BF 08
Thèmes abordés
BF 08
Thèmes abordés
7.1
de ces méthodes dites « dures » à celles plus « douces » à partir
Historique et mécanismes de des années 1980.
gestion des aires protégées Les premières zones ont été classées par le colonisateur en vue
d’une exploitation de la faunek notamment à travers la chasse. Ce
n’est qu’en 1925 qu’il y a eu la prise d’arrêtés réglementant la chas-
Urbain BELEMSOBGO Historique et evolution de la gestion des se et instituant par la même occasion des parcs de refuges pour la
Pierre KAFANDO aires protegees faune. En application de ce décret, il a été créé par arrêté du 16 avril
Basile A. ADOUABOU Avant la colonisation, la gestion des ressources forestières et fauni- 1926 les premières aires de conservation de la faune en Haute-Volta
Somanegré NANA ques était régie par des règles communautaires dont leur applica- aujourd’hui Burkina Faso : un parc refuge dans le cercle de Gaoua,
Sia Coulibaly tion était suivie par les chefs de terres aidés des responsables des un parc refuge dans le cercle de Fada N’Gourma et trois parcs refu-
Assan GNOUMOU confréries de chasseurs. Il existait une certaine harmonie et un plus ges dans le cercle de Koudougou.
grand respect de la nature. Avec l’avènement de la colonisation, il y a Les parcs refuges du cercle de Koudougou correspondent aux ac-
eu l’introduction de nouvelles formes de gestion qui ignoraient cel- tuelles forêts classées de Baporo, Kalio et Laba. Le parc National
les traditionnelles des peuples dits indigènes ou autochtones. C’est du W est né du parc de Fada N’Gourma.
le classement des espaces et de leurs ressources au profit du pouvoir Devant l’importance du braconnage, le législateur a aussi instauré
central. Pendant ces périodes coloniales, des villages entiers ont été de nombreuses aires classées à statuts diversifiés, pour protéger et
déguerpis pour asseoir les différentes aires protégées, ce qui n’est exploiter la faune.
pas resté sans conséquence sur leur bonne gestion. Les populations Quant au secteur des forêts, leur classement fait suite à l’adop-
qui se sont vues exproprier leurs terres, ont développé des formes tion du Décret du 4 juillet 1935, portant constitution d’un do-
de résistance, toute chose qui a justifié les premières méthodes de maine forestier dans l’Ex – Afrique Occidentale Française (AOF)
350
Burkina Faso
comprenant l’actuel territoire du Burkina Faso avec pour principaux faut-il établir ces derniers refuges pour conserver un maximum de
objectifs la mise en place de barrières végétales climatiques desti- paysages différents, des espèces et des réserves génétiques? La se-
nées à atténuer les influences des vents desséchants venant du nord conde question est au moins aussi complexe que la première, et
(l’harmattank), la protection des principaux cours d’eau, la consti- probablement encore plus important: comment gérer ces domai-
tution de réserves de bois, de charbon de bois, de bois d’œuvre et nes afin qu'elles répondent à leur objectif initial et ne souffrent pas
de bois de service et la création de réserves de faune pour l’exercice de leur sort que les parcs sur simple papier?
de la chasse. Aujourd’hui, la gestion des aires protégées est régie par Depuis les années 1980, l'Etat du Burkina Faso a démontré sa vo-
la loi n° 006/97/ADP du 31 janvier 1997, portant Code Forestier lonté d'agir sur ces défis, en acceptant ses obligations nationales
au Burkina Faso [1]. et internationales concernant la préservation de la biodiversité. Il
a signé plusieurs conventions et traités internationaux, comme la
Importance des aires protegees Convention sur la Diversité Biologique (CDB) ou la Convention
La croissante de la population humaine et sa pression sur les res- sur la lutte contre la désertification. Dans le même temps, il a inté-
sources naturelles conduisent globalement à la dégradationk conti- gré les principes fondamentaux sociaux et écologiques de la gestion
nue des systèmes écologiques et de leurs services, qui se manifeste modernes des aires protégées comme la participation des commu-
par des taux alarmants de la perte de biodiversiték. Pratiquement, nautés locales ou l'approche par écosystèmek dans sa législation, les
les aires protégées sont donc considérées comme les unités de base politiques et programmes. Plus de 39 000 km2, ce qui correspond
d’un succès minimum ou maximum de la conservation de cette approximativement à 14 % de son territoire national, ont été dési-
biodiversité à long terme et représentent de nos jours l'une des for- gnées comme zones protégées. En outre, les donateurs internatio-
mes les plus importantes de l'utilisation des terres. La science et la naux techniques et financiers ont été attirés et pris une part active à
politique de la conservation mènent une course contre le temps des programmes ambitieux visant à mettre en œuvre des politiques
avec essentiellement deux types de questions. La première est: où dans la gestion efficace de ces zones classées.
the current territory of Burkina Faso, with the main objectives and gene pools? The second is at least as complex as the first,
of putting in place climatic plant barriers aimed at reducing and probably still more important: how to manage these areas
the influences of the drying winds coming from the north (the so that they fulfill their original purpose and do not suffer their
harmattank), the protection of the main watercourses, the con- fates as mere paper parks?
stitution of wood, charcoal, timber and utility wood reserves Since the 1980s, the state of Burkina Faso has demonstrated
and the creation of fauna reserves for carrying out hunting. To- its willingness to act upon these challenges by accepting its
day the management of protected areas is governed by law n° national and international obligations concerning the preser-
006/97/ADP of January 31st 1997, relating to the Forest Code in vation of biodiversity. It signed several international treaties
Burkina Faso [1]. and conventions, like the Convention on Biodiversity (CBD) or
the Convention to Combat Desertification. At the same time it
Importance of Protected Areas has integrated fundamental social and ecological principles of
Ever growing human population and exploitation pressures modern protected area management like the participation of
lead globally to ongoing degradationk of ecological systems local communities or the ecosystemk approach in its legisla-
and their services, manifested by alarming rates of biodiversityk tion, policies and programs. More than 39 000 km2, which ap-
loss. Pragmatically, protected areas are therefore seen as the proximately corresponds to 14 % of its national territory, have
core units of successful conservation of a minimum – or maxi- been designated as protected area (WDPA 2008). Furthermore,
mum – of this biodiversity in the long term and represent one international financial and technical donors have been attract-
of the most important forms of land use today. Conservation ed and actively taken part in ambitious programs to implement
science and politics struggle in a race against time with basical- policies into effective management of these classified areas.
ly two kinds of questions. The first is: where to set up these last The fauna protection areas, as components of the natural
refuges to conserve a maximum of different landscapes, species ecosystems, constitute a source of supply of forest and fauna
351
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Les aires de protection de la faune en tant que composantes des Depuis 1995, le Burkina Faso a entrepris une reforme profonde de
écosystèmes naturels constituent une source d’approvisionnement sa politique de gestion de la faune qui privilégie une approche tri-
en produits forestiers et fauniques pour les populations locales, partite Etat-Privé-Populations locales à travers la concession des
mais également de recettes aussi bien pour le trésor public que les aires protégées avec des objectifs de gestion bien définis en fonction
acteurs locaux. L’aménagement et l’exploitation des aires protégées du statut des zones concernées. Le secteur privé est composé de
ont permis de générer annuellement environ 1 500 000 000 FCFA personnes physiques ou morales de droit privé burkinabé chargées
(environ 3 000 000 US$) de recettes directes, la création de plus de de créer les conditions pour une exploitation durable des ressour-
15 000 emplois permanents et saisonniers, le renforcement de la ces des concessions. Il existe des concessions de chasses (grande et
coopération décentralisée à travers les contacts avec les chasseurs petite chasses) et des concessions de tourisme de vision. En outre,
touristes, l’amélioration de l’alimentation des populations par l’ap- une bonne gestion d’une aire protégée requiert une bonne connais-
port de 200 tonnes de viande de gibier [2]. sance de celle-ci à travers le suivi écologique, accompagné un plan
En outre, les aires protégées constituent les derniers sites de conser- d’aménagement qui est validé par le Ministre en charge de la fau-
vation de la biodiversité du pays, de pérennisation des pratiques ne après avis du comité provincial d’aménagement du territoire
socioculturelles. (CPAT). Le plan d’aménagement est un document d’orientation et
de planification dont se dotent les gestionnaires (Etat, concession-
Mecanismes de gestion des aires de pro- naires et populations riveraines) pour l'utilisation et la conservation
tection faunique durable des ressources de l’aire protégée.
La gestion des aires de protection de la faune consiste à mettre en L’aménagement de l’aire de protection faunique doit tenir compte
œuvre des actions d’aménagement de l’habitatk, de la protection des besoins d’espaces de migration pour certaines espèces, et aussi
contre les activités illégales, du suivi écologique et de la valorisation de la nécessité d’une connectiviték entre les différentes aires proté-
de leurs ressources (chasse, capture, écotourismek, …). gées voisines.
products for the local inhabitants, but also revenue both for the into concessions with well-defined management objectives,
public treasury and local people. Development and exploita- by way of statutes for the zones concerned. The private sector
tion of the protected areas allow for generating 1 500 billion is composed of individuals or corporate bodies under private
CFA francs (3 million US$) of direct annual revenue, creating Burkinabé law charged with creating the conditions for sustain-
over 15 000 permanent and seasonal jobs, strengthening de- able exploitation of the resources of the concessions. There are
centralized cooperation by means of contacts with hunting hunting concessions (large and small game hunting) and view-
tourists, and improving food supply for the populations by pro- ing tourist concessions. Besides this, good management of a
vision of 200 tons of game meat [2]. protected area requires good knowledge of it through ecologi-
Above all, the protected areas constitute the last sites of biodi- cal monitoring and should be accompanied by a development
versity conservation in the country, and of the perpetuation of plan validated by the Minister for Fauna, based on the advice of
socio-cultural practices. the provincial development committee of the territory (CPAT).
The development plan is an orientation and planning docu-
Management mechanisms of the fauna protec- ment which the managers (state, concessionaires and local in-
tion areas habitants) are equipped with for the use and sustainable con-
The management of the Fauna Protection Areas consists of put- servation of the resources of the protected area.
ting into practice actions for developing the habitatk, for pro- The development of the Fauna Protection Area must take into
tection against illegal activities, ecological monitoring and pro- account the space requirements for the migration of certain
motion of their resources (hunting, tracking, eco-tourism …). species, and also the need for connectivityk between the vari-
Since 1995, Burkina Faso has undertaken an extensive reform of ous neighbouring protected areas.
its fauna management policy which favours a tri-party State-Pri- The four management regimes are basically: management con-
vate-Local Inhabitants approach by turning the protected areas trolled by state services, the concessions with private operators,
352
Burkina Faso
Les quatre régimes de gestion sont essentiellement : la gestion en développement des initiatives pour accompagner les populations
régie par les services étatiques, les concessions aux opérateurs pri- riveraines et surtout leur implication dans la gestion des aires. Une
vés, les concessions aux communautés locales organisées en asso- seule expérience a été faite avec une ONG nationale au niveau du
ciation ou aux collectivités territoriales et les concessions aux ONG parc national de Pô dit Kaboré Tambi.
écologistes. L’association inter-villageoise de gestion des ressources naturelles
La gestion en régie par les services étatiques concerne les zones qui et de la faune (AGEREF) de Comoé-Léraba, structure faîtière de
n’ont pas été concédées. Ce sont ces services qui sont chargés de 17 villages est attributaire depuis 2001 de la forêt classée et réserve
l’aménagement, de la surveillance et de l’exploitation. Cependant, partielle de faune de la Comoé-Léraba. C’est une expérience de ges-
certains volets de l’exploitation peuvent être contractés avec le pri- tion directe d’une aire protégée par les communautés riveraines.
vé. Un exemple de ce type de gestion concerne le ranchk de gibier En plus des structures de conception de politiques au niveau natio-
de Nazinga où seules la chasse et la pêche sont confiées à des opéra- nal comme la Direction générale chargée des forêts et de la faune,
teurs privés. on note la création récente de l’Office National des Aires Protégées
La concession aux opérateurs privés qui sont chargés des amé- (OFINAP) qui a pour vocation la prise en charge de la gestion des
nagements et de l’exploitation des différentes ressources de l’aire aires protégées qui lui seront confiées et de l’accompagnement des
protégée. Le rôle des services étatiques étant l’encadrement et la concessionnaires dans la mise en œuvre des contrats et des cahiers
surveillance de la zone. L’opérateur privé est tenu de participer au de charge régissant la gestion des concessions.
financement des actions de développement des villages riverains. A
ce jour, 15 aires fauniques sont concédées à des opérateurs privés.
La concession aux ONG est similaire à celle avec les opéra-
teurs économiques privés, à la différence que les ONG ne re-
cherchent pas un profit financier dans leurs interventions. Elles
local community concessions organized as associations or terri- made with a national NGO at the National Park of Pô called
torial collectivities and the concessions of NGO ecologists. Kaboré Tambi.
Management controlled by state services concerns the zones The inter-village association for the management of natural re-
which have not been offered as concessions. It is these ser- sources and fauna (AGEREF) of Comoé-Léraba, an executive
vices who are given the task of development, surveillance and structure of 17 villages has been a contributor to the listed for-
exploitation. However, certain sections of exploitation can be est and partial fauna reserve of Comoé-Léraba since 2001. It is
contracted privately. One example of this type of management an experiment in the direct management of a protected areas
concerns the game ranchk of Nazinga, where only hunting and by the local communities.
fishing are conceded to private operators. In addition to the policy conception structures at national level,
Concessions are given to private operators who are responsi- such as the General Management responsible for forest and
ble for development and exploitation of the various resources fauna, we have seen the recent creation of the National Office
of the protected area. The role of the state services is the su- for Protected Areas (OFINAP) whose role is taking on the man-
pervision and surveillance of the zone. The private operator is agement of the protected areas which have been conferred to
obliged to participate in the financing of development actions it and helping the concessionaires in putting into practice con-
for the local villages. To date, 15 fauna areas have been given to tracts and specifications for controlling the management of the
private operators as concessions. concessions.
The concession to the NGOs is similar to that for private com-
mercial operators with the difference that the NGOs are not
looking for financial gain from their involvement. They are de-
veloping initiatives to assist the local people, espcially for in-
volving them in managing the areas. A single experiment was
353
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
7.2
zones tampons mais qui sont aussi exploitées pour la chasse au pro-
fit des villages.
Le réseau d’Aires Protégées
Les aires de protection faunique
Les aires protégées à vocation faunique constituent un ensemble
Urbain BELEMSOBGO Les aires protégées dans ce chapitre regroupent essentiellement d’espaces classés représentatifs des différents écosystèmesk burki-
Pierre KAFANDO les zones classées à vocation forestière et/ou faunique établies par nabé. Elles représentent les principaux sites de conservation de la
Basile A. ADOUABOU l’Etat et les Collectivités Territoriales. Il s’agit des parcs nationaux, biodiversiték faunique et floristique du Burkina Faso. La carte 7.1
Somanegré NANA des réserves totales et partielles de faunek, des ranchesk de gibier, illustre la répartition des ces aires de protection de la faune en fonc-
Sia Coulibaly des zones cynégétiquesk, des forêts classées, des refuges locaux tion des unités phytogéographiquesk du Burkina Faso.
Assan GNOUMOU (Bois sacrés) et des zones villageoises d’intérêt cynégétique (ZO-
Tillmann KONRAD VIC). Les correspondances entre ces catégories et celles de l’UICN Les parcs nationaux
[3] ont été établies dans le tableau 7.1. Le Burkina Faso compte deux parcs nationaux légalement consti-
Le domaine forestier classé de l’Etat couvre une superficie totale tués dont les formes de valorisation sont essentiellement l’écotou-
estimée à 3,9 millions d’hectares, soit environ 14 % de la superfi- rismek au regard de leurs potentialités et de leur statut. Il s’agit du
cie du territoire national. Il est composé de soixante dix sept (77) parc national du W (235 000 ha) situé dans la province de la Tapoa
aires classées. A ce domaine de l’Etat s’ajoute celui des collectivi- au sud-est du Pays, et du parc national de Pô dit parc national Kabo-
tés territoriales composé essentiellement de refuges locaux et de ré Tambi (PNKT) avec une superficie de 155 500 ha.
zones villageoises d’intérêt cynégétique (ZOVIC) (Tab. 7.2). Le
souci de la gestion participative a permis la mise en place de Zones
be set up as buffer zones, but which are also used for hunting
for the benefit of the villages.
Network of
Protected Areas Fauna protection areas
The protected areas intended for fauna constitute the main
classified area of the different Burkinabé ecosystemsk. They
The protected areas in this chapter include all the zones clas- represent the main conservation sites of fauna and florak bio-
sified as having a forest and/or faunak purpose established by diversityk in Burkina Faso. Map 7.1 illustrates the distribution of
the State and Territorial Community Groups. This involves na- these fauna protection areas distributed over the phytogeo-
tional parks, total and partial fauna reserves, game ranchesk, graphicalk units of Burkina Faso.
hunting zones, classified forests, local refuges (sacred woods)
and village zones of hunting interest (ZOVIC). The connections The National Parks
between these categories and those of IUCN [3] are shown in Burkina Faso has two legally constituted national parks for
table 7.1. which the forms of promotion are essentially eco-tourism in
The listed State forest domain covers a total area estimated at view of their potential, and their status. These are the W na-
3.9 million hectares, being around 14 % of the area of the na- tional park (235 000 ha) located in the province of Tapoa in the
tional territory. It is composed of seventy-seven (77) listed areas. south-east of the country, and the national park of Pô, called
To this State domain we can add those territorial collectivities parc national Kaboré Tambi (PNKT) with 155 500 ha.
composed of local refuges and village zones of hunting inter-
est (ZOVIC) (Tab. 7.2). The concern of the participative manage-
ment has allowed village zones of hunting interest (ZOVIC) to
354
Burkina Faso
Les reserves totales de faune national et des démarches sont en cours pour créer le futur Parc
Elles sont constituées d’aires protégées que sont la réserve totale National d’Arly. Quant à la réserve totale du Singou, une partie est
de faune d’Arly (76 000 ha), la réserve totale de faune de Madjoari gérée comme ranch de gibier (151 800 ha) et l’autre est annexée à
(17 000 ha), la réserve totale de faune de Singou (192 800 ha) et la une partie de la réserve partielle d’Arly pour former la concession
réserve totale de faune de Bontioli (12 700 ha). Les réserves tota- de chasse de Konkombouri.
les d’Arly et de Madjoari sont aujourd’hui gérées comme un parc
Tab. 7.1: Caractéristiques des aires protégées du Burkina Faso et leurs statuts suivant la base de données WDPA de l’UICN.
Characteristics of the protected areas of Burkina Faso and their status according to the WDPA database from the IUCN.
355
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Total fauna reserves In the North there is the sylvopastoral and partial fauna reserve
These consist of the total fauna reserve of Arly (76 000 ha), the of the Sahel (1 600 000 ha) which comprises five Fauna Protec-
total fauna reserve of Madjoari (17 000 ha), the total fauna re- tion Areas (AFP): the fauna protection areas of Béli, Nassoum-
serve of Singou (192 800 ha) and the total fauna reserve of bou, Oursi, Seno-Mango and Darkoye.
Bontioli (12 700 ha). The total reserves of Arly and Madjoari are With the exception of the APFs of the Sahel, all the fauna re-
now managed as a national park and steps are underway to serves have been conceded to private individuals for manage-
create the future national park of Arly. As for the total reserve of ment. The listed forest and partial fauna reserve of Comoé-
Singou, part of it is managed as a game ranch (151 800 ha) and Léraba is a special case since it was conceded to a community
the other part is attached to part of the partial reserve of Arly to organization, which is the inter-village Association for the Man-
form the Konkombouri hunting concession. agement of Natural Resources and Fauna (AGEREF).
356
16°N
6°O 5°O 4°O 3°O 2°O 1°O 0° 1°E 2°E
15°N 15°N
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Banfora TOGO BENIN
1°E 2°E
Léraba
Enclave Enclave
(Vol
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Corridor Corridor
Zone Phytogeographic
9°N 9°N phytogéographique zone
Nord-Sahelien North-Sahelian
Sud-Soudanien South-Sudanian
6°O 5°O 4°O 3°O 2°O 1°O 0°
Carte 7.1: Typologie de la gestion des aires protégées au Burkina Faso [28].
Map 7.1: Typology of the management of protected areas in Burkina Faso [28]. 357
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Tab. 7.2: Situation des ZOVIC au Burkina Faso. Ces zones ont été concédées à des opérateurs privés pour l’organi-
Situation of the ZOVICs in Burkina Faso. sation de la chasse safarik.
Sourou (14 000 ha), Sâ (5 400 ha), Gonsé (6 000 ha), Boulon Classified forests and protected forests
(12 000 ha), Koflandé (30 000 ha) and Dida (75 000 ha) and Burkina Faso has 77 classified forests of which 27 are intended
Koulbi (40 000 ha). for fauna and 50 are intended for forestry; 4 hunting zones and
9 protected forests.
Other hunting zones Under the terms of law a protected forest is the entire area of
These are protected areas which are managed because of their the forest domain of the decentralized territorial collectivities
fauna potential but which have no classification documents. which has not been subject to classification in the name of the
They are situated in the region of the East around the fauna re- State or any private individual.
serves and other national parks including the hunting zone of Like all the protected areas, these protected forests show more
Pagou-Tandougou (35 000 ha), the hunting zone of Wamou diversity compared to their surroundings. This floristic diversity
(64 246 ha), the hunting zone of Tapoa-Djerma (30 000 ha) and varies based on the area and the diversity of the habitatsk of
the hunting zone of Koakrana (25 000 ha). These zones were each classified forest.
conceded by private operators for organizing safarik hunts. In Burkina Faso sustainable development of the forests is sup-
ported by the involvement of the inhabitants, self-financing
Local refuges and village zones of hunting (total or partial) the forest management and the application of
interest (ZOVIC) a type of forestry which accounts for the dynamic of forest for-
The local refuges and village zones of hunting interest are fauna mations and socio-economic necessities. Forest development
areas listed under the name of territorial collectivities (local ref- does not exclusively concern the State classified forests, but
uges) or basic communities (ZOVIC). The characteristics of the also the forests in the protected domain.
ZOVICs are shown in table 7.2. The majority of classified forests today are experiencing de-
struction of a magnitude which varies from one location to
358
16°N
6°O 5°O 4°O 3°O 2°O 1°O 0° 1°E 2°E
15°N 15°N
Sahel
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14°N 14°N
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13°N Boucle du Yabo 13°N
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Nazinga Pama Sud
11°N Koulima Mou a
Pic Naouri 11°N
Sources du Peni Dan Pic de Nahouri
749 Mouhoun Nabéré
415 Bérégadougou Bontioli
Mt Ténakourou
Pic de Sindou
Bounouna
Banfora Gouandougou TOGO BENIN
Toumousseni
Léraba
Cascades Kongouko Gaoua Statut des aires protégées Protected area status
Boulon
Niangoloko Po
Koflandé ni Parc national National park
Yendéré et Babolo Sud-Ouest GHANA
10°N Réserve totale de faune Total fauna reserve 10°N
Dida
Co m o é
360
Burkina Faso
Tab. 7.3: Liste des aires classées du Burkina Faso. | List of the classified sites of Burkina Faso.
Aires à vocation faunique Superficie (ha) Zone climatique Secteur phytogéographique Région administrative
Protected area for fauna conservation Area (ha) Climatic zone Phytogeographic sector Administrative region
Parcs nationaux | National parks 391
Pô (dit | called Kaboré Tambi) 156 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Centre Sud
W 235 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Est
Réserves totales de faune | Total fauna reserves 12 986
Arly 76 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Est
Bontioli 12 700 Soudanien | Sudanian Nord soudanien | North Sudanian Sud-Ouest
Madjoari 17 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Est
Singou 193 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Est
Réserves partielles de faune | Partial fauna reserves 1 600 603
Arly 130 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Est
Bontioli 30 Soudanien | Sudanian Sud-Soudanien | South Sudanian Sud-Ouest
Comoé - Léraba (Forêt classée et réserve partielle de faune
125 Soudanien | Sudanian Sud-Soudanien | South Sudanian Cascades
Classified forest and partial fauna reserve)
361
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Aires à vocation forestière Superficie (ha) Zone climatique Secteur phytogéographique Région administrative
Protected area for plant conservation Area (ha) Climatic zone Phytogeographic sector Administrative region
Forêts classées | Classified forests
Babolo 550 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Bahon 1 600 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Bambou 1 800 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Bansié 300 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Baporo 4 800 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Ouest
Barrage de Ouagadougou 260 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Centre
Bérégadougou 5 000 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Bissaga 4 100 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Plateau Central
Bougouriba 8 500 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Sud-Ouest
Bonou 1 700 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Boucle du Mouhoun
Bounouna 1 300 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Dan 4 300 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Dem 350 Sahélien | Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Nord
Dindéresso 8 500 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Gouandougou 9500 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Kalyo 12 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Ouest
Kapo 9 900 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Kari 13 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud et Nord soudanien | South and North Sudanian Boucle du Mouhoun
Kongouko 27000 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Kou 117 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Koua 350 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Koulima 2 150 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Laba 16 750 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Ouest
Maro 50 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Nakanbé 2 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Centre-Nord
Nakambé (Ex-Volta rouge) 98 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Centre-Sud
Nazinon 35 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Ouest
Niangoloko 6 654 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Niouma 735 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Nord
Nosébou 14 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Boucle du Mouhoun
Ouilingoré 6 850 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Centre-Est
Ouoro 14 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Boucle du Mouhoun
Péni 1 200 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Pic Nahouri 836 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Sud
Sitenga 840 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Centre-Est
Sorobouly 5 800 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Boucle du M ouhoun
Source du Mouhoun 100 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Téré 10 700 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
362
Burkina Faso
Aires à vocation forestière Superficie (ha) Zone climatique Secteur phytogéographique Région administrative
Protected area for plant conservation Area (ha) Climatic zone Phytogeographic sector Administrative region
Forêts classées | Classified forests
Tiogo 37 600 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud et Nord soudanien | South and North Sudanian Centre-Ouest
Tissé 21 500 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud et Nord soudanien | South and North Sudanian Boucle du Mouhoun
Toroba 2 700 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Boucle du Mouhoun
Tougouri 40 Sahélien | Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Nord
Toumousséni 2 500 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Tuy 50 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Hauts-Bassins
Twessé 490 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Nord
Wayen 12 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Plateau Central
Yabo 1 000 Sahélien | Sahelian Sud soudanien | South Sudanian Centre-Nord
Yakala 1 600 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Centre-Est
Yendéré 700 Soudanien | Sudanian Sud soudanien | South Sudanian Cascades
Ziga 9 000 Soudano-sahélien | Sudano-Sahelian Nord soudanien | North Sudanian Plateau Central
Total 519 672
363
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
GROS PLAN
Le Parc National du W du Burkina Faso : un parc Parc National de W
aux énormes potentialités
Blandine M.I. NACOULMA, Oumarou OUEDRAOGO
Le Parc National du W fait partie d’un réseau transfrontalier d’aires protégées
entre le Burkina Faso, le Bénin et le Niger. D’une superficie totale de
1 023 000 hectares, dont 220 000 hectares pour la partie nigérienne,
568 000 hectares pour la partie béninoise et 235 000 hectares pour la partie
burkinabé, ce réseau constitue le plus vaste domaine de conservation de la
biodiveriték pour l’Afrique de l’Ouest. Le Parc National du W du Burkina Fig. 7.1: A l’entrée du Parc National Son nom W, vient de la forme du lit du fleuve Niger qui constitue sa limite
Faso est localisé dans la province de la Tapoa, située dans la partie orientale du du W (Poste forestier de nord. Aussi, le parc W représente depuis le 11 Novembre 2002, le seul
pays et s’étend entre les parallèles 11°30’ et 12°25’ de latitude Nord et les Kabougou). | At the entrance to exemple de reserve de Biosphèrek Transfrontalière (RBT) du continent
méridiens 1°55’ et 2°30’ de longitude Est. the W National Park (Forest post at africain. Toutefois, son mode de gestion diffère toujours d’un pays à l’autre.
Créé le 4 août 1954, son statut a connu beaucoup de modifications entre 1926 Kabougou). BNA
et 1954. Ainsi, l'arrêté du 16 avril 1926 précisait la création d'un parc de refuge Statut et mode de gestion
constitué par l'actuel Parc National du W du Burkina Faso (Fig. 7.1) et celui du Le parc national du W du Burkina Faso appartient à la catégorie II des aires
Niger. Ensuite, l'arrêté N°2606 du 14 avril 1953 devrait annuler le précédent protégées de l’UICN. Bien que la fauche de la paille et la cueillette des fruits de
en ce qui concerne la partie du parc de refuge située en territoire burkinabé et baobab y soient autorisées et régulées, cette aire protégée conserve toujours
fut transformée en réserve totale de faune. Cette réserve est transformée en Fig. 7.2: Des pisteurs en route pour son statut suivant la dénomination de l’UICN. Toutefois, ces permissions
Parc National le 04 août 1954 par l'arrêté N°6009 SET. la patrouille. | Rangers going on pa- pour la subsistance des populations riveraines ne devraient en aucune manière
trol. BNA avoir d’incidences négatives sur les objectifs de gestion.
Les stratégies de gestion se résument en deux points fondamentaux à savoir:
La surveillance et le suivi écologique
Ce programme s’exécute à travers les patrouilles, l’entretien de certaines
infrastructures, la réfection du réseau de pistes et la mise des feux d’aménage-
ment. La surveillance est assurée par les forestiers qui sont appuyés par des
pisteurs (Fig. 7.2) et des éclaireurs résidant dans les villages riverains.
L’ouverture des pistes se fait annuellement à la fin de la saison pluvieuse et
après les feux précoces.
Le tourisme de vision
Le tourisme de vision constitue la principale activité génératrice de revenus
dans le parc du W. La grande faunek et l’avifaunek constituent le principal
objet d’attraction des visiteurs. La période de vision se situe entre les mois de
Décembre et Mai. Dans le cadre de l’éducation environnementale, des visites
guidées sont organisées chaque année au niveau du scolaire et du secondaire
dans le cadre du programme ECOPAS (Écosystèmes Protégés en Afrique
Soudano-Sahélienne).
Toutefois l’activité touristique reste à promouvoir car les recettes générées
actuellement sont insignifiantes pour la gestion des parcs comparativement
364
Burkina Faso
aux ressources financières générées par la chasse sportive pratiquée dans les éléphants sur les formations et certaines espèces (Adansonia digitata, Acacia
réserves partielles. Par conséquent, depuis leur création, les parcs comme celui sieberiana, Pterocarpus erinaceus) sont aussi très remarquables. Les dégâts sont
du W sont souvent perçus comme étant contre l’interêt des populations beaucoup concentrés dans les écosystèmesk humides en l’occurrence les
riveraines. galeries forestières et les forêts claires où les éléphants restent le plus souvent
toute la journée, du fait de l’ombrage et de la proximité de l’eau.
La biodiversité du parc national du W
La faune Des écosystèmes exceptionnels
La faune du parc W est très diversifiée. On y rencontre près d’une centaine Les paysages du parc W sont divers et exceptionnels; on y rencontre de vastes
d’espèces de mammifèresk [4] dont presque tous les géants de la savane. La étendues de prairies aquatiques et de savanes herbeuses (Fig. 7.9), sans oublier
grande faune est représentée essentiellement par les Hippotragues (Hippotra- les massifs rocheux (Gobnangou, Atakora) ainsi que les nombreuses collines
gus equinus koba), les bubales (Alcelaphus buselaphus major), les buffles du haut desquelles on a une vue impressionnante sur l’ensemble du parc. C’est
(Syncerus caffer savanensis), les éléphants (Loxodonta africana), les lions dans les environs du parc W que le Gobnangou la plus importante chaîne
(Panthera leo), les hippopotames (Hippopotamus amphibus), les cobs defassa gréseuse de la partie Est du Burkina Faso prend sa source.
(Kobus ellipsisprymnus defassa), les cobs de buffon (Kobus (Adenota) kob kob),
les guibs harnachés (Tragelaphus scriptus scriptus), les phacochères (Phacochoe-
rus africanus) et les cynocéphales. Il y aurait également environ 534 espèces
d’oiseaux [5].
Végétation et flore
La végétation est constituée majoritairement de savanes arborées, arbustives et
herbeuses et localement de forêts claires ainsi que de forêts ripicolesk. Elle
renferme environ 500 espèces de plantes supérieuresk [6] et de grands arbres
emblématiques comme le baobab (Adansonia digitata), le rônier (Borassus
aethiopum), le néré (Parkia biglobosa), le karité (Vitellaria paradoxa), le
kapokier à fleurs rouges (Bombax costatum), le bouleau d’Afrique (Anogeissus
leiocarpa), le lingué (Afzelia africana), le doka (Isoberlinia doka). En outre, on y
trouve de nombreuses espèces menacées de disparition dans les villages
riverains dont notamment certaines plantes médicinales telles que l’ébène de 7.3
l’ouest africain (Diospyros mespiliformis), le caïlcédrat (Khaya senegalensis), le Fig. 7.3: Eléphant. | Elephant. OOU
saucissonnier (Kigelia africana), le cèdre de zone sèche (Pseudocedrela kotschyi)
et l’arbre à encens (Boswelia dalzielii). Enfin, il existe une florek particulière
renfermant des espèces du secteur phytogéographiquek sud-soudaniennes
comme Kigelia africana, Monotes kerstingii, Syzygium guineense, Dombeya Fig. 7.4: Cob de buffon. | Buffon kob. ATH
multiflora, etc. Fig. 7.5: Babouin doguera. | Dog-face baboon. OOU
Interaction faune-flore
Il existe une symbiose entre la faune et la végétation. Les animaux tels que les
oiseaux, les éléphants, les chauves souris et les singes sont des grands
disséminateurs des diasporesk des espèces végétales et catalysent la
germination de certaines graines consommées. Fréquemment on rencontre
dans les déjections d’éléphant des graines de plusieurs espèces de plantes telles
que Adansonia digitata, Acacia gerrardii, Acacia sieberiana, Acacia gourmaensis,
Balanites aegyptiaca. D’une grande mobilité, les singes, les chauves souris et les
oiseaux disséminent surtout les graines des espèces à fruits sucrés (Annona
senegalensis, Sclerocarya birrea, Adansonia digitata, Detarium microcarpum,
Tapinanthus sp., Vitellaria paradoxa, Lannea microcarpa, Ficus sp. et Parinari
curatellifolia). Toutefois, les impacts de la grande faune notamment les
7.4 7.5
365
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
The supervision is ensured by the foresters and the rangers (Fig. 7.2)
who are supported by scouts who live in the surrounding villages. The
tracks are opened annually at the end of the rainy season and after the
early fires.
zoom Visual tourism
Visual tourism constitutes the main activity generating incomes in the
W Park. The large fauna and avifaunak constitute the main attraction
W National Park of Burkina Faso: a park with for visitors. The period of vision lies between the month of December
enormous potential and May. Environmental education guided tours are yearly organized
Blandine M.I. NACOULMA, Oumarou OUEDRAOGO for primary and secondary schools within the framework of the ECOPAS
W National Park is part of a transboundary network of protected areas (Protected Ecosystemsk in Sudano-Sahelian Africa) program.
between Burkina Faso, Benin and Niger. With a total area of However, the activity of visual tourism still needs to be promoted
1 023 000 hectares, of which 220 000 hectares are in Niger, 568 000 hec- Fig. 7.6: Cob de fassa. | Waterbuck. because the revenue it currently generates is insignificant for the
tares in the Benin part and 235 000 hectares in the Burkina Faso part, PKA management of the parks compared to the financial resources
k
this network constitutes the largest domain of biodiversity conserva- generated by sports hunting practised in partial reserves. Consequently,
tion in West Africa. W National Park of Burkina Faso is located in the since their creation, parks like the W are often perceived as conflicting
province of Tapoa, locatated in the eastern part of the country and with the interests of local inhabitants.
extends between the parallels 11°30’and 12°25’ of latitude North and
the meridians 1°55’ and 2°30’ of longitude East. The biodiversity of the W National Park
Created on August 4 1954, its status was subject to many modifications
th
The fauna
between 1926 and 1954. Thus, the decree of 16th April 1926 specified The fauna in W park is highly diversified. Almost a hundred species of
the creation of a refuge park constituted by the current W National Park large mammalsk can be found there [4] including all the giants of the
of Burkina Faso (Fig. 7.1) and that of Niger. Then decree N°2606 of the savanna. Large fauna is essentially represented by the Western Roan
14th April 1953 cancelled the previous one as far as the part of the antelope (Hippotragus equinus koba), the hartebeest antelope (Alcelap-
refuge park situated in Burkinabé territory was concerned and it was hus buselaphus major), the buffalo (Syncerus caffer savanensis), the
transformed into a total faunak reserve. This reserve was converted into elephant (Loxodonta africana), the lion (Panthera leo), the hippopota-
a National Park on the 4th August 1954 by decree N°6009 SET. Its name mus (Hippopotamus amphibus), the waterbuck (Kobus ellipsisprymnus
W comes from the shape of the bed of the river Niger which constitutes defassa), the Kobus Kob antelope (Kobus (Adenota) kob kob), the
its northern boundary. Also, since November 11th 2002, the W Park Fig. 7.7: Guib hanarché. | Bush- bushbuck antelope (Tragelaphus scriptus scriptus), the warthog
k
represents, the only Transboundary Biosphere Reserve (TRB) on the buck. PKA (Phacochoerus africanus) and the baboons. There are also around 534
African continent. However its management mode still differs from bird species [5].
country to country. Vegetation and flora
The vegetation is predominantly composed of woodland, shrub and
Status and management mode grass savannas and locally of dry forests, as well as riparian forests. It
The W National Park of Burkina Faso belongs to IUCN category II of includes around 500 species of vascular plantsk [6] and large emblem-
protected areas. Even though the exploitations of straw and the baobab atic trees such as the baobab tree (Adansonia digitata), the African fan
fruit are authorized and regulated, this protected area still maintains its palm (Borassus aethiopum), the locust bean tree (Parkia biglobosa), the
status according to the IUCN denomination. However, these permis- shea tree (Vitellaria paradoxa), the red flowered silk-cotton (Bombax
sions for the subsistence of local inhabitants should not have any kind costatum), the African birch (Anogeissus leiocarpa), the African oak
of negative impact on the management objectives. (Afzelia africana), and the doka (Isoberlinia doka). Also, numerous
The management strategies can be summed up in two fundamental species threatened by extinction in the local villages are found there, in
points, which are: particular certain medicinal plants such as West African ebony
Supervision and ecological monitoring (Diospyros mespiliformis), the African mahogany (Khaya senegalensis),
This program is carried out by patrols, the maintenance of certain the sausage tree (Kigelia africana), the dry area cedar tree (Pseudoce-
infrastructures, repair of the track network and starting controlled fires. Fig. 7.8: Gladiolus dalenii BNA drela kotschyi), and the incense tree (Boswelia dalzielii). Finally, a
366
Burkina Faso
particular florak exists which includes South-Sudanian phytogeograph- However, the impact of the large fauna, notably the elephants, on the
icalk sector species such as Kigelia africana, Monotes kerstingii, Syzygium formations and some species (Adansonia digitata, Acacia sieberiana,
guineense, Dombeya multiflora, etc. Pterocarpus erinaceus) are extremely remarkable. The damage is mainly
Fauna-flora interaction restricted to the damp ecosystems, especially the gallery and dry forests
There is a symbiosis between the fauna and the vegetation in the Park. where they stay and take advantage of the shade and the proximity to
Animals such as birds, elephants, bats and monkeys are great dissemi- water.
nators of the diasporesk of plant species and start off germination in Exceptional ecosystems
the grains they eat. The seeds of several plant species such as Adansonia The landscapes of W Park are divers and exceptional; large stretches of
digitata, Acacia gerrardii, Acacia sieberiana, Acacia gourmaensis and (aquatic) grasslands (Fig. 7.9), and the sandstone chains (Gobnangou,
Balanites aegyptiaca are frequently found in elephant dungs. Due to Atakora) can be found. There are also several hills, from the peaks of
their great mobility, monkeys, bats and birds scatter particularly the which there is an impressive view over the whole park. It is in the area of
seeds of sweet fruit species (Annona senegalensis, Sclerocarya birrea, the W Park that the Gobnangou starts, the most important sandstone
Adansonia digitata, Detarium microcarpum, Tapinanthus sp., Vitellaria chain in the east part of Burkina Faso. Fig. 7.9: Savane herbeuse à Loudetia
paradoxa, Lannea microcarpa , Ficus sp. and Parinari curatellifolia). togoensis. | Grassland with Loudetia
togoensis. BNA
367
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
GROS PLAN
La Réserve Partielle de faune de Pama
Réserve partielle de faune de Parma
Oumarou OUEDRAOGO, Blandine M.I. NACOULMA, Elisée
MBAYNGONE & Adjima THIOMBIANO
Historique et gestion
La Réserve Partielle de Pama est située au Sud-Est du Burkina Faso à 275 km
de Ouagadougou entre les latitudes 11°22’ et 11°57’Nord et les longitudes
7.10
0°39’ et 1°30’Est. Avec une superficie d’environ 223 700 ha, elle est limitée au
Nord-Ouest par le village Natiabouani, à l’Ouest par l’axe Fada N’Gourma- Fig. 7.10: Cyphostemma flavicans Pama a été concédée à des particuliers (concessionnaires) après la réouverture
frontière Bénin, au Sud par la rivière Pendjari et à l’Est par le Singou. Cette (Vitaceae) OOU de la chasse en 1985 [7]. En effet, de nombreuses réformes ont révélé l’échec
réserve partielle de faune de Pama a été créée par Arrêté n° 6090/SE/F du de l’Etat à assurer la protection et l’exploitation de la faunek, et ont recomman-
03 août 1955, puis reclassée par Décret n° 70/175 du 13 avril 1970. Elle dé une nouvelle orientation en prônant le partenariat entre l’Etat, les
appartient à la catégorie IV dans la nomenclature du système d’aires protégées populations locales et le secteur privé. Actuellement la réserve de Pama est
de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN). Son objectif principal était de répartie en 4 concessions de chasse à savoir: Pama Nord (Fig. 7.14), Pama
promouvoir une gestion rationnelle du patrimoine naturel et d’assurer sa Centre-Nord ou zone présidentielle, Pama Centre-Sud et Pama Sud
préservation. A cet effet, quelques droits d’usages ont été accordés à la (campement du buffle rouge).
population riveraine: la cueillette des feuilles, racines et écorces pour la La chasse sportive y est organisée chaque année de décembre à mai après les
pharmacopée, la fauche de paille et le ramassage de bois morts pour la feux précoces utilisés par les services forestiers pour sa gestion. Cette chasse
consommation domestique. Ainsi 74,07 % des riverains tirent de la réserve du sportive attire de nombreux touristes et permet d’engranger des recettes dont
bois (frais ou mort) et de la paille tandis que 25,93 % cherchent uniquement la Fig. 7.11: Gloriosa simplex (Colchi- 50 % sont reversés aux villages riverains et aux services forestiers. Ces revenus
paille. Le bois et la paille servent en outre respectivement pour le chauffage et caceae) OOU sont investis dans la construction des écoles, des centres de santés, de loisirs,
le fourrage. Toutefois, le pâturage et la chasse traditionnelle y sont interdits. Fig. 7.12: Mukia maderaspatana etc. Ce qui est un apport significatif pour l’économie de la population rurale.
Placée sous l’autorité de l’Etat depuis sa création (1955), la réserve de faune de (Cucurbitaceae) OOU Le gibier est issu surtout des chasses organisées dont le concessionnaire
restitue 4/5 à la population. Cette dernière vend la viande pour verser le
revenu dans la caisse villageoise. Ceci permet à la population de consommer
de la viande sauvage et de renflouer sa caisse. Ainsi la réserve de Pama, au-delà
du rôle traditionnel des aires protégées dans la conservation de la biodiversi-
ték, constitue un outil d’appui pour le développement local.
Ressources fauniques
La réserve partielle fait partie du vaste réseau transfrontalier d’aires protégées
s’étalant du Burkina Faso au Niger incluant le Bénin. Ainsi, sa faune reste
sensiblement commune à l’ensemble des autres aires protégées du réseau. Elle
est constituée d’oiseaux et de nombreux mammifèresk. La faune aviaire
renferme entre autres la Grande Outarde (Otis tarda), la Canne pétière(Tetrax
tetrax), le grand Calao, l’Oie de Gambie (Plectropterus gambensis), la Grue
couronnée (Balearica pavonina), les Vautours, etc.
7.11 7.12 Les mammifères les plus fréquents sont l’éléphant (Loxodonta africana), le lion
368
Burkina Faso
Ressources floristiques
Le potentiel floristique de la réserve partielle de Pama est estimé à 450 espèces
[8]. Quatre cent vingt-six (426) échantillons de plantes ou spécimensk ont
été déposés à l’Herbierk de l’Université de Ouagadougou (OUA). Cette
richesse floristique est due aux relatives mesures de protection dont bénéficie
la réserve. Elle constitue une florek de référence pour le secteur nord
soudanien et mérite d’être préservée pour la promotion de la biodiversité.
Site privilégié pour la conservation, la réserve partielle de faune de Pama
renferme 73 familles d’espèces végétales. Certaines familles telles que les
Poaceae, les Fabaceae et les Cyperaceae y sont représentées par des dizaines
d’espèces. D’autres familles telles que les Zingiberaceae, les Cucurbitaceae
(Fig. 7.12), les Vitaceae (Fig. 7.10), les Colchicaceae (Fig. 7.11) sont moins
riches en espèces.
Une grande partie des espèces recensées sont peu fréquentes ou rares. Ainsi, Fig. 7.13: Diversité faunique de l’Est du Burkina Faso – Fête Nationale du 11 décembre 2008. | Fauna diversity of
un accent particulier devrait être mis sur le suivi écologique des espèces rares eastern Burkina Faso – National holiday, December 11th 2008. ATH
d’autant plus que certaines espèces à savoir Andropogon chinensis, Andropogon
gayanus var polycladus, Cymbopogon giganteus et Isoberlinia doka sont perçues
par les populations riveraines comme étant en voie de disparition. ZOOM
Aussi la physionomie de certaines formations végétales est souvent influencée
par les éléphants même si ceux-ci contribuent significativement à la dissémi-
nationk des espèces par le biais de leur régime alimentaire. The partial Fauna Reserve of Pama
History and management
Conclusion The Partial Reserve of Pama is situated in the South-East of Burkina Faso
De nos jours, la réserve de Pama sert de site de conservation de la biodiversité 275 km from Ouagadougou between the latitudes 11°22’ and
et aux activités de recherche scientifique. La chasse sportive et le tourisme de 11°57’North and the longitudes 0°39’ and 1°30’East. With an area of
vision qu’on y organise chaque année permettent d’engranger des recettes qui around 223 000 ha, it is bordered to the North-West by the village
soulagent un tant soit peu le budget national. C’est dire que la Réserve de Natiabouani, to the West by the axis of Fada N’Gourma and the Benin
Pama est un cadre multifonctionnel dont il est nécessaire d’accroître les border, to the South by the Pendjari river and to the East by Singou. This
stratégies d’aménagement de gestion afin qu’elle puisse jouer son rôle de Partial Fauna Reserve of Pama was created by Decree n° 6090/SE/F of
pourvoyeur de ressources pour la population locale, de centre de conservation August 3rd 1955, and then reclassified by Decree n° 70/175 April 13th
in situ de la biodiversité, centre de recherche scientifique sur la diversité 1970. It belongs to category IV in the nomenclature of the system for
biologique et de centres de recréation (tourisme de vision) pour les généra- areas protected by the International Union for the Conservation of
tions actuelles et futures. Nature (IUCN). Its main objective was to promote rational management
of the natural heritage and to ensure its preservation. For this purpose
some usage rights were granted to the local population: picking leaves,
roots and bark for pharmacopoeia, scything straw and collecting dead
wood for domestic usage. Thus, 74.07 % of locals draw resources (living
369
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
or dead) from the wood reserve and straw, whereas 25.93 % only fetch
straw. Wood and straw are also used for heating and fodder respective-
ly. However, pasture and traditional hunting are forbidden there. Placed
under the authority of the State since its creation (1955), the fauna
reserve of Pama was conceded to private owners (concessionaires)
when hunting was reopened in 1985 [7]. In fact numerous reforms
revealed the State’s failure to ensure the protection and exploitation of
the fauna, and a new direction was recommended which advocated a
partnership between the State, the local inhabitants and the private
sector. Currently the reserve at Pama is divided into 4 hunting conces-
sions, these being: Pama Nord (Fig. 7.14), Pama Centre-North or
presidential zone, Pama Centre-South and Pama South (red buffalo
camp).
Sport hunting is organized there every year from December to May
after the early fires set by the forestry services for control purposes. This
sports hunting attracts many tourists and allows revenues to be
collected, of which 50 % are put back into local villages and forestry
services. This revenue is invested in the construction of schools, medical
centers, leisure centers, etc. This provides significant support for the
economy of the rural population.
Game also comes from organized hunts of which the concessionaire
returns 4/5 to the inhabitants. They sell the meat to bring money into
the village coffers. This allows the village to eat wild meat and top up its
cash reserves.
So the reserve at Pama, beyond its traditional role of protected areas in
the conservation of biodiversity, constitutes a support tool for local
development.
Fauna resources
The partial reserve makes up part of the vast cross-border network of
protected areas extending from Burkina Faso to Niger and Benin.
Therefore its fauna remains more or less common to all the other
protected areas in the network. It is composed of birds and numerous
mammals. Amongst others, the bird fauna includes the great bustard
(Otis tarda), the little bustard (Tetrax tetrax), the large hornbill, the
Gambian goose (Plectropterus gambensis), the crowned crane (Balearica
pavonina), the vultures, etc.
The most prevalent mammals are the elephant (Loxodonta africana), the
lion (Panthera leo), the buffalo (Syncerus caffer), the Western Roan
antelope (Hippotragus equinus), the hartebeest antelope (Alcelaphus
buselaphus), the bushbuck (Tragelaphus scriptus), the warthog (Phacoch- Fig. 7.14: Le campement de chasse de Pama Nord pour l’accueil et l’hébergement des chasseurs et touristes.
oeurus aethiopicus), the waterbuck (Kobus ellipsiprymnus), the reedbuck The hunting camp of Pama Nord which welcomes and accommodates hunters and tourists. BNA
370
Burkina Faso
Floristic resources
The floristic potential of the partial reserve of Pama is estimated as
being 450 species [8]. 426 specimensk are stored at the Herbariumk of
the University of Ouagadougou (OUA). This floristic richness is due to
the local measures of protection which the reserve benefits from. It is a
reference flora for the North-Sudanian sector and merits preserving for
the promotion of biodiversity.
A privileged conservation site, the partial fauna reserve of Pama
incorporates 73 families of plant species. Certain families such as the
Poaceae, the Fabaceae and the Cyperaceae are represented here by
dozens of species. Other families such as the Zingiberaceae, the
Cucurbitaceae (Fig. 7.12), the Vitaceae (Fig. 7.10) and the Colchicaceae
(Fig. 7.11) are less rich in species.
A large proportion of the species recorded are infrequent or rare. Thus
particular emphasis should be placed on ecological tracking of rare
species more than certain other species, which is to say Andropogon
chinensis, Andropogon gayanus var. polycladus, Cymbopogon giganteus
and Isoberlinia doka which are perceived by local inhabitants as being
under threat of extinction.
Also, the physiognomy of certain plant formations is often influenced
by the elephants even though they contribute significantly to the
spreading (disseminationk) of species by the way of their diet.
Conclusion
Today the reserve of Pama acts as a site for the conservation of
biodiversity and for scientific research activities. The sports hunting and
viewing tourism that is organized there each year allow revenues to be
collected, which eases the pressure on the national budget, even if only
a little. That is to say that the reserve of Pama is a multifunctional setting
whose development strategies need to be improved in order to better
play its role as a keeper of resources for the local population, an in situ
biodiversity conservation centre, a centre for scientific research on
biological diversity and a recreation centre (viewing tourism) for current
and future generations.
371
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
GROS PLAN
La forêt classée du Kou: une aire protégée d’im-
portance capitale
Forêt classée du Kou
Oumarou OUEDRAOGO, Amadé OUEDRAOGO & Adjima
THIOMBIANO
Historique et gestion
La forêt classée du Kou a été classée par un décret du 4 juillet 1935 portant
constitution du domaine forestier de l’ex Afrique Occidentale Française (AOF).
Le terme Kou est le nom de la rivière qui traverse la forêt. Située à 15 km au une baignade naturelle. Ce site de loisir reçoit chaque année des centaines de
nord-ouest de la ville de Bobo-Dioulasso, elle couvre une superficie de 114 ha. touristes, d’élèves et d’étudiants. La forêt offre un cadre agréable pour le repos,
Nasso et Kokorowé constituent les villages limitrophes de cette forêt. la promenade à pied et l’expression de la curiosité des naturalistes; elle
La principale vocation de la forêt classée est la protection du Kou qui constitue également un site idéal pour l’éducation environnementale. A
approvisionne la ville de Bobo-Dioulasso et ses environs en eau potable. Elle proximité se trouvent, l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts de Dindéresso et
constitue le château d’eau de cette ville. Ainsi, un espace appelé « enclave l’Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso; les élèves et étudiants de ces
ONEA » a été créé pour le captage d’eau de source. Le Kou constitue le institutions y tirent profit pour leurs travaux pratiques et de recherches.
principal cours d’eau qui traverse la forêt. Son affluent est la Guinguette qui est Fig. 7.15: Le marigot « Guinguet- En plus, cette forêt héberge un site sacré où les populations riveraines
alimentée par d’innombrables sources dont le nombre se réduit à cause de la te », un symbole de la Forêt Clas- pratiquent des offices coutumiers.
pression anthropiquek le long des abords de la baignade. sée du Kou. | “Guinguette” river, a Cette aire protégée figure parmi les forêts classées les mieux entretenues et
La forêt classée du Kou abrite un site touristique: « la Guinguette », qui est symbol of the classified forest of regorge encore une diversité importante d’espèces en raison des actions
Kou. ATH efficaces de conservation (mise en place d’une clôture, gestion participative
avec les populations riveraines, financement des activités par des projets).
Des structures nationales, ONGs, associations paysannes, institutions
internationales et régionales interviennent activement dans la gestion de ce
patrimoine protégé.
372
Burkina Faso
A
forestières à Berlinia grandiflora et Elaeis guineensis qui constituent le noyau de
la forêt. La régénération des diverses essences est remarquable dans ces
galeries en raison de l’existence d’une importante litière.
Aussi ces forêts galeries forment de véritables ceintures autour des marigots
Kou et Guinguette. Leurs étendues sont variables selon les endroits mais elles
restent importantes et contribuent à mieux protéger les berges. Elles sont
impénétrables à de nombreux endroits en raison de la densité du sous-bois. Le
taux de recouvrement atteint 95 % avec de grands arbres pouvant atteindre
une hauteur de 30 m (Ceiba pentandra) et un diamètre du tronc de plus de
1,5 m (Ceiba pentandra, Chlorophora excelsa, Detarium senegalense).
Dans le lit des rivières Guinguette et Kou se rencontre une végétation
aquatique caractérisée par deux espèces dominantes: Nymphaea lotus et
Potamogeton octandrus (Fig. 7.20). Par ailleurs, les bancs sableux de la rivière
Fig. 7.16: A) Peuplement | Popula- Kou sont occupés par un facièsk herbacék mono-spécifique à Chloris robusta.
tion; B) Inflorescences | Inflores- Il y a parfois des champignonsk supérieurs qui se développent sur les pieds de
cences; C) Tige feuillée de Calamus grands arbres comme Berlinia grandifolia, sur le bois mort, les feuilles en
deeratus (le rotin). | Leafy stalk of décomposition et dans les divers milieux humides.
B Calamus deerratus (rattan). ATH Ces différentes caractéristiques floristique et physionomique font de la forêt
C classée du Kou un noyau de massif forestier situé dans la zone sud-soudanien-
ne du Burkina Faso.
En raison de sa proximité de la ville de Bobo-Dioulasso, la Forêt classée du
Kou renferme une faune peu importante constituée essentiellement de
quelques antilopes, de primates, d’oiseaux et de nombreux reptiles.
373
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
7.17 7.18
374
Burkina Faso
375
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Missions
Conserver la biodiversité, les valeurs culturelles et traditionnelles
Le Parc urbain BANGR-WEOOGO Servir de poumon vert pour la ville de Ouagadougou
« Allons en brousse en plein cœur de Servir de cadre pour l’éducation environnementale et la recherche
Ouagadougou » Servir d’espace de détente et de loisirs éducatifs
Marcel KOADIMA & Moustapha SARR Mettre en évidence la valeur esthétique de la biodiversité
Au cœur de Ouagadougou, le Parc Urbain Bangr-Weoogo abrite une Entités constitutives : jardin botaniquek (8 ha), parc zoologique (72 ha),
biodiversité remarquable avec des habitats diversifiés (savanes, forêts, mares). espace de détente et loisirs éducatifs (140 ha), pépinière, terrain de sport,
Il reçoit 250 000 visiteurs par an parmi lesquels on note des chercheurs, des Musée - salle d’exposition centre de documentation
étudiants, des scolaires, des touristes.
Autrefois, propriété de l’Empereur des Moosé, il est géré traditionnellement Activités
par les habitants de Toukin, dans l’Arrondissement de Nongr’Maasom et sous Éducation environnementale
l’autorité du chef de Sourgou, village situé entre Koudougou et Saabou. On Production de plants
note la présence d’objets, d’animaux sacrés et vénérés (python, crocodile, et Excursions touristiques
varan) et du baobab (Adansonia digitata) mythique et historique appelé Appui-conseil pour la flore et la faune
« komber padembda » (qui signifie en langue nationale Mooré : passerelle par Entretiens, aménagements paysagers.
laquelle l’Administrateur Colonial perd toute faculté de nuisance). Sous ce
baobab a eu lieu au 16ème siècle, la rencontre entre Moosé et Nyongnonsé.
Evénement historique qui fut à l’origine de la naissance de Ouagadougou.
Classé le 09 octobre 1936, par arrêté N°2376 SE de l’AOF, sous le nom de
forêt classée du Barrage de Ouagadougou, son aménagement a débuté en
1997.
Le 05 janvier 2001, transformé en Parc et baptisé : Parc Urbain « Bangr-Weoo-
go » (qui signifie en langue nationale Mooré : la forêt où l’on acquiert le
savoir), il est rétrocédé à la Commune de Ouagadougou. Cette rétrocession Fig. 7.21: Entrée principale du Parc. | Main entrance to the Park. OOU
376
Burkina Faso
377
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
7.3
sont surtout caracterisées par la présence en leur sein de vieux ob-
Les bois sacrés et les forêts jets traditionnels : pierres taillées, poteries, cauries, dabas, habitatsk,
communautaires fétiches, etc.
Les forêts communautaires sont également des forêts protégées par
la population locale mais ne présentent aucun caractère sacré. Les
Salfo SAVADOGO Les bois sacrés sont des îlots de végétation situés à proximité des bois sacrés forment avec les forêts communautaires des zones refu-
Adjima THIOMBIANO villages, souvent présentés comme des reliques de forêts naturel- ges pour de nombreuses espèces animales et végétales. En fonction
les, préservées de l’action humaine en respect aux traditions et à la des domaines phytogéographiquesk du Burkina Faso [12], les fo-
crainte qu’inspirent les esprits malfaiteurs qu’elles hébergent. Elles rêts sacrées et les forêts communautaires présentent des caracté-
sont, comme souligné en Inde, des fragments forestiers associés à ristiques floristiques et physionomiques bien distinctes (Tab. 7.4,
un esprit, une divinité ou un temple [10]. Ce sont des aires proté- Carte 7.3).
gées traditionnelles, directement gérées par la population locale à
des fins culturelles. Historique des bois sacres
Bien que la conservation de la biodiversiték par la population ne Selon les chefs de terre, les responsables des fétiches et certains sa-
soit pas la première cause dans la gestion des forêts sacrées, elle ges, les bois ont une origine ancestrale ([13], [14]). Ils sont tous
constitue néanmoins une bonne voie pour atteindre cet objec- hérités des ancêtres qui avaient choisi ces sites pour installer leurs
tif [11]. Environ 300 bois sacrés ont été recensés au Burkina Faso. divinités, enterrer les morts, honorer eux aussi leurs ancêtres et per-
La superficie moyenne de ces bois sacrés est de 1,5 ha. Ce sont mettre aux esprits de cohabiter avec les arbres. Le choix d’un site
en général des boisements denses où se développent des herba- pour lieu de culte est déterminé par la réalisation d’un fait histori-
céesk sciaphiles telles Triumfetta rhomboidea, Achyranthes aspera, que dans la dite localité. En général, le bois sacré prend le nom du
community forests protected by the local population, but they do not have any
sacred character. The sacred groves form refuges zones with
the community forests for numerous animal and plant species.
Sacred groves are islands of vegetation located close to villages According to the phytogeographick areas of Burkina Faso [12],
and are often presented as natural forest relics, spared from hu- the sacred forests and community forests present very different
man activities out of respect for the traditions and for fear of the floristic and physiognomic characteristics (Tab 7.4, Map 7.3).
evil-doing spirits that they house. As underlined in India, they
are forest fragments associated with a spirit, a divinity or a tem- History of sacred groves
ple [10]. These are traditionally protected areas, directly man- According to the land chiefs, the fetish keepers and some wise
aged by the local population for cultural ends. men, the groves have an ancestral origin ([13], [14]). They are all
Even though conservation of biodiversityk by the population inherited from ancestors who chose these sites to install their
is not the first concern in sacred grove management, it never- divinities, bury the dead, honour their ancestors and let the
theless constitutes a good way to achieve this objective [11]. spirits cohabit with the trees. The choice of a site as a place of
Around 300 sacred groves were registered in Burkina Faso. cult is determined by a historical act taking place in the said lo-
The average area of these sacred groves is 1.5 ha. In gener- cation. In general, the sacred grove takes the name of a place,
al, these are dense afforestations where shade-loving herbs sacred species that it shelters, a ritual ceremony or a mystical
like Triumfetta rhomboidea, Achyranthes aspera, Chlorophy- fact. Examples of the names of some sacred groves and their
tum togoensis, Tacca leontopetaloides, etc., develop. The sacred meaning:
378
Burkina Faso
379
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Tab. 7.4: Liste des différents bois sacrés recensés avec leur localisa- Nom du Bois sacré ou de la Province Nombre Superficie
tion administrative, leur richesse spécifique et leur superficie. | List forêt communautaire (*) d’espèce (ha)
of the different sacred groves studied with their administrative Name of Sacred woodland Province Species Surface
location, specific richness and surface area. or community forest (*) number (ha)
Rande-Yende Kourweogo 40 1,11
Nom du Bois sacré ou de la Province Nombre Superficie Saam-Yingsse Kadiogo 38 2,32
forêt communautaire (*) d’espèce (ha) Sangolo Nayala 48 4,43
Name of Sacred woodland Province Species Surface
Sissili Sissili 37 0,62
or community forest (*) number (ha)
Souh Kossi 54 1,00
Bag Yirkango Namentenga 25 0,17
Souh Mouhoun 57 0,71
Bannai Mouhoun 50 1,21
Soukoa Mouhoun 55 0,83
Boukidbooga Bazèga 35 1,63
Taakale Nayala 41 0,26
Bouyeltaga Sissili 57 0,75
Tafara Ziro 42 0,12
Dalo-Dan Nayala 39 1,34
Tanga Kourweogo 46 0,57
Dan Goule Nayala 42 0,10
Tengan Mouka Namentenga 34 0,32
Dan Koro Nayala 44 0,69
Tiebia Ziro 57 0,55
Dinewgontoro Sourou 62 0,34
Ting Timpelim Ziro 63 2,39
Forêt Communautaire * Sissili 58 12,87
Tinkougri Sanmatenga 52 2,49
Forêt de Bissiga * Bazèga 47 18,73
Tinkougri1 Oubritenga 48 0,07
Goussala * Bazèga 43 1,06
Tinkougri2 Oubritenga 41 0,23
Kang-Paaga Kourweogo 45 0,35
Tinkougri3 Oubritenga 39 0,18
Kango Sanmatenga 38 0,22
Tinkougr Kango Ziro 57 0,79
Kango Ziro 43 0,39
Tinse Bazèga 40 0,28
Kan Kingo Oubritenga 56 0,86
Tinse Kango Oubritenga 54 0,85
Kanni Mouhoun 65 1,48
Tinsse-Kango Kadiogo 41 1,15
Kerkouy Sanguié 49 0,69
Tiraog-Kango Kourweogo 37 0,21
Kia Sanguié 46 0,15
Toroni Sourou 50 14,36
Kilo Sourou 56 2,16
Wapassima Kadiogo 37 1,70
Kilo de Tiongonlo Sourou 58 5,84
Yaado Oubritenga 35 0,29
Kinkirg-Weogo Kadiogo 43 3,30
Yaado Oubritenga 35 0,51
Kinkirsi-Kango Sanmatenga 53 2,00
Zom Noogo * Sanmatenga 32 3,33
Kombi Yaado Sanmatenga 43 1,16
Koniiga Namentenga 47 0,40
Function of sacred groves
Laglé * Oubritenga 36 2,38
The sacred groves of Burkina Faso generally shelter the ceme-
Loba Mouhoun 49 1,17
teries of land chiefs, village chiefs, children and pregnant wom-
Loboabani Mouhoun 63 1,50
en who died accidentaly. They are initiation sites in some vil-
Louda Sanmatenga 42 0,10
lages because they shelter fetishes, divinities and spirits in their
Mane Kangre Namentenga 39 2,40
hearts. They are also the places for benedictions or maledictions
Nakimbzang-Yaogo Kadiogo 33 0,07
in other villages.
Nikimb-Yaado Kadiogo 37 0,66
Noan Namentenga 45 0,75
Sacred groves of the Sahelian area
Passate-Kango Kourweogo 41 0,19
The sacred groves of the Sahelian area are generally dense
Pelson Bazèga 37 0,76
shrub formations, which are more or less penetrable. The aver-
Pind-Kango Sanmatenga 43 0,21
age height of the species is between 4 to 6 m and their rate of
Randagre Kadiogo 29 0,50
coverage varies between 60 to 90 %. The dominant ligneousk
380
Burkina Faso
381
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
plusieurs provinces de la région Nord du Burkina Faso. Au milieu disparues dans les terroirs environnants. Il s’agit notamment :
de certains villages on observe également de petites formations à Dans le domaine sahelien, de Manilkara multinervis, Celtis integri-
Balanites aegyptiaca qui constituent des lieux de culte pour les chefs folia, Boscia salicifolia et Afzelia africana
de terre. Dans le domaine soudanien, de Nauclea latifolia, Borassus ae-
thiopum, Elaeis guineensis, Ceiba pentandra, Spondias mombin,
Les bois sacres du domaine soudanien Celtis integrifolia, Costus spectabilis, Trichilia emetica et Allophyllus
Dans le domaine soudanien les bois sacrés et les forêts commu- africanus.
nautaires sont en général des savanes arborées avec des taux de re-
couvrement variant entre 70 et 80 %. Les espèces ligneuses telles Chaque forêt héberge un nombre limité d’espèces (de 25 pour les
Anogeissus leiocarpa (Siiga), Isoberlinia doka (Kalsaka), Detarium mi- plus pauvres à 65 pour les plus riches). Cependant, prises dans leur
crocarpum (Kagdéga), Pterocarpus erinaceus (Noega), Daniellia oliveri ensemble, les forêts sacrées et les forêts communautaires renfer-
(Anwga), Terminalia macroptera (Kondr-poko), Terminalia avicen- ment plus de deux cent espèces végétales.
nioides (Kondré), Khaya senegalensis (Kouka) sont les espèces domi- La crainte de certains bois sacrés en l’occurrence les bois cimetiè-
nantes dans 80 % des bois sacrés de ce secteur. Outre les savanes on res et la perception favorable qu’ont les habitants quant aux valeurs
rencontre aussi des forêts claires dominées par Anogeissus leiocarpa, magico-religieuses de certaines espèces (espèces sacrées), sont des
Isoberlinia doka, Khaya senegalensis et Mitragyna inermis (Yilga). supports incontournables pour une conservation des espèces végé-
tales en milieu rural. De peur de ne pas subir les mêmes sorts que
Bois sacres et conservation des especes ceux qui y ont été enterrés, les forêts cimetières ne sont pas fréquen-
Les bois sacrés sont des zones refuges pour de nombreuses espèces tées en dehors des jours de sacrifices, de cérémonies rituelles et
végétales. La preuve est que l’on rencontre dans certains bois sa- d’enterrements ; ce qui épargne par conséquent les ressources natu-
crés et forêts communautaires plusieurs espèces devenues rares ou relles de toute forme d’exploitation.
avicennioides (Kondré), Khaya senegalensis (Kouka) are dominant the savannas, we also find open forests dominated by Anogeis-
species in 80 % of the sacred groves of this sector. Aside from sus leiocarpa, Isoberlinia doka, Khaya senegalensis and Mitragyna
inermis (Yilga).
Fig. 7.32: Peuplement de Detarium micocarpum dans une forêt
communautaire à Tiagao/Ziro. | Population of Detarium micocar- Sacred groves and species conservation
pum in a community forest in Tiagao/Ziro. SSA Sacred groves are refuge zones for numerous plant species. The
proof is that we can find several species that have become rare
or extinct in the surrounding lands in sacred woodands and
community forests. Notably, it consists of:
In the Sahelian area, Manilkara multinervis, Celtis integrifolia,
Boscia salicifolia and Afzelia africana;
In the Sudanian area, Nauclea latifolia, Borassus aethiopum,
Elaeis guineensis, Ceiba pentandra, Spondias mombin, Celtis
integrifolia, Costus spectabilis, Trichilia emetica and Allophyllus
africanus.
Each forest shelters a limited number of species (25 for the
poorest to 65 for the richest). However, taken all together, the
sacred groves and community forests hold more than two hun-
dred plant species.
The fear of some sacred groves, cemetery groves and the fa-
vourable perception that the inhabitants have as to the magical
382
16°N
6°O 5°O 4°O 3°O 2°O 1°O 0° 1°E 2°E
15°N 15°N
Baraboule Feild
éga
Arbinda s sé
14°N Dori 14°N
Titao Gorgadji Pèta
Togomayel
Ouahigouya Sampelga
Tibtenga
Wobg-Kango NIAMEY
Gambwedssé Babongou
Yakan Louda Fa g a
Forêt communautaire
de Malou Kaya Bourgou
Pidan Nakambé
13°N 13°N
Ko u l
Toroni Tamijougou Konokango
oug
549 a
Dan Koro Sirb
a
Kerkauy Kankingo
Vo u n Hou Gayéri
-
Ziniaré
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Mont Sanguié
uh
n OUAGADOUGOU ga
so a
ou
Dédougou
521 Yamba
fing
n
Bo
Ban Koudougou
Ba
Souh Bangtodo
Kanni Na
Na
Soukoa Tapoa
zin Fada N'Gourma
k am
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n Goussala Diapaga
12°N (V 12°N
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Si
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e) Manga bod Lempoali
Diéfourma
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Gr
Tiébia Boudangou
oumbo
P
Lac de Pama
Bobo Dioulasso Pic Naouri Kompienga
Koro Bougou
rib Forêt communautaire Pô 447
11°N a de Lan
Mt Ténakourou Samogohiri 11°N
749
415
Dimolo
Pic de Sindou Banfora
BENIN
Léraba
Forêt classée de
Toumousséni
Gaoua
Po
ni
Doudou TOGO
10°N 10°N
Co m o é
Banemba
M ou
houn
9°N 9°N
COTE D'IVOIRE
0 50 100 200
km
Carte 7.3: Localisation des différents bois sacrés inventoriés au Burkina Faso.
Map 7.3: Location of different sacred groves inventoried in Burkina Faso. 383
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Cependant, beaucoup de facteurs concourent à la dégradationk Les prélèvements se font dans les forêts communautaires dont la
des forêts sacrées : pression humaine exercée sur les ressources na- gestion incombe au délégué du village et à ses conseillés. Ce qui
turelles, pressions agricole et pastorale, changements climatiquesk, n’est pas le cas chez d’autres où le prélèvement d’espèces médicina-
etc. les, la cueillette des fruits, la fauche d’herbe et le ramassage de bois
mort sont autorisés par le responsable des sacrifices. Mais celui-ci
Gestion locale des bois sacres et des fo- ne donne son accord que si les plantes recherchées n’existent plus
rets communautaires dans les savanes.
Le système de gestion des ressources naturelles des bois sacrés du
Burkina Faso est traditionnel. Les personnes chargées de la gestion
de ces entités sont : le chef de village, le chef de terre, les conseillers
des chefs, les gardiens et autres personnes. Les agents des Eaux et
Forêts ne sont pas impliqués dans la gestion des forêts sacrées car
leur main mise sur ces forêts sacrées serait interprétée par les habi-
tants comme une usurpation de leur bien. Ils interviennent le plus
souvent dans la gestion des forêts communautaires. Ce système
de gestion qui est directement assuré par la population locale ré-
pond au souci de préserver les coutumes, les traditions et les se-
crets du village. Dans certains villages, toute activité dans les bois
est interdite par les règles coutumières même le ramassage de bois
mort.
and religious values of some species (sacred species), are indis- management is ensured directly by the local population and re-
pensable supports for a conservation of plant species in a rural sponds to the concern for preserving village customs, traditions
environment. For fear of not being subjected to the same fate and secrets. In some villages, all activity in the groves is forbid-
as those who are buried there, the cemetery groves are not fre- den by the rules of custom even the gathering of dead wood.
quented outside sacrifice days, ritual ceremonies and burials, Harvesting is done in community forests where the manage-
which consequently spares the natural resources from all forms ment is incumbent on the village delegate and his advisors. This
of exploitation. is not the case for others where the sampling of medicinal spe-
However, many factors lead to the degradationk of sacred cies, collection of fruit, cutting of grass and collection of dead
groves: man’s pressure on the natural resources, agricultural and wood are authorized by the person responsible for sacrifices,
grazing pressures, climate changek, etc. but this person only agrees if the plants sought no longer exist
in the savannas.
Local management of sacred groves and com-
munity forests
The management system of natural resources of sacred woods
in Burkina Faso is traditional. The persons in charge of man-
aging these are: the village chief, land chief, chief’s advisors,
guards and other people. The Water and Forests Ministry agents
are not involved in the management of sacred groves because
the inhabitants would interpret their interference in these sa-
cred groves as usurpation of their goods. Most often, they inter-
vene in the management of community forests. This system of
384
Burkina Faso
7.33 7.34
Fig. 7.33: Bois sacré (arrière plan) menacé par les cultures de sésame à Kondia/Mouhoun. | Sacred grove (background) threatened by
the sesame plantations at Kondia/Mouhoun. SSA
Fig. 7.34: Forêt communautaire menacée par le pâturage à Lan /Sissili. | Community forest threatened by grazing in Lan /Sissili. SSA
Fig. 7.35: (A) & (B) Du bois mort restant intact dans des forêts sacrées en société Samo (province du Sourou). | Intact dead wood in the
sacred groves in the Samo society (Sourou province). SSA
385
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
7.4
contexte de pauvreté et d’analphabétisme extrêmes des populations
Dégradation et riveraines, ces entités se fragilisent de plus en plus à la faveur de
perspectives comportements illégaux de certains acteurs.
En dépit des nombreux acquis enregistrés dans la gestion des diffé-
rentes filières : bois-énergie (bois et charbon de bois), bois d’œuvre,
Tillmann KONRAD Les facteurs de degradation des aires produits forestiers non ligneuxk (PFNL) et, d’une manière géné-
Basile A. ADOUABOU protegees rale en matière de protection et de régénération des ressources fo-
La preservation de la biodiversiték et la gestion des aires protégées restières, de nombreuses menaces persistent parmi lesquelles, on
du Burkina Faso rencontre toujours des obstacles majeurs et des retiendra :
défis à relevés. Il y a différentes contraintes judiciaires, institution- Le braconnage qui se limitait jusque là aux petits mammifèresk,
nelles, socio-économiques et biophysique qui entravent le succès concerne désormais les plus gros (y compris les éléphants) ;
des actions mentionnées ci-dessus. La conversion des terres forestières en terres agricoles;
De nombreux intérêts conflictuels sévissent autour des différentes Le pâturage illégal dans les aires protégées surtout en saison
aires protégées. En effet, en même temps qu’il est nécessaire d’as- sèche ;
surer un espace vital pour une utilisation durable et une meilleure La surexploitation des ressources forestières ;
conservation de la biodiversité dans ces entités, il est également in- La fragmentation des formations végétales et le développement
dispensable de promouvoir une agriculture vivrière et de rente avec des paysages agraires ;
une demande croissante en terres cultivables et de garantir enfin un L’exploitation des ressources minières dans certaines forêts
espace approprié pour les besoins de pâturage. Face à une telle si- classées ;
tuation, les aires protégées qui constituent les derniers refuges sont Les feux tardifs ;
386
Burkina Faso
Poaching, pastoralism and agricultural encroachment thus rep- 2005 Satellite images show sig-
resent the most widespread and urgent pressures on some nificant land cover change
of the most important PAs in Burkina Faso. Figure 7.36 further around the Arly-block in Burki-
demonstrates a high degree of pressure on PAs in the eastern na Faso between 1972/73 and
region. Satellite images from 1972/73 and 2005 show dramatic 2005 [30].
land cover alterations in the Pama and Arly Partial Reserve and
surroundings as well as in Singou, Arly and Madjoari Total Re-
serve and adjacent hunting concessions.
387
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
Fig. 7.37: Catégorisation des aires protegées au Burkina Faso d’après le décret forestière du 1997. Les aires sous aménagement du gouver-
nement en vert et sous aménagement des autorités locales en rouge. | Categorization of protected areas in Burkina Faso according to
the Forestry act of 1997. Areas managed under the authority of the govrenment in green, areas managed under the authority of
local authorities in red.
Forêts Protegées |
Protected forests Aires Classées | Classified areas
388
Burkina Faso
habituellement exécuté sous forme de projets. La fonction actuelle notamment la relation entre les communautés locales et les conseils
de chaque acteur varie beaucoup selon la légitimation formelle lié à de direction décentralisé, le secteur privé et les organisations inter-
la catégorie d’AP d’une part et le contexte qui détermine l’exécution nationales de donateurs.
d’autre part. De plus, bien que hautement menacé, le Burkina Faso possède tou-
Les services gouvernementaux jouent un rôle clé dans toutes les ca- jours un patrimoine naturel qui offre divers possibilités d’exploi-
tégories d’AP. Leurs services centraux, en particulier le Ministère de tation durable pour le futur, avec la mégafaune qui represente une
l’Environnement et du Cadre de Vie et ses départements forment forme de capital naturel.
le haut niveau de gestion et détermine les politiques nationales de Sur la base des atouts naturels du Burkina Faso, les aires protégées
conservation. Ils établissent et restent en contact avec les donateurs transfrontalières, respectivement coordonnées par des approches
internationaux, qui font la promotion et exécutent les programmes internationales de gestion, stimuleraient la coopération ouest afri-
nationaux de conservation. Dans une histoire récente, on assiste à caine et catalyseraient le processus d’apprentissage et de la créa-
un changement continu du cadre institutionnel à ce niveau. Le ré- tion des institutions. Le projet ECOPAS financé par l’Union Euro-
sultat est la multitude de différents acteurs et la fragmentation des péenne (UE) dans la région du Park W, a été entrepris, bien qu’avec
compétences et des responsabilités. Il existait une branche insti- des succès limités. L’intensification de ces approches et l’engage-
tutionnelle (UPC) qui est strictement organisé d’une manière pa- ment des donateurs cependant est indispensable pour les efforts de
ramilitaire et principalement en charge de la surveillance des aires conservation à long terme, par exemple dans la région de la Comoé
protégées. (Burkina Faso et Côte d’Ivoire) ou le complexe WAP (W-Arly-Pen-
Comme solution à la précédente approche qui est prouvée être djari au Burkina Faso, Niger et Bénin).
difficile, une nouvelle institution de loi public (OFINAP – Office
National des Aires Protégées) a été crée en 2008 qui est supposée
réunir toutes les différentes responsabilités et réorganiser le secteur,
on the one, and the context that determines implementation possesses a natural heritage that offers diverse possibilities of
on the other hand. sustainable exploitation for the future, with charismatic mega-
Governmental services play a key role for any category of PA. fauna representing just one form of natural capital.
Their central services, in particular the Ministry of Environment Based on the natural assets of Burkina Faso, transboundary pro-
and its departments form the top-level management and de- tected areas, respectively coordinated international approach-
termine national conservation policies. They establish and keep es of management, could stimulate regional cooperation in
contact with international donors and promote and implement West Africa and catalyze the process of learning and institution
national conservation programs. In recent history, there have building. First steps, like the EU-funded ECOPAS project in the
been ongoing changes in the institutional setup on this level. W region, have been undertaken, though with rather limited
The result is a multitude of different actors, and a fragmentation success so far. Intensification of these approaches and donor
of competences and accountabilities. There was an institutional engagement, however, is indispensable for long-term conser-
branch (UPC) that is strictly organized in a paramilitary way and vation efforts, e.g. in the Comoé region (Burkina Faso and Côte
mainly in charge of the surveillance of the protected areas. d’Ivoire) or the WAP Complex (W-Arly-Pendjari in Burkina Faso,
As solution of the previous approaches, which proved to be dif- Niger and Benin).
ficult, a new public-law institution (OFINAP – “Office National
des Aires Protégées”) was established in 2008 that is supposed
to reunite the different responsibilities and reorganize the sec-
tor, including the relationship to local communities and their
decentralized governance bodies, the private sector and inter-
national donor organizations.
Moreover, though highly threatened, Burkina Faso still
389
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
7.5
hautement touristiques.
Chaînes gréseuses
Formations saxicoles Le massif gréseux du Sud-Ouest
La couverture sédimentaire de grès primaire domine le socle envi-
ronnant des provinces des Hauts Bassins, des Cascades et de la Lé-
Oumarou OUEDRAOGO La savane ouest africaine est en grande partie caractérisée par un raba par des escarpementsk impressionnants auxquels on donne
Marco SCHMIDT relief plus ou moins plat interrompu quelquefois par des élévations le nom de « falaises ». De la région de Bobo-Dioulasso à celle de
montagneuses. Les régions à relief accidenté comme les massifs ro- Banfora, le plateau se termine par une falaise de 150 m de hauteur.
cheux ou les chaînes de collines sont considérées comme des éco- Le Mont Tnakourou qui appartient à ce vaste ensemble, culmine à
systèmesk relativement peu perturbés avec une conservation plus 749 m.
importante de la biodiversiték.
Les massifs gréseux du Sud-Est
Localisation des principaux massifs Quant aux reliefs du Sud-Est, ils forment un petit massif « le massif
greseux de Gobnangou ». Cette chaîne de montagnes est constituée de grès
Au Burkina Faso, les massifs gréseux les plus impressionnants s’ob- précambrien.
servent dans la région orientale (la chaîne de montagne du Gob- A son point culminant, elle atteint 365 m, alors que le paysage en-
nangou, Fig. 7.38) et au sud-ouest (les falaises de Banfora, les pics vironnant s’élève à 200-300 m. Sur son versant nord, le grès forme
de Sindou et le mont Ténakourou). On peut ajouter à ces ensem- une pente raide, sur le versant sud, les falaises alternent avec des
bles gréseux, les inselbergs disséminés dans les différentes par- dorsales de grès. De nombreux ravins entrecoupent la chaîne sur les
ties du pays, qui ont la même origine précambriennek avec des deux versants. Sur le plan pédologique il y a une prédominance des
390
Burkina Faso
sols sableux peu profonds et souvent avec une très forte teneur en
gravillons.
Les inselbergs
Il existe une pluralité de définitions des inselbergs [14]. Certains
auteurs considèrent les massifs rocheux à l’échelle du Gobnan-
gou comme étant un inselberg. Toutefois, dans cet atlas, nous rete-
nons simplement comme inselberg (Fig. 7.39), les entités rocheu-
ses, les buttes rocheuses ayant les mêmes origines précambriennes,
plus petites et qui ne forment pas de chaînes de montagnes. Ces
inselbergs sont souvent exploités pour la production de graviers
(Fig. 7.40) par les compagnies de voirie.
Inselbergs
There exist multiple definitions for inselbergs [14]. Some au-
thors consider the rocky massifs of the scale of the Gobnangou
as being an inselberg. Nonetheless, in this atlas, we retain as in-
selbergs (Fig. 7.39), rocky entities, rocky hillocks with the same
Precambrian origins, which are smaller and do not form moun-
tain chains. These inselbergs are often exploited for gravel pro-
duction (Fig. 7.40) by roadway companies.
7.39
The sandstone chains: a multiplicity of habi-
tats with a diversity of species
With a skeletal soil, the environmental conditions of rocky re-
liefs vary between very dry sites at high temperatures and sig-
nificant evapotranspirationk and very humid sites with run-on
and stagnation of water [15]. Thus, a variability of microhabi-
tatsk reigns where the ecological conditions contrast to the sur-
rounding landscapes. Due to their limited use for agriculture
and grazing, the vegetation that develops on the sandstone is
often closer to the natural state [16].
The rocky isolated habitats are occupied by a florak adapted to
this special environment that differs almost completely from 7.40
391
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
limitée à des fins agropastorales, la végétation qui se développe sur chaméphytesk Tephrosia mossiensis et Hibiscus scotellii, les arbustes
les grès est souvent plus proche de l’état naturel [16]. comme Gardenia sokotensis et Combretum nioroense et souvent des
Les habitats rocheux isolés sont occupés par une florek adaptée à arbres tels que Ficus abutilifolia (Fig. 7.42). On y trouve des espèces
ce milieu particulier qui diffère presque complètement de la végé- succulentes parfois en populations denses telles que Euphorbia su-
tation environnante [17]. La flore des reliefs rocheux n’apparaît pas danica, Caralluma dalzielii et Aloe macrocarpa (Fig. 7.43).
systématiquementk plus ou moins riche que celle des substrats Dopatrium longidens (Fig. 7.44) est une espèce typique des petites
voisins, par contre elle possède souvent un taux d’endémismek su- retenues d’eaux temporaires qui se forment dans les inselbergs.
périeur [18]. Ces milieux peuvent constituer également des sites La très rare Rubiaceae Batopedina tenuis est aussi rencontrée dans
refuges à la fois aux espèces xériques (adaptées aux conditions cli- ces habitats rocheux (Pics de Sindou, Dômes de Fabédougou,
matiques sèches) et hydrophiles (inféodées à la présence de l’eau) Mont Karou) et est présent en dehors du Burkina Faso seulement
pendant les grands changements climatiquesk. dans une localité au Ghana.
La biomasse réduite sur les rochers amenuise l’impact du feu. En ef- Dans les lisières de la falaise de Banfora, les bowé sont souvent cou-
fet, les espèces sensibles au feu y trouvent alors un habitat plus favo- vertes de basses strates herbacées, riches en Cyperaceae et plusieurs
rable que dans les savanes environnantes. plantes carnivores telles que Drosera indica (Fig. 7.45), Genlisea afri-
Les espèces qui sont très fréquentes et se retrouvent à la fois sur ces cana et plusieurs espèces d’Utricularia (Fig. 7.47). Le genre Xyris est
reliefs dans les différents régions écologiques du Burkina Faso sont aussi exclusivement rencontré dans ces habitats.
essentiellement les herbacéesk telles que Loudetia simplex, Cyanotis Dans les ravins et les gorges profondes des roches se crée un habitat
lanata (Fig. 7.41), Andropogon tectorum, Andropogon schirensis, Lou- exceptionnellement humide et frais. Ainsi les fougères (Fig. 7.46),
detia togoensis, Andropogon pseudapricus et Indigofera omissa. habituellement rares dans la plupart des formations végétales, pré-
On rencontre également plusieurs autres espèces de tailles et sentent une certaine diversité dans ces milieux. Les mousses sont
de formes diverses confinées aux fissures dans les roches : les aussi présentes avec une diversité légèrement elevée que dans les
the surrounding vegetation [17]. The flora of rocky reliefs does macrocarpa (Fig. 7.43).
not appear more or less rich than that of neighbouring sub- Dopatrium longidens (Fig. 7.44) is a typical species of temporary
strates systematicallyk; however, it often possesses a higher rock pools on the inselbergs, which form into the inselbergs.
rate of endemismk [18]. These environments can also consti- The very rare Rubiaceae Batopedina tenuis is also found in these
tute refuge sites both for xeric species (adapted to dry climatic rocky habitats (Sindou peaks, Fabédougou domes, Mount
conditions) and hydrophiles (requiring the presence of water) Karou) and is known outside Burkina Faso in only one place in
during the great climate changesk. The reduced biomass on Ghana.
the rocks reduces the impact of fire. Indeed, the fire-sensitive At the borders of the Banfora cliffs, the Bowé are often covered
species find a more favourable habitat here than in the sur- with low herb layer, rich in Cyperaceae and several carnivorous
rounding savannas. plants like Drosera indica (Fig. 7.45), Genlisea africana and several
The species that are very frequent and are found throughout species of Utricularia (Fig. 7.47). The genus Xyris is also found ex-
the reliefs in different ecological regions of Burkina Faso are es- clusively in these habitats.
sentially grasses like Loudetia simplex, Cyanotis lanata (Fig. 7.41), In the ravines and deep gorges of the rocks an exceptionally
Andropogon tectorum, Andropogon schirensis, Loudetia togoensis, humid and fresh habitat is created. Thus, ferns (Fig. 7.46), habit-
Andropogon pseudapricus and Indigofera omissa. ually rare in the majority of Burkina’s plant formations, present a
We also find several other species of different sizes and forms certain diversity in these environments. Mosses are also present
confined to the fissures in the rocks: the chamaephytesk Teph- a slightly higher diversity than in savannas.
rosia mossiensis and Hibiscus scotellii, shrubs Gardenia sokoten- Grottos, present at the level of the rocky reliefs, constitute se-
sis and Combretum nioroense and often trees like Ficus abutili- cure shelters for several animal species. We can find vipers, co-
folia (Fig. 7.42). We find succulent species there often in dense bras, hyenas, porcupines, rock hyraxes, etc.
populations like Euphorbia sudanica, Caralluma dalzielii and Aloe
392
Burkina Faso
393
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
communautés végétales. Aussi le couvert ligneuxk devient plus Quant aux savanes arbustives clairsemées à Combretum nioroense,
important. elles ont été rencontrées dans deux régions (au sud-ouest dans la
Les ravins de versants de la falaise du Gobnangou, sont occupés par région de Bobo-Dioulasso particulièrement à Fô et au sud-est sur la
des forêts sèches à Manilkara multinervis (forêts denses sèches). Les chaîne du Gobnangou) [20 & 21].
savanes arborées à Burkea africana et Detarium microcarpum y sont Comme formation saxicole très confinée, il y a le groupement à
aussi présentes. En effet, les formations saxicolesk caractérisées par Lannea fruticosa (Fig. 7.48) qui a été rencontré uniquement sur les
Burkea africana et Detarium microcarpum sont les plus répandues collines rocheuses qui surplombent les localités de Namounou et
dans la zone soudanienne. Par contre, les formations à Boswelia dal- de Madaga dans la province de la Tapoa [22].
zielii (espèce à haute valeur médicinale) sont réparties principale- Tout comme la flore des reliefs non gréseux, les formations saxi-
ment dans le secteur nord soudanien. coles montrent une grande variabilité floristique suivant les zones
climatiques du Burkina Faso. La particularité de la phytodiversiték
(flore typique) de ces habitats gréseux fait d’eux, des sites à privilé-
gier dans le cadre des stratégies de conservation de la biodiversité.
Fig. 7.45: Drosera indica: une plante carnivore (piégeant les insec-
tes). | Drosera indica: a carnivorous plant (trapping insects). SPO
394
Burkina Faso
Fig. 7.46: Adiantum schweinfurthii, une espèce de fougère de la Forêt Classée de Péni. | Adiantum schweinfurthii, a fern species of the Forêt Classée de Péni. MSC
395
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
7.6
à marée basse n’excède pas six mètres ». Il est associé aux zones hu-
Cascades, galeries forestières, mides plusieurs types de formations végétales adaptées aux pertur-
zones humides bations fréquentes provoquées par les inondations. L’une de ces for-
mations végétales à savoir la forêt galerie retient plus l’attention par
sa physionomie et le rôle écologique qu’elle joue dans la conserva-
Oumarou SAMBARE Le Burkina Faso est parcouru par un important réseau hydrogra- tion d’espèces rares. La physionomie de ces galeries forestières ainsi
Adjima THIOMBIANO phique représenté par des eaux courantes et des eaux stagnantes. que les espèces constitutives sont influencées par le gradient plu-
L’ensemble du réseau hydrographique se rattache à trois bassins viométrique nord-sud du pays. Ce sont en général des formations
versants internationaux. Ce sont les bassins versants de la Vol- forestières fréquentées par les populations riveraines à la recherche
ta, de la Comoé et du Niger avec des superficies respectives de de terres plus fertiles et de sources de revenus. La forêt galerie est
178 000 km2, de 17 000 km2 et de 79 000 km2. Les eaux couran- une végétation localisée sur les berges ou sur des plateaux à proxi-
tes sont constituées par les principaux fleuves et rivières et les eaux mité des cours d’eau, des plans d’eau douce, sur des sols fournissant
stagnantes par les mares, les lacs, les retenues d’eaux et les barrages. une humidité excessive. Elle est adaptée à l’humidité excessive et est
Trois de ces plans d’eau à savoir la mare d’Oursi, la mare aux hip- distincte de la savane adjacente et des autres formations des zones
popotames et le parc national du W désigné comme site Ramsar sèches par sa composition floristique et sa structure [23].
témoigne de l’importance des zones humides pour la conservation
de la biodiversiték au Burkina Faso. Selon la convention de Ram- Importance ecologique
sar, les zones humides sont soit « des étendues de marais, de fagnes, Les zones humides et les formations végétales qui leur sont asso-
de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou ciées jouent des rôles divers dans le maintien des équilibres écologi-
temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtrek ques. Certaines espèces des savanes soudaniennes ne se retrouvent
at low tide does not exceed six meters”. Several types of plant
formations adapted to the frequent disturbances provoked
Waterfalls, gallery forests, by flooding are associated with wetlands. One of these plant
wetlands formations, the gallery forest, holds more attention due to its
physiognomy and the ecological role that it plays in the con-
servation of rare species. The physiognomy of these gallery for-
Burkina Faso is covered by an important hydrographic network ests and the species found there are influenced by the coun-
represented by running water and stagnant water. The entire try’s North-South rainfall gradient. In general, these are forest
hydrographic network is connected to three international river formations frequented by the people of neighbouring settle-
basins. These are the Volta, Comoé and Niger River basins with ments seeking land more fertile and sources of income. The
respective areas of 178 000 km2, 17 000 km2 and 79 000 km2. gallery forest is vegetation situated on the banks or on plateaus
The running water is made up of the main rivers and stagnant near waterways, bodies of freshwater, on overly humid soils. It
waters by pools, lakes and reservoirs and dams. Three of these is adapted to excessive humidity and is different by its floristic
watercourses, namely the Mare d’Oursi, the Mare aux hippo- composition and structure from the adjacent savanna and oth-
potames and the W National Park designated as the Ramsar site er formations of the dry zones [23].
testify to the importance of wetlands for the conservation of
biodiversityk in Burkina Faso. According to the Ramsar conven- Ecological importance
tion, the wetlands are either “stretches of swamp, fens, peat- The wetlands and plant formations that are associated to gal-
bogs or natural and artificial water, permanent or temporary lery forests play different roles in the maintenance of ecological
where the water is stagnant or running, freshwater, brackishk balances. Some Sudanian savanna species can only be found in
or salty, including stretches of marine water where the depth the wetlands of the Sahel zone where they benefit from more
396
Burkina Faso
au niveau du secteur sahélien, que dans les zones humides où elles et de Khaya senegalensis (Caïlcédrat ou acajou du sénégal) pour son
bénéficient encore de sols plus humides et plus fertiles. C’est le cas bois. La pulpe du fruit de Elaeis guineensis est utilisée dans la prépa-
de Combretum micranthum et d’Anogeissus leiocarpa [24]. Les zones ration de la sauce. Cette espèce présente beaucoup de vertus ali-
humides sahéliennes sont des lieux où de nombreuses espèces à mentaire, médicinale et usages divers. Tamarindus indica (Tamari-
distribution soudanienne arrivent à se développer, témoignant ainsi nier) fait partie des habitudes alimentaires des populations rurales
leur caractère refuge. De même, de nombreuses espèces guinéen- du Burkina Faso. Les fruits de Vitex doniana (Prunier noir) et De-
nes se rencontrent encore au Burkina Faso dans les galeries fores- tarium microcarpum (Petit détar) sont comestibles. Oxythenanthera
tières du secteur sud-soudanien. Par leur écologie particulière (ab- abyssinica (Bambou) est une espèce utilisée dans l’artisanat.
sence de feux de brousse), ce sont des zones de concentration de Des ressources sont aussi générées à travers le tourisme au niveau
la faunek grâce à l’habitatk particulier contre les prédateursk. Les des zones humides. Certains plans d’eau, de par la beauté de leur
galeries forestières le long de la Kompienga ou de la Pendjari sont paysage et des espèces animales et végétales qu’ils abritent, sont de-
occupées par des peuplements de Borassus aethiopum qui sont gé- venus de véritables sites touristiques. Les exemples sont nombreux
néralement les lieux de prédilection des éléphants. parmi lesquels on peut citer les cascades de Karfiguéla à Banfora, la
mare aux hippopotames à Bala, la mare d’Oursi.
Importance socio-economique
L’intérêt des zones humides est lié à leurs ressources : fertilité et Les formations vegetales des cours d’eau
humidité du sol, l’eau, le bois de chauffe et le bois de construction Les galeries forestières, les cordons ripicolesk, les forêts maréca-
pour satisfaire les besoins de base et comme source de revenus. Les geuses, les prairies aquatiques et semi-aquatiques sont les forma-
galeries forestières abritent souvent des espèces aux grandes po- tions couramment associées aux cours d’eau. Ces formations à l’ins-
tentialités économiques. C’est le cas de Elaeis guineensis (Palmier à tar des autres formations végétales du Burkina Faso sont soumises
huile) qui est une espèce beaucoup commercialisée pour ses fruits à une forte dégradationk due aux changements climatiquesk et
humid and fertile soils. This is the case for Combretum micran- foods, medicines and other diverse applications. Tamarindus
thum and Anogeissus leiocarpa [24]. The Sahelian wetlands are indica (tamarind) is part of the diet of the rural populations of
places where many species with Sudanian distribution start to Burkina Faso. The fruits of Vitex doniana (black plum) and Detar-
develop, thus showing their refuge character. Also, numerous ium microcarpum (tallow tree) are edible. Oxythenanthera abys-
Guinean species can still be found in Burkina Faso in the gal- sinica (bamboo) is a species used in crafts.
lery forests of the south Sudanian sector. Due to their particu- Tourism also generates resources through the wetlands. Due to
lar ecology (lack of brushwood fires), these are zones where, the beauty of their landscape and the animal and plant species
thanks to this special habitatk unfavourable for predatorsk, the that they shelter, some watercourses have become real tourist
faunak concentrates. The gallery forests along the Kompienga sites. Examples are numerous, among these are the Karfiguéla
or the Pendjari are occupied by populations of Borassus aethiop- Falls in Banfora, the hippopotamus pool in Bala, and the Oursi
um which are generally favourite places of elephants’. pool.
397
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
à l’action anthropiquek. La superficie totale des galeries forestiè- Vetiveria nigritana, d’Echinochloa colona et beaucoup d’espèces de la
res était estimée en 2002 à 835 000 ha soit 3 % du territoire natio- famille des Cyperacae. Elle est périodiquement soumise à des sub-
nal [25]. Les galeries forestières et les cordons ripicoles se déve- mersions ponctuelles en hivernage.
loppent sur les berges des cours d’eau. Ces formations sont aussi
rencontrées au niveau des cascades. La différence entre galeries fo- La flore des zones humides en fonction
restières et cordons ripicoles réside dans l’importance quantitative des secteurs phytogeographiques
et qualitative des espèces végétales. Les premières sont de véritables Certaines espèces des galeries forestières sont spécifiques à des sec-
forêts et sont rencontrées essentiellement dans le secteur phyto- teurs phytogéographiques et d’autres sont rencontrées sur l’ensem-
géographiquek sud-soudanien du Burkina Faso [12]. Les cordons ble des secteurs phytogéographiques.
ripicoles sont des bandes minces de végétation qui balisent les
cours d’eau moins importants et généralement temporaires. La lar- Le domaine sahélien
geur de la bande diminue le long du gradient climatique sud-nord. Dans ce domaine, les reliques de galeries forestières et cordons ri-
Les forêts marécageuses quant à elles se développent dans de gran- picoles associés aux nombreux cours d’eau temporaires tels que
des dépressions où l’eau stagne plus ou moins longtemps [26]. La Gourouol, Feildégassé, Maraboulé, Feto, Nakambé, Faga et Yali sont
prairie aquatique se développe aussi bien dans les mares de vallée des milieux potentiellement conservateurs de la biodiversité. Ainsi
que les mares de plateau, à des profondeurs variables. La végétation certaines espèces telles que Anogeissus leiocarpa (Bouleau d’Afri-
aquatique est dominée par Nymphaea lotus (le nénuphar) qui cou- que) et Combretum micranthum (Kinkéliba) ne se rencontrent que
vre souvent la quasi-totalité de la surface des mares. La végétation sur des sites dont le temps d’inondation est relativement court mais
semi-aquatique se développe surtout sur le pourtour des mares où le sol reste frais. Ces deux espèces sont le plus souvent accompa-
elle forme une strate continue. Elle est le plus souvent formée par gnées de Crataeva adansonii (Crateva sacré), Diospyros mespiliformis
des espèces de riz sauvage Oryza longistaminata, Oryza barthii, de (ébène de l’ouest africain), Celtis integrifolia (Micocoulier africain),
also found near waterfalls. The difference between gallery for- Wetland flora in dependance of phytogeo-
ests and riparian strips lies in the quantitative and qualitative graphic sectors
importance of the plant species. The first are true forests and Some gallery forest species are specific to certain phyto-
are found essentially in the phytogeographick South Sudani- geographic sectors, others are found in all phytogeographic
an sector of Burkina Faso [26]. The riparian strips are slim bands sectors.
of vegetation that mark the less significant and generally tem-
porary waterways. The width of the band diminishes along Sahelian domain
the climatic South-North gradient. Temporarily inundated for- In this domain we find environments which are potential bio-
ests develop in large depressions where water stagnates over diversity conservators: the relics of gallery forests and ripar-
a shorter or longer time period [27]. The aquatic prairie devel- ian strips associated with numerous temporary waterways
ops as well in the valley pools as also in the plateau pools with like Gourouol, Feildégassé, Maraboulé, Feto, Nakambé, Faga
varying depths. The aquatic vegetation is often dominated by and Yali. Thus, some species such as Anogeissus leiocarpa (Afri-
Nymphaea lotus (the water lily), which often covers almost all of can birch) and Combretum micranthum (Kinkéliba) can only be
the ponds’ surface. The semiaquatic vegetation mostly devel- found on sites where the flooding time is relatively short, but
ops around the pools where it forms a continuous stratum. It is the soil remains moist. These two species are most often ac-
most often formed by wild rice species Oryza longistaminata, companied by Crataeva adansonii (garlic pear tree), Diospyros
Oryza barthii, Vetiveria nigritana, Echinochloa colona and many mespiliformis (African ebony), Celtis integrifolia (African hack-
Cyperacae species. It is periodically submitted to submersions berry), and Mitragyna inermis. On the Yali in the Sub-Sahelian
during the rainy season. sector, we find a gallery forest with large Daniellia oliveri (Afri-
can copaiba balsam tree), Vitex doniana (black plum), Diospyros
mespiliformis (African ebony) and Anogeissus leiocarpa (African
398
Burkina Faso
Le secteur nord-soudanien
Dans ce secteur, les reliques de galeries forestières rencontrées sur 7.49
le Mouhoun, le Nazinon, le Nakambé et le Bonsoaga permettent de
distinguer : des espèces telles que Pterocarpus santalinoides, Cola lau-
rifolia (Cola feuille de laurier), qui sont de grands arbres atteignant
souvent 25 m de haut et très abondant le long du fleuve Mouhoun.
Aussi, de petits arbres tels que Vitex chrysocarpa, Syzygium guineense,
Morelia senegalensis sont rencontrés.
Le secteur sud-soudanien
Dans ce secteur phytogéographique des espèces comme : Vitex
chrysocarpa, Cola laurifolia, Syzygium guineense, Morelia senegalen-
sis, Mallotus oppositifolius, Parinari congensis sont rencontrées sur le
Singou et le Nazinon qui sont des cours d’eau temporaires mais qui 7.50
Fig. 7.49: Galerie forestière
à Folonzo. | Gallery forest at
Folonzo. OSA
birch) which have almost all disappeared from the surrounding Fig. 7.50: Galerie forestière à
zones. Samogohiri. | Gallery forest at
Samogohiri. OSA
North Sudanian sector Fig. 7.51: Cordon ripicole à
In this sector, in the relics of gallery forests found in the Kou. | Riparian strip at Kou.
Mouhoun, Nazinon, Nakambé and Bonsoaga we encoun- OSA
ter species like Pterocarpus santalinoides, Cola laurifolia (laurel- Fig. 7.52: Les cascades de
leaved kola), that are large trees that often reach 25 m and are Karfiguéla. | The waterfalls at
very abundant along the Mouhoun River. Also, small trees like 7.51 Karfiguéla. OSA
Vitex chrysocarpa, Syzygium guineense, Morelia senegalensis are 7.52
found.
399
7: Zones d’importance écologique | Important ecological zones
restent tout de même permanents par endroit. Dialium guineense ont permis de recenser huit espèces guinéennes à savoir Erythro-
(Tamarinier noir), Cassipourea congoensis, Manilkara obovata, Hy- phleum suaveolens (Grand tali), Kigelia africana (Saucissonnier ou
menocardia heudelotii, Berlinia grandifolia sont rencontrées sur les faux boabab), Cola laurifolia (Cola feuille de laurier), Cola cordifolia,
berges de la Comoé qui est un cours d’eau permanent dans la forêt Elaeis guinneense (Palmier à huile), Phoenix reclinata (Faux dattier),
classée et réserve partielle de faune de Folonzo (Fig. 7.49). A Samo- Lannea kerstingii et Malacantha alnifolia.
gohiri une galerie forestière d’une très grande diversité se trouve sur
un affluent de la Léraba : Les espèces telles que Berlinia grandifolia, Conclusion
Carappa procera, Albizia zygia, Tetracera alnifolia, Xylopia parviflora, Les zones humides du Burkina Faso renferment une diversité bio-
Uvaria chamae y sont très abondantes (Fig. 7.50). Au niveau des cas- logique non négligeable qui mérite plus d’attention de la part du
cades de Karfiguéla on rencontre Pandanus candelabrum qui est une monde scientifique. En effet, elles constituent des sites de refuges
espèce rare au Burkina Faso (7.52). Dans les cours d’eau il existe pour de nombreuses espèces végétales menacées de disparition des
une espèce particulière de plante appelée Tristicha trifaria qui se dé- milieux environnants.
veloppe sur les roches et qui est une plante haute ressemblant aux
mousses. Breonadia salicina qui affectionne aussi les cours d’eau avec
un substrat rocheux, est une espèce abondante au niveau des casca-
des de Karfiguéla. Elle est accompagnée par beaucoup d’autres es-
pèces qui restent confinées à cet habitat spécifique parmi lesquelles
on cite Combretum racemosum, Raphia sudanica.
Une étude menée dans les forêts galeries de la Leyessa et de Bala
dans la réserve de biosphèrek de la Mare aux Hippopotames clas-
sée par l’UNESCO comme patrimoine mondial depuis 1987 [27]
classified forest and partial reserve (Fig. 7.49). At Samogohiri, a Elaeis guinneense (African oil palm), Phoenix reclinata (Senegal
gallery forest with a very large diversity is found on the Léraba date palm), Lannea kerstingii and Malacantha alnifolia.
affluent. Species such as Berlinia grandifolia, Carappa procera,
Albizia zygia, Tetracera alnifolia, Xylopia parviflora and Uvaria Conclusion
chamae are very abundant there (Fig. 7.50). At the Karfigué- Burkina Faso’s wetlands hold an important biological diversity
la Falls, we find Pandanus candelabrum, which is a rare Burkina that merits more attention by the scientific world. Indeed, they
Faso species (Fig. 7.52). There is also a very peculiar plant spe- are refuge sites for numerous plant species threatened by ex-
cies, Tristicha trifaria, a higher plantk resembling a moss grow- tinction in the surrounding environments.
ing on the rocks within the running water. Breonadia salicina
also likes waterways with a rocky substratum and is a species
that is abundant at the Karfiguéla Falls. It is accompanied by
many other species that remain confined to this specific habitat
among which we can cite Combretum racemosum and Raphia
sudanica.
A study undertaken in the gallery forests of the Leyessa and
Bala within the biospherek reserve of the Mare aux Hippopot-
ames, classified by the UNESCO as world heritage site since
1987 [28], has enabled to locate eight Guinean species: Eryth-
rophleum suaveolens (forest ordeal tree), Kigelia africana (sau-
sage tree), Cola laurifolia (laurel-leaved kola), Cola cordifolia,
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Burkina Faso
Bibliographie chapitre 7
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Balancing conservation with local livelihoods in Burkina Faso involves challenges, such as restricting resource access and overcoming socio-political conflicts with conservation policies . However, potentials like eco-tourism and controlled resource use within conservation zones provide economic benefits while supporting biodiversity, offering pathways for harmonious coexistence between human development and ecological preservation .
Modern conservation policies in Burkina Faso strive for ecological balance by establishing protected areas to limit human exploitation and ensure resource regeneration . These policies often provide usage rights to locals, such as harvesting non-timber forest products for medicinal and domestic purposes, which address some human survival needs while maintaining biodiversity .
Historically, the management of natural resources in Burkina Faso was governed by community rules and overseen by village chiefs and hunter leaders, resulting in a harmonious relationship with nature . In contrast, modern conservation efforts have introduced new management forms that often neglect traditional methods and focus on establishing protected areas to mitigate human exploitation . This shift highlights a disconnect between historical practices focused on integration with nature and contemporary strategies heavily reliant on restrictive conservation zones.
In pre-colonial Burkina Faso, forest and wildlife management relied on community-based systems overseen by land chiefs and hunters, fostering an intrinsic ecological respect . Colonial and post-colonial periods introduced formal policies emphasizing centralized control and protected areas, which often overlooked traditional methods . Current management attempts to reconcile these approaches, although challenges persist in integrating indigenous knowledge into official policies .
The biodiversity of the Pama Reserve, with its diverse plant families, serves as a critical site for scientific research focused on ecological dynamics and species preservation . It also contributes to conservation efforts by enhancing understanding of local ecosystems, guiding management strategies, and supporting biodiversity maintenance as a model of in situ conservation .
Sacred groves in Burkina Faso are degraded by agricultural pressure, grazing, and climate change . Local management, which is traditional and spearheaded by village leaders, aims to protect customs and secrets associated with these groves. Activities are generally restricted, but in community forests, management permits certain limited exploitation when resources are unavailable elsewhere, balancing ecological preservation with community needs .
The creation of protected areas in Burkina Faso has often disregarded traditional community-based management practices, leading to conflicts and overlooking indigenous knowledge . Traditional management, with its emphasis on community rules and local governance, contrasts sharply with state-implemented conservation frameworks, which tend to sideline local practices in favor of formal, centralized controls, potentially undermining effective resource stewardship .
Community forests in Burkina Faso, managed by local village delegations, provide a system of resource management that respects cultural traditions and ecological preservation . These forests serve as key areas allowing for regulated exploitation while maintaining biodiversity, reflecting a decentralized approach where local knowledge and customs are integral to conservation strategies .
Species such as Andropogon chinensis face threats due to overexploitation and habitat disturbances caused by humans and animals, like elephants . To protect these species, ecological monitoring and controlling human access to critical habitats could be reinforced, alongside community education on biodiversity significance and sustainable practices .
The Partial Fauna Reserve of Pama is a crucial biodiversity conservation site that supports 73 plant families, many of which contain rare or less frequent species . Besides conservation, it facilitates scientific research and generates national revenue through activities like sport hunting and eco-tourism, indicating its multifaceted role in both ecological preservation and economic support for local communities .