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Évaluation des options par modèle binomial

Ce document décrit le modèle binomial pour l'évaluation d'options. Le modèle divise le temps en intervalles discrets et modélise la dynamique du sous-jacent sous-jacent comme suivant un processus binomial. Le document présente les hypothèses et étapes du modèle binomial.

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Évaluation des options par modèle binomial

Ce document décrit le modèle binomial pour l'évaluation d'options. Le modèle divise le temps en intervalles discrets et modélise la dynamique du sous-jacent sous-jacent comme suivant un processus binomial. Le document présente les hypothèses et étapes du modèle binomial.

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ENSSEA, 2ème année master (finance et actuariat), année universitaire : 2023/2024

Enseignante : TAGUEMOUNT.A (maitre de conférences)


Module : calcul stochastique appliqué à la finance (Évaluation dynamique des options vanilles)
Chapitre III : l’évaluation des options par le modèle binomial

Une option est, comme de nombreux autres produits financiers, un outil d’échange de risques, sa
particularité étant la dissymétrie des positions :

- Le détenteur de l’option est parfaitement protégé (sauf s’il a acheté à découvert) puisqu’au pire
il risque de perdre la prime de l’option ;

- Le vendeur doit au contraire assumer tous les risques que l’acheteur ne peut pas ou ne veut
pas prendre. Il peut donc être amené à supporter des pertes considérables au cas où sa stratégie
de gestion est prise en défaut.

Les options sont donc des produits commercialement très attractifs pour leur détenteur mais à priori
très dangereux pour leur émetteur si les risques sont mal couverts.

Le vendeur (une banque en général) doit donc être capable d’évaluer les risques qu’il prend.

Plus exactement, deux questions se posent :

- A quel prix vendre une option ? C’est le problème du pricing (dit aussi évaluation ou
valorisation) ;

- Comment gérer la prime au cours du temps pour disposer d’une somme suffisante au moment
où le détenteur décidera d’exercer son option ? C’est le problème de la couverture qui doit être
géré par le trader.

Sans réponse précise à ces deux questions, une option ne devrait pas être émise sur le marché. Pour
quantifier et gérer ces risques, les institutions financières se sont très rapidement tournées vers la
recherche en mathématiques. Pour ce faire, il faut élaborer une modélisation mathématique,
nécessairement construite sur des hypothèses plus ou moins restrictives

Les modèles d'évaluation peuvent être classés en deux catégories, selon que le temps est modélisé, de
façon discrète ou continue.

Le modèle de base de la première catégorie est dû à Cox, Ross et Rubinstein, et celui de la seconde à
Black, Scholes et Merton ; tous universitaires américains.

Les deux types de modèles sont construits sur la base des hypothèses générales suivantes :

- 𝐻1 : Les options sont européennes ;

- 𝐻2 : Les marchés financiers sont parfaits ;

- 𝐻3 : Le taux d'intérêt reste constant entre les instants 0 et T date d'échéance des options. Ce
taux est le taux instantané dans les modèles en temps continu et est le taux périodique pour ceux
en temps discret ;

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Chapitre III : l’évaluation des options par le modèle binomial

- 𝐻4 : Le support est un titre au comptant ne versant aucun dividende ou coupon entre 0 et la


date d’échéance T ;

- 𝐻5 : La volatilité du titre support est constante dans le temps ;

- 𝐻6 : En temps discret, la rentabilité du support à une date future suit une loi binomiale et elle
suit une loi normale pour un temps continu.

Les objectifs de ce chapitre sont :

- de décrire l’évolution du sous-jacent en temps discret avec une arborescence ;

- d’utiliser un portefeuille sans risque constitué d’option et de sous-jacent afin de valoriser


l’option ;

- de définir le ratio de couverture d’un portefeuille constitué d’option et de sous-jacent;

- de caractériser le portefeuille duplicateur de l’option ;

- de valoriser les options américaines et européennes à l’aide du modèle binomial ;

- de mettre en avant l’évaluation basée sur la notion d’arbitrage.

I- Présentation du modèle binomial

En finance, le modèle binomial ou modèle CRR du nom de ses auteurs (Cox-Ross-Rubinstein) fournit
une méthode numérique pour l'évaluation des options. Il a été proposé pour la première fois par Cox,
Ross et Rubinstein (1979). Le modèle est un modèle discret pour la dynamique du sous-jacent.

Il permet de déterminer le prix d'une option à partir des différentes trajectoires que peut prendre le sous-
jacent (On se place dans le cas d’une option d’achat sur un actif financier de base dont on a modélisé la
dynamique au moyen d’un arbre binaire).

Selon ce modèle, la valeur d'une option est comparable au profit qui serait réalisé par une prise de
position (achat ou vente) sur le sous-jacent.

Le modèle de Cox, Ross et Rubinstein repose sur une construction d’arbres binomiaux qui représentent
:

- l’évolution du cours du support sous-jacent;

- l’évolution de la prime de l’option dans un univers risque neutre, c’est à dire qu’on ne peut pas
faire de profit sans prendre de risque (absence d’opportunité d’arbitrage).

Il se base sur les hypothèses économiques suivantes :

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Chapitre III : l’évaluation des options par le modèle binomial

𝐻 1 Le marché est sans friction :

- Il n’y a pas de coûts de transaction ;

- Il n’y a pas d’écart entre prix d’achat et prix de vente (pas de fourchette bid-ask) ;

- Les titres négociables sont très liquides et indéfiniment fractionnables ;

- Il n’y pas de restriction sur les ventes à découvert ;

- Il n’y a pas d’impôts ou taxes ;

- Les transactions sont instantanées ;

- Les participants du marché n’influencent pas les prix par leurs achats et ventes ;

L’hypothèse de marché parfait est une hypothèse théorique, évidemment non satisfaite dans la pratique
et qu’il convient de la considérer comme “satisfaite en première approximation”. Les modèles
mathématiques plus élaborés que le modèle CRR cherchent parfois à s’en affranchir. Mais il faut
reconnaître que, pour l’essentiel, on ne sait pas le faire aujourd’hui de façon satisfaisante et qu’il reste
beaucoup à améliorer dans cette direction.

𝐻2 :Il y Absence d’Opportunité d’Arbitrage (AOA) : On ne peut pas faire de profit sans prendre de
risque. Autrement dit, il est impossible de gagner de l’argent de façon certaine à partir d’un
investissement initial nul. C’est l’hypothèse la plus importante ;

𝐻3∶ Les investisseurs sont insatiables ;

𝐻4 : On se place en temps discret. L’intervalle [0, 𝑇] est découpé en N intervalles de longueur 𝛿𝑡.

𝐻5 : On suppose qu’il n’y a qu’un seul actif à risque. On note 𝑆𝑡 son prix à l’instant 𝑡. On suppose que
cet actif ne verse pas de dividendes. En fait, il existe des modèles analogues au modèle CRR qui
autorisent la prise en compte de dividendes.

𝐻6 :Il n’y a qu’un seul actif sans risque de rendement certain 𝑟 sur une période.

II- Elaboration du modèle binomial

II-1- la dynamique du sous-jacent

Notons 𝑡 = 0 l’instant de souscription de l’option, 𝑡 = 𝑇 son échéance et 𝐾 son prix d’exercice.

Supposons que l’actif sous-jacent ait la valeur 𝑆0 à l’instant initial et qu’il ne puisse prendre que deux
valeurs : 𝑆𝑇 = 𝑆0 𝑢 𝑜𝑢 𝑆𝑇 = 𝑆0 𝑑 à l’échéance. Le sous jacent sera à la hausse lorsqu’il vaudra 𝑆0 𝑢 et
à la baisse dans le cas contraire.

En faisant, les facteurs multiplicatifs 𝑢 𝑒𝑡 𝑑 𝑣é𝑟𝑖𝑓𝑖𝑒𝑛𝑡: 0 < 𝑑 < 1 < 𝑢.

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Chapitre III : l’évaluation des options par le modèle binomial

On verra qu’il est naturel de supposer en outre que 𝑆0 𝑑 < 𝐾 < 𝑆0 𝑢

Le choix des facteurs multiplicatifs 𝑢 𝑒𝑡 𝑑 se fera de manière à obtenir 𝑆0 𝑢𝑑 = 𝑆0 𝑑𝑢. ce qui aura pour
conséquence de garantir une arborescence régulière : une baisse suivie d’une hausse sera équivalent à
une hausse suivie d’une baisse.

Si 𝑇 désigne la durée de temps entre aujourd’hui et l’échéance, cet intervalle temporel sera subdivisé en
𝑇
𝑛 intervalles égaux de longueur 𝛿𝑡 = 𝑛

Dans l’hypothèse d’une unique subdivision(𝑛 = 1), l’évolution sera la suivante :

𝑆0 𝑢 𝑝

𝑆0

𝑆0 𝑑 (1 − 𝑝)

Dans celui de deux subdivisions(𝑛 = 2), on obtiendra :

𝑆0 𝑢 𝑢2 𝑆 𝑃2

𝑆0 𝑢𝑑𝑆 2𝑝(1 − 𝑝)

𝑆0 𝑑 𝑑 2𝑆 (1 − 𝑝)2

Proposition 1
Partant d’un sous-jacent égal à 𝑆0 , le nombre minimum de hausse, noté a, permettant à la valeur du
sous-jacent de dépasser un niveau fixe K est donné par :
𝑺𝟎 𝒖𝒂 𝒅𝒏−𝒂 ≥ 𝑲
Où 𝑆0 désigne le prix aujourd’hui et 𝑛 le nombre de subdivision entre l’échéance et aujourd’hui. Il s’agit
du plus petit entier naturel vérifiant :
𝑲
𝐥𝐧( 𝒏 )
𝒅 𝑺𝟎
𝒂≥ 𝒖
𝐥𝐧( )
𝒅
𝑆𝑡+1
En notant 𝑆𝑡 la valeur du sous-jacent à l’instant 𝑡, nous savons que ln ( 𝑆𝑡
) prendra des valeurs ln(𝑢)
et ln(𝑑) avec les probabilités 𝑝 𝑒𝑡 1 − 𝑃 respectivement.
𝑆𝑡+1
ln( ) qui verra sa valeur se réaliser à la date 𝑡 + 1 correspond à la loterie :
𝑆𝑡

𝑳(𝐥𝐧(𝒖), 𝐥𝐧(𝒅) ; 𝒑, 𝟏 − 𝒑).


loterie dotée d’une moyenne de 𝑝𝑙𝑛(𝑢) + (1 − 𝑝 )ln(𝑑) et d’une variance égale à :
𝒑(𝟏 − 𝒑)[𝐥𝐧(𝒖) − 𝐥𝐧(𝒅)]𝟐.

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Chapitre III : l’évaluation des options par le modèle binomial

Sur l’intervalle de temps [0, 𝑇] subdivisé en 𝑛 intervalles de longueur égale, l’espérance et la variance
𝑆
de ln( 𝑇 ) seront obtenues en multipliant l’espérance et de la variance de la loterie précédente par le
𝑆0)
nombre d’intervalle.
D’où la proposition qui suit :
Proposition 2
L’espérance et la variance du logarithme de la variation relative du sous-jacent pendant une période
𝑆
ln( 𝑇+1 ) sont données :
𝑆𝑡

𝒖 = 𝒏 [𝒑 𝐥𝐧(𝒖) + (𝟏 − 𝒑) 𝐥𝐧(𝒅)]
{
𝝈𝟐 = 𝒏𝒑(𝟏 − 𝒑)[𝒍𝒏(𝒖) − 𝐥𝐧(𝒅)]𝟐
Où 𝑆𝑡 désigne la valeur du sous-jacent après 𝑡 périodes et 𝑛 correspond au nombre de subdivisions de
l’intervalle (0, 𝑇).

Les paramètres multiplicatifs peuvent également se déduire de l’espérance et de la variance à l’aide de


la proposition ci-dessous :

Proposition3
Connaissant l’espérance et la volatilité du logarithme de la variation du cours du sous-jacent, on obtient
les facteurs multiplicatifs :
𝝁 𝝈
+
𝒏 √𝒏
{ 𝒖=𝒆𝝁 𝝈
−( + )
𝒅 = 𝒆 𝒏 √𝒏
Pour n suffisamment large, les facteurs multiplicatifs deviennent :
𝒖 = 𝒆𝝈√𝜹𝒕
𝒅 = 𝒆−𝝈√𝜹𝒕
Par la suite, les paramètres de hausse et de baisse seront calculés à l’aide de la proposition 3.

II-2- Méthodologie de calcul du prix de l’option selon le modèle binomial

La méthode binomiale utilise un « cadre à temps discret » pour retracer l’évolution de l’actif sous-jacent,
via un arbre, pour un nombre donné de « pas » qui correspond au temps entre la date d’évaluation et
celle de l’expiration de l’option.
Chaque nœud de l’arbre (intersection entre deux branches de l’arbre) est un prix possible du sous-jacent
à un moment précis dans le temps. Cette évolution des prix constitue la base de l’évaluation des options.
Le processus d’évaluation est itératif. On part du nœud final de chaque branche et ensuite on « remonte »
jusqu’au premier nœud (date d’évaluation), où le résultat du calcul est la valeur de l’option.
Cette méthode utilise donc le processus suivant :

- création de l’arbre ;

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- calcul de la valeur de l’option au nœud final de chaque branche ;

- calcul progressif de la valeur de l’option à partir du nœud précédent, la valeur du premier nœud
étant la valeur de l’option.

Etape 1 :
La création de l’arbre de prix s’effectue en partant de la date à laquelle on veut valoriser l’option et ce
jusqu’à la date d’expiration de l’option.
À chaque étape, on accepte que le sous-jacent augmente (up) ou diminue (down) en fonction d’un facteur
spécifique (u ou d) et ce pour toutes les étapes. (Par définition, 𝒖 > 𝟏 et 𝟎 < 𝒅 < 𝟏). Par conséquent,
si 𝑺 𝟎 est le prix actuel, alors le prix de la période suivante sera 𝑺𝟏,𝒖𝒑 = 𝑺𝟎 𝒖 ou 𝑺𝟏,𝒅𝒐𝒘𝒏 = 𝑺𝟎 𝒅 .
Les facteurs utilisés pour évaluer l’augmentation ou la diminution du sous-jacent sont calculés en
prenant en compte la volatilité 𝝈 du sous-jacent et la durée de chaque étape mesurée en année t (selon
la convention du nombre de jours du sous-jacent).
En connaissant l’espérance et la volatilité du logarithme de la variation du cours du sous-jacent, on
obtient les facteurs multiplicatifs 𝒖 et 𝒅.

La méthode utilisée ici pour la création de l’arbre est la méthode de Cox, Ross, et Rubinstein (CRR).

La méthode CRR assure le fait que l’arbre est recombinant, c'est-à-dire que si les mouvements du sous-
jacent sont d’abord une augmentation puis une diminution, le prix sera le même que si les mouvements
suivis avaient été d’abord une diminution puis une augmentation. Dans ce cas là, les deux branches
fusionnent et se recombinent. Cette propriété réduit donc le nombre de nœuds de l’arbre et par
conséquent accélère le calcul du prix de l’option.

Cette propriété permet également de calculer la valeur de l’actif sous-jacent à chaque nœud directement
par des formules, sans passer par la création d’un arbre. La valeur d’un nœud est donc :

𝑺𝒕 = 𝑺𝟎 × 𝒖𝑖 × 𝒅𝒋
Où : 𝑖: nombre de ticks vers le haut
𝑗: nombre de ticks vers le bas

Etape 2 :
À chaque dernier nœud d’une branche de l’arbre de probabilité, la valeur de l’option est sa valeur
intrinsèque.
Max [(S – K), 0], pour un call
Max [(K – S), 0], pour un put,
Où : K est le Strike et S est le spot du sous-jacent.

Etape 3 :
Une fois que l’on a réalisé l’étape précédente, la valeur de l’option pour chaque nœud est trouvée en
utilisant la valeur du nœud précédent, en remontant vers le premier nœud de l’arbre (qui est la valeur de
l’option à la date à laquelle on veut la valoriser).

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Pour résumer : la valeur binomiale est trouvée à chaque nœud en utilisant la supposition de neutralité
face au risque.
Les étapes sont les suivantes :
1- En prenant en compte l’hypothèse de neutralité du risque, le prix, aujourd’hui, d’un instrument
dérivé est égal à la valeur de ses bénéfices futurs actualisés en fonction du taux sans risque. Par
conséquent, la valeur attendue est calculée en utilisant la valeur de l’option lors des deux derniers
nœuds (appelés ici option up et option down, soit respectivement une hausse et une baisse) pondérés
par leurs probabilités respectives. Soient 𝜋 la probabilité d’une variation à la hausse de la valeur
du sous-jacent et (1-𝜋) la probabilité d’une variation à la baisse. La valeur de l’option est ensuite
actualisée avec r le taux sans risque correspondant à la durée de l’option.
La formule suivante est appliquée pour calculer l’espérance à chaque nœud.

𝑽𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝑩𝒊𝒏𝒐𝒎𝒊𝒂𝒍𝒆 = [𝝅 × 𝑶𝒑𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒖𝒑 + (𝟏 − 𝝅) × 𝑶𝒑𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒐𝒘𝒏] × 𝒆𝒙𝒑 (– 𝒓 × 𝜹𝒕)


𝒐ù:

𝒆(𝒓−𝒒)𝜹𝒕−𝒅
𝝅= est choisi en fonction de la loi binomiale qui simule le mouvement brownien
𝒖−𝒅
géométrique de l’action sous-jacente avec les paramètres 𝑟 et 𝜎.

𝒒: est le rendement du dividende du sous-jacent correspondant à la durée de vie de l’option.

𝝈𝟐
Attention, pour que 𝜋 soit inférieur à 1, il faut que : 𝜹𝒕 = (𝒓−𝒒)𝟐

2- Ce résultat est la « valeur binomiale ». Il représente le juste prix du dérivé à un point donné dans le
temps (c’est-à-dire chaque nœud), étant donné l’évolution du prix du sous-jacent à ce point. C’est la
valeur de l’option à ce point – opposée à la valeur d’exercice.

3- Selon le style de l’option, la possibilité d’un exercice anticipé de l’option à chaque nœud : si l’option
peut être exercée et si la valeur d’exercice dépasse la valeur binomiale à ce nœud alors la valeur du
nœud est la valeur d’exercice.

- Pour une option Européenne : il n’y pas la possibilité d’exercer de manière anticipée et la
valeur binomiale est utilisée à chaque nœud ;

- Pour une option Américaine : puisque l’option peut être conservée ou exercée avant l’échéance,
la valeur de chaque nœud est Max (valeur binomiale, valeur d’exercice).

III- Le modèle binomiale dans le cas mono périodique

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Chapitre III : l’évaluation des options par le modèle binomial

L’évolution du sous-jacent est appréhendée sur une unique période allant d’aujourd’hui à l’échéance.
L’option d’achat ou de vente relative à ce sous-jacent est également caractérisée sur la même période et
vaudra exactement sa valeur intrinsèque à l’échéance.

Considérons une action qui s’échange actuellement à 100 € et analysons l’option d’achat écrite sur cette
action et dotée d’un prix d’exercice égal à 95 € avec une échéance exactement trois mois.

Supposons que l’action vaudra à l’échéance soit 110 €, soit 90 €. Ce faisant, l’option vaudra quant à elle
dans trois mois soit 15€ si l’action vaut 110 €, soit rien si l’action cote 90 €.

Il nous faut connaitre la valeur du call aujourd’hui. Pour cela constituons un portefeuille avec l’action
précitée et un nombre de call à la vente de telle enseigne que le portefeuille ainsi constitué soit dénué de
tout risque.

Soit 𝒉 ce nombre, le portefeuille sera sans risque si son résultat est le même quelque soit l’état de la
nature qui prévaudra demain :

Action 𝟏𝟏𝟎 𝟗𝟎
𝒉 𝒄𝒂𝒍𝒍 𝟏𝟓 𝒉 𝟎𝒉
Portefeuille : 𝟏𝟎𝟎 − 𝟏𝟓 𝒉 𝟗𝟎
action − 𝒉 𝒄𝒂𝒍𝒍

𝟒
On doit avoir 𝟏𝟏𝟎 − 𝟏𝟓𝒉 = 𝟗𝟎 − 𝟎𝒉 , 𝒄′ 𝒆𝒔𝒕 − à − 𝒅𝒊𝒓𝒆 𝒉 = 𝟑

𝟒
Il faut par conséquent combiner une action avec 𝟑 call pour obtenir un portefeuille sans risque. Ou de
manière équivalente 3 actions avec 4 calls. Le nombre 𝒉 est appelé le ratio de couverture.

Supposons qu’il n’existe pas d’opportunité d’arbitrage. Cette hypothèse implique immédiatement que
le portefeuille que nous avons constitué doit avoir un rendement égal au taux sans risque car ce
portefeuille est dénué de risque. Il doit rapporter la même chose que les bons de trésor.

Ce portefeuille vaudra exactement à l’échéance exactement𝟏𝟏𝟎 − 𝟏𝟓𝒉 = 𝟗𝟎 − 𝟎𝒉, 𝒔𝒐𝒊𝒕 𝟗𝟎 €.

𝟒
Cependant, la constitution de ce portefeuille sans risque a exigé un investissement égal à 𝟏𝟏𝟎 − 𝟑 𝑪 où
𝑪 désigne le prix du call.

𝟑
𝟒
L’expression de son rendement donne (𝟏𝟎𝟎 − 𝟑 𝑪) (𝟏 + 𝒓)𝟏𝟐 = 𝟗𝟎€

𝟒 𝟑
𝒐𝒖 𝒃𝒊𝒆𝒏 (𝟏𝟎𝟎 − 𝑪) 𝒆𝟏𝟐𝒓 = 𝟗𝟎€ 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆 𝒄𝒂𝒔 𝒅′ 𝒖𝒏𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒐𝒔𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒊𝒏𝒖𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒕é𝒓𝒆𝒕𝒔.
𝟑

En supposons le taux d’intérêt sans risque de 6%, on obtient :

𝟑 𝟗𝟎
Pour le premier cas : 𝒄 = 𝟒 (𝟏𝟎𝟎 − (𝟏,𝟎𝟔)𝟎,𝟐𝟓 = 𝟖, 𝟒𝟕𝟔𝟏€

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𝟑 𝟗𝟎
Dans le cas d’une capitalisation continue, on aura : 𝑪 = (𝟏𝟎𝟎 − ) = 𝟖, 𝟓𝟎𝟒𝟗€.
𝟒 𝒆𝟎,𝟐𝟓×𝟎,𝟎𝟔

Les résultats précédant peuvent également être obtenus en considérant directement un portefeuille
constitué d’un call et d’un nombre de sous-jacent noté ∆ tel que le portefeuille ainsi formé soit sans
risque. Cela conduit à la proposition suivante :

Proposition 4

La valeur de l’option européenne dotée d’un Strike K est donnée par :

𝒊− 𝑪 = [𝝅𝑪𝒖 + (𝟏 − 𝝅)𝑪𝒅 ]𝒆−𝒓𝑻 ;

𝒊𝒊 − 𝑷 = [𝝅𝑷𝒖 + (𝟏 − 𝝅)𝑷𝒅 ]𝒆−𝒓𝑻 ;

Avec :

𝑪𝒖 = 𝑴𝒂𝒙(𝒖𝑺 − 𝑲, 𝟎)

𝑪𝒅 = 𝑴𝒂𝒙(𝒅𝑺 − 𝑲, 𝟎)

𝑷𝒖 = 𝑴𝒂𝒙(𝑲 − 𝒖𝑺, 𝟎)

𝑷𝒅 = 𝑴𝒂𝒙(𝑲 − 𝒅𝑺, 𝟎)

𝒆𝒓𝑻 − 𝒅
𝝅=
𝒖−𝒅

Remarque 1

La formule de valorisation du call ou du put ne requiert pas la connaissance des probabilités de


hausse ou de baisse du sous-jacent. Ce qui à première vue semble paradoxal. Mais cela est du au fait
que nous valorisons l’option en fonction du prix du sous-jacent. Ce qui signifie que les mouvements
du sous-jacent sont déjà incorporés au prix de celui-ci et qu’on ne doit pas les reprendre lors de
l’évaluation des options.

De ce fait :

i- L’attitude des investisseurs se reflète dans S et non directement dans C ;


ii- Les probabilités de hausse ou de baisse de S n’interviennent pas lors de l’évaluation ;
iii- L’évaluation des options se fait indépendamment des autres actifs ;

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iv- La condition de non arbitrage conduit à l’existence d’une probabilité unique,


𝒆𝒓𝑻 −𝒅
𝝅 = 𝒖−𝒅 telle C 𝒆−𝒓𝑻 soit une martingale. C’est-à-dire telle que le prix actuel correspond
à l’espérance actualisée du prix futur 𝑪𝟎 = 𝑬𝝅 (𝑪𝑻 𝒆−𝒓𝑻 ) sous la probabilité risque neutre

Remarque 2

Le processus établissant l’évolution d sous-jacent est le suivant :

𝒖𝑺𝒕
𝑺𝒕+𝟏 = {
𝒅𝑺𝒕

Supposons que la probabilité de hausse du sous-jacent soit égale à la probabilité risque neutre. La
valeur espérée su sous-jacent à l’échéance sera :

𝑬𝝅 (𝑺, 𝑻 ) = 𝝅(𝒖𝑺) + (𝟏 − 𝝅)(𝒅𝑺)

𝒆𝒓𝑻 − 𝒅
= 𝝅𝑺(𝒖 − 𝒅) + 𝒅𝒔 = 𝑺(𝒖 − 𝒅) + 𝒅𝒔 = 𝑺𝒆𝒓𝑻
𝒖−𝒅

Ce qui signifie que le sous-jacent se comporte comme l’actif sans risque.

Lors de la détermination du prix de l’option, nous avons utilisé un portefeuille, en l’occurrence ∆𝑺 − 𝑪


dans l’hypothèse de l’option d’achat (pour l’option de vente il faut considérer ∆𝑺 − 𝑷) 𝑞𝑢𝑖 s’est trouvé
être un portefeuille sans risque pour un choix adéquat du nombre de sous-jacent à incorporer.

En conclusion, le portefeuille constitué de ∆ sous-jacents et d’un emprunt au taux sans risque permet de
dupliquer les flux de l’option, d’où la proposition ci-après :

Proposition 5

L’option d’achat peut être dupliquée par un portefeuille constitué de l’actif sans risque et du sous-jacent
𝒖𝑪𝒅 −𝒅𝑪𝒖
∆𝑺 + 𝑩 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝑩 = 𝒖−𝒅
𝒆−𝒓𝑻 . Il nécessite un investissement égal au prix de l’option.

Le portefeuille ∆𝑺 + 𝑩 est appelé portefeuille duplicateur de l’option d’achat.

IV- Le modèle binomial dans le cas multi périodique des options européennes

L’intervalle de temps entre la date actuelle et l’échéance est découpé en 𝒏 périodes identiques.

Proposition 6

Le cours de l’option d’achat européenne est donné par :

𝑪 = 𝑺𝒆−𝒓𝑻 [∑𝒏𝒊=𝒂 𝑪𝒊𝒏 𝝅 ̅ )𝒏−𝒊 ] − 𝒌𝒆−𝒓𝑻 [∑𝒏𝒊=𝒂 𝑪𝒊𝒏 𝝅𝒊 (𝟏 − 𝝅)𝒏−𝒊 ]


̅ 𝒊 (𝟏 − 𝝅

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𝑲
𝐥 𝐧( 𝒏 )
𝒅 𝑺
Où ∶ 𝒂 é𝒔𝒊𝒈𝒏𝒆 𝒍𝒆 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒑𝒆𝒕𝒊𝒕 𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒓 𝒏𝒂𝒕𝒖𝒓𝒆𝒍 𝒗é𝒓𝒊𝒇𝒊𝒂𝒏𝒕 𝒂 > 𝒖 ;
𝐥 𝐧( )
𝒅

𝒆𝒓𝜹𝒕 − 𝒅
̅ 𝒂)] − 𝒌𝒆−𝒓𝑻 [𝟏 − 𝝍(𝒏, 𝝅,
𝑪 = 𝑺[𝟏 − 𝝍(𝒏, 𝝅, ̅ 𝒂)] 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝝅 =
𝒖−𝒅
𝒏
−𝒓(𝜹𝒕) ̅ 𝒂) = ∑ 𝑪𝒊𝒏 𝝅𝒊 (𝟏 − 𝝅)𝒏−𝒊 = 𝒑𝒓𝒐𝒃(𝑩(𝒏, 𝝅) < 𝒂)
̅ = 𝝅𝒖𝒆
𝒆𝒕 𝝅 𝒆𝒕 𝝍(𝒏, 𝝅,
𝒊=𝒂
𝝍(𝒏, 𝝅,
̅ 𝒂) représente la fonction de distribution de la loi binomiale de paramètre 𝒏 𝒆𝒕 𝝅.

Le prix du call apparait comme étant la différence entre deux espérances. La première,
𝑺[𝟏 − 𝝍(𝒏, 𝝅,̅ 𝒂)] correspond à la valeur espérée du sous-jacent sachant que le call expire dans la
monnaie tandis que la seconde correspond à la valeur actuelle du Strike multipliée par la probabilité
neutre au risque afin que l’opération expire dans la monnaie.

Proposition 6 BIS

Le cours de l’option de vente européenne est donné par :

𝑷 = 𝒌𝒆−𝒓𝑻 [∑𝑛𝒊=𝒂−𝟏 𝑪𝒊𝒏 𝝅𝒊 (𝟏 − 𝝅)𝒏−𝒊 ] − 𝑺𝒆−𝒓𝑇 [∑𝒏𝒊=𝒂−𝟏 𝑪𝒊𝒏 ̅̅̅ ̅ )𝒏−𝒊 ]


𝜋 𝒊 (𝟏 − 𝝅
𝐾
ln( 𝑛 )
𝑑 𝑆
où 𝒂 é𝒔𝒊𝒈𝒏𝒆 𝒍𝒆 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒑𝒆𝒕𝒊𝒕 𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒓 𝒏𝒂𝒕𝒖𝒓𝑒𝑙 𝑣é𝑟𝑖𝑓𝑖𝑎𝑛𝑡 𝑎 > 𝑢 ;
ln( )
𝑑

𝑃 = 𝑘𝑒 −𝑟𝑇 [1 − 𝜓(𝑛, 𝜋, 𝑎 − 1)] − 𝑆[1 − 𝜓(𝑛, 𝜋,


̅ 𝑎 − 1)]

La valeur du put s’exprime comme étant la différence existant entre la valeur actuelle du prix d’exercice
d’une part et la valeur du sous-jacent d’autre part avec l’unique différence que chacun des termes de
différence est pondéré par une probabilité neutre au risque dans un cas et la probabilité neutre au risque
ajustée dans l’autre.

La connaissance des formules de valorisation du Call et du Put permet de déduire la relation de parité
Call-Put de la manière suivante :

𝑃 = 𝑘𝑒 −𝑟𝑇 [1 − 𝜓(𝑛, 𝜋, 𝑎 − 1)] − 𝑆[1 − 𝜓(𝑛, 𝜋,


̅ 𝑎 − 1)]

̅ 𝑎 )] − 𝑘𝑒 −𝑟𝑇 [1 − 𝜓(𝑛, 𝜋, 𝑎)]


𝐶 = 𝑆[1 − 𝜓(𝑛, 𝜋,

D’où :
𝑃 − 𝐶 = 𝑘𝑒 −𝑟𝑇 [𝜓(𝑛, 𝜋, 𝑎 − 1)] − 𝑆[𝜓(𝑛, 𝜋, ̅ 𝑎)] + 𝑘𝑒 −𝑟𝑇 [𝜓(𝑛, 𝜋, 𝑎)]
̅ 𝑎 − 1)] − 𝑆[𝜓(𝑛, 𝜋,

C’est-à-dire
𝑃 − 𝐶 = 𝑘𝑒 −𝑟𝑇 − 𝑆 𝑜𝑢 𝑑𝑒 𝑓𝑎ç𝑜𝑛 é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡𝑒: 𝑃 + 𝑆 = 𝐶 + 𝐾𝑒 −𝑟𝑇

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ENSSEA, 2ème année master (finance et actuariat), année universitaire : 2023/2024
Enseignante : TAGUEMOUNT.A (maitre de conférences)
Module : calcul stochastique appliqué à la finance (Évaluation dynamique des options vanilles)
Chapitre III : l’évaluation des options par le modèle binomial

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