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Ce document présente la notion mathématique de barycentre dans le plan. Il définit le barycentre de deux et plusieurs points pondérés, et décrit ses propriétés d'homogénéité, de position et de réduction vectorielle. Le document présente également le lien entre barycentre et centre d'inertie.

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Ce document présente la notion mathématique de barycentre dans le plan. Il définit le barycentre de deux et plusieurs points pondérés, et décrit ses propriétés d'homogénéité, de position et de réduction vectorielle. Le document présente également le lien entre barycentre et centre d'inertie.

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C OURS DE M ATHÉMATIQUES – P REMIÈRE S

L E BARYCENTRE DANS LE PLAN

Frédéric Demoulin1

Dernière révision : 21 octobre 2006

Document diffusé via le site Bac à maths de Gilles Costantini2

1
[email protected]

2
[email protected]
Table des matières
1 Quelques rappels sur les vecteurs 2
1.1 Colinéarité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Norme d’un vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2 Barycentre de deux points pondérés 3


2.1 Théorème d’existence et définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Propriétés du barycentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2.1 Homogénéité du barycentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2.2 Position du barycentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Réduction vectorielle de Leibniz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.4 Expression analytique du barycentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Barycentre de trois points pondérés et plus 7


3.1 Extension de la définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Extension des propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2.1 Homogénéité du barycentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2.2 Réduction vectorielle de Leibniz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2.3 Associativité du barycentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2.4 Isobarycentre et centre de gravité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3 Expression analytique du barycentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

4 Barycentre et centre d’inertie 9


4.1 Notion de centre d’inertie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 Détermination du centre d’inertie d’une plaque homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.2.1 Éléments de symétrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.2.2 Associativité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.2.3 Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Le barycentre dans le plan Page 1 Frédéric Demoulin


Le barycentre dans le plan

La notion de barycentre (qui vient du grec barus qui signifie lourd, massif) a été introduite par Archimède1 au
III e siècle avant notre ère alors qu’il s’intéressait à l’équilibre des leviers. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il
aurait prononcé la célèbre phrase « donnez-moi un point d’appui, je soulèverai le monde ». Archimède apporta
une solution au problème simple (qu’en pensez-vous ?) proposé ci-dessous.

A G B

m
m′

Sur une tige de masse négligeable, on suspend deux masses m et m ′ en A et en B. Comment positionner le pivot G
pour que l’ensemble soit en équilibre ?

Les barycentres sont donc d’abord considérés d’un point de vue physique et concret. Il faut attendre le XIX e siècle
pour les considérer d’un point de vue purement mathématique. Le mathématicien August Ferdinand Möbius2 ,
dans son mémoire intitulé Der barycentrische Calcül rédigé en 1827, utilise des systèmes de points auxquels il
affecte un coefficient, ou masse, pouvant être aussi bien positif que négatif. La notion de barycentre devient alors
indépendante de la Physique.

De nos jours, les applications des barycentres ne manquent pas... Les problèmes d’équilibre de balance, de centre
de gravité, de centre d’inertie, de moyenne en statistique, la colorimétrie ainsi que les courbes de Bézier3 en CFAO4
sont autant de domaines dans lesquels intervient la notion de barycentre.

1 Quelques rappels sur les vecteurs


1.1 Colinéarité

Définition 1.1 Soit A, B, C et D quatre points du plan.
−→ − −−→
On dit que deux vecteurs non nuls → −
u = AB et → v = C D sont colinéaires s’ils ont la même direction. Cela signifie
que les droites (AB) et (C D) sont parallèles (donc éventuellement confondues).
Par convention, le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur →

u.
 

B C


u →

v
A
D


Théorème 1.1 Soit → −
u et →

v deux vecteurs non nuls.
Dire que u et v sont colinéaires équivaut à dire qu’il existe un réel k tel que →

− →− −
u = k→

v ou encore qu’il existe un réel
′ →− ′→

k tel que v = k u .
 
1
Illustre scientifique grec, mathématicien, physicien et ingénieur (287 av. J.C. – 212 av. J.C.).
2
Mathématicien et astronome allemand, connu surtout pour sa découverte du ruban de Möbius (1790 – 1868).
3
Ingénieur français chez Renault (1910 – 1999).
4
Acronyme de Conception et Fabrication Assistée par Ordinateur.

Le barycentre dans le plan Page 2 Frédéric Demoulin


Démonstration. On procède par double implication.

⊲ Démontrons, dans un premier temps, que si → −


u et →−
v sont colinéaires, alors il existe un réel k tel que →

u = k→

v.

− −→ → − −−→ →
− →

Soient A, B, C et D quatre points du plan tels que A 6= B et C 6= D. On pose u = AB et v = C D. Si u et v sont
colinéaires, alors (AB) (C D). En particulier, il existe un point E appartenant à (C D) tel que ABC E soit un paral-
−→ −→ −→ −−→
lélogramme, c’est-à-dire AB = C E. Comme E appartient à (C D), il existe un réel k tel que C E = k C D. On en tire
−→ −−→
donc AB = k C D. Il existe donc un réel k tel que →
−u = k→−v.

⊲ Démontrons, dans un second temps, que s’il existe un réel k tel que → −u = k→−
v , alors →

u et →

v sont colinéaires.

− →
− →
− →−
Soient u et v deux vecteurs non nuls et k un réel tel que u = k v . Soient A, B, C et D quatre points du plan (A 6= B
−→ −−→ −→ −−→ −→ −→
et C 6= D) tels que AB = k C D. Soit E le point de la droite (C D) tel que C E = k C D. On a alors AB = C E. ABEC est
−→ −−→
donc un parallélogramme, d’où (AB) (C E ) et par conséquent (AB) (C D). AB et C D ont même direction, ils sont
donc colinéaires.

1
Puisque →− v sont non nuls, k est également non nul. On peut alors poser k ′ = . Ainsi, dire que →
u et →
− −
u = k→

v revient
k

− ′→

à dire que v = k u . ä

Remarque. Si l’un au moins des vecteurs →



u et →

v est nul, alors →

u et →

v sont colinéaires.

1.2 Norme d’un vecteur



−→
Définition 1.2 Soient A et B deux points du plan. La norme du vecteur →

u = AB est la longueur AB.

− −→
On note k u k = k AB k = AB.
 

Théorème 1.2 Soient A et B deux points du plan.
−→
(i) k AB k = 0 ⇔ A = B.
(ii) Pour tout réel λ et pour tout vecteur →

u , kλ→

u k = |λ|k→

u k.
 

Démonstration. Soient A et B deux points du plan.


−→
(i) Si k AB k = 0 alors AB = 0, les points A et B sont confondus. Réciproquement, si les points A et B sont confon-
−→
dus, alors AB = 0, d’où k AB k = 0.
−→ −→
(ii) On pose u = AB . Soient λ un réel et C le point du plan tel que λ→

− −
u = AC. Par définition, si λ Ê 0, la longueur
−→
du vecteur AC est λAB et −λAB si λ < 0. On en tire AC = |λ|AB, d’où kλ u k = |λ|k→

− −
u k. ä
−→ −→ −→ −→
Exemples. k2 AB k = |2|k AB k = 2AB ; k − 3 AB k = | − 3|k AB k = 3AB.

2 Barycentre de deux points pondérés


2.1 Théorème d’existence et définition

Théorème 2.1 Soient A et B deux points du plan, α et β deux réels tels que α + β 6= 0. Il existe un unique point G
vérifiant :
−−→ −−→ → −
αG A + βGB = 0 .
 

Démonstration. On a :
−−→ −−→ →
− −−→ ³−−→ −→´ → −
αG A + βGB = 0 ⇔ αG A + β G A + AB = 0 (relation de Chasles)
−−→ −→ → −
⇔ (α + β)G A + β AB = 0
−−→ −→
⇔ (α + β)G A = −β AB
−→ −→
⇔ (α + β) AG = β AB
−→ β −→
⇔ AG = AB avec α + β 6= 0.
α+β

Le barycentre dans le plan Page 3 Frédéric Demoulin


−−→ −−→ →
− −→ β −→
Ainsi, chercher un point G vérifiant αG A + βGB = 0 revient à chercher un point G tel que AG = AB .
α+β
−→
Si α + β 6= 0, les points A et B ainsi que les réels α et β étant donnés, il existe un unique point G tel que AG =
β −→
AB . ä
α+β

Définition 2.1 Ce point G est appelé barycentre du système (A ; α) ; (B ; β) . On dit encore que G est le barycentre
© ª

des points pondérés ou des points massifs (A ; α) et (B ; β).


 

Remarques. Si α + β = 0, alors le barycentre n’est pas défini.


−→ β −→
Pour construire le barycentre, on utilise la relation AG = AB .
α+β
−−→ 2 −→
Exemples. [AB] est un segment de longueur 6 cm. Le barycentre G 1 de {(A ; 1) ; (B ; 2)} vérifie AG 1 = AB =
1+2
2 −→
AB .
3
−−→ −1 −→ 1 −→
Le barycentre G 2 de {(A ; 7) ; (B ; −1)} vérifie AG 2 = AB = − AB.
−1 + 7 6

G2 A G1 B

Dans toute la suite, on supposera α + β 6= 0.

2.2 Propriétés du barycentre


2.2.1 Homogénéité du barycentre

Théorème 2.2 SiªG est le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) , alors, pour tout réel k non nul, G est le barycentre de
© ª

(A ; kα) ; (B ; kβ) .
©
 
Autrement dit, on ne change pas le barycentre de deux points en multipliant tous les coefficients par un même
réel non nul.

Démonstration. Soit k un réel non nul. On a :


−−→ −−→ →− ³ −−→ −−→´ →

αG A + βGB = 0 ⇔ k αG A + βGB = 0
−−→ −−→ →−
⇔ kαG A + kβGB = 0 .

Comme kα + kβ 6= 0, G est aussi le barycentre de (A ; kα) ; (B ; kβ) .


© ª
ä

Exemple. Le barycentre du système {(A ; −60) ; (B ; 12)} est encore le barycentre du système {(A ; −5) ; (B ; 1)}.

2.2.2 Position du barycentre



Théorème 2.3 Si G est le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) , alors G est situé sur la droite (AB).
© ª
 

Démonstration. D’après le théorème 2.1, on a :


−−→ −−→ →
− −→ β −→
αG A + βGB = 0 ⇔ AG = AB .
α+β
−→ −→
Ainsi, AG et AB sont colinéaires donc G appartient à la droite (AB). ä

Théorème 2.4 Soit α un réel non nul. Le barycentre G de {(A ; α) ; (B ; α)} est le milieu du segment [AB].
 

Démonstration. Soit α un réel non nul. On a :

Le barycentre dans le plan Page 4 Frédéric Demoulin


−−→ −−→ →
− −−→ −−→ → −
αG A + αGB = 0 ⇔ G A + GB = 0
−→ 1 −→
⇔ AG = AB (d’après le théorème 2.1).
2
Cette dernière relation prouve que G est le milieu du segment [AB]. ä

Définition 2.2 Le barycentre de A et B affectés du même coefficient non nul est appelé isobarycentre de A et de B.
 
D’après le théorème 2.4, l’isobarycentre de A et B est aussi le milieu du segment [AB].

La réciproque du théorème 2.3 permet de caractériser en termes de barycentre la droite (AB).



Théorème 2.5 La droite (AB) est l’ensemble des points M barycentre de {(A ; 1 − k) ; (B ; k)} lorsque k décrit R.
 

−−→ −→
Démonstration. Soit M un point de la droite (AB). Il existe alors un réel k tel que AM = k AB . Il vient :
−−→ −→ −−→ ³−−→ −−→´
AM = k AB ⇔ AM = k AM + MB
−−→ −−→ −−→ → −
⇔ k AM − AM + k MB = 0
−−→ −−→ → −
⇔ (1 − k) M A + k MB = 0 avec (1 − k) + k 6= 0
⇔ M = bar {(A ; 1 − k) ; (B ; k)} .
ä

On peut étudier plus précisément la position du barycentre G sur la droite (AB) en fonction des valeurs de α et β.
 
Théorème 2.6 Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) .
© ª

(i) Si α (resp. β) est nul, alors G et B (resp. A) sont confondus.


(ii) Si α et β sont de même signe, alors G appartient au segment [AB].
(iii) Si α et β sont de signe contraire, alors G appartient à la droite (AB) privée du segment [AB].
(iv) Si |α| > |β| > 0 (resp. |β| > |α| > 0), alors G est « plus près » de A que de B (resp. de B que de A).
 

−−→ −−→ →−
Démonstration. On a αG A + βGB = 0 .
−−→ →
− −−→ →

(i) Si α = 0, alors βGB = 0 soit puisque β 6= 0, GB = 0 . Les points G et B sont confondus.

(ii) Supposons α et β strictement positifs. Il vient 0 < β < α+ β, d’où, en passant aux inverses et en multipliant par
β β
β > 0, 0 < < 1. En multipliant par AB Ê 0, il vient 0 É AB É AB.
α+β α+β
−→ β −→ β
D’après le théorème 2.1, on a AG = AB, d’où AG = AB.
α+β α+β
On en tire finalement 0 É AG É AB. Le point G appartient donc au segment [AB].

On procédera de manière analogue dans le cas où α et β sont strictement négatifs.

(iii) Supposons α < 0 et β > 0. Deux situations sont possibles :


β
– si α+β > 0, alors 0 < α+β < β, d’où en passant aux inverses et en multipliant par β > 0, > 1. En multipliant
α+β
par AB Ê 0, il vient AG Ê AB.
β −→ β −→ −→ −→
– si α + β < 0 alors < 0. Comme AG = AB , on en déduit que les vecteurs AG et AB sont colinéaires de
α+β α+β
sens opposés.
Dans ces deux situations, le point G se trouve sur la droite (AB) privée du segment [AB].

On procédera de manière analogue dans le cas où α > 0 et β < 0.


−−→ −−→ → − −−→ −−→
(iv) On a αG A + βGB = 0 ⇔ αG A = −βGB . En traduisant cette égalité en termes de norme, on obtient |α|G A =
|β|GB.
|β|
Supposons α et β non nuls. On a alors |α|G A = |β|GB ⇔ G A = GB.
|α|
Si |α| > |β|, alors G A < GB, le point G est « plus près » de A que de B. Si |α| < |β|, alors G A > GB, le point G est
« plus près » de B que de A. ä

Le barycentre dans le plan Page 5 Frédéric Demoulin


2.3 Réduction vectorielle de Leibniz

Théorème 2.7 Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) .
© ª

Pour tout point M du plan, on a :


−−→ −−→ ¡ ¢ −−→
αM A + βMB = α + β MG.
 

Démonstration. Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) . On a :


© ª

−−→ −−→ → − ³−−→ −−→´ ³−−→ −−→´ → −


αG A + βGB = 0 ⇔ α G M + M A + β G M + MB = 0 pour tout point M du plan
¢ −−→ −−→ −−→ → −
⇔ α + β G M + αM A + βMB = 0
¡
−−→ −−→ ¡ ¢ −−→
⇔ αM A + βMB = α + β MG.
ä
−−→ −−→
Remarque. Lorsque α + β = 0, le vecteur αM A + βMB est indépendant du point M.

Ce théorème présente un intérêt fondamental en pratique. Il permet d’affirmer que, quel que soit le point M, le
−−→ −−→ −−→
vecteur αM A + βMB est toujours colinéaire à MG. Il est alors très utile dans la détermination de lieux géomé-
triques.

Exemples. Soient A et B deux points distincts du plan.


−−→ −−→ −−→ −−→
1. Déterminer l’ensemble E 1 des points M du plan tels que les vecteurs 2M A + 3MB et M A − 6MB aient la même
longueur.
Soit G 1 le barycentre de {(A ; 2) ; (B ; 3)} avec 2 + 3 6= 0. D’après le théorème 1.7, pour tout point M du plan, on a :
−−→ −−→ −−−→
2M A + 3MB = 5MG 1 .
−−→ −−→
De même, soit G 2 le barycentre de {(A ; 1) ; (B ; −6)} avec 1 − 6 6= 0. Pour tout point M du plan, on a M A − 6MB =
−−−→
−5MG 2 .
On a alors :
−−→ −−→ −−→ −−→
M ∈ E1 ⇔ k2M A + 3MB k = kM A − 6MB k
−−−→ −−−→
⇔ k5MG 1 k = k − 5MG 2 k
−−−→ −−−→
⇔ 5kMG 1 k = 5kMG 2 k
⇔ MG 1 = MG 2
⇔ M appartient à la médiatrice du segment [G 1G 2 ].
−−→ −−→ −−→ −−→
2. Déterminer l’ensemble E 2 des points M du plan tels que kM A + MB k = kM A − MB k.
−−→ −−→ −−→ −−→
Comme dans le 1, il s’agit de réduire les sommes M A + MB et M A − MB . Pour cela, on pose G 3 l’isobarycentre de
−−→ −−→ −−−→
A et B. Pour tout point M du plan, on a M A + MB = 2MG 3 .
−−→ −−→
Concernant la somme M A − MB , on ne peut introduire le barycentre de {(A ; 1) ; (B ; −1)} puisque 1 − 1 = 0. On
procède en utilisant la relation de Chasles.
−−→ −−→ −−→ ³−−→ −→´ −−→ −−→ −→ −→
Pour tout point M du plan, on a M A − MB = M A − M A + AB = M A − M A − AB = B A.
On a alors :
−−→ −−→ −−→ −−→
M ∈ E2 ⇔ kM A + MB k = kM A − MB k
−−−→ −→
⇔ k2MG 3 k = kB Ak
−−−→
⇔ 2kMG 3 k = AB
1
⇔ MG 3 = AB
2
1
⇔ M appartient au cercle de centre G 3 et de rayon AB.
2

Le barycentre dans le plan Page 6 Frédéric Demoulin


2.4 Expression analytique du barycentre
On munit le plan d’un repère O ; →
¡ − →
ı , − . Soient A(x A ; y A ) et B(xB ; y B ) deux points du plan.
¢

Théorème 2.8 Le barycentre G de (A ; α) ; (B ; β) a pour coordonnées :
© ª

αx A + βxB αy A + βy B
xG = et yG = .
α+β α+β
 
Autrement dit, G a pour coordonnées la moyenne pondérée des coordonnées de A et B.

Démonstration. Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) . On a :


© ª

−−→ −−→ → − ³−−→ −−→´ ³−−→ −−→´ → −


αG A + βGB = 0 ⇔ α GO + O A + β GO + OB = 0
¢ −−→ −−→ −−→ → −
⇔ α + β GO + αO A + βOB = 0
¡

−−→ α −−→ β −−→


⇔ OG = OA + OB
 α+β α+β
αx A + βxB
 xG =


α+β
⇔ αy .
 yG =
 A + βy B

α+β
ä

Exemple. A(1; 3) et B(2; 1) sont deux points du plan. Le barycentre G de {(A ; −1) ; (B ; 2)} a pour coordonnées :

−x A + 2xB −1 + 4 −y A + 2y B −3 + 2
xG = = = 3 et yG = = = −1.
−1 + 2 1 −1 + 2 1

3 Barycentre de trois points pondérés et plus


L’étude faite au paragraphe précédent se généralise à trois points pondérés ou plus. Nous n’énoncerons la défini-
tion et les propriétés que dans le cas de trois points pondérés.

3.1 Extension de la définition



Théorème 3.1 Soient A, B et C trois points du plan, α, β et γ trois réels tels que α + β + γ 6= 0. Il existe un unique
point G vérifiant :
−−→ −−→ −−→ → −
αG A + βGB + γGC = 0 .
 

Démonstration. On a :
−−→ −−→ −−→ →
− −−→ ³−−→ −→´ ³−−→ −→´ → −
αG A + βGB + γGC = 0 ⇔ αG A + β G A + AB + γ G A + AC = 0 (relation de Chasles)
¢ −−→ −→ −→ → −
α + β + γ G A + β AB + γ AC = 0
¡

¡ ¢ −−→ −→ −→
⇔ α + β + γ G A = −β AB − γ AC
¡ ¢ −→ −→ −→
⇔ α + β + γ AG = β AB − γ AC
−→ β −→ γ −→
⇔ AG = AB + AC avec α + β + γ 6= 0.
α+β+γ α+β+γ
−−→ −−→ −−→ → − −→ β −→
Ainsi chercher un point G vérifiant αG A+βGB +γGC = 0 revient à chercher un point G tel que AG = AB +
α+β+γ
γ −→
AC .
α+β+γ
Si α + β + γ 6= 0, les points A, B et C ainsi que les réels α, β et γ étant donnés, il existe un unique point G tel que
−→ β −→ γ −→
AG = AB + AC. ä
α+β+γ α+β+γ

Définition 3.1 Ce point G est appelé barycentre du système de points pondérés (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) .
© ª
 

Dans toute la suite, on supposera α + β + γ 6= 0.

Le barycentre dans le plan Page 7 Frédéric Demoulin


3.2 Extension des propriétés
3.2.1 Homogénéité du barycentre

Théorème 3.2 Si G est le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) alors, pour tout réel k non nul, G est le barycentre
© ª

de (A ; kα) ; (B ; kβ) ; (C ; kγ) .


© ª
 

Démonstration. Soit k un réel non nul. On a :


−−→ −−→ −−→ → − ³ −−→ −−→ −−→´ → −
αG A + βGB + γGC = 0 ⇔ k αG A + βGB + γGC = 0
−−→ −−→ −−→ → −
⇔ kαG A + kβGB + kγGC = 0 .

Comme kα + kβ + kγ 6= 0, G est aussi le barycentre de (A ; kα) ; (B ; kβ) ; (C ; γ) .


© ª
ä

3.2.2 Réduction vectorielle de Leibniz



Théorème 3.3 Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) .
© ª

Pour tout point M du plan, on a :


−−→ −−→ −−→ ¡ ¢ −−→
αM A + βMB + γ MC = α + β + γ MG.
 

Démonstration. Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) . On a :


© ª

−−→ −−→ −−→ → − ³−−→ −−→´ ³−−→ −−→´ ³−−→ −−→´ → −


αG A + βGB + γGC = 0 ⇔ α G M + M A + β G M + MB + γ G M + MC = 0 pour tout point M du plan
¢ −−→ −−→ −−→ −−→ → −
α + β + γ G M + αM A + βMB + γ MC = 0
¡

−−→ −−→ −−→ ¡ ¢ −−→
⇔ αM A + βMB + γ MC = α + β + γ MG.
ä
−−→ −−→ −−→
Remarque. Lorsque α + β + γ = 0, le vecteur αM A + βMB + γ MC est indépendant du point M.

3.2.3 Associativité du barycentre



Théorème 3.4 Soit G le barycentre de (A ; α) ;ª(B ; β) ; (C ; γ) et H le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) avec α + β 6= 0.
© ª © ª

Alors G est le barycentre de (H ; α + β) ; (C ; γ) .


©
 
Autrement dit, on ne change pas le barycentre de plusieurs points en remplaçant certains d’entre eux par leur
barycentre affecté de la somme (non nulle) des coefficients correspondants.
−−→ −−→ →−
Démonstration. Soit H ©le barycentre de (A ;ªα) ; (B ; β) avec α + β 6= 0. On a αH A + βH B = 0 (1).
© ª

Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) . On a :
−−→ −−→ −−→ → − ³−−→ −−→´ ³−−→ −−→´ −−→ → −
αG A + βGB + γGC = 0 ⇔ α G H + H A + β G H + H B + γGC = 0
¢ −−→ −−→ −−→ −−→ → −
⇔ α + β G H + γGC + αH A + βH B = 0
¡
¢ −−→ −−→ →−
α + β G H + γGC = 0 d’après (1)
¡

On en déduit que G est le barycentre de (H ; α + β) ; (C ; γ) .


© ª
ä

Cette propriété d’associativité (encore appelée théorème du barycentre partiel) permet de ramener la construc-
tion du barycentre de trois points (ou plus) à celle du barycentre de deux points.

Exemple. Soient G le barycentre de {(A ; 1) ; (B ; 4) ; (C ; −3)} et H le barycentre de {(B ; 4) ; (C ; −3)}. En remplaçant


B et C par la somme de leurs coefficients (c’est-à-dire par 4 − 3 = 1), on établit que G est aussi le barycentre de
{(A ; 1) ; (H ; 1)}.

Cette propriété permet également de démontrer que des droites sont concourantes (voir démonstration du théo-
rème 3.5) ou que des points sont alignés.

Le barycentre dans le plan Page 8 Frédéric Demoulin


3.2.4 Isobarycentre et centre de gravité

Définition 3.2 L’isobarycentre de trois points A, B et C est le barycentre de {(A ; α) ; (B ; α) ; (C ; α)} où α est un réel

non nul. 

Théorème 3.5 L’isobarycentre G de trois points A, B et C non alignés est le centre de gravité du triangle ABC . Il
−−→ −−→ −−→ → −

vérifie : G A + GB + GC = 0 . 

Démonstration. Soient I , J et K les milieux respectifs des côtés [BC ], [AC ] A


et [AB]. I est alors le barycentre de {(B ; 1) ; (C ; 1)}, J celui de {(A ; 1) ; (C ; 1)}
et K celui de {(A ; 1) ; (B ; 1)}.
L’isobarycentre G des points A, B et C est le barycentre de ◦ •
{(A ; 1) ; (B ; 1) ; (C ; 1)}. D’après la propriété d’associativité, il vient : K J
– G barycentre de {(A ; 1) ; (I ; 2)} donc G ∈ (AI ) ;
– G barycentre de {(B ; 1) ; (J ; 2)} donc G ∈ (B J ) ; G
◦ •
– G barycentre de {(C ; 1) ; (K ; 2)} donc G ∈ (C K ).
On en déduit que les trois médianes (AI ), (B J ) et (C K ) sont concourantes en × ×
l’isobarycentre G du triangle ABC . ä B I C

3.3 Expression analytique du barycentre


On munit le plan d’un repère O ; →
¡ − →
ı , − . Soient A(x A ; y A ), B(xB ; y B ) et C (xC ; yC ) trois points du plan.
¢

Théorème 3.6 Le barycentre G de (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) a pour coordonnées :
© ª

αx A + βxB + γxC αy A + βy B + γyC


xG = et yG = .
α+β+γ α+β+γ
 

Démonstration. Soit G le barycentre de (A ; α) ; (B ; β) ; (C ; γ) . Pour tout point M du plan, on a :


© ª

−−→ −−→ −−→ ¡ ¢ −−→ −−→ 1 ³ −−→ −−→ −−→´


αM A + βMB + γ MC = α + β + γ MG ⇔ MG = αM A + βMB + γ MC .
α+β+γ
−−→ 1 ³ −−→ −−→ −−→´
En posant M = O, il vient OG = αO A + βOB + γOC .
α+β+γ
En traduisant cette égalité en termes de coordonnées, il vient :

αx A + βxB + γxC αy A + βy B + γyC


xG = et yG = .
α+β+γ α+β+γ
On retrouve le fait que G a pour coordonnées la moyenne pondérée des coordonnées de A, B et C . ä

y
Exemple. A(−1; 3), B(2; 4) et C (1; −2) sont trois points du plan. B
Le barycentre G de {(A ; 1) ; (B ; 2) ; (C ; 3)} a pour coordonnées : A

x A + 2xB + 3xC −1 + 4 + 3
xG = = =1 G
1+2+3 6 ~
j
y A + 2y B + 3yC 3+8−6 5
yG = = = .
1+2+3 6 6 O ~ x
i

C
4 Barycentre et centre d’inertie
4.1 Notion de centre d’inertie
Considérons le mouvement d’un solide lancé de manière quelconque au voisinage de la Terre. Étudier le mou-
vement de ce solide revient à connaître le mouvement de chacun des points matériels le constituant. Dans le

Le barycentre dans le plan Page 9 Frédéric Demoulin


référentiel terrestre, ces points peuvent avoir un mouvement complexe. Il se trouve qu’un point a un mouvement
toujours bien plus simple que les autres, c’est le centre d’inertie du solide.

Définition 4.1 Le centre d’inertie de points matériels est le barycentre de ces points pondérés de leurs masses
respectives.
 

Exemple. On considère un système formé de deux points matériels A 1 et A 2 de masses respectives m 1 et m 2 . Le


centre d’inertie du système est le barycentre de {(A 1 ; m 1 ) ; (A 2 ; m 2 )}.

Le centre d’inertie est « le point d’équilibre des masses », autrement dit c’est le point par rapport auquel la masse
est uniformément répartie.

Remarque. En Physique, le centre de gravité de n points matériels est le barycentre de ces points pondérés par
leurs poids propres respectifs. Il est donc fondamentalement lié au champ de gravité dans lequel le corps est
plongé. Au voisinage de la Terre ou d’un astre, on confondra centre d’inertie et centre de gravité.

4.2 Détermination du centre d’inertie d’une plaque homogène


On qualifiera d’homogène une plaque d’épaisseur négligeable dans laquelle la masse est répartie uniformément.
Les aires seront donc proportionnelles aux masses.

4.2.1 Éléments de symétrie

Afin de localiser le centre d’inertie d’une plaque homogène, on admettra le théorème suivant.

Théorème 4.1 Si la plaque possède un élément de symétrie matériel, cet élément de symétrie contient le centre

d’inertie. 
Autrement dit :
– si la plaque possède un centre de symétrie, alors son centre d’inertie se trouve en ce point ;
– si la plaque possède un axe de symétrie, alors son centre d’inertie se trouve sur cet axe.

Exemples. Le centre d’inertie d’une tige homogène est le milieu de cette tige. Le centre d’inertie d’une plaque
triangulaire homogène est le centre de gravité du triangle.

4.2.2 Associativité

Considérons deux plaques homogènes P 1 et P 2 juxtaposées d’aires respectives a1 et a2 . On admettra le théorème


suivant.

Théorème 4.2 Le centre d’inertie I de la plaque P , réunion des plaques P 1 et P 2 , est le barycentre de
{(I 1 ; a1 ) ; (I 2 ; a2 )} où I 1 et I 2 sont les centres d’inertie respectifs de P 1 et P 2 .
 

I1 I
I2

P1 P2

Remarques. Cette propriété se généralise au cas de n plaques.


Les aires peuvent être prises comme coefficient puisque les plaques sont homogènes.

Le barycentre dans le plan Page 10 Frédéric Demoulin


4.2.3 Exemple

On se propose de déterminer le centre d’inertie I d’une plaque homogène (voir figure ci-dessous) formée :
– d’un rectangle ABC E avec AB = 4 et BC = 2 ;
– d’un triangle C DE équilatéral.

E C

A B

Le rectangle ABC E a pour centre d’inertie le milieu I 1 de ses diagonales [AC ] et [BE ].
Soit a1 son aire. On a a1 = AB × AE = 8 unités d’aires.
Le triangle AC E a pour centre d’inertie son centre de gravité I 2 , point d’intersection des médianes.
Soit P le pied de la hauteur issue de D. Comme le triangle C DE est équilatéral, P est le milieu de [EC ].
1
Soit a2 son aire. On a a2 = EC × P D. En appliquant le théorème de Pythagore dans le triangle PC D rectangle en
p2 p
P , on établit que P D = 2 3. On en déduit que a2 = 4 3 unités d’aires. n
p o n p o
D’après le théorème 3.2, I est le barycentre de {(I 1 ; a1 ) ; (I 2 ; a2 )}, soit de (I 1 ; 8) ; (I 2 ; 4 3) ou encore de (I 1 ; 2) ; (I 2 ; 3) .
p
−→ 3 −−→
On en tire que I 1 I = p I1 I2 .
2+ 3

I2

P I
E C

I1

A B

Le barycentre dans le plan Page 11 Frédéric Demoulin

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