0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues10 pages

Document Henry

Le document décrit plusieurs éléments liés à l'environnement dans le roman 'L'Aîné des Orphelins' de Tierno Monénembo, notamment l'eau et la terre. Il explique le symbolisme et les significations de ces éléments dans la culture et la mythologie rwandaise.

Transféré par

louis dekoula
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues10 pages

Document Henry

Le document décrit plusieurs éléments liés à l'environnement dans le roman 'L'Aîné des Orphelins' de Tierno Monénembo, notamment l'eau et la terre. Il explique le symbolisme et les significations de ces éléments dans la culture et la mythologie rwandaise.

Transféré par

louis dekoula
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

En outre, l’approche ecotrique ou Eco poétique dans l’aime des orphelins met en évidence des

indices de la biosphère que sont : l’eau, la terre.

L’élément « eau » revenant fréquemment dans le récit de Faustin, a une ambivalence

significative. Cet élément fait partie de la psychologie collective du ruandais, de cet univers

irrationnel ou « c’est l’intérieur qui commande » (Bachelard ; 1993 :1 04). L’eau est donc pensée

non seulement comme substance mais, de surcroit, comme une force agissante sur les êtres. Elle

est plutôt élément purificateur, donc désire par tous les ruandais tantôt rejeté par le narrateur qui

le range du côté du désastre.

La première caractéristique de l’eau est qu’elle est un élément vital, fécondeur et source de

fertilité. Les agriculteurs attendent cette saison pour jouir de bonnes récoltes. C’est ainsi que la

saison pluvieuse rythme la vie des ruandais puisqu’elle leur permet de rompre avec la saison

sèche. Une deuxième caractéristique, c’est qu’elle est dotée de vertus purificatrices qui nettoient

le cœur des hommes : «mon père theoneste aimait plus que tous cette magnifique portion de

l’année. Il était persuadé que l’itumba (ainsi appelle-t-on la grande saison des pluies dans notre

langue, le kinyarwanda) n’avait pas été prévue par les Dieux seulement pour lever la terre et

arroser les plantes. Elle contribuait ainsi à nettoyer les cœurs et à renouveler les liens entre les

hommes » (Monenembo, 2000 :50)

Mais d’un autre cote, l’eau représente le mal. Car la pluie évoque la foudre et le tonnerre. C’est

ce qui la rend destructrice et associée par la suite dans ce roman a la tragédie qui a frappé le

Rwanda :
« Le malheur fait penser à la pluie. Contrairement aux apparences, il n’est jamais subit, me

disais le vieux Funga. Cela vient toujours d’une succession de petites choses qui s’accumulent,

et, un beau jour, ça déborde et voici que l’eau gicle de partout ou bien alors le sang.

(Monenembo 2000 :110) Cette ambivalence que revêt cet élément ne semble pas être l’œuvre du

hasard, car l’on déduit que les deux interprétations empruntent des sens opposes, l’un objectif et

rationnel reliant la pluie a sa contribution première a maintenir l’ordre de la nature, tandis que,

l’autre est dénué de réalisme. Néanmoins, Faustin commente le génocide d’une manière

mystique. Il fait acquérir a la pluie une dimension religieuse, puisqu’elle est purificatrice, par

analogie avec la valeur attribuée à l’eau dans le christianisme, d’où « son usage dans les

ablutions rituelles ; par sa vertu, elle efface toute infraction et toute souillure » (chevalier

1982 :377). Plus encore, selon le christianisme, l’eau de baptême est usitée pour la purification

au moyen de l’immersion. Laquelle immersion est considérée comme régénératrice et opère

« une renaissance, dans le sens où elle est à la fois mort et vie » (chevalier, 1982 :377). La même

vision, on la trouve chez Faustin dans la suite de son récit, dans laquelle les pluies par leur

bienfait permettent de nettoyer le sang écoulé pat le génocide, « les eaux des pluies s’écroulaient

sur les pentes avec la rapidité des chutes de la Kagera pour nettoyer les dernières traces de

poussière et de sang. » (Monenembo, 2000 :50). Comme dans l’immersion, ou il y a une sorte

de rétablissement de l’âme humaine et la régénérescence d’un homme nouveau, les pluies

nettoient la saleté laissée par le génocide, et donc permettent d’effacer l’histoire horrible de cet

évènement.
Quant à la terre dans l’aime des orphelins, elle est représentée par la colline a la page 13 : « sa

famille avait sa colline au-dessus du lac bichira » ; à la page 17 : « ils se cachent dans une grotte

du cote de byumba » ; « …la cendre des volcans et … par la grotte et par le rocher sacré de la

Kagera ! »

En Afrique, les grottes, les collines, les rochers sont des lieux de cultes, de communion entre

l’homme et les Dieux. Dans le récit que raconte Faustin, le vieux Funga, à l’instar d’une grande

masse de la population hutue, décide de fuir afin d’échapper à une éventuelle vengeance des

soldats du FRP. Funga essaie de persuader Faustin de prendre la fuite avec lui, ce qui est derrière

le mal menaçant le Rwanda est un règlement de compte entre les Dieux et le peuple .Ainsi

Faustin cria-t-il « Ah c’est de notre faute à nous autres anciens ! Nous avons néglige les Dieux,

ces derniers temps. Nous avons servi celui des autres. Nous le paierons » (Monenembo,

2001 :147).Ce qui marque donc les signes du malheur, c’est la rupture entre le peuple rwandais

et ses dieux. Laquelle rupture est reliée à un évènement précis dans l’histoire du pays, que le

vieux Funga raconte à maintes reprises à Faustin. Il dit : « Personne ne doit déplacer le rocher

sacre de la Kagera. Les blancs qui savaient cela l’ont fait bouger exprès. Voilà pourquoi ils nous

ont vaincus et voilà pourquoi les cataclysmes » (Monenembo2000 :19) L’élément du rocher a

une valeur sacrée dans la mythologie Rwandaise. C’est ainsi que son déplacement pourrait

entrainer un ébranlement de l’ordre établi. Semyanga opère en ce sens une similitude entre le

rocher de la Kagera et celui du Kinani. Il explique

A l’origine, il y avait le rocher de Kinani dans le Mubari ou est tombe Kigwa, ancêtre des

rwandais et premiers souverains du pays. Fondateur de l’univers du tambour emblème, Kigwa et


son rocher signaient le début de la civilisation et posaient le lien entre le monde d’en haut et le

monde d’en bas. Son rocher servait de lieu où se rencontraient les forces antagonistes, celles du

ciel (Ijuru), de la terre habitée (Isi) et di monde souterrain(Ikuzimu).En le déplaçant, on a détruit

l’équilibre entre ces trois forces et conduit au chaos actuel. (Semyanga, 2003 :101) A suivre cette

explication, le rocher assurait donc cette unité entre les rwandais : plus loin encore, il assurait

dans leur esprit l’équilibre entre les réalités naturelles et les forces surnaturelles, l’ici – bas et

l’au-delà.

C’est pourquoi son déplacement, comme essaie de le faire comprendre implicitement le vieux

Funga, est une allégorie de cette conversion en masse des rwandais au christianisme, entrainant

donc un étranglement de l’ordre spirituel établi. Autrement dit, le savoir ésotérique recule devant

le processus de christianisation, ce qui semble illustre par le peu de respect que la nouvelle

génération, dont Faustin, accorde au savoir traditionnel.

De plus, nous allons passer au repérage des ecothemes ou Ecosèmes dans l’aine des ecosemes

dans l’aine des orphelins


- Le Rwanda à la page 15 : « Il Ya bien longtemps que le Rwanda est maudit ».Le Rwanda,

le pays aux milles colline un pays touristiques qui devient le théâtre d’une atrocité

inhumaine, indestructible pour l’humanité toute entière. Il est dit même que par le passe

s’était un lieu paradisiaque, devenu infernal. Cela est évoqué à la page 15 : « on dit que

c’est le paradis ! c’est peut être bien l’enfer ! »

- L’église a la page 15 : «A l’église, c’est moi… ». L’église, lieu de culte, d’adoration, de

communion entre les hommes et Dieu, devint un lieu de massacre.

- La ville de Kigali à la page 15, « Muhzi, Rutongo, Kayonza ou quelques faubourg de

Kigali », et à la page 40 : « contourne Kigali par … » la ville aux mille collines qui devint

la ville infernale avec la puanteur des cadavres jonches çà et là.

- Le marché central à la page 27 : « d’abord, les petites frappes du marché central. »

- Le bar de l’éden à la page 50 : « Il me traina vers le bar de l’éden.» Le bar un lieu inouï

d’insanité était a la merci des enfants

- Les rues : la rue de la récolte à la page 33 : « Même chez les receleurs de la rue de la

récolte.», la rue de l’épargne à la page 49 : « … faisais du feu dans le tas d’immondices de

la rue de l’épargne. »Le dépotoir de la rue des coopératives à la plage 50 «... se souler la

gueule que le dépotoir de la rue des coopératives ! » aux bidonvilles à la page 51 : « …un

no man’s land perdu entre les bidonvilles de Mukina et le boulevard de Nyabugogo ».En

fait les rues, vitrine du vécu social, la rue tient également d’une force symbolique
environnementale. Selon qu’elle autorise la paix absolue par les sujets qui flânent et qui

errent sans aucune crainte ou alors selon qu’elle se donne à voir comme arène

d’affrontements sans merci de groupes constitues, occupes par des sujets sans légitimité

miliciens et enfants-soldats) laissant s’amonceler des cranes des génocides.

- La cite des bleus à la page 66 : « La cite des Anges bleus n’avait que deux

inconvénients…»est devenu une garderie des enfants survivants du génocide.

- La commune de Kanzenzé à la page 76 : « ça s’est toujours arrêté à la commune de

Kanzenzé …

- Le tribunal à la page 90 : « ma catastrophique prestation au tribunal.»

- La prison évoquée à la page 14 : « je suis dans une cellule…»,a la page 20 : « ma cellule

porte un numéro :le 14», à la page 25 : « …dans la prison centrale de Kigali. Faustin parait

subir dès le début l’une des premières conséquences du génocide : l’emprisonnement.

Celui-ci devient l’expression d’un isolement précoce et injuste puisque comme tout enfant

‘ l’Age de 10 ans, Faustin n’est pas encore prêt à affronter les maux de la vie. En effet,

l’univers carcéral est marque par une violence inouï, puisque les compagnons de la cellule

sont presque tous des enfants de son âge condamnes eux aussi du même crime : avoir

participé au génocide. Ce milieu hostile représente donc un viol de l’univers enfantin.

Ainsi, la prison devient cet endroit ou la mort est réduite à une fatalité. Faustin est sensible

à la réalité deshumanisante de ce lieu dès son arrivée et n’a aucunement besoin de faire un

long séjour pour le découvrir. De ce fait, l’univers carcéral est soumis à la loi de la

barbarie et de la violence à l’instar de ceux qui ont régi celui du génocide. La prison

devient donc le lieu favori pour raconter la violence. C’est un lieu de supplice et de torture
ou l’on vit avec « l’absurde de la douleur infligée sur les corps humains » (Nkachama

1989 : 296). C’est pour cette raison que la vie en prison est représentée sous une vision

deshumanisante et bestiale ou les maladies germent de partout et finissent par tuer les

prisonniers. Tierno Monenembo tire la sonnette d’alarme sur le caractère hautement

pernicieux de la violence génocidaire car susceptible d’affecter durablement la couche la

plus fragile de la société, les enfants

Dans les textes de Tierno Monenembo, notamment L’aine de orphelins, les Ecosèmes

comme « marche », « rue » , « bar » et « ville de Kigali » sont configures selon un ordre

naturel inverse . Tous se passe, des lors, comme si ces endroits sont naturellement des

lieux pisseuse, peuples par des personnages situes à l’autre bout du héros positif, aux

valeurs normatives. Il s’agit des personnes sans foi ni loi qui sèment la terreur à la

recherche de leur pistance quotidienne lors du génocide. Ceux-ci en majorité des enfants

( des enfants soldats , des prostituées, des voleurs à l’étalage) sont laissés pour compte à la

merci de la nature désolante . ils prospèrent dans ces non-lieux aux fonctions

problématiques. Les « bidonvilles de Muhima » et « le boulevard de Nyabugogo » sont

initialement des indicateurs du « dégradé » ou du « dégénéré » pouvant être projeté

directement sur les Ecosèmes comme « poubelle », « déchet » connotant une esthétique

de la puanteur de la désolation, et l’anti-valeur. Ces Ecosèmes attendent d’être restaures,

pour un nouvel usage, à partir de nouvelles fonctions et représentations. Celles-ci devront

être d’une part l’affaire de « l’environnement de la littérature. » De faeto, l’environnement

de la littérature par l’approche ecocritique ou ecopoetique aspire à un monde nouveau et

serein, un monde d’après le génocide.


Conclusion

Il serait donc légitime d’affirmer que Tierno Monenembo a réussi à nous brosser

fidèlement une époque de génocide qu’a connu le Rwanda. Il livre sa propre

représentation qui dénonce une réalité inhumaine et violente. Tierno Monenembo s’offre

une opportunité qui lui permet de raconter le génocide qui laisse derrière lui

pathétiquement et tragiquement des orphelins et des enfants traumatisent. Appliquer une

lecture ecocritique et/ou ecopoetique au roman l’aine des orphelins nous exhorte ainsi à la

prudence, à la solidarité et à la prise de conscience pour conserver et préserver la nature (la

nature humaine) pour les générations actuelles et futures. Notre responsabilité réside dans

nos manières d’agir efficacement et activement pour célébrer la vie sous toutes ses formes.

La coexistence entre l’homme et la nature donne une vision globale sur l’ensemble des

activités humaines et assure une relation incontestable dans la littérature. Une


connaissance d’ordre poétique et désintéresse procure cette perception émotionnelle

devant la beauté de la nature. La littérature est amenée ainsi à jouer un rôle déterminant en

repensant notre relation à la nature et en régissant par un nouveau regard sur la crise

environnementale. C’est un imaginaire capable d’établir un nouveau rapport entre

l’homme et son environnement

Références bibliographiques

Monenembo, T.2000.L’aine des orphelins, points, éditions du seuil, paris.

Semujanga.j.2003 « Les méandres du récit du génocide dans l’aine des orphelins », Etudes

littéraires, vol 35, n’1, p101-115.

Blanc N.2008. « Ethique et esthétique de l’environnement». [En LIGNE] :

https:/WWW.espacestemps.net/articles/ethiques-et-esthetiqque-de-environnement

Posthumus, S.2022. « penser l’imagination environnementale française sous le signe de la

différence» Raison publique,n°2, P.15-31. [En ligne] : https://WWW.cain.info/revue-

raison publique1-2012-2 page 15.

Bachelard, G.1993.L’eau ET LES REVES ? ESSAI SUR L4IMAGINATION DE LA

MATIERE ? PARIS ? LGF-LIVRE DE POCHE.


Chevalier ? J. et Gherbrant, A.1982.Dictionnaire des symboles. Paris. Robert Laffont, S.A,

Jupiter .

Nkashama, P-N.1989.Ecritures et Discours Littéraires. Paris. L’Harmattan.

Vous aimerez peut-être aussi