru necessaire de s'exprimer sur les rap-
ports d'escime ec de collaborarion a devetopper entre chreriens er musulmans. C'est
ainsi que les .Pacriarches carholiques du Proche-Orienc oor cru bon de s'adresser a
leurs fideles chreciens ec a leurs conc.icoyens musulmans dans leur commune Leeere
pastarale du 19 avril 1992, y disant enrre aucres : « L'Orient esc la cerre du dialogue
enrre Dieu et l'homme [ ... ). Au moment ou christianisme et islam recherchenc
ensemble, dans le monde d.'aujourd'hui, une forme de communicacion, de dialogue
ec de renconcre, il convienc de faire appel a !'experience de nos Eglises [ ... ). D.i~u a
voulu, dans son insondable sagesse, que nous soyons ensemble (chreciens, musul-.
mans et juifs) dans cecce region du monde. Nous accueillons cette volonte avec une
large ouvercure d'espric [ ...']. On sait que le dialogue islamo-chrecien s'esc incarne
L'Eglise Catholique er les "aurres" apres Yarican II. 267
dans nos pays er a cravers l'hisroire a des niveaux cres divers [ ... ]. Musulmans er
chreciens ne limir~nt pas la iiberre les uns des aui:res. Ils sonc appeles ensemble a un
.niveau plus profand de la liberte. La rencanere avec l'aurre se fait dans la trans-
pacence de !'Esprit er a l'abri des dassificarions rapides. Nous sommes appeles
ensemble a changer le processus negacif qui a pu commander nos. relacions recipro-
ques er le transformeren processus d'accepcacion de la vie en commun dans la diver-
site. Il ne suffıt pas d'ecre les uns a côte des aucres, mais les uns avec les aucres pour
le bi en de l'homme dans n os pays ,, .
S'agissanr de l'Union Europeenne, · le Conseil dts Conferences Episcopales
Europeennes catholiques (CCEE) et son homologue ?cumenique one, depuis
lpngcemps, propose des rexces .de reflexion commune pour le dialogue islamo-chre-
·tien aechelle europeen'ne grace a leur comi·ce conjoint Islam en Europe, er cela a rra-
vers les documencs suivancs : La presence des musulmans en Europe er la formarian
cheologique des collaboraceurs pastoraux (1992), R€ciprocice islamo-chrecienne :
elemenrs de reflexion pour les Eglises (1995), Mariages en~re chreciens ec musul-
mans : directives pascorales pour les c}:ıreriens et les Eglises (1997), De la reciproc-
ice a la reconciliacion : un message des Eglises chreciennes concernanc les relacions
avec l'Islam (1997), Seconde leetre aux: Eglises en Europe : le rôle des Eglises chre-
tiennes dans la sociece pluralisre, vu par les musulmans d'Europe (2001), La forma-
tion des jeunes, chreriens et musulmans, Clans une Europe pluralisre (sans dare)..
Fauc-il ajourer a cela les iniriacives de cerrains episcopars nacionaux ? En Iralie,
bien-des documents Ont donne matiere a reflexion dialogique er rheologique. Il y a
d'abord ei.ı la leeere du Cardinal Martini au peuple de Milan, Noi e l'Islam (1991),
puis celle de l'episcopat de Venerie Crisciani e musulmani in dialogo : sussidio pas-
tarale (1992), suivie de la publicacion, par le diocese de Brescia, du livret I matri-
mÖni cra cacrolici e musulmani : istruzioni (199·5), avant que ne paraissenc l'inrer-
venrion du Cardinal Biffi, la cirdı. di san Pecronio nel terzo millennio : nota pas-
tarale (2000) er la nore de l'episcopat d'Emilie-Romagne Islam e cristianesimo
(2000). C'esc enfin la conference episcopale de Sicile qui propose, en 2004, son Per.
un discernimen.ro erisriana sull'islam : sussidio pascorale. A côce des orienracions
pascorales qui prevalenr en ces documenrs, il s'y crouve aussi couce une approche
theologique du (( regard chretien)) sur !'experience religieuse des musulmans, en' soı:ı
expressian personaelle ec communaucaire. En France, rexres er declararions n'onr pas
manque d'eclairer rouce cerre problemarique. Mgr Raffin de Merz a rraire, <dans une
longue Lerere pasrorale, du sujet Visages de !'islam er regard chrerien (3 janvier
1993), avanr que la Conference des Eveques de F'rance, reunie aleurdes en 1997, ne
propose aux cacholiques français uo t:res riche docuinenc inricule Carholiques er
Musulmans : un chemin de rencanere et de dialogue, apres y avoir encendu Mgr
Fitzgerald du Conseil Poncifical pour le Dialogue Inrerreligieux crairer du rheme
Chreriens et musulmansen Eui:ope: perspecrives du dialogue. On sait que la meme
Conferenc('! a publie, ensuire, par les soins du Secrerariat pour les Relacions avec
!'Islam, un ensemble de Fiches pastorales : Cacholiques er Musulmans (1999). Fauc-
il ajoucer que les Procesranrs de France en one faic auranr, publianc .Elemenrs de
reflexion proposes aux m·embres de la Federation Proresrance de France concernanr
!es << Enjeux du dialogue avec les Juifs er les Musulmans » (1996), que sont venus
illustrer des depliancs explicatifs au niveau pasroral. Une enquete analogue concer-
nanr les autres pays d'Europe, d'Afrique ou d'Asie revelerait que rout un travail d'ex-
plicitation a ete accompli par les Eglises locales, ala suite des recommandacions du
Concile Varican II. C'escapartir de l'ensemble de ces rexres que !'on peut tenter un
J

268 Prof.Dr..Maurice BORRMANS


premier discernement theologique de !'experience religieuse musulmanedu poinr <:le
vue cacholique.
n
Quelques perspectives de discemement th~ologique
Comme le conscaçaic le Pere Joseph Gelot au debuc de son areicle magiseral Vers
une cheologie chretienne des religions non chreciennes, publie en 1976 dans la rev.ue
Islamochristiana de l'Inscicut Ponrifical d'Erudes Arabes ec Islamiques (pp. 1-57), «
l'enseignement de Vacican II doit etre evidemmenc compris selon la logique propre
ala doccrine chretienne. Affirmanı: la passibilite pour les non chreciens d'acceder au
sal ur, le Co nci le se refere au salu.r q·~i ne peur serealiser independammenc de la gdice·
de Dieu (auco-communicarion graruire de Dieu lui-meme), independammenr de
Jesus-Chrisr, independammenc de l'Eglise, independammenr de la foi. Cela signifie,
pour le ~oncile et pour la rheologie chrerienne, que le c?ur sineere des non chretiens
qui accedenr au sal uc ·en accompliss'anc la volonte de Die u que leur conscience leur
revele er leur dicce esc, par une foi reçue graruiremenr de Dieu, mis en concact avec
Jesus-Christ, l'unique Sauveur, er avec l'Eglise deposiniice des moyens qui acru-
alisenc sa presence dans le monde. Le v.rai probleme de la rheologie chretienne n'est
pas le faic ainsi affırme, puisqu'il consrirue une donnee de la revelation, mais le com-
ment de sa realisacion. Ce sonr les modalices du saluc des non chreriens qui, tres tôt,
one fair l'objer des eecherehes des rheologiens "·
Les livres desormais dassiques de L. Caperan, Le probleme du saluc des infidetes
(1912, revu 1934) et L'appel des non chreriens au saluc (1962) confirmenc cerre doc-
rrine commune que Varican· II a exprimee de nouveau: « A ceux-la meme qui, sans
faure de leur part, ne sonr pas encore parvenus a une connaissance expresse de Dieu,
mais cravaillenc, non sans la grace (Lumen Genrium 16) divine, a avoir une vie
droire, la divine Providence ne refuse pas les secours necessaires a leur saluc ». Objer
de l'amour infini er ereenel du Dieu vivant, tour erre humain peur ainsi avoir acces
au salur eel que l'envisage.la fo i chretienne. C'sr ainsi qu'a l'epoque de Pie Xll, le
cas fameux du Pere Leonard Feen'ey, jesuire de Bostan (USA), a fourni l'occasion de
repecer la condamnation de l'interpretation seriere et exclusive ·de l'axiome (( en
deh.ors de l'Eglise, pasdesalur ».
Mais qu'en esc-il des tr~dicions religieuses transmises a couc erte humain a rra-
vers. une hiscoire ec une culcure ? Que penser des religions non cpretiennes, dans la
diversite meme de leurs croyances er de leurs rices ? L'ecre humain qui s'y crouve
engage accede-r-il au salut malgr~ elles, ou gdke a elles, au dans leur cadre meme
en y exerçaı1t une discernemenr exisrenriel ? Aucremenc die, ces religions seraienr-
elles des (( voies de salut )) equivalenres a la (( voie chrecienne )) ? C'est ici que la
reflexion theologique se developpe en de nc;>mbreuses directions done cerraines
risquenr de ne pas correspondre a la coherence de la foi chrerienne.
Le conrexce general de la globalisation a rendu culrures er religions plus proches
que jamais les unes des aucres. La necessire du dialogue s'esr imposee dans rous les
domaines des lors que les socieres modernes devenaienç pluralisres. Le pasceur suisse
Jean-Ciaude Basser en a fair l'objer de sa rhese Le dialogue incerreligieux : hisroire
er avenir, publiee a Geneve en 1996, d'ou son hypothese des cinq types de relations
po~sibles enrre les religiı;ıns : la coexisrence, la confronrarion, la conversion, l'incul-
turation er la symbiose. En suite de quoi le pasceur Andre Gounelle, de la faculte
proresranre deMoiıtpellier, propose, dans son areicle Theologies chretiennes des reli-
gions du monde : essai de cypologie, p.ublie dans la revue carholique de Marseille
L'Eglise Catholique er les "aurres" apres Vari can. II. 269
Chemins de dialogue (janvier 1993), la classifıcarion de ces possibles rheologies en
six cendances :
. ı. celle de (( l'exclusivisme », opposant (( religion » terrestre et (( revelation »
chretienne (qui serait celle diı rheologien procescanc Karl Barth) ;
2. celle de la « peeparation evangelique », consideranc les religions com me le
meilleur de l'efforr humain pour rejoindre Dieu (qui serait celle des Danielou, de
Lubac, Von Balthasar, Dournes er Bultman);
3. ~celle ·d'une (( revelation progressive )) o u « generole )) ' correspondant a une
intervencion divine du type des alliances adamique et onoachique, parallele a la ((
revelation speciale )) des alliances abrahamique-mosa'ı'que et christique ;
. · 4. celle du « Chrisr. anonyme »~ qui voit dans les religions des interventions du
Verbe (Logos) d'avanr l'incarnarion (gui serait celle de Rahner, Schlkerce, Küng,
Pannikar ec Cobb);
5. celle du « relarivisme ,, absolu qui considere que couce~ les religions sonc par-
allelement des voies de salut, meme si le chriscianisme y esc reconnu comme la «
religion-modele » (qui serait celle de Hick, Knitter, Troelrsch ec Schwreiczer) ; .
6. ceile du « syncretisme » qui encend faire canverger couces les religions vers un
Absolu indetermine (qui serait la visian de Toynbee).
Er A. Gounelle de preciser aussirôc que seules la seconde, la ereisierne ec la qua-
crieme peuvenc ecre soucenues avec coherence par les chrecierıs. Les rravaux du Pere
Claude Geffre cendraienc a le siruer dans le cadre de la seconde et de la craisierne can-
d is que ceux du Pere Jacques D upuis laissenc a enrendre qu'il escille enrre la seonde,
la ereisierne ec la quatrieme, en son livre fondamenral Jesus-Christ ala rencanere des
religions (1989). Sans douce, faudrait-il incroduire bien des nuances pour apprecier
exacremenc le discernemenc theologique des divers aureurs envisages, d'aurant plus
que leur reflexion part tres souvenr d'une religion dererminee er s'en rrouve plus par-
ciculieremenc marquee.
A suivre le Pere Luis F. Ladaria de l'Universite Gregoriana d~ Rome dans son
erude inriculee Du De vera religione a l'actiori universelle de I'Esprir-Sainr dans la
theologie carholique recence, publiee dans le livre de I'Academie Incernarionale'des
Sciences Religieuses, Le christianisme vis-a-vis des religions (1997), il esr possibl~
de preciser davanrage ces tendances çohererices ·avec la foi chrerienne (pp. 53-75). «
Si une valeur salvifıque esc artribuee aux religion.s, y dir-il, ce n'esc pas au decrimenı:
de l'uniciı:e du Chrisc, mais comme manifescati(!_n d'une piesence de Jesus ec de son
Esprit en elles ». Selon lui, il y aurait « deux principaux courancs de pens'ee ». Le
premier serait celui de Karl Rahner{ d'une << presence de Jesus dans les religions »
qui feraic de leurs adepres des « chreriens anonymes >>. Ec voici ce que cetre c;om- .
prehension catholique des aurres religionş impliquenr : « Mem~ en affirmant que le
chrisrianisme esr la .religion absolue po ur to us les hommes, la quesrion res te ouverre
de savoir quand, pour chaque culrure er pour chaque homme, survienc, concrere-
menr et comme exigence, l'obligacion de le reconna1rre comme eel er de l'embrass-
er. Jusqu'au moment ou l'Evangile penerre reellernem dans la situation hisrorique
d'un homqıe derermine, une religion non chrerienne conrienr des elemenrs de con- .
naissance narurelle de Dieu melang€s au peche originel er a d'aurres depravarions
h~maines, mais aussi des elemenrs surnaturels, par la gdice occroyee par 'le Chrisc a
l'homme. En ce sens cecte religion esr legicime, bien qu'a des degres divers ( ... }.
Cela signifıe que (ces religions) peuvenr avoir un sens posirif dans la providence du
1

270 ·prof.Dr. Maurice BORRMANS


saluc divin. En d'aucres cermes, une religion legicime veuc dire 'une reiigion insti-
rucionnelle', done l'ucilisacion par les hommes en un mornem dereemine pe uc· erre
vue dans l'ensemble comme un moyen posicif de la relacion droice avec Dieu, ec pour
l'obcenrion du saluc, ecanc pour cela calculee positivemenc dans le plan salvifique de -
Dieu' (Rahner) ». Cela implique que chaque homme, de fait, esr deja dans « l'ordre
de la grace » ec " se me uc deja vers le sal uc ·» qui esr coujours « en ] esi.ıs-Chrisc ».
Ec le Pere L. F. Ladacia d'ajoucer : « Puisque le pluralisme religieu.x ne semble pas
disparalcre, le chriscianisme croic que Dieu vaincra la ou son Eglise ne vainc pas
[ ... ]. Avec diverses riuances, cerr.e ligne (de pensee) a ere suivie par beaucoi.ıp de
rheologiens cai:holiques dans les l!-nnees posr-conciliaires ec plus card ''· On peur ·
penser qu'elle rejoinc les craisierne er quacrieme rendances precedemment decrices.
A côce d' elle demeure la seconde, celle de '' l'accomplisseJ')'lent .», qui incegee aussi
la rroisieme. Les religions non chrerieones « sonc l'objecci.varion de ·la quece de
l'homme religieu.x qui aspire alı divin. Elles ciennene leur legitimire originaire.de
l'alliance cosmique avec Noe qui comporce la revelarian de Dieu dans la nacure er
dans la conscience [ ... ]. La religion exprime le desir que J'homme a de Dieu. La
revelation cemoigne que Dieu a repondu a ce desir. Le chriscianisme en tane qu'ac-
compliss~ment de ce que les religions accendene, !es accueille tour en les purifianc ec
les cransformane. Les religiöns sone des 'plerres d'arcence' mais aussi des 'pierres d'a-
choppemenc » parce qu'elles one en elles les ·craces du m~l .ec du p~cn~ '':. For~e esr
done de conscacer que « dans ces positions, · ıa majorire des theologiens carholiques
peur se reconnal'cre », randis que l'on voic mal qu'ils puissent faire leur un couranr
de pensee qui esr n~cicent quane « au caraccere unique er absolu de Jesus er du chris-
rianisme >>, qui affıerne sans nuance « la valeur salvifique des diverses religions »er
qui parle subrilemenc « d'une idenrificacion partielle deJesus avec le LogosNerbe ,,
ec disringue alors encre « l'acrion universelle du Verbe ,, ec « la parcicularice de Jesus
»,ce qui n'esr pas sans romber da.ns un cercain relaciyisme.
C'esc done a la lumiere de rous le.s enseignemencs des papes er des dicasceres
romains, repris par celui des Eglises particulieres ec· par la reflexion de la majorire
des rheologiens carholiques qu'il convienc de prendre acce de cecce diversice des
courancs de pensee quanc a preciser dans quelle mesure re lle oiı relle religion dispose
de cercains elemenrs de saluc et de gdke. U ne pensee commune dair y erre reconnue,
a savoir " que l'oftre ·salvatrice que Dieu fait a cous, y compris au.x non chretiens, esc
en l_ien avec le Chrisc ec a.Jec son Esprit ; que ·racrion universell~ du Logos esc celle
de Jesus ; que !'Esprit agit coujours en reference au Chrisc ''· En bref, en se referanc
surcouc .a u documenc Dialogı:ıe ec annonce, done on recrouve !es affirmarions
cheologiqu~menc elaborees dans le rexce de la Commission Theologique
Incernarionale, on peuc affirmer que « cous les hommes parricipenr au ·meme mys-
rere de. salur en Jesus-Chrisc er par son Esprit. Les chreciens connaissent ce myscere
grace a leur foi ; il parvienc au.x aucres par des voies connues ·de Dieu, grace a l'ac-
cion de l'Esprir. 'Concrecement, c'esc dans la pracique sinc~re de ce qui esc.bon dans
leurs cradicions religieuses er en suivanc les directives de leur conscience, que les
m~mbres des aucres religions repotı.deor posicivemenc a l'appel de Dieu er reçoivenc
le saluc en Jesus:.Chrisc, meme s'ils ne le reconnaissenc·ec ne le canfessene pas comme
leur Sauveur' (DA 29): Les elemencs de grace presents dans les religions sont d'iden-
cificacion plus difficile que les fruits de !'Esprit dans les individus; chreciens ou non.
D'ou la necessice d'un discernement done les criteres rescent a ecablir. Mais les reii-
gions one ere marquees par l'empreinre d'hommes sinceres, 'inspires par !'Esprit de
Dieu' (DA 30). D'aucre part, on ne peut affirmer que couc dans les religions sait fruit
L'Eglise Cacholique ec les "aucres" apres Varican II. 271
de la gdke. L'approche posirive des aurres religions ne signifie done pas fermer les
yeux sur les conrradicrions qu'il peur y avoir enrre elleser la revelation chrerienne >>
(p·. 72). C esc alors la rache specifique de chaque cheologien d'apprecier les verires et
· les erreurs, ainsi que les valeurs eı; contre.:valeurs de la rradition religieuse a laque-
lle se rattaehem ses inrerlocuteurs dans ces dialogues iörerreligieux donr il a beau-
coup ere die quanc'aux finalires, aux riıodalices er aux· inrencionnaiiceş, rouı: en ren-
. aht compre de la grande variet~ des ecoles d'inrerprerarion ec des groupes de spiri-
rualire que chaque religion conna!t aujourd'hui : aucune d'enrre elles n'esr mono-
lirhique .
Que disenr done aujourd'hui les rheologiens carholiques de !'islam au rriple vis-
age, celui de la Loi en sa forme juridique, celui de la Sagesse en sa forme
philosophique er celui ,du Soufisme en sa form e ascerico-mysrique ? ll esr bi en dif-
ficile d'en rout dire en peu de lignes, Cerrainemenr le remps des polemiques er des
apologeriques esr desormais depasse et le rexre de la Declaration Nosrra Aetare (n°
3) ouvre la voie a un discernemenr equilibre que n'onr pas manque d'exercer cerrains
penseıırs catholiques bien informes quanr aux realires ı:heologiques, juridiques er
mysriques que connaissenr er vivenr les musulmans d'aujourd'hui dans la grande
variere des expressions culturelles narionales et des developpemenrs inrellectuels des
ecoles theologiques. Le Pere Georges Chehata Anawari, dominicain egyprien qui a
ram '?uvre, pendant plus de cinquanre .ans, pour le dialogue islamo-chretien et qui
avair donne une conference decisive a Rome a l'Universite de l'Angelicum, sur
L'Islam a l'heure du Concile, en novembre 1963, a pu decrire les '' trois posir.ions
chreriennes » vis-a-vis de !'islam, dans une conference donnee a l'Universire de
Fribourg, en Suisse, le 15 !10vembre 1985, sous le titre L'Islam a la croisee des
chemins : impasse ou espoir ? :
- << D'abord, un couranr minima.liste, surtour preconciliaire, qui ne voir dans
!'Islam que ce qui heurre ks dogmes chreriens. Ce ecuram esr devenu anachronique.
- Puis, un couranr maximaliste qui reconna!r, d'une façon ou d'une aurre, le
. prophetisme de Mahomeı: er le caracrere revele du Coran. Les bases d'une reJle· inrer-
preracion sonr fragiles, ala fois du poinr de vue hisı:orique eı: du point de vue exege-
rique er ı:heologique.
- Enfin la majorire des islamisanrs carholiques preferenr suivre une via media.
Tour en monrranr beaucoup de symparhie pour les musulmanser une grande ouver-
rure pour le dialogue, cerı:e voie marque les divergences radicales qui separenr les
deux religions. Elle precise egalemenr L'objer du_dialogue, ses conditions er ses lim-
iı:es. Les parrisans de cerre rendance ~sriment qu'il esr prerriarure de porter Ün juge-
ment cheologique sur l'Islam (pas de ~cheologie indiscrere'). Il faut le prendre comme
un fait et conrinuer a l'erudier dans sa complexice meme, ala fois religion, commu-
naute, culrure ec civilisatİO!J ».
Il convienr done d'inrerroger chacun de ces << islamisanrs catholiques » pour
essayer d'enrrevoir avec eux dans quelle direcrion pourraic s'orierirer cerre eecherche
rheologique. Louis Massignon (1883-1962), en son Examen du 'Presenr de l'homme
lerrre' par Abdallah Ibn al-Torjoman (191 7), ses Trois pri~res d'Abrah~m (1935),
son article Le signe marial de la revue Ryrhmes du monde (1948) er sa lertreaMme
R. Charles-Barzel, l'auı:eur du livre Ô Vierge puissanre 1958), se hasardea voir dans
I' islam une (( religion naı:urelle ravivee par une revelation propherique )) done le con-
renu ne veuı: guere depasser le conrenu de la foi monotheiste d'Abraham, laquelle
correspondrair parfaicemenr a la « verru morale narurelle de religion », en confor-
1

272 Prof.Dr, Maurice BORRMANS


mire d'ailleurs avec l'auto-presenrarion que l'islam fait souvenr de lui-meme, affır­
mant qu'il esr " la religion de la raison n, <da religion de lafıcra ,, telle que Je Dieu
creareur l'a mise dans le coeur d'l).dam, le premier homme. Cerrains pensenr, a jure
titre, que le conrenu er le langage bibliques du Coran, d'une part, et les experiences--
et les enseignemenrs des mystiques de !'islam, d'aurre part, consricuenr un patri-
moine religieux qui peur aider le musulman dans sa eecherche de la pct!sence tran-
seendance du Dieu creareur et providence qu.i esr aussi, pour les chretiens, le Dieu
de Jesus-Christ, garant d'un salut universel.
Il esr cerrai_n que roure reflexion theologique esr << en eecherche ,, et qu'un sage
discernement de !'experience spirituelle des (( autres )) suppose une mediration
renouvelee chez celui qui s'y livre. Le fait esr que la theologie chrerienne n'a pas fıni
de s' ineerrager sur le « mysrere des nations n, aujourd'hui plus important· que
jamais. Comme le dir le rheologien François Bousquet, de l'Insrirur Carholique de
Paris, en son etude Theologie 'des religions : dossiers sensibles, chemins possibles
(pp. 813-825), publiee dans les hommages offerrs a Mgr Joseph Dare sous le titre ia
responsabilire des rheologiens (Paris, Desclee, 2002), il s'y rrouve << une dizaine de
chanriers que l'on pourrair regrouper en trois ensembles ~>.
-Il s'agic d'abord de « se docer d'un meilleur equipemenc concepı:uel (vaincrı: les
peurs avec une meilleure episremologie, honorer vraiment la guesrioiı de fa verite,
, reprendre autremenr la question de la connaissance naturelle de Dieu et changer cer-
tains paradigmes) n ;
- ensuire de << changer de regard sur soi et sur les aurres (garder en memoire la
necessire d'une canversion permanente a l'Evangile des christianismes historiques er
'penser en Chrisr'. regarder mieux !es differences er parricularires er faire ·eredir a
l'autre du meilleur de ce gu'il dir de lui-meme) ,, ;
- .et enfın de (( penser apartir d'une chrisrologie pascale et trinitaire (renouveler
le rrairemenr de la quesrion de la mediation, reprendre a un niveau fondamenral la
question de l'unicite et penser d'une maniere plus decidee apartir de l'horizen escha-
tologique de l'esperanc::e) >>.
C esr dans ces perspecrives qu'il taur penser les modes de discernement de « !'ex-
perience spirituelle des autres n, er plus parciculieremenr des musulmans. Dieu reve
d'unice, eel esr le titre que Mgr Michael L Fitzgerald don ne ason-dernier livre, lui
qui fur le secretaire du Conseil Ponrifıcal pour le Dialogue Interreligieux de 1986 a
2002 avanr d'en devenir le presidenr de 2002 a 2006. Il y confesse, en conclusion,
que " les fruits de !'Esprit ne sonr pas reserves aux chreriens >> et que ceux-ci sonr
invites a <f' les reconnaltre chez nos compagnons de roure gui appartiennent aux
autres religions >> (p. 206).
Conclusion
Tels sonr les developpemenrs acruels de la pensee carholique quanr ala necessite
et guam aux promesses du dialogue incerreligieux, et plus parriculieremenr islamo-
chrerien. Dans l'esprir meme des .rexres du Concile Yarican II, acrualis-es par l'en-
seignemenr des papes, des dicasreres romains, des episcopats regionaux ou
narionaux, la « culture du dialogue » s'esr developpee en rous domaines, et suctour
dans !es rapporrs renouveles enrre chretiens er ınusulmans. Non plus adversaires,
mais parrenaires, ils sont appeles a remoigner ·ensemble de la grandeur de Dieu
devane les idolatries renaissances d'une modernice qui deraisonne er d'une rechnolo-
gie qui s'absolutise, er aus~i de l'emi~ente dignire de tour etre humain face a tous
L'Eglise Cadıolique ec les "aucres" apres Varic.an II. 273
les roralirarismes, qu'ils soienr economiques ou ideologiques. Les nombreuses ren-
comres islamo7chretiennes, qui se sonr deroulees en rous pays et a rous les niveaux,
disenr assez que musulmans, juifs ei: chretiens, sonr invires a promouvoir les droirs
de l'homme, au nom d'un commun monorheisme personnaliste qui voit, dans les
valeurs de la (( loi naturelle )) des uns er les fınalires de"la (( loi revelee )) (shar!'a) des
autres, un meme souci de la personne (al-nafs), de la· religion (al-din), de la culture
(al-'aql), de la vie a transm~ttre (al-nasab) et de la terre faire fructifıer (al-mal). Les
trois monotheismes et les grandes religions d'Asie om done une responsabilire par-
riculiere en ce debut du rroisieme millenaire: l'evenemenr d'Assise de 1986, celebre
chaque·annee par la Communaute romaine de sanr'Egidio, en esr symboliquement
. l'expression historique et le rappel consrant, voire utopique, mais reel. Du meme
I?aS, les evaluations theqlogiques se ·renouvellent et se precisenr en totale coherence
avec le conrenu de foi tel qu'il s'enracine daris les rextes fondateurs, la Bible pour les
chretiens, et dans la personnede Jesus-Christ et l'histoire de l'Eglise, surtour pour
les catholiques. Il ne s'agit done plus, entre chretiens et musulmans, d'une coexis-
tence pacifique ou d'une tolerance calculatrice, mais bien plurÔt d'une interconnais-
. sance comprehensive qui engendre un respect admiratif et une collaboration amicale
en vue d'assurer a nos societes modernes un supplement d'humanisation et de
presenter a Dieu l'offrande des nations. Pour sa part, le chretien n'env·oie personne
en enfer, mais il entre dans la: parience de Dieu, conscienr que son humble
temoignage peut parciciper a l'acces de tOUS a ce salut jadis << promİS a tOUS les
hommes de bonne volonte » a Berhleem. Avec Sainr Irenee, disciple de l'eveque
Polycarpe de Smyrne, devenu eveque deLyon dans les Gaules, il aime a se redire ·que
<< la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant».
ll VATİKAN KONSİLİ SONRAST
KATOLİK KİLİSESi VE «BİZDEN OLMAY ANl.A.R>~
Prof.Dr: Maurice BORRMANS .

Giriş
Çok uzun süreden bu yana,- Eski ve Yeni Ahir beraber ele alınma~ suretiyle,
Kursal Kitap'ın metinleri Hırisciyanlara, kursal tarih hakkında temel bir fikir edin- .
meye yardımcı oluyorlar. Bu tarih içerisinde Mesih İsa'nı~ kişiliği merkezi konum-
dadır. Kendisi söz ve eylemleri aracılığıyla Hıri sriyanlara misyonunun ve mesajının
evrensel niçeliğini açıklıyor: Tanrı herkesin kurtulmasını ve _O'nun iyilik ve sevgi
dolu gizemini tanımak için Kendisi'ne yaklaŞmaiarını Istiyor -insan tarihine bakış ···
tarzındaki bu olumlu görüş açısı, Kilise Babaları, büyük Orra_çağ düşünüderi ve
modern çağın ilahiyacçiları tarafından geliştiriJdi. Fakat bu gelişim, tarihin zorlu
yaşam tecrübeleri sırasında, çelişkili politik ve kültürel olayların da etkisiyle, dal-
galı bir şekilde birbiri ardından, bazen ötekileri dışarıda bırakan (tekelci) dar görüş,
bazen de örekileri içeriye alan geniş görüş ön planda turularak gerçekleşti.
IL Vacikan Kaosili tarafından yayımlanan metinler üzerinde çalışıldığında,
· · Karalik Kilisesi'nin, o esnada, 'öteki'nin Kursal K;urruluş.Tarihi'ndeki konumunu
ele alma şeklini nasıl cesurca tekrar yorumladığı, herkes tarafından gözlemlenebilir.
Bir yandan ekümenik kaygılar, Karalik Kilisesi'ni, Mesih İsa'n~n kendisine ait olan-
lar için arzu ettiği 'birliği tekrar kurmak' amacıyla, 'öteki' kilise ve Hıristiyan
cemaacleriyle olan ilişkilerini yenilerneye götürdü (bkz. özellikle Ekümenizm üzer-
ine Genelge, Unitatis Redintegratio). Öre yandan, daha önceki su~umlarda da gös-
terildiği gib~, . hıristiyan qlmayan 'öteki', yan.i Yahudilere yönelik bakışlar daha
olumlu ve(çlaha anlayışlı olma niyetindeydiler. .
]1. Varikan Kaosili esnasında yayımlanan; Kilise'nin Düzenine ilişkin Lurneo
Genrium iqıan yasası, Kilise'nin günümüz dünya ile ilişkilei-ini ele alan Gaudium
ec Spes iman yasası, Kilise'nin misyoner faatiyederine ilişkin Ad Gences genelgesi,
Din özgürlüğüne ilişkin Dignitace Humane bildirisi, Hıristiyan olmayan öteki din-
lerle ilişki leri içeren Nostra Aetate bildirisi· gibi metinlerle, 'öteki'·lere yön_e lik
kaygılarını ifade eden Katalik Kilisesi, Konsil sonrası nasıl bir genel davranış tarzı
benimsedi? Son kirk yıl. içerisinde yazılan ve yaşananların, bu ilk ve hızlı bir
bilançosu yapıldığında, öncelikle sorumluların faaljyederini canlandıran «diyalog
ruhU>~nu· sorgulamak ve söyleyip yapmış olduklannın - doğurduğu neticeler üzerine
düşünmek daha doğru qlac~ktır. Daha sonra, bu konu hakkında mevcut ilahiyat
düşüncesinin muhtelif ifade tarzlarını ele alma girişimi gerekli olacaktır. Bu ifade
tarzları arasından, bu düşünme ve araştırfT!a günlerinde, dostça bilgi al ı şverişinin
temel konusu olan, Müslüman" ve Hıristiyan ilişkilerini yer verenler üzerinde duru-
lacakcır.
8. Il. Vatikan Konsili Sonrası Karolik Kilises.i ve "Bizden Olmayanlar 275
I
Katalikler ve «diyalog ruhu»
'Öteki' ile buluşmayı amaçlayan, öncülükleri Papa, Romalı dikasterler, milli
piskoposlU:klar ve İncil'e dayalı eylemleri benimseyen Hıristiyan Dernekler
tarafından yapılan girişimler bu son kırk yılda hiç eksi~ olmadı.
ı. ı. Papalann yaptıklan, söyledilderi veya yazdıklan
VI. Pavlus, II. Jean Paul ve XVI. Benedikt, ne hıristiyan olmayan dinlerin sayısız
temsilcilerini kabul ettikleri Roma'da, qe de dünyanın dört bir yanına yapmış
· oldukları aposrolik ziyaretler esnasında, artık <<Diyalog belgesi» olarak ele alınan
No~tra Aecare Silidirisi'nin içeriğini. kullanmakran ve geliştirmekren kaçınmadılar .
. VI. Pavlus Eeclesiarn Suam (6 ağustos 1964) adlı papalık genelgesinde,
Kilise'nin 'öı:eki'ler ile ilişkisi üzerinde düşünürken, <<tüm insanlığı kapsayan alan»
0larak belirttiği birinci çemberden bahsettikten sonra, «Eşsiz ve Yüce Tanrı'ya
tapan insanları» ise ikinci bir çemberde ele alarak, şöyle devam ediyor: «Biz, Eski
·Ahit'e ait, rabirini kullanarak bahsettiğimiz dine sadakaere bağlı, şefkar dolu
saygımıza layık, yahudi halkından; sonra m6noteisr dinler kavramı çerçevesinde,
Tanrı'ya rapanlardan, Tanrı'ya ibadetlerinin içeriğinde mevcut gerçek ve iyi olana
hayranlıkla ba.kılmayı hakkeden özellikle müslümanlarda.n; ve daha sonra, Africa .ve
Asya kökenli büyük dinlerin ardından gidenlerden bahsediyoruz.[...] Hıristiyan
olmayan dini cemaatleri n sahip oldukları tinsel ve ahlaki değerleri saygılı bir şekilde
ranıma,kran vazgeçmeyi · is~emiyoruz; sivil düzen, sosyal yardımlaşma, sağlı.klı
kültür, insani kardeşlik, dini hürriyet gibi ortak alanla,rda onlarla beraber
paylaşrığımız idealleri korumak ve bunlara beraber öncülük ermek istiyoruz. Biı
ortak idealler konusunda, tarafımızdan diyaloğun mümkün olacağını belirciyoruz»
. (ES 111-112). .
Popularum Progressio (26 mart 1967) adını taşıyan başka bir papalık genel-
gesinde VI. Pavlus şöyle diyor: «İnsanlar arasındaki diyalog gibi, medeniyetler
arasındaki diyalog da kardeşlik ortamının yararıcısıd ı r [ ... ]. O halde, diyalog
üretilen ürünler ve teknik üzerine değil de, insan üzerine odaklanacakrır. Eğe·r diya-
log, ondan yararlan~n toplulukların ruhsal hayarta yükselmesi ve daha üst bir düz-
eye ulaşması için insana araçlar sağlıyorsa, o halde bu diyalog verimli bir diy.alog
olacaktır»· (nn. 73 e 82).
Son olarak Evangelii Nunciandi (8 aralık ı975) adlı papalık belgesinde, VI.
Pavlus şöyle diyor: «ilk (İncil duyurusu), Kilisenin saygı duyduğu ve değer verdiği,
geniş Insan· gruplarının ruhunun canlı ifadesi olan~hırisriyan olmayan dinleri, ·eylem-
leriyle pratiğe döken büyük insan kitlelerine de yöneliktir. Bunlar binlerce yıllık,
Tanrı arayışının yankılarını taşıyorlar. Eksik. arayış olmasına 'ragmen, genellikle
doğru ve samimi kalple gerçekleşen bir arayış. Bunlar hayranlık uyandıracak dere-
cede büyük zenginlikre, oldukça deriri dirıi merinlere sahiptirler. Kuşakran kuşağa
birçok insana dua ermesini öğreniler. Sayısızca serpilmiş "Kelam'ın tohumları"
niteliğinde olan tüm bunlar, Varikan Kaosili'nin Kayseriye'li Eusebius'tan alıncı
. yaparak kullandığı o güzel ifadeyle, "İncil'e hakiki hazırlık" olarak
değerlendirilebi lider. » (n. 5 3)
VI. Pavlus'un bir papa olarak Resmi öğretilerini içeren bu yazılara, konsilin bel-
gelerinin bazı noktalarını daha iyi açıklayan ve resmi olmayan normal öğretilerini
de eklemek gereklidir. «Kilise -29 Eylül 1963 tarihinde Konsil'e karılanlara diyor-
du- gözlerini hıristiyan cemaatin öresine yöneltiyor ve her şeyi yaratan, merhamedi,
1

276 Prof.Or. Maurice BOR.RlvfANS


yüce ve varolan her şeyin doğasının öresinde cek Tanrı kavramını ve düşüncesini
koruyan öteki diniere doğru çeviriyor; Tal)rı'ya ibadeci, samimi ruhsal eylemlerle
yerine getiriyor; sosyal ve ahlaki hayat için gerekli ilkeleri bu örf ve. adederden
alıyorlar». Bir süre sonra Hindistan'ın Bombay kentinde şöyle diyordu: «birbirimi- -
zle turistler gibi değil, Tanrı arayışında olan hacılar gibi; dua için kullanıJim
yapılarda değil, insanların kalplerinde buluşmalıyız>> (3 aralık 1964). Daha kesin bir
şekilde, 6 ocak 1964 yılında, Beytüllahim'de durumu şöyle açıklıyordu: <<Bu saygı
dolu selamlamay ı , özellikle monoteizmi kabul edenlere ve bizlerle beraber tek ve
gerçek Tanrı'ya, yaşayan Tanrı'ya, İbrahim'in Tanrı'sına, Yücelerin Yücesine dini
ibadet edenlere yöneltiyoruz>>. <<Bizlerle beraber>> tab~riyle objektif olarak (nesnel),
aynı Tanrı'ya tapan Müslümanları"kastediyordu. Ve sonra, Roma'da 2 Aralık 1964
yılındaki genel oturumda, Hindistan'a yapmış olduğu ziyarete ilişkin izlenimle.rini
değerlendirirken, Kilise'nin karalik (evrensel) yapısından söz ecti_ k ten sonra,
Kilise'nin Milleriere saygıyla bl!kcığını çekinmeden söyleyerek şöyle devam ediyor-
du: <<Kilise ile Kurtuluş arasındaki gerekli ilişkiden bahsettiği za-manlarda katı
görüşlere yer veren Aziz Agustinus bile şöyle yazıyordu: Milleder'in (putperesderin)
de peygamberlerinin olmasından şüphe duyulmamalıdır "[. ..) tüm bunlar apostolik
diyaloğa büyük denge, bilgelik ve sabır gerektiriyor». Bir süre sonra, <<reel veya
sanal, yemin ile, arzu ile (katekümenler gibi), veya dürüst bir hayat sürerek, Hıris­
tiyanlık inancının açıkça tanınması gereken tüm bilgilere sahip olmayan, ancak
doğru ahlakı sayesinde, geniş bir insan kitlesini, Mesih'in aracılığıyla
kurtulmuşların topluluğuna ortak yani Kilise'ye dahil edebilen Tanrı'nın merhame-
tinin g izemli eylemine açık olma» gibi Kilise'ye bağlı olmanın muhtelif şekillerde
gerçekleştiğini ekliyordu. .
II. Jean Paul de, hıristiyan olmayanlara yönelik yaklaşım tarzını aynı şekilde
devam ermekren başka bir şey yapmadı. Redemptor Hominis (4 mart 1979) adlı
papalık genelgesinde <<(ekümenizme ilişkin önceki düşüncelere arıfta bulunarak)
daha önce söylenenleri hıristiyan olmayan dinlerin. tems..ilcileriyle yakıniaşmayı
amaçlayan faaliyetlerde uygulamaya geçirmeye (davet ediyor). Nitekim bu
faaliyeder diyalog, temaslar, birlikte yapılan dualar, insan tinselliğinin sahip olduğu
hazinelerin arayışları -bi ldiğimiz gibi bu hazineler diniere mensup üyelerde de
eksik değildir- gibi yollarla ifade edilmektedir>> (RH 6).
Ve Papa Chrisrifıdeles Lalci (30 aralık 1988) adlı apostolik bildirisinde şunu
ekliyor: <<Dinlerarası diyal6g öncelikli bir öneme sahip, çünkü karşılıklı saygıya
götüı:üyor, farklı dinlerin mensupları arasında mevcut önyargıları'yok ediyor, ya da
en azından azaltıyor ve toplumlar arasında dostluğa ve birliğe öncülük ediyor>> (CL
35). .
Fakar dinlerarası diyalog hakkındal<i tQm düşüncesini Redemptôris Missio (7
aralık 1990) adlı papalık genelgesinde ifade ediyor ve onun İncil müjdesini duyur-
manın ilk şekli olduğunu kayda geçiriyor: ·«karşılıklı tanışma ve zenginleşme
açısından bir metod ve bir araç olarak algılanan (diyalog) halklara yönelik misyonla
karşıt yönde ilerlemiyor, aksine onunla özel bir bağı vardır; hatta onun bir ifade-
sidir.[... } (Tanrı) kendini değişik şekillerde sadece bireysel olarak kişilere değil, aynı
zamanda halkıara da, tinsel zenginlikleri aracılığıyla gösterir. Nitekim, "eksiklikler,
yetersizlikler ve yanlışlıklar" içermelerjoe rağmen dinler, bu zenginiikierin temel ve
özel ifadesidir. Konsil ve Kilise'nin sonraki Resmi Öğretileri bunların altını
çizmişierdir» (n. 5 5).
Tüm insanlara sunulan kurtuluşun «müjdesi>> Mesih İsa'nın, herkes tarafından
8. II. Vatikan KÔnsili Sonmsı Katolik Kilisesi ve "Bizden Olmayanlar 277
ranınıp sevilmesi ve bunun gerçekleşmesi için Kilise'nin müre~azi bir şekilde ve
Kurs~l Ruh'un vicdanlardaki müdahaleleri ile uyum içinde g~yrer ermesi konuSun-
da ~üphesi olmayan 11. Jean Paul aynı genelgede şöyle devam ediyor: «Diyalog bir
taktik veya bir çıkar neticesinde doğmamışcır: Fakat .sebepleri, gereksinimleri,
haysiyeti kendinde mevcut olan bii: faaliy~ttir: nitekim, istediği yerde esen Kursal
Ruh, insanın iç dünyasında gerçekleştirdiği tüm eylemler· karşısında derin bir saygı
gerektirir. Onunla Kilise "Kelam'ın tohumları"nı , "tüm insanları aydınlatan
gerçeğin ışınları"nı (105) bulmaya çalışıyor: bireylerde ve insanlığın dini gelenek-
lerinde bulunan tohumlar ve ışinlar. Diyalog ümit ve sevgi üzerine kurulur ve
Ruh 'ta meyvelerini verecektir. Öre ki dinler Kilise'ye karşı pozitif yönde bir meydan
okuma olarak algılanabilirler: nicekim onlar bir yandan, Mesih'in varlığının ve
Kuı:sal Ruh'un eylemlerinip işaretlerini ranımaya ve keşfetmeye teşvik ediyor, öte
yandan ise, [Kilise' nin} kendi kimliğinin derinlerine ihmeye ve herkesin iyiliği için
muhafaza ettiği ilahi ifşanın bütünlüğüne tanıklık ediyorlar. Bu noktada hangi
ruhun diyaloğu harekete geçirmesi gerektiği ortaya çıkıyor: ( .•.} Konuşan kendi
dini gelenek ve düşünceleriyle uyum içinde ve aynı zamanda, gizliliğe ve kapalılığa
yer vermeksizin, hakikade, mürevazilikle, dürüsrlülde, diyaloğun her birimizi
zenginleşrirebileceği bilinci içinde hareketle, öteki'ninkini de anlamaya açık olmalı.
Hiçbir şekilde vazgeçici veya içeriksi.z, sahte barışçıl yaklaşımlardan uzak, daha çok
dinsel tecrübe ve arayış yolunda ortaklaşa ilerleme kaydedebilmekle beraber
önyargıların, tolerans eksikliğinin ve yanlış anlaşılmaların aşılması için karşılıklı
tanıklık olmalıdır. Diyaloğun hedefi ruhsal arınma ve rövbedir, eğer diyalog Kursal
Ruh'a uysal bir biçimde izin verilerek gerçekleşirse, ruhsal yönden verimli
olacaktır>> (RM 55-57).
II. Jean Paul tarafından 25 haziran 1992 yılında onayİanan Katelik Kilisesi Din
ve Ahlak İlkeleri kitabı, Konsil'in metinlerinden yola çıkarak şunları yazıyor:
«Kilise'yi Hıristiyan olmayap dinlerle birleştiren bağ, her şeyden önce insan soyu-
nun ortak bir başlangıcı ve sonu olmasıdw> (n. 842) nitekim << insanlar, tarihleri
. boyunca, günümüze kadar, inançlarıyla ve dinsel rurumlarıyla (dualar, kurbanlar,
kültler, medirasyonlar, vb.) Tanrı'yı arama isteklerini -ifade ettiler. Bu ifade biçim-
lerinin anlaşılmazlıklarına karşın, bunlar öylesine evrenseldir ki, · bunlara bakarak
insana dindar bir varlıktır diyebiliriz»(n. 28). ·«Kilise dışında kurtuluş yoktur>>-
ifadesini Kons~l'in metinleri ışığında yorumlamak ger~kir: Kilise Mesih İsa'da
gerçekleşen kurruluşun "evrensel gizemi"dir. Bu kurruluş her insana kendin~ has
yollardan ulaşıyor. .
Veriraris Splendor (6 agosro 1993) adlı papal~k genelgesi şunu harırlatiyor:
«Ahlaki iyiliğin m udak oluşuna ilişkin. tanıklıkta, hıristiyanlar yalnız değildirler:
onlar, toplumların ahlak anlayışında; Barı ve Doğu'nun büyük dini ve bilgelik dolu
gelenekleri tarafından onaylanmakradırlar. Bunlarda, Tanrı'nın Ruhu, gizemli ve iç
dünyadaki eylemlerini eksik etmedi» (VS 94). ·
Tüm bunlar neden IL Jean Paul'ün, 2000 yılının eşiğinde (28 ekim 1999 tari-
hinde Roma'da), gerçekleşecek olan jübile yılına herkesi ortak olmaya davet ettiğini
açıkl ı yor. Nicekim Terrio Milleniuro Advenienre adlı aposeelik mektübunda,
kıralarda yapılan sinadların (piskoposların toplimrıları) bu konuyla ilgili taşıdıkları
kaygılardan bah~ediyor: «İki bin yılının arifesi, dinlerarası · diyalqg açısında, çok
büyük bir fırsat olacak. [. ..} İslam'ın mürninleri ve Yahudiler ile diyaloğu
sıklaşrırmak amacıyla Beytüllahim, Kudüs ve Sina dağı g!bi simgesel yönden büyük
değer taşıyan yerlerde, tarihsel randevuların nasıl gerçekleşririlebileceği üzerinde
278 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
araştırmalar yapılıyor» ve bu belgenin. yayımtanmasından sonraki iki yıllık dönem
içinde, Mısır'da (şubat 2000), Kudüs'te (mart 2000) ve Şam'dıı: (mayıs 2001) gerçek-
leşen de bu oldu.
İslam-hıristiyan diyaloğu açısından Papa'nın 300'den fazla belgeyi, sayısiZ
ziyarederi ve özellikle Müslüman ülkelere yaprıklaqnı bir araya toplayan, normal
öğretilerinde neler. bulabiliriz? Nerede yaŞamak zorunda kalırlarsa kalsınlar, hıris­
tiyanlar, müslüman hemşeriterine karşı saygı göstermelidirler, çünkü onlar «kendi
ifadelerine göre, 'Tanrı'ya itaat' eden, 'Tanrı'ya boyun eğen', 'Tanrı'nın hizrıetkar­
ları' olarak kendilerini çağırıyorlar» (Ankara, 29 aralık 1979), buradan da, «anla-
maya çalışmada samimi gayreti v.e problemlerio çözümünde de ortaklaşa arayışı, hep
birlikte inandığımız Tek Tanrı'nın yardımıyla gerçek barış ortamı arzusu içinde
gerçekleşrirmeliyiz» (Paris, 31 mayıs 1980), nitekim «bizler gerçek manasıyla bit-
birimizi şöyle çağırabiliriz: Tek Tanrı'ya 'iman eden erkek ve kızkardeşler'. Bizler
bu iman karşısında minnet duygularını taşıyoruz» (Kaduna, 14 febbraio 1982).
Netice iribariyle «bizler - iyilik ve mükemmelik olan- Tanrı'ya ~nananlar
olduğumuzdan, bütün faaliyetlerimiz capcığımız ve · iraat ermeye çalıştığımız
Tanrı'nın doğru ve mukaddes doğasını yansıcmalıdır» (Roma, World Islamic Cal!
Sociecy, 15 oc~k 1990).
' .
Tüm bunlar hıristiyanları ve müslümanları herşeyin yaracıcısı ve peygamberlerin
öğretmeni olan Tanrı'nın, gizemini sorgulamaya davet etmektedir. O halde, Kursal
Kitaplar hakkında ne diyebiliriz? Eğer II. Jean Paul, bir taraftan sık sık Kutsai
Kitap'ın sözlerine gönderme yapıyorsa, diğer taraftan Kuran'a da başvurmayı unuc., ·
muyor ve böylece karşısindakine sahip olduğu «yazınsal geleneği» tanıdığın ı gös-
teriyor. İnsan değerlidir, çünkü «müslümanların kursal kitabı Kuran için, 'Allah
onun içine kendi ruhunu üfledi ve ona kulak, göz ve kalp (yani akıl) yaratmıştır'
(Sure 32,9)» (Ankara, 29 novembre 1979). «Azizlik» üzerine Roma'da yapılan
islam-hıristiyan sempozyumuna kacılanlara, şunları söylemekten kaçınmamışrır:
«bütün gerçek azizlik Tanrı'dan geliyor, O yahudilerin; hıristiyanların ve müslü-
manların kutsal kitaplarında 'Aziz' olaçak çağrılıyor. Sizin kursal Kuran, Allah'ı el-
Kuddus olarak çağırıyor (Slıre 5.9, 23) [ ...}. Dünyada sayısız birçok iyi insan, (hıris­
ciyanlar, müslümanlar, ve daha başkaları; hakiki itaat, övgü, Tanrı'ya karşı şükran
duaları ve yakınlarına karşılıksız hizmet ile hayadarını gürültüsüz sürdürüyorlar)
insanlığa gerçek bir alternatif sunuyorlar, 'Tanrı'nın yolu', aksi takdirde dünya ben-
cil_liğin, nefrecin ve çarışmanın yüzünden yıkılırdı» (Roma, 9 ~ayıs 1985). ·
· Eğer «müminler Tann'run güneşiyle aydınlanmışlarsa», aynı zamanda onlar.,
Tanrı'nın model ve elçi olarak gönderdiği peygamberlerin örnek yaşamlarıyla da
yardım edilmişlerdi. II. Jean Paul diyalog içerikli öğretilerinde sık sık İbrahim'den
bahseder, kullandıgı formülasyonlar ise «ruhsal akrabalıb üzerinde yoğunlaşır.
Nitekim, ona göre, Kudüs <<İbrahim'in t~m ruhsal oğulları için yüreğin bir
vatanıdır» (Redemptoris Anno). <<İbrahim'in ruhsal oğullannın yani,
hıristiyanların, müslümanların ve yahudilerin açıkladıkları Tanrı inancı» (Ankara,
29 kasım 1979), herkesi «İbrahim'in imanında birleşerek, o iman'da erkek ve kız
kardeş» yapıyor (Roma, 5 haziran 1985). «Üç dinin (monoteist) müminleri, her-
müminin babası (bkz. Rom 4, ll) sayılan İbrahim'i kabul ediyor ve ona karşı, her
biri farklı şekilde de olsa, derin hürmet duyguları taşıyor» (Roma, 30 nisan 1991).
Papa Kazablanka'da biraraya gelmiş binlerce gence, İsa'dan bahsediyor, ve o
esnada şöyle bir düşünceyi aktarıyordu: «dürüstlük ·farklılıklarımızı tanımamızı ve
onlara saygı göstermemi~i de gerektiriyör.. En büyüğü ipe, bizlerin Mesih'in
!
8. II. Varikaı'ı Konsili Sonrası Karolik KiliseSi ve "Bizden Olmayanlar 279
kişiliğine ve yaptıkl~rına ilişkin yönelttiğimiz bakış açısındadır. Bildiğiniz gibi,
İsa; hırisriyanlara Tanrı'nın gizemini içten ranımaya ve Oni.ın armağanlan
ar~cılığıyla evlarsaı"birliğe girmeye yardımcı oluyor, böylece hırisriyanlar . onu Rab
.ve Kurtarıcı olarak kabul ediyor ve duyuruyorlar. Bunlar karşılıklı· hoşgörü :ve müre-
vazilikle kabul edebileceğimiz önemli farklılıklardır; bunla.rda bir· 'gizem var ve
eminim ki, Tanrı bu gizem hakkında bi~gün bizleri · aydınlaracaktır» (19 ağustos
1985). II. Jean Paul, bilindiği gibi, Şam'da Meryem ve Vaftizci Yahya hakkında
konuştu ve herkese şunu hacırlatcı: ((camiler ve kiliseler barışın, sessizliğin ve
duanın vahasıdır» . .Ve b"u yüzden her yerde, dua konusu üzerinde sık sık durmak-
r.adır. «YaratılıŞ gerçeğinin başlangicınd~n itibaren dua ~aşanmaktadın> ve dinlerin
· duaları «evrensel kardeşlik ve barış» için, samimi kalpterin isteklerini «yerine
getiren>> rek ve eşsiz Y~rarıcı'ya yö~eh:ilmelidir, diyordu. ·
.· Dahası burada, dünya dinlerinin bazı temsilcilerini, dua (herkes kendi
geleneğine göre, fakat «beraberce» ve << barış iÇin»), simgesel «oruç» ve barışın
hakim olduğu <<yüksek bir yere» anlamlı cc hac» ziyareti , amacıyla, fakir Aziz
Fransua'nın kenti olan Assisi'de, 27 ekim ·l986 güqü biraraya ge.t iterek, algıladığı
ince göruşü nasıl unurabiliriz? BU:rada şu konunun altını çiziyordu: «Dua amacıyla
' dini liderlerin bir araya gelmesi zaten, barışın başka bir boyutu ve başka bir şekilde
öncülük etme şekli olduğu konusunda bilinçlenmek için, bugün tüm dünyaya
yapılan bir davettir [ ...]. Bunlar duanın neticesinde doğmaktadır. B~ söz konusu
· dua, dinlerin farklılıklarında,- insan yereneklerini aşan yüce bi.ç kudret ile kurulan
ilişkiyi ifade etmektedir». Ve daha sonra, yaşadığı bu yeni tecrübeyi PaP.al~k
Divanı 'nda aktarırken (22 aralık 1986) şunu itiraf ediyordu: <<Assisi'de dua etmek,
oruç tutmak, ve sessizce yürümek için biraraya gelme, dinlerde ruhsal ve doğaüstü
değerieti arayanların arasında rİıevcuç derin birliğin açık bir .işareti gibiydi» ve şöyle
devam ediyordu: <<her dua, gizemli bir şekilde; her insanın kalbinde bulunan Kutsal
Ruh tarafından ortaya çıkartı lmaktadır» . ·
Herkes tarafından kabul edilen ortak ahlak anlayışı gibi farklı bir alanda da, II.
Jean Paul, Nostra Aetate bildirisinin konu hakkındaki sözlerini geliştirmeye
çalışmıştı. Nitekim 29 kasım .1979 günü Ankara'da yaptığİ konuşı:nasında
«Tanrı'ya iman etme, insanların özgürlüğünün ve haysiyetinin sarsılmaz temeli,
sosyal hayat ve anlaki tutum açısından da doğruluğun bir ilkesidir» demişti. Her
insan yeryüzünde, müslümanlar için Tanrı'nın <<halifesi» veya hıristiyanlar için
cchizmerkar evladı» olduğundan, Kilise'nin· Resmi öğretilerini . içereı;ı sayısız
metinlerde, insanın yüksek bir haysiyeti olduğu vurgulanır. Sina'da 26 şubat 2000
günü yaptığı konuşmasında, Musa'ya verilen <ıon emrin» çoğulcu bir toplumun
kurulabilmesi için <<ortak değerler platformu» oluşturduğunu söyledi. . Nitekim
şöyle devam ediyordu: <<Ün emir diktatör bir Rab tarafından, baskıyla_ uygula'nmak
üzere verilmerpişti . Bunlar kaya üzerine yazıldılar;ayrıca bunlar, her zaman ve her ·
yerde geçerli evrensel ahlaki yasa olarak insanın kalbine yazıldı. Bugün de her zaman
olduğu gibi, Yasa'nın on "sözü"· millederin, toplumların ve insanların hayatı
açısından tek gerçek temeli oluşturmaktadır.»
'Ekonomik gelişim alanında dayanışmaya, akıl ve teknoloji alanında kültürel
alışverişe, bioetik alanında ailenin, kadının, hayatın koruprnasma ve ayrıca gelecek-
teki yeni nesilleri bu yüksek değerlere 'öncülük etmelerini sağlayacak eğitime önem
verilm~si için Papa sık sık çağrıda bulunuyordu. Dahası Balkanlar'da ve Kursal
Toyraklar'da şidd,etin tekrar alevlenmesi üzerine, anlaşmazlıkların diyalog yolu ile
_.... çözüme ulaştı rı lması için, çatışan taraflara sürekli çağrıda bulundu. 1 Ocak Dünya
-"'
1

2RO . Prof.Dr. Maurice BORRMANS.


Barış Günü Kutlamaları vesilesiyle yayımladığı yıllık mesajlarında, hangi türden
olursa olsun, azınlık haklarının korunmasın~. ayrım yapmadan evrenseLdayanışmaya
ve hakiki barış erramını sağlamak için karşılıklı affa davet ediyordu; bu !scer Bosnş.­
Hersek're gerçekleşsin (12 nisan1997 Saraybosna'ya yapmış olduğu ziyaret. ve-:-
konuşması, bu bassasiyere tanıklık ediyor) isterse İsrailliler ile filisrinliler arasında
Kutsal topraklarda gerçekleşsin.
Kültürl~r arası diyalog açısından ise, öncülüğünü.her yerde kendisi yaptı. Şubat
2000'de el-Ezher'ın Büyük Şeyh'i Muhammed Sayed Tancawi'ye bu konuda şöyle
diyordu: «dinler, dini inan.çlar ve kültür arasında sıkı bir bağ bulunmaktadır», bu
durum hem İslamiyet hem de Hıristiyanlık için geçerlidir. Böylece değişik vesilel-
erde, özellikle örneğin Lübnan'da ·söylemiş olduklarını, ~irçok ortamda tekrar sun-
maktan başka bir şey yapmıyordu. 7 eylül 1989 tarihinde Lübnan'lı müslümanlara
şu sözlerle hitap ediyordu: «Sevgili İslam dinine mensup dostlar, Lübnan'ın kurcu-
luşunu işteyen dayanışma harekatının karşısında .sizlerin dua ve ey le mleri duyarsız
kalamaz». Daha sonra Beyrut'ta iken, Lübnanlı müslümanların üç temsilcisinin de.
katıldığı, Lübnan· piskoposlarının olağanüstü sinodu esnasında, ll mayıs 1997 tar-
ihli apostolik bildirisinde, herkese şöyle sesleniyordu: «Lübnan'ın önemini ve
yüzyıllar boyunca üstlendiği tarihsel misyonunu bizler tüm dünyaya d!lyurmak
istiyoruz: sayısız dini mezheplerin ilikesi olan Lübnan, bu farklı mezheplerin birlik-
ce barış, kardeşlik ve işbirliği içinde yaşayabileceğin bir kanıtını gözler önüne seriy-
Or». Kutsal Yıl'ın eşiğinde, Roma'daki Sen Piyer meydanında hıristiyan ve hıris­
tiyan olmayanların katıldığı 28 ekim 1999·c:arihli dinlerarası toplantı esnasında da
· söylediği gibi, II. Jean Paul, tüm dünyaya «diyalog kültürü»nü önermek istedi:
«dini liderlerin barış ve adaler ümitlerini beslemede hayari rol oynadıklarını. her
zaman düşündüm. Bu ümit olmazsa, insanlara yaraşır bir gelecek yok demektir[...].
Bizleri bekleyen görev, diyalog kültürüne öncülük etme görevidir.» Son olarak l l
eylül 2001'de New York e Washington meydana gelen üzücü olaylar ve bunların
Afganistan, Irak, Filistin e İsrail'de doğurduğu neticeler sonrası, IL Jean Paul, 24
ocak 2002 tarihli Assisi'de yapilan,· Dünya barışı için yeni biç dua toplan tıs ı
esnasında, Devlet liderlerine ve dünya hükümederinin temsilcilerine, daha sonra 24
. şubat 2002'de yayımlanan Barış Dekalogu 'nu («Ün emir») önerdi. Nitekim· bu
dekalog «barış kültürü» kapsamında araştırma konusu olmayı hakkedebilir.
1.2. Romalı elikasterler ve milli piskoposluklann katkılan
~964 yılının Pentekosr ·bayramında kurulan, Hıristiyan OlrnEJ.yanlarla İlişkiler- .
den Sorumlu Roma Sekreteryası adlı kurul, di.nlerarası diyaloğun dünya'da somut
bir biçimde işieve girmesini sağlama görevi"ni üstlenmiştir. Yirmi yıllık
araştırmalar: faaliyeder ve yayımJardan sonra, kurul, karoliklere "diyaJ._ o g ve misyon
hakkında bazı düşünce ve direktifler" aktarmak ve böylece İncif'e dayal ı bu iki
tanıklık şekli arasındaki belli belirsiz ilişkiyi açiklığa kavuşturmak gayesiyle, 10
mayıs 1984 tarihinde "Karolik Kilisesi'nin. öteki dinlerin izleyicilerine karşı
davran ışı" adlı bir doküman yayımladı. II. Jean Paul bıi konu hakkında şunları
söylüyordu: «her insanın kendi hakiki olgunluğuna erişmesinde ve doğaüstü nite-
likli amacına ulaşmasında işbirliğine çağrılmış, tüm dinler ve tüm mürninler
açısından, dinlerarası diyaloğun önemini ve gerekliligini hiçbir şey tanırnamazlık
edemez; ve hızlı gelişen sosyal değişim karşısında bu diyalog, külç.i,irlere.kendi dini
ve ruhsal değerlerini gerçekleştirmeleri için yardim ede-r». Doküman, Hırisriyan­
lara, «rnisyon»un Mesih İsa'nın tanİklığını yapmada ve kişilerin özgürlüğüne
saygıda, kendine has özellikleri olduğunu hatırlatıyordu. Tüm dinleele diyalogdan
&. II. Varikan Konsili Sonrası Katalik Kilisesi ve "Bizden Olmayanlar 281
bahsederek, şöyle bir açıklama yapılıyordu: «gerek psikolojik gerekse felsefi nicelik
taşıyan bu diyalog, herkes için bireysel ve sosyal gereksinimler üzerine; Hıristiyan­
lar iÇin ise, Kelam'i aracılığıyla her insan ile birleşen Peder Tanrı'ya ve samimi bir
·diyalog sayesinde Kelam'ıri tohumlarının gelişmesini sağlayarak, Göksel
Egemenliğin her yerde hüküm sürmesi için çalışan Kursal Ruh'a i~an üzerine kuru- ..
!udur.» Ve Doküman diyalog çeşiderini değişik gruplara ayırıyor:
-güncel hayatın diyaloğu (<<davranış stili, öteki'yi dikkare alan, saygılı ve
misafirperverlik isteyen ve aynı zamanda öteki'ne kendi kimliği, ifade tarzı ve
değerleri için gereksinim duyduğu alanı serbes.t bırakarı;Jc gerçekleşendir» );
- eylemlerin diyaloğu (<<insani, sosyal, ekonomik ve insanın özgürlüğe kavuşup,
gelişmesini sağlayan politik özellikteki hedefleri dikkate alarak gerçekleşendir» ),
· - uzmanların diyalo~u (ahlaki veya teolojik yönden << her birinin sahip olduğu
dini zenginlikterin karşılaştırılması, derinlerine inilmesi ve daha da gelişmesi için»
yapılan diyalog);
- tinsel tecrübenin diyaloğu («kendi dini geleneklerine kökünden bağlı,
Mutlak'ın arayışının ifade ve yolları olan· dua, temaşa, inanç ve eylem gibi tecrü-
beleri paylaşabilenlerin» arasında yapılan diyalog).
<<Diyalog ve misyon arasındaki ilişkileri>> düzenlemek amacıyla Doküman, sonuç
. bölümünde, «karşılıklı ilerleme arzusuyla hareker ederek, hayat veren Kursal Ruh'a
ve vicdaniara saygı çerçevesinde, tövbeye daimi olarak yapılan bir çagrı»dan
bahsedilmekte olduğunu hatırlatmak isredi. Canlı bir imana sahip kişiler bilmeiii-
erdir ki, bu şekilde davranmak Suretiyle, <<muhre.lif şekillere sahip ve sonsuz nicelik-
te olan Tanrı'nın Bilgeliğinin zenginliklerini su yüzüne çıkararak, Tanrı'nın her
toplum için düşündüğü sevgi planını gerçekleştirmekteherkesle beraber» işbirliği
halindeler. ,Bu durum o. halde, herkesin, evrensel bı,ırış için çalışması ve Tanrı'nın
sabrına girmesi demektir. Nitekim Tanrı'nın Ruh'u «insanların ve toplumların
yüreklerinde ırkın, sosyal durumun ve dinin verdiği farklılıkları aşmak ve karşılıklı
olarak ~enginleşmel_erini sağlamik için gizemli ve sessiz bir şekilde çalışmaktadır».
1987 yılında Dinlerarası Diyal~g'tan Sorumlu Papal.ık Kurulu adını alan aynı
dikaster, daha sonra 19 mayıs tarihinde, yani Redemptoris Missio papalık genel-
gesinin yayımından altı ay sonra, öncekini tamamlayıcı nitelikte bir metin önerdi.
"Müjde'nin Yayılımına. ilişkin Konulardan sorumlu Kurul" ile işbirliği yaparak·
. hazırlanan ve Diyalog ve Müjde'nin' ilanı başlığını taşıyan bu belgenin gay~si,, daha
detaylı ve kesin 'bir biçimde <<dinlerarası diyalog 've İncil'in müjdelenmesine ilişkin
bazı direktifler» sunmak ve ayrıca <<Tanrı'nın kurtuluş eylem· tarihinin tüm miller-
leri kapsamına aldığını» tekrar belirtmekci. «Öteki dini gelenekiere yönelik adil bir
değerlendirme; onlarla sıkı bir temas. gerektiriyor. Bu da, teorik yönde. canışmanın
ötesinde, o geleneklerin izleyicileri ile pratik tecrübeye dayalı bir diyaloğa da
girmektir. Buna rağmen, genel de olsa, ilahiyat düşüncesi çerçevesinde doğru bir
değerlendirme yapılması, dinlerarası diyaloğun gerekli kıldığı bir noktadır.
Deneysel ve insani değerleri içerdiklerini göz önünde bulundurarak bu gelenekiere
çok büyük. bir sağduyu ile yaklaşılmalıdır. Bunlar bizlerin . saygısını ge-rektiriyor,
çünkü insani doğanın derin gizemine ilişkin cevaplar bulmik için, yüzyıllar boyun-
ca harcanan büyük çabalara tanıklık etmektedirler (NA 1). Aynı zamanda, milyon-
larca insanın en derin ruhsal arzularına, ve dolayısıyla dinsel tecrübeye bir ifade şekli
verdiler ve şu anda da vermeye devam etmektedirler. II. Vatikan Konsili de, genel
hatlarıyla, bu değerlendirmenin direktiflerini sundu. [ ...]. Gizemli bir şekilde,
Mesih İsa'da kurtuluş, iyi niyetli tüm insanlara açık bir gerçektir. [._..). İman Yasası
282 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
Lumen Genrium'a göre, iyilik tohumlarının sadece .•:düşüncelerde ve kalplerde~; ­
değil, "toplumların örf ve adederle, dini gelenekleri"nd~)k "serpilmişrir" (LG f7)
[. ... }. Bu durum, kriterleri belirlenmesi gerekilen rahliller· lsrer".-Kutsal Ruh:un erk:.
isi altında, samimi niyeeli kişiler, elbette kendi dini ·.geleneklerinin oluşumu . ve-
geliştirilmesi için kişisel gayret sarfertiler. ~> · · ·

Daha ~onra Doküman, . «karşılıklı meydan okuri;ıalar>;·d~n bahsediy~r ve


diyaloğun gelişmesi için gerekli, dört alaçıı inceledikteQ.·sonra, bunun gerÇekl~şme
şekilleri üzerine · bilgiler veriyordu. Diya)oğa: gire_n tarafl~~- :-ister: erkek olsuı:ı, ister
. bayan-, ,,ne çok şaf ne de aşırı derecede e.lefti'ri;n~ri· olmaH.dil:~ar,· bundan ziyade, daha
çok, açıl< ve misafirperver bir ruh ile hafel<ir , ~rriıelidirler·;; ye boylece «her birinin
bağlı olduğu, dini gerçekler hakkındş. sq·y.Gci;[ri~y~:gidi!m~m_elidir». Doküman aynı
. zamanda şunu hacırlarıyor: <<kendi kim[i~l~l(n:~i·'· kaı:;şık{ız.. 01uhafaza ederek hıris­
riyanlar, öı;:ekilerden gel~neklerinin ,POZitifd.~~~~ie"Ç.in_i- Öğren,:neye ve kabul etmeye
hazır olinalıdırla_r. Bu-diyalog ~racilığıy_l.~ .h!~gpy~~!.ar, es~ile_rden._ kalma önyargılaiı
yenmeye, önceki bazı düşünceleri t~kôı.r :g~~ı;l~,tı;;sg~Çirmey~ . :ve bazen kendi inanç
anlayışınıh arındınlrria.Sının. da kabulüne ka~J~Jggruri;ilebiü;:ler>?::·.
1996 yılının eki~ ayında, sayısız uzi);!8-1-~iJ~n~: .iıihiy,~~çılarını. bir araya ,
'toplayan.; UluslararaSı İlahiya~ 'Komisyonu, '9i~l·Jı~!t9·~e- .N~ rapor hazırl~dı ve. bu .
. rapor, kısa bir süre sonra papa XVI. ·Ben~~kt~·?ol~~k, :genel başkan Kardinal
Ratzinger [arafından imzalandı. Hırisriyan lı lfve_:di!f}#1--~nı·: rıi.şıyan buı:: rapor, ·~in­
lerin, kurtuluş açısından ' değerleri üzerinde duruyç)t.:Btl'"kopü hakkında, hıristiy~n
düşüncesi ile bağdaşahilmesi içi_n gerekli reolb.ji_k:. i:~ıp:l~~re:.işate-t ediyor '{e· «dinlere ·
yöneli_k ,_ço~u~~~ ilahiya~» 'düşüncesine ~e~afe~· baki~g_r~~~-: '9~-~af'~i ' bir biçimde bu ·
konu ıkıncı bolumde -ele alınacak. . · . · ·.-:<.~1=-.·: ·. ·: · .. ·
Aynı zamanda, İman-Doktrini~·nden Sorumlu K~ruı\i.o,· o ;za;nan~i genel başkanı.
olan Kardjnal Ratzinger, papa IL Jean Paul tarafından onaylanan ve· «Mesih İsa'nın
ve Kilise'nin kurtuluşunun evrenselliği ve · eşsizliğine .iliş.kin» D ominus Jesus adlı
dokümanı; 6. ağustos 2000 tarihinde sundu. Nicekim dokümancia şöyle bir gözlem-
lerne söz konusudur: «hıristiyan inapcı ve öteki dini gelenekler arasında yapılan
diyaloğun, hem pratikte hem de teoride qerinlerine iı-ıilmesiyle, yeni sorular ortaya
anlıyor. Bu sorulara, yeni araştırma pistlerinde ilerleyerek, yeni önerilerde bulu-
narak ve .yeni davranış şekilleri tavsiye ederek cevap vermeye çalışılıyor. Tüm l:ıı.in­
lar çok ince bir ayırtetme: işlemine tabi tutulma ihtiyacı duymaktadırlar» .
. ·«Nihai ve tamamlanmış olan Mesih İsa'nın ilahi ifşa»sı üzerinde düşündükten,
<< İnsan olarak aramıza gelen Kelam'ın ve Kutsal· Ruh'un kurtuluş eylemindeki»
rolünü ve -böylece <<Mesih İsa'da kuı;culuş gizeminin evrenselliğini ve eşsizllğini»
değerlendirdikten· sonra, Bildiri,·böyle bir düşüncede,_ Kilise'nin sahip olduğu kon-
uma değiniyor: Onun «eşsizliği v.e birliği» ve, «Tanrı'nın Egemenliği ve Mesih'in
Egemenliği» ile olan ilişkisi ve «kurtuluş karşısında dinler»le olan ilişkisi. Daha
ileride bu son konudan da bahsedilecek. Dokümanın niyeti açık: <<hergün daha
yaygın olan relarivist bir düşüneeye çare aramak», çünkü,· «bazen açıkla{Ila olarak,
bazen varsayım olarak değişik nüanslarla önümüze çıkan bu başlangıç noktalarından
hareketle, bazı reolojik öneriler oluşturuluyor. Bu söz konusu önerilerde, hıristiyan
ilahi ifşası ile Mesih İsa ve Kilise'nin gizeminin, mutlak gerçek özelliklerini ve
evrensel kurtuluş niceliklerini kaybetmelerine yol açıyor veya en azından bu konu-
lar üzerine şüphe ve kararsızlık gölgeleri saçılmasına sebep oluyorlar» (DI 4). Bu iki
önemli dokümanın özü daha ilerideki teolojik düşüncede tekrar ele alınacaktır.
Bu, dikasterler tarafından yayımlanan ve birbirleriyle mükemmel bir ahenk
8. II. Varil<an Konsili Sonrası Karolik Kilisesi ve "Bizden Olmayanlar 283
içinde olan resmi metinlere, Kıtasal veya Milli piskoposlar Konferansı'nın
yayımlamış oldukları bildirileri ·de eklemek gerekiyor. Bu bildiriler arasında, bazı
piskoposların hıristiyanlar ve müslümanlar arasında işbirliği ve saygınlığı
arnırınaya yönelik, ihtiyaç duydukları açıklamalara ,da değinilmeden geçilemez . .
Böylece, Ortadoğu'nun Katolik Pacrikleri, ortak olarak 19 nisan 1992 tarihinde
yayımladıkları Pasroral Mektup aracılığıyla, hıristiyan cemaarlerine ve müslüman
hemşeriterine sesienmeyi önemli gördüler. Birçok konudan bahsettikren sonra,
mektup şöyle devam ediyorlar: «DOğU', . Tanrı'nın insanlar ile diyalog kurduğu
toprakt.ır[ ...}. .Hıristiyanlığın ve Müslümanlığın iletişiı;n, diyalo,g ve buluşma şekil­
Ieri aradığı bir zamanda, Kiliseterimizin tecrübelerine çağrıda bulunmak gerekir
[ ... }.Tanrı, irdelenemez bilgeliğiy.le bizlerin (hıristiY.anlar, müslümanlar ve yahudi!-
. er), dünyanın bu bölgesinde beraber yaşamamızı i~redi. Bu isteği, Ruh'un geniş
açıklığıyla kabul edelim [ ... }. Bilindiği üzere, ~üslliman-hu:istiyan · diyaloğu,
ülkelerimizde ve tarih boyunca çok değişik· seviyelerde vücut buldu · [ ...}.
Müslümanlar ve hıristiyanlar birbirlerinin özgürlüklerinde kısıtlamalar getirmiyor-
lar. Onlar daha derin bir özgürlük seviyesine çağrılmışlardır. Öteki ile buluşma
Ruh'un şeffaflığında yapılır ve her türlü sınıflandırmalardan uzakradır.. Bizler,
olumsuz sürecin, karşılıklı ilişkilerimizi yönetme durumunu değişime uğrarmaya ve
bunu ortak hayarı tüm farklıl ı klarıyla kabul etme sürecine dönüştürmeye çağrıldık.
Birinin, örekinin yanında olması yeterli değil,· ülkemizde ~irinin öteki yle, insanın
. iyiliği için bir arada olması daha mühimdir». :
Avrupa Topluluğuna gelince; Avrupa Piskoposlar Koflferansi .ve onunla aynı adı
taşıyan ekümenik nitelikli olan Konferans, uzun süreden bu yana; Avrupa'da İslam
birleşik komiteleri sayesinde, Avrupa düzeyinde, İslam-hıristiyan diyaloğu üzerine ..
ortak diiş.ünceyi içeren metinler önerdiler ve bunları da şu dökwnanJar aracılığıyla
yayımladılar: Müslümanların Avrupa' dak~ varlığı ve pastoral alanda işbirliği yapa~-.
ların ilahiyat eğitimi (1992), Karşılıklı islam-hıristiyan ilişkisi: Kiliseler için
düşünme unsurları (1995), Hıristiyanlar ve Müslümanlar arasında evlilik: hıris­
tiyanlar ve Kiliseler için pastoral direkrifler (1997), Karşılıklı ilişkiden barışma
ortamına: hıristiyan kiliselerinin, İslam ile ilişkiye yönelik bir mesajı (1997),
Avrupa'daki Kiliselere ikinci mekrup: Avrupa Müslümanlarının bakış açısından,
çoğulcu toplumlarda hıristiyan Kiliseleri'nin rolü (2001), Çoğulcu bir Avrupa' da, ~ ~
hıristiyan ve müslüman gençlerin e~itimi (tarihsiz). · ·.
Bunlara bazı milli piskoposlukların girişimlerini de eklemek gerekmiyor mu?
İtalya'da bazı dokümanlar, diyalojik ve teolojik düşünmeler için materyal sundurlar.
Öncelikle Kardinal Marcini'nin Milan halkına hicaben yazdığı Biz ve İslain (1991)
. başlığını taşıyan rnekrup var, sonra Yenedik piskoposluğunun Hıristiyanlar ve müs..:
lümanlar diyalogta: yardımcı pastoral kitaplar (1992), adlı mektubu ve bunu.
Brescia Bölge piskoposluğunun hazırladığı Katolikler ve müslümanlar arasında
evlili.J<: yöneegeler (1995), adlı kitapçık izliyor. Bunların arasından, Kardinal
Biffi'nin yazısı Aziz Petronio'nun şehri üçbinli yılda: pastoral bilidiri (2000), ve
Emilia-Romagna bölgesi piskoposluğu'nun İslam ve Hıristiyanlık (2000) adlı
bildirisini saymak mümkündür. Son olarak Sicilya Piskoposlar Konf~ransı 2004
yılında İs~am'ı hıristiyan düşüncesi ·ışığında değerlendirme: yardımcı pastotal kitap
adlı öneriyi sunuyor. Bu belgelerde ağırlığını koyan pastoral direktiflerin yanında,
müslümanların dini tecrübesine, hem kişisel hem de cemaat olarak ifade. carzlarını ·
ele alan, «hıristiyanca bakışın» teolojik alanda da bir yaklaşımını 'bulmak
mümkündür. Fransa'da, birçok' metin ve bildi.riler tüm bu problemlere açıklık
284 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
kazandırmada geri kalmadı. Metz'in Piskoposu Mons. Raffın İslam'ın yüzü Hıris­
tiyan bakışı başlığını taşıyan Pasroral M~krubu'nda bu konuya değiniyor, daha
sonra 1997'de Lourdes'da toplanan Fransa'n ı n piskoposlar Konferansı, Dinlerarası
Diyalog'dan sorumlu· Papalık Kurulu'ndan Mons Fitzgerald'ın işlediği Avrupa'da -
Hıristiyanlar ve müslümanlar: diyalog perpekrifleri başlıklı temayı dinledikren
sonra, fransız karaiikiere Karalik ve Müslümanlar: bir buluşma ve diyalog yolu adını
verdikleri çok zengin bir doküman sunar. Bilindiği g ibi, aynı Konferans, daha
sonra, İslam ile ilişkiden sorumlu Sekrerarya'nın da ilg isiyle bir grup Pastaral fişler:
Katalik ve müslümanlar (1999) yayı mladı. Fransa Protestanları'nın Fransa
Protestan Federasyonu mesuplarına sunul!ln "Yahudiler ve Müslümanlada çok
önemli diyalog görevi"ne ilişkin düşünmeye yönelik unsurlar (1996) adlı
yayımlarıyla yaptıkları bu çalışmayı da eklemek gerekir. Dahası, bunlar pastaral
düzeyde açıklayıcı küçük kitapçıklarlagösrerilmeye çal ışıldı. Diğer Avrupa, Mrika
ve Asya ' ülkelerinde de bu· tur incelemeye yer vermek, ll. Yarikan Kaosili'nin
vermiş olduğu direktifler sonrası, yerel kiliseler tarafından açıklayıcı nitelikte bir
çok çalışmanın yapıldığını görmek mümkündür. Karolik bakış açısından, bütün bu
mecinl~r, birlikte ele alınarak, Müslüman dini recrübesi hakkında, teolojik bir ilk
analiz denemesi yapılabilir.
II
·Teolojik analiz için bazı perspektifler
Arap ve İslami Araştırmaların Papalık Enstitüsü'ne ait İslamochrisciana der-
gisinde, 1976 yılında Peder Joseph Gelot'un yayımlanan (s. 1-57) Hıristiyan
olmayan diniere ilişkin bir hıristiyan teolojisine doğru başlıklı ustaca y~ılmış
makalesinin başında da belirttiğ i gibi: <<II. Yarikan Kaosili'nin öğretileri, doğal
olarak hıristiyan. dakerinin içerdiği mantık ışığında anlaşılmalıdır. Konsil, hıris­
tiyan olmayanlara kurtuluşa erişebilme imkanı tanıdığını belirterek, bunun
Tanrı'nın lütfuna bağlı olmadan (Tanrı'nın Kendisini' karşılıksız ifşası), Mesih İsa'ya
l:;ıağlı ,olmadan, Kilise'ye bağlı olmadan, inanca bağ lı olmadan gerçekle~emeyeceğini
söylüyor. Bu da, hem Konsil hem de h ı ristiyan teolojisi açısından, kendi
vicdanlarının açıklaması ve seslerine kulak vererek, Tanrı'nın isteğini yerine
getirmek suretiyle kurtuluşa erişen, · hıristiyan olmayan samimi kalplerin, rek
Kurtarıcı Mesih İsa ve Onun varlığının dünyada aktüel kılınmasını. (gerçekleşmesi­
ni) sağlayan araçları muhafaza eden Kilise ile temasa geçirildiği anlamına geliyor.
Hıri!iciyan ilahiyarının gerçek sorunu, ilahi ifşanın bir verisi olduğundan bunun ·
yul<arıda açıklanan manayı taşıması değil, bunun nasıl gerçekleşriğidir. Hıristiyan
olmayanlarıı;ı kurtuluşuna ilişkin bu kurallar, çok kisa sürede . ilahiyatçıların
araştırma konusu oldu». ·
L. Capetan'ın Hıristiyan olmayanları~ kurtuluş sorunu (1912, 193:4're tekrar
gözden geçirildi), Hıristiyan olmayanların ku.rtuluşa çağrılışfarı (i962) gibi artık
klasikler arasına girebilecek kitaplarında, II. Yarikan Kaosili'nin de ifade ettiği bu
ortak dokrrin onaylanıyor: «ilahi lütuftan ~ahrum olmamalarına rağmen (Lumen
Genciuro 16), Tanrı'yı açıkça ranımakca kendi hataları olmaksı~ın ulaşamayan, fakat
dürilsr bir hayat sürmeye çalışanlara, ilahi Merhamet kurtuluşları için gerekli
yardımları sağlamada onları geri çevirmiyor». Yaşayan Tanrı 'nın, ebedi ve sonsuz
sevgisinin nesnesi, tüm insanlık böylece, hıristiyan inancının kabul ettiği, o kurtu-
luşa erişebilir. Nitekim bu nedenle, Papa XII. Pius zamanında, Bostan'lu (USA)
cizvir rahibi peder Leonard Feeney <;>layı, <<Kilise dışında kurtuluş yoktur)) ilahiyat
düşüncesinin dar ve dışlayan nitelikt~ki yorumunun kınanmasının alt ı nı çizmek
8. II. Vacikan Konsili Sonrası Kacolik Kilisesi ve "Bizden Olmayanlar 285
için bir vesile oldu.
· Tarih ve külrqr aracılığıyla h~r insana aktarılan dini ·gelenekler hakkında ne
diyebiliriz? Ya, inanç ve riruel bakımından farklılıklar gösteren hıristiyan olmayan
dinler için ne dli§ünebiliriz? Bu dinlerin gösterdiği doğrultuda yaşayan insan; bun-
lara rağmen, bunlar sayesinde yoksa bunların kapsamı içinde, ~aroluşla ilgili bir
ayırtetme uygulayarak mı kurtuluşa erişebilir? Başka bir tabirle: bu dinler hıristiyan
<<kurrul.uş yolu» ile eşit değerde «kurtuluş yolları» mıdır? İşte bu noktada, ilahiyar
düşüncesi gelişimini sayısız doğru! cularda gerçekleşririyot. Fakat bu gelişim
sürecinde hıristiyan inancıyla tümüyle bağdaşmayan görüşlere de rastlamak
mümkündür. ·• · · .
Globalleşmenin yarartığı genel ortam, kültürleri ve dinleri, önceden rastlan-
.mamış bir yakınlaşm:ıya göt4rdü. Modern toplumlar, çoğulcu niteliğini taşımaya
başladıkları andan itibaren, diyalog kavramı · gerekliliğini her alanda .hissettirdi.
İsviçreli pastör Jean-Claude Basser bunu kendi rez konusu olarak ele aldı. 1996
yılında. Cenevre'de Dinlerarası diyalog: tarihi ve geleceği ~dı alcında yayımlanan
tezde, yazar dinlerarası diyalogcia S çeşiç ilişkinin mümkün olabileceğini varsayım
olarak sunuyor: birlikte varolma, karşılaştırma, değişme, kültürleşı:ıe v~ birlikte
yaşam.

Daha sonra Montpellier fakültesinden pastör Andre Gounelle'nin, Marseille'in


Diyalog Yolları (ocak 1993) adlı karalik dergisinde yayımlanan Dünya dinleri
hakkında hıristiyan ilahiyat düşünceleri: bunların çeşitleri üzerine deneme, başlıklı
makalesinde bu ı:eolojik düşünceleri 6 değişik akımda sınıflandırıyor:
1. Hırisı:iyan «ilahi ifşas~>>nın karşırı olarak yeryüzü «dini»ni koyan «esklu-
sivizm» içerikli dii§ünce (proı:estan ilahiyatçı Karl Barı:h'ın savunduğu düşünce);
2. Dinleri, insanın Tanrı'ya ulaşınada harcadığı en iyi çaba olarak
· · değerlendirerek onları «İncil'e hazırlık» gibi gören dii§ünce (Danielou, de Lubac,
Von Balrhasar, Dournes ve Bulrman gibi ilahiyarçıların savunduğu düşünce);
3. «Özel ilahi ifşa» olarak yorumlanan. ·İbrahim-Musa ve Mesih'te yapılan
andaşmaya parallef, Adem ve Nuh ile yapılan andaşma türü ilahi müdahaleye
karşılık gelen «genel» veya «ilerleyen ilahi ifşa»yı savunan dli§ünce;
4. Kelam'ın müdahalelerinin, insanlaşmadan önce de varolduğunu belirterel<:
<<Anonim Mesih» ranımını kuİlanan düşünce (Rahner, Schlkerre, Küng, Pan'nikar e
Cobb gibi ilahiyatçıların savunduğu düşünce);
. 5. Hıristiyan dinini «model-din» "olarak göst~ren ve tüm dinleri kurtuluş yolları
olarak kabul ederek mutlak <<relarivizm»i savunan düşünce (Hick, knitter,
Troelrsch e Schweitzer gibi ilahiyatçıların savunduğu düşünce);
6. Tüm dinleri bc:lirsiz bir Mutlak etrafında toplamaya çalış'}n ~<sincretizm» ·
içerikli düşünce (Toynbee'nin savunduğu görüş). '
Ve A. Gounelle hemen, sadece ikinci, üçüncü ve dördüncü düşüncelerin hıris­
tiyan inancıyla bağdaşacağının alı:ını çiziyor. Peder Claude Geffre'nin yapmış
olduğu çalışmalara bakıldığında onun ikinci ve üçüncü düşünce çerçevesinde yer-
aldığını, peder Jacque Dupuis'nin temel eseri Dinietle buluşmacia Mesih İsa (1989)
dikkate al-ındığında onun ise ikinci, üçüncü ve dördüncü düşünceler arııSında gidip
geldiğini görmek mümkündür. Şüphesiz adı geçen farklı ilahiyatçıların teolojik
ayırtermelerini daha iyi değerlendirebilmek iÇin, önsöz niteliğinde birkaç nüansı
göz ününde bulundurmak gerekir. Nitekim onların düşünceleri belirli ve özellikle
de altını çizdikleri bir dinden yola çıkıyor. ·
286 Prof. Dr. Maurice BORRMANS
Roma Gregoriana Üniversitesi profesörü peder Luis Ladacia'nın Yakın tarih karo-
lik ilahiyar düşüncesinde, gerçek dinden Kursal Ruh'un evrense.l nitelikli eylemine
doğru başlığı altında, Dins1 Bilimler'in Uluslararası Akademisi~nin (Accademia
Inrernazionale delle Scienze Religiose) Hıristiyanlık dinlerin karşısında (1997) adlı ··
eserinde yayımlanan çalışmasını izleyerek, hıristiyan inancıyla bağdaşan akımların
altını, daha kesin bir-şekilde çizmek mümkiindür (s.53-75): «Eğer diniere bir kur-
tuluş değeri atfediliyorsa, bu Mesih'in eşsizliğine karş! değil, bilakis İsa'nın :ve
Ruh'unun onlardaki mevcudiyetinin bir ifadesi olacak algılanmalıdır». İlahiyarçıya
göre <<iki temel düşünce akım»ı mevcuttur. Birincisi Rahner'in, « İsa'nın. dinlerde
mevcudiyeri» ve böylece bunları iz.leyenlerin «anonim hırstiyanlar» olduğunu savu-
nan düşünce akımı. Öteki dinler hakkında yürütülen bu kacolik düşüncesinin
dağuracağı netice · ise şudur: «Hıristiya~lığın tüm insanlar· için mutlak .din
olduğunu söylesek de, problem olan, onun ne zaman, her kültüre ve her insana·
somut bir biçimde ulaştığını; gereksinim o.larak mutlaklığının tanınması ve böylece
ona karılma mecburiyerinin doğduğunu, bilmektir. İncil'in reel olarak, bu zamana
kadar girebildiği belirli bir insanın, tarihsel durumu karşısında, hıristiyan olmayan
dinlerin, asli günah ve başka rür sapkınliklarla karışmış, doğa.! yönden Tan rı'yı
tanıma unsurlarını içermesinin yanında, Mesih'in insana bahşettiği lütuf sayesinde,
doğaüstü unşurlar da içerdigi görülebilir. Böyle bir durumda, değişik seviyelerde de
olsa, bu din n:ı~şrudtg. [ ...] :Bu da (bu dinlerin) Tanrı'nın ilahi kurtuluş ta~dirinde,
pozitif bir anlam raşıyabilecekleri demektir. Başka bir tabirle: Meşru bir din
'kurumsal bir din' demektir. Bu söz konusu dinin, insanlar tarafından, belirli bir
zaman zarfında kullanılması, tüni her-şey bir arada değerlendirildiğinde, Tanrı ile
doğru bir ilişkinin kurulması açısından ve ayrıca Tanrı'nın kurtuluş planı!fda yeri
olduğundan, kurruluşa erişmenin pozitif aracısı olarak görülebilir (Rahner}», Bu da,
her insanın ~ ! ında zaten «lütfun kapsamında» ve hep aynı ve eşsiz kurtuluş olan
<<Mesih İsa» 'da gerçekleşen ·«kurtuluşa doğru ilerleı:;nekte» olduğu anlamına gelir.
Peder Ladacia şunları da ekliyor: «Dini çoğulculuk yok olmayacağa benzediğinden,
Hıristiyanlık, Kilise'nin yenemediği yerde Tanrı'nın yeneceğine inanıyor [ ...].
Değişik nüanslacla da olsa, bu (düşünce) çizgisi Konsil sonrası ve ·daha da sonra
birçok katalik ilahiyatçı tarafından izlendi». Bu düşüncenin, yukarıda belierilen
üçüncü ve dördüncü düşünce" akımının kapsamı içinde ·olduğu görülebilir. B.u iki
akımın (l!Incü ve !V ncü) yanında bir de «tamamlayıcı» nitelikli .akım olan ikinci:>
akım var. Bu akım üçüncü akımı da enregre ediyor. Hıristiyan olmayan dinler,=·~
«1:anrı'yı arzulayim dindar }nsanın arayışlarının nesneleşmesidir. Bunlar, NUh ile ··
yapılan kozmik antlaşma çerçevesinde, köksel meşruluklarını koruyorlar. Bu da··
Tanrı'·nın doğada ve vicdanlarda kendini ifşa ermesi anlamına geliyor[...]. Din ·
insandaki Tanrı arzusunu ifade ediyor. İlahi ifşa ise, Tanrı'nın bu arzuya cevap
verdiğine tanıklık ediyor. Dinlerin tüm beklentilerinin tamamlayıcısı niceliğindeki
Hıristiyanlık, bunları arındırarak ve değişime· uğratarak kabtil ediyor. Dinler bir
tarafran "bekleyiş kayaları" diğer taraftan ise "takımı kayaları"dır . Çünkü kendi-
lerinde kötülüğün · ve günahın izlerini taşıyorlar». «Karolik ilahiyatçıların
çoğunluğun u kapsayan bölümüni:in bu gö rüşleri paylaştığını», gözleml~yebili~iz.
«Hıristiyanlığın ve Mesih'in murlak ·ve eşsiz niteliğini» üstü kapalı bir biçimde
geçiştirrnek isteyen düşünce akımları yaratma, bu ilahiyacçılar tarafından iyi gözle
bakılmıyor. Nitekim, bu son düşünce, nüanssız · «farklı dinlerin kurtuluş değeri»
, taşıdıkl arını söy)üyor, çok ince bir şekilde «Mesih İsa'yı kısmen İlal1i Kelam ile
özdeşleş»tiğinden bahsediyor ve «Kelamın evrensel nitelikli eylemi»ni «İsa'nın özel
durumu» ndan ayıcıyor. Nitekim bu ayırma, belli bir relativist düşüneeye düşmeden
8. II. Vacikan Konsili Sonrası Karo[ik Kilisesi ve "Bizden Olmayanlar 287
gerçekleşmeyecek ayır.~T~a·.olarak göze çarpıyor.
Mevcut farklı düşü~~e_:akımları, papaların ve dikascerlei:in ve daha sonra yerel
. kiliseler ve karo pk i la.hiyaJ:&ıl~ı::ının çoğunluğu · tarafından tekrar ele alınan öğretiler
ışığında, değerlendirilqje't-i4ir. Nicekim bu akımların amacı, bu ya da şu dinin , nasil
kurtuluş ve ilahi lütufla ilgili . bazı öğelere sahip olduğuna dair; kesinleştirici fikir-
ler yürütmeye çalışmakrır. ~lahiyarçılar tarafından taninması gereken ortak düşünce
şunqan ibarettir: «Tanrı'nın, hıristiyan olmayanlar da dahil olmak üzere, tüm insan-
lara yönelik sunduğu kurtuluş, Mesih ve Ruh'u ile ~ağlantılıdır; Ketarn'ın evrensel
eylemi İsa'nın eylemidir; Kursal Ruh.her .zaman Mesih'e bağlı olarak hareker ermek-
redin>. Kısacası, Uluslararası İlahiyar Komisyonu'nun y~yımladığı metinde, eeclo-
jik açıklamaları daha da geniş letilmiş bir vaziyette bulmak mümkün olan -Diyalog
ve Müjde'nin ilanı adir belgeye atıfta bulunarak şunları söyleyebiliriz: «kurtuluşa
erişen, tüm erkek ve kadınlar, farklı şeklllerde olsa dahi, Kutsal Ruh aracılığıyla
Mesih'te gerçekleşen, aynı kurtuluş gizemine katılıyorlar. Hıristiyanlar inançları
sayesinde bu gerçeği ranıyorlar, örekileri ise Mesih İsa'nın kurtuluş kaynağı olduğu
konusunda bilinçsiz kalıyorlar. Kurtuluş gizem i onlara, sadece. Tanrı'nın bildiği bir
şekilde, Mesih'in Ruhu'nun görünmez eylemi aracılığıyla ulaşıyor. Bu somut olarak
ele alındığında, kendi dini geleneklerinde iyi olan her şeyi samimi bir şekilde yer-
ine getirerek, · ve kendi vicdanının sesini dinleyerek, öteki dinlerin müminleri,
Tanrı'nın çağrısına olumlu 'cevap veriyor ve Onu kendi Kurtarıcı'lan ·olarak kabul
etmeseler ,veya böyle canımasalar dahi, Mesih' İsa'da kurtuluşa erişeceklerdir'(DA
29). Öre ki dinlerde mevcuc lütuf unsurlarını tanımak, Ruh'un, hıristiyan veya hıris­
tiyan olmayan, insandaki meyvelerini tanımaktan daha zor. Bu nedenle, ayırtetme
gereksinimi duyuluyor ve bunun kriterleri ise daha koyulmadı. Fakat dinleie,
'Tanrı'nın Ruhu'nun ilhamı alnnda', samimi insanların izleri tarafından, belirtiler
bırakılmıştır (DA 30). Öre yandan dinlerde her şeyin lütfun ürünü olduğu söylene-
. · mez. Öyleyse, Öteki diniere karşı k~llanılan pozitif yaklaşım tarzı, hıristiyan ilahi
ifşası ile bu dinler arasındaki çelişkilere göz yummak anlamına gelmez_. ,, (s. 72).
O zaman, bu tür dinlerarası diyaloglarda, karşıdaki konuşmacının bağlı olduğu
dini geleneklerin hem gerçekleri ve yanlışları açısından hem de sahip olduğu
· değerleri ve ~eğer sayılamayan yönleri açısından değerlendirme görevi, her ilahiy-
atçının yükümlü olduğu özel bir görevdir. Bugün, ·her dinin kabul ecciği ve büyük
farklılıklar gösteren tinsel gruplar ve refsir okullarının mevcudiyetini göz önünde'
tutarak, bu söz konusu diyalogların amaçları, şekilleri ve niyederi üzerine, birçok
açıklama yapıldığını söyleyebiliriz: nitekim bunlardan hiçbiri monolitik (.cek parça)
değildir. · -
Öyleyse, karelik ilahiyacçılar bugün İslam'ın; hukuki şekliyle Yasası, felsefi
şekliyle Bilgeliği ve riyazec-miscik şekliyle Sufjzm gibi üç taraflı yüzü hakkında ne
düşünüyorlar? Bu soruya cevabı, kısaca aktarmak çok zor. Elbette pelemik ve apolo-
jetik zamanlar artık aşıldı ve Nostra Aetate (o. 3) adlı Bildirinin metni, dengeli bir ,
ayırtetmenin yolunu açıyor. Bu konudaki çalışmaları; ilahiyat okullarının enrellek-
cüeJ gel.işimlerinde, milli ve kültürel ifade tarzlarında büyük farklıliklar gösteren
bugünkü müslümanların, yaşadıkları ve canıdıkları ceolojik, hukuksal ' ve mistik
gerçekleri hakkında çok iyi bilgiye sahip, bazı katelik düşünürler yapıyorlar. Elli
yıldan fazla bir süre, islam-hıristiyan diyaloğu üzerine çalışmalar yapan Mısırlı
deminiken peder Georges Chehace Anawari'nin, Kasım ı'963'de Roma'nın
Angelicum Üniversiresi'nd~, Konsil zamanında İslam üzerine çok önemli bir kon-
ferans yaptı. 15 kasım I98~ yılında İsviçre'nin Fribourg Üniversitesi'nde İslam, yol-
288 Prof.Dr. Maurice BOR~S
ların ayrım noktasında: çıkmaz yol veya ümide açık yo_l mu? biı.şlıklı k~nferansında,
İslam karşısında <<ÜÇ görüş açısının» _varlığından söz ecci: ·
«Öncelikle, konsilden önceki döneme aic, İslam'da sadece birisriyan dogmaların~
uygun düşen hususların altını çizen minimalist görüş akımı. Bu artık zamandışı bir
akımdır.
Daha sonra, Hz. Muhammed'in peygamberliğini ve Kuran'ın ilahi ifşa niteliğini,
şöyle yada böyle kabul eden maximal görüş akımı. Hem tarihsel hem de Kui:sal
Kitap yorumu ve ilahiyar yönünden bakıldığında, bu akımın değerlendirmede kul-
landığı cemeller zayıfrır. .
Son olarak, Karalik islamiselerin çoğunluğu, müslümacilara karşı sempati ve
diyalog açı sından büyük açılımlar göstererek, orta bir yol izlemeyi tercih ediyc;>rlar.
Bu görüş açısı, iki dini birbirinden ay ı rıyor; radikal farklılıklara işaret ertikten
sonra, diya.loğ~n nesnesi, şardarı ve sı.nırlarını kesinleştiriyor. Bu görüşü savunan-
lar, İslam hakkıpda bir teolojik yargı yürütme zamanının daha olgun olmadığını
düşünüyorlar. ('yersiz fikir yürüten bir. teoloji' değil). Bu durumu göz önünde
bulundurarak, hem din, cemaat ve kültür, hem de medeniyet gibi ı+nsurları tüm
genişliğiyle araştırmaya devam edilmelidir.» Tüm «karolik islamistlerin» her biri-
ni sorgulayarak, onlarla ·beraber, bu reolojik araştırmanın hangi yöne doğru
ilerleyeceği üzerine çalışılmalıdır. Ey güçlü Bakice (1958) adlı eserin yazarı, Louis
.M;assignon (1883~1962), yazılarında (özellikle Examen du 'Presenr de l'homme !et-
ere' par Abdallah Ibn al-Torjoman (1917), Trois prieres d'Abraham (1935),
Ryrhmes du monde (1948) dergisinin Le signe marial adlı makalesinde ve M.me R.
Charles-Barzel'e mekrubunda) İslam'ı «İlahi ifşa nitelikli peygamberlikte yeniden
canlanan, doğal bir din>> olarak görmeye çalışır. İçeriği İbr3.him'in rrionoteist
inancının ötesine girmek istemiyor. İslam'u-i kendi hakkında açıklam!J. yaparak, ken-
dini Yaratıcı Tanrı'nın ilk insan Adem'in kalbine koyduğu «aklın dini», «fıtra'nın
dini» gibi ranımasına uygun olarak, ilahiyarçı, dahası İsl;ım'ın «dinin doğal ahlaki
erdem» niteliğiyle tümden örrüştüğünü düşünüyor. Bazıları, örqeğin, bir yandan
Kuran'ın Kutsal Kitap dilinin ve içeriğinin, ve öte yandan İslami mutasavıffların
öğretilerinin ve tecrübelerinin, evrensel kurruluşun teminarı Mesih İsa'nın Tanrı'sı
olan, Yaratıcı ve Merhametli Tanrı'nın doğaüstü varlığını arayışında, müslümana
yardım niteliğini taşıyan dini ze.nginlikleri oluşturduğunu 'düşün~yorlar. -·
Kesin olan, ilahiy.at dilşüncesinin halen «arayışta» olmasıdır. «Ötekilerin» r~- ~
sa.f tecrübeleri üzerine sağlıklı bir ayırtetmede bulunmak; bu 'işe kendini verenin
yenilenmiş bir meditasyondan geçmesini gerektirir. Hıristiyan ilahiyatının «fY!illet-
lerin gizeııni» üzerine kendini sorgulamasının bitmemiş olması,- bugün geçmişe
nazaran daha çok önemli. Paris Insticut Catholique'ten (Katolik Enstitüsü) ilahiy-
atçı François Bousquet, Mons. Joseph bore için sunulan İlahiyatçıların sorumluluğu
(Paris, Desclee, 2002), adlı eserde yer alan Dinler reolojisi: hassas konu, katedilebilir
yol (pp. 813-825) başlıklı çalışmasında «bir düzine şantiyeyi üç grupta toplamak
mümkün» olduğunu söylüyor:
- öncelikle <<İyi bir konseptüel teçhizata sahip olmak (iyi bir epistemoloji
aracılığıyla korkuları yenmek, gerçek.sorununu gerÇekten onurlandırmak, Tanrı'yı
doğal yöllardan tanıma problemini yeniden başka bir şekilde ele almak ve bazı mod-
elleri değiştirmek) »; ·
- daha sonra «kendine ve başkalarına bakış tarzını değiştirmek (tarihsel hıris­
tiyanlığın İncil'ine sürekli geri dönme gerekliliğini hafızalardan çıkarmamak ve
'Mesih'te düşünmek', .farklılıklar~ ve detaylara daha iyi bakmak; ve öteki'ne ken-
8. II. Vacikan Konsili Soncası Kacolik ~ilisesi ve "Bizden Olmayanlar 289
disinin söylediğinden daha çok güven ver!llek)»;
..-ve son olarak «.paskalya ve reslis kcisrolojisinden yola çıkarak düşünmek (med-
.icasyon sorununu ele alma şeklini yenileme, eşsizlik sorununu daha temel düzeyde
yeniden ele almak ve .~skarolojik ümidin ufkundan ·yola çıkarak daha kararlı bir
şekilde düşünmek)». ürekinin ruhsal . tecrübesi ve özellikle müslümanlar üzerine
ayırrerme şekillerini, işte bu perpekcifler çerçevesinde -düşünmek gerekir.
Tanrı · birliği düşlüyor, bu Mons Michael L. Fitzgerald'ın son kitabına verdiği
başlıktı. 1986 ile 2002 yılları arasında, Dinlerarası Diyalog'tan Sorumlu Papalık
Kurnlü'unun sekreterliğini yaptı ve daha sonra 2002-.2006 yılları arasında aynı
kurulun genel başkanı seçildi. Bu çalışmasının sonuç bölümünde şunu i~iraf ediyor:
«Ruh'un meyv~leri sadece hıristiyanlara yönelik değildir», ve hıristiyanlar bunları
«Öteki diniere bağlı yolô.aşları nezdinde de ranımaya» davet edildiler (p. 206).
Sonuç
Yukarıda bahsedilenler, dinlerarası ve özellikle İslam-hıristiyan diyaloğunun
hem vaat ettikleri ve hem de gerekliliği konusunda, karolik:' düşüncesinin bugüne
kadar kayderriği gelişmelerdir. II. Yarikan Konsili'nin yayımladığı metinlerio
düşüncesiyle hareker edilerek, papaların, dikasrerlerin, bölgesel veya milli pisko-
poslukların güncel kıldığı, «diyalog kültürü» her alanda, özellikle hıristiyan-müs­
lüman arasında yenilenen ilişkilerde, gelişim gösterdi. Artık hasım değil, çalışma
· arkadaşı, onlar artık saçmalayan modemliğin yeni doğmakta olan pudarına, kendi-
ni mutlaklaştıran bir teknolojiye karşı, Tanrı'nın büyüklüğüne; ister ekonomik
olsun isterse ideolojik, totalirer düşünce akımiarına karşı ise insanın varlığının sahip
olduğu yüksek haysiyere tanıklık etmeye çağrıldılar. Tüm ülkelerde, her düzeyde
sayısız islam-hıristiyan toplantıları gerçekleştirildi. Bu toplancılarda müslümanlar,
yahudiler ve hıristiyanlar, ortak kişisel monoreizm adına, insan haklarına öncülük
· · ermeye davet edildiler. Nitekim bu monoceizm birilerini~ <<doğal yasası»ndaki
değerlerde, örekilerinin «İlahi ifşaya dayalı yasa»sındaki (şeria) gayelerde, şahıslara
(en-nefs), dine (ed-din), kültüre (el-akl), aktarılması g~rekilen hayata (en-neseb) ve
verimli kılınması gereken toprağa (el-mal) yönelik aynı kaygıların taşındığını
görmek mümkündür. Üç monoreist ve Asya'nın büyük dinlerine, üç binli yılın
amacında özel bir sorumluluk düşüyor: Sant'Egidio adlı romalı cemaat tarafından
her yıl yeniden kudanan ve ilk defa 1986 yılında Assisi'de yaşanan olay, bu amacıQ
bir anlamda sembolik tarihsel ifadesi ve sürekli hafızalara yapılan çağrıdır. Bu
üropik bile olsa, reeldir. Aynı şekilde reolojik değerlendirmeler de yenileniyor ve
bunlar inancın içeriği ile tümden uyum iç!nde kesinleştiriliyor. Çünkü bu
değerlendirmeler, hıristiyanlar için ~utsal Kitap gibi kurucu metinlerde ve Mesih
İsa'nın Kişiliği'nde, ve özellikle kawlikler için kilise tarihinde kök salıyor. Arrık
hıristiyanlar ve '!lüslümanlar arasında, birlikte barış içinde yaşama ve· hesap yapan
toleransran çok, . karşılıklı saygının ve dostça işbirliğin doğması na zemin hazırlayan ·
anlayİşlı karşılıklı canışma var. Onlar, modern toplumları uygadaşma yolunda, bir
adım daha öteye görürmenin güvencesini verip, böylece Tanrı'nın huzuruna miller-
Ierin adaklarını sunabilmekrirler. Hıristiyan artık kimseyi cehenneme göndermiyor,
Tanrı'nın sabrı içine giriyor, kendisinin mürevazi tanıklığı herkesin bu kurtuluşa
karıTmasını sağlayabileceğinin bilincindedir, kurtuluş ki, bir zamanlar
BeyrüUahim'de «iyi niyetli tüm insanlara vaadedilmişti». İzmir'li Polikarp'ın
öğrencisi, daha sonra Fransa'nın Lion kentinin piskoposu Aziz İreneus şunu söyle-
meyi seviyordu: «Tanrı 'nın şanı, yaşayan insandır».
·290

CHIESA CATTOLICA
E

DOPO IL VATICANO II
Prof.Dr. Maurice Borrmans
Introduzione
Da molco tempo i cesci della Bibbia, Ancico e Nuovo Tesrameneo riunici permeccono
ai erisriani di farsi ~n'idea essenziale deli?- storia della salvezza, incorno alla persona cen- .
ccale di Gesu Crisco, le cui pacole e aziani rivelano !ciro Funiversalica del suo messaggio
e della·sua missione>-Bio vuole che cucci gli tıornini -siano salvi e accedanö alla conoscen-
za del suo miscero di bonca e di amore. Questa visione posiciva della scoria umana e scat:a
sviluppata dai Padri della Chiesa primi civa, dai gcandi pensacori del· Medioevo e anche
dai ceologi dei ·tempi moderni attraversp le vicissicudini di una storia, nel corso della
quale esclusivismo e inclusivisrno şi sono altecnati al segıiito degii avvenimenti cultur-
ali e palitici concradditori.
Lo studio dei cesci del Cohcilio Vaticano II rivela a cucti che la Chiesa Caccolic:ı., i~
quell'occasione, ha fatto una cileecura coraggiosa del suo modo di considerace il posta
degli «altri» nella storia della salvezza. Da una parce la preoc'cupazione ecumenica l'ha
portata a rinnovare il suo rapporco con le «alcre» chiese e comunita crisi:iane in vista di
una «ricostruzione dell't.inita», quella che Gesu Cristo aveva desideraco per i suoi (cfr.
spedalmence il Decreco sull'ecumenismo, Unitatis Redincegratio). Dall'alcra parce lo
sgu!lrdo che essa porta sui giudei, «altri» non cristiani, ha voluro farsi piu posicivo e
comprensivo, come hanno dimostrato le conferenze precedenti. .
Çösa si puo dire deU'atte'ggiamento globale che la Chiesa Cactolica ha assunco dopo
il Concilio Vaticano II, che, nei testi essenziali della Costituzione Dogmatica sulla
Chiesa (Lumen Gencium), d~Ua Costituzione Pastorale sulla Chiesa nel .mond'o di questo.
tempo (Gaudium et Spes), del Decreto sulla activ.i..ca missionaı:-ia. della Cl].iesa (Ad
Gen~es), della Dichiacazl?ne sulla iiberca religi~sa (Dignitate Humane) e della
Dichiarazione sulle relazioni della Chiesa con le religioni non cristi;ı.ne (Nostra Aetate),
si era pronunciato _sulla sua preoccupazione per· gli «altri»? Trattandosi qi.ıesto di un
p rimo e rapido bi~ancio di cio che e. stat~ vissuco e scritto nel corso degli ultimi quaran-
t'anni, conviene incerrogarsi anzitcutto sullq «Spirito del dialogo>> che ha·. animato le
accivita ~ei suoi resposabili e riflettere su quello che si e manifestato da cio che hanna
detto e facto. E' necessario poi tencare di co.nsiderare·le inolceplici manifestazioni della ·
riflessione ceologka· a questo pr9posico, insistendo particolarmence sulla eelazione cra.
erisriani e musulmani. che e l'oggettö dei nostri scainbi amichevoli in quesci giorni di
studi e di med~tazione. · ·
Chiesa Carcolica e "alrri" dopo il Vaticano II 291
I
I cattolici e «lo spirito del dialogo» ·
Ne! corso degli ulcimi quaccro decenni non sono mancare le iniziacive promosse da
papi, dicasceri romani, episcopaci nazionali o associazioni erisriane evangelicamence
impegnace nell'inconcro degli «alcri».
ı. ı. Cio che i papi hanno &tto, detto o scritto
Paolo VI, Giovanni Paolo II e Benederco XVI non hanno mancaco di ucilizzare e di
sviluppare il concenuco della Dichiarazione Noscra Aecace, ormai consideraca· come la
«Carca del dialogo», ne a Roma, dove hanna ricevuco numerosi rappresentanci delle reli-
gioni non erisriane ne durante i loro vfaggi ·aposcolici ai quatcro angoli del mondo.
Paolo VI, ~ell'enciclica Ecdesiarn Suam (6 a8osco 1964), dove egli riflecce sui rap-·
parti della Chiesa· con gli«<alcri», dopo aver richiamaco un primo cerchio la cui «area
copre l'umanita» , considera un seeonda cerchio, quello d~gli «uomini che adorano il Dio
unico e sovrano»: «Noi alludiamo ai fıgli del popola ebraico, degni del noscro affeccu-
oso rispecı:.o, fedeli alla religio~e che noi diciamo dell'Ancico Tesc~enco; e poi agli ada-
racari di Dio seeonda la concezione della religione monoceistica, 'di quella musulmana
specialmence, mericevoli di ammirazione per quanto nel loro culto di Dio vi edi vero e
di buono; . e poi aneara ai seguaci delle grandi religioni afroa:siaciche [ ... ] Noi non
vogliamo ·rifıucare il noscro rispetcoso riconoscimenco ai valori spiricuali e morali delle
varie confessioni religiose .non .cristiane, vogliamo con esse,promuovere.e difendere gli
ideali, che pc;>ssono essere comuni nel campo della liberta religiosa; della fracellanza
umana, della buona culcura, della benefıcenza sociale e dell'ordine civile. In merico a
quesci comuni ideali un dialego da parte nostra e possibile>> (ES 11l-112).
In un'altra Enciclica, incirolata Popularum Progressi~ (26 marzo 1967), egli precisa
che «tea le civilca, come cra le persone, un dialego sincero e di facco creatore di frater-
nica [ ...].Un dialogo cencrato sull'uomo, e non sui prodocci e sulle tecniche, potra allo-
·ra aprirsi. Un dialogo cencrato sull'uomo, non sui prodotti e sulle cecniche, si aprira alla-
ra. Un dialego che sara fecondo se arrechera·ai popali che ne fruiscono i mezzi di elevar-
si e di raggiungere un piu alto grado di vita spirituale» (nn. 73 e 82).
Infıne, nella sua Eserrazione Aposrolica Evangelii Nunciandi (8 dicembre 1975), egli
afferma che «il primo (annuncio) si rivolge anche a immense porzioni di umanita che
pradcano religioni non crisciane, che la Chiesa rispetca escima perche sono l'espressione
vi va deli'anima di vasri gruppi umani. Esse portano. in se l'eco di millenni di ricerca di
Dio, ricerca incompleca, ma realizzata spesso con sineecira e rettitudine di cuore.
Posseggono un patrimonio impressionante di resti profondamence religiosi. 'Hanno
insegnaco a generaziani dipersone a pregare. Sono tutte cosparse di innumerevoli "germi
del Verbo" e, per tiprendere una fe~ice espressione del Concilio Vaticano II cracra da
Eusebio di Cesarea» (n. 53), passono coscicuire un'aucencica "prepaiazione evangelica".
A questi scricci del magiscero uffıciale di Paolo VI, conviene aggiungere anche quel-
İi del suo magistero ordinario, nei quali egli ha sapuro precisare alcuni aspetti de i doc-
umenci conciliari. «La Chiesa -aveva detto ai Padri del Concilio il 29 setcembre 1963-
punca i suoi occhi al di la delle comunita cristiane e si volge verso le alcre religioni che
conservano il concecco e la nozione di un Dio unico, crearore, provvido, sommo e
crascendence la narura delle cose; che peaticana il culco di Dio con acti di sincera pieta e
che derivanoda quesre usanze e credenze i principi della vica morale e ~ociale>>, e .piu
cardi a Bomoay, in India, egli affermava che «noi non dobbiamo incontrarci come dei
semplici curisci, ma come dei pellegrini che vanno a eeccare Dio, non negli edifıci di
preghiera ma nel cüore degli uomini» (3 dicembre 1964). Piu precisamı;nce a
Bedemme, 6 gennaio 1964, egli a_veva specifıca~o: «Quesco saluro deference noi lo ind-
/

292 Prof.Dr. Maurice BORRMANS


irizziamo in una maniera particalare a chiunque professi il monoceismo e con noi rende
un culco religioso all'unice e vero Dio, il Dio vivence e suprem9, il Dio di Abrariıo,
l'Alcissimo», riferendosi con quesce parole ai musulman i che, oggeccivamence, adorano
«Con noi» lo ·scesso Dio. Ed ancora, commencando a Roma, durance l'udienza generale--
dei 9 dicembre 1964, le sue impressioni sul viaggio in India, egli non esirava a dire,
dopo aver sonolinearo la cactolicita della Chies~, che quella considera i Geneili con
rispetto, poiche «sanc'Agost ino, che era piuttosto severo quando affermava il rappor ro
necessario cra la Chiesa e la salvezza, scriveva: 'non si deve dubicare del facco che i Geneili
scessi abbiano loro profeti'(...} tut te cose che impongono al d ialego apostolico: molco
equilibrio, saggezza e pazienza». Ed egli aggiungeva ancora, piu tardi, che ci sono dif-
ferenci modi di appartenere alla Chlesa «realmence oppure virtualmence, in voco, artra-
verse il desiderio (come i cacecumeni), oppure anche per un oriencamenco onesro della
vita, pur essendo privi di cutte le conoscenze espticice def Cristianesimo·, ma aperco
anraverso la sua rettitudine moral!! all'azione misceriosa della misericordia di Dio, la
quale puô associare ugualrnence all'urrianita salvata accraverso Cristo, e dunque alla
Chiesa, le immense molcicudini di uomini».
Giovanni Paolo II non ha facco alcro che concinuare quesco scesso approccio aile reli-
gioni non crisciane. Nella sua Enciclica Redempcor Hominis (4 marzo 1979), egli invi-
ta ad «applicare cio che e scaco decto (le riflessioni precedenci relative all'ecumenismo)
all'anivica che cende all'avvicinamenco con i rappresencanci delle religioni non cristiane,
e che si esprime mediance il dialogo, i concatti, la preghiera comunicaria, la ricerca deı"
cesori della spiricualica ıimana, i quali - come ben sappiamo - non mancana neppure ai
membri di quesce re!igioni» (RH 6).
E il papa aggiunge, nella sua Esorcazione Aposcolica Chrisi:ifideles Laici (30 dieem-
bre 1988), che «Il dialogo cra le religioni ha un'imporcanza preminence perche conduce
all'amore e al rispecco reciproco, e!imina, o alrneno dimimiisce, i pregiudizi cra i seguaci
delle diverse religioni e promuove l'unica e l'arnicizia cra i popoli» (CL 35).
Ma e con la sua Enciclica Redempcoris Missio (7 d·icembre 1990) che egli espresse
cucco il suo pensiero sul dialego incerreligioso, prendendo acco che, sovence, equella una
prima forma di evangelizzazione: « Inceso com e mecodo e mezzo per una conoscenza e
un arricchimenco reciproco, esso non e in concrapposizione con la m issione ad gentes,
anzi ha speciali legami con essa e ne e un'espressione. [ ...) (Dio) non manca di rendersi
presence in cami modi non solo ai s·ingoli individui, maanche ai p"opoli mediance le loro
ricchezze spirituali, di cui le religioni sono precipua ed essenziale espressione, pur con-
tenendo "lacune, insufficienze ed errori". Il concilio e il successivo magistero hanno
ampiamence soccolinearo rucco ciO>>. (n. 55)
Nella sc~ssa Enciclica Giovanni Paolo II, aneara convinco che Gesu Crisco e la
«buona novella» della salvezza offerta a tutti gli uomini, che cio deve essere facco
conoscere ed arnare e che la Chiesa si impegna umilmence e in armonia con gli inceeven-
ci dello Spirito Sanco nelle coscienze, precisa anc:ora: (( Il dialogo non nasce da caccica o
da inceresse, ma e un'accivica che ha proprie mocivazioni. esigenze, dignica: e richiesco
rispecco dal profonda per cutco cio che nell'uomo ha operaco lo Spirico, che soffia dove
vuole. Con esso la.chiesa incende scpprire i "germi del Verbo", "raggi della verira che
illuminano cucci gli uomini" (105) germi e raggi che si crovano nelle persone e nelle
cradizieni religiose dell'umanica. Il dialogo si fonda sulla speranza e sulla cari ca e portera
frucci nello Spirico. Le. al ere religioni coscicuiscono una sfida posiciva per la chiesa: infat-
ci esse la scimolano sia a scoprire e a riconoscere i segni della presenza del Crisco e del-
l'azione dello Spirito, sia ad approfondire la propria idenrita e a cestimoniare l'incegrica
della rivelazione, di cui e deposiracia per. il bene di cutti. Da qui deriva lo spirito che
Chiesa Caccolica e "altri" dopo il Vacicano II 293
deve animare tale dialego ( ...) L'inrerlocucore deve essere coerence con le proprie
tradi~ioni e convinzioni religiose e aper~o a comprendere quelle dell'altro, senza dissim-
ulazicini o chiusure, ma con verica, umilca, lealdı, sapendo ·che il dialego puö arricchire
ognuno. Non ci deve essere nessuna abdicazione ne irenisrno, ma la cescirnonianza reci-
proca per un comune progresso ·nel cameriina di ricerca e di esperienza religiosa e, al
tempo scesso, per il superamenco di pregiudizi, incolleranze ·e malincesi. Il dialego rende
alla purificazione e conversione ineeriare che, se persegulta eon docilica di Spirito, sara
spiricualmence fruccuosa» (RM 55-57).
Il Cacechismo della Chiesa Caccolica, appı;ovaco da Giovanni Paolo II, il 25 giugno
1992, si appoggia su cucci i cesci conciliari per afferrnare che «U legame della Chiesa con
le religioni non erisriane ~ anzicucco qqello dell'origine e della fine cornuni del genere
uın;ı.no», infattİ « ' Ne! coı:;so della loro scoria, e fino ai giorni noscri, gli uomini in
molteplici rnodi han no espresso la propria ricerca di Dio acrraverso le loro credenze ed 1
loro cornporcarnenri rt:ligiosi (preghiere, sacrifici, culci, rnedicazioni, eec): Malgrade le
arnbiguica che possono presencare, tali forme d'espressione sono cos.J universali che l'uo-
mo puo essere definico un essere religioso». (n. 22) Ed e dunque alla iuce dei testi con-
ciliari che conviene incerprecare bene l'espressione «fuori della chiesa non. c'e salvezza»:
essa e il «Sacramenco universale» della salvezza data in Gesu Crisco, il quale raggiunge
ciascun essere ·umano atcraverso le vie che gli sono p roprie.
E l'Enciclica Veriraris Splendor (6 agosro 1993) richiama «In quesca resrimonianza
all'a5solucezza del bene morale i erisriani non sono soli: essi crovano conferrne nel sepso
morale dei popoli e nelle grandi cradiziani religiose . e sapienziali dell'Occidence e .
dell'Orience, non senza un'inreriore e misteriasa azione dello Spirico di Dio» (VS 94).
Tucco cio spiega perche Giovanni Paolo II espresse il desiderio che cucci siano invi-
cati ad associarsi all'anno giubilare alla sogiia dell'anno 2000 (a Roma,, il 28 occobre
1999), come egli .disse nella sua leetera apostolica Terrio Milleniuro Advenience,
riconoscendo che i sinodi cominentali avevano d~ preoccuparsi di quesco pensiero: (( la
vigilia del Duernila sara una grande oceasione per il dialogo incerreligioso ( ...). Si sru-
dia, in proposico, come predisporre storici appuncarnenci a Beclemme, Gemsalemme e
sul Siriai, luoghi. di grande valenza simbolica, per incensificare il dialego con gli ebrei e
i fedeli dell'Islarn», ed e quesco che si realizzo sia in Egicco (febbraio 2000) cheinTerra
Sanca (marzo 2000) e a Damasco (maggio 2001), nel corso dei due anni seguenti.
· Che cosa si puö raccogliere del suo magiscero ordinario, ch.e riunisce piu di 300 doc-
umenci, e delle sue numerose visice, sopracrutco nei paesi musulmani, quamo al dialo-
go islamico-crisciano? I erisriani devono rispecrare i loro conciccadini musulmani
ovunque essi debbano vivere con loro, poiche essi «si dichiarano 'obbedienci a Dio', 'soc-
comessi a Dio', ed anche 'servicori di Dio', seeonda la loro propria espressione» (Ank~ra,
29 novembre 1979), donde <<lo sforzo sirrteıro di comprensione e la ricerca comune delle
soluzioni in un reale desiderio di conciliazione con l'aiuco di Dio Unico al quale tutti
l)Oi crediamo» (Paris, 31 maggio 1980), infattİ <<noi possiamo richiarnarci al senso vero
delle parole: 'fracelli e sorelle nella fede' al solo Dio e noi siarno riconoscenci per quesca
fede» (Kaduna, 14 febbraio 1982). Di conseguenza <<Siccome noi siarno eredenci in Dio
-che e Bonca e Perfezione- rucce le noscre accivica devono rifleccere la oacura sa~ ca e recca
di Colui che noi adoriamo e a cui noi cerchiarno di obbedire». (Rorne, alla World
Islamic Cal! Sociecy, 15 gennaio 1990).
Tucce cose che invitano erisriani e musulmani a incerrogarsi sul mistera scesso di
Dio, aucore della ereazione e rnaestro dei profeti. Che ne e allara dei libri sacri? Se
Giovanni Paolo II cica coscancemence i resti biblici, egli non dimencica a volce di ricor-
rere al Corano scesso, dimoscrando al suo incerlocucore che egli si e inforrnato della <<SUa
294 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
cradizione scrituristica». Il valore dell'uc;ımo dipende anche al fatco che «per il Corano,
illibro sacro dei musulmani, 'Dio ha soffiato \n lui il suo spirico e l'ha dotato dell'udi-
to, deli~ visca e del cuore' cioe dell'incelligenza (Sura 32, 9)» (Ankara, 29 novembre
1979). Ai parcecipanci di un simposio romano islamico-crisciano sulla «sancita», egli -·
non esi ca di affermare· che <<tutta la vera sancita viene da Dio, che e chiamaco 'il Sanco'
nei libri sacri dei giudei, erisriani e musulmani. Il vostro sanco Corano chiama Dio al-
Quddus (Sura 59, 23)"[ ... ). Nel mondo l'innumerevole molcirudine di persone buone
(crisciani, musulmani e altri che vivono senza rumore delle vice di. obbedienza aucenti-
ca, di lode, di azione di grazie verso bio e di servizio disinceressaco verso il loro prossi-
mo) offrono all'umanita un'alternativa autencica: 'la via di Dio', per un mondo che aleri-
menci sarebbe distrutto dall'egoismo·, dall'odio e dai conflitti» (Roma, 9 maggio 1985).
Se «i eredenci sono iliuminari dal soledi Dio», essi sono anche 2iutati dall'esempio
dei profeti che Egli invia loro come modelli e messaggeri. Ne! suo insegn_amenco dia-
logico Giovanni Paolo II fa sovepte riferimeneo ad Abramo, ma in formulazioni che
.insiscono sulla «parencela spirituale». In effetti, per lui, Gemsalemme e la «patria di
cuore per tutti i discendenci spiriruali di Abramo» (Redemtoris Anno). «La fede in Dio,
che professano i discendenci spiriruali di Abramo, cristiani, musulmani e giudei»
(Ankara, 29 novembre 1979), fa di tutti «fracelli e sorelle nella fede di Abramo» (Roma,
5 giugno 1985), cucco come «i eredenci delle ere religioni (monoceiste) fanno riferimenM
co ad Abramo pater omnium credentiu~ (cfr. Rm 4, ll), per il quale essi sono, anche ·
se in un modo difference, una profonda venerazione» (Roma, 30 aprile 1991). Il papa sa
anche pariare di Gesu a migliaia di giovani di Casabianca e riconosce, in quell'occasione;
che la «lealta esige anche che noi riconosciamo e rispecciamo le nostre differenze. La piu
importance e certamence lo sguardo che noi volgiamo sulla persona e opera di Gesu di
Nazaret. Voi sapete che, e Gesu che consence ai erisriani di encrare in una conoscenza
ineima del mistero di Dio e in una comunione filiale con i suoi doni, sicche essi lo
riconoscono e lo proclamono Signore e Salvatore. Sono queste le differenze importanci
che noi possiamo accectare con umilta e rispetto, nella rolleranza reciproca; in queste vi
e un misrero .su cui Dio ci illuminera un giorno, ne so no cerro·,, (19 agosco 1985 ). Si sa
che a Damasco Giovanni Paolo II ha sapuro pariare di Maria e di Giovanni Battisca,
ricordando a cucci che «moschee e chiese sonô oasi di pace, di silenzio e di preghiera».
Ed e per questo che egli insiste dappertutto sull'importanza di questa ultima. E <<apar-
tire dalle realta del la ereazione che si vi ve la preghiera», d isse ancora, ed e in vis ca d ella
«fracernita e della pace universale» che· la preghiera deUe religioni deve indirizzarsi al
solo Creatore che «esaudisce>; le rich ies ce de i cuori.sinceri. Come non ricordare qui l'in-
tuizione che egli ha avuto riunendo ad Assisi, il 27 onobre 1986, alcuni dei rappresen-
tanci delle diverse religioni mondiali in vista della preghiera (che ognuno ha compiuro
secondola prÔpria cradizione ma «insieme» e «per la pace»), del «digiuno» simbolico e.
di un «pellegrinaggio» significativo in un «luogo alto» della riconciliazione, ovvero la
cittadina di San Francesco, il poverello? «La riunione dei c~pi religiosi per la preghiera,
-ivi egli soccolineava- e per se stesso un'invito facto oggi al mondo a prendere coscienza
che esiste un'altra dimensione della pace e un'alcro modo di promuoverla [.. .) Esse sono
conseguenza della preghiera che, nelle diversica delle religioni, esprime una eelazione
con una pocenza suprema che sorpassale nostre sole capacita uman~·· · E piu cardi, ren-
denda conco alla Curia Romana di questa esperienza nuova (22 dicembre 1986), egli
canfessava che «il fatto di essersi riuniti ad Assisi per pregare, digiunare e camminare in
silenzia estato come un segno chiaro deli'unira profo~da di quelli che cercano nella reli-
gione dei valori spirituali e trascendenti», e affermava che «ogni preghiera e suscicata
dallo Spirico Sanco che e misceriosamence _presence nel cuore di cucro l'uomo».
Chlesa Cattolica e "altri" dopo il Vaticano II 295
In un'altro campo, quello di una ecica comune a ttitti i credenci, Giovanni Paolo II
si applico a sviluppare le suggestioni della Declarazione Nostra Aetate in ınateria. «La
fede 'in Dio --dice ad Ankara, il 29 novembre 1979- e un fondamenco assicuraro di dig-
ni.dı, liberca. degli uomini ~ un princip.io di rertirudine per il comporcamenco mo~ale e
la vira in societa». Numerosi sono i resti del magisrero ch_e sorcolineano l'eminente dig-
nica del la persona umana, essendo ogni uomo sulla cerra un ·«rappresencaiue califfale» di
Dio per i musulmani, o il suo «Servicore fıliale>> per i crisciani. Eal.Sinai, il 26 febbraio
2000, che egli ha poruro affermare che i «dieci comandamenti» dati a Mose cosciruis-
cono una «piaccaforma di valori comuni» per l'edifıcazione delle socieca pluralisce. «I
dieci comandamenti -ivi egli dice- non sono ~mposci da un Si'gnore tirannico. Essi sono
serieti sulla pierra; ma, avendo cio, essi sono scari seritti nel cuqre dell'uomo come legge
mqrale universale, valida iq cucri i rempi e in tutti i luoghi. Oggi come sempre, le dieci
«parole» della Legge forniscono le sole vere başi per la vi cadelle persone, delle socieca e
delle nazioni». Donde gli appelli coscanci del Sanco-Padre alla solidarieta sul piano dello
sviluppo e~onomico, allo scambio delle culcure, per l'incelligenza, e la cecnologia, alla
difesa della vica, della donna, della famiglia, sul piano della bioecica, e cosl anche per
una educazi'one che peepari le nuove generazioni. a promuovere quesri valori superiori.
Ed ancora, davanci aile riprese delle violenze nei diversi p<ıesi come· i ~alcani e in Terra
Sa.nta, il Papa non ha cessaro di invirare gli antagonisti a risolvere la loro concroversia
atcraverso la via pacifıca del dialogo~ I suoi messaggi annuali per la Giornara Mondiale
della Pace del 1 gennaio non cessa di invicare al risperco delle minoranze, qualunque esse
siano, alla solidarieta universale senza aleuna discriminazione e al perdone reciproco in
visra di una riconciliazione aurencica; sia che cio avvenga in Bosnia-Erzegovina (la sua
visira e il suo discorso a Sarajevo, il 1-2 aprile 1997 lo cesrimoniano) oppure in Terra
Santa cra israeliani e palesrinesi. Quanto al dialogo propriamente inrerculturale, egli se
ne e facro promorore in cucci i luoghi. Nel febbraio del 2000, al Grande Sceicco di al-
'Azhar Maommecco Sayed Tantawi, egli ha poruro di re che <<esiste un legame srretto cra ·
le religioni, la fede religiosa e la culrura», quesro e il caso canto dellTslam quanto del
erisrianesi mo. Egli non faceva che riprendere allara cio che·aveva affermato in cante al ere
occasioni, sopracrucco per esempio in Libano. Il 7 seecembre 1989, egli si rivolgeva ai
musulmani libanesi in questi cermini: «Cari amici deli'Islam, la vosc'ra preghiera e la
voscra azione non passono essere indifferenri di frome al mavimento di solidarieta che
reelama la salvezza del Libano». Piu cardi, mentre si crovava a Beyruc in occasione del
sinodo scraordinario dei vescovi ·per i{ Libano, al quale perceciparono ere rappresencanri
dei musulmani libanesi, egli, nella sua Esorcazi~n~ Aposcolica deli'lı maggio• 1997,
pocı! dire a cucci: <<noi vogliamo proclamare al monc!,o l'imporcanza del Libano e la sua
missione scorica compiuca lungo i secoli: paese di numerose confessioni religiose, esso
moscra che quesce differenci confessioni j:ıossono vivere insieme nella pace, nella fracer-
nica e in collabo.razione». E ~uindi una «Cultura di dialogo» che Giovanni ·Paolo II ha
voluro proporre al mondo, come egli ha detto a coloro che, erisriani e non cristiani,
hanna partecipaco a Roma, il 28 onobre del 1999, all'Assemblea interreligiosa iri Piazza
San Piecro, proprio alla soglia dell'Anno San~o: <<lo ho sempre consideraco che i capi reli-.
giosi giocavano un ruolo vicale per alimencare la speranza della giustizia e della pace
senza la quale non c'e avvenire degno dell'umanita [ ...). Il dovere che ci accende consisce
dunque nel promuovere una culrura di dialogo». Segnaliamo infine che, a seguico degli
avvenimenti drammarici di New York e Washington deli' ll seecembre 2001 e di cio
che ne e derivato in Afganistan, Iraq, Palescina e Israele, Giovanni Paolo II il 24 gen-
naio 2002, durante una nuova Giornaca di preghiera per la pace ad Assisi, ha proposco
ai capi di Stato e ai rappresentanci di governe del mondo, un Decalogo per la Pace, del
296 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
24 febbraio 2002, che meriterebbe di essere scudiaco nel quadro di quesca medesima
«culcura della pace».
1.2. Ci~ che i dicasteri romani e gli ·episcopati nazionali vi haniıo aggi~to
E il segrecariato romano per i non crisciani.che, ıstıcuıto nel 1964, ın occasıone della -·
fesca di Pencecosce, ebbe l'incarico di meteere .in opera il dialogo incerreligioso per il
mondo. Dopo venc'anni di scudi, di accivica e di pubblicazioni, esso.ha voluco fornice ai
çaccolici alcune «riflessioni e oriencamenci riguardanci il dialogo e la missione» donaı:ı­
do loro, il 10 maggio 1984, un documenco sull' Acceggiamenco della Chiesa Caccolica
di fronce ai seguaci di alcre religioni, al fine di chiarire, presso cucci, i rapporci ambigui
cra quesce due forme di cescimonianza evangelica. Giovanni Paolo II dieeva a quesco
proposico: «Nience misconosce l'imporcanza e la necessica del dialogo incerreligioso per
cucce le religioni e per cucci i eredenci chiamaci piu che mai a collaborare perche ciascun
uomo possa raggiungere il suo scopo crascendente e raelizzare la sua crescica aucencica;
ed esso aiuta le culcure a realizzare i propri valori religiosi e spiricuali in presenza delle
rapide cras'formazioni sociali». Il Documenco ricordava dunque ai erisriani che la «mis-
sione» ha le sue esigenze di cescimonianza di fronce a Gesu-Cristo e di rispecco del la lib-
erca delle persone umane. Trattandosi del dialogo con tutte le religioni, ivi e affermato
che cio e fondaco, per cucci, su delle esigenze personali e sociali, che esse siano psico-
logiche o fılosofiche, e, per i cristiani, sulla fede in Dio Padre, nel suo Verbo che si e
unico a ciascun uomo e nello Spirico Sanco che agisce per il compimenco del Regno di
Dio in cucci i luoghi, sviluppandovi i semi del Verbo grazie a un dialogo sincero. E il
Documenco discingue:
- il dialogo dalla vi ca quocidiana ( «Stile di azione che richiede accenzione, rispecco e
accoglienza dell'alcro, al quale silascia lo spazio necessario per la sua idencidi, per la pro-
pria espressione e per i suoi valori»); ·
o
- il dial go de lle opere ( «vedendo gl i obbieccivi di caraccere umanitario, sociale, eco-
nomico, e policico che favoriscono la liberazione e lo sviluppo dell'uomo»);
- il dialogo degli specialisci («per confroncare, approfondir~ e arricchire i pacrimoni
religiosi degli un i e degli al eri» sul pian.o ecico o ceologico);
-il dialego dell'esperienza spiricuale (di quelli che «radicaci nella loro cradizione reli-
giosa, passono condividere la loro esperienza di preghiera, di concempl~zione, di fede e
di impegno, espressioni eviedi ricerca dell'Assoluto>>).
In visca dell'armonizzazione de «i rapporci cra il dialogo e 1~ missione>>, il
Documenco ha voluco, in conclusione, ricordare che si cratta sempre di un «appello alla
conversione nel rispecco delle coscienze e dello Spirico vivificacore c~n un desiderio di
progresso reciproco». Le personedi fede viva devono sapere che, facendo cio, esse collab-
orano «con cucci per la realizzazione del progecco d'amore che· Dio ha per: ciascun popo-
lo, meccendo in rlsalco cutte le ricchezze della Saggezza infinica e mulciforme di Dio».
Si crarta allora, per rucri, di afferİnare la pace universale e di encrare nella pazienza di
Dio, «il cui Spirico misterioso e silenzioso lav~ra i cuori degli uomini e dei popali sulle
vie del dia:logo per superare le differeneze razziali, sociali, religiose e per arricchirsi rec-
iprocamente>>.
Piu cardi, lo scesso dicastero, divef!Uto nel 1987 Consiglio Portçificale per il Dialogo
Incerreligioso, ha proposco, il 19 maggio, sei mesi dopola pubblicazione dell'Encidica
Redempcoris Missio, un cesco complemencare. Questo, incicolaco Dialogo e Annuncio, e
scato redatta in collaborazione con la Congregazione per l'Evangelizzazione allo scopo di
precisare in modo piu parcicolareggiaco. «qualche oriencamenco riguardante iJ dialogo
incerreligioso e l'annuncio del Vangelo» ciaffermanda che «la scoria dell'azione salva-
trice di Dio si estende a cutce le nazioni>>. «Un giudizio equo delle altre cradiziani reli-
Chiesa Carrolica e "aleti" dopo il Vacicano II 297
giose presuppone normalmence uno strerto .contatco con esse, il che comporta-al di la
della conoscenza eecrica- un'esperienza pearica di dialego incerreligioso con i seguaci di
tali· cradizioni, cuccavia, e anche 'vero che una valueazione ceologica correcca di queste
i:radizioni, per lo meno in termini generali, e un presupposco necessario per il dialego
incerreligioso. Quesce cradizieni devono essere avvicinace con una g~ande sensibilita,
renendo sempre con.co dei valori sperimeınrali e u,;nani che sono racchiusi in esse. Esse
esigono il .noscro rispecco poiche, ne! corso dei secoli, hanno reso cescimonianza dei (loro)
grandi sforzi di crovare risposce ai profendi misteri della candizione umana" (NA 1), e
hanno daco espressione all'esperienza religiqsa, aile piu profonde aspiraziani religiose di
miliani di loro membri e concinuano a farlo cutcora. Il Coıi'cilio Vaticano II ha fornito
le linee guida di questa valueazione posiciva (. ..]. La salvezza in Gesu Crisro e- in modo
misterioso - una· realra aperra a rucce le persene di buona volonra. ( ... ]. La "Lumeiı ·
Genrium" fa riferimeneo al bene che "e seminaco"non solo "nelle menci e nei cuori", ma
anche "nei cici e casrumi dei popoli" (LG 17) ( ....]. Cio richiede un discernimenro per il
quale bisogna stabilice dei criteri. Gli individui sincerj, marcar~ ·dallo Spirico di Dio,
hanna ce~camenre messo illoro sforzo personale nell'elaborazione e nello sviluppo delle
foro rispeccive cradiziani religiose>>.
· Il Documenro parla quindi della «sfida reciproca » e, dopo aver esaminaco quali sono .
i quactro campi dove il dialego e chiamaco a svilupparsi, esso ne precisa le modalica.
Quelli e quelle che dialogano «non dovrebbero essere ne rroppo ingenui ne eccessiva-
mence ipercricici, ma piucrosro di spirico aperro e accogliente», senza fare, perranco,
«astrazione delle lorô convinzioni religiose rispettive». Il Documenro ricorda inolcre
che, «cuscodendo ineatta la loro idencira, i-cy:isriani devono essere pronti ad apprendere
e a ricevere dagli alrri i valori posicivi della loro tradizioni. Medianre il dialogo, essi pas-
sono essere condocci a vincere i pregiudizi invecerari, a revisionare le idee preconcecce e,
ırvolte, anche ad acceccare che la comprensione della loro fede sia purificara».
Nell'ocrobre del 1996, la Commissione Teologica Inrernazionale che raggruppa
numerosi esperci caccolici, ha presencaco un rapporro di sinresi che e sraco approvaco dal
·suo Presidence, il Cardinale Raczinger, divencaco ·po,co dopo papa Benedecto XVI.
Incirolaco Il crisrianesimo e le religioni, esso s'incerroga sul valore salvifico delle reli-
gioni, richiama i presupposti ceologici fondamencali per una coerenza erisriana a quesro
proposico ed'emetce dunque delle riserve giuscifıcare nei confronci della «teologia plu-
ralista delle religioni». Di cio se ne parlera in dettaglio nella seeonda parce di quesra ·
esposizione. .
Allara prefetro della Congregazione per la dotcrina della Fede, lo scesso Cardinale
Ratzinger ha presencato il6 agosco dell'anno 2000 uo cesco, approvaco da papa Gi_ovanni
Paolo II, inricolaco la Dichiarazione Dominus Jesus «circa l'unicica e l'universalica salv-
ifica di Gesu Crisco e del la Chiesa». In effecci, come riconosce la scessa s• nella pearica e
nell'approfondimenco ceorico del dialogo tra la fede erisriana e le alcre cradiziani reli-
giose sorgono damande nuove, alle quali si cerca di far fronre percorrendo nuove piste
di ricerca, avanzando proposce e suggerendo comporcamenci, che abbisognano di un
accuraco discernimenco».
Eper quesco che, dopo aver mediraco su cio che e <ıla ri vetazione di Gesu Crisro com-
plera e definiciva» ed essersi incerrogaci sul ruolo del <<Logos incarnaco e (del) Sanco
·Spirico nell'opera di salvezza» e quindi sulla «uni_cira e(!') universalira del miscero salv-
ifico di Gesu Cristo», la Dichiarazione incende collocarvi il posro specifico della Chjesa:
la sua «unicica e unita», il suo rappocto con cio che e «Regno di Dio e Regno di Crisro» .
e la sua eelazione con «le religione di fronte alla saivezza»; anche di quesro si parlera pii:ı
avanri. L'incenzione del Documenco e chiaro: si craeta di «rimediare a una mencalira rel-
298 Pi:of.Dr. Maurice BORRMANS
arivisrica sempre piu diffusa», poiche «in base a tali presupposci, che si presenrano con
sfumature diverse, ralvolca come afferm~~oni e talvolta come ipocesi, vengono elaborace·
alcune proposce ceologiche, in cui la rivelazione erisriana e il misceto di Gesu Crisco e
della Chiesa perdona il loro caratcere di verira assoluca e di universalira salvifıca, o
almeno si getta su di essi un'ombra di dubbio e di insicurezza» (DI 4). L'essenziale di
quesci due imporcanri documenci sara ripreso nella riflessione ceologica che seguira.
A quesco insieme di cesri uffıciali pubblicati dai dicasteri della Santa Sede, che rlsul-
cano essere in perfecta armonia cra di" loro, bisogneca aggiungere le numerose
dichiarazioni delle conferenze episcopali conrinencali ~ nazionali, senza pariare di q~elle
in cui alcuni vescovi hanna ricenuco n~cessario esprimeesi sui rapporci di scima e di col- ·
iabarazione da sviluppare cra erisriani e musulmani. Ecos1 che i Patriarchi cattolici del
Medio-Orience hanna creduco imporcance indirizzarsi ai loro fedeli erisriani e ai loro
concircadini musulmani nella loro comune leetera Leccera Pastarale del 19 aprile 1992,
ivi dicendo.cra le alcre cose: «L'Orience e la cer.ra del dialogo cra Dio e l'uomo ( ... }. Ne!
momenco in cui Criscianesimo e Islam ricercano insieme, nel mondo di oggi, una forma
di comunicazione, di dialogo e di inconcro, bisogna far appello all'esperienza delle nos-
cre Chiese ( ...}. Dio ha voluco, nella sua insandabile saggezza, che noi (crisciani, musul-
roani e giudei) stessimo insieme in quesca regione del mondo. Accogliamo questa ,-olon-
ca con una larga apertura di Spirito [...}.Si sa che il dialogo islamico-cdsciano si e inear-
nato nei nostri paesi e luıigo la storia a dei livelli mo! to differenci [ ... }. Musulman i e eris-
ciani non limicano la liberta gli iıni degli altri. Essi sono chiamati insieme a un livello
piu profonda della liberra. L'inconrro con l'altro si fa nella trasparenza dello Spirico e a
riparo delle rapide classifıcazioni. Noi siamo chiamaci insieme a cambiare il processo
negacivo che ha poturo comandare le noscre eelaziani reciproche e di trasformado in
processo di accettazione della vi ta in comune nella diversita. Non e suffıcienre essere uno
accanco all'alcro, ma gli uni con gli altri per il bene dell'üomo ne! nostro paese».
Trarcandosi dell'Unione Europea, il Consiglio delle Çonferenze Episcopali Europei
cattolici (CCEE) e il suo omologo ecumenico hanna, da molco mmpo, proposco dei resti
di riflessione comune per il dialego islamico-cristiano su ·scala europea grazie al loro
comicaco congiunco Islam in Europa, e cio attraverso i documenci seguenci: La presenza
dei musulmani in Europa e la formazione teologica dei collaboracori pascorali (1992),
Reciprocica islamico-crisciana: elemenci di riflessione per le Chiese (1995), Macrimonio
cra erisriani e musulmani: direttive pascorali per i erisriani e le Chiese (1997), Dalla rec-
iprocica alla riconciliazione: utı messaggio delle Chiese erisriane riguardance le eelaziani
con !'Islam (1997), Seeonda leetera alle Chiese in Europa: il ruolo delte Chiese erisriane
nella societa pluralista, visco dai musulmani di Europa (2001), La formazione dei gio-
vani, erisriani .e m~ulmani,_ in un'Europa pluralista (senza data).
Forse bisogna aggiungere a quesco le iniziative di· alcuni episcopati nazionali? In
Icalia, alcunj documenci hanna daco rhateria alla riflessionie dialogica e ceologica.
Abbiamo anzittutto la Leetera del Cardinal Martini al popola di Milano, Noi e !'Islam
(1991), poi quella dell'episcopaco di Venezia, Crisciani e musulmani in dialogo: sussidio
pastarale (1992), seguica dalla pubblicazione, ad opera della diocesi di Brescia, del
librecco I matcimani cra cattolici e musulmani: iscruzioni (1995), prima che apparisse
l'incervenco del Cardinale Biffı, La citta di san Pecronio nel cerzo millenio: noca pastarale
(2000), e la noca dell'Episcopato dell'Emilia-Romagna Islam e criscianesimo (2000). E
infine la conferenza episcopale della Sicilia che propone, nel 2004, il suÖ Per un discern-
imenco erisriana sull'islam: sussidio pastorale. Accanco ad alcuni oriencamenci pascorali,
che in quesci documenci prevalgono, vi si crova anche un approccio ceologico dello
«sguardo crisciano" sull'esperienza religiosa dei musulmani, nella sua espressione per-
Chiesa Cattolica e "alrri" dopo il Varicano II 299
sonale e comunitaria. In Francia testi e dichiarazioni non hanno mancaco di chiarire
cucca questa problemacica. Mons. Raffın di Metz ha craccaco uria !unga leetera Pascorale
inticolara Visage de !'Islam e regard chretien (3 gennaio 1993), prima che la Conferenza
ôei Vescovi di Francia riunica a low:des nel 1997 proponesse ai carcolici francesi il doc-
umenco molco ricco Cacholique et Musulmans: un chemin de rencantre ec de dialogue
e dopo aver ascolcaco Mons. Fitzgerald del Consiglio Poocifıcale. per il Dialogo
Incerreligioso cratcare il tema Chretiens e !DUSulmans en Europe: perpeccives du dia-
logue. Si sa che la scessa Conferenza ha pubblicaco, in seguico, accraverso le cw:e del
Segrete.riaco per le Relazioni con !'Islam, un insieme di Fiches pascorales: Cacholique e
Musulmans (1999). Bisogna aggiungere che. i Protestanti deNa Franci.a han no farco ranco
pubblicando Elemencs de reflexion proposes aux membre de la Federation Protescance
de France concernanc le <~Enjeux du dlalogue avec le Juifs e le Musulmans» (1996), che
sôno venuci a illuscrare degli opuscoletti esplicacivi a livello pascorale. Un'inchiesta
analoga, riguardance gli altri paesi d'Europa, d'Mrica o d'Asia, rivelava che cutto un
lavoro di esplicicazione e staco compiuco dalle Chiese locali a seguico delle raccoman-
dazioni del Concilio Vaticano II. E a partire dall'insieme di q'uesti testi che si puo
tencare un primo discernimenro teologico dell'esperienza religiosa musulmana dal
punto di vista caccolico.
n
Qualche prospettiva di discemimeoto teologico
Come ha costatato padre J oseph Gelot all'inizia del suo articolo magistrale Vers une
theologie chretienne des religions non chreciennes (Verso una ceologia erisriana delle
religioni non crisciane), pubblicaco nel 1976 nella rivisca Islamochrisciana dell'iscici.ıco
Poncifıcia di scudi Arabi e Islamici (1-57): «l'insegnamenco del Vaticano II deve essere
evidemememe compreso seeonda la logica propria alla dottrina crisciana. Il Concilio,
stabilendo la passibilira per i non erisriani cİi ~ccedere alla salvezza, afferma che essa non
· puo realizzarsi indipendencemence dalla grazia di Dio (aucocomunicazione gracuica di
Dio scesso), indipendencemenre da Gesu Crisco, indipendencemence dalla Chiesa,
indipendencemence dalla fede. Cio signifıca, per il Concilio e per la ceologia crisciana,
che il cuore sineere dei non crisciani, che accedono alla salvezza compiendo la volonca di
Dio accraverso cio che la loro coscienza gli ri ve la e detta median te una fede ricevuca gra-
cuicamence da Dio, e messo in concati:o con Gesu Cris.to, l'unico Salvacore, e con la
Chiesa deposiracia dei mezzi che accualizzano la sua.presenza nel mondo. Il vero proble- .
ma della ceologia erisriana non e il facco cosl come e scaco affermaco poiche esso costicu-
isce un daco della rivelazione, ma il come del la sua relizzazione. Quesce regole di salvez-
za dei non cristiani, molco presco, son divenuce ogg~cco di ricerca dei .reologi».
I .libri ormai classici di l. Çaperan, le probleme du sal uc des infıdeles (il problema
della salvezza degli infedeli) (1912, rivisco 1934) e l'appelle des non chretienne alla
salvezza (l'appello dei non erisriani .alla salvezza)(1962) conferma quesca dottrina
comune che il Vaticano II ha espresso di nuovo: «A quelli che, pw: non essendo privi di
grazia (lumen Gencium 16) divina, non per colpa loro non sono pervenuti alla conoscen-
za espressa di Dio ·ma sı adoperano per cıv·ere una vi ta retta, la divina Provvidenza non
rifiuta glı aıutı necessari alla loro salvezza». Oggecco dell'amore infınito ed ecerno del
Dio vivo, cutta l'umanica puo cosl accedere' alla salvezza come la considera la fede ctis-
ciana. E cosl ı:;he all'epoca di Pio XII iLcelebre caso di Padre ieonard Feeney, gesuica di
Boscon (USA), ha fornice l'occasione per sonalineare la condanna dell'incerprecazione
sereeta ed esclusiva dell'assioma «fuori della Chiesa non c'e salvezza».
Ma che ne e delle cradiziani religiose crasmesse ad ogni essere umaıio mediance una
scoria e una culcura? Cosa pensare de lle religioni non crisciane, nella di versira scessa delle
300 P~o(Dr. Maurice BORRMANS
loro credenze e dei loro rici? L'essere umano, che vi si crova impegnaco, accede alla
salvezza malgrade esse, grazie a esse, o nel loro scesso quadro esercicandovi un discerni- ·
menco esiscenziale? Deccp alcrimenci: quesce religioni sacanno delle «vie di sal:vezza»
equivalenci alla ;,via crisciana»? Equi che la riflessione ceologica si sviluppa in numerose
direzioni, cra le quali alcune rischian.o di non corrispondere alla coerenza della fede cris-
ciana. .
Il comesra generale della globalizzazione ha reso culcure e religioni piu vicini che
mai le uile aile alcre. Da quando le socieca mederne sono divenuce pluralisce la necessidı.
di dialego si e imposta in rucci i campi .. Il pascore svizzero J ean-Claude Basser ne ha fatto
l'oggetto della ·sua resi Le dialogue incerreligieux: hisroire ec avenir (il dialego incerre-
ligioso:·sroria e avvenire), pubblicaca a Ginevra nel 199Ö, donde le sue ipocesi di cinque
tipi di relazioni possibili cra le religioni: ·la coesiscenza, il confronco, la·conversione, l'ac-
culcurazione e la simbiosi. In seguiro a questo, il pascore Andre Gounelle, della facolca
· di Moncpellier, propone nel suo arcicolo Theologies chreciennes des religions du monde:
essai di cypologie (Teologie erisriane delle religioni del monde: saggio di ripologie),
pubblicato nella rivisca catrolica di Marseille Chemins de' dialogue (vie di dialogo) (gen-
naio 1993), la classifıcazione di quesre possibilid. teologiche in sei ceödenze:
1. quella de «l'esclusivismo», che oppone <<religione» terresere e <<rivelazione» eris-
ciana (che sara quella del ceologo procesranre Karl Barth);
2. quella della <<preparazione evangelica», che considera le religioni come il migliore
sforzo umano per raggiungere Dio (che sara quella di Danielou, de Lubac, Von
Balchasar, Dournes e Bulcman);
3. quella di una <<rivelazione progressiva» o <<generale>>, che corrisponde a un inrer-
vemo divino del ripo delle alleanze adamitica e noachica, parallela alla <<rivelazione spe-
ciale» delle alleanze abramicica-mosaica e cristica;
4. quella del <<Crisro anqnimo»; che vede gli incerve~ci del Verbo (Logos) prima del-
l'incarnazione (che s~rebbe quella di Rahner, Schlkecre, Küng, Pannikar e Cobb);
5. quella del <<relativismO» assoluto, che.considera tutte le religioni come in paralle-
lo delle vie di salvezza, anche se il .cristianesimo ivi e riconosciuto come la «religione-
modello» '(che sarebbe quella di Hick, Knircer, Troelrsch e Schweirzer);
6. quella del «sincrecismo», che incende far canvergere rutte le religioni verso un
Assoluco indeterminaro (che s~ebbe la· visione di Toynbee).
Inolcre A. Gounelle precisa subico che solameme la·seconda, la cerza e la·quarra pas-
sono essere sosrenuce con la coerenza dai crisciani. Gli scudi di Padre Claude Geffre ten-
derel:>!:lerci a collocarlo nel quadro della seeonda e della terza menere padre Jacque
Dupuis, nel suo libro fondamencale Jesus-Chrisr ala rencanere de religions (Gesu Cristo
all'inconcro ddle religioni) (1989), lascia inrendere che' egli escilla cra la seconda, la
rerza e la quarta. Senza dubbio bisognerebbe inrrodurre alcune sfumature per apprezzare
esatramence il discernimenro ceologico dei differenci aurori consideraci, ranco piu che la
loro riflessione parce molco spesso da una religione decerminara ed e parricolarmenre sor-
rolineata. · ·
Seguendo Padre Luis F. Ladacia dell'Universica Gregoriana di Roma nel suo studio
inricolaro Du de vera religione a l'accion universelle de l'Esprir-Sainr dans la theologie
· catholique recenre(Dalla ve ra religione all'azione ·universale dello Spirico Sa neo nella
reologia cattolica recence), pubblicaca nel libro dell'Accademia Incernazionale delle
Scienze Religiose, L!! chriscianisme vis-a-vis des religions (il criscianesimo di fronce aile
religioni) (1997), e possibile precisare con piu precisione quesre rendenze coerenri con
la fede erisriana (pp.53-75). <<Se un valoi:e salvifıco e amibuiro aile religioni- egli diee-
cia non e a scapito dell'unicita ·del Crisro, ma come manifestazione di una presenzadi
8. II. Varikan Konsili Sonrası Karolik Kilisesi ve "Bizden Olmayanlar 301
Gesu e del suo Spirico in esse». Secondo lui, ci sarebbero «due principali coreemi di pen-
siero». La prima e quella di Karl Rahner, şecondo la quale vi sarebbe una <<presenza di
. Gesu nelle religioni» che farebbe dei loro adepci dei «crisciani anonimi>>. Ed ecco ciô che
quesca ·co.m prensione caccolica delle alcre religioni implica: «Anche affermando che il
cristianesimo e la religione assolma per tucci gli uomini, la quescione. che resta aperca e
sapere quando, per ciascuna culcura e per ciascun uomo; sopraggiunge concreramente e
come esigenza l'obbligo di riconoscerlo come cale e di encrarne a far parte. Fino a quesco
momemo in cui il Vangelo penerra realmeme nella simazione scorica di un uomo decer-
minaco, una religioqe non erisriana concieı:ıe gli elementi di conoscenza nameale di Dio
mescolaci al peccato originale e aile alcre depravazioni u.rrfane, ma anche agli elemenci
soprannacurali, mediance la grazia concessa da Crisco all'uomo. In quesco senso quesca
~e"ligione e legiccima, benche a gradi diversi ( ...} Quesco signifıca che (quesce religioni)
passono avere un senso posicivo nella provvidenza di salvezza divina. In alcri cermini,
una religione legiccima vuol dire ·~a religione isciruzionale', la cui ucilizzazione da
parce d~ll'uomo in un momenco decermi.naco puô essere visca, nell'insieme, come un
mezzo posicivo della eelazione retta con Doi e per il consegiıimenco della salvezza,
essendo percia calcolaca nel disegno saİvificÖ di Dio' (Rahner). Quesco implica che cias-
cun uomo, di facco, e gia ne «l'ordine ddia grazia» e «si muove gia verso la salvezza»
che e sempre <<in Gesu Cristo». Padre Ladacia aggiunge anche: «Poiche il pluralismo
religioso non sembra scomparire, il criscianesimo erede che Dio vincera la dove la sua
Chiesa non vi nce [...}. Con diverse sfumature quesca linea (di pensiero) e scaca seguica da
molci ceologi caccolici negli anni posc-conciliari e piu cardi». Si puô pensare che essa rag-
giunge la cerza e la quarca cendenza precedencemence descricce. Accanco ad esse cimane
la seconda, quella del «Compiinento», che ineegra anche la cerza. Le religioni non eris-
ciane «Sono l'oggettivazione della ricerca dell'uomo religioso che aspira al divino. Esse
ma_ı:ıcengono la loro legiccimica originaria dell'alleanza cosmica con Noe, cosa che impli-
ca la rivelazione di Dio ne Ila narura e nelle coscienze ( ...}. La religione esprime il deside-
rio che l'uorrio ha di Dio. La rivelazione cescimonia che Dio ha risposco a quesco deside-
rio. II criscianesimo, in quanco compimenco di ciô che le religioni accendono, le accoglie
cucce purificandole e crasforn:ıandole. Le .religioni sono delle 'piecre di attesa' ma anche
delle 'piecre d'inciampo' perche esse hanllio in se le cracce del male e del peccato». Si puô
quindi casratare che «la maggior pacce dei ceologi caccolici puo ciconoscersi in quesce
posizioni », quindi ·non si vede di buon occhio il facco che essi possano ereare una co c~
rence di pensiero che e reticence quamo <<al caraccece unico e assoluco di Gesu e del cris-
cianesimo». Quesc'ulcimo infattİ afferma ·senza sfumatura «il valore salviflco delle
diverse religioni>•, parla soccilmence <<di un'idencificazione parziale di Gesu Cr.isco con
il LogosNerbo» e discingue cra «l'azione universale del Verbo» e «la parcicolarica di
Gesi:ı.>>, cosa che non puo a~enire senza cadece.in un cerco relacivismo.
E dunque alla luce di cucci gli insegnamenci dei papi e dei dicasceri ro.mani, ripresi
anche dalle Chiese parcicolari e dalla riflessione della maggior parce dei ceologi caccoli-
ci, che conviene prendere acco di quesca diversica di coreemi di pensiero che hanno lo
scopo di precisare in quale misura una cerra religione dispone, rispecco ad un'alcra, di
cerci elemenci di salvezza e di grazia. Un pensiero comune deve esservi riconosciuco e
cioe «che l'offerra salvacrice che Dio ha facco a cucci, compresi i non crisciani, ~in legame
con il Crisco e con il suo Spirico; che i'azione universale del Logos e quella di Gesu; che
lo Spirico agisce sempre in riferimeneo a Cristo». In breve riferendosi sopraccucco al doc-
umemo Dialogo e annuncio, di cui si ricrovano le affermazioni ceologicamence elaborace
nel cesco della Commissione Teologico Incernazionale, si puô affermarcı che « cucci gli
uomini e le donne, che sono salvaci, parcecipano sia pure in maniera difference cra loro -
302 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
allo sEesso mistera di salvezza in Gesu Çristo per mezzo del Suo Spiriro. I Cristian!
conoscono gia questa realca grazie alla loro fede, mentre gli altri· rimangono iiıcon­
sapevoli del fatto che Gesu Cristo sia la fonre della loro salvezza. Il mistera della salvez- ..
za li raggiunge; in una maniera nota a Dio, tramice l'azione invisibile dello Spirito del
Crisco. Dal punto di visca concreco sara nella pra~ica sincera di ciô che e buono nelle pro-
prie cradiziani religiose, e seguendo la voce della propria coscienza, che i membri delle
al tre religioni risponderanno posicivamente alla chiamata di Dio e riceveranno la salvez-
za in Gesu Crisco, anche se essi non l9 ricengono o non lo riconoscono come illoro sal-
vacore'(DA 29). Gli elementi di grazia presemi nelle religioni sono d'identifıcazione piu
diffıcile rispetto ai frutti dello Spirico negli individui, erisriani o non. Donde la neces-
sica di un discernimento i cui ericeri rescanoda scabilire. Ma le religioni sono scare seg- .
nate attraverso l'impronta degli uomini sinceri, 'ispiraci inediance lo Spirico di Dio' (DA
30). D'alcra parce, non si puô affermare che rurco nelle religioni sia frutto della grazia.
L'approccio positivo alle alcre religloni non signifıca quindi chiudere gli occhi sulle con-
craddizioni che si possono avere cra esse e la rivelazione cristiana» (p. 72). E qunque
l'impegno specifıco di ciascun reologo a valueare le verira e gli errori, cosl anche i valori
e disvalori della cradizione religiosa alla quale si ricollegano i suoi incerlocucori in quesci
dialoghi inrerreligiosi. Su guesci molco e sraro decto guanco alla fınalita, ~odalira ed
incenzionalica, renendo conto della presenzadi una grande varieca di scuole d'incerpre-
tazione e di gruppi di spiricualira che ciascuna,religione conosce oggi: nessuna di gueste
e infatti monolirica. . .
Che cosa dieono dunque oggi i teologi catcolici dell'Islam a tripla faccia, quello della
Legge nella sua forma giuridica, quello della Saggezza nella sua forma fılosofica e quel-
lo del Sufısmo nella sua forma ascerico-mistico? E difficile delinearlo in .breve.
Certamente il tempo delle palemiche e delle apologie e ormai superaco e il resco della
Dichiarazione Nosrra Aerare (n. 3) apre la via a un discernimento equilibraro, esercira-
co da alcuni pensacori car~olici ben informati suiıe realra reologiche, giuridiche e misc-
iche che conoscono e vivono i musulmani di oggi nella gran varreca delle espressioni cul-.
rurali, nazionali e degli sviluppi intelleccuali delle scuole ceologiche. Padre Georges
Chehate Anawati, domenicano egiziano che ha lavoraro per piu di cinquanca ann i per il
dialogo islamico-cristiano, ha tenuro nel novembre del 1963 una conferenza decisiva a
Roma ali'Universita dı San Tommaso, all'Angelicum su L'islam a l'heure du Concile.
Egli, in una conferenza dal· titolo L'Islam a la croisee de chemins: impasse ou espoir?
(L'~slam all'incrocio delle vie::vicolo cieco o speranza?), tenura all'Universica di Friburgo
(Svizzera) il 15 novembre 1985, ha poturo descrivere le «tre posizioni cristiane» nei con-
fronci dell'Islam: ·
«- Anzitutto, una corrente minimalista, soprattutto preconciliare, ·che non vede
nell'Islam alcro se non cio che urca i dogmi crisriani. Questa carrence e diventata anacro-
niscıca.
- Poi, una carrence massimalisra che riconosce; in un modo o nell'alrro, il proferismo
di Maometto e il caratrere rivelaro del Corano. Le basi di una tale interprerazione sono
fragili, sia dal punto di visra storico sia dal punto di vista esegerico e teologico.
- Infine la maggioranza degli islarnologi cattolici , dimostrando molra simpatia per
i musulmani e una grande aperrura per il dialogo, preferiscono seguire una via media.
Quesca, segnando le divergenze radicali che separano le due religioni, precisa anche
l'oggetto del dialogo, le sue condizioni e i suoi limiri. I sosrenıcorı di quesca cendenza
rirengono che e premaruro porcare un giudizio ceologico suli'Islam (non . e'teologia
· indisdera'). Bisogna prenderlo corne un farro e continuare a studiarlo anche nella sua
complessira, sia come religione, comunira e culcura sia come civilta».
Chiesa Cattolica e "altri" dopo il Vacicano II 303
Conviene dunque incerrogare ciascuno di quesci «islamologi catcolici» per eeccare di
scabilire con loro in quale direzione pocrebbe oriencarsi quesra ricerca ceologica. Louis
Massignon (1883-1962), aurore dellibro Ö Vierge puissance ( 1958), nei suoi serieti (in
parcicolar!! in Examen du 'Presenc de l'homme leccre' par Abdallah Ibn al-Torjoman
(1917), Trois prieres d'Abraham (1935), nell'arcicolo Le signe ~arial della rivisra
Rychmes du monde (1948) e nella lerrera a M.me R. Charles-Barzel) cenca di vedere
nell'Islam una «religione nacurale ravvivaca accraverso una rivelazione proferica», i.l cui
concenuco non vuole superare quello della fede monoceisca di Abramo. Egli, in confor-
midı con l'aucopresencazione che !'Islam f~ sovente di se affermando di essere «la reli-
gione della ragione», «la re.ligione della ficra», cio che il Dio crearore ha messo nel cuore
del primo uomo Adamo, riciene inatere che essa corrisponda perferramence alla «Vircu
!JlOrale nacurale della religione». Alcuni pensano, a giusco cicolo, che il-concenuco e il
linguaggio biblico del Corano, da una parce, e le esperienze e gli insegnamenti de i misc-
ici dell'Islam, dall'alcra, coscicuiscano un patrimonio religioso che puo aiucare il musul-
mano nı;lla sua ricerca della presenza crascendence di Dio creat9re e provvidence .che e
anche il Dio di Gesu Crisco, garance di una salvezza universale. ·
Cio che ecerco eche rutta la riflessione teolologica e «in ricerca» e che un saggio dis-
cernimenco dell'esperienza spiricuale degli «alcri» presuppone una meditazione rionova-
ca in coltii che vi si dedica. Il facco e che la ceologia erisriana non ha fınico di incecroga-
rsi sul «mistero delle nazio_Qi», ._qggi piu imporrame che mai .. .I.l · reologo Fpınçois
Bousquet dell'Inscicuc Cacholique di Parigi nel suo srudio Theologie des religions:
dossier sensibles, chemins possibles (Teologia delle religioni: dossier sensibile, ca~mi­
no possibile) (pp. 813-825), pubblicaco in un omaggio offerco a Mons Joseph Dore socro
il cicolo La responsabilice des cheologiens (La responsabilira dei ceologi) (Paris, Desclee,
2002), egli crova «Una dozziı:ıa di cancieri che si passono raggruppare in ere insiemi».

-Si cracca anzicucco di «dorarsi di un migliore equipaggiamenco concecruale (vincere


le paure con una migliore episromologia, onarare veramence la quescione della verica,
riprendere in un alrro modo la quescione della conoscenza nacurale di Dio e cambiare
alcuni paradigmi)»;
- in seguico «Cambiare lo sguardo su se scessi e sugli alrri (cuscodire in ricordo la
necessica di una conversione permanence al Vangelo del criscianesimo scorico e 'pensare
in Cristo', guardare meglio le differenze e parcicolarica; e dare fıducia all 'alcro meglio di
quel che egli dice di se scesso)>> ·
- ed infine «pensare a partire da una criscologia pasquale e eriniracia (rinnovare il
craccamenco della quesrione della medirazione, riprendere a un livello fondamencale la
quesrione dell'unicica e pensare in. una maniera piu decisa apartire dall'orizzon~e escac-
ologico della speranza)».
E in quesce prospecive che bisogna pensare i modi del discernimenco deli' «esperien-
za spiricuale degli alcri», e in tnodo anecra piu particalare dei musulmani. Dieu reve
d'unice (Dio sogna l'unica), quesco e il ritolo che Mons Michael L. Fitzgerald da al suo
ulcimo libro, egli che fu il segrerario del Consiglio Poncifıcio per il Dialogo
Incerreligioso dal 1986 al 2002, prima d~ divenirne il presidence dal 2002 al 2006. Egli,
nella conclusione del suo lavoro, confessa che «i frucci dello Spirico non sona· riservati ai
crisciani» e che quesci ulcimi sono invicari a «riconoscerli presso i noscri compagni di
viaggio che apparcengono aile alcre religioni» (p. 206).
Conclusione
Tali ~ono gli sviluppi atruali del pensiero caccolico sulla necessica e le promesse del
dialogo incerreligioso, e piu particolarmente islamico-crisciano. Nello Spirito scesso dei
304 Prof.Dr. Maurice BORRMANS
tesrj del Concilio Vaticano II, attualizzati attraverso gli insegnamenti dei papi, dei
dicasteri romani, degli episcopati regionali o ·nazionali, la «cultura del dialogo>> si ~
sviluppata in tutti campi e soprattutto nei rapporti rinnovati cra c.ristiani e rnusulmani.
Non piu avversari ma collaboratori, essi sona chiamati a testimonia~e insieme la -
grandezza di Dio davanci agli idolatr.i rinascenri. di una modernita che sragiona e di una
recnologia che si assolutizza, eanche I'eminence dignica di tutto i'essere umano di fronre
ai totalicarismi, che siano economici o ideologici. I numerosi inconcri islamico-cristiani,
che si sono realizzati in tutto i paesi e a cutti i livelli, affermano che musuimani, giudei
e cristiani, sono invicaci a promuovere i diritti dell'uomo, 'i n nome di un comune
monoteismo personalista che vede, nei valori defla «legge naturale» degli uni e le final-
ira della «legge rivelata» (sharl 'a) degli altri, una medesima preoccupazione per la per-
sona (al-nafs), per la religione (al-di'n), per la cuitura (al- 'aql), per la vita da trasmettere
(al- nasab) e per la terrada far fruttificare (akmal). I tre monoteismi e le grandi religioni
dell'Asia hanna dunque una respohsabilira particalare in questo scopo del cerzo millen-
nio: l'avvenimento di Assisi del 1986, celebrato ogni anno dalla comunita romana di
sanc'Egidio, ne e simbolicame.nre l'espressione storica e il richiamo costante, perfina
utopico, ma reale. Nello stesso passo le valueaziani teologiche si rinnovano e si precisano
in tatale coerenza con il concenuto della fede, poiche esse si radicano nei cesci fondacori,
la Bibbia per i cristiani, e nell~ persona di Gesu Cristo e nella storia della chiesa, soprat-
tutto per i caccolici. Non si craeta dunque piu, cra erisriani e musulmani·, di una
coesistenza pacifica o di una colleranza calcolacrice, ma piuccosco di un'interconoscenza
comprensİva che generi un rispetco reciproco e una collaboraziooe amichevole, cos1 da
poter assicurare aile nostre societa moderne un.supplemenco di umanizzazione e in moda
da poter presenrare a Dio l'offerca delle nazioni. Da parte sua il erisriana non manda nes-
suno all'inferno, egli encra nella pazieı:ıza di Dio, cosciente che la sua umile cestimoni-
anza puo dereeminare la partecipazione di rutti a questa salvezza, un tempo «promessa
a tutti gli uomini di buona volonta» a Betlemme. Sanr'Ireneo, discepolo del vescovo
Policarpo di Smirne, diventato vescovo di Lione nelle Gallie, ama dire che «la gloria di
Dio, e i'uomo vivente».

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