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L'Inconscient

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II.

- CE QUI NOUS ÉCHAPPE (l’inconscient)

Peut-on fonder l’hypothèse de l’inconscient ?

I.- PROBLEMES SOULEVES PAR LA CONSCIENCE REFLEXIVE


a) La perception consciente immédiate
De manière spontanée, on n’envisage pas la possibilité selon laquelle la conscience pourrait
ignorer certains de ces propres contenus. On pense que tout ce qui est présent en nous,
tout ce qui est en notre esprit est nécessairement présent à nous-mêmes, c’est-à-dire
aperçus. On pense donc qu’il n’y a aucune différence entre l’esprit et la conscience ou entre
la vie psychique et la conscience de telle sorte que toute notre pensée est apercevable en
totalité.
b) Nous n’apercevons pas tout
Il est possible de ne pas apercevoir une perception, de ne pas saisir réflexivement un
contenu de conscience ou de le faire avec retard sur l’acte de conscience. De sorte que
l’identification spontanée entre vie psychique et conscience intentionnelle s’en trouve remise
en question. Mais, on peut aller plus loin encore : non seulement soutenir que certains
contenus de conscience nous échappent, passent inaperçus, mais qu’ils sont impossibles à
apercevoir, qu’ils nous échappent non pas à cause d’un défaut d’attention, mais parce que
nous ne pouvons ou ne voulons pas les apercevoir.
Cette hypothèse est celle d’une vie psychique inconsciente, celle de Freud. Elle consiste à
dissocier totalement la pensée ou vie psychique de ce que la conscience réflexive saisit ou
éclaire en nous. Car, dans le vocabulaire de Freud, la conscience, c'est toujours la
conscience réflexive. Le conscient, c'est le connu de moi, la conscience, c'est la faculté dont
l'activité est de saisir mes actes et contenus de conscience, et dont je crois qu'elle sait tout
de moi.
« Qu’une chose se passe dans ton âme ou que tu en sois de plus averti, voilà qui n’est pas la même
chose ».
Freud, Une difficulté de la psychanalyse.
Seulement, cette hypothèse pose un problème méthodologique : comment peut-on affirmer
l'existence d'une vie psychique impossible à apercevoir puisque justement on ne peut rien
savoir d'elle ? Que penser donc d'une telle hypothèse ? Qu'est-ce qui permet de l’envisager
comme valable ?

II.- PEUT-ON FONDER L’HYPOTHESE D’UNE VIE PSYCHIQUE INCONSCIENTE ?


Parler d’une vie psychique inconsciente peut sembler absurde : cette idée s’oppose au
témoignage immédiat de la conscience selon lequel la vie psychique se réduit non à la
conscience mais à ce que la conscience réflexive saisit en moi de moi, et il n’existe, par
définition, aucune saisie directe possible de l’existence de cette vie psychique inconsciente.
Je ne peux pas en prendre conscience moi-même réflexivement, et, a fortiori, personne
d’autre n’est susceptible de le faire non plus.
Seulement, le témoignage de la conscience ne prouve rien dans la mesure où précisément,
si cet inconscient existe, la conscience ne peut pas en être consciente. Ainsi, l’impossibilité
de faire une expérience directe de l’existence d’une vie psychique inconsciente ne constitue
pas une objection recevable d'autant qu'il est peut-être possible d’inférer son existence à
partir d’effets constatables par la conscience ou autrui et dont elle serait la cause.
On nous conteste de tous côtés le droit d’admettre un psychisme inconscient et de travailler
scientifiquement avec cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l’hypothèse de
l’inconscient est nécessaire et légitime, et que nous possédons de multiples preuves de l’existence
1
de l’inconscient. Elle est nécessaire parce que les données de la conscience sont extrêmement
lacunaires ; aussi bien chez l’homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes
psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d’autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du
témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez
l’homme sain, et tout ce qu’on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez
le malade ; notre expérience quotidienne la plus personnelle nous met en présence d’idées qui nous
viennent sans que nous en connaissions l’origine, et de résultats de pensée dont l’élaboration nous
est demeurée cachée. Tous ces actes conscients demeurent incohérents et incompréhensibles si
nous nous obstinons à prétendre qu’il faut bien percevoir par la conscience tout ce qui se passe en
nous en fait d’actes psychiques ; mais ils s’ordonnent dans un ensemble dont on peut montrer la
cohérence, si nous interpolons les actes inconscients inférés. Or, nous trouvons dans ce gain de
sens et de cohérence une raison, pleinement justifiée, d’aller au-delà de l’expérience immédiate. Et
s’il s’avère de plus que nous pouvons fonder sur l’hypothèse de l’inconscient une pratique couronnée
de succès, par laquelle nous influençons, conformément à un but donné, le cours des processus
conscients, nous aurons acquis, avec ce succès, une preuve incontestable de l’existence de ce dont
nous avons fait l’hypothèse. »
FREUD, Métapsychologie, « L'inconscient ».
Commentaire :
Ce qui justifie donc cette hypothèse, ce sont des faits psychiques aperçus de nous mais qui
ne peuvent pas être expliqués par la conscience, comme par exemple, les rêves, les actes
manqués, les symptômes de maladies psychiques, ou encore toutes les idées qui nous
viennent à l’esprit sans que leur élaboration aient été conduites par la conscience.
L’existence de tels faits permet d’inférer, c’est-à-dire de supposer une cause non constatée
en elle-même à des faits constatés et compris comme ses effets, l’existence d’une vie
psychique inconsciente. Ce qui justifie l’hypothèse d’une vie psychique inconsciente, ce sont
donc des indices qui ont valeur de preuve en faveur de cette hypothèse une fois qu’elle est
émise – Comme dans le cadre d’une enquête de police, on constate des faits qui servent à
se représenter ce qui s’est passé et qui n’est plus observable directement parce que c’est
passé. Ces faits ont la fonction d’indices dans le processus de l’enquête elle-même, dans la
tentative de reconstitution des faits passés et ils ont une fonction de preuves en faveur de
la représentation de ce qui s’est passé une fois qu’elle est élaborée.
L’hypothèse de l’existence d’une vie psychique joue donc à deux niveaux : elle est un
principe d’intelligibilité des faits psychiques observés et aberrants pour la conscience, et,
elle est un principe de réalité dans la mesure où cette hypothèse ne permet pas seulement
de comprendre, mais elle (sup)pose une existence, l’existence d’un quelque chose qui a des
effets, qui est la cause réelle des faits constatés.

Cette fois que l’hypothèse d’une vie psychique inconsciente est devenue légitime, il s’agit
de se demander à présent quelle est la structure générale de la vie psychique dans son
ensemble afin de savoir quels sont les rapports entre la conscience et l’inconscient.

III.- LA STRUCTURE DE LA VIE PSYCHIQUE


a) La double appartenance
Tous les êtres humains, en tant qu’ils sont des êtres vivants, doués de conscience et en
tant qu’ils ont une vie sociale et qu’ils sont au monde appartiennent simultanément à deux
types de vie : la vie biologique et la vie sociale.
L’appartenance à la vie biologique, le fait d’avoir un corps biologique, implique la présence
en eux de certaines déterminations naturelles propres aux êtres vivants : des appétits, des
désirs, des tendances, comme la faim, le désir sexuel, l’agressivité. Ils sont soumis à des
exigences somatiques liées à la conservation de soi et à la reproduction.
L’appartenance à la vie sociale, le fait d’avoir une vie sociale, de vivre avec les autres,
implique qu’ils sont soumis à des lois, des impératifs sociaux, moraux, légaux... qui règlent
la vie sociale et la vie individuelle en tant qu’elle est socialisée.
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Or, ces deux exigences ne sont pas cohérentes entre elles : ce qu’exige le corps n’est pas
toujours en accord avec ce qu’exige la loi, les impératifs moraux. De sorte que le sujet, pris
entre ses impératifs divers et contradictoires, devient un lieu de conflit entre ces exigences
et tend à trouver un équilibre, un compromis entre elles.
b) L’économie des pulsions
b.1) L’importance du désir
Du point de vue de la vie psychique, les impératifs liés à la vie biologique se manifestent
sous la forme de pulsions, c’est-à-dire de forces, en elles-mêmes entre le biologique et le
psychique, agressives et sexuelles, qui ne sont pas conscientes et qui investissent certaines
représentations, qui se fixent sur des représentations présentes dans la vie psychique (des
souvenirs, une perception...). Ces désirs tendent à devenir conscients, à entrer dans la
conscience, pour être satisfait. Le désir ne veut et ne connaît que le plaisir.
b.2) Conflit entre désir et morale
Il est possible que certains désirs entrent en conflit, en contradiction avec les lois morales
ou sociales assimilées par le sujet. Certaines représentations, certains désirs peuvent être
en contradiction avec les aspirations morales ou esthétiques du sujet, ou offenser le
sentiment de sa propre dignité. Le sujet peut trouver ce désir inacceptable : il en résulte un
conflit et une souffrance psychologique qui vont enclencher un mécanisme de défense dans
le sujet. A savoir, pour éviter le conflit, pour ne pas avoir à souffrir de cette contradiction,
le désir inacceptable va être refoulé, c’est-à-dire qu’il va être maintenu dans l’inconscience
et oublié. Il faut en effet bien comprendre que le refoulement est lui-même inconscient,
que le mécanisme de défense n’est pas conscient, qu’à aucun moment donc la conscience
ne prend conscience du désir tenu pour inacceptable. Le refoulement est donc une fuite
devant la souffrance. Dans cette perspective, on peut dire avec Freud que l’inconscient,
c’est le refoulé. Il faut ajouter qu’il n’y a rien de pathologique dans ce mécanisme, qu’il est
« normal » et nécessaire à la vie du sujet.
b.3) Les traces du désir
Le désir refoulé n’a pas pour autant été détruit par le refoulement, il est toujours présent
et tend toujours à entrer dans la conscience. De sorte que l’équilibre atteint par le sujet est
fragile et peut se rompre. Comment ? Le désir refoulé peut parvenir à franchir la censure,
à détourner le mécanisme de défense, mais pas sous sa forme initiale, sous une forme
différente, c’est-à-dire associé à d’autres représentations que celles avec lesquelles il était
d’abord lié. Ce retour du refoulé constitue un déguisement du désir initial, un compromis
entre ce qu’il désire et ce que peut tolérer la censure. Ce retour du refoulé sous une forme
différente, c’est par exemple un lapsus, un acte manqué, les rêves, les symptômes d’une
maladie psychique. Tout cela constitue des satisfactions du désir sous une forme acceptable
par la censure, des satisfactions substitutives. Mais, au fond personne n’y trouve son compte
avec ce compromis : le désir n’est satisfait que d’une manière indirecte et partielle, le sujet
ne comprend pas ce qui lui arrive, ce qui le pousse à faire ce qu’il fait et peut souffrir
finalement du retour du refoulé.
c) La topique freudienne
Cette conception de la vie psychique donne lieu à une représentation de la vie psychique,
de sa structure, sous une forme spatiale ou topique. Il y a deux topiques chez Freud. La
seconde distingue diverses instances de la vie psychique, qui sont comme les divers
personnages d’un drame qui se joue à l’intérieur de la vie psychique de chaque sujet.
- Le Ça : il est l’instance des pulsions, des exigences somatiques dans le psychisme. Il est
totalement inconnu de la conscience, il est réglé par le principe de plaisir, c’est-à-dire qu’il
ne tend qu’à la satisfaction de ses désirs. Le Ca correspond à l’appartenance à la vie
biologique.
- Le Moi : il est l’instance en laquelle on trouve la conscience, c’est-à-dire l’ensemble des
représentations dont nous sommes conscients. Mais, le Moi n’est pas la conscience en tant
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que telle puisqu’une partie du Moi est inconsciente, la censure, le mécanisme de défense
qui refoule les désirs inacceptables ou qui les adapte aux exigences du sujet. Il est régi par
le principe de réalité, c’est-à-dire qu’il est conscient des impératifs liés à la vie sociale et à
la réalité en général.
- Le Surmoi : il est l’instance où se trouvent intériorisés les interdits sociaux, les impératifs
moraux. A ce titre, ses contenus sont très fortement déterminés par l’histoire des moeurs,
des impératifs moraux de la civilisation à laquelle le sujet appartient et à son histoire
personnelle, aux interdits parentaux, aux forces répressives que l’individu a rencontrées au
cours de son existence. Cette dimension du sujet correspond à l’appartenance sociale du
sujet et donc à son inscription dans l’histoire et dans une histoire singulière. Il est
inconscient et préconscient, c’est-à-dire qu’une partie du Surmoi est susceptible de devenir
conscient. C’est le cas par exemple de certains interdits sociaux dont je suis conscient.
Le Moi se trouve donc coincé entre les exigences du Ça et la sévérité du Surmoi, et plus ces
deux sources d’impératifs sont fortes et plus le Moi est soumis à des tensions qui mettent
son équilibre en danger.
d) Mise au point sur l’inconscient (TL)
Au final, la vie psychique inconsciente n’est pas comme un double ou un envers de la
conscience qui aurait pour particularité d’être ignorée de la conscience. Il n’y a pas d’un
côté la conscience et de l’autre l’inconscient. D’une part, la conscience est intégrée dans la
vie psychique en général de telle sorte qu’il y a bien une vie psychique unique et pas deux,
organisée selon diverses instances psychiques qui sont consciente ou non ou partiellement
seulement. Le caractère conscient ou inconscient de ces instances et en quelque sorte
secondaire par rapport à l’organisation des instances psychiques. D’autre part, à
proprement parler, l’inconscient n’existe pas. Il n’y a pas un inconscient et une conscience,
il y a des instances, des processus et des représentations qui sont pour certains conscients
et d’autres qui ne le sont pas. La conscience tout comme l’inconscient ne sont pas des
choses ou des zones bien délimitées dans la vie psychique, mais des déterminations
nécessaires ou accidentelles propres à certains processus, représentations, instances. En
un mot, conscience et inconscient ne sont pas des choses, mais des adjectifs qui servent à
qualifier les éléments présents dans la vie psychique en général. Ce ne sont pas des
substances, mais des accidents.

CONCLUSION
Tout cela nous permet de comprendre, puisqu’il existe des éléments de la vie psychique,
tel que le Ça, le Surmoi (la Censure, ou certaines représentations refoulées par la censure)
qui sont nécessairement inconscientes, que nous ne sommes pas ce que nous avons
conscience d’être. De plus, il n’est surtout pas possible de devenir conscient de tout ce que
nous sommes dans la mesure où une part importante de notre vie psychique échappe à
notre conscience.
Cette part de nous-mêmes qui est ignorée n’est pas simplement un ensemble neutre et
passif de choses qui se trouvent en nous, mais un ensemble d’éléments qui ont une
influence déterminante quoique ignorée comme telle sur nos pensées, nos actions, nos
goûts et dégoûts, nos jugements, notre conduite, notre rapport à nous-mêmes et aux
autres. Donc sur notre liberté.

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Sigmund Freud, né le 6 mai 1856 à Freiberg (empire d'Autriche) et mort le 23 septembre 1939 à
Londres, est un médecin neurologue autrichien et aussi philosophe, fondateur de la psychanalyse.

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