Bord Philosophie Tle A4 PDF Noûs Platon 4
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Bord Philosophie Tle a4
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PHILOSOPHIE EN TERMINALE A4
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PHILOSOPHIE AU BACCALAUREAT
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SESSIONS -2016 à 2021-
Série : A4
+237697874374
Edition 2021
MINESEC-OFFICEDUBACCALAUREATDUCAMEROUNBACCALAUREAT
DUREE:4heures SERIE:A4-ABI
COEFF.:4
SESSION : 202.1
Lecandidattraiteraobligatoirementlesdeuxpartiesdel'épreuve
PartieA.EvaluationdesRessources(9pts)
«L'hommeexcellent,entantqu'ilprenddesinitiativesnovatrices,engagelesortdeses
semblables.Ilnesauraitluiêtreinterditdevouloirsonproprebien;maisalors,ildoitagirde
tellesortequevouloirsonproprebiennecontredisepaslebiendesautres;end'autresterm es
seuleetmême
vouloirsonpropresalutetvouloirlesalutdesessemblablesdoiventêtreune
chose.Iln'estresponsablequeparcequ'ilestapteàlaliberté;etsisarecherchedelalib erté
se
devaitnuireàlalibérationdesautres,ilferaitéchecparlui-mêmeàsaproprelibérationet
mentntrécom
dénonce raitcommeindignedelaresponsabilitédel'humain.[...]nousavonsmo
l'africaindel'Afriquesous-développéeignoraitl'étenduedesaresponsabilité.C'estl'homme
quis'abandonneconsciemmentouinconsciemmentauxforcesoccultes,audestin,auxdieux.
e
Sedépouillantainsidesavéritableresponsabilité,ilsedépouilleaussilaplupartdutempsd
sonprivilègedecréer:dieuypourvoira,lesorcierypourvoira,lesancêtresypourvoiront!Nul
doutequec'estunhommeàquiilfautenseignerl'homme.»
E.Njoh-Mouelle,Delamédiocritéàl'excellence,Clé,1998,pp.159-160.
Atraversuneproductionécritedequinzelignes,aumoinsetdevingt-cinqlignes,au
plus,dégagel'intérêtphilosophiquedecetexteàpartirdesonétudeordonnée,c'est-à-diredes
élémentsci-après:
-Définitionduproblèmephilosophique(DP) 1,5pts
-Elémentsd'étudeanalytique(EA) 2pts
-Elémentsderéfutation(RT) 2pts
-Elémentsderéinterprétation(RIT) 2pts
-Conclusion(C) 1,5pts
PartieB.Evaluationdel'agircompétent(9pts)
Sujet:QuetesuggèrentcesproposdeMontaigne:«Philosopher,c'estapprendreàmourir»?
Consigne:Tuferasdusujetci-dessusunedissertationphilosophiqueenprenantencompteles
tâchesci-apres:
1tretâche:Rédigeuneintroductiondanslaquelletuposerasleproblèmephilosophiquedontil
estquestionetformuleraslaproblématiquesubséquente; 3pts.
2êmetâche:Apartirdetaculturephilosophiqueetdanslerespectdesrèglesdelalogique;
élaboreuneanalysedialectiqueduproblèmesoulevé; 3pts.
3emetâche:Propose,enguisedeconclusion,unesolutionpersonnelleetcontextualiséedudit
3pts.
problème;
Présentation2pts
SESSION2021 1/1
Consigne: A travers une production écrite de quinze lignes, au moins et de vingt-cinq lignes,
au plus, dégage l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée, c’est -à-dire
des éléments ci-après :
• Définition du problème philosophique (DP)
• Éléments d'étude analytique (EA)
• 2(deux) Éléments de réfutation (RT)
• 2(deux) Éléments de réinterprétation (RIT)
• Conclusion (C)
Compréhension du texte
Pour comprendre cet extrait de De la médiocrité à l'excellence et surtout bien le situer, il faut
prendre en considération ce qui suit ; l'acharnement de Njoh-Mouelle contre toute forme de
médiocrité et son engagement à définir les principes qui fondent l'excellence humaine, à
savoir, la créativité, la liberté, la responsabilité de soi et de tous. Selon ce philosophe
camerounais, la construction d’un véritable développement en Afr ique requiert des Africains
un volontarisme et un engagement fondés sur l’effort et le dépassement permanent de soi.
L'auteur met en exergue les caractéristiques de l'homme excellent dans une démarche ternaire
qui se présente ainsi qu'il suit :
Dans le premier mouvement, Njoh-Mouelle dévoile les caractéristiques de l ‘homme excellent
et montre qu'il est un homme créatif. libre et responsable.
Dans le second mouvement, l'auteur souligne la signification de la responsabilité de l'homme
excellent en indiquant que celui-ci est cet être altruiste dont l'épanouissement est conditionne’
par celui des autres.
De là suit, dans le troisième mouvement. la présentation de la médiocrité de l ‘homme africain
sous-développé’ qui est décrit comme irresponsable et inapte à la créativité.
Malgré sa qualité et sa pertinence, ce texte semble s'exposer à plusieurs critiques, qui pour la
plupart relèvent d’une attitude spirituelle rapprochant son auteur d‘ un idéalisme de type
platonicien ou kantien.
Première critique: Conception trop idéaliste et exigeante de l'excellence qui semble difficile à
réaliser. Tout se passe comme si Njoh-Mouelle « angélisait » l'homme excellent.
Deuxième critique : Méconnaissance de la nature égoïste et individualiste de l'homme,
davantage porté a rechercher son propre bonheur qu'à penser à celui des autres.
Troisième critique : Le défaut de culture et d'éducation, préalables nécessaires pour accomplir
le saut qualitatif que l'auteur exige de l’africain sous-développé.
Quatrième critique : Il semble difficile d'être excellent dans des situations de pauvreté
extrême, telles que celles qui caractérisent certains pays africains. Voila qui pourrait
hypocritement justifier des adages anti-moraux tels que ceux-ci : « qui vole au riche emprunte
à Dieu » « la chèvre broute là où elle est attachée » « ventre affamé n'a point d ‘oreilles »
Cinquième critique : L'aversion de l'auteur pour les attitudes de suivisme et de conformisme
n'invite-t-elle à la révolte, à l’anticonformisme et à la subversion, â la fois contre les autorités
légitimes (Dieu, ancêtres et autres tenants de l'ordre social et moral, etc.) et contre les valeurs
séculaires qui permettent à un peuple de se fixer, de se spécifier dans l'histoire ? Le suivisme
et le conformisme seraient moins à blâmer qu'une attitude de désinvolture qui ferait courir le
risque de l'oubli et de l'abandon de nos cultures.
Transition : Mais, ces critiques suffisent-elles à discréditer le texte et à lui enlever tout
mérite et toute valeur ?
d'autre part, les excellents veulent construire, à l'image du héros bergsonien ou du dialecticien
platonicien, des modèles et des valeurs positives humanistes, qui aspirent à l'universalité.
Ainsi, le texte de Njoh-Mouelle dégage à la fois une actualité et un intérêt philosophique
probants.
Conclusion (C)
I. Compréhension du sujet
• Montrer en quoi la philosophie, qui par nature vise l'éducation de l'âme, se présente comme
une hygiène de vie nous habituant à mourir un corps pour donner à l'âme le plus de chance
d'accéder au salut et de {immortaliser : qu‘il s'agisse de Platon on de Montaigne, le l'faire -
valoir de cette citation est d'extirper en l'homme l'angoisse existentielle générée par la mort en
lui apprenant cette authentique sagesse selon laquelle non seulement la mon l'ait partie
intégrante de la vie (puisque tonte vie s'achève logiquement et nécessairement par la mort),
mais aussi et surtout que pour l'homme de bien, la mort est un prétexte à travers lequel
{inaugure une autre vie.
En conséquence, le sage / le philosophe ne doit pas la craindre ;
• Réagir en formulant des objections qui mettent en cause cette appréhension de la
philosophie et de ses rappons avec la mort que propose Montaigne/Platoon ct les difficultés y
afférentes ;
• En déduire, comme esquisse de justification, l'attitude à laquelle devrait nous conduire la
méditation philosophique sur la mort.
I Introduction
II.1 Problème :
Le sujet invite à se prononcer sur la nature des rapports entre la philosophie et la mort /
l’attitude philosophique vis-à-vis de la mort / l’impact de la réflexion philosophique sur
la mort/ la manière dont la philosophie appréhende et Juge la mort / la signification ou
l'essence du philosopher eu égard à la mort/ la nature des rapports entre l’acte de
«philosopher» et l’acte de «mourir». Il s'agit, en fait, de s’interroger l’articulation entre
la réflexion philosophique et l'idée de la mort.
ll.2 Problématique : Ce problème peut être décliné en problématiques ainsi qu'il suit :
Développement
2- D'un point de vue réaliste et sociologique, il apparaît aussi que philosopher, c’est choisir de
vivre dangereusement : l'activité du philosophe l'expose, soit à mise à l'index, soit à une
condamnation à mort; tellement il est gênant par sa détermination à dire la vérité, parfois
même en défiant la majorité et en contrariant les autorités Le cas Socrate en est un parfait
exemple, lui qui a embrassé, reconnait-il lui-même, « un genre de vie qui risque de le perdre
».
4- La mon n'est pas, comme le pensent souvent les non-philosophes, le contraire de la vie,
puisqu'elle inaugure une nouvelle vie. L’ascèse, entraînement quotidien à une vie purem ent
intellectuelle, spirituelle et a-corporelle qui s'apparente à la mort, élève dès lors le philosophe
au-dessus du commun des mortels. Ainsi, Socrate ne craignait point la mon qu'il considérait
comme un passage, une migration de l'âme dans un autre monde. De ces considérations, il
s'ensuit que la mort est le moment de la libération de l'âme, suite à sa séparation d'avec le
corps, cette libération par laquelle l'âme humaine, devenue pure et incorruptible, atteint une
perfection entéléchique lui permettant de siéger aux côtés des dieux. D'où cette déclaration de
Socrate : « Athéniens, je vous honore et je vous aime, mais Transition : quelles sont les
difficultés liées aux rapports que Platon et Montaigne instituent entre la philosophie et la mort
? Une conscience philosophique permanente de la mort peut-elle totalement préserver
l’homme méditatif de l'angoisse et de la peur naturelle de la mon.
Antithèse
Il y a pourtant des difficultés liées à cette appréhension de la mort par la pensée
philosophique, du moins dans les termes que propose Montaigne.
1- Quoique humaniste, cette vision que Montaigne/Platon a des rapports entre la philosophie
et la mort, nous semble idéaliste : Montaigne/Platon semble nous proposer une euthanasie de
la vie. En effet, comment taire le corps sans taire la vie ? Comment réprimer les passions et
les désires sans sombrer dans une espèce du refus de vivre ?
2- L’ascétisme qui découle de cette haute conception de la philosophie nous semble radical.
Montaigne/Platon semble élever l'homme à la dimension de Dieu. Pourtant, nous rappelle
Pascal « L ‘homme n ‘est tri ange ni bête, [ / et le malheur veut que celui qui veut faire l'ange
fait la bête ».
3- Il s'agit résolument là d'une vision philosophique se situant en marge de tout hédonisme et
oublieuse du fait que l'homme n'est pas venu au monde pour souffrir, mais pour jouir.
D'où l'exaltation d'une existence immédiate et spontanée, éloignée de l'ascétisme. D'où l'idée
commune selon laquelle il faut « vivre d'abord et philosopher ensuite », La philosophie de la
mort, déjà encombrante et terrifiante, semble soustraire l'homme des «biens de ce monde»
qu'André Gide appelait les « nourritures terrestres» et qui ont conduit Epicure à s'écrier : «
mangeons et buvons, car demain trous mettrons ».
4- Confronté déjà aux vicissitudes d'une existence pénible, la pensée de la mort apparaît
comme un supplice et un tourment supplémentaire. La pensée philosophique sur la mon
apparaît comme une pensée angoissée et terrifiante (nécro-sophie) qui bute constamment
contre l'inconnu, le mystère, le silence, l'absurde. Dès lors, la philosophie elle-même semble
manifester une certaine impuissance face à la mort. Cf. Jean-Paul Sartre : « La mort est une
néantisation toujours possible de mes possibilités, mais qui est hors de mes possibilités. » Il
faut le confesser : plusieurs philosophes n'ont pas eu la même sérénité que Socrate (qui, lui-
même, dit-on, aurait d'ailleurs tressailli lorsque la cigüc a commencé à faire son effet) ; plus
encore, ils ont tremblé devant la mort (hypocondrie et thanatophobie ), montrant par-là leur
communauté de destin avec les autres hommes. Sur un ton cru et pessimiste, Blaise Pascal
décrit la misère de la condition humaine, malgré le « divertissement » auquel il s'adonne : «
Qu'on s’imagine un nombre d‘hommes dans les chaines, et tous condamnés à la mort, dont les
uns étant chaque jour égorgés à la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition
dans celle de leurs semblables, et, se regardant les uns et les autres avec douleur et sans
espérance, attendent leur tour. C‘est l’image de la condition humaine. Ce dernier acte est
sanglant, quelque belle qu'elle soit la comédie en tout le reste : on jette enfin de la terre sur la
tête, et en voilà pour j'aurais. » (Pensées 199 et 2/0).
5- L'invitation à une méditation philosophique sur le quotidien de l'homme. Voir avec Spinoza
l'idée selon laquelle « « Un homme libre ne pense à atteinte chose moins qu‘à la mort, et sa
sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie » (Éthique)
l- Par son affirmation, Montaigne nous convie à une sorte de réalisme existentiel. La mort doit
cesser d'être l'adversaire (antinomie) pour devenir le compagnon irréductible de la vie. Il s'agit
donc d'une invitation à l'accepter comme un évènement non seulement probable, mais
davantage certain. Et on sait bien qu'avec Benjamin Franklin « Dans ce monde, il n'y a rien
d'assuré que la mort. » ll faut vivre avec la mort, la préparer et l'attendre. Le sage ne craint
point la mort, il la prépare avec sérénité et l'accueille avec joie.
2- Appel à la dé-biologisation de la mort : celle-ci cesse d'être un phénomène biologique pour
intégrer notre existence et notre quotidienneté.
3- En puisant dans l'ontologie et l'éthique platonicienne, Montaigne contribue à l'essor de
l'humanisme, au triomphe de la philosophie, désormais perçue comme une hygiène de vie, un
mode d'existence nous prescrivant d'obéir beaucoup plus à notre rationalité qu'il notre
sensibilité. Il nous apprend que le sage ou philosophe doivent plus s'occuper de l’éducation de
leur âme que de l’assouvissement de leurs besoins corporels/matériels.
4- Nécessite’ d'appréhender la mort comme un stimulant pour la réalisation de grandes
œuvres. Se référer également à Soren Kierkegaard, dans Le concept d‘angoisse : « La mon
envisagée dans le sérieux est une source d'énergie connue nulle autre : elle rend vigilant
comme rien d’autre. » La mon devient ainsi, non plus un non -sens, mais ce par quoi la vie
acquiert sens et destination.
5- La réflexion philosophique nous apprend comment apprivoiser la mon, comment
médicaliser la mort : l'accepter pour autant qu'elle soit inévitable, apprendre à vivre avec elle,
ne point en avoir peur. Avec Montaigne/Platon, il faut accepter la mon pour pouvoir vivre :
puisque la mort est panic intégrante de notre vie. Comme il le dit lui-même, « Il est incertain
où la mort nous attende, attendons-la partout » Essais
6- Le refus de la mort serait assimilable au refus de la vie. Ainsi, chez Platon, avec la mort,
l'âme retrouverait la plénitude de son savoir (sapience) ; et puisque la philosophie est un accès
à l'intelligible, elle serait un exercice à la mort. La réflexion philosophique nous apprend
comment apprivoiser la mon : l'accepter et apprendre à vivre avec elle, sans peur.
Avec Montaigne / Platon, il faut accepter la mort pour pouvoir vivre : puisque la mon est
partie intégrante de notre vie.
7- Montaigne/ Platon place la vie sous l'ombre de la mort et nous conseille de la braver en
l’intégrant comme évènement et pensée dans nos vies d'êtres humains, tant il est vra i que tout
ce qui est périssable. La mort devient, par le fait même, le compagnon naturel et inséparable
de l'homme, dont il porte les angoisses, les obsessions : «pas un pas sans sa mort », serait-on
forcé de penser.
8- Dans une perspective essentialiste, la mort peut être reconduite à quelque chose de moins
pénible. Cette attitude d'optimisme et de sérénité est celle à laquelle nous invitent Platon et
son maître Socrate, dans le Phédon. Elle nous fait voir que la mort soustrait l'âme de la
tyrannie du corps et des « souillures » d'un monde pris au jeu des appétits sans fin, de la
démesure et de l’extravagance matérielle.
Conclusion
Sujet III : Dégagez L’intérêt philosophique du texte suivant à partir de son étude
ordonnée.
"La philosophie a le souci que ce qui est tenu pour divin se réalise dans le monde séculier au
lieu de s'évaporer dans le sentiment et les "effluves de la dévotion", elle tient à ce que le
monde soit effectivement moral, honnête, libre.
En tant que sagesse du monde, la philosophie "se range par suite au côté de l’État contre les
prétentions de la domination religieuse dans le monde, mais d‘autre part aussi elle s’oppose
tout à l’arbitraire et à la nature contingente du pouvoir séculier". La caractérisation de la
philosophie comme sagesse du monde ainsi que son étroite parente‘ avec la ‘science
rejoignent le souci de Bacon et de Descartes de faire que l’homme, par la science et la
philosophie, non seulement connaisse mieux le monde, mais aussi développe sa puissance sur
lui pour l’aménager à son profit, et se libérer ainsi de la nécessité du besoin."
II. Introduction
Définitions
• Philosophie : réflexion critique et rationnelle sur les questions fondamentales qui hantent
l’esprit humain / pensée critique articulée autour des problèmes existentiels de l’homme et du
monde.
• Être fille : être le produit ; revêtir la coloration, résulter ;
• Nécessairement : sans restriction, immanquablement, inévitablement, absolument, sans
doute, etc.
• Temps : moment, actualité, période, traduit l’enracinement dans le temps et dans l’espace.
Identification du problème : la nature du rapport de la philosophie au temps (ensemble des
événements qui structurent L’existence d’un peuple à un moment donné de l’histoire /
contextualisation de la philosophie / l’actualité du discours philosophique/ origine ou
fondement du discours philosophique.
Construction de la problématique :
Est-il possible de limiter la philosophie à un temps précis seins remettre en cause sa prétention
comme pensée du général et de l’universel et sien du particulier et de l'instant ?
La philosophie, comme pensée critique, est-elle inévitablement assujettie aux problèmes de
son époque, sans pouvoir aller au-delà ? N’échappe-t-il pas il la temporalité pour revêtir une
dimension universelle et atemporelle ?
Le discours philosophique, comme expression et quête de la vérité est-il toujours fondé sur les
questions qui émaillent l’actualité ?
Idée 2 : La philosophie émerge de la praxis quotidienne des hommes et des peuples. Elle en
porte l’empreinte, la coloration et la saveur. Ainsi, Marx montre que « les philosophes ne
sortent pas de terre comme des champignons » ; ils sont toujours les fruits de leur époque, la
quintessence, la manifestation consciente et vivante de l’infrastructure économico -matérielle
qui les tonifie et les vivifie.
Idée 3 : La philosophie épouse et exprime le mouvement de la société. Selon Sartre, «la
philosophie se constitue pour donner son expression au mouvement général de la société. »
Idée 4 : Le philosophe est alors vu comme celui instruit la société. Njoh-Mouelle le considère
comme « l’oracle de la société » : « Le philosophe est comme l’oracle d’une société. [...] Il
réfléchit, c’est-à-dire analyse, compare, confronte le réel avec l’idéal qu’il porte en lui,
confronte la laideur existante avec le beau devant être, l’injustice existante avec la justice
devant être, bref, le désordre existant avec Perdre devant être. Il a le sens de l’humain et cela
au fond, appuyé sur la raison universelle, qui sert de critère à toutes ses entreprises. »
Idée 5 : Il s’ensuit une dénonciation de tout projet philosophique abstrait, coupé du vécu des
hommes pour autant que comme le dit Mikel Dufrenne, « le destin de la philosophie est lié à
l’intérêt qu’elle porte à l’homme ».
Conclusion partielle : Ainsi, la philosophie apparaît tout d’abord comme la « pensée de
l’instant », la « pensée d'un instant » et ne peut donc pas extrapoler le contexte originel sans
se trahir, du moins s’atténuer.
Transition : Mais une philosophie trop prisonnière de son époque ne se condamne-elle
pas à une efficacité limitée ? La philosophie n’est-elle pas plus la pensée du général que
celle du particulier ?
III.2. Antithèse : La philosophie comme pensée du général et de l’universel, transcende
le temps et l’espace.
Idée 1 : La philosophie, comme le montre Mikel Dufrenne, dans son ouvrage ‘’Pour I
‘homme’’, est « un discours d‘un homme qui s’adresse aux hommes pour leur parler de
l’homme et du monde. » Or, l’homme est partout et toujours le même
Idée 2 : La résurgence des mêmes problèmes et leur permanence oblige la philosophie à
développer un discours renouvelé certes, mais qui s’articule selon une certaine constance.
Idée 3 : Le discours philosophique se caractérise par son universalité et surtout sa généralité.
Pour Aristote, « il n’y a de science que du général » , et Hegel dira plus tard que la
philosophie est la pensée du général et non du particulier. Il s’agit là de l’une d es Raisons
ayant conduit Hegel à exclure les Africains du champ de la philosophie au motif que ceux-ci
pensent le particulier et non le général, ils pensent l’instant et non le mouvement continu de
l’histoire (Hegel, Leçons sur l ’histoire de la philosophie).
Idée 4 : La philosophie n’a l’intérêt que par son désintéressement. Elle est utile par sa
distanciation par rapport au quotidien, laquelle lui permet de mieux connaître et de bien
réfléchir. Pour Aristote, dans La Métaphysique, « ce fut pour échapper à l’ignorance que les
premiers philosophes se livrèrent à la philosophie » et non pour une fin utilitaire quelconque.
Cette distanciation permet, selon Raymond Aron, de cultiver «la philosophie pour la seule
philosophie ».
Idée 5 : Le philosophe est donc un homme libre par rapport à la temporalité et à la spatialité.
C’est une pensée de la transcendance. Il est l’homme de partout certes, mais finalement de
nulle part. il se situe toujours, selon Jankélévitch, « quelle que part dans l’inachevé ». La
quête philosophique de la vérité ignore toute longitude et toute latitude.
Idée 6 : Avec Platon, la philosophe échappe à la contingence du monde sensible pour, via
l’ascension dialectique, s’élever à la contemplation de vérités éternelles. Le monde des Idées,
de l’épistémè est le lieu par excellence de connaissances absolues, parfaites échappant au
balancement et au changement incessant. La philosophie est donc, non pas quête d‘une vérité,
celle du moment, mais quête de la vérité absolue qui transcende l’historicité et la temporalité.
Socrate est Socrate, non pas parce qu’il a de particulier comme Athénien, mais parce qu'il a le
général comme modèle moral.
Conclusion partielle : La philosophie apparaît donc inexorablement comme pensée
transcendant, générale et univer selle. En cela, elle n’a ni coloration de lieu ni saveur d’un
espace précis.
Transition : Mais, si la philosophie aspire à l’universalité, C’est-à-dire à transcender
l’espace et le temps, comment en définitive situer la pertinence du discours
philosophique ?
III.3 L’ambivalence caractéristique de la philosophie : La philosophie comme pensée de
l’universalité et de la particularité
Idée l : La réflexion philosophique doit allier la pensée de l’instant et celle du mouvement
continu de l’histoire. Ainsi, selon Jean Wahl, « toute philosophie est méditation sur le dedans
et le dehors et sur tout ce qui transcende le dedans et le dehors. »
Idée 2 : En tant qu’expression de la sagesse humaine ‘dans sa transversalité et son
universalité, la pensée philosophique, quand bien même elle résulterait d’un individu et d’une
époque, serait toujours susceptible d’exercer une influence décisive sur la postérité.
L’histoire de la philosophie est en même temps une philosophie de l’histoire, capable
d’enrichir et d’outiller l’existence des hommes aux divers âges de l’histoire. En ce sens, la
morale d’Epicure, les maximes de La Rochefoucauld, la sagesse socratique de la mort et le
rigorisme moral kantien constituent, aujourd’hui encore, un inépuisable patrimoine, autant
dire des prémisses incontournables à toute vraie didactique de l’existence.
Idée 3 : Cette double caractérisation de la philosophie ressort clairement des versants de la
dialectique platonicienne : le philosophe s’élève jusqu’à la contemplation (mouvement
général, universel); il redescend ensuite dans la caverne pour y impulser et opérer des
changements (mouvement particulier suivant le milieu où on veut implémenter ses idées).
Idée 3 : Il faut donc distinguer entre les problèmes urgents auxquels doit s’attaquer
instantanément la philosophie, ct les problèmes sérieux, les vrais, ceux-là, à cause de leur
pérennité et de leur universalité, résistent à l’usure du temps et deviennent éternels. C'est
pourquoi, nous dit Ludwig Wittgenstein, dans les Remarques philosophiques, « il n’y a rien
de plus merveilleux au monde que les vrais problèmes de philosophie. ». C’est par leur
capacité à poser et à se préoccuper de ce genre de problèmes qu’on reconnaît la valeur des
grands et des vrais philosophes.
Idée 4 : La philosophie apparaît alors, selon une belle expression empruntée à Edgar Morin,
dans ‘’Une politique de civilisation’’, comme une pensée « globale >> (think global and act
local), c’est-à-dire qui parvient à conjuguer le global (universel) et le local (particulier).
Idée 5 : la philosophie est un usage rationnel et impersonnel de la pensée dans la résolution
des problèmes de l’homme : (e La philosophie est une activité discursive, qui a la vie pour
objet, la raison pour moyen et le bonheur pour but. » (André Comte-Sponville, Une éducation
philosophique) Conclusion partielle : On le voit, la vraie philosophie est celle qui, tout en
s’enracinant dans la pratique et le vécu quotidien des hommes et (les peuples, peut
s’universaliser et transcender la temporalité.
IV. Conclusion
• Rappel du problème soulevé par la question posée
• Rappel succinct de la thèse et de sa critique
• Solution personnelle au problème (et ouverture)
Correction sujet II
l. Compréhension du sujet
Michel Eyquem de Montaigne, philosophe humaniste français du Seizième siècle, s’inscrit
dans une dynamique de rupture avec la pensée scolastique et médiévale davantage portée au
commentaire et à la diffusion de la pensée d’Aristote qu’à la considération d’un véritable art
de bien vivre. Cette volonté réformiste, qui est aussi celle de la plupart des philosophes de son
époque comme Rabelais, La Boétie, Maine de Biran et bien d’autre s, manifeste le souci
marqué, sur le plan socio-culturel, d’apporter aux autres une éducation humanisante. On se
souviendra que ces penseurs étaient à 1a recherche de l’« honnête homme», en tant qu‘une
«tête bien faite » et non simplement une «tête bien pl eine». A ce titre, la série d’Essais publiée
par Montaigne, met un point d’honneur sur les relations interindividuelles, notamment la
question de la diversité des mœurs, des coutumes et des modes de vie, fustigeait en fait la
dépréciation des valeurs des uns par les autres et donc circonvenant à toute volonté
d’hégémonie ou d’infériorisation culturelles souvent assorties de catégorisations péjoratives.
On voit donc, à travers la pensée ici proposée, la volonté de Montaigie d’en appeler à une
acceptation mutuelle des valeurs culturelles et à leur cohabitation harmonieuse. Ce qui revient
en fait à considérer, comme principe, l’égalité entre les cultures.
Par cette approche, Montaigne met toutes les cultures au même niveau. Dès lors, l’épithète
barbare souvent associée par les uns aux cultures des autres devient simplement le fait d’un
rapport extérieur à celles-là, mais surtout d’une ignorance et d’un mépris injustifié à l’égard
des pratiques des autres.
II. Introduction
II.1 Problème : Le sujet invite à se prononcer sur la nature des rapports entre les différentes
cultures/ l’attitude vis-à-vis des autres cultures/ la valeur des autres cultures ! la manière dont
nous percevons ou jugeons les cultures qui sont différentes des nôtres. Il s’agit, en fait, de
{interroger sur la problématique de la coexistence/cohabitation des culturels ; notamment
celle du relativisme culturel.
II.2 Problématique : Ce problème peut être décliné en problématiques ainsi qu’il suit :
La multiplicité des cultures ne les condamne-belle pas à entretenir des rapports conflictuels ?
La culture de l’autre n’est-elle pas toujours regardée avec mépris et dédain en ceci que le non-
nôtre est toujours assorti de catégorisation péjorative ?
La pensée de Montaigne, même si elle exprime adéquatement la cohabitation plus ou moins
tendue entre les différentes cultures, n’invite-t-elle pas à rechercher les lieux possibles de la
tolérance culturelle dans un monde qui se mondialisé sous la forme d’un darwinisme culturel
ou d’un eugénisme culturel ?
Faut-il s’accorder avec Montaigne que la barbarie, expression de ce qui n’est pas civilisé,
relève simplement de la divergence des cultures ? Est-il légitime de taxer les autres de
barbares ou sauvages au simple motif que leurs us et coutumes seraient différents des nôtres ?
commun ».
Argument 4 : Le rejet de l’autre est en réalité auto-rejet dès lors qu’on admet que nous avons
tous la même humanité, la même dignité. Tel est le sens du message de Lévi-Strauss, pour qui
« Le barbare, c’est l’homme qui croit à la barbarie »
Comme on peut le constater, ma citoyenneté/ nationalité /humanité doit remporter sur mon
identité qui n’est alors qu‘une infâme panic de mon « être homme » : en réalité, on n’est
jamais citoyen d’une tribu, d’un groupuscule et ou ne peut en être qu'un membre. En ce sens,
la détermination du naître ne doit en aucun cas avoir de la préséance sur la promotion de
Vôtre. La tribalité, par exemple, n'est donc pas un obstacle à ma citoyenneté voire à mon
humanité. En revanche, si cette tribalité dégénère en tribalisme, cela est immoral et incivique.
Transition : Si la diversité culturelle n’est pas en soi une source de conflits entre les hommes,
comment peut-on réussir une cohabitation heureuse entre les cultures ?
Comment les dérives naturelles générées par la diversité culturelle peuvent-elle être jugulées
en vue d’assurer à nos États et à notre humanité con temporaine décadente un passage
harmonieux de l’hétérogénéité à l’homogénéité ?
III.3 Synthèse, intérêt/valeur de l’affirmation de Montaigne : diversité culturelle et
enrichissement : positiver l’altérité et la diversité
On comprendrait ainsi mal la dénonciation par Montaigne de tout regard négateur sur les
cultures des autres dans un monde — celui de la mondialisation — où la cohabitation
culturelle semble se dérouler sous le mode de la stigmatisation. Mais, alors comment entrevoir
les rapports entre les cultures pour une existence sociale apaisée et détendue ?
Argument 1 : Tout part du principe d’égalité biogénétique entre les hommes. Selon Louis de
Jaucourt, cette égalité « est fondée sur la constitution de la nature humaine commune à tous
les hommes, qui naissent, croissent, subsistent et meurent de la même manière » et «la nature
humaine se trouve être la même dans tous les hommes ». Il n’y a « qu'une race d’hommes :
l’homo sapiens et les spécificités culturelles constituent ce qu’Aristote appelle des « accidents
» et n’altèrent nullement notre nature humaine commune. Toute action doit se fonder sur une
idée générale de l’espèce humaine, qui soit la même dans toutes les cultures. Aussi devons -
nous, comme nous y invite Noam Chomsky, revendiquer "le droit à l’universalité“.
Argument 2 : L’idée de l’égalité culturelle dans la différence est un principe qu’il faut
promouvoir par l’éducation et faire vivre dans les esprits comme conviction. Le « Contrat
Social » signe la formation d’une véritable « identité collective » qui produit une sensibilité à
toute agression contre le corps social, et une solidarité par laquelle chaque citoyen dilate son «
moi » aux dimensions d’un « nous » La perspective d’une coexistence multi -grégaire et
l’exigence citoyenne d’une conscience nationale intégrative sont-elles en soi opposées ?
Claude Lévi-Strauss, dans Race et Histoire appelait déjà à préserver la diversité culturelle
dans un monde menacé par la monotonie et l’uniformité. La tolérance impose de se situer
dans une posture réceptive et objective, puisque, dit-il, « la diversité des cultures est derrière
nous, autour de nous et devant nous {et doit être] une manière de construire l’humain ».
Argument 3 : Il faut construire l’homogénéité à partir de l’hétérogénéité. Telle est le défi
lancé par Kant dans son Projet de paix perpétuelle et qui invite à faire passer les cultures du
mode de la « cacophonie » à celui de « l’unisson », pour finalement arriver à la « symphonie
», comme dans le cas d’une chorale ‘où le maître de cœur a réussi à fusionner les voix tout en
faisant garder à chacune d’elle sa particularité. Il faut ici encourager et favoriser des initiatives
politiques et socioculturelles, à un moment où nos pays subissent des agitations diverses, et où
des atteintes à l’har monie collective s'expriment activement. La création au Cameroun, en
2016, de la commission nationale du bilinguisme et du multiculturalisme est un engagement
des autorités de la république en faveur de la diversité culturelle, de la tolérance et du respect
de la différence. La réflexion éducative doit se soucier de construire et de renforcer la
diversité culturelle à travers une meilleure prise en compte des identités culturelles nationales.
Développer une symbiose entre les tribus et les cultures. C’est d’ailleurs ce qui justifie les
politiques nationales d’équilibre dont le but est de ne léser aucune communauté dans la
distribution des privilèges nationaux.
Argument 4 : Le principe des « échanges culturels » ou des « dialogues interculturels » est à
envisager. Du moment où, comme le disait Cheikh Hamidou Kane, dans l’Aventure ambiguë,
« L’ère des destinées singulières est révolue » et ; où aucun peuple ne saurait encore vivre de
la seule préservation de soi, il faut rentrer dans la dynamique des échanges enrichissants.
Senghor plaidait déjà pour l’avènement d’une « civilisation de l’universel », « rendez-verts du
donner et du recevoir ».
Argument 5 : Toute culture oscille entre évolution, mutation et transformation. Telle est
l’évidence qui se dégage de l’œuvre monumentale de Marcien Towa. C’est à l’art de
démontrer que toutes les cultures sont dans une dynamique instable qui les soustrait à
l’authenticité, à l’immobilisme et qui les rend disponible aux enrichissements. En mettant en
garde contre toute dilution ou tout ostracisme culturel, A. Césaire, lui aussi, souligne, dans
Discours sur le colonialisme, que « Toute culture est un mélange d'éléments effroyablement
hétérogènes ».
Argument 6 : L'homme, être d'amour et de penchant pour son semblable, a en lui de quoi faire
violence à la violence, de quoi anéantir les velléités belliqueuses que Freud et Lorenz ont
crues naturelles en lui : c’est la culture. C'est d’ailleurs pourquoi on parle d’une culture de la
paix dans un sens où il développerait comme des anticorps susceptibles de combattre les
dérives humanistes telles que la xénophobie et toutes les formes d’individualisme. La culture,
la vraie, élève l’homme vers l’idéalité, le soustrait des contingences du monde sensible de
Platon comme lieu de la doxa et du valgus.
Argument 7 : Dans Éloge de la différence, Albert Jacquard l'ait justement l’apologie de
l’altérité qui doit se voir comme une promesse de bonheur, un appel à la communion, à la
fraternité, à ‘Rameur, au sens où le message chrétien nous invite à aimer notre prochain
comme nous-mêmes. De même, Marc-Aurèle pense que « Le propre de l’homme, c'est
d'aimer même ceux qui l’offensent ». D'où d’ailleurs l'impératif catégorique de Kant : « Agis
toujours de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta propre personne que dans la
personne d'autrui, toujours ct en même comme une fin et jamais simplement comme un
moyen ». La prospérité nationale signifie qu’il n'y a sur le chantier de la construction
nationale, ni bassa ni bamiléké, ni Beti, etc, mais des camerounais.
En réalité, « la culture se définit essentiellement par ce qui est partagé et transmis. La culture
c’est ce que nous avons en commun avec d'autres. » (Cl. Roy).
L’universalité du genre humain commande donc que les hommes, qui qu'ils soient et d’où
qu’ïls viennent, bénéficient des mêmes égards et de la même bienveillance. L’égalité est ainsi
le principe séculier de l’Etat de droit et de toute république digne de ce nom
IV. Conclusion
Rappel du problème soulevé par la citation
Rappel succinct de la thèse et de sa critique
Solution personnelle au problème (et ouverture).
A l’évidence, la pluralité/diversité des cultures a très souvent été vite assimilée à un appel à la
conflictualité. Ce qui pourrait justifier que la cohabitation de plusieurs groupes culturels soit
évoquée comme source de la plupart de tensions sociales et des atteintes au vivre-ensemble.
A travers sa formule Montaigne, écrivain humaniste de la renaissance, fustigeait déjà en son
temps la bâtardise culturelle, voire la barbarie à laquelle étaient sommairement condamnées
certaines cultures prétendument inférieures. Mais il faut dire que s’il était une vertu justifiant
hypocritement les dérives humanistes de l’antiquité telles que l’esclavage et la colonisation, le
mythe du barbare est aujourd’hui, surtout par rapport à la mondialisation et aux idéaux du
savoir vivre ensemble que caresse notre humanité post moderne, un véritable anachronisme.
Voilà pourquoi ayant certainement scruté les vices d’une culture occidentale un peu tr op
encline à la satisfaction de l’avoir au détriment de la valorisation de l’être, c’est -à-dire du
spirituel et de l’humain, Cheikh Anta Diop, de regretté mémoire, a choisi de donner à Furie de
ses plus généreuses productions intellectuelles le titre paradoxal suivant ; Civilisation ou
barbarie.
Sujet1:
La diversité culturelle est-elle source de conflits entre les hommes?
Sujet 2:
Quelles réflexions vous suggère cette pensée de Malebranche :
« Les philosophes sont obligés à la religion, car il n’y a qu’elle qui puisse les tirer de
l’embarras où ils se trouvent»?
Correction sujet l : La diversité culturelle est-elle source de conflit entre les hommes ?
I. Compréhension du sujet
Le sujet, libellé sous forme interrogative, convie le candidat à unis-tâches conceptuelle
essentielles :
• Montrer en quoi la diversité culturelle peut alimenter les conflits entre les hommes ;
• Circonvenir à cette lecture négativiste de la diversité en indiquant en quoi elle serait plutôt
source d’enrichissement mutuel ;
• En déduire, en terme de solution finale, comment dépasser les rapports souvent tendus entre
les cultures pour construire une véritable société multiculturelle où triomphe le savoir vivre
ensemble.
II Introduction
Définitions
Culture: ensemble des réalités matériels et spirituelles produites par l’homme. Ell e
renvoie plus précisément au mode de vie d’une société.
Diversité culturelle : coprésence/ coexistence de plusieurs cultures dans un espace vital
donné ;
Conflit : divergence, opposition, animosité, querelle, désaccord.
Identification du problème : valeur de la diversité culturale/ impact de la diversité
culturelle sur le vivre ensemble. Il s’agit de faire le procès (en terme de passif et d’actif)
de la diversité culturelle.
Construction de la problématique : La coexistence de plusieurs cultures devrait-elle
nécessairement créer des désaccords entre les hommes ?
Faut-il appréhender la diversité culturelle comme un obstacle, un handicap au vivre
ensemble ou alors, y voir, en revanche un appel à l’ouverture à l’autre, autant dire, un
atout au triomphe du mieux vivre ensemble ?
III. Plan possible
Le sujet ainsi analysé nous permet d’envisager un plan ternaire déclinable de la manière
suivante :
III.1 Thèse : La diversité culturelle, source a priori de conflits
A l'évidence, la pluralité/diversité des cultures a très- souvent été vite assimilée à un appel à la
conflictualité. Ce qui pourrait justifier que la cohabitation de plusieurs groupes culturels soit
évoquée comme source de la plupart de tensions sociales et des atteintes au vivre ensemble.
Plusieurs arguments sont ainsi proposés :
Argument 1 : Les différences culturelles alimentent des différends sociaux sur la base des
clivages « nous » - « eux » . Plus il existe ides cultures une société, plus le lien social se
complexifie en se densifiant. La cohésion sociale, fruit d’une mutualisation des mœurs
devient la chose la moins évidente. Chaque groupe culturel, mu par un égoïsme, s'engage, par
rapport aux autres, dans un certain protectionnisme qui pousse ses membres à développer ce
qu’on pourrait appeler des « mécanismes de défense » contre toute forme d’agression ou
d’assimilation venant des autres. Le pouvoir devient plus difficile à partager et, la
démographie aidant, les plus grands sont tentés d'exercer comme une dictature du nombre
contre les plus petits; et cela se voit tant au plan politique qu’économique.
Désormais, différences riment avec divergences, particularismes et exclusion/rejet. Selon
E. Mounier, dans Le personnalisme, « La vie de société estime guérilla permanente.» Ceci
indique clairement que la cohabitation sociale se vit selon des rapports continuellement
tendus et générées par les égoïsmes et les différences. -
Karl Marx qui estime au contraire que c’est la dynamique antagoniste de rapports de
production, au fondement des classes sociales, qui génère les contradictions qui, à leur
tour, causent des conflits sociaux.
Argument 3 : La fragmentation sociale sur la base des spécifications culturelles est
corrosive à l’édification de véritables États-Nations. A cet effet, Eric Fattorine, dans
Besoin d’Afrique, disait qu’« On ne battit pas une société sur des isolements, il faut un
minimum d’horizon commun ».
Argument 4 : Le rejet de l’autre est réalité auto-rejet dès lors qu'on admet que nous
avons tous la même humanité, la même dignité. Tel est le sens du message de Lévi-
Strauss, pour qui « Le barbare, c’est l’homme qui croit à la barbarie »
Argument 5 : Ce sont aussi les velléités hégémonistes et expansionnistes de certaines
cultures qui donnent à penser que la diversité des cultures est un acide dissolvant de la
cohésion sociale. Les dérivées frondeuses et belliqueuses de certains peuples ont souvent
fait penser à une finalité guerrière dans les rapports entre entités culturelles (tribales on
ethniques) différentes, au point où on n’hésite pas à lire la figure des sociétés modernes
comme celle d’un darwinisme culturel, à savoir le lieu où chacune d’elles se bat pour sa
propre survie, en « consommant les autres pour survivre ».
Comme on peut le constater, ma citoyenneté/nationalité/humanité doit l’emporter sur
mon identité qui n’est alors qu’une infâme partie de mon « tout humain » : en réalité, on
n’est jamais citoyen d’une tribu, d’un groupuscule et on ne peut en être qu'un membre.
En ce sens, la détermination du naître ne doit en aucun cas avoir de là préséance sur la
promotion de mon être. La tribalité, par exemple, n'est donc pas un obstacle à ma
citoyenneté voire à mon humanité.
Transition : Si la diversité culturelle n’est pas en soi une source de conflits entre les hommes,
Comment peut-on réussir une cohabitation heureuse entre les cultures ? Comment les dérives
naturelles générées par la diversité culturelle peut-elle être jugulée en vue d’assurer à nos
États et à notre humanité contemporaine décadente un passage harmonieux de l’hétérogénéité
à l'homogénéité ?
III.3 Synthèse : diversité culturelle et enrichissement : positiver l’altérité et la diversité
Argument 1 : Tout part du principe d'égalité biogénétique entre les hommes. Selon Louis
de Jaucourt, cette égalité «est fondée sur la constitution de la nature humaine commune
à tous les hommes, qui naissent, « unissent, subsistent et meurent de la même manière » et «
la nature humaine se trouve être la même dans tous les hommes ». Il n'y a qu'une race
d'hormones : l'homo sapiens et les spécificités culturelles constituent ce qu’Aristote
appelle des « accidents » et n’altèrent t nullement notre nature humaine commune.
Toute action doit se fonder sur une idée générale de l'espèce humaine, qui soit la même
dans toutes les cultures. Aussi devons-nous, comme nous y invite Noam Chomsky,
revendiquer “ le droit à l'universalité".
Argument 2 : L'idée de l'égalité culturelle dans la différence est un principe qu'il faut
promouvoir par l'éducation et faire vivre dans les esprits comme conviction. Le « Contrat
Social » signe la formation d’une véritable « identité collective » qui produit une
sensibilité à toute agression contre le corps social, et une solidarité par laquelle chaque
citoyen dilate son « moi » aux dimensions d'un « nous ».
La perspective d’une coexistence multi grégaire et l'exigence citoyenne d'une conscience
nationale intégrative sont-elles en soi opposées ? Claude Lévi-Strauss, dans Race et
Histoire appelait à préserver la diversité culturelle dans un monde menacé par la
monotonie et l’uniformité. La tolérance impose de se situer dans une posture réceptive et
objective, puisque, dit-il, « la diversité des cultures est derrière nous, autour de nous et
devant nous [et doit être] une manière de construire l'humain ».
Argument 3 : Il faut construire l'homogénéité à partir de l’hétérogénéité. Telle est le défi
lancé par Kant dans son Projet de paix perpétuelle et qui invite à faire passer les cultures
du mode de la « cacophonie » à celui de « l'unisson », pour finalement arriver à la «
symphonie », comme dans le cas d’une chorale où le maître de cœur a réussi à fusionner
les voix tout en faisant garder à chacune d'elle sa particularité. Construire l'unité dans
la diversité, tel fut le pari de l'ancien président tanzanien Julius Nyérété qui se donna le
défi de construire un socialisme modèle tanzanien (socialisme Ujamaa) sur la base de la
multiplicité des tribus présentes dans le pays et dont il en explicita la forme dans son
ouvrage Le Socialisme africain. Il faut ici encourager et favoriser des initiatives
politiques et socioculturelles, à un moment où nos pays subissent des agitations diverses,
et où des atteintes à l'harmonie collective s'expriment activement. La création au
Cameroun, en 2016, de la commission nationale du bilinguisme et du multiculturalisme
est un engagement des autorités de la république en faveur de la diversité culturelle, de
la tolérance et du respect de la différence. La réflexion éducative doit se soucier de
construire et de renforcer la diversité culturelle à travers une meilleure prise en compte
des identités culturelles nationales. Il faut développer une symbiose entre les peuples et
les cultures. C’est d'ailleurs ce qui justifie les politiques nationales d'équilibre régional
dont le but est de ne léser aucune communauté dans la distribution des privilèges
nationaux.
Argument 4 : Le principe des « échanges culturels » ou des « dialogues interculturels » est à
en visages. Du moment où, comme le disait Cheikh Hamidou Kane , dans L’Aventure
ambiguë « L’ère des destinées singulières est révolue.» et où aucun peuple ne sautait
encore vivre de la seule préservation de soi, il faut rentrer dans la dynamique des
échanges enrichissants. Senghor plaidait déjà pour l'avènement d’une « civilisation de
l'universel »., « rendez-vous du donner et du recevoir ». Au Cameroun, n’avons-nous pas
tous, à l’époque de la réunification, la construction du pont sur le Moungo, comme
symbole fort d’ouverture, d'échange et de brassage multiculturel qui, au-delà de nos
différences respectives, nous a fait voir l’intérêt et les avantages qu'il y a à vivre et à
mutualiser avec les autres ?
Argument 5 : Toute culture oscille entre évolution, mutation et transformation. Telle est
la goutte de vérité contenue dans l’évolutionnisme d’un Herbert Spencer et qui se dégage
aussi «de l'œuvre monumentale de Marcien Towa, Identité et transcendance. Ces auteurs
ont en commun l’art de monter que toutes les cultures so nt dans une dynamique instable
qui le soustrait à l’authenticité, à l’immobilisme et qui les rend disponible aux
enrichissements. Ainsi, en mettant en garde contre toute dilution ou tout ostracisme
culturel, A. Césaire souligne, mon sans raison, dans Discours sur le colonialisme, que «
Toute culture est un mélange d’éléments effroyablement hétérogènes ».
Argument 6 .L’homme, être d’amour et de penchant pour autrui, son semblable, a en lui
de quoi faire violence à la violence, de quoi anéantir les velléités belliqueuses que Freud
et Lorenz ont crues naturelles en lui : C’est la culture. C’est en pourquoi d’ailleurs qu’on
parle d’une culture de la paix dans un sens où il développerait comme des anticorps
susceptibles de combattre les dérives humanistes telles que la xénophobie et toutes les
formes d’individualisme. Dès lors, on peut dire que la culture, la vraie, élève l’Homme
vers l’idéalité, soustrait des contingences du monde sensible de Platon comme lieu de la
doxa et du vulgus.
Argument 7 : Dans Eloge de la différence, Albert Jacquard fait justement l'éloge de
l’altérité qui doit se voir comme une promesse de bonheur, un appel à la communion, à
la fraternité, à l’amour, au sens où le message chrétien invite à aimer notre prochain
comme nous-mêmes. C’est pourquoi Marc-Aurèle pense que « Le propre de. L’homme,
c’est d’aimer même ceux qui l’offensent ». D’où, l’impératif catégorique ultime de Kant : «
Agis toujours de telle sotte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta propre personne que
IV. Conclusion
Notre réflexion s’est évertuée à analyser et à apprécier la valeur de la diversité culturelle. Sans
nier le fait que la diversité est un écueil à notre volonté de vivre ensemble en harmonie, il
serait tout de même excessif d’assimiler celle-ci à un facteur limitant de l'harmonie sociale.
En réalité, la pluralité des cultures est un élément à capitaliser dans la volonté de construction
d’une véritable société du bien vivre ensemble qui se départisse des velléités d’exclusion et de
repli identitaire, causes d'inertie, pour s'inscrire résolument dans une dynamique de symbiose,
de cohésion et de mutualisation. Les différences entre les hommes doivent se vivre comme
des sources d'enrichissement pour une société unifiée et cohérente, pour autant que, selon St
Exupéry, « si tu diffère de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». C’est au final la dialectique
du général et du particulier, de l’un et du multiple, du << nous >> et du << eux » qui se trouve
engagée comme réponse aux conflits sociaux, «dans une dynamique de communion avec les
autres, dans la franchise, la tolérance, la sincérité et le pardon.
SUJET III : Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant à partir de son étude
ordonnée.
"Dans la religion « le contenu est donné, il est considéré comme au-dessus ou au-delà de la
raison». La religion conçoit l'esprit humain comme borné, limité et ayant donc besoin que les
vérités essentielles pour l’homme, que sa raison infirme serait incapable de découvrir par elle -
même, lui soient révélées d’une façon surnaturelle et mystérieuse. Mais l’idée d’une vérité au -
delà de la raison, inaccessible naturellement à l’esprit humain, est a bsolument inconcevable par
la philosophie" qui repose sur le principe diamétralement opposé selon lequel la pensée ne doit
rien présumer en dehors d’elle-même, c’est-à-dire, que la philosophie ne doit rien admettre
comme vrai qui n’ait été saisi comme tel par la pensée."
I. Compréhension du sujet
Ce libellé interrogatif convie le candidat à trois taches conceptuelles essentielles :
• Montrer (dans une première approche) en quoi consiste l’esclavage de l’homme vis -à-vis du
temps;
• Démontrer (dans une deuxième approche) que cet esclavage est relatif parce que l’homme
lutte contre la tyrannie du temps dont il essaie de maîtriser le cours et de domestiquer le flux;
• En déduire, en termes de solution finale, que si sur le plan matériel il subit l'usure du temps,
l’homme triomphe dans une certaine mesure de lui en s’immortalisant spirituellement à
travers ses œuvres et ses actes.
NB. Il est important que les candidats sachent faire usage des concepts clés ci-après :
- Temporalité/historicité/durée/instant;
- Temps subjectif ou psychologique : temps existentie l vécu par la conscience d’un sujet ;
- Temps objectif ou physique: temps absolu, scientifique, universel existant en soi,
chronologie, flux perpétuel dont je ne peux que suivre et poursuivre le cours et par rapport
auquel tout est daté.
Il. INTRODUCTION
Le temps est généralement défini tantôt comme un paramètre des situations, des
événements, tantôt comme un facteur d’évolution. Le Vocabulaire et technique et critique
de la philosophie d’André Lalande l’identifie à «un changement continuel par lequel le
présent devient le passé ». On parle alors du cours du temps. Ainsi défini, le temps
apparaît comme le plus grand facteur limitant de la volonté et de la liberté humaine et le
problème ici posé est celui de son impact négatif sur nos existences : si tout ce qui existe
est soumis à la dure loi de l’usure et voué à la précarité, devons-nous pour autant
conclure que notre aventure existentielle soit marquée du sceau d’un esclavage vis -à-vis
du temps? Autrement dit, même s'il reste vrai que sa liberté et son désir d’éternité:
(comme dira F erdinand Alquié) butent contre l’écueil de la temporalité, est-il légitime de
penser que l’homme est prisonnier du temps?
III.2 Antithèse : L’homme mène une lutte acharnée contre le joug du temps
Même si mon existence apparaît engluée dans la volonté souveraine de la temporalité, il
n’est pas évident que je sois pour elle une victime consentante.
Argument l : L’homme fait d’abord preuve d’une maîtrise de la temporalité qu‘il sait lire
et décrire : non seulement il peut morceler et convertir le temps en ses multiples
séquences, mais il-peut également établir un pont entre ses trois principaux moments
que sont le passé, le présent et le futur. On sait bien qu’à côté du « temps perdu» qui ne
revient pas, Marcel Proust s’enthousiasmait du « temps retrouvé», suggérant ainsi l’idée
d'une domestication possible du flux temporel.
Argument 2: L'homme est même dans une certaine mesure maître du temps parce qu’il a
pu le domestiquer et le partitionner en se le représentant dans l'espace, nomment à
travers les cadrans des horloges. Il vient par ailleurs, par la magie de l’audio -visuel,
revisiter nostalgiquement son passé, en tirer: les leçons qui s’imposent et se projeter
sereinement, en termes de résolutions, vers un meilleur avenir. L’homme n’a -t-il pas
aujourd'hui, grâce au pouvoir de la science et de la technologie, la possibilité de
«voyager dans le temps »
Transition : Si l’homme sort plus ou moins victorieux de sa lutte contre la temporalité, doit-on
encore l’assimiler à un prisonnier du temps ?
IV. CONCLUSION
Notre réflexion s'est évertuée à analyser et à évaluer l'influence du temps sur l’existence
humaine. Sans nier le fait que la temporalité est un écueil à notre activité et à notre désir
d'éternité, il serait tout de même excessif d’assimiler l’homme à un prisonnier dont le temps
serait le geôlier. En réalité, pour sortir victorieux de la lutte permanente que nous devons
mener contre la précarité de notre existence et le flux impitoyablement évanescent du temps,
il faut le meubler, l’occuper utilement par comme le déclare si bien Vladimir Jankélévitch,
«Le temps est le plus lourd récipient quand on le vide et le plus léger quand on le remplit». Le
temps n’est donc pas totalement un adversaire pour l’homme; il est même à égards son
partenaire et c’est bien pour cela qu’humanité, temporalité et historicité sont indissociables.
CORRECTION SUJET2
Sujet 2 : Quelles réflexions vous suggère cette affirmation de Spinoza : « Les hommes se
trompent en ce qu’ils se croient libres » ?
I. compréhension du sujet
Spinoza, philosophe hollandais a développé une conception de l'homme et du monde
tributaire de la vision stoïcienne faisant de l'homme un simple rouage d'une nature soumise à
un mécanisme et donc, à un ordre de la nécessité implacable. Ce qui a pour effet de remettre
en cause la liberté humaine ou tout au moins de l’hypothéquer en l’assujettissant aux
déterminations latentes qui font d’elle une simple illusion : croire qu’on est libre alors que
dans la réalité on ne l'est pas. Cette conception de la liberté l'amène à l’entrevoir dans le
prisme d’une connaissance rationnelle et parfaite qui situe l’homme dans les béatitudes. Njoh-
Mouelle a, lui aussi, su mettre en évidence (quoique s’eût été pour la critiquer) à travers
l'équation : liberté = béatitude = bonheur. Dont ceci nous conduit à croire que l’homme
libre ne serait donc pas celui qui est capable d’agit selon sa volonté ou ses propres appétits ,
mais cet être conscient des déterminations que la nature fait peser sur lui, et capable de saisir
l’ensemble des lois et mécanismes qui régissent le fonctionnement de la nature.
Par cette approche, Spinoza dépasse le dualisme entre l’homme et la nature. Il n’y a plus de
contradiction entre être libre et être soumis aux lois de la nature. D’une certaine façon, être
libre c'est intérioriser, s'approprier cette soumission. C’est donc ce qui poussera P. Ricœur,
dans De l’interprétation, à dire qu’avec: Spinoza « on se découvre d’abord esclave, on
comprend son esclavage, on se trouve libre de la nécessité comprise ».
Voilà, simplement dite, la conception spinoziste de la liberté. C’est elle qui fixe le cadre de
compréhension de la présente citation dudit auteur soumise à l’appréciation des candidats.
Il importe que les candidats fassent bon usage des concepts-clés suivants :
Liberté : Situation dans laquelle l’homme agit suivant sa volonté.
Homme : Animal social, créature, réalité dynamique et agissante, soumise au flux des
événements et donc capable d'inclinations.
II. INTRODUCTION
II.1 Problème : Le sujet invite à se prononcer sur L’existence ou la non existence d’une
liberté propre à l’homme. Il pose ainsi le problème de l’effectivité de la liberté humaine.
II.2 Ce problème peut être décliné en problématiques ainsi qu’il' suit :
- L’homme est-il réellement libre ou alors ne baigne-t-il que dans l’illusion d‘être libre ?
- La considération de l’homme comme un être pris dans le jeu du monde ne fait -elle pas
de lui un simple élément d’un système qui surpasserait aussi bien sa conscience que sa
volonté et lui dénierait toute prétention à la liberté ?
- L’homme ne devrait-il pas concevoir la liberté comme un mirage, une impression, une
simple vue de l’esprit, que les tribulations de l'existence l’obligent finalement à
déconsidérer?
Argument 3 : L’homme est aussi pris dans le jeu des forces structurelles diverses :
- Forces économiques à travers la dynamique conflictuelle des classes sociales
(marxisme);
Transition : Toutefois, adhérer sans réserve à cette pensée de Spinoza ne fait-elle pas de
l'homme un être condamné à vivre une fatalité insurmontable?
Argument 2 : Cette vision spinoziste semble considérer les servitudes de l’existence sous-
estimant ainsi les efforts que l’homme déploie au quotidien pour sortir de la misère sa
condition.
Transition : Mais sans balayer du revers de la main cette conception spinoziste de lai-
liberté, ne nous apparaît-il pas important, au-delà des critiques formulées à son
encontre, de dégager les enseignements qui en découlent?
Argument 2 : Spinoza refusa de faire de la liberté un état. En montrant l’homme face eux
déterminismes divers, il veut peut-être nous enseigner que la liberté humaine n’est pas une
donnée, mais une conquête de tous les jours : si l’homme n’est pas libre, il importe qu'il se
Argument 3 : Spinoza entend souligner la spécificité de la liberté humaine en tant qu'elle est
toujours prise dans le jeu des forces de la vie, lesquelles forces nous sont souvent, sinon
toujours ignorées.
Argument 4 : Il oblige à rechercher cette liberté totale et parfaite qui es inconcevable sans la
parfaite connaissance et la maîtrise de la nature sans laquelle l’homme ne saurait prétendre au
bonheur.
1V. CONCLUSION
Il. INTRODUCTION
Le temps est généralement défini tantôt comme un paramètre des situations, des événements,
tantôt comme un facteur d’évolution. Le Vocabulaire et technique et critique de la
philosophied’André Lalande l’identifie à «un changement continuel par lequel le présent
devient le passé » . On parle alors du cours du temps. Ainsi défini, le temps apparaît comme le
plus grand facteur limitant de la volonté et de la liberté humaine et le problème ici posé est celui
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Citations Philosophiques
2021-1 PDF
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