Optimisation d'un hydrofoil pour kitesurf
Optimisation d'un hydrofoil pour kitesurf
Aurélien Michel
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Remerciements
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Résumé
Cette étude porte sur l’optimisation d’un hydrofoil pour le kitesurf. On souhaite améliorer les
formes des différents composants de l’hydrofoil à l’aide de simulations numériques d’écoulements
fluides (CFD). Les aspects qui nous intéressent tout particulièrement sont : minimiser la trainée et
maximiser la portance. La finalité du projet serait de proposer un hydrofoil accessible au plus grand
nombre tout en conservant des bonnes performances en navigation. Les conditions de navigation
considérées seront des vents allant d’une vitesse de 10 noeuds à 15 noeuds avec un plan d’eau calme.
Nous dessinerons et maillerons nos modèles à l’aide du logiciel SALOME et nous effectuerons les
simulation CFD à l’aide du logiciel libre OpenFOAM.
Table des matières
Introduction 1
1 Conception 3D et maillage 2
1.1 Chaines de pre-processing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Des formes aérodynamiques à l’hydrodynamisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 CAO - Conception assistée par ordinateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3.1 L’outil JavaFoil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3.2 Orientation de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.3 Reprise des formes sous SALOME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4.1 Maillage avec blockMesh . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4.2 Maillage avec SALOME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4.3 Le respect des ratio . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Conclusion 25
Bibliographie 26
Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Introduction
Cette étude vise à la réalisation d’un système d’hydrofoil pour le kitesurf. Les hydrofoils sont de
plus en plus présents dans les sports nautiques car ils apportent de nouvelles sensations tant par la
sustentation qu’ils apportent que par l’opportunité qu’ils offrent aux pratiquants qui repoussent tou-
jours plus les limites de la navigation dans le vent faible. En ce qui concerne le kitesurf, les premiers
hydrofoils sont apparus il y a quelques années alors que ce sport était en pleine expansion. Au départ,
cet outil faisait le jeu de pratiquants adeptes du bricolage qui s’amusaient à essayer de construire un
système leur permettant de se sustenter au dessus de l’eau à pleine vitesse. Les formes initiales ont
été empruntées aux travaux issus de l’aéronautique avec un système de fuselage et d’aile classique.
Divers matériaux furent essayés tels que l’inox, le bois, le polyester ou encore le carbone. Fort des
progrès apportés aux quatre coins du globe, les marques de la discipline se sont emparées de cette
nouvelle pratique pour dynamiser leur gamme. Les premiers modèles de séries ont alors été commer-
cialisés.
Cependant, si l’on observe de façon globale les formes proposées sur le marché, on s’aperçoit
qu’il en existe une immense variété. Le seul dénominateur commun reste la matière. Les modèles
bon marchés sont proposés en résine alors que les modèles haut de gamme se déclinent en carbone.
Partant de ce constat, nous avons décidé de nous pencher sur ces hydrofoils afin d’étudier l’efficacité
des différents shape proposés ainsi que de la réelle utilité de certaines formes originales confection-
nées par des acteurs incontournables de la discipline. La présence de dièdre, d’incidence, de profils
naca variés sont tout autant de paramètres qu’il faut étudier séparément afin de trouver le réglage
optimale.
— Une étude d’un hydrofoil basique servant de référentiel pour le reste de l’étude.
— Une optimisation du bulbe central.
— Une étude de forme sur les profils d’ailes.
La finalité de ce projet serait d’offrir un outil accessible au plus grand nombre et permettant une
navigation pour un vent d’environ 10-15 noeuds.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
1 Conception 3D et maillage
1.1 Chaines de pre-processing
Durant notre étude, nous avons exploré plusieurs pistes de pre-processing.
OpenFOAM propose deux outils de maillages qui sont BlockMesh et SnappyHexMesh. Block-
Mesh permet de générer un maillage à base de quadrangles pour des formes géométriques simple.
Pour notre part, nous nous en sommes servis pour créer le maillage du domaine fluide. Snappy-
HexMesh permet quant à lui de générer le maillage de forme complexe issus de la CAO à partir
d’un maillage quadrangle construit avec BlockMesh. Cette voie possède l’avantage d’être très souple
géométriquement puisque snappyHexMesh peut construire un maillage à partir de tous les types de
géométrie pourvue qu’elle soit au format STL. Cependant, bien que l’étape de maillage se déroule
convenablement, des erreurs apparaissent par la suite lors du calcule et empêchent la simulation de
se dérouler.
Une autre piste consiste à utiliser le logiciel SALOME proposé par EDF et compatible avec
OpenFOAM via l’export d’un maillage UNV et l’outil de conversion offert par OpenFOAM
ideasUnvToFoam. Salome propose deux modules, le module géométrique permettant de construire
une géométrie propre avec une précision accrue qui peut être maillée par la suite aisément via le
module MESH.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Dans le cadre du développement de notre hydrofoil, nous ferons appel aux termes suivants :
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Le but de l’optimisation de notre hydrofoil est de trouver un profil offrant la meilleure portance à
basse vitesse, en ne décrochant pas trop brusquement et en conservant un trainée restreinte. Voyons
quels paramètres influent sur ces différentes grandeurs.
— Portance : surface des ailes (envergure,largeur), incidence des ailes, cambrure des ailes.
— Trainée : surface du bord d’attaque (liée entre autre à l’incidence et la forme), forme du bord
de fuite.
A noter que dans le cas d’un profil d’aile symétrique, l’incidence de l’aile et la cambrure peuvent
être additionnées. Ainsi, il faut prendre en compte l’angle imposé par la cambrure de l’aile dans la
considération de l’incidence de celle-ci. Par ailleurs, bien que séduisante par la portance qu’elles
impliquent, les ailes avec de la cambrure sont plus instables, elle décrochent bien plus rapidement.
Ceci peut être compensé par une augmentation de la surface des ailes mais cela augmente la trainée.
De façon générale, des profils avec de la cambrure seront plus difficile à appréhender que des profils
classique. Dans notre cas, l’utilisateur pourra prendre des chutes beaucoup plus violente du fait de
cette cambrure. En effet, une erreur d’appui sur l’avant de la planche au-delà de l’angle critique
engendrera une inversion de portance en plus du décrochage. Ceci aura pour effet d’amplifier le
phénomène de chute sur le nez de la planche. A contrario, une erreur d’appui sur l’arrière de la
planche fera sortir l’hydrofoil de l’eau et provoquera des chutes brutales sur l’arrière.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Dans cette fenêtre, on règle tous les paramètres de base du profil NACA que l’on souhaite
construire. On choisit par exemple l’épaisseur maximum, la cambrure, l’allongement ou encore le
nombre de point. Pour notre étude, l’idée est de trouver des profils dont la portance est immédiate (à
allure réduite), dont la trainée est restreinte (le minimum de traction pour décoller) et la plage avant
décrochage est maximale (minimiser les chutes suite à des fautes d’appuis). On ne s’intéresse qu’aux
ailes et au bulbe puisque l’effet du mât se fait ressentir principalement lors des changements de cap.
Or, la modélisation de ces derniers, nécessite des simulations dynamiques que nous n’effectuerons
qu’ultérieurement. L’effet du mât est prépondérante pour l’étude de la force anti-dérive qui garantira
une bonne remontée au près, avec une bonne accroche du foil. Pour toute cette étude, nous prendrons
donc un mât d’une longueur de 1m, de largeur 12cm, avec une cambrure nulle et ayant un profil
NACA à 10%. Ensuite, le logiciel JavaFoil calcule approximativement les coefficients de portance et
de trainée et donne notamment accès aux angles de décrochage des différents profils.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
On observe par exemple ici que le profil (matérialisé par la courbe rose) dont les caractéristiques
ont été présentées ci-dessus comparé à un profil NACA à 10% simple, sans cambrure, présente un
angle de décrochage à 10° alors que celui du profil NACA simple décroche vers 12°. D’autre part,
le profil avec cambrure offre une portance bien plus importante que le profil classique, ce qui peut
s’avérer utile pour une utilisation de l’hydrofoil dans des conditions de vent très faibles. A travers cet
exemple rapide, on voit donc que l’outil JavaFoil permet d’avoir une estimation simple et rapide de
la trainée, de la portance et de l’angle de décrochage des profils les uns par rapport aux autres. Il faut
considérer cet outil avant tout comme un outil de comparaison de différents profils. Les résultats plus
fins de ces différents coefficients seront donnés par le calcul CFD.
On considèrera dans la suite que 10 Newtons équivalent à 1 kg (au lieu de 9,81 N normalement).
Nous avons donc effectués des simulations pour ce premier profil pour des angles d’incidence allant
de 2° à 7°. L’angle minimal nécessaire à l’obtention d’une portance suffisante est un angle d’inci-
dence des ailes avant de 5° et un angle d’incidence des ailes arrière de 2°. Avec cette configuration,
on obtient une portance de 80kg pour une trainée de l’ordre d’une vingtaine de kilogrammes. L’angle
de 2° sur les ailes arrières en plus de celui de 5° sur les ailes avant permet de réduire la différence
d’angle entre les deux rangs et apporte une stabilité globale à l’hydrofoil. De plus, cela le rend plus
tolérant au changement d’angle imposé par l’utilisateur. Par exemple, si les ailes arrières étaient à
0°, le moindre appuis sur l’avant de la planche engendrerait une inversion de portance à l’arrière ce
qui occasionnerait assez rapidement une chute en cas d’erreur d’appréciation de l’utilisateur. Avec
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Ensuite on a tenté d’introduire un léger dièdre positif et négatif sur les ailes arrières mais on s’est
aperçu que cela ne modifie pas la trainée ou la portance dans cette aspect de l’étude. En effet, il
semble que cela aurait un impact dans l’étude dynamique puisque la présence de dièdre à l’arrière
et/ou à l’avant aurait un impact dans les changements de cap et les manoeuvres (virement de bord
et empannage). Dans le but de rendre le foil plus facile d’accès, l’étude de la présence du dièdre est
incontournable, notamment lors du transfert de poids. Toutefois, nous ne l’aborderons pas dans cette
étude.
Cette étude préliminaire nous permet donc d’établir les angles d’incidence des ailes avant et
arrière qui seront donc fixés respectivement à 5° et 2°. On procèdera d’abord à une optimisation
de la forme du bulbe. Puis nous comparerons trois formes d’aile différentes afin de voir celles qui
présentent la trainée minimale.
Tout d’abord, nous avons souhaité retravailler la forme du bulbe afin de corriger les imperfections
négligées sur le l’hydrofoil de première génération. Les zones à retravailler en priorité sont le nez du
bulbe et la queue. Au niveau, du profil globale, nous avons opté pour un aplatissement selon l’axe
vertical de 20% soit un redimensionnement selon l’axe Z avec un facteur d’échelle de 0,8.
Concernant la queue du bulbe, la forme idéale serait une queue en bec de canard construite à base
d’une forme elliptique longitudinale déduite progressivement par facteur d’échelle successif en par-
tant de la quatrième tranche venant de la queue (cf figure 5). Par soucis de simplification, nous avons
opté pour le moment pour une coupe droite selon une tranche circulaire de la queue. Ceci présente
l’avantage d’être plus simple à mailler tout en étant plus réaliste au niveau de la fidélité de l’usinage.
En effet, une forme affinée "infinie" est quasiment impossible à reproduire lors du tournage.
Concernant le nez du bulbe, nous avons commencé par corriger cet aplatissement par une forme
sphérique grossière.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Néanmoins cela s’est révélé sans succès puisque la rupture de pente au commencement de la
demi-sphère entraine des décollements de filets au niveau du fluide ce qui augmente au final la trai-
née du bulbe. En revanche, si l’on décale le centre du nez de − 13 selon l’axe des abscisses (cf figure 4)
et que l’on effectue une interpolation de Bézier à partir de plusieurs points placés manuellement entre
le centre du nez et l’extrémité, on obtient une forme optimale. Visualisons-le sur la figure suivante :
Lors de mon travail sur l’amélioration de la forme du bulbe, j’ai pu noter qu’il fallait
impérativement éviter d’introduire un point d’inflexion sur les bords d’un volume. Typiquement,
dans notre cas, la présence d’un point d’inflexion sur le nez provoque des erreurs lors du maillage.
Ceci provient mathématiquement de l’inversion de la dérivée seconde. Cela introduit des erreurs lors
de l’interpolation effectuée par le mailleur au moment de la création des mailles.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Optimisation des ailes Au départ, on a souhaité étudier 5 profils d’ailes différents. Un profil rec-
tangulaire (similaire à celui de l’hydrofoil de première génération), un profil elliptique, un profil
triangulaire, un profil avec parallélogramme et un profil avec semi-parallélogramme.
Par la suite, par soucis de simplification, nous ne présenterons les résultats obtenus que pour trois
profils d’aile. L’intérêt de recourir à un profil elliptique est de diminuer la trainée en bout d’aile.
La réalisation de ces différents profils nécessitent des étapes de construction bien différentes. Par
exemple, pour le profil elliptique on partira d’un nuage de points matérialisant le profil NACA de
l’aile et le contour de l’ellipse (cf figure 7).
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Dans cette configuration, on recréera un contour à partir des points du profil NACA. Puis l’on gé-
nèrera une face à partir de ce contour. A partir de cette face, on procèdera à des extrusions successives
caractérisées par un facteur d’échelle qui respectera à chaque étape le rétrécissement du profil NACA
imposé par le contour de l’ellipse. L’extrusion globale aura au final une forme elliptique. Concernant
le bout des ailes, on recrée trois courbes d’interpolations à partir de trois du bout puis on recrée une
surface à l’aide d’une nappe passant par ces trois courbes ainsi que le profil de l’aile. Ensuite, on sy-
métrise cette surface par rapport au plan (x0y). On construit ensuite une coque, puis un solide à partir
de ces deux surfaces et de l’extrusion générée précédemment. L’aile opposée est ensuite obtenue par
une symétrie par rapport au plan (x0z).
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Les ailes arrières sont construites à partir des ailes avant en effectuant une translation selon l’axe
des abscisses le long du bulbe et en effectuant un redimensionnement d’un facteur d’échelle de 0,44
dont le centre est le centre de gravité du solide constitué des deux ailes.
Durant ces différentes étapes, il faut veiller à ce que chaque extrusion, courbe ou autre soit réali-
sée à partir des points, arrêtes, contour et faces des objets précédemments construits. De cette façon
on conserve la continuité de tous les objets générer. Cela évite d’introduire des erreurs néfastes à la
construction de solide, aux opérations booléennes entre solide ou encore à la création du maillage.
Pour ajouter de l’incidence au niveau des ailes on commence par construire le centre de gravité de
chaque aile. A partir de ce point on crée un autre point puis une droite colinéaire à l’axe transversale,
dans notre cas il s’agit de l’axe Y. Cette droite constitue l’axe de rotation de l’aile. Puis on procède à
la rotation souhaitée (5° ou 2°) autour de cette axe. Il faut faire attention au sens de rotation qui est
défini par l’ordre de construction de l’axe de rotation (+ ou - Y). Une fois la rotation effectuée, on
vérifie toujours que l’intersection avec le bulbe ne présente d’anomalies.
Une fois les différents éléments réalisés, il faut passer à une étape d’assemblage. Elle se déroule
grâce à des opérations booléennes successives. On procède d’abord à l’union de tous les éléments
constitutif de l’hydrofoil : le mât, le bulbe, les ailes avant et les ailes arrières. Ensuite, on construit
le domaine fluide englobant l’hydrofoil à base d’un parallélépipède rectangle. Puis on effectue une
nouvelle opération booléenne qui est cette fois-ci une découpe pour laquelle l’objet de base est le
domaine fluide et l’objet outil l’hydrofoil. On se retrouve ainsi avec un domaine fluide englobant en
son centre des faces reproduisant la forme de l’hydrofoil. C’est ce domaine ainsi créé que nous allons
mailler en volume.
1.4 Maillage
1.4.1 Maillage avec blockMesh
Le maillage avec blockMesh se fait manuellement à travers un fichier. On commence par déclarer
tout les points de base du maillage en prenant soin de respecter un ordre de déclaration qui répond
dans la mesure du possible aux symétries et au sens du domaine. En effet, lors de la déclaration de
ces points, ils leur est attribué un numéro allant de 0 à n-1 (où n représente le nombre de point).
Ces numéros vont servir à l’étape suivante qui est la déclaration des blocs. Un bloc est constitué de
8 points qui doivent être déclaré impérativement quand le sens anti-horaire. On cherchera pour ga-
gner du temps, à prendre des domaines qui minimisent le nombre de bloc sans quoi la génération du
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
L’outil blockMesh permet de générer un maillage quadrangle régulier, ce qui est propice aux si-
mulations multiphases. Au cours des nombreux projets sur lesquels j’ai travaillé durant mon stage,
j’ai pu noter que le maillage quadrangle possédait principalement trois avantages comparé à un
maillage composé de tétraèdres ou d’héxaèdres :
— Les simulations dynamique avec mouvement de maillage où bien les simulations multi-
phases telles que les interactions Air-Eau ne fonctionnent qu’avec un maillage constitué de
quadrangle.
— Lorsque l’on souhaite faire de l’interaction fluide structure, le seul maillage permettant
d’effectuer un wrapping rapide des résultats de CFD pour les appliquer à un calcul de
structure, est un maillage à base de quadrangle.
— Il est plus facile de maitriser le raffinement aux abords des parois ou bien des zones turbulentes
lorsque l’on utilise du quadrangle puisque l’on peut toujours se ramener à une discrétisation
1D qui projetée sur une surface donne une discrétisation surfacique qui une fois extrudée
donne un maillage à trois dimensions.
Enfin, une fois les points et les blocs constitués, on passe à la déclaration des conditions de bords
en déclarant les faces constitutives des frontières du domaine. Chaque faces est constituées de quatre
points qui doivent être déclaré dans le sens horaire lorsque l’on regarde de face de l’extérieur. Outre
la déclaration des faces, on affecte pour chaque condition limite un type qui peut être par exemple
patch pour tout ce qui est entrée/sortie du domaine ou atmosphère, wall pour ce qui est des murs ou
bien des objets autour desquelles on observe l’écoulement, dans notre cas le foil ou bien une multi-
tude d’autres types tels que movingWall lorsque l’objet étudié est mis en mouvement sous l’action
du fluide. Tel est le cas du maillage présenté ci-dessous qui représente le mouvement en deux dimen-
sions d’une aile sous l’action d’un flux d’air horizontal à une vitesse de 100 m.s−1 .
Pour cette simulation, nous simulons en deux dimensions grâce à une condition de type empty
sur les murs latérales qui permet de ne pas borner l’écoulement sur les bords comme si l’aile se trou-
vait dans le vide tout en autorisant une seule maille de découpage en transversale. Cela permet de
simuler des phénomènes simples avec un maillage simple et des temps de calculs considérablement
restreints. Pour cette simulation, on est parti sur un mouvement à 6 degrés de libertés (6 DoF) que
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Les phénomènes à observer se situent aux parois de l’aile et dans la continuité du bord de fuite.
Les parois vont présenter des pressions variables selon l’écoulement du fluide, la vitesse d’écoule-
ment vue en coupe variera selon l’incidence donné en entrée. Enfin, tous les phénomènes de turbu-
lences, notamment les vortex pourront être visualisés en aval de l’aile. C’est la raison pour laquelle
nous avons adopté une discrétisation avec un grading (raffinement plus prononcé) à l’approche de
l’aile. Une zone autour de l’aile avec un rafinement plus important ainsi qu’une bande fortement dis-
crétisée derrière l’aile. Tout ceci se fait à travers le fichier blockMeshDict lors de la déclaration des
blocs en choisissant le niveau de raffinement selon les trois axes de l’espace x,y et z. On choisit éga-
lement le grading que l’on souhaite appliquer selon ces trois directions. Attention, les trois directions
dans l’espace sont arbitraires et elle sont initialisés par l’ordre dans lequel on déclare le premier bloc
de la série. Si l’on déclare en premier deux points qui sont alignés selon l’axe Z il faudra prendre
garde dans la suite à ne pas mélanger avec le référentiel classique (XYZ).
Enfin, il faut noter que bien qu’étant très efficace et relativement facile d’utilisation, cette outil ne
permet de mailler que des formes géométriques simples telles que présentées ci-dessus (cube, sphère,
cylindre, pyramide). Dans le cadre de notre étude, nous l’avons utilisé pour faire des premières esti-
mation en deux dimensions de la trainée générée par des profils d’aile basique telle que des profils
symétrique ou bien des profils naca allant de 6% à 12%.
Cette première étape ne constitue qu’une base pour des simulations plus complexes avec des ob-
jets issus de la CAO (conception assistée par ordinateur). Concernant ces formes plus complexes,
nous avons recouru au logiciel SALOME qui en plus du module géométrique présenté précédem-
ment, possède un module MESH permettant de générer toute sorte de maillage de façon manuelle ou
automatique. L’intérêt d’un tel outil est qu’il est très sensible au tolérance lors de l’étape de dessin
ainsi que celle de maillage. Il est parfois délicat de mailler certaines formes complexes mais lorsque
l’on y parvient on peut être certain que le maillage ne présentera aucun défaut pour le calcul CFD.
C’est réellement ce qui m’a convaincu durant ce stage.
L’outil SALOME présente quant à lui de nombreux avantages concernant le maillage que nous
allons évoquer brièvement par la suite. Néanmoins, le point de névralgique reste la propreté des
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
maillages qui sortent et la quasi-certitude qu’il n’occasionneront aucun bugs lors de la simulation.
Ceci présente un gain considérable comparé à l’outil snappyHexMesh puisque l’on peut se concen-
trer uniquement sur la partie physique de la mécanique des fluides et le erreurs pouvant apparaître
seront uniquement liées à des erreurs de modélisations physiques.
Simulation statique
Pour les simulations statique effectuées dans le cadre de l’optimisation de forme des ailes et du
bulbe nous avons opté pour un maillage généré à partir du module NETGEN avec une succession de
maillage 1D/2D/3D. Il faut noter tous nos modèles présentent les dimensions suivantes :
Le foil est placé au centre du domaine fluide, sans aucune incidence transversale ou longitudi-
nale. Le maillage avec le moteur NETGEN 1D/2D/3D est en réalité un mode semi-automatique de
maillage. On fixe le ratio du volume minimale à 2, 29 ∗ 10−7 et celui du volume maximale à 0, 35.
Cela permet de générer un maillage qui rentre dans le cadre du respect des ratio évoqués par la suite.
Voici un aperçu du maillage réalisé à la surface du foil :
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
A ce stade, il faut noter que le module MESH de SALOME présente un petit désavantage. En
effet, il travaille uniquement sur la carte graphique. Cette caractéristique provient du fait que les dé-
veloppeurs d’EDF l’ont conçu initialement pour une utilisation interne à l’entreprise qui dispose d’un
cluster graphique BLUE-GEN très puissant. Ne souhaitant pas recourir au cluster classique utilisé
pour les calculs CFD-Structures, ils ont orienté les calculs de maillage sur les cartes graphiques. De
plus, l’imbrication grandissante entre CAO et maillage a favorisé cette orientation. Avec la concep-
tion d’objet de plus en plus complexes, les formes ne sont devenues observables qu’à l’aide de carte
graphique très puissantes. Nous avons nous même rencontré des difficultés d’affichage à ne nom-
breuses reprises du fait de nos cartes graphiques limitées. De même pour générer certains maillages,
les temps de calculs ont explosé. Ceci est donc à prendre en compte sur des clusters de taille réduite
puisque le calcul d’un maillage paralyse les ressources graphiques. Toutefois, le dimensionnement
de maillage évoqué précédemment nous a permis de générer des maillages exploitables rapidement.
Une fois le maillage calculé, on procède à son exportation au format UNV qui est le seul format
compatible avec OpenFOAM. Ce format est également compatible avec certains logiciels de structure
tel que CODE ASTER et Lisa 7. Il semble donc que ce choix soit le plus judicieux si l’on souhaite par
la suite coupler les résultats CFD-Structure. Une fois le fichier de maillage généré au format UNV,
OpenFOAM offre un outil de conversion de maillage qui permet de le rendre lisible par les solver
OpenFOAM pour le calcul CFD. Ce convertisseur est ideasU nvT oF oam. Il permet de générer à
partir d’un fichier UNV, le dossier polyMesh qui est le dossier de maillage d’OpenFOAM contenant
les fichiers : boundary, points, edge, faces... Cette conversion intègre donc la création des conditions
limites à partir des groupes créés sous SALOME. Il ne reste plus qu’à modifier les types de chaque
condition qui sont par défaut définies en tant que patch. Dans le cas de nos simulations, nous avons
considéré les INLET/OUTLET comme des patch, les autres murs comme des SYMMETRYPLANE
(qui permette de ne pas borner le domaine afin que le foil puisse être considéré en eau libre) et le foil
comme un mur avec une condition de vitesse nulle au paroi.
Simulation dynamique
Pour les simulations dynamique à six degrés de liberté que nous n’avons pas pu mener jusqu’au
bout dans le cadre du foil mais que nous avons effectué pour des objets plus simple notamment une
caisse et une aile seule avec un profil NACA 10, nous avons effectué un maillage manuel à base
de quadrangle. La démarche consiste à mailler dans un premier temps le domaine fluide englobant
l’objet autour duquel on étudie l’écoulement. Pour se faire, on commence par une discrétisation 1D
au cours de laquelle on choisit un découpage des arrêtes constituant le domaine. Ici, le choix est fait
en fonction des dimensions de l’objet se situant au coeur du domaine et du nombre de face que l’on
souhaite avoir à sa surface. Ensuite, on effectue une projection surfacique de cette discrétisation 1D
et choisissant la façon dont les mailles vont être déformées dans les zones complexes (on choisit
la façon dont les quadrangles vont pouvoir être modulés). Puis on extrude cette discrétisation dans
tout le domaine ce qui est relativement rapide étant donné que la forme du domaine en question est
parallélépipédique.
Par ailleurs, on effectue de la même façon un maillage quadrangle volumique de l’objet souhaité.
Nous prendrons dans cette exemple le cas d’une caisse flottante de profil cubique. La procédure est
identique à celle présentée précédemment mais cette-fois ci on veille à imposer des découpages qui
vont coïncider avec ceux du maillage environnant afin que les mailles puissent être recollées sans
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
aucuns problèmes. Sinon, cela peut générer des problèmes lors du calcul CFD comme par exemple
des sauts de pressions prononcés aux interfaces ce qui peut aboutir à des résultats aberrant dans le
meilleur cas ou tout simplement des arrêts de simulations dans des cas plus complexes. Une fois la
discrétisation volumique de l’objet effectuée, on passe à l’étape d’assemblage.
L’assemblage se déroule en deux temps. On commence par faire une union des deux maillages
générés précédemment en autorisant la fusion des noeuds et des arrêtes coïncidentes. Puis, on sup-
prime les mailles se trouvant à l’intérieur de l’objet géométrique considéré, ici la caisse. Ceci permet
de transformer l’objet maillé en volume en une simple enveloppe constitutive du domaine fluide,
maillé en surface. Puis dans un second temps, on supprime les noeuds orphelins restant à l’intérieur
de l’enveloppe qui étaient en lien avec les mailles supprimées.
Enfin, on déclare les groupes qui seront en fait par la suite les conditions de limite. Ici les groupes
seront des groupes de face. Il y aura celui des murs du domaine fluide, et celui des bords de la caisse.
On exporte ensuite le maillage sous OpenFoam comme dans le cas statique en affectant les types
correspondant à chaque groupe en vue de construire les conditions limites.
Une fois le solver choisi, il y a plusieurs tutoriels disponibles. Celui qui s’approche le plus de
notre étude est l’écoulement en deux dimensions autour d’une aile avec un profil NACA. Cette si-
mulation est réalisée grâce au modèle de Spalart-Almaras que nous évoquerons plus tard mais nous
l’avons également fait tourner un le modèle k-Omega SST. Lorsque l’on souhaite adapter un tutoriel
à notre cas d’étude, la première étape est d’analyser le maillage. Les trois principaux paramètres à
analyser sont :
4t 6 0.1 ∗ 4x
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Concernant le nombre de cellules, nous avons construit des maillages se situant toujours aux
alentours de 500 000 cellules, pour une surface moyenne de 10−5 et volume de cellule moyen de 10−4 .
Il s’avère que cette configuration présentée un bon compromis entre précision des forces calculées
et temps de calcul qui avoisinait les 10 minutes sur un simple coeur. Cela nous permettait d’envoyer
simultanément de nombreuses simulations et de calculer aisément un plus grand nombre de cas tests.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
On se trouve donc dans le cas d’un écoulement stationnaire, incompressible et turbulent. Nous
utiliserons ainsi le solver simpleF oam.
On considère le fluide avec une densité et une viscosité constante. L’équation de continuité sui-
vante est donc vérifiée :
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
~) = 0
∇.(ρU
∂U
+ ∇.(~v~v ) − ∇.(η∇~v ) = −p
∂t
Néanmoins, cette équation est trop couteuse à résoudre si l’on a pas une formulation explicite
de la pression. Dans le cas présent, nous allons exprimer la dérivée de la pression en prenant la di-
vergence de l’équation du moment dans laquelle nous injecterons l’équation de continuité évoquée
précédemment. L’équation du moment sous sa forme semi-discrétisée peut s’écrire de la façon sui-
vante :
ap U~p = H(U
~ ) − ∇p
H(U~ ∇p
U~p = −
ap ap
où :
~) = − U~0
an U~n +
X
H(U
n 4t
Le terme H(U ~ ) représente les coefficients de la matrice des cellules voisines multipliées par la
vitesse de fluide qui les traversent. Le second membre contient un terme non-stationnaire ainsi que
le terme source excepté le gradient de pression.
~ = ~ U~f = 0
X
∇.U S.
f
où S~ est le vecteur normal sortant et U~f la vitesse sur la face. La vitesse sur la face est obtenue
par interpolation de l’expression semi-discrétisée de l’équation du moment :
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
~)
H(U (∇p)f
U~f = −
ap (ap )
f
En injectant cette équation dans l’expression discrétisée de l’équation de continuité obtenue pré-
cédemment, on obtient l’équation sur la pression suivante :
1
!
~)
H((U ~
~ H((U )
X
∇. ∇p = ∇. = S
ap ap f ap
f
Une fois tout ceci installé, j’ai procédé à quelques tests afin de vérifier le fonctionnement de ce
petit cluster. Pour ce faire, j’ai tout d’abord effectué un comparatif entre les deux machines afin de
voir si les processeurs était bel et bien identique. J’ai lancé une simulation simple d’environ 5 min
sur 6 coeurs. La différence du temps de calcul entre les deux machines n’excèdent pas la seconde.
Il semble donc que l’on ait à notre disposition deux noeuds identiques. Ensuite, afin de vérifier la
rapidité du réseau, j’ai souhaité comparé la différence de temps de calcul entre une simulation en
parallèle sur plusieurs coeurs pour laquelle chaque noeud écrit sur son répertoire locale et une autre
pour laquelle les deux noeuds écrivent dans un même répertoire se trouvant sur le disque partagé.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
On a pu noter que les performances sont légèrement supérieures pour une écriture sur le disque
partagé. Il semble donc que le réseau fonctionne convenablement et qu’il ne soit pas limitant pour le
calcul parallèle.
Enfin, concernant le gain de calcul en fonction du nombre de coeurs utilisés, on obtient bien une
courbe ayant l’allure d’une exponentielle décroissante. Pour un même processeur, le gain est im-
portant lors de l’utilisation des premiers coeurs mais ils s’amenuisent à mesure que les coeurs sont
occupés. En effet, les coeurs d’un même processeur fonctionnent en mémoire partagée, c’est elle qui
est utilisée lors de la communication entre les coeurs via le protocole MPI à chaque itération. Plus elle
s’approche de la saturation, plus le gain diminue. Par ailleurs, on note qu’il est inutile de dépasser la
capacité physique du processeur. En effet, solliciter un nombre de coeurs supérieur à celui réellement
disponible engendre un ralentissement du calcul. En effet, le processeur va virtualiser les coeurs sup-
plémentaires qu’il ne possède pas et la mémoire déjà saturée du processeur devra être stockée sur la
mémoire vive. Ceci implique un transfert de données bien plus lent que celui intra-processeur effec-
tué directement sur les couches de silices, induisant un ralentissement important des communications
entre chaque coeur en MPI. Nous opterons donc pour le moment pour des simulations sur 6 ou 12
coeurs en fonction de nos besoins.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
On note que ce bulbe pour lequel le nez a été retravaillé ne perturbe pas l’écoulement du fluide.
On observe que les pressions sont concentrées sur le nez du bulbe et le bord d’attaque du mât. Vi-
suellement, on observe que la trainée générée par la queue du bulbe ne persiste pas au-delà d’une
distance équivalente à celle de la queue. De même, au niveau du nez, le profil des lignes de courant
semble régulier et symétrique.
On note que le bulbe de départ présente pour l’heure la trainée la plus faible. Le second modèle
de bulbe avec un nez sphérique entraine des décrochements de filets sur les extrémités du nez. Cela
génère de la turbulence tout le long du bulbe ce qui a pour effet d’augmenter la trainée. Enfin, le
dernier modèle présente une réelle amélioration au niveau du nez puisqu’il ne perturbe pas l’écoule-
ment. Néanmoins, des améliorations sur la queue du bulbe reste à opérer pour gagner encore quelques
grammes par rapport au bulbe de départ. A l’heure actuelle, nous optons pour une queue en forme de
bec de canard.
Voyons à présent une vue en coupe de la grandeur nut qui rend compte de la turbulence autour
du bulbe. On présentera à gauche le bulbe pour lequel nous avons retravaillé le nez et à droite celui
pour lequel nous avons disposé un nez sphérique grossier.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
On remarque de façon globale que la couche turbulente est plus importante sur le modèle de droite
que sur celui de gauche. D’autre part, on constate qu’elle est bien plus fine sur le nez retravaillé com-
paré à celui réalisé grossièrement. Ceci explique les différences de trainée observée en comparant
ces deux bulbes, moins les contours présenterons de rupture de pente, meilleure sera la pénétration
du bulbe dans l’eau.
Nous poursuivrons cette étude par des simulations sur trois profils d’ailes que nous disposerons
sur le système mât-bulbe présenté à gauche sur la figure 11.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
On observe que la différence de trainée entre le profil rectangle qui semble être le meilleure profil
et le profil parallélogramme qui semble être le plus mauvais, n’excède pas 10 %. On peut ajouter
qu’il ne subsiste pas de différences majeures entre ces trois profils du fait que les surfaces frontales
projetées de chaque profil sont très proches. Enfin, ces observations fournissent une idée globale du
comportement de chaque profil et doivent être affinée par la suite en prenant en compte d’autres pa-
ramètres. Au départ, le fait de recourir à un profil elliptique permet de diminuer la trainée en bout
d’aile ce qui est intéressant du point de vue de la stabilité lors des manoeuvres. On pourrait alors
opter pour une surface d’aile moins importante dont l’effet sur la portance serait compensé par une
cambrure de l’ordre de 3%. Ces différentes simulations visant à explorer l’influence d’un paramètre
vis à vis des autres sont observer avec un regard globale afin d’opter pour des profils qui présentent
des avantages multiples et qui répondent le plus fidèlement au cahier des charges.
On observe bien une accélération sur l’extrados de l’aile due à l’incidence et un ralentissement
du fluide sur l’intrados. De plus, la coupe rectiligne des ailes aux extrémités provoquent une légère
déformations des lignes de courant. On visualise bien également le fait que cette trainée générée aux
extrémités vient s’ajouter à celle générée à l’avale de l’hydrofoil. Enfin, on observe une nouvelle
fois que les zones de haute pression sont bien concentrées la partie frontale de l’hydrofoil et que
des dépressions apparaissent au niveau des zones ou le fluide accélère comme l’extrados. Ceci peut
également être visualisé sur la vue en coupe suivante :
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
On retrouve bien les accélérations de fluide sur les zones de basse pression et les ralentissements
sur les zones de haute pression. On note aussi que la trainée générée par le mât est vraiment très
restreinte.
Par la suite, nous avons souhaité visualiser la façon dont les perturbations générées par les ailes
avant se propagent en direction des ailes arrières. Voici aperçu en coupe de la turbulence générée par
les ailes :
On note que les ailes arrières ne sont que faiblement affectées par la turbulence générée par les
ailes avant. Néanmoins, on constate que la turbulence générée après le passage des deux ailes est bien
plus marquée, ce qui témoigne du fait que la turbulence crée par les ailes avant s’ajoute à celle crée
par les ailes arrière pour maximiser l’épaisseur de la couche turbulente juste derrière l’hydrofoil.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Conclusion
En définitive, cette étude nous a permis de travailler sur les différents éléments qui constituent l’hy-
drofoil. L’optimisation du bulbe est primordiale si l’on souhaite minimiser la trainée générée par
le corps de l’hydrofoil lors de la navigation. La variété des ailes disponibles est déjà utilisée à tra-
vers le monde prouve qu’il n’y a pas une solution unique. De même que la matière choisie pour
la construction, les profils d’ailes doivent répondre aux attentes de l’utilisateur selon les conditions
météorologique dans lesquelles il souhaite naviguer. Ici, nous avons souhaité élaborer un premier trie
des principales formes envisageable pour la conception des ailes.
Nous poursuivons à l’heure actuelle cette étude en couplant différentes formes entre elles afin de
tirer la meilleure partie de chacune. Conserver la maniabilité d’une aile au profil elliptique avec la
rapidité d’une aile en semi-parallélogramme, tout en ajoutant un minimum de cambrure pour obtenir
une bonne portance dans le vent faible sont tout autant d’amélioration qu’il est possible de combiner
en vue d’obtenir un hydrofoil ayant un comportement le plus souple et sein possible.
Nous travaillons également sur la mise en place de dièdre, particulièrement au niveau des ailes ar-
rières afin d’améliorer la stabilité et la maniabilité de l’hydrofoil lors de changements de cap pendant
la navigation ainsi pour les virements de bord et les empannages. Le cahier des charges de départ
impose à l’hydrofoil d’être le plus accessible et le plus ludique possible. Sa maniabilité à vive allure
tout comme à allure réduite doit pouvoir être maitrisée en un minimum de temps. La poursuite de ce
projet s’inscrit dans une démarche et un désir réel de croiser les résultats obtenus numériquement en
CFD avec la réalité, c’est pourquoi nous débuterons très prochainement les test des premiers proto-
types afin de ressentir sur l’eau, les phénomènes simulés au travers de cette étude.
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Etude d’un hydrofoil pour le kitesurf Aurélien MICHEL
Bibliographie
[8] Michel BELLET, Michel VINCENT Cours de mécanique et mise en forme des maté-
riaux, Master P3M, p 10 2014
[12] OpenCFD Ltd Mesh generation with snappyHexMesh, OpenFOAM User Guide 2014,
http ://[Link]/openfoam/user-guide/snappyhexmesh/x26-1510005.4
[13] OpenCFD Ltd Running applications in parallel, OpenFOAM User Guide 2014,
http ://[Link]/openfoam/user-guide/running-applications-parallel/x12-820003.4
[14] Hakan Nilsson Post-processing in paraFoam, CFD with OpenSource Software 2014,
http ://[Link]/ hani/kurser/OSCFD/[Link]
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