ANNEE 2008 THESE: 2008 - TOU 3 - 4059: Pour Obtenir Le Grade de Docteur Veterinaire Diplome D'Etat
ANNEE 2008 THESE: 2008 - TOU 3 - 4059: Pour Obtenir Le Grade de Docteur Veterinaire Diplome D'Etat
______________
THESE
pour obtenir le grade de
DOCTEUR VETERINAIRE
DIPLOME D’ETAT
___________
___________
JURY
PRESIDENT :
M. Jean-Philippe CAHUZAC Professeur à l’Université Paul-Sabatier de TOULOUSE
ASSESSEURS :
M. Jean SAUTET Professeur à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE
Mlle Sophie PALIERNE Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire de TOULOUSE
MEMBRE INVITE :
M. Philippe HAUDIQUET Docteur en médecine vétérinaire, Diplomé ECVS
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3
4
REMERCIEMENTS
5
A mes parents
A Camille et Olivier
A Emilie et Michel
A Mamie
A ma cousine Lise pour son caractère bien trempé, et à mon autre petite cousine Pauline
A mes cousins : Benjamin, Patrick et Frédéric
A Marie, merci pour ces trois années passées à tes côtés. C’était bien…
A Béon, pour ta beauté, ta tenue « impeccable » des comptes de la maison (j’en veux
pour preuve la relance des impôts du Queen de 2005 et 2006 que j’ai reçue il y a
quelques semaines). A l’armée qu’on a faite ensemble. Ca forge le caractère.
A WB, Walter Brice, Vlad, Frédo, pour ton courage (normal pour un chevalier d’or de
la Vierge) de t’être expatrié vers le SNA, même si maintenant tu as échoué sur cette
île. Pour tes innombrables chopes de boom ou tout du moins « j’ai senti son regard ».
Pour tes chemises cla (Zara, Mexx…), ton style. A TA Manzanares. Au Coca Pé et à
la Vodka Po.
A BID, Bill, Ventre, Corsu, pour ta joie de vivre, ta cuisine sicilienne (c’est bien de là
que tu viens non ?), ta chambre verte (pourquoi ? on ne l’aura jamais su). C’était Mac
d’habiter avec toi.
6
A Cellophan l’éléphant ou pouch pouch, pour ta tendresse, les bains pris ensemble
(Rrrrhhhhaaaaaaa fiottes !!!), les stabylos, tes ailes velues, tes aigles, tes rideaux
Warcraft III, ta sournoiserie et bien sûr pour ton incommensurable moisissure.
A Fred, notre mentor à tous les cinq, pour ta rigueur quasi-scientifique aux
entrainements de PES, ton goût vestimentaire, ton second degré…
Au fait, puisque je suis le dernier à passer ma thèse, le classement définitif à PES est :
1) WB, 2) BEP, 3) Béon, 4) Puch, 5) BID.
A Amandine. Merci pour tous ses moments passés à tes cotés. Où que la vie nous mène, tu
resteras toujours dans mon cœur.
Aux sœurs Hours : Marie-Anne et Aurélie. Merci pour votre hospitalité lors des retours à
Toulouse.
A tous mes copains de promo : Charlotte, Yann, Gus, Caro, Flo, Isa, Claudine, Pauline,
Amandine, Laurent, Ramona, Thomas, Flunchy, Clément, Sucette, Guillaume, Virginie,
Kristel, Pat, Alex…
…et des autres promos : le Ché, Zorba, Ken, Boité, RafestONE, Milou, Masson, Seby, Fiston,
petit Fiston
A tous ceux qui ont participé à la crémaillère du Queen, soit 376 personnes au total (la plus
grosse crémaillère de toute l’histoire de l’ENVT)
A mes Docteurs
A mes poulots
A Monsieur Dominiclos et à son acolyte Monsieur Essé.
7
A Mathilde, Chloé et Sophie, l’équipe de la Clinique Vétérnaire de l’Ouest. Ca a été génial de
partager ma passion avec vous.
A Raymond Haudiquet, à tous ces Quik offensifs, Speed Burger et Poulets partagés. Au
Rock !
8
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION ................................................................................................................. 15
A. Le fémur distal
B. Le tibia proximal
C. La fibula proximale
D. Formations complémentaires
1. Appareil fibro-cartilagineux de la patelle
2. Les ménisques
II. MOYENS D’UNION .......................................................................................... 25
A. Capsule et synoviale articulaire
B. Ligaments de l’articulation fémoro-patellaire
C. Ligaments de l’articulation fémoro-tibiale
1. Les ligaments collatéraux
2. Les ligaments croisés
III. MUSCLES MOBILISATEURS ....................................................................... 30
A. Muscles extenseurs du genou
B. Muscles fléchisseurs du genou
C. Muscles assurant la stabilité en valgus et en varus
D. Muscles rotateurs du genou
IV. VASCULARISATION ....................................................................................... 33
V. INNERVATION .................................................................................................. 34
A. Innervation sensitive
B. Innervation motrice
9
CHAPITRE II : BIOMECANIQUE DU GRASSET ....................................... 35
I. MOUVEMENTS NORMAUX DU GRASSET ............................................... 35
10
IV. SIGNES CLINIQUES ET DIAGNOSTIC DE LA RUPTURE DU LCCr .... 55
A. Recueil des commémoratifs
1. Cas des ruptures liées à un traumatisme aigu
2. Cas des ruptures liées à un phénomène dégénératif
B. Examen clinique
1. Observation de l’animal en mouvement
2. Examen de l’animal au repos
a. Observation de l’animal assis
b. Evaluation des masses musculaires
c. Examen de la stabilité crânio-caudale du genou
i. Test du tiroir direct
ii. Test de compression tibiale
C. Examens complémentaires
1. Examens radiographiques
2. Ponction de liquide synovial
3. Imagerie par résonance magnétique (IRM)
4. Arthroscopie
11
V. TECHNIQUES D’OSTEOTOMIE DE NIVELLEMENT AVEC
STABILISATION PAR FIXATEUR EXTERNE............................................ 76
VI. TECHNIQUE D’OSTECTOMIE TIBIALE PROXIMALE INTRA-
ARTICULAIRE (PTIO) ..................................................................................... 78
VII. TECHNIQUE D’AVANCEMENT DE LA CRETE TIBIALE (TTA) .......... 80
VIII. TRAITEMENT DES LESIONS DU MENISQUE MEDIAL ......................... 82
IX. SOINS ET SUIVI POST-OPERATOIRE ........................................................ 83
X. RESULTATS OBTENUS PAR LES DIFFERENTES TECHNIQUES ET
COMPLICATIONS ............................................................................................ 84
A. Résultats obtenus
1. Critères de réussite des opérations
2. Résultats obtenus par les différentes techniques
a. TPLO
b. CCWO
c. PTIO
d. TTA
3. Comparaison de la TPLO avec une technique de stabilisation
extracapsulaire pour le traitement de la rupture du LCCr
B. Complications
1. Complications communes à toutes les techniques
a. Risque infectieux
b. Mauvais placement des vis de fixation
c. Complications liées à une mauvaise mesure pré-opératoire de l’APT
2. Complications spécifiques des différentes techniques
a. TPLO
b. Ostectomies tibiales crâniales en coin
c. PTIO
d. TTA
12
PARTIE II : ETUDE EXPERIMENTALE : EFFET D’UNE
TECHNIQUE D’OSTECTOMIE TIBIALE CRANIALE EN
COIN SUR LA BASCULE DU PLATEAU TIBIAL - ETUDE
RADIOGRAPHIQUE IN VITRO .................................................................... 96
I. INTRODUCTION .............................................................................................. 97
A. Population étudiée
B. Procédure
1. Radiographies pré-opératoires
2. Implantation de billes de plomb
3. Radiographies pré-opératoires après implantation des billes de plomb
4. Réalisation de l’ostectomie tibiale crâniale en coin
5. Radiographies post-opératoires
6. Mesures de l’APT avant et après l’opération
a. Mesure de l’APT pré-opératoire
b. Mesure de l’APT post-opératoire
c. Mesure de l’angle de bascule théorique
7. Analyses statistiques
a. Population étudiée
b. Mesures d’angles et étude de la corrélation entre APT pré-
opératoires et APT post-opératoires
c. Variabilité des mesures inter-lecteurs et intra-lecteur
III. RESULTATS .................................................................................................... 113
a. Population étudiée
b. Mesures d’angles et étude de la corrélation entre APT pré-
opératoires et APT post-opératoires
c. Variabilité des mesures inter-lecteurs et intra-lecteur
13
CONCLUSION .................................................................................................................... 122
LISTE DES ABREVIATIONS .......................................................................................... 124
LISTE DES FIGURES ........................................................................................................ 124
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .......................................................................... 128
14
INTRODUCTION
Le ligament croisé crânial est le principal élément de stabilité crânio-caudale du genou chez le
chien.52 Sa rupture partielle ou totale est responsable de l’apparition d’une boiterie du
membre postérieur et d’arthrose du genou.52 Cette rupture est l’affection orthopédique la plus
fréquente du membre postérieur chez le chien.
Depuis une vingtaine d’année, est apparue une nouvelle approche du traitement chirurgical de
la rupture du ligament croisé crânial chez le chien.45 Contrairement à l’approche
conventionnelle, consistant en une substitution du ligament croisé crânial par une prothèse
naturelle ou synthétique, la nouvelle approche consiste à éliminer la tension à laquelle est
soumis le ligament croisé crânial lors de l’appui du membre postérieur. Si cette force est
éliminée, le ligament croisé crânial n’est plus indispensable, et son remplacement n’a pas lieu
d’être.48
L’élimination de cette force, appelée « poussée tibiale crâniale », se fait par nivellement du
plateau tibial. Plusieurs techniques de nivellement du plateau tibial ont été décrites à ce jour et
sont efficaces.13,26,29,45,48 Elles nécessitent toutes une connaissance de l’angle du plateau tibial
pré-opératoire, dont la valeur détermine l’intensité de la « poussée tibiale crâniale ». De plus,
des mesures per-opératoires sont nécessaires dans toutes ces techniques pour déterminer
l’angle de rotation à faire subir au plateau tibial afin obtenir l’angle du plateau tibial post-
opératoire désiré. Cette contrainte de mesures, fastidieuses et peu précises, tient au fait que,
dans toutes ces techniques, aucun repère anatomique précis, et facilement identifiable lors de
l’intervention chirurgicale, n’est déterminé.
Une détermination de repères anatomiques précis, permettant de standardiser une technique
de nivellement du plateau tibial par ostectomie tibiale crâniale en coin, de s’abstenir de
mesures pré et per-opératoires, et d’obtenir systématiquement un angle du plateau tibial post-
opératoire correct, pourrait se révéler intéressante. Aucune technique utilisant ce type de
repères n’a encore été décrite.
L’objectif de cette étude est de prouver que l’utilisation d’une technique particulière
d’ostectomie tibiale crâniale en coin, utilisant des repères anatomiques précis et facilement
identifiables, permet de s’abstenir de mesures pré-opératoire de l’angle du plateau tibial, et de
mesures per-opératoires destinées à déterminer l’angle de rotation à faire subir au plateau
tibial pour obtenir l’angle du plateau tibial post-opératoire désiré.
15
Dans une première partie, nous étudierons l’anatomie du grasset du chien, sa biomécanique,
l’aspect clinique de la rupture du ligament croisé crânial, et les différentes techniques de
traitement de la rupture du ligament croisé crânial par nivellement du plateau tibial décrites à
ce jour. Dans une deuxième partie, nous décrirons l’étude radiographique in vitro d’une
technique particulière de nivellement du plateau tibial par ostectomie tibiale crâniale en coin,
ne nécessitant aucune mesure pré et per-opératoire mais assurant l’obtention d’un angle du
plateau tibial compatible avec une récupération fonctionnelle de l’animal.
16
PARTIE I :
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
17
CHAPITRE I : ANATOMIE DU GRASSET
DU CHIEN
I. SURFACES ARTICULAIRES
A. Le fémur distal
La trochlée constitue un large sillon vertical limité par deux lèvres, l’une médiale, l’autre
latérale. La trochlée remonte peu à la face crâniale de l’os chez le chien. Sa lèvre médiale est
un peu plus longue que sa lèvre latérale.9,42 (Fig. 1 et 2)
La patelle s’articule dans la trochlée. Elle peut être considérée comme un os sésamoïde géant
développé dans l’épaisseur du tendon distal du muscle quadriceps fémoral pour en faciliter le
coulissement dans la trochlée.9,42 (Fig. 1)
Les condyles fémoraux sont dirigés caudalement. Ils correspondent au prolongement caudal
des lèvres trochléaires. La surface articulaire portée par le condyle fémoral latéral est un peu
plus large et plus longue que celle portée par le condyle médial. Le rayon de courbure se
réduit progressivement caudalement ce qui augmente la tension des ligaments collatéraux
18
pendantt la flexion. Chaque condyle
c est surmonté proximalem
p ment et cauddalement paar un os
sésamoïïde supraccondylaire inclus danns l’origin
ne du cheef correspoondant du muscle
gastrocnnémien, quii s’articule avec le fémur par un
ne petite faacette cartilaagineuse. Les
L deux
condylees sont séparrés par une large fosse intercondylienne.9,42 (F
Fig. 2)
B Le tib
B. bia proxiimal
19
La surfaace articulaiire portée par
p le condyyle tibial latééral est largge tandis que celle portée par le
condylee médial foorme un peetit losange échancré autour de l’insertion
l du ligamen
nt croisé
crânial. Cette asym
métrie, assoociée à l’asyymétrie dess condyles fémoraux,
f eexplique la rotation
interne passive
p du tibia
t par rappport au fém d genou.52
mur lors de la flexion du
L’ensem
mble des aiires intercondyliennes du tibia prroximal connstitue unee surface on
nduleuse
appelée plateau tib
bial. L’incllinaison du plateau tibiial par rappoort à l’axe ffonctionnel du tibia
ou anglle du plateau tibial esst variable selon les individus.
i L plateau tibial est prolongé
Le p
crânialeement par un
u large proocessus : la tubérosité tibiale. Disstalement à cette tubérrosité, la
crête tibbiale s’étendd sur la facee crâniale duu tibia.9,42 (F
Fig. 4)
20
C La fib
C. bula proximale
D Form
D. mations complém
mentairess
1. Appareil
A fibro-carrtilagineux
x de la paatelle
21
2. Les ménisques
Les ménisques sont au nombre de deux, l’un latéral, l’autre médial. Ce sont des structures
fibro-cartilagineuses en forme de croissant intercalées entre le plateau tibial et les condyles
fémoraux. Le ménisque latéral assure la congruence entre le condyle fémoral latéral et le
condyle tibial latéral alors que le ménisque médial assure la congruence entre le condyle
fémoral médial et le condyle tibial médial. En section transversale, les ménisques ont une
forme approximativement triangulaire dont le bord externe est plus épais que le bord
interne.16
Le ménisque médial est le plus large mais le moins épais. Il possède deux insertions
ligamentaires sur le tibia, l’une crâniale, dans l’aire intercondylienne crâniale par
l’intermédiaire du ligament tibial crâniale du ménisque médial, l’autre caudale dans l’aire
intercondylienne caudale par l’intermédiaire du ligament tibial caudal du ménisque médial.
Le ménisque latéral possède trois insertions ligamentaires. Crânialement, il s’attache dans la
fossette latérale de l’aire intercondylienne centrale par l’intermédiaire du ligament tibial
crânial du ménisque latéral. Caudalement, son attache est bifide. Elle est séparée en un
ligament tibial caudal du ménisque latéral qui attache le ménisque latéral à l’incisure poplitée
du tibia et un ligament fémoral du ménisque latéral qui attache le ménisque à la partie médio-
caudale de la fosse intercondylienne fémorale et qui constitue le seul véritable ligament
ménisco-fémoral.9,17
Un ligament interméniscal relie entre elles les attaches crâniales des deux ménisques.9,17,33
Les ménisques assurent un rôle mécanique dans la congruence de l’articulation ainsi que dans
la transmission des forces et l’absorption des chocs par leur élasticité. Une absence de
ménisque ou des lésions importantes du ménisque diminuent la surface portante de
l’articulation et augmentent ainsi les contraintes du cartilage par unité de surface pouvant
conduire à de l’arthrose.6,7,17 (Fig. 6)
22
Figure 6 : Vue dorssale de l’exxtrémité prooximal du tib
bia gauche montrant lees ménisquees et
leurs inssertions (d’’après 17)
Au courrs de la flexxion, les ménisques glisssent légèreement en dirrection cauddale sur les surfaces
articulaiires tibialess en même temps
t que sur
s les cond
dyles fémorraux. Ainsi, le ménisqu
ue latéral
descendd sur le suurplomb auu dessus dee l’incisuree poplitée et le méniisque médiial vient
s’appuyyer sur le ligament croisé caudall en débord
dant légèrem
ment de laa surface arrticulaire
caudale. (Fig. 7)
Une ruppture du liggament croisé crânial est
e a l’origiine d’une innstabilité anntéro-postérrieure de
l’articullation fémooro-tibiale («« mouvemeent de tiroirr ») générattrice de lésiions ménisccales, en
particulier de la paartie postériieure du méénisque méd
dial, ou corrne postérieeure. Cela est
e lié au
fait que le ménisquue médial poossède des attaches bieen plus rigiddes que le m
ménisque laatéral. Le
23
ménisquue médial est notamm
ment fermem
ment attach
hé au ligam
ment collatééral médiall et à la
capsule articulaire alors que le ménisquue latéral n’est
n que faaiblement aattaché au ligament
l
collatéraal latéral et à la capsulee articulairee. Lors d’un
n mouvemennt de tiroir, le ménisque médial
s corne posstérieure conduisant
avance avec le tibia et le conddyle fémoraal médial écrase alors sa
à des dééchirures sii les traumaatismes sontt répétés. Le
L ménisquee latéral subbit beaucou
up moins
ce phénnomène d’uune part grââce à ses attaches
a plu
us lâches et grâce au ligament ménisco-
m
fémorall qui empêcche le dépllacement caudal du ménisque
m laatéral lors du mouvem
ment de
tiroir.17 (Fig. 7)
al (d’après 17)
Figure 7 : Mécanissme des lésiions du ménnisque média
A- Aspect
A latérral normal de
d l’articula
ation.
B- Aspect
A latérral de l’artiiculation lorrs de mouveement de tirroir antérieu
ur : la
s
surface porrtante du méénisque latééral est encoore maximaale.
C- Aspect
A méddial normal de l’articulation.
D- Aspect
A méddial de l’artiiculation lorrs du mouveement de tirroir antérieu
ur : la
s
surface porrtante se situue au niveau
u de la cornne postérieuure du méniisque
m
médial et l’’écrase.
24
II. MOYENS D’UNION
Ils sont constitués par une capsule articulaire et des ligaments. Ces derniers peuvent être
divisés en deux groupes : ceux qui unissent la patelle au fémur et au tibia et ceux qui unissent
le fémur au tibia et à la fibula.
La capsule fibreuse s’insère d’une part autour de l’extrémité distale du fémur et d’autre part
autour du plateau tibial en aménageant trois interstices pour le passage des récessus synoviaux
du tendon du long extenseur des doigts, de l’articulation tibio-fibulaire et du tendon du
muscle poplité.9 Pour simplifier, on peut considérer que la capsule est séparée en deux parties
par les deux ligaments collatéraux, une partie crâniale, la capsule fémoro-patellaire, fine, et
une partie caudale, la capsule fémoro-tibiale proprement dite plus épaisse car doublée en
surface par une lame fibreuse. C’est la partie médiale de cette capsule qui adhère très
intimement au ménisque médial.
La synoviale articulaire forme trois sacs, deux entre les condyles fémoraux et tibiaux et un
juste en dessous de la patelle.33
Le sac fémoro-patellaire se situe entre la patelle et la trochlée fémorale. Un diverticule s’étend
proximalement entre le tendon du muscle quadriceps et le fémur limitant les frictions entre ce
tendon et le fémur. (Fig. 8)
25
Les saccs fémoro-tiibiaux méddial et latéraal se situen
nt entre les condyles ffémoraux ett tibiaux
correspoondant. Ils sont séparéés en deux parties parr les ménissques médiaal et latérall en une
partie féémoro-méniiscale et une partie tibiio-méniscalee. (Fig. 8)
B Ligam
B. ments dee l’articu
ulation féémoro-p
patellairee
26
Le ligament patellaire ou tibio-patellaire est le prolongement du tendon du muscle
quadriceps distalement à la patelle. Sa face caudale est en rapport proximalement avec la
synoviale fémoro-patellaire ; elle en est séparée distalement par le corps adipeux infra-
patellaire plus ou moins épais selon les individus. Sa face crâniale est en rapport avec le fascia
lata. Il contribue au maintien de la patelle en place dans la trochlée fémorale.9 (Fig. 8)
Ils sont au nombre de quatre : deux ligaments collatéraux sur les faces latérale et médiale de
l’articulation, et deux ligaments croisés, à l’intérieur de l’articulation.9
Caudalement à l’articulation s’ajoute une membrane fibreuse qui double la capsule articulaire
et lui donne son épaisseur.9
Le ligament collatéral latéral est moins long et moins large que le précédent. Il prend
naissance sur l’épicondyle latéral du fémur et se termine sur l’extrémité proximale de la fibula
par une attache plus ponctuelle que celle du ligament collatéral médial sur le tibia. Il est
séparé du ménisque latéral par le tendon d’origine du muscle poplité et il n’y est donc pas
adhérent. Il est responsable de la stabilité de l’articulation en varus.9
27
2. Les ligaments croisés
Les ligaments croisés sont également des ligaments reliant l’extrémité distale du fémur à
l’extrémité proximale du tibia. Ils sont parfois qualifiés d’interosseux car ils sont logés dans la
fosse intercondylienne du fémur et aboutissent sur l’éminence intercondylienne du tibia. Ils
sont donc intra-articulaires.
Ils sont au nombre de deux : le ligament croisé crânial (LCCr) et le ligament croisé caudal
(LCCd). Leur nom vient de leur position relative (croisée) et de leur attache sur le plateau
tibial (crâniale ou caudale). Les ligaments croisés, bien qu’intra-articulaires, du fait du
développement embryologique, sont revêtus par une membrane synoviale qui leur apporte
leur vascularisation. Ils sont donc extra-synoviaux.4
Le LCCr, dont la rupture et son traitement nous intéressent dans cette étude, est oblique en
direction médiale et distale. Son attache proximale se situe sur le revers médial du condyle
latéral du fémur sur la partie caudale de la fosse intercondylienne. Son attache distale se situe
dans l’aire intercondylienne crâniale du tibia juste à la base de l’éminence intercondylienne.
Ce ligament se compose de deux bandes intimement liées et nommées selon leur position
d’attache sur le tibia : une bande crânio-médiale tendue en flexion et en extension et une
bande caudo-latérale tendue en flexion et relâchée en extension.5,9 Il existe une torsion
d’environ 90° entre ses points d’insertion.52 (Fig. 9 et 10)
Le LCCd est un peu plus long et plus large que le LCCr. Il est oblique en direction distale et
caudale et croise le LCCr médialement. Il prend naissance également dans la fosse
intercondylienne du fémur, sur le revers latéral du condyle médial et se termine dans
l’incisure poplitée située au bord caudal de la surface articulaire tibiale. Comme le LCCr, il
est composé de deux bandes : une bande crâniale tendue en extension et relâchée en flexion et
une bande caudale, tendue en flexion et relâchée en extension.5,9 (Fig. 9 et 10)
28
Figure 9 : Vue méddiale des liggaments crooisé d’un genou gauchee (d’après 333)
29
notamment lors de la flexion du genou, pendant laquelle, ce mouvement est automatique et lié
à l’asymétrie des surfaces articulaires.52
De plus, le LCCr prévient l’hyperextension du grasset ainsi que la stabilité en valgus et en
varus lorsque le membre fléchi.52
Il s’agit des muscles dont les tendons passent sur la face crâniale de l’articulation.
L’extenseur majeur du genou est le muscle quadriceps fémoral qui recouvre la face crâniale
de la cuisse. Lorsque le membre est au soutien, il assure l’extension de l’articulation et permet
d’augmenter l’amplitude des foulées lors de la course. Lorsque le membre est à l’appui, sa
contraction assure le maintien de l’angle d’ouverture de l’articulation et évite ainsi
l’affaissement du membre. De plus, c’est lui qui assure l’extension du grasset lors de la
30
propulsion.9 La contraction du quadriceps fémoral entraîne une subluxation tibiale crâniale
contre laquelle s’oppose le LCCr.48
Les faisceaux crâniaux du muscle biceps fémoral et la bande crâniale du muscle semi-
membraneux situés à la face caudale de la cuisse, ainsi que la portion crâniale du muscle
sartorius et le muscle tenseur du fascia lata situés à la face médial de la cuisse, sont des
extenseurs plus modérés.9
Il s’agit des muscles dont les tendons passent sur la face caudale de l’articulation.
Les fléchisseurs majeurs du grasset sont situés sur la face caudale de la cuisse. Il s’agit du
muscle semi-tendineux, de la bande caudale du muscle semi-membraneux et des faisceaux
caudaux du muscle biceps fémoral. Ces muscles sont fléchisseurs du grasset pendant la
phase de soutien.9
Le muscle gastrocnémien et le muscle fléchisseur superficiel des doigts, situés sur la face
caudale de la jambe, ainsi que le muscle gracile et la portion caudale du muscle sartorius
situés sur la face médiale de la jambe, sont des fléchisseurs plus modérés.9
Les tendons des muscles semi-tendineux, biceps fémoral, gracile, gastrocnémien et
fléchisseur superficiel des doigts se rejoignent pour former le tendon calcanéen commun qui
prend attache sur la tubérosité calcanéenne.9
31
MUSCLES EXTENSEURS MUSCLES FLECHISSEURS
DU GENOU DU GENOU
- quadriceps fémoral - semi-tendineux
- bande caudale du muscle
MAJEURS semi-membraneux
- faisceaux caudaux du
biceps fémoral
- faisceaux crâniaux du - gastrocnémien
biceps fémoral - fléchisseur superficiel des
- bande crâniale du doigts
MODERES semi-membraneux - gracile
- portion crâniale du - portion caudale du muscle
sartorius sartorius
- tenseur du fascia lata
Figure 12 : Muscles extenseurs et fléchisseurs de genou
Ces muscles agissent en association avec le ligament collatéral latéral pour la stabilité en
valgus et avec le ligament collatéral médial pour la stabilité en valgus mais également en
association avec le LCCr pour la stabilité en valgus et en varus lorsque le genou est fléchi.
Les muscles gracile, sartorius, semi-tendineux et semi-membraneux situés à la face
médiale du membre sont adducteurs et assurent la stabilité en valgus.
Les muscles biceps fémoral et vaste latéral situés à la face latérale du membre sont
abducteurs et assurent la stabilité en varus.9
32
D. Muscles rotateurs du genou
Le genou peut subir des mouvements modérés de rotation interne et externe dans le plan
horizontal.
Les muscles semi-tendineux, semi-membraneux et poplité permettent la rotation interne du
genou à laquelle s’oppose le LCCr lors de la flexion du membre.
Les muscles vaste latéral et biceps fémoral sont rotateurs externes.9
33
IV. VASCULARISATION
Les artères caudales du genou, issues de l’artère poplitée, irriguent la capsule articulaire
caudale.
L’artère latérale proximale du genou, issue de l’artère fémorale caudale distale, irrigue la
capsule articulaire latérale.
L’artère descendante du genou, issue de l’artère fémorale, irrigue la portion médiale de la
capsule articulaire avec la branche articulaire géniculée de l’artère saphène.37
Les ménisques ne reçoivent une vascularisation que pour leur partie périphérique. La portion
centrale est dévascularisée. La cicatrisation n’est possible que pour les lésions touchant la
zone vascularisée. On notera que la grande majorité des lésions des ménisques (85 %)
concernent la zone dévascularisée.17
V. INNERVATION
A. Innervation sensitive
Elle est assurée par des branches du nerf tibial et du nerf fibulaire commun.37
B. Innervation motrice
L’extension du genou est commandée par le nerf fémoral, nerf moteur du muscle quadriceps
fémoral.
La flexion est assurée par le nerf sciatique, nerf moteur des muscles caudaux de la cuisse.37
34
CHAPITRE II : BIOMECANIQUE DU
GRASSET
Les mouvements normaux du grasset s’effectuent dans trois plans par rapport à l’axe du corps
du chien. Les mouvements de flexion et d’extension s’effectuent dans un plan parasagital, les
mouvements de valgus et varus s’effectuent dans un plan transversal et les mouvements de
rotation interne et externe s’effectuent dans un plan horizontal.
35
Figure 15 : Ligam
ment collatééral latérall lors de l’’extension eet de la fleexion du
52
genou droit
d : tenduu en flexion, relâché en extension (d’après
( )
B. Mouvem
M ments de valgus et
e varus
36
II. MOD
DELISA
ATION « PASS
SIVE » DU GR
RASSET
F
Figure 16 :
A gauche : vue latéralee du genou montrant lee LCCr (A) et
e le LCCd (B)
A droite : modèle
m à 4 barres dee liaison co
ontrôlant lees mouvemeents du gen
nou. Les
i
insertions p
proximales des ligam
ments croissés sont situées sur le fémur (A).
( Les
i
insertions d
distales des ligaments croisés
c sont situées sur le tibia (B))
((d’après 44)
37
Ce moddèle est appelé modèle passif car dans celui-cci, le genouu est entièreement dépen
ndant de
ces deuux ligaments, qui, à euux seuls, asssurent passsivement laa stabilité ddu genou lo
ors de la
flexion et de l’exteension et lim
mitent l’appparition d’aautres mouvvements ou une exagérration de
la flexion ou de l’extension. Ce modèèle expliquee qu’une ruupture du L
LCCr entraaîne une
translatiion crânialee du tibia paar rapport auu fémur.48 (F
Fig. 17)
Figuure 17 : Ruppture du LC
CCr et mouvvement de tiiroir antérieeur
38
Figurre 19 : Extennsion du genou limitée
Figure 188 : Flexion du
d genou lim
mitée
par lee contact entre la partiee crâniale de
d
par le conntact entre la
l cuisse et le
la fossse interconddylienne (A)) et le LCCrr
mollet et non
n pas parr le LCCd (A)
(A ou le
(B)
LCCr (B)
39
Pour répondre à ces questions, il faut prendre en considération les forces exercées par les
muscles et par la masse corporelle du chien (poids) sur l’articulation dans la modélisation du
genou. Cette modélisation est la modélisation « active » du grasset.48
En 1978, Henderson et al. ont décrit le test de compression tibiale comme test diagnostique de
la rupture du LCCr.25 Ce test consiste à fléchir l’articulation du jarret de façon à tendre la
corde du jarret et d’ainsi mettre en évidence une translation crâniale du tibia par rapport au
fémur lorsqu’il existe une rupture du LCCr. Lorsque Henderson et al. réalisent ce test, il
reproduisent la force exercée sur le genou lors de l’appui.
Il s’agit du poids du corps, de la force exercée par les muscles dont les tendons passent par la
face crâniale de l’articulation, de la force exercée par les muscles dont les tendons passent par
la face caudale de l’articulation, et de la force exercée par le muscle gastrocnémien.
1. Force exercée par les muscles dont les tendons passent par la face
crâniale de l’articulation
40
Figure 20
2 : Tractioon antéro-prroximale (fllèche courbe) exercée
par le muscle
m quaddriceps sur l’extrémité proximale
p ddu tibia. Ceette
après 25)
force est opposée à celle exerccée par le LCCr (flèchee droite (d’a
2. Force
F exeercée parr les musscles dontt les tend
dons passsent par la
l face
c
caudale d l’articu
de ulation
41
Figure 21
2 : Tractioon postérieu
ure exercée par
p
les musccles de « l’aarrière de la
a cuisse » suur
l’extrém a (d’après 255)
mité proximale du tibia
3. Force
F exeercée par le musclee gastrocn
némien
42
Figurre 22 : Tracction postériieure exercéée par le
musclle gastrocnéémien (G) sur
s l’extrém
mité distale
du fém
mur lors de l’appui. Ceette tractionn est
Cr (*) (d’aprrès 25)
antaggoniste au rôôle du LCC
4. Action
A du
u poids du
u corps
Le poidds du corps est la forcce induite par la massee corporellee du chien. C’est une force de
direction perpendicculaire au sool transmisee en partie au
a plateau tibial
t via le fémur. Nou
us avons
vu que le
l plateau tiibial n’est pas
p perpendiculaire à l’’axe fonctioonnel du tibiia chez le ch
hien. De
c axe.44
plus, le point de coontact entree les deux suurfaces artiiculaires se situe crâniaalement à cet
Une paartie du poiids du chieen appliquéée sur le plateau tibiaal génère donc une force
f en
direction crânio-disstale, au pooint de contaact des deux surfaces articulaires.
a . Cette forcee liée au
poids see décomposse en une foorce compreessive dont la directionn est celle dde l’axe fon
nctionnel
du tibiaa et qui crée une pousséée du tibia vers
v le sol, et
e en une foorce crânialee et perpend
diculaire
à cette dernière quui crée une poussée crââniale de l’extrémité proximale
p ddu tibia, ou poussée
tibiale crâniale.
c (Fiig. 23)
43
Figgure 23 : Foorces appliqquées sur lee plateau tibbial (P) lorss de
l’appui : résultantee de l’actionn d’une force compressive (C), de ddirection
parallèle à l’axe foncctionnel du tibia (F), ett de la pousssée tibial crrâniale (T)
44
ACTION DE LA FORCE
FORCE APPLIQUEE SUR ACTION DE LA FORCE
PAR RAPPORT A CELLE
LE GENOU SUR LE GENOU
DU LCCr
Figure 24 : Effets des forces appliquées sur l’articulation du genou lors de l’appui
45
B. Définition de la « poussée tibiale crâniale »
La poussée tibiale crâniale est la force agissant sur l’extrémité proximale du tibia et qui tend à
la pousser vers l’avant. Cette force générée par l’action du poids du corps sur le tibia lors de
l’appui et par l’action des muscles dont les tendons passent sur la face crâniale de
l’articulation, c'est-à-dire les extenseurs du membre et en particulier le muscle quadriceps
fémoral. Cette force existe chez le chien car chez lui, le plateau tibial n’est pas
perpendiculaire à l’axe fonctionnel du tibia et le point de contact des surfaces articulaires
fémorale et tibiale est situé crânialement à cet axe. Le poids du corps, outre qu’il génère une
force vers le sol, génère une composante vers l’avant. C’est cette dernière composante qui
exerce une poussée tibiale crâniale en association avec la force exercée par les muscles dont
les tendons passent par la face crâniale de l’articulation.
Les forces qui s’opposent à cette poussée tibiale crâniale sont : la force exercée par les
muscles dont les tendons passent sur la face caudale de l’articulation, c'est-à-dire les muscles
fléchisseurs du genou qui exercent une traction caudale sur la partie proximale du tibia, et la
tension exercé par le LCCr qui empêche la subluxation tibiale crâniale. Notons que les
muscles fléchisseurs constituent les éléments actifs de la résistance à la poussée tibiale
crâniale alors que le LCCr constitue un élément passif.48
46
Ainsi, le LCCr est un élément essentiel d’opposition à la poussée tibiale crâniale, et donc à la
translation crâniale du tibia par rapport au fémur. On comprend alors que plus la poussée
tibiale crâniale est importante, plus le LCCr est sollicité et risque de se rompre partiellement
ou totalement.
Une piste intéressante pour le traitement des ruptures du LCCr serait donc de lutter contre la
poussée tibiale crâniale. Si on arrivait à diminuer voire à annuler cette force, le LCCr ne serait
plus nécessaire à la stabilité antéro-postérieure du genou lors de l’appui. Dans le cas d’une
rupture partielle du LCCr, la diminution voire l’absence de sa sollicitation pourrait éviter une
rupture totale. Dans le cas d’une rupture complète du LCCr, la diminution ou l’élimination de
la poussée tibiale crâniale éviterait d’avoir à le remplacer par une prothèse ligamentaire.
Contrairement à la modélisation passive qui ne tient compte que des structures passives de
stabilisation du genou que sont les deux ligaments croisés, la modélisation active prend en
considération, non seulement ces structures passives, mais également les forces agissant sur le
genou lors de l’appui. La modélisation active met notamment en évidence la force générée par
le poids du corps et la traction antéro-proximale exercée par les extenseurs du genou : la
poussée tibiale crâniale. Cette poussée tibiale crâniale est une force à laquelle s’oppose le
LCCr lors de l’appui.
La prise en considération de cette force permet d’expliquer certaines ruptures du LCCr,
notamment les ruptures sans commémoratif d’hyperextension traumatique du genou. En effet,
elle permet d’expliquer une dégradation progressive d’un LCCr beaucoup trop sollicité pour
lutter contre la poussée tibiale crâniale. Elle permet également de comprendre certains échecs
de traitements chirurgicaux de rupture du LCCr par des techniques de ligamentoplastie intra
ou extracapsulaires, y compris lorsqu’elles sont réalisés par des chirurgiens expérimentés. La
prothèse ligamentaire est sensée remplir le même rôle que le LCCr ; elle sera donc soumise
aux même contraintes que celui-ci et risque donc de se rompre à son tour si la poussée tibiale
crâniale reste inchangée. Enfin, elle permet d’expliquer les lésions du ménisque médial
associées à la rupture du LCCr. Le ménisque médial est fermement attaché au ligament
collatéral médial et à la capsule articulaire. Lors du mouvement de translation crâniale du tibia
engendré par la poussée tibiale crâniale, le ménisque médial avance avec le tibia, et le condyle
47
fémoral médial écrase alors sa corne postérieure, conduisant à des déchirures si les
traumatismes sont répétés.17
Comme le poids du chien intervient dans la poussée tibiale crâniale, une diminution de sa
masse corporelle par un régime alimentaire adapté est bénéfique en cas de rupture partielle ou
totale du LCCr, mais également pour la prévention de la rupture.18
La poussée tibiale crâniale chez le chien est la conséquence de la pente du plateau tibial.
Slocum et al., dans leurs travaux de recherche sur le traitement des ruptures du LCCr ont
constaté que plus la pente du plateau tibial était élevée, plus la poussée tibiale crâniale était
forte.44 Ils ont donc entrepris de traiter les chiens atteints de rupture du LCCr par une
réduction chirurgicale de la pente du plateau tibial, et donc de la poussée tibiale crâniale, par
des techniques d’ostectomie cunéiforme du tibia45 ou d’ostéotomie circulaire.48
48
CHAPITRE III : ASPECT CLINIQUE DE LA
RUPTURE DU LIGAMENT CROISE
CRANIAL
Dans une étude rétrospective de 400 cas, Drapé et al. ont mis en évidence une origine le plus
souvent dégénérative de la rupture du LCCr : dans 77 % des cas, l’origine dégénérative
domine alors qu’une cause traumatique n’est retenue que dans 23 % des cas.16
Les éléments principaux plaidant en faveur d’une étiologie dégénérative sont : l’âge (61 %
des chiens étudiés ont plus de 6 ans et 45 % ont entre 6 et 9 ans), la fréquence des lésions
bilatérales (25 % des chiens ont une rupture du LCCr controlatéral dans un délai inférieur à un
an), la présence d’arthrose matérialisée par l’existence d’ostéophytes et de lésions
cartilagineuses chez des chiens présentant des signes cliniques depuis moins de 15 jours (50
% des chiens ont de l’arthrose sachant que l’apparition de signes macroscopiques d’arthrose
49
après section expérimentale du LCCr réclame 3 à 4 semaines 51), l’aspect lésionnel du LCCr
visible lors d’une arthrotomie, et enfin l’origine de la rupture d’après les commémoratifs (la
majorité des ruptures ayant lieu à la faveur d’un traumatisme mineur ou étant indéterminée).16
Dans la même étude, Drapé et al. ont ainsi pu établir une classification éthiopathogénique des
ruptures du LCCr : par traumatisme direct (par un agent contondant ou par hyperextension du
grasset consécutive au blocage du membre lors d’un saut par exemple) dans 4 % des cas, par
traumatisme fonctionnel (survenant chez de jeunes chiens vigoureux sans antécédent de
pathologie dégénérative) dans 19 % des cas, par fragilisation des surfaces articulaires (rupture
survenant à la suite d’un traumatisme mineur sur des structures articulaires fragilisées, soit
pour des raisons posturales, soit pour des raisons dégénératives dues à des traumatismes
répétés, une maladie systémique, ou un simple vieillissement des structures ligamentaires)
dans 44 % des cas, et enfin, par dégénérescence des structures articulaires (rupture survenant
lors d’un mouvement normal du chien chez des sujets âgés, sédentaires et souvent obèses)
dans 33 % des cas.16 (Fig. 26)
CLASSIFICATION
TYPE DE RUPTURE FREQUENCE
ETIOPATHOGENIQUE
Traumatique
Dégénératif
Secondaire à une dégénérescence des
33 %
structures articulaires
Ainsi, la rupture du LCCr chez le chien serait le plus souvent d’origine dégénérative. Notons
que ce n’est pas le cas chez l’homme, chez qui la rupture du ligament croisé se produit
principalement à la suite d’un traumatisme aigu chez des individus pratiquant des sports en
pivot (ski, football, base-ball…).16
50
II. HISTOPATHOGENIE DE LA RUPTURE DU
LCCr
En 1985, Vasseur et al. ont décrit les modifications histologiques microscopiques affectant le
LCCr en fonction de la race du chien et de son âge.53 Ils ont pu conclure que ces
modifications existaient chez tous les chiens de son étude pesant 15 kg ou plus et âgés d’au
moins 5 ans. Ces lésions microscopiques correspondent à une désorganisation spatiale des
fibres de collagène. Celles-ci perdent leur agencement linéaire en faisceaux. Les lésions
correspondent également à la disparition de fibroblastes et à l’apparition de nombreuses
plages sans cellules. Des chondrocytes accompagnés d’une matrice cartilagineuse font leur
apparition dans le ligament dégénératif. Enfin, il y a diminution du nombre de vaisseaux
sanguins visibles sur les coupes histologiques de LCCr.53
Selon Vasseur et al., il semblerait que cette dégénérescence apparaisse suite à un défaut
d’apport vasculaire à l’intérieur du ligament. Paatsama avait déjà remarqué que le site de
rupture préférentiel du LCCr se trouvait dans sa partie centrale, la zone où le LCCr et le
LCCd s’enroulent partiellement l’un autour de l’autre au cours de la flexion.36 Cet
enroulement pourrait être à l’origine d’une compression des vaisseaux sanguins et d’un
ralentissement du flux sanguin dans la partie centrale des ligaments croisés.53 Dans son étude
histologique, Vasseur et al. ont d’ailleurs constaté que la dégénérescence est plus marquée
dans la partie centrale du ligament. De même, ils ont constaté que les lésions histologiques
étaient plus importantes en profondeur qu’à la surface du LCCr. De plus, les coupes
histologiques montrent que le nombre de vaisseaux est moins important dans la partie centrale
du ligament qu’à ses extrémités et moins important en profondeur qu’en périphérie. Ceci vient
du fait que la vascularisation des ligaments croisés se fait de la périphérie vers le centre.52
(Fig. 27) Tout ceci laisse supposer qu’un défaut d’apport vasculaire entraîne un état
d’ischémie dans la région centrale du LCCr. Cette ischémie entraînerait la mort des
ligamentocytes, ou bien, dans certains cas, leur transformation en chondrocytes vivant en
anaérobiose. La disparition des ligamentocytes serait à l’origine d’une diminution de la
synthèse du collagène et donc d’une fragilisation du LCCr.53 Ce type de ligament, fragilisé,
est plus susceptible de se rompre qu’un ligament parfaitement sain. C’est ainsi que des
ruptures du LCCr peuvent survenir à la suite de traumatismes mineurs.
51
Figure 27
2 : Vasculaarisation dees ligamentss croisés
IIII. FACTEURS
S PRED
DISPOS
SANTS
S A LA
A RUPT
TURE
DU LCCr
L
a. Inffluence de
d la racce
52
trop fléchi stimule le quadriceps et accentue la poussée tibiale crâniale alors qu’un grasset en
hyperextension, comme c’est le cas chez le chow-chow et le Bulldog, stimule directement le
LCCr et le prédispose à la rupture.36
Cette notion de prédisposition raciale laisse supposer une participation héréditaire à la rupture
du LCCr chez le chien.
Ainsi que nous l’avons vu, le poids du chien influe directement sur l’intensité de la poussé
tibiale crâniale. Il est alors aisé de comprendre que, plus un chien a une masse corporelle
augmentée, plus son risque d’être atteint d’une rupture du LCCr est important. Ceci est
confirmé par l’étude épidémiologique de Duval et al. qui montre que le poids moyen d’une
population de 201 chiens de moins de 2 ans atteints est plus élevé que celui de la population
de contrôle composée de 804 chiens de moins de 2 ans.18 De plus, Duval et al., dans cette
même étude, mettent en évidence une influence de la stérilisation sur le risque de rupture du
LCCr, l’incidence de la rupture du LCCr étant plus importante chez les animaux stérilisés
(mâles ou femelles) que chez les animaux non stérilisés.18 Ceci pourrait en partie s’expliquer
par la tendance des animaux stérilisés à prendre du poids.
L’activité physique quotidienne joue un rôle important sur la préservation des structures
articulaires. Paradoxalement, une privation de stimulation des structures articulaires entraîne
leur fragilisation par modification du métabolisme des cellules articulaires.1 En l’absence de
sollicitation des ligaments, le catabolisme du collagène est accru, d’où une perte de masse
ligamentaire, et donc une fragilisation des ligaments.2
Ainsi, une sédentarité importante de l’animal doit être considérée comme un facteur de risque
de la rupture du LCCr.
53
d. Influence d’affections concomitantes
3. Luxation de la patelle
Cette fosse qui sépare les deux condyles fémoraux et dans laquelle se logent les parties
proximales des deux ligaments croisés possède une surface parfaitement lisse et régulière
chez un individu sain. C’est sur le rebord crânial de cette fosse que vient butter le LCCr lors
de l’extension du genou. Des sténoses congénitales ou acquises (apparition d’ostéophytes) de
la fosse intercondylienne peuvent être associées à des lésions du LCCr.20,21
54
IV. SIGNES CLINIQUES ET DIAGNOSTIC DE LA
RUPTURE DU LCCr
La rupture partielle ou totale du LCCr est très souvent à l’origine de symptômes dont certains
sont suffisamment spécifiques pour assurer le diagnostic.
Comme nous l’avons, ce n’est pas le cas le plus courant.16 Les chiens atteints d’une rupture du
LCCr par traumatisme aigu présentent une boiterie franche de soutien du membre atteint
immédiatement après le traumatisme. Cette boiterie a tendance à diminuer graduellement dans
les 3 à 5 semaines suivant la lésion. Le chien peut alors présenter une boiterie d’appui moins
évidente. Si l’examen clinique a lieu plusieurs semaines après le traumatisme, le genou n’est
en général pas très douloureux lors de la flexion et de l’extension mais il l’est lors de la
réalisation d’un mouvement de tiroir. Une amyotrophie des muscles de la jambe peut s’établir
avec le temps. En présence d’une telle amyotrophie, le recueil des commémoratifs permet
souvent de révéler un épisode de boiterie aiguë du chien au cours des semaines ou mois
précédents.52
55
Dans les cas de rupture par dégénérescence progressive du ligament, le mouvement de tiroir
est moins facile à mettre en évidence que dans ceux liés à un traumatisme aigu, en particulier
lorsque LCCr n’est que partiellement rompu, et ne provoque pas particulièrement de douleur.
Ceci est lié au fait qu’une fibrose de l’articulation s’installe progressivement, diminuant la
laxité articulaire. L’instabilité crânio-caudale réduite n’est donc pas toujours facile à mettre en
évidence à l’examen orthopédique.
B. Examen clinique
L’animal doit être examiné en déplacement (marche et trot) et au repos (assis et debout).
Lorsqu’il se déplace, le chien atteint d’une rupture du LCCr présente en général une boiterie
avec appui conservé du membre atteint. Ce membre est tenu en position plus fléchie que le
membre sain de manière à réduire la charge corporelle qui lui est appliquée.52 Dans le cas où
les deux ligaments croisés crâniaux sont atteints, la dissymétrie de port des deux membres
postérieurs est plus difficile à observer.
Normalement, un chien doit s’asseoir avec ses deux genoux en flexion et symétriques l’un par
rapport à l’autre. Le talus se trouve alors au plus près de la tubérosité ischiatique ipsilatérale.
Lorsque le chien ne s’assoit pas de cette manière, il faut suspecter en première intention une
lésion du genou.
Certains chiens, souvent très bien éduqués, type chien de travail, se positionneront de façon
symétrique mais on pourra observer une distance anormalement grande entre le talus et la
56
tubérosité ischiatique. D’autres chiens s’assoieront de façon asymétrique, ne reposant plus
véritablement sur leurs fesses mais plutôt sur la face externe de l’une de leur cuisse ce qui leur
permet de laisser un membre en extension.46 C’est ce membre qui est suspect d’affection
douloureuse du genou. La position privilégiée par le chien quand il s’assoit de cette façon est
une position antalgique. Bien sûr, la simple observation de l’animal assis ne suffit pas à
établir un diagnostic de rupture du LCCr mais elle suffit souvent pour suspecter une lésion du
genou. Slocum et al. affirment même que tous les chiens atteints de rupture du LCCr ne
s’assoient pas normalement.46
Cet examen se réalise en observant et en palpant les masses musculaires des deux membres
postérieurs. Une amyotrophie peut être constatée chez des chiens atteints de rupture du LCCr
évoluant de façon chronique. L’amyotrophie est la conséquence d’un soulagement permanent
du membre qui est alors moins utilisé. En cas de rupture unilatérale, l’amyotrophie du
membre atteint est souvent associée à une hypertrophie des muscles du membre opposé, qui
supporte alors une plus grande partie du poids du corps. En cas de rupture bilatérale, les deux
membres postérieurs peuvent être amyotrophiés et cela peut s’accompagner d’une
hypertrophie des masses musculaires des membres antérieurs.46
Le genou atteint apparaît souvent oedématié surtout sur sa face médiale. Cet œdème lié à
l’inflammation est d’autant plus visible que les muscles fléchisseurs du genou sont
amyotrophiés.46
On préférera examiner les grands chiens sur le sol que sur une table d’examen car c’est une
situation moins stressante pour eux. Il s’agit d’évaluer la stabilité crânio-caudale du genou en
testant le mouvement de tiroir.52
Ce mouvement de tiroir peut être réalisé de deux manières. Dans les deux cas, l’animal doit
être placé en décubitus latéral.
57
i. Test du tiroir direct
58
ii. Test de com
mpression tibiale
t
L’autre manière dees tester la stabilité crâânio-caudale du genouu est d’utilisser le test décrit
d par
Hendersson et al. enn 1978.25 Poour cela, le genou
g est placé
p en légèère flexion, celle-ci dev
vant être
constannte au cours du test. Unne main tiennt l’extrémitté distale duu fémur, le ppouce et l’aannulaire
placés sur
s les os séésamoïdes suupracondylaires latérall et médial, et l’extrém
mité de l’indeex posée
sur la crête tibiale.. L’autre main
m exerce alors une flexion
f du jaarret de maanière à ind
duire une
tension du muscle gastrocném
mien et provvoquer, en cas
c de ruptuure partielle ou totale du
d LCCr,
une avaancée de l’exxtrémité prooximale du tibia par rap mur.52 (Fig. 29)
pport au fém
Pour unne réalisatioon correctee de ces deeux tests, ill est parfoiis nécessairre de pratiq
quer une
tranquilllisation, vooire une aneesthésie génnérale de l’aanimal quannd celui-ci eest trop stressé, trop
contractté ou trop douloureux.
d En effet, ill n’est pas rare
r que le test
t du tiroirr soit négatif sur un
59
genou atteint de rupture du LCCr lorsque le chien exerce une contraction musculaire trop
importante. Un test du tiroir peut également être faussement négatif si la lésion est chronique
et qu’une fibrose de l’articulation s’est progressivement constituée.52
Il est reconnu que le test de compression tibiale est souvent plus intéressant à réaliser que le
mouvement de tiroir direct, en particulier chez des animaux grands et musclés. Chez eux, il
est en effet plus facile de mettre en évidence une instabilité crânio-caudale du genou lors de
rupture du LCCr par cette méthode.
Certains sujets jeunes peuvent présenter un mouvement de tiroir (direct ou indirect) positif
sans pour autant être atteints d’une rupture du LCCr (faux positifs). Ceci est lié à une laxité
articulaire plus importante chez ce type de sujets. Cependant, le mouvement de tiroir est léger
(1 à 3 mm), et marqué par un stop net, à la différence du mouvement de tiroir obtenu en cas
de rupture du LCCr. Pour faire la différence, il est essentiel de comparer le degré de laxité des
deux genoux.
C. Examens complémentaires
1. Examens radiographiques
Des radiographies des deux genoux, de face et de profil, doivent être réalisées en utilisant les
mêmes constantes pour les deux membres, de manière à pouvoir comparer les clichés de
façon optimale. Ces radiographies doivent être réalisées genou et jarret fléchis à environ 90°
de manière à mettre en évidence, sur la radiographie, une éventuelle subluxation tibiale
crâniale. Cette subluxation se manifeste sur la radiographie de profil par un décalage vers
l’avant de l’extrémité proximale du tibia par rapport à l’extrémité distale du fémur, en
comparaison avec un genou normal. (Fig. 30 et 31)
La radiographie offre l’autre avantage de mettre en évidence d’éventuelles lésions d’arthrose.
Notons que la présence d’arthrose sur le membre opposé au membre atteint, permet d’affirmer
60
l’existence d’une maladie articulaire touchant les deux genoux et d’établir un pronostic
défavorable quand à l’évolution du LCCr controlatéral.52
61
2. Ponction de liquide synovial
En cas de rupture totale ancienne, le liquide synovial contient moins de 5000 globules blancs
par μl. Ce chiffre n’est pas excessivement élevé et est compatible avec une hypothèse de
maladie dégénérative chronique de l’articulation. Dans le cas d’une rupture partielle récente,
le liquide synovial est en général plus riche en globules blancs.52
L’IRM offre une très bonne visualisation des éléments non calcifiés de l’articulation :
ligaments, cartilage articulaire, ménisques, capsule articulaire et vaisseaux sanguins.56 Le
LCCr sain apparaît comme une structure lisse bien définie, dont le signal est de faible
intensité.
Les lésions observables à l’IRM sont : les lésions méniscales, les ruptures ligamentaires, les
érosions du cartilage articulaire, les fragmentations ostéochondrales et les épanchements
synoviaux.56
Lors d’une rupture du LCCr, on observe une discontinuité du ligament, et son trajet normal
est perdu. Lors de lésions aiguës chez l’homme, un signal de haute densité apparaît dans le
ligament, correspondant à une zone d’hémorragie ou d’œdème.43
Les déchirures méniscales apparaissent chez l’homme comme des zones dont le signal est
d’intensité plus élevée que celui des zones saines.43
L’IRM est une technique sensible de détection des ruptures du LCCr, en particulier lorsque
celles-ci sont récentes. Cependant, elle donne une moins bonne image des structures calcifiées
qu’une radiographie, et est donc moins efficace pour la mise en évidence de lésions
d’arthrose. De plus cet examen nécessite une anesthésie générale de l’animal, et le coût de
l’examen est élevé.
4. Arthroscopie
L’examen arthroscopique du grasset se réalise sous anesthésie générale et doit respecter tous
les principes d’asepsie de la chirurgie orthopédique.41 Il consiste à introduire un arthroscope à
l’intérieur de l’articulation du grasset pour y visualiser les différentes structures.
L’exploration arthroscopique du grasset peut se réaliser par une approche parapatellaire
62
latérale ou médiale.41 Les cinq compartiments du grasset doivent être explorés
successivement : culs de sac péri et supra-patellaires, articulation fémoro-patellaire,
compartiment médial, fosse intercondylienne et compartiment latéral.41
Les lésions à rechercher sont : des lésions cartilagineuses (ex : fissure, souris articulaire…),
des lésions osseuses arthrosiques (présence d’ostéophytes sur les lèvres trochléaires, sur la
patelle, dans la fosse intercondylienne…), des lésions capsulaires (inflammation, déchirure,
perforation…), des lésions ligamentaires (distension, rupture partielle ou totale…), des lésions
méniscales (déchirures), des lésions tendineuses du muscle quadriceps et du ligament
patellaire (distension, hématome, fibrose, adhérences…).41
L’arthroscopie permet un diagnostic de certitude de lésion du LCCr. Si la lésion est
confirmée, un traitement chirurgical de la rupture peut être envisagé dans le même temps
anesthésique.
63
CHAPITRE IV : TRAITEMENT DE LA
RUPTURE DU LCCr PAR NIVELLEMENT
DU PLATEAU TIBIAL
36
Depuis 1952 , de nombreuses techniques chirurgicales de traitement des ruptures du LCCr
chez le chien ont été décrites. Il s’agit essentiellement de techniques de ligamentoplastie intra
ou extra-capsulaires. Ces techniques (ex : prothèse en fascia lata, over the top 52) consistent à
remplacer le ligament rompu par une prothèse biologique (ex : bande de fascia lata) ou
synthétique qui assurera la stabilisation crânio-caudale du genou, comme le faisait le LCCr
lorsqu’il était intègre. Le principal risque de ces techniques est le risque de rupture de la
prothèse avant l’obtention d’une stabilisation de l’articulation par un phénomène de fibrose
articulaire.52
Une alternative à ces techniques consiste à réduire la poussée tibiale crâniale en diminuant
chirurgicalement la pente du plateau tibial. Il ne s’agit plus ici de remplacer le LCCr rompu
mais de s’opposer à la force qui, lors de l’appui du membre atteint, provoque une avancée de
l’extrémité proximale du tibia par rapport à l’extrémité distale du fémur. Après l’intervention
chirurgicale, le mouvement de tiroir « direct » ne disparaît pas mais le test de compression
tibial qui mime la force s’exerçant sur l’articulation lors de l’appui, lui, disparaît.48
C’est Slocum et al. qui, les premiers, se sont penché sur cette nouvelle approche du traitement
chirurgical de la rupture du LCCr chez le chien.45
Il existe différentes techniques de nivellement du plateau tibial : deux techniques d’ostectomie
tibiale crâniale en coin13,45, une technique de d’ostéotomie circulaire, tibial plateau leveling
osteotomy (TPLO) proprement dite48, une technique d’ostectomie tibiale en chevron26, une
technique d’ostectomie tibiale proximale intra-articulaire29, et deux techniques d’ostéotomie
de nivellement avec stabilisation par fixateur externe26. Il existe également une technique
d’avancement de la crête tibiale qui reprend le principe des techniques de nivellement du
plateau tibial : éliminer la poussé tibiale crâniale.27
Avant de décrire ces chirurgies de nivellement du plateau tibial, il est impératif de mesurer
l’angle du plateau tibial pré-opératoire, afin de déterminer la correction à lui faire subir.
64
I. MESURE DE L’ANGLE DU PLATEAU TIBIAL
(APT)
a. Techniques de mesure
La mesure de l’APT se fait à partir d’une radiographie en incidence médio-latérale centrée sur
l’articulation du genou. Le tibia doit être maintenu parallèle au plan de capture (film
radiographique ou capteur numérique) ; les condyles, fémoraux d’une part, et tibiaux d’autre
part doivent être parfaitement superposés. La tubérosité intercondylaire doit être aisément
discernable dans l’espace interarticulaire. La radiographie doit également inclure l’articulation
du tarse.
1. Méthode conventionnelle
La pente du plateau tibial est représentée sur la radiographie par une ligne joignant les bords
crânial et caudal du condyle tibial médial. Ceux-ci sont identifiés respectivement par une nette
dénivellation du bord crânio-médial du condyle tibial médial, et par le bord caudal du condyle
tibial médial, zone d’insertion du LCCd.
L’axe fonctionnel du tibia est représenté par une ligne joignant le point situé à mi-distance
des deux tubérosités intercondylaires et le centre du talus.
L’APT est défini par l’angle formé par l’intersection de la ligne matérialisant le plateau tibial
et de la ligne perpendiculaire à l’axe fonctionnel du tibia.14 (Fig. 32)
65
Figure 32 : Détermination de l’AP
PT () par constructio
c n
u tibia. (D’aaprès 19)
sur une vuee latérale du
a : axe
a fonctionnel du tibiaa
b : liigne corresp
pondant au plateau tibbial
c : liigne perpen
ndiculaire à l’axe foncttionnel du tiibia
66
2. Méthode
M alternativve
b. Inttérêt de la
l mesurre pré-op
pératoirre de l’AP
PT
1. Mise
M en évidence
é d
d’un APT
T anormallement éleevé
La mesure de l’AP
PT permet d’abord dee savoir si le chien poossède un A
APT anorm
malement
élevé. L’APT
L moyyen est d’envviron 25° 144 mais sa vaaleur varie selon les raaces. Plus l’APT est
élevé, plus
p l’intenssité de la pooussée tibialle crâniale est
e grande et
e plus la tennsion exercée sur le
67
LCCr est forte. Le risque de rupture du LCCr est donc augmenté chez des chiens ayant un
APT élevé. Cela a été prouvé par une étude comparant l’APT moyen de chiens atteints d’une
rupture du LCCr et l’APT moyen de chiens sains.35 En cas de rupture du LCCr par un
phénomène dégénératif, la tension exercée sur ce ligament due à la poussée tibiale crâniale
pourrait constituer un facteur déterminant dans cette rupture.
Une étude a été réalisée sur les radiographies de genou de 40 chiens atteints de rupture du
LCCr, afin d’évaluer la variabilité des mesures de l’APT effectuées sur une même
68
radiographie par 11 lecteurs différents d’une part, et la variabilité des mesures effectuées par
le même lecteur à plusieurs semaines d’intervalle, sur la même radiographie, d’autre part.
Cette étude a mis en évidence une variation significative de 0,8° en moyenne pour les mesures
réalisées par des lecteurs différents sur une même radiographie. Elle a également mis en
évidence une variation de 1,5° en moyenne pour les mesures effectuées par un même lecteur,
sur la même radiographie à plusieurs semaines d’intervalle.19
Ainsi, il semble délicat d’espérer obtenir une mesure parfaitement exacte de l’APT pré-
opératoire à partir de radiographies du genou. Cette variabilité des mesures de l’APT est très
gênante puisque c’est l’APT pré-opératoire qui permet de calculer l’angle de rotation à faire
subir au plateau tibial lors de l’intervention.
Cette technique chirurgicale de nivellement du plateau tibial a été décrite et brevetée par
Slocum et al. en 1993.48 Elle est couramment appellée «TPLO», abréviation de : « Tibial
Plateau Leveling Osteotomy ».
La technique a pour objectif de réduire la pente du plateau tibial en pratiquant une ostéotomie
circulaire à l’aide d’une scie oscillante spécialement conçue pour cette intervention.
Pour l’opération, le chien est anesthésié, et préparé aseptiquement du métatarse jusqu’au tiers
proximal de la cuisse. Il est positionné en décubitus dorsal.
Une incision est pratiquée sur la partie crânio-médiale du membre, à partir de la patelle
jusqu’au tiers proximal du tibia. Une arthrotomie est ensuite réalisée par une incision para-
patellaire médiale. La patelle est luxée latéralement et l’articulation est explorée de manière à
confirmer le diagnostic de rupture et à exciser les fragments rompus du LCCr. A ce stade de
la chirurgie, il est également possible de réaliser une incision transversale de la corne
postérieure du ménisque médial caudalement au ligament collatéral médial : incision de
relâchement du ménisque médial ou « meniscal release ».48
Les insertions des muscles gracile et semi-tendineux, et le chef caudal du muscle sartorius
doivent être soulevés du tibia avec précaution de manière à préserver intacte l’attache distale
du ligament collatéral médial.8
69
L’ostéotomie du plateau
p tibiaal est réalissée à l’aide d’une sciee oscillante en cloche. La scie
oscillannte permet une ostéottomie cylinndrique du tibia proxximal. Des diamètres de scie
différennts sont dispponibles afi
fin de s’adappter à la taaille de l’éppiphyse tibiaale proximaale et de
l risque d’aavulsion dee la tubérosiité tibiale.50 Le plateau tibial est baasculé de manière
limiter le m à
obtenir l’angle d’innclinaison souhaité.
s C
Cinq m et al.49
degrés fut la valeur retenue par Slocum
L’imporrtance de laa rotation duu plateau tibbial est déteerminée par la mesure rradiographiique pré-
opératoiire de l’APT. Cet anglle peut être converti en
n une longuueur de cordde C qui déépend de
du rayoon R de la scie en clooche selon la
l formule : C = 2R (ssin [/2]), ooù est l’aangle en
14
degrés égal à l’AP
PT pré-péraatoire – l’A
APT post-péératoire. Si l’on déssire une AP
PT post-
opératoiire de 5°, allors, = AP
PT pré-opératoire – 5°. (Fig. 34)
Figure 34
3 : Calcul de l’APT post-opérato
p oire (TPA’) à partir de l’APT pré-oopératoire (TPA) et
R) de la sciee en cloche.. (D’après 114)
d rayon de courbure (R
du
A : avannt ostéotomiie
B : aprèès ostéotomiie
Lorsquee le plateau tibial est correctementt incliné, un
ne broche est
e temporaiirement imp
plantée à
partir dee la tubérossité tibiale, et
e la fixationn définitivee se fait à l’aaide d’une pplaque spécciale dite
à « tête cobra » fixée sur la facce médiale de part et d’autre
d de laa ligne d’osttéotomie à l’aide
l de
3 vis prooximales ett de 3 vis distales.48 (Fiig. 35 )
70
Les musscles gracile, semi-tenddineux et saartorius son
nt ensuite réinsérés crânnialement ap
près une
irrigatioon abondantte au sérum
m physiologgique. Les tiissus sous-ccutanés et lla peau sontt suturés
de façonn classique.48
Figure 35
3 : TPLO réalisée
r avec fixation d’une
d plaquee sur la facee médiale
d’un tibbia droit
IIII. TECHNIQU
UES D’OST
TECTO
OMIE TIBIIALE
CRA
ANIALE
E EN CO
OIN
71
A. Technique décrite par Slocum et al. en 1984 45
Cette technique a été la première technique de nivellement du plateau tibial décrite chez le
chien. Pour la première fois, la poussée tibiale crâniale a été prise en considération dans le
traitement de la rupture du LCCr.
Une incision médiale est réalisée du tiers distal du fémur jusqu'à la moitié du tibia. La patelle
est luxée latéralement. L’articulation est ouverte, explorée de manière à confirmer la rupture
du LCCr, et lavée. Les débris du LCCr rompu sont retirés. Les ménisques sont également
examinés, et les éventuelles lésions méniscales sont traitées.
Le tibia est ensuite préparé pour la réalisation d’une ostectomie sur son tiers proximal. Les
insertions des muscles gracile et semi-tendineux sont écartées de l’os. Un guide d’ostectomie
est ensuite fixé temporairement à l’os à l’aide de broches. Ce guide permet une localisation
précise des deux plans de coupe du coin d’ostectomie. Le coin à retirer se situe juste en
dessous de la crête tibiale, et la section concerne les corticales tibiales crâniale et caudale.
Une étude récente, réalisé sur des modèles d’os synthétiques parfaitement identiques, et
comparant 5 techniques différentes de nivellement du plateau tibial, a décrit une position
légèrement plus proximale du coin d’ostectomie, et des repères précis pour les plans de coupe
de l’os.26 Dans la technique décrite, le premier plan de coupe est perpendiculaire à l’axe
fonctionnel du tibia et passe par le point d’intersection d’une ligne perpendiculaire au plateau
tibial et passant par son milieu, et de l’axe anatomique du tibia (axe joignant le centre du talus
au bord crânial du plateau tibial). Le deuxième plan de coupe forme un angle de 24° par
rapport au premier car l’APT pré-opératoire des tibias utilisés dans cette étude est de 29°, et
que l’APT recherché est de 5°. L’intersection des deux plans de coupe se situe sur la face
caudale de l’os.26 (Fig. 36)
72
F
Figure oin. (D’aprèès 26)
36 : Ostectomiee tibiale crââniale en co
73
Le chien est placé en décubitus dorsal. Une incision crânio-latérale est réalisée du tiers distal
du fémur jusqu’à la moitié du tibia. La patelle est luxée médialement. Une arthrotomie
latérale et une inspection de l’articulation sont effectuées afin de confirmer la rupture du
LCCr. Les débris de LCCr sont retirés.
Une incision médiale est ensuite réalisée de manière à découvrir la face médiale de
l’extrémité proximale du tibia. Dans cette technique, les auteurs cherchent à obtenir un
plateau tibial perpendiculaire au ligament patellaire. L’angle du coin d’ostectomie nécessaire
pour créer une telle orientation du plateau tibial est calculé grâce aux radiographies pré-
opératoires. Dans cette étude, cet angle mesurait entre 12 et 15°.13
A l’aide d’un goniomètre chirurgical, le coin d’ostectomie est repéré sur la face médiale de
l’extrémité proximale du tibia, entre le site d’insertion du ligament tibio-patellaire, le bord
crânial du ménisque médial, et l’extrémité caudo-distale du ligament collatéral médial qui
constituera le point de rotation de l’extrémité proximale du tibia. Une scie oscillante permet
de réaliser les plans de coupe. Le coin d’ostectomie d’angle désiré est retiré. La corticale
tibiale caudale rattachant les parties distale et proximale du tibia est fragilisée par des petits
trous réalisées à l’aide d’une mèche de perceuse, et la bascule de la partie proximale du tibia
peut être effectuée. Le rapprochement des plans de section est faite à l’aide d’un davier à
pointes. La stabilisation définitive en vue de la cicatrisation est réalisée à l’aide de deux vis de
traction de longueur adaptée implantées crânio-caudalement. La vis distale est implantée la
première, légèrement caudo-latéralement par rapport à la crête tibiale. La vis proximale est
implantée dans un deuxième temps, dans une direction légèrement caudo-médiale par rapport
à la crête tibiale. (Fig. 37)
Après un lavage articulaire à l’aide d’un soluté isotonique, la capsule articulaire est suturée et
les fascias musculaires médial et latéral sont suturés l’un à l’autre en regard de la face crânial
du tibia et du genou de manière à renforcer davantage la stabilité crânio-caudale du genou.13
74
Figuure 37 : Osteectomie tibiiale crâniale en coin, « technique de Montavoon » (D’aprrès 13)
IV
V. TECHNIQU
UE D’OSTEC
CTOM
MIE TIIBIAL EN
CHE
EVRON
N (CWO
O)
26
Cette teechnique a été
é décrite par
p Hildrethh et al. en 2006.
2 Les auteurs l’oont dénomm
mé CWO
abréviattion de « chevron wedge
w osteootomy ». Elle
E est unne variationn de la teechnique
e coin déccrite par la même équiipe.26 L’intéérêt de réalliser une
d’ostecttomie tibialle crâniale en
ostectom
mie en cheevron, ou coin
c en « V », serait une meillleure stabilisation de la zone
d’ostecttomie par raapport à un coin classiqque.26 (Fig. 38)
75
3 : Ostectoomie tibialee en chevronn (D’après 26
Figure 38 2
)
V. TECHNIQU
UES D’OSTEO
OTOMIIE DE
NIVE
ELLEM
MENT AVEC
A STABIL
S LISATIION PA
AR
FIXA
ATEUR
R EXTE
ERNE
76
A. Hinged
H hybrid circular
c externall fixation EF) 26
n (HHCE
B. Wedge
W o
osteotom n (WOLF) 26
my linearr fixation
Cette autre
a méthoode d’ostéootomie de nivellement
n t fait intervvenir un m
modèle diffé
férent de
fixateurr externe. Il
I s’agit d’uun fixateurr externe lin
néaire à chharnière, im
mplanté surr la face
crânialee du tibia. L’ostéotomie
L e transversaale se pratiq
que ici au niiveau de la région distale de la
77
crête tibbiale. Le réglage de l’aangle d’ouvverture de la
l charnièree du fixateuur externe permet
p la
bascule en directioon crâniale de
d l’extrémiité proximaale du tibia, et l’obtentiion de l’AP
PT désiré
(5° danss cette étudee).26 (Fig. 40)
Figure 40 F) (d’après 26
4 : Wedge osteotomy linear fixattion (WOLF 2
)
VII. TECHNIQU
UE D’O
OSTECT
TOMIE
E TIBIA
ALE
PRO
OXIMAL
LE INT
TRA-AR
RTICULAIRE
E (PTIO
O)
78
arthrotoomie latéralle est effecttuée de maanière à exaaminer le ménisque
m médial et traiter ses
m
éventueelles lésionss, et à enleever les débris du LC
CA rompu. Le bourrellet graisseu
ux infra-
matiquemennt retiré.29
patellairre est systém
Les tisssus de la faace latérale du tibia soont ensuite disséqués
d p
plus caudaleement. Les muscles
tibial crrânial, sulcuus extensoruus, et le tenddon du muscle long exttenseur des doigts sontt écartés.
Une pettite incisionn est réaliséée sur le facsia du mu
uscle crural au dessus de la fibulaa, et une
ostéotom
mie de la fibbula est réalisée en preenant soin dee préserver le nerf fibuulaire comm
mun.
Le mem
mbre est ensuite positionné pour unn abord méd
dial du genoou. Une inciision cutanéée et une
dissectioon des tissus sous-cuutanés perm
mettent d’eexposer la face médiiale de l’eextrémité
proximaale du tibiaa et le ligam
ment collatééral médial. Un trou situé
s 0,5 à 1 cm distallement à
l’extrém
mité distale du ligamennt collatéral médial est percé et pluusieurs autres trous son
nt percés
dans la corticale tiibiale cauddale, de mannière à la fragiliser,
f d la même façon que dans la
de
p Damur et al.13 Un premier plan de couppe allant du premier tro
techniquue décrite par ou percé
jusqu’à la zone inntra-articulaaire la plus proximale du tibia (eenviron 1 ccm caudalement au
ligamennt tibio-pateellaire) est réalisé. Un deuxième
d plan de couppe, caudo-prroximal au premier,
est ensuite effectuué, en se servant d’’un patron de 5° d’aangle, afin d’obtenir le coin
d’ostecttomie d’anggle désiré (110 à 25° danns cette étud
de), dépenddant des messures de l’A
APT pré-
opératoiire. Le coinn d’ostectom
mie est ensuuite retiré et les deux abbouts osseuux sont rapp
prochés à
l’aide d’un davier à pointes. Une
U vis de trraction posiitionnée crâânio-caudaleement et lég
gèrement
disto-prroximalement, et une plaque
p à 6 trous, placéée en face médiale dee l’os, sont utilisées
pour staabiliser le siite d’ostectoomie. (Fig. 41
4 et 42 )
79
Figuree 42 : Radioographie latérale du geenou après PTIO (d’apprès 29)
VIII. TECHNIQU
UE D’A
AVANC
CEMEN
NT DE LA CR
RETE
TIBIIALE (T
TTA)
80
Après un
u abord méédial de la partie proximale du tib
bia, une osttéotomie dee la crête tib
biale est
réalisée à l’aide d’uune scie osccillante de façon
f à obteenir son avaancement. L
La crête tibiaale ne se
trouve rattachée
r auu massif ossseux que paar sa partie distale.
d Ellee est fixée ddans cette po
osition à
l’aide d’une
d plaquee spéciale enn face médiiale. Une piièce en titanne, égalemeent appelée cage,
c est
ensuite placée entrre la crête tibiale
t et la massif ossseux et com
mble en parttie l’espace entre la
crête tibbiale et le massif
m tibial proximal. (Fig. 43)
L’avanccement de la crête tibbiale permeet un avanccement du ligament tibio-patellaaire dont
l’insertiion distale se
s situe surr la crête tibbial. La nou
uvelle posittion de ce ligament asssure une
tractionn caudo-proxximale de laa crête tibiaale par l’inteermédiaire du muscle qquadriceps fémoral.
Cette traaction s’opppose à la pooussé tibialee crâniale.
81
VIIII. TR
RAITEM
MENT DES LESION
NS DU M
MENIS
SQUE
MED
DIAL
82
Figure 45 : Incisiion de relââchement duu ménisquee médial (A
A). Cette inncision asssure une
ment de tiroiir (B) (d’après 52)
protectiion de la corne postérieeure en cas de mouvem
IX
X. SOIN
NS ET SUIVI
S P
POST-O
OPERA
ATOIRE
E
83
X. RESULTATS OBTENUS PAR LES
DIFFERENTES TECHNIQUES ET
COMPLICATIONS
A. Résultats obtenus
Selon Slocum et al., le critère principal d’évaluation de la réussite du traitement est la reprise
d’une activité normale pour le chien, c'est-à-dire pouvoir pratiquer la même activité qu’avant
la rupture du LCCr, quelques semaines après l’intervention. Par exemple, un chien de chasse
pourra de nouveau chasser, un chien d’exposition pourra de nouveau participer à des concours
sans être sanctionné pour boiterie.48
Il est généralement constaté que le chien repose le postérieur opéré dans les deux semaines
suivant l’intervention, et que la boiterie s’améliore rapidement dans les deux mois
suivants.48,52
Un autre critère de réussite de l’intervention est l’absence de progression ou la progression
minimale d’arthrose sur le genou opéré.48
Dans l’étude initiale publiée en 1993, Slocum et al. ont évalué, régulièrement après
l’opération, la fonction du genou et l’activité du chien. Ils ont considéré le résultat excellent
dans 73 % des cas, bon dans 21 % des cas, et assez bon dans 3 % des cas. Ils ont estimé que le
traitement était un échec dans 2 % des cas.48
Ces données sont évidemment subjectives, mais semblent une bonne estimation de la qualité
du traitement.
84
b. Cranial closed wedge osteotomy (CCWO)
L’étude a été réalisée sur 19 genoux de 19 chiens atteints de rupture du LCCr. 6 semaines
après l’opération, 10 des 19 chiens (52,6 %) prenait déjà appui sur leur membre opéré et
marchaient sans inconfort notable. Six mois après l’opération, 11 des 14 chiens (78,6 %)
revus en consultation avaient retrouvé une fonction du genou complètement normale. De plus,
aucune progression de l’arthrose n’était visible sur les radiographies. Les 3 chiens restants
avaient une activité quasiment normale, mais une gène était cependant constatée sur le genou
opéré. Douze mois après l’opération, les 9 chiens revus en consultation (100 %) avait
récupéré une activité normale, et 23 mois après l’opération, le seul chien revu en consultation
avait récupéré une activité normale.45
Compte tenu du faible nombre de cas inclus dans cette étude et de la subjectivité des critères
d’évaluation de l’activité « normale » du chien, ces résultats sont à interpréter avec
précaution. Néanmoins, ils étaient très intéressants pour l’époque, et ont permis à de
nombreux chirurgiens de se lancer dans cette nouvelle voie de traitement de la rupture du
LCCr.
L’étude porte sur 100 genoux de chiens atteints de rupture partielle ou totale du LCCr,
unilatérale ou bilatérale du LCCr.13
Quatre mois après l’opération, 75 des 87 chiens (86,2 %) atteints de rupture complète du
LCCr sur l’un de leurs genoux avaient récupéré une démarche normale au pas comme au trot.
Douze chiens sur 87 (13,8 %) boitaient légèrement ou modérément. Les 18 chiens atteints de
rupture partielle du LCCr, quant à eux, n’ont pas montré de boiterie 4 mois après l’opération.
Ils n’ont présenté ni signes de rupture complète du LCCr, ni signes de lésions méniscales
consécutives à la lésion du LCCr.13
Dans 100 % des cas, les radiographies ont montré une cicatrisation complète du site
d’ostectomie sur le tibia, 4 mois après l’opération.13
85
c. Proximal tibial intaarticular osteotomy (PTIO) 29
Cette technique a été décrite sur 60 genoux de 52 chiens. Les chiens ont été évalués 6
semaines, 6 mois et 12 mois après l’intervention.29
Six semaines après la chirurgie, 97 % des chiens avaient encore une douleur de leur genou
opéré, et un œdème de l’articulation était présent dans 92 % des cas.29
Six mois après la chirurgie, 95 % des chiens ont pu être réévalués. Seulement 5 % des genoux
étaient alors douloureux et 5 % avaient un test de compression tibial positif. Le circonférence
de la cuisse des animaux opérés a significativement augmenté 6 mois après l’intervention,
signant une augmentation de la masse musculaire du postérieur opéré. En revanche, une
augmentation faible, mais tout de même significative, de l’arthrose a pu être notée, 6 mois
après l’intervention.29
Douze mois après la chirurgie, 97 % des chiens (58 genoux) ont été évalués. Une boiterie
sévère a été notée chez un chien (arthrite non septique du genou traitée par des anti-
inflammatoires non stéroïdiens). Une boiterie intermittente a été notée chez un chien, causée
par une déformation du membre en valgus due à une mauvaise réduction de l’ostectomie lors
de la chirurgie. Une boiterie de faible intensité a été notée chez 4 autres chiens, mais dans 3
cas, elle était due à une affection du membre postérieur sans rapport avec la rupture de LCCr.
Tous les autres chiens (91 %) ne manifestaient pas de boiterie 12 mois après l’opération. En
revanche, des radiographies ont mis en évidence une augmentation significative des lésions
d’arthrose entre le temps pré-opératoire et 12 mois après l’opération, et entre 6 mois et 12
mois après l’opération.29
Douze mois après l’intervention, un questionnaire a été remis aux propriétaires des animaux
opérés et a révélé que 90 % d’entre eux étaient extrêmement satisfaits ou très satisfaits de la
PTIO, et que 93 % d’entre eux seraient d’accord pour tenter de nouveau l’opération sur un
autre chien atteint de rupture du LCCr.29
86
3. Comparaison de la TPLO avec une technique de stabilisation
extracapsulaire pour le traitement de la rupture du LCCr
Une étude a comparé l’évolution arthrosique de grands chiens (> 22,7 kg) atteints de
rupture du LCCr, opérés soit par TPLO, soit par stabilisation extracapsulaire utilisant une
suture stabilisatrice en fil de nylon placée entre l’os sésamoïdien supra-condylaire latéral
et la crête tibiale. Elle montre qu’un chien ayant une forte évolution arthrosique du genou
après l’opération, a 5,8 fois plus de chance d’avoir été opéré par suture extra-capsulaire
que par TPLO.32
Cette étude est en faveur de l’avantage des techniques de traitement des ruptures du LCCr
par nivellement du plateau tibial, par rapport à des techniques, plus classiques, de
stabilisation crânio-caudale du genou, chez le grand chien.
B. Complications
a. Risque infectieux
87
b. Mauvais placement des vis de fixation
Toutes les techniques décrites utilisent des vis pour la fixation de plaques 29,44,45,48 ou des vis
de traction.13,29
L’utilisation de vis trop longues, ou implantées dans une direction inadéquate peut aboutir au
placement de l’extrémité de la vis à l’intérieur de la cavité articulaire, ceci pouvant engendrer
des conséquences graves sur les mouvements articulaires.52
C’est essentiellement l’expérience et la dextérité du chirurgien qui permet d’éviter ce type de
complication.
Toutes les techniques décrites à ce jour sont fondées sur une mesure pré-opératoire de l’APT.
Cette mesure permet de déterminer l’angle de rotation à faire subir au plateau tibial lors de
l’opération, afin d’obtenir l’APT post-opératoire désiré. Si cette mesure est fausse, on ne peut
obtenir l’APT post-opératoire prévu.52
Si on sous-estime l’APT pré-opératoire, on risque d’aboutir à une pente tibiale sous-corrigée
et à un plateau tibial encore trop pentu. Il subsiste alors une poussée tibiale crâniale et une
instabilié crânio-caudale du genou.52 Si on le surestime, on risque d’aboutir à une pente tibiale
sur-corrigée.52 Dans ce cas, il semblerait qu’il existe des risques de mise en tension excessive
du LCCd et donc un risque de rupture du LCCd.54
En 2006 une étude recense les complications associées à 696 TPLO réalisées entre 2001 et
2003 sur une période de 30 mois par des chirurgiens habitués à cette intervention. Les types
de complications ont été classées en complications per-opératoires, complications à court
terme et complications à long terme.50 (Fig. 47)
88
i. Complications per-opératoires
Ces complications n’ont concerné que 7 chiens sur 696 (1 %). Il s’agissait d’hémorragies, de
fracture osseuse en éclat, de fracture de la tête fibulaire et de rupture d’implant (vis cassée).50
Il s’agit des complications se produisant dans les 14 jours suivant l’opération. Elles ont
concerné 65 chiens sur 696 (9,3 %). Il s’agissait d’œdèmes ou d’ecchymoses au niveau du site
opératoire, de retraits prématurés des agrafes par le chien, d’inflammations de la ligne
d’incision, de fracture tibiale et d’épaississement de la capsule articulaire.50
Il s’agit des complications se produisant entre 15 jours et 30 mois après l’intervention. Elles
ont concerné 59 chiens sur 696 (8,5 %). Il s’agissait de fractures de la crête tibiale,
d’épaississements du tendon patellaire, de complications sur les implants (débricolage de vis),
de fractures fibulaires et de fractures tibiales.50
Dans ces complications à long terme, nous notons l’importante représentation des fractures de
la crête tibiale (28 chiens = 4 %). Cette complication est survenue entre 2 et 6 semaines après
l’opération alors que les chiens reprenaient appui sur leur membre opéré. Elle se manifestait
par une reprise soudaine d’une boiterie franche. Les fractures de la crête tibiale sont visibles
radiologiquement. (Fig. 46) Cette complication est liée à la technique employée. Après
l’ostéotomie circulaire, la crête tibiale n’est plus fixée à l’os comme elle l’était auparavant.
Elle ne représente plus qu’une bande d’os plus ou moins fine, qui n’est stabilisée que par sa
partie distale (dans le prolongement de l’os tibial), et proximalement par le ligament tibio-
patellaire. Nous comprenons qu’elle soit fragilisée et que la mise en charge du corps puisse
provoquer sa fracture.
89
Figure 46 : Fracture dee la crête tibbiale après TPLO (flècche blanche)) (d’après 50)
F
90
COMPLICATIONS A COMPLICATION A
COMPLICATIONS
COURT TERME LONG TERME
PER-OPERATOIRES
(< 14 jours) (entre 15 jours et 30 mois)
Oedème ou ecchymose au
Hémorragie Fracture de la crête tibiale
niveau du site opératoire
n = 4 (<1 %) n = 28 (4 %)
n = 43 (6 %)
Retrait prématuré des Epaississemnt du tendon
Fracture en éclat
agrafes par le chien patellaire
n = 1 (< 1 %)
n = 13 (2 %) n = 19 (3 %)
Complication au niveau des
Rupture d’implant (vis Inflammation de la ligne
implants (desinsertion de
cassée) d’incision
vis)
n = 1 (< 1 %) n = 7 (1 %)
n = 6 (1 %)
Fracture fibulaire
Fracture de la tête fibulaire Fracture tibiale
n = 4 (< 1 %)
N = 1 (< 1 %) n = 1 (< 1 %)
Epaississement de la
Fracture tibiale
capsule articulaire
n = 2 (< 1 %)
n = 1 (< 1 %)
Figure 47 : Complications rencontrées chez 696 chiens ayant subit une TPLO (d’après 50)
Dans leur étude sur cette première technique de nivellement du plateau tibial, réalisée sur 19
genoux, Slocum et al. ont observé, à l’examen réalisé 6 semaines après l’opération, une
fracture du tibia au niveau du trou de la vis la plus distale, et 3 débricolages de vis proximale
sur 3 genoux. Ces 4 complications ont chacune nécessité une nouvelle intervention.
Ce sont les seules complications décrites dans cette étude.45
91
ii. Technique décrite par Damur et al. en 2003 13
Dans cette étude, les auteurs ont également classé les complications en complications per-
opératoires, complications à court terme (quelques jours suivant la chirurgie), et
complications tardives (6 semaines après la chirurgie).13
a. Complications per-opératoires
Elles sont survenues dans 19 cas sur 100. Elles ont consisté en : des positionnements du tibia
en valgus dus à une mauvaise réduction de l’ostectomie (12 cas sur 100), des placements
intra-articulaires de vis (2 cas sur 100), une lésions de l’artère poplitée (1 cas sur 100), une
lésion de l’artère tibiale (1 cas sur 100) , une lésion du nerf fibulaire superficiel (1 cas sur
100), et des lésions du tendon du muscle long extenseur des doigts (2 cas sur 100).13
Ce nombre de complications per-chirurgicales est élevé (19 %) mais un grand nombre de ces
complications auraient pu être évité grâce à une meilleure expérience de la technique. De
plus, certaines de ces complications, comme les lésions artérielles, sont mineures et
facilement traitées lors de l’intervention.13
Deux chiens sur 100 ont eu une fracture de l’extrémité du tibia. Dans l’un de ces cas, des
radiographies ont permis de diagnostiquer une lésion d’ostéomyélite. Ces deux chiens ont dû
subir une nouvelle intervention pour le traitement de la fracture. Le chien atteint
d’ostéomyélite a également reçu un traitement antibiotique à base de clindamycine.13 Dans les
deux cas, le traitement de la complication a été efficace.13
c. complications tardives
92
Les chiens atteints de lésion méniscale ont subi une nouvelle intervention pour le traitement
de cette lésion. Les chiens atteints de fibrose autour du tendon du muscle long extenseur des
doigts ont également subi une nouvelle intervention afin d’éliminer les adhérences.13
Dans l’étude de Jerram et al., les complications ont été classéee en complications per-
opératoires et en complications post-opératoires.29
i. Complications per-opératoires
Durant cette étude, 9 complications per-opératoires se sont produites sur 8 genoux (13 %).
Il s’est s’agi de coupures partielles du tendon du muscle long extenseur des doigts lors de la
réalisation de l’ostéotomie, de placement intra-articulaire de la vis proximale de fixation de la
plaque, de luxation patellaire médiale, de placement incorrect de la plaque, et de mauvais
alignement osseux (valgus) après réduction du coin d’ostectomie.29
Toutes ces complications ont été traitées lors de la chirurgie sauf le mauvais alignement du
tibia qui a fait l’objet d’une tentative de correction mais qui s’est soldée par un échec, le
valgus étant toujours présent et visible sur les radiographies post-opératoires.29
93
d. Tibial tuberosity advancement (TTA)
Sur les 65 genoux sur lesquels a été pratiquée l’opération, 27 ont présenté des
complications.27 La majorité d’entre elles étaient mineures. Les complications ont été classées
en intra-opératoires, peri-opératoires (quelques heures ou jours suivant la chirurgie) , post-
opératoires précoces, et post-opératoires à court terme (< 2 semaines), et post-opératoires à
long terme (> 2 semaines).27
i. Complications intra-opératoires
Elles ont été rapportées chez 2 chiens. Il s’est s’agi d’une section du tendon long extenseur
des doigts et d’un placement de vis intra-articulaires. Ces deux complications n’ont pas été
traitées et il ne semble pas qu’elles aient eu de conséquence à long terme.27
Ces complications étaient en général plus graves. Il s’agissait le plus fréquemment de douleur
articulaire (10,5 % des cas) et de lésion du ménisque médial (5,3 % des cas). La complication
la plus sévère a été une rupture de la crête tibiale avec destruction de l’implant placé entre la
crête tibiale et le massif tibial proximal, 6 semaines après l’opération, sur un cas. Le
propriétaire a indiqué ne pas avoir bien contrôlé l’activité de son chien dans les semaines
suivant l’intervention.27
94
Les résultats des différentes techniques de nivellement du plateau tibial ou d’avancement de la
crête tibiale sont bons.
Les différents critères de qualité d’une technique chirurgicale pour la correction de l’APT sont
les suivants : la technique doit permettre de corriger efficacement et durablement les
symptômes. Elle doit être sure (associée à un nombre faible de complications), et facilement
et rapidement réalisable par le chirurgien.
48
La technique de TPLO décrite par Slocum et al. en 1993 nécessite un matériel très
spécifique et coûteux. L’achat de ce matériel induit un coût élevé à cette intervention. Une
technique ne nécessitant aucun matériel spécifique hormis une scie oscillante, et assurant les
mêmes résultats cliniques serait une alternative intéressante.
Nous avons pu constater que les résultats obtenus par la technique décrite par Damur et al. en
2003 étaient très intéressants, et que cette technique ne nécessitait pas de matériel spécifique
hormis une scie oscillante et un goniomètre chirurgical. Nous avons également constaté qu’un
grand nombre des complications per-chirurgicales décrites dans l’étude auraient pu être
évitées par une meilleure pratique de la technique. Un des points faibles de cette technique est
l’obligation pour le chirurgien d’effectuer des mesures pré-opératoire et per-opératoires afin
de réaliser la bonne rotation du plateau tibial ce qui peut se révéler fastidieux et peu précis.
Une technique mettant en évidence des repères anatomiques précis et détectables, lors de
l’intervention, du coin d’ostectomie, et permettant de s’abstenir de mesures pré-opératoires et
per-opératoires, tout en assurant l’obtention d’un APT post-chirurgical inclus dans un
intervalle de valeurs compatibles avec une récupération fonctionnelle pourrait donc se révéler
intéressante.
95
PARTIE II :
96
I. INTRODUCTION
La rupture du ligament croisé crânial (LCCr) est l’affection du genou la plus fréquente chez le
chien.52 De nombreuses techniques de traitement chirurgical de cette affection ont été
proposées depuis plusieurs décennies.52 Les techniques traditionnelles de traitement ont pour
objectif de rétablir la stabilité antéro-postérieure du genou par l’utilisation, pour remplacer le
ligament croisé crânial déficient, de matériaux synthétiques ou biologiques placés en position
intra ou extra-articulaires.52 En dépit de résultats satisfaisants, il est reconnu que ces méthodes
traditionnelles n’offrent pas constamment un résultat optimal à long terme défini comme le
maintien de la stabilité antéro-postérieure du genou, la limitation de l’évolution vers l’arthrose
et la prévention des lésions méniscales.31,32
Il y a une vingtaine d’années, un nouveau concept de traitement a été imaginé visant à
éliminer l’instabilité tibiale crâniale du genou lors de l’appui du chien par diminution de
l’angle du plateau tibial (APT) ou pente du plateau tibial. 44,45,48 En diminuant l’APT par des
techniques de nivellement du plateau tibial, la force exercée sur le tibia lors de l’appui ou
poussée tibiale crâniale, et contre laquelle lutte le LCCr est elle-même diminuée. Le LCCr
14,45,48
devient alors inutile et la stabilité antéro-postérieure du genou est rétablie. Il est
couramment reconnu que l’APT post-opératoire lors de ces techniques de nivellement du
plateau tibial doit se situer entre 0 et 5°.14,48 Toutefois, l’intervalle de valeurs optimales de
l’APT permettant une récupération fonctionnelle reste à préciser et dans une étude, un APT de
6,5° ±0,9° a été jugé suffisant pour éliminer la poussée tibial crâniale.54 Une étude clinique
rétrospective a montré que l’obtention d’APT négatifs (jusqu’à -7°) était associée à des
résultats excellents, c'est-à-dire compatible avec une récupération fonctionnelle à long terme
de l’animal.38
Dans toutes les techniques de nivellement du plateau tibial décrites à ce jours, il est
nécessaire, pour obtenir l’APT post-opératoire désiré, de connaître l’APT pré-opératoire (par
sa mesure sur une radiographie du tibia de profil) et de mesurer, pendant l’opération, l’angle
de rotation à faire subir au plateau tibial.13,26,29,45,48 Ces mesures sont fastidieuses et peu
précises.12,19
L’objectif de cette étude est de montrer que l’utilisation de repères anatomiques facilement
identifiables sur la face médiale de l’extrémité proximale du tibia lors d’une opération de
nivellement du plateau tibial par ostectomie tibiale proximale crâniale en coin, permet la
réalisation d’un coin d’ostectomie dont l’extraction permet une rotation du plateau tibial telle
97
que l’APT post-opératoire ait une valeur compatible avec une récupération fonctionnelle de
l’animal. Cette technique a été mise en place par le Dr P.R. Haudiquet, DMV, Diplomate
ECVS.
A. Population étudiée
Douze membres postérieurs de 6 chiens de races, d’âge et de poids variés décédés pour des
raisons indépendantes de cette étude, ont été inclus avec l’accord de leurs propriétaires. (Fig.
57)
B. Procédure
1. Radiographies pré-opératoires
Les 12 genoux des 6 chiens inclus dans l’étude ont été radiographiés de face et de profil avant
la dissection, le tibia étant inclus dans la radiographie en totalité et le genou étant le point
situé le plus à la verticale de la source de rayons. (Fig. 48 et 49)
98
Figure 48 : Radiographie médio-latérale Figure 49 : Radiographie caudo-
pré-opératoire crâniale pré-opératoire
99
2. Implantation de billes de plomb
Une voie d’abord crânio-médiale des genoux étudiés a été réalisée afin de mettre en évidence
les repères anatomiques destinés à la réalisation des plans de coupe. (Fig. 51-a)
Ces repères sont :
- le point disto-médial d’insertion du ligament tibio-patellaire
- le point crânio-médial d’insertion de la membrane synoviale articulaire
- le point crânio-distal d’insertion du ligament collatéral médial
- le point caudo-distal d’insertion du ligament collatéral médial.
Des billes de plomb de 2 mm de diamètre ont été implantées dans un petit trou percé au
préalable dans l’os, précisément à l’endroit de ces 4 repères anatomiques. (Fig. 50 et 51-b)
Figure 50 : Vue crânio-médial d'un genou droit montrant l'emplacement des 4 points de
repère et les localisations des plans d’ostéotomie (traits pointillés)
100
3. Radiographies pré-opératoires après implantation des billes de
plomb
Chaque genou ainsi préparé a été radiographié de profil, le tibia étant inclus dans la
radiographie en totalité et le genou étant le point situé le plus à la verticale de la source de
rayons. Les billes de plomb apparaissent nettement sur les clichés radiographiques et
matérialisent les 4 repères anatomiques cités précédemment. (Fig. 52)
L’ostectomie a été effectuée en se servant des mêmes repères anatomiques. Les plans de
coupes ont été réalisés avec une scie oscillante (Aesculap®, GB 129 Small sagittal saw).
Un premier plan de coupe est réalisé entre le point disto-médial d’insertion du ligament tibio-
patellaire et le point crânio-distal d’insertion du ligament collatéral médial. (Fig. 51-c) Un
deuxième plan de coupe est réalisé entre le point crânio-médial d’insertion de la membrane
synoviale articulaire et le point crânio-distal d’insertion du ligament collatéral médial. (Fig.
51-d) Ces deux premiers plans de coupe déterminent le coin d’ostectomie. (Fig. 51-e) Un
troisième plan de coupe est réalisé à partir du point caudo-distal d’insertion du ligament
collatéral médial en direction caudale et perpendiculaire à l’axe du fut tibial, et sectionne la
corticale tibiale caudale. (Fig. 51-j)
Après exérèse du coin d’ostectomie (Fig. 51-f, 51-g, 51-h et 51-i), les deux premiers plans de
coupe sont accolés à l’aide d’un davier. (Fig. 51-k, 51-l, 51-m et 51-n) Il se produit alors une
bascule du massif tibial crânial induisant une diminution de l’APT. Cette bascule a pour axe
de rotation un point situé entre les points crânio-distal et caudo-distal d’insertion du ligament
collatéral médial. (Fig. 51-n) Dans la majorité des cas, il est possible de préserver un pont
osseux entre le point crânio-distal d’insertion du ligament collatéral médial et le point d’axe
de rotation.
Une vis de traction, implantée caudo-proximalement dans le massif tibial crânial, assure
l’apposition et la fixation des deux plans de coupe l’un à l’autre. (Fig. 51-o, 51-p, 51-q, 51-r)
101
Figure 51 : étapes de la procédure d’ostectomie tibiale crâniale en coin
Fig. 51-a. Découverte de la face médiale de Fig. 51-b. Mise en place des billes de plomb : point disto- médial
l'extrémité proximale du tibia. Mise en évidence du de l’insertion du ligament tibio-patellaire, point d’insertion
crânio-médial de la synoviale articulaire, point crânio-distal
ligament collatéral médial d’insertion du ligament collatéral médial, point caudo-distal
d’insertion du ligament collatéral médial. Des radiographies de
profil sont réalisées après cette procédure.
102
Fig. 51-e. Deux premières Ostéotomies réalisées Fig 51-f. Préhension du coin d'ostectomie à l’aide
d’un davier
Fig. 51-g. Extraction du coin d'ostectomie (1) Fig. 51-h. Extraction du coin d'ostectomie (2)
103
Fig. 51-i Coin d'ostectomie retiré Fig. 51-j. Ostéotomie de la corticale caudal
perpendiculairement à l’axe osseux
Fig. 51-k. Rapprochement des abouts osseux (1) Fig. 51-l. Rapprochement des abouts osseux (2)
104
Fig. 51-m. Rapprochement des abouts osseux (3) Fig. 51-n. Fin du rapprochement des abouts osseux.
Plateau tibial basculé
Fig. 51-o. Forage et taraudage du massif tibial Fig. 51-p. Mise en place d'une vis de traction dans
crânial en direction caudo-proximale le massif tibial crânial prenant les 2 abouts osseux
(1)
105
Fig. 51-q. Mise en place d'une vis de traction (2) Fig. 51-r. Mise en place d'une vis de traction
dans le massif tibial cranial (3). Vis en place
106
5 Radioggraphies post-opérratoires
5.
.
Figure 52
5 : Radioggraphie pré--opératoire Figurre 53 : Radioographie po
ost-
faisant apparaître
a les 4 billes de plomb opérattoire. Vis dee traction en
n
en placee (radiograpphie Ph. Haaudiquet) place (radiograph
( hie Ph. Hau
udiquet)
107
6. Mesures de l’APT avant et après opération
Toutes les mesures d’APT, ont été réalisées par la méthode conventionnelle de mesure.14 Afin
de ne pas laisser de traces des traits de construction sur le film radiographique, nous nous
sommes servis de papier calque (papier calque Canson® 80 g/m²) collé à la surface du film
radiographique à l’aide de ruban adhésif) comme support pour la réalisation des traits de
construction. La mine utilisée pour les constructions était en carbone, de type HB et d’un
diamètre de 0,5 mm.
L’APT pré-opératoire a été mesuré, pour chaque tibia, sur la radiographie de profil pré-
opératoire sans bille de plomb. (Fig.54) Cette mesure a été effectuée à 3 reprises, à plus d’une
semaine d’intervalle, par 3 lecteurs différents (M. Dhumeaux, Ph. Haudiquet [DMV, diplomé
ECVS] et Ph. Rochereau [DMV, résident ECVS]), tous habitués à la mesure d’APT. Au total,
9 mesures de chaque APT pré-opératoire ont été effectuées. (Fig. 58)
108
Figure 54 : Traits de construction sur papier calque (Canson® 80 g/m²), collé à la surface du
film radiographique permettant le mesure de l’APT pré-opératoire (radiographie Ph.
Haudiquet)
109
b. Mesure de l’APT post-opératoire
L’APT post-opératoire est mesuré pour chaque tibia, sur la radiographie de profil post-
opératoire. (Fig. 55) Cette mesure a été effectuée à 3 reprises, à plus d’une semaine
d’intervalle, par les 3 mêmes lecteurs. Au total, 9 mesures de chaque APT post-opératoire ont
été effectuées. (Fig.58)
Figure 55 : Traits de construction sur papier calque (Canson® 80 g/m²), collé à la surface
du film radiographique permettant le mesure de l’APT post-opératoire (radiographie Ph.
Haudiquet)
110
c. Mesure de l’angle de bascule théorique
En plus de la mesure des APT pré et post-opératoires, il a été fait, sur les radiographies pré-
opératoires après implantation des billes de plomb, à 3 reprises par les 3 mêmes lecteurs, une
mesure de l’angle formé par les 3 billes les plus crâniales, en prenant comme repères les
centres des billes. (Fig. 56) Nous avons appelé cet angle : angle de bascule théorique (ABT).
Au total 9 mesures de chaque ABT ont été effectuées. (Fig. 61)
Figure 56 : Traits de construction sur papier calque (Canson® 80 g/m²), collé à la surface
du film radiographique permettant le mesure de l’ABT (radiographie Ph. Haudiquet)
111
7. Analyses statistiques
a. Population étudiée
La moyenne et écart-type des âges et des poids des chiens inclus dans l’étude ont été calculés.
Les moyennes générales et écarts-type des valeurs mesurées (APT pré-opératoire, APT post-
opératoire, ABT et APT préopératoire – APT post-opératoire) ont été calculés. De même, les
moyennes et écarts-type de ces mêmes valeurs ont été calculées pour chacun des 3 lecteurs.
Un coefficient de corrélation (r) a été calculé entre les valeurs d’APT pré-opératoires et post-
opératoires pour les moyennes générales et pour les moyennes obtenues pour chacun des 3
lecteurs.
112
III. RESULTATS
a. Population étudiée
Les chiens inclus dans notre étude pesaient entre 14,5 et 42,0 kg (moyenne ± écart-type : 28,3
±8,9 kg), et étaient âgés de 1 an à 13 ans (moyenne ± écart-type : 5,7 ± 4,5 ans). (Fig. 57)
Figure 57 : Répartition des âges, poids, sexe et race des animaux étudiés
La moyenne totale des APT pré-opératoires de l’étude est de 23,48° ±2,54° (extrêmes : 20,56°
- 27,67°) et la moyenne des APT post-opératoires est de 2,73° ±3,60° (extrêmes : -4,11° -
7,50°). (Fig. 55 et 56) Le coefficient de corrélation (r) entre les 2 séries de mesures est de
0,575 (à la limite de la significativité). (Fig. 57)
Pour le premier lecteur (M. Dhumeaux), la moyenne des APT pré-opératoires est de 23,14°
±2,48° (extrêmes : 19,67° - 27,00°) et la moyenne des APT post-opératoires est de 2,54°
±4,02° (extrêmes: -6,33° - 7,33°). Le coefficient de corrélation entre les 2 séries de mesures
est de -0,026 (non significatif).
113
Pour le deuxième lecteur (Ph. Haudiquet), la moyenne des APT pré-opératoires est de 23,44°
±2,28° (extrêmes : 20,17° - 27,83°) et la moyenne des APT post-opératoires est de 2,28°
±3,38° (extrêmes : -3,83° - 6,67°). Le coefficient de corrélation entre les 2 séries de mesures
est de 0,595 (p < 0,05).
Pour le troisième lecteur (Ph. Rochereau), la moyenne des APT pré-opératoires est de 23,85°
±2,54° (extrêmes: 21,00° - 28,17°) et la moyenne des APT post-opératoires est de 3,38°
±3,68° (extrêmes: -3,33° - 7,17°). Le coefficient de corrélation entre les 2 séries de mesures
est de 0,652 (p < 0,05).
114
30
25 cas1D
cas1G
20
cas2D
cas2G
15
APT(endegrés)
cas3D
cas3G
10
cas4D
cas4G
5
cas5D
cas5G
0
cas6D
5 cas6G
APTpréopératoires APTpostopératoires
10
30
25
APTpréopératoire(endegrés)
20
15
10
0
6 4 2 0 2 4 6 8 10
APTpostopératoire(endegrés)
115
La moyenne générale des ABT dans l’étude est de 26,60° ±3,30° (extrêmes : 21,22° - 31,39°).
(Fig. 58)
Pour le premier lecteur, la moyenne des ABT est de 26,60° ±3,44° (extrêmes : 21,50° -
31,67°).
Pour le deuxième lecteur, la moyenne des ABT est de 26,50° ±3,41° (extrêmes : 21,00° -
31,33°).
Pour le troisième lecteur, la moyenne des ABT est de 26,71° ±3,34° (extrêmes : 21,17° -
31,17°).
La moyenne générale des mesures de la différence entre l’APT pré-opératoire et l’APT post-
opératoire, dans l’étude est de 20,80° ±3,13° (extrêmes : 15,83° - 26,11°). (Fig. 61)
Pour le premier lecteur, la moyenne des mesures de la différence entre l’APT pré-opératoire et
l’APT post-opératoire est de 20,60° ±3,74° (extrêmes : 13,67° - 26,67°).
Pour le deuxième lecteur, la moyenne des mesures de la différence entre l’APT pré-opératoire
et l’APT post-opératoire est de 21,32° ±3,26° (extrêmes : 17,17° - 27,17°).
Pour le troisième lecteur, la moyenne des mesures de la différence entre l’APT pré-opératoire
et l’APT post-opératoire est de 20,47° ±2,96° (extrêmes : 16,17° - 25,17°).
116
APT Pré-opératoire -
ABT cas 1 D 24,39° 22,78°
APT Post-opératoire cas 1 D
APT Pré-opératoire -
ABT cas 1 G 30,17° 22,56°
APT Post-opératoire cas 1 G
APT Pré-opératoire -
ABT cas 2 D 31,39° 26,11°
APT Post-opératoire cas 2 D
APT Pré-opératoire -
ABT cas 2 G 28,89° 25,50°
APT Post-opératoire cas 2 G
APT Pré-opératoire -
ABT cas 3 D 22,56° 17,44°
APT Post-opératoire cas 3 D
APT Pré-opératoire -
ABT cas 3 G 21,22° 18,67°
APT Post-opératoire cas 3 G
APT Pré-opératoire -
ABT cas 4 D 29,17° 15,83°
APT Post-opératoire cas 4 D
APT Pré-opératoire -
ABT cas 4 G 27,33° 21,94°
APT Post-opératoire cas 4 G
APT Pré-opératoire -
ABT cas 5 D 25,89° 20,17°
APT Post-opératoire cas 5 D
APT Pré-opératoire -
ABT cas 5 G 25,67° 20,72°
APT Post-opératoire cas 5 G
APT Pré-opératoire -
ABT cas 6 D 29,44° 18,17°
APT Post-opératoire cas 6 D
APT Pré-opératoire -
ABT cas 6 G 23,11° 19,67°
APT Post-opératoire cas 6 G
Figure 61 : Moyennes des ABT et de la différence entre APT pré-opératoire et APT post-
opératoire des 12 tibias étudiés. D : tibia droit, G : tibia gauche
L’écart-type intra-lecteur est de 0,78° pour la mesure de l’APT pré-opératoire et de 0,91° pour
la mesure de l’APT post-opératoire.
L’écart-type inter-lecteurs est de 0,69° pour la mesure de l’APT pré-opératoire et de 0,98°
pour la mesure de l’APT post-opératoire.
117
IV. DISCUSSION
La population de l’étude se composait de 6 chiens pour lesquels 12 tibias ont subit notre
technique de nivellement du plateau tibial. Le poids des chiens était compris entre 14,5 et 42,0
kg. La moyenne des poids était de 28,3 ±8,9 kg. Les techniques de nivellement du plateau
tibial sont en général privilégiées chez des chiens de grande taille pour lesquels la poussée
tibiale crâniale (qui dépend de la force induite par le poids sur le tibia) est élevée.14,49 Cinq
des 6 chiens de notre étude (83 %) étaient des chiens de grande race pour lesquels une
technique de nivellement du plateau tibial serait justifiée en cas de rupture du ligament croisé.
Un chien de notre étude ne pesait que 14,5 kg. Un chien d’un tel poids peut être considéré
comme à la limite de nécessiter ce type de chirurgie en première intention et pourrait sans
doute bénéficier efficacement d’un traitement traditionnel par stabilisation intra ou extra-
capsulaire. Cependant, nous pensons qu’en cas d’échec de ce dernier type de traitement, un
traitement par nivellement du plateau tibial pourrait être entrepris. Pour ce chien, nous
pensons que les valeurs d’APT post-opératoires obtenues pour les deux tibias (-3,50° et -
4,11°) seraient compatibles avec une récupération fonctionnelle de l’animal. Il est cependant
intéressant de noter que les moyennes des valeurs d’APT post-opératoires sont les 2 valeurs
les plus basses de l’étude pour ce chien.
Aucun des chiens retenus dans l’étude n’était atteint d’arthrose du genou. L’arthrose étant un
facteur à l’origine d’imprécision des mesures de l’APT par la présence de proliférations
ostéophytiques gênant le repérage des points crânial et caudal du plateau tibial sur les
radiographies de profil 40, nous n’avons pas eu à subir ce désagrément.
La technique de nivellement du plateau tibial décrite dans cette étude est une technique
d’ostectomie proximale crâniale en coin dont le principe de base est similaire à celui des
13
techniques décrites par Damur et Jerram 29. Dans la technique d’ostectomie tibial crâniale
décrite par Slocum 45, le coin d’ostectomie se situe distalement à la terminaison du ligament
tibio-patellaire. Nous pensons que la rotation du plateau tibiale induite par une telle
localisation du coin d’ostectomie pourrait être à l’origine d’une tension excessive du ligament
tibio-patellaire. Le fait de réaliser un coin d’ostectomie proximalement au ligament tibio-
patellaire évite cet inconvénient.
118
Dans toutes les techniques de nivellement du plateau tibial décrites à ce jour 13,26,29,45,48, il est
nécessaire, afin d’obtenir l’APT post-opératoire désiré, de réaliser une mesure de l’APT pré-
opératoire sur une radiographie de profil du tibia et une mesure de l’angle de rotation à faire
subir au plateau tibial (par la mesure du coin d’ostectomie dans les technique d’ostectomie
tibiale crâniale en coin ou par la mesure de la rotation du massif tibial proximal pour la
TPLO).
Un premier intérêt de notre technique est qu’elle ne nécessite aucune mesure d’angle pour
l’obtention d’un APT post-opératoire compatible avec une récupération fonctionnelle. Elle
permet ainsi un gain de temps pré-opératoire et per-opératoire en s’abstenant de la réalisation
de mesures dont la précision est douteuse.12,19
Un second intérêt de notre technique réside dans le fait qu’elle conserve dans la majorité des
cas un point fixe osseux entre le massif tibial proximal et les reste du tibia. Il s’agit du pont
osseux situé entre le point d’insertion crânio-distal du ligament collatéral médial et le point de
rotation du massif tibial proximal. Dans notre étude, dans 2 cas sur 12 (16,7 %), le pont
osseux s’est fracturé au moment de la bascule du massif tibial proximal et n’a pu être
conservé. Le double avantage de la conservation ce pont osseux est (1) la non désolidarisation
du massif tibial proximal du reste de l’os et (2) la réalisation d’une bascule du massif tibial
proximal parfaitement perpendiculairement au plan sagittal du tibia. Dans les autres
techniques décrites jusqu’à présent 13,26,29,45,48, il existe toujours une désolidarisation complète
du massif tibial proximal du reste du tibia. Nous pensons que cela peut être à l’origine d’une
bascule du plateau tibial dans plan non parfaitement perpendiculaire au plan sagital du tibia
entraînant alors un varus ou un valgus du tibia comme décrit dans les complications de la
technique décrite par Damur 13, et une instabilité post-opératoire du site d’ostectomie.
Afin de fixer l’un à l’autre les 2 abouts osseux après ostectomie, nous avons utilisé une vis de
traction dirigée caudo-proximalement. Cette méthode a permis la fixation temporaire des 2
abouts osseux l’un à l’autre dans les conditions expérimentales mais nous doutons que cette
13
méthode, du même type que celle utilisée dans la technique décrite par Damur , soit
suffisante in vivo. Dans les conditions du vivant, nous pensons qu’à cette vis de traction doit
s’ajouter une plaque d’ostéosynthèse posée sur la face médiale du tibia et assurant une
meilleure stabilisation du site d’ostectomie, de la même manière que dans plusieurs
techniques déjà décrites. 26,28,45,48
119
La méthode conventionnelle de mesure de l’APT utilise les points crânial et caudal du plateau
tibial, le centre des éminences intercondyliennes et le centre du talus comme points de repère
radiographiques. D’autres méthodes ont été décrites pour la mesure radiographique de
l’APT.10,24 Toutes les études sur les techniques de nivellement du plateau tibial décrites à ce
jour utilisent la méthode conventionnelle comme méthode de mesure d’APT. Nous avons
également choisi d’utiliser la méthode conventionnelle afin de confronter plus judicieusement
nos résultats aux données de la littérature.
Nous avons constaté dans notre étude une variabilité des mesures réalisées par le même
lecteur par le calcul de l’écart-type intra-lecteur (0,78° et 0,91° respectivement) ainsi qu’une
variabilité des mesures de l’APT pré-opératoire et post-opératoire entre les différents lecteurs
par le calcul de l’écart-type inter-lecteurs (0,69° et 0,98° respectivement).
Des variabilités intra-lecteur et inter-lecteurs du même ordre de grandeur que celles trouvées
dans cette étude avaient déjà été constatées lors d’une étude réalisée sur des radiographies de
tibias non opérés dans laquelle la variabilité intra-lecteur étaient de 1,5° et la variabilité inter-
lecteurs étaient de 0,8°.19
Compte tenu de cette variabilité des mesures, nous pensons qu’il est illusoire de vouloir
réaliser une mesure extrêmement précise de l’APT. Cependant, nous postulons que la
moyenne des mesures effectuées par les 3 lecteurs à 3 occasions différentes (9 lectures au
total) pour chaque APT s’approche de la valeur exacte. C’est sur ces valeurs que nous
fondons nos conclusions.
Il a été constaté dans notre étude une moyenne de l’APT pré-opératoire de 23,48° ±2,54°
(extrêmes : 20,56° - 27,67°) et une moyenne de l’APT post-opératoire de 2,73° ±3,60°
(extrêmes : -4,11° - 7,50°). Lors de chirurgie de nivellement du plateau tibial, la valeur d’APT
post-opératoire couramment recommandée se situe entre 0° et 5°.14,48 Il a cependant été
démontré par une étude in vitro que la poussée tibiale crâniale était annulée pour une valeur
d’APT de 6,5° ±0,9°.54 L’obtention d’un tel APT post-opératoire serait donc compatible avec
une récupération fonctionnelle. La valeur moyenne d’APT post-opératoire de 2,73° ±3,60°
obtenue dans notre étude se situe dans l’intervalle recommandée d’APT post-opératoire et 9
des 12 valeurs d’APT post-opératoires obtenues (75 %) se situent dans l’intervalle [0° - 6,5°].
Lors de procédure de nivellement de plateau tibial, une complication théorique est la mise en
tension excessive du LCCd par transformation de la poussée tibiale crâniale en poussée tibiale
caudale, en particulier lorsque l’APT post-opératoire est très faible voire négatif.39,54 Une
120
étude s’intéressant aux complications de 253 osteotomies de nivellement du plateau tibial
(TPLO) n’a cependant pas mentionné de rupture de ligament croisé caudal, alors même que
certains des tibias opérés avaient un APT post-opératoire négatif allant jusqu’à -7°.38 Ainsi il
n’existerait pas de complication majeure associée à l’obtention d’un APT post-opératoire
légèrement négatif. Dans notre étude, 2 des 12 valeurs obtenues d’APT post-opératoire sont
négatives (-3,50° et -4,11°). Nous pensons que ces 2 valeurs, même si elles ne sont pas
comprises dans l’intervalle de valeurs d’APT post-opératoire recommandé, sont compatibles
avec une récupération fonctionnelle de l’animal sans risque de complications augmenté.
La valeur d’APT post-opératoire la plus élevée dans notre étude est de 7,5°. Cette valeur est
très légèrement supérieure à la valeur d’APT de 6,5 ±0,9° pour laquelle la poussée tibiale
crâniale est annulée. Les valeurs optimales de l’APT permettant une récupération
fonctionnelle n’ont a ce jour pas été établies et des études cliniques rétrospectives dont
l’objectif serait de déterminer l’intervalle de valeurs d’APT post-opératoire compatible avec
une récupération fonctionnelle de l’animal sont nécessaires.
121
Dans la mesure où il est illusoire de réaliser une mesure précise de l’APT pré-opératoire et de
l’angle de rotation à faire subir au plateau tibial lors d’opération de nivellement du plateau
tibial, notre technique ne reposant sur aucune mesure de l’APT ou de l’angle de rotation à
faire subir au plateau tibial lors de l’opération, mais assurant, par l’utilisation de points de
repères anatomiques facilement identifiables pendant l’opération, l’obtention dans 11 cas sur
12 (91,7 %), d’un APT post-opératoire reconnu comme compatible avec une récupération
fonctionnelle, semble intéressante et n’a jamais été décrite à ce jour. Une étude clinique du
résultat fonctionnel obtenu par l’utilisation de cette technique doit être conduite.
CONCLUSION
122
123
LISTE DES ABREVIATIONS
124
Figure 16 : A gauche : vue latérale du genou montrant le LCCr (A) et le LCCd (B). A droite :
modèle à 4 barres de liaison contrôlant les mouvements du genou. Les insertions proximales
des ligaments croisés sont situées sur le fémur (A). Les insertions distales des ligaments
croisés sont situées sur le tibia (B) (d’après 44)
Figure 17 : Rupture du LCCr et mouvement de tiroir antérieur
Figure 18 : Flexion du genou limitée par le contact entre la cuisse et le mollet et non pas par
le LCCd (A) ou le LCCr (B)
Figure 19 : Extension du genou limitée par le contact entre la partie crâniale de la fosse
intercondylienne (A) et le LCCr (B)
Figure 20 : Traction antéro-proximale (flèche courbe) exercée par le muscle quadriceps sur
l’extrémité proximale du tibia. Cette force est opposée à celle exercée par le LCCr (flèche
droite) (d’après 25)
Figure 21 : Traction postérieure exercée par les muscles de « l’arrière de la cuisse » sur
l’extrémité proximale du tibia (d’après 25)
Figure 22 : Traction postérieure exercée par le muscle gastrocnémien (G) sur l’extrémité
distale du fémur lors de l’appui. Cette traction est antagoniste au rôle du LCCr (*) (d’après
25
)
Figure 23 : Forces appliquées sur le plateau tibial (P) lors de l’appui : résultante de l’action
d’une force compressive (C), de direction parallèle à l’axe fonctionnel du tibia (F), et de la
poussée tibial crâniale (T)
Figure 24 : Effets des forces appliquées sur l’articulation du genou lors de l’appui
Figure 25 : Bilan des forces exerçant la poussée tibiale crâniale et des forces s’opposant à la
poussée tibiale crâniale
Figure 26 : Classification des ruptures du LCCr (d’après 16)
Figure 27 : Vascularisation des ligaments croisés
Figure 28 : Test du tiroir direct (d’après 52)
Figure 29 : Test de compression tibiale (d’après 52)
Figure 30 : Radiographie latérale d’un genou normal (Radiographie : M. Dhumeaux)
Figure 31 : Subluxation tibiale crâniale mise en évidence sur une radiographie d’un genou
atteint de rupture du LCC. Remarquer l’avancement du tibia par rapport à l’extrémité distale
du fémur, le genou étant fléchi à 90° (Radiographie : Ph. Haudiquet)
Figure 32 : Détermination de l’APT () par construction sur une vue latérale du tibia
(d’après 19)
125
Figure 33 : Détermination de l’APT par utilisation d’une ligne tangentielle à la portion
linéaire observée sur la partie crâniale du condyle tibial médial ( d’après 10)
Figure 34 : Calcul de l’APT post-opératoire (TPA’) à partir de l’APT pré-opératoire (TPA) et
du rayon de courbure (R) de la scie en cloche (d’après 52)
Figure 35 : TPLO réalisée avec fixation d’une plaque sur la face médiale d’un tibia droit
Figure 36 : Ostectomie tibiale crâniale en coin (d’après 26)
Figure 37 : Ostectomie tibiale crâniale en coin, « technique de Montavon » (d’après 13)
Figure 38 : Ostectomie tibiale en chevron (d’après 26)
Figure 39 : Hinged hybrid circular external fixation (d’après 26)
Figure 40 : Wedge osteotomy linear fixation (WOLF) (d’après 26)
Figure 41 : Schématisation de la technique de PTIO (d’après 29)
Figure 42 : Radiographie latérale du genou après PTIO (d’après 29)
Figure 43 : Radiographie post-opératoire d’une TTA (d’après 27)
Figure 44 : Les différentes types de lésions du ménisque médial (d’après 17)
Figure 45 : Incision de relâchement du ménisque médial (A). Cette incision assure une
protection de la corne postérieure en cas de mouvement de tiroir (B) (d’après 52)
Figure 46 : Fracture de la crête tibiale après TPLO (flèche blanche) (d’après 50)
Figure 47 : Complications rencontrées chez 696 chiens ayant subit une TPLO (d’après 50)
Figure 48 : Radiographie médio-latérale pré-opératoire
Figure 49 : Radiographie caudo-crâniale pré-opératoire
Figure 50 : Vue crânio-médial d'un genou montrant l'emplacement des 4 points de repère et
les localisations des ostéotomies (traits pointillés)
126
Figure 56 : Traits de construction sur papier calque (Canson® 80 g/m²), collé à la surface du
film radiographique permettant le mesure de l’ABT sur la radiographie pré-opératoire après
implantation des billes de plomb (radiographie Ph. Haudiquet)
Figure 57 : Répartition des âges, poids, sexe et race des animaux étudiés
Figure 61 : Moyennes des ABT et de la différence entre APT pré-opératoire et APT post-
opératoire des 12 tibias étudiés
127
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133
TOULOUSE, 2008
RESUME : La rupture du ligament croisé crânial est l’affection du genou la plus fréquente chez le
chien. Cette rupture entraîne une boiterie du membre concerné par instabilité antéro-postérieure du
genou. Son traitement est chirurgical. L’approche traditionnelle du traitement consiste en un
remplacement du ligament croisé crânial rompu par une prothèse ligamentaire synthétique ou
biologique par des techniques intra ou extracapsulaires. Une approche plus récente consiste en la
réalisation d’un nivellement du plateau tibial afin de diminuer la poussée tibiale crâniale responsable
de la subluxation tibiale crâniale. Toutes les techniques de nivellement du plateau tibial décrites
jusqu’à présent nécessitent des mesures pré et per-opératoires de l’angle du plateau tibial qui ont pour
inconvénient d’être à la fois fastidieuses et peu précises.
Cette thèse réalise une revue bibliographique de la rupture du ligament croisé crânial chez le chien et
de présente les résultats d’une étude expérimentale réalisée sur 12 tibias de 6 chiens décédés pour des
raisons indépendantes de l’étude, d’une technique de nivellement du plateau tibial par ostectomie
tibiale proximale crâniale en coin, mise au point par le Dr P.R. Haudiquet, ne nécessitant pas de
mesures pré ou per-opératoires mais permettant, par l’utilisation de points de repère facilement
identifiables per-chirurgicalement, l’obtention d’un angle du plateau tibial post-opératoire assurant une
réduction de la poussée tibiale crâniale compatible avec une récupération fonctionnelle.
MOTS-CLES : rupture ligament croisé antérieur - rupture ligament croisé crânial - genou - TPLO -
angle plateau tibial – ostectomie tibiale crâniale en coin - chien
ABSTRACT: Cranial cruciate ligament rupture is the most common stifle affection in the dog. This
rupture induces lameness of the affected limb by cranio-caudal instability of the stifle. Its treatment
requires surgery. The traditional approach of this treatment is to replace the ruptured ligament by a
ligamental synthetic or natural prosthesis by either intracapsular or extracapsular techniques. A new
approach is to perform a tibial plateau leveling in order to reduce the cranial tibial thrust responsible
for the tibial cranial subluxation. All the tibial plateau leveling techniques that have already been
described need both pre and peroperative measurements of the tibial plateau angle. These
determinations are both time-consuming and not precise.
This thesis presents a litterature review on cranial cruciate ligament rupture in the dog and presents an
experimental study performed on 12 tibias from 6 dog cadavers of a tibial plateau leveling technique
by proximal cranial closed wedge ostectomy, designed by Dr P.R. Haudiquet, not requiring neither
preoperative nor peroperative tibial plateau angle measurement but providing, using easily per-
surgically identifiable anatomic landmarks, a postoperative tibial plateau angle insuring a reduction of
the cranial tibial thrust compatible with a functional recovery of the affected dogs.
KEYWORDS : cranial cruciate ligament rupture - stifle - TPLO - tibial plateau angle - cranial closed
wedge osteotomy - dog
134