Lycée Jean Moulin d’Albertville BTS1
THÈME 3 : L’ORGANISATION DE L’ACTIVITÉ DE L’ENTREPRISE
1. L’IDENTIFICATION DU BESOIN DE FINANCEMENT DE L’ENTREPRISE EN FONCTION
DE SON CYCLE
A. Le besoin de financement du cycle d’exploitation
Le cycle d’exploitation est constitué de l’ensemble des activités courantes de l’entreprise. Il correspond aux
étapes allant de l’achat des matières premières (pour une entreprise industrielle) ou les marchandises
(pour une entreprise commerciale) à l’encaissement des créances clients. Du fait du décalage dans le temps
entre le moment où les dépenses engagées pour ce cycle (décaissements) et celui où les recettes sont
perçues (encaissements) – qu’on appelle besoin en fonds de roulement (BFR), l’entreprise fait face à un
besoin de financement. Ce besoin est un besoin de court terme induit par la durée du processus de
production (ou de vente), les délais de stockage et la durée du crédit consenti aux clients, pendant lesquels
l’entreprise doit faire face à ses charges (paiement des salaires, des fournisseurs…) sans avoir encore reçu les
paiements des clients.
B. Le besoin de financement du cycle d’investissement
Le cycle d’investissement concerne l’acquisition et l’utilisation des immobilisations nécessaires à
l’entreprise pour développer son activité sur le long terme. Ces immobilisations peuvent être corporelles
(ex : investissements dans des machines, bâtiments, terrains), incorporelles (ex : achats de brevets, licences,
marques) ou financières (ex : acquisition de titre financiers). Ce cycle présente un besoin de financement de
long terme du fait du décalage qui existe dans le temps entre le moment où des ressources financières sont
engagées pour acquérir une immobilisation et celui où cette immobilisation permet de dégager des
recettes grâce à son utilisation dans plusieurs cycles d’exploitation.
2. LES SOLUTIONS DE FINANCEMENT ADAPTÉES À L’ENTREPRISE
A. Les modalités de financement du cycle d’exploitation
Pour faire face au besoin de financement de court terme de son cycle d’exploitation, l’entreprise a recours à
plusieurs modes de financement qu’elle peut combiner entre eux :
– L’autofinancement : il s’agit d’un mode de financement interne dont dispose une entreprise qui met en
réserve une part de la richesse qu’elle crée.
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– L’affacturage : l’entreprise recourt à une société d’affacturage ou « factor » (ex : BNP Paribas Factor) à qui
elle confie la gestion de ses créances clients. Cette société d’affacturage lui verse immédiatement,
moyennant une commission, les montants correspondant aux créances clients et se charge ensuite de
recouvrir elle-même ces sommes auprès des clients. L’entreprise n’a ainsi plus à craindre des impayés ni à
gérer les créances clients et gagne du temps.
– Les concours bancaires courants : il s’agit de crédits à court terme accordés à l’entreprise par la banque
(ex : découverts bancaires).
– Le crédit fournisseurs : il s’agit d’un délai de paiement accordé à l’entreprise par un ou plusieurs de ses
fournisseurs. Mais cela suppose que ces derniers disposent d’une trésorerie plus solide que celle de
l’entreprise cliente avec le risque de la placer dans une situation de dépendance vis-à-vis de ses fournisseurs.
Tous les fournisseurs ne sont pas prêts à accorder cette facilité de paiement à leurs clients car ils subissent
déjà eux-mêmes des retards de paiement (11 jours en moyenne en 2018 selon l’Observatoire des délais de
paiement).
B. Les modalités de financement du cycle d’investissement
Pour financer son cycle d’investissement, l’entreprise dispose de plusieurs modes de financement qu’elle
peut combiner.
Ces modes de financement peuvent être internes :
– L’autofinancement : il permet à l’entreprise d’utiliser ses propres ressources financières. Il présente
l’avantage d’être un mode de financement peu risqué mais il est limité par la capacité de l’entreprise à
mettre en réserve une partie du bénéfice qu’elle réalise ;
– L’augmentation de capital en interne : elle consiste en une augmentation du capital social de
l’entreprise par émission de titres souscrits sur le marché par les associés ou actionnaires actuels dans
l’optique d’accroître les ressources stables.
L’entreprise peut aussi recourir à des modalités externes de financement de ses investissements car ses
ressources internes peuvent s’avérer limitées pour assurer son développement :
– L’emprunt : Un ou plusieurs agents, prêteurs, mettent à la disposition de l’entreprise une somme
d’argent en contrepartie du remboursement de cette somme et du versement régulier d’intérêts. Cet
emprunt est indivis quand il est réalisé auprès d’un seul prêteur, en général une banque (on parle alors
d’emprunt bancaire). Il est dit obligataire quand l’entreprise émet des obligations sur le marché
financier à destination d’une multitude de prêteurs ;
– Le crédit-bail : l’entreprise loue un bien à une société de crédit-bail (ou crédit-bailleur) pour une durée
déterminée. Elle paie donc ce que l’on appelle une redevance ou un loyer qui peut s’avérer coûteux. À
l’échéance du contrat de location, l’entreprise peut faire valoir une option d’achat qui lui permet
d’acquérir le bien. L’avantage du crédit-bail est qu’il permet à une entreprise de financer un
investissement sans devoir s’endetter et d’éviter l’obsolescence d’un équipement puisqu’à la fin du
contrat, elle peut le restituer ou en louer un autre plus performant ;
– La levée de fonds : Ces ressources apportées par les investisseurs extérieurs par acquisition de
nouveaux titres émis génèrent une augmentation du capital social de l’entreprise. Si l’entreprise peut
ainsi obtenir de nouvelles ressources stables d’un montant souvent important, elle prend le risque d’une
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dilution de son capital qui peut conduire à des divergences de vues entre les anciens et les nouveaux
associés ou actionnaires et à une perte de contrôle par les dirigeants actuels ;
– Le crowdfunding (ou financement participatif) : il consiste à faire appel, par le biais de plateformes
Internet, à un grand nombre d’agents prêts à apporter des ressources financières à l’entreprise. Cet
apport se fait sous la forme de dons (avec ou sans contrepartie), de prêts (sans ou avec intérêts comme
sur les plateformes Look & Fin ou Miimosa), de prises de participation au capital de l’entreprise.
C. Le nécessaire respect de l’équilibre financier
Pour évaluer la situation financière d’une entreprise, il est important de lire le bilan et le compte de résultat
de l’entreprise.
Le compte de résultat indique l’ensemble des produits et des charges de l’entreprise. La différence entre
les deux permet de déterminer le résultat (positif ou négatif) réalisé par l’entreprise au cours d’un exercice
comptable. Un résultat positif ou bénéfice peut être mis en réserve et permettre ainsi à l’entreprise de
disposer de ses propres ressources : c’est l’autofinancement.
Le bilan présente l’actif et le passif de l’entreprise et permet de vérifier si l’entreprise dispose de ressources
suffisantes pour faire face aux besoins de financement de ses deux cycles d’exploitation et d’investissement.
Lorsque l’entreprise finance ses emplois stables, c’est-à-dire ses immobilisations, par ses ressources
stables, elle respecte la règle de l’équilibre financier.
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