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Tendances Architecturales de La Mosquée Marocaine (Xvii - Xix Siècles)

Ce document décrit les tendances architecturales des mosquées marocaines entre les XVIIe et XIXe siècles. Il présente l'activité de construction intense sous les dynasties saadienne et alaouite, avec des styles qui ont évolué entre les périodes tout en gardant une originalité marocaine. Le document se concentre particulièrement sur la première période alaouite.

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Tendances Architecturales de La Mosquée Marocaine (Xvii - Xix Siècles)

Ce document décrit les tendances architecturales des mosquées marocaines entre les XVIIe et XIXe siècles. Il présente l'activité de construction intense sous les dynasties saadienne et alaouite, avec des styles qui ont évolué entre les périodes tout en gardant une originalité marocaine. Le document se concentre particulièrement sur la première période alaouite.

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Hespéris-Tamuda LII (3) (2017): 229-254

Tendances architecturales de la mosquée marocaine


(XVIIème-XIXème siècles)

Mina El Mghari
Université Mohammed V de Rabat

L’histoire de l’architecture comme l’histoire de l’expression permet


d’expliquer le caractère des formes leur évolution selon les périodes. Les
édifices portent un langage aussi bien dans le bâti que dans le décor qu’il faut
décoder. Ceci est également valable pour les transformations qu’il convient
d’en présenter la genèse et en expliquer les tendances. L’exercice est difficile
devant une multiplicité de formes dont nous n’avons toujours pas arrêté tous
les contours.
Au Maroc, nous assistons dès le XIIIème siècle au développement des
écoles régionales.1 Avec les bâtisseurs du Maroc moderne, les dynasties
saâdienne et alaouite, s’affirme une originalité “marocaine.” Un caractère
qui prend toutefois différentes facettes dans les deux périodes voisines. Cette
relecture de la commande officielle architecturale marocaine entre le dix
septième et le dix neuvième siècle, propose d’en dégager les formules et les
thèmes.
Il est communément admis, que la première période alaouite, est
marquée par une activité architecturale importante, laquelle a touché les
principales villes marocaines. Les premiers Sultans de la dynastie ont, en
effet, manifesté le plus grand intérêt pour la construction d’édifices religieux
et d’enseignement. Les chroniques indiquent, à ce propos, qu’ils ont pris à leur
service les architectes et les artisans les plus connus et les plus virtuoses, qui
ne ménagèrent aucun effort pour répondre aux aspirations des monarques. Les
constructions se sont ainsi multipliés pour donner jour à plusieurs bâtiments,
aux plans variés et aux aspects divers.
Puisant nombre de leurs éléments architectoniques et décoratifs d’un
répertoire riche et diversifié des époques précédentes (saâdienne, mérinide,
almohade et almoravide) ces bâtisses reflètent les orientations dictées par
les Sultans ainsi que les particularités propres à chaque règne. En fait, les
constructeurs posaient, petit à petit, les bases d’une école architecturale locale

1. Michel Terrasse, Islam et Occident méditerranéen (Paris: Éditions du CTHS, 2001), 285.

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230 Mina El Mghari

qui n’allait n’éclore, véritablement, qu’à la fin du XIXème et durant le XXème


siècle. Ces bâtisses religieuses furent le gage de la gloire et de la notoriété,
car, en plus de leur fonction cultuelle, les grandes mosquées jouent un rôle
social, culturel et politique: elles sont dans le même temps, centre de pouvoir
et source d’épanouissement intellectuel et civilisationel.
Une activité architecturale intense
Les Sultans alaouites nous l’avons dit, ont tous manifesté un grand
intérêt envers les mosquées, et ce en application du Hadith du Prophète, qui
dit que “l’endroit le plus aimé d’Allah est la mosquée.” L’intérêt des Sultans
s’est donc traduit aussi bien par la construction de nouvelles bâtisses que par
la restauration et la rénovation des mosquées existantes, afin de garantir la
continuité de l’héritage spirituel marocain.
Les chroniques présentent de longues listes de ces édifices, mais L’Istiqsā
d’An-Nasiri2 est l’ouvrage qui en donne, règne par règne, les plus détaillées.
C’est ainsi que cet auteur indique par exemple, que parmi les réalisations
de Sidi Mohammed ibn Abdallah, figurent près de quarante cinq oratoires et
grandes mosquées. Aussi bien, et en raison du très grand nombre de mosquées
de cette première période alaouite, nous ne les citerons pas toutes; nous ne
prendrons que celles que nous considérons comme typiques de l’époque les
ayant vus naître et se développer.
Les sources historiques contemporaines des Sultans suivants: Moulay
Rachid (1666-72), Moulay Ismaïl (1672-1727), Moulay Abdallah (1728-57),
Sidi Mohammed ibn Abdallah (1757-90) et Moulay Slimane (1790-1822),
rapportent que tous ces monarques aimaient les Oulémas et les encourageaient.
Dans cette optique, la construction de la madrasa Charratine à Fès (fig. 1),
ainsi que l’agrandissement et la restauration de la grande mosquée d’al-
Qarawiyyin de la même ville, sont considérés comme le début d’une nouvelle
politique officielle en vue d’élever le niveau de la connaissance, de rehausser
le rôle des Oulémas et d’accorder l’intérêt qu’il faut aux questions religieuses
et scientifiques.
Dans ce sens, l’attention portée à la grande mosquée d’al-Qarawiyyin
comme étant l’un des sanctuaires marocains les plus importants et les plus
connus, est à prendre en considération, quand il s’agit d’étudier l’architecture
religieuse de la période considérée. Les Sultans ont, en effet, tenu à ce qu’al-

2. Ahmed An-Nasiri, Kitāb al-Istiqṣā li Akhbār Duwal al-Maghrib al-ʿAqṣa, t. 7 et 8 (al-Dār al-
Baydāʼ: Dār al-Kitāb, 1956.
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 231

Qarawiyyin soit le point de ralliement du plus grand nombre de fidèles et


qu’elle soit, de même, source du cilm (Science) et de la connaissance. Le
même intérêt a été porté au mausolée de Moulay Idris que “Moulay Ismaïl
a reconstruit en 1110 de l’Hégire et dont il éleva la grande coupole, unique
en son genre, en le dotant d’une grande mosquée à khotba, à la construction
parfaite, et dont le premier prédicateur (khatib) fut le calim Sidi Mohammed
al-Masnaoui ad-Dila’i.”3 Moulay Ismaïl profita de l’occasion pour réunir les
Oulémas afin d’examiner la question de la qibla au Maroc et la préciser après
qu’elle ait été sujette à discussion dans les milieux des Fuqahas (docteurs de la
loi) depuis l’époque des Almohades.4 Ces deux monuments ont probablement
constitué un répertoire décoratif ou ont été puisés des éléments décoratifs
ayant servi pour parer les nouvelles commandes architecturales
Auparavant, Moulay Rachid avait entamé la construction de la madrasa
Charratine, fondée en 1080 H., comme cela est sculpté sur la poutre en bois
surmontant la porte principale d’entrée: “Notre seigneur Moulay Rachid
(qu’Allah appuie son pouvoir et perpétue sa gloire) a créé cette madrasa bénie
en l’an 1080.” Cette date équivaut à 1670 ap. J.C. Un autre texte chantant la
gloire de Moulay Ismaïl, rapporte que c’est ce dernier qui acheva l’édification
de ladite madrasa.5
Les éléments architectoniques et décoratifs (ph.1 et 2) de la madrasa
Charratine constituent une référence de premier ordre, car les autres fondations
alaouites s’en sont servies énormément. Selon an-Nasiri,6 Moulay Rachid
avait dans l’idée de construire une madrasa semblable à celle de Marrakech,
la mosquée ben Youssef (fig. 2) tout près de la mosquée d’Ibn Salih, afin
de garder cet équilibre culturel et spirituel qui caractérisait les deux cités
makhzéniennes, Fès et Marrakech, à travers les âges. La mort ne lui avait pas
laissé le temps de concrétiser son projet.

3. Abd al Karim ben Moussa al-Riffi, Zahr al-Akamm. Étude et annotation Assia Benadada (Rabat:
al-Ma‘arif al-Jadīda, 1992), 208.
4. Abdarraḥmān Ibn Zaydān, Ad-Durar al-Fākhira bi Maꞌāthiri al-‘alawiyyina bi Fās al Zāhira
(Rabat: al-Maṭba’a al-Iqtiṣādiyya , 1937), 49.
5. Ce texte qui entoure l’ouverture du miḥrāb est le suivant: “gloire, victoire et félicité perpétuelle à
notre seigneur Moulay Ismaïl Emir des Croyants.
6. An-Nasiri, Kitāb al-Istiqṣā, 41.
232 Mina El Mghari

Fig. 1: plan général de la


Madrasa Charratine à Fès
(Source: S. Berrada, Mémoire
de fin d’études, ENA,1998).

Fig. 2: Plan de la Madrasa Ben


Youssef à Marrakech (Source:
H. Triki et A. Douvifat, Medersa
Ben Youssef, 1999).
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 233

Ph. 1: Madrasa Charratine, vue des


portiques du Ṣaḥn (Direction du
Patrimoine à Rabat)

Ph. 2: Madrasa Charratine à Fès


façade de l’oratoire (Direction du
Patrimoine à Rabat).
234 Mina El Mghari

Les mosquées de la première époque alaouite quel langage


architectural?
Des investigations dans une approche de l’archéologie monumentale7 qui
avaient pris comme objet d’étude quelques unes des réalisations religieuses
de la première époque alaouite comportent des descriptions précises8 et
exhaustives qui font ressortir les principales caractéristiques architecturales et
les particularités décoratives qui constituent la marque de ces temps. Quelles
sont-elles donc?

Ph. 3: Mosquée Lalla ‘Awda.


Salle des prières
Ph. 3: Mosquée Lalla(Source:
‘Awda.
Photothèque
Salle des prièresla (Direction
de Direction
du
du Patrimoine
Patrimoine àà Rabat)
Rabat)

Les premières mosquées alaouites qui nous sont parvenues remontent


à Moulay Rachid (oratoire de la madrasa Charratine) et à la mosquée Lalla
ʿAwda de Moulay Ismaïl, (ph. 3). Selon les sources historiques, ce dernier
a présidé à la fondation d’une multitude de mosquées, dont certaines font
partie intégrante de ses palais et d’autres sont construites dans les nombreuses
Casbahs qui jalonnent les principales régions marocaines. A l’appui des
descriptions existantes, la mosquée du marbre (masjid ar-Roukham) édifiée à
Meknès fut la plus fameuse de toutes. Elle ne survécut pas à son fondateur.9
De fait, la mosquée Lalla cAwda ou mosquée de la Casbah à Meknès, est celle
que l’on considère comme typique de l’époque. C’est elle que nous avons
retenue dans cette étude.10

7. A titre d’exemple, notre étude des mosquées à khotba de l’époque de Moulay Slimane nous
a permis de relever quelques caractéristiques qui déterminent la mosquée cathédrales du temps de
ce monarque. Voir, Mina El Mghari, “Les mosquées à Khotba de Moulay Sliman 1792-1822,” thèse
(inédite) de 3ème cycle, sous la direction de J. Sourdel-Thomine, Paris IV-Sorbonne (1987)
8. Gaston Deverdun, Marrakech des origines à 1912 (Rabat: Éditions Techniques Nord-Africaines,
1959), 402.
9. Abdarraḥmān Ibn Zaydān, al-Manzac al-Laṭīf fi mafākhir al-Mawlā Ismācīl, introd. et annot. A.
Tazi (Casablanca: Librairie Idéale, 1993), 300.
10. Une étude détaillée est fournie par Barrucand Marianne, L’architecture de la Qasba de Moulay
Ismail à Meknès (Rabat: Ministère d’Etat Chargé des Affaires Culturelles,1976), vol.VI. 68-70 et fig.17.
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 235

Fig. 3: plan de l’ensemble architectural


de la mosquée Moulay Abdallah à Fès
(Source: Boris Maslow, les mosquées
de Fès et du Nord du Maroc).

Fig. 4: Plan mosquée ar-Rwa (Source:


Fig. 4: Plan mosquée ar-Rwa (Source:
Les
Lesmosquées
mosquéesdedeFès)
Fès).

Quant aux caractéristiques architecturales de la période de Moulay


Abdallah, il est possible d’en faire l’approche à travers les composantes de
la mosquée qui, à Fès Jdid, porte le nom de ce monarque (fig. 3). Après lui,
le règne de son fils et successeur, Sidi Mohammed Ben Abdallah fut marqué
236 Mina El Mghari

par une multitude de constructions dont on peut apprécier le type à travers


les mosquées d’ar-Rwa à Meknès (fig. 4), d’as-Sounna (fig. 5), d’ahl Fàs et
de Molina (fig. 6) à Rabat, de Berrima à Marrakech, de Sidi Youssef (fig. 7),
d’al-Bawakhir, d’ad-Dhiyabat et d’al-Jazira à Essaouira. Les mosquées de
Moulay Slimane les plus importantes sont celles d’ar-Rṣif à Fès, de Moulay
Slimane à Rabat, la grande mosquée à Tanger, à Tétouan et à Sefrou, d’Ibn
Youssef à Marrakech.11

Fig. 5: Plan mosquée as-Sounna à


Fig. 5: Plan mosquée as-Sounna à
Rabat (Source: Jacques Caillé, Rabat
Rabat (Source: Caillé, Rabat des
des origines).
origines).

Fig. 6: Mosquée Molina Rabat


Fig. 6: Mosquée Molina Rabat (Source:
(Source: Caillé,
Caillé, Rabat desRabat).
origines).

11. El Mghari, “Les mosquées à Khotba.” T.II. Plans.


Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 237

Fig. 7: Mosquée sidi Youssef à


Fig. 7: Mosquée
Essaouira (Source: sidi
El Youssef à
Mghari,
Essaouira (Source: El Mghari,
Madinat ... p.).
Madinat, p. 290).

En nous basant sur une approche comparative des caractéristiques


générales de ces sanctuaires, à travers l’examen de leurs plans, de leurs
bâtisses et de leurs éléments architectoniques, nous pouvons conclure à ce
qui suit:
Les emplacements
En ce qui concerne les emplacements, nous constatons qu’il y a deux
groupes de mosquées: celles qui font corps avec les résidences sultaniennes
et celles qui sont construites au milieu des tissus urbains des cités.
Du premier groupe relèvent les mosquées de Lalla ʿAwda et d’ar-Rwa à
Meknès, de Moulay Abdallah à Fès, de Berrima à Marrakech et d’ad-Dhiyabat
à Essaouira. Ces sanctuaires s’inscrivent dans la tradition de l’Islam classique,12
qui a vu les mosquées se construire, aussi bien sous le califat omeyyade que
sous celui des Abbassides, près du centre du pouvoir, constituant ainsi une des
principales annexes des résidences princières, afin qu’elle soit à la disposition
du Calife, ou du Sultan et de leur suite. C’est ainsi que la mosquée Lalla
‘Awda a été intégrée à ad-Dār al-Kabira (grande maison), première résidence
principale du Sultan, où, s’étendant sur un terrain rectangulaire de 160m x
48m, elle occupait la partie nord-ouest. Son édification, extraordinaire aussi
bien au niveau des dimensions qu’à celui des matériaux, en fait l’un des
modèles architecturaux élevés par Moulay Ismaïl. Le plan d’ensemble est

12. Michel Terrasse, Islam et Occident méditerranéen (Paris: Éditions du CTHS, 2001), 88-91.
238 Mina El Mghari

régulier, les composantes bien agencées. La bâtisse est ainsi entourée de murs
très élevés et est précédée de la grande place du Mechouar. La mosquée ar-
Rwa est construite au milieu d’agdal (grand jardin) de Meknès (fig. 4), lequel
était réservé au Sultan, tandis que la mosquée ad-Diyabat d’Essaouira a été
bâti loin de la résidence du Sultan, connue sous le nom d’ad-Dar al-Baïda (la
maison blanche).
Le second groupe est composé des mosquées élevées dans les médinas.
Parmi ces dernières citons la mosquée Moulay Slimane de Rabat, bâtie à
l’origine du quartier Souika, ou la grande mosquée de Tétouan, considérée
comme l’un des monuments les plus importants du Souk as-Sabbaghin
(teinturiers) de cette même ville. A Fès, la mosquée ar-Rṣif est bâtie sur
une colline de la rive des Quairouanais, à mi-chemin entre Raḥbat az-Zbib
(le marché aux raisins) et le souk d’ar-Rṣif, qui est l’un des marchés les
plus fréquentés de la ville. La mosquée de Sidi Youssef est l’une des plus
importantes que Sidi Mohammed ibn Abdallah a élevées à Essaouira. Elle
occupe l’angle sud-ouest de la principale artère commerciale de la médina
et sa position vient nous rappeler que la grande mosquée ne se trouve pas
forcément au centre du tissu urbain (ph. 4). Les études archéologiques ont
démontré à ce propos, que la centralité de la grande mosquée était certes
recherchée, mais jamais obligatoire.13
Ces différentes positions démontrent toutes l’importance de l’extension
des tissus urbains dans les principales villes makhzéniennes durant l’époque
alaouite. Parfois, il était indispensable de réserver certaines mosquées à
l’armée ou à la garde royale, comme ce fut le cas de la mosquée d’al-Bawakhir
d’Essaouira, de celui de la mosquée Darb Chtouka à Marrakech, élevée par
sidi Mohammed ben Abdallah, tout près du palais pour son armée, ou encore
de celle du Dār al-Baida à Marrakech même et qu’on connaissait sous le
nom de mosquée d’al-Bawakhir lesquels constituaient la garde rapprochée
du Sultan.
De façon globale, l’emplacement des mosquées les plus importantes
se rattache aux endroits qui ont un quelconque rapport avec le pouvoir
politique et spirituel, et que le Sultan choisit aussi en raison de sa situation
stratégique.

13. Parmi les exemples à citer la grande mosquée de Samarra en Irak et celle de Hassan à Rabat.
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 239

Ph. 4: Vue aérienne de la


mosquée
Ph. 4: VueSidi Youssef
aérienne de laà
Essaouira Sidi Youssef à
mosquée
Essaouira (Coll. dedel’auteure).
(Source: Collection l’auteure).

Des formes symboliques


Les mosquées alaouites les plus importantes se distinguent d’un point
de vue architectural, par l’immensité de leur bâtiment, et la simplicité et la
cohérence de leur plan d’ensemble. Elles font partie, en général, d’ensembles
architecturaux qui ne se différencient entre eux que par leurs composantes.
Il est à remarquer que les plans des premiers sanctuaires alaouites,
tels que ceux de Lalla ‘Awda à Meknès14 et de Moulay Abdallah à Fès15
s’inscrivent dans la tradition des siècles passés (ph. 5 et 6). La distribution des
espaces de Lalla ‘Awda renvoie, dans certains de ses détails (salle d’ablution
incorporée au corps de l’édifice; emplacement de deux espaces clos de part et
d’autre du ṣahn, au milieu des galeries latérales). Ces édifices marquent bien
l’espace dans lequel ils s’élèvent. Le complexe architectural de Jami Moulay
Abdallah est, quant à lui, dans la continuité du modèle saâdien (Mouassin de
Marrakech).16 Il fait en effet partie d’un ensemble de constructions à fonctions
diverses: religieuse, politique, sociale et culturelle. Les mosquées de Lalla
‘Awda à Meknès et de Berrima à Marrakech se rapprochent entre elles par
l’existence d’un mechouar, vaste espace de section rectangulaire précédant le
sanctuaire et qui sert à des manifestations diverses et dans lequel on pénètre
par une porte monumentale, rehaussée de décors épigraphiques et floraux.

14. Voir la monographie de la mosquée de Lalla ʿAwda dans, Barrucand, L’architecture de la Qasba,
66-70
15. Boris Maslow, Les mosquées de Fès et du Nord du Maroc (Paris: Les Éditions d’Art et d’Histoire,
1937) 147-53, fig. 30.
16. Georges Marçais, L’architecture musulmane d’occident (Rabat: Arts et Métiers Graphiques,
1955) 385, fig. 238.
240 Mina El Mghari

Ph. 5: Mosquée Lalla ʿAwda


à Meknès, vue plongeante du
ṣahn
(Source:
Ph. Photothèque
5: Mosquée de la
Lalla ʿAwda
àDirection
Meknès, vue
du Patrimoine duà
plongeante
ṣahn (Direction du Patrimoine
Rabat).
à Rabat).

Ph. 6: Ṣaḥn et fontaine de


la Mosquée Lalla ‘Awda à
Meknès
Ph. 6: Ṣaḥn
(Source: et fontaine
Photothèque de de
la
la Mosquée Lalla ‘Awda
Direction
à Meknès (Direction duà
du Patrimoine
Rabat).
Patrimoine à Rabat).

A l’inverse des mosquées annexes des centres du pouvoir, aux


composantes complexes, celles des médinas ne comportent que des fontaines
publiques, comme c’est le cas à Jami’ Ibn Youssef de Marrakech, Jami’ ar-
Rṣif à Fès et la grande mosquée à Tanger.
Ceci dit, il convient de noter que les mosquées alaouites sont toutes
construites suivant le plan dit “médinois,”17 en référence au modèle de la
mosquée du Prophète à Médine et qui devait connaitre une évolution à l’époque
des Omeyyades, à travers la grande mosquée de Damas. Exception faite de
quelques mosquées de Moulay Slimane, dont celle de Tétouan qui comporte
cinq nefs, les sanctuaires alaouites ont des salles de prière ne comptant pas,
en général, plus de trois à quatre nefs, disposées parallèlement au mur de la
qibla.

17. Dénomination que l’on retrouve chez Marçais, L’architecture musulmane, 197 et 391.
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 241

Sur le plan chronologique, le modèle ismaïlien occupe la première


place. La nef axiale s’y distingue, par rapport aux autres vaisseaux, par ses
dimensions importantes et par la régularité de la disposition de ses coupoles,
toujours couvertes par des toitures à quatre pentes. Quant à Jamic Moulay
Abdallah, ses nefs18 sont au nombre de trois, disposées parallèlement au mur
de la qibla. La nef axiale ne s’y distingue que faiblement par rapport aux
autres nefs. Les arcs de ces vaisseaux sont en plein cintre faiblement brisés,
portés par des piliers à section carrée.
Les mosquées de Sidi Mohammed Ibn Abdallah sont totalement
différentes de celles de ses prédécesseurs. Certaines études archéologiques
récentes ont démontré qu’en effet, les mosquées fondées par ce Sultan, même
quand il était encore prince héritier et qu’il résidait à Marrakech,19 possèdent
un certain nombre de caractéristiques communes et qui se remarquent dans
leur distribution architecturale et leur aspect général. Le premier élément est
la grande surface des édifices: elle est de 4930 m2 à la mosquée d’ar-Rwa de
Meknès, et de 5565m2 à as-Sounna de Rabat.20 Les autres caractéristiques
peuvent se résumer en ce qui suit:
- Des cours spacieuses sans galeries sur les côtés et qui constituent, en
général, la continuité de la salle de prière,
- Cette dernière est divisée en nefs parallèles au mur de la qibla, ne
dépassant pas le nombre de trois à quatre nefs,
- Des médersas mitoyennes, mais indépendantes et dont les cellules pour
étudiants se distribuent autour d’une cour centrale à l’air libre.
En ce qui concerne le plan et la disposition des salles de prière des
mosquées que Moulay Slimane à édifié à Fès (ar-Rṣif), à Sefrou (la
grande mosquée), à Tanger (grande mosquée), à Rabat (Moulay Slimane),
ils ne diffèrent pas beaucoup du modèle des sanctuaires des périodes
qui les ont précédé, étant donné qu’elles ont gardé la forme classique,
carrée ou proche du carré. La surface des cours a néanmoins connu un
rétrécissement notoire.21

18. Leur largeur est de 6,50 m


19. Sidi Mohammed était grand constructeur depuis qu’il fut proclamé héritier du trône en 1745.
20. Alors que la surface de la mosquée ar-Rṣif de Fès, construite à l’époque de Moulay Slimane, ne
dépasse pas 1500 m2.
21. A l’exception de la cour de la grande mosquée de Tétouan et de celle d’Ibn Youssef de Marrakech
dont la surface, à l’exemple de celle de la mosquée as-Sounna de Rabat, dépasse celle de la salle de
prière. Pour les détails, voir El Mghari, “Les mosquées à Khotba.” vol. I, 91-106, Jacques Caillé, Rabat
jusqu’au Protectorat français (Paris: Édition d’Art et d’Histoire, 1949).
242 Mina El Mghari

Force est de constater que dans cette mosquée-type de Moulay Slimane,


qu’il s’agisse de l’organisation spatiale ou du décor,22 il y a un mélange
de caractéristiques réunies dans une parfaite symbiose, de l’architecture
islamique d’Orient et de celles empruntées à des bâtiments qui font la gloire
de l’Occident musulman.
Dans cette évocation des traditions locales, un retour à l’architecture fassie
de l’époque des Idrissides est notoire. Si l’on prend dans leur ensemble les plans
de ces mosquées, on remarque la même ordonnance. Le type médinois fait
école dès les premières constructions de cette époque. Les arcades qui divisent
les salles de prière sont disposées parallèlement au mur qibla (fig. 3 et 4).
La mosquée-type de Moulay Slimane adopte ainsi une salle de prière
aux proportions importantes, une cour aux dimensions certes modestes, mais
valorisée par un bel ensemble de vasques en marbre. La mosquée que le sultan
a construit à de Rabat et qui porte son nom en est un très bon modèle L’eau
est le symbole de la vie et de la continuité. Aussi bien, les vasques à eau ont
suscité l’intérêt des chroniqueurs qui ont particulièrement mis l’accent sur
cette caractéristique en décrivant le détail du processus de leur mise en place.
Les mosquées alaouites qui nous sont parvenues permettent d’avoir une
idée claire des modèles variés. Ainsi, l’auteur de zahr al akamm23 rapporte
les détails de la vasque de Jamic al anwar et de la décoration recherchée du
pavillon qui la couronne.
Dans les mosquées élevées par Sidi Mohamed ben Abdallah, la vaste
cour pavée de zellijs (53.20m x 53.20m) de la mosquée ar-Rwa de Meknès est
marquée, en son milieu, par une belle vasque en marbre de 3,00m de diamètre
(fig. 4). La vasque elle-même occupe le centre d’un espace carré en marbre
de 16m de diamètre.
L’intérêt du Sultan Moulay Slimane pour ses œuvres officielles est
longuement souligné par le chroniqueur ad-Duʿayyif. Ses commentaires nous
permettent de constater que l’architecture, sous les Alaouites, s’est également
développée comme un organisme vivant, qui se forme progressivement grâce
à une volonté royale. Ainsi, le jeudi 26 dhul hijja de l’année 1211/ 22 juin
1797, Moulay Slimane décida d’envoyer une vasque en marbre blanc pour
la mosquée d’ar-Raṣif alors en pleine construction24. La deuxième vasque fut
envoyée, toujours selon le même chroniqueur, deux jours après: le samedi
28 dhul hijja 1211. La cour de la mosquée fut pavée de carreaux de marbre

22. Deverdun, Marrakech, TII, 485-7, pl. LXIV.


Caillé, Rabat, T.I, 457-73, T.II, fig. 135-8, T.III, pl. LIX-LXIII
23. al-Riffi, Zahr al Akamm, 174.
24. Ad-Du‘ayyif, Tārīkh al-Ḍu‘ayyif al-Ribāṭi, Taḥqīq Moḥammed Bouzidi Chikhi (al-Dār al-
Baydāʼ: Dār al-Thaqāfa, 1998) 346.
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 243

entourés de bandeaux de zellijs (ph. 7). Le jeudi 4 muharram 1212/29 juin


1797, les deux vasques furent placées, en symétrie avec les deux côtés
d’une troisième vasque rectangulaire, par al m’aallem al-Hassan al Soudani,
architecte du Sultan, et ʿAbdel Qader ʿAyyad.25

Ph.7: Mosquée ar-Rṣif, Fès, vue


du ṣaḥn et minaret
Ph.7: Mosquée
(Source: ar-Rṣif,
Photothèque Fès, vue
de Moudiryat
du ṣaḥn et minaret (Moudiryat
al masājid. Ministère
al-Masājid. Ministère des
des Affaires
affaires
Islamiques).
islamiques).

Ce désir de mettre en valeur les vasques d’eau et les cours dans lesquelles
elles s’élèvent s’est manifesté dans d’autres monuments du même Sultan
parmi d’autres villes. C’est ainsi que, durant son règne, les travaux du pavage
du ṣaḥn de la grande mosquée de Tétouan sont achevés. Une belle vasque
en marbre fut placée au milieu, entourée, pour la protéger, d’une barrière en
forme d’étoile octogonale.
Outre les vasques internes, de belles fontaines publiques sont annexées
aux principales mosquées de Moulay Slimane. Œuvres architecturales d’une
grande beauté, elles contribuent à compléter le répertoire décoratif de cette
époque. La fontaine d’ar-Rṣif en constitue un modèle remarquable .Un registre
épigraphique permet non seulement sa datation, mais constitue également un
témoignage de qualité qui permet d’attester que Moulay Slimane portait un
intérêt particulier à ses commandes officielles.
Quant aux ṣahns (cours) des mosquées élevées par Sidi Mohammed Ben
Abdallah, elles se présentent comme de vastes patios sans galeries bordières.
Ce souverain a voulu marquer son règne par un souffle nouveau aussi bien
25. Les travaux du pavage du ṣaḥn ont commencé le 8 rajab 1211/ 7 janvier 1797, ad-Du‘ayyif,
Tārīkh, 344-348-363.
244 Mina El Mghari

dans les domaines sociaux, politiques, économiques qu’architecturaux.


Comme nous l’avons dit, on trouve les modèles types de ses mosquées à
Meknès (ar-Rwa), à Rabat (as-Sounna, Molina) et à Essaouira.

Fig. 8: Plan de la Mosquée as-Sounna


Fig. 8: Plan de la Mosquée as-Sounna
(Source:
(Source: Caillé,
Caillé, Rabat,
Rabat, fig.
fig. 77).
77).

Éléments classiques avec un nouvel langage architectural


Minarets: entre Mi’dhana et Sawma’a
Les minarets alaouites, les manara,26 tours imposantes qui servent à
l’appel à la prière (mi’dhana), sont de type carré. Elles s’inspirent, dans
leurs configuration, comme la majorité des minarets marocains, à la fois
des bâtisses des époques Idrisside, Almoravide, Almohade, Mérinide et
Saadienne, descendantes des tours carrées de la grande mosquée de Damas
en Syrie. Cependant force est de constater que la forme et la hauteur des
minarets, leur décor, leur place même, varient selon les époques. Les
minarets, emblèmes des villes dans le monde musulman, symbolisent à la
fois le pouvoir et la foi.27 Les tours de la période alaouite certes démunies
de la décoration recherchée comme au temps des Almohades ou celle
foisonnante de la période mérinide, s’imposent par leur massive présence
exhibant ainsi de nouveaux modèles.
Ce sont d’abord des tours (ṣawāmiʿ)28 monumentales qui occupent des
points stratégiques dans les villes où elles s’élèvent. L’examen du décor des

26. Du terme arabe manara.


27. Jonathan Bloom, Minarets symbol of Faith and Power (Oxford: Oxford University Press, 1989).
28. Sur ce mot cf. Zaki Mohamed Hassan, Funūn al Islām (Le Caire: Matba’at al-Nahdah al-
Misrīyah, 1948), 144.
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 245

registres composant les quatre faces des premiers minarets alaouites permet
de noter des tendances régionales. Ainsi, on peut remarquer qu’à Fès et dans
une moindre proportion à Meknès (ph. 8), la décoration des minarets est
principalement constituée de zellijs verts, agencés en bandeaux aux mosquées
ar-Rṣif (ph. 7), Moulay Abdallah et Moulay Idriss. A Meknès et à Tétouan,
nous nous trouvons devant des minarets dont les faces sont couvertes de ces
mêmes zellijs verts. La grande mosquée de Tanger (portant les empreintes
de trois Sultans: Moulay Ismaïl, Sidi Mohamed Ben Abdallah et Moulay
Slimane) est un prototype unique. Sa décoration est constituée de registres
de zellijs verts et polychromes, délimités par des arcs recti-curvilignes. Le
réseau décoratif d’entrelacs en fait un modèle qui distingue non seulement la
période alaouite, mais aussi la ville de Tanger pour laquelle il constitue une
sorte de monument emblème de la ville.29
Quant au minaret de la mosquée de ben Youssef à Marrakech (ph. 12),
construit principalement en briques et ṭabia, il répond surtout à une tradition
locale. Les techniques de coffrage, développées dans la ville ocre depuis la période
almoravide, y sont reprises largement et en font un minaret d’allure massive.
A Rabat, les tours des mosquées construites par Sidi Mohammed Ben
Abdallah rappellent celles qui s’élèvent à Essaouira, l’ancien port sultanien.
Ces tours carrées, sont construites avec un mélange de pierres et de ṭabia et
sont recouvertes d’enduit de chaux. Des chainages de pierres taillées ornent
leurs quatre coins, alors que les façades sont ponctuées d’ouvertures (ph. 11).

Ph. 8: Minaret de la mosquée Lalla’ Awda


à Meknès
(Source: 8: Minaret dedela la
Ph. Photothèque mosquée
Direction du
LallaʿAwda à Meknès (Direction du
Patrimoine à Rabat).
Patrimoine à Rabat).

29. Zouaq, technique de peinture sur bois.


246 Mina El Mghari

Ph. 9: Mosquée al-Sounna.


Vue du ṣaḥn, miḥrāb d’été et
pavillon est
(Photo:
Ph. 9: Samir Kafasal-Sounna.
Mosquée Direction
Vue du ṣaḥn, Rabat
du Patrimoine, miḥrāb) d’été
et pavillon est (Direction du
Patrimoine, Rabat )

Ph. 10: Minaret de la


mosquée
Ph. 10: Moulay
MinaretSlimane
de laà
Rabat (Photo:
mosquée MoulayKhalid Ben-à
Slimane
Rabat
Srhir).(Cliché de Khalid Ben-
Srhir).

Le minaret de la grande mosquée de Tétouan, d’une hauteur de 20 mètres,


est visible à partir des quatre coins de la ville.
Le minaret de la mosquée ar-Rṣif (ph. 11) quant à lui, surplombe, avec
ses proportions élégantes, la place ar-Rṣif. Très visible il marque si bien, à
côté de l’imposante Koubba de Moulay Idriss, la partie basse de ʿAdwat al-
Qarawiyyin. Les proportions de cette haute tour ont été dictées par le sultan
Moulay Slimane lui-même. Selon l’historien al-Duʿayyif, le souverain,
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 247

en reprenant une tradition ancienne, a voulu que sa hauteur atteigne 100


empans.30

Ph. 11: Minaret de la mosquée


Sidi Youssef à Essaouira:
Ph. 11: Minaret de la
(Source:
mosquée Sidi Photothèque
Youssef deà
Essaouira (Moudiryat
Moudiryat al masajid. al-
Ministère
Masajid. Ministère des
des affaires islamiques).
Affaires Islamiques).

L’organisation architecturale des minarets de cette première période


alaouite reprend, le plus souvent, celles des minarets d’époque almohade ou
mérinide. Leur construction se fait sur des principes analogues. Autour du
noyau interne de plan carré de la grande mosquée de Tétouan se développent
des volées d’escaliers de 107 marches. Les tours grandioses de l’époque
alaouite se terminent par des merlons dentés. Quant aux lanternons, ils se
complètent par des coupoles, ou par des pyramidions, comme c’est le cas aux
minarets de l’époque de Sidi Mohamed Ben Abdallah. Des boules dorées ou
en bronze surmontent cet agencement.
Des mosquées officielles qui font exception quant à leurs proportions.
Généralement situées à proximité de Dār al makhzen (Palais du Sultan), nous
citons celle de Berrima dotée d’une petite tour qui ne dépasse la hauteur des
terrasses avoisinantes que de quelques mètres. Par contre, celle du Mechouar
à Rabat, (cet édifice remplace la mosquée Ahl Fas de Sidi Mohamed Ben

30. Le minaret mesure 22 empans de côté sur 100 empans de hauteur. L’empan: Shibr est la distance
qui sépare le pouce du petit doigt quand ils sont largement écartés et qui représente environ 27cm.
248 Mina El Mghari

Abdallah) marque bien le paysage aussi bien par ses proportions harmonieuses
que par son minaret imposant et richement décoré (ph. 12).

Ph 12: Vue générale de la


mosquée
Ph Ahl générale
12: Vue Fès à Rabat
de la
mosquée Ahl Ben-Srhir).
(Photo: Khalid Fès à Rabat
(Cliché de Khalid Ben-Srhir).

Loin de la hiérarchie décorative des minarets construits par les


Almohades et les Saadiens par exemple, les tours alaouites, massives,
présentent cependant une beauté certaine dans l’harmonie et l’agencement
proportionnel des ouvertures et des en foncements.
Lieu important pour déterminer les horaires des prières,31 ces tours
sont également des repères à l’intérieur de la ville, voire même des tours
de surveillance. Le grand minaret de la mosquée Sidi Yousef d’Essaouira en
est l’exemple le plus remarquable. Sa position quelque peu éloignée de la
mosquée, mais accolé à la muraille de la ville, et sa hauteur impressionnante
permettaient à la fois de contrôler aisément l’entrée du port et l’arrivée des
caravanes en provenance du Sud. Cette tour fait partie d’un vaste dispositif
défensif et stratégique. Ces particularités réunies font du minaret à la fois un
symbole de piété et de pouvoir.
Les accès principaux
Situés dans l’axe des bâtiments, les accès sont généralement valorisés
par leurs proportions et leur décoration. Les portes des mosquées alaouites
sont monumentales et constituent des modèles variés et uniques.32 Elles
sont entourées d’encadrements rectangulaires en pierres taillées ou en
carreaux émaillés, des baies s’ouvrent avec des arcs légèrement brisés et
outrepassés.

31. Présence constante de la salle du Muwaqqit.


32. Voir les portes des mosquées de la grande mosquée de Tanger, celle de la mosquée Sidi Youssef
et celle de la mosquée ar-Rṣif.
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 249

Aménagées en saillie, ces portes sont généralement hautes. Une hauteur


mise en valeur également par l’agencement de marches en marbre (mosquée
ar-Rṣif, grandes mosquées de Tanger et de Tétouan). Les deux grandes portes
de la mosquée d’ar-Rṣif à Fès et celles de la grande mosquée de Tétouan (ph.
14) sont magnifiquement mises en valeur par leur décoration polychromée.
Des auvents en bois protègent ces joyaux d’architecture.

Ph. 13: Porte de la grande mosquée


de Tétouan ( Direction du patrimoine,
Rabat).

L’arc à lobes très élaboré de la porte principale de la mosquée ar-Rṣif,


l’organisation de son décor qui s’inscrit dans une tradition locale confirmée,
symbolisent l’importance de la première mosquée de Moulay Slimane à être
construite dans la capitale spirituelle, Fès.
Enfin, la décoration des portails des mosquées s’insère dans une hiérarchie
déterminée d’embellissements qui se termine dans la niche du miḥrāb et tout
autour.
Les Miḥrābs
Le mur qibla constitue la zone mise en valeur, par excellence. La richesse
décorative des murs qibla dénote une force créatrice qui puise à des sources
multiples. Ce souci de mise en valeur émane du fait que l’espace longeant
ce mur est généralement réservé aux monarques et à leur suite. La maqṣūra
250 Mina El Mghari

rehausse cet endroit réservé pour le Sultan devant le miḥrāb33 chaque fois
qu’il se présente dans l’enceinte du sanctuaire. Il est à noter que cet espace
est valorisé aussi bien par sa décoration que par le mobilier qui l’accompagne.
Les niches des miḥrābs alaouites s’ouvrent par des arcades légèrement
brisées et outrepassées (ph. 14 et 15) Elles sont à cinq ou à sept pans et
couronnées de petites coupoles à la décoration variée. Celle-ci est constituée à la
fois d’éléments épigraphiques, géométriques et floraux, puisés principalement
dans le répertoire marocain, et organisés avec symétrie et harmonie.

Ph. 14: miḥrāb de la mosquée Sidi Youssef Ph. 15: miḥrāb ar-Rṣif (Cliché de l’auteure).
(Essaouira ) (Cliché de l'auteure).

Constatons, à titre d’exemples, qu’à Meknès et à Fès les miḥrābs sont


rehaussés d’une décoration florale et géométrique embellie par un jeu de
couleurs. Des frises épigraphiques ornent les encadrements rectangulaires qui
en entourent les ouvertures. L’épigraphie est principalement une écriture en
cursif (al thuluth al maghribi). Elle est utilisée, d’une part, pour évoquer, par
des versets coraniques, l’importance de la prière et, d’autre part, pour dater
l’édifice par des lettres (Ḥurūf al-jumal) et faire l’éloge glorifiante du Sultan
bâtisseur.34

33. Les spécialistes ont vainement tenté de retrouver et d’interpréter l’étymologie du mot miḥrāb
(pluriel maḥārib). La littérature pré-islamique attribue au miḥrāb divers sens : niche, rentrant, chambre,
endroit le plus élevé et le plus important dans un palais ou dans une chambre, ou encore espace séparant
deux colonnes ou lieu de sépulture. Ces trois derniers sens se sont maintenus au début de l’ère islamique.
34. On relève dans les inscriptions les titres comme fakhr al moulouk ou amir al muminine
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 251

La nef qui longe la qibla est valorisée par une décoration différente de
celle des autres nefs. Elle est mise en valeur par la frise du Bsat où s’agence
d’une façon continue des formules comme “al-‘izzu lillah, al-mulku lilllah” et
“al-‘afiya al-baquiyya” (Gloire à Allah, La Royauté appartient à Allah, Santé
durable “‫) ”ﺍﻟﻌﺰ ﷲ“ ﻭ”ﺍﳌﻠﮏ ﷲ“ ﻭ”ﺍﻟﻌﺎﻓﻴﺔ ﺍﻟﺒﺎﻗﻴﺔ‬.
C’est là une caractéristique quasiment constante dans les mosquées de
Sidi Mohammed ben Abdallah à Rabat,35 à Meknès,36 à Marrakech,37 et à
Essaouira.38
La niche du Miḥrāb est également rehaussée par la présence de
colonnettes en marbre (mosquées de Moulay Abdallah et ar-Rṣif de Fès et
mosquée Lalla ‘Awda à Meknès). Le Miḥrāb de la mosquée d’ar Rsif est
agrémenté de colonnes de remploi d’époque saadienne (ph. 16).39

Ph. 16: Mosquée ar-Rwa


vue générale (Direction du
Patrimoine à Rabat).

Dans le même esprit, notons l’utilisation de lustres en bronze ou en cristal


dans cet espace réservé à tout un cérémonial qui accompagne le Souverain.
Un texte d’Ibn Zaydan relate avec détails la célébration de la lecture du
“Saḥiḥ al Bukhāri”: “C’est dans “ṣadr al masjid” que le sultan prend place,
à gauche de la niche du miḥrāb. A sa droite ses juges, à sa gauche ses enfants
et proches..”40 Ainsi, le mur qibla et tout le dispositif décoratif et architectural

35. Caille, La ville de Rabat, T.I,.457-473 ; T.II, fig .135-138 ; T.III, pl. LIX-LXIII.
36. Hassan Belarby, “Murrākush fī ʿahd sidī Muḥammad bin ʿabd allāh: al-fan al-miʿmārī ad-
dīnī,” ḍimna ͗aʿmāl al-dawra at-thalitha li-jāmiʿat Moulay ʿAli ac-Charrīf, bi-Riṣānī, 1991, 295-6.;
Deverdun, Marrakech, 485-7 et T. II.pl. LXIV.
37. Maslow, Les mosquées de Fès, 152-7, fig.77; Marcais, L’architecture, 388-92.
38. Mina El Mghari, Madinat Mogador-Al Sawira (Rabat: Éditions Bouregreg, 2006).
39. Sur ces colonnes l’inscription suivante: Al Nasru wa al tamkin wa al fatḥu al mubin li mawlana al
imam abi al abbas aḥmad al mansuri bi allahi amir al mu’minin al sharif al ḥassani.
40. ʿAbd Raḥmān Ibn Zaydān, Al-‘Izz wa as-Ṣawla fī Maʿālimi Nuẓum al-Dawla (al-Ribāt: al-
Maṭbaʿa al-Malakiyya, 1962).
252 Mina El Mghari

qui l’accompagne, symbolise la volonté royale qui rappelle une tradition


classique ayant vu le jour avec la dynastie omeyade et s’était développée dans
les architectures postérieures du monde musulman.
L’architecture religieuse de la première période alaouite constitue, dans
son ensemble, une architecture homogène même si on y relève quelques
particularités régionales. C’est une architecture fidèle aux traditions
marocaines, surtout dans le domaine ornemental. Les mosquées à khotba, dont
il est question ici, constituent souvent une commande officielle pour laquelle
les souverains alaouites n’ont ménagé ni moyens matériaux, ni ressources
humaines. Ils ont eu recours, pour les réaliser, à de grands m’aallem (maitres-
artisans) et à de hauts fonctionnaires qui se sont investis pour mener à bien
leur mission.
Ainsi, l’architecture religieuse officielle alaouite permet d’appréhender
les premières manifestations d’une école marocaine appelée à s’épanouir au
début du XXème siècle, mais dans un contexte différent de celui de la première
période.
Nous avons essayé tout au long de cet article de faire cette lecture basée
sur une approche comparative afin de décoder le langage architectural et
les symboles que véhiculent des édifices religieux voulus et conçus par des
représentants du pouvoir. Les questions sont nombreuses il faut l’avouer,
nos réponses ne peuvent pas hélas être exhaustives elles dépendent d’une
production scientifique restreinte. Nous voulons surtout ouvrir ce chantier
interroger encore les productions architecturales dans la perspective de
l’écriture d’une histoire de l’architecture marocaine.
Bibliographie
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Ministère d’État chargé des affaires culturelles, 1976.
Belarabi, Hassan, “Murrākush fī ʿahd sidī Muḥammad bin ʿabd allāh: al-fan al-miʿmārī ad-
dīnī.” Ḍimna ͗aʿmāl al-dawra at-thalitha li-jāmiʿat Moulay ʿAli ac-Charrīf, bi-Riṣānī,
292-303, 1991.
Bloom, Jonathan. Minaret, Symbol of Faith and Power (Oxford: Oxford University Press,
1989.
Boonine, Michael. “The Sacred Direction and City Structure: A Preliminary Analysis of the
Islamic Cities of Morocco,” Muqarnas 7 (1990): 50-72.
Caillé, Jacques. La ville de Rabat jusqu’au Protectorat français. Paris: Éditions d’Art et
d’Histoire, 1949.
Deverdun, Gaston. Marrakech des origines à 1912. Rabat: Éditions Techniques Nord
Africaines, 1959.
al-Ḍu‘ayyif, Muḥammad. Tārīkh al-Ḍu‘ayyif al-Ribāṭi. Taḥqīq Mohammed Bouzidi Chikhi.
Al-Dār al-Bayḍāʼ: Dār al-Thaqāfa, 1998.
El Mghari Mina. “Les mosquées à Khotba de Moulay Sliman 1792-1822.” Thèse de 3ème
cycle, sous la direction de J. Sourdel-Thomine, Paris IV-Sorbonne (1987) (inédite).
Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème siecles) 253

______. Madinat Mogador-Al Sawira. Rabat: Éditions Bouregreg, 2006.


Frishman, M., et H.-U Khan (eds.). The Mosque: History, Architectural development and
Regional Diversity. London: Thames and Hudson, 1994.
Golvin, Lucien. Essai sur l’architecture religieuse musulmane. T.IV, l’art hispano–musulman.
Paris: Éditions Klincksieck, 1979.
Ibn Zaydān, ʿAbd Raḥmān. Al-‘Izz wa al-Ṣawla fī Maʿālimi Nuẓum al-Dawla. Al-Ribāt: al-
Maṭbaʿa al-Malakiyya, 1962.
______. Al-Manzaʿ al-Laṭīf fi Mafākhir al-Mawlā Ismāʿīl. Taḥqīq Abdalhadi Tazi. Al-
Ribat: Idiyāl, 1993.
Marcais, Georges. L’architecture musulmane d’Occident . Rabat: Arts et métiers graphiques,
1955.
Maslow, Boris. Les mosquées de Fès et du Nord du Maroc. Paris: Les Éditions d’Art et
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al-Nāṣiri, Aḥmed ibn Khālid. Kitāb al-Istiqṣā li Akhbār Duwal al-Maghrib al-ʿAqṣa. Al-Dār
al-Bayḍāʼ: Dār al-Kitāb, 1956.
al-Riffi, Abd al Karim ben Moussa. Zahr al-Akamm. Étude et annotation Assia Benadada.
Rabat: al-Ma‘arif al-Jadīda, 1992.
Terrasse, Michel. Islam et Occident méditerranéen. Paris: Éditions du CTHS, 2001.
Triki, Hamid, et Alain Douvifat. Medersa de Marrakech. Casablanca: Éditions La Croisée
des Chemins, 1999.

(XIX ‫ ﻭ‬XVII ‫ ﺍﳋﺼﺎﺋﺺ ﺍﳌﻌﲈﺭﻳﺔ ﻟﻠﻤﺴﺎﺟﺪ ﺍﳌﻐﺮﺑﻴﺔ )ﺍﻟﻘﺮﻧﲔ‬:‫ﻣﻠﺨﺺ‬

‫ ﻭﻗﺪ ﻗﺪﻣﻨﺎ ﻫﻨﺎ ﻧﲈﺫﺝ‬.‫ﲤﺜﻞ ﺍﻟﻌﲈﺭﺓ ﺍﻟﺪﻳﻨﻴﺔ ﺧﻼﻝ ﺍﻟﻔﱰﺓ ﺍﻟﻌﻠﻮﻳﺔ ﺍﳌﺒﻜﺮﺓ ﺑﺮﻧﺎﳎﺎ ﻣﻌﲈﺭﻳﺎ ﻣﺘﻨﻮﻋﺎ ﻭﻏﻨﻴﺎ‬
‫ ﻭﲤﺖ ﻣﻘﺎﺭﺑﺔ ﻫﺬﻩ ﺍﻟﻨﲈﺫﺝ ﺍﳌﺨﺘﺎﺭﺓ ﻋﻦ ﻃﺮﻳﻖ ﺍﻟﺪﺭﺍﺳﺔ ﺍﳌﻘﺎﺭﻧﺔ‬.‫ﺭﺳﻤﻴﺔ ﺗﻢ ﺍﻧﺠﺎﺯﻫﺎ ﺑﻤﻮﺍﺭﺩ ﻣﺎﻟﻴﺔ ﻭﺑﴩﻳﺔ ﻣﻬﻤﺔ‬
‫ ﻭﻳﺘﻀﺢ ﺃﻥ ﻣﻌﻈﻢ ﺍﳌﻔﺮﺩﺍﺕ ﻭﺍﻷﺷﻜﺎﻝ ﺍﳌﻌﲈﺭﻳﺔ ﲤﺜﻞ ﺭﻣﻮﺯﺍ‬.‫ﻭﻫﻮ ﻣﺎ ﻣﻜﻨﻨﺎ ﻣﻦ ﻗﺮﺍﺀﺓ ﻭﲢﻠﻴﻞ ﺃﻫﻢ ﳑﻴﺰﺍﲥﺎ ﺍﳌﻌﲈﺭﻳﺔ‬
‫ ﺇﺫ ﺗﻢ ﻓﻴﻪ ﻧﻘﻞ ﺍﻟﻌﲈﺭﺓ ﻣﻦ ﻃﻮﺭ‬،‫ ﻭﺗﻌﺪ ﻫﺬﻩ ﺍﻟﻔﱰﺓ ﻣﻔﺼﻼ ﺗﺎﺭﳜﻴﺎ ﻣﻬﲈ ﻣﻦ ﺣﻴﺚ ﺍﻟﻌﲈﺭﺓ‬.‫ﺗﺮﺍﺗﺒﻴﺔ ﻣﻦ ﺍﻟﺪﻻﻻﺕ‬
‫ﻣﺘﺸﺒﻊ ﺑﺎﻟﺘﺄﺛﲑ ﺍﻷﻧﺪﻟﴘ ﺇﱃ ﻃﻮﺭ ﺟﺪﻳﺪ ﻳﻨﺒﺊ ﺑﻤﻴﻼﺩ ﺃﺳﺎﻟﻴﺐ ﻣﻌﲈﺭﻳﺔ ﳏﻠﻴﺔ ﺗﻄﻮﺭﺕ ﻭﺗﺮﻛﺰﺕ ﺃﺳﺴﻬﺎ ﺧﻼﻝ‬
.‫ﺍﻟﻘﺮﻥ ﺍﻟﻌﴩﻳﻦ‬
.‫ ﺃﺳﺎﻟﻴﺐ ﻣﻌﲈﺭﻳﺔ‬،‫ ﺩﻻﻻﺕ‬،‫ﻋﻠﻮﻳﺔ‬-‫ ﻋﲈﺭﺓ‬:‫ﺍﻟﻜﻠﲈﺕ ﺍﳌﻔﺘﺎﺣﻴﺔ‬

Resumés: Tendances architecturales de la mosquée marocaine (XVIIème-XIXème


siècles):
L’architecture religieuse de la première période alaouite constitue, un vaste programme
varié. Un échantillonnage de mosquées officielles pour lesquelles les souverains alaouites
n’ont ménagé ni moyens matériaux, ni ressources humaines. L’étude comparative des divers
monuments présentés nous a permis une lecture des différents éléments architecturaux ainsi
qu’une analyse du langage et des symboliques qu’ils véhiculent. Ce qui permet d’appréhender
les premières manifestations d’une école marocaine appelée à s’épanouir au début du XXème
siècle
Mots-clés: Architecture alaouite, éléments architecturaux, langage, symbole, Maroc.
254 Mina El Mghari

Abstracts: Architectural Trends of the Moroccan Mosque (XVIIth-XIXth Centuries):


The religious architecture of the first Alawite period constitutes a vast and varied
program. A sampling of official mosques for which the Alawite rulers have spared neither
material nor human resources. The comparative study of the various monuments presented
allowed us a reading of the different architectural elements as well as an analysis of the
language and the symbols that they convey. This allows to apprehend the first manifestations
of a Moroccan school to flourish in the early twentieth century
Keywords: Alawite Architecture, elements, language, Morocco.

Resúmenes: Tendencias arquitectónicas de la mezquita marroquí (siglos XVII-XIX):


La arquitectura religiosa del primer período alauita constituye un vasto y variado
programa. Una muestra de mezquitas oficiales para las cuales los gobernantes alauitas no
han ahorrado ni recursos materiales ni humanos. El estudio comparativo de los diversos
monumentos presentados nos permitió una lectura de los diferentes elementos arquitectónicos,
así como un análisis del lenguaje y los símbolos que transmiten. Esto permite aprehender las
primeras manifestaciones de una escuela marroquí para florecer a principios del siglo XX
Palabras clave: Alawite arquitectura, elementos, lenguaje, Marueccos.

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