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Protection des captages d'eau potable

Ce document a été rédigé par le BRGM à la demande des DDASS du Gard et de l'Hérault afin de constituer un guide pour la définition des périmètres de protection des captages publics et l'élaboration des prescriptions associées en fonction du type d'aquifère exploité. Il détaille les informations nécessaires, les méthodes de délimitation des périmètres de protection immédiate, rapprochée et éloignée, et donne des recommandations spécifiques pour les captages exploitant les nappes alluviales.

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Thèmes abordés

  • mesures de protection,
  • harmonisation des prescription…,
  • bilan,
  • données nécessaires,
  • vulnérabilité,
  • bibliographie,
  • déclaration d'utilité publique,
  • mesures d'atténuation,
  • sensibilisation,
  • aquifère basaltique
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Protection des captages d'eau potable

Ce document a été rédigé par le BRGM à la demande des DDASS du Gard et de l'Hérault afin de constituer un guide pour la définition des périmètres de protection des captages publics et l'élaboration des prescriptions associées en fonction du type d'aquifère exploité. Il détaille les informations nécessaires, les méthodes de délimitation des périmètres de protection immédiate, rapprochée et éloignée, et donne des recommandations spécifiques pour les captages exploitant les nappes alluviales.

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Thèmes abordés

  • mesures de protection,
  • harmonisation des prescription…,
  • bilan,
  • données nécessaires,
  • vulnérabilité,
  • bibliographie,
  • déclaration d'utilité publique,
  • mesures d'atténuation,
  • sensibilisation,
  • aquifère basaltique

Eaux destinées à la consommation

humaine. Guide pour la protection


des captages publics.
Départements du Gard et de
l’Hérault.
Rapport final
BRGM/RP-55699-FR
Octobre 2007
Eaux destinées à la consommation
humaine. Guide pour la protection
des captages publics.
Départements du Gard et de l’Hérault.
Rapport final
BRGM/RP-55699-FR
Octobre 2007
Étude réalisée dans le cadre des projets
de Service public du BRGM 06EAU06

J.P. Marchal

Vérificateur : Approbateur :
Nom : J.F.Vernoux Nom : M. Audibert

Date : 22/10/2007 Date :

Signature : Signature :
(Original signé par) (Original signé par)

Le système de management de la qualité du BRGM est certifié AFAQ ISO 9001:2000.


I

M 003 - AVRIL 05
Mots clés : protection, captage, périmètre de protection, prescriptions, nappe alluviale, aquifère
de socle, aquifère karstique, aquifère basaltique, aquifère sédimentaire à perméabilité
d’interstices, nappe captive, eaux superficielles.

En bibliographie, ce rapport sera cité de la façon suivante :


Marchal J.P. (2007) : Eaux destinées à la consommation humaine. Guide pour la protection
des captages publics. Départements du Gard et de l’Hérault. Rapport BRGM/RP-55699-FR,
155 p., 18 ill., 2 ann..

© BRGM, 2007, ce document ne peut être reproduit en totalité ou en partie sans l’autorisation expresse du BRGM.
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Synthèse

Les DDASS du Gard et de l'Hérault ont demandé au BRGM de rédiger un


document destiné à tous les hydrogéologues agréés de ces deux départements,
mais aussi aux différents intervenants dans la protection des captages publics,
afin de constituer une aide à l’élaboration des périmètres de protection par type
d’aquifères rencontrés.

Ce document a pour but de servir de guide à la définition des périmètres de


protection, notamment en ce qui concerne leur délimitation et à l’élaboration des
prescriptions qui seront proposées à l’intérieur de ceux-ci.

Ce document a été rédigé en continuité et en complément aux travaux déjà réalisés,


soit localement par les deux DDASS des départements du Gard et de l’Hérault, soit au
niveau national avec les documents généraux déjà existants.

Il ne doit pas être considéré comme un catalogue, mais doit servir de support pour les
différents intervenants dans la problématique liée à la définition des périmètres de
protection des captages publics destinés à la consommation humaine (EDCH), ainsi
qu’à l’élaboration des différentes prescriptions qui devront être appliquées dans ces
périmètres, afin d’assurer la protection de l’eau captée.

Ce travail entre dans un objectif, d’harmonisation au niveau départemental, voire


régional d’une part, de l’étendue des périmètres de protection des captages et, d’autre
part, des prescriptions proposées par les hydrogéologues agréés en fonction de la
typologie des réservoirs captés par les ouvrages exploités pour l’alimentation en eau
potable des collectivités publiques.

Ce guide a été élaboré en concertation avec un groupe de travail, constituant le comité


de pilotage (voir composition en annexe de ce rapport). Il a fait l’objet d’une
présentation pour approbation à tous les hydrogéologues agréés des deux
départements du Gard et de l’Hérault le 14 septembre 2007 à la DRASS Languedoc
Roussillon.

Ce guide représente l’état des réflexions dans ces deux départements. Il est
certes perfectible, mais constitue une base de travail d’ores et déjà utile et
intéressante pour les différents intervenants dans ce domaine. Il a vocation à
évoluer en fonction des pratiques.

BRGM/RP-55699-FR – Rapport final Synthèse 3


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Sommaire

1. Introduction .......................................................................................................... 13

2. La protection des captages en général .............................................................. 15

2.1. LE CONTEXTE DE LA PROTECTION DES CAPTAGES D’EAU DESTINEE A


LA CONSOMMATION HUMAINE.................................................................... 15

2.2. LES OBJECTIFS DES PERIMETRES DE PROTECTION DES CAPTAGES


D’EAU DESTINEE A LA CONSOMMATION HUMAINE .................................. 16

2.3. LES MODALITES DE LA PROTECTION DES CAPTAGES D’EAU DESTINEE


A LA CONSOMMATION HUMAINE ................................................................ 18

2.4. LE ROLE DE L’HYDROGEOLOGUE AGREE ................................................. 20

2.5. LA VULNERABILITE DES EAUX SOUTERRAINES ....................................... 21

2.6. LES DIFFERENTS NIVEAUX DE PROTECTION DE LA RESSOURCE ......... 23

2.7. LES RISQUES DE POLLUTION ..................................................................... 23

2.8. DONNEES NECESSAIRES A LA DEFINITION DES PERIMETRES DE


PROTECTION (CONTENU DU DOSSIER PREPARATOIRE) ........................ 24
2.8.1. Renseignements relatifs à l’alimentation en eau de la collectivité :......... 25
2.8.2. Renseignements relatifs à la ressource en eau sollicitée :...................... 26
2.8.3. Inventaire sommaire des sources potentielles de pollution et analyse des
moyens mis en œuvre ou à mettre en œuvre pour en limiter l’impact..... 28
2.8.4. Eléments relatifs à la qualité de l’eau captée.......................................... 29
2.8.5. Renseignements relatifs à l’ouvrage de prélèvement : ........................... 30
2.8.6. Pièces graphiques.................................................................................. 31

2.9. L'AVIS DE L’HYDROGEOLOGUE AGREE ..................................................... 32


2.9.1. Les disponibilités en eau ........................................................................ 32
2.9.2. L’étendue des périmètres de protection.................................................. 34

2.9.2.1. Le périmètre de protection immédiate (PPI)......................................37

2.9.2.2. Le périmètre de protection rapprochée (PPR)...................................37

2.9.2.3. Le périmètre de protection éloignée (PPE) .......................................40


2.9.3. Les prescriptions dans les périmètres de protection ............................... 40

BRGM/RP-55699-FR – Rapport final 5


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

2.9.3.1 Prescriptions dans le périmètre de protection immédiate (PPI) ..........41

2.9.3.2. Prescriptions dans le périmètre de protection rapprochée (PPR) ......43

2.9.3.3. Prescriptions dans le périmètre de protection éloignée (PPE)...........55

3. La déclinaison par type d’aquifères.................................................................... 57

4. Les nappes libres alluviales ................................................................................ 59

4.1. CARACTERISATION....................................................................................... 59

4.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES EN NAPPES ALLUVIALES60

4.3. DEFINITION DE LA ZONE D’ETUDE EN NAPPE ALLUVIALE ....................... 63

4.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE D’UN


CAPTAGE EN NAPPE ALLUVIALE................................................................. 64

4.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION DES CAPTAGES EN NAPPE ALLUVIALE 64

4.6. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR APPRECIER LA


VULNERABILITE............................................................................................. 67

4.7. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION DANS LES NAPPES


ALLUVIALES................................................................................................... 68

4.8. LES PRESCRIPTIONS DANS LES NAPPES ALLUVIALES............................ 71

A. Périmètre de protection immédiate et aménagement des captages...........71

B. Périmètre de protection rapprochée ..........................................................73

4.9. PRECONISATIONS CLASSEES EN FONCTION DES DIFFERENTS ENJEUX76


4.9.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection .................................. 76
4.9.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et conditions
d’écoulement)......................................................................................... 80
4.9.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et
d’autres eaux (eaux superficielles et autres nappes) .............................. 81
4.9.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une source de
pollution.................................................................................................. 81
4.9.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides .............................. 84
4.9.6. Limiter les risques de pollution diffuse .................................................... 84

C. Périmètre de protection éloignée...............................................................85

5. Les aquifères libres de socle............................................................................... 87

6 BRGM/RP-55699-FR – Rapport final,


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

5.1. CARACTERISATION ...................................................................................... 87

5.2. LES RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES EN AQUIFERES DE


SOCLE............................................................................................................ 88

5.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN AQUIFERES DE SOCLE........... 88

5.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE DES


CAPTAGES EN AQUIFERES DE SOCLE....................................................... 89

5.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION DES CAPTAGES EN AQUIFERES DE
SOCLE............................................................................................................ 89

5.6. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN AQUIFERES DE


SOCLE............................................................................................................ 90

5.7. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERE DE SOCLE DANS LES PERIMETRES


DE PROTECTION RAPPROCHEE ................................................................. 92

5.8. PRECONISATIONS CLASSEES EN FONCTION DES DIFFERENTS ENJEUX93


5.8.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection .................................. 93
5.8.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et conditions
d’écoulement)......................................................................................... 94
5.8.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et
d’autres eaux (eaux superficielles et autres nappes) .............................. 94
5.8.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une source de
pollution.................................................................................................. 95
5.8.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides .............................. 97
5.8.6. Limiter les risques de pollution diffuse.................................................... 97

5.9. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERE LIBRE DE SOCLE DANS LE


PERIMETRE DE PROTECTION ELOIGNEE .................................................. 98

6. Les aquifères libres karstiques........................................................................... 99

6.1. CARACTERISATION ...................................................................................... 99

6.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES DANS LE KARST ........ 102

6.3. DEFINITION DE LA ZONE D’ETUDE EN MILIEU KARSTIQUE.................... 103

6.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE EN


MILIEU KARSTIQUE..................................................................................... 105

6.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION EN MILIEU KARSTIQUE ......................... 106

BRGM/RP-55699-FR – Rapport final 7


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

6.6. DONNEES NECESSAIRES POUR APPRECIER LA VULNERABILITE EN


MILIEU KARSTIQUE..................................................................................... 106

6.7. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN MILIEU


KARSTIQUE.................................................................................................. 107

6.8. PRESCRIPTIONS EN MILIEU KARSTIQUE ................................................. 109

6.9. PRECONISATIONS CLASSEES EN FONCTION DES DIFFERENTS ENJEUX109


6.9.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection ................................ 109
6.9.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et conditions
d’écoulement)....................................................................................... 110
6.9.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et
d’autres eaux (eaux superficielles et autres nappes) ............................ 111
6.9.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une source de
pollution................................................................................................ 111
6.9.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides ............................ 113
6.9.6. Limiter les risques de pollution diffuse .................................................. 114

7. Les aquifères libres basaltiques ....................................................................... 115

7.1. CARACTERISATION..................................................................................... 115

7.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES DANS LES FORMATIONS


VOLCANIQUES............................................................................................. 115

7.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN AQUIFERE BASALTIQUE ....... 116

7.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE EN


AQUIFERE BASALTIQUE............................................................................. 116

7.5. DONNEES NECESSAIRES POUR DELIMITER LES PERIMETRES DE


PROTECTION EN AQUIFERES BASALTIQUES .......................................... 116

7.6. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN AQUIFERES


BASALTIQUES.............................................................................................. 117

7.7. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERES BASALTIQUES............................. 117


7.7.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection ................................ 117
7.7.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et conditions
d’écoulement)....................................................................................... 118
7.7.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et
d’autres eaux (eaux superficielles) ....................................................... 118
7.7.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une source de
pollution................................................................................................ 119
7.7.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides ............................ 121

8 BRGM/RP-55699-FR – Rapport final,


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

7.7.6. Limiter les risques de pollution diffuse.................................................. 121

8. Les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices .................... 123

8.1. CARACTERISATION .................................................................................... 123

8.2. RISQUES DE CONTAMINATION EN AQUIFERES SEDIMENTAIRES A


PERMEABILITE D’INTERSTICES................................................................. 123

8.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN AQUIFERES SEDIMENTAIRES A


PERMEABILITE D’INTERSTICES................................................................. 123

8.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LES DEBITS D’EXPLOITATION 124

8.5. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN AQUIFERES


SEDIMENTAIRES A PERMEABILITE D’INTERSTICES ............................... 124

8.6. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERES SEDIMENTAIRES A PERMEABILITE


D’INTERSTICES ........................................................................................... 124
8.6.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection ................................ 125
8.6.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et conditions
d’écoulement)....................................................................................... 125
8.6.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et
d’autres eaux........................................................................................ 125
8.6.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une source de
pollution................................................................................................ 126
8.6.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides ............................ 128
8.6.6. Limiter les risques de pollution diffuse.................................................. 128

8.7. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERES SEDIMENTAIRES DANS LE


PERIMETRE DE PROTECTION ELOIGNEE ................................................ 129

9. LES NAPPES CAPTIVES.................................................................................... 131

9.1. CARACTERISATION .................................................................................... 131

9.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES EN NAPPE CAPTIVE .. 132

9.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN NAPPE CAPTIVE .................... 132

9.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE D’UN


CAPTAGE EN NAPPE CAPTIVE .................................................................. 132

9.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION DES CAPTAGES EN NAPPE CAPTIVE.. 132

BRGM/RP-55699-FR – Rapport final 9


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

9.6. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION DANS LES NAPPES


CAPTIVES..................................................................................................... 133
9.6.1. Périmètre de protection immédiate ....................................................... 133
9.6.2. Périmètre de protection rapprochée ..................................................... 133
9.6.3. Périmètre de protection éloignée .......................................................... 137

9.7. LES PRESCRIPTIONS EN NAPPES CAPTIVES .......................................... 137


9.7.1. Ne pas éliminer les formations rendant l’aquifère captif et conserver
l’intégrité de la couverture..................................................................... 138
9.7.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables)............... 139
9.7.3. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une source de
pollution................................................................................................ 139
9.7.4. Limiter les risques de pollution diffuse .................................................. 141

10. Les prises d’eau superficielle..................................................................... 143

11. Conclusion................................................................................................... 145

12. Bibliographie ............................................................................................... 147

Liste des illustrations

illustration 1 : Les différents risques de pollution des eaux souterraines .................................... 24


illustration 2 :Schémas distinguant la zone d’appel, la zone d’influence et l’aire
d’alimentation d’un captage (AAC) en nappe alluviale homogène (d’après le « manuels
et méthodes n° 33 ». Editions du BRGM. « Périmètres de protection des captages
d’eau souterraine destinée à la consommation humaine »)........................................................ 36
illustration 3 : Relations de la nappe alluviale avec les terrains encaissants .............................. 62
illustration 4 : Étendue du périmètre de protection rapprochée .................................................. 70
illustration 5 : Étendue du périmètre de protection éloignée en nappe alluviale ......................... 71
illustration 6 : Conditions d’admission des fouilles et terrassements remblayés ou non ............ 76
illustration 7 : Conditions d’admission des fouilles liées à de nouvelles constructions ............... 77
illustration 8 : Conditions d’interdiction des affouillements et excavations de faible
superficie ..................................................................................................................................... 77
illustration 9 : Conditions d’admission des excavations liées à la création de plans d’eau......... 78
illustration 10 : Conditions d’interdiction des pieux...................................................................... 78
illustration 11 : Conditions d’admission des excavations liées à l’inhumation............................. 79
illustration 12 : Conditions d’admission des excavations pour la création d’axes de
communication............................................................................................................................. 79
illustration 13 : caractérisation des aquifères de socle................................................................ 87

10 BRGM/RP-55699-FR – Rapport final,


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

illustration 14 : Schéma de principe des limites du périmètre de protection immédiate


pour des captages avec drains ....................................................................................................91
illustration 15 : schéma conceptuel des formations karstiques..................................................101
illustration 16 : Les deux types de systèmes karstiques (d’après le guide technique n° 3
de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée) ...............................................................................105
illustration 17 : Extension maximale du périmètre de protection rapprochée en nappe
captive lorsque celle-ci a une charge plus élevée que celle de la nappe superficielle..............135
illustration 18 : Définition du périmètre de protection rapprochée en nappe captive
lorsque celle-ci a une charge moins élevée que celle de la nappe superficielle .......................136

Liste des annexes

Annexe 1 Composition du Comité de Pilotage .........................................................................149


Annexe 2 Composition du Comité de relecture ........................................................................153

BRGM/RP-55699-FR – Rapport final 11


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

1. Introduction

Depuis de nombreuses années, les DDASS du Gard et de l'Hérault se soucient :


- de l'harmonisation de l’extension des périmètres de protection des captages
alimentant les collectivités en eau potable ;
- de l’homogénéisation des différentes prescriptions relatives à ces périmètres et
notamment leur justification. Cette harmonisation doit être recherchée en fonction
de l’impact potentiel des activités sur la qualité des eaux souterraines sollicitées par
les captages selon les différents contextes hydrogéologiques rencontrés dans ces
deux départements et de la typologie des réservoirs en eau souterraine.

Pour atteindre ces objectifs, les deux DDASS ont souhaité réaliser un document d’aide
aux hydrogéologues agréés de ces départements, aux bureaux d’études intervenant
en liaison avec les hydrogéologues agréés, aux services de l’Etat et aux collectivités
publiques (maîtres d’ouvrages).

Ce guide doit servir de support dans le cadre des procédures de Déclaration d’Utilité
Publique (DUP), notamment lors de :
- la définition des études préliminaires,
- l’estimation de l’extension géographique de ces zones d’étude,
- l’inventaire des risques de contamination de la ressource captée,
- la définition des périmètres de protection,
- l’élaboration des propositions de prescriptions.

Ce guide rappelle les données à prendre en compte pour fixer ces périmètres et pour
élaborer les propositions de prescriptions visant la protection des captages d’eau
destinés à la consommation humaine des collectivités publiques. Il fournit aussi les
orientations à retenir dans le cadre des missions des hydrogéologues agréés, afin
d’aboutir à une certaine homogénéisation des périmètres de protection, en fonction du
contexte hydrogéologique.

BRGM/RP-55699-FR – Rapport final Introduction 13


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

2. La protection des captages en général

2.1. LE CONTEXTE DE LA PROTECTION DES CAPTAGES D’EAU


DESTINEE A LA CONSOMMATION HUMAINE

La protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine (EDCH) est


une préoccupation ancienne. On la retrouve en effet dans le décret loi du 8 août 1935.
Pour les eaux thermales, cette notion de protection, qui n’était que quantitative est
même apparue beaucoup plus tôt, en 1864. Cependant, l’instauration des périmètres
de protection qui concerne tous les points de prélèvement destinés à prélever de l’eau
potable destinée au public (eaux souterraines et eaux superficielles) n’est devenue
obligatoire qu’en application des lois du 64-1245 du 16 décembre 1964 et du 3 janvier
1992 codifiées dans le Code de la Santé Publique et le Code de l’Environnement.

Le décret du 15 décembre 1967 et les textes qui l'ont suivi instituent pour chaque
captage trois périmètres de protection définis comme suit par ces textes :
- article L 1321-2 du Code de la Santé Publique : « En vue d’assurer la protection
de la qualité des eaux, l’acte portant déclaration d’utilité publique des travaux de
prélèvement d’eau destinée à l’alimentation des collectivités humaines détermine
autour du point de prélèvement un périmètre de protection immédiate dont les
terrains sont à acquérir en pleine propriété, un périmètre de protection rapprochée à
l’intérieur duquel peuvent être interdits ou réglementés toutes activités et tous
dépôts ou installations de nature à nuire directement ou indirectement à la qualité
des eaux et, le cas échéant, un périmètre de protection éloignée à l’intérieur duquel
peuvent être réglementés les activités, installations et dépôts ci-dessus visés » ;
- circulaire en date du 24/07/1990, relative à la mise en place des périmètres de
protection, présente ces actions comme « une protection complémentaire dont
l’objectif est de préserver les points de prélèvement des risques de pollution
provenant des activités exercées à proximité ». Cette circulaire préconise de mettre
en place un programme qui aura pour vocations principales de :
· de délimiter les secteurs des aires d'alimentation ou des bassins versants, où
une application particulière de la réglementation générale concernant la
protection des eaux devra être réalisée ;
· de préciser les modalités de son application, et notamment de sa prise en
compte au niveau des documents d'urbanisme prévisionnels et des autorisations
et actes relatifs à l'utilisation des sols ;
· d'assurer, pour un même aquifère, la cohérence des prescriptions édictées à
l'intérieur des périmètres de protection ;
· de définir les actions de formation et de sensibilisation à destination des
responsables d'activités pouvant être notamment à l'origine de pollution diffuse ;
· de coordonner et de renforcer dans ces zones les actions de contrôle des
différents services de l'État, dont les services chargés de la police des eaux, des

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 15


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

installations classées pour la protection de l'environnement et du contrôle des


règles d'hygiène. Le service du Ministère chargé de la Santé est spécialement
désigné, au titre du Code de la Santé Publique, pour exercer le contrôle de
l'application des mesures prises dans le cadre de l'établissement des périmètres
de protection.
Il faut aussi signaler la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé
publique qui facilite la maîtrise foncière, simplifie la procédure en supprimant
l’obligation de publication des servitudes aux hypothèques et permet à la collectivité
d’utiliser son droit de préemption urbain afin d’acquérir plus facilement les terrains.

2.2. LES OBJECTIFS DES PERIMETRES DE PROTECTION DES


CAPTAGES D’EAU DESTINEE A LA CONSOMMATION HUMAINE

Le rôle des périmètres de protection des captages d’eau destinée à la


consommation humaine consiste à renforcer la règlementation générale en
matière de protection des eaux dans l’environnement des captages, de façon à
assurer la pérennité de la qualité des eaux distribuées et à garantir la santé
publique. Cependant, ils ne constituent pas un instrument unique pour assurer
la protection de la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, celle-
ci étant aussi prise en compte par d’autres dispositions réglementaires.

Ainsi, la circulaire du 24 juillet 1990, relative à la mise en place des périmètres de


protection, les présente comme « une protection complémentaire dont l’objectif est de
préserver les points de prélèvement des risques de pollution provenant des activités
exercées à proximité ».

Le rôle dévolu aux périmètres de protection est défini par rapport à des objectifs
de protection de la santé publique avec des dispositions réglementaires
correspondantes justifiées et cohérentes qui vont au delà de la réglementation
générale applicable.

Il faut y distinguer, d’une part, les risques sanitaires pris en compte par l’instauration
des périmètres de protection et, d’autre part, les préoccupations de maintien et
d’amélioration de la qualité générale de l’eau.

Le premier objectif de l’instauration des périmètres consiste à protéger ces


captages des pollutions de proximité, directes et immédiates de type accidentel.
Cette protection est mise en place uniquement au titre de la préservation de la
santé publique.

La réflexion sur l'étendue des périmètres et les prescriptions à adopter doivent


également intégrer la mise en place de traitements adaptés et la surveillance de la
qualité de l'eau, dispositifs qui viennent compléter l’instauration des périmètres,
notamment pour les captages très directement en relation avec les eaux superficielles

16 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

(captages en nappe alluviale d’accompagnement, en milieu karstique, en eau


superficielle).

L'outil périmètre n'est pas, sauf cas très particulier, l'outil adapté pour lutter
contre les pollutions diffuses, notamment de type agricole. Il n' en reste pas
moins qu'une fois les limites des périmètres définies sur la base de
considérations de temps de transfert de pollutions ponctuelles et accidentelles
jusqu'au captage, il peut être opportun de réglementer l'utilisation des pesticides
dans ces périmètres en complément et en cohérence avec les mesures prises ou
à prendre dans l'aire d'
alimentation.

Par contre, l'utilisation de tout produit et notamment des pesticides et des


nutriments doit, dans tous les cas, être interdite dans le périmètre de protection
immédiate.

En effet, les mesures visant à réduire ce type d’apports à l’intérieur des seuls
périmètres de protection peuvent avoir un effet limité, sur la qualité des eaux de
l’aquifère, dans la mesure où les sources d’émission touchent souvent une plus grande
partie de l’aquifère. Cependant, l’impact pourra être concret sur la qualité de l’eau
obtenue aux captages concernés par la définition des périmètres de protection.
Réglementer l'apport de nutriments et de produits phytosanitaires dans un périmètre
de protection rapprochée pourra donc être utile mais souvent insuffisant. D'autres
outils de protection plus globale de l'aquifère devront être activés, indépendamment de
la procédure de protection du captage.

Il existe ainsi une complémentarité entre les procédures réglementaires de protection


des captages et les démarches plus générales de préservation des ressources en eau
souterraine, découlant notamment de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE). Celle-ci
engage chaque État - membre de l’Union Européenne à parvenir, à l’horizon 2015, à
un «bon état écologique des eaux» et fixe aussi un objectif de non détérioration des
ressources en eau en définissant, à cette fin, des stratégies particulières à mettre en
place pour lutter contre la pollution toxique, ainsi que pour prévenir et contrôler la
pollution des eaux souterraines.
La protection des eaux distribuées pour l’alimentation en eau potable bénéficie
ainsi de plusieurs outils réglementaires et techniques que sont:
- les démarches de protection globale de la ressource en eau (loi sur l’eau, DCE) ;
- les démarches spécifiques pouvant être menées dans les zones d'alimentation des
captages (lutte contre les pollutions diffuses) ;
- les périmètres de protection ;
- l'aménagement des captages ;
- les traitements.

Par ailleurs, la notion de captage naturellement protégé, qui mériterait d’être définie
de manière plus précise avec des critères quantitatifs ou au moins qualitatifs, a été
introduite par l‘article L1321-2 du Code de la Santé Publique, qui permet de n’instaurer

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 17


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

qu’un périmètre de protection immédiate. Lorsque les conditions hydrologiques et


hydrogéologiques permettent d'assurer efficacement la préservation de la qualité de
l'eau par des mesures de protection limitées au voisinage immédiat du captage, l'acte
portant déclaration d'utilité publique peut n'instaurer qu'un périmètre de protection
immédiate.

2.3. LES MODALITES DE LA PROTECTION DES CAPTAGES D’EAU


DESTINEE A LA CONSOMMATION HUMAINE

Trois périmètres peuvent être établis autour des points de prélèvement en eau
destinée à l’alimentation de collectivités publiques.

La notion de périmètres de protection concerne uniquement les captages


publics.

Pour les captages privés, l’impossibilité de bénéficier de l’utilité publique ne permet pas
l’instauration de périmètres de protection. Ne peuvent être imposées que des mesures
de protection sur des terrains dont le bénéficiaire de l'autorisation doit avoir la maîtrise
foncière ou disposer de servitudes de droit privé instaurées par acte notarié.

La délimitation de ces périmètres de protection est basée, d’une part, sur des
critères hydrogéologiques qui permettent de justifier l’étendue de ces
périmètres et, d’autre part, sur des critères environnementaux. Le contexte
hydrogéologique doit constituer la base des justifications pour les prescriptions
à mettre en place, dans un but de conserver la qualité de l’eau exploitée au niveau du
captage.

Les trois périmètres se déclinent en :


- un périmètre de protection immédiate. Il a pour fonction d’empêcher la
détérioration des ouvrages de prélèvement et d’interdire toute introduction
directe de substances polluantes dans l’eau prélevée. Il correspond à la
proximité immédiate du captage. Il est obligatoirement acquis par le maître
d’ouvrage, sauf exception (convention d’occupation des terrains dans des cas très
particuliers) et doit être clôturé, sauf dérogation prévue par l’acte déclaratif d’utilité
publique. A l’intérieur de ce périmètre, toutes activités, installations et dépôts y sont
interdits, en dehors de ceux qui sont explicitement autorisés par l’acte déclaratif
d’utilité publique. Ces derniers ne peuvent alors correspondre qu’aux activités ayant
un rapport direct avec l’exploitation des captages, dans la mesure où leur présence
ne crée pas une menace pour la qualité de l’eau. Ainsi, toute activité non
nécessaire à l’exploitation et à l’entretien des captages est interdite, y compris
les activités qui ne sont pas susceptibles d’affecter la qualité de l’eau
(antennes de téléphonie par exemple). Il faut noter que des périmètres satellites
de protection immédiate peuvent être instaurés, notamment pour les captages
en aquifères karstiques, autour des zones d’infiltration directe dans le réservoir,
c'est-à-dire les gouffres, les bétoires, les avens,… et dont la relation directe avec le
captage concerné a été démontrée.

18 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- un périmètre de protection rapprochée. Il a pour but de protéger efficacement


les captages vis-à-vis de la migration souterraine des substances polluantes. Son
étendue dépend des caractéristiques de l'aquifère (nature des formations
constituant le réservoir, nature et épaisseur des éventuelles formations de
couverture, épaisseur de la zone non saturée), de la vulnérabilité de la nappe et
des débits d’exploitation. Les prescriptions retenues dans ce périmètre, qui
vont au delà de l'application de la réglementation générale, entraînent
l’instauration de servitudes applicables, vérifiables, et contrôlables par le
bénéficiaire de l'autorisation et les services de l'Etat. Le périmètre de protection
rapprochée est représenté par la zone de transition entre le captage et le reste de
l’aquifère, où s’applique la réglementation générale. Ce périmètre va donc délimiter
une zone à l’intérieur de laquelle une certaine autoépuration, variable selon le type
d'aquifère, est possible ;

Actuellement, en ce qui concerne la protection des captages, la tendance qui se


dégage consiste à considérer que les périmètres de protection rapprochée
constituent la zone intermédiaire entre le captage et le reste de l’aquifère sur
lequel s’applique la réglementation générale. L’instauration des périmètres est
complétée selon la vulnérabilité de l'aquifère par la mise en place de systèmes
d’alerte (avec éventuellement réseau de surveillance) et de dispositifs de
traitement. Les périmètres de protection rapprochée peuvent être de taille plus
réduite, avec des contraintes plus fortes.

- un périmètre de protection éloignée. Il n’a pas de caractère obligatoire. Ce


périmètre correspond le plus souvent à tout ou partie de l’aire d’alimentation de
l’ouvrage et permet d’attirer l’attention (des services [priorisation d'action], des
maîtres d'ouvrages, des bureaux d'études, des organismes de secours, des
financeurs [priorisation]) sur les activités existantes et futures qui ne doivent pas
porter préjudice à la qualité des eaux souterraines. Il est également utile de le
définir dans des contextes d’aquifères karstiques et plus généralement pour
les captages sollicitant des aquifères hétérogènes et complexes. Le périmètre
de protection éloignée peut ainsi prolonger le périmètre de protection
rapprochée pour renforcer la protection contre les pollutions. Il n'a pas
vocation à entraîner la création de servitudes faute de quoi, les terrains
concernés relèveraient du périmètre de protection rapprochée.

En résumé, les périmètres de protection peuvent être hiérarchisés de la façon


suivante :
- le périmètre de protection immédiate et le bon aménagement des captages
préservent ceux-ci des risques d’introduction directe de polluants dans l’ouvrage de
prélèvement ou à sa proximité ;
- le périmètre de protection rapprochée est destiné à préserver la qualité des
eaux captées d’une dégradation de la qualité liée à une pollution ponctuelle et/ou
accidentelle (et non pas diffuse) ;

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 19


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- le périmètre de protection éloignée est essentiellement destiné à attirer


l'attention sur la présence d'une ressource captée pour l'alimentation en eau potable
et donc sur l’obligation de vigilance.

2.4. LE ROLE DE L’HYDROGEOLOGUE AGREE

La mission de l’hydrogéologue agréé consiste à donner un avis sur la protection


des eaux captées sur la base d’un dossier préparatoire. Cet avis constituera un
élément essentiel du dossier de demande d’autorisation d’exploiter au titre du
Code de la Santé Publique.

L’avis de l’hydrogéologue agréé se base notamment sur les éléments qui lui ont été
fournis dans le dossier préparatoire.

L’hydrogéologue agréé formule un avis :


- en toute indépendance et toute impartialité, l’avis étant fondé sur des
considérations hydrogéologiques et environnementales. Il doit cependant
évaluer la possibilité de mettre en place les mesures préconisées avec réalisme en
terme de gestion du territoire. Il peut donc être amené à conclure à
l’impossibilité d’assurer la protection du captage, si les actions qu’il serait
nécessaire d’engager peuvent s’avérer inapplicables techniquement et/ou
financièrement ou remettre en cause l'utilité publique d'utilisation du captage ;
- sous la forme d’un rapport écrit, établi au vu des informations contenues dans le
dossier préparatoire qui lui a été communiqué, de ses connaissances, des
observations qu’il a pu réaliser notamment lors de la ou des visites de terrain et de
l’interprétation de l’ensemble de ces données, y compris les résultats d’analyses de
première adduction et de toutes autres analyses.

Cet avis ne doit pas être confondu avec l’étude hydrogéologique réalisée à
l’initiative du promoteur du projet dans le but d’acquérir les données
nécessaires à l’instruction du dossier.

Pour fournir son avis, l’hydrogéologue agréé s’appuie donc sur le dossier
préparatoire qui lui a été fourni et qui doit contenir les informations nécessaires. Si le
débit est supérieur à 8 m3/h, le dossier préparatoire doit contenir une étude préalable.
Le contenu de cette étude est fixé par l’arrêté ministériel du 20 juin 2007 relatif à la
constitution des dossiers mentionnés aux articles R 1321-6 à R 1321-12 et R 1321-42
du Code de la Santé Publique.

Si au cours de sa mission, l’hydrogéologue agréé estime que les informations


techniques contenues dans le dossier préparatoire sont insuffisantes pour lui
permettre de se prononcer, il lui appartient d’établir un rapport préliminaire

20 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

préconisant des études complémentaires à réaliser par le demandeur en


resituant sa demande par rapport au contenu du dossier préparatoire.

Il peut aussi préciser, par exemple lors de la visite des lieux, que les conditions
hydrogéologiques et environnementales sont incompatibles avec la protection
du captage et donner un avis négatif sur la poursuite soit des recherches d’eau,
soit de l’utilisation du captage, si la ressource ne lui semble pas protégeable, ou
si la protection peut induire des contraintes insupportables pour la collectivité.

Le service instructeur peut adapter les propositions de servitudes et peut reprendre la


formulation de celles-ci. A noter que dans les deux départements du Gard et de
l’Hérault, il ne modifie pas les limites des périmètres. Celles-ci peuvent cependant être
revues et modulées lors de la consultation administrative (enquête publique et Conseil
Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques –
CoDERST- [ex CDH]) sous justification et après consultation de l’hydrogéologue agréé
pour les adaptations importantes.

2.5. LA VULNERABILITE DES EAUX SOUTERRAINES

La vulnérabilité des eaux souterraines correspond à une insuffisance de


protection ou de défense naturelle des aquifères contre des menaces de
pollution, en fonction des conditions hydrogéologiques locales.

La sensibilité à la pollution d’un site de captage dépend de différents facteurs


qui conditionnent l’évolution, dans le temps et l’espace, d’un panache de
pollution susceptible d’atteindre le captage. Les pollutions cheminent
verticalement dans la zone non saturée jusqu’à l’atteinte de la nappe. Ensuite, la
migration se fait en partie horizontalement, en fonction du sens de circulation de
l’eau souterraine, mais aussi verticalement pour les solvants denses notamment.
Ce cheminement dépend :
- de la nature et de l’épaisseur de la zone non saturée ;
- des mécanismes de transfert hydraulique du polluant qui ont en général un effet
prépondérant sur le temps de migration ;
- des phénomènes susceptibles d’abattre ou de transformer la charge polluante au
cours du trajet effectué entre la source de pollution et le captage ;
- de l’efficacité d’actions anthropiques pouvant éventuellement être mises en œuvre
pour limiter la progression de la pollution qui peut migrer horizontalement et
verticalement.

Deux critères principaux sont pris en compte pour la mise en place des
périmètres de protection : la vulnérabilité intrinsèque du milieu et la vulnérabilité
spécifique ou induite, voire pression polluante :

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 21


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- La vulnérabilité naturelle ou intrinsèque d’un aquifère peut être définie


comme l’aptitude de celui-ci à se laisser atteindre par une contamination. Elle
se définit comme un défaut de protection ou de défense naturelle de l'aquifère
contre des pollutions, en fonction des conditions hydrogéologiques locales.
Elle dépend notamment des caractéristiques des milieux naturels, c'est-à-
dire :
· des caractéristiques topographiques, notamment l’importance des pentes ;
· de la couverture représentée par la végétation, le sol et le sous sol dans la zone
non saturée, ce qui détermine la plus ou moins grande facilité d’accès jusqu’au
réservoir ;
· des caractéristiques géologiques des formations constituant le réservoir, de la
texture de ces formations, leur nature, leur structure.
- La vulnérabilité spécifique, anthropique ou pression polluante est
caractérisée par la source et le vecteur de pollution :
· la source tient compte du type de polluant, de sa toxicité, de sa concentration et
de son volume ;
· le vecteur, qui dépend de la perméabilité intrinsèque, permet la migration de la
pollution.

Les risques de pollution correspondent aux activités pouvant entraîner une


contamination de la ressource en eau. On distingue classiquement les pollutions
localisées souvent accidentelles et les pollutions diffuses.

L’eau constitue le principal vecteur de toute contamination dans le sol et le sous sol.
Celle-ci peut être présente naturellement de manière pérenne ou temporaire (cours
d’eau, plans d’eau, fossés, mares, lacs, étangs,…). Des modifications d’écoulement
des eaux (fort ruissellement, submersion,…) peuvent avoir un impact sur l’évolution de
toute pollution.
Par ailleurs, des actions visant à modifier la nature, la texture ou l’épaisseur des
formations de recouvrement peuvent changer considérablement les mécanismes de
transfert. On peut citer par exemple les actions suivantes qui peuvent favoriser
l’accélération du transfert des pollutions :
- la diminution de l’épaisseur des sols, ou de la zone non saturée, comme lors de la
réalisation de décapage, de tranchées, de travaux souterrains ;
- le creusement de cavités, d’excavations ;
- le remplacement de la couverture naturelle semi perméable par des matériaux plus
perméables ;
- la diminution des pentes, ce qui augmente les possibilités d’infiltration ;
- l’apport d’eau en surface (zone inondable), ou eau d’irrigation, ce qui va favoriser le
transfert vertical vers la nappe ;
- les modifications de l’occupation des sols.

22 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Il faut encore rappeler que les phénomènes qui interviennent dans le transport par
l’eau d’une substance sont de type conservatif (répartition de la substance dans le
réservoir sans en modifier la masse), ou non conservatif (transformation ou
modification de la substance en cours de transport).

2.6. LES DIFFERENTS NIVEAUX DE PROTECTION DE LA RESSOURCE


La protection doit intervenir à deux niveaux qui apparaissent a priori bien distincts,
mais qui sont cependant complémentaires. Il s’agit de :
- la préservation de la ressource en eau qui s’intéresse à une échelle globale
(réservoir, aire d’alimentation). Les actions engagées dans ce sens visent la
préservation à long terme du milieu aquatique et ont plutôt pour cible les pollutions
diffuses susceptibles d’affecter la qualité de ces eaux ;
- la protection des captages qui est focalisée sur la préservation de la qualité de
l’eau exploitée sur les sites de prélèvement. Les mesures conservatoires prises
dans ce cadre traduisent une préoccupation d’ordre sanitaire. Les périmètres de
protection visent à maintenir au captage une qualité d’eau compatible avec la
production d'eau potable. Ils s'inscrivent dans l’objectif global de santé publique. Le
but final est de délivrer au robinet du consommateur une eau répondant aux normes
de potabilité que la législation impose. La loi sur l’eau et les milieux aquatiques
promulguée le 30 décembre 2006 traduit aussi une volonté de protection du captage
au niveau de son bassin d’alimentation.

2.7. LES RISQUES DE POLLUTION


Les risques de contamination des eaux souterraines (illustration 1) exploitées par les
captages d’EDCH sont liés aux différentes activités susceptibles d’exister sur la zone
d’alimentation, mais aussi au niveau même de l’ouvrage. Ainsi, une pénétration directe
du polluant peut se produire dans l’environnement immédiat du captage.
A noter que dans les départements du Gard et de l’Hérault, beaucoup de
contaminations sont liées à des ruissellements lors d’épisodes pluvieux
violents, sans que les ouvrages soient vraiment situés en zones inondables.
La pénétration d’une substance polluante jusqu’aux captages peut donc se faire
de plusieurs manières :
- par introduction directe au niveau des ouvrages. C’est d’abord
l’aménagement du captage et ensuite l’instauration du périmètre de protection
immédiate qui doivent empêcher ce risque ;
- par introduction via des orifices naturels mettant en communication la
surface avec les eaux souterraines. Des substances polluantes peuvent rejoindre
assez directement l’eau de la nappe. Cela est notamment le cas par l’intermédiaire
d’avens ou de manifestations karstiques en liaison directe avec le plan d’eau de la
nappe ;

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 23


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- de manière indirecte avec la pénétration dans le sol, puis dans la zone non
saturée, et enfin la propagation vers le captage.

Les sources de pollution potentielles ou constatées sont nombreuses (illustration 1):


sites et sols pollués, installations classées pour la protection de l’environnement
(ICPE), friches industrielles, zones urbanisées, industrielles ou commerciales, centres
de stockage de déchets, rejets d’eaux usées, voies de communication, urbanisation,
stockage d’hydrocarbures et de tout produit polluant, agriculture, élevage, puits et
forages,….

Les vecteurs qui interviennent dans la propagation de la pollution sont multiples :


principales voies de communication (autoroutes, voies ferrées, routes, canaux)
écoulements de surface (ruissellement, réseau hydrographique), crues en zones
inondables, drains, cavités et forages. De plus, certaines actions visant à diminuer,
voire supprimer la protection de surface par décapages, creusements, excavations
peuvent augmenter les risques de contamination des eaux souterraines.

illustration 1 : Les différents risques de pollution des eaux souterraines

Une partie notable des départements du Gard et de l’Hérault cumule une forte
vulnérabilité des eaux souterraines et une pression polluante potentielle moyenne à
forte, d’où un risque important de pollution des eaux souterraines.

2.8. DONNEES NECESSAIRES A LA DEFINITION DES PERIMETRES DE


PROTECTION (CONTENU DU DOSSIER PREPARATOIRE)

Il est nécessaire que la collectivité fournisse un dossier préparatoire à


l’hydrogéologue agréé.

24 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

L'élaboration du dossier préparatoire nécessite au moins les actions préalables


suivantes à mener par le maître d’ouvrage :
- faire le point sur l’organisation générale de l’alimentation en eau de la collectivité ;
- bien estimer les besoins permettant de définir le débit sollicité ;
- réaliser une ou des analyses de première adduction ;
- réaliser une étude préalable à confier à un bureau d'études spécialisé, afin de
connaître le contexte hydrogéologique, la productivité de l’ouvrage et estimer
l’incidence du prélèvement sur la ressource en eau (notamment pour les captages
dont le débit de prélèvement est supérieur à 8 m3/h) ;
- faire une évaluation des risques de dégradation de la qualité de l’eau. Cette
évaluation est fondée sur un inventaire des sources de pollutions ponctuelles et
diffuses et sur une hiérarchisation des risques à prendre en considération pour la
protection des captages d'eau. L'inventaire concerne l'étendue maximale de l'aire
d'influence ou d'alimentation du captage ; il peut être succinct dans le cas de nappe
captive ou d'environnement très favorable;
- établir des plans ou des croquis du captage ;
- reporter sur plan cadastral les installations existantes et le tracé du périmètre de
protection immédiate pressenti, ce qui nécessite souvent l’intervention d’un
géomètre.

L’hydrogéologue agréé peut être amené à demander des éléments


complémentaires s’il le juge nécessaire.

Le dossier préparatoire doit contenir les éléments suivants :


2.8.1. Renseignements relatifs à l’alimentation en eau de la collectivité :
- A. Présentation de la collectivité concernée, importance de la population
permanente et saisonnière (actuelle et évolution possible à 5, 15 et 30 ans par
exemple) ; ...
- B. Estimation quantitative des besoins en eau actuels et prévisibles, pour la
consommation humaine, animale, et industrielle (m3/h, m3/j et m3/an), qu’il s’agisse
des besoins actuels et prévisibles à un horizon relativement lointain pour éviter
d'avoir à refaire la procédure trop souvent (20 à 30 ans par exemple) ;
- C. Situation du captage dans le contexte général d’alimentation en eau de la
collectivité, ressources actuellement disponibles ;
- D. Justification de l’intérêt de l’utilisation du captage concerné par la demande,
en précisant que son exploitation est nécessaire pour desservir la collectivité ;
- E. Modalités prévues de mise en œuvre du projet : mise en exploitation du
captage de reconnaissance, création d’un ou plusieurs nouveaux captages ;
- F. Evaluation du débit horaire, ainsi que des volumes journaliers et annuels
moyens et en pointe qui seront exploités sur le captage concerné par la demande.
L’indication des besoins de pointe est indispensable, afin que les limites des

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 25


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

périmètres soient déterminées pour ces valeurs. Pour les sources, il est nécessaire
de mettre en adéquation le volume d’eau que le maître d’ouvrage envisage d’utiliser
avec le débit d’étiage.

2.8.2. Renseignements relatifs à la ressource en eau sollicitée :


Ces renseignements sont détaillés en fonction du débit d’exploitation envisagé,
afin de distinguer les cas où une étude préalable doit être obligatoirement
fournie pour les captages destinés à être exploités à plus de 8 m3/h.

A. Ouvrages avec débit d’exploitation supérieur à 8 m3/h. Dans ce cas, l’étude


préalable réglementaire doit porter sur les caractéristiques géologiques et
hydrogéologiques du secteur aquifère concerné ou sur les caractéristiques du bassin
versant, ainsi que sur la vulnérabilité de la ressource et les mesures de protection à
mettre en place et comportant notamment :

- La caractérisation de la ressource
· Dans le cas des eaux souterraines, les caractéristiques géologiques et
hydrogéologiques du secteur aquifère concerné, ainsi que les caractéristiques
hydrodynamiques de la ressource (à partir des essais de pompage) avec en
particulier et si possible les éléments suivants :
o stratigraphie, lithologie, épaisseur, extension dans l’espace de la
formation captée ;
o coupe géologique synthétique ;
o conditions de réalisation et résultats des essais de pompage et des
éventuels traçages ;
o perméabilité et emmagasinement de la formation aquifère captée, les
essais de pompage étant primordiaux, afin de caractériser le milieu pour
en appécier la vulnérabilité ;
o position du toit de l’aquifère par rapport au sol, épaisseur de la zone
non saturée, niveau de la nappe sous le sol et fluctuations
saisonnières ;
o sens d’écoulement des eaux souterraines et indication de toute
modification éventuelle suivant les différents régimes (hautes,
moyennes et basses eaux) et en régime statique et dynamique au
niveau du captage ;
o alimentation du réservoir dans l’environnement du captage et
conditions aux limites, c'
est-à-dire appréciation de la réalimentation par
un cours d’eau, plan d’eau, (estimation du colmatage des berges et du
fond en précisant leur variabilité dans l’espace et aussi dans le temps,
car une crue peut modifier le colmatage), canaux, gravières, autres
réservoirs superposés ou contigus, drainances avec des aquifères sus
ou sous jacents ;

26 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

o évaluation de la zone d’influence du captage (zone dans laquelle les


niveaux d’eau sont influencés, c'est-à-dire rabattus par le pompage), du
cône d’appel (partie de la zone d’influence d’où provient l’eau captée
par l’ouvrage en cause et où l’ensemble des lignes de courant se dirige
vers le puits ou le forage en pompage), de l’aire d’alimentation (zone
correspondant à la zone d’appel du captage prolongée en amont jusqu’à
la limite du système aquifère), ainsi que la position des isochrones et
donc du temps de transfert, lorsque l’on se localise dans les formations
à porosité d’interstices. La méthode d’évaluation (estimation par
analogie, mesures ponctuelles, étude plus généralisée, modélisation) de
l’extension de cette zone d’influence doit être indiquée dans ce dossier
préparatoire, avec le degré de précision de cette détermination.
L’hydrogéologue agréé appréciera si cette définition est
suffisante ;
o évaluation de la fiabilité de l’ensemble des informations fournies et
notamment, quant au colmatage des berges et à la réalimentation par
un plan d’eau superficielle et au sens d’écoulement, aux traçages, ou à
la perméabilité des formations de couverture éventuelles. Il est
nécessaire de fournir la méthode d’évaluation (appréciation subjective,
ou méthode plus élaborée, voire modélisation). Une appréciation doit
être formulée quant à la validité des données.
· Dans le cas des eaux superficielles, les caractéristiques hydrologiques du
bassin versant et l'estimation des vitesses de transfert en cas de déversement
en périodes de crue et d'étiage.

- L'appréciation de la vulnérabilité intrinsèque de la ressource, dans le cas des


eaux souterraines et des eaux superficielles, notamment les conditions de
protection naturelle, en fonction des :
· caractéristiques du réservoir (nature,localisation, perméabilité des formations
aquifères) ;
· caractéristiques (nature, épaisseur, perméabilité, évolution dans l’espace) des
formations de recouvrement et de leur aptitude à retenir des matières
polluantes ;
· caractéristiques de l’écoulement des eaux souterraines, avec le sens
d’écoulement de la nappe et le gradient en fonction des caractéristiques
hydrodynamiques, c' est-à-dire la piézométrie (ou simplement le sens
d’écoulement avec l’indication du gradient), transmissivité, porosité efficace,
perméabilité, coefficient d’emmagasinement. Ces informations porteront sur
l’environnement du captage, mais aussi sur l’espace plus éloigné, en précisant
l’hétérogénéité dans l’espace, notamment dans l’emprise prévisionnelle du
périmètre de protection rapprochée ;
· nature géologique et pédologique de la couverture ;
· échanges entre réservoirs aquifères (de surface et souterrain).

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 27


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

B. Captages destinés à exploiter un débit de moins de 8m3/h,


Pour les captages destinés à être exploités à un débit inférieur à 8m3/h, le dossier
préparatoire doit fournir les éléments disponibles sur les mêmes items (caractérisation
de la ressource, vulnérabilité intrinsèque, sources de pollution potentielle de l’aquifère
sollicité, qualité de l’eau) énoncés ci-dessus. Cependant, il s’agit de constituer le
dossier préalable avec les éléments existants, sans investigations complémentaires.
Dans ce cas (débit d’exploitation inférieur à 8 m3/h), le dossier préparatoire pour de tels
captages se résume à l’assemblage de données déjà acquises, notamment en ce qui
concerne les caractéristiques hydrogéologiquies et hydrodynamiques de l’aquifère
sollicité par le captage (carte géologique et hydrogéologique, bibliographie
existante,…). La réalisation d’étude spécifique ne s’impose pas.
Il est cependant nécessaire que les données indispensables à la définition des
périmètres de protection soient indiquées avec plus ou moins de précision (en fonction
du milieu et des risques potentiels de contamination), dont notamment le sens de
circulation de l’eau souterraine, une estimation du gradient hydraulique et la présence
éventuelle d’une formation de couverture (nature, épaissseur) de l’aquifère sollicité.

2.8.3. Inventaire sommaire des sources potentielles de pollution et


analyse des moyens mis en œuvre ou à mettre en œuvre pour en limiter
l’impact

Dans les limites de la zone définie par le bureau d’études chargé d’élaborer le dossier
préparatoire, en concertation éventuelle avec l’hydrogéologue, cet inventaire doit
porter sur les activités actuelles et futures connues.

En fait, l’inventaire fourni à l'hydrogéologue agréé doit être suffisamment précis,


et daté (voir circulaire ministérielle DGS/EA4/2007/259 du 26 juin 2007),
notamment pour la cartographie des sources éventuelles de pollution. Cet
inventaire doit permettre à l'hydrogéologue agréé d'apprécier les possibilités de
protection et de fixer des principes d'aménagement pour les installations
existantes, voire futures qui pourraient le nécessiter.

Au moment du dépôt officiel du dossier, l’inventaire peut nécessiter des


précisions et une actualisation par rapport à celui qui a été fourni à
l’hydrogéologue agréé. Les principes d'aménagement fixés par l'hydrogéologue
agréé sont déclinés pour chaque installation ou type d’installation.

Cet inventaire doit porter sur les activités existantes, ainsi que les anciennes
installations non actives et dont les séquelles peuvent avoir, ou ont encore, un impact
sur la qualité du milieu aquatique. De même, les modifications d’occupation des sols
envisagées doivent être prises en compte. Cet inventaire doit porter notamment (liste
non exhaustive) sur :
- les activités domestiques : recensement des habitations, assainissements
individuels, assainissements collectifs et canalisations de transport (réseaux

28 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

séparatifs et/ou unitaires, état des réseaux, type de traitement et efficacité, points de
rejet des eaux traitées, devenir des boues), cuves à fuel et leur état ;
- les axes de transport : recensement des infrastructures routières et ferroviaires,
gestion des eaux pluviales associées (collecte, stockage, traitement) ;
- les activités industrielles et artisanales : inventaire des établissements soumis à
déclaration et à autorisation relevant de la réglementation relative aux installations
classées pour la protection de l’environnement (ICPE), type d’activités, produits
polluants utilisés, points de rejet des effluents, position des canalisations de
transport, toxicité, quantités stockées ;
- les activités agricoles : inventaire de l’occupation des sols (types de cultures),
recensement et importance des bâtiments agricoles (notamment classement au titre
des installations classées pour la protection de l’environnement), état des stockages
et de l’épandage des effluents organiques (lisier, purin, fumier) ;
- les activités forestières : principaux types de peuplement, exploitation (Office
National des Forêts [ONF] ou privé), modes de gestion, sites de stockage de bois
avec traitement éventuel ;
- les activités diverses susceptibles de polluer les ressources en eau : décharges
de toute nature (type de déchets et importance), cimetières, sites d’extractions de
matériaux et minerais (gravières et carrières classées en ICPE, mines) et des
résidus et stériles ;
- les puits et forages privés et publics et notamment les ouvrages abandonnés en
précisant leur équipement en tête d’ouvrage (position de l’orifice par rapport au sol
et par rapport à la cote maximale des eaux superficielles en crue) le risque
d’introduction d’eaux de ruissellement lors des épisodes pluvieux violents, les
risques pour l’aquifère capté en fonction de l’état de ces ouvrages et de leur
équipement ;
- le zonage du ou des documents d’urbanisme concernés (existants et projetés)
dans cette zone d’étude.
De plus, cette évaluation des risques doit être, si possible, accompagnée de leur
hiérarchisation pour leur prise en considération dans le cadre de la protection des
captages.
Cet inventaire des risques sera ultérieurement actualisé et complété pour le
dossier de DUP.

2.8.4. Eléments relatifs à la qualité de l’eau captée


Concernant la qualité de l’eau, le dossier doit contenir les éléments suivants :
- mesures et analyses plus ou moins complètes réalisées durant les travaux de
recherche d’eau et de réalisation des captages ;
- analyses de première adduction ;

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 29


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- résultats du contrôle sanitaire pour les captages existants (synthèse disponible à


la DDASS) ;
- banque de données ADES, site : http://www.ades.eaufrance.fr/ ;
- suivis divers, dont éventuellement l’autocontrôle et des analyses isotopiques
permettant de préciser la zone d’alimentation, les relations avec le milieu aquatique
superficiel, ou encore les drainances et les échanges avec les aquifères latéraux.

2.8.5. Renseignements relatifs à l’ouvrage de prélèvement :

Concernant l’ouvrage de prélèvement, les données suivantes sont à fournir dans le


dossier préparatoire :
- nom(s) du ou des points de captage ;
- localisation du captage : commune d’implantation et coordonnées Lambert II
étendu et Lambert III, avec nécessité de donner la méthode d’obtention de ces
coordonnées (GPS, lecture sur carte IGN, déduction d’un SIG,…), altitude du sol
naturel (estimé ou nivelé), zone inondable éventuelle avec hauteur des plus hautes
eaux connues ;
- caractéristiques du ou des ouvrages de captage :
· forage et puits : profondeur, niveau d’eau statique (évolutions extrêmes suivant
la recharge de l’aquifère) et dynamique, position de la tête du captage par
rapport au sol et par rapport aux cotes des plus hautes eaux de surface
connues, tubage avec diamètre, profondeur, nature (parties pleines et
crépinées), cimentation de l’espace annulaire avec les cotes des cimentations,
aménagements périphériques de protection ;
· source : origine(s) de l’eau émergente, description du captage et de la chambre
de réception des eaux, fonctionnement hydraulique, état des ouvrages, descriptif
précis des drains (longueur, orientation, profondeur sous le sol)…,
· puits à drains rayonnants : profondeur, niveau d’eau statique (évolutions
extrêmes suivant la recharge de l’aquifère) et dynamiques, caractéristiques des
drains, aménagements périphériques de protection…,
· prises d’eaux superficielles : aménagements… ;
- environnement immédiat des ouvrages : entretien de la végétation, clôture,
points particuliers de pollution de l’eau aux abords proches (notamment vis à vis des
eaux de ruissellement), vulnérabilité aux ruissellements lors de fortes pluies,
situation éventuelle en zone inondable, cote des plus hautes eaux ;
- régime d’exploitation maximum demandé : débit maximum instantané, journalier
et annuel ;
- modalités prévues de mise en œuvre du projet : mise en exploitation du captage
de reconnaissance, création d’un ou de plusieurs nouveaux captages ;
- localisation dans une zone à réglementation particulière (forêts, ...)

30 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

2.8.6. Pièces graphiques

Les pièces graphiques suivantes doivent être jointes au dossier préparatoire :


- plan de situation à une échelle adaptée permettant de localiser le(s) captage(s)
sur carte IGN à l’échelle 1/25 000 et sur plan cadastral à une échelle compatible
avec la lecture des numéros de parcelles et avec localisation (longueur, direction,
profondeur sous le sol) de l’extension des drains éventuels ;
- plan de masse sur la base d’un levé de terrain sur fond cadastral à une échelle
adaptée représentant :
· l’ouvrage de captage, y compris les drains et arrivées d’eau pour les sources et
puits à drains rayonnants ;
· les dispositifs de protection déjà existants : évacuation des eaux de
ruissellement, emplacement de la clôture, etc ;
· la limite de la zone inondable éventuelle ;
· le tracé des colatures dans l’environnement proche de l’ouvrage pour les
captages en eau superficielle ;
- coupe géologique schématique avec localisation du (des) captage (s) ;
- carte piézométrique (si possible), ou tout au moins le sens d’écoulement reporté
sur extrait de carte ;
- schéma sommaire représentatif du fonctionnement de l’aquifère (plan ou coupe si
possible) ;
- coupe technique cotée de l’ouvrage avec les éléments suivants selon le type de
captage :
· forage : tête de forage, tubage, cimentation, aménagement périphérique de
protection si déjà réalisé, niveau d’eau, etc.,
· source : griffon, alimentation de la source, drains, chambre(s) de réception…,
· puits à drains rayonnants : puits, margelle, drains, niveau d’eau.
- documents permettant à l’hydrogéologue agréé de tracer les périmètres de
protection qu’il propose en tenant compte des parcelles existantes et des règles
d’urbanisme s’y appliquant :
· cartographie des sources potentielles de pollution ;
· délimitation du bassin versant si nécessaire ;
· extraits des documents d’urbanisme des communes concernées par la
délimitation géographique des études préalables : plan au 1/2 000 ou 1/2 500 et
au 1/10 000 accompagné des zones concernées ;
· plan cadastral (de préférence format A4) de la zone pressentie pour le périmètre
de protection immédiate (PPI) sur lequel sont reportés les installations
existantes, la clôture éventuelle, les accès et éventuellement les autres
installations n’ayant pas de rapport avec l’alimentation en eau potable ;
· plan cadastral assemblé (de préférence format A3 ou A4) de la zone du
périmètre de protection rapprochée (PPR). A cet effet, l’hydrogéologue agréé

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 31


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

aura fourni au maître d’ouvrage, dès qu’il aura été en mesure de le faire, la zone
pressentie pour le PPR sur fond au 1/25 000.

2.9. L'AVIS DE L’HYDROGEOLOGUE AGREE

Sur la base d’un dossier préparatoire fourni par la collectivité et de leurs


connaissances d’experts, la mission qui incombe aux hydrogéologues agréés
dans le cadre de la mise en place de la protection des captages alimentant en
eau potable les collectivités publiques consiste à :
- émettre un avis sur les disponibilités en eau,
- définir l’étendue des périmètres de protection,
- proposer les mesures de protection et les préconisations à mettre en place à
l’intérieur de ces périmètres de protection.

2.9.1. Les disponibilités en eau

L’hydrogéologue agréé, sur la base des éléments qui lui sont fournis dans le
dossier préparatoire, valide des débits potentiels horaires, journaliers et annuels
d’exploitation de l’ouvrage. Les valeurs retenues doivent tenir compte des
besoins exprimés par la collectivité dans le dossier préparatoire. Par exemple,
même si le captage peut fournir 100 m3/h et si les besoins à l’échéance 2015 et à
terme (20 à 30 ans) de la collectivité sont limités à 50 m3/h et 1 000 m3/j, les débits et
les volumes validés seront limités à 50 m3/h et 1 000 m3/j ;

L’hydrogéologue agréé doit préciser si le débit et le volume de pointe demandés


sont compatibles avec les caractéristiques techniques de l’ouvrage et celles de
l’aquifère.

Pour les captages destinés à être exploités à un débit supérieur à 8 m3/h et donc
pour lesquels une étude préalable à l’avis sanitaire a été réalisée, les informations
suivantes doivent être analysées par l’hydrogéologue agréé :
- pour les puits et forages, les résultats des essais de pompage. Ceux-ci doivent
permettre l’évaluation du débit critique de l’ouvrage (tributaire des pertes de charges
linéaires liées à la formation et des pertes de charges quadratiques dépendant des
conditions de réalisation du captage) lors des tests par paliers de débits croissants.
Mais les données essentielles correspondent à celles fournies lors de l’essai de
pompage de longue durée permettant d’appréhender les conditions aux limites
(limites d’alimentation, limites étanches,…). Il sera nécessaire de vérifier la réserve
disponible, en particulier dans le karst, où les débits pompés peuvent être très
importants même en absence de réserve conséquente. Le rabattement résiduel, en
fin de remontée après le pompage, devra être pris en compte dans l’interprétation.
Des simulations d’exploitation peuvent être sollicitées ;

32 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- pour les sources, les chroniques ou mesures ponctuelles de débits replacées dans
le cycle hydrologique.
A partir de l’analyse de ces documents, l’hydrogéologue agréé doit donc se prononcer
sur l’aptitude du captage à fournir les débits et volumes sollicités.

Les résultats des essais de pompage et surtout leur interprétation fournie dans
le dossier préparatoire sont analysés par l’hydrogéologue agréé. Par contre, il
n’a pas pour mission d’interpréter directement ces essais. En effet, sa mission
consiste seulement à donner un avis critique sur les résultats des essais et sur
l’adéquation entre le débit exploitable et le besoin exprimé par la collectivité.

Pour les captages devant être exploités à un débit inférieur à 8 m3/h, donc non
soumis obligatoirement à la réalisation d’une étude préalable, l’hydrogéologue agréé
doit donner son avis sur la capacité de l’ouvrage à couvrir les besoins demandés. Cela
doit s’appuyer :
- pour les puits et forages, sur des mesures ponctuelles de productivité de l’ouvrage
(couple débit / rabattement), voire des données relatives à un essai de pompage de
longue durée ou d’essais par paliers ;
- pour les sources, sur les connaissances locales et sur les mesures ponctuelles
ayant pu être réalisées par la collectivité ou son mandataire.
Quel que soit le débit d’exploitation envisagé, l’hydrogéologue agréé peut solliciter
une étude ou tout au moins des éléments techniques complémentaires qui lui
permettront de valider éventuellement les valeurs de débit horaire et de volume
journalier sollicité.

Le document d’incidence, nécessaire lorsque le captage relève également de la


nomenclature "eau" du Code de l'Environnement, peut aussi être exploité, s’il est établi
avant que l’hydrogéologue ne formule son rapport. L’hydrogéologue agréé valide le
débit d’exploitation de l’ouvrage en fonction de l’ensemble des éléments mis à sa
disposition. Mais il n’a pas à se prononcer sur l’incidence du prélèvement sur le
milieu aquatique (eau souterraine et eau superficielle). L’évaluation de cette
incidence relève du service de police de l'eau au titre du Code de l’Environnement.

Au stade du rapport de l’hydrogéologue agréé, il importe donc de préciser que


l’avis ne préjuge pas de l'acceptation de l'incidence du prélèvement sur la
gestion globale de la ressource.

Toutefois, pour éviter une discordance entre le débit pris en compte pour définir les
limites des périmètres de protection et celui qui sera finalement autorisé, il est utile
que l'hydrogéologue agréé puisse avoir connaissance, en amont de son avis, du
débit exploitable au regard de l'incidence du prélèvement pour les prélèvements
supérieurs aux seuils de déclaration des articles L 214-1 à L 214-3 du Code de
l’Environnement, notamment lorsque des enjeux de gestion existent (relations directes
et rapides entre l’aquifère et un cours d’eau, existence d'un plan de gestion de la
ressource …).

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 33


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

A noter que le débit d'exploitation qui sera autorisé par l'arrêté préfectoral de DUP
prendra en compte :
- le débit validé par l'hydrogéologue en fonction du débit exploitable et des besoins
de la collectivité ;
- le débit validé par le service de police de l'eau en fonction de l'incidence du
prélèvement sur la gestion globale de la ressource.

2.9.2. L’étendue des périmètres de protection

La notion de périmètres de protection concerne uniquement les captages


publics.

L’avis de l’hydrogéologue agréé est uniquement fondé sur des considérations


d’ordre hydrogéologique et sur les conditions d’exploitation de l’ouvrage.
L’étendue des périmètres de protection n’a pas, théoriquement, à s’adapter aux
conditions environnementales, ni aux critères économiques.

Par contre, l'évaluation fournie par le maître d'ouvrage relative aux risques de
dégradation de la qualité de l'eau va permettre à l'hydrogéologue agréé de
préciser les dispositions à prendre concernant les activités existantes à
l'intérieur du périmètre de protection qu'il aura défini et justifié sur des critères
hydrogéologiques. Dans certains cas, cette évaluation le conduira à déclarer le
captage non protégeable, compte tenu de sa vulnérabilité intrinsèque et de son
environnement, ou si les mesures de protection apparaissent disproportionnées.

Pour définir les périmètres de protection des captages, il faut notamment tenir compte
pour les ouvrages exploités par pompage de (illustration 2) :
- l’aire d’alimentation du captage (AAC) qui correspond à la partie de la nappe qui
alimente le captage. Elle peut éventuellement être assimilée au périmètre de
protection éloignée ;
- le bassin d’alimentation du captage (BAC), correspondant à l’extension en
surface de la portion de la nappe éventuellement étendue aux zones de bordure
et/ou diminuées des zones imperméables. Le BAC peut être plus vaste que l’AAC
en particulier pour les systèmes karstiques binaires comprenant un aquifère
karstique et un bassin de surface drainé par des pertes. A l’inverse, l’AAC peut être
de dimension plus réduite que le BAC si la nappe est captive ;
- la zone d’influence du captage, correspondant à la zone dans laquelle les
niveaux d’eau sont influencés, c'est-à-dire rabattus par le pompage ;
- la zone d’appel du captage, correspondant à la partie de la zone d’où provient
l’eau captée par l’ouvrage considéré. Dans cette zone, toutes les lignes de courant
se dirigent vers le puits ou le forage en pompage. Elle est comprise dans l’aire
d’alimentation du captage.

34 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Pour les ouvrages exploités sans pompage, notamment les sources dans la plupart
des cas, il est nécessaire de connaître l‘aire d’alimentation de ces ouvrages. La
surface de celui-ci peut être appréhendée à partir d’un bilan hydrogéologique faisant
intervenir le débit du captage, la pluie efficace et la surface d’impluvium. Il faut noter
que pour les sources, l’instrumentaion peut en être coûteuse, dans la mesure où cela
nécessite un suivi durant un cycle hydrologique.
De manière générale, la partie de l’aquifère qui alimente le captage dépend de critères
structuraux et hydrodynamiques.
Dans le schéma de principe (illustration 2), les isochrones sont données à titre
indicatif. Dans ce cas, la limite du périmètre de protection rapprochée correspond à la
position de l’isochrone 50 jours. Cependant, ce principe, valable dans les milieux
sédimentaires homogènes, à perméabilité d’interstices, ne doit pas être retenu dans
toutes les circonstances.

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 35


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

ligne de partage
des eaux
superficielles

Aire d’alimentation du captage


ligne de partage
des eaux
souterraines
Extension du P.P.R.

illustration 2 :Schémas distinguant la zone d’appel, la zone d’influence et l’aire d’alimentation


d’un captage (AAC) en nappe alluviale homogène (d’après le « manuels et méthodes n° 33 ».
Editions du BRGM. « Périmètres de protection des captages d’eau souterraine destinée à la
consommation humaine »).

36 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

2.9.2.1. Le périmètre de protection immédiate (PPI)

Le périmètre de protection immédiate doit couvrir au minimum le captage et ses


annexes (drains, galeries, bâti de protection, dalle bétonnée,…), ainsi que les
installations nécessaires à l’exploitation de l’ouvrage, si elles sont à proximité de
celui-ci. Il doit en outre permettre un accès aux infrastructures pour toutes les
personnes chargées du maintien et de la surveillance, mais aussi à la mise en place du
matériel de reconditionnement de l’ouvrage (notamment matériel de forage). Ce
périmètre doit, dans la mesure du possible, correspondre à des limites parcellaires. La
taille de ce périmètre est liée à son objectif de protection immédiate.

Si nécessaire, il fait l’objet éventuellement d’un découpage parcellaire, après bornage.


Des périmètres de protection immédiate satellites peuvent être définis si
nécessaire.

2.9.2.2. Le périmètre de protection rapprochée (PPR)

Le périmètre de protection rapprochée a pour but de protéger efficacement le


captage vis-à-vis de la migration souterraine des substances polluantes. Il
constitue une zone tampon autour du captage dans laquelle va s'appliquer une
réglementation spécifique complémentaire à la réglementation générale qui
s'applique au reste du territoire. Les critères de délimitation de ce périmètre sont
basés sur les paramètres hydrogéologiques locaux et sur les conditions
d’exploitation de l’ouvrage.

L’étendue du périmètre de protection rapprochée intègre tout ou partie de la


zone d'appel du captage, et doit être calculée de manière à assurer un temps de
transfert des pollutions accidentelles et ponctuelles jusqu’au captage
suffisamment long pour que puisse être déclenchée l’alerte et que les mesures
soient prises pour stopper la contamination, voire modifier ou arrêter le
fonctionnement de l’ouvrage en cause.

La réglementation ne précise pas la valeur à prendre en compte pour ce temps


de transfert. Il est souvent utilisé une valeur de 50 jours qui correspond au
temps estimé pour éliminer une pollution bactériologique cheminant vers le
captage.

On estime qu’après 50 jours de circulation dans la zone saturée de l’aquifère à porosité


d’interstices, la plupart des germes sont éliminés. Cette valeur doit cependant être
modulée en fonction de la nature de la formation. Elle est acceptable dans des

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 37


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

matériaux avec une matrice sableuse, mais non adaptée lorsque la porosité augmente,
dans les formations plus grossières sans matrice fine.

Pour les pollutions d’origine chimique, le temps nécessaire à leur atténuation est
encore plus difficile à appréhender. En fait, ce sont surtout les phénomènes de
dispersion qui devraient être pris en compte dans ces cas.

La valeur de 50 jours, issue de la pratique allemande, est donc bien adaptée à certains
milieux poreux fins, mais s’avère inutilisable dans des milieux plus grossiers et surtout
fracturés, les périmètres devenant alors trop vastes pour être économiquement et
techniquement acceptables.

En outre, l’étendue du périmètre de protection rapprochée doit être telle que les
phénomènes de fixation, dégradation et dispersion des substances polluantes
dans les terrains et dans les eaux réduisent les concentrations mesurées au
captage et les maintiennent à un niveau acceptable pour la santé publique. Cette
approche peut être prise en compte si la taille du PPR reste économiquement et
techniquement acceptable.

Pour les milieux plus complexes et les captages très dépendants des eaux
superficielles, le maintien d'une bonne qualité des eaux au robinet du
consommateur doit être assuré non seulement par le périmètre de protection,
mais également par la mise en place de systèmes d'alerte et de protection active,
ainsi que par un traitement de l'eau plus conséquent.

Il peut y avoir plusieurs périmètres satellites et le PPR peut être subdivisé en


plusieurs zones de vulnérabilité, sur lesquelles des prescriptions différentes
pourront être proposées.

L’étendue du périmètre est donc établie sur la base :


- des paramètres hydrogéologiques locaux, dont notamment :
· l’épaisseur et la perméabilité d’un écran éventuel de couverture (pouvoir
protecteur et épurateur du recouvrement),
· la nature, la perméabilité et la position des formations aquifères, la vitesse
d’écoulement, l’épaisseur de la zone non saturée notamment en hautes eaux,
· les relations potentielles avec les eaux superficielles,
· les conditions aux limites (limites étanches, limites de réalimentaion,…),
· la vulnérabilité globale du système.

Ces paramètres conditionnent le temps de transfert, c'est-à-dire le temps


nécessaire à un polluant pour se déplacer d’un point d’entrée dans la nappe
jusqu’au captage. Il faut aussi tenir compte du temps de transfert dans la zone non
saturée jusqu’au niveau de la nappe, si la contamination se fait à la surface du sol.
- des analyses de l’eau. L'examen des analyses disponibles permettra à
l'hydrogéologue agréé d'éclairer son raisonnement et de péciser les risques de

38 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

modifications de la qualité de l’eau captée, comme par exemple la turbidité en


milieux karstiques, notamment en période de fortes précipitations. L’hydrogéologue
agréé précisera si des fluctuations saisonnières et des risques de dépassement des
limites de qualité sur l’eau brute peuvent occasionnellement être observées ;
- des débits horaires, journaliers et annuels de pointe que l'hydrogéologue
agréé a validés (voir chapitre 2.9.1). Les débits de pointe sont donc pris en compte
dans cette définition. Par contre, il ne paraît pas opportun de tenir compte de
pointes exceptionnelles liées à des évènements ponctuels, tels que la défaillance
momentanée (panne du dispositif de pompage) d’un autre captage desservant la
collectivité et pouvant nécessiter très provisoirement l’exploitation plus importante
de l’ouvrage en cause, si les capacités du captage le permettent. Les
dépassements de débits autorisés doivent être limités à moins de 48 heures et
ne peuvent correspondre qu’aux délais nécessaires à la maîtrise des
évènements exceptionnels.

En tout état de cause, le rayon d’influence est fonction de la durée de pompage


maximum journalière et des paramètres hydrodynamique de l'aquifère (transmissivité,
coefficient d’emmagasinement). L’exploitation du captage ne doit pas mettre l’aquifère
en déséquilibre de manière généralisée. Cependant, il peut être admis que
l’exploitation du captage se fasse sur une durée pouvant aller jusqu’à 20 heures par
jour et sans que le niveau de l’eau à la reprise de l’exploitation soit revenu au niveau
initial. Des déséquilibres momentanés, voire saisonniers sont acceptables, sous
réserve d’en définir les conséquences et de s’assurer que les différentes recharges
liées à la pluviométrie viennent effacer les baisses de charge constatées durant les
périodes de forte exploitation.

Dans la plupart des cas, les limites des périmètres de protection et notamment
celles du périmètre de protection rapprochée dépendront des débits et volumes
prélevés, qui sont calés sur les besoins exprimés par la collectivité. Il est donc
tout à fait nécessaire que ceux-ci soient exprimés correctement dans le dossier
préparatoire.

Pour les sources, à l’exception de celles faisant l’objet d’une exploitation par
pompage sous la cote de débordement (conditions assimilables à celles des puits et
forages), l’étendue des périmètres de protection rapprochée et éloignée ne
dépend pas des débits prélevés et donc des besoins de la collectivité. Seules les
caractéristiques de l’aquifère et le débit naturel de l’ouvrage sont à prendre en compte
pour délimiter les périmètres. Les seules données relatives au débit des sources
permettent alors d’appréhender l’extension de l’aire d’alimentation de l’ouvrage. A
noter toutefois que la collectivité ne sera pas autorisée à détourner à son profit plus
d'eau que ses besoins le nécessitent. De même le débit d'étiage sera pris en compte
pour définir le débit exploitable.

Les limites des périmètres de protection rapprochée ne sont pas fixées en fonction des
sources potentielles de pollution existantes sur l’aire d’alimentation du captage. Ainsi,
les limites du périmètre de protection rapprochée sont relativement
indépendantes des activités existantes ou futures sur l’aire d’alimentation de
l’ouvrage.

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 39


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

2.9.2.3. Le périmètre de protection éloignée (PPE)

Le périmètre de protection éloignée correspond théoriquement à la totalité de


l’aire (ou zone) d’alimentation de l’ouvrage et permet d’attirer l’attention sur la
présence d'une ressource captée pour l'alimentation en eau potable et donc sur la
nécessité de vigilance pour que les activités existantes et futures ne portent pas
préjudice à la qualité des eaux souterraines captées.

Sa définition repose sur la délimitation de l’aire d’alimentation du captage à l’intérieur


de laquelle les lignes de courant sont orientées vers l’ouvrage utilisé. L’hydrogéologue
agréé exploite les mêmes données que celles utilisées dans la définition du périmètre
de protection rapprochée.

Selon le type d'aquifère (eaux de surface, nappe alluviale en liaison rapide avec
les cours d'eau, karst…), l’étendue des aires d’alimentation des captages peut
être importante. Dans ce cas, le périmètre de protection éloignée ne recouvre
pas obligatoirement la totalité de ces aires, mais est plus limité dans l’espace,
avec en parallèle la mise en place d’un dispositif d’alerte complémentaire et d'un
traitement adapté.

2.9.3. Les prescriptions dans les périmètres de protection

Les prescriptions proposées par l’hydrogéologue agréé doivent être


systématiquement justifiées, en fonction des enjeux de protection. En outre,
elles doivent être vérifiables et contrôlables par le bénéficiaire de l'autorisation
et les services de l'Etat. Ces prescriptions doivent être cohérentes avec le
système de traitement mis ou à mettre en place et peuvent être complétées par
un dispositif d'alerte, et éventuellement un réseau de surveillance, en fonction de
la vulnérabilité des eaux captées.

Ces prescriptions sont définies en fonction, d’une part, des caractéristiques


géologiques et hydrogéologiques, notamment la vulnérabilité du secteur aquifère
concerné et, d’autre part, de l'évaluation des risques de dégradation de la qualité de
l'eau. Elles doivent non seulement tenir compte de l’occupation actuelle des sols, mais
également de toute évolution potentielle des activités à l’intérieur des périmètres de
protection.

Il est nécessaire, pour anticiper l’avenir, d’imposer des prescriptions sur


d'éventuelles activités, même si l’occupation actuelle des sols n’induit pas ou
peu de risques de pollution.

40 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

L’hydrogéologue agréé doit s’interroger sur l’utilité et le réalisme des


propositions de prescriptions qu’il émet, afin qu’elles puissent être appliquées, y
compris selon l’évolution des conditions d’occupation des sols.

Si les préconisations sont disproportionnées par rapport à l’intérêt d’exploiter le


captage, il est alors préférable que l’hydrogéologue agréé conclue à
l’impossibilité de protéger l’ouvrage.

Dans le périmètre de protection rapprochée, les prescriptions qui vont au-delà


de la réglementation générale créent des servitudes qui ne sont plus
obligatoirement inscrites aux hypothèques. Cependant, il subsiste la possibilité de
les inscrire.

Le décret n° 2006-570 du 17/05/2006 précise qu’un extrait de l’acte portant déclaration


d’utilité publique des travaux de prélèvement d’eau destinée à la consommation
humaine est adressé par le bénéficiaire des servitudes à chaque propriétaire intéressé,
afin de l’informer des servitudes qui grèvent son terrain. L'acte est ensuite conservé en
mairie pour mise à la disposition du public. Il est intégré dans les documents
d'urbanisme des communes concernées par l’étendue de ces périmètres de protection.

2.9.3.1 Prescriptions dans le périmètre de protection immédiate (PPI)


Le périmètre de protection immédiate a pour vocation de protéger les ouvrages
des dégradations et d’interdire l’introduction d’eau de surface dans l’ouvrage.
Les aménagements possibles à l’intérieur du périmètre de protection immédiate
sont limités exclusivement aux activités liées à l’exploitation et à l’entretien de
l’ouvrage et de ses annexes (station de pompage).
Quel que soit le type d’ouvrage, l’hydrogéologue agréé doit se prononcer sur les
points suivants :
- la clôture, la partie clôturée devant couvrir, sauf rare exception à justifier, la totalité
du périmètre de protection immédiate. Ses caractéristiques (hauteur, portail fermé à
clé) doivent empêcher l’intrusion par des tiers. Une attention doit être portée sur les
puits à drains rayonnants et les sources. Le périmètre de protection immédiate doit
obligatoirement couvrir au minimum l’extension des drains et galeries. Les
caractéristiques de la clôture du périmètre de protection immédiate peuvent être
adaptées, en spécifiant les raisons (zones inondables, terrains très pentus, falaises,
prises d’eau en rivière à régime torrentiel) qui peuvent exceptionnellement justifier
de ne pas imposer cette clôture ;
- les caractéristiques de l’infrastructure protégeant la tête d’ouvrage (puits ou
forage), ou les caractéristiques de la chambre de collecte des eaux (source,
galerie drainante), c'est-à-dire le type de bâti, les modalités de fermeture (type,
position, étanchéité), la position des grilles d’aération, la position de la tête de puits
ou du forage par rapport au sol en tenant compte du niveau des plus hautes eaux
connues (PHEC) sur le site, le dispositif éventuel de surveillance des niveaux d’eau
ou d’autres paramètres, le dispositif de comptage des débits et volumes. Ces

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 41


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

aménagements doivent protéger efficacement la ressource en eau de toute


dégradation par apport direct et doivent interdire la pénétration d’eau de
ruissellement, d’insectes, d’animaux ou encore, de manière générale, de tout ce qui
pourrait avoir un impact négatif sur la qualité de l’eau captée ;
- les aménagements destinés à empêcher l' introduction d'eaux superficielles
dans le captage. L’hydrogéologue agréé doit proposer des aménagements visant à
la mise hors d’atteinte du captage par les eaux de surface. Il doit proposer la
cimentation, en tête d’ouvrage, par une dalle bétonnée sur une surface de 2 m de
rayon au minimum, centrée sur le captage. Cette dalle doit présenter une pente
orientée vers l’extérieur, afin de détourner les eaux pluviales en direction opposée
au captage. Des prescriptions visant à relever l’orifice de l’ouvrage peuvent être
formulées en zone inondable. Il est nécessaire que la tête du captage soit située à
0,50 m au dessus des cotes de plus hautes eaux connues (PHEC). En cas
d’impossibilité de mise hors d’atteinte de l’orifice du captage par les eaux
superficielles en crue, la réalisation d’une tête d’ouvrage submersible peut
exceptionnellement être proposée. Dans ce cas, des dispositions rigoureuses de
maintenance de l’ouvrage devront être préconisées. Les équipements annexes au
captage (armoire électrique, unité de traitement …) devront être positionnés en
dehors de la zone inondable ;
- la cimentation de l’espace annulaire ou à défaut au dessus des plus hautes eaux
connues (PHEC) pour les puits et forages avec position et cote extrême de la
cimentation et occlusion hermétique du raccord dalle bétonnée - tubage ;
- les aménagements pour assurer l’entretien et la maintenance de l’ouvrage ;
- les équipements divers existants à l’intérieur du périmètre de protection
immédiate et notamment les pylônes électriques qui doivent être sortis du PPI. En
cas d'impossibilité, il est nécessaire qu’une convention soit passée entre le titulaire
de l'autorisation et le gestionnaire de la ligne électrique pour l’accés à ces pylônes.
Le déplacement des pylônes existants sera différé en l'attente de travaux structurels
sur la ligne ;
- les équipements de surveillance (robinet de prélèvement, tube guide pour
mesures de niveau d’eau, capteur enregistreur du niveau de l’eau,…) ;
- la conservation éventuelle des piézomètres et des éventuels forages de
reconnaissance existant dans le périmètre de protection immédiate.
L’hydrogéologue agréé doit préciser les modalités de leur conservation ou de leur
suppression, ainsi que les aménagements devant être réalisés ;
- l’entretien de la surface des sols, en dehors du captage et des installations
annexes. L’hydrogéologue agréé doit préciser les conditions d’entretien de cet
espace avec la nécessité d’un nivellement du sol, afin d’éviter la stagnation d’eau
superficielle. Il doit aussi interdire l’usage des fertilisants et des pesticides, ainsi que
les végétaux à fort développement racinaire à proximité de l’ouvrage ;
- les aménagements éventuels à envisager pour les activités situées en limite
du périmètre de protection immédiate (voies de communication, fossés, cours
d’eau ou canaux, détournement des eaux de ruissellement,...) ;

42 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- l’accès au captage et au périmètre de protection immédiate. L’accès doit être


soit public, soit propriété du maître d’ouvrage du captage, soit faire l’objet de
servitude de passage, attestée par acte notarié, au bénéfice du propriétaire du
captage. Cette servitude d’accès doit être mentionnée dans l’arrêté de Déclaration
d’Utilité Publique.

2.9.3.2. Prescriptions dans le périmètre de protection rapprochée (PPR)

C'est dans ce périmètre que l'on va pouvoir interdire ou réglementer les activités
susceptibles de contaminer les eaux captées.

Dans le périmètre de protection rapprochée, l’hydrogéologue agréé va proposer


des prescriptions qui vont au-delà de la réglementation générale et qui, de ce
fait, vont créer des servitudes devant être applicables, vérifiables, et
contrôlables par le bénéficiaire de l'autorisation et par les services de l'Etat. Ces
prescriptions peuvent aller jusqu’à l’interdiction de certaines activités. Un
périmètre de protection rapprochée dont aucune prescription ne créerait de
servitude n'aurait pas de justification.

Rappel : Le périmètre de protection rapprochée constitue une zone intermédiaire entre


le captage et le reste de l’aquifère sur lequel s’applique la réglementation générale.
L’instauration de ce périmètre est complétée selon la vulnérabilité de l'aquifère par la
mise en place de systèmes d’alerte (avec éventuellement un réseau de surveillance) et
de dispositifs de traitement.

Il peut être préconisé que la taille du périmètre de protection rapprochée soit


plus réduite, mais que des prescriptions à imposer à l’intérieur de celui-ci soient
plus contraignantes.

Afin de proposer des prescriptions, qui doivent s’adapter aux conditions


géologiques, hydrogéologiques et environnementales, il est indispensable de
lister les enjeux de la protection et les implications que ceux-ci engendrent.

Toutes les activités (existantes ou susceptibles d’exister), si elles sont


concernées par ces enjeux, feront l'objet de prescriptions. L'expérience montre en
effet que l'utilisation des territoires évolue rapidement dans les deux départements du
Gard et de l'Hérault. Il convient donc que l'hydrogéologue anticipe sur l'avenir sans se
laisser trop influencer par l'occupation actuelle des terrains. Ces différentes activités
peuvent avoir un impact plus ou moins marqué sur la ressource en eau souterraine,
notamment en terme de qualité.

Ainsi, en fonction des enjeux de protection, des mesures spécifiques plus ou


moins contraignantes peuvent être mises en œuvre. De façon générale, les
enjeux de protection peuvent être regroupés de la façon suivante :

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 43


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

1. conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection : terrassements, tranchées,


fouilles, excavations, réalisation de cimetières, inhumations en terrain privé dans
des proportions mettant en jeu l’intégrité de l’aquifère ou de sa couverture ;
2. conserver les potentialités de l'aquifère (débits exploitables et conditions
d’écoulement) : création et modifications de plans d’eau (berges, fond, fossés,
seuils et barrages, drainage, gravières et carrières, réalimentaion de nappe, puits
et forages ;
ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et d’autres
eaux (eaux superficielles et autres nappes) : puits et forages privés, sondages
de reconnaissance, piézomètres, puisards de réinjection. Des préconisations
spécifiques particulières peuvent être proposées au cas par cas, notamment sur
les aménagements en secteurs inondables dans le périmètre de protection
rapprochée à proximité du périmètre de protection immédiate, afin de maintenir
l’intégrité des aménagements dans ce PPI. Ces préconisations pourront porter sur
le détournement des eaux de ruissellement, la réalisation d’enrochements
4. éviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une source de
pollution : centres de traitement et de transit de déchets et d’effluents,
déchetteries, dépôts de matériaux, rejets liés à l’implantation d’activités artisanales
ou industrielles et stockages de matières dangereuses, assainissements des eaux
usées, rejets d’eaux résiduaires de construction à usage d’habitations,
canalisations de transport de produits potentiellement polluants, ruissellement
pluvial issu des zones urbanisées, d’axes de communication, de parkings, d’aires
de stationnement; stockages de produits potentiellement polluants en surface et
souterrains, y compris les stockages de gaz, infiltrations d’eaux usées, épandages
de boues d’effluents, de fumiers, de produits organiques, constructions et rejets de
serres, création ou modification des bâtiments d’élevage et des annexes,
stabulations, fumières, abreuvoirs destinés au bétail, casses automobiles, aires de
lavage de véhicules, aires de stationnement de véhicules, canalisations
d’hydrocarbures, aires de campings, parcage et pacage des animaux, réinjections
d’eau issues d’un doublet géothermique, sondes géothermiques, création ou
modification de voies de communication et de zones imperméabilisées, transport
de matières dangereuses,…
5. éviter les pollutions accidentelles liées aux pesticides : aires de remplissage
des cuves et lavage des pulvérisateurs, installations de stockage des produits
phytosanitaires et du stockage des déchets de traitement ;
6. limiter les pollutions diffuses : utilisation d’engrais, de produits phytosanitaires
dans l’agriculture, les jardins individuels, le désherbage des espaces publics, des
bas cotés de voies de communication. On se référera aux documenst établis par la
Cellule d’Etude et de Recherche sur la Pollution de l’Eau par les produits
phytosanitaires (CERPE) en Languedoc Roussillon ;

Les tableaux suivants listent, en fonction des différents enjeux de protection, les
types d’activités concernées, les conséquences de celles-ci sur la ressource en
eau et les prescriptions techniques qui pourront alors être proposées en allant
jusqu’à des interdictions, en fonction de l’importance des enjeux de protection.

44 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

AVERTISSEMENT:

Pour toutes les activités listées dans ces tableaux des interdictions seront
préférées à une réglementation dans les cas suivants :
- enjeu de protection élevé,
- réglementation nécessaire à la protection difficile à élaborer ou à mettre en œuvre,
- difficulté de vérifier le respect de la réglementation,
- activité à haut risque compte tenu de la vulnérabilité de la ressource,
- création d'activités peu compatibles avec la protection de captages et pouvant tout
à fait être installées en dehors des PPR (centres de traitement des ordures
ménagères, cimetières, stations d’épuration d’eaux usées domestiques ou
industrielles, stockages de produits polluants,…),
- périmètre de petite taille dans une zone encore préservée pouvant bénéficier d'une
protection contraignante sans préjudice important pour les tiers.

Les activités existantes seront prises en compte. On pourra par exemple


interdire les nouvelles activités et réglementer spécifiquement les activités
existantes. Des dispositions spécifiques pourront être prévues pour les phases
de chantier en cas de création d'
installations ou d'activités autorisées.

Sans préjuger de l'avertissement ci-dessus, l'objet du tableau ci-dessous


consiste plutôt à lister les types de réglementation envisageable pour les
différents enjeux de protection.

Il sera nécessaire de distinguer les prescriptions qui s’appliquent aux activités


existantes et à celles qui seront proposées pour les activités potentielles et
futures. En effet, afin d’assurer la protection des captages, il peut être
nécessaire d’interdire certaines activités qui n’existent pas encore dans le
périmètre de protection rapprochée. Par contre, les installations existantes
pourront être tolérées, sous réserve éventuelle de certains aménagements qui
devront être imposés.

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 45


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités
- Limiter la profondeur et/ou la surface des terrassements
1. Conserver - Terrassements, - Diminution du rôle de
l’intégrité de tranchées, fouilles, protection en surface - Imposer des précautions particulières pour la réalisation des
l’aquifère et sa excavations, réalisation travaux (méthodes de réalisation des trous, localisation des aires
protection de cimetières, - Diminution du temps de chantier,…)
inhumations en terrain de transfert entre la
- Fixer une hauteur minimale entre le toit de la nappe en hautes
privé surface et la nappe
eaux et le fond des excavations
- Source éventuelle de - Préconiser des conditions de remblaiement (type de matériaux)
pollution
- Proposer des préconisations quant à la mise en place de sous
sols ou de fondations pour les constructions quel que soit l’usage
de celles-ci
- Imposer une ou des cotes NGF minimales à ne pas dépasser
- Exploitation des
pour les travaux d’extraction en fonction des cotes de plus hautes
matériaux (mines et
eaux de la nappe
carrières)
- Gérer les matériaux de découverte à replacer en fond
d'excavation à la fin de l'exploitation et préconiser les conditions de
remise en état pour ce qui peut affecter les eaux souterraines
- Préconiser des conditions d’utilisation d’explosifs
- Pieux - Imposer des prescriptions lorsque l’on atteint le niveau de la
nappe, ou interdire les pieux dans les zones les plus sensibles
- Fondations des
éoliennes - Formuler des précautions à prendre pour la réalisation des
sondages de reconnaissance, l'injection des bétons, mesures
conservatoires pendant les travaux (arrêt des pompages pour ne
pas attirer les bétons…)
- Imposer le remblaiement avec des matériaux inertes
- Dans le cas particuliers des éoliennes, penser qu'il faudra faire
des tranchées pour le raccordement sur le réseau

46 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités
- Eviter de modifier l’affectation ou le mode d’occupation des
- Défrichement et Erosion des sols
parcelles
modification de réduisant la couche de
l’occupation des sols surface - Proposer, en milieux boisés, que les coupes soient suivies de
travaux de reboisement dans les meilleurs délais compatibles avec
la gestion de l’ensemble des espaces boisés
- Préconiser la mise en place d'une couverture végétale protectrice
des sols
- Interdire les coupes claires, ce qui évite les préconisations ci-
dessus
- Curage de fossés, de - Suppression de la - Préconiser de ne pas décaper la totalité des matériaux semi-
plans d’eau, de cours couche de protection au perméables assurant la protection de l’aquifère
d’eau fond et sur les côtés
- Préconiser l'enherbement ou la végétalisation des fossés
des fossés
- Création et modifications
- Préconiser de ne pas toucher à l’intégrité des fossés enherbés
de plans d’eau - Modification de
l’écoulement des eaux - Limiter les drainages pouvant avoir un impact sur la ressource en
- Drainage
eau souterraine sollicitée
- Diminution de la
ressource exploitable - Dicter des prescriptions visant à ne pas modifier les berges des
plans d’eau et à conserver un écran (attention cependant aux
conséquences sur la productivité des captages – voir les enjeux
relatifs à la conservation des potentialités de l’aquifère)

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 47


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités
- Modification des - Limiter les profondeurs des excavations
2. Conserver les - Création et modifications
relations entre les eaux
potentialités de de plans d’eau (berges, - Réduire les curages des berges dans les secteurs les plus
superficielles et la
l'aquifère (débits fond, fossés, seuils et sensibles pour les relations entre les eaux superficielles et la
nappe
exploitables et barrages, drainage) nappe
conditions - Erosion régressive ou
- Dicter des préconisations quant au dimensionnement des seuils
d’écoulement) - Dérivation de cours élévation du niveau de
et barrages, à leur situation, ainsi qu’à leur entretien
d’eau, totale ou partielle la nappe si ces
aménagements sont - Favoriser les transferts entre les eaux superficielles et la nappe
- Prélèvements pour situés soit en amont par des curages sélectifs
irrigation écoulement par rapport
au captage, soit en aval
- Diminution de la
ressource et
modification des
niveaux piézométriques
- Modification des
transferts dans la zone
non saturée

- Diminution de la - Limiter la profondeur des exploitations


- Gravières et carrières
ressource
- Imposer des prescriptions visant à la non atteinte du niveau de la
nappe par les extractions et à laisser une certaine épaisseur de
matériaux au dessus du substratum.

- Réalimentation de - Modification de la - Limiter les secteurs où la recharge de nappe est possible


nappes recharge de l’aquifère

48 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités

- Puits, forages - Diminution de la - Limiter la création de nouveaux captages


ressource
- Limiter les prélèvements sur les captages existants

- Puits et forages privés,


3. Ne pas mettre - Mise en - Dicter des préconisations quant aux caractéristiques des
en - Sondages de communication entre la ouvrages : aménagement de protection en surface, conditions de
communication reconnaissance, surface du sol, la nappe réalisation, cimentation de l’espace annulaire entre la surface du
les eaux superficielle et les sol et le sommet des horizons aquifères, afin de ne pas mettre la
- Piézomètres,
souterraines différentes nappes nappe superficielle en communication avec les nappes plus
qualitomètres
captées et interceptées par les profondes et mieux protégées
d’autres eaux, - Puisards de réinjection ouvrages
(eaux - Limiter la profondeur des puisards pour qu'ils n'atteignent pas la
superficielles et nappe captée
autres nappes)
- Réglementer ces puisards, suivant leur localisation par rapport au
captage et suivant la charge polluante des eaux collectées

- Réglementer la qualité des eaux pouvant être réinjectées

- Préconiser de récupérer les eaux extérieures au site et les


4. Eviter la mise - Centres de traitement et - Risques de
lixiviats et de les traiter, afin d’obtenir des caractéristiques
en relation de de transit de déchets et contamination des eaux
acceptables des effluents
l’eau souterraine d’effluents souterraines
captée avec une - Limiter le type de stockage de déchets
source de - Déchetteries
- Limiter leur extension
pollution
- Exploitation et dépôts de - Mettre en place des piézomètres de contrôle
matériaux

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 49


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités

- Rejets liés à - Dicter des préconisations spécifiques selon les types d’activités,
l’implantation d’activités ou les types d’effluents en fonction de la nature des installations
artisanales ou concernées
industrielles et stockage
de matières dangereuses
(solides, liquides)

-Fumières, fosses à
purin...
- Assainissement des - Proposer des conditions d’étanchéité des canalisations de
eaux usées transport de ces effluents et de contrôle par le Service
d’Assainissement Collectif et Non Collectif
- Rejets d’eaux
résiduaires de - Limiter l’importance des stations d’épuration, imposer des
constructions à usage traitements poussés et imposer des rejets à l’extérieur des
d’habitation périmètres de protection rapprochée
- Canalisations - Prévoir des dispositions particulières concernant l'assainissement
transportant des produits non collectif et/ou collectif
potentiellement polluants
- Ouvrages particuliers
(poste de relevage,…)

- Ruissellement pluvial - Préconiser de canaliser ces eaux et de les évacuer à l'extérieur


issu de zones urbanisées, du PPR (ou le plus loin possible à l'aval des captages d’EDCH si
d’axes de communication, impossibilité d’évacuer à l’extérieur du PPR) ou de créer des
de parkings, d’aires de bassins de décantation devant assurer la rétention des flottants, en
stationnement particulier les hydrocarbures ou encore de traiter avant le rejet
- Imposer l'étanchéité de la collecte et/ou du traitement

50 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités
- Préconiser de limiter ces stockages en terme de volumes
- Stockage de produits
admissibles, de conditions visant à la mise hors sol, à la création
potentiellement polluants
de bac de rétention (positionné sur pieds) avec une capacité
en surface et souterrains,
supérieure au volume stocké et de contrôles et vérifications
y compris stockages de
périodiques. Dans les cas les plus sensibles, il peut être imposé
gaz
que ces stockages soient installés sous abris couverts
- Limiter la capacité à 3 000 litres au maximum par habitation pour
les stockages de fuel domestique
- Fractionner les stockages

- Infiltrations d’eaux usées - Réglementer, suivant la localisation par rapport au captage et


suivant la charge polluante des eaux résiduaires

- Epandage de boues, - Limiter ces épandages selon la nature du sol, la position de la


d’effluents, de fumiers, de nappe en hautes eaux, les saisons
produits organiques
(vinasses,…), etc.…
- Limiter la superficie des serres et les traitements, voire les
- Construction et rejet de
interdire
serres
- Pour les serres hors sol, imposer de fonctionner en circuit fermé
pour les eaux d’irrigation véhiculant les engrais et les produits
phytosanitaires avec création de bassin d’évaporation pour les
rejets

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 51


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités

- Création ou modification - Limiter les surfaces de ces installations


des bâtiments d’élevage
et des annexes (fumières, - Préconiser des conditions spécifiques pour les stockages
lisiers,…) d’effluents et les rejets

- Stabulations

- Fumières, abreuvoirs
destinés au bétail

- Préconiser la récupération des effluents et fluides de véhicules


- Casses automobiles,
aires de lavage de - Limiter la taille des activités
véhicules, aires de
stationnement de
véhicules

- Préconiser l’étanchéité des matériaux utilisés pour les


- Canalisations
canalisations et les joints
d’hydrocarbures
- Préconiser une périodicité des contrôles et des diagnostics de
l’étanchéité

- Aires de campings - Préconiser la limitation des surfaces admises

Parcage et pacage des - Limiter la fréquentation du cheptel en Unités de Gros Bétail


animaux (UGB) et notamment dans la partie la plus proche du captage

52 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités
- Limiter ce type d’activités dans les zones sensibles
Réinjection d’eau issue
d’un doublet - Interdire les réinjections dans l’aquifère exploité par le captage
géothermique d’EDCH
- Obligation du respect de l’engagement qualité des foreurs de
Sonde géothermique
sondes géothermiques verticales

Risque de - Préconiser des conditions de réalisation pour les sondages et


Sondages, forages
contamination par des forages non soumis aux prescriptions définies par les arrêtés du
huiles, lubrifiants 11/09/2003 (par exemple, interdire l’utilisation de lubrifiants pour
les sondages « marteau fond de trou », imposer une cimentation
de l’espace annulaire au dessus de la nappe, ne pas capter
plusieurs horizons,…)

- Pollution chronique - Prévoir des aménagements spécifiques quant à la collecte des


- Création ou modification
eaux pluviales de la plateforme et de ses abords (fossé enherbés,
de voies de
- Risque de cunettes, récupération des eaux pluviales, bassin de récupération,
communication et de
contamination décantation et rétention,…)
zones imperméabilisées
accidentelle par des
- Prescrire des aménagements pour retenir les véhicules sur la
hydrocarbures, des
- Transport de matières plateforme en cas d'accident
métaux lourds et autres
dangereuses (TMD)
produits dangereux - Interdire ou limiter l’utilisation des mâchefers d’incinération de
résidus urbains

- Interdire ou limiter la circulation pour les TMD

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 53


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Enjeux de Types d’activités Conséquences pour la Moyens pour réduire l’effet. Prescriptions techniques suivant
protection concernées ressource en eau les enjeux, en deçà de l’interdiction des activités
- Réglementer les aires de remplissage, de lavage des
5. Eviter les - Aires de remplissage - Détection de
pulvérisateurs et de stockage des produits phytosanitaires et
pollutions des cuves et lavage des pesticides dans l’eau et
interdiction possible sur tout le PPR, ou sur des secteurs limités
ponctuelles pulvérisateurs effets sanitaires
liées aux - Des interdictions peuvent aussi être proposées pour la création
pesticides - Installations de stockage ou la réhabilitation de fossés pouvant accélérer significativement
des produits les transferts vers la nappe
phytosanitaires et du
- Mise aux normes pour l’existant, voire déplacement de ces
stockage des déchets de
activités
traitement
- Réglementer ou interdire ces produits si l‘aire d’alimentation du
6 Limiter les Utilisations d’engrais, de
captage est identique au PPR, notamment sur les aquifères
pollutions produits phytosanitaires
vulnérables avec des prescriptions pouvant aller jusqu’à
diffuses dans l’agriculture, les
l’interdiction des cultures, hormis l’agriculture biologique (sans
jardins individuels, le
produits phytosanitaires de synthèse), lorsque l’on trouve
désherbage des espaces
couramment ou avec dépassement de normes, des herbicides,
publics, des bas cotés de
des fongicides, voire des insecticides. Si l’on ne détecte que des
voies de communication
herbicides, c’est l’utilisation de ceux-ci qui sera interdite dans le
et notamment les voies
PPR
ferrées
- Si l‘aire d’alimentation du captage est supérieur au PPR, aucune
prescription particulière ne peut être proposée par l’intermédiaire
de l’instauration de ces périmètres de protection. C’est l’outil relatif
au programme d’action qui sera utilisé
- Proposer des cultures adaptées et des modifications de pratiques
culturales, des aménagements spécifiques (fossés enherbés,…)
- Préconiser des cultures d’hiver limitant la mise à nu des surfaces
durant l’hiver

54 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

2.9.3.3. Prescriptions dans le périmètre de protection éloignée (PPE)

Les prescriptions dans ce périmètre ne doivent pas entraîner la création de


servitudes. Il s'agit plutôt d'attirer l'attention des différents décideurs sur
l'exploitation de la ressource pour l'alimentation en eau potable, sur les risques
que peuvent faire peser ces activités vis-à-vis de la ressource en eau souterraine
et sur la nécessité d'être plus exigeant qu'ailleurs.

De manière générale, les recommandations suivantes peuvent être émises pour


proposer des prescriptions dans le périmètre de protection éloignée :
- dans le cas de projets qui sont soumis à une procédure d’autorisation ou de
déclaration, les documents d’impacts à fournir au titre de la réglementation sur les
installations classées et au titre du code de l’environnement devront faire le point
sur les risques de pollution de l’aquifère capté liés aux projets ;
en règle générale, toute activité nouvelle devra prendre en compte la protection
des ressources en eau souterraine et superficielle de ce secteur dans le cadre de la
réglementation applicable à chaque projet. Sont concernées notamment les
installations existantes pour lesquelles les autorités responsables devront
particulièrement être vigilantes, afin que les réglementations auxquelles sont
assujettis ces types d’installations soient appliquées et les mises en conformité
réalisées ;
- une mention particulière peut être faite pour les risques de pollution en provenance
des installations existantes situées dans le bassin versant des ruisseaux qui
aboutissent à l’amont de la zone de captage ;
une attention peut être demandée pour les rejets résiduaires urbains, les cuves de
stockages d’hydrocarbures, les caves viticoles, les élevages de volailles et les
décharges de déchets non autorisés ;
- les réglementations existantes doivent être scrupuleusement respectées. Mais,
l’instauration du périmètre de protection éloignée ne permet pas d’imposer des
prescriptions particulières, notamment en terme de constructions (canalisations
d’eaux usées, branchements, …). Cependant, l’hydrogéologue agréé peut
demander que l’impact des aménagements soit particulièrement bien pris en
compte dans les documents d’urbanisme affectant ce périmètre ;
- pour les activités liées à l’agriculture, outre l’application des directives de l’Union
Européenne (directive nitrate par exemple), l’hydrogéologue agréé peut attirer
l’attention sur les conditions d’utilisation des fertilisants et pesticides afin de limiter
les pollutions diffuses. Notons aussi qu’en application de la nouvelle loi sur l’eau,
dans des zones délimitées en vue de protéger l’aire d’alimentation d’un captage un
programme d’actions peut être imposé par arrêté préfectoral.

BRGM/RP-55699 – Rapport final La Protection des captages en général 55


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

La création du périmètre de protection éloignée est envisagée seulement dans le


cas où certaines activités pouvant être à l’origine de pollutions importantes et
situées dans l‘aire d’alimentation du captage doivent faire l’objet d’une attention
particulière.

Dans le périmètre de protection éloignée, l’hydrogéologue agréé n’a pas à fixer


la superficie minimale des terrains constructibles.

Le périmètre de protection éloignée prolonge, si nécessaire, le périmètre de


protection rapprochée, afin de renforcer la protection contre les risques de
pollution. Il n'a pas vocation à entraîner la création de servitudes faute de quoi,
les terrains concernés relèveraient du périmètre de protection rapprochée.

56 La Protection des captages en général BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

3. La déclinaison par type d’aquifères

Tout d’abord, la distinction en termes de protection des captages doit se faire


suivant le caractère libre ou captif du réservoir.

Une nappe est captive lorsque sa surface piézométrique se situe au dessus de la limite
supérieure ou toit de la formation qui la contient. Elle est libre dans le cas inverse. Il
faut noter que les aquifères des deux départements du Gard et de l’Hérault peuvent
être tantôt libres, tantôt captifs, en fonction des fluctuations du niveau piézométrique.
Pour les captages situés dans un tel contexte, la situation la moins favorable, en
termes de protection de la ressource en eau, c'est-à-dire en condition de nappe libre,
sera retenue pour définir les périmètres de protection et proposer des prescriptions.

Par ailleurs, dans le cas de la présence de deux nappes libres superposées, la


protection d’un captage sollicitant la nappe la plus profonde devra aussi tenir compte
des paramètres de l’aquifère supérieur (nature lithologique, épaisseur, perméabilité
verticale).

Dans ce document, les distinctions ont été faites selon, d’une part, le caractère libre ou
captif de la nappe et, d’autre part, la nature des formations constituant le réservoir
(alluvions, socle, calcaires karstifiés, autres formations sédimentaires, basaltes).

BRGM/RP-55699 – Rapport final La déclinaison par type d’aquifère 57


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

4. Les nappes libres alluviales

4.1. CARACTERISATION

Les alluvions sont des dépôts arrachés aux sols et terrains des zones amont avec une
granulométrie diverse et transportés par les rivières et les fleuves sur des distances,
qui peuvent être importantes. Lorsque les dépôts se produisent en bordure de cours
d’eau, les alluvions sont dites fluviatiles. Lorsque les alluvions atteignent la mer et se
déposent le long des côtes et des estuaires, elles sont dites fluvio-marines ou marines.
Les alluvions fluviatiles sont généralement graveleuses et/ou sableuses. Les alluvions
marines sont plutôt argileuses.

En fonction de la nature géologique de la formation érodée, ces alluvions auront une


composition différente (siliceuse, calcaire, métamorphique).

Ces formations constituent des réservoirs en eau souterraine contenant des nappes
alluviales. Elles sont généralement en étroite liaison avec les cours d’eau. Cependant,
ces alluvions peuvent en être complètement déconnectées. C’est notamment le cas
des alluvions de terrasses anciennes et des alluvions traversées par des cours d’eau
indépendants.

Dans les départements du Gard et de l’Hérault, les alluvions villafranchiennes de la


Vistrenque, d’une part et de l’espace interfluvial entre le Lez et le Vidourle d’autre part,
sont presque totalement déconnectées des cours d’eau. Il s’agit de deux nappes
exploitées par de nombreux captages d’eau destinée à la consommation humaine
(EDCH), nappes vulnérables en raison d’un recouvrement faible à nul et d’une faible
épaisseur non saturée.

Les lambeaux de terrasses des fleuves côtiers sont aussi déconnectés des cours d’eau
et leurs réserves en eau sont réduites. La position le plus souvent perchée de ces
alluvions en fait de médiocres réservoirs.

En Costières, eu égard à une extension plus développée de ces formations alluviales


de même type que celle de la Vistrenque, mais tectoniquement soulevées, des débits
plus importants peuvent localement être obtenus (secteur de Bellegarde notamment).

Dans les départements du Gard et de l’Hérault, les nappes alluviales en liaison avec
les cours d’eau sont représentées par :
- les alluvions de l’Ardèche, peu représentées dans le département du Gard, à
l’exception du secteur de la confluence avec le Rhône (secteur de Pont Saint Esprit
- Saint Julien de Peyrolas) ;
- les alluvions de la Cèze, avec deux secteurs à dépôts alluvionnaires développés,
c'est-à-dire en aval de Saint Ambroix jusqu’aux gorges calcaires en amont de

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 59


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Tharaux et à la confluence avec le Rhône. Dans la partie amont, (secteur de


Bessèges en particulier), l’extension latérale de ces alluvions est très réduite ;
- les alluvions du Rhône qui représentent un des plus importants aquifères de la
région ;
- les alluvions du Vidourle, qui se développent essentiellement en aval de Lunel et
qui se confondent alors avec les formations villafranchiennes de la Vistrenque d’une
part et de Mauguio - Lunel d’autre part. En amont de Sommières, ces alluvions du
Vidourle peuvent avoir, très localement, une extension apte à la création de
captages d’EDCH, comme à Quissac ;
- les alluvions du Lez, qui contiennent une nappe de moins en moins sollicitée pour
l’alimentation en eau potable ;
- les alluvions de l’Hérault qui constituent, après le système karstique du Lez,
l’aquifère le plus sollicité dans le département de l’Hérault. Il faut aussi y inclure les
alluvions des affluents que sont la Lergue et la Thongue ;
- les alluvions du Libron de minime importance ;
- les alluvions de l’Orb avec une nappe exploitée pour l’EDCH uniquement en amont
de Béziers, jusqu’à Murviel et Cazouls les Béziers et aussi dans le secteur de
Lamalou les Bains, Hérépian.

En général, ces nappes alluviales sont libres. Elles peuvent devenir semi-captives à
captives (en raison d’un recouvrement limoneux) dans la partie inférieure des ces
vallées et notamment pour l’Orb en aval de Béziers (pas de captages d’EDCH
actuellement) et pour l’Hérault en aval de l’A9, Les alluvions du Rhône sont captives
notamment à partir de Villeneuve les Avignon et surtout Beaucaire.

4.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES EN NAPPES


ALLUVIALES

Les risques de contamination de l’eau sollicitée par les captages en nappes


alluviales sont importants, en raison, d’une part, de l’activité humaine
généralement développée sur ces milieux, qu’il s’agisse d’urbanisation, ou de pratiques
culturales et, d’autre part, des conditions géologiques et hydrogéologiques. Dans
ces nappes superficielles, dont la couverture est le plus souvent faible ou nulle,
la protection naturelle reste souvent limitée. Il est donc nécessaire de veiller au
maximum à conserver cette protection si faible soit elle.

De plus, il existe pratiquement toujours des relations développées entre ces


nappes et les eaux superficielles et si l’on constate que la plupart du temps, les
cours d’eau drainent la nappe, on peut remarquer le contraire, en régime de pompage
et en période de crue de ces cours d’eau.

60 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

En outre, dans les secteurs concernés par des captages d’eau destinée à la
consommation humaine, le niveau piézométrique de la nappe est souvent lié à
l'existence de seuil ou de barrage.

Les risques de contamination des captages en nappe alluviale sont liés :


- aux caractéristiques des alluvions constituant l’aquifère. Les échanges sont
d’autant plus importants que les conditions géologiques s’y prêtent, c'est-à-dire, au
minimum, l’existence d’une connexion du niveau piézométrique de la nappe avec le
plan d’eau superficielle. Si le substratum de la nappe est situé au dessus du plan
d’eau superficielle, il ne peut pas y avoir d’échanges entre le cours d’eau et la
nappe. Dans ce cas, celle ci est perchée. Par ailleurs, l’importance de la contribution
du cours d’eau est fonction de la perméabilité de l’aquifère, du colmatage des
berges, mais aussi de la distance séparant le captage de ce cours d’eau. Lors des
pompages cycliques, le rayon d’influence peut être inférieur à la distance séparant
le captage du cours d’eau. Il est donc nécessaire que les données fournies à
l’hydrogéologue agréé dans le dossier préparatoire soient suffisamment précises
quant au rôle du plan d’eau superficielle par rapport à la nappe, en fonction des
caractéristiques du pompage (débit, temps), mais aussi quant au temps de transfert
entre le cours d’eau et le captage ;
- à l’importance, à la nature et à la perméabilité verticale de la zone non
saturée. Les informations concernant cette couverture doivent être fournies,
et notammment son épaisseur et sa perméabilité verticale ;
- au rôle du sol. Le sol joue aussi un rôle majeur. Les paramètres liés au sol
ayant une influence sur la vulnérabilité des eaux souterraines sont l’épaisseur, la
texture, la présence de matières organiques et la structure. Selon leur constitution,
les formations de couverture présentent des propriétés d’adsorption et d’échange
leur permettant de retenir un certain nombre de substances. Il faut aussi tenir
compte des risques de relargage. Ces horizons superficiels sont le siège de
réactions biochimiques liées à l’activité de microorganismes. Le sol présente aussi
un rôle important dans l’évolution des composants azotés avec le plus souvent des
phénomènes de dénitrification et de rétention des produits phytosanitaires en
présence de matières organiques ;
- aux caractéristiques des berges. Les alluvions formant les berges des cours
d’eau peuvent posséder un pouvoir de filtration plus ou moins marqué. Elles
peuvent même limiter les échanges par colmatage lorsque des fines tapissent les
berges. Ces dépôts sont susceptibles d’affecter sous certaines conditions d’oxydo-
réduction très particulières les évolutions de certains polluants par divers processus
tels que l’adsorption, la dissolution/précipitation ou la dégradation bactérienne.
L’activité biologique joue un rôle prépondérant. Cette épuration contribue au
maintien de la qualité de l’eau. Par contre, ce colmatage des berges a aussi un rôle
dans la productivité du captage, en limitant les échanges entre la rivière et la nappe
et donc en limitant la réalimentation de la nappe en régime dynamique ;
- aux échanges avec (illustration 3) :
· les cours d'eau qui alimentent ou drainent la nappe alluviale en fonction des
charges. Les échanges sont importants entre les nappes alluviales et les eaux

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 61


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

superficielles. Dans chaque cas, il est donc nécessaire de préciser si la nappe


sollicitée par le captage est en relation avec un cours d’eau ou non ;
· d'autres plans d'eau. Outre les échanges potentiels avec le cours d’eau
principal qui est à l’origine du dépôt des alluvions, des échanges peuvent aussi
se produire entre la nappe et d’autres plans d’eau superficielle. Il s’agit des plans
d’eau dans les gravières, qui sont souvent des affleurements de la nappe, des
autres cours d’eau, des canaux d’irrigation, des lacs, des étangs, voire de la
mer. Il est important que l’hydrogéologue agréé dispose des éléments
permettant d’évaluer ces échanges potentiels. S’ils sont souvent difficilement
quantifiables, les données géologiques (nature des formations de couverture,
perméabilité et épaisseur) peuvent permettre d’affiner les appréciations quant
aux échanges entre les cours d’eau et plans d’eau superficielle avec la nappe
exploitée. De même, l'existence de cours d'eau traversant la zone d'alimentation
doit être examinée avec attention, en ce qui concerne les possibilités
d'échanges avec la nappe et les contaminations possibles sur tout le bassin
versant du cours d’eau à l’amont de la zone d’alimentation du captage ;
· d'autres aquifères. Les nappes alluviales étant le plus souvent peu épaisses
(moins de 30 m, sauf très ponctuellement pour le Rhône) et avec une extension
latérale le plus souvent réduite dans les départements du Gard et de l’Hérault,
des échanges peuvent se produire entre ces nappes superficielles et
d’autres aquifères latéraux et sous jacents. Les risques de contamination de
ces aquifères peuvent impacter également les nappes alluviales.

illustration 3 : Relations de la nappe alluviale avec les terrains encaissants

(Extrait du guide sur la gestion et la protection des captages d’eau potable dans les nappes
alluviales. Document technique FNDAE n°19)

62 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- aux activités et risques de pollution en surface. La vulnérabilité des captages


sollicitant les nappes alluviales est d’autant plus élevée que l’épaisseur de la zone
non saturée est faible. Dans les départements du Gard et de l’Hérault, celle-ci est
pratiquement toujours inférieure à 5 m. La vitesse de transfert de l’eau dans les
terrains situés au dessus de la nappe est conditionnée par la texture du milieu
poreux. La présence d’argile et de matière organique augmente le pouvoir de
rétention, alors que la fraction sablo graveleuse a un effet inverse ;
- aux risques de submersion. Les captages en nappes alluviales se localisent le
plus souvent en zone inondable. Des risques d’immersion existent avec possibilités
d’infiltration d’eau superficielle directement dans les puits ou forages exploités ou
dans d'autres ouvrages situés à proximité qui peuvent induire un court-circuit des
eaux de surface vers la nappe. Il est donc nécessaire que la cote des plus hautes
eaux connues (PHEC) soit prise en compte pour fixer les aménagements à réaliser
en tête d’ouvrage et les différentes prescriptions à appliquer dans les périmètres de
protection immédiate et rapprochée. Il est nécessaire que l’hydrogéologue agréé
fixe aussi les conditions d’utilisation et d’aménagement des captages privés
exploités ou non et situés dans le périmètre de protection rapprochée.

4.3. DEFINITION DE LA ZONE D’ETUDE EN NAPPE ALLUVIALE

Théoriquement la zone d’étude devrait correspondre à l’aire d’alimentation du


captage qui est le prolongement de la zone d’appel en amont hydraulique
jusqu’à la limite du bassin versant souterrain.

L’aire d’alimentation est définie, en fonction des débits pompés, à partir des données
hydrogéologiques (extension de l’aquifère, relations avec des réservoirs latéraux ou
avec le milieu aquatique en général). Cela nécessite de posséder une carte de la
surface piézométrique en hautes et en basses eaux, ou tout au moins à une date
donnée et avec des indications de fluctuations inter saisonnières. C’est l’examen de la
surface piézométrique de la nappe qui permettra de repérer le sens d’écoulement et de
déterminer le gradient hydraulique et ses variations spatiales.

Pour les nappes alluviales en relation avec les cours d’eau, ce qui n’est pas le cas pour
les formations villafranchiennes en Costières, en Vistrenque (hormis le secteur de
Vauvert) et dans l’espace interfluvial entre le Lez et le Vidourle, il est nécessaire de
pouvoir localiser et identifier les échanges entre la nappe et les eaux superficielles, ce
qui implique que la zone d’étude soit cartographiée avec précision aux abords des
cours d’eau et le cas échéant des plans d’eau.

Il faudra également apporter les éléments concernant le rôle des autres plans d’eau
situés dans le bassin d’alimentation (étangs, canaux d’irrigation).

Cette zone d'étude correspond approximativement à l'étendue présumée du PPE avec


un zoom plus précis sur la zone présumée du PPR, notamment, pour l'inventaire des

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 63


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

activités susceptibles d’impact sur la qualité de l’eau exploitée au niveau de l’ouvrage


et sur les propositions de servitudes.

4.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE


D’UN CAPTAGE EN NAPPE ALLUVIALE
Le débit d’exploitation des captages en nappe alluviale doit être fourni de la manière
suivante :
- pour les sources, à partir de mesures de débit réalisées en période d’étiage.
Les mesures ponctuelles doivent être repositionnées par rapport aux chroniques
piézométriques, voire aux chroniques de données pluviométriques ;
- pour les puits et forages, à partir d’essais de pompage. Les résultats de l’essai
par paliers permettent de déterminer le débit critique. Ces données sont à compléter
avec les résultats de l’essai de pompage de longue durée, essai qui permet
éventuellement d’analyser certains phénomènes, comme la présence d’un front
d’alimentation, d’une limite étanche, de phénomènes de drainance, ou encore d’une
variation latérale de perméabilité.

Ainsi, le débit exploitable est alors défini en croisant la productivité de l’ouvrage


concerné avec les besoins exprimés par le maître d’ouvrage.

Un prélèvement en nappe alluviale a une incidence directe sur le débit du cours


d'eau qui l'alimente. Dans le cas des prélèvements supérieurs au seuil de
déclaration des décrets d’application des articles L 214-1 à L 214-3 du Code de
l’Environnement, il est fortement conseillé de s'enquérir du débit acceptable au
regard de cette incidence avant de déterminer le débit pour lequel les limites des
périmètres de protection vont être établies.

4.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION DES CAPTAGES EN NAPPE
ALLUVIALE

Les moyens à mettre en œuvre pour délimiter ces périmètres de protection


doivent être hiérarchisés en fonction des cas traités (débits de pompage,
volumes prélevés, contexte hydrogéologue et environnemental).

Afin de déterminer l’étendue du périmètre de protection rapprochée d’un captage


en nappe alluviale, il est nécessaire de connaître un certain nombre d’éléments
avec une précision plus ou moins grande selon, d’une part, l’importance du
captage et, d’autre part, le contexte hydrogéologique. Le sens d’écoulement
constitue le paramètre essentiel dans la définition des périmètres de protection
rapprochée et éloignée.

64 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Les éléments nécessaires pour définir ces périmètres sont :


- le sens d’écoulement des eaux souterraines et les éventuelles modifications
suivant les régimes hydrologiques,
- les limites structurales de l’aquifère,
- l’alimentation éventuelle par les nappes de coteaux,
- la ou les zones d'alimentation par le cours d'eau,
- l’évaluation du colmatage des berges et du radier,
- le débit d’étiage du cours d’eau,
- les paramètres hydrodynamiques de l’aquifère sollicité
- les vitesses et les temps de transfert, avec la position des isochrones dans
les conditions d’exploitation du captage,
- la zone d’influence du pompage,
- la zone d’appel.

Pour aboutir à cette connaissance, il faut disposer des caractéristiques, de


l’aquifère (sens d’écoulement, épaisseur, gradient, perméabilité, porosité
efficace), de la distance entre la zone d'alimentation et le captage et des résultats
d’essai de pompage. Le pompage d’essai est un outil essentiel dans l’évaluation des
caractéristiques hydrodynamiques de l’aquifère et la détermination des limites du
système.

La durée de cet essai est conditionnée par le contexte hydrogéologique. Dans certains
cas, notamment lorsque le plan d’eau superficielle qui est en relation avec la nappe est
éloigné par rapport au captage, la démonstration d’une éventuelle réalimentation par
ce plan d’eau peut exiger un essai de pompage de plus de 24 h, voire même plus de
72 h. De même, les conditions aux limites (limites d’alimentation, limites étanches) et
les modifications de perméabilité nécessitent souvent des pompages de longue durée
(plus de 24, voire 72 heures).

Lors de cet essai, il est nécessaire de surveiller les niveaux de l’eau dans la nappe
sollicitée, sur des piézomètres implantés judicieusement, y compris éventuellement la
cote du plan d’eau superficielle. Ces suivis permettent d’appréhender le rayon d’action
du puits ou forage en pompage. Notons que le débit de l’essai ne peut être inférieur
au débit qui sera demandé dans le cadre de l’instruction de la DUP.

A partir de ces paramètres hydrodynamiques, le bureau d’études déterminera les


isochrones, c'est-à-dire les lignes d’égal temps de transfert de la molécule d’eau vers
le captage considéré.

Il existe diverses approches de calcul et notamment les méthodes HOFMANN et


LILLICH, ou encore WYSSLING. Cette dernière méthode, qui suppose un milieu
homogène, consiste, dans un premier temps, à délimiter la zone d’appel du captage,
puis à rechercher la distance correspondant au temps de transfert souhaité dans la

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 65


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

direction d’écoulement. Cette distance est fonction de la perméabilité, du gradient et de


la porosité. Il est donc nécessaire de posséder des données piézométriques
suffisamment précises, afin de bien évaluer la zone d’appel et le gradient en régime
statique, mais aussi en régime dynamique.

Deux types de modélisation constituent des outils complémentaires pour la


détermination des périmètres de protection avec, d’une part, la modélisation
hydrodynamique et, d’autre part, la modélisation hydrodispersive.

La modélisation hydrodynamique nécessite des données précises et fiables


concernant la géométrie de l’aquifère et ses caractéristiques hydrodynamiques
(piézométrie, transmissivité, coefficient d’emmagasinement et perméabilité des
berges). Elle permet de simuler les écoulements dans la nappe à partir des
paramètres hydrodynamiques de l’aquifère, de simuler différents scénarios
d’exploitation, de définir les zones d’appel en fonction du temps de pompage et donc
de délimiter les périmètres de protection.

La modélisation hydrodispersive a pour objectif de représenter la migration de la


contamination dans la zone non saturée et dans la nappe. Elle fait intervenir les
phénomènes de dispersion, d’adsorption/désorption et les différentes réactions bio-
physico-chimiques.

La modélisation hydrodispersive est surtout utilisée pour connaître la migration d’une


pollution, alors que le modèle hydrodynamique est le plus souvent exploité pour la
définition des périmètres de protection de captages exploités à débit élevé.

La modélisation ne peut être imposée que pour les captages importants, ou dans
des contextes environnementaux qui le nécessitent (occupation particulière de
l’espace). Cependant, la nécessité d’une modélisation peut se concevoir lorsque
l’enjeu est fort avec notamment des échanges importants entre le cours d’eau et
la nappe, ou lorsque les prescriptions qui pourront être définies représentent
des contraintes à impact marqué.
En fonction du contexte des nappes alluviales dans les départements du Gard et
de l’Hérault, tous les captages :
- exploités à un débit significatif,
- situés dans un contexte de relation très nette entre la nappe et le cours d’eau, dont
le débit d’étiage peut être sensiblement affecté par le prélèvement en nappe,
- situés dans des conditions environnementales (occupation de l’espace, utilisation
de la ressource) qui le nécessitent,
devraient faire l’objet d’une modélisation dans le cadre de l’instauration des
périmètres de protection. Pour les débits de prélèvements les plus faibles, la
nécessité d’une modélisation sera adaptée notamment à l’importance de la
relation nappe – rivière en termes d’impact sur le débit d’étiage du cours d’eau.

Notons aussi que la modélisation hydrodynamique néglige le pouvoir autoépurateur du


sol et de la zone non saturée. La méthode de Rehse consiste à estimer dans quelle

66 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

mesure un polluant déversé en surface du sol verra sa teneur diminuer après un


parcours vertical jusqu’à la nappe et un parcours horizontal dans la nappe jusqu’au
point de prélèvement.

La datation des eaux peut aussi se révéler intéressante pour connaître l’origine
de celles-ci et leur temps de transfert depuis la zone d’alimentation jusqu’au
captage. Le dosage de certains isotopes, notamment le carbone 14, l’oxygène 18, le
tritium ou les isotopes du soufre et de l’azote permet d’estimer les vitesses
d’écoulement, mais aussi de déceler l’origine de différentes contaminations et donc
leur situation.

Les traçages permettent aussi d’évaluer les temps de transfert entre le cours d’eau et
les captages et apportent des informations précises quant à la perméabilité des berges
des cours et plans d’eau. Les traçages dans les eaux superficielles permettent aussi
d’évaluer les vitesses de transfert dans ces milieux et d’appréhender les temps
possibles d’intervention en cas de contamination d’un cours d’eau en amont des
captages exploitant la nappe alluviale et fonctionnant en réalimentation induite.

Comme pour la modélisation, ces outils ne peuvent se concevoir que dans certains cas
de figure et ne peuvent être généralisés.

En ce qui concerne les échanges avec d'autres aquifères, ils sont évalués en
fonction des conditions géologiques (nature et position de ces aquifères par rapport
aux alluvions), mais aussi à partir des données piézométriques de la nappe alluviale et
des aquifères adjacents. L’insuffisance de données peut être acceptée si le cône
d’appel du captage est éloigné par rapport aux affleurements des aquifères latéraux.

Les analyses chimiques et isotopiques, les traçages et la modélisation


hydrodynamique peuvent aussi apporter des éléments de réponse quant aux
relations entre ces réservoirs et les nappes alluviales. Cet arsenal de méthode ne
doit pas être utilisé dans chaque cas, mais uniquement lorsque le débit de pompage
est important (au moins 50 m3/h) et lorsque l’apport par les aquifères latéraux peut
dépasser plus de 20 % du débit pompé sur le site de captage, ou lorsque ces zones
d’alimentation potentielle de la nappe alluviale sont particulièrement vulnérables
(karsts) et présentent des aléas forts de pollution liés aux activités existantes sur ces
zones d’affleurement.

Il faut rappeler que l’hydrogéologue agréé peut solliciter des études


complémentaires, s’il juge insuffisantes les données fournies dans le dossier
préalable.

4.6. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR APPRECIER LA


VULNERABILITE
Dans les nappes alluviales, les eaux souterraines sont le plus souvent en étroite
relation avec les eaux superficielles. Les échanges peuvent se faire soit depuis les

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 67


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

eaux superficielles vers les eaux souterraines, soit, à l'inverse, des eaux souterraines
vers les eaux superficielles. Le sens de ces échanges varie en fonction des
secteurs et de leurs caractéristiques hydrologiques et hydrogéologiques ainsi
que des saisons. Ainsi, dans une zone où les prélèvements sont importants en été, le
niveau de la nappe étant abaissé, les eaux de la rivière sont drainées et alimentent la
nappe alors qu'en période normale, ce sont les eaux de la nappe qui alimentent la
rivière. Du fait de l'existence de ces échanges, toute pollution des eaux superficielles
est susceptible d'entraîner la contamination des eaux souterraines et inversement.

Il est donc nécessaire que le dossier préparatoire, fourni à l’hydrogéologue agréé,


précise nettement les relations potentielles entre la nappe sollicitée et les eaux
superficielles, le rôle de seuils ou barrages éventuels, la zone d’alimentation
privilégiée, ainsi que les temps de transfert entre le cours d’eau et le captage.
Les caractéristiques des berges et des fonds du cours d'eau principal, des plans d'eau
divers et des cours d'eau secondaires traversant la nappe doivent être prises en
compte.

L’analyse de la vulnérabilité doit porter sur les éléments de synthèse existants (carte
de vulnérabilité des eaux souterraines), mais aussi sur un examen plus détaillé à partir
d’une estimation des couples de valeurs épaisseur – perméabilité des terrains de
recouvrement de l’aquifère exploité (coupes de sondages mécaniques, géophysique),
mais aussi de la perméabilité de ces formations de couverture. S’il n’est pas demandé
systématiquement de fournir ces éléments détaillés, cela doit être préconisé lorsque
les risques de pollution dans la zone d’alimentation supposée du captage sont
importants.

En effet, cette analyse de la vulnérabilité intrinsèque liée aux pentes, à la nature,


l’épaisseur et la perméabilité des horizons de couverture et de la zone non
saturée constitue un élément majeur dans la définition des limites des
périmètres de protection et des prescriptions qui seront proposées.

Les possibilités d'autoépuration dans les alluvions elles-mêmes pendant le transfert


des eaux du cours d'eau vers le captage participent également à l'appréciation de cette
vulnérabilité.

4.7. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION DANS LES


NAPPES ALLUVIALES

Le périmètre de protection immédiate doit englober le captage et l’extension


possible des éventuels drains annexes, notamment dans le cas des puits à
drains rayonnants. Une distance minimale de l’ordre de 10 m au-delà du point
central du captage, ou de l’extrémité des drains s’ils existent, parait devoir être
retenue. L’étendue de ce périmètre doit aussi permettre l’accès au captage pour les
travaux de maintenance et de reconditionnement. L’intégration des autres installations,
tels que les stations de pompage, les réservoirs et les châteaux d’eau n’est pas
indispensable, même si elles sont implantées à proximité du captage.

68 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Une attention particulière doit être apportée au rôle d'un seuil ou d’un barrage
maintenant éventuellement le niveau de la nappe. Si la disparition ou le mauvais
entretien de cet ouvrage mettait en péril l'exploitation du captage, il convient de fixer
des prescriptions visant cet aménagement. Le maître d'ouvrage du captage doit, soit
en avoir la maîtrise d'ouvrage, soit conventionner avec le propriétaire du seuil s'il veut
conserver la ressource.

Les éléments cités aux chapitres précédents doivent permettre de délimiter de manière
la plus précise possible le périmètre de protection rapprochée. Un temps de
transfert de 50 jours maximum en cas d’alluvions avec une matrice sableuse est
généralement retenu pour fixer les limites de ce périmètre. Si les alluvions sont
grossières avec peu de matrice sableuse et surtout si le temps de réalimentation
par le cours d’eau est réduit, la protection du captage doit être assurée non
seulement par l’instauration de périmètres, mais également par la mise en place
de systèmes d'alerte et de protection active ainsi que par un traitement de l'eau
plus conséquent.

En fonction de l’existence fréquente d’une couverture superficielle moins perméable, la


délimitation à partir des méthodes décrites auparavant peut être revue dans un esprit
de diminution d’extension, afin de tenir compte de la perméabilité moindre des
formations superficielles par rapport à celle de l’aquifère.

Afin de moduler les prescriptions qui seront proposées, il peut être intéressant
de diviser le périmètre de protection rapprochée en deux (ou éventuellement
plusieurs) zones, l’une, la plus proche du captage (et donc la plus sensible) et
l’autre (ou les autres) plus éloignée. Cette distinction doit être basée sur le
temps de transfert vers le captage. Il ne faut cependant pas multiplier ces zones
en raison des modalités pratiques d’application des différentes contraintes.

Pour les captages sollicitant une nappe alluviale en relation avec un cours d’eau,
dans la mesure où celui-ci constitue une limite d’alimentation permanente de
l’aquifère (cours d’eau pérenne), il est nécessaire que la limite du périmètre de
protection rapprochée aille au minimum jusqu'à la berge opposée, en tenant
compte du découpage parcellaire.

Lorsque le cours d’eau n’est pas permanent, il ne constitue plus une limite
d’alimentation constante. Dans ce cas, l’influence du pompage peut se propager
au-delà de la rive opposée et le périmètre de protection rapprochée peut
s’étendre au-delà du cours d’eau (illustration 4).

Ces limites vont être ajustées en fonction du parcellaire et notamment en cas de


parcelles très étendues au-delà du cours d’eau, seule une partie sera incluse
dans ce périmètre (illustration 4).

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 69


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

PPR PPR
FORAGE
Cours FORAGE
d’eau Cours

NS NS d’eau

ND ND

COURS D’EAU A ECOULEMENT TEMPORAIRE


COURS D’EAU A ECOULEMENT PERMANENT

illustration 4 : Étendue du périmètre de protection rapprochée

Pour les captages en nappe d’accompagnement avec des temps de transfert


rapide, voire très rapide entre le cours d’eau et le point de prélèvement, il faut
privilégier les dispositifs d’alerte qui pourront s’avérer plus efficaces que le
périmètre de protection rapprochée.

Dans tous les cas, il est nécessaire que des justifications soient données par
l’hydrogéologue agréé pour l’étendue de ce périmètre de protection rapprochée.
Les données utilisées et la méthode retenue pour la délimitation de ce périmètre
doivent être indiquées.

La définition du périmètre de protection éloignée n’est pas indispensable.


Cependant, cela peut permettre d’attirer l’attention en particulier des collectivités et des
aménageurs. Ce périmètre se justifie d’autant plus que le captage étudié sollicite un
aquifère présentant une vulnérabilité intrinsèque notable (pas de couverture à la nappe
alluviale, participation très importante des eaux superficielles à la réalimentation de la
nappe, notamment en période de pompage) et dans des conditions environnementales
particulièrement sensibles.

L’aire d’alimentation du captage en nappe alluviale pouvant, dans les deux


départements du Gard et de l’Hérault, couvrir la totalité du bassin versant du
cours d’eau en relation avec la nappe alluviale et donc avoir une extension très
importante, il est préconisé de limiter le périmètre de protection éloignée et de
compléter la protection du captage par la mise en place d'un réseau de
surveillance et d'un dispositif d'alerte.

L'étendue du périmètre de protection éloigné (illustration 5) et le dispositif d’alerte


peuvent aussi concerner les cours d’eau secondaires situés en amont du captage et
participant à l'alimentation de la nappe.

70 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Cours d’eau Limite


secondaire des
alluvions

PPE
Cours d’eau
secondaire
PPR
Captage

Cours
d’eau
principal

illustration 5 : Étendue du périmètre de protection éloignée en nappe alluviale

4.8. LES PRESCRIPTIONS DANS LES NAPPES ALLUVIALES

A. Périmètre de protection immédiate et aménagement


des captages
Les particularités de prescriptions en nappe alluviale liées au caractère souvent
inondable des sites exploités concernent :
- la clôture : ses caractéristiques doivent être adaptées pour interdire efficacement
l'accès aux installations tout en ne constituant pas un obstacle à l'écoulement des
crues. Sauf exception, cette clôture doit être conçue pour empêcher le passage des
hommes et des animaux sauvages et domestiques (clôture grillagée de 2 m de
haut). Dans les zones inondables, il est nécessaire d’obtenir l’avis des services
hydrauliques. Pour des écoulements modérés des eaux de crue, il est préférable
d’installer une clôture à mailles larges (100 mm X 100 mm). Dans les zones
inondables à fortes vitesses d’écoulement, il peut alors être préconisé d’installer une
clôture qui puisse s’effacer rapidement lors des crues, la clôture agricole 3 fils
barbelés pouvant alors être acceptée. Il peut aussi être préconisé une
matérialisation du périmètre par des blocs de pierre empêchant l’accès aux
véhicules avec éventuellement la pose d’une clôture uniquement autour du captage

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 71


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

lui même. Dans ces cas de figure spécifique, l’installation de panneaux informant de
la sensibilité du site est indispensable ;
- la mise hors d'eau du captage des installations électriques et des ouvrages
annexes (piézomètres) : la tête du forage ou du puits, mais aussi des éventuels
piézomètres encore accessibles doivent notamment être surélevés jusqu'à 50 cm
au dessus des plus hautes eaux connues (PHEC), sauf impossibilité majeure. Sur le
captage, la position des aérations basse et haute doit être déterminée en fonction
de ces cotes des eaux superficielles en crue. Il peut être préconisé que l’aération
basse soit munie d’un tube PVC coudé et remontant au niveau de l’aération haute,
qui doit être située 50 cm au dessus des PHEC. Si une évacuation des eaux hors
du bâti est nécessaire (par exemple si le robinet de prélèvement est dans ce bâti),
elle doit être munie d'un clapet anti retour. Les accès à l’abri recouvrant la tête de
puits ou forage doivent être positionnés en fonction des cotes des eaux
superficielles et à l’opposé du sens d’écoulement de celles ci. Ces accès peuvent
alors être positionnés sur la partie supérieure de l’infrastructure. L’étanchéité du
dispositif de fermeture doit être vérifiée ;
- le soin apporté à l'aménagement des ouvrages (captage et aménagement de
surface, ainsi que les piézomètres) pour éviter l'introduction directe d'eau de surface
dans la nappe. Les eaux de ruissellement doivent être détournées du périmètre de
protection immédiate selon différents moyens à préconiser, c'est-à-dire des fossés,
murets, merlons de terre à implanter en amont écoulement afin d’orienter les eaux
vers l’aval. Un terrassement adéquat peut être préconisé, mais il doit éviter le
décapage des terrains superficiels lorsqu’il s’agit de formations peu perméables. La
cimentation de l’espace annulaire en tête d’ouvrage doit impérativement être
réalisée. Cela est indispensable dans tous les cas de figure et c’est encore plus
indispensable en nappe alluviale en raison de la proximité du niveau de la nappe
par rapport au sol (faible épaisseur de la zone non saturée). Cette cimentation a un
rôle important sur la qualité de l’eau souterraine, en raison de la possibilité
d’introduction des eaux de surface vers la nappe entre le terrain et la colonne
captante (buses ou tubage). La dalle périphérique entourant l’ouvrage sur une
surface minimale de 2 m de rayon est obligatoire. Les sondages de reconnaissance
encore accessibles et les piézomètres doivent aussi faire l’objet de prescriptions
visant à l’étanchéité des capots de fermeture, ou à leur obturation totale, selon les
règles de l’art pour l’abandon de sondages. De même, la dalle cimentée en
périphérie de ces ouvrages doit être imposée ;
- les modalités d'accès aux ouvrages en cas de crue ;
- les modalités d’exploitation. Il peut être préconisé que le dispositif de traitement
soit opérationnel en cas de crue et donc situé hors zone inondable et accessible,
afin de mettre en place une surchloration permettant de maintenir un taux de chlore
résiduel dans le réseau.. Pour un champ captant, chaque captage doit être muni
d’un robinet de prélèvement afin de surveiller l’évolution de la qualité de l’eau sur
chaque ouvrage.., un robinet permettant de prélever un mélange des eaux captées
doit également être installé. Par ailleurs, les chlorations dites « à la crépine »
doivent être proscrites.

72 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

En outre, le suivi des niveaux piézométriques est à recommander, notamment lorsque


l’épaisseur saturée est inférieure à 2 ou 3 m. De manière générale, l’intérêt de suivre
les niveaux d’eau de la nappe doit être soulevé par l’hydrogéologue agréé. Ainsi,
ce suivi pourrait être proposé pour tous les captages soumis à autorisation au
titre du Code de l’Environnement, c’est à dire ayant un débit d’exploitation supérieur
à 200 000 m3 /an ou, pour les nappes d’accompagnement, lorsque le débit
d’exploitation des captages est supérieur à 1 000 m3/h, ou à 5 % du débit du cours
d'eau ou, à défaut, du débit global d'alimentation du canal ou du plan d'eau.

Le service chargé de la Police des Eaux précisera si un suivi piézométrique est


nécessaire afin de connaître l’impact du prélèvement dans la nappe alluviale sur le
cours d’eau qui l’alimente ou contribue à son alimentation.

Ce suivi serait à réaliser de manière continue sur l’ouvrage exploité ou sur un des
ouvrages exploités d’un champ captant, voire sur un ouvrage spécifique situé à
proximité dans l’enceinte du périmètre de protection immédiate.

Les ouvrages de réinjection utilisés dans le cas de réalimentation de nappe


devront nécessairement être inclus dans un périmètre de protection immédiate,
qui peut être satellite. Les prescriptions relatives à leur aménagement seront
identiques aux prescriptions concernant les ouvrages de prélèvement.

B. Périmètre de protection rapprochée


Les différentes prescriptions

Les prescriptions proposées par l’hydrogéologue agréé doivent s’adapter aux


conditions géologiques et hydrogéologiques et donc aux enjeux de protection
spécifiques aux nappes alluviales.
La liste suivante fournit les prescriptions qui pourraient être retenues dans les
nappes alluviales en fonction des enjeux de protection et du contexte local dans
les limites du périmètre de protection rapprochée. Ces prescriptions ont pour
vocation de réduire les risques exposés au § 3.1.1., en fonction des activités existantes
et potentielles. Elles visent :
- les échanges avec les cours d'eau qui alimentent la nappe alluviale, d'autres
plans d'eau, cours d'eau secondaires et autres aquifères. Les activités concernées,
sont celles qui risquent d'entraîner :
· une réduction du pouvoir filtrant de la zone d'échange avec l'aquifère, c'est-à-
dire :
la création de seuils et dans une moindre mesure la création de piles de
ponts en amont écoulement du captage, ce qui peut induire des
phénomènes d'érosion à l'aval. Des opérations de maintien de berge, de

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 73


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

préférence avec des méthodes douces, peuvent éventuellement être


préconisées ;
les curages à l'aval dans le lit du cours d'eau sur une distance à
déterminer qui peuvent induire des phénomènes d'érosion régressive ;
· des pollutions du cours d'eau susceptibles de transiter dans la nappe jusqu'au
captage, c'est-à-dire :
la création d'un rejet d'eaux usées ou de pluvial collectant une zone
particulièrement polluée ;
les risques liés à l'existence ou à la création d'une voie de communication
traversant le cours d'eau (pont,…) en amont de la zone d'alimentation ;
les risques liés à l'existence ou à la création d'une voie de communication
le long du cours d'eau en amont de la zone d'alimentation.
- les activités et pollutions en surface. Peuvent être concernés à des degrés
divers, les assainissements autonomes ou publics, les zones d’urbanisation,
certaines installations classées et activités artisanales, les activités agricoles et
d’élevage, les cimetières, les voiries, les zones imperméabilisées pouvant induire
des eaux de ruissellement chargées, certains dépôts et stockages. Sont bien sûr
concernés les forages et tout ouvrage, dès lors que les aménagements sont
insuffisants pour éviter la mise en communication avec la surface. Ainsi, les activités
concernées sont celles qui peuvent entraîner :
· une réduction de la zone non saturée, c’est à dire les remodelages de terrain et
les creusements sans étanchéïfication efficace des fonds ;
· une pollution pouvant traverser la zone non saturée et donc atteindre la nappe,
soit parce que les protections de surface sont insuffisantes, soit parce que les
polluants de par leur nature peuvent migrer vers la nappe ;
· les ouvrages mettant en communication la surface et la nappe.
- les échanges avec d'autres aquifères. Selon l'ampleur des échanges, les temps
de transfert et les protections de surface de l'aquifère associé, les prescriptions
concernant les pollutions de surface devront être étendues en tant que de besoin à
tout ou partie de cet aquifère ;
- la conservation du réservoir et de la nappe contenue dans les alluvions.
Toutes les activités de nature à réduire le stock d'alluvions sont concernées telles
que les activités d'exportation de matériaux et de creusement dans les alluvions.
Dans le cas où un seuil est nécessaire au maintien du niveau de l'eau dans la
nappe, il pourra être utile de prévoir des dispositions particulières sur le maintien de
l'état de ce seuil et sur son niveau de référence ;
- les périodes de submersion. Sont concernés, outre l'aménagement du captage
lui même et son PPI, l'aménagement des autres captages de la zone qui doit
prendre en compte le niveau des plus hautes eaux ainsi que toute activité pouvant
provoquer une contamination des eaux en période de crue. Par exemple, on évitera
les stockages qui pourraient être tolérés en période normale compte tenu de la
nature des sols et de la zone non saturée mais qui pourraient être entraînés en
période de crue (boues, composts..)

74 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

A côté de ces mesures de protection dites passives, des mesures de


surveillance et/ou de protection active peuvent également être envisagées. Il
peut s’agir de préconiser un suivi spécifique en plus des analyses
réglementaires sur un ou plusieurs paramètres précis en fonction du contexte
hydrogéologique et environnemental (par exemple nitrate, turbidité ou
micropolluants minéraux métalliques), lorsque ce type de suivi régulier peut
apporter des éléments d’appréciation quant aux risques d’évolution de la qualité de
l’eau, en raison de l’occupation des sols dans la zone d’alimentation.

Dans le cas de sites particulièrement vulnérables en fonction des activités


situées dans l’aire d’alimentation, il peut être préconisé de réaliser des
qualitomètres (ouvrages destinés à surveiller la qualité de l’eau et situés en
amont écoulement par rapport au captage, avec nécessité d’imposer un rythme
de surveillance, ainsi que la liste des paramètres à rechercher) ou d’utiliser des
ouvrages existants qui pourraient alors servir, soit de dispositifs de surveillance
localisés entre ces activités et les captages d’EDCH, soit de dispositifs
permettant de bloquer le cheminement d’une éventuelle pollution vers ces
captages. Cependant, de telles recommandations visant à la mise place d’un tel
dispositif nécessitent le maintien en état de ces ouvrages. Par ailleurs, il ne peut s’agir
que d’un dispositif d’alerte ou de décontamination de premier niveau, sachant que cela
ne peut remplacer les travaux qui seraient nécessairement réalisés en cas de pollution
pouvant affecter les captages d’EDCH.

Enfin, il est rappelé que l’hydrogéologue agréé peut conclure à l’impossibilité de


mettre en place les mesures de protection en fonction de la vulnérabilité
intrinsèque de la nappe exploitée et des risques existants de contamination de
la ressource.
Les activités ci-dessous peuvent être interdites ou réglementées :
- selon leur niveau d'impact potentiel sur les eaux captées,
- selon qu'elles existent déjà ou pas. Si elles existent, il faut préconiser des mesures
visant à réduire leur impact sur la ressource en eau exploitée (aménagement,
conditions d’utilisation, voire restriction d’usage, …).

Les prescriptions proposées par l’hydrogéologue agréé doivent s’adapter aux


conditions géologiques et hydrogéologiques et donc aux enjeux de protection. Il
est donc nécessaire de préciser quels sont les enjeux pour les captages, afin de
permettre la justification des prescriptions qui seront proposées. Les
propositions devront donc être adaptées aux différents enjeux de protection.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 75


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

4.9. PRECONISATIONS CLASSEES EN FONCTION DES DIFFERENTS


ENJEUX

4.9.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection


- Affouillements, excavations, terrassements non remblayés, remblayés ou
partiellement remblayés, à l’exception des terrassements de faible superficie
(illustration 6), (extension à définir au cas par cas, notamment pour les constructions
d’habitations) : interdiction si le fond de l’excavation peut se situer à moins d’un
mètre au dessus du niveau piézométrique de la nappe en hautes eaux. Suivant la
sensibilité locale et suivant l’épaisseur de la formation de recouvrement, cette
interdiction peut être proposée pour toute excavation réalisée jusqu’à une
profondeur correspondante à l’épaisseur du recouvrement la plus faible dans
l’emprise du PPR, moins un mètre, cette solution étant à privilégier (exemple : si
recouvrement le plus faible est égal à 3 m, l’interdiction visera les fouilles de plus de
3 - 1 = 2 m) ou fond de l’excavation à plus d’un mètre du niveau de hautes eaux de
la nappe (solution à retenir en dernier lieu) ;

SOL SOL
FORMATION EXCAVATION FORMATION EXCAVATION
DE DE
RECOUVREMENT et/ou RECOUVREMENT >1 M
AQUIFERE AQUIFERE
ZONE NON ZONE NON
SATUREE >1M SATUREE
AQUIFERE NIVEAU AQUIFERE NIVEAU
ZONE PIEZOMETRIQUE ZONE PIEZOMETRIQUE
SATUREE EN HAUTES EAUX SATUREE EN HAUTES EAUX

SUBSTRATUM SUBSTRATUM

Option la moins favorable Option à privilégier

illustration 6 : Conditions d’admission des fouilles et terrassements remblayés ou non

- Excavations liées à la réalisation de nouvelles constructions, y compris


l’extension de constructions existantes dans la mesure où des excavations
sont nécessaires, notamment les vides-caves, sous sols, réseaux
d’assainissement (illustration 7) : interdiction a priori, sauf exceptions. Si le
niveau statique de la nappe se situe, en période de hautes eaux, à plus de 2 m de
profondeur et si le recouvrement est supérieur à 2 m d’épaisseur, les constructions
peuvent être admises. Cela peut être modulé en fonction de la nature et de la
perméabilité de la zone non saturée. Les interdictions sont à recommander si les
capacités de filtration dans cette zone non saturée sont faibles à nulles. En fonction
de la sensibilité locale, il peut être proposé l’interdiction de ces excavations

76 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

(notamment les réseaux d’eau usée) liées aux constructions dans une partie du
périmètre de protection rapprochée la plus proche du captage et les soumettre à
certaines prescriptions lorsque l’on se situe à plus grande distance. Les
prescriptions vont porter sur la nature des canalisations, leurs conditions de mise en
place et leur contrôle périodique, mais aussi sur les éventuelles cuves à fuel, ainsi
que sur les forages privés. Dans les secteurs inondables, on interdit toutes
nouvelles constructions ;
SOL

EXCAVATION
>2M
AQUIFERE
ZONE NON >2M
SATUREE
AQUIFERE NIVEAU
ZONE PIEZOMETRIQUE
SATUREE EN HAUTES EAUX

SUBSTRATUM

illustration 7 : Conditions d’admission des fouilles liées à de nouvelles constructions

- Affouillements, excavations remblayés ou non et de faible superficie, à


l’exception des excavations pour plantations (extension à définir au cas par
cas), (illustration 8) : interdiction en dessous du niveau de la nappe atteint en
période de hautes eaux. Le remblaiement des excavations sera réalisé à partir de
matériaux issus du site ;
SOL
FORMATION EXCAVATION
DE
RECOUVREMENT
AQUIFERE
ZONE NON
SATUREE
AQUIFERE NIVEAU
ZONE PIEZOMETRIQUE
SATUREE EN HAUTES EAUX

SUBSTRATUM

illustration 8 : Conditions d’interdiction des affouillements et excavations de faible superficie

- Excavations liées à la création de nouveaux plans d’eau et de retenues


collinaires (illustration 9) : interdiction si la profondeur de ces plans d’eau est
supérieure à l’épaisseur de la formation de recouvrement moins 2 m. Dans le cas

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 77


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

contraire, la création de plans d’eau peut éventuellement être autorisée, mais, il faut
obligatoirement y interdire l’usage de bateaux à moteurs pour les plans d’eau de
loisirs. Il faut interdire également les rejets, y compris les rejets d’eaux pluviales
venant de zones urbanisées.
SOL
FORMATION PLAN D’EAU
DE
RECOUVREMENT >2 M
AQUIFERE
ZONE NON
SATUREE
AQUIFERE NIVEAU
ZONE PIEZOMETRIQUE
SATUREE EN HAUTES EAUX

SUBSTRATUM

illustration 9 : Conditions d’admission des excavations liées à la création de plans d’eau

- Pieux (illustration 10) : interdiction des pieux dont la profondeur atteint le niveau de
la nappe en hautes eaux, tout au moins dans la zone la plus sensible du périmètre
de protection rapprochée. Il sera nécessaire d’imposer un remblaiement avec des
matériaux inertes, hors la partie cimentée ;
SOL
FORMATION
PIEUX
DE
RECOUVREMENT
AQUIFERE
ZONE NON
SATUREE
AQUIFERE NIVEAU
ZONE PIEZOMETRIQUE
SATUREE EN HAUTES EAUX

SUBSTRATUM

illustration 10 : Conditions d’interdiction des pieux

- Excavations liées à l’inhumation (cimetières et inhumations en terrains privés)


(illustration 11) : interdiction du creusement des tombes, donc interdiction de
nouveaux cimetières ou de poursuite d’inhumations dans les cimetières existants,
sauf lorsque le recouvrement est supérieur à 3 m et que le niveau de la nappe se
situe toujours à plus de 5 m de profondeur ;

78 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

SOL

EXCAVATION
>3M
AQUIFERE
ZONE NON >5M
SATUREE
AQUIFERE NIVEAU
ZONE PIEZOMETRIQUE
SATUREE EN HAUTES EAUX

SUBSTRATUM

illustration 11 : Conditions d’admission des excavations liées à l’inhumation

- Excavations liées à la création de nouveaux axes de communication


(illustration 12): interdiction si la hauteur des déblais peut être supérieure à
l’épaisseur du recouvrement moins 2 mètres

SOL
FORMATION EXCAVATION
DE
RECOUVREMENT >2M
AQUIFERE
ZONE NON
SATUREE
AQUIFERE NIVEAU
ZONE PIEZOMETRIQUE
SATUREE EN HAUTES EAUX

SUBSTRATUM

illustration 12 : Conditions d’admission des excavations pour la création d’axes de


communication

- Exploitation de matériaux non concessibles (carrières) et concessibles


(mines) : interdiction de toutes nouvelles carrières, gravières et exploitations
minières, quelle que soit la dimension, y compris leur extension. Pour les carrières
existantes, des aménagements peuvent être proposés notamment en ce qui
concerne les installations annexes nécessaires à l’exploitation (caractéristiques et
situation des cuves de stockage des carburants, installations de criblage, …) ;
- Défrichements et modifications des sols : préconisations visant les travaux
importants de défrichements des sols, afin qu’ils soient effectués en période de
basses eaux, que les sols superficiels soient conservés et que toute disposition soit
prise pour ne pas permettre d’aggraver leur érosion. Pour les défrichements des

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 79


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

zones boisées (bois taillis) en bordure de cours d’eau, l’interdiction peut être
proposée si ce type d’activités peut faciliter les modifications des berges et
augmenter les risques d’érosion de celles-ci. Il sera alors nécessaire de demander
que les coupes soient suivies de travaux de reconstitution artificielle dans les
meilleurs délais ;
- Curage de fossés, de rivières et de cours d’eau : ces travaux étant susceptibles
de fragiliser la couverture de l’aquifère, il peut donc être préconisé de limiter ces
curages aux embâcles et matériaux divers. Il faut éviter de supprimer les matériaux
tapissant leur fond et leurs parois.

4.9.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et


conditions d’écoulement)
- Augmentation des prélèvements dans l’aquifère : création de nouveaux puits
et forages : interdiction si, et seulement si, leur réalisation et leur exploitation
peuvent avoir un impact nettement marqué sur le captage d’EDCH concerné par la
définition des périmètres de protection. Ces nouveaux puits et forages doivent être
interdits lorsque la ressource risque d’être affectée quantitativement avec possibilité
de réduire le débit exploitable du captage d’EDCH et qualitativement, même si ces
ouvrages sont réalisés dans de bonnes conditions. Il est cependant nécessaire de
justifier que, quelles que soient les exigences qui pourraient être imposées pour ces
puits et forages, la protection de la ressource sollicitée par le captage d’ECDH ne
pourrait pas être assurée s’ils existaient ;
- Modifications des plans d’eau sur les rivières et fleuves, curage, dragage :
ces activités doivent être réglementées si ces cours d’eau sont en liaison avec la
nappe. Les seuils et éventuellement les piles de ponts à l'amont proche du captage
doivent être interdits si des phénomènes d’érosion régressive peuvent se produire.
Les aménagements des plans d’eau et cours d’eau en liaison avec la nappe devront
faire l’objet d’un document d’incidence pour les cours d’eau qui sont en liaison
directe avec la nappe. Pour les aquifères alluviaux déconnectés des cours d’eau ou
pour lesquels les liaisons sont peu ou pas marquées, de tels aménagements ne
seront pas a priori interdits, mais restent soumis à documents d'incidences prenant
en compte l'existence de la nappe ;
- Seuils, barrages : interdictions de toutes modifications des caractéristiques de
seuils, barrages sur cours d’eau et leur curage, si ces opérations peuvent modifier
sensiblement la position du plan d’eau superficielle et donc celui des eaux
souterraines et en conséquence modifier les conditions d’échange ;
- Gravières et carrières : interdictions des nouvelles carrières et gravières, même si
ces extractions sont réalisées sans modifier les écoulements de la nappe (gravières
hors d’eau ou gravière ne modifiant pas les isopiézes). Pour les carrières existantes,
des préconisations pourront être proposées, notamment en ce qui concerne les
installations annexes nécessaires à l’exploitation (caractéristiques et situation des
cuves de stockage des carburants) ;

80 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Réalimentations de nappes : ces recharges sont soumises à autorisation


(rubrique 2.3.2.0. résultant de l’application des articles L 214-1 à L 214-3 du Code
de l’Environnement). Le document d’incidence à produire devra prendre en compte
l’existence du captage d’EDCH et sa nécessaire protection.

4.9.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et


d’autres eaux (eaux superficielles et autres nappes)
- Création et entretien de puits et forages et aménagement des ouvrages
existants et exploités : tous les ouvrages devront être aménagés, y compris les
ouvrages exploités à des fins domestiques; pour ne pas mettre plusieurs nappes en
communication, ou ne pas favoriser l'infiltration d'eau de surface. Ces
aménagements visent notamment la cimentation de l’annulaire, le réhaussement de
la tête de forage, la protection de surface (référence réglementaire : arrêtés
ministériels du 11/09/2003, Règlement Sanitaire Départemental et norme AFNOR
NFX 10-999 d’avril 2007 concernnat les forages d’eau et de géothermie) ;
- Puits et forages désaffectés : préconisation visant à l’aménagement
systématique des têtes d’ouvrages, ou aux conditions de comblement ;
- Sondages de reconnaissance, de recherche, de surveillance : préconisation
visant à les reboucher avec des matériaux issus de la foration et cimentation en
tête, si ces ouvrages ne sont pas conservés en piézomètres ou qualitomètres. Dans
ce cas, l’orifice supérieur devra, sauf impossibilité technique, être placé à 0,50 m au
dessus de la cote des plus hautes eaux superficielles et muni d’un dispositif rendant
impossible la pénétration d’eau de surface. Les éventuels piézomètres et
qualitomètres (ouvrages destinés à la surveillance des niveaux ou de la qualité des
eaux souterraines) pouvant être préconisés dans le cadre de la mise en place d’un
plan de surveillance, doivent être réalisés selon les prescriptions des arrêtés
ministériels du 11 septembre 2003.

4.9.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une


source de pollution
- Infiltrations d’eaux pluviales de zones urbanisées, d’axes de communication :
nécessité de canaliser ces eaux à l’extérieur des périmètres de protection
rapprochée ou, en cas d’impossibilité, réalisation d’aménagements spécifiques
étanches (bassins de décantation devant assurer la rétention des flottants,
notamment les hydrocarbures, bassins d’évaporation) avec des caractéristiques qui
dépendront des débits et donc de la superficie des impluviums, de la nature des
zones drainées et des charges potentielles des effluents ;
- Infiltrations d’eaux usées : interdiction de toute réinjection d’eaux usées issues
de bâtiments et constructions individuels ou collectifs.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 81


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Centres de traitement ou de transit de déchets toutes catégories confondues,


y compris les dépôts de matériaux de démolition (Installation de Stockage de
Déchets Inertes) : interdiction ;
- Rejets de substances polluantes et/ou produisant des matières dangereuses
liés à l’implantation de nouvelles activités artisanales et industrielles
notamment les ICPE, y compris les installations d’exploitation et de traitement de
matériaux de carrières : interdiction si production d’eaux résiduaires ou d’effluents.
Pour les activités et installations existantes, des recommandations pourront être
formulées en termes d’aménagements, y compris en ce qui concerne les
installations annexes nécessaires à l’exploitation (caractéristiques et situation des
installations de stockage des carburants, concassage, broyage, aires d’entretien du
matériel, …) ;
- Rejets d’eaux résiduaires brutes ou issues de stations de traitement, y
compris par infiltration, des constructions collectives et individuelles :
interdiction des rejets d’eaux résiduaires domestiques au-delà de l’assainissement
non collectif des habitations existantes à l’intérieur des périmètres de protection
rapprochée ou tout au moins dans la zone la plus sensible. Les rejets
d’assainissement individuel pourront éventuellement être acceptés dans la zone la
moins sensible (délimitée en fonction des conditions hydrogéologiques) s’ils utilisent
une filière actuellement autorisée. Les canalisations d’eaux usées existantes
desservant des habitations devront être réglementées en imposant des vérifications
de l’étanchéité à une périodicité acceptable (tous les 5 ans). Les nouvelles
canalisations d’eaux usées résiduaires domestiques pourront être interdites
notamment dans la zone la plus sensible, ou réglementées en imposant une
étanchéité parfaite (le type de matériaux pour ces canalisations n’a cependant pas à
être prescrit – cela est du domaine du bureau d’études) et des vérifications
périodiques de leur étanchéité seront imposées ;
- Rejets d’eau résiduaires non domestiques brutes ou issues de stations de
traitement, y compris par infiltration : interdiction, sauf exception à motiver pour
les installations existantes ;
- Stockages d’hydrocarbures à usage non domestique : interdiction si la
couverture limoneuse ou argileuse est inférieure à 5 m et avec des perméabilités
supérieure à 10-6 m/s. Sinon, il faut dicter des préconisations visant à installer les
cuves hors sol avec un bac de rétention positionné sur pieds et d’un volume deux
fois supérieur au volume stocké, ou des cuves à double enveloppe. L’option de cuve
hors sol avec bac de rétention est à privilégier. Dans les cas les plus sensibles, il
peut être imposé que ces stockages soient installés sous abris couverts ;
- Epandages de matières de vidange, de boues résiduaires de stations de
traitement d’effluents de toute nature, de stations d’épurations ou encore de surplus
agricole : interdiction ;
- Rejets des effluents liés aux bâtiments d’élevage : les bâtiments d’élevage, les
structures annexes (fosses à purin ou à lisiers, fumières,…), ainsi que les rejets qui
en sont issus, devront être interdits dans la zone la plus sensible des périmètres de
protection rapprochée. Par contre, ces activités pourront éventuellement être
acceptées dans la zone moins sensible de ces périmètres, avec des prescriptions

82 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

particulières en termes de taille ou d’importance du cheptel et d’élimination des


effluents ;
- Parcage des animaux : éventuellement à interdire s’il n’existe pas de couverture à
l’aquifère. Si une couverture existe, ce type d’activité peut être toléré, mais les
dispositifs d’abreuvage et de ravitaillement devront être proscrits ;
- Pacage : limiter en fonction de la taille des troupeaux et interdire les zones
d’abreuvage et de ravitaillement en fonction de la vulnérabilité de l’aquifère Il peut
être proposé que dans lers périmètres de protection rapprochée en nappes
alluviales le pacage des animaux soit limité à la capacité de les nourrir sans apport
extérieur d’aliments ;
- Rejets des effluents de serres : interdiction de nouvelles serres, sauf si les
conditions de rejet ont été étudiées de manière à éviter tout rejet d’effluents dans le
milieu souterrain ou superficiel. Cela nécessite que les serres fonctionnent en circuit
fermé. Pour les serres existantes, les prescriptions techniques doivent porter sur les
conditions de rejet (localisation, dimensionnement et imperméabilisation des
bassins de lagunage et des bassins d’évaporation,…) ;
- Casses automobiles et aires de lavage des véhicules : interdiction ;
- Aires de stationnement de véhicules : interdiction pour une capacité d’accueil
supérieure à quelques véhicules, le seuil étant à fixer en fonction de la vulnérabilité
des terrains concernés, sauf si des aménagements sont réalisés avec récupération
des eaux de ruissellement et évacuation de préférence à l’aval du captage, voire à
l’extérieur du périmètre de protection rapprochée. Des aménagements spécifiques
peuvent aussi être préconisés, tels que l’imperméabilisation des surfaces
concernées et l’évacuation des eaux de ruissellement vers des bassins de
décantation avec rejet hors du PPR, dont les caractéristiques seront déterminées en
fonction du flux et de la charge polluante ;
- Axes de communication et aménagements linéaires : des aménagements
devront être proposés quant au recueil des eaux issues de la plate forme routière
avec notamment, l'aménagement de cette plateforme pour récupérer tous les
écoulements de cette voirie, y compris en cas d'accident, la création de bassins de
rétention situés si possible en dehors et à l'aval du PPR, ou sinon la création de
dispositifs totalement étanches, y compris ceux, situés dans le PPR, qui sont
destinés à la collecte et à l'évacuation des eaux issues de la plate forme.
- Implantations de canalisations souterraines transportant des eaux
résiduaires industrielles ou des hydrocarbures : interdiction ;
- Stockages existant et futur d’hydrocarbures à usage domestique : (moins de
3 000 litres) : activités à réglementer en imposant la mise hors sol de ces cuves de
stockage et avec un bac de rétention d’une capacité d’un volume supérieur (1,5 à 2
fois) au volume d’hydrocarbure stocké. Si les constructions sont inexistantes et
interdites, ces stockages devront eux mêmes être interdits ;
- Campings : limiter la taille des campings et/ou interdire les constructions, les blocs
sanitaires, les points d'eau, les réseaux, les points de concentration de pollution, en
fonction du degré de vulnérabilité de la nappe au niveau du captage étudié ;

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 83


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Réinjection d’eaux issues d’un doublet géothermique : interdiction. Par contre,


les sondes géothermiques ne sont pas interdites a priori. Cependant, les sondages
devront être réalisés en respectant l’engagement qualité des foreurs des sondes
géothermiques. ;
- Remblais : les remblais ne peuvent être autorisés que s’ils sont réalisés avec des
matériaux du site et/ou de matériaux exempts de substances susceptibles de porter
atteinte à la qualité de l’eau souterraine ;
- Constructions ou modifications de voirie existante ou future : Interdire la
construction de nouvelles voies de communication routières notamment lorsque le
recouvrement est totalement inexistant. Les interdictions peuvent ne viser que les
transports de matières dangereuses. S’il existe un recouvrement de la nappe et qu’il
n’est pas totalement affecté par les travaux, des préconisations pourront porter sur
le maintien d'une certaine hauteur de recouvrement, sur l’étanchéité du revêtement
de la chaussée et de ses annexes, sur les caractéristiques de la plateforme pour
retenir les véhicules et les rejets en cas d'accident, sur la collecte et l’évacuation
des effluents, ainsi que, éventuellement, sur l’implantation, le dimensionnement des
bassins de rétention et l’évacuation de ces effluents. Ces préconisations pouront
également porter sur la réalisation d’infrastructures spécifiques (glissières,
caniveaux, cunettes cimentées,…) ;
- Transport de matières dangereuses : interdiction de ces transports notamment
dans la zone la plus sensible du périmètre de protection rapprochée, ou
réglementation en imposant des aménagements sur les voies de communication
(glissières de sécurité, ouvrages de rétention des véhicules sur la voie,…).

4.9.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides


- Aires de remplissage et de lavage des pulvérisateurs utilisés pour le
traitement des cultures, installations de stockage de produits
phytosanitaires : interdiction pour les installations futures sur tout ou partie du
périmètre. Des interdictions peuvent aussi être proposées en cas de création ou de
réhabilitation de fossés pouvant accélérer le transfert de produits phytosanitaires
vers la nappe. En ce qui concerne les installations existantes, leur déplacement en
aval écoulement hors du PPR sera préconisé ;

4.9.6. Limiter les risques de pollution diffuse

Même si l’outil pour lutter contre les pollutions diffuses ne réside pas dans l’instauration
des périmètres de protection, ces actions spécifiques devant être menées à l’échelle
du bassin versant, il n’en demeure pas moins que des préconisations visant à diminuer
ces risques de dégradation de la qualité de l’eau peuvent être édictées dans les
procédures d’instauration des périmètres de protection des captages d’EDCH.

84 Les nappes libres alluviales BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Utilisation d’engrais, de composés azotés et de produits phytosanitaires: Il


peut être nécessaire de dicter des préconisations visant à limiter les intrants, telles
que les mises en culture « d’hiver » notamment lors des périodes de réalimentation
des aquifères (de septembre à avril). Si l’aire d’alimentation du captage est
identique au PPR, il peut être opportun d’interdire l’utilisation des herbicides pour les
cultures pérennes, notamment quand on dépasse les normes sanitaires relatives
aux herbicides ou quand on les détecte couramment. Si l’on détecte aussi des
fongicides et des insecticides à des concentrations supérieures à la norme, il faut
alors interdire les cultures avec apport de produits phytosanitaires. En cas de
détection de pesticides de manière récurrente, on interdira les cultures non
pérennes, hormis les cultures biologiques (sans produits phytosanitaires de
synthèse). Si les cultures n’existent pas dans ce périmètre, il est opportun par
mesure de prévention de les interdire. Si le PPR est plus petit que l‘aire
d’alimentation du captage (situation courante) c’est l’outil relatif au programme
d’actions qui doit être utilisé pour maitriser les risques de pollution diffuse. La mise
en place de cette démarche pourra être demandée si elle n’existe pas encore. A
priori, l’hydrogéologue agréé n’aura pas à fixer, sauf exception, de prescriptions à
ce sujet. Une démarche devra être menée dans l’aire d’alimentation du captage en
se référant aux documents de la Cellule d’Etude et de Recherche sur la Pollution de
l’Eau par les produits phytosanitaires (CERPE) en Languedoc Roussillon ;
- Usage de produits phytosanitaires pour l’entretien des accotements de
chaussée et voies de communication : interdire l’utilisation de ces produits sauf
impossibilité technique dans des secteurs limités (tonte impossible). Dans ces cas, il
faudra prévoir des prescriptions en s’appuyant sur les documents de la CERPE.

C. Périmètre de protection éloignée


En ce qui concerne le périmètre de protection éloignée, les recommandations visent à
faire respecter scrupuleusement la réglementation existante. Elles peuvent aussi viser
le contrôle des risques de pollution diffuse. Dans les nappes alluviales, où l’activité
agricole est le plus souvent très développée, l'attention peut être appelée sur la
nécessité de mettre en place des programmes d’action visant à limiter les intrants,
voire à les supprimer lorsque certaines molécules ou leurs métabolites ont été
détectées lors de l’analyse de l’eau.

Un suivi analytique renforcé peut aussi être préconisé (analyse de type multirésidus ou
analyse des molécules identifiées) à une fréquence adaptée aux évolutions liées à la
recharge de la nappe.

En parallèle à l'
instauration des périmètres de protection, il peut être utile de
préconiser la mise en place de plans d'alerte à l'échelle du bassin versant
superficiel.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes libres alluviales 85


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

5. Les aquifères libres de socle

Dans les départements du Gard et de l’Hérault, les formations de socle affleurent très
largement avec les Cévennes, le massif de l’Aigoual et la Montagne Noire. Les
formations sont représentées par des schistes, micaschistes, gneiss et granites. Les
captages actuellement exploités pour l’EDCH sollicitent essentiellement les formations
superficielles d’altération, la partie fissurée plus profonde pouvant aussi s’avérer
aquifère et exploitée par forage.

illustration 13 : caractérisation des aquifères de socle

5.1. CARACTERISATION

On peut distinguer deux types de ressources en eau souterraine dans les formations
de socle avec, d’une part, l’eau qui circule dans les formations superficielles liées
aux altérites et qui peuvent donc être en interconnexion directe avec les eaux de
surface et, d’autre part, l’eau qui circule dans les fissures et fractures des roches.
Dans ce cas, l’eau souterraine n’est plus en liaison directe avec la surface. La
fracturation varie en intensité et en degré de connexion suivant la profondeur.

Lorsque les captages sollicitent les formations arénisées, la relation directe avec les
eaux superficielles dépend beaucoup de la nature de ces formations. Elles peuvent
être plus ou moins grossières (plus grossières dans les granites et plus argileuses
dans les faciès schisteux) et donc plus ou moins perméables. Parfois, il s’agit d’un
niveau semi-perméable à imperméable qui peut rendre plus ou moins captif l’aquifère
fissuré sous jacent.

Les eaux souterraines des aquifères fissurés de socle montrent généralement un


temps de résidence supérieur comparé à l’aquifère de la zone altérée et parfois une
zone d’alimentation différente.

L’eau qui circule dans les altérites est peu profonde, eu égard le plus souvent à la
faible épaisseur d’altération dans les deux départements du Gard et de l’Hérault, soit

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres de socle 87


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

généralement moins de 30 m, voire même nettement moins. Cette épaisseur d’altérite


est liée aux conditions structurales et morphologiques. Elle est aussi fortement
dépendante de la pente avec une érosion sur pentes fortes et, au fur et à mesure de
l’altération, une accumulation de matériaux. Le drainage se fait vers des sources
ponctuelles ou diffuses, ou vers des fonds de vallées.

Plus en profondeur, dans les milieux fissurés, les circulations de fluide et le transport
de matière sont fortement dépendants de la géométrie du réseau de fractures. La
probabilité d’ouverture de la fissuration et des connexions entre fractures devient de
plus en plus faible avec la profondeur.

5.2. LES RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES EN AQUIFERES


DE SOCLE

En fonction de ces caractéristiques, les risques de pollution des captages dans les
aquifères de socle peuvent être sensiblement différents. Dans la zone d’altérites, les
relations avec la surface sont potentiellement importantes en raison de l’absence, ou la
quasi absence, de couverture du réservoir et à la faible profondeur de l’eau. En
conséquence, les risques de contamination sont élevés puisqu’il s’agit de nappes très
superficielles. L’ouvrage de captage lui-même peut constituer un vecteur de
contamination si ses caractéristiques ne sont pas adaptées.

Les eaux souterraines en milieu fissuré circulent généralement à une profondeur plus
importante, avec le plus souvent une couverture d’altérite qui peut constituer une
protection plus ou moins efficace en fonction de la texture des formations.

Les captages sollicitent parfois une ressource contenue dans la zone d’altérites et les
formations fissurées plus profondes, en continuité avec les altérites. Les deux niveaux
sont généralement en liaison hydraulique et il n’existe pas d’écran semi-perméable ou
imperméable entre les deux niveaux.

Afin de définir les périmètres de protection, il est nécessaire de connaître


l’origine de l’eau captée par l’ouvrage. Cette origine peut correspondre aux
altérites, à la partie plus profonde fissurée, voire aux deux niveaux aquifères.

Localement, la présence éventuelle d’éléments trace, tels que l’arsenic ou l’antimoine,


avec parfois des concentrations pouvant dépasser les seuils autorisés pour de l’eau
distribuée au public incitent, pour ces aquifères de socle, à vérifier précisément les
risques de rencontrer de telles substances, en fonction du contexte géochimique.

5.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN AQUIFERES DE SOCLE

La zone d’étude doit correspondre à l’aire d’alimentation du captage. Il importe


tout d’abord de préciser l’origine de l’eau obtenue dans l’ouvrage étudié, c’est-à-dire,
soit les altérites, soit les fissures plus profondes, soit le mélange des deux origines.

88 Les aquifères libres de socle BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Pour les captages, dans les altérites, la zone d’étude correspond le plus souvent
à l’ensemble du bassin versant topographique des eaux superficielles. Il est utile
de posséder les informations relatives au type de circulation et au temps de transfert
jusqu’au captage. Si la circulation se fait dans les altérites, le temps de séjour
correspond à plusieurs dizaines de jours pour un transfert de l’ordre de la centaine de
mètres. Dans cette délimitation de la zone d’étude, il faut prendre en compte le rôle
des ruisseaux et cours d’eau et les éventuelles relations hydrauliques avec ces
derniers.

Pour les captages qui exploitent l’eau souterraine dans le socle fissuré, ce sont
les conditions structurales qui vont orienter la délimitation de la zone d’étude
ainsi que le débit potentiel d’exploitation (couple débit/rabattement).

5.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE DES


CAPTAGES EN AQUIFERES DE SOCLE.

En ce qui concerne les sources, le débit d’exploitation maximal doit prendre en


compte le débit d’étiage. Il faut noter que le débit finalement autorisé devra en outre
respecter les principes définis au titre du code de l’environnement. Ainsi, en général,
seule une partie du débit disponible pourra être exploitée, le reste devant rejoindre le
cours d’eau auquel la source donne naissance.

Il faut encore rappeler que ces formations de socle contribuent très largement à
régulariser le débit des cours d’eau, notamment en période d’étiage.

Pour les forages, un essai de pompage doit être réalisé. Au minimum, cet essai
doit fournir un ou plusieurs couples de valeurs débit - rabattement, afin d’évaluer le
débit critique de l’ouvrage. Par ailleurs, le suivi continu des paramètres de débit et de
niveau est indispensable, à l’exception des forages exploités quelques heures par jour
et à très faible débit. Ce suivi doit permettre d’identifier d’éventuelles conditions aux
limites (limite étanche en cas d’atteinte d’un compartiment imperméable, limite de
réalimentation par un plan d’eau par exemple).

5.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION DES CAPTAGES EN AQUIFERES DE
SOCLE

Afin de définir les périmètres de protection immédiate des captages en aquifères de


socle et notamment pour les ouvrages qui sollicitent les arènes, il est nécessaire de
connaître précisément les caractéristiques techniques de l’ouvrage, avec notamment
l’extension précise des drains et galeries, leur profondeur et leur orientation. Un
schéma orienté de ces aménagements doit être fourni à l’hydrogéologue agréé.
Pour les sources, puits et forages sollicitant les formations altérées de surface, les
données nécessaires afin de délimiter les périmètres de protection rapprochée
sont :

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres de socle 89


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- la nature, l’épaisseur et la perméabilité des altérites ;


- le sens d’écoulement qui peut être déterminé en fonction des conditions
topographiques, soit de manière plus précise à partir de mesures piézométriques
qui peuvent être effectuées, telles que celles réalisées en milieu à perméabilité
d’interstices (nappe alluviale notamment) ;
- la topographie des lieux et la délimitation du bassin versant topographique ;
- la morphologie du bassin versant ;
- la zone d’alimentation dont la superficie peut être appréhendée à partir des
données relatives aux débits de l’ouvrage et à la pluie efficace ;
- lorsqu’il s’agit de forages, la description précise des terrains traversés, ainsi que les
données géologiques recueillies lors des reconnaissances préliminaires, afin de
mieux appréhender les relations et le sens des échanges entre la partie superficielle
du réservoir et les niveaux fissurés plus profonds ;
- le débit de l’ouvrage. Il est utile de connaître le débit moyen et d’étiage, mais aussi
les variations possibles en fonction de la recharge. Les dates de mesures
ponctuelles doivent être repositionnées par rapport aux chroniques de données
pluviométriques. Il est conseillé d’avoir une estimation du débit moyen du cours
d’eau dans lequel se déverse l’eau de cette source, ainsi que de ses variations
potentielles.

En ce qui concerne les forages sollicitant les formations de socle fissuré, la


définition du périmètre de protection rapprochée est basée sur l’existence ou non d’une
couverture altéritique. La circulation des eaux dépend alors de la présence ou non de
ces altérites, de la connexion du milieu fissuré avec les altérites, de l’importance des
fractures, de l’ouverture et du remplissage de ces fractures et de la connexion entre
ces fractures. La délimitation du périmètre est dépendante du cône d’influence
provoqué par le pompage. Il peut être ovalisé, eu égard aux limites étanches que
constituent les épontes de la zone fracturée (caisse de faille).

5.6. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN AQUIFERES


DE SOCLE

La délimitation du périmètre de protection immédiate (voir illustration 14) devra donc


tenir compte de l’emprise globale de l’ouvrage et des annexes (drains, galeries,…).
Une distance minimale (à adapter au contexte local) de 10 à 15 m en amont et
latéralement (distances par rapport aux extrémités des drains) et de l’ordre de 5 m en
aval des ouvrages parait suffisante pour les sources avec drains associés. Ces
distances sont comprises à partir de l’extrémité du captage. Pour les puits et forages,
l’étendue du périmètre de protection immédiate tient compte de la nécessité
d’intervenir sur le site avec du matériel de chantier (réaménagement,
reconditionnement, inspection) et des installations annexes au captage (station de
pompage). Des mesures visant au maintien, voire à l’amélioration, ainsi qu’à l’entretien
des ouvrages doivent être édictées.

90 Les aquifères libres de socle BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Sens d’écoulement
10 m des eaux souterraines

Drain 1
10 m

Drain 2
Bassin collecteur

5m

Bassin de décantation Périmètre de protection


immédiate (clôture)

illustration 14 : Schéma de principe des limites du périmètre de protection immédiate pour des
captages avec drains

En ce qui concerne l’étendue du périmètre de protection rapprochée, il est


nécessaire tout d’abord de connaître précisément l’origine de l’eau. Si l’ouvrage capte
les formations altéritiques, leur nature, leur texture et leur extension sont des
éléments indispensables pour délimiter ce périmètre. Il est souvent confondu avec le
bassin versant des eaux superficielles. Cela est acceptable, sous réserve que son
extension soit relativement modeste. Les vitesses de transfert dans ce type de milieu
sont difficiles à appréhender, ne serait ce que par manque de données et eu égard à
l’hétérogénéité du milieu. Cependant, si la zone d’alimentation globale peut
effectivement être assimilée au bassin versant des eaux superficielles, l’incorporation
de la totalité du bassin versant des eaux superficielles ne doit pas constituer la règle,
même si les prescriptions qui seront appliquées resteront peu contraignantes en
fonction de la pression anthropique sur ces zones.

Dans ce contexte (captage sollicitant les formations altéritiques de socle), la


délimitation du périmètre de protection rapprochée est basée sur le temps de transfert.
Pour éviter le surdimensionnement du PPR et de ne pas disproportionner le périmètre
de protection rapprochée par rapport au débit du captage, il est intéressant de mettre
en relation le débit de l’ouvrage avec la pluie efficace du secteur concerné (volume
annuel écoulé à la source / hauteur annuelle de pluie efficace).

Il reste souvent difficile d’évaluer l’étendue du PPR dans ce type de milieu, d’autant
plus que l’hétérogénéité est très fréquente. Il est cependant nécessaire de tenir compte
du sens d’écoulement, de la nature et de l’épaisseur des formations d’altération et des
gradients potentiels des eaux souterraines.

En fonction de la sensibilité locale, de l’extension de l’aire d’alimentation (AAC) du


captage et des conditions hydrogéologiques et environnementales, tout ou partie de

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres de socle 91


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

cette AAC située au-delà du périmètre de protection rapprochée peut alors être
classée en périmètre de protection éloignée.

Si l’ouvrage capte la partie fissurée de la formation de socle, l’étendue du


périmètre de protection sera basée sur l’orientation de la fracturation, son
développement potentiel dans l’espace, mais aussi sur l’éventuelle connexion avec la
partie altérée. Dans ce type de milieu, la méthodologie DISCO peut être utilisée. Elle
repose sur les paramètres liés aux discontinuités qui caractérisent le transfert d’eau au
sein de l’aquifère fissuré entre la zone d’infiltration et le captage, à la couverture
protectrice pouvant retarder ou déplacer l’effet protecteur du sol et des formations
situées au-dessus de l’aquifère et au ruissellement avant infiltration.

5.7. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERE DE SOCLE DANS LES


PERIMETRES DE PROTECTION RAPPROCHEE

Il importe de bien connaître les interactions entre la zone d’altérites et la partie


fissurée plus profonde de l’aquifère pour proposer des préconisations bien
adaptées dans le cas des captages sollicitant les ressources en eau issues du
socle fissuré.

Pour les captages sollicitant la partie fissurée plus profonde, les préconisations
pourront être assouplies, en fonction de la profondeur de la zone fissurée, de la
situation de l’aire d’alimentation et des interconnexions potentielles entre les altérites et
la partie fracturée, donc productrice de l’aquifère. Les préconisations visant à ne pas
réduire l’épaisseur de l’éventuel recouvrement et/ou de la zone non saturée seront
moins contraignantes qu’en milieu altéritique, notamment pour tout ce qui touche aux
affouillements, excavations, déblais et curage de fossés et cours d’eau, dont l’impact
sur la ressource en eau située dans la partie fracturée des formations de socle peut
s’avérer très limité, voire nul.

Lorsque la ressource est limitée, ce qui est notamment le cas pour les aquifères de
socle, la protection quantitative peut être réalisée par le biais de l’interdiction des
forages privés dans tout ou partie du périmètre de protection rapprochée. Il est
nécessaire cependant de démontrer que l’exploitation de ces ouvrages privés
peut porter préjudice, notamment en terme de quantité, à la ressource exploitée
par le captage public. C’est notamment le cas lorsqu’il y a de nombreux forages
privés dans le périmètre de protection rapprochée.

92 Les aquifères libres de socle BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

5.8. PRECONISATIONS CLASSEES EN FONCTION DES DIFFERENTS


ENJEUX

Les prescriptions proposées seront modulées selon que le captage sollicite soit
la zone d’altération, soit la partie fissurée plus profonde de ces formations de
socle, soit encore les deux horizons.

Dans les deux départements du Gard et de l’Hérault, pour les captages sollicitant la
zone d’altération superficielle, même lorsque l’on capte des terrains arénisés proches
de la surface du sol, les transferts entre les eaux superficielles et les eaux contenues
dans les altérites peuvent localement s’avérer peu rapides, en raison de la présence
d’un sol relativement argileux. En conséquence, les prescriptions devront en tenir
compte.

5.8.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection


- Affouillements et excavations non remblayés, remblayés ou partiellement
remblayés, à l’exception des terrassements de faible superficie dans les
altérites liés soit à la réalisation de nouvelles constructions, y compris l’extension de
constructions existantes, soit à la création de nouveaux axes de communication et
de nouveaux plans d’eau et de retenues collinaires : interdiction ou réglementation
selon la profondeur des travaux par rapport à l’épaisseur d’altérites et leur
superficie. Hormis d’éventuelles interdictions, il pourra être proposé que les
remblaiements soient effectués avec des matériaux inertes issus du site. Les
excavations de faible superficie (moins de 100 m2) nécessaires à la création de
constructions individuelles ne seront pas interdites a priori, sauf conditions
particulières. Les affouillements et excavations risquant d’affecter les débits de la
source (profondeur à définir au cas par cas) devront être interdits. La superficie en
deçà de laquelle ces excavations ne sont pas interdites peut être modulée, en
particulier si le périmètre est délimité en deux zones de protection ou plus ;
- Excavations liées à l’inhumation (cimetières et inhumations en terrains
privés) : interdiction du creusement des tombes, donc interdiction de nouveaux
cimetières, sauf conditions particulières (altérites peu perméables, …), ou
localisation dans une zone plus lointaine par rapport au captage et moins sensible ;
- Excavations liées à l’exploitation de carrières et mines : interdiction de toutes
nouvelles carrières, gravières et exploitations minières, quelle que soit leur
dimension, y compris leur extension. Pour les carrières existantes, des
aménagements peuvent être proposés notamment en ce qui concerne les
installations annexes nécessaires à l’exploitation (caractéristiques et situation des
cuves de stockage des carburants, installations de criblage, ..) ;
- Curage de fossés, de rivières et de cours d’eau : à réglementer en fonction du
rôle du cours d’eau par rapport à la zone d’altérites, ou à la partie fracturée de
l’aquifère

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres de socle 93


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Modifications des zones boisées: interdire tout changement d’affectation ou tout


mode d’occupation des parcelles actuellement boisées de nature à compromettre la
conservation ou la protection des boisements et notamment tout défrichement.

5.8.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et


conditions d’écoulement)
- Augmentation des prélèvements dans l’aquifère : création de nouveaux puits et
forages, y compris les forages sollicitant la partie plus profonde, fracturée de
l’aquifère : interdiction si, et seulement si, leur réalisation et leur exploitation peut
avoir un impact nettement marqué sur le captage d’EDCH concerné. Ces nouveaux
puits et forages privés doivent être interdits lorsque la ressource risque d’être
affectée quantitativement, avec possibilité de réduire le débit exploitable du
captage d’EDCH, et qualitativement, même si ces ouvrages sont réalisés dans de
bonnes conditions. Il est cependant nécessaire de justifier que, quelles que soient
les exigences qui pourraient être imposées pour ces puits et forages, la protection
de la ressource sollicitée par le captage d’EDCH ne pourra pas être assurée s’ils
existaient.
- Activités susceptibles de modifier l’écoulement des eaux : à interdire lorsque
ces activités peuvent avoir un impact négatif en terme de débit exploitable au niveau
du captage. Cela vise les actions touchant le drainage et le curage de cours d’eau,
ou de plans d’eau, la création de pistes forestières, le déblaiement,…).
- Modifications des zones boisées: si de telles modifications sont susceptibles
d’affecter le débit du captage, il peut être nécessaire de les interdire.
- Imperméabilisation : l’imperméabilisation des terrains sur des superficies
importantes par rapport à l’étendue du PPR peut aussi entrainer des diminutions de
débit. De telles activités peuvent alors être réglementées (en fonction de la taille),
voire interdites.

5.8.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et


d’autres eaux (eaux superficielles et autres nappes)
- Création de puits et forages et aménagement des ouvrages existant : tous les
ouvrages, y compris les ouvrages exploités, devront être aménagés afin de ne pas
mettre en communication par l’espace annulaire les eaux superficielles avec les
eaux souterraines captées et ne pas favoriser l'infiltration d'eau de surface. Ces
aménagements visent notamment la cimentation de l’annulaire, le réhaussement de
la tête de forage, la protection de surface ;
- Puits et forages désaffectés : préconisation visant à l’aménagement
systématique des têtes d’ouvrages, ou aux conditions de comblement ;
- Sondages de reconnaissance ou de recherche : préconisation visant à les
reboucher avec des matériaux issus de la foration et cimentation en tête, si ces

94 Les aquifères libres de socle BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

ouvrages ne sont pas conservés en piézomètres ou qualitomètres. Dans ce cas,


l’orifice supérieur devra, sauf impossibilité technique, être placé à 0,50 m au dessus
de la cote des plus hautes eaux superficielles et muni d’un dispositif rendant
impossible la pénétration d’eau de surface. Les éventuels ouvrages destinés à la
surveillance des niveaux ou de la qualité des eaux souterraines pouvant être
préconisés dans le cadre de la mise en place d’un plan de surveillance, doivent être
réalisés selon les prescriptions des arrêtés ministériels du 11 septembre 2003 et de
la norme AFNOR NFX 10-999 d’avril 2007 relative aux forages d’eau et de
géothermie ;
- Infiltrations d’eaux pluviales de zones urbanisées, d’axes de communication :
hormis les évacuations diffuses, nécessité de canaliser ces eaux issues du
ruissellement sur des zones intensément urbanisées à l’extérieur des périmètres de
protection rapprochée ou réalisation d’aménagements spécifiques (bassins de
décantation devant assurer la rétention des flottants, notamment les hydrocarbures,
bassins d’évaporation) avec des caractéristiques qui dépendront des débits et donc
de la superficie des impluviums, de la nature des zones drainées et des charges
potentielles des effluents. Ces préconisations pourront être assouplies notamment
dans les zones les moins sensibles de ces périmètres. Les eaux issues du
ruissellement sur des surfaces très limitées (moins de 100 m2 environ) ne sont pas
concernées par ces prescriptions.

5.8.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une


source de pollution
- Centres de traitement ou de transit de déchets toutes catégories confondues, y
compris les dépôts de matériaux de démolition : interdiction ;
- Carrières : pour les carrières existantes, des aménagements peuvent être
proposés notamment en ce qui concerne les installations annexes nécessaires à
l’exploitation (caractéristiques et situation des cuves de stockage des carburants,
installations de concassage et de criblage, …). Les nouvelles carrières et les
extensions doivent être interdites ;
- Rejets de substances polluantes et/ou produisant des matières dangereuses
liés à l’implantation de nouvelles activités artisanales et industrielles : interdiction s’il
y a production d’eaux résiduaires ou d’effluents industriels ;
- Rejets d’eaux résiduaires des constructions collectives et individuelles :
interdiction des rejets d’eaux résiduaires domestiques collectives à l’intérieur des
périmètres de protection rapprochée ou tout au moins dans la zone la plus sensible.
Les rejets d’assainissement individuel pourront être acceptés s’ils utilisent une filière
actuellement autorisée, sauf si ces assainissements autonomes se localisent à très
faible distance en amont du captage (zone la plus sensible du périmètre de
protection rapprochée). Les canalisations d’eaux usées existantes desservant des
habitations devront être réglementées en imposant des vérifications de l’étanchéité
à une périodicité acceptable (tous les 5 ans). Les nouvelles canalisations d’eaux
usées résiduaires domestiques pourront être interdites notamment dans la zone la

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres de socle 95


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

plus sensible, ou réglementées en imposant une étanchéité parfaite (le type de


matériaux pour ces canalisations n’a cependant pas à être prescrit – cela est du
domaine du bureau d’études). Des vérifications périodiques de leur étanchéité
seront imposées ;
- Infiltrations d’eaux résiduaires dans le sous sol : interdiction. On peut imposer
que le rejet d’eaux résiduaires se fasse à l’extérieur du périmètre de protection
rapprochée ;
- Stockage existant et futur d’hydrocarbures à usage domestique : (moins de
3 000 litres) : activités à réglementer en imposant la mise hors sol de ces cuves de
stockage et avec un bac de rétention d’une capacité d’un volume supérieur au
volume d’hydrocarbures stockés ;
- Stockage d’hydrocarbures à usage non domestique : interdiction si l’épaisseur
d’altérites est inférieure à 5 m et avec des perméabilités supérieures à 10-6 m/s
environ. Dans le cas contraire, il sera préconisé d’installer les cuves hors sol avec
un bac de rétention d’un volume 1,5 à 2 fois supérieur au volume stocké, ou à
mettre en place des cuves à double enveloppe (l’option de cuves hors sol avec bac
de rétention est à privilégier). Les préconisations de l’arrêté ministériel du 1er juillet
2004 seront scrupuleusement respectées ;
- Epandage de boue de vidange, de station de traitement d’effluents de toute
nature, de stations d’épurations ou encore de surplus agricole : interdiction ;
- Rejets des effluents de serres : interdiction pour les nouvelles serres, sauf si les
conditions de rejet ont été étudiées de manière à éviter tout rejet d’effluents dans le
milieu souterrain ou superficiel. Cela nécessite que les serres fonctionnent en circuit
fermé. Pour les serres existantes, les prescriptions techniques doivent porter sur les
conditions de rejet (localisation, dimensionnement et imperméabilisation des
bassins de lagunage et des bassins d’évaporation,…) ;
- Rejets des effluents liés aux bâtiments d’élevage et au parcage d’animaux
domestiques : les structures annexes (fosses à purin ou à lisiers, fumières,…) et
les parcages devront être interdits dans la zone la plus sensible des périmètres de
protection rapprochée. Par contre, ces activités pourront être acceptées dans la
zone la moins sensible de ces périmètres avec des prescriptions particulières en
terme de taille ou d’importance du cheptel ;
- Aires de lavage des véhicules et casses automobiles : interdiction pour une
capacité d’accueil supérieure à quelques véhicules, le seuil étant à fixer en fonction
de la vulnérabilité des terrains concernés, sauf si des aménagements sont réalisés
avec récupération des eaux de ruissellement et évacuation le plus loin possible du
captage, voire à l’extérieur du périmètre de protection rapprochée. Il peut aussi être
préconisé de réaliser des aménagements spécifiques, tels que l’imperméabilisation
des surfaces concernées et l’évacuation des eaux de ruissellement vers des
bassins de décantation dont les caractéristiques seront déterminées en fonction du
flux et de la charge polluante ;
- Aires de stationnement de véhicules : interdiction pour une capacité d’accueil de
plus de 50 véhicules, sauf si des aménagements sont réalisés avec récupération
des eaux de ruissellement et évacuation vers l’extérieur du périmètre de protection

96 Les aquifères libres de socle BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

rapprochée ou réalisation d’aménagements spécifiques, tels que les bassins de


décantation, dont les caractéristiques seront déterminées en fonction du flux et de la
charge polluante ;
- Implantation de canalisations souterraines transportant des eaux résiduaires
industrielles ou des hydrocarbures : interdiction ;
- Campings : limiter la taille des campings en fonction du degré de vulnérabilité de
l’aquifère au niveau du captage étudié et de l’emprise du périmètre de protection
rapprochée ;
- Réinjection d’eaux issues d’un doublet géothermique : interdiction. Par contre,
les sondes géothermiques ne sont pas interdites a priori ;
- Remblais : les remblais ne peuvent être autorisés que s’ils sont réalisés avec des
matériaux du site et/ou de matériaux exempts de substances susceptibles de porter
atteinte à la qualité de l’eau souterraine ;
- Construction ou modification de voirie existante ou future : en fonction de la
nature des altérites (matrice argileuse développée), ces créations de voie de
communication pourront être tolérées sous réserve de dicter des préconisations
visant à l’étanchéité du revêtement de la chaussée et des annexes, à la collecte et
l’évacuation des effluents, ainsi qu’à l’implantation et au dimensionnement des
bassins de rétention et à l’évacuation de ces effluents ou encore à la réalisation
d’infrastructures spécifiques (glissières, caniveaux, cunettes cimentées,…).
L’importance des préconisations sera adaptée à l’importance de la voie de
circulation concernée ;
- Transport de matières dangereuses : interdiction de ces transports notamment
dans la zone la plus sensible du périmètre de protection rapprochée, ou
réglementation en imposant des aménagements sur les voies de communication
(glissières de sécurité, ouvrages de rétention des véhicules sur la voie,…).

5.8.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides


- Aires de remplissage et de lavage des pulvérisateurs utilisés pour le
traitement des cultures, installations de stockage de produits
phytosanitaires : il peut être préconisé d’interdire les installations futures sur tout
ou partie du périmètre. En ce qui concerne les aires de remplissage existantes, leur
déplacement en aval écoulement hors du PPR sera préconisé ou, en cas
d'impossibilité majeure, leur mise aux normes sera demandée ;

5.8.6. Limiter les risques de pollution diffuse


- Dans les départements du Gard et de l’Hérault, il n’y a généralement pas ou peu
d'utilisation d'intrants ou de produits phytosanitaires, compte tenu de l'occupation
des sols en formations de socle. L'interdiction pourra être prescrite par mesure de
précaution.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres de socle 97


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Cependant, dans certains contextes particuliers et notamment lorsque l’emprise du


périmètre de protection rapprochée peut être partiellement occupée par des cultures
relativement intensives avec utilisation de composés azotés ou de produits
phytosanitaires, l'interdiction est également souhaitable, mais une analyse plus fine
de la situation devra être menée afin de juger de la pertinence de la prescription au
regard de la situation du périmètre de protection par rapport à l’aire d'alimentation
du captage et de la situation des zones cultivées par rapport au captage. Des
prescriptions peuvent être dictées afin de limiter l’usage de telles substances, ou de
les interdire. Cela peut notamment être le cas lorsque des parcelles cultivées se
localisent en amont et à faible distance du captage. Pour les ouvrages ne sollicitant
que la zone fissurée plus profonde sous les altérites, ce type d’interdiction a priori
ne semble pas devoir être proposée ;
- Si l’aire d’alimentation du captage (AAC) est identique au périmètre de protection
rapprochée, il peut être utile d’interdire l’utilisation des herbicides pour les cultures
pérennes quand on dépasse les normes sanitaires relatives aux herbicides ou
quand on les détecte couramment. Si l’on détecte aussi des fongicides et des
insecticides à des concentrations supérieures à la norme, il faut alors interdire les
cultures à l’exception des cultures biologiques. En cas de détection de pesticide de
manière récurrente, on interdira les cultures non pérennes, hormis les cultures
biologiques ;
- Si le périmètre de protection rapprochée ne constitue qu’une partie de l’aire
d’alimentation du captage, c’est l’outil relatif au programme d’actions contre les
pollutions diffuses qui doit être utilisé pour maitriser les risques liés à ce type de
pollution ;
- Pour l’entretien des accotements de chaussée et voies de communication, il sera
nécessaire d’interdire l’utilisation des produits phytosanitaires, sauf impossibilité
technique dans des secteurs limités. Dans ces cas, il faudra prévoir des
prescriptions en s’appuyant sur les documents de la Cellule d’Etude et de
Recherche sur la Pollution par les Produits Phytosanitaires dans l’Eau (CERPE) en
Languedoc Roussillon.

5.9. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERE LIBRE DE SOCLE DANS LE


PERIMETRE DE PROTECTION ELOIGNEE

Dans le périmètre de protection éloignée, les recommandations visent à faire respecter


scrupuleusement la réglementation existante. Elles peuvent aussi informer sur les
risques de pollution diffuse.

98 Les aquifères libres de socle BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

6. Les aquifères libres karstiques

6.1. CARACTERISATION

La spécificité du karst provient du processus de karstification qui est un phénomène


physico-chimique lié à la dissolution du calcaire par le gaz carbonique de l’eau
circulant dans les discontinuités (failles, diaclases, joints de stratification…) des roches
carbonatées (calcaires et dolomies), notamment sur les discontinuités tectoniques et
stratigraphiques contenues à l’intérieur des massifs. Il en résulte d’une part des
paysages de surface caractéristiques (lapiaz, dolines, etc.) associés à un paysage
souterrain constitué par les grottes et les gouffres. La porosité et la perméabilité créées
par la karstification ne sont pas uniformément réparties et présentent même une très
forte hétérogénéité C’est le seul aquifère naturellement pénétrable par l’homme, au
moins en partie.

Plusieurs schémas ont été proposés pour conceptualiser le karst, correspondant à des
approches et/ou des observations particulières, parfois caractéristiques d’un contexte
régional :
- agencement de conduits reliant des pertes de rivières de surface à une résurgence,
comme le représente la vision initialement et intuitivement imposée par l'exploration
spéléologique ;
- ensemble régulier de fractures élargies drainant des eaux stockées dans des blocs
constituant une matrice assimilable à un milieu poreux à porosité de fractures ou de
fissures ;
- structure organisée à l'échelle d'un massif, avec une hiérarchisation des
écoulements souterrains analogue à celle des réseaux hydrographiques de surface.
L'unité de drainage qui en résulte correspond au karst sensu stricto.

Si la première conceptualisation est aujourd’hui abandonnée par les hydrogéologues


car elle ne prend pas en compte les réserves en eau contenues dans les zones non
accessibles à l’homme, les deux autres approches sont parfois opposées. Or, elles ne
sont pas complètement incompatibles si on considère les deux propriétés
fondamentales qui résultent du processus de karstification :
- le degré d'évolution du karst : la karstification correspond à une évolution, au cours
de laquelle certains vides du milieu fissuré originel s'élargissent, alors que d'autres
se colmatent, pouvant aboutir à terme à la création d'une structure de drainage
organisée et isolée du milieu fissural originel ;
- la fonctionnalité du karst : l'existence d'un comportement karstique des
écoulements résulte de la conjonction d'une structure organisée et d'un fort potentiel
hydraulique aux limites du système. Si l'un de ces éléments manque, comme cela
peut être le cas lors d'une remontée du niveau de base, il n'y a plus de
comportement karstique d’un point de vue hydraulique et le système n'est plus

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres karstiques 99


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

fonctionnel, ce qui n’exclut cependant pas la présence de réserves pouvant être


importantes et la possibilité de les exploiter.

Ainsi, en fonction du degré d'évolution atteint par les systèmes karstiques, des
différents événements intervenant au cours du processus de karstification et des
différentes configurations possibles (présence ou non d'un impluvium non karstique,
système jurassien ou vauclusien), il existe une multitude d'aquifères formant un
continuum à partir de l'aquifère carbonaté originellement fissuré. Ils ont toutefois été
regroupés en trois grands types de systèmes karstiques :
- Les systèmes carbonatés fissurés et karstifiés : il s'agit des systèmes en cours
d'évolution dont l'organisation n'est pas encore perceptible et qui peuvent être
assimilés d’un point de vue de leur comportement hydraulique à des aquifères
fissurés. Ce type englobe également les réservoirs présentant une porosité
matricielle (craie, dolomies) drainée par des fractures karstifiées ou non. Il peut
exister une dissociation des fonctions capacitives (stockage dans le milieu fissural)
et transmissives (réseau de fractures karstifiées plus ou moins organisées) en
fonction de l’évolution du milieu et du maillage de la facturation ;
- Les systèmes karstiques au sens strict : ce sont les systèmes karstiques
fonctionnels dans lesquels vides et écoulements sont organisés. Il en résulte des
caractéristiques qui les rendent spécifiques par rapport aux autres milieux, dont les
plus importantes sont :
· la dissociation systématique des fonctions capacitives (zone de stockage
constituées par les systèmes annexes) et transmissives (relation au sein du
karst noyé par le drain) ;
· l’existence de forts contrastes de vitesse.
- Les systèmes karstiques non fonctionnels : ils renferment des vides organisés,
mais ceux-ci ne conditionnent pas les écoulements souterrains en raison des
conditions hydrauliques extérieures (conditions aux limites), suite par exemple à la
remontée du niveau de base. Le système karstique n’est plus fonctionnel, mais il
s’agit d’un karst noyé avec réserves qui, lorsqu'elles existent, occupent des
réservoirs discontinus et hétérogènes (appelés systèmes annexes), constitués
d'ensembles indépendants les uns des autres, mais qui sont tous en relation avec le
drain. Il en résulte un comportement assimilable à celui des milieux poreux à
l'échelle globale, le terme linéaire des pertes de charge dans les écoulements étant
prépondérant.

Les systèmes karstiques au sens strict peuvent être décomposés en plusieurs sous-
systèmes :
- l’impluvium non karstique (qui n’existe pas systématiquement), drainé en totalité ou
en partie par l'aquifère karstique sans faire partie de celui-ci.
- la zone d' infiltration (illustration 15) représentant la partie non saturée de l'aquifère
assurant l'écoulement des eaux d'infiltration au travers du massif karstique, Elle
intègre l’épikarst correspondant à la partie proche de la surface ;
- la zone noyée se développant sous le niveau de base, sans nécessairement
s'étendre à l'ensemble carbonaté, ni se superposer parfaitement à la zone non

100 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

saturée, comme c'est le cas des aquifères traditionnels. On y distingue deux types
de structure :
- l'axe de drainage ou drain, constitué d'un ensemble de conduits, qui est l'ossature
autour de laquelle s'organise la zone noyée. Il peut se développer dans la partie
supérieure de la zone noyée (karst de type jurassien) ou au contraire être situé en
profondeur (karst de type vauclusien) ;
- les systèmes annexes au drainage (SAD) qui sont constitués par des vides de
grande taille, anastomosés, situés de part et d'autre du drain, et organisés en
ensembles indépendants bien individualisés. L'écoulement y est très lent et le
temps de séjour long.

illustration 15 : schéma conceptuel des formations karstiques

Face à cette grande diversité d'aquifères karstiques, il a été proposé une démarche
spécifique qui repose sur le concept de base que la structure et le fonctionnement du
milieu ne peuvent pas être déterminés a priori. En conséquence, il convient de
s'orienter d'abord vers une compréhension du fonctionnement du système à l'aide de
méthodes :
- soit ponctuelles dans le cas de forages, notamment les pompages d’essai qui vont
renseigner sur le comportement hydraulique du milieu au travers du schéma
d’interprétation utilisé pour restituer les rabattements observés,
- soit globales dans le cas de sources (approche fonctionnelle).

Il en a résulté le développement d'une méthodologie appliquée reposant sur quatre


phases principales :
- la première phase (identification) a pour but d'identifier le type de système et de
mettre en évidence la présence de réserves. Elle s'appuie sur diverses méthodes,
tant conventionnelles (géologie structurale, stratigraphie, etc.) que spécifiques au
milieu karstique (débits classés, analyse des courbes de récession, analyses
corrélatoires et spectrales, etc.) ;

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres karstiques 101


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- la seconde phase (caractérisation) permet de préciser les caractéristiques de la


zone noyée à partir de l'étude des transferts de masse (traçages, hydrogéochimie) ;
- lorsque la présence de réserves est mise en évidence, une troisième phase
(démonstration) est mise en œuvre pour tester leur mobilité et définir ainsi
l'aménagement (pompages à l'exutoire, sur un regard ou en forage, barrage
souterrain) ainsi que le mode d'exploitation les mieux adaptés au système étudié ;
- enfin, la phase d'
évaluation doit permettre d'appréhender le fonctionnement de
l'ensemble du système en condition d'exploitation.

Encore peu courantes jusqu'au début des années 1990, ces méthodes sont
actuellement largement utilisées pour caractériser les aquifères karstiques. Les
informations qui en découlent permettent d'orienter à la fois leur exploitation et leur
protection.

En résumé, on retiendra qu’il n’existe pas un schéma conceptuel simple


s’appliquant à tous les karsts, la structure et le fonctionnement de ceux-ci
dépendant d’une part de leur degré d’évolution, d’autre part de leur
fonctionnalité (cohérence des structures de drainage par rapport aux directions
générales d’écoulement).

Les mesures de protection à mettre en œuvre nécessitent donc d’apprécier


préalablement ces deux points, avec des méthodes qui seront différentes selon
que le captage est une source (ou un drain directement en relation avec celle-ci)
ou un forage plus en amont du système (ou sur un aquifère sans exutoire bien
individualisé).

Dans les départements du Gard et de l’Hérault, les aquifères karstiques sont très
développés et intensivement exploités, pour certains d’entre eux. Les formations
calcaires du Crétacé inférieur et du Jurassique supérieur font l’objet de nombreux
phénomènes de karstification. Il s’agit notamment des calcaires urgoniens des
garrigues gardoises, des calcaires hauteriviens des garrigues nîmoises, du système du
Lez, du Pli occidental et oriental de Montpellier, des systèmes karstiques de la
terminaison méridionale des Causses. Il faut aussi y ajouter les calcaires cambriens et
dévoniens que l’on rencontre en Montagne Noire (monts de Faugères et Cabrières,
unités de Saint Gervais, secteur d’Avène, Minervois) et dans les Cévennes (secteur du
Vigan). Dans les formations carbonatées du Jurassique moyen et inférieur, la
perméabilité peut être mixte (interstices et fissures). C’est notamment le cas pour les
formations hettangiennes de la bordure cévenole ou encore les formations du Lias et
Dogger dans le bassin de Bédarieux. Le comportement peut alors être simultanément
de type karstique et de type poreux sédimentaire.

6.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES DANS LE KARST

Les aquifères karstiques sont très vulnérables aux pollutions de toutes sortes, eu égard
au faible rôle filtrant du milieu et aux temps de transfert qui peuvent être très courts, ce

102 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

qui limite les processus épuratoires au sein du réservoir. La qualité des eaux aux
exutoires des systèmes karstiques est souvent très variable, en fonction des conditions
hydrologiques (hautes et basses eaux, premières crues du cycle, crues de hautes
eaux).

La vulnérabilité d’un aquifère karstique est beaucoup plus importante que celle d’un
aquifère en milieu poreux ou fissuré. En terme de vulnérabilité, il existe une
certaine analogie entre les aquifères karstiques et les eaux superficielles.

Ainsi conformément à la circulaire du 24 juillet 1990, il est recommandé de


rapprocher les principes de protection de ces captages d’eau souterraine de
ceux énoncés pour les prises d’eau de surface, en insistant sur la prévention des
risques de pollution sur l’ensemble de l’aire d’alimentation du point de prélèvement.
Cette recommandation est basée sur le fait que les substances polluantes peuvent
rejoindre rapidement le réservoir souterrain sans subir de filtration et à des vitesses
beaucoup plus élevées que dans les milieux à perméabilité d’interstices.

Cependant, ceci doit être modulé en fonction de la particularité de chaque aquifère


karstique. Ainsi, plusieurs facteurs peuvent limiter sensiblement cette vulnérabilité avec
notamment l’existence de terrains de couverture retardant l’infiltration des polluants et
limitant leur entrée jusqu’aux niveaux aquifères sous-jacents, ou encore la présence
d’horizon épikarstique dont les caractéristiques physiques et hydrodynamiques
favorisent les processus d’atténuation de la pollution.

Un captage en aquifère karstique est plus vulnérable qu’en réservoir à porosité


d’interstice. Par contre, il est globalement moins exposé aux pollutions qu’une
prise d’eau de surface, car le transit dans la zone non saturée est un élément
retardateur et parfois épurateur. Cependant, l’existence d’une pollution n’est pas
toujours visible et l’apparition de contaminants au captage n’est pas toujours
prévisible.

Sur ce seul critère relatif à la vulnérabilité, l’exploitation des ressources


karstiques, à condition qu’elles soient traitées de façon appropriée, doit être
privilégiée par rapport à l’option des captages d’eau superficielle.

6.3. DEFINITION DE LA ZONE D’ETUDE EN MILIEU KARSTIQUE


La définition de la zone d’étude en milieu karstique nécessite tout d’abord de connaître
quel est le type d’ouvrage concerné par la procédure. En effet, trois types de
captages ont été distingués1, en fonction d’une part, de la position du captage par

1
Bilan et analyse de la mise en œuvre des procédures de protection des captages en milieu
karstique. Novembre 2005. Rapport Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et Corse.

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rapport à la structure du système karstique et, d’autre part, de la superficie de


l’impluvium du système karstique concerné. Il s’agit :
1. des sources à débit moyen annuel élevé ou des forages situés sur un axe de
drainage et avec une superficie de l’aire d’alimentation supérieure à 10 km2 et des
vitesses de transit importantes ;
2. des sources à faible débit, soit non situées sur un axe de drainage, soit avec une
superficie de bassin inférieure à 10 km², ou des forages localisés sur un axe de
drainage, mais avec une superficie de l’aire d’alimentation inférieure à 10 km2 ;
3. des forages situés en dehors des principaux axes de drainage, avec une aire
d’alimentation souvent réduite, ainsi que peu ou pas d’influence des sources de
pollution lointaines.

Ainsi, la définition de la zone d’étude demande au préalable de prendre en compte le


type d’ouvrage concerné.

Les captages du type 1, c'est-à-dire ceux qui sont situés sur un axe de drainage et
avec un débit élevé sont les plus complexes en terme de protection. Les surfaces à
protéger sont souvent très vastes, difficiles à délimiter et elles peuvent être parfois
éloignées du captage.

Pour les captages de type 2 et 3, cette zone d’étude sera réduite, puisque la taille des
aires d’alimentation est nettement moins développée que pour les ouvrages de type 1
localisés sur des axes de drainage.

Par ailleurs, il est nécessaire de préciser si l’on se situe en système karstique unaire
ou en système karstique binaire (illustration 18). Dans le premier cas, les limites du
système correspondent à celles de l’aquifère karstique. Dans le second cas, le
système comprend l’aquifère karstique et un bassin de surface adjacent, karstique ou
non, drainé par des pertes. L’aquifère karstique ne représente alors qu’une partie du
système.

104 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


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illustration 16 : Les deux types de systèmes karstiques (d’après le guide technique n° 3 de


l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée)

6.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE EN


MILIEU KARSTIQUE

Dans le cas de sources, le débit d’exploitation peut être limité à celui s’écoulant
par gravité ou être plus élevé avec l’abaissement du niveau piézométrique par
pompage dans le griffon, ou à proximité par l’intermédiaire de forages proches, dans le
cas où le karst est développé en profondeur.

En milieu karstique, l’impact du prélèvement sur le débit des cours d’eau peut être très
significatif. Le débit d’objectif d’étiage fixé pour ces cours d’eau dans le cadre de la
gestion globale du milieu (Directive Cadre Européenne sur l’Eau [DCE]) est un élément
qui doit obligatoirement être pris en compte dans la fixation du débit maximum
d’exploitation de tout captage. Ceci s’applique non seulement aux sources, mais
également aux forages qui exploitent la zone noyée en amont.

Il importe donc de connaître le régime de la source et du cours d’eau que l’aquifère


karstique alimente (hydrogramme, hydrogéochimie pour les sources importantes) sur

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres karstiques 105


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au moins un cycle hydrologique, afin de fixer le débit potentiel d’exploitation de la


source.

Le débit d’exploitation des forages sera fixé à partir de l’analyse des essais de
pompage qui permettent de déterminer le fonctionnement des systèmes
karstiques. Sachant que le comportement du karst peut être assimilable dans certains
cas à un milieu fissuré, le pompage permet de préciser l’incidence du prélèvement sur
l’exutoire et au delà sur les eaux superficielles.

6.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION EN MILIEU KARSTIQUE

Afin de délimiter les périmètres de protection en milieu karstique, il est nécessaire


d’identifier le système (géologie, morphologie, inventaire des phénomènes
karstiques,…), de le caractériser (hydrogrammes, traçages, hydrogéochimie,…) et d’en
définir la vulnérabilité. La délimitation de l’aire d’alimentation du captage et
l’appréciation de la structure de l’aquifère constituent les éléments de base pour la
délimitation des périmètres de protection.

Il est indispensable de réaliser un inventaire des phénomènes karstiques dans la zone


d’étude et de prendre en compte les résultats des éventuels traçages déjà effectués.
Leur appréciation doit être fournie en fonction des méthodes utilisées (qualitatif,
quantitatif), de l’ancienneté de ces opérations et aussi des résultats obtenus en
fonction du contexte hydrogéologique. De nouvelles expériences de traçage
peuvent être sollicitées si les données existantes sont insuffisantes, douteuses,
voire non crédibles. Il faut notamment être très prudent quant à l’interprétation
d’anciens traçages purement qualitatifs réalisés au charbon actif. Seul les traçages
quantitatifs (avec une courbe de distribution des temps de séjour) permettent la mise
en évidence des circulations souterraines de façon fiable.

Les traçages et leurs caractéristiques sont nécessaires pour identifier les limites de
l’aire d’alimentation, et également pour connaître les vitesses de transit et évaluer la
vulnérabilité du milieu.

Les débits d’étiage doivent être mis en relation avec la superficie de l’aire
d’alimentation du captage en établissant un bilan en fonction de la recharge sur
ce bassin.

6.6. DONNEES NECESSAIRES POUR APPRECIER LA VULNERABILITE EN


MILIEU KARSTIQUE

L’appréciation de la vulnérabilité dans un milieu karstique est souvent complexe en


raison de l’hétérogénéité du système. Une analyse croisée de la cartographie des

106 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


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risques de pollutions et de la vulnérabilité intrinsèque serait souhaitable, mais ne peut


être réalisée systématiquement. Les méthodes d’analyse multicritère de la vulnérabilité
adaptées aux systèmes karstiques, telles que EPIK (développée en Suisse), RISKE ou
RISK (dérivées de EPIK), sont encore très peu utilisées. La méthode DRASTIC n’est
pas adaptée pour ce type de préoccupation. Elle permet seulement de hiérarchiser les
sites les uns par rapport aux autres en terme de vulnérabilité.

Les analyses de l’eau et l’étude des variations temporelles apportent des informations
utiles, afin de définir le mode de fonctionnement du karst et elles constituent des outils
indispensables à la compréhension de son fonctionnement.

Dans le cas de systèmes binaires, il est aussi nécessaire de recenser


précisément les différents risques de contamination, y compris dans la partie
non karstifiée de l’impluvium.

Afin d’apprécier la vulnérabilité du captage étudié, il est donc nécessaire


d’identifier l’aire d’alimentation, de caractériser la structure et le fonctionnement
du système karstique, de connaître les temps de transfert des pollutions en
prenant en considération les questions d’échelle et d’hétérogénéité. La synthèse
de ces éléments permettra de cibler les zones particulièrement vulnérables.

Il faut noter que le groupe de travail mis en place par les Agences de l’Eau Adour
Garonne et Rhône Méditerranée & Corse, dans le cadre de la mise en œuvre des
procédures de protection des captages en milieu karstique, a notamment identifié la
nécessité de normaliser une méthode fiable et cohérente d’évaluation de la
vulnérabilité intrinsèque, bien adaptée aux milieux karstiques, l’emploi de cette
méthode devant être généralisé ultérieurement.

6.7. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN MILIEU


KARSTIQUE

La problématique de la définition des périmètres de protection sur les karsts est


en cours de concertation, notamment au niveau des Agences de l’eau (Adour
Garonne et Rhône Méditerranée & Corse).

Comme pour tous les autres types d’aquifères, la délimitation des périmètres de
protection n’a pas pour objectif de protéger la ressource, mais de préserver les points
de prélèvement des risques de pollution provenant des activités exercées à proximité.
En conséquence, le périmètre de protection rapprochée n’a pas à couvrir la
totalité de la zone d’affleurement des calcaires, voire même l’aire d’alimentation
du captage. Cependant, la délimitation des périmètres de protection en milieu
karstique est souvent particulièrement complexe et la protection efficace est souvent
difficile à atteindre dans ce contexte.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres karstiques 107


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La délimitation des périmètres de protection immédiate en milieu karstique obéit aux


mêmes considérations que la protection dans tout autre type de milieu. A noter
cependant que le périmètre de protection immédiate peut concerner un ou plusieurs
sites satellites très localisés et dont les relations directes avec le captage étudié ont été
mises en évidence par traçages notamment. C’est notamment le cas d’avens, de
zones de pertes dans les cours d’eau (avec cependant toutes les difficultés de
protection dans un tel contexte) et de gouffres en relation directe avec la zone de
captage. Ces sites très particuliers peuvent alors nécessiter la mise en place de
systèmes de protection d’une portée identique au site même du point de captage. Si
ces sites sont éloignés les uns des autres, il est possible de créer des périmètres de
protection immédiate satellites.

Le traitement de l’eau, pratiquement toujours réalisé pour des eaux souterraines


d’origine karstique, peut être assimilé à un complément de protection de ces
ressources.

La délimitation des périmètres de protection rapprochée des captages en


aquifères karstiques est souvent difficile, en raison de l’hétérogénéité
géologique du milieu. Cependant, la taille de ces périmètres doit être compatible
avec l’application des prescriptions. Une dimension raisonnable doit être
proposée au regard de ces prescriptions, le traitement de l’eau avec
éventuellement un dispositif d’alerte venant alors compléter le dispositif de
protection de l’eau distribuée.

Dans ce type de milieu, la définition des périmètres de protection et notamment du


périmètre de protection rapprochée doit être basée sur le temps d’alerte. Il permet
alors de disposer d’un temps suffisant pour intervenir en cas d’évènement accidentel.
Ce dispositif est aussi complété par les installations de traitement qui doivent être plus
élaborées que ce qui est mis en place pour les captages sollicitant d’autres aquifères.

Afin de justifier des limites du périmètre de protection rapprochée, il serait nécessaire


de pouvoir évaluer le temps de transit. Cela est possible lorsque des traçages ont été
réalisés et validés. Cependant, les temps de transit connus concernent des relations
entre des pertes et des sorties d’eau. Or, le système karstique ne se résume pas aux
structures drainantes du karst noyé.

Dans ce contexte hétérogène, plusieurs secteurs discontinus du périmètre de


protection rapprochée peuvent être définis. Les prescriptions qui seront proposées
peuvent aussi être modulées et graduées en fonction d’un degré de vulnérabilité
différent en fonction de la nature lithologique, du recouvrement, des conditions
structurales, ou encore des temps de transfert.

Si l’argumentaire hydrogéologique permet de ne pas inclure la totalité de la zone


d’alimentation du captage dans le périmètre de protection rapprochée, des
orientations d’aménagement du territoire peuvent être mises en œuvre, via les

108 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


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documents d’urbanisme sur l’ensemble de l’aire d’alimentation, qui peut alors


être placé en périmètre de protection éloignée.

Il peut être préconisé que le périmètre de protection éloignée soit toujours calé sur
les limites de l’aire d’alimentation du captage, si celle-ci n’est pas trop étendue.

6.8. PRESCRIPTIONS EN MILIEU KARSTIQUE


Les prescriptions dans les périmètres de protection en milieu karstique sont
relativement similaires à celles habituellement proposées pour les autres types
d’aquifères. On peut cependant renforcer les actions par des mesures spécifiques
telles que :
- les aménagements des pertes et points d’infiltration rapide (bandes enherbées ou
bassins tampon en amont des zones de pertes), afin de réduire la turbidité,
notamment en période de crue, ainsi que les pollutions diffuses ;
- la réglementation des explorations spéléologiques, sachant par ailleurs que les
spéléologues sont les acteurs privilégiés qui peuvent témoigner de pollutions du
milieu souterrain (cadavres d’animaux dans les avens, …). Une coopération locale
peut donc être préférable à une interdiction.

Dans la mesure où le périmètre de protection rapprochée est réduit aux zones


hautement vulnérables, des prescriptions strictes peuvent alors être proposées. Le
niveau des prescriptions est à adapter au degré de vulnérabilité de chaque site.
Toutefois, les mesures de protection dans les périmètres de protection
rapprochée ne doivent pas simplement reprendre celles de la réglementation
générale.

L’hydrogéologue agréé doit préciser si la qualité de l’eau issue du captage peut


être directement et rapidement influencée par les eaux superficielles
(problématique de la turbidité notamment).

6.9. PRECONISATIONS CLASSEES EN FONCTION DES DIFFERENTS


ENJEUX

Le périmètre de protection rapprochée devant donc être limité aux zones les plus
vulnérables de la zone d’alimentation, les prescriptions doivent être adaptées aux
zones karstiques, bien que le plus souvent non spécifiques.

6.9.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection


- Affouillements, excavations, terrassements remblayés ou non liés à la
réalisation de nouvelles constructions, y compris l’extension de constructions
existantes, à la création de nouveaux axes de communication : interdiction ou

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres karstiques 109


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réglementation selon la superficie des travaux, leur localisation, l’importance de


l’épikarst et surtout de son éventuelle couverture pédologique ou du degré de
colmatage du lapiaz. Hormis d’éventuelles interdictions, notamment dans les
secteurs les plus sensibles (épikarst très fracturé), il pourra être proposé que les
remblaiements soient effectués avec des matériaux inertes issus du site. Les
excavations de faible superficie, notamment pour la création de constructions
individuelles ne seront pas interdites à priori, sauf conditions particulières (karst
ouvert, calcaires très fracturés). Dans le cadre des travaux routiers, l’utilisation de
résidus de mâchefer d’usine d’incinération sera interdite. Il est nécessaire de
préconiser que, lors d’éventuels travaux de terrassements ou
d’affouillements, tout aven, gouffre ou cavité susceptible de se prolonger en
profondeur, soit systématiquement comblé, éventuellement sous contrôle
d’un hydrogéologue, de manière soignée et par du béton de ciment, afin
d’éviter le transfert rapide de la surface vers la profondeur ;
- Excavations liées à l’inhumation (cimetières) : interdiction du creusement des
tombes, donc interdiction de nouveaux cimetières. Les petits cimetières pourront
être acceptés en fonction de leur taille et de l’existence éventuelle de formations de
couverture aux calcaires constituant le réservoir ;
- Excavations liées à l’exploitation de carrières et mines : interdiction, sauf
lorsque l’épikarst peut être en tout ou partie colmaté ou lorsque le niveau de l’eau
en période de crue se situe à plus de 2 m (préconisation spécifique du Schéma
Départemental des Carrières de l’Hérault) en dessous de la cote minimale
d’exploitation de la carrière. Pour les carrières existantes, des préconisations
pourront être proposées, notamment en ce qui concerne les installations annexes
nécessaires à l’exploitation (caractéristiques et situation des cuves de stockage des
carburants).

6.9.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et


conditions d’écoulement)
- Aménagement (obturation totale ou partielle des zones de pertes ou
d’infiltration directe). Ces obturations peuvent être proposées lorsque ces pertes
peuvent être alimentées par des eaux potentiellement contaminées drainant ou
lessivant des zones urbanisées, ou aménagées. Par contre, il est nécessaire
d’évaluer l’impact potentiel sur l’alimentaion de l’aquifère karstique par de telles
obturations. A noter que les zones de pertes, dont la relation directe avec le
captage concerné par la délimitation des périmètres de protection a été
prouvée et avec des temps de transfert réduits, peuvent faire l’objet de
prescriptions spécifiques, voire constituer un périmètre de protection
immédiate (PPI) satellite. Dans ce cas, ces espaces limités devront, dans la
mesure du possible, être acquis en pleine propriété par la collectivité maître
d’ouvrage ;
- Augmentation des prélèvements dans l’aquifère, création de nouveaux
forages : interdiction si, et seulement si, leur réalisation et leur exploitation peut un
avoir un impact quantitatif nettement marqué sur le captage d’EDCH concerné. Les

110 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


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nouveaux ouvrages privés doivent être interdits lorsque la ressource risque d’être
affectée quantitativement avec possibilité de réduire le débit exploitable du captage
d’EDCH.

6.9.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et


d’autres eaux (eaux superficielles et autres nappes)
- Création et entretien des puits et forages existants et exploités : tous les
ouvrages devront être aménagés notamment pour éviter la pénétration d’eaux
superficielles, selon les préconisations des arrêtés ministériels du 11/09/2003 et de
la norme AFNOR NF X10-999 d’avril 2007, y compris les ouvrages exploités à des
fins domestiques. Les captages publics devront être aménagés conformément à la
réglementaion en vigueur. La création de nouveaux forages pourra éventuellement
être interdite en fonction des risques liés à leur réalisation vis-à-vis de la qualité de
l’eau captée ;
- Puits et forages désaffectés : préconisation visant à l’aménagement
systématique des têtes d’ouvrages ou à leur comblement dans les règles de l’art ;
- Sondage de reconnaissance ou de recherche : préconisation visant à les
reboucher dans les règles de l’art s’ils ne sont pas conservés en piézomètres. Dans
ce dernier cas, l’orifice supérieur devra, soit être placé à 0,50 m au dessus de la
cote des plus hautes eaux superficielles, soit muni d’un dispositif rendant impossible
la pénétration d’eau de surface (abri ou local). Une dalle de ciment limitée par un
cercle d’un rayon d’un mètre au minimum devra entourer la tête des piézomètres
conservés. En cas de non utilité de ces ouvrages, ils devront être rebouchés sur la
totalité avec des matériaux propres tout venant dans la zone aquifère et du ciment
en surface ;
- Infiltrations d’eaux pluviales de zones urbanisées, d’axes de communication :
hormis les évacuations diffuses, il peut être nécessaire de canaliser les eaux issues
du ruissellement sur des zones intensément urbanisées à l’extérieur des périmètres
de protection rapprochée ou de réaliser des aménagements spécifiques (bassins de
décantation devant assurer la rétention des flottants, notamment les hydrocarbures,
bassins d’évaporation) avec des caractéristiques qui dépendront des débits et donc
de la superficie des impluviums, de la nature des zones drainées et des charges
potentielles des effluents. En aucun cas, ces rejets ne pourront se faire dans des
gouffres ou avens existants dans les limites du périmètre de protection rapprochée.
Les eaux issues du ruissellement sur des surfaces très limitées (moins de 100 m2)
ne sont pas concernées par ces prescriptions.

6.9.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une


source de pollution
- Centres de traitement ou de transit de déchets toutes catégories confondues, y
compris les dépôts de matériaux de démolition : interdiction. Pour les déchets

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres karstiques 111


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

inertes, c’est à voir au cas par cas, avec la possibilté de surveillance de la qualité de
l’eau en imposant le strict respect de la définition des déchets inertes ;
- Carrières existantes et nouvelles carrières : pour les carrières existantes, des
aménagements peuvent être proposés notamment en ce qui concerne les
installations annexes nécessaires à l’exploitation (caractéristiques et situation des
cuves de stockage des carburants, des installations de concassage et criblage,…),
notamment lorsque le niveau piézométrique de l’aquifère karstique peut remonter
jusqu’à moins de 2 m par rapport au fond de la carrière. Les nouvelles carrières et
les extensions doivent être interdites dans ces PPR.
- Rejets de substances polluantes et/ou produisant des matières dangereuses liés
à l’implantation de nouvelles activités artisanales et industrielles : interdiction s’il y a
réellement production d’eaux résiduaires, ou d’effluents industriels ;
- Rejets d’eaux résiduaires des constructions collectives: interdiction des rejets
dans le sous sol et des rejets en surface avec infiltrations rapides d’eaux résiduaires
domestiques collectives à l’intérieur des périmètres de protection rapprochée. Pour
les rejets en surface sans infiltration rapide, les prescriptions pourront porter sur les
niveaux de rejets, qui devront être exigeants et compatibles avec la protection du
captage. Il pourra aussi être proposé que les points de rejet soient localisés en
dehors des zones les plus vulnérables à l’aval du captage. Les canalisations d’eaux
usées existantes desservant des habitations devront être réglementées en imposant
des vérifications de l’étanchéité à une périodicité acceptable (tous les 5 ans par
exemple). Les nouvelles canalisations d’eaux usées résiduaires domestiques
pourront être interdites notamment dans la zone la plus sensible, ou réglementées
en imposant une étanchéité parfaite et des vérifications périodiques. Les eaux
usées devront être acheminées à l’extérieur du périmètre de protection rapprochée
et tout au moins à l’extérieur de la zone la plus sensible de ce périmètre ;
- Rejets d’eaux résiduaires des constructions individuelles : pour
l’assainissement autonome non collectif, dans certains cas, il peut être nécessaire
d’interdire les rejets dans le sous sol. En secteur moins sensible, en plus des
agréments et des contrôles du Service Public d’Assainissement Non Collectif
(SPANC) qui sont obligatoires pour toute construction produisant des effluents et
non rattachée au réseau collectif, il est nécessaire que tout dispositif
d’assainissement autonome prenne en compte la protection des eaux captées ;
- Stockages existants et futurs d’hydrocarbures à usage domestique : (moins
de 3 000 litres) : activités à réglementer en imposant la mise hors sol de ces cuves
de stockage et avec un bac de rétention d’une capacité d’un volume supérieur à 1,5
à 2 fois le volume d’hydrocarbure stocké ;
- Stockages d’hydrocarbures à usage non domestique : interdiction dans les
secteurs les plus sensibles. Ailleurs, des préconisations seront formulées avec
l’installation de mise hors sol, et avec des cuvettes de reténtion d’une capacité de
1,5 à 2 fois la capacité de la cuve de stockage. Les préconisations de l’arrêté
ministériel du 1er juillet 2004 seront scrupuleusement respectées ;
- Epandage de boues de vidange, de stations de traitement d’effluents de toute
nature, de stations d’épurations, de surplus agricole et rejets des effluents de
serres : interdiction ;

112 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Rejets des effluents liés aux bâtiments d’élevage et au parcage d’animaux


domestiques : les structures annexes (fosses à purin ou à lisiers, fumières,…) et
les parcages devront être interdits dans la zone la plus sensible des périmètres de
protection rapprochée. Par contre, ces activités pourront être acceptées dans les
secteurs moins sensibles de ces périmètres avec des prescriptions particulières en
terme de taille ou d’importance du cheptel ;
- Aires de lavage des véhicules et casses automobiles : interdiction potentielle,
sauf si les eaux ruisselant sur des surfaces imperméabilisées peuvent être
récupérées dans des bassins de stockage adaptés et munis de système
d’abattement de la charge polluante ou équipés de canalisations aptes à véhiculer
ces eaux à l’extérieur du périmètre ;
- Aires de stationnement de véhicules : interdiction pour une capacité d’accueil
supérieure à un nombre limité de véhicules. Le seuil est à fixer selon la vulnérabilité
de l’aquifère évaluée en fonction notamment des caractéristiques de l’éventuelle
couverture. Cependant, ces aires de stationnement de véhicules peuvent être
tolérées si des aménagements sont réalisés avec la récupération des eaux de
ruissellement et l’évacuation vers l’extérieur du périmètre de protection rapprochée
ou encore la réalisation d’aménagements spécifiques, tels que les bassins de
décantation, dont les caractéristiques divent être déterminées en fonction du flux et
de la charge polluante ;
- Implantation de canalisations souterraines transportant des eaux résiduaires
industrielles ou des hydrocarbures : interdiction ;
- Campings : limiter la taille des campings en fonction du degré de vulnérabilité de
l’aquifère concerné au niveau du captage étudié ;
- Réinjection d’eaux issues d’un doublet géothermique : interdiction. Par contre,
les sondes géothermiques ne sont pas interdites a priori ;
- Construction ou modification de voirie existante ou future : pour les voiries
existantes ou futures, il pourra être proposé l’étanchéification du revêtement de la
chaussée et des annexes (fossés de drainage) aux abords de ces infrastructures
routières, ou encore l’aménagement de banquettes anti-déversement des véhicules,
de glissières, etc.…, ainsi que la collecte et l’évacuation des effluents dans des
conditions acceptables pour le maintien de la qualité de l’eau obtenue au captage.
L’importance des préconisations sera adaptée à l’importance de la voie de
circulation concernée et de celle du captage ;
- Transport de matières dangereuses : interdiction de ces transports notamment
dans la zone la plus sensible du périmètre de protection rapprochée, ou
réglementation en imposant des aménagements sur les voies de communication
(glissières de sécurité, ouvrages de rétention des véhicules sur la voie,…).

6.9.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides


- Aires de remplissage et de lavage des pulvérisateurs utilisés pour le
traitement des cultures, installations de stockage de produits

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres karstiques 113


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

phytosanitaires : il peut être préconisé d’interdire les installations futures sur tout
ou partie du périmètre, y compris la création ou la réhabilitation de fossés pouvant
accélérer le transfert vers la nappe. En ce qui concerne les aires de remplissage
existantes, leur déplacement en aval écoulement hors du PPR sera préconisé, ou
en cas d'impossibilité majeure, leur mise aux normes sera sollicitée ;

6.9.6. Limiter les risques de pollution diffuse


- Les préconisations porteront sur d’éventuelles interdictions des épandages de
produits fertilisants ou phytosanitaires en zone agricole, forestière ou aux abords
des infrastructures. Des modifications de l’occupation agricole des sols peuvent
éventuellement être proposées, c'est-à-dire la reconversion des cultures, voire la
mise en jachères. Cela ne peut être proposé que dans des situations critiques
concernant la qualité de l’eau ou dans un milieu extrêmement sensible.
- Si l’aire d’alimentation du captage est identique au périmètre de protection
rapprochée (situation peu fréquente en aquifère karstique), il peut être nécessaire
d’interdire l’utilisation des herbicides pour les cultures pérennes quand on dépasse
les normes sanitaires relatives aux herbicides ou quand on les détecte couramment.
Si l’on détecte aussi des fongicides et des insecticides à des concentrations
supérieures à la norme, il faut alors interdire les cultures à l’exception des cultures
biologiques. En cas de détection de pesticide de manière récurente, on interdira les
cultures non pérennes, hormis les cultures biologiques ;
- Si le périmètre de protection rapprochée ne constitue qu’une partie de l’aire
d’alimentation du captage, c’est l’outil relatif au programme d’actions contre les
pollutions diffuses qui doit être utilisé pour maîtriser les risques d’une telle pollution ;
- Pour l’entretien des accotements de chaussée et voies de communication, il sera
nécessaire d’interdire l’utilisation des produits phytosanitaires, sauf impossibilité
technique dans des secteurs limités. Dans ces cas, il faudra prévoir des
prescriptions en s’appuyant sur les documents de la Cellule d’Etude et de
Recherche sur la Pollution par les Produits Phytosanitaires dans l’Eau (CERPE) en
Languedoc Roussillon.

114 Les aquifères libres karstiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


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7. Les aquifères libres basaltiques

Les formations basaltiques sont présentes uniquement dans le département de


l’Hérault. Elles affleurent sur des superficies très limitées et peuvent constituer de
petits réservoirs très découpés

7.1. CARACTERISATION

Ces basaltes se superposent à des formations très différentes, comme les calcaires
karstifiés des causses du Larzac, les pélites du Lodévois autour du lac du Salagou, ou
encore les formations schisteuses carbonifères ou argileuses triasiques de la partie
orientale des Monts de Cabrières. Ainsi, en fonction de la nature de la formation
constituant le substratum de ces dépôts basaltiques, des sources de déversement
peuvent apparaître à la base des basaltes. Actuellement, cet aquifère est exploité
presque exclusivement par des sources à débit limité, à l’exception, d’une part, du
puits de Resclauze sur la commune de Péret, implanté dans les tufs remaniés de la
dépression de Péret – Lieuran et, d’autre part, du forage des Vailhès sur la commune
de Celles.

Les manifestations volcaniques se rencontrent essentiellement dans le complexe de


l’Escandorgue et plus au Sud entre Pézenas et Agde. Dans ce contexte, l’aquifère est
toujours libre et sans aucune couverture protectrice. Cependant, les venues d’eau en
forage peuvent être profondes et révéler un comportement d’aquifère semi captif à
captif. En fonction des surfaces d’affleurement, donc des aires d’alimentation
potentiels, les débits restent généralement inférieurs à quelques mètres cube par
heure. Le comportement peut être intermédiaire entre le milieu à perméabilité
d’interstices et le milieu fracturé. Cependant, il est le plus souvent de type fissural.

Des coulées de laves peuvent s’être produites dans des vallées déjà en partie
comblées par des projections volcaniques (scories, pouzzolanes,…) résultant d’une
phase explosive de l’appareil volcaniques. La rétention et la circulation des eaux
souterraines se font essentiellement dans ces niveaux. Le pouvoir filtrant peut y être
élevé sauf dans le cas où, sous l’effet d’une érosion régressive, l’élimination partielle
de ces projections, meubles et sans cohésion, aboutit à l’apparition d’une chenalisation
auquel cas, la circulation des eaux souterraines s’apparentera à celle se produisant
dans un aquifère karstifié.

7.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES DANS LES


FORMATIONS VOLCANIQUES

Les risques de contamination sont relativement réduits en fonction de l’occupation des


sols sur les zones d’affleurement. Cependant, en fonction du type de circulation de

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres basaltiques 115


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

l’eau qui est le plus souvent de type fissural, les possibilités d’épuration bactériologique
sont limitées. Par ailleurs, il n’existe pratiquement pas de relation directe avec des
cours d’eau, tout au moins de façon pérenne, en fonction de la position topographique
de ces dépôts basaltiques.

7.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN AQUIFERE BASALTIQUE

La zone d’étude doit théoriquement correspondre à la zone d’alimentation du captage.


En fonction des conditions structurales et topographiques, celle ci reste limitée dans
l’espace et correspond souvent à la zone d’affleurement située en amont
topographique par rapport au captage.

7.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE EN


AQUIFERE BASALTIQUE

En ce qui concerne les sources, le débit d’exploitation maximal doit prendre en compte
les conditions d’étiage, qui devront être appréciées à partir d’observations et de
mesures spécifiques.

Pour les forages, un essai de pompage doit être réalisé. Au minimum, cet essai doit
fournir un ou plusieurs couples de valeurs débit - rabattement, afin d’évaluer le débit
critique de l’ouvrage, qui ne dépassera pas quelques mètres cube par heure en
fonction du contexte géologique local. Un essai de pompage avec le suivi continu des
paramètres de débit et de niveau peut être indispensable pour les forages qui devront
être exploités en limite des potentialités de l’aquifère et à plus d’une dizaine d’heures
par jour, afin d’identifier d’éventuelles conditions aux limites (limite étanche en cas
d’atteinte d’un compartiment imperméable notamment).

7.5. DONNEES NECESSAIRES POUR DELIMITER LES PERIMETRES DE


PROTECTION EN AQUIFERES BASALTIQUES

Afin de délimiter le périmètre de protection immédiate d’un captage dans les


formations basaltiques, les données nécessaires sont identiques à celles des aquifères
de socle, ou en milieu karstique.

Pour le périmètre de protection rapprochée, les données seront du même type que
dans le socle, notamment en zone fissurée de socle. On retiendra surtout la nécessité
d’évaluer précisément le sens d’écoulement de l’eau, ainsi que l’extension du bassin
versant ou de l’aire d’alimentation, qui doit être mise en relation avec le débit du
captage concerné, notamment en étiage.

116 Les aquifères libres basaltiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

7.6. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN AQUIFERES


BASALTIQUES

Comme pour les aquifères karstiques ou de socle, la délimitation des périmètres de


protection immédiate devra donc tenir compte de l’emprise globale de l’ouvrage et
des annexes éventuelles (drains, galeries,…). Une distance de 10 à 15 m en amont et
latéralement et de 5 m en aval parait suffisante pour les sources. Ces distances sont
comprises à partir de l’extrémité du captage ou de ses annexes. Pour les puits et
forages, l’étendue du périmètre de protection immédiate tient compte de la nécessité
d’intervenir sur le site avec du matériel de chantier (réaménagement,
reconditionnement, inspection) et des installations annexes au captage (station de
pompage).

La délimitation des périmètres de protection rapprochée dans les aquifères


basaltiques, avec le plus souvent un écoulement fissural, doit reposer sur les
informations géologiques disponibles en terme d’aire d’alimentation, cette notion étant
liée à la morphologie des terrains et au débit de l’ouvrage concerné.

Les données relatives au débit de l’ouvrage, notamment lorsqu’il s’agit de source,


doivent être mises en relation avec la pluie efficace du secteur concerné, afin de ne
pas surdimensionner le périmètre de protection rapprochée, qui n’a pas à couvrir, sauf
cas particulier, l’ensemble des affleurements basaltiques.

La taille de ces PPR dans ce type de milieu doit être compatible avec l’application des
prescriptions préconisées.

Le périmètre de protection éloignée peut couvrir la partie de l’aire d’alimentation qui n’a
pas été englobée dans le périmètre de protection rapprochée.

7.7. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERES BASALTIQUES

Les différentes prescriptions à proposer pour les captages en aquifères basaltiques


sont de même type que les prescriptions en aquifères karstiques, l’écoulement des
eaux souterraines étant globalement lié à la fissuration des formations. Cependant, les
vitesses de circulation sont généralement nettement moins importantes et les relations
avec les pertes directes de cours d’eau ne sont pas aussi marquées, voire
inexistantes.

7.7.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection


- Affouillements, excavations, terrassements remblayés ou non liées à la réalisation
de nouvelles constructions, y compris l’extension de constructions existantes, à la
création de nouveaux axes de communication : interdiction ou réglementation selon

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres basaltiques 117


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

la superficie des travaux et leur localisation. Les excavations de faible superficie,


notamment pour la création de constructions individuelles, ne seront pas interdites a
priori, sauf conditions particulières. Dans le cadre des travaux routiers, l’utilisation
de résidus de mâchefer d’usine d’incinération sera interdite ;
- Excavations liées à l’inhumation (cimetières) : interdiction du creusement des
tombes, donc interdiction de nouveaux cimetières. Les petits cimetières pourront
être cependant être tolérés ;
- Excavations liées à l’exploitation de carrières et de mines : interdiction. Pour les
carrières existantes, des préconisations pourront être proposées, notamment en ce
qui concerne les installations annexes nécessaires à l’exploitation (caractéristiques
et situation des cuves de stockage des carburants).

7.7.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et


conditions d’écoulement)
- Augmentation des prélèvements dans l’aquifère, création de nouveaux
forages : interdiction si, et seulement si, leur réalisation et leur exploitation peut
avoir un impact quantitatif nettement marqué sur le captage d’EDCH concerné. Les
nouveaux ouvrages privés doivent être interdits lorsque la ressource risque d’être
affectée quantitativement avec possibilité de réduire le débit exploitable du captage
d’EDCH.

7.7.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et


d’autres eaux (eaux superficielles)
- Création et entretien des puits et forages existants et exploités : tous les
ouvrages devront être aménagés notamment pour éviter la pénétration d’eaux
superficielles selon les préconisations de l’arrêté ministériel du 11/09/2003, y
compris les ouvrages exploités à des fins domestiques. Les captages publics
devront être aménagés conformément à la réglementation en vigueur. La création
de nouveaux forages pourra être éventuellement être interdite en fonction des
risques liés à leur réalisation vis-à-vis de la qualité de l’eau captée ;
- Puits et forages désaffectés : préconisation visant à l’aménagement
systématique des têtes d’ouvrages ou à leur comblement dans les règles de l’art ;
- Sondages de reconnaissance ou de recherche : préconisation visant à les
reboucher dans les règles de l’art s’ils ne sont pas conservés en piézomètres. Dans
ce dernier cas, l’orifice supérieur devra, soit être placé à 0,50 m au dessus de la
cote des plus hautes eaux superficielles connues, soit muni d’un dispositif rendant
impossible la pénétration d’eau de surface (abri ou local). Une dalle de ciment
limitée par un cercle d’un rayon d’un mètre au minimum devra entourer la tête des
piézomètres conservés. En cas de non utilité de ces ouvrages, ils devront être

118 Les aquifères libres basaltiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

rebouchés sur la totalité avec des matériaux propres tout venant dans la zone
aquifère et du ciment en surface ;
- Infiltrations d’eaux pluviales de zones urbanisées, d’axes de communication :
hormis les évacuations diffuses, il est peut être nécessaire de canaliser les eaux
issues du ruissellement sur des zones intensément urbanisées à l’extérieur des
périmètres de protection rapprochée ou de réaliser des aménagements spécifiques
(bassins de décantation devant assurer la rétention des flottants, notamment les
hydrocarbures, bassins d’évaporation) avec des caractéristiques qui dépendront des
débits et donc de la superficie des impluviums, de la nature des zones drainées et
des charges potentielles des effluents. Les eaux issues du ruissellement sur des
surfaces très limitées (moins de 100 m2) ne sont pas concernées par ces
prescriptions.

7.7.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une


source de pollution
- Centres de traitement ou de transit de déchets toutes catégories confondues, y
compris les dépôts de matériaux de démolition : interdiction. Pour les déchets
inertes, c’est à voir au cas par cas, avec la possibilté de surveillance de la qualité de
l’eau en imposant le strict respect de la définition des déchets inertes ;
- Carrières existantes et nouvelles carrières : pour les carrières existantes, des
aménagements peuvent être proposés notamment en ce qui concerne les
installations annexes nécessaires à l’exploitation (caractéristiques et situation des
cuves de stockage des carburants, des installations de concassage et criblage,…).
Les nouvelles carrières et les extensions doivent être interdites ;
- Rejets de substances polluantes et/ou produisant des matières dangereuses liés
à l’implantation de nouvelles activités artisanales et industrielles : interdiction s’il y a
réellement production d’eaux résiduaires, ou d’effluents industriels ;
- Rejets d’eaux résiduaires des constructions collectives: interdiction des rejets
dans le sous sol et des rejets en surface. Pour les rejets en surface, les
prescriptions pourront porter sur les niveaux de rejets, qui devront être exigeants et
compatibles avec la protection du captage. En fonction de la vulnérabilité du milieu,
les canalisations d’eaux usées existantes desservant des habitations pourront être
réglementées en imposant des vérifications de leur étanchéité. Les nouvelles
canalisations d’eaux usées résiduaires domestiques pourront être interdites,
notamment dans la zone la plus sensible, ou réglementées en imposant une
étanchéité parfaite et des vérifications périodiques. Les eaux usées devront être
acheminées à l’extérieur du périmètre de protection rapprochée et tout au moins à
l’extérieur de la zone la plus sensible de ce périmètre ;
- Rejets d’eaux résiduaires des constructions individuelles : pour
l’assainissement autonome non collectif, dans certains cas, il peut être nécessaire
d’interdire les rejets dans le sous sol. En secteur moins sensible, en plus des
agréments et des contrôles du Service Public d’Assainissement Non Collectif
(SPANC) qui sont obligatoires pour toute construction produisant des effluents et

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres basaltiques 119


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

non rattachée au réseau collectif, il est nécessaire que tout dispositif


d’assainissement autonome prenne en compte la protection des eaux captées ;
- Stockages existants et futurs d’hydrocarbures à usage domestique : (moins
de 3 000 litres) : activités à réglementer en imposant la mise hors sol de ces cuves
de stockage et avec un bac de rétention d’une capacité d’un volume supérieur à 1,5
à 2 fois le volume d’hydrocarbure stocké ;
- Stockages d’hydrocarbures à usage non domestique : interdiction dans les
secteurs les plus sensibles. Ailleurs, des préconisations seront formulées avec
l’installation de mise hors sol, et avec des cuvettes de rétention d’une capacité de
1,5 à 2 fois la capacité de la cuve de stockage. Les préconisations de l’arrêté
ministériel du 1er juillet 2004 seront scrupuleusement respectées ;
- Epandage de boue de vidange, de station de traitement d’effluents de toute
nature, de stations d’épurations, de surplus agricole et rejets des effluents de
serres : interdiction ;
- Rejets des effluents liés aux bâtiments d’élevage et au parcage d’animaux
domestiques : les structures annexes (fosses à purin ou à lisiers, fumières,…) et
les parcages devront être interdits dans la zone la plus sensible des périmètres de
protection rapprochée. Par contre, ces activités pourront éventuellement être
acceptées dans les secteurs moins sensibles de ces périmètres avec des
prescriptions particulières en terme de taille ou d’importance du cheptel ;
- Aires de lavage des véhicules et casses automobiles : interdiction potentielle,
sauf si les eaux ruisselant sur des surfaces imperméabilisées peuvent être
récupérées dans des bassins de stockage adaptés et munis de système
d’abattement de la charge polluante ou équipés de canalisations aptes à véhiculer
ces eaux à l’extérieur du périmètre. Ces activités peuvent éventuellement être
tolérées dans les secteurs moins sensibles ;
- Aires de stationnement de véhicules : interdiction pour une capacité d’accueil
supérieure à quelques véhicules, le seuil étant à fixer en fonction de la vulnérabilité
des terrains concernés, sauf si des aménagements sont réalisés avec récupération
des eaux de ruissellement et évacuation vers l’extérieur du périmètre de protection
rapprochée ou réalisation d’aménagements spécifiques, tels que les bassins de
décantation, dont les caractéristiques seront déterminées en fonction de flux et de la
charge polluante ;
- Implantation de canalisations souterraines transportant des eaux résiduaires
industrielles ou des hydrocarbures : interdiction ;
- Campings : limiter la taille des campings en fonction du degré de vulnérabilité de
l’aquifère concerné au niveau du captage étudié ;
- Réinjection d’eaux issues d’un doublet géothermique : interdiction. Par contre,
les sondes géothermiques ne sont pas interdites à priori ;
- Construction ou modification de voierie existante ou future : pour les voieries
existantes ou futures, il pourra être proposé l’étanchéification du revêtement de la
chaussée et des annexes (fossés de drainage) aux abords de ces infrastructures
routières, ou encore l’aménagement de banquettes anti-déversement des véhicules,

120 Les aquifères libres basaltiques BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

de glissières, etc.…, ainsi que la collecte et l’évacuation des effluents dans des
conditions acceptables pour le maintien de la qualité de l’eau obtenue au captage.
L’importance des préconisations sera adaptée à l’importance de la voie de
circulation concernée ;
- Transport de matières dangereuses : interdiction de ces transports notamment
dans la zone la plus sensible du périmètre de protection rapprochée, ou
réglementation en imposant des aménagements sur les voies de communication
(glissières de sécurité, ouvrages de rétention des véhicules sur la voie,…).

7.7.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides


- Aires de remplissage et de lavage des pulvérisateurs utilisés pour le traitement des
cultures, installations de stockage de produits phytosanitaires : il peut être préconisé
d’interdire les installations futures sur tout ou partie du périmètre. En ce qui
concerne les aires de remplissage existantes, leur déplacement en aval écoulement
hors du PPR sera préconisé, ou en cas d'impossibilité majeure, leur mise aux
normes sera sollicitée.

7.7.6. Limiter les risques de pollution diffuse


- Les préconisations porteront sur d’éventuelles interdictions des épandages de
produits fertilisants ou phytosanitaires en zone agricole, forestière ou aux abords
des infrastructures. Des modifications de l’occupation agricole des sols peuvent
éventuellement être proposées, c'est-à-dire la reconversion des cultures, voire la
mise en jachères. Cela ne peut être proposé que dans des situations critiques
concernant la qualité de l’eau ou dans un milieu extrêmement sensible.
- Si l’aire d’alimentation du captage est identique au périmètre de protection
rapprochée, il peut être nécessaire d’interdire l’utilisation des herbicides pour les
cultures pérennes quand on dépasse les normes sanitaires relatives aux herbicides
ou quand on les détecte couramment. Si l’on détecte aussi des fongicides et des
insecticides à des concentrations supérieures à la norme, il faut alors interdire les
cultures à l’exception des cultures bioliogiques. En cas de détection de pesticide de
manière récurente, on interdira les cultures non pérennes, hormis les cultures
biologiques ;
- Si le périmètre de protection rapprochée ne constitue qu’une partie de l’aire
d’alimentation du captage, c’est l’outil relatif au programme d’action qui doit être
utilisé pour maitriser les risques de pollution diffuse ;
- Pour l’entretien des accotements de chaussée et voies de communication, il sera
nécessaire d’interdire l’utilisation des produits phytosanitaires, sauf impossibilité
technique dans des secteurs limités. Dans ces cas, il faudra prévoir des
prescriptions en s’appuyant sur les documents de la Cellule d’Etude et de
Recherche sur la Pollution par les Produits Phytosanitaires dans l’Eau (CERPE) en
Languedoc Roussillon.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les aquifères libres basaltiques 121


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

8. Les aquifères libres sédimentaires à


perméabilité d’interstices

8.1. CARACTERISATION

Les aquifères sédimentaires à perméabilité d’interstices se rencontrent sur une partie


non négligeable des deux départements du Gard et de l’Hérault. A l’affleurement et
donc en situation d’aquifère libre, ils existent surtout dans les basses plaines
héraultaises et dans certains bassins sédimentaires tels que celui de Boisseron-
Sommières, de Castries, d’Uzès et dans toute la partie nord occidentale du
département du Gard et plus précisément dans les basses vallées de l’Ardèche, de la
Cèze et de la Tave. Il s’agit de formations très diversifiés avec d’importantes variations
latérales de faciès.

Les ressources en eau souterraine et leur comportement dépendent directement de la


nature et de l’extension de ces réservoirs. Localement, des débits importants peuvent
être obtenus dans les faciès molassiques ou gréseux. Ces formations peuvent être
tantôt libres, tantôt captives. Eu égard à leur matrice poreuse, le comportement de ces
réservoirs est assez similaire à celui des nappes alluviales, mais généralement sans
relation directe avec les cours et plans d’eau.

8.2. RISQUES DE CONTAMINATION EN AQUIFERES SEDIMENTAIRES A


PERMEABILITE D’INTERSTICES

Les risques de contamination des aquifères à perméabilité d’interstices dépendent


essentiellement des caractéristiques lithologiques de ces réservoirs et notamment la
nature de la matrice des formations, de l’importance, de la nature et de la perméabilité
verticale de la zone non saturée, de la présence d’une éventuelle couverture et aussi
du rôle du sol.

8.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN AQUIFERES


SEDIMENTAIRES A PERMEABILITE D’INTERSTICES

La zone d’étude correspond à l’aire d’influence du captage. Celle-ci est définie à partir
des données hydrogéologiques (extension de l’aquifère, relations avec des réservoirs
latéraux). Cela nécessite au minimum de connaître le sens de circulation des eaux
souterraines dans tous les contextes hydrologiques (basses à hautes eaux), le gradient
de la nappe, ainsi que l’aire d’influence du captage, ou tout au moins les indications
quant à l’extension du cône de rabattement en pompage pour les puits et forages.

BRGM/RP-55699 – Rapport final les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices 123
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

8.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LES DEBITS


D’EXPLOITATION

Les données nécessaires pour fixer le débit d’exploitation des captages en aquifères
sédimentaires à perméabilité d’interstices sont du même type que ce qui a été défini
dans le cas d’alluvions (nappe libre). Cependant, ces aquifères étant généralement
moins dépendants de l’écoulement des eaux superficielles, l’appréciation des relations
nappes – rivières n’a pas la même importance.

8.5. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION EN AQUIFERES


SEDIMENTAIRES A PERMEABILITE D’INTERSTICES

En ce qui concerne les périmètres de protection immédiate, les caractéristiques


spécifiques techniques de l’ouvrage doivent être précisément connues. La délimitation
des périmètres de protection immédiate dans ce type de milieu n’a pas de spécificité
particulière. Les principes proposés pour les autres types d’aquifères doivent être
respectés.

Pour les périmètres de protection rapprochée, il est nécessaire de bien


appréhender les caractéristiques de l’aquifère (sens d’écoulement, épaisseur, gradient,
porosité efficace). Comme dans le cas de nappes alluviales, diverses approches de
calcul peuvent être utilisées et notamment les méthodes HOFMANN et LILLICH, ou
encore WYSSLING. Par ailleurs des modélisations peuvent être suggérées dans des
contextes particuliers correspondant à des captages dont le débit d’exploitation peut
avoir un impact marqué sur l’aquifère et notamment sur la surface piézométrique de la
nappe (cône d’influence de grande extension).

8.6. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERES SEDIMENTAIRES A


PERMEABILITE D’INTERSTICES

Les prescriptions à proposer pour les captages en aquifères sédimentaires à


perméabilité d’interstices sont généralement de même type que les prescriptions
dictées pour les nappes alluviales, à l’exception de toutes les préconisations relatives
aux relations avec les eaux superficielles et tout ce qui touche aux affouillements et
excavations. Un aquifère à perméabilité d’interstices peut être tout aussi vulnérable
qu’une nappe alluviale. Cependant les échanges avec les cours d’eau, s’ils existent,
sont nettement plus limités, voire totalement inexistants.

Les prescriptions liées à la non atteinte du niveau de la nappe et visant à conserver


l’intégrité de l’aquifère (activités représentées par les affouillements, les excavations de
faible profondeur, les curages, les défrichements) n’ont généralement pas à être

124 les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices BRGM/RP-55699 – Rapport final
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

sollicitées en milieu sédimentaire à perméabilité d’interstices, le niveau de la nappe


étant relativement profond par rapport au sol, ce qui est très souvent le cas dans ce
type d’aquifère dans les deux départements du Gard et de l’Hérault.

8.6.1. Conserver l’intégrité de l’aquifère et sa protection


- Excavations liées à l’inhumation (cimetières et inhumations en terrains
privés) : le plus souvent sans objet
- Excavations liées à l’exploitation de carrières et mines : le plus souvent sans
objet ;

8.6.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables et


conditions d’écoulement)
- Augmentation des prélèvements dans l’aquifère : création de nouveaux forages
privés : interdiction si, et seulement si, leur réalisation et leur exploitation peut un
avoir un impact nettement marqué sur le captage d’EDCH concerné. Ces nouveaux
ouvrages privés doivent être interdits lorsque la ressource risque d’être affectée
quantitativement avec possibilité de réduire le débit exploitable du captage D’EDCH
et qualitativement, même si ces ouvrages sont réalisés dans de bonnes conditions.
Il est cependant nécessaire de justifier que, quelles que soient les exigences qui
pourraient être imposées pour ces forages, la protection de la ressource sollicitée
par le captage d’EDCH ne pourra pas être assurée s’ils existaient.
- Imperméabilisation : l’imperméabilisation des terrains sur des superficies
importantes par rapport à l’étendue du PPR peut aussi entrainer des diminutions de
débit. De telles activités peuvent alors être réglementées (en fonction de la taille),
voire interdites.

8.6.3. Ne pas mettre en communication les eaux souterraines captées et


d’autres eaux
- Création de puits et forages et aménagement des ouvrages existants : tous les
ouvrages, y compris les ouvrages exploités, devront être aménagés afin de ne pas
mettre en communication, par l’espace annulaire, les eaux superficielles avec les
eaux souterraines captées et ne pas favoriser l'infiltration d'eau de surface. Ces
aménagements visent notamment la cimentation de l’annulaire, le réhaussement de
la tête de forage et la protection de surface ;
- Puits et forages désaffectés : préconisation visant à l’aménagement
systématique des têtes d’ouvrages, ou aux conditions de leur comblement ;

BRGM/RP-55699 – Rapport final les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices 125
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Sondages de reconnaissance ou de recherche : préconisations visant à les


reboucher avec des matériaux issus de la foration et cimentation en tête, si ces
ouvrages ne sont pas conservés en piézomètres ou qualitomètres. Dans ce cas,
l’orifice supérieur devra, sauf impossibilité technique, être placé à 0,50 m au dessus
de la cote des plus hautes eaux superficielles et muni d’un dispositif rendant
impossible la pénétration d’eau de surface. Les éventuels ouvrages destinés à la
surveillance des niveaux ou de la qualité des eaux souterraines pouvant être
préconisés dans le cadre de la mise en place d’un plan de surveillance, doivent être
réalisés selon les prescriptions des arrêtés ministériels du 11 septembre 2003 et de
la norme AFNOR NF X 10-999 d’avril 2007 ;
- Infiltrations d’eaux pluviales de zones urbanisées, d’axes de communication :
hormis les évacuations diffuses, nécessité de canaliser ces eaux issues du
ruissellement sur des zones intensément urbanisées à une certaine distance (à
préciser en fonction de la vulnérabilté des formations en surface) du captage, voire
même à l’extérieur du périmètre de protection rapprochée. Des aménagements
spécifiques (bassins de décantation devant assurer la rétention des flottants,
notamment les hydrocarbures, bassins d’évaporation) peuvent être préconisés et
adaptés au contexte local. Les eaux issues du ruissellement sur des surfaces très
limitées (moins de 100 m2 environ) ne sont pas concernées par ces prescriptions.

8.6.4. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une


source de pollution
- Centres de traitement ou de transit de déchets toutes catégories confondues, y
compris les dépôts de matériaux de démolition : interdiction ;
- Carrières : pour les carrières existantes, des aménagements peuvent être
proposés notamment en ce qui concerne les installations annexes nécessaires à
l’exploitation (caractéristiques et situation des cuves de stockage des carburants,
installations de concassage et de criblage, …). Les nouvelles carrières et les
extensions doivent être interdites ;
- Rejets de substances polluantes et/ou produisant des matières dangereuses
liés à l’implantation de nouvelles activités artisanales et industrielles : interdiction s’il
y a production d’eaux résiduaires, ou d’effluents industriels ;
- Rejets d’eaux résiduaires des constructions collectives et individuelles :
interdiction des rejets d’eaux résiduaires domestiques collectives à l’intérieur des
périmètres de protection rapprochée ou tout au moins dans la zone la plus sensible.
Les rejets d’assainissement individuel pourront être acceptés s’ils utilisent une filière
actuellement autorisée, sauf si ces assainissements autonomes se localisent à très
faible distance en amont du captage (zone la plus sensible du périmètre de
protection rapprochée). Les canalisations d’eaux usées existantes desservant des
habitations pourront être réglementées en imposant des vérifications de l’étanchéité
à une périodicité acceptable. Les nouvelles canalisations d’eaux usées résiduaires
domestiques pourront être interdites, notamment dans la zone la plus sensible, ou

126 les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices BRGM/RP-55699 – Rapport final
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

réglementées en imposant une étanchéité parfaite. Des vérifications périodiques de


leur étanchéité seront imposées ;
- Infiltrations d’eaux résiduaires dans le sous sol : interdiction ;
- Stockage existant et futur d’hydrocarbures à usage domestique : (moins de
3 000 litres) : activités à réglementer en imposant la mise hors sol de ces cuves de
stockage et avec un bac de rétention d’une capacité minimale de 1,5 à 2 fois la
capacité de stockage d’hydrocarbures ;
- Stockage d’hydrocarbures à usage non domestique : interdiction totale ou
seulement dans la zone la plus sensible du périmètre. En l’absence d’interdiction, il
sera préconisé d’installer les cuves hors sol avec un bac de rétention d’un volume
1,5 à 2 fois supérieur à la capacité de stockage d’hydrocarbure, ou mettre en place
des cuves à double enveloppe (l’option de cuves hors sol avec bac de rétention est
à privilégier). Les préconisations de l’arrêté ministériel du 1er juillet 2004 seront
scrupuleusement respectées ;
- Epandage de boues de vidanges, de stations de traitement d’effluents de
toutes nature, de stations d’épurations ou encore de surplus agricole :
interdiction ;
- Rejets des effluents de serres : interdiction pour les nouvelles serres, sauf si les
conditions de rejet ont été étudiées de manière à éviter tout rejet d’effluents dans le
milieu souterrain ou superficiel. Cela nécessite que les serres fonctionnent en circuit
fermé. Pour les serres existantes, les prescriptions techniques doivent porter sur les
conditions de rejet (localisation, dimensionnement et imperméabilisation des
bassins de lagunage et des bassins d’évaporation,…) ;
- Rejets des effluents liés aux bâtiments d’élevage et au parcage d’animaux
domestiques : les structures annexes (fosses à purin ou à lisiers, fumières,…) et
les parcages devront être interdits dans la zone la plus sensible des périmètres de
protection rapprochée. Par contre, ces activités pourront éventuellement être
acceptées dans la zone la moins sensible (si elle existe) de ces périmètres avec
des prescriptions particulières en terme de taille ou d’importance du cheptel ;
- Aires de lavage des véhicules et casses automobiles : interdiction pour une
capacité d’accueil supérieure à quelques véhicules, le seuil étant à fixer en fonction
de la vulnérabilité des terrains concernés, sauf si des aménagements sont réalisés
avec récupération des eaux de ruissellement et évacuation le plus loin possible du
captage, voire à l’extérieur du périmètre de protection rapprochée. Il peut aussi être
préconisé de réaliser des aménagements spécifiques, tels que l’imperméabilisation
des surfaces concernées et l’évacuation des eaux de ruissellement vers des
bassins de décantation, dont les caractéristiques seront déterminées en fonction du
flux et de la charge polluante ;
- Aires de stationnement de véhicules : interdiction pour une capacité d’accueil de
plus d’une cinquantaine de véhicules, sauf si des aménagements sont réalisés
avec, d’une part, la récupération des eaux de ruissellement et évacuation le plus
loin possible du captage, voire vers l’extérieur du périmètre de protection
rapprochée ou, d’autre part, la réalisation d’aménagements spécifiques, tels que les

BRGM/RP-55699 – Rapport final les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices 127
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

bassins de décantation, dont les caractéristiques seront déterminées en fonction du


flux et de la charge polluante ;
- Implantation de canalisations souterraines transportant des eaux résiduaires
industrielles ou des hydrocarbures : interdiction ;
- Campings : limiter la taille des campings en fonction du degré de vulnérabilité de
l’aquifère dans sa partie superficielle au niveau du captage étudié et de l’emprise du
périmètre de protection rapprochée ;
- Réinjection d’eaux issues d’un doublet géothermique : interdiction. Par contre,
les sondes géothermiques ne sont pas interdites a priori ;
- Remblais : les remblais ne peuvent être autorisés que s’ils sont réalisés avec des
matériaux du site et/ou de matériaux exempts de substances susceptibles de porter
atteinte à la qualité de l’eau souterraine ;
- Construction ou modification de voirie existante ou future : les créations de
voies de communication pourront être tolérées sous réserve de dicter des
préconisations visant à l’étanchéité du revêtement de la chaussée et des annexes, à
la collecte et l’évacuation des effluents, ainsi qu’à l’implantation et au
dimensionnement des bassins de rétention et à l’évacuation de ces effluents ou
encore à la réalisation d’infrastructures spécifiques (glissières, caniveaux, cunettes
cimentées,…). L’importance des préconisations sera adaptée à l’importance de la
voie de circulation concernée ;
- Transport de matières dangereuses : interdiction de ces transports notamment
dans la zone la plus sensible du périmètre de protection rapprochée, ou
réglementation en imposant des aménagements sur les voies de communication
(glissières de sécurité, ouvrages de retenue des véhicules sur la voie,…).

8.6.5. Eviter les pollutions ponctuelles liées aux pesticides


- Aires de remplissage et de lavage des pulvérisateurs utilisés pour le
traitement des cultures, installations de stockage de produits
phytosanitaires : il peut être préconisé d’interdire les installations futures sur tout
ou partie du périmètre, y compris la création ou la réhabilitation de fossés pouvant
accélérer le transfert vers la nappe. En ce qui concerne les aires de remplissage
existantes, leur déplacement en aval écoulement hors du PPR sera préconisé, ou
,en cas d'impossibilité majeure, leur mise aux normes sera sollicitée.

8.6.6. Limiter les risques de pollution diffuse


- Les préconisations porteront sur d’éventuelles interdictions des épandages de
produits fertilisants ou phytosanitaires en zone agricole, forestière ou aux abords
des infrastructures. Des modifications de l’occupation agricole des sols peuvent
éventuellement être proposées, c'est-à-dire la reconversion des cultures, voire la

128 les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices BRGM/RP-55699 – Rapport final
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

mise en jachères. Cela ne peut être proposé que dans des situations critiques
concernant la qualité de l’eau ou dans un milieu extrêmement sensible.
- Si l‘aire d’alimentation du captage est identique au périmètre de protection
rapprochée, il peut être nécessaire d’interdire l’utilisation des herbicides pour les
cultures pérennes quand on dépasse les normes sanitaires relatives aux herbicides
ou quand on les détecte couramment. Si l’on détecte aussi des fongicides et des
insecticides à des concentrations supérieures à la norme, il faut alors interdire les
cultures à l’exception des cultures biologiques. En cas de détection de pesticides de
manière récurrente, on interdira les cultures non pérennes, hormis les cultures
biologiques ;
- Si le périmètre de protection rapprochée ne constitue qu’une partie de l’aire
d’alimentation du captage, c’est l’outil relatif au programme d’action qui doit être
utilisé pour maitriser les risques de pollution diffuse ;
- Pour l’entretien des accotements de chaussée et voies de communication, il sera
nécessaire d’interdire l’utilisation des produits phytosanitaires, sauf impossibilité
technique dans des secteurs limités. Dans ces cas, il faudra prévoir des
prescriptions en s’appuyant sur les documents de la Cellule d’Etude et de
Recherche sur la Pollution par les Produits Phytosanitaires dans l’Eau (CERPE) en
Languedoc Roussillon. CERPE.

8.7. LES PRESCRIPTIONS EN AQUIFERES SEDIMENTAIRES DANS LE


PERIMETRE DE PROTECTION ELOIGNEE

Dans le périmètre de protection éloignée, les recommandations visent à faire respecter


scrupuleusement la réglementation existante. Elles peuvent aussi informer sur les
risques de pollution diffuse.

BRGM/RP-55699 – Rapport final les aquifères libres sédimentaires à perméabilité d’interstices 129
Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

9. LES NAPPES CAPTIVES

9.1. CARACTERISATION

Une nappe est captive lorsque sa surface piézométrique se situe au-dessus de la limite
supérieure ou toit de la formation qui la contient. Ce toit doit être nécessairement
imperméable ou semi-perméable. Si la cote piézométrique est supérieure à la cote du
sol, la nappe devient artésienne.

Il en résulte que, en terme de protection, un captage dans une nappe captive est
nettement mieux protégé par rapport aux activités situées en surface du sol.
Cependant, les liaisons avec la surface peuvent se produire soit au niveau de la zone
d’affleurement de cet aquifère, soit par la perforation de cette couche protectrice, soit
encore par des percolations à travers les formations superficielles. Il s’agit alors de
phénomènes de drainance qui peuvent varier dans le temps en fonction des conditions
de charge piézométrique. Ils dépendent essentiellement de la perméabilité du toit, de
son épaisseur et des différences de charge piézométrique, donc de l’importance des
pompages.

Les aquifères captifs se rencontrent souvent dans les deux départements du Gard et
de l’Hérault. Il s’agit de réservoirs localement libres et localement captifs. La nappe
astienne entre Mèze et l’embouchure de l’Aude est presque exclusivement captive,
avec une zone affleurante très limitée. Il en est de même des calcaires cambriens du
Lodévois. Par contre, certains réservoirs sont partiellement libres et captifs, comme les
calcaires urgoniens de la Gardonnenque, ou les calcaires jurassiques du Pli occidental
de Montpellier, ou encore les molasses burdigaliennes des bassins d’Uzès, de Castries
ou de Sommières.

D’autres réservoirs sont en fait des multicouches avec une nappe supérieure le plus
souvent libre et des niveaux aquifères plus profonds captifs. C’est notamment le cas
des formations du Crétacé supérieur dans la partie orientale du département du Gard,
ou encore les molasses burdigaliennes des bassins de Castries et Sommières. Il est à
noter que les forages, notamment ceux qui sont exploités pour l’alimentation en
eau de collectivités, ne devraient pas capter plusieurs niveaux aquifères
superposés. Lorsqu’ils sont séparés par un écran imperméable ou semi-
perméable, l’hydrogéologue agréé doit se prononcer sur cette thématique,
puisqu’il doit donner un avis sur les caractéristiques de l’ouvrage.

Il importe cependant de ne pas classer en aquifères différents deux horizons


perméables séparés d’un niveau moins perméable à semi-perméable et
appartenant au même système de dépôts.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes captives 131


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

9.2. RISQUES DE CONTAMINATION DES CAPTAGES EN NAPPE CAPTIVE

En nappes captives, les risques de contamination sont nettement moins élevés qu’en
nappes libres, eu égard à la présence d’une couverture de l’aquifère. Les risques sont
essentiellement localisés dans la zone d’affleurement du réservoir et éventuellement
dans la partie captive par la mise en communication avec des eaux superficielles ou
des aquifères moins profonds par l’intermédiaire d’ouvrages mettant en relation cette
nappe captive avec l’eau superficielle ou souterraine circulant dans des horizons
supérieurs. La mise en relation peut aussi être liée aux phénomènes de drainance,
dont l’importance est fonction, d’une part, de la perméabilité et de l’épaisseur de l’écran
entre la nappe captive et la nappe plus superficielle et d’autre part, des différences de
charge existant entre les deux réservoirs.

9.3. DELIMITATION DE LA ZONE D’ETUDE EN NAPPE CAPTIVE

Il appartient, d’une part, d’obtenir des données quant à la structure géologique avec
l’appréciation de la zone d’affleurement de cette nappe captive, mais aussi l’évolution
du toit de cet aquifère dans l’espace et, d’autre part, d’appréhender les relations entre
cet aquifère et la partie superficielle, y compris éventuellement d’autres aquifères
moins profonds.

9.4. DONNEES NECESSAIRES POUR FIXER LE DEBIT EXPLOITABLE


D’UN CAPTAGE EN NAPPE CAPTIVE

Les nappes captives sont exploitées presque exclusivement par forages. Le débit
exploitable de ceux-ci est appréhendé à partir d’essais de pompage. En fonction des
probabilités d’évolution dans l’espace des paramètres de l’aquifère (atteinte de limite
semi perméable ou de limite étanche), des essais de longue durée sont souhaitables,
notamment lorsque l’on se situe dans des contextes mal connus ou dans des
réservoirs de faible extension.

9.5. DONNEES DEVANT ETRE FOURNIES POUR LA DELIMITATION DES


PERIMETRES DE PROTECTION DES CAPTAGES EN NAPPE CAPTIVE

Afin de déterminer l’étendue du périmètre de protection rapprochée d’un ouvrage en


nappe captive, il est nécessaire de connaître la nature, la perméabilité et l’épaisseur de
la couverture de l’aquifère, ainsi que la situation cartographique de la zone
d’affleurement correspondant à la zone d’alimentation par rapport au captage. Comme
pour valider le débit d’exploitation, la détermination des limites du périmètre de
protection rapprochée nécessite un essai de pompage avec l’évaluation de la
transmissivité, mais aussi l’examen de l’évolution du niveau dynamique dans le temps,

132 Les nappes captives BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

notamment dans les conditions d’aquifères compartimentés, pouvant se traduire par


les effets de limite (étanche, ou autre).

En cas de superposition d’une autre nappe positionnée au dessus de celle qui est
exploitée par le captage étudié et avec un écran semi-perméable entre les deux unités,
il est nécessaire de connaître les différences de charge en régime statique, mais aussi
en régime dynamique, afin d’appréhender les drainages potentiels entre les deux
nappes, en tenant compte du pouvoir épurateur de ces niveaux semi-perméables.

Hormis l’impact d’activités superficielles lié aux phénomènes de drainance, les


risques de dégradation de la qualité de l’eau d’une nappe captive résultent
essentiellement de travaux souterrains et notamment les sondages et forages. Il
est donc nécessaire que l’existence de ce type d’ouvrages (notamment les forages)
soit portée à la connaissance de l’hydrogéologue agréé. En conséquence, un
recensement le plus exhaustif possible de ces « perforations » totales ou partielles de
la couverture de l’aquifère doit être entrepris avec notamment l’état des têtes de puits
et forages, mais aussi, si possible, leurs caractéristiques techniques (profondeur,
diamètre, position des éléments crépinés de la colonne captante, existence ou non
d’un espace annulaire cimenté et cotes extrêmes de cette cimentation).

9.6. DELIMITATION DES PERIMETRES DE PROTECTION DANS LES


NAPPES CAPTIVES

9.6.1. Périmètre de protection immédiate

Les ouvrages exploitant des nappes captives sont exclusivement des forages sans
drain. L’existence d’une couverture permet donc de limiter le périmètre de protection
immédiate à une distance de l’ordre de 5 à 10 m de part et d’autre de l’ouvrage. Il est
cependant nécessaire de tenir compte de l’obligation d’intervenir sur le site pour
l’entretien et éventuellement la réhabilitation des ouvrages. Une distance supérieure
peut alors être utile pour tenir compte de ces contraintes spécifiques.

9.6.2. Périmètre de protection rapprochée

Pour définir les périmètres de protection rapprochée en nappes captives, deux


possibilités s’offrent à l’hydrogéologue agréé :
- soit, il considère les risques situés uniquement en surface du sol. Dans ce cas, il
est nécessaire d’évaluer le temps de transfert entre la surface et la nappe en tenant
compte de la perméabilité verticale et de l’épaisseur des formations recouvrant
l’aquifère au niveau du captage étudié. Dans ce cas, le transfert ne se fait que par
percolation descendante dans les formations sus-jacentes et il n’y a pas de risques
de contamination par l’intermédiaire de puits ou de forages. L’étendue du périmètre
de protection rapprochée peut être extrêmement réduite. Il faut alors interdire tous

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes captives 133


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

les ouvrages susceptibles de traverser, en tout ou partie, la formation de couverture


et d’atteindre le toit de l’aquifère captif ;
- soit, il considère que la contamination de la nappe captive est engendrée par des
activités de surface et que la migration vers la profondeur peut être accélérée
par des vecteurs que sont les travaux souterrains, notamment les forages.
Cela revient alors à définir des périmètres de protection en nappe captive dans les
mêmes conditions qu’en nappe libre, les contaminations pouvant être apportées par
ces forages.

Sauf cas particuliers, tels que des sites affectés par d’importants travaux
souterrains (nombreux forages existants, galeries de mines) il est préférable de
considérer que la nappe est protégée par les formations de couverture
existantes dans l’environnement du captage et que le temps de transfert d’une
pollution doit tenir compte de la percolation verticale depuis la surface jusqu’à
l’horizon capté. Par contre, le risque lié aux puits et forages doit être évalué
différemment puisque, dans ce cas, il peut être nettement aggravé par le transfert
direct jusqu’à la nappe captée par l’intermédiaire de ces forages défectueux.

Dans un contexte d’aquifère captif séparé d’un réservoir superficiel libre par une
formation semi-perméable, la notion d’inversion des drainances doit aussi être
prise en compte. En effet, le plus souvent, l’aquifère captif a une charge
piézométrique plus élevée que la nappe superficielle, avec des échanges potentiels du
bas vers le haut. L’exploitation par pompage de la nappe captive peut alors entraîner
des inversions d’échange entre les deux nappes.

Les limites du périmètre de protection rapprochée (illustration 17) ne peuvent


s’étendre au-delà de l’intersection entre le niveau piézométrique de la nappe
captive sous jacente et celui de la nappe libre.

134 Les nappes captives BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

PAS DE POMPAGE
SOL

NIVEAU STATIQUE NAPPE 2

NIVEAU STATIQUE NAPPE 1

NAPPE SUPERFICIELLE (1)

SEMI PERMEABLE

NAPPE CAPTIVE (2)

POMPAGE EN NAPPE CAPTIVE


EXTENSION MAXIMALE DU P.P.R.
SOL

NIVEAU STATIQUE NAPPE 2

NIVEAU STATIQUE NAPPE 1

NAPPE SUPERFICIELLE (1)

SEMI PERMEABLE

NAPPE CAPTIVE (2)

illustration 17 : Extension maximale du périmètre de protection rapprochée en nappe captive


lorsque celle-ci a une charge plus élevée que celle de la nappe superficielle

Lorsque, en régime statique, la charge de la nappe superficielle est supérieure à la


nappe captive (illustration 18), cette approche ne peut pas être retenue puisque des
échanges par drainance descendante existent, même sans pompage vers cette nappe
profonde. La définition du périmètre de protection rapprochée doit donc se baser sur la
perméabilité évaluée à partir d’essais de pompage (aquifères superposés), ou de
diagraphies en forage avant son équipement et sur l’épaisseur de ces niveaux semi-
perméables.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes captives 135


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

PAS DE POMPAGE
SOL

NIVEAU STATIQUE NAPPE 1

NIVEAU STATIQUE NAPPE 2

NAPPE SUPERFICIELLE (1)

SEMI PERMEABLE

NAPPE CAPTIVE (2)

POMPAGE EN NAPPE CAPTIVE

SOL

NIVEAU STATIQUE NAPPE 1

NIVEAU STATIQUE NAPPE 2

NAPPE SUPERFICIELLE (1)

SEMI PERMEABLE

NAPPE CAPTIVE (2)

illustration 18 : Définition du périmètre de protection rapprochée en nappe captive lorsque celle-


ci a une charge moins élevée que celle de la nappe superficielle

Si la zone d’alimentation de l’aquifère captif (zone d’affleurement) est proche du


captage, et que le temps de transfert vers celui-ci est réduit, l’étendue du périmètre de
protection rapprochée peut éventuellement englober cette zone. Il s’agit cependant
d’un cas exceptionnel, sauf s’il s’agit d’un milieu fracturé sous couverture avec des
vitesses de transfert pouvant être rapides entre les affleurements et la zone plus
profonde où est implanté le captage.

136 Les nappes captives BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Il peut aussi être proposé de fixer deux zones dans le périmètre de protection en
nappe captive. La première zone, centrée au niveau du captage, a une faible
extension. La seconde zone, beaucoup plus vaste, englobe une partie de
l’aquifère captif à l’intérieur de laquelle les prescriptions proposées sont limitées
uniquement aux forages et aux réinjections dans le sous-sol. L’extension de cette
seconde zone est basée sur un transfert direct dans le réservoir, sans la migration
depuis la surface du sol et donc sans la traversée des formations semi-perméables
rendant captive la nappe sous-jacente, puisque ne sont visées que les activités
pouvant affecter directement l’aquifère profond.

Dans les conditions d’aquifère semi-captif, ou alternativement libre et captif en


fonction des fluctuations piézométriques, l’hypothèse la plus défavorable en
terme de protection des eaux souterraines sera retenue et la définition du
périmètre de protection rapprochée sera effectuée comme en nappe libre.

9.6.3. Périmètre de protection éloignée

Dans le contexte de nappe captive, la délimitation du périmètre de protection


éloignée ne semble pas nécessaire, sauf si les zones d’affleurement sont proches de
l’ouvrage ou encore dans les systèmes de faible extension.

C’est souvent l’ensemble du réservoir qui doit alors faire l’objet d’une attention, mais
uniquement à partir de la réglementation générale existante. Cependant, dans ce type
d’aquifère captif, tout ou partie des zones d’affleurement peut être défini comme
périmètre de protection éloignée, dans le but d’attirer l’attention sur la ressource en
eau existant en profondeur.

9.7. LES PRESCRIPTIONS EN NAPPES CAPTIVES

Pour les périmètres de protection immédiate, les prescriptions édictées


précédemment pour d’autres types d’aquifères peuvent aussi être adoptées en nappe
captive. Il est aussi utile de demander un contrôle de l’ouvrage et notamment la
position et l’état des crépines, ainsi que la localisation de la cimentation dans l’espace
annulaire de la chambre de pompage. Cette cimentation doit au minimum couvrir la
totalité de la hauteur de la nappe superficielle. Une inspection récente de moins de 10
ans doit être fournie à l’hydrogéologue agréé. En l’absence d’un tel diagnostic,
l’hydrogéologue agréé doit le solliciter et se prononcer sur des mesures à prendre pour
remédier à une éventuelle situation dégradée, pouvant alors aller jusqu’à la demande
de reconditionner l’ouvrage, voire de le remplacer par un nouveau captage.

L’aspect majeur consiste notamment à prendre en compte les caractéristiques


techniques de l’ouvrage afin de s’assurer de l’absence de communication entre
différents niveau aquifères ou nappes. Cette notion d’aquifères différents doit

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes captives 137


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

cependant être appréhendée non pas seulement en terme physique (une couche
= une nappe), mais également à l’aide d’une interprétation géologique et
hydrogéologique. Les bassins sédimentaires peuvent être comblés de formations à
lithologie différente, mais appartenant à la même nappe. C’est le cas des aquifères
multicouches. Par exemple, pour l’Astien de la région d’Agde - Valras dans le
département de l’Hérault, plusieurs passées de sables peuvent être recoupées avec
des intercalations plus argileuses. Ces différentes passées de sables marins
constituent l’aquifère astien et leur mise en communication existe naturellement.

Dans les périmètres de protection rapprochée des captages sollicitant un aquifère


captif, les prescriptions doivent viser essentiellement toutes les activités remaniant la
couverture de l’aquifère de manière conséquente, c'est-à-dire les forages, dans la
mesure où ils sont un vecteur de mise en communication de l’aquifère capté avec des
niveaux supérieurs. Il faut aussi porter une attention particulière à toutes les actions
visant à favoriser la percolation vers la profondeur et notamment les injections d’eaux
pluviales ou d’eaux usées. Les préconisations seront aussi modulées en fonction des
sens de drainance entre les formations superficielles et l’aquifère captif sous jacent
exploité par le captage concerné par la définition des périmètres de protection.

L’élaboration des prescriptions doit aussi tenir compte du temps de transfert jusqu’à la
nappe captive en fonction de l’épaisseur et de la perméabilité des formations de
couverture. De plus, s’il existe un aquifère superficiel présentant, en situation de
pompage, une charge plus faible que celle du réservoir capté, aucune autre
prescription ne sera demandée, les risques de percolation vers la profondeur étant
exclus.

En cas de temps de transfert inférieur à 50 jours entre la surface du sol et la nappe,


hormis les percolations potentielles directes via des vecteurs que sont les puits et
forages et tout autre ouvrage mettant en communication la partie superficielle avec
l’aquifère captif sollicité, les préconisations suivantes peuvent être envisagées, en
fonction des différents enjeux :

9.7.1. Ne pas éliminer les formations rendant l’aquifère captif et conserver


l’intégrité de la couverture

S’agissant d’aquifère captif, la couverture est relativement épaisse et ne peut être


affectée par des travaux superficiels liés à des constructions d’habitations, de création
de voirie ou encore d’affouillements. Seules les excavations plus importantes liées
éventuellement à l’exploitation de matériaux ou à la création de plans d’eau peuvent
affecter une partie importante du recouvrement du réservoir captif. En ce qui concerne
les excavations liées à l’exploitation de carrières et mines, il faut les interdire si
les travaux sont susceptibles d’atteindre le toit de la formation aquifère sollicitée ;

138 Les nappes captives BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

9.7.2. Conserver les potentialités de l’aquifère (débits exploitables)

Les nouveaux puits et forages sollicitant le même aquifère pourront être interdits
si, et seulement si, leur réalisation et leur exploitation peut avoir un impact quantitatif
nettement marqué sur le captage d’EDCH concerné par la définition des périmètres de
protection. Ces nouveaux forages doivent être interdits lorsque la ressource risque
d’être affectée quantitativement avec possibilité de réduire le débit exploitable du
captage d’EDCH et qualitativement, même si ces ouvrages sont réalisés dans de
bonnes conditions. Il est cependant nécessaire de justifier que quelles que soient les
exigences qui pourraient être imposées pour ces forages, la conservation et la
protection de la ressource sollicitée par le captage d’EDCH ne pourraient pas être
assurées.

9.7.3. Eviter la mise en relation de l’eau souterraine captée avec une


source de pollution
- Création de nouveaux forages : si le contexte géologique indique une
superposition de niveaux aquifères séparés par des épontes semi-perméables, il
sera nécessaire d’interdire tous les nouveaux forages atteignant cet aquifère
inférieur sollicité par le captage d’EDCH. Cette interdiction a pour objet d’éviter des
risques de mise en communication d’aquifères superposés par des forages mal
réalisés ou dégradés. En effet, il apparaît une absence d’entretien des anciens
forages dont l’impact peut être majeur dans la dégradation de la qualité de l’eau des
aquifères sous couverture. Cette interdiction ne devra pas viser les ouvrages qui
auront pour but de remplacer le captage d’EDCH existant. Par contre, la réalisation
de forages dans l’aquifère supérieur pourra être tolérée sous réserve que toutes les
précautions soient prises en terme de protection et d’aménagement en surface.
Dans ce cas, tous les ouvrages, y compris les ouvrages exploités à des fins
domestiques, devront être aménagés comme le préconisent les arrêtés ministériels
du 11/09/2003 et la norme AFNOR NF X 10-999 d’avril 2007,. Les captages publics
devront être aménagés conformément à la réglementation en vigueur ;
- Puits et forages existants : préconisation visant à l’aménagement systématique
des têtes d’ouvrages, afin notamment que celles-ci se situent au minimum à 0,50 m
au-dessus des cotes des plus hautes eaux superficielles connues (PHEC) et que
l’éventuel artésianisme soit maitrisé par une bride fermant l’ouvrage afin d’éviter des
écoulements d’eau de la nappe en surface. La cimentation de l’espace annulaire
entre tubage et terrain, en tête d’ouvrage, devra être vérifiée et réalisée ou
complétée avec au minimum la mise en place d’une dalle béton en surface du sol
sur au moins 1 m de diamètre. Dans les cas les plus sensibles, des contrôles de
cimentation pourront être sollicités, afin de s’assurer que les ouvrages existants ne
participent pas à la mise en communication entre les différentes nappes
superposées. Les ouvrages exploités à un volume de plus de 10 000 m3 par an
devront respecter les préconisations de l’arrêté ministériel du 11 septembre 2003
relatif aux prélèvements soumis à déclaration ou à autorisation au titre du Code de
l’Environnement ;

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes captives 139


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

- Puits et forages désaffectés : préconisation visant à l’aménagement


systématique des têtes d’ouvrages ou à leur rebouchage dans les règles de l’art, en
s’assurant que le risque de mise en communication de différentes nappes est
maitrisé ;
- Sondages de reconnaissance ou de recherche : La conservation de ces
ouvrages pourra être acceptée, sous réserve de la mise en place d’un équipement
adéquat (cimentation de l’espace annulaire jusqu’au toit de l’aquifère exploité) et
d’observations du niveau d’eau, voire la réalisation de prélèvements à des fins
d’analyses dans ces piézomètres ou qualitomètres. En l’absence d’une de ces
conditions, il est nécessaire de préconiser le rebouchage des ouvrages, eu égard à
l’absence de maitrise dans le temps de leurs caractéristiques. En cas de
conservation, l’orifice supérieur devra, soit être placé à 0,50 m au dessus de la cote
des plus hautes eaux superficielles connues (PHEC), soit être muni d’un dispositif
rendant impossible la pénétration d’eau de surface (abri ou local). De même,
l’éventuel artésianisme devra être maitrisé par une bride fermant l’ouvrage afin
d’éviter des écoulements d’eau de la nappe en surface. Une dalle de ciment limitée
par un cercle de deux mètres devra entourer la tête des piézomètres conservés. En
cas de non utilité de ces ouvrages, ils devront être rebouchés en totalité avec des
matériaux graveleux propres et par du ciment placé entre le toit de la zone aquifère
et la surface du sol. Les éventuels piézomètres et qualitomètres (ouvrages destinés
à la surveillance des eaux souterraines pouvant être préconisés dans le cadre de la
mise en place d’un plan de surveillance) doivent être réalisés selon les prescriptions
des arrêtés ministériels du 11 septembre 2003 ;
- Infiltrations d’eaux pluviales issues de zones urbanisées, d’axes de
communication ou d’eaux résiduaires quelque soit leur origine : interdiction de
réinjecter ces eaux et effluents dans des ouvrages (forages) atteignant le toit de
l’aquifère captif sollicité par les ouvrages d’EDCH. La réinjection des effluents issus
de réseaux d’assainissement collectif ou d’établissements industriels doit être
interdite, même dans un horizon perméable situé au dessus de l’aquifère captif.
Cette interdiction peut aussi être proposée pour le rejet des eaux pluviales.

A noter que si l’aquifère capté peut être alternativement captif et libre en fonction
des conditions piézométriques, ce sont les préconisations relevant des aquifères
libres qui devront être proposées.

Par ailleurs, en fonction de l’épaisseur et de la perméabilité de la formation entraînant


la captivité de l’aquifère, certaines prescriptions proposées pour les nappes libres
pourront être retenues pour les périmètres de protection en nappes captives. Cela est
notamment le cas pour les activités pouvant faire peser les risques les plus importants
de dégradation de la qualité de l’eau souterraine et notamment les rejets et stockages
de substances chimiques, de produits phytosanitaires (ou pesticides), de composés
organohalogénés volatils et d’hydrocarbures.

140 Les nappes captives BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

9.7.4. Limiter les risques de pollution diffuse

Si l’étendue proposée du périmètre de protection se situe en totalité en position de


captivité pour la nappe, aucune prescription particulière ne sera proposée dans le
cadre de la maitrise des risques de pollution diffuse.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les nappes captives 141


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

10. Les prises d’eau superficielle

La circulaire interministérielle du 24 juillet 1990 et son annexe 1 ont précisé les


objectifs des périmètres de protection des prises d’eau de surface et les éléments à
prendre en compte pour leur définition. La vulnérabilité nettement plus marquée des
eaux superficielles par rapport à l’eau souterraine est généralement compensée par :
- des traitements nettement plus poussés destinés, d’une part, à supprimer les
matières en suspension et les colloïdes et, d’autre part, à supprimer toute
contamination bactériologique ;
- un dispositif d’alerte.

Le périmètre de protection immédiate est destiné à assurer une protection matérielle


de la prise d’eau contre tout déversement, ou jet direct au droit ou à proximité
immédiate du point de prélèvement. Il englobe la prise d’eau et les installations de
traitement, si elles sont implantées à proximité. Sauf exception précisée dans l’arrêté
de DUP, ce périmètre doit être clôturé.

Le périmètre de protection rapprochée vise à maintenir la qualité des eaux à faible


distance, correspondant à quelques heures de transfert jusqu’au point de prélèvement
en supprimant les rejets d’eaux usées, les dépôts polluants et les causes de pollution
diffuse par ruissellement. Ce périmètre doit par ailleurs offrir un temps d’alerte
suffisant, donnant alors la possibilité d’interrompre le prélèvement dans le cours d’eau
ou le plan d’eau, en évitant la pénétration du polluant dans les installations de
traitement.

Compte tenu des objectifs recherchés (interception du ruissellement et résorption des


sources de pollution), le périmètre pourra être subdivisé en deux zones, c'est-à-dire
une zone tampon proche de la ressource et une zone complémentaire en retrait de la
précédente. L’étendue de ce périmètre de protection rapprochée dépend du type de
ressource exploitée (cours d’eau ou retenue), de l’importance du bassin versant
topographique à l’amont de la prise et du contexte topographique et environnemental.
L’étendue de ce périmètre peut englober la totalité du bassin versant du cours
d’eau concerné situé en amont du point de prélèvement dans le cas d’une faible
extension du bassin versant en amont.

Il est donc important de connaître les activités à risques actuelles et éventuellement


futures. Des traçages selon différents régimes hydrologiques (basses et hautes eaux)
doivent être réalisés pour les captages importants.

Les prescriptions viseront à supprimer les sources de pollution existantes, à


contrôler, voire à interdire, le développement d’activités susceptibles
d’introduire un risque supplémentaire vis-à-vis de la qualité de l’eau dans une
portion du cours d’eau qui ne permettrait pas une dilution suffisante ou une
épuration entre le site de déversement de substances polluantes et le captage.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Les prises d’eau superficielle 143


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Pour les prises d’eau superficielle, il convient d’établir des plans d’alerte et
d’intervention, à l’initiative de la collectivité en relation avec le gestionnaire des
équipements susceptibles de générer des pollutions accidentelles (établissements
classés, routes,…) et les services de secours.

Le guide intitulé « Protection des prises d’eau de surface - Quelles stratégies ? » (n° 75
les études des Agences de l’eau) doit être consulté sur ces problématiques de
délimitation des périmètres de protection d’eau superficielle.

144 Les prises d’eau superficielle BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

11. Conclusion

Ce document réalisé à la demande des DDASS des départements du Gard et de


l’Hérault avait pour objectif de servir d’aide aux hydrogéologues agréés, aux bureaux
d’études intervenant en liaison avec les hydrogéologues agréés, aux services de l’Etat
et aux collectivités publiques (maîtres d’ouvrages) travaillant en concertation dans le
cadre des actions visant à la protection des captages publics destinés à la
consommation humaine.

L’élaboration de ce guide était basée sur la volonté, en fonction de la typologie des


réservoirs sollicités, d’harmoniser l’extension des périmètres de protection et
d’homogénéiser les différentes prescriptions qui sont proposées par les
hydrogéologues agréés lors des actions de protection de ces captages publics.

Les différentes prescriptions proposées doivent être systématiquement justifiées en


fonction des différents enjeux de protection.

Ce guide représente l’état actuel des réflexions dans ces deux départements. Il
constitue une base de travail pour les différents intervenants dans ce domaine. Il a
vocation à évoluer en fonction des pratiques.

Ce guide sera immédiatement utilisé et il est envisagé d’en faire un bilan dans un délai
d’un à deux ans avec les différents partenaires.

Ce guide pourra alors être complété et amendé, tout en prenant aussi en compte les
réflexions réalisées sur cette même thématique au niveau local, régional et national.

BRGM/RP-55699 – Rapport final Conclusion 145


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

12. Bibliographie

Bakalowicz M., 1995 : La zone d' infiltration des aquifères karstiques. Méthodes
d'
étude, structure et fonctionnement – Hydrogéologie 1995 n°4, pp 3-22.

BRGM, 1997 : Guide pour l’aménagement des captages destinés à l’alimentation en


eau potable et leur périmètre de protection immédiate, Rapport BRGM/R39473, 38 p

BRGM, 1997 : Etudes préalables à la définition des périmètres de protection des


captages AEP (cas des captages d’eau souterraine). Guide pour l’établissement d’un
cahier des charges. Rapport BRGM/R38849, 23 p

Cadilhac L., Dugleux E., 2006, Agence de l’Eau Rhône Méditerranée & Corse, Bilan
et analyse de la mise en œuvre des périmètres de protection des captages AEP en
milieu karstique. Synthèse des préconisations en faveur de l’amélioration des
démarches de protection. 26 p

Crochet Ph., Marsaud B., 1996 : Approches conceptuelles de l'aquifère karstique -


Problèmes méthodologiques et d'exploitation – Hydrogéologie 1997 n°3, pp 3-18.

Daum J.R., Martelat A., 1997, Guide sur la gestion et la protection des captages d’eau
potable dans les nappes alluviales. Document technique FNDAE n°19

DDASS 30 : Circulaire relative à l’application d’un programme d’actions pour la


régularisation des autorisations d’usage de l’eau pour l’alimentation humaine

DDASS 34, 2005 : Modalités d’intervention des hydrogéologues agréés en matière


d’hygiène publique

Haudebert L., Le Saout M., Carré J. 1999 : Protection des prises d’eau de surface.
Quelles stratégies ?. Les études des Agences de l’Eau n° 75. 60 p.

Invernon P, 2005, Protection das captages d’eau potable contre les pollutions
diffuses : contribution à l’élaboration du 9ème programme d’intervention. Agence de
l’Eau Rhône Méditerranée & Corse. DESS Université d’Avignon, 93 p

Lallemand-Barrès A., Roux J.C., 1989, Manuels et Méthodes n°33, Editions du


BRGM : Périmètres de protection des captages d’eau souterraine destinée à la
consommation humaine,

BRGM/RP-55699 – Rapport final Bibliographie 147


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Lallemand-Barrès A., Roux J.C., 1995, Manuels et Méthodes n°19, Editions du


BRGM : Guide méthodologique d’établissement des périmètres de protection des
captages d’eau souterraine destinée à la consommation humaine, 221 p

Mangin A., 1975 : Contribution à l'étude hydrodynamique des aquifères karstiques.


Thèse de Docteur ès Sciences, Université de Dijon, (Annales. Spéléologiques. ,1974,
29 , 3, pp 283-332: 1974, 29, 4, pp 495 - 601 : 1975, 30, 1, pp 21 - 124).

Marsaud B., 1996 : Structure et fonctionnement de la zone noyée des karsts à partir
des résultats expérimentaux, Thèse BRGM-Université Paris Sud-CNRS, Documents
du BRGM n°268.

Petit V., Bérard P., Lachassagne P., Lemordant Y., Talbo H., 1998, rapport
BRGM/R 40289 : Les périmètres de protection en milieu fissuré : exemples et principes
d’application. , 55 p

Techniques et Sciences Municipales., 2005 : Dossier : protection des captages


d’eau de distribution publique. N°4, année 2005, 138 p

Vernoux J.F., Wuilleumer A., Seguin J.J., Doerfliger N. 2007 : Méthodologie de


délimitation des bassins d’alimentation des captages et de leur vulnérabilité vis-à-vis
des pollutions diffuses. Rapport intermédiaire : synthèse bibliographique et analyse des
études réalisées sur le bassin Seine-Normandie. Rapport BRGM/RP-55332-FR, 117p,

Vier E., Muet Ph, Guerin Ch., 2005, SIEE, GINGER Environnement, Agence de l’Eau
Rhône Méditerranée & Corse, 2005 : Bilan et analyse de la mise en œuvre des
procédures de protection des captages AEP en milieu karstique. Rapport final,
Synthèse des phases 1, 2 et 3

148 Bibliographie BRGM/RP-55699 – Rapport final


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Annexe 1

Composition du Comité de Pilotage

BRGM/RP-55699 – Rapport final 149


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Le comité de pilotage mis en place dans le cadre de l’élaboration de ce document a


regroupé :
- Mmes Catherine MOREL, Hélène JOURDES et Corinne GUTIERRES représentant
la DDASS de l’Hérault ;
- M. Jean Michel VEAUTE, Anne THEVENET et Cécile CLEMENT représentant la
DDASS du Gard ;
- MM. Christian JOSEPH et Jacques CORNET coordonnateur et suppléant des
hydrogéologues agréés du département de l’Hérault ;
- MM. Jean Louis REILLE et Jean Pierre FAILLAT coordonnateur et suppléant des
hydrogéologues agréés du département du Gard ;
- M. Pierre BERARD, hydrogéologue agréé dans le département du Gard ;
- M. José GREVELLEC, hydrogéologue au Conseil Général de l’Hérault ;
- M. Gérald RACHOU, hydrogéologue au Conseil Général du Gard ;
- Mme Evelyne LACOMBE, hydrogéologue à l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée
et Corse ;
- M. Paul CHEMIN, hydrogéologue à la DIREN Languedoc Roussillon ;
- M. Jean-Piere MARCHAL, hydrogéologue au BRGM (Service Géologique Régional
Languedoc Roussillon)
Ce travail a été partiellement suivi par M. Jean CARRE Professeur à l’Ecole Nationale
de la Santé Publique à Rennes.

BRGM/RP-55699 – Rapport final 151


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Annexe 2

Composition du Comité de relecture

BRGM/RP-55699 – Rapport final 153


Guide pour la protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine

Le comité de relecture s’est réuni le 14 septembre 2007 dans les locaux de la DRASS
Languedoc Roussillon. Ce comité était représenté par les membres du Comité de
pilotage cités ci-dessus et par l’ensemble des hydrogéologues agréés des deux
départements du Gard et de l’Hérault. En plus du travail réalisé par les membres du
comité de pilotage, des observations et remarques écrites ou verbales ont été
formulées par MM. Michel PERRISSOL, Philippe CROCHET, Guy. VALENCIA, Alain.
PAPPALARDO, Yvon BALLUE, Jean-François DADOUN, Jean-Louis TEISSIER,
Laurent SANTAMARIA et Laurent DANNEVILLE.

MM. Philippe CROCHET et Michel PERRISSOL ont rédigé la chapitre relatif à la


caractérisation des aquifères karstiques.

BRGM/RP-55699 – Rapport final 155


Centre scientifique et technique Service géologique régional “Languedoc-Roussilon”
3, avenue Claude-Guillemin
BP 6009 1039, rue de Pinville
45060 – Orléans Cedex 2 – France 34000 – Montpellier - France
Tél. : 02 38 64 34 34 Tél. : 04 67 15 79 80

Common questions

Alimenté par l’IA

Les rejets d'eaux résiduaires doivent être contrôlés dans les périmètres de protection rapprochée des captages pour protéger la qualité de l'eau destinée à la consommation humaine. Ces zones sont vulnérables aux infiltrations rapides qui peuvent transporter des polluants jusqu'aux aquifères, compromettant ainsi la sécurité de l'eau potable. Les rejets d'eaux résiduaires, qu'ils soient domestiques, industriels ou résultant d'autres activités, peuvent contenir des substances polluantes et doivent être soit intégralement évités soit rigoureusement réglementés . Cela inclut des interdictions strictes de rejet dans le sous-sol et des prescriptions pour diriger les effluents vers l'extérieur des zones les plus sensibles. Chaque installation existante est sujette à des contrôles réguliers de l'étanchéité des canalisations pour prévenir les fuites . La protection de ces zones est essentielle pour prévenir la dégradation de la qualité de l'eau captée pour l'usage public et ainsi garantir la santé publique .

Les recommandations pour les structures influençant la qualité des aquifères incluent plusieurs prescriptions pour protéger ces ressources. Il est suggéré d'interdire ou de réglementer les affouillements, les excavations, et les constructions susceptibles de nuire à l'intégrité des aquifères . Pour les aquifères basaltiques et karstiques, les nouvelles activités artisanales et industrielles, surtout celles produisant des effluents industriels, devraient être interdites si elles présentent un risque pour la qualité de l'eau . Des aménagements doivent être réalisés pour éviter la mise en communication avec des sources de pollution, et les eaux pluviales urbaines doivent être canalisées ou traitées avant de pénétrer dans les aquifères . Pour les aquifères karstiques, une surveillance des pertes et des points d'infiltration rapide est recommandée, et des coopérations peuvent être mises en place avec les spéléologues pour détecter les pollutions . Les espaces vulnérables doivent être protégés contre l'utilisation de produits phytosanitaires, notamment en évitant les épandages près des zones de captage . En ce qui concerne l'urbanisation, il est nécessaire d'évaluer les risques potentiels et de prendre des mesures préventives pour éviter de réduire la zone non saturée et de protéger les nappes phréatiques .

Les activités agricoles impactent considérablement la qualité des eaux dans les aquifères en raison de l'utilisation de pesticides et de fertilisants qui peuvent polluer les nappes phréatiques. L'épandage de produits phytosanitaires et fertilisants en zone agricole augmente le risque de pollution diffuse, surtout dans les aquifères karstiques et basaltiques où la circulation rapide des eaux rend ces zones particulièrement vulnérables aux infiltrations . En cas de contamination par des herbicides, fongicides et insecticides dépassant les normes sanitaires, leur usage doit être interdit, à moins qu'il s'agisse de cultures biologiques . De plus, les installations de lavage et de remplissage des pulvérisateurs, ainsi que le stockage inadéquat de produits phytosanitaires, constituent une source directe de pollution ponctuelle . Les changements dans l'occupation des sols et les pratiques agricoles doivent être envisagés pour protéger ces ressources .

L'évolution des activités industrielles et artisanales peut avoir de nombreux effets sur les aquifères, notamment la contamination et la pollution due aux rejets d'effluents et à l'utilisation de produits toxiques. Les régulations proposées incluent l'interdiction ou la limitation de certaines activités dans les zones de protection des captages d'eau pour réduire ces risques. Par exemple, l'interdiction d'installer de nouvelles activités industrielles susceptibles de polluer les aquifères est souvent privilégiée lorsqu'un enjeu de protection élevé est identifié, et lorsque la vulnérabilité de la ressource est importante . De plus, il est recommandé de réglementer spécifiquement les activités existantes, notamment en imposant des conditions de mise aux normes des installations de stockage ou de transport pour éviter le transfert de polluants vers la nappe phréatique . L'interdiction de l'utilisation de pesticides à proximité des captages, sauf en agriculture biologique, est également préconisée pour limiter les pollutions diffuses dues aux herbicides, fongicides et insecticides . Enfin, la gestion des eaux de ruissellement et des aménagements liés au transport est essentielle pour éviter les contaminations accidentelles ."}

La cartographie précise des zones d'étude en nappe alluviale est cruciale pour délimiter les périmètres de protection autour des captages d'eau, car elle permet d'homogénéiser les prescriptions de protection en fonction de la typologie des aquifères et du contexte hydrogéologique . Ces périmètres assurent la protection sanitaire et préservent la qualité de l'eau contre les risques de pollution diffuse et directe en règlementant les activités humaines près des captages . Les périmètres de protection incluent souvent une zone immédiate, rapprochée, et une zone éloignée, pour maximiser la sécurité de la ressource en eau . La cartographie aide ainsi à définir l'étendue géographique appropriée pour chaque périmètre, en tenant compte des types de risques et de la vulnérabilité spécifique des nappes alluviales .

Un hydrogéologue agréé influence la gestion des captages en périmètre de protection rapprochée en évaluant les conditions d'utilisation des terres et en identifiant les activités qui pourraient causer des pollutions ponctuelles ou accidentelles des eaux captées. Il propose des prescriptions spécifiques pour interdire ou réglementer ces activités dans ce périmètre afin de préserver la qualité de l'eau, en créant des servitudes applicables et contrôlables par les autorités . Son avis s'appuie sur un dossier préparatoire et inclut une analyse des activités existantes et des risques potentiels, pour anticiper les évolutions futures et garantir la protection des ressources .

Les mécanismes de protection contre les pollutions ponctuelles liées aux infrastructures agricoles incluent l'interdiction ou la régulation des activités susceptibles de mettre en communication les eaux souterraines captées et d'autres sources d'eau, notamment par la gestion stricte des aires de lavage et de remplissage de pulvérisateurs utilisés pour le traitement des cultures. Il est conseillé de déconseiller de nouvelles installations de stockage de produits phytosanitaires ou de réhabiliter les fossés non conformes, pour éviter le transfert rapide des polluants vers la nappe . Des mesures spécifiques, telles que la reconfiguration des activités agricoles et la mise en jachère, peuvent être imposées dans des zones critiques pour la qualité de l'eau . L'utilisation des pesticides, des herbicides, et des fertilisants est réglementée à l'intérieur des périmètres de protection rapprochée et immédiate, et des actions spécifiques peuvent être requises en cas de détection régulière de ces substances au-delà des normes sanitaires . L'aménagement des pertes et points d'infiltration rapide, tel que la création de bassins tampons ou de bandes enherbées, peut être utilisé pour réduire les risques de pollution diffuse .

Les méthodes de délimitation des périmètres de protection varient selon la nature de l'aquifère et sa proximité des cours d'eau en raison des différentes vulnérabilités et caractéristiques hydrogéologiques. Pour les aquifères karstiques, la délimitation est complexe en raison de leur hétérogénéité, nécessitant des analyses détaillées des risques de pollution et des temps de transfert pour cibler les zones vulnérables . En revanche, les aquifères alluviaux, souvent connectés à des cours d'eau, requièrent une attention particulière au sens d'écoulement et aux conditions hydrodynamiques pour définir l'étendue des périmètres de protection . Les captages en nappe alluviale influencent directement le débit des cours d'eau, ce qui impose une coordination étroite pour établir les périmètres de protection basés sur le débit acceptable et les caractéristiques hydrodynamiques . Ainsi, chaque contexte hydrogéologique nécessite une approche adaptée pour assurer une protection optimale de l'eau destinée à la consommation humaine .

Les critères d'évaluation de la vulnérabilité des nappes alluviales incluent la nature et l'épaisseur des formations de couverture, leur perméabilité, la présence de cours d'eau et leurs interactions possibles avec la nappe , la vitesse de transfert de l'eau à travers le sol non saturé influencée par sa texture , et l'existence de sources de pollution anthropique ou de risques de submersion . Il est aussi essentiel d'analyser la vulnérabilité naturelle de la nappe, déterminée par ses caractéristiques hydrogéologiques locales, et la vulnérabilité spécifique, liée aux sources de pollution et à la perméabilité du sol . Les relations entre eaux superficielles et souterraines, notamment les possibilités d'échanges, sont cruciales car elles peuvent être affectées par les changements saisonniers ou hydrologiques, ce qui nécessite une estimation précise des temps de transfert et des caractéristiques des berges et du fond des cours d'eau . La vulnérabilité est également influencée par l'autoépuration dans les alluvions pendant le transfert des eaux .

La détermination des débits exploitables pour les captages en nappes alluviales repose principalement sur les essais de pompage. Ces essais permettent de déterminer les débits critiques de l'ouvrage en tenant compte des pertes de charge linéaires et quadratiques ainsi que des conditions aux limites de l'aquifère. Ces tests sont essentiels pour évaluer la réserve disponible, en particulier dans les formations karstiques où même des débits élevés peuvent être atteints sans une réserve adéquate . Il est également important d'analyser les relations entre la nappe et les eaux superficielles, et de modéliser l'impact potentiel des captages sur le débit d'étiage des cours d'eau . Les hydrogéologues agréés valident les débits exploitables en fonction des besoins de la collectivité et des caractéristiques de l'ouvrage et de l'aquifère, en s'assurant que le pompage n'entraîne pas de déséquilibre généralisé de l'aquifère. Des simulations d'exploitation peuvent être nécessaires pour confirmer ces évaluations . La méthode de détection des isotopes et des traçages peut également être utilisée pour évaluer la perméabilité et le temps de transfert dans la nappe .

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