Mémoire Master II Boris
Thèmes abordés
Mémoire Master II Boris
Thèmes abordés
Mes parents,
i
REMERCIEMENTS
Je remercie :
Le professeur Adolphe MUKENGUE IMANO, Doyen de la Faculté des Sciences et
Coordonnateur de l’Ecole Doctorale des Sciences Fondamentales et Appliquées de
l’Université de Douala pour le travail remarquable qu’il effectue au sein de notre faculté.
Pr Siegfried Didier DIBONG, Maître de Conférences et responsable du Laboratoire de
Biologie et Physiologie des Organismes Végétaux, pour sa rigueur et sa disponibilité dans le
cadre de la réalisation des activités de notre Laboratoire.
Dr Charles ASSENG, Chargé de Cours à l’Université de Douala pour avoir accepté la
supervision de ce travail et pour sa disponibilité lors de l’élaboration de ce mémoire.
Dr Gérard NGOH NEWILAH, Chargé de Cours à l’Université de Dschang, Chef du
Laboratoire de TPR du CARBAP et Responsable de la Composante 3 du projet C2D/PAR-
PLANTAIN, pour m’avoir permis de réaliser mon stage dans ce Laboratoire et diriger ces
travaux de bout en bout, et surtout pour sa disponibilité malgré ses multiples occupations
professionnelles et administratives.
Dr Laurette NKOT, Chef de Département de Biologie des Organismes Végétaux pour les
efforts consentis durant mon cursus.
M. Gabriel MANGA, Chef de Station de l’IRAD de Njombé pour son soutien au cours de
mon stage.
Tous les membres de ma famille sans exception, pour l’attention particulière qu’ils
m’apportent, leur soutien moral, matériel et financier.
Tous ceux ou celles qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation des travaux qui ont
donné lieu à la rédaction de ce mémoire.
iii
SOMMAIRE
DEDICACES…….................................................................................................. i
REMERCIEMENTS ............................................................................................. ii
SOMMAIRE….. .................................................................................................. iv
RESUME……...……………………………………………………………….xi
2.2. Typologie…....………………………………………………………………8
iv
2.7. Exportation de la banane dessert à l’extérieur du Cameroun....................... 17
v
3.8. Analyses statistiques .................................................................................... 46
ANNEXES……. .................................................................................................... I
vi
LISTE DES SIGLES
vii
LISTE DES FIGURES
Figure 20. Profil sensoriel de quatre formes des crêpes .......................................................... .61
viii
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 4. Plan d’expérience pour la production des crêpes à base de la farine de plantain ... 41
Tableau 5. Moyennes des scores de l’analyse sensorielle des échantillons de crêpes ........... ..60
ix
LISTE DES ANNEXES
Annexe 4. Tableau d’ANOVA des analyses physicochimiques des farines ......................... VIII
x
RESUME
Dans le but de contribuer à la réduction des pertes post-récolte des fruits de bananiers et
de diversifier l’utilisation des farines à base des pulpes de banane plantain au Cameroun, une
variété de plantain (Big ebanga) a été utilisée pour la production des crêpes. Les résultats des
paramètres physico-chimiques des farines utilisées varient significativement (P<0,05). Par
ailleurs, l’optimisation des formulations de crêpes à base de la farine de plantain a permis de
retenir trois formulations les plus appréciées des consommateurs (formulations 4, 13 et 14).
Ces trois formulations additionnées à celle classique ayant pour codes respectifs : 437, 136,
214 et 430 ont subi une évaluation sensorielle impliquant soixante-douze (72) dégustateurs.
Ceux-ci ont donné leur appréciation sur la couleur, le goût, la texture, l’arôme et la qualité
globale de chaque produit suivant une échelle hédonique de 9 points : 9 (extrêmement
agréable) à 1 (extrêmement désagréable). Les résultats montrent que le produit 430 (100%
farine de blé) présente une appréciation globale moyenne de 7,29 devant le produit 136 (100%
farine de plantain) avec une appréciation globale moyenne de 6,76. Le test de DUNCAN
montre qu’il n’y a pas de différence significative entre la qualité globale du produit 430 et
celle du produit 136. Cette étude montre donc clairement qu’on peut utiliser la farine de
plantain pour produire les crêpes qui répondent aux attentes des consommateurs.
xi
ABSTRACT
xii
CHAPITRE 1. INTRODUCTION
1.1. Contexte
Les bananiers sont cultivés dans plus de 120 pays sur les 5 continents (Bakry et al.,
1997) et sur plus de 10 millions d'hectares (Lassoudière, 2007). Les bananes plantains offrent
de multiples usages. Elles sont consommées principalement sous forme de fruit frais ou
comme légume cuit ou frit mais font également l'objet de nombreuses transformations : chips,
frites, beignets, bière, etc. La banane plantain est le quatrième produit agricole après le riz, le
blé et le maïs (Lassoudière, 2007). La production mondiale de la banane plantain est de 3 787
780 500 tonnes, l’Afrique produit environ 72,7 % soit 2 755 476 700 tonnes et celle du
Cameroun est de 3 692 108 tonnes (FAO, 2013).
La banane plantain occupe une place primordiale dans l’agriculture de la plupart des
pays de l’Afrique centrale et occidentale où elle constitue un aliment de base et une des
composantes majeures de la sécurité alimentaire, tout en étant une source importante de
revenu pour les différents acteurs de la filière (Tchango & Ngalani, 1998). Les utilisations
traditionnelles de la banane plantain sont multiples. Elles varient selon les pays et les
habitudes alimentaires des consommateurs.
1.2. Problématique
1
tubercules locaux tels que le sorgho, le mil, le maïs et le manioc, dans la fabrication du pain et
d’autres nouveaux produits dérivés (Imb et al., 1989).
Bien que le plantain représente pour les populations une importante source de
principes nutritifs, les conditions de sa distribution sont essentiellement réalisées à l’état frais.
Les pertes post-récoltes des produits de grande consommation (bananes plantain) au
Cameroun sont estimées à près de 25 % (Mirap, 2010). Ces pertes pourraient être limitées s’il
existait des procédés rationnels de conservation et de transformation. Par ailleurs,
l’importation de plus en plus grandissante de la farine de blé utilisée en boulangerie et en
pâtisserie a amené le Laboratoire de Technologie Post-Récolte (TPR) du Centre Africain de
Recherches sur Bananiers et Plantains (CARBAP) de Njombé à entreprendre les essais de
substitutions partielles ou totales de cette farine par la farine de plantain. Ces études ont
abouti à la mise au point d’une farine à usages multiples. Ces travaux scientifiques ont eu
pour motivation de base, la nécessité de prolonger la durée de vie après la maturité de la
banane ou du plantain qui sont des denrées réputées très périssables (elle mûrit entre 5 à 9
jours après la récolte en fonction des cultivars, si la maturité physiologique est atteinte).
Hypothèses de recherche :
- Le beurre, les œufs et le lait demi-écrémé permettent d’optimiser les formulations des
crêpes ;
- Les crêpes produites à la farine de plantain sont appréciées par les consommateurs.
2
1.3. Objectifs de l’étude
Promouvoir l’utilisation des farines à base des pulpes de bananes plantain pour la
fabrication des produits alimentaires dérivés au Cameroun.
Il s’agit ici de :
Ces travaux seront présentés en quatre chapitres. A la suite du Chapitre 1 qui traite de
l’introduction où nous avons présenté le contexte, la problématique et les objectifs de l’étude,
le chapitre 2 est consacré à la revue de littérature et à la définition des concepts importants
pour une meilleure compréhension de notre étude. Ensuite, le chapitre 3 présente le matériel
et les méthodes utilisées pour atteindre les objectifs ci-dessus définis. Nous avons présenté les
principaux résultats et procédé à leur discussion au chapitre 4. Enfin, la conclusion et
perspectives envisagées pour la suite de notre travail sont présentées après ce dernier chapitre.
3
CHAPITRE 2. REVUE DE LITTERATURE
– Musa, présentant une forte variabilité et caractérisé par des inflorescences avec des bractées
insérées séparément des fleurs, à l'inverse du genre Ensete.
Les premières classifications du genre Musa sont apparues à la fin du 19e siècle. Le
genre Musa a été divisé en quatre sections (Heslop & Schwarzacher, 2007) sur base du
nombre de chromosomes et de caractéristiques morphologiques : les Australimusa (n = 10) ;
les Callimusa (n = 10) ; les Rhodochlamys (n = 11) et enfin les Eumusa (n = 11) avec 10 à 12
espèces qui constituent le genre le plus diversifié et comprend plus de 1 000 variétés dont les
plantains (Lassoudière, 2007). La section Eumusa regroupe presque tous les bananiers
cultivés et se caractérise par des bractées sillonnées longitudinalement sur leur face externe et
de nombreuses fleurs par bractée disposées en deux rangées. Une étude récente basée sur
l'AFLP (Amplified Fragment Length Polymorphism) propose de réduire de quatre à deux
4
groupes le genre Musa en regroupant les Rhodochlamys avec les Eumusa et les Australimusa
avec les Callimusa (Wong et al., 2002). Cependant, d'autres regroupements ont été proposés
et la classification précise des espèces et sous-espèces reste toujours débattue (Heslop&
Schwarzacher , 2007). De plus, de nombreuses régions du centre de diversification du genre
Musa en Asie du Sud-est n'ont pas encore été explorées et de nouvelles variétés et espèces
continuent d'être découvertes (Häkkinen, 2009). D'un point de vue botanique, le genre Musa
se divise en deux grands types : les variétés comestibles à fruits charnus et les espèces
sauvages. Ces dernières, séminifères à fruits non comestibles sont toutes diploïdes (AA et
BB). Actuellement, on en compte environ 180, toutes originaires d'Asie du Sud-Est, mais leur
recensement n'est pas encore définitif, surtout pour BB (Cirad-Flhor, 2003). Ces variétés
fertiles sont cependant importantes car elles présentent différents niveaux de résistance aux
maladies et ravageurs. De plus, en se croisant naturellement entre eux, ces bananiers sauvages
et séminifères ont contribué à l'élargissement de la diversité génétique. Ils sont donc la base
des différents programmes d'amélioration génétique et de créations variétales actuels et futurs.
C'est à partir de croisements entre ces espèces que sont apparues des variétés sans graine. Ces
bananes qui possèdent des qualités alimentaires ont rapidement intéressé l'homme qui les a
intégrées dans son agriculture en utilisant leur potentiel de multiplication végétative par
enracinement de leurs ramifications latérales. Le nombre de cultivars ou de variétés
comestibles à fruits charnus stériles et parthénocarpiques de par le monde est estimé à 1 200
(Cirad-Flhor, 2003) et représente une diversité génétique non négligeable. Aujourd'hui, les
variétés cultivées sont classées en groupes selon leur constitution génétique et leur niveau de
ploïdie, puis en sous-groupes en rassemblant les différents cultivars dérivant les uns des autres
par mutations naturelles à partir d'un ancêtre génétiquement commun (Cirad-Flhor, 2003). Si
les bananiers sauvages sont tous diploïdes, les variétés cultivées actuellement sont
généralement des clones triploïdes stériles et aspermes (AAB et ABB), issus soit de
croisements interspécifiques entre les deux espèces séminifères sauvages diploïdes principales
Musa acuminata et Musa balbisiana, soit de la seule espèce M. acuminata (AAA) (fig. 1). On
rencontre plus rarement des variétés diploïdes (AA et AB) et des clones tétraploïdes de nature
interspécifique (Lassoudière, 2007). La contribution haploïde de M. acuminata et M.
balbisiana aux bananiers cultivés est indiquée respectivement par A et B (Simmonds &
Shepherd, 1955). Au sein des bananiers cultivés, il faut différencier deux grands types de
bananes comestibles : les bananes qui se consomment à l'état frais, dites « dessert » et les
bananes consommées cuites dites « à cuire », comprenant notamment les plantains. Ces
5
derniers (AAB) comprennent de nombreux cultivars variant par leur forme, leur taille, leur
couleur, leur goût, etc.
Figure 1. Evolution des principaux groupes génomiques de la série Eumusa (Jones, 2000)
w=sauvage
6
Tableau 1. Classification et répartition géographique des principaux bananiers cultivés (Bakry
et al., 1997)
2.1.2. Historique
7
Afrique des plantains AAB daterait de 4 500 ans avant notre ère en Ouganda et de 2 750 à 2
300 au Cameroun, 1 200 de notre ère à l'Île de Pâques. La première apparition au Moyen-
Orient date de 300 de notre ère.
Une hypothèse récente est que la domestication des bananiers Eumusa s'est produite, il
y a environ 10 000 ans, dans les hautes terres de Nouvelle-Guinée. La variété M. acuminata
banksii, à l’origine de la plupart de celles qui sont cultivées aujourd’hui, y serait née et se
serait ensuite répandue en Asie du Sud-est où elle se serait hybridée avec les variétés locales.
Une légende indienne rapporte que la banane M. paradisiaca était originaire de l'île de
Ceylan, paradis terrestre duquel furent chassés Adam et Ève, leurs corps couverts de feuilles
de bananier. Linné a d'ailleurs donné le nom de M. paradisiaca au « Bananier du Paradis »
(banane plantain) et celui de M. sapientum au « Bananier des sages » (banane dessert),
nommé aussi « figuier du Paradis » ou « figuier d'Adam ». Cette légende est en fait issue
d'une tradition syrienne qui fait de la banane un fruit du paradis d'autant plus symbolique que
lorsqu'elle est coupée, les fibres de sa tranche semblent dessiner une croix.
2.2. Typologie
-Banane dessert : Ce sont les plus cultivées et qui font l'objet de courants commerciaux
importants entre les zones de productions et les zones d'importation (Europe et Amérique du
Nord). Alors qu'il existe de nombreuses variétés, la majorité des bananes commercialisées
aujourd'hui est de type Cavendish après avoir été la variété Gros Michel, décimée par la
maladie de Panama (appelée aussi « jaunisse fusarienne » causée par le champignon Fusarium
oxysporum dans les années 1940. La peau des fruits est généralement jaune ou rose et la chair
est composée d'amidon hydrolysé et de sucres non cristallisables. Plusieurs centaines de
variétés existent mais moins de dix sont utilisées en culture industrielle. Le génome donnant
le caractère sucré des fruits est issu de M. acuminata sp (malaccensis ou zebrina).
-Banane à cuire : dans ce groupe, les principales sont les Banane plantain. Ce sont des
bananes plus grosses que les bananes desserts. Bien que tout aussi savoureuses crues que les
premières, leur chair est plus ferme et il est plutôt d'usage de les consommer après cuisson car
elles restent entières. Elles sont préférées un peu vertes pour cet usage et leur texture est alors
assez proche des tubercules farineux. Leur commerce international est peu important. La peau
des fruits est généralement vert-jaune ou mauve et la chair est composée d'une forte
8
proportion d'amidon non hydrolysé et contient moins de sucre que les bananes dessert.
Plusieurs centaines de variétés existent toutes cultivée localement.
-Banane à bière : Elles se caractérisent par une pulpe amère. Elles ne sont que rarement
consommées directement. Le critère déterminant ce type sont les nombreuses gouttelettes
brunes émises par la pulpe coupée fraiche, les bananes plantains ont des gouttes beaucoup
moins nombreuses ou absentes et que les bananes desserts ont des gouttelettes toutes petites.
Elles sont fermentées, produisant ainsi un « vin de banane », particulièrement apprécié dans la
région des Grands Lacs en Afrique. La frontière entre banane à bière et banane à cuire est
assez flexible, et des bananes à cuire ou même des bananes dessert peuvent entrer dans la
fabrication du vin, tout comme des bananes à bière seront consommées cuites en cas de
disette. Elles ne sont produites que dans l'est de l'Afrique et ne font l'objet d'aucun commerce
international.
Le bananier (Musa spp) est une plante monocotylédone herbacée et vivace tropicale
de grandes dimensions, cultivée essentiellement pour son fruit consommé frais ou cuit
(bananier plantain), il appartient à la famille des Musacées et au genre Musa.
La partie souterraine du bananier est composée d’un bulbe ou tige vraie, pourvue de
nombreuses racines adventices qui apparaissent successivement au cours de son
développement. Ce bulbe comporte un bourgeon central ou méristème apical à partir duquel
sont initiées les ébauches foliaires puis les ébauches florales. C’est donc à partir de ce bulbe
que sera initiée la fleur du bananier qui deviendra le régime (Tezenas du Montcel, 1985).
Les racines du bananier prennent naissance à partir de la limite externe du bulbe dite corticale
et de sa partie interne dite médullaire. Les racines peuvent atteindre 2 à 3 mètres de longueurs
sur certains sols. Elles sont cylindriques, de couleur blanchâtre à leur émission puis elles
jaunissent et se durcissent en vieillissant. Ces racines primaires portent un abondant chevelu
de racines secondaires.
Le bulbe du bananier porte aussi des bourgeons latéraux qui deviendront des œilletons
puis des rejets. Chaque bourgeon peut se développer en rejeton et donner une nouvelle plante
9
mais cela ne se réalise que pour certains d’entre eux, plus favorisés par certaines conditions,
entre autres l’influence (dominance apicale, inhibition), le stade physiologique (floraison,
récolte) du pied mère et les interventions pratiquées par le planteur sur les rejets eux-mêmes
(œilletonnages). Les rejets sont bloqués dans leur développement tant qu’ils restent attachés à
la plante dont ils sont issus, leurs feuilles ayant alors une forme d’éperon.
Les bananiers sont monoïques. L’inflorescence comprend à la fois des fleurs femelles,
des fleurs hermaphrodites et des fleurs mâles.
C’est un épi de cymes unipares scorpioïdes : l’axe inflorescentiel porte des bractées à
l’aisselle desquelles les fleurs sont en général insérées sur deux rangs. L’ensemble d’une
bractée et des fleurs correspondantes forme ce qu’on appelle communément une main, chaque
fleur représentant un doigt.
La fleur fortement zygomorphe, est composée en premier lieu d’un périanthe divisé en
deux parties, un ensemble soudé de 5 pétales (périgone) en position axiale, et un pétale en
position axiale.
L’androcée est constitué de 5 étamines. L’ovaire infère est triloculaire, pluri-ovulé, à
placentation axile (Champion, 1967). La morphologie des fleurs diffère selon le niveau
d’insertion de la cyme sur l’axe inflorescentiel. Sur les dix premières mains en moyenne,
l’ovaire représente les deux tiers de la hauteur totale de la fleur, le style et le stigmate sont
10
bien développés et certaines des étamines sont réduites à des staminoïdes. Ces fleurs sont
dites femelles et donneront ultérieurement des bananes fruits.
Les mains suivantes portent des fleurs hermaphrodites avec toutes les pièces bien
développées, ce sont les fleurs intermédiaires. Enfin, les fleurs situées en position distale sur
l’axe inflorescentiel ont un ovaire réduit au tiers de leur hauteur totale, les styles et les
stigmates sont abortifs alors que les étamines sont bien développées. Ces fleurs sont dites
mâles et ne donneront jamais de fruits.
2.3.1.3.2. Le fruit
Le fruit du bananier est une baie contenant des graines avec une pulpe réduite (espèces
séminifères) ou bien seulement une pulpe parfois très abondante (espèces parthénocarpiques).
Chez les espèces séminifères, la banane est remplie de graines (entre 60 et 100 graines par
fruit). Ces graines ont moins d’un centimètre de diamètre, sont angulées et de formes variées.
Les bananiers parthénocarpiques donnent des fruits dont la pulpe est un parenchyme riche en
amidon.
11
2.3.2.2. Cycle végétatif
Le bourgeon émis par le bulbe se développe d’abord latéralement puis se redresse peu
à peu (Géotropisme négatif) quand ce bourgeon atteint un certain stade (diamètre de 7 à 8
centimètres).
Après avoir émis un certain nombre de feuilles (en moyenne 30), le méristème central
va en arrêter la différenciation foliaire et débuter celle de l’inflorescence. Celle-ci sera
poussée hors du pseudo-tronc par la croissance et l’allongement de la tige vraie après une
évolution interne d’environ 3 mois (Bakry, 1984). Le méristème floral différencie tout
d’abord des fleurs femelles puis des fleurs hermaphrodites pour ne former ensuite que des
fleurs mâles. Cette description est celle généralement observée chez la majorité des variétés
de banane. Cependant, certaines variétés de banane M. acuminata basnkii ou M. acuminata
siamea ont à la place des premières fleurs femelles, des fleurs hermaphrodites avec des
étamines et des ovaires fonctionnels (Kerbellec, 1995).
Chez les bananes à cuire, les diverses inflorescences mâles observées chez les bananes
à cuire de type plantain permet de les classer les cultivars en 3 sous-groupes (Tezenas & al.,
1983), en fonction du degré de croissance d’inflorescence. Les Frechns Plantains à croissance
indéfinie avec persistance du bourgeon mâle à l’extrémité, les faux cornes et cornes vrais à
inflorescence finie avec un bourgeon mâle qui disparait à maturité du régime et enfin le
dernier groupe caractérisé par une extrême dégénérescence (cas du cultivar Nothing but
green). Chez ce dernier, le rachis en forme de moyen ne porte aucune fleur (mâle comme
femelle) et par conséquent aucun fruit.
Chaque groupe de fleurs est protégé par une bractée qui tombe un à trois jours après
que l’inflorescence se soit dégagée du sommet du faux-tronc. Le découvrement des fleurs se
fait dans l’ordre de leur différenciation : des plus anciennes aux plus jeunes.
Les bananes et plus particulièrement les bananes Cavendish sont le résultat du développement
parthénocarpique des ovaires femelles uniquement. De sorte qu’un régime comprend entre 9
et 12 mains, chacune pouvant porter 18 à 20 bananes. La récolte du régime de bananes
Cavendish se fait environ trois mois après la sortie de l’inflorescence (Lescot, 1998).
La durée du cycle est d’environ 10 à 18 mois selon les conditions écologiques et les
cultivars. Les bananes sont récoltées encore vertes et généralement stockées dans des
chambres de conservation où la température est régulée à 14 °C afin d’en permettre le
transport.
12
L’évolution en sucres solubles de l’amidon, se met en place au cours de la maturation
du fruit, laquelle peut se faire hors pied ou quand le régime reste attaché au pied-mère. Le
passage en murisserie permet de déclencher et homogénéiser le processus de maturation par
un traitement à l’éthylène ou un mélange acétyl/ethylène. Le pseudo-tronc est abattu au
moment de la récolte du régime. Un ou plusieurs rejets vont alors prendre le relais et se
développer pleinement (Bakry, 1984)
Les fleurs mâles apparaissent sur l’inflorescence brutalement après les fleurs femelles.
Ces fleurs ne donneront jamais de fruits. La méiose mâle a lieu dans les fleurs 20 à 30 jours
avant leur apparition (découvrement de la bractée).
Le méristème floral a une croissance théorique infinie : le bourgeon terminal continue
à former sans interruption des fleurs mâles jusqu’à plein développement des fruits et jusqu’à
la fanaison de la tige, les dimensions de ces fleurs décroissant lentement. La plante meurt par
fanaison après la maturation de l’inflorescence, les feuilles ayant disparu progressivement
après l’émission de celle-ci (Simmonds, 1962). La figure 2 illustre la description botanique du
bananier.
13
Figure 2. Représentation de l’organisation du bananier et de ses rejets (www.fao.org)
Les bananiers à fruits de dessert et les plantains se plaisent sur les basses terres, il ne
se développent que lentement en altitude. Les bananiers produisant des bananes à cuire et à
bière préfèrent par contre les altitudes entre 1200 et 1800 m au dessus du niveau de la mer.
Les bananiers tolèrent unpeu d’ombre.
14
refroidissement endomage les fruits. Exposés à moins de 0 °C, les bananiers périssent
(Swennen & Vuylsteke, 2001).
Les sols profonds, limoneux et bien drainés conviennent le mieux pour la culture du
bananier. Les élélments N, P, K, Ca et Mg sont indispensables pour atteindre un bon niveau
de développement et une production élévée. Le PH peut varier de 4.0 à 8.0 (Swennen &
Vuylsteke, 2001).
La banane plantain fait aussi l’objet d’une demande élevée au Cameroun et dans la
sous-région de l’Afrique Centrale. La production nationale d’environ 1,2 million de tonnes
demeure néanmoins insuffisante par rapport à la croissance démographique du pays. Les
principaux enjeux de la filière plantain concernent l’amélioration de la productivité tant au
niveau des systèmes de culture que des opérations commerciales afin d’utiliser au mieux les
opportunités offertes par les marchés intérieurs et extérieurs. Les exportations de plantain
dans la sous-région étant mal appréhendées. Tandis que vers l’Union Européenne, les
exportations étaient en 2005 d’environ 70 000 tonnes avec une croissance annuelle de près de
10 %. De nombreuses contraintes liées à la modernisation de l’appareil de production pèsent
sur l’accroissement de la production. Parmi les principales contraintes, il y a :(i) les méthodes
de culture peu performantes notamment à cause de : (1) la faible maitrise des itinéraires
techniques de conduite et de gestion d’une bananeraie (Kwa, 2002 ; Reparac, 2008), (2) La
mauvaise qualité des rejets dans les plantations paysannes contribue à la propagation des
parasites (Noupadja, 1995 ; Bonte et al., 1995 ; Auboiron, 1997 ; Kwa, 2003). (3) les
maladies foliaires (la cercosporiose noire ou maladie des raies noires (MRN), causée par
Mycosphaerella fijiensis (Mouliom et al., 2005), (4)la maladie de la mosaïque en tirets du
bananier, causée par le virus du même nom Banana streak virus (BSV) (Ploetz, 2004), les
maladies telluriques (les nématodes, dont Radopholus similis est le membre le plus important
et le plus répandu, suivi des charançons noirs (Fogain et al., 2002 ), la "maladie du bout de
cigare" due à Trachysphaera fructigena (Mouliom et al., 2004) et autres pestes nouvellement
15
identifiées telles que les papillons et les oiseaux (Okolle, 2011) ; (ii) les problèmes
phytosanitaires; (iii) la méconnaissance des techniques de transformation et de conservation
des produits dérivés ;(iv) des difficultés d’accès aux intrants agricoles ; (v) des incertitudes
sur les prix et le fonctionnement aléatoire de la commercialisation ; (vi) une maîtrise
insuffisante des paramètres techniques ; (vii) une faible organisation des acteurs de la filière ;
(viii) les problèmes financiers liés au coût élevé des infrastructures/équipements et autres
matériels, du fret et des intrants ; (ix) des difficultés d’accès au crédit.
2.6.1. Production
2.6.2. Consommation
17
Ces exportations sont en progression de 12 423 tonnes par rapport à l’année 2013, selon la
même source. Cette année-là, les exportations du leader actuel du marché de la banane au
Cameroun avaient culminé à 83 325 tonnes seulement, soit près de la moitié des exportations
de 2014.
18
Tableau 2. Composition chimique de 100g de pulpe fraîche de banane (Lassoudière, 2007)
19
Le commerce de la banane plantain revêt une grande importance sur le plan social. Il
permet à beaucoup d’intervenants d’avoir une activité économique. Plus de 6000 points de
vente de la banane plantain au détail ont été dénombrés au Cameroun (Vivrier, 1986). L'essor
du marché du plantain au Cameroun se structure principalement autour de deux pôles urbains
à savoir: Douala, capitale économique ayant le port principal et Yaoundé la capitale politique.
Ces deux pôles de consommation sont relativement indépendants l'un de l'autre dans leurs
zones d'approvisionnement ou zones de production. Cependant, la croissance des villes,
l’amélioration des infrastructures de transport et de communication, l’intégration culturelle, le
cadre de la CEMAC intensifient les flux transfrontaliers en Afrique Centrale notamment pour
l’approvisionnement des marchés en produits agricoles et principalement le plantain. Avec un
prix moyen de 65 frs CFA aux producteurs et de 110 frs CFA aux consommateurs , la valeur
ajoutées à l’ensemble de la filière, la transformation non comprise est de 110 milliards de frs
CFA, soit 2 % du PIB (Bikoï, 1999). Au Cameroun la consommation du plantain représente
environ 35,6 milliard des dépenses des ménages (CIRAD/DSCN/IITA, 2000).
Chez les espèces cultivées, on établit une distinction entre bananes-fruits et bananes-
légumes. Les bananes-fruits se consomment essentiellement en frais, les bananes-légumes
plus riches en amidon à l’état mûr sont en revanche consommées cuites à l’eau, à la vapeur,
au four, grillées, frites et rôties ou séchées. Elles peuvent également être utilisées pour faire de
la farine de bananes, un complément fréquent aux régimes diététiques. On fabrique également
de la fécule à partir des bananes-légumes et des bananes-fruits vertes. Elles sont utilisées en
purée pour la confection de boulettes connues sous le nom de “foutou”. La banane-fruit est
aujourd'hui le fruit tropical le plus important. Les bananes comestibles, fruits
parthénocarpiques et dépourvus de graines, représentent un aliment de base important dans de
nombreux pays tropicaux. Outre l’utilisation de la farine pour la fabrication des gâteaux et des
biscuits, aux Philippines, on fabrique du ketchup à la banane. Tandis qu’en Afrique centrale
(pays des grands lacs), il existe une bière fabriquée à partir du jus de fruit mûr qui est très
appréciée. Au Rwanda, plus de 600 000 tonnes de cette bière de bananes seraient fabriquées
artisanalement chaque année. Près de 21 % des surfaces cultivées sont consacrées au bananier
à bière (variété locale de plantain). Cette bière est surtout réservée aux fêtes et autres
évènements marquant la vie sociale (Cirad, 2001 ; Kasongo, 2005 ; Tchango et al., 1998).
20
On peut également préparer des boissons fermentées de banane usuellement appelées
vins de bananes et une sorte de liqueur. La fermentation se fait à l’air libre et dure environ 3
jours (FAO, 1991 ; Hammond, 1996 ; Akubor et al., 2003). On prépare cette boisson en
Jamaïque, en Guyane, aux Antilles et même en Afrique. Le vinaigre s’obtient également par
fermentation et est très aromatique.
Des gâteaux à base des farines de banane existent, mais ne sont pas très connus.
Mepba et al., 2007 ont fabriqué du pain et des biscuits en substituant la farine de blé avec la
farine de banane plantain. Les formulations utilisant à 20 et 40 % de farine de banane plantain
respectivement pour le pain et les biscuits, ont donné des produits acceptables. Cette étude
avait pour but d’apporter une valeur ajoutée à la banane plantain mûre périssable. Il s’agissait
de mettre à la disposition des opérateurs de la filière, des méthodes de conservation,
facilement réalisables ainsi que des procédés de transformation simples et peu onéreuses, se
rapprochant le plus possible des produits traditionnels.
Les beignets Plantains sont aussi obtenus à partir des pulpes de plantains mûrs pilées
et mélangées avec une petite quantité de blé ou d’autre farine de céréales locales (environ 1/4
du poids de la pâte) et salée pour former une pâte homogène (Njoku & Nweke, 1985). Les
beignets ont été préparés par la friture de petites boules dans l’huile de palme (160-180°C
pendant 4 à 5 minutes). Ils ont observé que les beignets plantains préparés peuvent être
consommés à chaud ou avec d’autres plats (sauce, épices, haricots frits, etc.)
Des animaux (bœufs, porcs en particulier) sont élevés avec les fruits excédentaires. La
peau peut aussi être utilisée pour l’alimentation du bétail. Pour les porcs, il est préférable d’y
ajouter du maïs. Le suc des peaux peut pour sa substance identique au caoutchouc avoir ce
dernier usage (Cirad, 2001 ; Tchango et al., 1998).
Les bananes ont plusieurs usages médicinaux. La consommation d’une banane peut
aider la digestion en raison de sa teneur élevée en vitamine A. Les Troubles gastro -
intestinaux comme la diarrhée et des vomissements peuvent être traités avec banane plantain.
Des études menées par Ganry, 1990 suggèrent que le régime nutritionnel de plantain est bon
pour les patients diabétiques, la maladie de la vésicule biliaire cœur obèse, coronaire la
maladie et le cancer du côlon. Son niveau de sodium est faible et par conséquent il est
recommandé dans la formulation du régime alimentaire faible en sodium.
21
2.9.2. Usage industriel du fruit
Les farines de bananes sont obtenues à partir de bananes vertes. Ces bananes vertes
sont plongées dans de l’eau à 80 °C pendant quelques minutes afin de favoriser leur
épluchage. Elles sont coupée, séchées sous vide et broyées. La poudre broyée est ensuite
tamisée (Tchango et al., 2009). La production de farine de banane n’est pas un succès car il
est difficile de conserver l’arôme, la texture et la couleur du produit d’origine. La teneur en
vitamines (la vitamine C disparaît lors du séchage) est voisine de celle de la farine de blé ; elle
est plus élevée que celle de l’avoine. La proportion d’amidon est relativement importante dans
la farine de banane (Kasongo, 2005 ; Cirad, 2001).
Une entreprise américaine fabriquait à Cuba du sucre de bananes (1000 barils de sucre
de bananes par jour, 1900). Ce sucre de couleur brune avait une saveur agréable rappelant
celle du fruit. Mais la teneur en sucre variait notablement d’une banane à l’autre et il n’y avait
qu’une très faible teneur en sucre cristallisable.
Au Costa Rica, l’utilisation des technologies membranaires permet d’obtenir un sirop de
banane, commercialisé par l’entreprise « Florida product » de San Jose (Cirad, 2001).
Les chips de bananes réalisées principalement à partir des bananes à cuire telles que
les bananes plantains représentent également une large utilisation des bananes. Elles sont
dégustées en apéritif et peuvent être salées, épicées, sucrées (Cirad, 2001).
22
2.9.2.4. Chips de plantains
Les chips de plantains sont très populaires dans plusieurs pays d’Afrique (Baoxui et
al., 2000). Les meilleurs chips de plantains de qualité peuvent être obtenus par friture ronde
ou tranches rectangulaires de (1 - 2 mm d'épaisseur) dans huile de palme raffinée entre 160 et
170 ° C pendant 2 à 3 minutes (Ngalani et al., 1995 ; Ogazi, 1996). L'anti-traitement oxydant
(trempage dans de l'acide citrique) qui est indispensable pour inhiber l’action de polyphénol-
oxydase responsable du brunissement de la pulpe de plantain avant la friture est nécessaire
lors de la production des chips de plantains (Oritz et al., 1996 ; Stover, 1985) Les chips de
plantains préparés de cette façon et emballés dans des sachets en plastique ou en sachets en
aluminium hermétiques peuvent rester plus longtemps et conserver toute leur qualité pendant
plus de 4 semaines à la température ambiante et à l' abri de la lumière.
Le bananier est avant tout, une plante alimentaire, cultivé pour son fruit qui peut être
consommé à l'état frais, cuit ou sous forme de banane séchée (Ngoh et al., 2005a ). Toutefois
le bananier en plus du fruit, produit aussi des déchets tels que : les limbes, les
nervures/pétioles, les gaines foliaires, la hampe du régime, le rachis, dont la valorisation a
déjà été entreprise pour quelques-uns.
Les peaux de banane constituent les principaux déchets des foyers. Selon Archibald
(1949) ; ces peaux peuvent être utilisées pour l’extraction de l’huile de banane (acétate
d’amyle) pour assaisonner les aliments. Davey et al., 2009 ont montré que les peaux de
bananes pourraient servir d’aliment pour le bétail et la volaille du fait de leurs richesses en
micronutriments tels que le zinc et le fer. Les cendres obtenues à partir des peaux de bananes
peuvent servir d’engrais pour les plants de bananiers et constitueraient aussi une source
d’alcali pour la production du savon (Udosen & Ewang, 2000). En outre Memon et al.(2008)
ont démontré l’usage des peaux dans la station d’épuration des eaux usées.
Les feuilles de bananiers sont largement utilisées dans le tissage des paniers, tapis,
emballages, mais servent aussi de plats à manger et de verres à boire (Debabandya et al.,
2010). Les vieilles feuilles de bananiers sont utilisées pour protéger les régimes de bananes
contre les chauves-souris et les oiseaux. En plus d’être utilisée comme parapluie, Katongole et
al., 2008 ont montré l’importance de l’alimentation des ruminants avec ces feuilles et des
23
extraits protéiques pour augmenter la digestibilité. Par ailleurs, Cordeiro et al., 2007 affirme
que les protéines contenues dans le limbe des feuilles sont considérables et constitueraient
ainsi un aliment idéal pour le bétail.
Le pseudo-tronc du bananier est très riche en fibres, d’où son utilisation dans la
fabrication des cordages marins, de papiers cartonnés de haute qualité, des papiers de soie, des
sachets de thé, des papiers pour billets de banque (Debabandya et al., 2010). Le bourgeon
mâle des bananiers est cuit et consommé comme légume en Inde (Hassan, 2002).
Les études menées par Ngoh et al., 2014 ont montrées que les hampes de banane
dessert étaient très riches en minéraux. Ils ont d’ailleurs suggéré que des études soient
conduites pour vérifier l’effet de jus de hampes sur la croissance des plantes.
Pour Taga (1995), une farine est dite non panifiable lorsqu’elle ne contient pas de
gluten. De cette phrase, on pourrait déduire que pour être qualifié de panifiable, la farine doit
contenir du gluten. En effet, le gluten est une substance protéique qui a la propriété de gonfler
sous pression d’air ou de gaz pour donner à la pâte boulangère son extensibilité, son élasticité
(Sinmenou, 2008) qui garantit la qualité du produit fini.
24
Ces vingt dernières années dans les pays en développement, d’importants espoirs ont
été placés dans l’utilisation des farines composites en boulangerie. En effet, une substitution
partielle de la farine de blé par des tubercules locaux tels que la banane ou le plantain peut
constituer une alternative financièrement intéressante par rapport aux céréales importées. Les
diverses tentatives dans cette voie furent le plus souvent des échecs, dus à l’hostilité de la
filière minoterie-boulangerie classique, à l’incertitude d’approvisionnement régulier en
céréales locales et aux habitudes alimentaires des consommateurs. Plusieurs auteurs ont en
effet travaillé sur le développement des farines composites dans lesquelles une partie de la
farine de blé est remplacée par d’autres sources amylacées (Dendy et al., 1973 ; Berthelot,
1990 ; Defloor, 1995).
Shih et al., 2005 ont déterminé les propriétés physicochimiques des crêpes fabriqués à
base de farine de riz et de patate douce. Ces chercheurs ont montré que la farine de riz pouvait
être remplacée de 10 %, 20 % et 40 % par la farine de patate douce afin d’obtenir un produit
acceptable. Une recherche similaire a été également faite par Ilze et al., 2014 avec la farine de
pois et celle du sarrasin. Le pourcentage acceptable a été de 40 % et 60 % selon l’aspect
couleur, la structure et le goût du produit.
Selon Taga (1995), pour être utilisable en panification et en pâtisserie, les farines
doivent avoir les caractéristiques ci-après :
25
2.11.3. Rôles des ingrédients
Farine
La farine est l'ingrédient majeur de la pâte, elle est responsable de la structure finale du
produit. Son utilisation très répandue est liée à la capacité de la pâte à retenir le gaz
permettant ainsi son expansion lors de la cuisson (Gan et al., 1995). La farine est un composé
complexe comportant différents constituants (protéines, lipides, glucides…) qui jouent un rôle
direct ou indirect dans la structuration et l’aération de la pâte.
L’eau
L'eau est un ingrédient essentiel pour la formation de la pâte ainsi que sa fluidité. Elle est
responsable de la dispersion des cellules de levures et de la dissolution du sucre et du sel
(Giannou et al., 2007). L’eau donne lieu à des liaisons hydrogène et des interactions
hydrophobes à l'intérieur et entre les protéines (Bloksma, 1990). L’hydrolyse de l’amidon et
du saccharose nécessite la présence d’eau.
Œufs
L'œuf est un ingrédient principal dans la viennoiserie et la pâtisserie, car il est utilisé en
grandes quantités. Bennion & Bamford, 1973 ont énuméré les principales fonctions de l'œuf
dans une pâte:
- Humidification de la pâte en raison de la grande quantité d'eau présente (75 %) ;
- Aération de la pâte grâce aux propriétés moussantes ;
- Enrichissement de la pâte en raison de la présence d'une proportion assez élevée de lipides
dans le jaune d’œuf ;
- Des propriétés émulsifiantes de la lécithine du jaune d’œuf ;
- Structuration de la pâte due à la présence des protéines dans le jaune et le blanc qui
coagulent au chauffage.
En outre, l’œuf améliore l'apparence du produit fini, il est responsable de couleur dorée de
la croute et de la teinte jaune de la mie.
L'ajout du jaune d'œuf peut aussi améliorer la qualité des pâtes congelées et protègent les
protéines contre la dépolymérisation lors de la congélation et le stockage (Hosomi et al.,
1992).
La matière grasse
L’incorporation des matières grasses dans les produits de panification améliore leur
26
qualité de conservation en retardant le rassissement (Collar et al., 1999; Autio &
Laurikainen,1997) et contribue à leur texture et à la production d’arômes particuliers
(Stauffer, 1999).Les lipides interagissent avec les protéines au cours du pétrissage et
contribuent à la stabilisation des cellules de gaz participant ainsi au développement des
propriétés viscoélastiques du réseau de gluten nécessaire à la rétention de gaz lors de la
fermentation (Demiralp et al., 2000). Les lipides peuvent être utilisés dans la panification soit
sous forme d’huiles végétales qui sont liquides à température (ambiante ou moyenne) (huile
de colza, tournesol…) et de graisses dont les points de fusion sont supérieurs à la température
(ambiante ou moyenne) (beurre, margarine …).
Les huiles végétales
27
Lait
Le lait remplit les mêmes fonctions que l’eau dans la fabrication des pâtes. Le lait est
utilisé dans les viennoiseries pour remplacer l’eau de certains produits comme les brioches ; il
participe à la coloration de la croute par les réactions de Maillard grâce à sa forte teneur en
lactose.
Sucre
Le sucre «saccharose» est le plus utilisé, en raison de sa pureté et de son faible coût
(Chaboissier, 1981). Il est la principale source d'énergie pour la levure durant la fermentation.
Le sucre participe à améliorer la saveur des produits finis et assure en grande partie la
coloration de la croûte lors de la cuisson grâce aux réactions de Maillard (Chaboissier, 1981).
Une teneur en sucre de 5 % améliore la vitesse de fermentation. En revanche, lorsque la
teneur en sucre dépasse les 8 % dans la recette, la pression osmotique produite détruit les
cellules de levure et donc ralentit significativement la vitesse de fermentation.
Un taux de 8 – 10 % est recommandé en raison des propriétés hygroscopiques du sucre, ce
qui diminue la quantité d'eau à absorber par la pâte, réduisant ainsi les dommages de la levure
(Brüinsma & Giesenschlag, 1984).
Sel
L’incorporation du sel est estimée à 1-2 % sur la base du poids de la farine. Le sel
améliore la saveur du produit et ralentit l'activité de la levure par l’inhibition des activités
enzymatiques. Les interactions hydrophobes importantes du réseau du gluten sont améliorées
par l'ajout de sel (Tolstoguzov, 1997), donnant une structure plus rigide et une pâte moins
collante (Collins & Bradley, 1985). L'ajout de sel réduit l'absorption d'eau par le gluten ce qui
retarde sa formation (Seguchi et al., 2003).
28
Les agents levants
La levure
La levure «Saccharomyces cerevisiae» est l'un des ingrédients fondamentaux; son rôle
majeur est de transformer les sucres fermentescibles (glucose, fructose, saccharose et maltose)
en dioxyde de carbone et en éthanol, induisant aussi la production de composés aromatiques
(Giannou et al., 2003).
29
2.11.4. Pâtes liquides : les crêpes
2.11.4.1. Classification
En 2000, Feillet a classé les crêpes dans la catégorie des pains plats fermentés à simple
couche (Fig. 3). Ceux-ci sont préparés à partir d’une pâte liquide. Ils sont très populaires en
inde, en Afrique du nord et en Amérique latine (tortilla de blé ou de maïs).
Les formules de fabrication contiennent de la farine, de l’eau, du sel et de la levure sèche.
Les sucres et les corps gras en sont généralement absents. Les procédés de fabrication mettent
en œuvre les opérations de pétrissage, de fermentation et de cuisson sur une plaque
chauffante.
PAINS PLATS
30
2.11.4.2. Définition
Les crêpes à la farine de blé sont de forme ronde et plate, avec une multitude de petites
alvéoles, de couleur jaune, de texture légèrement croustillante sur les bords et molle au milieu,
faites d’une mince couche de pâte battue-poussé à structure plus ou moins liquide.
De façon globale, les crêpes sont fabriquées à partir de semoule de blé, de sel, de
levure boulangère et d’eau. D’autres ingrédients peuvent être utilisés : farine de blé tendre,
lait, œufs et l’huile. L’addition des œufs engendre une augmentation du nombre d’alvéoles et
une baisse de la masse volumique donnant ainsi des produits plus légers et plus tendres
(Hamza, 2003).
Il existe plusieurs modes de fabrication des crêpes. Elle se fait en un seul tour de
pétrissage et la cuisson s’effectue soit avec une plaque chauffante, soit avec une cuisinière à
gaz et cette fabrication varie en fonction des pays.
31
Pétrissage
32
température de la pâte de 1 °C entre 20 et 40 °C entraîne une augmentation de la vitesse de
fermentation de 8 à 12 % selon le type de levure.
Mécanismes de la fermentation
Dès la phase de pétrissage, la fermentation débute sous l’action des levures. A partir
des glucides libres ou libérés par les amylases de la farine, les levures produisent du
CO2, de l’éthanol et des acides organiques (Roussel et Chiron, 2002). L’oxygène introduit au
cours du pétrissage permet à la levure boulangère d’établir un métabolisme de type
respiratoire :
Peu de temps après la fin du pétrissage, tout l’oxygène introduit est consommé par la levure
dont le métabolisme s’oriente alors vers la fermentation alcoolique :
Cuisson
33
CHAPITRE 3. MATERIEL ET METHODES
3.1. MATERIEL
34
3.1.2. Matériel technique
Equipements Utilisations/Rôles
Four à gaz Séchage des pulpes de banane plantain
Moulin artisanale Mouture des cossettes
Tamis en inox 200 µm Tamisage de la farine
Balance électrique de marque Pesée des ingrédients
Précisa Junior
Cuisinière à gaz Production de la chaleur
Saladier en verre Pétrissage de la pâte à crêpe
Poêle en Téfal Ø 28 cm Cuisson des crêpes
Plateaux en inox Présentation des produits lors des tests sensoriels
Plats en plastique jetable Présentation des échantillons aux dégustateurs
Verre en plastique Rinçage de la bouche et boisson
3.1.3. Ingrédients
Ingrédients principaux : Farine de plantain, farine de blé, œufs, beurre, lait frais demi-
écrémé et levure chimique.
Additifs de formulations : sucre vanilliné, sel, rhum, sucre en poudre et huile de palme
raffinée.
3.2. METHODES
-Site d’étude
L’étude a été menée au laboratoire de Technologie Post Récolte (TPR) du Centre
Africain de Recherches sur Bananiers et Plantains (CARBAP), situé dans la localité de
Njombé (zone agro-écologique IV), Arrondissement de Njombé-Penja, Département du
Moungo, Région du Littoral – Cameroun.
35
3.2.1. Production de la farine de plantain
36
Régime de
plantain
Séparation en doigts
individuels
Epluchage manuel
Découpage de la
pulpe en cubes
Blanchiment à l’eau
(80 °C, 5 min)
Egouttage et Séchage
(Séchoir électrique ou à gaz environ 45 – 50 °C
pendant 48 H) teneur en eau résiduelle 5 à 10 %
Broyage au moulin
(ordinaire)
Farine de
plantain
Figure 5. Etapes de la production des farines à base des fruits de bananiers (Adaptée de
Tchango et al., 2009)
37
3.3. Caractérisation physicochimique des farines
× 100
3.3.2. Teneur en cendres totales
La teneur en cendres totales des farines a été déterminée suivant la méthode AOAC
(1990). Elle a consisté à minéraliser 5 g de farine (contenus dans des creusets en porcelaine
préalablement séchés). Le creuset de minéralisation à vide a d’abord été nettoyé, séché et pesé
(M0). Le creuset contenant le produit humide (5 g) est à nouveau pesé (M1) et placé à l’étuve
à 105 °C pendant environ 24 h. Après séchage, le creuset a été sorti de l’étuve, puis refroidi
dans un dessiccateur (P2O5) avant d’être pesé (M2). Une fois pesés, les creusets ont été
introduits dans un four de marque Vecstar furnaces à 550 °C, pour incinération pendant
environ 48 h, refroidis dans le dessiccateur et pesés à nouveau (M3). La teneur en cendres est
la masse de produit restant dans le creuset après incinération rapportée à la matière sèche
totale du produit.
38
3.3.3. Indice de réfraction ou taux d’extrait sec soluble
Dans les fruits, on trouve un grand nombre de composés solubles dans l’eau : sucres,
acides, vitamine C, acides aminés et pectines. Ces composés constituent l’extrait sec soluble
du fruit. L’indice de réfraction ou le taux d’extrait sec soluble des farines a été déterminée de
la manière suivante :
Préparation de l’extrait de farine
Quinze (15) g de farine ont été délayés dans 45 ml d’eau distillée. L’ensemble a été
homogénéisé à l’aide d’un agitateur magnétique marque Fisherbrand® pendant environ 5
min. Après le repos de l’ensemble, une goutte a été placée sur le prisme d’un réfractomètre à
main (REF 113, Brix, 0-32 ATC) et l’appareil a été pointé en direction d’une source
lumineuse pour la lecture de l’indice de réfraction (IR) qui servira à la détermination du taux
d’extrait sec soluble. La valeur enregistrée (IR) a été multipliée par trois car l’échantillon de
d’extrait de farine a été dilué dans un volume triple d’eau distillée (Dadzie & Orchard, 1997).
Le taux d’extrait sec soluble (TESS) en °Brix a été calculé selon la formule suivante :
Le pH indique l’acidité ou l’alcalinité d’un produit, tandis que l’acidité totale titrable
indique la quantité d’acides présente dans ce produit. L’électrode du pH-mètre de marque
HANNA instruments a été plongée dans un bécher contenant 20 ml d’échantillon à 25 ºC. Le
résultat a été lu sur l’écran du pH-mètre. Cette opération a été répétée trois fois
Cinq (5) ml de chaque échantillon de farine ont été mises dans un bécher de 20 ml, 5 ml d’eau
distillée ont été introduits dans le bécher auxquels ont été ensuite ajoutés trois (03) gouttes de
phénolphtaléine. L’ensemble a subi une titration effectuée à l’aide d’une solution
d’hydroxyde de sodium (NaOH) 0,1 N jusqu’à l’obtention d’une couleur rose persistante
pendant environ 10 secondes. Cette opération est répétée trois fois pour chaque échantillon.
L’acidité totale titrable a été déterminée selon la formule suivante :
39
3.4. Formulation des crêpes à base de la farine de plantain
Après avoir écrasé les cossettes, la farine obtenue a été tamisée à l’aide d’un tamis de
200 µm. Le premier essai a été fait avec la farine de blé uniquement puis avec incorporation
de 50 % farine de plantain et enfin 100 % farine de plantain. D’après les revues scientifiques,
certaines crêpes ont été formulées en utilisant la farine de blé, farine de riz + farine de blé dur,
farine de pois + farine de sarrasin. Nous avons dont mis sur pied plusieurs formulations en
utilisant uniquement la farine de plantain, ceci en faisant varier trois ingrédients principaux :
Le beurre, les œufs et le lait demi-écrémé. Ces trois variables seront ainsi utilisées tout au
long de nos manipulations afin de nous permettre de retenir une formulation acceptable.
-Plan d’expérience
D’après Goupy & Creignton (2006), la méthode des plans d’expériences est une
technique d’organisation optimale des expériences de manière à obtenir un maximum
d’informations en un minimum d’essais avec la meilleure précision possible.
Pour la formulation de crêpes à base de la farine de plantain, nous avons utilisé la
méthodologie des surfaces de réponses. Cette approche a été faite par la réalisation d’un plan
d’expériences central composite à trois variables : quantité de beurre (X1), quantité de lait
frais demi-écrémé (X2) et le nombre d’œufs (X3).
Beurre : Les bornes de cette variable pour la production des crêpes à base de la farine de
plantain a été déterminé sur la base des essais préliminaires : 25 à 100 g pour 125 g de
farine de plantain.
Lait demi-écrémé : Les quantités de lait ont été déterminées par les essais préliminaires
et elles sont comprises entre 250 à 450 ml pour 125 g de farine de plantain.
Œufs : Le nombre d’œuf utilisé pour la production des crêpes a également été déterminé
par les essais préliminaires et le nombre d’œuf variait de 2 à 6 pour une pâte constituée de
125 g de farine de plantain.
40
Les tableaux (3 et 4) ci-dessous ont été obtenus à l’aide du logiciel de mélange Statgraphic
version 5.0. Le tableau 3 présente les valeurs réelles correspondant aux niveaux des variables
étudiées.
Niveaux normaux
Beurre (X1) 25 40,82 62,5 84,2 100
Lait (X2) 250 292,2 350 407,80 450
Œufs (X3) 2 2,84 4 5,2 6
41
3.4.2.1. Pesage et mesure des ingrédients
3.4.2.3. Cuisson
La cuisson s’est faite à l’aide d’une cuisinière à gaz. La température est réglée de
façon à ce que la cuisson puisse s’effectuer dans les mêmes conditions. La pâte à crêpes est
introduite dans le poêle anti-collante à l’aide d’une louche de table. La face de la crêpe est
retourné après 2 à 2,5 minutes puis introduite dans un plateau, emballée quelques minutes
après avec un papier de table et mise dans un autre plateau qui sera mis à la disposition des
dégustateurs afin qu’ils puissent donner leur appréciation sur les propriétés organoleptiques
des crêpes produites. La température de cuisson des crêpes se situe entre 55 à 60 degrés
Celsius. La figure 6 illustre les étapes de production des crêpes à base de la farine de plantain.
42
Beurre, œufs, sucre et
pincée de sel
Fouet
Mélange
Farine de plantain
+ levure chimique
Lait demi- écrémé
Homogénéisation
pendant environ 15 min
Repos pendant 1
heure environ
Cuisson à 60 °C
environ
2-2,5 min/ face
Crêpes
43
3.4.3. Test hédonique des différents produits formulés à base de la farine de plantain
L’élaboration de ce test a fait intervenir dix (10) personnes qui connaissent bien le
produit à tester. Ces produits ont été produites par série de quatre et chaque produit est codé
puis présenter aux consommateurs afin qu’il puisse faire leur choix sur le produit dont il
trouve le plus appréciable.
Les échantillons ont été codés à trois chiffres et choisis à l’aide de tables de répartition
au hasard. Les codes affectés aux échantillons ont été disposés au hasard sur les plateaux.
Les échantillons ont été produits dans les mêmes conditions et préparés suivant la
même méthode afin de limiter les modifications au sein des produits. Ils ont été mis dans les
plats de chaque dégustateur de façon aléatoire. Quatre formes de crêpes dont une forme
témoin (100 % farine de blé) et trois formes produites à base de la farine de plantain.
44
laboratoire d’évaluation sensorielle ou en salle de conditions contrôlées impliquant des
consommateurs ». Le panel de consommateurs a été constitué de soixante-douze (72)
personnes de niveau éducationnel différent, de profession différente, de sexe différent et
d’âge variable. Toutes ces personnes résidaient dans la localité de Njombé et ses environs.
Au cours des tests, les consommateurs étaient invités à goûter chaque forme de crêpes l’une
après l’autre après avoir rincé chaque fois leur bouche avec de l’eau. Ils donnaient ensuite
leurs avis sur la couleur, le goût, la texture, l’arôme et l’appréciation globale de chaque
produit dégusté suivant une échelle hédonique de 9 points : 1 (extrêmement désagréable), 2
(très désagréable), 3 (désagréable), 4 (assez désagréable), 5 (ni désagréable ; ni agréable) , 6
(assez agréable), 7 (agréable), 8 (très agréable) et 9 (extrêmement agréable) comme décrit par
KOKO et al.(2012).
Plusieurs tests de dégustations ont été réalisés. Chaque dégustateur a reçu une
combinaison d’échantillons, une fiche d’évaluation et un verre d’eau pour rincer la bouche
entre deux échantillons. Les consommateurs ont été invités à apprécier les échantillons sur la
fiche d’évaluation. Les fiches durement remplies par les consommateurs ont été récupérées à
la fin de l’évaluation. Les données ont été saisies puis traitées. Une formation minimale a été
faite à l’intention des dégustateurs, il s’agissait de préciser le principe d’appréciation et la
technique de remplissage de la fiche de notation, de présenter la nature de l’échantillon et les
paramètres à évaluer. Notons que les fiches de dégustations ont été conçues selon l’épreuve
sensorielle à réaliser.
3.7. Evaluation des coûts de production des crêpes à base de la farine de plantain.
La production des crêpes à base de la farine de plantain peut être une activité
financièrement et économiquement rentable en ce qui concerne le secteur de la pâtisserie.
Compte tenu des ingrédients divers que l’on utilise lors de la production des crêpes, son
évaluation financière et économique reste très importante en vue de déterminer les coûts de
production d’une crêpe à la farine de plantain. Il est important que ce taux soit à la portée de
tout le monde afin que le produit puisse être sollicité sur le marché au même titre que le
produit classique. Dans ce cas, il faut tout d’abord évaluer les investissements nécessaires
pour cette production et ensuite déterminer les amortissements en matériels qui seront inclus
dans les coûts. Par la suite, une analyse des différentes dépenses en intrants et main d’œuvre
45
liés à cette production seront déterminés. Nous avons considéré une quantité de farine de
plantain (10 kg) pour la production d’une petite quantité de crêpes.
L’analyse des résultats a été réalisée à l’aide du logiciel R version 3.3.2 pour chacun des
paramètres physicochimiques des farines et les propriétés organoleptiques (couleur, goût,
texture, arôme et qualité globale du produit) des crêpes produites. La comparaison des
moyennes a été effectuée par le test de DUNCAN pour classer les traitements au cas où il
existerait une différence significative. La différence entre deux données est significative
lorsque le niveau de signification réel est inférieur à 5 %.
46
CHAPITRE 4. RESULTATS ET DISCUSSION
La détermination de la teneur en eau des produits alimentaires est l'une des plus
importantes analyses. C'est un facteur important en vue de conserver la qualité d’une farine.
Sa connaissance est utile pour le calcul de leurs valeurs nutritionnelles. Elle permet également
l'expression des autres déterminations analytiques (protéines, cendres, lipides…etc.) sur une
base uniforme, base de matière sèche (Bradly, 1998). D’autre part, L’association américaine
des chimistes de céréales (A.A.C.C, 2000), montre que l’humidité est un indicateur de
l’aptitude du stockage.
La figure 6 illustre les teneurs en eau des farines utilisées pour la production des
crêpes. Ils sont exprimés en pourcentage après 3 déterminations. Ces moyennes sont de 13,24
% pour la farine de blé et 9,93 % pour celle de Big ebanga. Il convient de préciser qu’il existe
une différence significative entre la teneur en eau de la farine de blé et celle de la farine de
plantain.
47
La farine de blé tendre utilisé dans la production des crêpes a une teneur en eau
moyenne de 13,24 %. Cette valeur est comprise dans l’intervalle 12,60-14,70 % préconisé par
Souci & coll., 1994. Elle est inférieure à 15,5 % qui représente la valeur maximale fixée par le
Codex Alimentarius (FAO, 1996). Par ailleurs, la teneur en eau moyenne de la farine de Big
ebanga est inférieure à 10 %. Ce résultat a également été montré dans les travaux de
Chancelle, 2015 sur la production et caractérisation des farines à base des pulpes de patates
douces (Ipomoeabatatas. Lam), celle-ci avait trouvé la teneur en eau inférieur à 10 % pour
tous les échantillons des farines de patates douces et celles substituées à différentes
proportions par la farine de blé; ceci pourrait permettre une bonne tenue lors du stockage. Par
contre, une teneur en eau supérieur à 12 % favorise le développement des microorganismes.
Les résultats de l’évaluation des teneurs en eau de nos échantillons indiquent que la farine de
plantain se conserve mieux que celle de blé.
48
La teneur en cendres totales de la farine de blé tendre est de 0,49 %. Ce résultat est
inférieur à 2,29 % obtenu par Koffi et al., 2015. Par ailleurs, la teneur en cendres de la farine
de Big ebanga (2,05 %) est proche de celle obtenue par Kouadio et al., 2012 sur la farine
produite à l’aide de la variété Orishele . La teneur en cendres des farines de blé doit être
inférieure ou égale à 0,50 % (Feillet, 2000). Cette différence entre les taux de cendres totales
des farines peut être liée aux conditions agricoles de productions (type de sol et nature des
fertilisants, etc.) ou encore aux conditions de conservation (humidité relative de l’enceinte de
stockage, type d’emballage, etc.).
Le taux d’extrait sec soluble nous renseigne sur les quantités des sucres solubles
présents dans un échantillon. Chez les fruits de bananes plantain, il permet de déterminer leur
stade de murissement. Ce taux augmente au fur et à mesure que le pH diminue.
La figure 9 illustre les taux d’extraits secs solubles des farines utilisées pour la
production des crêpes. Ils sont exprimés en degré Brix après 3 déterminations. Ces moyennes
sont respectivement de 8 % pour la farine de blé et 6,2 % pour celle de Big ebanga. Il
convient de préciser qu’il existe une différence significative entre le taux d’extrait sec soluble
de la farine de blé et celle de la farine de plantain.
49
Le taux d’extrait sec soluble de la farine de blé est de 8 °Brix et celle de Big ebanga
6,2 °Brix. Les résultats d’extrait sec soluble des farines montrent que la valeur du Big ebanga
est supérieur à celle obtenu par Coulibaly et al., 2007 sur la farine de la variété Orishele. Par
ailleurs, la farine de blé présente un indice réfractométrique supérieur à celle de Big ebanga.
Ceci pourrait se traduire par le fait que la farine de blé est très énergétique que la farine de
plantain
4.1.4.1. pH
Le potentiel d’hydrogène est l’un des principaux facteurs qui contrôle la rapidité avec
laquelle s’effectuent l’altération des produits et la croissance des microorganismes. Leur
développement s’opère très peu à un pH inférieur à 4. Les réactions chimiques de dégradation
des produits sont limitées en pH très acide.
La figure 10 illustre les pH des farines utilisées pour la production des crêpes. Les
moyennes des farines de blé et Big ebanga sont respectivement de 4,69 et 6,39. Toutefois, il
existe une différence significative entre ces farines au seuil de 5 %.
50
Le pH des différentes farines utilisées sont inférieur à 7. Les valeurs de pH des farines
analysées sont comprises entre 4 à 6,50 : 4,69 pour la farine de blé et 6,39 pour celle de Big
ebanga. Dans le cadre de cette étude, la valeur de pH du blé est très faible comparée à celle
obtenue par Koffi et al., 2015. Il convient de relever que celle de farine de Big ebanga
analysée est similaire à la valeur présentée par les travaux de Coulibaly et al., 2007 sur la
farine de la variété Orishele. Cette différence pourrait être due à leur durée de séchage. Le pH
des fruits de bananes plantain utilisés pour la production de notre farine décroit en fonction de
leur stade de murissement (Ngoh et al., 2011)
51
L’acidité totale titrable moyenne des farines de Big ebanga et blé sont respectivement
de 1741,2 meq/100g et 2376,2 meq/100g. Elle augmente au fur et à mesure que le pH
diminue. Ces résultats sont supérieurs à ceux obtenus par Soro et al., 2013 sur la farine
d’igname (3,5 meq/100g). Bien que ce soit des amylacées, cette différence pourrait être due à
la nature différente de ses produits et peut être à leurs systèmes de productions (sols).
Les seize formulations de départ ont été divisées en cinq sous-groupes, chacun sous-
groupe était constitué de quatre formulations (une formulation à la farine de blé et trois à la
farine de plantain). Les crêpes produites ont été testées par un panel de dégustateurs constitué
de dix (10) personnes. Six (6) hommes et quatre (4) femmes ont participé à cette phase. Ces
personnes étaient des étudiant(e)s, des agents d’entretien, des techniciens, des chercheurs et
étaient âgées de 24 à 55 ans. Ce test de préférence a consisté à retenir une à deux formulations
dans chaque sous-groupe. Les formulations retenues ont à nouveau subies des tests de
préférence par les mêmes dégustateurs et ceci nous a permis de retenir trois formulations les
mieux appréciées par le panel des dégustateurs, que sont : les formulations 4, 13 et 14.
La formulation 4 est constituée de 84,2 g de beurre; 292,2 ml de lait demi-écrémé; 3
œufs; 7,5 g de sucre vanilliné; 15 g de sucre en poudre; 0,5 g de sel; 5,5 g de levure chimique
et 125 g de farine de plantain.
La formulation 13 quant à elle est constituée de 62,5 g de beurre; 350 ml de lait demi-
écrémé; 2 œufs; 7,5 g de sucre vanilliné; 15 g de sucre en poudre; 0,5 g de sel; 5,5 g de levure
chimique et 125 g de farine de plantain.
La formulation 14, constituée de 62,5 g de beurre; 350 ml de lait demi-écrémé; 6 œufs;
7,5 g de sucre vanilliné; 15 g de sucre en poudre; 0,5 g de sel; 5,5 g de levure chimique et 125
g de farine de plantain.
Ces trois formulations ont été respectivement codifiées comme suit : 437, 136 et 214.
Le code 430 a été attribué à la formulation 0 constituée de 25 g de beurre; 250 ml de lait
demi-écrémé; 2 œufs; 7,5 g de sucre vanilliné; 15 g de sucre en poudre; 0,5 g de sel; 5,5 g de
levure chimique et 125 g de farine de blé.
Les crêpes produites à partir de la formulation 0 ont servi de témoin lors des tests
sensoriels. Les ingrédients de chacune des formulations ont été homogénéisés dans un saladier
en verre à l’aide d’un fouet pendant environ 15 min puis mis en repos pendant 1h environ. La
52
température de cuisson des crêpes issues de ses formulations a été d’environ 60 degrés
Celsius et le temps de cuisson de chaque face de crêpes a duré environ 2 min.
Cette dégustation avait pour objectif de faire goûter quatre formes de crêpes produites à
base de la farine de plantain aux consommateurs afin qu’ils puissent nous donner leur
appréciation sur quelques propriétés organoleptiques (le goût, la couleur, la texture, l’arôme et
la qualité globale) de chaque forme sur une échelle hédonique de 9 points.
Cette figure montre clairement que les dégustateurs qui ont participé à l’évaluation
sensorielle étaient constitués majoritairement de célibataires. Ceci peut s’expliquer par leur
disponibilité.
53
Niveau éducationnel
Profession
54
35
30
Pourcentage (%)
25
20
15
10
5
0
Professions
Les enseignants et élèves ont été mieux représentés lors du test sensoriel. Ils ont été
plus disponibles compte tenu du fait que le test s’est déroulé pendant leur horaire de pause.
Ages
La figure 15 illustre l’âge des dégustateurs. 37,5 % étaient âgés de 14 à 24 ans, 18,06 %
âgés de 25 à 34 ans, 16,67 % âgés de 35 à 44 ans, 15,28 % âgés de 45 à 58 ans et 12,50 %
n’ont pas donné leurs âges.
55
L’âge moyen des dégustateurs ayant le plus participé à l’évaluation sensorielle est
d’environ 19 ans.
Sexe
Habitude de consommation
Presque tous les participants à la séance de dégustation consomment régulièrement les
produits de boulangeries et pâtisseries (fig. 17).
56
Figure 17. Habitude à la consommation des produits de boulangerie et pâtisserie
Fréquence de consommation
437
430
136 214
58
Le tableau 5 présente la moyenne des différents paramètres appréciés par les
consommateurs lors de la dégustation de quatre formes de crêpes.
Echantillons
Paramètres 430 (100 % blé) 437 (plantain) 214 (plantain) 136 (plantain)
Goût 7,11 a 5,96 b 5,73 b 6,29 b
Texture 6,97 a 6,01 b 5,58 b
5,58 b
Arôme 6,05 a 5,39 ab 5,05 b 6,01 a
a
Qualité globale 7,29 6,22 b 6,12 b 6,76 ab
*Les valeurs d’une même ligne suivies de lettres différentes présentent des différences
significatives (p< 0,05)
Les résultats de notre étude présentés dans le tableau 5 montrent que le goût et la texture
présentent une différence significativement entre les crêpes produites à base de la farine de
plantain et celle produite à base de la farine de blé. Cette différence entre ces deux (2)
propriétés (goût et texture) peut être due à la nature de la farine utilisée pour la production des
crêpes.
L’arôme des deux (02) formes de crêpes (437 et 136) ne présente pas de différence
significative avec la crêpe témoin (430). Cependant, le produit 214 montre une différence
significative entre les produits 437 et 136. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que ce produit
n’a pas reçu la quantité d’arôme exacte que les autres. En ce qui concerne la qualité
59
globale/appréciation global de chaque produit par les consommateurs, il convient de
remarquer dans le tableau 7 qu’il n’existe aucune différence significative entre le produit 430
et 136. Ceci pourrait donc se traduire par le fait que les consommateurs ont apprécié le produit
136 pour son goût et arôme qui paraissent proches du produit témoin 430.
Produits/ Echantillons
Couleur 430 437 136 214
(100 % Blé) (100 % Plantain) (100 % Plantain) (100 % Plantain)
Les crêpes de couleur jaune clair produites à base de la farine de blé sont appréciées
par plus de 70 % des dégustateurs tandis que les crêpes produites à base de la farine de
plantain présentent une appréciation moyenne de plus de 50%. Par contre, les crêpes de
couleur marron sont moins appréciées par les dégustateurs ; leur pourcentage est inférieur à
30%. Ce tableau met en évidence l’importance du paramètre « couleur » sur l’acceptabilité
d’une crêpe.
4.1.7 Evaluation des coûts de production des crêpes à base de la farine de plantain.
Le tableau 7 présente les différents investissements du matériel qu’il faut avoir avant
de débuter la production.
61
Tableau 7. Investissements pour la production des crêpes.
Les résultats montrent que le coût total pour l’achat du matériel de production des
crêpes est de 67700 FCFA. Toutefois, le coût d’amortissement annuel du matériel se situe à
17700 FCFA. En effet, considérant que l’on produise les crêpes 5 fois par semaine, cela fera
260 jours par an (5x52 semaines), soit un taux d’amortissement par production de 68 FCFA.
62
Tableau 8. Evaluation du coût de production d’une crêpe
Les résultats du tableau ci-dessus montre que les coûts totaux pour la production des
crêpes avec 10Kg de farine de plantain est de 64 218 FCFA. Selon le procédé de production
mise en place dans le cadre de cette étude, la production des crêpes avec 10 Kg de farine de
plantain nous donne 480 crêpes. Le coût de production d’une crêpe revient à 133,78 FCFA.
Ce coût de production semble plus élevé si l’on compare par rapport au prix des crêpes
vendus sur le marché qui est de 100 FCFA/crêpes. Les études vont se poursuivre en vue soit
de réduire les coûts de production ou de positionner le produit sur un marché de niche. La
production des crêpes va créer des revenus et des emplois pour les acteurs de cette filière et
induire des effets sur la filière banane et plantain.
63
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Dans l’optique de promouvoir l’utilisation des farines à base des pulpes de bananes
plantain pour la fabrication des produits alimentaires dérivés au Cameroun, nous avons
effectué une étude intitulée « la formulation des crêpes à base de la farine de plantain ». De ce
travail, il en ressort que :
L’analyse physicochimique des farines utilisées dans la production des crêpes montre
qu’il existe une différence significative au seuil de 5 % pour tous les paramètres évalués (Tne,
Tnc, TESS, pH et ATT).
64
période de grandes productions. Au vu de nos différents résultats obtenus au chapitre 4, nous
pouvons dire que nos objectifs ont été atteints.
Perspectives
Pour compléter les travaux sur les formulations de nouveaux produits alimentaires, nous
envisagerons :
Optimiser la production des crêpes à base des farines des bananes et plantains aux stades
avancés ;
Etudier la qualité microbiologique des produits alimentaires issus des pulpes de bananiers.
65
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77
ANNEXES
Annexe 1. Quelques photos illustrant les étapes de production de la farine de plantain.
Photo 1 : Régime Photo 2 : Séparation des doigts Photo 3 : Epluchage des doigts
I
Annexe 2. Etapes de production des crêpes
A=Ingrédients B=Pétrissage
II
Annexe 3. Fiche d’évaluation sensorielle des crêpes
Profession………………………………Age…………..Sexe : M F
III
Questionnaire Numéro : 02
Veuillez tester le produit 437
Veuillez rincer votre bouche avec de l’eau avant de goûter le prochain produit.
IV
Questionnaire Numéro : 03
Veuillez tester le produit 136
Veuillez rincer votre bouche avec de l’eau avant de goûter le prochain produit.
V
Questionnaire Numéro : 04
Veuillez tester le produit 214
Veuillez rincer votre bouche avec de l’eau avant de goûter le prochain produit.
VI
Questionnaire Numéro : 05
Veuillez tester le produit 430
Après avoir dégusté chacun de ces produits, donner votre appréciation générale :
VII
Annexe 4. Tableau d’ANOVA des analyses physicochimiques des farines
Signif. codes: 0 ‘***’ 0.001 ‘**’ 0.01 ‘*’ 0.05 ‘.’ 0.1 ‘ ’ 1
VIII
Annexe 5. Tableau d’ANOVA des propriétés organoleptiques des crêpes produites.
Signif. codes: 0 ‘***’ 0.001 ‘**’ 0.01 ‘*’ 0.05 ‘.’ 0.1 ‘ ’ 1
IX
La farine de plantain est une alternative nutritionnelle intéressante car elle a une faible teneur en sodium, ce qui est bénéfique pour les régimes faibles en sodium, importants pour les patients souffrant de maladies cardiaques, de diabète, de la vésicule biliaire, et elle pourrait réduire les risques liés au cancer du côlon .
Substituer la farine de blé par la farine de banane plantain peut apporter plusieurs avantages, notamment la mise en valeur d'une matière première locale périssable, l'ajout d'un profil nutritionnel intéressant pour certains régimes alimentaires, et la réduction de la dépendance à l'importation de blé . De plus, les formulations à 20 % et 40 % de farine de banane plantain ont donné des produits acceptables comme le pain et les biscuits, augmentant ainsi les options pour les consommateurs .
L'analyse de la teneur en eau est cruciale pour la conservation de la qualité de la farine de plantain. Une teneur en eau appropriée permet de maintenir la stabilité lors du stockage et influence directement les autres paramètres nutritionnels. Des contrôles stricts garantissent que la farine reste dans la plage d'humidité optimale, ce qui est nécessaire pour assurer la qualité et la sécurité du produit fini .
La méthode de cuisson des beignets de plantain, qui implique la friture dans de l'huile de palme à des températures de 160-180°C pour 4 à 5 minutes, influence positivement la perception des consommateurs, car elle permet aux beignets de conserver un goût riche et une texture croustillante. Les beignets ainsi préparés peuvent être consommés seuls ou avec d'autres plats, ce qui augmente leur polyvalence .
Le test hédonique a permis de déterminer la préférence des consommateurs en présentant plusieurs échantillons de crêpes à base de farine de plantain et un échantillon à base de farine de blé à un focus groupe de dix personnes habituées à la consommation de tels produits. Cela a permis d'identifier les crêpes à base de plantain jugées les plus appréciables et de comparer leur acceptabilité avec celles à base de blé .
En dehors de la consommation directe, les bananes plantain sont utilisées pour faire du pain et des biscuits en remplaçant une partie de la farine de blé par de la farine de plantain. Elles servent aussi à la fabrication de beignets et sont données aux animaux comme nourriture; notamment les peaux utilisées pour les bovins et porcins, parfois mélangées avec du maïs .
La cuisson des crêpes à base de farine de plantain doit être effectuée en introduisant la pâte dans une poêle anti-adhésive, retournant chaque face après 2 à 2,5 minutes. La température de cuisson est ajustée entre 55 à 60 degrés Celsius pour obtenir une bonne texture et un goût agréable .
La production industrielle de farine de banane verte rencontre le défi de conserver l'arôme, la texture et la couleur du produit d'origine, ainsi que la perte en vitamine C lors du séchage . Pour surmonter cela, il peut être nécessaire d'optimiser les techniques de séchage et de transformation, par exemple en utilisant des méthodes de sèchement sous vide et une stabilisation enzymatique pour préserver les qualités organoleptiques .
L'exploitation de crêpes à base de farine de plantain dans le secteur de la pâtisserie peut être économiquement rentable en raison de la possibilité de réduire les coûts de matière première et d'ouvrir de nouveaux segments de marché. Cependant, pour que le produit soit compétitif, le coût de production doit être accessible et cela nécessite une évaluation détaillée des investissements, des coûts d'intrants, et de la main d'œuvre .
L'utilisation locale et industrielle des bananes plantain peut greatly impacter les communautés rurales en diversifiant les usages et les dérivés du plantain, augmentant ainsi les opportunités économiques et les revenus. Cela permet également d'améliorer la sécurité alimentaire en intégrant des pratiques agro-industrielles soutenables et adaptées aux ressources locales .