Chapitre 15 : Le financement de l’entreprise
L’investissement se définit comme une dépense effectuée dans un objectif de rentabilité
future.
L’entreprise a besoin de capitaux pour financer :
ses dépenses d’investissement financées par des emprunts à moyen ou long
terme.
Il peut s’agir d’investissements matériels (immeuble, machines, outils,
etc.), immatériels (brevets, outils de gestion, logiciels, etc.)
ou financier (prises de contrôle ou de participation, etc.)
ses dépenses de fonctionnement (d’exploitation). Elles sont couvertes soit
par les rentrées de caisse (qui proviennent des ventes), soit par les prêts
bancaires à court terme (découverts).
Le besoin de financement correspond à la situation d’un agent économique dont les
dépenses d’investissement sont supérieures à l’épargne. On parle de besoin de
financement si le solde est négatif, et de capacité de financement s’il est positif.
I – Les besoins de financement liés au cycle d’investissements
En matière d’investissement, les capitaux employés ne seront récupérés que sur le long
terme – c’est la raison pour laquelle les ressources financières de l’entreprise doivent être
suffisamment importantes et stables tout au long du cycle d’investissement.
Le plan comptable distingue les immobilisations :
Incorporelles (ex. : fonds commercial)
Corporelles (ex. : terrains, constructions, matériels industriels, etc.)
Financières (ex. : actions, obligations détenues à moyen long terme)
Économiquement, on peut distinguer :
l’investissement d’expansion :son objectif est de développer les parts de
marché de l’entreprise aussi bien au niveau national qu’international (ex. :
construction d’une nouvelle unité de production)
l’investissement d’amélioration : son objectif est d’adapter le produit aux
besoins de la clientèle (ex. : dans un hôtel, installation de téléphones dans les
chambres permettant d’avoir directement l’extérieur)
l’investissement de renouvellement (ou de remplacement) : son objectif est
de changer à l’identique un matériel usagé (rare – il y a souvent progrès
technique)l’investissement de capacité (ou de productivité) : il correspond à
l’achat d’un matériel permettant de réaliser un gain de productivité.
Cycles d’investissements :
– Phase de démarrage d’activité :
Besoins très importants en locaux, machines, outils, logiciels, etc.
– Durant la vie de l’entreprise
Le montant des investissements dépendra ici de la nature des stratégies choisies.
Par exemple, la mise en œuvre d’une stratégie de diversification impliquera un rythme et un
montant d’investissement beaucoup plus important qu’une stratégie de spécialisation qui ne
nécessite le plus souvent que des investissements de remplacement.
Bien entendu, les choix stratégiques dépendent essentiellement de la nature et du montant
des investissements nécessaires.
II – Les besoins de financement liés au cycle d’exploitation
Les besoins de financement liés au cycle d’exploitation résultent des décalages entre les
entrées (ventes) et les sorties (charges) de trésorerie.
Le fonctionnement du cycle d’exploitation exige que l’on dispose d’actifs physiques et
financiers (les capitaux ou actifs « circulants ») qui peuvent se décomposer essentiellement
en trois catégories :
les stocks (matières premières, produits finis, ..)
les créances vis-à-vis de la clientèle (comptes clients et effets à recevoir),
l’encaisse nécessaire de transaction (banques, chèques à encaisser.)
Ce besoin se schématise de la manière suivante :
En général l’achat de matières premières et de fournitures génère inévitablement un
endettement à court terme auprès des fournisseurs faisant apparaître un besoin de
financement au niveau du cycle d’exploitation (en rouge sur le schéma).
Ce Besoin en Fonds de Roulement (BFR) est généralement positif et dépend de la longueur
du cycle de production et des délais de paiement et d’encaissement.
On remarque toutefois que ce BFR est souvent beaucoup plus important dans l’industrie que
dans le commerce. Par exemple, pour les hypermarchés, on constate fréquemment une
ressource liée au Fonds de Roulement faisant ainsi apparaitre une capacité et non un besoin
au niveau du Fonds de Roulement. Cette capacité de financement pourrait, à condition
d’être suffisamment stable, permettre de financer des immobilisations.
III – Les différents moyens de financement
A – Moyens classiques
MOYENS DE FINANCEMENT AVANTAGES INCONVENIENTS
AUTOFINANCEMENT
Ce sont les fonds que
l’entreprise dégage de son
exploitation et qu’elle utilise
pour financer ses
investissements.
La capacité
d’autofinancement (CAF)
correspond au résultat de L’autofinancement ne
l’entreprise + dotations aux suffit pas souvent pour
amortissements de la financer l’ensemble des
période nettes de reprises. Indépendance financière investissements
L’autofinancement est égal à Diminution des revenus
la CAF déduction faite des Absence d’intérêts bancaires versés aux associés
bénéfices distribués. (découragement)
Rapidité et simplicité
Financement important en
valeur
L’autonomie financière de
Intérêts bancaires fiscalement l’entreprise diminue (le
déductibles. (Les intérêts capital emprunté apparaît
apparaissent dans le compte de au passif du bilan dans le
EMPRUNT ACCORDE PAR résultat en charges financières) poste Dettes)
UN ORGANISME FINANCIER
EMPRUNT OBLIGATAIRE
Des titres financiers (appelés
obligations) sont émis sur le
marché et proposés à des Financement important en valeur
souscripteurs. Intérêts déductibles fiscalement
Chaque titre représente une Coût des intérêts
créance sur l’entreprise et
est rémunéré par un revenu L’autonomie financière de
fixe appelé intérêt. l’entreprise diminue
Moyen de financement
limité aux sociétés
anonymes formalités
importantes
CRÉDIT-BAIL (ou
LEASING)
Il s’agit d’une location
avec option d’achat à
terme
renouvellement plus facile du
matériel
déductibilité fiscale des loyers (les
redevances de crédit-bail coût élevé
apparaissent en charges
d’exploitation dans le compte de moyen de financement
résultat) limité à certains biens
autonomie financière préservée
Vente d’actions aux investisseurs
Mode de financement bien adapté
aux différents stades de la vie de
l’entreprise :
Le capital
amorçage va
permettre de
financer la création
de l’entreprise et
EMISSION D’ACTIONS des premiers
Lorsque l’entreprise émet produits.
des actions, elle vend une Le capital-
fraction de son capital. risque concerne les
L’acheteur a deux entreprises
motivations : innovantes très
Il espère que prometteuses mais
les résultats dont le risque
de d’échec est
l’entreprise important un risque
permettront important Vente d’actions sur le
de lui verser d’échouer. marché boursier
des Le capital L’accès à ce marché est
dividendes. développement s’a conditionné par une bonne
Il espère dresse à des connaissance des
revendre ses entreprises déjà techniques boursières.
actions à un rentables qui ont L’entreprise doit donc
prix plus besoin d’investir recruter une personne
élevé que pour assurer leur spécialisée ou faire appel à
celui auquel il croissance. un prestataire externe, ce
les a qui représente un coût très
achetées. important.
B – Le « Crowdfunding » ou financement participatif
Aujourd’hui, le Crowdfunding ou financement participatif se développe dans le cadre de
nombreux projets.
Le crowdfunding (« financement par la foule ») permet à des particuliers, des associations
ou des entreprises de financer leur projet en faisant appel au soutien financier du public au
travers d’une plateforme web.
On trouve alors d’un côté un épargnant qui souhaite investir dans un projet, et de l’autre un
porteur de projet ne possédant pas les fonds nécessaires pour débuter son activité
Les modèles courants de Crowdfunding :
Le premier modèle de financement participatif est le système par
don s’appliquant aussi comme un achat par anticipation ou précommande. Ce
système de crowdfunding permet aussi de récolter des contributions avant le
lancement d’un produit, pouvant donner lieu à des contreparties diverses. Il
s’agit de la forme la plus simple de crowdfunding car elle repose sur la
générosité des financeurs et leur volonté de contribuer à la réalisation d’un
projet. La collecte de dons peut être amorcée par une communauté déjà
existante.
Le second modèle est celui de l’investissement ou la prise de participation
en capital. Ici, le financement participatif permet la souscription de titres
(actions ou obligations) où l’investisseur acquiert des titres de capital ou de
créance émis par l’entreprise. L’entreprise, startup ou PME, bénéficie donc
d’un véritable accompagnement avec un Business Angel.
Et enfin le modèle de prêt (peer-to-peer lending) qui est destiné aux
structures souhaitant se créer ou se développer.
www.mynewstartup.com