Cours Transfert Thermique - Chapitre II
Cours Transfert Thermique - Chapitre II
CONCEPTS FONDAMENTAUX
DE LA CONDUCTION
THERMIQUE Joseph Fourier
Introduction
Définition
▪ La conduction thermique, est un mode d’échange de chaleur qui tend à une distribution
homogène, au sein d’un milieu matériel, ce mode de transfert s’opère au sein des milieux
solides opaques.
Caractéristiques
❑ Seul mode de transfert de chaleur en solide.
❑ Transfert sans transport de matière.
❑ Transfert dû à une différence de température.
❑ Propagation de la chaleur des zones chaudes vers les zones moins chaudes.
Pr. Adil EDDIAI
Conduction à l’échelle atomique
Structure des matériaux solides
Définition
▪ Dans les matériaux solides les ions s’organisent sous la forme de réseaux de configurations
géométriques très diverses.
▪ Lorsque cette organisation est ordonnée sur plusieurs centaines ou milliers de distances
interatomiques le réseau est dit cristallin.
▪ Lorsque, au contraire, cet ordre n’apparait que sur de très petites distances alors le
matériau est qualifié d’amorphe.
Pr. Adil EDDIAI
La loi de Fourier
Historique Pr. Adil EDDIAI
▪ Le transfert de chaleur par diffusion a été pour la première fois abordée par J.
Fourier, dans son Traité analytique de la chaleur où il introduit aussi ses fameuses
décompositions en série. 1768 1830
▪ La relation de Fourier est phénoménologique, c’est-à-dire issue de résultats expérimentaux.
En effet, le lien entre les phénomènes microscopiques et macroscopiques, que nous avons vu
précédemment, n’a pu être modélisé que grâce aux outils de la mécanique statistique et
quantique.
▪ A l’époque de Fourier, il est bien évident que le phénomène de diffusion à l’échelle
macroscopique était observable et que comme il était alors possible de mesurer une
température, rien n’empêchait de proposer une relation issue de ces mesures.
𝝓 = −𝝀𝑺𝛁𝑻
L’opérateur 𝛁 = (𝝏/𝝏𝒙,𝝏/𝝏𝒚, 𝝏/𝝏𝒛) désigne le vecteur gradient.
On définit la densité de flux comme le rapport du flux à la section de passage :
𝝓
𝝋 = = −𝝀𝜵𝑻
𝑺
Cette relation montre bien que les lignes de flux sont perpendiculaires aux isothermes.
Loi de Fourier (1822)
Enoncé :
En tout point d’un milieu isotrope, la densité de flux thermique instantané
est proportionnelle à la conductivité thermique λ du milieu et au gradient
de température :
𝝋 = −𝝀𝒈𝒓𝒂𝒅𝑻 = −𝝀𝜵𝑻
Où Pr. Adil EDDIAI
• Le gradient de température 𝜵𝑻 est orienté des températures faibles vers les températures
élevées.
• Le transfert thermique s’effectue du corps chaud vers le corps froid (second principe de la
thermodynamique).
𝝏𝑻
𝜵𝑻 = 𝒏
𝝏𝒏
Problématique
▪ Il est maintenant possible d’établir l’équation de la chaleur, c’est-à-dire l’équation traduisant
mathématiquement l’évolution de la température en tout point du système étudié et à chaque
instant.
▪ La conduction thermique dans des géométries tels que le mur d'une maison, le verre d'une
fenêtre à simple vitrage,…etc, et dans bien d’autres peut être approchée comme étant
unidimensionnelle.
▪ Puisque la conduction thermique à travers ces géométries sera dominante dans une direction
et négligeable dans les autres directions. nous développerons l'équation de conduction
thermique unidimensionnelle dans coordonnées rectangulaires, cylindriques et sphériques.
𝑮ሖ 𝒆𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 = 𝒈𝑽
ሶ 𝒆𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 = 𝒈𝑨∆𝒙
ሶ
𝝆𝑪𝑨∆𝒙 𝑻𝒕+∆𝒕 − 𝑻𝒕
𝑸ሖ 𝒙 − 𝑸ሖ 𝒙+∆𝒙 + 𝒈𝑨∆𝒙
ሶ =
∆𝒕
Diviser par 𝑨∆𝒙, donne:
𝟏 𝑸ሖ 𝒙+∆𝒙 − 𝑸ሖ 𝒙 𝝆𝑪 𝑻𝒕+∆𝒕 − 𝑻𝒕
− + 𝒈ሶ =
𝑨 ∆𝒙 ∆𝒕
Prendre la limite comme ∆𝒙 → 𝟎 et ∆𝒕 → 𝟎: 𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝝏𝑻
𝝀𝑨 + 𝒈ሶ = 𝝆𝑪
𝑨 𝝏𝒙 𝝏𝒙 𝝏𝒕
Pr. Adil EDDIAI
puisque, d’après la définition de la dérivée et la loi de conduction thermique de Fourier,
𝑸ሖ 𝒙+∆𝒙 − 𝑸ሖ 𝒙 𝝏𝑸ሶ 𝝏 𝝏𝑻
lim = = −𝝀𝑨
∆𝒙→𝟎 ∆𝒙 𝝏𝒙 𝝏𝒙 𝝏𝒙
En notant que l’aire A est constante pour un mur plan, l’équation de conduction thermique
transitoire unidimensionnelle dans un mur plan devient
𝝏 𝝏𝑻 𝝏𝑻 𝝏𝑻
𝝀 + 𝒈ሶ = 𝝆𝑪 ou bien 𝛁 𝝀𝛁𝑻 + 𝒈ሶ = 𝝆𝑪
𝝏𝒙 𝝏𝒙 𝝏𝒕 𝝏𝒕
L’équation de la chaleur du milieu
▪ La conductivité thermique 𝝀 d’un matériau dépend en général de la température 𝑻 (et donc de
𝒙), et ne peut donc pas être déduite de la dérivée.
▪ Cependant, la conductivité thermique dans la plupart des applications pratiques peut être
supposée rester constante à une certaine valeur moyenne.
L’équation de la chaleur se réduit aux formes suivantes dans des conditions précisées
𝝏 𝝏𝑻𝟐 𝒈ሶ
En régime permanent ( = 𝟎), l’équation de la chaleur devient : + =𝟎
𝝏𝒕
𝝏𝒙𝟐 𝝀
En absence de source de chaleur (𝒈ሶ = 𝟎) , cette équation traduit l’équilibre entre l’apport de
chaleur par conduction dans le solide et son échauffement :
𝝏𝑻𝟐 𝟏 𝝏𝑻
𝟐
=
𝝏𝒙 𝜶 𝝏𝒕
𝝏
En absence de source de chaleur (𝒈ሶ = 𝟎) et en régime permanent ( = 𝟎), cette équation
𝝏𝒕
s’écrit comme suit : 𝟐
𝝏𝑻
𝟐
=𝟎
Remarques : 𝝏𝒙
Notez que nous avons remplacé les dérivées partielles par des dérivées ordinaires dans le cas
de conduction thermique permanent unidimensionnelle puisque les dérivées partielles et
ordinaires d'une fonction sont identiques lorsque la fonction dépend d'une seule variable
uniquement (𝑻 = 𝑻(𝒙) dans ce cas).
Pr. Adil EDDIAI
Equation de chaleur par conduction dans un long cylindre 1D
Considérons maintenant un élément de coque cylindrique mince d'épaisseur
∆𝑟 dans un cylindre long.
La surface du cylindre normale à la direction du transfert de chaleur en tout
endroit est 𝑨 = 𝟐𝝅𝒓𝑳 où 𝒓 est la valeur du rayon à cet endroit.
Notez que la zone de transfert de chaleur 𝑨 dépend de 𝒓 dans ce cas
et varie donc selon l'emplacement.
Un bilan énergétique sur cet élément mince pendant un petit intervalle
de temps peut être exprimé par :
∆𝑬𝒆𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕
𝑸ሖ 𝒓 − 𝑸ሖ 𝒓+∆𝒓 + 𝑮ሖ 𝒆𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 =
∆𝒕
Le changement dans le contenu énergétique de l’élément et le taux de génération de chaleur à
l’intérieur de l’élément peuvent être exprimés comme suit :
𝑮ሖ 𝒆𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 = 𝒈𝑽
ሶ 𝒆𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 = 𝒈𝑨∆𝒓
ሶ
En substituant dans l'équation précédente, nous obtenons :
𝝆𝑪𝑨∆𝒓 𝑻𝒕+∆𝒕 − 𝑻𝒕
𝑸ሖ 𝒓 − 𝑸ሖ 𝒓+∆𝒓 + 𝒈𝑨∆𝒓
ሶ =
∆𝒕
où 𝑨 = 𝟐𝝅𝒓𝑳. Pr. Adil EDDIAI
Vous pourriez être tenté d'exprimer l'aire au milieu de l'élément en utilisant le rayon moyen comme
∆𝒓
𝑨 = 𝟐𝝅(𝒓 + )𝑳.
𝟐
𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝝏𝑻
Prendre la limite comme ∆𝒓 → 𝟎 et ∆𝒕 → 𝟎: 𝝀𝑨 + 𝒈ሶ = 𝝆𝑪
𝑨 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒕
puisque, d’après la définition de la dérivée et la loi de conduction thermique de Fourier,
𝑸ሖ 𝒓+∆𝒓 − 𝑸ሖ 𝒓 𝝏𝑸ሶ 𝝏 𝝏𝑻
lim = = −𝝀𝑨
∆𝒓→𝟎 ∆𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓
En notant que la zone de transfert de chaleur dans ce cas est 𝑨 = 𝟐𝝅𝒓𝑳 , l'équation
unidimensionnelle de conduction thermique transitoire dans un cylindre devient
𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝝏𝑻
𝒓𝝀 + 𝒈ሶ = 𝝆𝑪
𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒕
Dans le cas d'une conductivité thermique constante, l'équation ci-dessus se réduit à :
𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝒈ሶ 𝟏 𝝏𝑻
𝒓 + =
𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝝀 𝜶 𝝏𝒕
Cas particuliers : Pr. Adil EDDIAI
L’équation de la chaleur se réduit aux formes suivantes dans des conditions précisées
𝝏 𝟏 𝒅 𝒅𝑻 𝒈ሶ
En régime permanent ( = 𝟎), l’équation de la chaleur devient : 𝒓 + =𝟎
𝝏𝒕
𝒓 𝒅𝒓 𝒅𝒓 𝝀
En absence de source de chaleur (𝒈ሶ = 𝟎) , cette équation traduit l’équilibre entre l’apport de
chaleur par conduction dans le solide et son échauffement :
𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝟏 𝝏𝑻
𝒓 =
𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝜶 𝝏𝒕
𝝏
En absence de source de chaleur (𝒈ሶ = 𝟎) et en régime permanent ( = 𝟎), cette équation
𝝏𝒕
s’écrit comme suit :
𝟏 𝒅 𝒅𝑻
𝒓 =𝟎
𝒓 𝒅𝒓 𝒅𝒓
Puisque les dérivées partielles et ordinaires d'une fonction sont identiques lorsque la fonction
dépend d'une seule variable uniquement (𝑻 = 𝑻(𝒓) dans ce cas).
Pr. Adil EDDIAI
Equation de chaleur par conduction dans une sphère 1D
Considérons maintenant une sphère avec une densité 𝝆, une chaleur spécifique 𝑪 et un rayon
extérieur 𝑹. La surface de la sphère normale à la direction du transfert de chaleur en tout
endroit est 𝑨 = 𝟒𝝅𝒓𝟐 où 𝒓 est la valeur du rayon à cet endroit.
Notez que la zone de transfert de chaleur 𝑨 dépend également de 𝒓
dans ce cas et varie donc selon l'emplacement.
En considérant un élément de coque sphérique mince d'épaisseur 𝒓 et
d’ une surface de 𝑨 = 𝟒𝝅𝒓𝟐 , l'équation de conduction thermique
transitoire unidimensionnelle pour une sphère est déterminée comme
étant : 𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝝏𝑻
𝒓𝟐 𝝀 + 𝒈ሶ = 𝝆𝑪
𝒓𝟐 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒕
Dans le cas d'une conductivité thermique constante, l'équation ci-dessus se réduit à :
𝟏 𝝏 𝟐
𝝏𝑻 𝒈ሶ 𝟏 𝝏𝑻
𝟐
𝒓 + =
𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝝀 𝜶 𝝏𝒕
Cas particuliers :
L’équation de la chaleur se réduit aux formes suivantes dans des conditions précisées
En régime permanent (
𝝏
= 𝟎), l’équation de la chaleur devient : 𝟏 𝒅 𝟐
𝒅𝑻 𝒈ሶ
𝝏𝒕
𝟐
𝒓 + =𝟎
𝒓 𝒅𝒓 𝒅𝒓 𝝀
Pr. Adil EDDIAI
En absence de source de chaleur (𝒈ሶ = 𝟎) , cette équation traduit l’équilibre entre l’apport de
chaleur par conduction dans le solide et son échauffement :
𝟏 𝝏 𝟐
𝝏𝑻 𝟏 𝝏𝑻
𝟐
𝒓 =
𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝜶 𝝏𝒕
𝝏
En absence de source de chaleur (𝒈ሶ = 𝟎) et en régime permanent ( = 𝟎), cette équation
𝝏𝒕
s’écrit comme suit :
𝒅 𝟐
𝒅𝑻 𝒅𝟐 𝑻 𝒅𝑻
𝒓 𝝀 =𝟎 ou 𝒓 𝟐 +𝟐 =𝟎
𝒅𝒓 𝒅𝒓 𝒅𝒓 𝒅𝒓
Conditions initiales et conditions aux limites
▪ L’équation générale de la chaleur traduit ,par une relation entre les variables 𝒙, 𝒚, 𝒛, 𝒕 et la
température, le mécanisme du phénomène conductif, en tout point de coordonnées 𝒙, 𝒚, 𝒛 à
tout instant 𝒕.
▪ Cette équation aux dérivées partielles, linéaire, du deuxième ordre, admet en principe une
infinité de solutions, faisant intervenir des constantes ou des fonctions arbitraires. Mais cette
équation phénoménologique n’a de sens physique que pour de conditions définies. Ces
conditions sont les causes qui déterminent l’évolution du phénomène.
▪ En effet, l’équation de la chaleur décrivant un phénomène irréversible, ceci implique que le
milieu considéré a été soumis à un instant initial à une rupture de son équilibre thermique.
▪ Il est alors nécessaire de connaitre la répartition initiale des températures en tout point du
milieu et aussi la loi de variation de la fonction 𝑻 ou/et, de sa dérivée normale 𝝏𝑻/𝝏𝒏 sur
la surface frontière
Pr. Adil EDDIAI
Conditions initiales :
La distribution des températures à l’intérieur du solide et sur sa surface est supposée connue
à l’instant 𝒕 = 𝟎 c-à-d :
𝑻(𝒙, 𝒚, 𝒛, 𝒕 = 𝟎) = 𝑻𝟎 (𝒙, 𝒚, 𝒛)
Conditions aux limites (Conditions aux surfaces) :
Les conditions que l’on impose sur la surface frontière c-à-d à la paroi du solide pour 𝒕 > 𝟎,
seront affectées de l’indice 𝒔 . Elles sont la traduction mathématique des conditions
physiques réelles.
𝝏𝑻
𝝋𝒔 = −𝝀 ቤ 𝜑𝑠
𝝏𝒙 𝒙=𝟎
Une longue barre de cuivre de section rectangulaire, dont la largeur 𝑤 est très supérieure à
son épaisseur 𝐿, est maintenue en contact avec un dissipateur thermique à sa surface
inférieure, et la température dans l'ensemble de la barre est approximativement égale à celle
du dissipateur.
Puis un courant électrique traverse la barre et un courant d'air de température 𝑇∞ passe sur la
surface supérieure, tandis que la surface inférieure continue d'être maintenue à 𝑇𝑜 .
Pr. Adil EDDIAI
Obtenir l'équation différentielle ainsi que les conditions aux limites et initiales qui pourraient
être résolues pour déterminer la température en fonction de la position et du temps dans la barre?