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Ce document présente le sommaire détaillé d'un ouvrage sur le droit fiscal. Il contient les chapitres et les parties abordant des sujets comme la TVA, l'imposition des entreprises, l'impôt sur le revenu des particuliers ou encore les taxes sur les salaires.

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DCG 4

DROIT
FISCAL 5e édition
Nathalie Gonthier-Besacier
Diplômée d’expertise comptable
Professeur des universités à Grenoble IAE

Jennifer Gasmi
Agrégée d’économie et gestion
Professeur en classes préparatoires au DCG

Jean-Luc Rossignol
Docteur HDR en gestion fiscale

leader de l’expertise comptable


Remerciements
Nathalie Gonthier-Besacier et Jean-Luc Rossignol remercient
vivement Jacques Saraf et les ayants droit d’Emmanuel Disle
d’avoir accepté la reprise, dans cet ouvrage,
d’éléments issus de leur précédente collaboration.

Crédits iconographiques
p. 30 : © yes by Alice Design from the Noun Project ; © Forbidden by Adrien Coquet from the Noun Project ; p. 68 : © statistic by
Joris Millot from the Noun Project ; © date by Momento Design from the Noun Project ; p. 70 : © multiply by MITHUN T M from the
Noun Project ; p. 117 : © Time by Richard de Vos from the Noun Project ; © easy by Tomi Triyana from the Noun Project ; © Empty by
Rflor from the Noun Project ; p. 127 et 137 : © Plus by scott desmond from the Noun Project ; © Minus by ✦ Shmidt Sergey ✦ from
the Noun Project ; p. 226 et 354 : © Minus by ✦ Shmidt Sergey ✦ from the Noun Project ; p. 322 : © To Top by Jeremy Elder from
the Noun Project ; p. 379 : © taxes by MHD AZMI DWIPRANATA from the Noun Project ; p. 395 : © House by Joe Thomas from
the Noun Project ; © Line Graph by Jules Dominic from the Noun Project ; p. 411 : © write by Emily Ahn from the Noun Project ;
p. 435 : © salary by KonKapp from the Noun Project ; © Scale by Vectorstall from the Noun Project ; © taxes by Adrien Coquet from
the Noun Project ; p. 459 : © sale by Luiz Carvalho from the Noun Project ; © asset by luketaibai from the Noun Project.

Maquette de couverture et maquette intérieure : Yves Tremblay


Mise en pages : Nord Compo

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© Dunod, 2023
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN 978-2-10-085086-0
SOMMAIRE

Table des sigles et abréviations…………………………………………………………………………… V


Programme………………………………………………………………………………………………… VI
Avant-propos……………………………………………………………………………………………… XIII
Chapitre 1 Introduction générale à la fiscalité……………………………………………………… 1

Partie 1 Taxe sur la valeur ajoutée


Chapitre 2 Principes et champ d’application de la TVA…………………………………………… 13
Chapitre 3 Territorialité de la TVA…………………………………………………………………… 30
Chapitre 4 Calcul de la TVA exigible………………………………………………………………… 48
Chapitre 5 TVA déductible…………………………………………………………………………… 67
Chapitre 6 Déclaration et paiement de la TVA…………………………………………………… 98
Partie 1 : Cas de synthèse………………………………………………………………………………… 115

Partie 2 Imposition des résultats des entreprises et des sociétés :


principes généraux
Chapitre 7 Imposition du résultat des entreprises et des sociétés :
principes généraux……………………………………………………………………… 120
Chapitre 8 Principes et champ d’application de l’imposition au titre des BIC………………… 127
Chapitre 9 Imposition des produits (BIC)…………………………………………………………… 136
Chapitre 10 Déductibilité des charges constatées (BIC)…………………………………………… 151
Chapitre 11 Amortissements, dépréciations et provisions (BIC)………………………………… 171
Chapitre 12 Régime d’imposition des plus ou moins-values et des brevets (BIC)……………… 198
Chapitre 13 Détermination du résultat imposable (BIC)…………………………………………… 222
Chapitre 14 Imposition des résultats des sociétés de personnes………………………………… 236
Chapitre 15 Champ d’application de l’IS……………………………………………………………… 251
Chapitre 16 Assiette de l’IS…………………………………………………………………………… 263
Chapitre 17 Imposition des plus ou moins-values (et résultats sur brevets) (IS)……………… 280
Chapitre 18 Liquidation et paiement de l’IS………………………………………………………… 294
Chapitre 19 Aides fiscales (BIC, IS)…………………………………………………………………… 314
Partie 2 : Cas de synthèse………………………………………………………………………………… 326

III
Sommaire

Partie 3 Impôt sur le revenu des particuliers


et prélèvements sociaux
Chapitre 20 Impôt sur le revenu et prélèvements sociaux : principes généraux………………… 332
Chapitre 21 Revenus d’activité : TS, BNC et BA……………………………………………………… 347
Chapitre 22 Revenus du patrimoine : RF et RCM…………………………………………………… 370
Chapitre 23 Plus-values des particuliers (PVP)……………………………………………………… 386
Chapitre 24 Impôt sur le revenu : liquidation et paiement………………………………………… 402
Partie 3 : Cas de synthèse………………………………………………………………………………… 425

Partie 4 Imposition du capital, taxes sur les salaires


et contrôle fiscal
Chapitre 25 Droits d’enregistrement………………………………………………………………… 429
Chapitre 26 Impôt sur la fortune immobilière (IFI)………………………………………………… 448
Chapitre 27 Impôts locaux……………………………………………………………………………… 463
Chapitre 28 Taxes assises sur les salaires…………………………………………………………… 475
Chapitre 29 Contrôle fiscal…………………………………………………………………………… 487

Sujet type d’examen…………………………………………………………………………… 515


Corrigé du sujet type d’examen……………………………………………………………… 521
QCM et quiz : corrigé…………………………………………………………………………… 527
Index……………………………………………………………………………………………… 528

IV
TABLE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS

ACPR : Autorité de contrôle prudentiel IFI : Impôt sur la fortune immobilière


et de résolution IR : Impôt sur le revenu
AGA : Association de gestion agréée IS : Impôt sur les sociétés
AIC : Acquisition intracommunautaire JEI : jeunes entreprises innovantes
AID : Amortissement irrégulièrement LASM : Livraison à soi-même
­différé LIC : Livraison intracommunautaire
BA : Bénéfices agricoles MV : Moins-value
BIC : Bénéfices industriels et MVCT : Moins-value à court terme
commerciaux
MVLT : Moins-value à long terme
BNC : Bénéfices non commerciaux
MVNCT : Moins-value nette à court terme
BOFiP : Bulletin officiel des finances
publiques MVNLT : Moins-value nette à long terme
C3S : Contribution sociale de solidarité OGA : Organisme de gestion agréé
des sociétés OPCVM : Organisme de placement
CET : Contribution économique territoriale ­collectif en valeurs mobilières
CFE : Cotisation foncière des entreprises PCG : Plan comptable général
CFP : Contribution à la formation PFNL : Prélèvement forfaitaire non
professionnelle continue libératoire
CGA : Centre de gestion agréé PFU : Prélèvement forfaitaire unique
CGI : Code général des impôts PS : Prélèvements sociaux ou
Prélèvement de solidarité
CMUP : Coût moyen unitaire pondéré
PV : Plus-value
CII : Crédit d’impôt Innovation
PVCT : Plus-value à court terme
CIR : Crédit d’impôt Recherche
PVLT : Plus-value à long terme
CIRC : Crédit d’impôt Recherche collabo-
rative PVNCT : Plus-value nette à court terme
CoAdm : Coefficient d’admission PVNLT : Plus-value nette à long terme
CoAss : Coefficient d’assujettissement PVP : Plus-value des particuliers
CoDed : Coefficient de déduction RCM : Revenus de capitaux mobiliers
CoTax : Coefficient de taxation RF : Revenus fonciers
CRDS : Contribution au remboursement RFP : Résultat fiscal à partager
de la dette sociale RFR : Revenu fiscal de référence
CSA : Contribution supplémentaire RSI : Régime simplifié d’imposition
à l’apprentissage SICAV : Société d’investissement à ­capital
CSG : Contribution sociale généralisée variable
CUFPA : Contribution unique à la forma- TS : Traitements et salaires
tion professionnelle et à l’alternance TTC : Toutes taxes comprises
CVAE : Cotisation sur la valeur ajoutée TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
des entreprises TVS : Taxes sur véhicules de tourisme
EDI : Échange de données informatisé affectés à des fins économiques
FEC : Fichiers des écritures comptables VAD : Vente à distance
HT : Hors taxes VMP : Valeur mobilière de placement
V
PROGRAMME

Axe 1 : Droit des affaires


Les unités d’enseignement (UE) des « fondamentaux du droit » (UE 1), de « droit des sociétés et des groupe-
ments d’affaire » (UE 2), de « droit social » (UE 3) et de « droit fiscal » (UE 4) ont pour objet de fournir au
titulaire du DCG une connaissance juridique du fonctionnement des organisations.
Ces unités d’enseignement devront, notamment, permettre le développement de c­ ompétences spécifiques :
––identifier et hiérarchiser les sources juridiques ;
––rechercher et analyser une documentation juridique fiable et actualisée ;
––analyser une décision de justice et en dégager la portée ;
––qualifier et analyser un contrat ou un document professionnel ;
––qualifier les faits, articuler un raisonnement juridique et proposer une solution adaptée, dans le cadre
d’une situation juridique donnée.

UE4. Droit fiscal


Niveau L – 150 heures – 14 ECTS
•• Nature : épreuve écrite portant sur l’étude d’une ou de plusieurs situations pratiques et/ou le commen-
taire d’un ou plusieurs documents et/ou une ou plusieurs questions.
•• Durée : 3 heures.
•• Coefficient : 1.
1. Introduction générale au droit fiscal (5 heures)
Sens et portée de l’étude. Le pouvoir de prélever l’impôt est inscrit dans la Constitution. En pratique, les impôts
sont nombreux et contribuent de manière variable à alimenter les recettes budgétaires de l’État ou des collectivi-
tés territoriales. Cette diversité des prélèvements a donné naissance à différentes tentatives de classifications des
impôts et taxes. Si la loi constitue la source essentielle du droit fiscal, il est nécessaire de prendre en considération
d’autres sources : le droit de l’Union européenne, les conventions fiscales internationales…

Compétences attendues Savoirs associés


–– Repérer et distinguer le droit fiscal parmi les diffé- –– Caractéristiques du droit fiscal.
rentes branches du droit. –– Sources du droit fiscal.
–– Caractériser les principales sources du droit fiscal. –– Classifications des impôts et taxes
–– Identifier les principaux prélèvements obligatoires. –– Organisation et rôle de l’administration fiscale.
–– Mettre en évidence le rôle de ­l’administration fiscale et –– Rôle du juge fiscal.
le rôle du juge fiscal. –– Nécessité et mise en œuvre d’une veille fiscale.
–– Identifier les règles fiscales applicables à une situa-
tion donnée et repérer leurs évolutions.
–– Rechercher, identifier et appliquer les nouvelles
dispositions fiscales.

2. L’impôt sur le revenu des personnes physiques (20 heures)


Sens et portée de l’étude. L’impôt sur le revenu (IR), même s’il ne constitue pas le principal impôt dans le
système fiscal français, revêt une grande importance à la fois sur le plan social, sur le plan symbolique et sur
le plan économique.

VI
Programme

Compétences attendues Savoirs associés

–– Schématiser la détermination et/ou le calcul –– Les principes généraux de l’impôt sur le revenu.
de l’impôt sur le revenu.

2.1. Champ d’application


Sens et portée de l’étude. Le revenu des personnes physiques est imposé au niveau familial. En effet, l’im-
position est déterminée au niveau du foyer fiscal.

Compétences attendues Savoirs associés

–– Qualifier les personnes imposables. –– Personnes imposables et non imposables.


–– Déterminer la composition du foyer fiscal. –– Territorialité de l’impôt.
–– Composition du foyer fiscal.

2.2. Détermination du revenu brut global, du revenu net global et du revenu imposable
Sens et portée de l’étude. Le revenu imposable qui sert de base au calcul de l’impôt est un revenu global,
somme d’une série de revenus catégoriels de source française comme de source étrangère.

Compétences attendues Savoirs associés

–– Identifier les caractéristiques du revenu global. –– Modalités de détermination


–– Qualifier et classer un revenu selon sa catégorie et caractéristiques du revenu brut ­global.
fiscale. –– Qualification professionnelle ou non profession-
–– Calculer et justifier le montant du revenu impo- nelle d’une activité.
sable selon sa catégorie. –– Traitements et salaires, rémunération des dirigeants.
–– Déterminer le revenu brut global, le revenu net –– Bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
global et le revenu ­imposable. –– Bénéfices non commerciaux (BNC).
–– Bénéfices agricoles (BA).
–– Revenus fonciers (RF).
–– Revenus de capitaux mobiliers (RCM).
–– Plus-values des particuliers.
–– Charges déductibles du revenu global.

2.3. Déclaration, calcul et paiement de l’impôt


Sens et portée de l’étude. Le passage du revenu imposable à l’impôt conduit à tenir compte des charges de
famille du contribuable, afin d’atténuer la progressivité du barème de l’impôt, mais aussi de mesures d’inci-
tation fiscale qui prennent la forme de réductions ou de crédits d’impôt.

VII
Programme

Compétences attendues Savoirs associés

–– Déterminer et justifier l’impôt sur le revenu d’un –– Règles générales de déclaration.


foyer fiscal. –– Application du quotient familial.
–– Déterminer les réductions et crédits d’impôt. –– Calcul de l’impôt avec prise en compte des réduc-
–– Expliquer les modalités de déclaration et de paie- tions et crédits d’impôt.
ment de l’impôt. –– Modalités de paiement de l’impôt
sur le revenu.

3. Prélèvements sociaux (5 heures)


Sens et portée de l’étude. Les prélèvements sociaux concernent la plupart des revenus du particulier. Leur
calcul est abordé conjointement avec les revenus concernés.

Compétences attendues Savoirs associés

–– Déterminer et justifier le calcul des prélèvements –– Principes généraux.


sociaux, déductibles et non déductibles, à partir –– Contribution sociale généralisée (CSG)/
d’une documentation fiscale. Contribution au remboursement de la dette sociale
–– Expliquer les modalités de déclaration et de paie- (CRDS) et autres ­prélèvements sociaux.
ment. –– Prélèvements sociaux sur les revenus d’activité
–– Expliquer et calculer le montant déductible et de remplacement.
de la CSG et les modalités de déduction. –– Prélèvements sociaux sur les revenus du capital
(patrimoine financier et ­immobilier).

4. Imposition du résultat de l’entreprise (60 heures)


Sens et portée de l’étude. Le Code général des impôts définit les règles de détermination du résultat des
entreprises individuelles. Pour les sociétés, le droit fiscal renvoie aux règles des entreprises individuelles en
ajustant ces dispositions pour tenir compte de l’exercice de l’activité dans un cadre sociétaire.

Compétences attendues Savoirs associés

–– Distinguer les entreprises relevant de l’impôt –– Principes généraux d’imposition des entreprises.
sur les sociétés (IS) de celles relevant de l’IR. –– Classification fiscale des sociétés.
–– Décrire et justifier le passage du résultat ­comptable
au résultat fiscal.

4.1. Imposition des résultats de l’entreprise individuelle relevant des BIC


Sens et portée de l’étude. L’imposition du résultat de l’entreprise individuelle n’est pas dissociable de l’im-
position de l’exploitant dans le cadre de l’impôt sur le revenu. L’étude des bénéfices industriels et commer-
ciaux (BIC) est essentielle.
Pour la détermination du résultat, le législateur s’est efforcé de limiter ou de simplifier les obligations fiscales
qui pèsent sur les entreprises les plus petites en taille. À côté de régimes normaux d’imposition coexistent
ainsi des régimes plus ou moins simplifiés en fonction de la taille des entreprises.

VIII
Programme

Compétences attendues Savoirs associés


–– Identifier et expliquer les différences entre le résultat –– Champ d’application des bénéfices industriels
comptable et le résultat fiscal. et commerciaux.
–– Caractériser le traitement fiscal des différentes –– Distinction entre BIC professionnels et BIC
opérations comptables et opérer les retraitements non professionnels.
nécessaires. –– Définition du bénéfice imposable.
–– Qualifier les plus ou moins-values professionnelles –– Principes généraux de détermination du résultat
et identifier les différents traitements fiscaux fiscal.
applicables. –– Produits imposables et non imposables.
–– Déterminer le résultat fiscal, ses modalités –– Charges déductibles et non déductibles.
d’imposition ou la gestion du déficit. –– Plus-values et moins-values professionnelles.
–– Proposer des conseils et recommandations en –– Détermination du résultat fiscal.
matière fiscale pour les entreprises individuelles
–– Modalités de déclaration du résultat fiscal.
relevant des BIC.
–– Traitement des déficits.
–– Régimes d’imposition des entreprises : micro et réel
(normal et simplifié).
–– Centres de gestion agréés et experts-comptables
conventionnés.

4.2. Imposition des résultats dans le cadre des sociétés de personnes non soumises à l’IS
Sens et portée de l’étude. Les sociétés de personnes déterminent et déclarent un résultat fiscal. En revanche,
l’impôt correspondant est acquitté individuellement par les associés. Il s’agit du régime dit de la « translu-
cidité fiscale ».
Compétences attendues Savoirs associés
–– Schématiser, dans une situation donnée, –– Champ d’application et modalités d’imposition
le mécanisme d’imposition des sociétés de au niveau des associés.
personnes non soumises à l’impôt sur les sociétés. –– Détermination du résultat fiscal au niveau
–– Déterminer et justifier la quote-part du résultat de la société.
fiscal imposable ou déductible au niveau –– Détermination de la quote-part du résultat fiscal
de chaque associé. imposable au niveau de chaque associé.

4.3. Imposition des résultats dans le cadre des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés
Sens et portée de l’étude. Les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) sont des entités qui disposent
de la pleine capacité fiscale. Il s’agit de sociétés ou de groupements qui déterminent un résultat, le déclarent
et acquittent l’impôt correspondant. Les règles applicables empruntent en grande partie les règles fiscales
en vigueur dans l’entreprise individuelle mais avec un certain nombre de spécificités (tant au niveau des
règles de détermination de la base imposable qu’au niveau du calcul de l’impôt).

IX
Programme

Compétences attendues Savoirs associés

–– Identifier et expliquer les différences entre –– Champ d’application et territorialité de l’impôt


le résultat comptable et le résultat fiscal. sur les sociétés.
–– Analyser et expliquer le traitement fiscal des –– Étude des règles spécifiques de détermination
différentes opérations comptables et déterminer du résultat fiscal applicables aux sociétés soumises
les retraitements nécessaires. à l’impôt sur les sociétés.
–– Qualifier les plus ou moins-values –– Plus ou moins-values professionnelles des sociétés
professionnelles, déterminer et justifier relevant de l’impôt sur les sociétés.
les différents traitements fiscaux applicables. –– Détermination et déclaration du résultat fiscal.
–– Déterminer et justifier le résultat fiscal,
–– Liquidation et paiement de l’impôt sur les sociétés
ses modalités d’imposition ou la gestion du déficit.
et des contributions additionnelles.
–– Proposer des conseils et recommandations
en matière fiscale pour les sociétés relevant –– Traitement des déficits.
de l’impôt sur les sociétés.

4.4. Réductions, exonérations et crédits d’impôt


Sens et portée de l’étude. Le législateur utilise fréquemment le droit fiscal comme outil incitatif en direction
des entreprises pour favoriser leur création, développer l’investissement ou la recherche. À côté de mesures
conjoncturelles ou temporaires, certains ­dispositifs se sont pérennisés.

Compétences attendues Savoirs associés


–– Identifier l’intérêt pour l’État d’accorder –– Exonérations d’impôt.
des réductions, exonérations et crédits d’impôt. –– Réductions et crédits d’impôt accordés
–– Repérer les différentes dispositions de faveur aux entreprises.
à partir d’une documentation fiscale
et en déterminer l’impact.

5. Taxe sur la valeur ajoutée (35 heures)


Sens et portée de l’étude. Principale recette fiscale du budget de l’État, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
constitue le premier impôt sur la dépense. Son étude prend une importance particulière du fait de son carac-
tère général et de son application dans l’ensemble des États de l’Union européenne. En principe, fiscalement
« neutre » pour l’entreprise, sa détermination, sa déclaration et son paiement n’en constituent pas moins
une charge administrative pour l’entreprise.
Compétences attendues Savoirs associés
–– Qualifier les opérations et justifier –– Champ d’application.
les règles applicables en matière de taxe –– Territorialité de la taxe sur la valeur ­ajoutée.
sur la valeur ajoutée. –– Taxe sur la valeur ajoutée exigible : fait générateur, exigibilité,
–– Déterminer et mettre en œuvre, base et taux.
dans une situation donnée, –– Taxe sur la valeur ajoutée déductible : conditions générales
les mécanismes d’exigibilité, de déduction, coefficient de déduction, secteurs ­distincts
de déduction et de régularisation d’activité.
de la taxe sur la valeur ajoutée. –– Régularisations de la taxe sur la valeur ajoutée.

X
Programme

Compétences attendues Savoirs associés


–– Déterminer le montant de la taxe –– Régimes particuliers de taxe sur la valeur ajoutée : opérations
sur la valeur ajoutée due ou du crédit immobilières ; biens d’occasion ; locations immobilières ;
de taxe sur la valeur ajoutée. auto-­liquidation.
–– Justifier l’intérêt de prendre des options –– Régimes réels d’imposition (normal et simplifié) et franchise
en matière de taxe sur la valeur ajoutée. en base.
–– Liquidation et déclaration de la taxe sur la valeur ajoutée.
–– Modalités de règlement de la TVA et traitement du crédit de TVA.

6. Taxes assises sur les salaires (5 heures)


Sens et portée de l’étude. Les salaires versés par les entreprises servent d’assiette à différents prélèvements.
Ces impositions constituent une charge importante pour les entreprises.

Compétences attendues Savoirs associés.

–– Expliquer le champ d’application –– Champ d’application, détermination de l’assiette, calcul


de ces taxes. de l’impôt dans le cadre des situations les plus courantes
–– Déterminer et justifier l’assiette. pour l’entreprise : taxe sur les salaires ; taxe d’apprentissage ;
–– Expliquer les principes de calcul ­participation des employeurs au ­financement de la formation
en s’appuyant sur une documentation. professionnelle ­continue ; participation des employeurs
au ­financement de la construction.

7. Imposition du patrimoine (15 heures)


Sens et portée de l’étude. Dans le système fiscal français, c’est la détention ou la transmission d’un patri-
moine qui peut faire l’objet d’une d’imposition.

Compétences attendues Savoirs associés

–– Identifier et expliquer les règles –– Principes généraux.


générales de l’imposition du patrimoine.

7.1. Impôts locaux


Sens et portée de l’étude. Au fil du temps, la fiscalité locale a pris une importance croissante et se révèle
sensible aux yeux des contribuables. Si la contribution économique territoriale relève du domaine de la fis-
calité des entreprises et la taxe d’habitation, à l’inverse, de la fiscalité des ménages, la taxe foncière, elle, est
susceptible de peser sur les deux catégories de contribuables. Si les règles d’assujettissement sont détermi-
nées par le législateur, en revanche les taux d’imposition, voire certains dispositifs d’exonération, sont de la
compétence des collectivités locales.
Compétences attendues Savoirs associés
–– Identifier et expliquer le champ d’application, les –– Taxes foncières.
modalités de calcul et de déclaration de la taxe fon- –– Contribution économique territoriale : cotisation
cière et de la contribution économique territoriale. foncière des entreprises et cotisation sur la valeur
–– Déterminer et justifier le mécanisme de plafonne- ajoutée des entreprises.
ment de la contribution économique territoriale.
–– Présenter les modalités de paiement de ces impôts.

XI
Programme

7.2. Droits d’enregistrement


Sens et portée de l’étude. Ancrés depuis fort longtemps dans le droit fiscal, les droits d’enregistrement
frappent les mutations qui portent sur des éléments du patrimoine. Ils concernent aussi bien l’entreprise
que le particulier.

Compétences attendues Savoirs associés

–– Distinguer et qualifier les notions d’apport à titre –– Règles applicables aux droits d’enregistrement.
onéreux et d’apport à titre pur et simple. –– Droits de mutation à titre onéreux sur les cessions
–– Déterminer et expliquer la base d’imposition. d’immeubles, de fonds de commerce et de droits
–– Déterminer et justifier le montant des droits sociaux.
d’enregistrement. –– Droits d’enregistrement applicables aux apports
–– Justifier pour les immeubles, si la cession est en société.
soumise aux droits d’enregistrement ou à la taxe
sur la valeur ajoutée.

7.3. L’impôt sur la fortune immobilière


Sens et portée de l’étude. L’impôt sur la fortune immobilière taxe le patrimoine immobilier détenu par
les personnes physiques dès lors que sa valeur excède un certain seuil. Cet impôt exige du contribuable un
inventaire détaillé de son patrimoine immobilier.

Compétences attendues Savoirs associés

–– Expliquer la composition de l’assiette de l’impôt –– Personnes imposables.


sur la fortune immobilière. –– Assiette de l’impôt sur la fortune immobilière :
–– Déterminer et justifier l’assiette. biens imposables, biens exonérés (totalement
–– Déterminer le montant dû. ou partiellement) et passif déductible.
–– Qualifier et expliquer les particularités liées aux –– Particularité des biens professionnels.
exonérations des biens professionnels. –– Calcul de l’impôt sur la fortune immobilière en
–– Expliquer les modalités de calcul, de déclaration tenant compte des réductions et du plafonnement.
et de paiement. –– Modalités de déclaration et de paiement.

8. Notions de contrôle fiscal (5 heures)


Sens et portée de l’étude. L’administration fiscale est dotée, par la loi fiscale, du pouvoir de contrôler l’ap-
plication qui est faite de la réglementation et de sanctionner, le cas échéant, les erreurs ou les irrégularités
constatées. Le contrôle fiscal peut revêtir plusieurs formes dont notamment la vérification de comptabilité.
Compétences attendues Savoirs associés

–– Expliquer les principes généraux du contrôle fiscal. –– Les formes de contrôle fiscal.
–– Déterminer les délais de prescription –– Délais de reprise et de prescription.
et les garanties du contribuable. –– Rescrit fiscal.
–– Déterminer les sanctions des principales –– Garanties du contribuable.
infractions aux obligations fiscales. –– Conséquences du contrôle fiscal.
–– Identifier la juridiction compétente en cas –– Sanctions fiscales et pénales applicables.
de contentieux. –– Compétence des tribunaux en matière
de contentieux fiscal.

XII
AVANT-PROPOS

Rédigés par des équipes pluridisciplinaires comprenant des enseignants des classes préparatoires à l’exper­
tise comptable et des membres des commissions d’examen, et 100 % conformes aux programmes, les
manuels Dunod constituent une préparation complète aux épreuves de DCG et DSCG.

L’axe 1 « Droit des affaires » et l’évaluation par les compétences


Les unités d’enseignement (UE) 1 à 4 ont pour objet de fournir au titulaire du DCG une connaissance juri-
dique du fonctionnement des organisations. Elles forment l’axe 1 des parcours de formation intitulé « Droit
des affaires ».
Les unités sont déclinées en compétences. Ces compétences sont à la fois variées mais limitées par une
liste donnée et clairement identifiée. Une compétence peut être définie comme la capacité à utiliser un
savoir-faire dans une situation donnée pour produire un résultat requis. Elle s’acquiert dans une situation,
d’où l’importance de la structuration et de l’entraînement à la pratique de la problématisation.
Une compétence présente un caractère disciplinaire ; elle vise à résoudre des problèmes liés à la discipline
et repose nécessairement sur des connaissances inhérentes à cette même discipline. Mais, dans le même
temps, une compétence s’appuie sur des savoir-faire généraux et transversaux (capacité à analyser, à rédiger
de manière concise et précise, etc.).
La compétence induit donc un rapport au savoir, elle ne s’y oppose pas. Les savoirs sont les informations
qu’il faut être en mesure de mobiliser « à bon escient » avec pour finalité l’élaboration d’un raisonnement
structuré ou la résolution d’un problème lié à la pratique juridique et fiscale.
Le concept de situation est donc central lorsque l’on évoque une compétence ; la mise en situation donne
à l’étudiant l’occasion d’exercer la compétence visée. Une situation présente donc divers caractères, à la
différence de la simple application de la règle :
•• Elle mobilise un ensemble d’acquis et est orientée vers une tâche porteuse de sens.
•• Elle fait référence à une catégorie de problèmes spécifiques à la discipline, elle est nouvelle.
Une compétence est évaluable. Elle peut se mesurer à la qualité de l’exécution de la tâche et à la qualité du
résultat. Dès lors, une préparation efficace repose sur un équilibre judicieux entre l’acquisition de connais-
sances et un développement de compétences ciblées centré sur le réinvestissement en contexte. L’évalua-
tion s’en trouve renouvelée ; elle met l’accent sur le cheminement intellectuel et l’esprit critique du candidat
et promeut une nouvelle quête de sens.

Le parti pris du manuel


Le présent manuel vise à apporter l’ensemble des savoirs disciplinaires associés à l’unité d’enseignement
« Droit fiscal » à travers quatre parties, structurées en 29 chapitres, respectant l’esprit du programme. Le
chapitre introductif à la fiscalité est suivi d’une présentation complète de la TVA (première partie), notion
mobilisée dans toutes les parties suivantes. La deuxième partie traite des modalités d’imposition des béné-
fices commerciaux (BIC puis IS). La troisième partie est dédiée à l’imposition des revenus des particuliers
sous l’angle conjoint et inédit de l’IR et des prélèvements sociaux. Enfin, la quatrième partie est notamment
consacrée à l’imposition du capital et des salaires, ainsi qu’au contrôle fiscal.
Chaque chapitre propose une synthèse synoptique finale propice à la mémorisation.

XIII
Avant-propos

La section « Des savoirs aux compétences » a été conçue comme une passerelle entre les deux éléments
du programme :
•• Dans un premier temps, le candidat est invité à s’autoévaluer à l’aide d’un quiz/QCM corrigé en fin
­d’ouvrage (rubrique « Évaluer les savoirs »). En fonction de ses résultats, l’étudiant détermine les points
du cours à revoir.
•• Dans un deuxième temps, l’étudiant est placé en contexte afin de tester les compétences requises et
évaluées à l’examen (rubrique « Maîtriser les compétences ») : toutes les compétences du programme
font l’objet d’une mise en situation. Les exercices proposés sont progressifs (le niveau de difficulté est
systématiquement indiqué). Les compétences les plus complexes sont traitées isolément.
•• Enfin, une fois les compétences maîtrisées, l’étudiant est invité à se placer en condition d’examen, sans
calculatrice (rubrique « Préparer l’épreuve »), au travers de cas. Ces pages sont émaillées de conseils
méthodologiques et de rappels théoriques.
Les parties du manuel sont ponctuées d’un cas de synthèse transversal testant les principaux savoirs
et compétences des chapitres concernés. L’ouvrage s’achève par un sujet type d’examen intégralement
corrigé.

Un aller-retour constant entre savoirs et compétences


Deux parcours de préparation sont possibles grâce à ce manuel :
•• Des savoirs disciplinaires étudiés aux compétences à mettre en œuvre en situation.
•• L’acquisition de la compétence par la confrontation des situations aux savoirs.
Résolution de problèmes
à l’aide des savoirs :
la partie cours
est une ressource

Savoirs Compétences
à maîtriser à acquérir

Mise en œuvre des savoirs


lors la résolution de problèmes :
la partie « Des savoirs aux compétences »
est une mise en pratique
contextualisée

Les règles applicables à l’examen 2024 sont celles en vigueur au 31/12/2023 et c’est donc celles qui seront
appliquées dans les exercices du manuel.

XIV
CHAPITRE
1 Introduction générale
à la fiscalité
PROGRAMME

Compétences attendues Savoirs associés


• Repérer et distinguer le droit fiscal • Caractéristiques du droit fiscal
parmi les différentes branches du droit • Sources du droit fiscal
• Caractériser les principales sources du • Classifications des impôts et taxes
droit fiscal
• Organisation et rôle de l’administration
• Identifier les principaux prélèvements fiscale
obligatoires
• Rôle du juge fiscal
• Mettre en évidence le rôle de
• Nécessité et mise en œuvre d’une veille
l’administration fiscale et le rôle du
fiscale
juge fiscal
• Identifier les règles fiscales applicables
à une situation donnée et repérer leurs
évolutions
• Rechercher, identifier et appliquer les
nouvelles dispositions fiscales

LIEN AVEC LE DCG 1


§1. Introduction générale au droit

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Notions fondamentales • 2. Éléments de technique fiscale • 3. Sources du
droit fiscal • 4. Organisation de l’administration fiscale
Des savoirs aux compétences
Synthèse

L a fonction première de l’impôt est d’assurer la couverture des dépenses publiques.


Mais il peut aussi répondre à d’autres objectifs (économiques, sociaux, etc.) qui en
rendent la lisibilité parfois complexe.
Chaque imposition est strictement définie par ses éléments constitutifs et par les dispo­
sitions des textes législatifs, réglementaires et de la jurisprudence. L’ensemble des élé­
ments liés à l’établissement et au recouvrement de l’impôt relève de la compétence de
l’administration fiscale.
MOTS-CLÉS
Administration fiscale • Assiette • Assujetti • Champ d’application • Contribuable
• Exigibilité • Fait générateur • Impôt • Redevable • Territorialité
Partie 1 Taxe sur la valeur ajoutée

1 Notions fondamentales
A Définition et caractéristiques de l’impôt
Définition
Les impôts sont des prestations pécuniaires mises à la charge des personnes
­physiques et morales en fonction de leurs capacités contributives et sans contre­
partie déterminée, en vue de la couverture des dépenses publiques et de la
réalisation d’objectifs économiques et sociaux fixés par la puissance publique
(source : DGFiP).

Portail de la DGFiP : Cette définition repose sur les principes de solidarité et d’égalité face aux charges
http://dunod.link/1uu4t5v publiques et justifie la contribution des citoyens aux dépenses, indépendamment des
avantages reçus (s’opposant en cela à la théorie de l’impôt-contrepartie).
Les principales caractéristiques de l’impôt sont :
•• La notion de prélèvement. Il est pécuniaire et définitif. Sur le plan économique, le pré­
lèvement fiscal joue un rôle important dans l’intervention et la régulation écono­
miques puisqu’il joue aussi bien sur le revenu disponible des ménages et des entre­
prises que sur le budget de l’État.
•• Son caractère obligatoire. Il est lié à la légitimité de la puissance publique et au
principe du consentement à l’impôt. Les contribuables sont tenus de s’acquitter de
l’impôt sous peine des sanctions prévues en cas de retard, dissimulation ou fraude
fiscale.
•• L’absence de contrepartie et d’affectation. En cela, l’impôt se distingue :
–– des taxes ou redevances, qui sont réclamées en contrepartie d’un service public rendu
et généralement à un niveau proportionnel au montant de ce service (ex. : taxe sur
les ordures ménagères) ;
–– des cotisations, qui sont affectées à des dépenses spécifiques (ex. : cotisations
sociales de retraite).

B Classifications des impôts et taxes


On observe généralement aujourd’hui que tous les pays industrialisés ont opté pour un
système d’impôts multiples, pour des considérations tenant à la fois à l’inertie des sys­
tèmes déjà mis en place et aux politiques économiques et fiscales des gouvernements,
établies en fonction des objectifs qu’ils poursuivent. Cette diversité conduit à des classi­
fications traduisant ces différentes approches.
1. Classification selon le mode de perception
Désignée souvent sous l’appellation « classification administrative », elle comprend la
distinction entre impôts « directs » et « indirects », qui ont, chacun, leurs avantages et
inconvénients pour l’administration (tab. 1.1).

2
Chapitre 1 Introduction générale à la fiscalit

Tableau 1.1. Typologie administrative des impôts

Type Avantages et
Définition Exemples
d’impôts inconvénients pour l’État

Directs Versés directement •• Perception simple, •• Impôt sur le revenu


à l’administration à périodicité fixe : rentrées avant et hors
par le contribuable prévisibles prélèvement
sans intermédiaire •• Impact psychologique à la source
important : charge fiscale •• Impôt sur
visible les sociétés (IS)

Indirects Collectés par des •• Action rapide possible •• TVA et Taxe


intermédiaires, sur l’activité économique intérieure de
en principe •• Perception continue consommation
à l’occasion qui dépend de l’activité sur les produits
d’une opération économique et nécessite pétroliers (TICPE)
économique un contrôle •• Impôt sur le revenu
particulière, puis •• Impact psychologique plus prélevé à la source
reversés à l’État faible : moins apparents •• Prélèvements
sociaux (CSG,
CRDS) prélevés
à la source

2. Classification économique
Cette classification est fondée sur l’élément économique qui est retenu comme assiette
de la contribution (tab. 1.2).

Tableau 1.2. Typologie économique des impôts (exemples)

Imposition •• Impôt sur le revenu


du revenu •• Impôt sur les sociétés

Imposition •• TVA et différents autres droits indirects (sur les tabacs, alcools,
de la dépense produits pétroliers, etc.)

•• Impôt permanent (ex. : taxes foncières sur la propriété)


Imposition
•• Impôt réclamé à l’occasion de certaines opérations (ex. : droits
du capital
d’enregistrement)

3. Distinction entre impôt réel et impôt personnel


L’impôt « réel » atteint un bien sans tenir compte de la situation personnelle de son
détenteur (ex. : taxes sur le chiffre d’affaires comme la TVA et les droits indirects).
Au contraire, l’impôt « personnel » est censé prendre en considération l’ensemble de la
situation économique, financière et sociale du contribuable (ex. : impôt sur le revenu).

3
Partie 1 Taxe sur la valeur ajoutée

4. Distinction selon le destinataire des sommes perçues


–– Impôts d’État : impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu, TVA (en partie),..
–– Impôts locaux destinés au financement des collectivités locales : contribution écono­
mique territoriale, taxe foncière, TVA (pour la partie reversée par l’État aux collecti­
vités), …
5. Classification retenue par les services fiscaux
L’administration française utilise une classification qui sert en grande partie de critère
pour l’organisation des services fiscaux. Elle distingue :
–– la fiscalité personnelle, comprenant les différentes catégories de l’impôt sur le revenu
(sauf les bénéfices industriels et commerciaux) ;
–– la fiscalité des entreprises (BIC et impôt sur les sociétés) ;
–– les taxes sur le chiffre d’affaires (TVA et droits indirects) ;
–– la fiscalité immobilière ;
–– les droits d’enregistrement ;
–– les impôts directs locaux.

C Structure des recettes fiscales de l’État


Les recettes fiscales de l’État proviennent des différents impôts. Leur importance rela­
tive dans le budget global diffère (fig. 1.1), de manière assez stable dans le temps.

Alors qu’elle était un Autres recettes fiscales :


impôt d’État à plus 58 (18,45 %)
de 90 %, une part
croissante du produit Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) :
brut de la TVA est Taxe intérieure de consommation 97,4 (30,99 %)
versée depuis 2018 aux sur les produits énergétiques (TICPE) :
collectivités locales 16,8 (5,35 %)
et administrations de
Sécurité Sociale (plus de Impôt sur les sociétés :
55 % dans le PLF2023). 55,2 (17,56 %)
Ceci explique sa part
relativement faible dans
les recettes de l’État
(alors qu’elle représente Impôt sur le revenu : En milliards d’euros et en %
le prélèvement fiscal le 86,9 (27,65 %) des recettes fiscales
plus conséquent).

Figure 1.1. Répartition des recettes fiscales (projet de loi de finances pour 2023)
(source : www.economie.gouv.fr)
EXERCICE 2

4
Chapitre 1 Introduction générale à la fiscalit

2 Éléments de technique fiscale


L’application de l’impôt nécessite d’en expliciter le mécanisme, c’est-à-dire de définir
certaines caractéristiques.

A Champ d’application de l’impôt


Définir le champ d’application d’un impôt revient à préciser :
–– les personnes imposables ;
–– les opérations imposables ;
–– les règles de territorialité.
1. Personnes imposables
Ce sont les personnes qui sont désignées contribuables ou assujetties par la loi.

Définitions
• Le contribuable est la personne qui supporte la charge de l’impôt.
• L’assujetti est la personne qui se trouve dans le champ d’application de l’impôt.
• Le redevable est la personne qui doit verser l’impôt car elle réalise des opérations
soumises (on peut être assujetti sans être redevable : cas du médecin exonéré de TVA).

Exemple
◗◗ En matière de TVA, on distingue :
–– le contribuable : le consommateur final ;
–– l’assujetti : la société, l’entreprise individuelle… soumise à la TVA ;
–– le redevable : la société, l’entreprise individuelle… soumise à la TVA et qui réalise des opé­
rations non exonérées. Elle déclare et paye les montants de TVA liés à ces opérations. ◗
2. Opérations imposables
Ce sont les actes ou les événements relatifs au revenu, à la dépense ou au capital devant
être soumis à l’impôt.
Selon les impôts et taxes concernés, certaines opérations sont imposables – soit par
nature, soit par détermination de la loi, soit par option –, alors que d’autres sont exonérées.
3. Règles de territorialité
La territorialité précise les limites du territoire auquel s’applique la législation fiscale
française, ainsi que les règles applicables lorsqu’interviennent des personnes ou des
opérations mettant en jeu des pays autres que la France.

B Assiette de l’impôt
Définition
L’assiette désigne la base de calcul d’un impôt ou d’une taxe. Sa détermination consiste
à cerner la matière imposable et fixer les règles d’évaluation correspondantes.

5
Partie 1 Taxe sur la valeur ajoutée

1. Matière imposable
C’est l’élément économique qui est à la source de l’impôt. Son évaluation permet d’établir
la base imposable, c’est-à-dire le montant sur lequel doit s’appliquer le tarif de l’impôt.
Exemple
◗◗ Le revenu net professionnel constitue la matière imposable dans le cadre de l’imposition
sur le revenu des entrepreneurs individuels. ◗

2. Règles d’évaluation de la matière imposable


Il s’agit de définir la base imposable et de l’évaluer. Plusieurs approches peuvent être
prévues.
L’évaluation réelle. Elle vise à connaître le montant réel de la base imposable, ce qui sup­
pose, dans la plupart des cas, la tenue d’une comptabilité précise et détaillée. Le plus souvent,
l’administration fiscale se contente de la déclaration du contribuable. Mais cette confiance a
pour contrepartie le droit de contrôle et de vérification que se réservent les services fiscaux.
L’évaluation approchée. Elle revient à renoncer à l’évaluation réelle parce qu’elle
est trop contraignante ou trop coûteuse. La base imposable est déterminée de façon
approximative par l’Administration à partir d’éléments jugés significatifs de l’activité du
contribuable ou de sa capacité contributive.
L’évaluation indiciaire. Cette dernière est encore plus approximative et se fonde sur
des critères extérieurs à la base imposable elle-même. Il s’agit, par exemple, de l’éva­
luation des valeurs locatives des bâtiments en matière d’impôts locaux, fondées sur le
classement des immeubles en catégories présentant des caractéristiques de qualité ou
de confort communes.

C Exigibilité
Il s’agit de l’identification de l’évènement déclencheur de l’imposition. Il faut distinguer
exigibilité et fait générateur.

Définitions
• L’exigibilité est l’événement, l’acte ou la situation qui rend une personne redevable
de l’impôt et qui donne naissance à la dette envers la collectivité bénéficiaire de
l’impôt.
• Le fait générateur est l’événement par lequel sont réalisées les conditions légales
nécessaires à l’exigibilité de l’impôt et qui fait naître l’obligation fiscale.

D Liquidation de l’impôt
Liquider un impôt consiste à en calculer le montant exigible une fois que sa base impo­
sable (ou assiette) a été définie et évaluée.
La liquidation est effectuée :
–– soit par le contribuable lui-même (ex : TVA, IS, etc.) ;
–– soit par l’Administration (ex. : IR, impôts locaux).

6
Chapitre 1 Introduction générale à la fiscalit

E Recouvrement de l’impôt
Il s’agit de la dernière phase, qui consiste à opérer l’encaissement réel de l’impôt :
–– soit après appel du montant par l’administration concernée : le contribuable reçoit
alors un extrait du « rôle » d’imposition ou un avertissement à payer. Cette procédure
concerne surtout l’imposition des particuliers (ex : impôt sur le revenu hors prélève­
ment à la source, impôts locaux) ;
–– soit spontanément : dans ce cas, le contribuable adresse lui-même l’impôt dont il est rede­
vable, sans recevoir de demande de l’Administration. Ceci est le cas, le plus souvent, pour
les impôts dont sont redevables des professionnels (ex. : impôt sur les sociétés, TVA) ;
–– soit par retenue à la source : l’Administration (ou une personne agissant pour son
compte) effectue elle-même un prélèvement sur un revenu (ex. : prélèvements sociaux
– CSG, CRDS –, prélèvement à la source de l’IR, prélèvement forfaitaire unique).
EXERCICE 2

3 Sources du droit fiscal


Le droit fiscal constitue une branche du droit public (fig. 1.2), qui repose sur des textes
d’origines variées. Pour des raisons de légitimité et de consentement à l’impôt, la loi a
été longtemps le moyen privilégié de création du droit fiscal, renforçant ainsi la supré­
matie de la loi sur les sources réglementaires.
Droit national

Droit public Droit privé


Régit le fonctionnement Régit les rapports entre
de l’administration publique particuliers ou avec
et les rapports impliquant des organisations privées
une personne publique

Droit constitutionnel Droit administratif Droit civil Droit commercial


Fonctionnement Organisation Relations entre Relations entre
des grandes des collectivités particuliers commerçants
institutions et territoriales et
répartition des services
du pouvoir publics

Droit fiscal Droit pénal Droit du travail


Fixation et mode Fixation des faits portant Relations entre
de perception atteinte aux intérêts de employeurs et salariés
des impôts et autres la société et de
prélèvements leurs sanctions
obligatoires
(taxes, etc.)

Figure 1.2. Branches du droit

7
Partie 1 Taxe sur la valeur ajoutée

A Loi
La loi constitue la source principale du droit fiscal.
Constitution, art. 34
■■« La loi fixe les règles concernant l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des
impositions de toute nature. »
En conséquence, avant la fin de chaque année, le Parlement vote la loi de finances qui
définit les recettes fiscales de l’État et indique les dispositions fiscales, structurelles ou
conjoncturelles, résultant des choix politiques gouvernementaux.

B Sources conventionnelles
Le droit fiscal ne peut naître de conventions internes. Il s’agit donc ici surtout des
conventions internationales et des traités.
On peut distinguer principalement :
–– les conventions internationales dites de « non double imposition » qui sont passées
entre deux États dans le but de régler la situation fiscale des personnes susceptibles
d’être imposées dans chacun des deux États concernés ;
–– les conventions internationales destinées à lutter contre la fraude fiscale ;
–– les dispositions communautaires qui s’imposent aux États concernés, tenus d’appli­
quer les directives européennes en les transposant dans leur législation, ainsi que les
règlements.

C Règlements
L’ensemble des lois, En vue de leur mise en application, les lois sont complétées par les décrets et arrêtés
règlements, décrets et ministériels, de niveau hiérarchiquement inférieur.
arrêtés sont rassemblés
dans le Code général des
impôts qui se compose D Jurisprudence
du Code lui-même, des
annexes (règlements Il s’agit des jugements rendus en matière fiscale par les juridictions contentieuses et qui
d’administration concernent le plus souvent la contestation par un contribuable d’une interprétation de
publique, décrets
en Conseil d’État,
la loi par la doctrine administrative (instruction, circulaire, etc.).
décrets et arrêtés) Parfois, lorsque l’Administration constate que le juge adopte une orientation qui s’op­
et du Livre des pose à sa propre doctrine, elle peut intervenir pour obtenir du Parlement le vote d’une
procédures fiscales
(contrôle, contentieux
loi confirmant ses propres analyses et annulant la création jurisprudentielle.
et recouvrement Il est nécessaire d’examiner également la jurisprudence de la Cour de justice de
de l’impôt). l’Union européenne (CJUE), conséquence de la primauté du droit européen sur le droit
français.
EXERCICE 2

8
Chapitre 1 Introduction générale à la fiscalit

4 Organisation de l’administration fiscale


L’organisation de l’administration fiscale est d’abord hiérarchique et géographique. Elle
est complétée par une répartition fonctionnelle très détaillée des missions de chacun
des services.

A Organisation des services centraux


Le ministère chargé de l’Économie et des Finances comprend, entre autres :
–– la Direction générale des finances publiques (DGFiP) qui regroupe la direction de la
fiscalité et la direction de la gestion publique. Elle a pour fonction le contrôle de la
production et de la qualité des comptes de l’État ;
–– la Direction de la législation fiscale, qui conçoit les textes fiscaux et représente les
ministères dans les négociations internationales en matière de fiscalité ;
–– la Direction des grandes entreprises (DGE), dont dépendent les très grandes
­entreprises.

B Services déconcentrés de l’administration fiscale NOTRE CONSEIL

Le précis de
Il s’agit des services qui assurent, sur le plan local, le relais des décisions prises par fiscalité est publié
­l’administration centrale et qui gèrent les services de l’État au niveau local. chaque année,
Les pricipaux services sont : il est disponible
•• Les services des impôts aux particuliers (SIP) : ils constituent l’interlocuteur unique gratuitement sur le
site impots.gouv.fr
des particuliers pour les déclarations, les calculs, les exonérations, les réclamations,
à la rubrique
les paiements et les demandes de délais de paiement relatifs à l’impôt sur le revenu,
« documentation ».
les impôts locaux et la contribution à l’audiovisuel public. Il regroupe
•• Les services des impôts des entreprises (SIE) : ils sont l’interlocuteur unique des PME, l’ensemble des
commerçants, artisans, agriculteurs et professions libérales pour le dépôt des décla­ dispositions
rations professionnelles (déclarations de résultats, TVA, CFE, etc.) et le paiement des fiscales et permet
principaux impôts professionnels (IS, TVA, taxe sur les salaires, etc.). des recherches
simples grâce à un
•• Les trésoreries : elles assurent la gestion budgétaire et comptable des collectivités sommaire détaillé.
locales et des établissements publics (hôpitaux, etc.). Dans certains cas, elles assurent
Il s’agit d’une
le recouvrement des impôts et l’accueil fiscal de proximité. Elles gèrent aussi le ressource gratuite
recouvrement des amendes. et précieuse.
•• Les centres des impôts fonciers (bureaux du cadastre) : ils établissent le plan cadastral,
fixent les valeurs locatives pour les taxes foncières et la taxe d’habitation (en voie
de suppression). Ils participent à la gestion du domaine de l’État et au contrôle des
­opérations immobilières des collectivités publiques.
•• Les services de la publicité foncière : ils exercent des attributions civiles et fiscales
en délivrant tous les renseignements relatifs à la propriété immobilière. Ils sont
­notamment chargés de recouvrer la taxe de publicité foncière.
EXERCICE 2

9
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Évaluer Maîtriser Préparer
les savoirs les compétences l’épreuve

1 Quiz
Vérifiez l’exactitude des propositions ci-après et justifiez-les.
Vrai Faux
1. Le droit fiscal est la branche du droit recouvrant l’ensemble
∙ ∙
des règles de droit relatives aux impôts.
2. L’impôt sur le revenu, lorsqu’il est prélevé à la source, n’est pas
∙ ∙
un impôt direct.
3. Un impôt réel est nécessairement un impôt direct. ∙ ∙
4. L’impôt sur le revenu est l’impôt qui rapporte le plus à l’État
∙ ∙
français.
5. La TICPE est la « taxe intérieure sur la consommation de pétrole
∙ ∙
étranger ».
6. Une personne peut être redevable de l’impôt sans être assujettie. ∙ ∙
7. L’assiette de l’impôt est la base de calcul de l’impôt. ∙ ∙
8. Le champ de l’impôt permet de déterminer les limites
∙ ∙
géographiques de l’application de la fiscalité française.
9. La liquidation est le paiement de l’impôt. ∙ ∙
10. Le droit fiscal est une branche du droit privé car il se rapporte
∙ ∙
aux particuliers.
11. Aucune directive européenne ne peut agir sur le droit fiscal
∙ ∙
d’un État membre de l’Union européenne.
12. Les services des impôts des entreprises sont l’interlocuteur
∙ ∙
privilégié des experts-comptables.

10
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Évaluer Maîtriser Préparer


les savoirs les compétences l’épreuve

2 Découvrir impots.gouv.fr ★★★


Compétences attendues • Repérer et distinguer le droit fiscal parmi les différentes
branches du droit
• Caractériser les principales sources du droit fiscal
• Identifier les principaux prélèvements obligatoires
• Mettre en évidence le rôle de l’administration fiscale et le
rôle du juge fiscal
• Identifier les règles fiscales applicables à une situation
donnée et repérer leurs évolutions
• Rechercher, identifier et appliquer les nouvelles dispo­
sitions fiscales

À l’aide du site impots.gouv.fr, répondez aux questions suivantes :


1. Indiquez ce qu’est la DGFiP et détaillez-en les missions.
2. À partir de l’extrait du précis de fiscalité ci-après, indiquez qui est le contribuable en
matière de TVA.
3. Dégagez la principale source dont les règles applicables à la TVA sont issues.

Extrait du précis de fiscalité (article 4200)


Document

La TVA se caractérise essentiellement comme un impôt général sur la


consommation qui s’applique aux livraisons de biens et prestations de services
situées en France.
L’assujettissement à la taxe est déterminé par la nature des opérations effectuées
ou des produits concernés, indépendamment de la situation personnelle de
l’assujetti ou de son client.
La taxe est liquidée de telle sorte qu’à l’issue du circuit économique qui met les
biens ou les services à la disposition de l’acquéreur la charge fiscale correspond
à la taxe calculée sur le prix de vente final exigé de celui-ci.
La taxe afférente à une opération est calculée en appliquant à la base hors TVA,
quel que soit son montant, un taux proportionnel de TVA.
Un certain nombre de règles, dont les principales sont issues des lois qui
transcrivent en droit français les directives communautaires, définissent et
déterminent :
– le champ d’application de la taxe qui conduit à examiner les opérations
imposables, la territorialité de l’impôt, les exonérations, le régime suspensif et
les options (première partie, n° 4201 et suivants) […].

11
SYNTHÈSE
Introduction générale à la fiscalité

Notions propres à la fiscalité


••exigibilité ••contribuable
••fait générateur ••redevable
••assiette de l’impôt ••assujetti
Sources du droit fiscal

Constitution • Conventions internationales de « double imposition »


• Conventions internationales luttant contre la fraude
fiscale internationale
Conventions internationales et dispositions • Dispositions communautaires visant à éviter
communautaires la concurrence fiscale entre États membres

Fixent les règles concernant l’assiette,


Lois les taux et les modalités de
Code général
recouvrement des impositions
des impôts (CGI)
Règlements (décrets et arrêtés) Facilitent la mise en application des lois

• Jugements rendus en matière fiscale concernant


Jurisprudence la contestation par un contribuable
d’une interprétation de la loi
• Facilite la compréhension et l’application de la loi

Organisation de l’administration fiscale


Services centraux

Ministère chargé de l’économie et des finances

Direction des grandes Direction générale des finances publiques,


entreprises dont Direction de la législation fiscale

Les services déconcentrés de l’administration fiscale

Services Services Centres Services


des impôts des impôts des impôts de publicité
Trésoreries
des particuliers des entreprises fonciers foncière
(SIP) (SIE) (CIF) (SPF)

12
CHAPITRE
2 Principes et champ
d’application de la TVA

PROGRAMME

Compétence attendue Savoir associé


Qualifier les opérations et justifier Champ d’application de la TVA
les règles applicables en matière de taxe
sur la valeur ajoutée

PRÉREQUIS LIEN AVEC LE DCG 9


Le traitement de la TVA (DCG 9) §3. Analyse comptable et opérations courantes

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Principe et mécanisme • 2. Champ d’application • 3. Régimes particuliers
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences
• Préparer l’épreuve
Synthèse

L a taxe sur la valeur ajoutée est une « invention française » et constitue le principal
impôt en France. La TVA est un impôt indirect sur la consommation dont le méca-
nisme repose sur l’intervention des agents économiques. Son champ d’application est
très large.

MOTS-CLÉS
Assujetti • Champ d’application • Livraison à soi-même • Opération exonérée
• Opération soumise • TVA collectée • TVA déductible
Partie 1 Taxe sur la valeur ajoutée

1 Principe et mécanisme
La TVA est un impôt indirect sur la consommation, collecté par l’intermédiaire des
entreprises ou personnes qui interviennent dans la circulation ou la production de la
plupart des biens ou services.
Lorsqu’une opération taxable est réalisée, le vendeur ou prestataire de services :
CHIFFRES-CLÉS –– majore son prix de vente fixé économiquement du montant de la taxe calculée en
Avec une prévision pourcentage sur ce prix hors taxe (HT), au taux fixé pour les produits ou activités, et
de 215 milliards encaisse le prix majoré de la TVA collectée et donc taxe comprise (TTC) ;
d’euros de recettes –– peut déduire en principe la TVA qu’il a payée à ses fournisseurs, qui a grevé les divers
brutes, la TVA éléments du coût du bien ou du service, y compris les immobilisations mises en œuvre,
représente de loin
et qui est donc pour lui de la TVA déductible ;
la majeure source de
recettes publiques.–– reverse au Trésor la différence entre la taxe collectée et la taxe déductible.
Cependant depuis Pour bien comprendre l’intérêt de ce mécanisme, il faut mener l’analyse au niveau d’un
2018, une partie
cycle économique complet.
n’alimente pas
les caisses de Exemple
l’État mais celles ◗◗ Un propriétaire-récoltant R, soumis à la TVA au taux normal de 20 %, récolte lui-
des collectivités même des raisins, les presse et obtient du vin, qu’il vend à un négociant N au prix de
territoriales, de la
100 € HT.
Sécurité Sociale
Le négociant N paie un transporteur T 10 € HT, achète des bouteilles à un fournisseur B
et, depuis 2022,
de l’audio-visuel 20 € HT et revend le vin mis en bouteille à un épicier E pour un total de 300 € HT.
public. Avec plus L’épicier E fait de la publicité dans le journal J pour 50 € HT et revend tout le vin au consom-
de 97 milliards mateur final Monsieur X pour 600 € HT.
d’euros, elle reste Voici les incidences de la TVA sur ce processus économique :
cependant encore
la principale source Encaissement / Encaissement / Sommes perçues
de recettes fiscales décaissement en décaissement par le Trésor public
nettes de l’État l’absence de TVA net avec TVA (TP)
selon le Projet
de Loi de finances Phase 1 : Récoltant R
pour 2023 •• Vend du vin à N 100 120
(www.senat.fr).
•• Paie la TVA au TP − 20 20 de R
Flux de trésorerie net 100 100 20

Phase 2 : Négociant N
•• Achète du vin à R − 100 − 120
•• Paie le transport à T − 10 − 12 2 de T
•• Paie des bouteilles à B − 20 − 24 4 de B
•• Vend son vin à E 300 360
•• Paie la TVA au TP − 34 34 de N
Flux de trésorerie net 170 170 40

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Chapitre 2 Principes et champ d’application de la TVA

Encaissement / Encaissement / Sommes perçues


décaissement en décaissement par le Trésor public
l’absence de TVA net avec TVA (TP)
Phase 3 : Épicier E
•• Achète son vin à N − 300 − 360
•• Paie de la publicité à J − 50 − 60 10 de J
•• Vend son vin à M. X 600 720
•• Paie la TVA au TP − 50 50 de E
Flux de trésorerie net 250 250 60
Total 120

• La taxe est supportée intégralement par le consommateur final.


La taxe totale, qui s’élève à 120 € , est intégralement supportée par Monsieur X, qui paie
son vin 720 €, alors que sa valeur HT est de 600 €, et qui n’obtient aucune restitution
ultérieure de ce paiement. Les 120 € correspondent au taux de TVA (20 %), appliqué au
prix de vente du produit à son stade final (600 €).
• La taxe est intégralement collectée par les différents agents économiques intervenant
sur le produit ou service.
Ce sont les différents agents économiques (successivement R, puis T, B, N, et enfin J et E)
qui versent la taxe à l’État.
• Pour la livraison d’un bien ou la prestation d’un service, le Trésor public reçoit de tous
les intermédiaires successifs une fraction de l’impôt sans attendre la mise à disposition
du bien ou du service au consommateur final ; la fraction de taxe perçue à chacun des
stades est fonction de la valeur ajoutée par chacun d’entre eux.
Les 120 € de TVA collectée sur cette opération économique sont collectés en trois phases
successives, correspondant chacune à un stade de formation de la valeur ajoutée finale du
produit :
Taxe
perçue
Phase Valeur ajoutée créée Commentaire
par
le TP

1 Le produit passe de 0 à 100 € : 20 € On a bien : taxe perçue (20) = 20 %


valeur ajoutée = 100 € × valeur ajoutée créée (100)
2 Le produit passe de 100 € à 40 € On a bien : taxe perçue (40) = 20 %
300 € : valeur ajoutée = 200 € × valeur ajoutée créée (200)
3 Le produit passe de 300 € à 60 € On a bien : taxe perçue (60) = 20 %
600 € : valeur ajoutée = 300 € × valeur ajoutée créée (300)

En pratique, la mise en évidence et l’imposition de la valeur ajoutée par une entreprise


ne sont pas réalisées au cas par cas pour chacun des produits ou services vendus (comme
dans l’exemple précédent), mais globalement et pour une période d’activité, en principe
mensuelle.

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Partie 1 Taxe sur la valeur ajoutée

À partir des informations extraites de la comptabilité, une déclaration récapitule les


éléments ­suivants :
–– TVA collectée pendant la période (sauf dans le commerce de détail, elle figure sur les
La TVA est déductible, factures établies au nom des clients) ;
en principe,
–– TVA déductible au titre de la période, portée sur les factures reçues des fournisseurs pour
pour un assujetti,
tant sur ses achats les achats d’immobilisations et de biens autres qu’immobilisations et services (BAIS) ;
de biens et services –– TVA nette due égale à la différence : TVA collectée – TVA déductible.
que sur ses
immobilisations.
Certaines situations peuvent conduire à un excédent du montant de la TVA déductible
sur celui de la TVA collectée. Ce « crédit » de TVA majore en principe la TVA déductible
de la période suivante. Il peut, dans certaines conditions, être remboursé à l’entreprise
( chapitre 5).

2 Champ d’application de la TVA


La plupart des opérations économiques et commerciales sont, par nature, soumises à
la TVA alors que d’autres n’entrent pas dans son champ d’application. Cependant, cer-
taines opérations entrant dans le champ d’application de la TVA en sont exonérées par
des dispositions législatives qui peuvent parfois ouvrir la possibilité d’une option. Par
ailleurs, certaines opérations situées hors de son champ d’application sont soumises à
la TVA par disposition expresse de la loi.
L’imposition à la TVA peut donc résulter de trois situations distinctes (fig. 2.1).

Opérations économiques

Opérations entrant dans le champ de la TVA


Dans le champ mais exonérées
de la TVA Opérations non imposées
Opérations exonérées sans option possible
Livraisons de biens à la TVA car « exonérées »
et prestations
de services Opérations exonérées avec option possible
effectuées
à titre onéreux
par un assujetti Opérations imposables par nature Opérations imposées à la TVA
(et non exonérées)

Opérations imposables
Hors du champ par disposition de la loi
de la TVA
Autres opérations Opérations non imposées
Opérations non imposables
à la TVA car « hors champ »

Figure 2.1. Champ d’application de la TVA

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