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Auto-induction dans un circuit fixe

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Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

XXIV-1 Circuit fixe dans un champ magnétique


dépendant du temps

Faraday a établi la loi de l'induction en 1831 en


faisant varier le champ magnétique créé par un aimant au voisinage
d'un circuit et en mesurant les courants induits dans ce circuit.
Cependant, le circuit crée lui-même un champ magnétique lorsqu'il
est parcouru par un courant. Ce champ, non pris en compte dans le
chapitre précédent, contribue au flux magnétique à travers le circuit
et participe au phénomène d'induction. On parle d'auto-induction.

I - Phénomène d'auto-induction
I-1) Champ magnétique propre / Champ extérieur
Lors de l'étude de l'induction dans un circuit électrique, on
appelle champ propre le champ magnétique créé par ce circuit. Le
champ magnétique créé par d'autres sources (autres circuits ou
aimants) est appelé champ extérieur.
Le champ magnétique qui règne au voisinage d'un circuit
électrique est la somme du champ propre et du champ extérieur,

I-2) Flux propre et inductance propre


a) Définition
On appelle flux propre le flux magnétique créé par un circuit à
travers lui-même (flux du champ magnétique propre à travers le
circuit).

Laurent Pietri ~1~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

b) Inductance propre
Signe positif du coefficient d'auto-inductance. Lorsque i est positif, les
lignes du champ propre de la bobine sont orientées dans le même
sens que le vecteur surface dans la zone où elles traversent la
bobine. Le flux propre est donc positif, comme i. Pour tout circuit,
(i)propre a le signe de i.
L'intensité du champ magnétique propre est proportionnelle à
l'intensité électrique i dans le circuit étudié. Par conséquent le flux
propre, qui est proportionnel au champ magnétique propre, est
proportionnel à i. De plus, l'orientation du champ magnétique
propre est telle que la constante de proportionnalité est positive.
Cette constante de proportionnalité, notée L, n'est autre que le
coefficient d'inductance propre déjà rencontré lors de l'étude des
bobines en électricité.
Un circuit électrique filiforme parcouru par un courant
d'intensité i crée à travers lui-même un flux magnétique propre
proportionnel à i,
Le coefficient L de proportionnalité, appelé coefficient d'auto-
inductance ou d'inductance propre du circuit :
- Est positif;
- Dépend uniquement de la géométrie du circuit;
- A pour unité SI le henry (H).

Laurent Pietri ~2~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

La géométrie du champ propre, en général non uniforme, rend


les calculs de coefficients d'auto-inductance très complexes. Le calcul
est cependant simple pour une bobine longue.

I-3) Inductance propre d’une bobine longue


a) Flux magnétique
Le flux magnétique créé par un champ magnétique uniforme
à travers une bobine de N spires est :

où est le vecteur surface d'une seule spire.

b) Inductance propre
En négligeant les effets de bords, calculer le coefficient d'auto-
inductance d'un solénoïde de section S de longueur l, possédant N
spires. Donner sa valeur numérique avec N = 1000, l= 0,10 m, S =
0,001 m².
En négligeant les effets de bords, le champ magnétique propre
dans le solénoïde est uniforme et vaut . Il y a N spires
en tout, donc le flux propre à travers le solénoïde est N fois le flux à
travers une de ses spires :

Dans la relation le nombre de spires N est sans


dimension tandis que S/l est homogène à une longueur. Cela est
cohérent avec les unités : L s'exprime en H et en Hm-1.
Par ailleurs, l'application numérique dans cet exercice montre que le
coefficient d'auto-inductance possède une valeur très inférieure à 1

Laurent Pietri ~3~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

H malgré le grand nombre de spires de la bobine. On résume ces


points par les assertions suivantes.
- Un coefficient d'auto-inductance est homogène à multiplié
par une longueur.
- Le henry est une « grosse » unité.

Remarque :
Si nécessaire, on peut augmenter le coefficient d'auto-
inductance d'une bobine en y introduisant un noyau
ferromagnétique. Cela a pour conséquence de remplacer par
,. où est la perméabilité magnétique relative (sans
dimension) du matériau, qui peut atteindre des valeurs de l'ordre de
1000.

I-4) Fem induite


L'égalité implique que, dans le cas
général, le flux magnétique à travers un circuit filiforme s'écrit :

L'application de la loi de Faraday donne la force électromotrice


induite orientée en convention générateur dans le circuit :

Si le circuit ne se déforme pas au cours du temps, le coefficient


d'auto-inductance L est une constante et sort de la dérivée
temporelle, ce qui donne le résultat suivant.
Dans un circuit indéformable, la force électromotrice induite s'écrit

Laurent Pietri ~4~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

- Le premier terme est la contribution du champ extérieur à la


force électromotrice induite.
- Le second terme appelé force électromotrice auto-induite.

Souvent, l'un des deux termes de la fem induite peut être


négligé devant l'autre.
Si , on dit que l'auto-induction est négligeable.
Si , on dit que la fem induite par le champ extérieur est
négligeable.

Pour insister sur le fait que l'auto-induction est prise en compte


dans un problème, on représente une bobine dans le circuit. Par
exemple, le schéma électrique de la figure représente un circuit
électrique filiforme de résistance R et d'auto-inductance L, alimenté
par un générateur de force électromotrice E.

Auto-inductance. La présence de la bobine, en noir sur le schéma,


indique explicitement que l'on veut prendre en compte le phénomène
d'auto-induction dans le circuit de résistance R alimenté par un
générateur de force électromotrice E.

Laurent Pietri ~5~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

I-5) Méthode
Pour étudier un circuit filiforme fixe et indéformable dans un
champ magnétique dépendant du temps, il faut respecter l'ordre
suivant.
1- Orienter le circuit (choix de la flèche de i).
2- Calculer le flux magnétique.
3- Exprimer la fem induite
4- Représenter le schéma électrique équivalent, constitué des
éléments réellement présents dans le circuit, auxquels on
ajoute la fem induite orientée en convention générateur.
5- Obtenir l'équation électrique du circuit à partir du schéma
équivalent (le véritable schéma peut être oublié).

I-6) Exercice
Un circuit électrique filiforme plan, de résistance R, d'aire S et
d'auto-inductance L, est plongé dans un champ magnétique
uniforme variable sinusoïdalement dans le temps (pulsation
temporelle ) et orthogonal au plan du circuit :
 .
Représenter le schéma électrique équivalent au circuit et
établir l'équation électrique régissant le comportement de l'intensité
électrique.
Le schéma électrique du vrai circuit est donné sur la figure de
gauche ci-après. Il s'agit d'une boucle métallique d'aire S et de
résistance R. On oriente arbitrairement le courant (flèche de i), ce qui
donne l'orientation du vecteur surface par la règle de la main
droite : . Le flux magnétique total à travers le circuit est la
somme du flux extérieur et du flux propre,

Laurent Pietri ~6~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

La fem induite, orientée en convention générateur, est donnée


par la loi de Faraday :
 

Le schéma électrique équivalent s'obtient en ajoutant dans le


vrai schéma un générateur (orienté comme i) délivrant la fem induite
(en noir sur la figure de droite ci-après). Attention, la fem induite e
tient déjà compte de la fem auto-induite. La bobine L est donc omise
dans le schéma équivalent.

On déduit l'équation électrique e = Ri du schéma équivalent, ce


qui donne :
 
 

I-7) Loi de modération de Lenz


a) Présentation
Dans cette section, on étudie un circuit en l'absence de champ
magnétique extérieur. Le seul champ magnétique est le champ
propre et la fem induite, s'il y en a une, est la fem auto-induite. En
convention générateur, elle s'écrit

Laurent Pietri ~7~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

Pour une raison quelconque, l'intensité i croît, alors


. L'effet de eL seule serait donc de créer un courant
(auto-induit) d'intensité négative, c'est-à-dire s'opposant à la
croissance de i. C'est une manifestation de la loi de modération de
Lenz : le courant induit, par son sens, a des effets qui tendent à
s'opposer aux causes qui lui ont donné naissance (ici, la cause est
.

Schéma électrique du vrai circuit et schéma électrique équivalent. La


force électromotrice induite est représentée par le générateur en noir.
La tension U, orientée arbitrairement, est introduite pour les calculs
intermédiaires.

b) Exercice
On considère un circuit électrique filiforme d'auto-inductance
L, de résistance R, alimenté par un générateur de force
électromotrice E constante. Il n'y a pas de champ magnétique
extérieur : le seul phénomène d'induction dans le circuit est l'auto-
induction. À l'instant t = 0, on ferme l'interrupteur K.
1- Représenter le schéma électrique équivalent pour t > O. En
déduire l'équation régissant le comportement de l'intensité
électrique notée i.
2- Résoudre cette équation. Commenter l'influence de L sur la
solution.
Laurent Pietri ~8~ Lycée Henri Loritz - Nancy
Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

1- Pour t > 0, on remplace K par un fil. En l'absence de champ


magnétique extérieur, le seul flux magnétique à travers le
circuit est le flux propre. La fem induite, donnée par la loi de
Faraday, se résume à la fem auto-induite. Elle est orientée en
convention générateur, c'est-à-dire dans le sens de i sur le
schéma électrique équivalent. La loi des mailles appliquée à ce
circuit s'écrit :
E+e = U, avec U = Ri, soit :

2- D’où :

Le temps représente le temps de montée du courant vers sa


valeur limite E/R. Par conséquent, le temps de variation du courant
croît avec L, ce qui est une conséquence de la loi de modération de
Lenz.

Dans les circuits à fort coefficient d'auto-inductance, il est difficile.


d'imposer des variations brutales de courant. C'est une
manifestation de la loi de modération de Lenz.

Laurent Pietri ~9~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

I-8) Aspect énergétique de l'auto-induction


a) Bilan d’énergie
On reprend le schéma électrique de la figure en l'absence de champ
magnétique extérieur, pour ne prendre en compte que l'auto-
induction. Le schéma électrique équivalent est donné à droite sur la
figure et l'équation électrique associée est, d'après la loi des mailles,
E+e= U. En multipliant membre à membre cette relation par i, on fait
apparaître des puissances, qu'il conviendra d'orienter correctement :

Les tensions E et e sont orientées en convention générateur,


donc Ei et ei sont les puissances électriques fournies par le
générateur de fem E et la fem auto-induite e au reste du circuit.
Ainsi, (-ei) est la puissance reçue par e.
La tension U est orientée en convention récepteur : Ui est donc
la puissance reçue par la résistance R.
En notant P les puissances, l'équation s'interprète comme :

On multiplie cette équation par dt et on l'intègre de t = 0 à un


instant t quelconque, ce qui fait apparaître des quantités d'énergie.
Dans le dernier terme, les dt se simplifient, ce qui réalise
automatiquement le changement de variable t par i dans l'intégrale,

Où :

Laurent Pietri ~ 10 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

On remarque que cette quantité d'énergie ne dépend que des


valeurs de l'intensité aux instants t = 0 et t, mais pas de ce qui s'est
passé entre ces deux instants (i peut avoir crû et décrû, par exemple).
On peut donc définir une énergie potentielle . Ce terme
est lié à la croissance du flux magnétique propre (et donc du champ
magnétique propre) lorsque i croît.
b) Énergie potentielle magnétique d'un circuit
Un circuit magnétique d'inductance propre L, parcouru par une
intensité électrique i, possède l'énergie potentielle magnétique

Cette énergie s'interprète comme l'énergie qu'a dépensée le


générateur pour créer le champ magnétique propre lors de la
croissance de i.

c) Étincelle de rupture
Pour un circuit seul, l'énergie potentielle magnétique est
. Si on ouvre ce circuit alors qu'il est parcouru par un
courant non nul, on tente d'annuler brutalement le courant, donc de
faire varier brutalement l'énergie potentielle magnétique du circuit.
Or, cette énergie potentielle doit être restituée sous une forme ou
une autre (l'énergie est une grandeur conservative et ne peut pas
être détruite) à un rythme fini ( varie continûment dans le temps,
sinon la puissance de restitution P serait infinie). La restitution se fait
par effet Joule lors d'une étincelle de rupture, qui peut être
interprétée de la façon suivante :
Lorsque i varie brutalement à la rupture du circuit, sa dérivée
temporelle tend vers l'infini en valeur absolue. Par conséquent, la

Laurent Pietri ~ 11 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

fem induite aussi, ce qui force le passage d'un courant dans la


zone d'ouverture.

En raison de la continuité temporelle , l'intensité


i est toujours continue dans une branche contenant une bobine. Si
on ouvre brutalement cette branche, une étincelle de rupture
prend naissance.

II – Bobines en interaction
II-1) Inductance mutuelle entre deux bobines
a) Coefficient d’inductance mutuelle
Si deux circuits électriques sont proches l'un de l'autre, chacun
baigne dans le champ créé par l'autre. On note B1 et B2 les champs
magnétiques créés respectivement par les courants i1 et i2. Ces
champs magnétiques ne sont pas nécessairement uniformes, mais,
B1 est proportionnel à i1 et B2 est proportionnel à i2. En notant
 le flux magnétique créé par le circuit i à travers le circuit j, on
obtient les relations de proportionnalité

On peut donc définir des coefficients de proportionnalité tels


que :

Par homogénéité (analogie avec la définition de


l'inductance propre), ces coefficients s'expriment en henrys. Ils
caractérisent des flux magnétiques et dépendent de la forme des
circuits électriques.
Par des arguments théoriques hors programme, on peut
démontrer qu'ils sont égaux. On note simplement M cette valeur
Laurent Pietri ~ 12 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy
Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

commune, appelée coefficient d'inductance mutuelle des deux


circuits. Contrairement à l'inductance propre qui est toujours
positive, l'inductance mutuelle M peut être de signe quelconque.

- Coefficient d'inductance mutuelle


Soit deux circuits filiformes. On définit le coefficient d'inductance
mutelle M entre les deux circuits par :

Il dépend uniquement de la géométrie de l'ensemble des deux


circuits et s'exprime en henrys. Son signe peut être quelconque : il
dépend des orientations (arbitraires) des circuits.

b) Exercice
On considère un petit solénoïde possédant N2 spires, de
section S2, placé à l'intérieur d'un grand solénoïde possédant N1
spires, de section S1, de longueur l1. L'angle entre les axes des deux
solénoïdes est  (si  vaut zéro, les courants dans les deux solénoïdes
sont orientés dans le même sens). Déterminons le coefficient
d'inductance mutuelle entre les deux solénoïdes.

En négligeant les effets de bords, le champ magnétique créé


par le grand solénoïde est uniforme et vaut . Le flux
magnétique provoqué par le grand solénoïde à travers le petit est N2
fois le flux magnétique à travers une spire du petit solénoïde :

Laurent Pietri ~ 13 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2


Selon la valeur de , M peut être positif ou négatif.

Remarque : Le calcul de est simple alors que celui de


serait très compliqué, à cause de la non-uniformité du champ B2.
Pour calculer un coefficient d'inductance mutuelle, on doit toujours
chercher lequel des deux flux est le plus simple à exprimer.
c) Utilisation des coefficients d'inductance
La schématisation de deux circuits couplés par inductance
mutuelle est donnée sur la figure. Avec les coefficients d'inductance
mutuelle et d'inductance propre, les flux à travers chaque circuit
s'expriment par :

On applique la loi de Faraday à chaque circuit pour avoir les forces


électromotrices induites :

Cela permet d'avoir le schéma électrocinétique équivalent (à


droite sur la figure), sur lequel les forces électromotrices induites
sont orientées en convention générateur. On parle de couplage car
la force électromotrice dans chaque circuit dépend des courants
dans les deux circuits.

Laurent Pietri ~ 14 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

Schématisation de deux circuits couplés par inductance mutuelle. Le


couplage par inductance est symbolisé par une double flèche. Il est
sous-entendu que la valeur du coefficient M est en cohérence avec les
orientations (arbitraires) des courants. À droite, schéma
électrocinétique équivalent, sur lequel les fem induites sont données
par .

II-2) Circuits couplés par induction mutuelle


On considère deux circuits fixes couplés par inductance
mutuelle, contenant chacun un générateur (fem respectives E1 et E2)
et une résistance. On note L1 et L2 les coefficients d'inductance
propre et M le coefficient d'inductance mutuelle. Les variations
éventuelles des courants provoquent des fem induites, orientées en
convention générateur, dont les expressions sont données par les
relations précédentes.

Laurent Pietri ~ 15 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

Deux circuits couplés par inductance mutuelle.

Les équations électrocinétiques obtenues par application de la


loi des mailles à chaque circuit s'écrivent :

Ces équations couplent les deux courants : les intensités i1 et i2


interviennent simultanément dans les deux équations. Leurs
variations ne sont donc pas indépendantes l'une de l'autre. Par
exemple, la première des deux relations montre que l'évolution de i1
est conditionnée par le premier générateur (terme E1), l'auto-
induction dans le circuit 1 (terme , ainsi que par les

Laurent Pietri ~ 16 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

variations du courant dans le second circuit (terme de couplage


.

II-3) Applications des circuits couplés


- Des dispositifs électriques peuvent être chargés à distance
(sans contact) par couplage inductif. C'est le cas de certaines
voitures électriques de location. Le châssis de la voiture est
équipé d'un circuit en forme de boucle (bobine) d'axe vertical.
Dans le sol, sous la place de parking, se trouve également une
bobine alimentée électriquement par le courant alternatif du
secteur. Lorsque la voiture est garée sur sa place de parking,
les deux bobines se font face, ce qui assure une valeur
satisfaisante de leur coefficient d'inductance mutuelle. Les
variations du courant dans la boucle du sol induisent des
courants dans la boucle de la voiture, qui servent à recharger la
batterie. Cela évite d'avoir à brancher un câble de
raccordement. On retrouve aussi ce système dans les
chargeurs de téléphone type Nokia Lumia, ou brosse à dents
oral-B.
- Les cartes RFID (radio frequency identification) sont les « cartes
magnétiques » lues par simple passage à distance devant un
détecteur. Le lecteur est un circuit électrique parcouru par un
courant variable i1(t), qui génère un champ magnétique
temporellement variable dans son environnement. La carte
RFID contient un bobinage (voir figure). Lorsqu'ils sont proches
l'un de l'autre, carte et lecteur sont couplés par inductance
mutuelle. Les variations temporelles du courant i1(t) dans le
détecteur provoquent, par couplage magnétique, l'apparition
d'un courant i2(t) dans la carte RFID. Ce courant i2(t) alimente

Laurent Pietri ~ 17 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

une puce électronique qui le modifie (codage dans i2(t) des


informations contenues dans la carte). Par couplage
magnétique, i2(t) induit des variations sur i1(t) dans le lecteur,
qui décode ainsi le contenu de la carte. Les cartes RFID
peuvent être passives (sans alimentation autonome), car la
fem induite par le champ du lecteur suffit à les alimenter.

Carte RFID servant d'antivol sur un article de magasin. L'échelle de la


photographie est donnée par une règle graduée en centimètres.

- Les puces électroniques d'identification mises par les


vétérinaires sous la peau des animaux domestiques ne sont
autres que des cartes RFID de la taille d'un grain de riz.
- Les plaques de cuisson à induction contiennent une bobine
parcourue par un courant temporellement variable et
d'amplitude réglable. Cela crée un champ magnétique
variable. Une casserole posée sur la plaque joue le rôle d'une
seconde bobine. En effet, bien que non filiforme, le disque
métallique du fond de la casserole peut être découpé par la
pensée en des spires concentriques. Le champ variable créé
par la plaque induit un courant dans ces spires fictives, qui
s'échauffent par effet Joule.
Laurent Pietri ~ 18 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy
Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

II-4) Bilan énergétique pour deux circuits couplés


On reprend le schéma électrique précédent. Pour réaliser un
bilan énergétique sur l'ensemble des deux circuits, on multiplie la
première équation par i1 et la seconde par i2, ce qui fait apparaître
des puissances électriques. On somme les équations ainsi obtenues,
ce qui donne :

Le membre de gauche s'interprète comme la puissance fournie par


les deux générateurs aux circuits. Les deux premiers termes au
membre de droite représentent la puissance électrique reçue par les
deux résistances. Cette puissance est convertie en énergie interne
(échauffement par effet Joule). Le groupement des quatre derniers
termes est lié aux flux magnétiques à travers les circuits. On
l'interprète comme la puissance dépensée par les générateurs pour
faire croître le champ magnétique total lorsque les courants varient
(si les courants sont constants, le champ l'est aussi). Ce terme peut
être vu comme la dérivée de :

Lorsqu'une puissance s'identifie à une dérivée temporelle, la


grandeur dérivée peut être définie comme une énergie potentielle à
une constante près. La constante est choisie nulle par convention
(quand il n'y a pas de courants, il n'y a pas de champ magnétique).

Laurent Pietri ~ 19 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

Énergie potentielle magnétique de deux circuits :

s'interprète comme l'énergie potentielle magnétique de deux


circuits. Elle correspond à l'énergie qu'ont dû fournir les générateurs
aux deux circuits pour créer le champ magnétique lors de
l'établissement des courants i1 et i2.

II-5) Transformateur de tension


a) Définition
Les appareils américains fonctionnent en 110 V alternatif alors
que le réseau français délivre du 220 V alternatif. Pour brancher sans
dommages un appareil américain sur le réseau français, il faut donc
transformer le 220 V de la prise électrique en 110 V.
Définition 23.13. Transformateur de tension
Un transformateur de tension convertit une tension
alternative en une tension alternative de même fréquence mais de
valeur efficace différente. Le fonctionnement du transformateur
repose sur le phénomène de couplage par induction mutuelle.
Un transformateur électrique est un quadripôle composé de
deux enroulements de fils autour d'un tore de matériau
ferromagnétique. L'enroulement de gauche, constitué de N1 spires,
est appelé enroulement primaire. Celui de droite, constitué de N2
spires, est l'enroulement secondaire. Le tore ferromagnétique a la
propriété de bien canaliser les lignes de champ magnétique : les
lignes de champ sont circulaires et suivent le tore. Ainsi, toute ligne
de champ qui traverse le primaire traverse aussi le secondaire. On dit
que le couplage magnétique entre les deux enroulements est parfait
: la plus grande valeur possible (en valeur absolue) de coefficient

Laurent Pietri ~ 20 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

d'inductance mutuelle est atteinte. Toutefois, la valeur explicite de ce


coefficient n'intervient pas dans les calculs ultérieurs.

Transformateur électrique.
Sur la vue de dessus de la figure, les deux points désignent les
bornes homologues : ce sont les extrémités des enroulements qui
sortent par la même face du tore, en l'occurrence la face supérieure.
La présence des deux points n'est pas obligatoire car les parties
visibles des fils sont explicitement dessinées. Cependant, sur d'autres
représentations simplifiées des transformateurs, ces points sont
nécessaires pour comprendre le sens des enroulements.

b) Relation de transformation en tension


Le champ magnétique étant parfaitement canalisé dans le
tore, son flux a la même valeur à travers toute section du tore :
s'appelle le flux commun. On oriente la section S du tore selon
l'indication de la figure. D'après les orientations des courants, les flux
magnétiques respectifs 1 et 2 à travers ces circuits sont liés à
par :

Laurent Pietri ~ 21 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

Les forces électromotrices respectives et induites dans


les enroulements sont données par la loi de Faraday appliquée à
chaque enroulement :

Elles sont représentées en convention générateur sur le schéma


électrique équivalent de la figure suivante. Cette figure montre
également que
D’où :

Transformateur électrique : orientation et schéma électrique


équivalent. Les points correspondent à ceux de la figure précédente.

- Relation de transformation en tension


Les tensions au primaire et au secondaire d'un transformateur
électrique sont liées au nombre de spires des enroulements par :

Le signe « moins » provient du choix (arbitraire) des orientations des


tensions U1 et U2 sur la figure. Un autre choix d'orientation aurait pu
donner un signe « plus ».

Laurent Pietri ~ 22 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy


Cours : E – Induction… IV – Circuit fixe… Sciences Physiques : PCSI 2

Pour brancher un appareil américain sur le réseau français, il


suffit donc de prendre un transformateur avec N1=0.5N2, et de
raccorder le primaire à la prise française (U1 = 220 V) et de brancher
l'appareil américain au secondaire du transformateur (U2 = 110V).

Remarque : Le choix des orientations des tensions n'a d'importance


que pour les calculs. Pour l'utilisateur d'un transformateur, le sens de
branchement n'importe pas car les courants et tensions sont
alternatifs (de même que n'importe quel appareil branché sur le
secteur est insensible au sens de branchement de la prise).

Laurent Pietri ~ 23 ~ Lycée Henri Loritz - Nancy

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