Démarche de prévention | Risques
Évaluation des risques
professionnels
Aide au repérage des risques
dans les PME-PMI
ED 840
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
pour la prévention des accidents du travail et des maladies
professionnelles est une association loi 1901, créée en
1947 sous l’égide de la Caisse nationale d’assurance
maladie, administrée par un Conseil paritaire (employeurs
et salariés).
De l’acquisition de connaissances jusqu’à leur diffusion,
en passant par leur transformation en solutions pratiques,
l’Institut met à profit ses ressources pluridisciplinaires pour
diffuser une culture de prévention dans les entreprises
et proposer des outils adaptés à la diversité des risques
professionnels à tous ceux qui, en entreprise, sont chargés
de la prévention : chef d’entreprise, services de prévention et
de santé au travail, instances représentatives du personnel,
salariés…
Toutes les publications de l’INRS sont disponibles en
téléchargement sur le site de l’INRS : [Link]
Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail
(Carsat), la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-
de-France (Cramif) et les caisses générales de sécurité
sociale (CGSS) de l’Assurance maladie - Risques profes-
sionnels, disposent, pour participer à la diminution des
risques professionnels dans leur région, d’un service
Prévention composé notamment d’ingénieurs-conseils
et de contrôleurs de sécurité. Spécifiquement formés aux
disciplines de la prévention des risques professionnels et
s’appuyant sur l’expérience quotidienne de l’entreprise,
ces professionnels sont en mesure de conseiller et, sous
certaines conditions, de soutenir les acteurs de l’entreprise
(direction, médecin du travail, instances représentatives du
personnel, etc.) dans la mise en œuvre des démarches et
outils de prévention les mieux adaptés à chaque situation.
Les caisses assurent aussi la diffusion des publications
éditées par l’INRS auprès des entreprises.
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans
le consentement de l’INRS, de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants
cause, est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation
ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction, par un art
ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété
intellectuelle). La violation des droits d’auteur constitue une contrefaçon
punie d’un emprisonnement de trois ans et d’une amende de 300 000 €
(article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).
© INRS, 2023.
Édition : Katia Bourdelet
Conception graphique : Julie&Gilles
Mise en pages : Valérie Latchague Causse
Illustrations : J.-A. Deledda
Démarche de prévention
Risques
Évaluation des risques
professionnels
ED 840 | Aide au repérage des risques
octobre 2023 dans les PME-PMI
Brochure INRS coordonnée par A.-S. Valladeau
Sommaire
L’essentiel de l’évaluation des risques 4
Mode d’emploi 6
Les fiches de risques 7
1. Risques de chute de plain-pied 8
2. Risques de chute de hauteur 9
3. Risques liés aux circulations internes de véhicules et d’engins 10
4. Risques routiers en mission 11
5. Risques liés à la charge physique de travail 12
6. Risques liés à la manutention mécanique 13
7. Risques liés aux produits chimiques, aux émissions et aux déchets 14
8. Risques liés aux agents biologiques 15
9. Risques liés aux équipements de travail 16
10. Risques liés aux effondrements et aux chutes d’objets 17
11. Risques et nuisances liés au bruit 18
12. Risques liés aux ambiances thermiques 19
13. Risques d’incendie et d’explosion 20
14. Risques liés à l’électricité 21
15. Risques liés aux ambiances lumineuses 22
16. Risques liés aux rayonnements 23
17. Risques psychosociaux 24
18. Risques liés aux vibrations 26
19. Risques de heurt, de cognement 27
20. Risques liés aux pratiques addictives 28
Liste de mesures de prévention 30
Les pictogrammes de danger 32
u3
L’essentiel
de l’évaluation
des risques
Partie intégrante de toute démarche de prévention, l’évaluation des risques professionnels
permet de repérer les risques liés au travail dans l’entreprise et d’élaborer des plans d’actions de
prévention. L’objectif final est de préserver la santé et la sécurité des travailleurs par la mise en
œuvre d’actions permettant de garantir l’intégrité physique et mentale des salariés.
L’évaluation des risques se construit en plusieurs étapes dont l’identification et le recensement
des risques, suivis de leur appréciation.
Cette brochure a pour but d’aider, de manière simple, à identifier les risques. Elle est présentée
sous forme de fiches de risques, permettant d’identifier, à partir d’exemples, les situations dan-
gereuses.
À partir de cet inventaire, l’appréciation des risques permet d’établir des priorités pour élaborer
un plan d’actions cohérent. Le mode d’appréciation est à la main de l’entreprise qui s’appuie sur
le dialogue social pour le définir.
Une fois l’évaluation des risques réalisée, chacun pourra ainsi identifier les priorités et définir des
actions de prévention à mettre en place pour réduire les risques professionnels.
Les étapes clés de l’évaluation des risques
professionnels
1/ La préparation du déroulement de l’évaluation des risques
Cette étape consiste à identifier les informations à rassembler, la méthodologie et les outils à
mobiliser. Elle requiert de s’appuyer sur les acteurs de l’entreprise, tels que les représentants du
personnel ou toutes autres personnes compétentes, les services de prévention et de santé au tra-
vail, et éventuellement les services de prévention des Carsat/Cramif/CGSS. Ainsi, le découpage
de l’entreprise en unités de travail peut être défini et les étapes suivantes planifiées. La communi-
cation du calendrier ainsi élaboré est recommandée à toutes les personnes concernées.
2/ L’identification et le recensement des risques
Les situations dangereuses peuvent être identifiées :
– à l’aide des fiches de risques de cette brochure,
– en observant les tâches réellement effectuées aux différents postes de travail,
4 t
L’essentiel de l’évaluation des risques
– en dialoguant avec les personnes qui occupent les postes et, plus généralement, avec toutes
celles qui peuvent être concernées,
– au moyen de mesures effectuées sur le terrain,
– en tirant parti des retours d’expérience et des analyses des accidents du travail, incidents, et
presqu’accidents.
Ensuite, il est nécessaire de recenser l’ensemble des risques en les organisant par unité de tra-
vail. Un inventaire des risques par unité de travail est ainsi constitué.
3/ L’appréciation des risques
Cette étape doit permettre d’ordonner les risques et d’aider ainsi à planifier les actions de pré-
vention et à établir leurs priorités. Les règles d’appréciation sont à définir au sein de l’entreprise,
au regard de critères comme le nombre de personnes exposées, la durée d’exposition, la gravité
potentielle de l’atteinte à la santé, le nombre d’accidents ayant eu lieu dans l’entreprise ou le sec-
teur professionnel… Ces critères sont à élaborer collectivement pour que tous les travailleurs
en aient la compréhension.
Les suites à donner
L’évaluation des risques permet de rédiger le document unique d’évaluation des risques profes-
sionnels (DUERP) qui doit contenir :
● un point méthodologique rappelant :
– les modalités de réalisation de l’évaluation,
– le découpage en unités de travail retenu,
– la méthodologie d’analyse des risques choisie,
– la méthode d’appréciation des risques employée,
– les outils utilisés,
– la composition du groupe de travail…,
● un recensement des risques identifiés et appréciés.
Une mise à jour doit être effectuée au minimum tous les ans dans les entreprises de plus de
11 salariés.
En tout état de cause, quel que soit l’effectif de l’entreprise, le DUERP doit être mis à jour lors
de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou
les conditions de travail, ou lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un
risque est portée à la connaissance de l’employeur.
L’évaluation des risques permet de définir les actions de prévention à mettre en place. L’élabora-
tion d’un programme d’actions de prévention et sa mise en œuvre constituent l’aboutissement
de la démarche d’évaluation des risques.
Oira est un outil en ligne, libre d’accès et intuitif développé à partir d’une plateforme web de
l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail. Administré en France par l’INRS,
il accompagne les entreprises dans leur évaluation des risques professionnels et la formali-
sation de leur DUERP. Décliné avec des partenaires dans de nombreux secteurs d’activité, il
propose, pour tous les risques identifiés, des solutions concrètes de prévention adaptées au
secteur, et permet d’élaborer le plan d’actions et le document unique en version numérique.
u5
Mode
d’emploi
Cette brochure contient :
● une série de fiches de risques,
● une liste de mesures de prévention,
● les pictogrammes de danger.
Les fiches de risques Fiche 4
Risques routiers
en mission
Elles comprennent trois parties : Ce sont des risques liés aux déplacements dans le cadre de missions professionnelles. Ils
1
concernent l’utilisation d’une voiture légère, d’un véhicule utilitaire ou encore d’un deux-roues
1 La première présente les risques. Elle vous
motorisé, ou d’un poids lourd.
Les salariés sont exposés à un risque important d’accident sur la route. Au-delà des risques
de dommages corporels, ils sont exposés également en permanence à des risques physiques
(vibrations, bruit), posturaux, chimiques et psychosociaux qui doivent être pris en compte.
permet de déterminer rapidement, de façon globale,
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– des déplacements fréquents, dans des conditions difficiles : dispersion des lieux de travail, éloi-
si ces risques sont présents dans votre établisse-
gnement des chantiers, nombreux rendez-vous sur une même journée, horaires de livraison impo-
2
sés, en circulation urbaine dense, dans des conditions météorologiques dégradées…,
– des véhicules :
• défaillants (pneus sous-gonflés, état des freins…),
• insuffisamment équipés (absence d’ABS ou de climatisation…),
ment.
• mal aménagés selon les charges à transporter,
– des modes de communication : usage d’appareils pendant la conduite (téléphone portable, écran
de contrôle, GPS…), utilisation du véhicule comme d’un bureau mobile,
– un mode de rémunération : paiement à la course, politique du « fini-quitte »,
– etc.
2 La deuxième est constituée d’une liste ■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– organisez le travail de façon à éviter ou limiter les déplacements en recourant à des moyens alter-
natifs : visioconférences, audioconférences,
d’exemples de situations dangereuses. Vous recher-
– privilégiez des moyens de déplacements plus sûrs (train) et empruntez des itinéraires plus sûrs
3
(autoroutes),
– planifiez les déplacements et les autres activités en vue de donner au conducteur le temps néces-
saire pour conduire en sécurité et respecter les temps de pause,
chez si de telles situations ou des situations compa-
– organisez les arrêts en zone adaptée et sécurisée,
– assurez-vous que les postes de conduite sont aménagés pour faciliter la conduite (boîte de vitesse
automatique, climatisation, siège anti-vibratile),
– équipez vos véhicules utilitaires de cloisons de séparation entre l’habitacle et le chargement, et
aménagez le volume réservé au chargement afin que toutes les charges transportées soient arri-
rables existent dans votre établissement. mées et correctement réparties,
– si des produits inflammables ou dangereux pour la santé sont transpor-
tés, ventilez le volume du chargement au moyen d’une aération haute et
basse par exemple,
Pour en savoir plus
Le risque routier en mission.
Guide d’évaluation des risques.
ED 6329
3 La
– maintenez les véhicules en bon état de fonctionnement,
troisième est constituée d’une liste
– interdisez l’utilisation du téléphone portable au volant, quel que soit le dis- Risque routier. Retenue au
positif utilisé, fixez des plages d’appel sur les temps de pause de conduite, choc de mobilier embarqué en
zone arrière de fourgons ou de
– formez votre personnel pour qu’il acquière des compétences pour
fourgonnettes. Exigences et
conduire en sécurité, et planifiez son recyclage régulièrement,
méthode d’essai. NS 286
d’exemples de mesures de prévention pour limiter
– etc.
u 11
les risques. Vous déterminez la mesure la plus adap-
tée à votre entreprise pour les risques que vous avez
repérés.
La liste de mesures de prévention Liste de mesures
de prévention
Elle propose des mesures de prévention non men-
tionnées dans les fiches de risques, car :
Les mesures et les actions de prévention à mettre en place suite, notamment, à l’évaluation des
risques, sont de la responsabilité du chef d’entreprise. Aucune mesure ou action importante ne
pourra être mise en place efficacement sans son accord, c’est pourquoi la première mesure et la
plus importante est un engagement de progrès de la part du chef d’entreprise dans le domaine
de la santé au travail.
– elles sont de type générique et sont communes à En complément des mesures contenues dans les fiches de risques, des mesures de prévention
supplémentaires peuvent être mises en place.
Elles sont classées par thème.
la majorité des risques décrits dans les fiches pré- ❙ Intégration de la sécurité en amont :
●
dans le choix des procédés de travail,
dès la conception des bâtiments,
cédemment citées,
● dans le choix des équipements de travail,
● dans la mise en place des moyens de protection collective,
● etc.
– elles doivent être mises en œuvre au niveau de l’en- ❙
●
●
Organisation en matière de santé au travail :
nomination d’une personne pour prendre en charge la santé et la sécurité au travail,
association étroite des représentants du personnel aux sujets concernant la santé au travail,
treprise et déclinées en fonction de son organisation.
● organisation des secours en fonction des risques, en interne (premiers secours, sauveteurs
secouristes) et avec l’extérieur,
● analyse des accidents et incidents pour déterminer les mesures de prévention à mettre en place
pour éviter le renouvellement de ces événements,
● examen et correction des anomalies détectées lors d’un contrôle interne ou externe,
● etc.
28 t
6 t
Les fiches
de risques
u 1. Risques de chute u 11. Risques et nuisances
de plain-pied liés au bruit
u 2. Risques de chute u 12. Risques liés aux
de hauteur ambiances thermiques
u 3. Risques liés aux u 13. Risques d’incendie
circulations internes et d’explosion
de véhicules et d’engins
u 4. Risques routiers u 14. Risques liés à l’électricité
en mission
u 5. Risques liés à la charge u 15. Risques liés aux
physique de travail ambiances lumineuses
u 6. Risques liés à la u 16. Risques liés aux
manutention mécanique rayonnements
u 7. Risques liés aux RRRAAAA
RRRAAAA AH H
u 17. Risques psychosociaux
produits chimiques, aux
H
AHH
H
émissions et aux déchets
u 8. Risques liés aux u 18. Risques liés aux vibrations
agents biologiques
u 9. Risques liés aux u 19. Risques de heurt,
équipements de travail de cognement
u 10. Risques liés u 20. Risques liés aux
aux effondrements et pratiques addictives
aux chutes d’objets
u7
Fiche 1
Risques de chute
de plain-pied
Ce sont des risques d’accident liés à des glissades, trébuchements, faux pas et autres pertes
d’équilibre sur une surface plane, c’est-à-dire une surface ne présentant pas de différence de
niveau ou une différence de niveau très réduite telle que trottoir, petite marche ou plan incliné.
Les chutes avec dénivellation sont des chutes de hauteur (voir fiche 2).
Les chutes de plain-pied sont souvent considérées comme des accidents bénins mais sont la
deuxième cause des accidents du travail et peuvent avoir de graves conséquences.
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– sols glissants ou rendus glissants par de l’eau, des déversements ou des salissures…,
– espaces de circulation encombrés,
– éclairage insuffisant,
– largeur insuffisante des espaces de circulation…
– maintenance des lieux et des équipements de travail insuffisante (fuites d’huile, par exemple),
– chaussures de sécurité non adaptées à l’environnement de travail,
– chaussures de sécurité non renouvelées à temps (usagées, détériorées, périmées…),
– personnel insuffisamment formé,
– tâche réalisée en marchant…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– concevez, adaptez et entretenez vos espaces : choisissez des sols et des éclairages adaptés,
maintenez-les en bon état, prévoyez des zones de stockage afin de ne pas encombrer les zones
de circulation…,
– mettez à disposition du matériel adapté en évitant, notamment, la présence de câbles élec-
triques dans les circulations. On pourra privilégier des appareils sur batterie ou réaliser un amé-
nagement des locaux,
– organisez les tâches afin de limiter la précipitation dans les déplacements et d’éviter qu’une
tâche de surveillance visuelle ne soit effectuée pendant un déplacement…,
– sensibilisez et formez votre personnel au risque et au respect des consignes (ne pas utiliser
son téléphone en marchant, signaler toute situation présentant un risque (verglas, huile, eau, sol
abîmé…)).
Pour en savoir plus sur [Link]
Les chutes de plain-pied. Démarche de prévention et grilles
d’analyse et d’identification des facteurs de risque. ED 6433
8 t
Fiche 2
Risques de chute
de hauteur
Ce sont des risques d’accident liés à la perte d’équilibre d’une personne au droit d’une dénivel-
lation et à sa chute dans le vide.
Des situations présentant ce risque peuvent se trouver dans le milieu naturel ou dans une
construction ; elles peuvent aussi résulter de l’utilisation d’un équipement d’accès ou de travail
en hauteur.
Les accidents par chute de hauteur ont souvent des conséquences particulièrement graves.
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– travail à l’extérieur à proximité de fosses, puits, bassins, tranchées…,
– travail à l’extérieur sur des éléments naturels : élagage d’arbres… ou des constructions élan-
cées : poteaux, pylônes, mâts…,
– travail dans un bâtiment sur des parties en élévation : charpente, toiture, passerelle, mezza-
nine, baie, trémie…,
– accès à des zones situées en hauteur par échelles fixes ou escaliers : éléments élevés de
machines ou d’installations industrielles, accès à un dôme de camion ou bâchage d’une remorque,
– utilisation d’équipements mobiles : échelles, escabeaux…,
– utilisation d’équipements d’accès ou de travail en hauteur : échafaudages fixes ou roulants,
plates-formes individuelles…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– concevez des installations techniques ou choisissez des matériels permettant de réaliser les opé-
rations courantes ou de maintenance depuis le sol : par exemple, des systèmes d’éclairage moto-
risés permettant la descente des luminaires en vue notamment du remplacement des ampoules,
des remorques de camion pouvant être bâchées depuis le sol,
– mettez en place des protections collectives permanentes fiables au droit des dénivellations :
par exemple, des garde-corps conformes aux normes,
– prévoyez des protections temporaires de trémies ouvertes occasionnellement dans des plan-
chers : garde-corps provisoires conformes aux normes, platelages ou grilles dimensionnées
conformément aux règles de calcul appropriées,
– prévoyez des équipements d’accès et de travail en hauteur conformes aux normes (ou mieux,
certifiés NF) et, notamment, lorsqu’il s’agit d’échafaudages fixes ou roulants, des matériels à
montage et démontage en sécurité,
– prévoyez des équipements de protection individuelle pour le personnel dans tous les cas où
une protection collective n’est pas possible : systèmes d’arrêt de chute (points d’ancrage, longe
avec absorbeur et harnais antichute),
– formez le personnel à l’utilisation des équipements de protection collective et individelle (EPC
et EPI).
Pour en savoir plus sur [Link]
Conception des lieux et des situations de travail. Santé et sécurité :
démarche, méthodes et connaissances techniques. ED 950
Prévention des risques de chutes de hauteur. ED 6110
u9
Fiche 3
Risques liés aux circulations
internes de véhicules
et d’engins
Ce sont des risques d’accident liés au heurt d’une personne par un véhicule ou un engin (deux-
roues, voiture, camion, chariot de manutention…) ou à la collision de véhicules entre eux ou
contre un obstacle, au sein de l’entreprise. Ce sont des risques dont les conséquences peuvent
être graves (à cause de la vitesse ou de la masse impliquée).
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– zones de circulation communes aux piétons et aux véhicules : croisement, coactivité,
– voie de circulation dangereuse : mal identifiée, mal éclairée, étroite, en pente, encombrée, en
mauvais état,
– zone de manœuvre dangereuse : défaut de signalisation, chargement, demi-tour, recul, manque
de visibilité,
– mauvais état des véhicules : freins, pneumatiques, direction, feux de signalisation…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– organisez la circulation interne des véhicules et engins et des piétons : analyse des besoins
en déplacements internes, séparation des flux, formalisation des règles mises en place et suivi,
– identifiez, signalez, éclairez et entretenez les voies de circulation, les aires de manœuvre,
– entretenez vos véhicules et engins (contrôles périodiques) et réparez-les immédiatement en
cas de panne,
– formez vos salariés au respect des consignes de circulation,
– informez les intervenants extérieurs (entreprises extérieures, visiteurs, transporteurs, livreurs…)
des règles de circulation…
Pour en savoir plus sur [Link]
Transpalettes électriques à conducteur accompagnant. Fiche pratique de sécurité. ED 36
Chariots automoteurs de manutention. Manuel de conduite. ED 766
Chariots automoteurs de manutention à conducteur porté. Évaluation et prévention des
principaux risques lors de l’utilisation. ED 949
Conception des lieux et des situations de travail. Santé et sécurité : démarche, méthodes
et connaissances techniques. ED 950
Prévenir les collisions engins-piétons. Dispositifs d’avertissement. ED 6083
10 t
Fiche 4
Risques routiers
en mission
Ce sont des risques liés aux déplacements dans le cadre de missions professionnelles. Ils
concernent l’utilisation d’une voiture légère, d’un véhicule utilitaire, d’un deux-roues motorisé ou
non, ou d’un poids lourd.
Les salariés sont exposés à un risque important d’accident sur la route. Au-delà des risques
de dommages corporels, ils sont exposés également en permanence à des risques physiques
(vibrations, bruit), posturaux, chimiques et psychosociaux qui doivent être pris en compte.
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– des déplacements fréquents, dans des conditions difficiles : dispersion des lieux de travail,
éloignement des chantiers, nombreux rendez-vous sur une même journée, horaires de livrai-
son imposés, en circulation urbaine dense, dans des conditions météorologiques dégradées…,
– des véhicules :
• défaillants (pneus sous-gonflés, freins usés…),
• insuffisamment équipés (absence d’ABS ou de climatisation…),
• mal aménagés selon les charges à transporter,
– des modes de communication : usage d’appareils pendant la conduite (téléphone portable,
écran de contrôle, GPS…), utilisation du véhicule comme d’un bureau mobile,
– un mode de rémunération : paiement à la course, politique du « fini-quitte »…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– organisez le travail de façon à éviter ou limiter les déplacements en recourant à des moyens alter-
natifs : visioconférences, audioconférences,
– privilégiez des moyens de déplacements plus sûrs (train) et empruntez des itinéraires plus sûrs
(autoroutes),
– planifiez les déplacements et les autres activités en vue de donner au conducteur le temps néces-
saire pour conduire en sécurité et respecter les temps de pause,
– organisez les arrêts en zone adaptée et sécurisée,
– vous assurez que les postes de conduite sont aménagés pour faciliter la conduite (boîte de vitesse
automatique, climatisation, siège anti-vibratile),
– équipez vos véhicules utilitaires de cloisons de séparation entre l’habitacle et le chargement, et
aménagez le volume réservé au chargement afin que toutes les charges transportées soient arri-
mées et correctement réparties,
– si des produits inflammables ou dangereux pour la santé sont trans- Pour en savoir plus
portés, ventilez mécaniquement le volume du chargement au moyen sur [Link]
d’ouvertures hautes et basses par exemple,
Le risque routier en mission.
– maintenez les véhicules en bon état de fonctionnement, Guide d’évaluation des risques.
– interdisez l’utilisation du téléphone portable au volant, quel que soit le dis- ED 6329
positif utilisé, fixez des plages d’appel sur les temps de pause de conduite, Risque routier. Retenue au
– formez votre personnel pour qu’il acquière des compétences pour choc de mobilier embarqué en
conduire en sécurité, et planifiez leur recyclage régulièrement, zone arrière de fourgons ou de
– fournissez les équipements de protection individuels adaptés à l’engin fourgonnettes. Exigences et
concerné. méthode d’essai. NS 286
u 11
Fiche 5
Risques liés à la charge
physique de travail
La charge physique est source d’accidents du travail (traumatiques, cardiovasculaires…) et de
maladies professionnelles. Elle peut contribuer à l’apparition de fatigue, douleurs, gênes fonc-
tionnelles, atteintes de l’appareil locomoteur (troubles musculosquelettiques), voire d’inapti-
tudes au travail. Les facteurs qui influencent ces risques sont liés au contenu du travail (efforts
physiques, fréquence des gestes, fluctuation d’activité…), à l’organisation du travail (cadence,
contrainte temporelle…), et à l’environnement physique (aménagement des postes de travail,
chaleur…) et social (possibilité d’entraide…).
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– manutention manuelle de charges : masse unitaire supérieure à 15 kg, manipulation à fréquence
élevée, charge à saisir éloignée du corps, proche du sol ou au-dessus du niveau des épaules,
charge encombrante et difficile à saisir, déplacements d’équipements roulants…,
– autres efforts physiques : manipulation d’équipements lourds, maintien d’un effort…,
– déplacements longs et répétés avec ou sans charge, avec ou sans dénivelé…,
– postures de travail contraignantes : travail debout permanent, travail à genoux, accroupi, élé-
vation ou maintien statique des membres supérieurs…,
– gestes répétitifs avec ou sans efforts intenses : assemblage sur chaîne, conditionnement.
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– prenez en compte la réduction de la charge physique de travail dès la conception des lieux et
équipements de travail,
– adaptez les durées d’activité et les pauses aux efforts, en tenant compte aussi des conditions
climatiques et de l’environnement physique (travail en espace confiné, éclairage, vibrations…),
– privilégiez les aides techniques adaptées pour les manutentions et pour les autres efforts phy-
siques intenses,
– réduisez les distances de déplacement avec port de charges,
– privilégiez les manipulations dans les zones d’atteinte de confort,
– facilitez les prises des contenants (poignées adaptées…),
– formez les salariés à la prévention des risques liés à l’activité physique (formation-action Prap),
– êtes attentif à toute modification des conditions de manutention (variation des charges et du
tonnage journalier, pic d’activité, qualité des contenants, aléas de fonctionnement…),
– permettez aux salariés d’adapter l’aménagement de leur poste de travail et leur organisation
(alternance des postures de travail, possibilité de récupérer quand l’opérateur/le salarié en ressent
le besoin…),
– associez les salariés à tout projet de conception ou de re-conception d’une situation de travail,
et au choix des équipements de travail.
Pour en savoir plus sur [Link]
Conception et aménagement des postes de travail. Fiche pratique de sécurité. ED 79
Méthode d’analyse de la charge physique de travail. ED 6161
Méthode d’analyse de la charge physique de travail. Secteur sanitaire et social. ED 6291
12 t
Fiche 6
Risques liés à la manutention
mécanique
Ce sont des risques d’accident liés à la charge manutentionnée (chute, heurt, renversement), au
moyen de manutention (rupture, défaillance) et aussi à la circulation des engins de manutention
(voir fiche 3).
Ce sont des risques dont les conséquences peuvent être graves (masse, vitesse, hauteur…).
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– utilisation d’un moyen de manutention inadapté à la charge, à la tâche à effectuer ou dans des
conditions non prévues,
– déplacement de la charge sans visibilité suffisante dans des allées ou des zones de manœuvre
exiguës, à une vitesse excessive,
– instabilité du moyen de manutention : mauvais état du sol, charge mal répartie ou de masse
trop élevée,
– instabilité de la charge : arrimage absent ou insuffisant, rupture du système de maintien en hau-
teur, empilement de charges, élingage défectueux…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– signalez et aménagez les zones de déplacement des charges de façon à éviter la coactivité,
– mettez en place des règles d’arrimage des charges en tenant compte de leurs poids, volumes,
formes, stabilité…,
– possédez des moyens de manutention mécanique et des accessoires conformes à la régle-
mentation,
– utilisez ceux-ci selon les prescriptions du fournisseur,
– vérifiez régulièrement leur état,
– limitez leur usage au personnel formé, reconnu apte et autorisé…
Pour en savoir plus sur [Link]
Transpalettes électriques à conducteur accompagnant. Fiche pratique de sécurité. ED 36
Chariots automoteurs de manutention. Manuel de conduite. ED 766
Chariots automoteurs de manutention à conducteur porté. Évaluation et prévention des
principaux risques lors de l’utilisation. ED 949
Accessoires de levage. Mémento de l’élingueur. ED 6178
Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage. Repères
pour préventeurs et utilisateurs. ED 6339
u 13
Fiche 7
Risques liés aux produits
chimiques, aux émissions
et aux déchets
Ce sont des risques d’intoxication, d’allergie, de brûlure, … par inhalation, ingestion ou contact
cutané de produits chimiques mis en œuvre ou émis sous forme de gaz, de particules solides
ou liquides. Dans certaines conditions, c’est un risque de déclarer une maladie professionnelle
à long terme.
■ Recherchez vos situations dangereuses par poste de travail
et lieu de stockage
À titre d’exemples
– utilisation de produits chimiques dont l’étiquetage figure sur la liste des pictogrammes de danger
(voir page 32),
– émission de gaz et vapeurs (nettoyage avec un solvant…), d’aérosol (huile chaude, fluides d’usi-
nage, bains de traitement de surface…),
– émission de poussières : métalliques, de ciment, de farine, de bois…,
– émission de fumées : soudure, gaz d’échappement…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– remplacez un produit par un autre moins dangereux,
– limitez les manipulations de produit : automatisation, encoffrement, diminution des quantités…,
– captez les produits émis (captage à la source, cabine) et ventilez les locaux,
– prenez en compte l’utilisation des produits, leur stockage ainsi que la gestion des déchets,
– faites porter des équipements de protection individuelle : appareils de protection respiratoire,
gants, lunettes…,
– informez le personnel sur les risques et les mesures de prévention (notices de poste, étiquettes,
fiches de données de sécurité…),
– appliquez des mesures d’hygiène et définissez des procédures d’urgence…
Pour en savoir plus sur [Link]
Stockage et transfert de produits chimiques dangereux. ED 753
Déchets dangereux dans l’entreprise. Pensez sécurité ! ED 824
Travailler avec des produits chimiques. Pensez prévention des risques ! ED 6150
Seirich, niveau 1. Outil d’évaluation et de prévention des risques chimiques dans
l’entreprise. Logiciel en ligne : [Link]
14 t
Fiche 8
Risques liés aux agents
biologiques
Ce sont des risques d’infection, d’allergie ou d’intoxication liés à la présence de micro-
organismes sur les lieux de travail. La transmission peut se faire par voie respiratoire, par péné-
tration à travers la peau ou les muqueuses ou par ingestion. Ce sont des risques qui peuvent
avoir des conséquences graves dans certaines professions.
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– travail avec des produits contaminés (traitement des eaux usées et des déchets, fluides de
coupe…),
– travail en milieu naturel (métiers de l’environnement…),
– travail en contact avec des produits agroalimentaires (poussières, moisissures…),
– travail en contact avec des personnes (soins à l’hôpital, à l’infirmerie, à domicile ; aide à la
personne…),
– travail auprès de jeunes enfants (crèche, école maternelle…),
– travail de laboratoire sur des micro-organismes : virus, bactérie, parasite, champignon…,
– travail en contact avec des animaux, vivants ou morts…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– capotez les équipements émettant des aérosols de micro-organismes,
– assurez une ventilation correcte des locaux,
– mécanisez ou automatisez les tâches les plus exposantes,
– assurez l’entretien régulier des locaux et des installations, en nettoyant les surfaces régulière-
ment pour éliminer les sources de nourriture des micro-organismes,
– désinfectez, dans certains cas, les surfaces potentiellement contaminées,
– assurez une bonne gestion de vos déchets,
– informez les personnes exposées des précautions et règles d’hygiène à respecter,
– fournissez les moyens matériels permettant de respecter les consignes d’hygiène (tenue de
travail, sanitaires, vestiaires ville-travail séparés…),
– fournissez et faites utiliser les équipements de protection (poste de sécurité microbiologique,
protections respiratoires, gants…),
– faites signaler et soigner correctement et rapidement toutes les blessures, même les petites.
Pour en savoir plus sur [Link]
Les agents biologiques. Fiche pratique de sécurité. ED 117
Les risques biologiques en milieu professionnel. ED 6034
L’essentiel sur les risques biologiques. ED 6495
Les risques biologiques sur les lieux de travail. Aide-mémoire
juridique. TJ 24
Comment se transmettent les agents biologiques ? Anim-021
Comment empêcher la transmission des agents biologiques ? Anim-022
u 15
Fiche 9
Risques liés aux équipements
de travail
Ce sont principalement des phénomènes dangereux qui peuvent être à l’origine de blessures
(écrasements, coupures, perforations…) par l’action mécanique d’éléments de machines,
d’outils, de pièces, de charges, ou par projection de matériaux solides ou de fluides.
Cependant, les équipements de travail présentent de nombreux autres risques tels que ceux
liés aux énergies, aux températures extrêmes, aux rayonnements, au bruit, aux émissions de
substances dangereuses et à une mauvaise prise en compte des principes ergonomiques (voir
les fiches correspondantes).
■ Recherchez les situations dangereuses par machine, appareil,
outil, engin, matériel, installation
À titre d’exemples
– partie mobile (organe de transmission, pièce, outil…) accessible au personnel, notamment lors
de la maintenance,
– fluide sous pression ou matière (pièce, copeaux…) pouvant être projetés,
– utilisation d’outils tranchants : couteaux, hachoirs, cutters, scies…,
– redémarrage dû à une non-consignation1 d’une machine lors de sa réparation ou de sa
maintenance,
– parties brûlantes accessibles,
– niveau sonore anormalement élevé,
– émission de polluants,
– postures contraignantes pour les opérateurs…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– utilisez des équipements de travail conformes à la réglementation,
– utilisez ces équipements selon les prescriptions du fabricant,
– vérifiez régulièrement le bon état de vos équipements de travail et assurez-en la maintenance,
– utilisez un dispositif de protection des parties tranchantes des outils (étui, emplacement amé-
nagé…) dès qu’ils ne sont plus employés,
– formez le personnel,
– faites porter des équipements de protection individuelle : lunettes, gants…, en accord avec la
notice d’instructions du fabricant…
Pour en savoir plus sur [Link]
Constituer des fiches de poste. Fiche pratique de sécurité. ED 126
Sécurité des machines CE neuves. Grille de détection d’anomalies. ED 4450
Sécurité des équipements de travail. Prévention des risques mécaniques. ED 6122
Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage.
Repères pour préventeurs et utilisateurs. ED 6339
1. La consignation est une procédure de mise en sécurité destinée à assurer la protection des personnes et des équipements contre
les conséquences de tout maintien accidentel ou de toute apparition ou réapparition intempestive d’énergie ou de fluide dangereux
sur ces équipements.
16 t
Fiche 10
Risques liés
aux effondrements
et aux chutes d’objets
Ce sont des risques d’accident qui sont liés à la chute d’objets depuis un niveau supérieur, à
l’effondrement des matériaux, ou à celui d’une structure.
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– zone de stockage inadaptée : stockage en casquette, stockage de vrac, racks de stockage non
appropriés aux contenants, stockage empilé au-dessus de 160 cm,
– rangement de matériau en vrac,
– travaux effectués simultanément à des hauteurs ou étages différents,
– travaux effectués dans des tranchées, des puits, des galeries non ou mal étayées,
– heurt des rayonnages avec un engin de manutention.
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– organisez les stockages : emplacement délimité et réservé, emplacement signalé, mode de stoc-
kage adapté aux objets, largeur des allées compatible avec les moyens de manutention utilisés,
– limitez la hauteur de stockage en tenant compte des caractéristiques des objets et de leur
emballage,
– installez des protections pour prévenir les chutes d’objets, les matériaux qui peuvent s’effondrer,
– faites porter les protections individuelles : casque…
Pour en savoir plus sur [Link]
Les rayonnages métalliques. ED 771
u 17
Fiche 11
Risques et nuisances
liés au bruit
Ce sont des risques d’accident du travail ou de maladie professionnelle suite à une exposition
excessive au bruit. L’oreille peut subir des atteintes lorsqu’elle est soumise soit quotidiennement
à une forte dose de bruit, soit à un bruit soudain de très forte intensité. Dans le premier cas, la
surdité se développe insidieusement au cours des années. Dans le second cas, il peut y avoir un
traumatisme sonore aigu ou, comme dans le premier cas, le développement d’une surdité qui
s’accentuera au fil des expositions à ces bruits de très forte intensité. La surdité est irréversible.
Le bruit a aussi des effets extra-auditifs. Il peut provoquer stress et fatigue et masquer des
signes utiles indiquant un danger (consignes orales, bruit de véhicules, signaux d’alarme…).
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemple
– les tâches bruyantes : utilisation d’outils portatifs, martelage, travail à proximité de sources
bruyantes (machines-outils, compresseurs, engins de chantier),
– les situations d’exposition à des bruits intenses : chocs métalliques, coups de marteau, échap-
pements d’air comprimé, alarmes sonores…,
– les machines générant des bruits intenses : presse, marteau-pilon, réacteur d’avion, armes à feu,
– les situations à risque : ambiance sonore trop bruyante pour entendre une alarme, avertisse-
ment sonore inaudible avec le port d’une protection auditive.
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– choisissez des machines et outils moins bruyants, en consultant les fournisseurs sur le niveau
sonore ou en vous renseignant (par exemple, en privilégiant l’électroportatif sur le pneumatique),
– limitez les temps d’exposition du personnel,
– installez des barrières acoustiques : capotage, caisson, cabine, encoffrement de machines,
– assourdissez les locaux avec un traitement acoustique du plafond et, si nécessaire, des parois,
– placez les installations et les appareils ou machines bruyants dans des locaux séparés et isolés,
– faites porter des équipements de protection individuelle : casque antibruit, bouchons d’oreille,
en vous assurant qu’ils sont bien mis en place et portés systématiquement dans un environne-
ment bruyant.
Pour en savoir plus sur [Link]
Réussir un encoffrement acoustique. Fiche pratique de sécurité. ED 147
Moins fort le bruit. ED 6020
Évaluer et mesurer l’exposition professionnelle au bruit. ED 6035
Traitement acoustique des locaux de travail. ED 6103
Techniques de réduction du bruit en entreprise. Base de données
18 t
Fiche 12
Risques liés aux ambiances
thermiques
Ce sont des risques qui peuvent engendrer des plaintes pour inconfort (insatisfaction, fatigue…)
et des risques d’atteintes à la santé (malaises, dermatoses…) qui peuvent provoquer des gelures,
hyperthermie, coup de chaleur…
■ Recherchez les situations dangereuses par poste de travail
À titre d’exemples
– ambiances chaudes en intérieur : proximité de sources de chaleur (four, surfaces chaudes,
vitrages…),
– ambiance froide en intérieur : chambre frigorifique, activités liées au travail de la viande, des
produits de la mer, conditionnement, préparation de commande…,
– poste de travail en extérieur, exposant le salarié aux intempéries (pluie, neige, vent), aux fortes
chaleurs, au froid…,
– situations inconfortables : courants d’air, températures irrégulières dans le temps et/ou l’es-
pace, sans possibilité de régulation, humidité trop élevée/faible…,
– température inadaptée : à titre indicatif, la température de confort est de 21 °C pour un travail
mental ou statique, et de 15-16 °C pour un travail exigeant physiquement…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– assurez une ambiance thermique adaptée à l’activité physique de travail,
– climatisez les locaux en limitant la vitesse de l’air au niveau du personnel, en contrôlant son
humidité, en éliminant les bruits de climatisation…,
– installez un chauffage adapté, réglable par le personnel,
– aménagez des pauses dans un local tempéré ou, mieux, à air conditionné, pour les salariés
exposés aux intempéries ou aux températures extrêmes,
– donnez la possibilité au personnel exposé de se changer dans un local tempéré, de se réhydra-
ter à volonté et d’avoir à disposition des armoires chauffantes,
– fournissez des vêtements et des équipements de protection individuels adaptés, secs et propres,
– menez des actions de sensibilisation aux risques liés aux ambiances thermiques pour les salariés
exposés : identifier les signes précoces d’atteinte à la santé, faciliter une stabilité dans la compo-
sition des équipes de travail1, s’assurer de l’acclimatement des salariés à la chaleur…
Pour en savoir plus sur [Link]
Conception des lieux et des situations de travail. Santé et sécurité :
démarche, méthodes et connaissances techniques. ED 950
Travailler dans des ambiances thermiques chaudes ou froides :
quelle prévention ? DO 29
1. Permet aux équipes d’apprendre à se connaître et à détecter plus facilement les prémices d’un malaise.
u 19
Fiche 13
Risques d’incendie
et d’explosion
Ce sont des risques présents dans toutes les entreprises et dont les conséquences peuvent être
graves, tant pour les salariés que pour les installations. Les atteintes à la santé sont diverses :
brûlures, blessures, intoxication par la fumée, rupture de tympan, voire mort immédiate.
■ Recherchez les situations dangereuses par poste de travail
et lieu de stockage
À titre d’exemples
– utilisation de produits étiquetés inflammables, explosifs ou comburants (voir page 32),
– création d’atmosphère explosive avec l’oxygène de l’air : propane, acétylène, hydrogène, produit
volatil (solvant, générateur d’aérosol…), poussières en suspension (bois, farine, sucre, aluminium…),
– travaux par points chauds (soudage, meulage…),
– réseau électrique surchargé,
– charge de batteries au plomb…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– remplacez un produit par un autre moins inflammable (augmentation de la granulométrie des
particules, augmentation de la fraction de la phase aqueuse…),
– limitez les quantités stockées, notamment au poste de travail,
– captez à la source les vapeurs et les poussières émises,
– maîtrisez les sources potentielles d’inflammation : flamme, étincelle, cigarette, surfaces chaudes
(poste de soudure),
– utilisez du matériel Atex en zone à risque de formation d’atmosphère explosive,
– mettez en place un compartimentage des locaux : isolation des stockages, murs et portes
coupe-feu,
– n’encombrez pas les cheminements d’évacuation et les issues de secours,
– installez des moyens de détection et d’alarme,
– installez des moyens d’extinction adaptés : extincteurs, robinets d’incendie armés (RIA), sys-
tèmes automatiques (sprinklers, gaz…),
– assurez une maintenance régulière des appareils et des installations,
– établissez des consignes de sécurité incendie (procédures d’évacuation et d’intervention, for-
mation du personnel et exercices…),
– encadrez les opérations générant des risques (plan de prévention, permis de feu…).
Pour en savoir plus sur [Link]
Mise en œuvre de la réglementation relative aux atmosphères explosives (Atex). Guide méthodologique.
ED 945
Évaluation du risque incendie dans l’entreprise. Guide méthodologique. ED 970
Atex. Survenue d’une explosion. Anim-313
Incendie et explosion sur le lieu de travail. S’informer pour prévenir. Catalogue des productions. ED 4702
Faire face au feu. ED 6060
Consignes de sécurité incendie. Conception et plans associés (évacuation et intervention). ED 6230
Seirich, niveau 1. Outil d’évaluation et de prévention des risques chimiques dans l’entreprise.
Logiciel en ligne : [Link]
20 t
Fiche 14
Risques liés à l’électricité
Ce sont des risques d’accident (brûlure, électrisation, électrocution) consécutifs à un contact
avec une pièce conductrice sous tension (accidentellement ou non) ou à la création d’un arc
électrique lors de la manipulation d’un équipement électrique (sectionneur ou disjoncteur, par
exemple). Ces risques sont présents dans toutes les entreprises.
■ Recherchez les situations dangereuses par installation,
machine et outil à alimentation électrique
À titre d’exemples
– conducteur nu accessible au personnel : armoire électrique non fermée à clé, travail à proxi-
mité d’une ligne électrique aérienne…,
– matériel défectueux : coupure de la liaison avec la terre, câble d’alimentation d’appareil porta-
tif ou rallonge détériorée,
– non-consignation 1 d’une installation électrique lors d’une opération : réparation, maintenance,
modification…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– faites réaliser vos installations électriques par un personnel qualifié et habilité, avec un matériel
approprié et selon les règles de l’art,
– contrôlez périodiquement vos installations électriques,
– informez le personnel du risque lié à l’électricité : signalisation des zones dangereuses, affi-
chage donnant la conduite à tenir en cas d’accident d’origine électrique…
Pour en savoir plus sur [Link]
Consignations et déconsignations. ED 6109
L’habilitation électrique. ED 6127
Travailler en sécurité face au risque électrique. ED 6177
Électricité. 10 règles élémentaires de sécurité. ED 6344
L’électricité. ED 6345
1. La consignation est une procédure de mise en sécurité qui consiste, entre autres, à séparer la partie d’installation de toute source
possible d’énergie électrique, à condamner en position d’ouverture les dispositifs assurant la séparation et à vérifier l’absence de
tension.
u 21
Fiche 15
Risques liés aux ambiances
lumineuses
L’éclairage naturel et l’éclairage artificiel sont des éléments essentiels de bien-être et de réduc-
tion des risques au travail. L’éclairage artificiel doit être conçu en compensation des variations de
l’éclairage naturel pour répondre aux besoins du travail réel et pour réduire le risque d’accident
lors des circulations de piétons et de véhicules. De manière générale, l’éclairage ne doit pas être
générateur d’éblouissements gênants, de contrastes de luminance fatigants, voire de reflets ou
d’ombres portées, lesquels sont susceptibles, notamment, de renforcer la survenue de troubles
musculosquelettiques.
■ Recherchez les situations dangereuses par zone de travail,
zone de manœuvre, zone de circulation
À titre d’exemples
– locaux aveugles,
– zone de circulation (allée, escalier…) peu ou pas éclairée,
– zone de travail insuffisamment éclairée pour l’activité exercée,
– éclairage ne prenant pas en compte les besoins individuels (handicaps, vieillissement…),
– existence de zones éblouissantes : lampe nue, rayonnement solaire, réflexions sur écran, effet
« sortie de tunnel »,
– plan de travail sur lequel les reflets générés par l’éclairage favorisent l’adoption de postures
contraignantes…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– prévoyez dès la conception un apport lumineux naturel,
– adaptez l’éclairage en fonction des travaux à effectuer (perception des formes, détails, mou-
vements, couleurs…),
– permettez le réglage individuel de l’éclairage,
– permettez une vue directe sur l’extérieur depuis le poste de travail,
– réduisez la gêne liée au rayonnement solaire direct en installant des stores,
– effectuez un entretien régulier : nettoyage des vitres, des lampes et luminaires, remplacement
des lampes défectueuses…,
– installez des éclairages de secours…
Pour en savoir plus sur [Link]
L’éclairage artificiel au poste de travail. Fiche pratique de sécurité. ED 85
Conception des lieux et des situations de travail. Santé et sécurité :
démarche, méthodes et connaissances techniques. ED 950
22 t
Fiche 16
Risques liés aux
rayonnements
Ce sont des risques d’atteinte à la santé dont la nature et la gravité dépendent du type de rayon-
nement et du niveau d’exposition. Il existe trois grandes familles de rayonnements à prendre en
compte en milieu professionnel : les champs électromagnétiques, les rayonnements optiques
artificiels et les rayonnements ionisants.
■ Recherchez les situations dangereuses par zone de travail
À titre d’exemples
– exposition à des champs électromagnétiques : soudage électrique, soudage par pertes diélec-
triques, chauffage par induction, chauffage industriel par micro-ondes, électrolyse industrielle,
imagerie par résonance magnétique nucléaire, stimulation magnétique transcrânienne…,
– exposition à des rayonnements optiques artificiels : lampes UV, laser, procédés de traitement
à chaud…,
– exposition à des rayonnements ionisants : radon, appareil contenant une source radioactive,
générateur de rayons X, accélérateur de particules, transport de matière radioactive, manipula-
tion de sources non scellées…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
Pour les rayonnements électromagnétiques :
– interposez des blindages,
– délimitez des zones de sécurité,
– éloignez le plus possible le poste de travail de la source.
Pour les rayonnements optiques :
– utilisez des écrans de protection munis de filtres appropriés,
– limitez l’accès à la zone d’émission,
– évitez la vision directe,
– faites porter des lunettes de protection adaptées au rayonnement en cause.
Pour les rayonnements ionisants :
– utilisez des écrans de protection adaptés,
– éloignez les travailleurs le plus possible de la source,
– limitez au maximum la durée d’exposition,
– manipulez les sources radioactives dans des enceintes confinées,
– surveillez l’absence de contamination des locaux de travail.
Pour en savoir plus sur [Link]
Dossier web « Champs électromagnétiques »
Dossier web « Rayonnements optiques »
Dossier web « Rayonnement ionisants »
u 23
Fiche 17
RRRAAAA
RRRAAAA
AHH
AH H
H
Risques psychosociaux
H
Les risques psychosociaux concernent les situations de travail où sont présents du stress, des
violences internes (dont le harcèlement moral et sexuel) ou externes (agressions, conflits, ten-
sions avec le public ou la clientèle).
Ce sont des risques qui peuvent être induits par l’activité elle-même ou être générés par
l’organisation et les relations de travail ; c’est ce que l’on appelle les facteurs de risques psycho-
sociaux : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, rapports
sociaux au travail dégradés, conflits de valeur, insécurité de la situation de travail…
Les risques psychosociaux peuvent affecter la santé physique (maladies cardiovasculaires,
troubles musculosquelettiques…) ou mentale (troubles anxieux, dépression, suicide, tentatives
de suicide…).
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– quantité de travail excessive,
– ordres contradictoires,
– exposition des salariés à un public en détresse (action sociale, secteur de l’aide et du soin à la
personne…) ou à une clientèle potentiellement hostile (service après-vente/réclamations…),
– fonctionnement de l’entreprise perturbé ou inadapté qui ne permet pas de délivrer le service
attendu,
– impossibilité de faire varier les délais de production ou de rendu du travail,
– mise en concurrence des salariés ou arbitrages partiaux de la part de la direction,
– critères d’évaluation contradictoires du travail de salariés qui doivent coopérer (par exemple,
l’un évalué sur les chiffres, l’autre sur la qualité des prestations rendues),
– dépendance d’un salarié à un autre pour faire son travail,
– incitation à la vente « forcée » (par exemple, vendre des produits de seconde nécessité à des
personnes en difficulté financière),
– changements fréquents d’organisation du travail, d’organigramme, d’équipe…
24 t
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– faites des points réguliers individuels ou en réunion d’équipe sur l’état d’avancement du travail
et sur les difficultés à tenir les objectifs,
– aménagez les locaux pour permettre un accueil du public dans de bonnes conditions,
– évitez les situations pouvant mettre les salariés en porte-à-faux vis-à-vis des clients (par exemple,
promesse commerciale ou délai intenables),
– laissez des marges de manœuvre aux salariés,
– prenez conscience des efforts consentis par vos salariés en cas de surcroît d’activité et expri-
mez votre reconnaissance (par écrit, à l’oral, par des primes, des récupérations…),
– définissez clairement les tâches de chaque salarié et mettez en place une gestion des équipes
transparente et équitable,
– anticipez les changements suffisamment tôt pour que vos équipes y soient mieux préparées…
Pour en savoir plus sur [Link]
Risques psychosociaux. 9 conseils pour agir au quotidien. ED 6250
Risques psychosociaux. Comment agir en prévention ? ED 6349
Évaluer les facteurs de risques psychosociaux : l’outil RPS-DU. ED 6403
Faire le point RPS. Évaluation des risques psychosociaux dans les petites
entreprises. Outil 37
Dossier web « Risques psychosociaux »
u 25
Fiche 18
Risques liés aux vibrations
Ce sont des risques de maladies professionnelles liées à deux modes d’exposition : les vibra-
tions transmises à l’ensemble du corps, notamment lors de la conduite de véhicules, et les vibra-
tions transmises aux membres supérieurs, lors de l’utilisation de machines tenues ou portées
à la main. Pour les conducteurs, l’exposition aux vibrations favorise l’apparition de douleurs
au dos. Pour les opérateurs de machines portatives, l’exposition aux vibrations de la machine
peut conduire à des troubles physiologiques au niveau du membre supérieur ; la localisation
et la nature de ces effets dépendant de la fréquence des vibrations émises (troubles ostéo-
articulaires pour des machines percutantes à quelques dizaines de hertz, et troubles neurolo-
giques et vasculaires pour les machines tournantes à plusieurs centaines de hertz). Dans tous
les cas, une exposition excessive peut conduire à une maladie professionnelle.
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– secousses au poste de conduite des engins de chantier (chargeuses, tombereaux, tracteurs…),
– vibrations transmises aux caristes de tous types de chariots utilisés pour la logistique des
entreprises,
– vibrations transmises aux chauffeurs de poids lourd,
– vibrations transmises aux opérateurs de machines portées (burineurs, meuleuses, ponceuses…)
ou tenues à la main (marteaux-piqueurs, dameuses…)…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– supprimez le risque à sa source (nivelez une piste avant son parcours par des engins de chan-
tier, remplacez une machine existante par une machine moins vibrante…),
– réduisez la transmission des vibrations de la source au travailleur exposé (choisir des équipe-
ments pourvus de suspension (siège efficace pour les conducteurs, poignée anti-vibratile…)),
– réduisez le temps d’exposition…
Pour en savoir plus sur [Link]
Dossier web « Vibrations »
Syndrome des vibrations. La main et le bras en danger. ED 6204
Vibrations plein le dos. Conducteurs d’engins mobiles. ED 6283
Vibrations mains-bras. Guide des bonnes pratiques. ED 6342
26 t
Fiche 19
Risques de heurt,
de cognement
Ce sont des risques d’accident liés au heurt, au cognement d’un salarié contre un élément fixe1
de son environnement de travail. Ces heurts se produisent généralement contre un objet, du
matériel, une structure… Ils génèrent souvent des contusions mais peuvent avoir des consé-
quences plus importantes (plaie, entorse…). Ils peuvent provoquer une chute2.
Ces risques sont présents dans tous les secteurs d’activité et concernent tous les métiers.
■ Recherchez les situations dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– objets, matériel dépassant des espaces de stockage (étagère, armoire, rack…),
– éléments saillants ou angles vifs non signalés ou non protégés dans l’espace de travail,
– zones de circulation ou espaces de travail encombrés (cartons, matériels, plantes…),
– éclairage insuffisant ne permettant pas d’identifier un danger,
– espaces étroits ou de faible hauteur…
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– veillez à ce que les espaces de travail ne soient pas encombrés pour faciliter les mouvements
et les déplacements,
– veillez à ce que les zones de circulation restent libres,
– organisez le rangement afin que rien ne dépasse des espaces de stockage,
– signalez et protégez les éléments saillants situés dans les espaces de travail,
– signalez les zones de rétrécissement de largeur et de hauteur,
– mettez en place des éclairages adaptés et les entretenez,
– organisez les tâches afin de limiter la précipitation lors des déplacements…
Pour en savoir plus sur [Link]
Les heurts, glissades et autres perturbations du mouvement au travail.
Fiche pratique de sécurité. ED 140
1. Les heurts contre des pièces en mouvement sont traités dans la fiche « Risques liés à la manutention mécanique ».
2. Se référer à la fiche « Risques de chute de plain-pied ».
u 27
Fiche 20
Risques liés aux pratiques
addictives
Ce sont des risques d’atteintes à la santé et à la sécurité des travailleurs, liées à des consom-
mations occasionnelles ou répétées de substances psychoactives (alcool, tabac, canna-
bis…). Les pratiques addictives peuvent entraîner des dépressions, des troubles de la vigi-
lance, des problèmes cardiovasculaires, des cancers ou une dépendance à un produit. Elles
peuvent être à l’origine d’accidents du travail et d’accidents routiers.
Les causes des consommations de substances psychoactives peuvent relever de la vie
privée, mais aussi de certains facteurs liés au travail dont l’organisation du travail (travail en
horaires décalés, isolement…), les risques psychosociaux (voir fiche 17), les activités phy-
siques contraignantes (voir fiche 5) et les pots avec alcool.
■ Recherchez les situations qui, croisées avec des pratiques
addictives, sont dangereuses dans votre entreprise
À titre d’exemples
– fabrication, distribution ou vente de substances psychoactives (alcool, tabac, médicaments
psychotropes…),
– travail en horaires atypiques (nuit, week-end, horaires fragmentés…),
– travail en contact avec le public,
– travail en extérieur,
– présence de risques psychosociaux au sein de l’entreprise,
– travail contraignant sur le plan physique avec, entre autres, risque de troubles musculo-
squelettiques,
– existence d’activités dangereuses : conduite de véhicules ou de machines dangereuses,
travail en hauteur, manipulation de substances chimiques, port d’arme…,
– pots, repas d’affaires… où sont présentes des boissons alcoolisées.
28 t
■ Vous réduisez vos risques si, par exemple, vous…
– mettez en œuvre des mesures de prévention contre les risques psychosociaux et troubles
musculosquelettiques,
– améliorez les conditions de travail en cas d’horaires atypiques ou de travail en extérieur,
– mettez en œuvre des actions destinées à limiter l’accès aux substances psychoactives lors de
leur fabrication, de leur vente ou de leur distribution (industrie pharmaceutique, commerces,
brasseries…),
– intégrez, dans le règlement intérieur ou dans une note de service, les conditions de consom-
mation, ou non, de boissons alcoolisées sur le lieu de travail,
– informez les salariés de la conduite à tenir face à un collègue présentant un trouble du compor-
tement (état supposé d’ivresse ou autre) : arrêt de l’activité, appel des secours,
– informez les salariés sur les risques associés à la consommation de substances psychoactives
sur leur lieu de travail.
Pour en savoir plus sur [Link]
Addictions. Dossier web
Pratiques addictives en milieu de travail : comprendre et prévenir. ED 6505
Prévenir les pratiques addictives dans le cadre professionnel. Fiche solution. ED 6500
u 29
Liste de mesures
de prévention
Les mesures et les moyens de prévention à mettre en place suite, notamment, à l’évaluation des
risques, sont de la responsabilité du chef d’entreprise. Aucune mesure ou action importante ne
pourra être mise en place efficacement sans son accord, c’est pourquoi la première mesure et
la plus importante est un engagement de la part du chef d’entreprise à agir en santé au travail.
En complément des mesures contenues dans les fiches de risques, des mesures de prévention
supplémentaires, plus générales, peuvent être mises en place.
Elles sont classées par thème.
❙ Intégration de la santé et de la sécurité en amont :
● dans le choix des procédés de travail,
● dès la conception des bâtiments,
● dans le choix des équipements de travail,
● dans la mise en place des équipements de protection collective et individuelle…
❙ Organisation en matière de santé au travail :
● nomination d’une personne désignée compétente pour prendre en charge la santé et la
sécurité au travail dans l’entreprise,
● association étroite des représentants du personnel aux sujets concernant la santé au travail,
● organisation des secours en fonction des risques, en interne (premiers secours, sauveteurs
secouristes) et avec l’extérieur (sapeurs-pompiers…),
● analyse des accidents, presqu’accidents et incidents pour déterminer les actions correctives
à mettre en place pour éviter le renouvellement de ces événements,
● examen et correction des anomalies détectées lors d’un contrôle interne ou externe…
30 t
Liste de mesures de prévention
❙ Organisation du travail :
● limitation du nombre de salariés exposés aux risques,
● établissement des consignes et procédures de travail,
● établissement des fiches de poste,
● mise en place des moyens de protection individuelle…
❙ Information et formation du personnel :
● sur les risques identifiés lors de l’évaluation des risques professionnels,
● sur les risques spécifiques liés à l’activité particulière des salariés à leur poste de travail,
● sur les mesures de prévention mises en place et actions envisagées au niveau de l’entreprise
et pour les risques spécifiques à l’activité,
● sur les règles d’hygiène,
● sur les équipements de protection individuelle mis à disposition…
Pour en savoir plus sur [Link]
La formation à la sécurité. Obligations
réglementaires et recommandations. ED 6298
u 31
Les pictogrammes
de danger
Le règlement dit « CLP » décrit les règles de classification, d’emballage et d’étiquetage des
produits chimiques en Europe. Il définit notamment les pictogrammes de danger à faire figurer
sur les étiquettes.
Explosif
● Peut exploser, suivant le cas, au contact d’une flamme, d’une étincelle,
d’électricité statique, sous l’effet de la chaleur, d’un choc, de frottements…
Inflammable
● Peut s’enflammer, suivant le cas, au contact d’une flamme, d’une étin-
celle, d’électricité statique, sous l’effet de la chaleur, de frottements, spon-
tanément au contact de l’air, ou au contact de l’eau s’il dégage des gaz
inflammables.
● Peut, dans certains cas, exploser même en l’absence d’air ou si la quan-
tité d’agent désensibilisateur diminue.
Comburant
● Peut provoquer ou aggraver un incendie, ou même provoquer une explo-
sion en présence de produits inflammables.
Gaz sous pression
● Peut exploser sous l’effet de la chaleur (gaz comprimés, gaz liquéfiés,
gaz dissous).
● Peut causer des brûlures ou blessures liées au froid (gaz liquéfiés réfri-
gérés).
nnn
32 t
Les pictogrammes de danger
Corrosif
● Peut attaquer ou détruire les métaux.
● Ronge la peau et/ou les yeux en cas de contact ou de projection.
Poison violent
● Empoisonne rapidement, même à faible dose.
Effets très graves sur la santé
● Peut provoquer le cancer.
● Peut modifier l’ADN.
● Peut nuire à la fertilité ou au fœtus.
● Peut altérer le fonctionnement de certains organes.
● Peut être mortel en cas d’ingestion puis de pénétration dans les voies
respiratoires.
● Peut provoquer des allergies respiratoires (asthme, par exemple).
Effets néfastes sur la santé ou la couche d’ozone
● Empoisonne à forte dose.
● Irrite la peau, les yeux et/ou les voies respiratoires.
● Peut provoquer des allergies cutanées (eczéma, par exemple).
● Peut provoquer somnolence ou vertiges.
● Détruit l’ozone dans la haute atmosphère.
Polluant
● Provoque des effets néfastes sur les organismes du milieu aquatique
(poissons, crustacés, algues, autres plantes aquatiques…).
u 33
Toutes les publications de l’INRS sont téléchargeables sur
[Link]
Pour commander les publications de l’INRS au format papier
Les entreprises du régime général de la Sécurité sociale
peuvent se procurer les publications de l’INRS à titre gratuit
auprès des services prévention des Carsat/Cramif/CGSS.
Retrouvez leurs coordonnées sur [Link]/reseau-am
L’INRS propose un service de commande en ligne
pour les publications et affiches, payant au-delà
de deux documents par commande.
Les entreprises hors régime général de la Sécurité sociale
peuvent acheter directement les publications auprès
de l’INRS en s’adressant au service diffusion
par mail à [Link]@[Link]
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N° d’imprimeur : XXXXXXX – Dépôt légal : mois 20XX – Imprimé en France
L’évaluation et la prévention des risques professionnels
font partie des responsabilités de tout chef d’entreprise.
L’objectif de cette brochure est d’aider les responsables
à initier de manière simple une démarche d’évaluation
des risques dans leur entreprise, en les aidant à repérer
les risques et en leur proposant des exemples de
mesures de prévention à mettre en œuvre.
Institut national de recherche et de sécurité
pour la prévention des accidents du travail
et des maladies professionnelles
65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris
Tél. 01 40 44 30 00 • info@[Link]
Édition INRS ED 840
8e édition | octobre 2023 | 3 000 ex. | ISBN 978-2-7389-2859-7
L’INRS est financé par la Sécurité sociale
Assurance maladie - Risques professionnels