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Étude de l'Étalement Urbain à Bafoussam

L'article examine l'étalement urbain à Bafoussam au Cameroun en analysant le rôle des industries et des équipements. Il contient des informations sur la méthodologie et les résultats de la recherche.

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Étude de l'Étalement Urbain à Bafoussam

L'article examine l'étalement urbain à Bafoussam au Cameroun en analysant le rôle des industries et des équipements. Il contient des informations sur la méthodologie et les résultats de la recherche.

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CARACTERISATION DE L’ETALEMENT URBAIN A BAFOUSSAM : EXAMEN DU


ROLE DES INDUSTRIES ET DES EQUIPEMENTS STRUCTURANTS.
CHARACTERIZATION OF URBAN SPRAWL IN BAFOUSSAM: EXAMINA....

Article in Journal de la Recherche Scientifique de l Universite de Lome · December 2022

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2 authors, including:

Francis Tsoata Tangmouo


Université du Québec à Montréal
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ISSN 1727 – 8651

JOURNAL
de la

RECHERCHE SCIENTIFIQUE
de

L’UNIVERSITÉ DE LOMÉ

LOME - TOGO

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VOLUME 24 Numéro 1&2


(2022)
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 Les références doivent être présentées dans un ordre consécutif (dans l'ordre
de leur apparition dans le texte).
 Pour la présentation des références on distinguera les cas suivants :
Exemples : (en général)
Des articles de revues :
[1] S. K. Srivastava and K. Kaur, “Stability of Impulsive Differential Equation with
any Time Delay,” International Journal of Innovation and Applied Studies, vol. 2,
no. 3, pp. 280–286, 2013.
[2] O. V. ADEOLUWA, O. S. ABODERIN, and O. D. OMODARA, “An
Appraisal of Educational Technology Usage in Secondary Schools in Ondo State
(Nigeria),” International Journal of Innovation and Applied Studies, vol. 2, no. 3,
pp. 265–271, 2013.
Des livres:
[11] C. Tichi, Electronic Hearth: Creating an American Television Culture.
Oxford University Press, 1991.
[12] A. R. Jennings, Financial Accounting. Cengage Learning EMEA, 2001.
Un chapitre dans un livre :
[7] Mettam, G. R., and Adams, L. B., How to prepare an electronic version
of your article, In: B. S. Jones, and R. Z. Smith (Eds.), Introduction to the electronic
age, New York: E-Publishing Inc, pp. 281-304, 1994.
[8] O'Neil, J. M., and Egan, J., Men's and women's gender role journeys: A
metaphor for healing, transition, and transformation, In: B. R. Wainrib (Ed.),
Gender issues across the life cycle, New York, NY: Springer, pp. 107-123, 1992.
Sites Internet : A n’utiliser que dans des cas exceptionnels ; préciser si possible les
noms des auteurs et la date de consultation
[5] Smith, Joe, One of Volvo's core values, 1999. [Online] Available:
[Link] (July 7, 1999).

Comité du Journal
Le Journal de la Recherche Scientifique de l’Université de Lomé est cogéré par
trois comités, à savoir un Comité scientifique, un Comité de rédaction et un Comité
de lecture.
COMITE SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL DE LECTURE

Pr. KOKOU Kouami, Université de Lomé ;


Pr. TSIGBE Koffi Nutefé Joseph, Université de Lomé ;
Pr. BATCHANA Essohanam, Université de Lomé ;
Pr. KETOH Koffivi Guillaume, Université de Lomé ;
Pr. KPODAR Adama, Université de Kara ;
Pr. BALOGOU K. Agnon, Université de Lomé,
Pr. SALOU Mounerou, Université de Lomé ;
Pr. AKAKPO-NUMADO Cyriaque, Université de Lomé ;
Pr. GANGUE Martin, Université de Lomé ;
Pr. BOKO Essahanam, Université de Lomé ;
Pr. GNON Baba, Université de Lomé ;
Pr. COUCHORO Mawuli, Université de Lomé ;
Pr. AKUE ADOTEVI Mawusse Kpakpo, Université de Lomé ;
Pr. DOSSEH Ekoué David, Université de Lomé ;
Pr. KOBA Koffi, Université de Lomé ;
Pr. YIGBE Dotsè, Université de Lomé ;
Pr. GBENOUGA Dossou, Université de Lomé ;
Pr. ANATE Koumealo Germaine, Université de Lomé ;
Pr. KOLA Edinam, Université de Lomé ;
Pr. AMEYAPOH Yaovi, Université de Lomé ;
Pr. AGBODJI Ega, Université de Lomé ;
Pr. PALI Tchaa, Université de Kara, membre ;
Pr. EGBENDEWE Aklesso, Université de Lomé ;
Pr. WALA Atchi, Université de Lomé ;
Pr. HETCHELI Follygan, Université de Lomé ;
Pr. WALA Kpèrkouma, Université de Lomé ;
Pr. GASSOU Amivi Kafui, épouse TETE-BENISSAN, Université de Lomé ;
Pr. OWAYE Jean-François, Université Omar Bongo, Libreville ;
Pr. BAMBA Mamadou, Université Alassane Ouattara ;
Pr. AMOUZOUVI Dodji, Université d’Abomey Calavi ;
Pr. MENSAH-NYAGAN Guy, Université de Strasbourg ;
Pr. GOERG Odile, Universités de Paris ;
Pr. FERRÉOL Gilles, Université de Franche-Comté ;
Pr. AGBOBLI Christian, Université de Montréal ;
Pr. SINSIN Brice, Université d’Abomey Calavi ;
Dr. AYEWOUADAN Akodah, MCA, Université de Lomé ;
Dr. SEGNIAGBETO Hoinsoudé, MC, Université de Lomé ;
Dr. LARE Yendoubé, MC, Université de Lomé ;
Dr. HOUNAKE Kossivi, Université de Lomé ;
Dr. DZAGLI Milohum Mikesokpo, MC, Université de Lomé.
Comité de Rédaction
Le comité de rédaction participe à la mise en œuvre de la politique éditoriale. Il est
dirigé par un Directeur de Publication qui est le Directeur de la Recherche et un
rédacteur en Chef.

Directeur de publication : Professeur TSIGBE Koffi Nutefé

Rédacteur en Chef : Professeur KOLEDZI K. Edem.

Membres :
 Professeur NAPO Gbati,
 Dr ADJONOU Kossi, MC (Maître de Conférences)

Secrétariat
Mlle LAWSON-HELOU Nadou Cécilia
M. KUWONU Tata Koffi
M. N’SILE N.

Frais de publication : 60 000 F CFA

Toute correspondance concernant la publication doit parvenir sur l’adresse mail


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Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI)


Université de Lomé
01 B.P. 1515 Lomé 01 (TOGO)
JOURNAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
DE L’UNIVERSITE DE LOME (TOGO)
_______________________________________________________________________________
VOLUME 24, Numéro 1 & 2, (2022)

SOMMAIRE

Lettres, Langues et Humanités

1. ABALO M., (Togo)


Les maîtres de l’idéalisme allemand : Fichte, schelling et hegel,………………...………………….....1

2. KOFFI Alexis & al, (Côte d’Ivoire)


Le bizutage : entre violence universitaire et pratiques initiatiques des nouveaux étudiants de
l’université Jean Lorougnon Guédé de Daloa,……...………..…………………………………...…..…15

3. AMEWU Yawo Agbéko, (Togo)


L’état-nation et les performances intégratives du droit chez Jürgen Habermas,…………………….35

4. BORO B., (Burkina Faso)


La lutte traditionnelle San : un cadre sportif d’expression de pratiques orales littéraires,…………..49

5. Fidèle ALLOGHO-NKOGHE & Ladislas NZE BEKALE, (Gabon)


Collectivités territoriales décentralisées et théorie de l'union africaine du processus de
reconstruction post conflit : une perspective pour la gouvernance locale, ..... ................................ 69

6. WINDZI FOKA Sylvienne Ladye & TANGMOUO TSOATA Francis, (Cameroun)


Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants,.……....................................................................................................….83

7. SEBABE A. et ADJOUSSI P., (Togo)


Les impacts géomorphologiques et environnementaux de l'exploitation des carrières de sable et du
gravier concasse dans le bassin versant du lac Togo,……………………………………….……….105
J. Rech. Sci. Univ. Lomé (Togo), 2022, 24 (1&2) :83-103

CARACTERISATION DE L’ETALEMENT URBAIN A


BAFOUSSAM : EXAMEN DU ROLE DES INDUSTRIES ET DES
EQUIPEMENTS STRUCTURANTS.

CHARACTERIZATION OF URBAN SPRAWL IN BAFOUSSAM:


EXAMINATION OF THE ROLE OF INDUSTRIES AND STRUCTURING
EQUIPMENTS.

WINDZI FOKA Sylvienne Ladye


CEREHT, FLSH, Université de Dschang
ladyewindzi@[Link]
TANGMOUO TSOATA Francis
Labo géomatique, FLSH, Université de Dschang
tsoatafrancis@[Link] / [Link]@[Link]

(Reçu le 11 Août 2022 ; Révisé le 25 Septembre 2022 ; Accepté le 06 Octobre 2022)

RESUME

Le phénomène d’étalement urbain touche toutes les villes du


monde chacune avec ses spécificités. Dans les villes du sud, il
s’agit surtout d’une croissance spatiale où la tenure foncière et
les politiques d’aménagement ne sont pas maitrisées par les
pouvoirs publics. Bafoussam, une ville moyenne d’environ 600
000 habitants fait l’objet de cette étude où il est question
d’examiner son étalement de 1970 à nos jours. L’hypothèse
posée sur la croissance spatiale de Bafoussam est qu’elle s’est
faite dans un premier temps (1970-2005) principalement par la
création des industries et des équipements urbains structurants
et ensuite autour de 2000, avec l’arrêt brusque de
l’industrialisation de la ville ajouté à d’autres facteurs tels que la
rareté foncière, le coût élevé du foncier en zone urbaine, la
banalisation des moyens de transport et des politiques
d’aménagement urbain, cet étalement s’est fait sur les réserves
foncières disponibles autour de la ville-centre. Afin de
caractériser ce phénomène, l’approche combine à la fois les
données provenant des images satellitales Landsat et Sentinel 2,
les données démographiques, les enquêtes de terrain et
l’exploitation des documents de planification de Bafoussam. Les
résultats permettent de confirmer l’existence d’un étalement
urbain de moyenne amplitude à Bafoussam avec une tendance à
la densification urbaine dans les années à venir. Le facteur le
plus marquant a été principalement la création des industries et
des équipements urbains structurants attirant de
nombreux migrants internes des régions de l’Ouest et du
Nord-ouest principalement à la recherche de meilleures
conditions de vie.
83
WINDZI FOKA S. L. & TANGMOUO TSOATA F.

Mots clés : Bafoussam, foncier, équipements urbains, étalement


urbain, industrialisation, politiques d’aménagement.

ABSTRACT

The phenomenon of urban sprawl affects all cities in the world,


each with its own specificities. In the southern cities, it is above
all a question of spatial growth where land tenure and
development policies are not controlled by the public
authorities. Bafoussam, an average city of about 600,000
inhabitants is the subject of this study where it is a question of
examining its sprawl from 1970 to the present day. The
hypothesis posed on the spatial growth of Bafoussam is that it
was done initially (1970-2005) mainly by the creation of
industries and structuring urban facilities and then around 2000,
with the sudden stop of the industrialization of the city added to
other factors such as the scarcity of land, the high cost of land in
urban areas, the trivialization of means of transport and urban
development policies, this spread has taken place on the reserves
land available around the city center. In order to characterize this
phenomenon, the approach combines data from Landsat and
Sentinel 2 satellite images, demographic data, field surveys and
the use of Bafoussam planning documents. The results confirm
the existence of an urban sprawl of medium amplitude in
Bafoussam with a trend towards urban densification in the years
to come. The most striking factor was mainly the creation of
industries and structuring urban facilities attracting many
internal migrants from the West and North-West regions, mainly
in search of better living conditions.

Keywords: Bafoussam, development policies, industrialization,


land, urban facilities, urban sprawl.

INTRODUCTION en consommant les espaces semi-naturels et


naturels par le bâti avec desserrement
’étalement urbain désigne une progressif de la tache urbaine lorsqu’on
L progression spatiale rapide des villes
dans ses périphériques avec une baisse des
s’éloigne de la ville-centre.
Malgré la difficulté à établir des statistiques
densités urbaines. L’étalement urbain n’est fiables, force est de constater que la
pas un concept clairement défini. Sa population des villes camerounaises a
définition varie dans le temps et en fonction pratiquement triplé entre trois décennies
de l’espace d’étude. Antoni (2003) souligne comme l’essentiel des villes africaines
dans sa thèse sur ‘‘Modélisation de la (Förster & Ammann, 2018). Cette explosion
dynamique de l'étalement urbain’’ que ni démographique s’explique par une forte
Brunet et al. (1992) ni Lévy & Lussault croissance démographique (2,8% en
(2003) ne le définissent dans leur moyenne) et de l’exode rural des ruraux en
dictionnaire. Cette étude désigne par quête des meilleures conditions de vie
étalement urbain le processus par lequel la (Gubry et al., 1976 ; Véron, 2008 ; Hounga
ville s’étale à partir d’un noyau ancien tout et al., 2015). En 1960, la population urbaine

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J. Rech. Sci. Univ. Lomé (Togo), 2022, 24 (1&2) :83-103
Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants

au Cameroun était de 721 507 (soit 14% de populations en quête des emplois entrainant
la population totale) ; en 1980, elle passe à 2 une surconsommation du foncier périurbain.
752 040 citadins (soit 32% de la population Depuis une vingtaine d’années, on assiste
totale) ; en 2000, elle passe à 7 065 360 plutôt à un étalement urbain tout autour de la
citadins (soit 46% de la population totale) ville-centre dans les réserves foncières
(Yemmafouo, 2014). Le Cameroun aborde viables ou non (Tangmouo tsoata et al.,
sa transition urbaine en 2020 avec une 2020) suite l’arrêt du développement
estimation de la population urbaine à 68% industriel et des politiques d’aménagement
(Kobou et al., 2021). de la ville. L’objectif de cette contribution de
caractériser le degré d’étalement urbain
Pendant qu’on assiste à une croissance entre 1970 et 2021 et d’identifier les forces
démographique urbaine forte au Cameroun, motrices à l’origine de ce phénomène à
sans aucune surprise, les lots constructibles Bafoussam.
se font rares dans les villes d’où le
renchérissement rapide entrainant le Approche méthodologique
développement urbain des espaces autour Localisation de la zone d’étude
des agglomérations. Cette croissance
spatiale de la ville serait alors plus rapide Bafoussam est créée en 1925 en tant qu’unité
que la croissance démographique. Il faut administrative par l’administration coloniale
bien dissocier étalement urbain de la française. En 1950, Bafoussam est érigée en
densification urbaine qui cherche plutôt à chef-lieu d’arrondissement, en 1960 elle
agir sur les espaces bâtis déjà disponibles par devient chef-lieu d’inspection
la création des villes compactes afin de d’arrondissement de l’Ouest, en 1961 elle
limiter la consommation des espaces et la devient chef-lieu d’inspection fédérale
réduction de la pollution automobile d’administration de province de l’Ouest et
(Rousseaux, 2009). La densification urbaine enfin chef-lieu de province en 1972. En
et l’étalement urbain sont alors deux 1996, la constitution de 1996 aboutit à la
processus d’aménagement qui s’opposent. division du département de la Mifi en 3
Dans les villes du sud, la densification communes d’arrondissement par décret
urbaine est un processus difficilement N°2007/112 de 2007 portant création des
applicable par les pouvoirs publics ceci communes à régime spécial qui érige les
compte tenu de la non-maitrise du foncier communes de Bafoussam 1, Lafié Baleng
urbain par les gestionnaires des villes. Cette (Bafoussam 2) et Bamougoum (Bafoussam
non-maitrise a pour conséquence un 3). La création de la communauté urbaine
étalement urbain dans un climat de pauvreté regroupant les trois centres urbains de ces
urbaine, un rythme de croissance communes est faite en 2008. Bafoussam
démographique très rapide et la faiblesse des capitale régionale de l’Ouest, est située au
politiques d’aménagement urbain centre de la région de l’Ouest-Cameroun
conduisant à une bidonvilisation (Tchekoté avec une superficie d’environ 403km². Les
& Ngouanet, 2015). altitudes varient de 1 100 m à 1 600 m pour
L’urbanisation et l’attractivité de Bafoussam un climat de type tropical humide avec une
ont produit un étalement urbain qui mérite longue saison pluvieuse autour de 9 mois et
qu’on s’y intéresse. Contrairement à de une température moyenne de 21,6 °C. La
nombreuses villes qui se sont développées moyenne des précipitations annuelles atteint
au rythme de l’aménagement de la voirie 1871mm (PDU, 2013).
(Yemmafouo & Kankeu, 2011), le postulat
sur l’étalement à Bafoussam est qu’elle s’est
faite en fonction de la création des industries
et des équipements urbains qui attiraient les

85
J. Rech. Sci. Univ. Lomé (Togo), 2022, 24 (1&2) :83-103
WINDZI FOKA S. L. & TANGMOUO TSOATA F.

Figure 1 : localisation de Bafoussam, Tangmouo et al. 2019

Données et méthodes

Mesurer l’étalement urbain passe par une variations (Loire, 2017 ; Mazouz &
analyse spatio-temporelle qui permet Mohamed Cherif, 2018).
d’alimenter l’analyse de la consommation
des espaces naturels et agricoles à partir de  Recherche documentaire
la tache urbaine (Antoni & Youssoufi, 2007 La recherche documentaire a consisté
; Ecotone, 2010). La tâche urbaine prend en principalement à l’analyse des documents de
compte une dimension position dans planification (PDU, POS et PS) afin de
l’espace d’étude et une dimension mieux saisir les politiques d’aménagement
temporelle sur la représentation des de Bafoussam ainsi que l’extraction des
données démographiques.

Tableau 1 : Population de Bafoussam entre 1976 et 2021, RGPH 1er, 2er et 3e, PDU
(2013)

Année 1976 1987 2005 2021


Population urbaine 57 979 112681 239287 537887
Population rurale 60 663 89512 62169 35484
Population 118 642 202193 301456 573371
Taux d’urbanisation (Tu) 48,87% 55,53% 79,38% 93,81%

Le taux d’urbanisation (Tu) est calculé en


divisant la population urbaine par la  Entretien
population totale.

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J. Rech. Sci. Univ. Lomé (Togo), 2022, 24 (1&2) :83-103
Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants

Afin de mieux comprendre le phénomène temporelle d’un phénomène urbain nécessite


d’étalement urbain à Bafoussam, nous avons que les données soient disponibles sur au
mené des entretiens semi-dirigés auprès des moins deux dates avec un pas de temps
personnes autochtones, des migrants qui ont raisonnable pour le phénomène étudié (à
vécu et exercé dans la ville de Bafoussam Bafoussam, le pas de temps à considérer se
entre les années 1970 à 2021. Ces entretiens situe autour de 15 ans).
auprès de 35 résidents ont été menés par
choix raisonné, basés principalement sur la L’approche cartographique utilise les
durée de résidence à Bafoussam. Les images satellitales sur trois (3) périodes
entretiens portaient notamment sur les (1978, 2002 et 2021) pour extraire la tâche
motifs d’installation dans la ville, le choix urbaine par traitement dirigé (Tableau 2). La
des zones de résidence, les réserves date de 1978 est choisie pour le fait qu’en
foncières accueillantes à leur d’arrivée et plus d’être la date de l’image satellitale la
pendant leur vécu dans la ville et enfin le rôle plus éloignée que nous avons pu acquérir,
des moyens de transport. c’est également la date la plus proche du
recensement des populations en 1976. La
 Approche cartographique date de 2002 est la date des images
satellitales disponibles et la plus proche du
Dans la littérature, on recense de recensement des populations en 2005. La
nombreuses approches (Rousseaux, 2009 ; date de 2021 en plus d’être la date actuelle,
Bakour & Baouni, 2015 ; CEREMA, 2015) est la date qui permet d’apprécier les
visant à acquérir les données sur le bâti orientations d’aménagement par les
urbain. On peut exploiter la base de données documents de planification urbaine (PDU en
sur les demandes de permis de construire. 2013, POS en 2015). À partir de ces images
Malheureusement dans les pays en satellitales, cinq (5 classes d’occupation du
développement, peu de constructions se font sol sont extraites : le bâti, les sols nus, les
par demande de permis de construire comme zones agricoles, la savane, la forêt et galerie
le témoigne l’occupation des zones non forestière. Les zones de changement sont
constructibles, des constructions empiétant extraites, superposées avec les équipements
sur le domaine public artificiel et les urbains créés entre les années 1960 et 2000
constructions ne respectant pas de normes afin d’évaluer visuellement la croissance
urbanistiques. À Bafoussam, selon les spatiale autour des équipements urbains.
enquêtes faites dans 7 quartiers pour les
études de restructuration rénovation des Le taux de croissance spatiale est calculé
quartiers précaires, environ 10% des entre les deux périodes et comparé avec le
constructions détenaient un permis de taux de croissance de la population de ces
construire (Maetur, 2017). En outre, les mêmes périodes permettant d’évaluer la
communes en leur sein ne disposent pas de vitesse d’étalement urbain. Les populations
base de données des terrains bâtis. Pourtant sont simulées à partir du recensement de
sans détenir un titre foncier, il est toujours 1976 et 2005 pour avoir les populations en
possible d’obtenir un permis de construire 1978 et 2002. Les populations de 2021
sous la dénomination d’autorisation de sont obtenues à partir des simulations
construire. Cette dérogation a peu impacté des données démographiques des
les habitudes des citadins. Les seules bases populations de 2005. L’évaluation de la
de données exploitables au sein de la pression urbaine est faite à l’aide de l’outil
commune sont les données réalisées pendant change detection du logiciel Envi.
l’élaboration du plan directeur d’urbanisme L’évaluation des densités urbaines au
et des plans d’occupation des sols. Ce qui cours des trois périodes permet d’apprécier
s’avère insuffisant, car une étude spatio- le processus d’étalement urbain ou de
densification urbaine.
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La formule de calcul du taux (%) de Si Tb = 1,5 Tp, alors on parlera de vitesse


croissance globale (Tcg) est donnée par : d’étalement d’amplitude élevée ;
Si Tb = 2Tp, alors on parlera de vitesse
Tcg = [(Donnee_fin - donnee_depart) / d’étalement d’amplitude très élevée ;
donnee_depart] * 100 Si Tb égal ou supérieur à 2Tp, on parlera de
vitesse d’étalement urbain anormale.
La formule de calcul du taux (%) de
croissance annuelle (Tca) est donnée par : L’approche par les densités urbaines permet
Tca = (Donnee_fin / donnee_depart*Exp(1/ également de caractériser la situation
(date_fin - donnee_date_depart))*100)-100 d’étalement urbain dans un territoire
(Ecotone, 2010 ; Certu, 2013 ; CEREMA,
En comparant les taux de croissance des 2015 ; Mazouz & Mohamed Cherif, 2018).
populations (Tp) et les taux de croissance du On passe par une quantification des densités
bâti (Tb), on apprécie la vitesse de urbaines au cours de plusieurs périodes afin
l’étalement urbain. Les propositions de d’observer l’augmentation ou la régression
lecture suivantes sont faites : des populations par rapport aux surfaces
Si Tp est inférieur à Tb, on parlera occupées. Dans cette étude, les densités sont
d’étalement inexistant ou de densification calculées et une courbe est dressée pour
urbaine ; observer le degré de régression ou de
Si Tp = Tb, alors on parlera de vitesse progression des densités urbaines au cours
d’étalement nulle ou naturelle ; des quatre dates.
Si Tb = 1,25 Tp, alors on parlera de vitesse
d’étalement d’amplitude moyenne ;

Tableau 2 : Caractéristique des images satellitales utilisées

Nbre Système
Capteu de Résolutio Site de de
Image Date
r bande n téléchargement projectio
s n
Sentine 10, 12/11/202
MSI 13
l 2B 20,60m 1
Landsa 15, 07/11/200 WGS 84
ETM+ 8
t7 30,60m 2 [Link] UTM
Landsa 02/02/197 v Zone 32
TM 7 30m
t 05 5 Nord
Landsa 17/11/197
TM 4 60m
t 02 8

La Figure 2 recapitule l’approche cartographique employée dans cette étude pour caractériser
la vitesse d’étalement urbain à Bafoussam.

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Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants

Figure 2 : approche cartographique

État de l’étalement urbain à Bafoussam régression annuelle de 1% entre 1978 et


2002 et ensuite une croissance annuelle de
Évaluation de la pression urbaine à l’ordre de 5% entre 2002 et 2021.
Bafoussam
Malgré le remplacement de nombreux
Entre 1978 et 2002 la classe des forêts a espaces forestiers et de savanes par les
connu une croissance de 3 593 ha dues au cultures de saison (maïs, haricot, macabo,
remplacement des caféiers par les eucalyptus igname…), les classes de cultures observent
et les bananes plantains plus rentables une régression continue au cours du temps
pendant la crise caféière des années 1980. La passant de 1%/an entre 1978 et 2002 à 3%/an
baisse observée des classes de forêts des entre 2002 et 2021. Ces espaces agricoles
années 2000 à 2021 de l’ordre de 1%/an est subissent progressivement l’avancée du bâti.
due à la coupe des forêts d’eucalyptus au Les sols nus sont les espaces constitués des
profit respectivement des sols agricoles, des zones d’extraction, des sols en jachère et des
savanes et du bâti. Les forêts qui y subsistent sols rocheux basaltiques. Il reste néanmoins
actuellement sont principalement des des difficultés de séparation de la classe de
galeries forestières localisées le long des savane avec la classe des cultures du fait de
cours d’eau et autour des chefferies de la pratique des cultures associées à
village. Les savanes ici sont des espaces à la Bafoussam. La classe des cultures doit être
fois constitués des savanes arbustives, les réévaluée en considérant que les cultures
espaces de friches après coupe des basses se font également dans la classe des
eucalyptus et les espaces de cultures hautes savanes et en dessous des canopées d’arbres.
tels que les raphias, les bananes plantains Les surfaces d’eau et les zones humides de
difficilement dissociables à partir d’une bas-fonds subissent une régression de l’ordre
image satellitale de cette résolution spatiale de 3% ces deux périodes respectivement au
(30m). Dans cette classe, on enregistre une profit des cultures, des sols nus et du bâti.

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Les pratiques culturales ont contribué à un dédoublement du bâti passant de 2 180 ha


l’assèchement des surfaces d’eau et des à 5 319 ha, soit une croissance de 3%/an. En
zones humides de bas-fonds et ensuite le bâti utilisant les outils de détection des zones de
et les sols nus ont occupé ces surfaces sur changement (Change detection du logiciel
355 ha. Envi), les espaces de cultures constituent la
classe qui a cédé la plus grande partie au
La classe du bâti qui fait principalement bout des 43 ans, soit 2 143 ha ensuite les
l’objet de cette étude sans surprise observe classes de forêt et savane avec un total de 1
une progression rapide. Entre 1978 et 2002, 614 ha contre 870 ha pour les sols nus et
on observe la plus forte progression du bâti enfin la classe des surfaces d’eau et les zones
de 1 576 ha, soit une croissance annuelle de humides de bas-fonds avec 123ha.
10%, ensuite entre 2002 et 2021 on observe

Tableau 3 : évolution des classes d’occupation du sol entre 1978 et 2021 de Bafoussam

Taux Taux Taux


Variation Variatio Variation
annuel annuel annuel
Classe En 1978 En 2002 En 2021 2002 - n 2002 - 2021 -
2002 - 2021- 2021 et
1978 2021 1978
1978 2002 1978
Foret 14486,8 18079,9 9926,6 3593,1 1% -8153,3 -4% -4560,2 -1%
Savane 4110,4 2148,4 12597,0 -1962,0 -2% 10448,5 4% 8486,6 5%
Cultur
15697,6 13148,2 8231,5 -2549,4 -1% -4916,7 -3% -7466,1
e -1%
Sol nu 4324,0 4504,6 4068,5 180,6 0% -436,1 -1% -255,4 0%
Bâti 645,9 2180,4 5318,9 1534,5 10% 3138,5 3% 4673,0 17%
Eau 1047,2 250,3 169,4 -796,9 -3% -80,9 -3% -877,8 -2%
Total 40311,9 40311,9 40311,9 0,0 0% 0,0 0% 0,0 0%

Figure 3 : évolution globale de l’occupation du sol de la Mifi entre 1978 et 2021

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Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants

Caractérisation de la vitesse d’étalement populations et du taux de croissance de la


urbain à Bafoussam tâche urbaine (Figure 4). Ici, nous analysons
les variations de croissance du bâti et les
La vitesse d’étalement urbain est obtenue densités de population (Tableau 4).
par la comparaison du taux de croissance des

Tableau 4 : taux de croissance annuelle de la population et de la tâche urbaine de 1976 à


2021 de Bafoussam
Année 1976 1987 2005 2021
Population urbaine 57979 112681 239287 537887
Population rurale 60663 89512 62169 35484
Taux d'urbanisation 49% 56% 79% 94%
Population totale 118642 202193 301456 573371
Taux annuel de croissance de la
5,5% 4,1% 3,7%
population (Tp)
Superficie de la tâche urbaine 501,2 1030,0 2564,7 5318,9
Taux annuel de croissance de la tâche
6,8% 5,2% 4,7%
urbaine (Tb)

6,8

5,5
5,2
4,7
4,1
3,6

1976-1987 1987-2005 2005-2021

Population Tache urbaine

Figure 4 : taux de croissance de la tâche urbaine et des populations entre 1976 et 2021

Bafoussam présente la croissance de la ville consommant les espaces à la


démographique annuelle la plus rapide entre périphérie. Plus de la moitié de la population
les années 1976 et 1987 (5,5%) ainsi que le est urbaine. Entre 2005 et 2021, pendant que
taux de croissance du bâti autour de 6,8%, le taux croissance urbaine et du bâti
mais avec un taux d’urbanisation le plus continuent de décroitre à un rythme moins
faible (49%) (Figure 4). Entre les années élevé que la période précédente, on assiste à
1987 et 2005, la croissance démographique une forte urbanisation de la population
annuelle décroît de 1,4% et la croissance du autour de 94%. L’essentiel des populations
bâti décroît de 1,6% avec un taux vit dans l’aire urbaine. L’Hypothèse dans les
d’urbanisation croissant de 7%. Ces deux villes en développement est que la
périodes témoignent d’une extension rapide croissance urbaine est plus rapide que la

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croissance démographique elle-même celle des années 1987 à 2005 ou Tb=1,3Tp.


(Herold et al., 2003; Véron, 2008). C’est également la période qui marque le
Bafoussam illustre bien cela malgré un solde plein essor de l’industrialisation de la ville
migratoire négatif (PDU, 2013) au profit des d’où la forte migration des populations vers
villes de Douala et Yaoundé, plus Bafoussam (Bucrep, 2005). Par contre entre
attractives. 2005 et 2021, malgré que la population ait
Lorsqu’on s’intéresse aux taux moyen de sensiblement doublé, Tb=1,3Tp, cette
croissance entre les années 1970 et 2021 stabilité avec la période 1987-2005 pourrait
(Tableau 5), Tb = 1,25Tp ce qui témoigne de expliquer le processus de densification
l’existence d’étalement urbain d’amplitude urbaine et l’arrêt des installations
moyennement forte. Ainsi en comparant les industrielles à Bafoussam défavorisant
taux de croissance annuelle des différentes l’étalement urbain.
périodes, la période la plus marquante est

Tableau 5 : rapport entre les taux de croissance du bâti et de la population entre 1976 et
2021 de Bafoussam
Période 1987-1976 2005-1987 2021-2005 2021 et 1976
Rapport Tb/Tp 1,2 1,3 1,3 1,25

Caractérisation des densités urbaines en observant la dernière période (2005-


2021), la faible régression des densités
Les densités urbaines analysées sur plusieurs urbaines pourrait s’expliquer à travers les
périodes (Figure 5) permettent d’apprécier le changements d’habitudes observés au sein
degré d’étalement ou de densification qui se de la population où les logements en
produit dans un espace au cours du temps hauteurs sont de plus en plus prisés lors des
(Decoupigny & Passel, 2014). En 1976, la constructions. Les entretiens et les
densité urbaine moyenne était de 218 hbts/ha observations de terrain montrent que de plus
contre 196 hbts/ha en 1987, soit une baisse en plus, aussi bien dans le centre que dans
annuelle moyenne de 2hbts/ha. Ensuite elle les périphéries, les logements en hauteur
décroît à 118 hbts/ha en 2005, soit une baisse s’installent au déficit des logements
plus importante de l’ordre de 4,33 hbts/ha individuels et plains pieds plus
par année. Entre 2005 et 2021, on observe consommateurs d’espace. Ainsi compte tenu
une baisse plutôt timide de l’ordre de de l’arrêt de la création des industries, de la
0,6hbt/ha par année. Ainsi le phénomène de rareté et du coût élevé du foncier, le degré
desserrement urbain est bien présent à d’étalement urbain régresserait dans les
Bafoussam avec un passage au bout des 43 années avenir.
ans de 218 hbts/ha à 108 hbts/ha. Par contre

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équipements structurants

218
196

118 113

1976 1987 2005 2021


Densite 218 196 118 113

Densité en nombre d'habitants par hectare

Figure 5 : courbe de densité (hbts/ha) au cours des trois périodes

Evolution des surfaces artificialisées sont limitées. La mesure de cet indicateur


moyennes occupées par habitant consiste à évaluer l’évolution de la quantité
de surfaces utilisées par habitant au cours du
Le besoin d’une surface bâtie assez temps. Pour ce faire, on passe par le rapport
suffisante est nécessaire pour les habitants des surfaces artificialisées sur la population
afin de garantir leurs besoins fondamentaux en fonction des périodes. On cherche
tels que se nourrir, se déplacer, se recréer et également à mesurer la surface nécessaire
travailler. Cependant étendre les surfaces pour chaque habitant supplémentaire. Le
bâties contribue à réduire les ressources tableau 6 retrace les proportions obtenues
telles que les sols agricoles et naturels qui par habitant au cours du temps.

Tableau 6 : estimation de l’évolution de la surface moyenne par habitant (1976 et 2021)

Date 1976 1987 2005 2021


Population 118 642 202 193 301 456 623 371
Surface bâtie (m²) 6 048 10 300 21 834 53 188
000 000 800 800
Surface occupée par habitant 51,0 50,9 72,4 85,3
(m²)
Surface de plus nécessaire par -0,1 21,5 12,9
habitant (m²)
Surface cumulée de plus 21,6 34,3
nécessaire par habitant (m²)

En 1976, la surface moyenne par habitant est habitant a augmenté de 34,3m² mais avec
de 51m² et elle reste stable entre 1976 et une baisse de 8,6m² durant la dernière
1987. Entre 1987 et 2005, cette surface passe période (2005-2022) par rapport à la période
à 72,4m² soit une croissance de 21,5m² et précédente, ce qui laisse croire à un
entre 2005 et 2021, la surface bâtie par processus de densification urbaine à
habitant passe à 85,3m² soit une Bafoussam.
augmentation de 12,9m², moins que la
période précédente (1987-2005). Au cours
de ces derniers 45 ans, la surface bâtie par

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Forces motrices de l’étalement urbain à divertissement. On peut citer l’exemple du


Bafoussam secteur Socada à Banengo où la
Cette partie fait une synthèse des forces concentration des industries (Automobile
motrices ayant conduit l’étalement urbain à Socada en 1950, Brasserie en 1967, SOC en
Bafoussam. 1986) ont favorisé l’installation des
populations dans le quartier par l’attractivité
Industrialisation et équipements urbains en termes d’emplois directs et indirects. Les
équipements urbains ne sont pas en reste. On
L’industrialisation et la construction des peut citer les exemples du secteur tout autour
équipements urbains structurants à du lycée technique canada du quartier Toket,
Bafoussam ont été les moteurs les plus du camp militaire dans le quartier Kamkop
importants dans le processus d’étalement ou du stade municipal dans le quartier
urbain entre les années 1970 à 2005. Afin de Bamendzi, ayant conduit à l’installation des
montrer cette attractivité des populations populations pour des raisons diverse
autour des industries principalement et des (éducation, sécurité, amour pour le sport,
équipements urbains, les données sur la emplois…). Les équipements cultuels
création de quelques grandes industries et principalement les églises catholiques et les
équipements urbains sont superposées aux églises évangéliques qui ont également
tâches urbaines de quatre dates (1978, 1988, contribué à l’exemple du développement des
2005, 2020). L’observation de ces cartes quartiers Djeleng 3 (église CBEC Plateau),
(Figure 6 et figure 7) montre que le Kouogouo village (église sainte Cécile).
développement de la tâche urbaine dans ces L’école normale d’enseignement général
secteurs a été pour la plupart fonction de la public de Bafoussam (ENIEG) qui
création de ces industries et des équipements aujourd’hui est un complexe scolaire
urbains dans les périodes qui ont suivi ces (ENIEG + Lycée + École primaire et
installations. Les populations provenant des maternelle) a été un moteur d’installation
migrations internes s’installent tout autour des populations dans le quartier Ngouache 2.
des industries. Les industries attiraient les Elle a contribué à créer des logements
populations en quête des emplois, car elles résidentiels et locatifs, des espaces de
créaient des emplois directs (ouvriers pour commerces, de loisirs et l’aménagement des
l’entreprise) et des emplois indirects comme infrastructures de communication.
les commerces, la restauration et le

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Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants

Figure 6 : Typologie des équipements qui ont favorisé l’étalement urbain entre 1950 et
2005

Figure 7 : Période de création des équipements entre 1950 et 2000

D’autres secteurs vont se développer durant fonction de la disponibilité des terres à un


ces périodes sans tenir compte de prix abordable. Il s’agit principalement des
l’attractivité de ces équipements, mais en

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secteurs Lafé nord et une partie de résidents, ils préfèrent le chez-soi plutôt
Toungan ville à Bafoussam 2. qu’une copropriété (Maetur, 2018).

Moteur socio-économique et marché Mobilité urbaine à travers la banalisation


foncier des moyens de transport

Le marché foncier est à la base de S’installer dans un secteur à Bafoussam ne


l’étalement urbain à Bafoussam se faisait pas en fonction des moyens de
(Yemmafouo & Kankeu, 2011). À transport. « Pourquoi s’installer loin alors
Bafoussam, c’est un véritable jeu foncier que tu pouvais avoir à l’époque et à très bon
entre l’offre et la demande sur des réserves prix un terrain prêt de ton lieu de travail. En
foncières de plus en plus rares. Le jeu foncier s’installant, tu dois savoir que pour les
conditionne l’étalement urbain. Les déplacements au sein de la ville, ça doit se
entreprises qui souhaitent s’y installer, par le faire à pieds ». Rapporte Edouard
jeu de l’offre surestimée (offre allant jusqu’à DOMGUIA, natif de Tyo-ville, ayant vécu
5 à 10 fois le prix de la mercuriale) aux dans la ville de Bafoussam entre les années
propriétaires terriens moins enclins à vendre, 1960 à 2000 et exercé la fonction de
réussissent à acquérir des lopins de terres et journaliste. Les déplacements aux moyens
c’est le déclanchement des transactions de transport qu’ils soient communs ou privés
foncières dans le secteur. D’un autre côté, étaient considérés comme un luxe inutile au
on note les méthodes d’acquisition par ces sein de la ville. Les élèves parcouraient
promoteurs industriels avec entre 2 et 7km à pieds pour rejoindre
l’accompagnement de l’Etat en usant des leurs différents établissements scolaires.
procédures de déclaration d’utilité publique Entre les années 1990 et 2000, l’arrivée des
(création d’un secteur industriel à moyens de transport couramment
Tchouwon, construction de l’aéroport à appelés mototaxis va changer le
Lafé… ou par la mainmise des autorités comportement des citadins. Dès le départ,
traditionnelles sur leurs sujets. nous avons les petites mototaxis plus
La faiblesse de l’état dans la gestion des effilées (de marque Suzuki et Yamaha
transactions foncières a laissé place aux surnommées chat noir) et ensuite vers les
arrangements entre clients, démarcheurs, années 2000, les marques Nanfah et
propriétaires et les autorités coutumières Kymco plus aptes à porter plusieurs
entrainant un étalement urbain non contrôlé. personnes (des surcharges jusqu’à 4) et des
La croissance démographique rapide, la charges font leur apparition. Ces mototaxis
rareté et le coût élevé du foncier en centre stationnent le long des rues principales, des
urbain et en banlieue poussent les carrefours et des petits carrefours afin de
populations qu’elles soient riches ou faciliter les déplacements au sein de
pauvres, à s’installer de plus en plus dans les Bafoussam. Les taxis quant à eux se
périphéries. Les plus pauvres se retrouvent concentrent uniquement sur les voies
dans les espaces mal lotis et sujets aux nationales et provinciales du fait d’un faible
inondations et aux glissements de terrains réseau de voies bitumées. Compte tenu de
(Saha et al., 2018; Tangmouo et al., 2020). la rareté foncière et de la facilité des
Ici la copropriété et le remembrement des moyens de transport, les habitudes
parcelles ne sont pas engageables. L’étude d’acquisition des terrains en fonction de
de restructuration/rénovation faite par la son lieu de travail commencent à se
Mission d’aménagements et d’équipement raréfier à partir des années 2000. Les
des terrains urbains et ruraux en 2017 sur acquisitions se font en fonction des
sept (7) quartiers à Bafoussam montre que, réserves foncières disponibles. Ici seul le
malgré les conditions de précarité des coût du m² est la motivation pour
l’acquéreur, car avec un montant de 150
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Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants

(0,25$) à 400Fcfa (0,67$), quitter du secteur de Ngouache et Kouogouo en 2018


périurbain vers le centre urbain est possible. (7 quartiers sur 126 ha) et du plan de secteur
de Kouekong en 2020. Dans ces documents,
Politiques d’aménagement et documents les pouvoirs publics renforcent l’étalement
de planification urbain en excentrant de plus en plus les
équipements structurants. On peut noter la
Entre 1950 et 2004, les documents de création d’un nouveau secteur urbain sur 260
planification étaient inexistants. On note par ha à la sortie est de la ville à l'ouest
contre un plan local du centre urbain réalisé concentrant de nombreux équipements
dans les années 1980. Néanmoins pendant structurants(stade de football règlementaire,
cette période, l’on a vu la création de hôpital, logements sociaux, mairie,
nouveaux quartiers urbains (zone maetur marchés…).
Koptchou, quartier Kamkop), Vers les sorties nord et sud, on note
l’aménagement des routes à Kouogouo l’installation de nombreuses gares routières
Makoumba et de nombreux lotissements interrégionales et intrarégionales. Vers le
privés avec l’accompagnement des pouvoirs nord-ouest, on note le développement de
publics. Ensuite viennent les plans nouveaux secteurs accueillants les
communaux de développement qui se équipements administratifs et le marché à
concentrent principalement sur le Kongso. Les politiques d’aménagement
développement des infrastructures rurales et actuelles contribueront à une croissance
des services de base urbains (eau et spatiale encore plus rapide de Bafoussam
électricité). Les réelles politiques dans les années à venir par la création de
d’aménagement urbain apparaissent à partir trois nouveaux pôles urbains secondaires
de la confection du plan directeur (Nkongso’o à Bafoussam 3, Bapi-Badeng à
d’urbanisme en 2013, des plans Bafoussam 2 et Kouekong à Bafoussam 3.
d’occupation des sols en 2015, du plan de

DISCUSSION

La maitrise de la croissance spatiale des semi naturels est liée à la régression des
villes nécessite des données adéquates et espaces verts principalement les zones
continues (Ecotone, 2010 ; Certu, 2013 ; agricoles, les zones forestières et les zones
CEREMA, 2015 ; Mazouz & Mohamed humides. Cette information n’est pas propre
Cherif, 2018). Les images satellites restent à Bafoussam, car de nombreux auteurs l’ont
incontournables dans les analyses de déjà souligné dans toutes les régions du
changement de paysage urbain ceci en raison monde (Nédélec, 2016 ; Al-Kofahi et al.,
de leur périodicité d’observation de la 2018 ; Youssef et al., 2020). En comparant
surface de la Terre, de la multiplicité des la croissance de la tache urbaine avec 15
résolutions spatiales de plus en plus villes africaines, Bafoussam occupe la
satisfaisantes, de la disponibilité des quatrième position, ce qui témoigne d’une
données et l’accroissement des techniques et croissance rapide de la tache urbaine et de la
des logiciels de traitement de ces images. À pression qu’elle exerce sur les espaces
partir de ces images, le suivi et la naturels et agricoles. Peut-on conclure à une
quantification de la croissance de la tâche et surconsommation des espaces naturels et
des changements de formes sont rendus plus agricoles par le bâti ?
aisés. Dans cette étude, l’évaluation de la
pression urbaine sur les espaces naturels et

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Tableau 7 : évolution de la tache urbaine de 15 villes africaines au cours du temps

Ordr T
Ville Pays Période Aire (Km²) Sources
e (%)
1986- 38,6
1 Lusaka Zambie 14,5-17,1 Phiri (2015)
2014 %
1987- 21,4
2 Abuja Nigeria 7,9-41,6 Ade & Afolabi (2013)
2007 %
1989- 21,1
3 Kampala Uganda 71,0-386,0 Vermeiren et al. (2012)
2010 %
1978- 16,8
4 Bafoussam Cameroun 6,5-53,2 Cas d’étude actuel
2021 %
1989- 15,2
5 Asmara Erythrée 14,6-59,1 Tewolde & Cabral (2011)
2009 %
Dar-Es- 2002- 14,8
6 Tanzanie 16,5-38,5 Andre (2016)
Salaam 2011 %
1984- 12,3
7 Bahir Dar Ethiopie 11,6-48,3 Fenta et al. (2017)
2009 %
1989-
8 Gaborone Botswana 17,5-45,0 9,2% Sebego & Gwebu (2013)
2006
Lubumbash 1989- 101,4-
9 RD Congo 8,7% Sikuzani et al. (2018)
i 2014 322,4
1995- 130,8- Messina Ndzomo et al.
10 Kinshasa RD Congo 8,6%
2005 535,6 (2019)
1975-
11 Niamey Niger 3,7-14,8 7,8% Illiassou* et al. (2015)
2013
1986-
12 Bamako Mali 41,3-102,5 7,4% Diallo (2010)
2006
1984-
13 Dschang Cameroun 6,3-18,66 5,9% Tangmouo Tsoata (2020)
2017
Port Afrique du 1990- 235,8-
14 5,8% Odindi et al. (2012)
Elizabeth Sud 2000 373,7
1984- 118,6-
15 Harare Zimbabwe 5,4% Kamusoko et al. (2013)
2013 302,7

On parle ici de surconsommation au cours du une information d’un frein à l’étalement


temps si le taux de croissance de la tâche urbain à Bafoussam. Pour renforcer cette
urbaine est supérieur au taux de croissance assertion, l’indicateur de consommation
de la population durant le période moyenne d’espace urbanisé par personne est
d’observation. Apres calcul, on a eu mesuré. Les résultats montrent une forte
1Tb=1,25T, ce qui signifie que pendant que croissance de la surface urbanisée moyenne
la population augmente d’un chiffre x, par personne entre 1987 et 2005 de 21,5m²
l’étalement urbain augmente de x+(x*0,25). et ensuite entre 2005 et 2021, on observe une
On aboutit à une surconsommation existante croissance moins importante de l’ordre de
sur des espaces naturels et semi-naturels 12,9, soit 8,6m² de moins que la période
mais d’amplitude moyenne. En étudiant les précédente. Cette observation apporte une
deux dernières périodes (1987-2005 ; 2005- information selon laquelle il existe un frein à
2021), on a observé une stabilité du rapport l’étalement urbain à Bafoussam. Ce frein
entre le taux de croissance de la tache d’étalement urbain est lié à la période d’arrêt
urbaine (Tb) sur le taux de croissance de la de création des industries et des grands
population (Tp) ou 1Tb=1,3Tp. Ceci apporte équipements urbains à Bafoussam. En

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Caractérisation de l’étalement urbain à Bafoussam : examen du rôle des industries et des
équipements structurants

comparant ce résultat à une étude sur la périphériques donc les moteurs de


surconsommation des espaces naturels et développement ont été principalement les
agricoles de trois villes moyennes françaises créations des industries et des équipements
(Besançon, Belfort et Montbéliard) (Antoni structurants dans les retranchements
& Youssoufi, 2007), la tache urbaine est périphériques. Un cas similaire peut être
quantifiée et l’indicateur de surface observé à Phonom Penh où Fauveaud (2012)
moyenne consommée est calculé. Antoni & étudie le développement de l’étalement
Youssoufi (2007), observe des similitudes urbain en raison de l’installation des
liées à la croissance progressive de la surface industries de confection dans la périphérie. Il
moyenne consommée par habitant sauf pour montre que le développement de ces
Belfort où des variations sont observées. Le industries a induit l’installation des
cas de Bafoussam se rapproche de celle de populations vers les périphéries en créant
Besançon dont l’espace bâti a triplé entre des nouveaux rapports socio-économiques
1960 et 2000 et où la croissance de la surface entre la ville, ses périphéries et les industries.
moyenne consommée par habitant est A Bafoussam, les promoteurs de ces
étroitement liée avec la croissance de la industries et des équipements urbains
population. Malgré des faibles proportions acquièrent des terres par le jeu de la demande
de croissance du bâti (moins de 50 ha par surestimée ou alors par les procédures
an), Antoni & Youssoufi (2007) aboutit à administratives visant la déclaration d’utilité
une surconsommation des espaces non bâtis. publique ou encore en complicité des chefs
Les premières publications sur le traditionnels qui ont la main mise sur leurs
développement des quartiers périphériques sujets. Les populations s’installent ensuite
en Afrique abondent dans le sens où le tout près pour des raisons diverses :
facteur principal est la pauvreté renforcée employabilité, scolarisation, espace
par l’exode rurale en prenant pour exemples sécurisé, religion… L’installation de ces
Kinshasa (Pain, 1984), Lagos (Mabogunje, promoteurs a déclenché des opérations
1992) ou Brazzaville (Vennetier, 1990).Pour foncières dans ces secteurs autrefois
ces auteurs, l’étalement urbain est une difficiles d’acquisition par des allochtones.
conséquence des néo-citadins pauvres en Par ailleurs si le rôle des infrastructures de
quête d’une parcelle de terrain « bon marché communication et de transport n’est plus à
» donc uniquement les zones périphériques démontrer dans la littérature comme moteur
peuvent offrir en l’absence de politiques d’étalement urbain (Decoupigny & Passel,
foncières et immobilières publiques 2014 ; Mouangi, 2018), à Bafoussam, elle
véritables (Mouafo, 1994). Bafoussam prend forme bien plus tard autour des années
affiche un paysage contraire par le 2000 par l’introduction des moto-taxi au sein
développement de nombreux quartiers de l’aire urbaine.

CONCLUSION

Caractériser l’étalement urbain reste un d’amplitude moyenne (Tb=1,3Tp) à


exercice difficilement réalisable compte Bafoussam avec une tendance à la
tenu de nombreux paramètres à considérer densification urbaine dans les années à venir.
pour la construction de la tâche urbaine et Les forces motrices à l’origine de la
d’un manque d’indicateurs. Les résultats croissance spatiale de Bafoussam sont
obtenus sont étroitement liés aux techniques variantes en fonction des périodes. Dans les
employées. L’exploitation des images deux premières périodes (1976-1987-2005),
satellitales a permis de construire une tâche les industries et les équipements urbains
urbaine sur quatre (4) dates. Les résultats structurants ont attiré des populations. Ces
confirment qu’il existe un étalement urbain nouveaux arrivants s’installent autour de ces

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industries et équipements urbains entrainant qu’elles soient accidentées ou non, publiques


l’étalement urbain vers ces secteurs, naturelles ou privées. Les politiques
pourvoyeurs d’emplois directs et indirects. d’aménagement actuelles ne contribueront
Ensuite dans ces quartiers suit qu’à renforcer le phénomène par la création
l’aménagement des nouveaux réseaux de de nouveaux secteurs (plan de secteur de
communication renforçant de plus le Kouekong, création de nouveaux
phénomène. Autour des années 2005, on lotissements excentrés de la ville…), la
note un arrêt de création des industries. délocalisation de nombreux équipements
L’entrée en jeu des moyens de mobilité urbains vers les zones rurales (marchés,
(mototaxi, taxi et véhicule personnel), la gares routières, équipements
rareté foncière et le coût élevé du foncier en administratifs…). Ce travail constitue les
zone urbaine entrainent l’étalement urbain premiers résultats d’une thèse en cours
dans les réserves foncières disponibles portant sur la périurbanisation à Bafoussam.

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