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Isostatisme en Usinage: Concepts Clés

Ce document décrit les principes de mise en position d'une pièce lors d'opérations d'usinage. Il explique les degrés de liberté d'un solide dans l'espace, les concepts d'isostatisme et d'hyperstatisme, et présente des exemples de mise en position géométrique avec des normales de repérage.

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Isostatisme en Usinage: Concepts Clés

Ce document décrit les principes de mise en position d'une pièce lors d'opérations d'usinage. Il explique les degrés de liberté d'un solide dans l'espace, les concepts d'isostatisme et d'hyperstatisme, et présente des exemples de mise en position géométrique avec des normales de repérage.

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Chapitre 2

Les mises en position

1
Les mises en position

II.1 Introduction aux mises en position


On appelle usinage toute opération de mise en forme par enlèvement de matière à l’aide d’une machine-outil
destinée à conférer à une pièce des dimensions et un état de surface (écart de forme et rugosité) situés dans un
intervalle de tolérance donné (Figure 8).

Figure 8 : Principe de l’usinage

L'enlèvement de matière est obtenu par une action mécanique de compression jusqu’à cisaillement mettant en
œuvre un outil coupant en contact avec la pièce à usiner (Figure 9), où le phénomène de coupe ne peut être
obtenu que si l’outil est plus dur que la pièce qui doit être complètement immobilisée lors de la coupe.

Figure 9 : Principe de l’enlèvement de matière

Pour cela, les moyens d’obtention des pièces sont très variés et l'on peut avoir à produire des pièces par quantité
plus ou moins grandes à savoir :
- Production unitaire : 1 à 10 pièces
- Production en série :
Petite série : 10 à 200 pièces

2
Moyenne série : 200 à 1000 pièces
Grande série : 1000 à 5000 pièces
- Production de masse : plus de 5000 pièces
- Production continue en chaîne : lorsque les postes de travail sont occupés en permanence pour la même pièce.
Dans cette optique, les procédés de mise en forme des matériaux par enlèvement de matière n’ont cessé d’être
remis en question afin de répondre aux exigences industrielles imposées, quelles soient économiques où
écologiques, ……etc. Aujourd’hui, l’ingénieur de fabrication se doit donc de pouvoir répondre à une multitude
de questions tel que :
Quel type de machine faut-il utiliser et suffira-t-elle en terme de puissance et de précision ?
Quelles sont les conditions de coupe à utiliser pour minimiser l'endommagement des outils ou du
matériau usiné ?
Quelles sont les solutions à adopter lors de la conception des outils et dans quels matériaux doivent-ils
être fabriqués pour améliorer leur durée de vie et/ou la qualité des états de surface des pièces usinées ?
Quelles sont les propriétés mécaniques de la pièce après usinage ?
Est-il possible d’usiner sans apport de lubrifiant ? …
Afin de réaliser rapidement des pièces mécaniques avec la qualité demandée et à moindre coût.
II.2 Les degrés de liberté d’un solide dans l’espace
Dans l’espace euclidien, un solide possède six degrés de liberté 03 translations suivant x, y, z : Tx, Ty, Tz ; et
03 rotations autour de x, y, z : Rx, Ry, Rz. Si l’on associe un repère orthonormé (o, x,y,z) à l’espace, les six
degrés de liberté du solide sont (figure 10) :

Figure 10 : Solide dans l’espace


A chaque degré de liberté correspond la possibilité d’un mouvement relatif de rotation ou de translation entre
deux solides. Lors de l’usinage, la pièce doit être complètement immobilisée. C’est à dire que chaque degré de
liberté doit être supprimé par rapport à la porte pièce.
3
L’immobilisation de la pièce est faite en deux temps :
- un positionnement supprimant chaque degré de liberté dans une direction.
- un maintien de mise en position pour que la pièce garde sa position sous l’effet des efforts de coupe.

II.3 Isostatisme et l’hyperstatisme


Sur la figure 11, chaque flèche (1, 2, 3, 4) représente un appui ponctuel perpendiculaire à la surface. Le contact
entre l’appui et la pièce est supposé sans frottement.

Figure 11 : Positionnement d’un plan


Si l’on place qu’un seul appui (le 1), on supprime un seul degré de liberté : Tz.

Si l’on place deux appuis (1 et 4), on supprime deux degrés de liberté : Tz et Ry


Si l’on met en place que 3 appuis (1, 4 et 3), on supprime trois degrés de liberté : Tz, Ry et Rx.
L’ajout du quatrième appui (2), ne supprime pas de degré de liberté supplémentaire puisque cet appui ne
s’oppose ni à Tx, ni à Ty, ni à Rz.
Si la surface de la pièce est un plan parfait, et si les quatre appuis sont parfaitement de niveau, le quatrième
appui est en surplus. Cependant, l’impossibilité de fabriquer des pièces de géométrie parfaite dû
essentiellement à l’imprécision inévitable des procédés d’usinages, ne permet pratiquement pas d’avoir quatre
appuis de niveau (figure 12).

Figure 12 : Configuration réelle


Ainsi lorsqu’on place la pièce sur quatre appuis, on est incapable de savoir sur quels appuis repose la pièce.
Il y a une incertitude sur sa position. On dit alors que la mise en position est hyperstatique. On dira que la
mise en position est isostatique si elle n’autorise à la pièce qu’une seule position possible dans le montage.
4
Conclusion : Une mise en position est principalement assurée par une seule surface de référence où le nombre
de normales affectées à cette surface ne peut être supérieur aux degrés de liberté que la surface peut éliminer.
Nombre de degrés de liberté pouvant être supprimés par type de surface par rapport au repère (figure13)
Plan de faibles dimensions : 1T (Ty)
Plan où la largeur et faible par rapport à la longueur : 1T, 1R (Tx et Rz)
Plan de larges dimensions : 1T, 2R (Tz, Rx et Ry)
Cylindre long (l/d > 01,5) : 2T, 2R (Tz, Tx, Rz et Rx)
Cylindre court (l/d < 1) : 2T ((Tz et Tx)
Sphère : 3T (Tx, Ty et Tz)

Illustration :
Type de surface Schéma Degré(s) de liberté
supprimés

Plan de .petites dimensions 1 Translation

Plan de grande longueur et 1 Translation


faible largeur R
1 Rotation

5
Plan de grandes dimensions 1 Translation

2 Rotations

T
R R

Cylindre long (l/d>0,7) R 2 Translation

T 2 Rotation
T

Cylindre court (l/d<0,3) 2 Translations


T

Sphère 3 Translations
T
T

II.4 La mise en position géométrique


La vocation dans une gamme d’usinage n’étant pas de représenter avec précision le système de mise en
position, d’une manière générale les techniciens du bureau des méthodes se contentent de préciser, par des
symboles appelés normales de repérage, sur quelles surfaces de la pièce on supprime les degrés de liberté.

Figure 14 Symboles appelés normales de repérage


6
Une normale de repérage correspond à la l’élimination d'un seul degré de liberté. Elle est toujours représentée
perpendiculairement à la surface de mise en position de la pièce (surface de référence), et est numérotée de 1 à
6 au maximum.
Exemple 1 :
L’exemple traite le cas d’une opération de chariotage sur tour parallèle [16]. Les surfaces usinées sont
représentées en trait fort, les autres en trait fin.

La mise en position est la suivante:


- Centrage long dans un mandrin 3 mors durs à serrage concentrique: suppression de 4 degrés de liberté
(normales 2, 3, 4 et 5).
- Arrêt en translation sur une butée de broche: suppression d'un degré de liberté (normale 1).
Le sixième degré de liberté, qui correspond à la rotation autour de son axe, est supprimé par adhérence.

Figure 15 : Représentation normalisée

7
Exemple 2 :
Dans ce deuxième exemple qui représente la réalisation d’un épaulement sur fraiseuse verticale [16].

La mise en position est la suivante:


- Appui plan sur la table de la fraiseuse.
- Orientation sur deux piges placées dans une rainure de la table.
Seules les normales de repérage à l'origine d'une cotation ont été représentées :
- Les normales 4 et 5 sont à 1'origine de la cote CF1 et garantissent un parallélisme entre deux surfaces.
- Les normales 1, 2 et 3 sont à 1'origine de la cote CF2 et garantissent aussi un parallélisme: entre les deux
surfaces.
Le sixième degré de liberté, est supprimé par adhérence. La pièce n'est donc pas positionnée rigoureusement
dans la direction « x » correspondant au mouvement latérale qu’effectue la machine. On ne représente pas de
normale dans cette direction.

Figure 17 : Représentation normalisée

8
NB : il est possible d’utiliser une représentation dite contractée ; lorsque plusieurs symboles se trouvent sur une
même surface à condition qui n’y aura pas d’ambiguïté dans la compréhension du système de mise en position.
II.5 La mise en position technologique
La mise en position technologique consiste à définir les solutions technologiques à adopter pour mettre et
maintenir en position une pièce mécanique en cours de fabrication. Cela après que l'avant projet de gamme soit
satisfaisant.
II.5.1 Symbolisation
La symbolisation utilisée dans la mise en position technologique doit donnée les renseignements précis et claire
sur le système de mise en position (figure 18).

Figure 18 : Type de symbolisation

Chaque symbole est constitué de 4 sous symboles (figure 19):

Figure 19 : Symboles de la mise en position technologique

Dans certains cas, afin d’éviter toute ambiguïté, il est nécessaire de compléter le symbole par une indication
écrite, et de coter la position du symbole.
9
NB : L’élément technologique est représenté par un triangle équilatéral, de couleur en noir (plein) ou en blanc
(vide) en vue de face et par un contour rempli de quadrillage ou d'une croix en vue en bout, qu'il soit vu ou
caché.

Vue de face Vue en bout caché ou non

On utilise la symbolisation triangle noir (ou


plein) lorsque le système de mise en position Le schéma doit représenter
est en relation directe avec la cotation la forme réelle de l’appui

fabrication.

On utilise la symbolisation triangle blanc (ou Vue de face Vue en bout, caché ou non

vide) lorsque le système de mise en position


na aucune relation avec la cotation de
fabrication

.
La schématisation d’un centreur ou d’un locating est la suivante :
Centreur Locating

Figure 20 : Exemple de cotation de fabrication

II.5.2 Exemples d’illustrations


Les exemples suivants expliquent l'utilisation de quelques symboles et montrent principalement la différence
existante entre les deux types de représentation de l'élément technologique à savoir triangle blanc ou noir.
Exemple 1 :

10
L’exemple concerne le cas de surfaçage sur fraiseuse ou seule la surface supérieure de la pièce est usinée au
cours de la phase. La pièce est positionnée sur le fond de l’étau sur deux cales, et est orientée par le mors fixe
avec un arrêt longitudinalement en translation par une butée. Le maintien en position (serrage) est réalisé par le
mors mobile.

Figure 22 : Surfaçage sur fraiseuse

Les deux cales réalisent simultanément un appui plan avec la partie inférieure de la pièce, elles sont
représentées en triangles pleins, le fait du rapport direct avec la cotation de fabrication.
L'orientation réalisée par le mors fixe et le positionnement longitudinal par la butée ne sont en rapport avec
aucune cote, ce qui implique que, leurs triangles doivent être représentés en blanc.
Exemple 2 :
Dans cet exemple, on usine un épaulement sur la partie supérieure de la pièce (toujours en fraisage). La mise en
position est la même que pour l'exemple 1. Cependant, nous avons deux cotations de fabrication qui doivent
être respectées à la fin de la phase d’usinage.

11
Figure 22: Usinage d’un épaulement sur fraiseuse

La surface 1 est positionnée par rapport à la surface inférieure de la pièce et l'autre (surface 2) par rapport à
la surface se trouvant en appui sur le mors fixe.
L'appui plan et l'orientation par rapport au mors fixe sont en rapport direct avec la cotation, leurs triangles sont
représentés en noir. Le positionnement longitudinal étant sans rapport avec la cotation, son triangle est en blanc.
Exemple 3 :
Dans cet exemple, la pièce est usinée sur un tour parallèle équipé d'un mandrin 3 mors durs à serrage
concentrique et d'une butée de broche à touche bombée.

CF1

CF2

Figure 23 : Cylindrage sur tour, mandrin 3 mors

12
La pièce est en centrage long dans le mandrin 3 mors durs à serrage concentrique. La surface du cylindre de
mise en position de la pièce est brute, donc la queue du symbole est double. Le triangle est noir car il y a une
coaxialité implicite entre le cylindre usiné et le cylindre de mise en position. La pièce est positionnée
longitudinalement par une butée de broche. Le triangle est noir car cet appui est à l'origine de la cote de
longueur.
Exemple 4 :
La pièce est réalisée en tournage sur une machine équipée d'un mandrin 3 mors durs à serrage concentrique
d'une butée de broche et d'une contre-pointe tournante.

Nous sommes devant une configuration ou le mandrin réalise un centrage long, ce qui implique une suppression
de 4 degrés de liberté. Le triangle est noir car il y a une coaxialité implicite entre le cylindre usiné et le cylindre
de mise en position.
La butée de broche est à l'origine de la cotation longitudinale son triangle est noir. La contre-pointe ne participe
pas à la mise en position c'est pourquoi le triangle est blanc. Par contre la pièce étant longue, il est nécessaire
afin d'éviter la flexion de la pièce sous l’effet des efforts de coupe.
Les efforts de coupe forment un trièdre trirectangulaire (figure 25) et dépendent de la résistance spécifique à la
rupture par compression Rr de la matière travaillée et de son usinabilité, des dimensions du copeau, de l'outil
utilisé ainsi que du mode de travail.

13
Figure 25 : Efforts de coupe

II.6 Matériels de maintien en position


Maintenir une pièce en position d’usinage implique qu’il faut garantir un bon contact entre les surfaces d’appui
avec celles du porte-pièce ; ainsi qu’une opposition aux sollicitations imposées à la pièce. Le matériel de
maintien en position dépendent : de la morphologie des pièces, de la qualité des surfaces sur lesquelles ils
glissent, pour l’intensité du type d’usinage envisagé et de la position de l’usinage envisagé par rapport aux
appuis. Deux cas de figures se présentes :
Cas 1 : La surface supérieure à usiner est complètement concernée par l’usinage (aucun obstacle). La bride
réglable sans paliers assure l’accessibilité sur toute la surface et permet de compenser les différences de hauteur
de serrage (figure 27).

14
Figure 27: Brides réglable sans paliers

Cas 2 : La surface supérieure n’est pas entièrement concernée par l’usinage, pour cela, il existe plusieurs
bridages qui peuvent faire appel à des actions mécaniques ou hydrauliques (figure 28).

Figure 28: Deuxième cas


II.6.1 Type de serrage
On distingue quatre types de serrage :
- Les serrages mécaniques : par vis, cames, étaux, mandrins…. sont très utilisés en travail et en petite série.
L’effort de serrage est fonction de l’opération, il n’est pas constant.
- Les serrages hydrauliques et pneumatiques : ils sont de plus particulièrement réservés aux travaux de série.
Le serrage est fourni par un fluide sous pression. L’effort peut être dosé avec précision.
- Les serrages magnétiques : ils sont surtout destinés aux travaux de rectification.
- Les serrages par aspiration : pour la fixation des pièces de grandes dimensions (usinage des panneaux pour
l’ aviation).
II.6.2 Les modes de serrage
Les modes de serrage sont variés et très nombreuses, on distingue principalement :
II.6.2.1 Serrage sur mandrin de centrage expansible
Ils assurent simultanément la mise en position radiale du cylindre de référence d’appui et le maintien en
position (figure 32).

15
(figure 32

II.6.2.2 Serrage sur bague expansible


Elles assurent simultanément la mise en position radiale du cylindre de référence et le maintien en position.

Figure 33 : Serrage avec bague expansible [19]

II.7 Quelques montages d’usinage


En théorie, il faudrait pour limiter les risques de flexion, que les serrages soient opposés aux appuis, en pratique
on réduit leur nombre pour diminuer les temps de serrage, on veille donc particulièrement à ce qu’ils :
- Ne s’exercent pas sur les parties déformables ;
- S’opposent à la chute et au basculement de la pièce avant ou pendant l’usinage ;
- Soient perpendiculaires aux surfaces d’appui.

Légende ?

16
Exemple de montage isostatique industriel

17
18
Montages sur étaux Plateau indexable

19
20
21
Application 1 :
Compléter le tableau suivant donnant l’ordre des opérations d’usinage relatif aux surfaces repérées et
préciser le type de contrainte.

Dessin de définition Ordre d’usinage Justification Type de contrainte

………………...
3

2 ………3………..
Technologique
ensuite
flexibilité.
1 ………2 et 1………..

………………..

………………...
B
1
………1………..

ensuite géométrique.

………B………..
0 ,0 5

………………..

………………...
2 1
…… 1…………..

ensuite technologique.

………2………..

………………..

2 1

………………...

……………….. économique.

………………...

22
………………...

………B………..
Dimensionnelle………
ensuite
…………..
………1………..

………………..

23
Exercice : Mise en positions

Sur les dessins ci dessous, représenter en rouge les surfaces usinées, en vert les cotations relatives à ces
surfaces. Dessiner la mise en position géométrique de la pièce, qui est adaptée aux conditions posées.

Commentaires :

Commentaires :

24
Idem exercice 1.

Commentaires

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25
Sur la pièce ci dessous, dessiner la mise en position géométrique.

Dessiner à partir de l’étude précédente la mise en position technologique

26
Quelques exemples de mise en position

27
28
Exercice
D’après les figures et les spécifications à respecter pour l’usinage considéré (surface en trait
fort), procéder à la schématisation de la mise en position isostatique et compléter la nature des
DL.

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