Rapport Annuel 2023 de la BCE
Rapport Annuel 2023 de la BCE
2023
Sommaire
Regard sur 2023 5
L’année en chiffres 7
7 Les statistiques 78
En 2023, la BCE a affermi les progrès réalisés dans sa lutte contre l’inflation dans la
zone euro. En début d’année, l’inflation globale était toujours proche de son niveau
record. Les effets négatifs des chocs antérieurs d’offre et de demande s’atténuaient
mais continuaient de tirer les prix vers le haut. Deux évolutions importantes ont
toutefois ouvert la voie à un net recul de l’inflation au cours de l’année.
Premièrement, les effets des chocs passés ont commencé à s’estomper. Les prix de
l’énergie, qui avaient fortement augmenté en raison de la guerre injustifiée menée
par la Russie contre l’Ukraine, ont chuté et la dissipation des goulets d’étranglement
mondiaux au niveau de l’offre s’est poursuivie. La seule baisse des prix de l’énergie
explique pour moitié le ralentissement de l’inflation en 2023. Deuxièmement, la BCE
a continué de resserrer sa politique monétaire et favorisé ainsi un nouveau repli de
l’inflation, en freinant la demande. Au total, de janvier à septembre, nous avons
relevé les taux d’intérêt directeurs de 200 points de base supplémentaires.
Ces décisions monétaires, sur fond d’environnement très incertain, sont restées
guidées par une approche s’appuyant sur les données. Pour évaluer précisément
jusqu’à quel niveau il convenait de porter les taux d’intérêt, nous avons utilisé trois
critères : les perspectives d’inflation, la dynamique de l’inflation sous-jacente et la
force de la transmission de la politique monétaire. À partir de septembre, nous avons
constaté une amélioration des perspectives d’inflation et une transmission puissante
de la politique monétaire. Toutefois, l’inflation sous-jacente restait élevée et les
tensions d’origine interne sur les prix étaient fortes.
Sur la base de ces éléments, nous avons décidé que les taux d’intérêt directeurs de
la BCE avaient atteint des niveaux qui, maintenus pendant une durée suffisamment
longue, contribueraient fortement au retour au plus tôt de l’inflation vers notre
objectif. Nous nous sommes donc engagés à conserver les taux directeurs à ces
niveaux aussi longtemps que nécessaire, tout en continuant à suivre une approche
fondée sur les données, selon les mêmes critères, pour déterminer de manière
appropriée le degré et la durée de cette orientation restrictive.
Alors que nous consolidions les progrès dans la lutte contre l’inflation, nous avons
poursuivi nos travaux visant à prendre en compte les risques liés au climat dans le
cadre de nos missions. En mars, nous avons publié les premières déclarations
Des progrès considérables ont été réalisés dans un autre domaine crucial pour nos
travaux : les paiements. Nous avons en effet lancé notre nouveau système de
paiement de gros T2 en mars. Celui-ci contribue à l’harmonisation et à l’efficacité
des marchés financiers européens, grâce à l’introduction d’un nouveau système de
règlement brut en temps réel, qui remplace le système TARGET2 opérationnel
depuis 2007, et à la simplification de la gestion de la liquidité de la monnaie de
banque centrale.
C’est en partie pour cette raison que la BCE prépare une nouvelle série de billets en
euros, le symbole le plus tangible et le plus visible de l’unité européenne. Sur la
base des résultats de deux enquêtes publiques réalisées à l’été 2023, le Conseil des
gouverneurs a sélectionné deux thèmes potentiels pour cette nouvelle série : « La
culture européenne » et « Fleuves et oiseaux ». La BCE devrait décider des
graphismes définitifs en 2026, après que les Européens auront exprimé leurs
préférences sur une liste de dessins possibles.
Il n’aurait pas été possible de parcourir tout ce chemin sans les efforts constants et
le dévouement des agents de la BCE au service de notre mission : le maintien de la
stabilité des prix pour les habitants de la zone euro. C’est un honneur de les diriger
et de présider aux destinées de cette institution.
Christine Lagarde
Présidente
Le marché du travail de la zone euro a bien résisté L’inflation s’est fortement ralentie dans la zone euro
Le taux de chômage de la zone euro s’est établi à 6,5 % en L’inflation totale dans la zone euro s’est établie à 2,9 % en
moyenne en 2023, revenant de 6,6 % en janvier à 6,5 % en décembre 2023, contre 9,2 % en décembre 2022. Le
mars et restant globalement stable sur le reste de l’année. ralentissement a été de plus en plus généralisé à l’ensemble des
composantes.
La BCE a continué de relever ses taux d’intérêt directeurs La résilience des banques de la zone euro s’est encore
renforcée
La BCE a relevé ses taux directeurs de 200 points de base Le ratio de fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) des
supplémentaires en 2023, portant le taux de la facilité de dépôt à banques de la zone euro s’est établi à 15,6 % au troisième
4 %. Le resserrement de la politique monétaire s’est transmis trimestre, soit un taux proche de son plus haut niveau depuis le
vigoureusement à l’économie. début de la supervision bancaire européenne et reflétant une
rentabilité plus élevée et une réduction des risques dans les
portefeuilles des banques.
60 % des citoyens de la zone euro considèrent qu’il est La BCE a publié trois nouvelles séries d’indicateurs statistiques
important d’avoir la possibilité de payer en espèces. Dans le relatifs à la finance durable, aux émissions de carbone et aux
même temps, un peu plus de la moitié des consommateurs de la risques physiques dans le cadre de son plan d’action plus large
zone euro préfèrent payer par carte ou autres modes de pour le climat.
paiement électroniques,
25e anniversaire de la Banque centrale européenne Décarbonation des portefeuilles du secteur privé
En 2023, la BCE a célébré son 25e anniversaire avec le message L’intensité carbone des investissements a diminué de plus de
« La valeur de l’unité », lui permettant de souligner le succès de la 65 % au cours des 12 mois qui ont suivi le début des
monnaie unique et ses avantages pour les citoyens européens. réinvestissements orientés en octobre 2022.
Graphique 1.1
PIB mondial et sa composition
a) Croissance du PIB mondial en volume b) Composition de la croissance mondiale
(variations annuelles en pourcentage) (contributions en points de pourcentage)
Sources : BCE, calculs des services de la BCE et projections macroéconomiques établies par les services de la BCE, mars 2024
Notes : « PIB mondial » exclut la zone euro. La moyenne pré-pandémique concerne la période allant de 2012 à 2019. Les valeurs
pour 2023 sont des estimations sur la base des données disponibles et des projections macroéconomiques de mars 2024 établies par
les services de la BCE.
1 L’économie mondiale, telle qu’elle est mentionnée dans cette section du Rapport annuel, exclut la zone
euro.
2 Les projections macroéconomiques de décembre 2022 établies par les services de l’Eurosystème
prévoyaient un ralentissement de la croissance mondiale à 2,6 % en 2023.
L’inflation a diminué, mais les L’inflation annuelle totale mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC)
tensions sous-jacentes sur les prix
restent élevées dans l’ensemble des pays membres de l’OCDE, à l’exception de la Turquie, a
diminué par rapport aux niveaux élevés observés en 2023, sous l’effet de la
diminution des prix de l’énergie. Elle s’est ralentie à 3,9 % en décembre, et sur
l’ensemble de l’année 2023, elle s’est établie à 5,3 %, contre 7,3 % en 2022
(graphique 1.2, partie a). L’inflation hors énergie et produits alimentaires s’est
également ralentie, mais dans une bien moindre mesure, indiquant que les tensions
sous-jacentes sur les prix demeurent fortes et généralisées. Cela a été
particulièrement visible dans les économies avancées, où les tensions sur les
marchés du travail ont contribué aux taux de croissance élevés des salaires, rendant
la hausse des prix des services plus persistante (graphique 1.2, partie b).
Sources : Sources nationales via Haver Analytics, OCDE et calculs des services de la BCE.
Notes : ZE : zone euro. L’inflation dans les pays de l’OCDE exclut la Turquie et est calculée sur la base des IPC nationaux et des
pondérations des dépenses de consommation finales privées annuelles exprimées en termes de parité de pouvoir d’achat. L’inflation
core exclut l’énergie et les produits alimentaires. Les dernières observations se rapportent à décembre 2023.
Les prix des matières premières Les prix des matières premières ont diminué tout au long de 2023 en raison d’une
énergétiques ont diminué car la
faiblesse de la demande a baisse de la demande. Les prix du pétrole ont baissé de 4 %, la faiblesse de la
contrebalancé les contraintes demande de pétrole provenant des économies avancées contrebalançant la hausse
d’offre
de la demande qui a suivi l’assouplissement des mesures de confinement en Chine.
Par ailleurs, la faible demande de pétrole a plus que contrebalancé les effets des
réductions de l’offre par le groupe OPEP+ ainsi que les risques sur l’offre exercés
par des facteurs géopolitiques incluant les sanctions imposées à la Russie et le
conflit au Moyen-Orient. La baisse des prix du gaz en Europe a été nettement plus
importante, les prix du gaz ayant poursuivi la baisse amorcée fin 2022 et ayant été
réduits de 58 % supplémentaires au cours de 2023. La consommation de gaz en
Europe est restée inférieure aux normes historiques en raison d’une baisse de la
demande industrielle, de la réduction de la consommation de gaz réalisée par les
ménages et de conditions météorologiques clémentes au cours des mois d’hiver. La
stabilité de l’offre de gaz naturel liquéfié (GNL) a également permis aux pays
européens de commencer la saison de chauffage avec des stocks de gaz pleins.
Malgré une plus grande stabilité du marché européen du gaz par rapport à l’année
précédente, les risques en matière d’approvisionnement, tels que les grèves dans
les terminaux de GNL en Australie, ont continué d’engendrer des périodes de forte
volatilité des prix, illustrant la sensibilité du marché européen du gaz durant la
transition vers l’abandon des importations de gaz russe.
L’euro s’est renforcé en termes L’euro s’est renforcé en termes effectifs nominaux (+3,9 %) et vis-à-vis du dollar
effectifs nominaux et vis-à-vis du
dollar américain américain (+3,4 %) sur la base des données de fin d’année, dans un contexte de
fluctuations intra-annuelles notables. La dynamique des taux de change a été
principalement influencée par l’évolution des anticipations de marché résultant des
changements apportés aux politiques monétaires et de perspectives économiques
Parmi les principaux risques pesant sur les perspectives de croissance économique
mondiale fin 2023, on comptait une nouvelle aggravation des tensions géopolitiques,
un ralentissement plus prononcé de l’économie chinoise et des tensions
inflationnistes plus persistantes qui nécessiteraient un resserrement plus fort
qu’anticipé de la politique monétaire. La matérialisation de ces risques réduirait
l’activité économique mondiale. De plus, les marchés mondiaux des matières
premières sont demeurés très sensibles aux risques en matière
d’approvisionnement, ce qui pourrait alimenter l’inflation et peser sur la croissance
mondiale dans l’année à venir.
Source : Eurostat.
Note : Les dernières observations se rapportent à 2023.
Les dépenses de consommation La croissance de la consommation privée s’est nettement ralentie en 2023. Elle a
étaient davantage orientées vers
les services que vers les biens stagné au premier semestre de l’année, la baisse continue des dépenses de biens –
mesurée par le volume du commerce de détail (graphique 1.4) – contrebalançant la
demande toujours positive de services. Au troisième trimestre, la consommation
privée a augmenté, portée par la consommation de services des ménages qui a elle-
même bénéficié des effets de réouverture persistants, et par le rebond des
dépenses en biens durables. Les dépenses totales en biens (y compris les biens
semi-durables et non durables) ont continué de se contracter dans un contexte de
durcissement des conditions de financement. Globalement, les dépenses des
ménages ont augmenté de 0,5 % en 2023. En 2023, les dépenses des ménages ont
été soutenues dans une certaine mesure par le revenu disponible réel, la
progression des salaires nominaux s’accélérant, l’inflation se ralentissant
progressivement et la croissance de l’emploi restant résiliente. Néanmoins, la
transmission du durcissement des conditions de financement à l’économie réelle
semble avoir pesé sur les dépenses des ménages, l’épargne demeurant importante.
L’investissement a été freiné par le La croissance de l’investissement hors construction (qui constitue une approximation
durcissement des conditions de
financement de l’investissement privé hors immobilier résidentiel) s’est ralentie tout au long de
l’année 2023 4. Alors que le premier trimestre 2023 a été marqué par une croissance
vigoureuse liée à l’atténuation des goulets d’étranglement au niveau de l’offre, les
taux d’augmentation trimestriels ont progressivement diminué et l’investissement a
reculé au quatrième trimestre avec la baisse de la demande intérieure et extérieure,
la résorption des arriérés de commande, le fléchissement des bénéfices des
entreprises et le durcissement des conditions de financement. L’incertitude suscitée
par la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et par le conflit au Moyen-Orient,
entre autres facteurs, est également susceptible d’avoir réduit les incitations à
l’investissement pour les entreprises. Néanmoins, l’abondance des bénéfices et des
réserves de liquidité ainsi qu’une baisse de l’endettement ont, en moyenne, renforcé
les bilans des entreprises ces dernières années et, parallèlement aux financements
au titre du programme Next Generation EU (NGEU) visant à soutenir les
investissements dans les domaines de la numérisation et du climat, ont contribué à
une certaine résilience de l’investissement par rapport à d’autres composantes des
dépenses. Globalement, l’investissement hors construction a augmenté de 2,9 % en
2023.
4 Cf. l’encadré intitulé « Les actifs incorporels des entreprises multinationales en Irlande et leur impact
sur le PIB de la zone euro », Bulletin économique, no 3, BCE, 2023.
Le solde des échanges de biens dans la zone euro est redevenu excédentaire
en 2023, face à la baisse des prix de l’énergie importée. La croissance des
exportations est restée atone, dans un contexte de demande extérieure faible. Les
exportations de produits manufacturés ont été soutenues par l’atténuation des
goulets d’étranglement au niveau de l’offre, tandis que les effets persistants du choc
sur l’offre d’énergie et l’appréciation de l’euro en termes effectifs ont contribué à la
faiblesse des exportations. La faible performance des exportations s’est étendue aux
exportations de services au second semestre, le soutien apporté par la demande
latente après la réouverture de l’économie mondiale se dissipant. Avec
l’affaiblissement de la demande intérieure, les importations dans la zone euro ont
également reculé, sous l’effet de la diminution des importations de biens
intermédiaires, liée aux déstockages effectués par les entreprises et à la baisse des
importations d’énergie. Dans l’ensemble, la contribution des échanges à la
croissance du PIB de la zone euro a été légèrement positive en 2023.
Marché du travail
5 Après la date d’arrêté pour le présent Rapport, les résultats budgétaires officiels pour 2023 ont été
publiés et ils font état, dans certains pays, de déficits budgétaires nettement plus élevés qu’estimé
précédemment.
6 L’orientation budgétaire reflète la direction et l’ampleur de la relance de l’économie par la voie des
politiques budgétaires, au-delà de la réaction automatique des finances publiques au cycle
conjoncturel. Pour plus de détails sur ce concept, cf. l’article intitulé « L’orientation budgétaire de la
zone euro », Bulletin économique, no 4, BCE, 2016.
Sources : Projections macroéconomiques pour la zone euro établies par les services de l’Eurosystème, décembre 2023 et calculs de
la BCE.
Note : La mesure de l’orientation budgétaire est ajustée du côté des recettes depuis 2021 en déduisant les subventions octroyées au
titre de la facilité pour la reprise et la résilience du programme NGEU, ces recettes n’ayant pas d’effet de resserrement
macroéconomique.
Un nouveau durcissement de Du point de vue de fin 2023, trouver la meilleure façon d’inverser l’expansion
l’orientation budgétaire serait
approprié cumulée des quatre dernières années (graphique 1.7) et de réduire les ratios de
dette constituera un défi pour les autorités budgétaires, en particulier parce que les
évolutions démographiques, les transitions écologique et numérique ainsi que
l’environnement géopolitique nécessiteront à l’avenir une marge de manœuvre
budgétaire. Les budgets publics pour 2024 indiquaient la poursuite du cycle de
durcissement budgétaire au niveau de la zone euro. Cette évolution reflète en
grande partie le retrait des mesures budgétaires discrétionnaires qui avaient été
adoptées en réponse aux chocs énergétique et d’inflation. Selon les estimations, ces
mesures représentaient plus de 1 % du PIB en 2023, mais seule une faible partie
d’entre elles devait rester active en 2024. Toutefois, certaines des mesures
expansionnistes adoptées par les gouvernements pendant la pandémie semblaient
devoir s’inscrire dans la durée, et, sur la base des budgets 2024, ne devraient pas
être désactivées à brève échéance. C’est le cas pour l’augmentation des transferts
et des subventions mais aussi, dans une certaine mesure, pour les réductions de
l’impôt.
Sources : Projections macroéconomiques pour la zone euro établies par les services de l’Eurosystème, décembre 2023 et calculs de
la BCE.
Notes : La mesure de l’orientation budgétaire est ajustée du côté des recettes depuis 2021 en déduisant les subventions octroyées au
titre de la facilité pour la reprise et la résilience du programme NGEU, ces recettes n’ayant pas d’effet de resserrement
macroéconomique. « Autres mesures » se rapporte principalement aux mesures adoptées pendant la pandémie et à leur retrait
ultérieur.
L’UE a besoin d’un cadre solide et Il demeure essentiel de disposer d’un cadre communautaire solide pour la
crédible pour la coordination des
politiques économiques et coordination et la surveillance des politiques économiques et budgétaires. À la suite
budgétaires de débats approfondis, le Conseil de l’Union européenne a adopté en 2023 une
réforme du cadre de gouvernance économique de l’UE, qui a ouvert la voie à un
trilogue entre la Commission européenne, le Conseil de l’UE et le Parlement
européen. 2024 sera une année de transition importante vers sa mise en œuvre 7.
7 Dans un avis publié en juillet 2023, la BCE salue les propositions de la Commission européenne
concernant la réforme et formule quelques observations et suggestions techniques en vue d’améliorer
encore le nouveau cadre et de le rendre plus transparent et plus prévisible. Cf. l’avis de la Banque
centrale européenne du 5 juillet 2023 sur une proposition de réforme de la gouvernance économique
dans l’Union (CON/2023/20) (JO C 290 du 18.08.2023, p. 17).
La hausse des prix de l’énergie Les évolutions des prix de l’énergie ont contribué pour plus de moitié à la baisse de
s’est fortement ralentie tandis que
la hausse des prix des produits l’inflation totale entre décembre 2022 et décembre 2023. Les prix de l’énergie ont
alimentaires s’est modérée encore enregistré une forte hausse en janvier 2023, mais à la fin de l’année ils
avaient reculé de 25,6 points de pourcentage, pour s’inscrire en territoire négatif.
Cela reflète la dissipation des fortes augmentations des prix de gros de l’énergie
enregistrées en 2022. Toutefois, la hausse des prix de l’énergie est demeurée
légèrement volatile, les marchés de gros de l’énergie se montrant sensibles à des
événements tels que le conflit au Moyen-Orient. Dans le même temps, la hausse
des prix des produits alimentaires a atteint un point haut à 15,5 % en mars 2023.
Elle s’est ensuite considérablement ralentie sur le reste de l’année, tout en restant
supérieure à 6 % en fin de l’année, en raison des effets persistants des chocs
antérieurs sur les coûts, résultant de l’énergie et d’autres intrants, ainsi que des
tensions accrues exercées par les bénéfices unitaires et les coûts de main-d’œuvre.
L’inflation sous-jacente a L’inflation core – mesurée par la hausse de l’IPCH en excluant les composantes
commencé à se modérer, mais est
demeurée élevée à la fin de l’année volatiles que sont l’énergie et les produits alimentaires – a continué d’augmenter au
premier trimestre de l’année, mais s’est ensuite ralentie, revenant à 3,4 % en
décembre après un pic à 5,7 %. Cette baisse a résulté dans un premier temps de la
variation des prix des biens industriels non énergétiques, la demande de biens ayant
fléchi dans un contexte de durcissement des conditions de financement
(cf. section 1.2) et de tensions accumulées liées aux goulets d’étranglement
antérieurs au niveau de l’offre, alors que les coûts élevés de l’énergie avaient
commencé à se dissiper. Dans le même temps, la hausse des prix des services a
oscillé à des niveaux élevés jusqu’en août, en raison d’une demande toujours forte
après la réouverture de l’économie (pour les secteurs des services nécessitant de
nombreux contacts tels que les loisirs et les vacances) et de l’augmentation des
coûts de main-d’œuvre, en particulier compte tenu de la part plus importante de la
main-d’œuvre dans la structure de coûts du secteur des services par rapport au
Les coûts de main-d’œuvre sont La croissance du déflateur du PIB (une mesure fiable des tensions d’origine interne
devenus le principal contributeur à
l’inflation intérieure dans le courant sur les prix) s’est établie en moyenne à 6,0 % en 2023. En comparaison, la variation
de l’année moyenne des prix à l’importation est ressortie à – 2,9 %, reflétant le passage de
moteurs externes de l’inflation à des moteurs internes. Si les bénéfices ont continué
de jouer un rôle de premier plan dans les tensions d’origine interne sur les prix au
tournant de l’année 2022/2023 (cf. encadré 2), les coûts de main-d’œuvre sont
progressivement devenus le principal facteur, compte tenu des fortes évolutions des
salaires et d’une diminution de la productivité du travail (cf. graphique 1.9). La
croissance annuelle de la rémunération par tête a augmenté, pour atteindre 5,1 %
en moyenne en 2023, contre 4,5 % en 2022, des taux nettement supérieurs à la
moyenne de 1,7 % enregistrée avant la pandémie (2015-2019), ce qui a été favorisé
par les tensions persistantes sur les marchés du travail (cf. section 1.2). Ce nouveau
renforcement reflète en partie le fait que les travailleurs cherchent à compenser les
pertes de pouvoir d’achat des salaires nominaux résultant de l’inflation passée. La
croissance des salaires négociés a augmenté pour s’établir à 4,5 % en moyenne en
2023 ; la différence par rapport à la croissance effective des salaires suggère qu’il
existe une composante encore importante de glissement des salaires, bien que
moins élevée qu’en 2021-2022 9. La croissance de la rémunération par tête et celle
des salaires négociés ont commencé à se ralentir vers la fin de l’année, mais elles
demeurent à des niveaux élevés, ce qui indique que de fortes tensions sur les
salaires nominaux persisteront courant 2024. Cela reflète un redressement des
salaires réels plutôt que les signes d’une dynamique salaires-prix déstabilisatrice.
8 Pour plus d’informations sur l’inflation sous-jacente, cf. l’encadré intitulé « Les mesures de l’inflation
sous-jacente : un guide d’analyse pour la zone euro », Bulletin économique, no 5, BCE, 2023.
9 Le glissement des salaires mesure les écarts entre les évolutions des salaires effectifs et les évolutions
des salaires négociés, reflétant les variations des heures supplémentaires, les primes, les tensions sur
le marché du travail et d’autres facteurs.
Les anticipations d’inflation à long La moyenne des anticipations d’inflation à plus long terme des prévisionnistes
terme ont légèrement diminué,
restant ancrées autour de la cible professionnels, qui se situait à 2,2 % fin 2022, a légèrement baissé, pour revenir
de 2 % de la BCE à 2,1 % en 2023. D’autres données d’enquêtes, telles que celles tirées de l’enquête
de la BCE auprès des analystes monétaires et celles de Consensus Economics, ont
également suggéré que les anticipations d’inflation à plus long terme étaient bien
ancrées autour de la cible de 2 % de la BCE. Une mesure de la compensation de
l’inflation à plus long terme extraites des instruments de marché (le taux des swaps
indexés sur l’inflation à cinq ans dans cinq ans) a augmenté pour atteindre un pic
de 2,7 % en août, mais est revenue à 2,3 % fin décembre dans un contexte
d’informations indiquant une inflation totale plus faible que prévu et des perspectives
de croissance économique modérées (cf. section 1.2). En toute hypothèse, les
mesures extraites des instruments de marché corrigées des primes de risque
impliquent des anticipations « véritables » très proches de 2 %. Du côté des
consommateurs, les anticipations d’inflation médianes à trois ans sont demeurées
légèrement supérieures, à 2,5 % en décembre, reflétant peut-être une forte
incertitude, un climat économique défavorable et des niveaux de prix encore élevés
par rapport aux salaires 10.
10 Pour plus d’informations sur les perceptions d’inflation et l’incertitude des consommateurs, cf. l’encadré
intitulé « Un examen plus détaillé des anticipations d’inflation des consommateurs : éléments tirés de
l’enquête de la BCE sur les anticipations des consommateurs », Bulletin économique, no 7, BCE, 2022.
Pour les résultats récents de l’enquête sur les anticipations des consommateurs concernant les
anticipations de croissance économique, cf. « Economic growth and labour markets », BCE, 2024.
Pour plus d’informations sur la perception par les consommateurs de la relation entre l’inflation et les
conditions économiques, cf. Candia (B.), Coibion (O.) et Gorodnichenko (Y.), « Communication and the
Beliefs of Economic Agents », NBER Working Paper Series, no 27800, National Bureau of Economic
Research, 2020.
Graphique 1.10
Taux d’intérêt à long terme, et coût de l’emprunt pour les entreprises et pour les
prêts au logement consentis aux ménages
(en pourcentages annuels)
Les marchés boursiers ont été Les prix des actions ont augmenté en 2023 à la fois dans le secteur non financier et,
soutenus par la baisse des primes
de risque plus encore, dans le secteur bancaire. Une baisse des primes de risque sur actions
a soutenu les prix des actions dans un contexte de volatilité faible et en diminution,
L’agrégat monétaire large et L’agrégat monétaire large (M3) a stagné, reflétant principalement le resserrement de
l’intermédiation bancaire ont reflété
le resserrement de la politique la politique monétaire. Son taux de variation annuel est ressorti à 0,1 % seulement
monétaire en décembre, après avoir significativement baissé en 2023 et avoir même enregistré
temporairement des taux négatifs pour la première fois depuis le début de l’Union
monétaire (graphique 1.11). Cette baisse a été liée à l’atonie de la création de crédit,
aux coûts d’opportunité élevés de la détention d’actifs liquides et à la réduction du
bilan de l’Eurosystème. Même si les bilans des banques sont restés robustes dans
l’ensemble, les remboursements des fonds empruntés dans le cadre de la troisième
série d’opérations de refinancement à plus long terme ciblées ainsi qu’une
contraction des portefeuilles d’actifs de l’Eurosystème ont réduit l’excédent de
liquidité. Les coûts de financement des banques ont nettement augmenté, mais dans
une moindre mesure que les taux directeurs, les banques se tournant vers des
sources de financement de marché plus coûteuses et se livrant à une concurrence
plus active pour attirer les dépôts des clients en leur offrant des intérêts plus élevés.
Les prêts bancaires aux ménages Les prêts bancaires aux ménages et aux entreprises se sont nettement ralentis en
et aux entreprises se sont
nettement ralentis 2023, sous l’effet du durcissement des conditions de crédit (graphique 1.11). Les flux
nets mensuels de prêts ont été presque nuls au cours des trois derniers trimestres
de l’année. Le taux de croissance annuel des prêts bancaires consentis aux
ménages a fléchi, s’établissant à 0,3 % pour l’année, reflétant principalement le
ralentissement des prêts hypothécaires dans un contexte de baisse des prix des
logements pour la première année depuis 2014. Le taux de croissance annuel des
prêts bancaires aux entreprises s’est également inscrit en recul, ressortant à 0,4 %
en décembre et les flux nets de financement externe global vers les entreprises se
sont situés à des points bas historiques (graphique 1.12).
Graphique 1.11
Croissance de M3 et croissance des crédits aux entreprises et aux ménages
(variations annuelles en pourcentage)
Source : BCE.
Notes : Les entreprises sont des sociétés non financières. Les dernières observations se rapportent à décembre 2023.
Encadré 1
Les implications macroéconomiques du changement climatique
Le changement climatique affecte déjà l’inflation dans la zone euro. Selon les estimations d’une
étude de la BCE, la chaleur extrême de l’été 2022 a accentué la hausse des prix des produits
alimentaires en Europe d’environ 0,7 point de pourcentage après un an, c’est-à-dire en 2023
(graphique A) 12. La hausse des prix des services peut également être affectée par des étés plus
chauds, éventuellement via l’impact sur les prix des produits alimentaires et la sensibilité à la
température des services liés au tourisme 13. L’impact de la hausse des températures estivales sur
11 Cf. « La Banque centrale européenne présente un plan d’action visant à inscrire les questions liées au
changement climatique dans sa stratégie de politique monétaire », communiqué de presse, BCE,
8 juillet 2021.
12 Cf. Kotz (M.), Kuik (F.), Lis (E.) et Nickel (C.), « The impact of global warming on inflation: averages,
seasonality and extremes », Working Paper Series, no 2821, BCE, mai 2023.
13 Cf. Ciccarelli (M.), Kuik (F.) et Martínez Hernández (C.), « The asymmetric effects of weather shocks
on euro area inflation », Working Paper Series, no 2798, BCE, mars 2023.
Graphique A
Impact croissant des vagues de chaleur sur la hausse des prix des produits alimentaires en Europe
(année de vague de chaleur, points de pourcentage)
Sur des horizons plus longs, le changement climatique peut également réduire la croissance de la
production de façon plus persistante 14. Par exemple, la diminution de l’enneigement menacera la
viabilité de nombreux domaines skiables en Europe, et certaines régions méditerranéennes
pourraient devenir trop chaudes pour le tourisme estival ; cette évolution pouvant cependant
s’avérer bénéfique pour les régions les plus septentrionales. Les rendements de l’agriculture et de
14 Cf. l’article intitulé « L’impact du changement climatique sur la production potentielle », Bulletin
économique, no 6, BCE, 2023.
L’adaptation, c’est-à-dire l’ajustement à des climats plus chauds, pourrait contribuer à limiter les
impacts macroéconomiques. Cela inclut, par exemple, l’installation de la climatisation pour réduire
l’impact du stress thermique sur la productivité du travail ou la réorientation vers d’autres cultures
pour limiter les pertes de productivité agricole. Toutefois, ces mesures auront probablement des
répercussions sur les budgets publics et la marge de manœuvre budgétaire 15. L’assurance
constitue un autre outil pour l’adaptation, mais il existe déjà un important déficit de couverture
assurantielle pour le climat en Europe 16.
Pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de l’Accord de Paris et éviter un
réchauffement climatique plus catastrophique, une transformation structurelle de l’économie de
grande ampleur est nécessaire. Le capital et le travail doivent être réalloués d’un secteur à l’autre
et au sein des secteurs, même au sein des entreprises individuelles (par exemple, les
constructeurs automobiles devront réorienter leurs usines de la fabrication de véhicules thermiques
vers celle de véhicules électriques à batterie). La réussite de cette réallocation dépendra de la mise
en œuvre de politiques de transition efficaces ; de la flexibilité des marchés et en particulier de la
capacité de l’économie à financer et à absorber les importants investissements en capital
nécessaires ; de l’évolution des technologies de décarbonation et de la disponibilité de la main-
d’œuvre qualifiée pour les appliquer.
Les analyses suggérant un impact économique favorable des mesures de politique climatique
introduites à ce jour ne dressent probablement pas un tableau d’ensemble de la situation 17. Les
évaluations fondées sur un modèle disponibles pour les trajectoires de prix du carbone ne montrent
qu’un effet limité sur la production et l’inflation 18. Toutefois, les mesures incluses sont encore loin
d’atteindre l’objectif de l’UE de réduction des émissions, et l’impact plus large de la transition – y
compris les effets d’une réglementation et d’objectifs renforcés – peut être moins facile à quantifier.
15 Cf. « The climate change challenge and fiscal instruments and policies in the EU », Occasional Paper
Series, no 315, BCE, version révisée en juin 2023.
16 Cf. Christophersen (C.) et al., « What to do about Europe’s climate insurance gap », The ECB Blog,
BCE, 24 avril 2023.
17 Cf. l’encadré intitulé « Les politiques liées au climat dans les projections macroéconomiques établies
par les services de l’Eurosystème et de la BCE pour la zone euro et l’impact macroéconomique des
mesures budgétaires vertes », Bulletin économique, no 1, BCE, 2023.
18 Cf. l’article intitulé « Les conséquences macroéconomiques de la transition vers une économie bas
carbone », Bulletin économique, no 5, BCE, 2023.
19 Ces questions sont explorées dans les scénarios climatiques publiés par le Réseau pour le
verdissement du système financier, un groupe de 134 banques centrales et superviseurs et
de 21 observateurs, auquel la BCE et le Système européen de banques centrales contribuent
activement.
20 Cf. Benatti (N.), Groiss (M.), Kelly (P.), Lopez-Garcia (P.), « Environmental regulation and productivity
growth in the euro area: testing the Porter hypothesis », Working Paper Series, no 2820, BCE, 2023.
La compétitivité de l’économie de la zone euro est également affectée par les choix en matière de
politiques de transition au niveau mondial. Elles incluent la hausse du prix du carbone ainsi que les
politiques industrielles telles que le récent Inflation Reduction Act aux États-Unis. Le système
d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE) peut déclencher des « fuites de carbone »,
c’est-à-dire la relocalisation de l’activité économique et des émissions dans des régions où les
exigences en matière d’émissions sont moins strictes. Ce phénomène peut être réduit en calibrant
conjointement avec soin le « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » et les mécanismes
existants de prévention des fuites de carbone 21.
Dans l’ensemble, le changement climatique et les politiques d’atténuation affectent presque tous
les aspects de l’analyse macroéconomique réalisée par les banques centrales. Des questions clés
restent en suspens, notamment en ce qui concerne la façon dont la transition devrait se dérouler et
les changements structurels qui en résulteront pour l’économie, l’impact macroéconomique des
conditions météorologiques extrêmes et les risques liés à l’accélération du changement climatique,
ainsi que le rôle du capital naturel et des services écosystémiques.
Encadré 2
Le rôle des profits unitaires dans les tensions actuelles sur les prix intérieurs
Cet encadré se concentre sur la manière dont les profits unitaires ont contribué, d’un point de vue
comptable, à la dynamique des tensions sur les prix intérieurs en 2023.
Les tensions sur les prix intérieurs ont été très fortes en 2023, mais se sont légèrement atténuées
au cours de l’année, les profits unitaires ayant diminué.
21 Cf. Böning (J.), Di Nino (V.) et Folger (T.), « Benefits and costs of the ETS in the EU, a lesson learned
for the CBAM design », Working Paper Series, no 2764, BCE, janvier 2023.
22 Les profits unitaires sont calculés comme l’excédent brut d’exploitation et le revenu mixte divisés par le
PIB en volume et incluent une correction pour le revenu des travailleurs indépendants. Rapporter
l’excédent brut d’exploitation et le revenu mixte à la production en volume, qui inclut la consommation
intermédiaire en plus du PIB, permettrait d’obtenir un indicateur plus exhaustif. Toutefois, la production
en volume n’est pas disponible en raison du manque d’informations relatives à la consommation
intermédiaire.
23 Les principales différences conceptuelles entre le déflateur du PIB et l’IPCHX résultent du fait que
l’IPCHX est fondé sur les prix de vente des biens et services consommés par les ménages dans les
catégories concernées, qu’ils soient produits au niveau national ou importés, tandis que le déflateur du
PIB prend en compte les prix de la valeur ajoutée de tous les produits fabriqués par l’économie
nationale et n’inclut pas la contribution de la consommation intermédiaire aux prix finaux. Cf. l’encadré
intitulé « Comment les profits unitaires ont-ils contribué à la récente accentuation des tensions sur les
prix domestiques de la zone euro ? », Bulletin économique, no 4, BCE, 2023.
Graphique A
Déflateur du PIB et contributions
(variations annuelles en pourcentage ; contributions en points de pourcentage)
Les profits unitaires évoluent généralement en corrélation étroite avec les évolutions des
indicateurs conjoncturels tels que le PIB en volume. En outre, ils sont généralement affectés par les
fortes variations des termes de l’échange, par exemple des fluctuations importantes des prix à
l’importation ou de ceux du pétrole. Ces caractéristiques reflètent le fait que, quand la demande est
plus soutenue que la production potentielle, il est plus facile pour les responsables de la fixation
des prix d’augmenter les prix et les profits unitaires sans perdre de parts de marché, tandis que lors
de chocs sur les coûts des intrants, liés par exemple aux prix de l’énergie, les profits sont
généralement utilisés, au moins temporairement, pour éviter de répercuter l’intégralité de la hausse
des coûts sur les prix de vente. Le ralentissement économique observé en 2022 et 2023, dans la
mesure où il a résulté de la baisse de la demande par rapport à l’offre, ainsi que la détérioration
marquée des termes de l’échange en 2022 liée à la forte hausse des prix des importations auraient
par conséquent tous deux reflété des évolutions des profits unitaires plus faibles que celles qui ont
été observées (graphique B). Cela suggère que d’autres mécanismes et des facteurs plus
exceptionnels peuvent avoir joué durant cette période. Les déséquilibres entre l’offre et la demande
dans de nombreux secteurs économiques ont constitué l’une des sources de la vigueur des profits
unitaires pendant ces années. Même si les perturbations des chaînes d’approvisionnement durant
la pandémie ont provoqué des contraintes d’offre généralisées, les mesures gouvernementales
Graphique B
Profits unitaires, PIB en volume et déflateur des importations
(variations annuelles en pourcentage)
Profits unitaires
PIB en volume
Déflateur des importations
25
20
15
10
-5
-10
-15
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Les facteurs exceptionnels s’estompant, les profits unitaires se sont réalignés avec le cycle
économique et leur rôle classique d’amortisseur
24 See Arce (O.), Hahn (E.) and Koester (G.), « How tit-for-tat inflation can make everyone poorer », The
ECB Blog, BCE, 30 mars 2023 et l’encadré intitulé « Comment les profits unitaires ont-ils contribué à la
récente accentuation des tensions sur les prix domestiques de la zone euro ? », Bulletin économique,
no 4, BCE, 2023.
Le Conseil des gouverneurs a Compte tenu des perspectives d’inflation à moyen terme, le Conseil des
relevé les taux directeurs en février
et exprimé son intention de gouverneurs a réaffirmé son intention de maintenir une politique monétaire restrictive
continuer à le faire et a relevé les trois taux directeurs de la BCE de 50 points de base lors de sa
réunion de février. Il a également déclaré qu’il avait l’intention de relever les taux
d’intérêt de 50 points de base supplémentaires lors de sa réunion de mars et qu’il
évaluerait ensuite la trajectoire future de la politique monétaire. Le Conseil des
gouverneurs est resté déterminé à relever les taux d’intérêt à un rythme régulier pour
les porter à des niveaux suffisamment restrictifs afin d’assurer un retour au plus tôt
de l’inflation vers sa cible de 2 % à moyen terme. Le maintien des taux d’intérêt à
des niveaux restrictifs devrait progressivement réduire l’inflation en freinant la
demande et en prévenant tout mouvement à la hausse durable des anticipations
d’inflation.
Les turbulences dans le secteur En mars, dans un contexte de turbulences dans le secteur bancaire aux États-Unis
bancaire américain ont alimenté
l’incertitude en Europe, soulignant et en Suisse, les tensions sur les marchés financiers se sont fortement accrues et
la nécessité d’une approche ont renforcé l’incertitude relative aux perspectives de croissance et d’inflation dans la
s’appuyant sur les données pour
les décisions relatives aux taux zone euro. En outre, les projections macroéconomiques de mars établies par les
d’intérêt
services de la BCE prévoyaient des niveaux d’inflation durablement élevés, en
particulier pour l’inflation hors énergie et produits alimentaires, malgré une baisse
attendue de l’inflation au cours des prochaines années. Avec la projection d’une
inflation restant trop forte pendant une trop longue période, le Conseil des
gouverneurs a décidé de relever les trois taux d’intérêt directeurs de la BCE de
50 points de base. De plus, l’incertitude accrue a souligné l’importance d’une
approche fondée sur les données pour les décisions du Conseil des gouverneurs
relatives aux taux directeurs. Celui-ci a par conséquent également clarifié sa
« fonction de réaction », en expliquant que ses décisions relatives aux taux
directeurs seraient guidées par trois critères : les perspectives d’inflation compte
tenu des données économiques et financières disponibles, la dynamique de
l’inflation sous-jacente et la vigueur de la transmission de la politique monétaire. Le
Conseil des gouverneurs a également continué de suivre attentivement les tensions
sur les marchés, se tenant prêt à prendre les mesures nécessaires pour préserver la
stabilité des prix et contribuer à la stabilité financière dans la zone euro. Au cours
des mois suivants, le secteur bancaire de la zone euro a bien résisté aux tensions
en provenance de pays n’appartenant pas à la zone euro.
Il est devenu de plus en plus À mesure que l’année avançait, il est devenu de plus en plus évident que la politique
évident que la politique monétaire
restrictive avait un impact significatif restrictive du Conseil des gouverneurs en matière de taux d’intérêt avait un impact
sur les conditions de financement significatif sur l’économie. Les hausses antérieures des taux se sont transmises
dans la zone euro
vigoureusement aux conditions monétaires et de financement dans la zone euro –
les premières phases du mécanisme de transmission – et ont progressivement
exercé des effets sur l’ensemble de l’économie, même si les délais et la vigueur de
la transmission à l’économie réelle demeuraient incertains. En avril, les taux
d’emprunt pour les entreprises et les prêts hypothécaires ont atteint leurs niveaux les
plus élevés en plus d’une décennie. La baisse de la demande de crédit qui en a
résulté, ainsi que le durcissement des critères d’octroi, ont entraîné un
ralentissement progressif de la croissance des prêts. En juin, les banques ont
également remboursé le montant le plus important au titre des fonds empruntés
dans le cadre des TLTRO III, ce qui a entraîné une baisse significative de l’excédent
de liquidité. Cette réduction n’a pas entravé la transmission harmonieuse des
modifications des taux directeurs aux taux sans risque sur les marchés monétaires,
même si une asymétrie est apparue s’agissant de la réaction de l’écart entre le taux
Le Conseil des gouverneurs a L’inflation totale a fortement diminué. Elle est revenue à 6,1 % en mai, contre 8,5 %
continué de relever ses taux
directeurs, les tensions sous- en février, 6,9 % en mars et 7,0 % en avril. Toutefois, même s’il était prévu que
jacentes sur les prix demeurant l’inflation continue de se replier vers la cible, en grande partie sous l’effet du
élevées...
durcissement concomitant des conditions de financement freinant de plus en plus la
demande, les anticipations prévoyaient toujours que les tensions sur les prix restent
trop fortes trop longtemps. Le Conseil des gouverneurs a donc opté pour deux
nouvelles hausses consécutives des taux d’intérêt de 25 points de base, en mai et
en juin, respectivement.
...a interrompu les Après la réduction de leur rythme en mars, juillet a marqué la fin des
réinvestissements au titre de l’APP
à compter de juillet... réinvestissements au titre de l’APP. Il était toujours prévu que les réinvestissements
au titre du PEPP se poursuivent au moins jusqu’à fin 2024. Dans le même temps,
les évolutions observées depuis la précédente réunion de politique monétaire du
Conseil des gouverneurs ont conforté l’anticipation selon laquelle l’inflation reculerait
encore sur le restant de l’année, mais demeurerait supérieure à la cible pendant une
période prolongée. Sur cette base, le Conseil des gouverneurs a continué de relever
les taux d’intérêt, de 25 points de base supplémentaires en juillet.
...et ramené la rémunération des Le Conseil des gouverneurs a également décidé, en juillet, de ramener à 0 % la
réserves obligatoires à 0 %,
améliorant l’efficacité de la politique rémunération des réserves obligatoires précédemment fixée au taux de la facilité de
monétaire dépôt. L’objectif de cette décision était de maintenir l’efficacité de la politique
monétaire en gardant le contrôle sur l’orientation de la politique monétaire tout en
assurant la transmission intégrale des décisions en matière de taux d’intérêt aux
marchés monétaires. Elle a également amélioré l’efficacité de la politique monétaire
en réduisant les charges d’intérêts globales liées aux réserves, tout en atteignant le
même degré de restriction monétaire.
Source : BCE.
...et a déclaré que le maintien des Toutefois, il était envisagé que l’économie demeure atone au cours des mois
taux directeurs aux niveaux actuels
pendant une durée suffisamment suivants, après avoir stagné au premier semestre de l’année. L’impact croissant des
longue contribuerait fortement au mesures de resserrement du Conseil des gouverneurs sur la demande intérieure,
retour au plus tôt de l’inflation à la
cible conjugué à un environnement difficile pour le commercial international, a conduit les
services de la BCE à réviser nettement à la baisse leurs projections relatives à la
croissance économique en septembre 2023. En outre, alors que les tensions sous-
jacentes sur les prix persistaient à des niveaux élevés, la plupart des indicateurs ont
commencé à fléchir et la trajectoire projetée de l’inflation hors énergie et produits
alimentaires a également été légèrement révisée à la baisse. Sur la base de son
évaluation actualisée, le Conseil des gouverneurs a également considéré que les
taux d’intérêt directeurs de la BCE avaient atteint des niveaux qui, maintenus
pendant une durée suffisamment longue, contribueraient fortement au retour au plus
tôt de l’inflation au niveau de la cible.
Octobre a mis fin à la plus longue Après dix relèvements consécutifs, le Conseil des gouverneurs a décidé de laisser
période de hausses consécutives
des taux d’intérêt de l’histoire de inchangés les taux directeurs de la BCE lors de sa réunion d’octobre. Depuis le
l’euro début des hausses de taux en juillet 2022, la BCE a porté le taux de la facilité de
dépôt de – 0,50 % à 4 % en septembre 2023. Même s’il était encore prévu que
l’inflation reste durablement élevée en raison de fortes tensions d’origine interne sur
les prix, elle a continué de diminuer nettement en septembre, revenant à 4,3 %.
Cette baisse s’est accompagnée d’un fléchissement des mesures de l’inflation sous-
jacente. Les risques géopolitiques accrus liés, à partir d’octobre, au conflit au
Moyen-Orient ont également encore davantage souligné l’importance de l’approche
du Conseil des gouverneurs fondée sur les données pour déterminer le niveau et la
durée appropriés de la restriction appliquée dans ses taux directeurs.
L’inflation est revenue à 2,4 % en Vers la fin de l’année, l’inflation a continué de diminuer, pour s’établir à 2,4 % en
novembre
novembre. Toutefois, lors de sa réunion de décembre, le Conseil des gouverneurs a
estimé qu’elle repartirait probablement temporairement à la hausse à court terme, en
raison d’effets de base. L’inflation sous-jacente a continué de ralentir. Les
Le Conseil des gouverneurs a Dans ce contexte, le Conseil des gouverneurs a décidé, lors de sa réunion de
maintenu ses taux inchangés et
décidé d’avancer la normalisation décembre, de laisser ses taux directeurs inchangés.
du bilan de l’Eurosystème
Il a également décidé en décembre d’avancer la normalisation du bilan de
l’Eurosystème. Il a exprimé son intention de réinvestir, en totalité, les
remboursements au titre du principal des titres du PEPP arrivant à échéance jusqu’à
mi-2024, avant de réduire le portefeuille de 7,5 milliards d’euros par mois en
moyenne jusqu’à la fin de l’année et de cesser les réinvestissements par la suite.
Fin 2023, les actifs liés à la politique monétaire figurant au bilan de l’Eurosystème
s’élevaient à 5 100 milliards d’euros, soit une baisse de 1 200 milliards par rapport à
fin 2022. Les prêts aux établissements de crédit de la zone euro représentaient 6 %
du total des actifs (après 17 % fin 2022) et les actifs acquis à des fins de politique
monétaire, 68 % du total des actifs (après 62 % fin 2022). Les autres actifs financiers
figurant au bilan étaient principalement constitués d’avoirs en devises étrangères,
d’or et de portefeuilles de titres libellés en euros autres que ceux détenus à des fins
de politique monétaire.
Source : BCE.
Notes : Les chiffres positifs se rapportent à l’actif et les chiffres négatifs au passif. La ligne de l’excédent de liquidité est présentée
comme un chiffre positif bien qu’elle corresponde à la somme des rubriques suivantes du passif : excédent des avoirs en compte
courant par rapport aux réserves obligatoires et recours à la facilité de dépôt.
25 La dérogation a été accordée au lancement du PEPP et est restée en place jusqu’en septembre 2023.
Ce même mois, la notation de crédit pertinente ayant été relevée au niveau bien noté (investment
grade), la dérogation n’était donc plus nécessaire.
Fin 2023, les avoirs au titre du PEPP s’élevaient à 1 700 milliards d’euros (au coût
amorti). Les portefeuilles d’obligations sécurisées représentaient moins de 1 %
(6 milliards d’euros) du total, les avoirs en titres du secteur des entreprises 3 %
(46 milliards) et les avoirs en titres du secteur public 97 % (1 614 milliards) 26.
L’échéance moyenne pondérée des titres du secteur public détenus dans le cadre
du PEPP est ressortie à 7,3 ans fin 2023, avec des différences d’une juridiction à
l’autre.
Les actifs acquis dans le cadre du PSPP, du CSPP, du CBPP3 et du PEPP ont
continué d’être mis à disposition à des fins de prêts de titres, en vue de soutenir la
liquidité du marché obligataire et du marché repo. En 2023, les conditions sur le
marché repo se sont nettement améliorées par rapport à l’année précédente, ce qui
s’est reflété dans une baisse des volumes de prêts.
27 La date d’entrée en vigueur tient compte de la date de l’opération TLTRO III arrivée à échéance en juin.
28 L’impact sur les garanties de la suppression de certains éléments des dispositifs ACC a été
particulièrement notable pour l’Espagne, la France et le Portugal.
29 Orientation de la Banque centrale européenne du 9 juillet 2014 relative à des mesures temporaires
supplémentaires concernant les opérations de refinancement de l’Eurosystème et l’éligibilité des
garanties et modifiant l’orientation BCE/2007/9 (BCE/2014/31) (JO L 240 du 13.08.2014, p. 28)
30 Pour une évaluation des effets financiers et économiques attendus du relèvement au niveau
investment grade (bien noté) sur l’économie grecque, cf. Anastasatou (M.), Balfoussia (H.),
Bragoudakis (Z.), Malliaropulos (D.), Migiakis (P.), Papageorgiou (D.) et Petroulas (P.), « Effects of a
sovereign credit rating upgrade to investment grade on the Greek economy », Economic Bulletin, no 58,
Banque de Grèce, 2023, p. 7-28.
Graphique 2.3
Évolutions des actifs négociables éligibles
(en milliards d’euros)
Source : BCE.
Notes : Les valeurs des actifs sont des montants nominaux. Le graphique présente les moyennes des données de fin de mois pour
chaque période.
Entre l’ajustement des taux d’intérêt applicables aux TLTRO III en novembre 2022 et
fin 2023, les contreparties ont remboursé 80 % de leur encours de crédit, ce qui s’est
accompagné d’une réduction importante des garanties mobilisées, de plus de
900 milliards d’euros (graphique 2.4). Après les remboursements anticipés réalisés
entre novembre 2022 et janvier 2023, les contreparties ont démobilisé plus
particulièrement les obligations d’État, qui ont un coût d’opportunité relativement
élevé et peuvent être utilisés pour financer des opérations repo privées. De plus,
elles ont démobilisé plus de 250 milliards d’euros d’obligations sécurisées et de titres
adossés à des actifs en 2023. L’arrivée à échéance de l’opération TLTRO III en juin
2023 s’est également accompagnée d’une importante réduction des garanties
Graphique 2.4
Évolutions des garanties mobilisées
(en milliards d’euros)
Source : BCE.
S’agissant des garanties, les données présentées sont des moyennes de fin de mois pour chaque période, après valorisation et
décotes. Concernant l’encours des crédits, les données quotidiennes sont utilisées.
Les pertes ont découlé La BCE a relevé ses taux directeurs plusieurs fois en 2023 afin de ramener l’inflation
d’inadéquations entre les actifs et
les passifs en matière de sensibilité à la cible de 2 % à moyen terme fixée par le Conseil des gouverneurs. Cela a
aux taux d’intérêt augmenté le coût du passif au bilan des banques centrales de l’Eurosystème, alors
que le revenu généré par leurs portefeuilles de titres de l’APP et du PEPP, ainsi que
par les TLTRO III, est demeuré faible. Cela s’est traduit par un revenu d’intérêt
négatif, qui peut être partiellement couvert par les coussins financiers constitués au
cours des années précédentes. Si ces coussins sont pleinement utilisés, toute perte
restante est comptabilisée au bilan. Toutefois, ces pertes peuvent être compensées
par les bénéfices futurs et n’affectent pas la capacité des banques centrales de
31 Cf. « The financial risk management of the Eurosystem’s monetary policy operations », BCE,
juillet 2015.
Le système interne d’évaluation du En avril 2023, le Conseil des gouverneurs a décidé d’accepter le système interne
crédit de la Banque de Grèce a été
accepté comme source d’évaluation d’évaluation du crédit de la Banque de Grèce, qui fournit des évaluations des entités
du crédit juridiques grecques du secteur non financier, comme source d’évaluation du crédit.
Ces évaluations peuvent désormais être utilisées pour déterminer l’éligibilité des
créances privées sur les sociétés non financières grecques en garantie des
opérations de crédit de l’Eurosystème et les décotes qui leur sont appliquées. Le
système interne d’évaluation du crédit de la Banque de Grèce est l’un des neuf
systèmes d’évaluation du crédit de banque centrale nationale actuellement acceptés
par le Conseil des gouverneurs.
Scope Ratings GmbH est agréé En novembre, le Conseil des gouverneurs a décidé d’agréer Scope Ratings GmbH
comme nouvelle agence externe de
notation du crédit comme nouvel organisme externe d’évaluation du crédit (external credit assessment
institution, ECAI), après une évaluation approfondie par l’Eurosystème de la
candidature de cette entreprise sur la base des critères d’agrément de
l’Eurosystème pour les ECAI. L’évaluation a pris en considération des critères
quantitatifs et qualitatifs, ainsi que tout commentaire pertinent formulé par l’Autorité
européenne des marchés financiers (European Securities and Markets Authority,
ESMA) en matière de supervision bancaire. Les notations fournies par Scope
Ratings seront utilisées avec les notations des ECAI déjà agréées (DBRS
Morningstar, Fitch Ratings, Moody’s et S&P Global Ratings) pour déterminer
l’éligibilité des actifs acceptés en garantie des opérations de politique monétaire et
les décotes qui leur seront appliquées une fois achevé le processus d’intégration de
Scope Ratings au sein de l’infrastructure informatique de l’Eurosystème.
32 Cf. la note explicative « D’où proviennent les bénéfices et les pertes de la BCE et des banques
centrales nationales de la zone euro ? », BCE, actualisé le 19 mai 2023.
Encadré 3
L’évolution de l’excédent de liquidité et son impact sur le taux du marché des opérations
non garanties en euros
Cet encadré analyse les effets de la réduction du bilan de l’Eurosystème sur le marché monétaire
en euros. La contraction de l’excédent de liquidité résultant de la réduction du bilan n’a pas
perturbé la transmission des modifications des taux d’intérêt directeurs de la BCE aux taux du
marché monétaire des opérations en blanc. Toutefois, une asymétrie est apparue en 2023 dans la
réaction du spread entre le taux à court terme en euros (€STR) et le taux de la facilité de dépôt de
la BCE, qui a été moins sensible à la réabsorption de l’excédent de liquidité qu’à l’injection
antérieure de liquidité. Une analyse préliminaire suggère que ce phénomène est probablement
temporaire.
Le taux de la facilité de dépôt n’étant plus négatif et en raison du recalibrage des conditions pour
les TLTRO III, l’excédent de liquidité s’est réduit, revenant de 4 400 milliards d’euros le 27 juillet
2022 à 3 300 milliards d’euros le 31 décembre 2023 (graphique A, partie a). Cette réduction, à
hauteur de 1 100 milliards d’euros, résulte principalement du remboursement de 1 700 milliards
d’euros empruntés par les banques dans le cadre des TLTRO III. L’arrivée à échéance des avoirs
de l’Eurosystème détenus au titre du programme d’achats d’actifs (asset purchase programme,
APP) a également contribué à cette baisse, les remboursements qui n’étaient pas réinvestis
absorbant 300 milliards d’euros. À l’inverse, l’évolution des facteurs autonomes a permis de
réinjecter 900 milliards d’euros de liquidités excédentaires dans le système, reflétant une réduction
des dépôts ne relevant pas de la politique monétaire détenus par les clients institutionnels auprès
La diminution de la liquidité n’a pas réduit l’écart entre l’€STR et le taux de la facilité de dépôt
Les données historiques suggèrent qu’une baisse importante de l’excédent de liquidité devrait
entraîner une réduction de l’écart entre l’€STR et le taux de la facilité de dépôt. Néanmoins, la
diminution récente de l’excédent de liquidité n’a pas abouti à une compression de cet écart
(graphique A, partie b), lequel s’est élargi jusqu’au second semestre 2022 puis stabilisé à près de
– 10 points de base à partir de novembre 2022. Cette rupture par rapport aux profils historiques
soulève la question de savoir s’il s’agit d’un phénomène temporaire ou d’une transformation
structurelle.
Graphique A
Évolution de l’excédent de liquidité
a) Excédent de liquidité et composantes b) Excédent de liquidité et écart €STR/taux de la
facilité de dépôt
(en milliers de milliards d’euros) (axe des abscisses : excédent de liquidité en milliers de milliards d’euros ;
axe des ordonnées : écart en points de base)
Sources : BCE (base de données sur les opérations de marché), Bloomberg et calculs des services de l’Eurosystème.
Notes : Partie a) : le taux de la facilité de dépôt a été négatif jusqu’au 26 juillet 2022, puis il est passé de –0,50 % à 0,00 % le 27 juillet. Partie b) : le taux de la
facilité de dépôt a été négatif du 1er octobre 2019 au 26 juillet 2022 (période couverte par ce graphique). Le taux de la facilité de dépôt a été égal à zéro du
27 juillet 2022 au 13 septembre 2022. Le taux de la facilité de dépôt est positif depuis le 14 septembre 2022, date à laquelle il a été relevé de 0,00 % à
0,75 %.
Déterminants
D’après l’ensemble de données relatif aux statistiques des marchés monétaires (money market
statistical reporting, MMSR), les emprunts non garantis sont passés d’une moyenne quotidienne
de 120 milliards d’euros pendant la période de taux négatif de la facilité de dépôt en 2021 et 2022
à 210 milliards d’euros fin 2023, cette hausse concernant l’ensemble des secteurs de contrepartie
(graphique B, partie b). Le retour à des taux positifs et la fin du système à deux paliers ont ainsi
entraîné une hausse notable de l’offre sur le compartiment des opérations en blanc.
Dans un contexte d’offre excédentaire, les banques ont bénéficié d’un pouvoir de marché plus
important dans la négociation des taux d’intérêt avec leurs clients, comme cela apparaît clairement
dans la plus grande dispersion de leurs contributions au calcul du €STR, la majorité tirant le taux
vers le bas. Si les investisseurs fournissant des fonds ont privilégié les échéances courtes, car ils
anticipaient une hausse des taux de la BCE, les banques n’ont montré que peu d’appétence pour
ces échéances qui n’ont pas d’effet positif sur les mesures réglementaires de la liquidité tout en
augmentant de façon coûteuse la taille totale de leur bilan. Les banques ont donc tendance à
facturer une prime aux déposants pour compenser l’effet négatif de ces dépôts sur leur ratio de
levier. Cette prime a exercé une pression à la baisse sur l’€STR, en particulier aux dates de
déclaration trimestrielle et de fin d’année.
Graphique B
Activité de négociation
a) Excédent de liquidité négociable et écart b) Emprunts non garantis par secteur de
€STR/taux de la facilité de dépôt contrepartie
(échelle de gauche : excédent de liquidité en milliers de milliards d’euros ; (en milliards d’euros)
échelle de droite : écart en points de base)
Sources : BCE (base de données sur les opérations de marché, MMSR), Bloomberg et calculs des services de l’Eurosystème.
Notes : Partie a) : le taux de la facilité de dépôt a été négatif jusqu’au 26 juillet 2022, puis il est passé de – 0,50 % à 0,00 % le 27 juillet. « Réserves
exonérées » se réfère à la part de l’excédent de liquidité exemptée d’une rémunération négative au titre du système à deux paliers. Partie b) : le taux de la
facilité de dépôt est positif depuis le 14 septembre 2022, date à laquelle il a été relevé de 0,00 % à 0,75 %. Le montant des transactions indiqué dans le
graphique comprend tous les dépôts à vue à court terme en euros, les dépôts des sociétés non financières, les comptes de dépôt à vue rémunérés (call
accounts) et d’autres emprunts résiduels d’une durée inférieure ou égale à un an. SNF : sociétés non financières. « Autre » se rapporte aux fonds
d’investissement (à l’exception des fonds d’investissement monétaires), aux fonds de pension et aux caisses d’assurance, ainsi qu’aux secteurs résiduels.
Les conditions financières se sont Les emprunteurs souverains de la zone euro, ayant bénéficié des taux d’intérêt bas
durcies et les coûts du service de la
dette ont augmenté pour les des années antérieures et soutenus par l’instrument de protection de la transmission
ménages, les entreprises et les de la BCE, ont observé une hausse généralisée des coûts de financement en 2023,
administrations publiques
avec une dispersion limitée entre pays au cours de l’année. Néanmoins, les
Les marchés financiers sont restés Abstraction faite des divers épisodes de volatilité observés en 2023, la fixation
vulnérables aux mauvaises
surprises globale des prix sur les marchés financiers pendant l’année semblait s’appuyer sur
des attentes optimistes quant aux perspectives macrofinancières et présentait donc
une vulnérabilité à toute mauvaise surprise. Tandis que les primes de risque
semblaient bien correspondre aux tendances historiques sur le marché des
obligations d’entreprises, elles se sont nettement comprimées sur le marché des
actions. La réaction inhabituellement modeste du cours des actions à la hausse des
taux d’intérêt risquait d’exposer les actions à des réévaluations brutales, si les effets
défavorables du ralentissement économique sur la rentabilité des entreprises
s’avéraient plus importants qu’attendu par les investisseurs. En outre, le sentiment
des marchés à l’égard du risque est resté très sensible à de nouvelles surprises
concernant les perspectives d’inflation et de croissance et, par extension, la
trajectoire de la politique monétaire.
Le secteur de l’intermédiation Le secteur de l’intermédiation financière non bancaire est resté relativement stable
financière non bancaire est resté
exposé aux risques de liquidité et en 2023, observant des flux continus vers les fonds d’obligations souveraines et
de crédit d’obligations d’entreprises de bonne qualité (investment-grade). Cela a favorisé une
plus grande absorption de la dette émise par les États et par les entreprises. Dans le
même temps, les entités du secteur de l’intermédiation financière non bancaire ont
réduit activement leur exposition globale au risque de crédit pendant l’année grâce à
un processus continu d’atténuation des risques, réorientant leurs portefeuilles
d’investissement vers des actifs comparativement plus sûrs. Ils sont toutefois restés
vulnérables au risque de crédit. En raison de la forte incertitude économique et du
durcissement des conditions financières, ce secteur risquait de subir des moins-
values de réévaluation résultant de dégradations de notation de ses portefeuilles
d’obligations, ainsi que des défaillances. Il continuait également d’être exposé au
risque de liquidité, les coussins de liquidité des fonds obligataires et actions
demeurant bas dans le contexte du durcissement des conditions financières. De
manière générale, les liquidités détenues par les différents compartiments du
secteur restant limitées, le risque existait que des sorties soudaines de fonds
d’investissement, des appels de marge importants ou des polices d’assurance
devenues caduques mènent à des cessions forcées d’actifs. Les fonds
d’investissement immobiliers étaient toujours particulièrement exposés à la
réalisation des moins-values et aux sorties de fonds des investisseurs, compte tenu
notamment des difficultés rencontrées par le secteur de l’immobilier commercial.
L’instabilité de ce compartiment était particulièrement préoccupante, au vu de son
importance pour le secteur immobilier et de son potentiel d’amplification des risques
dans ce secteur.
Les banques, les fonds d’investissement et les assureurs de la zone euro ont de
nouveau fait face à des défis soulevés par le changement climatique en 2023. Le
cyber-risque a également nécessité un suivi attentif. La multiplication de
catastrophes naturelles majeures résultant du changement climatique et le volume
croissant des pertes associées ont en outre fait augmenter les primes d’assurance
Dans ce contexte, les autorités nationales ont continué à durcir leur politique
macroprudentielle en 2023, de manière à renforcer la résilience des banques. Cela a
été facilité par la rentabilité des banques et leur marge de manœuvre en fonds
33 Seuls 25 % des dommages liés à des catastrophes climatiques sont actuellement assurés dans l’UE.
Pour plus de détails, cf. « Policy options to reduce the climate insurance protection gap », Discussion
Paper, BCE et Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles, avril 2023.
La BCE a communiqué son analyse et ses avis sur les sujets relatifs à la politique
macroprudentielle en 2023. Dans les chapitres relatifs à la politique
macroprudentielle des numéros de mai et novembre de sa Financial Stability
Review, elle souligne l’importance de préserver des coussins macroprudentiels en
cas de détérioration des conditions du secteur bancaire 36. Elle explique également
pourquoi il est nécessaire que les mesures existantes relatives aux emprunteurs
restent en vigueur et qu’elles continuent à agir comme des filets de sécurité
structurels, afin de veiller à ce que les critères d’octroi de crédit ne se détériorent pas
et que les emprunteurs restent résilients. Par ailleurs, elle suggère que la rentabilité
élevée du secteur bancaire pourrait permettre à certains pays de mettre en œuvre
de nouvelles hausses ciblées des coussins macroprudentiels, sous réserve d’éviter
les effets procycliques. Enfin, la BCE a publié des avis expliquant pourquoi
l’instauration de taxes exceptionnelles à la charge des établissements de crédit dans
certains pays pourrait avoir des effets négatifs sur la stabilité financière 37.
L’expérience de la pandémie La BCE a consacré un Macroprudential Bulletin à la possible mise en place d’un
suggère que le rôle des coussins
macroprudentiels libérables devrait taux neutre positif sur le coussin contracyclique. De manière générale, l’expérience
être renforcé de la pandémie suggère que le rôle des coussins macroprudentiels libérables doit
être renforcé, pour remédier efficacement aux chocs systémiques défavorables qui
peuvent survenir indépendamment de la position d’un pays dans les cycles
économique ou financier. Fin 2023, six pays avaient déjà mis en place ou annoncé
34
Fin 2023, sept pays avaient introduit ou annoncé un coussin de risque systémique sectoriel pour
remédier aux risques pesant sur le secteur de l’immobilier résidentiel (Belgique, Allemagne, Lituanie,
Malte, Portugal et Slovénie) et sur le secteur des entreprises (France).
35 Cf. « Governing Council statement on macroprudential policies », BCE, décembre 2022. De plus, en lien
avec les nouveaux taux planchers, des coussins de fonds propres plus élevés pour les autres EIS sont
devenus applicables au 1er janvier 2024 pour les banques de trois pays (Grèce, Espagne et Italie) et le
deviendront dans un autre pays à compter du 1er janvier 2025 (Slovénie).
36 Cf. Financial Stability Review, BCE, mai 2023 et Financial Stability Review, BCE, novembre 2023.
37 Cf. a) Lituanie : Avis de la Banque centrale européenne du 4 avril 2023 sur la mise en place d’une
contribution temporaire de solidarité (CON/2023/9) ; b) Italie : Avis de la Banque centrale européenne
du 12 septembre 2023 sur l’instauration d’une taxe exceptionnelle à l’égard des établissements de
crédit (CON/2023/26) ; c) Slovénie : Avis de la Banque centrale européenne du 2 novembre 2023 sur la
mise en place d’une taxe temporaire sur les banques (CON/2023/35) ; d) Lettonie : Avis de la Banque
centrale européenne du 11 décembre 2023 sur une commission temporaire prélevée auprès des
établissements de crédit aux fins de la protection de l’emprunteur d’un prêt hypothécaire
(CON/2023/42) ; et e) Pays-Bas : Avis de la Banque centrale européenne du 15 décembre 2023 sur la
mise en place d’une taxe sur les établissements de crédit (CON/2023/45).
Par ailleurs, la BCE a soutenu les travaux du CERS sur : a) les outils
macroprudentiels pour la cyber-résilience 39 ; b) les implications systémiques et les
mesures possibles concernant les crypto-actifs et la finance décentralisée 40 ; c) le
suivi des vulnérabilités liées à l’intermédiation financière non bancaire 41 ; d) les
mesures possibles pour remédier aux risques en matière de dette des entreprises et
de fonds d’investissement immobiliers 42 ; e) les vulnérabilités dans le secteur de
l’immobilier commercial, qui ont donné lieu à la publication d’une recommandation
par le CERS 43 ; et f) les cadres macroprudentiels sur la gestion des risques liés au
climat 44. Des informations plus détaillées sont disponibles sur le site internet du
CERS et dans ses rapports annuels.
38 Fin 2023, les pays suivants ont introduit ou annoncé un taux neutre positif pour le coussin
contracyclique : Irlande (1,5 %), Chypre (0,5 %), Lettonie (1 %), Lituanie (1 %), Pays-Bas (2 %) et
Slovénie (1 %).
39 Cf. « Advancing macroprudential tools for cyber resilience », CERS, février 2023.
40 Cf. « Crypto-assets and decentralised finance », CERS, mai 2023.
41 Cf. « NBFI Monitor », CERS, juin 2023.
42 Cf. « Issues note on policy options to address risks in corporate debt and real estate investment funds
from a financial stability perspective », CERS, septembre 2023.
43 Cf. « ESRB issues a recommendation on vulnerabilities in the commercial real estate sector in the
European Economic Area », communiqué de presse, CERS, 25 janvier 2023.
44 Cf. « Towards macroprudential frameworks for managing climate risk », BCE, CERS, décembre 2023.
Malgré les résultats du SREP et bien que les banques européennes aient enregistré
une rentabilité record en 2023, la BCE estime qu’il faut se garder de tout excès de
confiance. La transmission croissante et progressive de ses taux directeurs aux taux
des dépôts des banques et l’augmentation globale des coûts de financement des
banques, ainsi qu’une détérioration de la qualité des actifs dans le secteur de
l’immobilier résidentiel et dans d’autres secteurs sensibles aux taux d’intérêt
pourraient compromettre la pérennité de profits élevés. Les travaux de surveillance
prudentielle de la BCE restent concentrés sur les faiblesses persistantes dans la
gestion du risque, la gouvernance et les contrôles internes, et sur les risques
émergents.
La supervision est devenue plus Au cours de l’année 2023, la supervision bancaire de la BCE est devenue plus
efficace et davantage axée sur les
risques efficace et davantage axée sur les risques. Sur la base de ses travaux internes et
des recommandations du groupe d’experts, la BCE a mis en œuvre un nouveau
cadre de tolérance au risque permettant aux autorités de surveillance d’adapter et
de prioriser leurs activités selon la situation individuelle de la banque soumise à leur
surveillance prudentielle, plutôt que d’adopter une approche universelle applicable à
tous (one size fits all). Dans le même ordre d’idée, elle a introduit un nouveau cadre
d’évaluation pluriannuel pour le SREP, permettant aux autorités de surveillance de
mieux calibrer l’intensité et la fréquence de leurs analyses. Elle a également
commencé à développer des processus d’intensification plus rapides et plus
efficaces, en s’appuyant sur l’ensemble des outils de supervision bancaire, y
En décembre 2023, la BCE a publié les priorités prudentielles pour 2024-2026, qui
sont les suivantes : a) renforcer la résilience face aux chocs macrofinanciers et
géopolitiques immédiats, b) accélérer le traitement effectif des insuffisances en
matière de gouvernance et de gestion des risques liés au climat et à
l’environnement, et c) faire des progrès plus importants dans la transformation
numérique et élaborer des cadres solides de résilience opérationnelle.
En octobre 2023, Claudia Buch a été nommée en tant que nouvelle présidente du
Conseil de surveillance prudentielle de la BCE, conformément au processus de
sélection institutionnel établi.
De plus amples informations sont disponibles sur le site internet de la BCE consacré
à la supervision bancaire et dans le Rapport annuel de la BCE sur les activités de
surveillance, 2023.
45 Cf. « Powers, ability and willingness to act – the mainstay of effective banking supervision », discours
de Frank Elderson, membre du Directoire de la BCE et vice-président du conseil de surveillance
prudentielle de la BCE, à la Maison de l’euro, Bruxelles, 7 décembre 2023.
46 Faisant usage de son pouvoir de sanction à l’égard des établissements de crédit soumis à la
surveillance prudentielle, la BCE a sanctionné Landesbank Hessen-Thüringen Girozentrale et
Goldman Sachs Bank Europe pour déclaration erronée de leurs besoins en fonds propres, en février
2023 et en mai 2023 respectivement. En août 2023, elle a sanctionné de Volksbank pour avoir mal
calculé ses besoins en fonds propres.
47 Règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant les
exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et modifiant le règlement (UE)
no 648/2012 (JO L 176 du 27.06.2013, p. 1).
48 Directive 2013/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant l’accès à
l’activité des établissements de crédit et la surveillance prudentielle des établissements de crédit,
modifiant la directive 2002/87/CE et abrogeant les directives 2006/48/CE et 2006/49/CE (JO L 176 du
27.06.2013, p. 338).
49 Pour une évaluation détaillée du paquet bancaire de l’UE et de l’orientation de la BCE, cf. « Des règles
strictes, des banques solides – le paquet bancaire », Rapport annuel 2022, BCE, mai 2023.
50 Cf. l’avis de la banque centrale européenne du 6 juin 2023 sur la proposition de directive sur le devoir
de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CON/2023/15) (JO C, 249, du 14.07.2023, p. 3)
et l’avis de la Banque centrale européenne du 4 octobre 2023 sur la transparence et l’intégrité des
activités de notation environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) (CON/2023/30) (JO C,
C/2023/1354, du 01.12.2023).
51 Cf. l’avis de la Banque centrale européenne du 5 juillet 2023 sur les modifications du cadre de l’Union
pour la gestion des crises et l’assurance des dépôts (CON/2023/19) (JO C 307 du 31.01.2023, p.19).
52 Règlement (UE) 2023/1114 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2023 sur les marchés de
crypto-actifs, et modifiant les règlements (UE) no 1093/2010 et (UE) no 1095/2010 et les directives
2013/36/UE et (UE) 2019/1937 (JO L 150, du 09.06.2023, p. 40).
53 Cf. 1) Avis de la Banque centrale européenne du 16 février 2022 sur une proposition de règlement
instituant l’Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme
(CON/2022/4) (JO C 210 du 25.05.2022, p. 5) ; 2) Avis de la Banque centrale européenne du 16 février
2022 sur une proposition de directive et de règlement relatifs à la prévention de l’utilisation du système
financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme (CON/2022/5) (JO C
210 du 25.05.2022, p.15) ; et 3) Avis de la Banque centrale européenne du 30 novembre 2021 sur une
proposition de règlement visant à élargir les exigences de traçabilité aux transferts de crypto-actifs
(CON/2021/37) (JO C 68 du 09.02.2022, p.2).
54
Cf. Panetta (F.), « Europe needs to think bigger to build its capital markets union », The ECB Blog,
BCE, 30 août 2023 ; « Une révolution kantienne pour l’union des marchés de capitaux », discours de
Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors du Congrès bancaire européen, Francfort-sur-le-Main,
17 novembre 2023 ; et « Banking Union and Capital Markets Union: high time to move on », discours
de Luis de Guindos, vice-président de la BCE, lors de la conférence annuelle conjointe de la
Commission européenne et de la Banque centrale européenne sur l’intégration financière européenne,
Bruxelles, 7 juin 2023.
55 Cf. le chapitre 4 pour plus de détails sur le règlement sur l’infrastructure du marché européen.
56 Cf. « Non-banks’ liquidity preparedness and leverage: insights and policy implications from recent
stress events », Financial Stability Review, BCE, mai 2023 ; et « The growing role of investment funds
in euro area real estate markets: risks and policy considerations », Macroprudential Bulletin, BCE,
3 avril 2023.
57 Cf. « The Financial Stability Implications of Leverage in Non-Bank Financial Intermediation », CSF,
6 septembre 2023 ; et « Enhancing the Resilience of Non-Bank Financial Intermediation, Progress
Report, CSF, 6 septembre 2023.
58 Cf. « Revised Policy Recommendations to Address Structural Vulnerabilities from Liquidity Mismatch in
Open-Ended Funds », CSF, 20 décembre 2023, et « The growing role of investment funds in euro area
real estate markets: risks and policy considerations », Macroprudential Bulletin, no 20, BCE, avril 2023.
Quelque 1 000 banques utilisent T2 pour réaliser des opérations en euros, pour leur
propre compte ou pour celui de leurs clients. Si l’on inclut les succursales et les
filiales, plus de 40 000 banques sont connectées à T2 à travers le monde. En 2023,
une moyenne de 409 444 paiements par jour, d’une valeur quotidienne moyenne de
2 200 milliards d’euros, ont été traités à l’aide de T2 et son prédécesseur TARGET2.
Cela représente une augmentation du volume journalier des paiements de 2,9 % par
rapport à 2022.
Le DCT croate a été affilié dans le cadre d’une vague au cours de laquelle cinq DCT
ont rejoint avec succès la plateforme T2S : Euroclear Bank, l’un des plus grands
DCT au monde, le système de règlement-livraison de titres d’État bulgare et le
dépositaire central AD, l’autre DCT opérant en Bulgarie, Središnje klirinško
depozitarno društvo d.d. (SKDD) en Croatie et Euroclear Finland. La plateforme T2S
connecte désormais 24 DCT de 23 marchés européens, permettant ainsi le
règlement de titres en euros et en couronnes danoises. Cette vague de migration a
constitué une évolution importante pour T2S et l’Eurosystème sur le plan du
fonctionnement, de l’exploitation et de la stratégie. En particulier, l’affiliation réussie
d’un DCT (Euroclear Finland) qui gère des comptes d’investisseurs finaux confirme
une nouvelle fois que les infrastructures de marché de l’Eurosystème fonctionnent
avec l’ensemble des marchés et juridictions de l’UE. En outre, sur le plan de
l’exploitation, la migration d’Euroclear Bank amène les instruments d’euro-
obligations directement dans T2S et, à partir de 2024, dans le système de gestion
des garanties de l’Eurosystème (Eurosystem Collateral Management System,
ECMS). En 2023, T2S a traité en moyenne 699 868 opérations par jour, pour une
valeur quotidienne moyenne de 790,3 milliards d’euros.
En juillet 2023, l’Eurosystème a publié une nouvelle structure tarifaire pour TIPS qui
est entrée en vigueur le 1er janvier 2024. Elle garantit que le service fonctionne sur la
base d’un recouvrement des coûts, sans réaliser de bénéfices. La structure tarifaire
de TIPS vise parallèlement à favoriser l’adoption des paiements instantanés en
Europe, qui devrait également s’accélérer, compte tenu de la proposition législative
de la Commission européenne visant à rendre les paiements instantanés en euros
accessibles à tous les citoyens et entreprises titulaires d’un compte bancaire dans
l’UE et dans les pays de l’Espace économique européen.
Les éventuelles étapes ultérieures seront décidées par le Conseil des gouverneurs
en fonction des résultats du premier stade de la phase de préparation et des
évolutions du processus législatif.
59 Pour plus d’informations, cf. les conclusions des groupes de réflexion dans l’étude sur les nouvelles
méthodes de paiement numérique de mars 2022 et dans l’étude sur les caractéristiques des
portefeuilles numériques de mars 2023 réalisées dans le cadre du projet d’euro numérique.
La stratégie actualisée maintient ses objectifs principaux, qui sont d’élaborer des
solutions paneuropéennes pour les paiements au point d’interaction (c’est-à-dire au
point de vente physique et dans l’espace mobile et de commerce électronique), et de
renforcer encore l’espace unique de paiement en euros (Single Euro Payments
Area, SEPA), en recourant avant tout au plein déploiement des paiements
instantanés. La stratégie ajoute l’objectif d’accroître la résilience des paiements de
détail, notamment en mettant à disposition des solutions de paiement de secours.
Enfin, la complémentarité entre la stratégie de l’Eurosystème en matière de
paiements de détail et le projet d’euro numérique est mise en avant, avec l’accent
sur les différentes manières pour un euro numérique de contribuer à la réalisation
des objectifs de la stratégie. Par exemple, un euro numérique offrirait une solution
de paiement paneuropéenne en soi, tout en aidant les solutions de paiement de
détail privées à atteindre une portée paneuropéenne.
Des progrès ont été réalisés en Conformément à son objectif de poursuite de l’intégration des marchés financiers
matière d’intégration financière
dans le domaine du post-marché européens dans le domaine du post-marché, et de contribution à la réalisation de
l’union des marchés des capitaux, le groupe consultatif de l’Eurosystème sur les
infrastructures de marché pour les titres et les garanties (Advisory Group on Market
Infrastructures for Securities and Collateral, AMI-SeCo) a continué de rendre compte
des progrès réalisés par les marchés AMI-SeCo (l’Espace économique européen et
les marchés britannique et suisse) pour le respect des normes du programme
d’harmonisation T2S, du règlement unique sur la gestion des garanties pour l’Europe
(Single Collateral management Rulebook for Europe, SCoRE) (qui est également
nécessaire pour interagir avec l’ECMS) et des normes relatives aux changements
institutionnels (corporate events) – en ce compris les normes relatives à
l’identification des actionnaires. Le taux global de conformité par rapport aux normes
d’harmonisation de T2S est resté autour de 90 %. Les cinq nouveaux DCT qui ont
rejoint T2S en septembre 2023 ont été évalués comme étant à un niveau élevé de
conformité par rapport aux normes d’harmonisation de T2S. Le Corporate Events
Compliance Report a fourni la preuve que des progrès avaient également été
accomplis en ce qui concerne le respect des normes relatives aux changements
institutionnels. Dans le tableau de bord relatif au second semestre de 2023, l’AMI-
SeCo a noté des retards dans les progrès des intervenants en matière de conformité
par rapport aux normes SCoRE applicables. Compte tenu du report à
novembre 2024 de la mise en service du système de gestion des garanties de
l’Eurosystème (Eurosystem Collateral Management System, ECMS), l’AMI-SeCo a
accepté de reculer la date limite de mise en conformité avec les normes SCoRE
concernées.
Le secteur financier s’intéresse de plus en plus aux applications potentielles de la DLT, y compris
pour les transactions actuellement réglées en monnaie de banque centrale. En cas d’adoption
significative de la DLT par le secteur, les banques centrales pourraient être amenées à prendre des
mesures pour préserver le fonctionnement harmonieux des systèmes de paiement et le rôle de la
monnaie de banque centrale comme ancrage monétaire soutenant la stabilité, l’intégration et
l’efficacité du système financier européen.
Figure A
Solutions conceptuelles pour le règlement en monnaie de banque centrale des transactions de gros
enregistrées sur les plateformes DLT
Source : Cf. Neuhaus (H.) et Plooij (M.), « Le règlement des transactions de gros en monnaie de banque centrale face à l’innovation technologique », Bulletin
économique, no 8, BCE, 2023, p. 104-119.
Notes : Les lignes, les points et les pictogrammes bleus représentent la monnaie de banque centrale (CeBM). Les lignes, les points et les pictogrammes
violets représentent les titres.
L’Eurosystème prévoit de mener des travaux exploratoires sur la DLT sous la forme d’essais de
règlement en monnaie de banque centrale réelle et de simulations de liquidations dans un
environnement de test. Cela sera réalisé sur la base de trois solutions de l’Eurosystème permettant
le règlement en monnaie de banque centrale des transactions financières de gros enregistrées sur
des plateformes DLT : d’une part, la solution Trigger fournie par la Banque fédérale d’Allemagne
(Deutsche Bundesbank) et la solution TIPS Hash-Link développée par la Banque d’Italie (Banca
d’Italia), toutes deux fondées sur le concept no 1, et, d’autre part, l’Interopérabilité entièrement DLT,
Un groupe de contact des marchés consacré à la DLT a été établi pour appuyer les travaux
exploratoires de l’Eurosystème. Ce groupe fournit des contributions d’experts et informe
l’Eurosystème des progrès réalisés dans l’utilisation de la DLT ou d’autres nouvelles technologies
sur les marchés financiers de gros.
Source : BCE.
Notes : Liste des lignes de liquidité de banque centrale gérées par l’Eurosystème (au 31 décembre 2023). Le tableau n’inclut pas les
lignes de repo mises en place avec les banques centrales n’appartenant pas à la zone euro dans le cadre de la facilité de repo de
l’Eurosystème pour les banques centrales (Eurosystem repo facility for central banks, EUREP), pour lesquelles la BCE n’a pas
communiqué ses contreparties. Dans le nouveau régime, la BCE a publié toutes les lignes de liquidité depuis le 16 janvier 2024.
La BCE n’est pas intervenue sur le marché des changes en 2023. Depuis
l’introduction de l’euro, la BCE est intervenue sur le marché des changes à deux
Tableau 5.2
Interventions de la BCE sur le marché des changes
Montant brut Montant net
Type Couple de (millions (millions
Période Date d’intervention devises Devise achetée d’euros) d’euros)
T1 à T4 2021 - - - - - -
T1 à T4 2022 - - - - - -
T1 à T4 2023 - - - - - -
Source : BCE.
Au 31 décembre 2023, l’encours nominal total s’élevait à 200 millions d’euros dans
le cadre du mécanisme MTFA, à 42,8 milliards d’euros au titre du MESF, à
98,4 milliards d’euros au titre de l’instrument SURE et à 39,54 milliards d’euros dans
le cadre de la convention de prêt en faveur de la Grèce. Enfin, la BCE a procédé
en 2023 aux décaissements et aux paiements des intérêts de prêts et de
subventions au titre du programme NGEU à destination et émanant de différents
États membres, et a traité les prêts MFA+ à destination de l’Ukraine.
Fin 2023, le nombre de comptes de clients gérés dans le cadre des ERMS s’élevait
à 273, contre 270 fin 2022. Le total des avoirs agrégés (encaisses et portefeuilles de
titres compris) gérés dans le cadre des ERMS a diminué de quelque 20 % en 2023
par rapport à 2022.
La circulation des billets en euros a été affectée par les relèvements des taux
directeurs de la BCE, sous l’effet de la diminution des avoirs en espèces détenus à
titre de réserve de valeur. Une grande majorité de citoyens européens estiment qu’il
est important d’avoir la possibilité de payer en espèces. Dès lors, la BCE s’efforce
de garantir un accès efficace aux espèces et leur acceptation dans la zone euro.
L’Eurosystème s’est également engagé à faire en sorte que les espèces restent
aussi durables et respectueuses de l’environnement que possible et a évalué
l’empreinte environnementale des billets de banque en tant que moyen de paiement.
Les préparatifs en vue de la réalisation d’une nouvelle série de billets en euros sont
l’occasion de rendre les billets en euros plus évocateurs pour tous les Européens. Le
grand public est dès lors consulté tout au long du processus de conception.
Source : BCE.
La valeur des pièces en euros en circulation a progressé de 3,2 % par an, pour
s’établir à 33,5 milliards d’euros fin 2023, ce qui correspond à 148,2 milliards de
pièces en euros.
Les conclusions de l’étude ont montré que l’empreinte, par personne et par an, de
l’utilisation des billets en euros est équivalente à un trajet de huit kilomètres en
voiture et qu’elle ne représente que 0,01 % de l’incidence annuelle totale sur
l’environnement des activités de consommation.
L’étude sur l’empreinte Les billets sont réutilisés à plusieurs reprises après leur mise en circulation. La
environnementale de produit s’est
également penchée sur les progrès phase de distribution, en ce compris la consommation d’énergie et le transport, est la
engrangés jusqu’à présent principale contributrice à leur empreinte environnementale. L’utilisation de coton
durable pour la fabrication du papier à billets a réduit l’incidence environnementale
des billets en euros de près de 50 % et l’empreinte globale des paiements effectués
avec des billets en euros de 3,6 % comparativement à l’utilisation de coton
conventionnel issu de sources non durables. De nouvelles réductions sont prévues
une fois que la transition vers un coton plus organique deviendra une réalité.
D’importants travaux de recherche et de développement sont en cours afin
d’identifier d’autres méthodes d’élimination des déchets de billets, telles que le
recyclage et la réutilisation de ceux-ci.
Source : BCE.
Afin de veiller à ce que l’avis des Un groupe consultatif multidisciplinaire, composé de représentants de tous les pays
Européens soit pris en compte dans
les futurs graphismes, le grand de la zone euro, a proposé une liste restreinte de thèmes établie sur la base des
public est consulté tout au long du suggestions du grand public. Le Conseil des gouverneurs a ensuite sélectionné sept
nouveau processus de conception
thèmes, à propos desquels le grand public a été invité à exprimer ses préférences.
Sur la base des résultats de deux enquêtes menées auprès du grand public durant
l’été 2023, le Conseil des gouverneurs a retenu deux thèmes possibles pour les
futurs billets en euros : « La culture européenne » et « Fleuves et oiseaux ».
Une décision sur les conceptions En outre, le Conseil des gouverneurs a réuni un groupe consultatif chargé de
définitives et sur le calendrier de
production et d’émission des proposer, d’ici fin 2024, des motifs susceptibles d’illustrer les thèmes sélectionnés.
nouveaux billets est attendue en Par la suite, un concours sera organisé pour concevoir les nouveaux billets. Les
2026
citoyens européens auront de nouveau l’occasion d’exprimer leurs préférences entre
plusieurs propositions. La BCE devrait se prononcer en 2026 sur les graphismes
définitifs et sur le calendrier de production et d’émission des futurs billets. Une fois
prise la décision de produire de nouveaux billets, il faudra encore patienter quelques
années avant que ces derniers ne soient effectivement émis.
La BCE, assistée par les banques centrales nationales (BCN), développe, collecte,
compile et diffuse une large gamme de statistiques et de données nécessaires à la
conduite de sa politique monétaire. Ces statistiques étayent d’autres missions du
Système européen de banques centrales (SEBC) et du Comité européen du risque
systémique, liées notamment à la stabilité financière. Elles sont également utilisées
par les autorités publiques, les organisations internationales, les intervenants sur les
marchés financiers, les médias et le grand public, ce qui contribue à accroître la
transparence des activités de la BCE.
De nouvelles ventilations des En outre, la BCE a commencé à publier de nouvelles ventilations de la composante
crédits, numéraire et dépôts de la
dette des administrations publiques « crédits, numéraire et dépôts » de la dette publique des États membres de l’UE, ce
ont été publiées qui permet une évaluation plus approfondie du financement public. Alors que les
titres de créance constituent généralement la plus grande part de la dette publique,
les crédits et les dépôts sont également des composantes importantes, équivalentes
en 2022 à 16 % environ du PIB de la zone euro et à 17,5 % de la dette publique
La BCE a décidé d’élargir la En avril 2023, la BCE a décidé d’élargir la population déclarante du dispositif de
population déclarante des
statistiques du marché monétaire collecte des données portant sur le marché monétaire (Money Market Statistical
de l’euro Reporting, MMSR), ajoutant 24 nouvelles banques aux 46 établissements déjà
déclarants. Les nouvelles banques participant au MMSR commenceront à effectuer
leurs déclarations le 1er juillet 2024. Les données qu’elles fourniront contribueront à
accroître la représentativité des données MMSR publiées par la BCE. Les données
communiquées par les nouveaux agents déclarants seront incluses dans le calcul du
taux à court terme de l’euro (€STR) à un stade ultérieur, afin de s’assurer au
préalable que les données nouvellement collectées sont de qualité suffisante.
L’élargissement de la population déclarante favorisera la représentativité, la
robustesse et la fiabilité du taux de référence.
La BCE a publié de nouvelles À la suite de la modification de son orientation relative aux obligations de déclaration
statistiques des comptes financiers
comportant une ventilation des statistique en matière de comptes financiers trimestriels, en octobre 2023, la BCE a
droits sur les assurances-vie et des commencé à publier de nouvelles ventilations pour les droits sur les assurances-vie
droits à pension par type de risque
d’investissement et rentes et pour les droits à pension par type de risque d’investissement, pour
l’ensemble des États membres de l’UE et la zone euro. Ces droits constituent des
composantes importantes des actifs financiers des ménages. Ils sont enregistrés
dans les comptes financiers comme des passifs des sociétés d’assurance et des
fonds de pension (et, dans une bien moindre mesure, d’autres secteurs). Les
nouvelles données montrent dans quelle mesure les ménages supportent le risque
d’investissement des primes et des contributions investies en leur nom.
Les indicateurs expérimentaux sur la finance durable donnent une vue d’ensemble
des instruments de dette présentant des caractéristiques de durabilité qui sont émis
ou détenus par les résidents de la zone euro. Ils fournissent des informations sur les
montants collectés en vue de financer des projets durables et, par extension, sur la
transition vers une économie neutre en carbone.
Les indicateurs analytiques sur les risques physiques des portefeuilles de prêts et de
titres évaluent les risques découlant des retombées de catastrophes naturelles
induites par le changement climatique, comme les inondations et les incendies, sur
la performance des prêts, des obligations et des actions. Ces indicateurs peuvent
être utilisés pour comparer les risques physiques entre les pays, les secteurs et les
types de catastrophe.
Les travaux se sont poursuivis sur les trois séries de données afin d’accroître la
qualité des informations et la disponibilité des ventilations, y compris, notamment,
les détails géographiques et sectoriels.
L’IReF constitue une première étape vers une initiative plus large en faveur d’un
système de déclaration intégré pour les données statistiques, prudentielles et
relatives à la résolution dans l’Union européenne, réclamé par le secteur bancaire
européen et demandé par le Parlement européen et le Conseil. L’Autorité bancaire
européenne, la BCE, le Conseil de résolution unique et la Commission européenne
collaborent au sein d’un groupe de coordination informel dans le but de promouvoir
davantage cette intégration. En 2023, ils ont discuté des modalités de
fonctionnement d’un comité conjoint pour les déclarations bancaires (Joint Bank
Reporting Committee, JBRC), auquel participeraient les autorités européennes et
nationales compétentes ainsi que le secteur bancaire. Le JBRC devrait être mis en
place en 2024.
Encadré 5
Première publication des nouveaux comptes distributionnels de patrimoine des ménages
Les nouveaux comptes distributionnels de patrimoine publiés par la BCE donnent des indications
sur la répartition du patrimoine des ménages et des pays de la zone euro qui sont cohérentes avec
les comptes sectoriels trimestriels agrégés. Ces nouvelles statistiques étayent les analyses de la
stabilité économique, monétaire et financière de la BCE Ce projet est lié à la nouvelle stratégie de
la politique monétaire de la BCE de 2021, qui a pour objectif d’inclure une évaluation systématique
de l’interaction réciproque entre la distribution du revenu et du patrimoine, d’une part, et la politique
monétaire, d’autre part. Les comptes distributionnels de patrimoine permettront de mieux
appréhender le processus de transmission de la politique monétaire. Cette publication fait suite aux
recommandations de l’initiative du G20 sur les lacunes en matière de données (G20 Data Gaps
Initiative), visant à développer des informations distributionnelles sur le revenu, la consommation,
l’épargne et le patrimoine des ménages, le tout en ligne avec les comptes nationaux.
La méthode et les résultats ont été élaborés et compilés par le Système européen de banques
centrales. L’approche commune peut encore être améliorée au niveau national par la prise en
compte des sources de données supplémentaires disponibles à l’échelle locale. Certaines banques
centrales nationales ont déjà mis en œuvre de telles améliorations. Les données combinent les
comptes sectoriels trimestriels agrégés avec les informations individuelles par ménage tirées de
l’enquête sur le comportement financier des ménages (Household Finance and Consumption
Survey, HFCS) menée entre 2010 et 2021, ainsi que d’autres sources. Les résultats compilés pour
les trimestres postérieurs à 2021 sont estimés sur la base des données des comptes sectoriels les
plus récents et des résultats de la dernière vague disponible de la HFCS ou, dans certains pays, de
données collectées par les INS. Les données sont établies trimestriellement et publiées cinq mois
après la fin de chaque période. Les résultats sont disponibles pour la zone euro, 19 pays de la zone
(tous les pays membres à l’exception de la Croatie) et la Hongrie.
Les comptes distributionnels de patrimoine fournissent des données sur le patrimoine net ainsi que
sur le total des actifs et des passifs et leurs composantes. Les ménages sont ventilés entre les cinq
déciles supérieurs de patrimoine net et les 50 % de déciles inférieurs, ainsi que par type d’emploi et
par mode d’occupation du logement. L’ensemble des données tirées des comptes distributionnels
de patrimoine inclut également le coefficient de Gini pour le patrimoine net, des données sur les
patrimoines nets médian et moyen, la part du patrimoine net détenue par les 50 % de ménages les
moins nantis, les 10 % et les 5 % les plus aisés, ainsi que le ratio dettes/actifs par décile de
patrimoine net des ménages.
Encadré 6
Les statistiques sur les paiements ‒ élargissement du champ d’application et
augmentation de la fréquence
Le règlement modifié de la BCE concernant les statistiques relatives aux paiements est entré en
vigueur le 1er janvier 2022. Les améliorations apportées par rapport au cadre juridique précédent
reflètent à la fois les évolutions survenues dans l’univers des paiements et les modifications
apparentées introduites dans la législation de l’UE. La fréquence de collecte des données a
également augmenté, passant d’annuelle à semestrielle et trimestrielle. La première publication de
données statistiques relatives aux paiements, collectées selon le cadre modifié, a eu lieu le
9 novembre 2023 par le biais du portail de données de la BCE. Les données ont été publiées pour
les quatre trimestres et les deux semestres de 2022 ainsi que pour les deux premiers trimestres
de 2023.
Les statistiques relatives aux paiements mises à disposition sur une base semestrielle incluent
désormais des informations sur les services de paiement de détail innovants, tels les paiements
effectués à l’aide d’appareils mobiles, les paiements sans contact, le commerce électronique et les
nouveaux types de services de paiement définis dans la directive modifiée concernant les services
de paiement (DSP2). Un communiqué de presse accompagne chaque publication semestrielle.
Dans le cadre de la collecte élargie de données, les informations reprises dans le portail de
données de la BCE montrent, entre autres, la forte demande de paiements par carte sans contact,
qui, au premier semestre 2023, ont représenté 57 % de l’ensemble des paiements par carte
effectués dans la zone euro (graphique A).
Source : BCE.
En outre, des données sont collectées concernant les opérations de paiement frauduleuses, les
méthodes d’authentification des opérations de paiement et les dispositifs de paiement. Chaque
trimestre, aux fins du suivi des échanges transfrontière, des données sur la répartition mondiale par
pays des opérations de paiement par carte sont collectées, conjointement à une ventilation par
code de catégorie du commerçant.
En 2023, les recherches de la BCE ont eu pour objet, entre autres, d’évaluer les
fluctuations de l’inflation, la transmission monétaire, le changement climatique et les
évolutions structurelles. Plus précisément, les responsables de la recherche au sein
du Système européen de banques centrales (SEBC) ont lancé le réseau de
recherche sur les défis de la transmission de la politique monétaire dans un monde
en mutation (Challenges for Monetary Policy Transmission in a Changing World,
ChaMP), dont l’objectif est d’exploiter de vastes séries de données granulaires pour
analyser la force, le rythme et l’hétérogénéité des canaux de transmission
monétaires dans la zone euro sur fond de chocs sans précédent, d’évolutions
structurelles et de changements dans la dynamique d’inflation. Le réseau sur le
patrimoine et la consommation des ménages (Household Finance and Consumption
Network, HFCN) a continué d’apporter de nouveaux éclairages sur l’incidence de
l’inflation sur les différents ménages dans la zone euro. L’enquête de la BCE sur les
anticipations des consommateurs (Consumer Expectations Survey, CES) est
maintenant largement reconnue comme une source d’informations précieuses pour
la politique monétaire et pour la recherche en ce qui concerne la formation des
anticipations des ménages. Le changement climatique est resté un thème important
pour les activités de recherche de la BCE. La BCE a aussi collaboré étroitement
avec les banques centrales nationales au sein des pôles de recherche du SEBC, en
organisant des ateliers annuels pour débattre des questions les plus urgentes dans
leurs différents domaines de spécialisation.
Les thèmes de recherche liés au Les thèmes de recherche liés au climat sont restés très importants en 2023. Les
climat sont restés très importants
en 2023 travaux de recherche ont mis en évidence une déconnexion en ce que les banques
qui publient des informations plus détaillées en matière d’environnement ont accordé
davantage de crédits à des emprunteurs pollueurs, sans leur imposer de taux
68 Cf. Pallotti (F.), Paz-Pardo (G.), Slacalek (J.), Tristani (O.) et Violante (G. L.), « Who Bears the Costs of
Inflation? Euro Area Households and the 2021-2022 Shock », Working Paper Series, no 2877, BCE,
2023.
69 Cf. Ehrmann (M.), Georgarakos (D.) et Kenny (G.), « Credibility gains from communicating with the
public: evidence from the ECB’s new monetary policy strategy », Working Paper Series, no 2785, BCE,
février 2023.
En 2023, les experts de la BCE ont publié 120 articles dans la Working Paper Series
de la BCE. Qui plus est, d’autres études de nature plus politique ou méthodologique
ont été publiées dans la série d’articles thématiques (Occasional Paper Series),
dans la série d’articles statistiques (Statistics Paper Series) et dans la série de
documents de discussion (Discussion Paper Series) de la BCE. De nombreuses
activités de recherche de la BCE ont également débouché sur des publications dans
des revues scientifiques réputées, tandis que douze articles ont été diffusés dans le
Bulletin de recherche de la BCE, qui vise un public plus général. L’encadré 7 décrit
plus en détail les résultats des récents travaux de la BCE sur les dynamiques
économiques après des événements extrêmes, ce thème revêtant une grande
importance tant pour la stabilité financière que pour celle des prix.
70 Cf. Giannetti (M.), Jasova (M.), Loumioti (M.) et Mendicino (C.), « Glossy green banks: the disconnect
between environmental disclosures and lending activities », Working Paper Series, no 2882, BCE,
2023.
71 Cf. Nakov (A.) et Thomas (C.), « Climate-conscious monetary policy », Working Paper Series, no 2845,
BCE, 2023.
72 Cf. Bustamante (M. C.) et Zucchi (F.), « Carbon trade-offs: how firms respond to emission controls »,
Research Bulletin, no 109, BCE, 17 juillet 2023.
Encadré 7
Dynamiques économiques après la survenance d’événements extrêmes – quantification
des arbitrages en matière de stabilité financière pour la politique monétaire en périodes
d’inflation élevée
Lorsque les tensions inflationnistes ont commencé à s’intensifier en 2022, les principales banques
centrales mondiales ont été confrontées à un dilemme : durcir rapidement la politique monétaire au
risque d’alimenter les tensions financières après des années de taux d’intérêt extrêmement bas ou
adopter une approche plus progressive qui protégerait le système financier et l’activité économique,
mais avec le risque d’un ancrage de l’inflation à un niveau supérieur à l’objectif. Pour quantifier cet
arbitrage, un modèle empirique non linéaire intégrant les conditions de stabilité financière peut être
utilisé pour évaluer les risques extrêmes pour l’économie de la zone euro découlant du cycle de
durcissement qui a débuté au troisième trimestre 2022 74. L’approche du modèle non linéaire
présente l’avantage de capturer les réactions en chaîne et potentiellement variables dans le temps
entre la politique monétaire et les risques d’instabilité financière future. Bien que rares, les épisodes
d’instabilité financière peuvent avoir des conséquences macroéconomiques dévastatrices, ce qui
les rend extrêmement pertinents pour les responsables de la politique monétaire. Des outils
permettant d’évaluer ces événements extrêmes peuvent, en tant que tels, jouer un rôle significatif
en informant les responsables de la politique monétaire qui cherchent à gérer les risques
macroéconomiques.
73 Cf. également Karadi (P.) et Nakov (A.), « Effectiveness and addictiveness of quantitative easing »,
Journal of Monetary Economics, Vol. 117, 2021, p. 1096-1117, et Van der Ghote (A)., « Interactions and
Coordination between Monetary and Macroprudential Policies », American Economic Journal:
Macroeconomics, Vol. 13(1), 2021, p. 1-34.
74 Cf. également Chavleishvili (S.) et Manganelli (S.), « Forecasting and stress testing with quantile vector
autoregression », Journal of Applied Econometrics, à paraître, et Chavleishvili (S.), Kremer (M.) et
Lund-Thomsen (F.), « Quantifying financial stability trade-offs for monetary policy: a quantile VAR
approach », Working Paper Series, no 2833, BCE, 2023.
Un resserrement de la politique monétaire au-delà des anticipations du marché aurait amplifié les
risques baissiers à court terme pesant sur la croissance et la stabilité financière. En effet, la
probabilité de tensions financières à court terme est particulièrement sensible à la politique
monétaire. À moyen terme, toutefois, un durcissement de la politique monétaire pourrait également
atténuer les risques pour la stabilité financière, en réduisant le levier d’endettement du système
financier et en augmentant les primes de risque de tous les actifs financiers. Le modèle quantifie
les effets d’un resserrement de la politique monétaire sur l’augmentation des risques à court terme
et la diminution des risques à moyen terme pour le système financier et l’économie réelle.
La CJUE a considéré que les En avril 2023, la CJUE (cinquième chambre) a rendu son jugement dans le cadre
normes minimales établies par la
BCE pour vérifier la qualité des d’une procédure préjudicielle soumise par la Cour suprême administrative de
billets en euros ne s’appliquaient Lituanie (affaire C-772/21). La CJUE a considéré que les normes minimales de la
pas aux professionnels appelés à
manipuler des espèces, tels que les BCE pour le contrôle automatique de la qualité des billets en euros par des
établissements de crédit et les
équipements de traitement des billets, visées à l’article 6, paragraphe 2, de la
transporteurs de fonds
décision (BCE/2010/14) relative à la vérification de la qualité des billets en euros, ne
s’appliquaient pas aux professionnels appelés à manipuler des espèces, tels que
La CJUE a confirmé les limites du En mai 2023, la CJUE a précisé la portée du contrôle juridictionnel des tribunaux de
contrôle juridictionnel des décisions
en matière de surveillance bancaire l’UE sur la décision adoptée par la BCE dans le domaine de la surveillance bancaire
fondées sur un large pouvoir sur la base d’un pouvoir discrétionnaire impliquant des appréciations techniques,
d’appréciation
économiques et financières complexes. L’arrêt de la CJUE faisait suite à un pourvoi
de la BCE contre l’arrêt du Tribunal d’avril 2021 par lequel ce dernier annulait la
décision de la BCE refusant d’autoriser le Crédit Lyonnais à exclure du calcul de son
ratio de levier certaines expositions découlant des montants collectés sur les
comptes d’épargne réglementés. Le Tribunal avait considéré que la décision était
entachée d’une erreur d’appréciation manifeste parce que la BCE n’avait pas pris en
considération le fait que ces comptes n’étaient pas soumis à un risque de retraits
massifs et que, par conséquent, ils n’exposaient pas la banque à un risque de
liquidations massives. La CJUE, confirmant les arguments de la BCE, a annulé
l’arrêt du Tribunal, jugeant que la portée du contrôle juridictionnel des tribunaux de
l’UE sur les décisions que la BCE a adoptées sur la base d’un pouvoir
discrétionnaire devait être limitée et ne devait pas conduire le Tribunal à substituer
sa propre appréciation à celle de la BCE. Ce contrôle ne doit viser qu’à vérifier que
la décision n’est pas fondée sur des faits largement erronés ou entachée d’une
erreur manifeste d’appréciation ou d’abus de pouvoir. En l’espèce, la CJUE a
considéré que le Tribunal avait substitué sa propre appréciation concernant les
risques de ventes d’urgence d’actifs auxquels la banque était exposée à celle de la
BCE et que, par conséquent, il avait dépassé les limites du contrôle juridictionnel.
Statuant définitivement en l’espèce, la CJUE a rejeté le recours du Crédit Lyonnais
introduit en première instance en annulation de la décision contestée, jugeant que la
banque n’avait pas démontré que la décision de la BCE était entachée d’une erreur
manifeste d’appréciation.
Douze cas de non-respect de Douze cas de non-respect de l’obligation de consulter la BCE sur les projets de
l’obligation de consulter la BCE sur
les projets de législation ont été réglementations ont été recensés, dont deux par rapport à des actes juridiques de
recensés l’Union et dix par rapport à de la législation nationale. La BCE a adopté des avis
d’initiative par rapport à sept de ces douze cas.
Le premier cas au niveau de l’UE concernait une proposition de l’UE en vue d’un
règlement relatif à des règles harmonisées sur l’accès équitable aux données et sur
leur utilisation (règlement sur les données). Ce cas a été considéré comme évident
et important, en ce qu’il concerne, entre autres, le périmètre de l’accès à des
données privées et leur utilisation par la BCE et les BCN pour une série d’objectifs
d’intérêt public définis. Le deuxième cas au niveau de l’UE concernait un paquet
législatif de l’UE proposant la création d’un point d’accès unique européen
(European Single Access Point, ESAP), fournissant un accès centralisé à des
informations publiques pertinentes pour les services financiers, les marchés des
capitaux et le développement durable. Ce cas a été considéré comme évident et
important, en ce que la création d’un ESAP constitue une étape majeure dans la
réalisation de l’union des marchés des capitaux, qui devrait permettre une allocation
plus efficiente des capitaux dans l’ensemble de l’Union, ce qui contribuerait à la
poursuite du développement et de l’intégration des marchés des capitaux.
77 Affaire C-803/21 P.
Le dernier cas national de non-respect est un cas espagnol portant sur une loi qui
demande à la Banque d’Espagne (Banco de España) d’adopter les mesures
nécessaires pour permettre aux entreprises d’investissement d’ouvrir des comptes
auprès de la banque centrale afin de déposer les fonds qu’elles reçoivent de leurs
clients. Ce cas a été considéré comme évident et important au motif qu’outre son
incidence directe sur le fonctionnement des systèmes de paiement, il pourrait
soulever des problèmes liés à la politique monétaire et à la stabilité financière.
En 2023, la BCE a adopté douze La BCE a adopté douze avis sur des propositions législatives de l’UE, couvrant des
avis sur des propositions d’acte
juridique de l’UE. sujets tels qu’un euro numérique ; le cours légal des billets et des pièces en euros ;
la réforme de la gouvernance économique dans l’Union ; les cadres européens de
gestion de crise et de garantie des dépôts ; les mesures visant à réduire les
expositions excessives à des contreparties centrales de pays tiers, à renforcer
l’efficacité des marchés de compensation de l’Union et à gérer le traitement du
risque de concentration par rapport aux contreparties centrales ainsi que du risque
de contrepartie sur les opérations sur produits dérivés faisant l’objet d’une
compensation centrale ; les virements instantanés en euros ; les questions
climatiques, y compris la performance énergétique des bâtiments, le devoir de
vigilance des entreprises en matière de durabilité, ainsi que la transparence et
l’intégrité des activités de notation sur les plans environnemental, social et de
gouvernance ; les statistiques de l’Union européenne du marché du travail relatives
aux entreprises ; et la nomination d’un nouveau membre du directoire de la BCE.
La BCE a adopté 35 avis sur des S’agissant des avis sur les réglementations nationales, avis qui couvrent souvent
projets de législation nationale
plus d’un thème, la BCE a adopté 19 avis concernant les BCN ; 15 avis relatifs à la
stabilité du système financier ; 13 avis concernant la surveillance prudentielle des
établissements de crédit ; sept avis sur des questions monétaires et les moyens de
paiement ; cinq avis concernant des instruments et opérations de politique monétaire
et la mise en œuvre de la politique monétaire ; et trois avis concernant les systèmes
de paiement et/ou de règlement de titres. Le thème des taxes et prélèvements
bancaires à usage spécifique mis en place en réponse à la hausse de l’inflation et
des taux d’intérêt a fait l’objet de sept avis au cours de l’année 2023.
La BCE procède par ailleurs à l’examen des achats par les banques centrales
nationales de l’UE, sur le marché secondaire, d’instruments de dette émis par le
secteur public national, par le secteur public d’autres États membres et par les
institutions et organes de l’UE. En vertu des considérants du règlement (CE)
no 3603/93, l’acquisition d’instruments de dette du secteur public sur le marché
secondaire ne peut servir à contourner l’objectif poursuivi par l’article 123 du Traité.
Les interdictions découlant des L’exercice de surveillance réalisé pour 2023 confirme que les articles 123 et 124 du
articles 123 et 124 du Traité ont en
général été respectées Traité ont en général été respectés.
La BCE a poursuivi ses interactions En 2023, la présidente de la BCE a participé à quatre auditions régulières de la
avec les représentants élus des
citoyens de l’UE commission ECON, ainsi qu’au débat en séance plénière consacré au Rapport
annuel 2021 de la BCE en février, à la suite duquel le Parlement européen a adopté
une résolution. En mai, le vice-président a ensuite présenté le Rapport annuel 2022
de la BCE à la Commission ECON. Le même jour, la BCE a publié ses
commentaires sur la contribution apportée par le Parlement européen dans le cadre
Par ailleurs, la BCE a interagi étroitement avec la commission ECON dans le cadre
de ses travaux sur l’euro numérique. En 2023, M. Panetta, qui était à l’époque
membre du directoire, a participé à trois auditions de la commission ECON
spécialement consacrées à ce thème afin de discuter des progrès réalisés durant la
phase d’étude de l’euro numérique, y compris des questions liées à l’expérience des
utilisateurs, au cours légal et au processus législatif relatif à l’euro numérique 78. La
BCE a également organisé des séminaires techniques pour le personnel avec le
Parlement européen et a pris part à des événements organisés par des membres du
Parlement européen sur le thème de l’euro numérique.
Le soutien à l’euro a avoisiné un La dernière enquête Eurobaromètre, menée en octobre et en novembre 2023,
niveau record en 2023
indique que 79 % des personnes interrogées dans la zone euro soutiennent l’euro et
que 43 % d’entre elles font généralement confiance à la BCE. Le niveau élevé de
soutien en faveur de l’euro est un signal très positif, mais le niveau de confiance
relativement plus faible envers la BCE montre que celle-ci doit poursuivre ses efforts
de communication envers le public et les représentants élus des citoyens. À l’avenir,
la BCE continuera aussi de mettre tout en œuvre pour susciter la confiance du
public. À cet effet, la BCE reste déterminée à dialoguer activement et de manière
constructive avec le Parlement européen et les citoyens de la zone euro.
G20
Le G20 a mené ses activités dans Durant la présidence indienne du G20 en 2023, l’économie mondiale a continué de
un contexte de tensions
géopolitiques accrues et dans un subir l’influence négative de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et, au
environnement international difficile, dernier trimestre, de la montée de l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient. Les
s’efforçant de préserver le
multilatéralisme ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 ont dû
faire face à un ralentissement de la croissance mondiale, à de fortes tensions
inflationnistes et à la volatilité des prix de l’énergie. Si les divergences entre les
membres sur des questions géopolitiques ont empêché l’adoption de communiqués
lors des réunions de février et de juillet 2023, la déclaration commune des dirigeants
du G20 à New Delhi et la décision d’admettre l’Union africaine comme futur membre
permanent du G20 ont souligné les efforts déployés par les membres pour préserver
l’efficacité et le caractère inclusif du forum. La BCE a approuvé et appuyé les
initiatives de la présidence indienne visant à améliorer le cadre réglementaire
applicable aux secteurs bancaire et non bancaire, à faciliter les paiements
transfrontières et à parvenir à un accord sur une feuille de route du G20 destinée à
78 La BCE a également tenu la commission ECON informée de l’évolution du projet d’euro numérique par
le biais de quatre lettres adressées par M. Panetta à la présidente de la commission ECON.
Des ressources ont été mobilisées Dans le prolongement de l’allocation de DTS d’un montant de 650 milliards de
pour aider les pays en difficulté
dollars en 2021 afin de répondre à un besoin global à long terme de compléter les
réserves existantes, ce qui a également aidé les pays à faire face à la pandémie, les
efforts consentis pour acheminer les DTS ou des ressources équivalentes de
manière à continuer d’aider les économies de marché émergentes et les pays à
faibles revenus ont franchi une étape importante en juin 2023, lorsque l’ambition de
79 La BCE a un statut d’observateur auprès du FMI. Un représentant permanent de la BCE est détaché
au siège du FMI à Washington D. C. et participe à certaines réunions du conseil d’administration.
80 Les quotes-parts sont libellées en droits de tirage spéciaux (DTS), l’unité de compte du FMI, et font
l’objet d’un réexamen à intervalles réguliers.
81 Ces modifications comprenaient le relèvement temporaire des limites d’accès (tant au Compte des
ressources générales qu’au fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et la croissance) et
l’introduction d’un nouveau cadre de financement couvert par la tranche supérieure de crédit dans les
situations d’incertitude exceptionnellement élevée.
82 Deux examens postérieurs du programme ont été finalisés en juillet et en décembre 2023.
Encadré 8
L’objectif secondaire de la politique monétaire de la BCE
L’objectif principal de la BCE, le maintien de la stabilité des prix, est inscrit à l’article 127,
paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Le Traité dispose en outre
que « sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix », la BCE apporte son soutien aux politiques
économiques générales dans l’UE, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union,
tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne 83. Cet encadré explique comment
l’objectif secondaire est pris en compte dans la conduite de la politique monétaire et des activités
de reporting de la BCE 84.
Comment la BCE poursuit-elle son objectif secondaire au travers de ses décisions de politique
monétaire ?
Dans ses décisions de politique monétaire, la BCE évalue la proportionnalité de chaque mesure 85.
Cette évaluation comprend une analyse des bénéfices et des possibles effets secondaires des
mesures de politique monétaire, y compris, s’il y a lieu, de leur incidence sur l’objectif secondaire
de la BCE. L’analyse examine comment ces mesures interagissent et s’équilibrent au fil du temps.
Concrètement, en ajustant ses instruments de politique monétaire – sous réserve que deux
configurations d’un instrument donné soient également propices et non préjudiciables à la stabilité
des prix –, le Conseil des gouverneurs choisit la configuration qui soutient le mieux les politiques
économiques générales de l’Union en termes de croissance, d’emploi et d’inclusion sociale, et qui
préserve la stabilité financière et contribue à réduire l’impact du changement climatique, contribuant
ainsi aux objectifs plus larges de l’Union 86. Par exemple, la BCE réoriente ses réinvestissements
de titres du secteur des entreprises vers les émetteurs qui affichent de meilleures performances
climatiques depuis octobre 2022. Cette décision a été prise afin de mieux prendre en compte le
risque financier lié au climat dans le bilan de l’Eurosystème et, eu égard à l’objectif secondaire de la
83 L’article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne dispose, entre autres, que l’Union œuvre
pour « le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la
stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et
au progrès social, et un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement ».
84 Cf. également la résolution du Parlement européen sur le rapport annuel 2021 de la BCE et les
commentaires de la BCE sur cette résolution.
85 La proportionnalité implique que les actions de la BCE doivent, d’une part, être propres à garantir la
réalisation des objectifs légitimes qu’elles poursuivent et, d’autre part, ne pas aller manifestement au-
delà de ce qui est nécessaire pour les atteindre. Pour plus d’informations, cf. l’affaire C-62/14, Peter
Gauweiler e.a.(EU:C:2015:400), et l’affaire C-493/17, Heinrich Weiss e.a. (EU:C:2018:1000).
86 Pour plus d’informations, cf. la section 3.3 de la revue de la stratégie de politique monétaire de la BCE.
Comment la BCE présente-t-elle l’incidence de ses actions sur son objectif secondaire ?
La BCE communique sur la manière dont elle poursuit son objectif secondaire dans le cadre de son
reporting sur la politique monétaire. Durant les conférences de presse relatives à la politique
monétaire et dans les comptes rendus détaillés de ses réunions de politique monétaire, la BCE
apporte un éclairage sur les facteurs qui influencent ses décisions de politique monétaire, y compris
des considérations liées à son objectif secondaire. En outre, des articles publiés régulièrement
dans le Bulletin économique et dans le Bulletin de recherche, ainsi que des articles thématiques
occasionnels (Occasional Papers), proposent des analyses approfondies de la manière dont la
politique monétaire interagit avec des domaines essentiels tels que le marché du travail, la stabilité
financière et le changement climatique 88. Enfin, lorsqu’elle s’acquitte de ses obligations de rendre
compte et de transparence vis-à-vis du Parlement européen et du public, la BCE fournit des
précisions sur la manière dont elle aborde certains aspects de son objectif secondaire, tels que les
interactions entre la stabilité des prix et la stabilité financière ou l’intégration de considérations liées
au changement climatique dans ses opérations de politique monétaire 89.
Le reporting sur les décisions de politique monétaire et les analyses sous-jacentes pertinentes pour
l’objectif secondaire sont abordés dans différents chapitres des rapports annuels de la BCE. Le
Rapport annuel 2023 fournit notamment : a) un état des lieux des progrès apportés en 2023 aux
capacités analytiques de la BCE en matière de changement climatique dans le domaine des
statistiques, y compris les nouveaux indicateurs statistiques liés au climat relatifs à la finance
durable, aux émissions de carbone et aux risques physiques (section 7.2) ; b) un rappel du fait que
l’orientation à moyen terme de la politique monétaire de la BCE a permis une influence graduelle
sur la croissance et sur l’emploi, qui sont des éléments de l’objectif secondaire de la BCE
(section 1.2) ; c) un rappel du fait que la BCE a continué de réorienter ses achats d’obligations
d’entreprises vers des émetteurs affichant de meilleures performances climatiques (sections 2.1,
2.2 et 2.3) et a publié des informations financières relatives au climat concernant les titres
d’entreprises détenus dans le cadre du programme d’achats de titres du secteur des entreprises et
du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (section 2.2) ; d) une évaluation
récapitulative de la situation des banques et du système financier ainsi que des précisions sur les
sources de résilience et de fragilité pour la stabilité financière (chapitre 3), de même qu’un
inventaire des recherches menées récemment par la BCE sur la quantification des arbitrages en
matière de stabilité financière pour la politique monétaire en périodes d’inflation élevée
(encadré 7) ; et e) une synthèse des efforts déployés par la BCE face aux enjeux climatiques et
environnementaux ainsi qu’un état d’avancement de ses travaux en la matière (section 11.5).
La BCE mène des travaux essentiels sur les questions environnementales, sociales
et de gouvernance (ESG). Pour une institution publique telle la BCE, ces activités
incluent son obligation de rendre compte aux citoyens de l’UE et à leurs
représentants élus, la communication et le dialogue avec différents publics, le
respect des normes d’éthique et de transparence les plus élevées, la mise à
disposition de moyens d’action pour le personnel et la promotion de son bien-être,
ainsi que l’étude des incidences et des risques en matière de climat et
d’environnement.
90 La section 10.1 explique également comment la BCE s’acquitte des missions qui lui incombent en tant
qu’institution publique dans le cadre de son obligation de rendre compte et de sa communication
envers le public.
Les risques liés au climat sont La BCE traite des risques ESG dans ses cadres de gestion des risques financiers et
progressivement intégrés dans le
cadre global des risques non financiers, comme l’explique le chapitre sur la gestion des risques des comptes
annuels 2023 de la BCE.
Les tests de résistance climatique ont débuté en 2022 et sont depuis lors devenus
un exercice régulier. Ils font partie des mesures visant à intégrer progressivement
les risques liés au climat dans le cadre global des risques. À la faveur du premier
test de résistance au risque climatique du bilan de l’Eurosystème, la BCE a évalué la
sensibilité du profil de risque financier de l’Eurosystème au changement climatique
et amélioré ainsi les capacités de celui-ci à évaluer les risques liés au climat. Les
résultats ont fourni une première estimation de l’incidence du risque climatique sur le
bilan de la BCE.
Graphique 11.1
Vue d’ensemble des requêtes reçues des membres du personnel de la BCE en 2023
Source : BCE.
Au niveau européen, la BCE a continué de jouer un rôle actif en 2023 dans les
négociations interinstitutionnelles en cours sur la création d’un organe indépendant
de l’UE chargé des questions d’éthique.
Le maître-mot de la communication Dans cette optique, la BCE a renforcé la communication autour de sa politique
de la BCE a été « expliquer »
encore et encore afin d’aider les monétaire. Lorsque le resserrement de la politique monétaire a commencé à
citoyens à comprendre ses produire l’effet escompté de modération de la demande, il était important d’expliquer
décisions
les décisions de la BCE et de rappeler que son objectif premier est de lutter contre
l’inflation. Parallèlement aux multiples interventions publiques des responsables de
la BCE, plusieurs billets publiés sur le Blog de la BCE ont expliqué comment
l’inflation influe sur les revenus réels et l’importance des politiques structurelles des
pouvoirs publics pour lutter contre l’inflation, et ont fourni des informations
analytiques sur les niveaux de participation au marché du travail historiquement
élevés. Plusieurs podcasts de la BCE ont décrit les facteurs déterminants de
l’inflation et un podcast publié pendant les vacances d’été est revenu sur le rôle de la
BCE dans la préservation de la stabilité des prix.
Une communication humble pour Dans le même temps, il a fallu apporter des réponses à des questions légitimes sur
restaurer la confiance du public
les raisons pour lesquelles la BCE n’avait pas prévu la hausse de l’inflation et avait
fait fausse route dans ses projections macroéconomiques. La clarté et la précision
des projections de l’Eurosystème sont particulièrement importantes pour ancrer les
anticipations et renforcer la crédibilité de la politique menée par la BCE. De même, il
était essentiel d’expliquer les différentes sources d’incertitude et de communiquer
avec humilité dans le but de restaurer la confiance.
Les communications de la BCE ont En 2023, dans le sillage de décisions de politique monétaire antérieures, notamment
visé à contextualiser les pertes
bilancielles de la BCE et des des achats d’actifs de grande ampleur, la BCE et d’autres banques centrales de
banques centrales de l’Eurosystème ont dû faire face à des pertes sur leurs bilans. La BCE s’est
l’Eurosystème
particulièrement employée à expliquer d’où proviennent les bénéfices et les pertes
de la banque centrale, notamment par la voie d’une note explicative spécifique. Cela
a également permis à la BCE de replacer ces pertes dans le contexte de bénéfices
significatifs enregistrés pendant de nombreuses années et de souligner que son rôle
consiste à prendre des décisions de politique monétaire qui servent l’objectif de
stabilité des prix sans chercher à réaliser des bénéfices.
La BCE a commencé à plancher La BCE a décidé que le choix du graphisme de la troisième série de billets en euros
sur la conception de la prochaine
série de billets en euros en devrait inclure un processus participatif impliquant le grand public. À cette fin, les
associant les citoyens européens Européens de la zone euro ont été invités à répondre à une enquête en ligne sur les
thèmes de la prochaine série de billets et ont eu la possibilité de sélectionner parmi
sept options leur thème graphique favori. Plus de 365 000 citoyens issus des quatre
coins de la zone euro ont participé et exprimé leurs préférences. Celles-ci ont été
prises en compte dans la décision du Conseil des gouverneurs de retenir comme
thèmes « la culture européenne » et « les fleuves et oiseaux » pour les futurs billets.
La communication et la sensibilisation autour de la prochaine série de billets ont
rappelé l’attachement de la BCE et de l’Eurosystème aux espèces.
La BCE a insisté sur le maintien L’affirmation de son engagement envers les espèces en 2023 revêtait une
des espèces, complétées
potentiellement par un euro importance d’autant plus grande que la BCE se prépare à éventuellement introduire
numérique un euro numérique.
Une campagne destinée aux jeunes Dans le but de toucher les jeunes tout spécialement, la BCE a mené en 2023 la
sur les médias sociaux intitulée
« La stabilité, c’est notre métier » campagne intitulée « La stabilité, c’est notre métier » sur les médias sociaux. L’idée
était d’expliquer, d’une manière interactive et personnalisée, les principaux aspects
de la BCE et de ses activités : l’objectif de stabilité des prix, le rôle de la supervision
bancaire et comment les décisions de la BCE influencent les citoyens au jour le jour.
Les posts de la campagne ont généré 166 millions de vues et touché 43 millions de
jeunes.
Les demandes d’accès du public Permettre au public d’accéder à des documents de la BCE fait partie intégrante de la
ont grimpé par rapport à 2022, les
documents portant sur des sujets politique de transparence de l’institution. Elle favorise son ouverture et renforce sa
institutionnels et de gouvernance légitimité démocratique.
ayant suscité un intérêt
particulièrement plus marqué
En 2023, la BCE a reçu davantage de demandes d’accès à des documents par
rapport à 2022 (73 demandes contre 63). Si les demandes ont continué de couvrir
un large éventail de sujets, notamment des questions prudentielles ou des initiatives
de premier plan tel le projet d’euro numérique, les demandes d’accès à des
documents portant sur des questions institutionnelles et de gouvernance ont
sensiblement progressé, reflétant l’attention accrue que le public porte à ces sujets.
Aucun constat de mauvaise gestion dans le cadre du traitement par la BCE des
demandes d’accès du public n’a été mis au jour par le Médiateur européen.
Culture de travail
La BCE a lancé sa nouvelle À l’issue de la phase de transition menée en 2022, une nouvelle politique de
politique de télétravail
télétravail est entrée en vigueur le 1er janvier 2023. S’appuyant sur les expériences
globalement positives rapportées au cours de la période de travail à distance, la
nouvelle politique prévoit des possibilités de télétravail flexibles pour le personnel.
Elle permet à l’ensemble des membres du personnel et des stagiaires de la BCE de
télétravailler jusqu’à 110 jours par an, sous réserve de compatibilité avec les besoins
opérationnels.
Figure 11.1
Télétravail effectué par le personnel de la BCE en 2023
Source : BCE.
Note : Données obtenues en janvier 2024.
Une formation a été proposée pour Soucieuse d’être à l’écoute des membres de son personnel, la BCE a mené une
entretenir une culture durable de
respect mutuel enquête éclair début 2023. Les résultats de ce sondage ont montré que les
collaborateurs demeuraient engagés, investis et dévoués à l’égard des travaux de la
BCE. Il reste toutefois du chemin à parcourir pour renforcer la culture de travail.
Dans le prolongement de cette enquête, le directoire a défendu une initiative visant à
La BCE a continué d’encourager La BCE a poursuivi son programme visant, d’une part, à améliorer les aptitudes à
les aptitudes à diriger et le
développement professionnel diriger et, d’autre part, à renforcer l’efficacité du leadership (Leadership Growth
Programme). Elle a par ailleurs organisé les sept dernières cohortes du programme
de leadership adressé aux femmes (Women’s Leadership Programme), qui a
rencontré un franc succès depuis son lancement en 2014 et a pour but d’accroître la
représentation des femmes à la BCE. Une autre possibilité de développement
importante a été offerte sous la forme du portail de mentorat (Mentoring Portal), qui
permet au personnel et aux stagiaires de proposer un mentorat ou de rechercher
des mentors. Fin 2023, près de 100 relations de mentor à mentoré étaient
enregistrées.
Des initiatives majeures ont été D’autres initiatives clés ont été lancées dans le cadre de la stratégie de formation et
lancées dans le cadre de la
stratégie de formation et de de développement du SEBC et du MSU. Les ACN et les BCN ont été intégrées à
développement du SEBC et du EUREKA, qui donne accès à un large éventail de possibilités de formations et de
MSU
développement dans l’ensemble du SEBC et du MSU. Le programme phare de
formation des cadres sur les activités de banque centrale et de supervision bancaire
(Central Banking & Banking Supervision Executive Education Programme) a été
lancé en octobre 2023. Deux marathons de programmation (hackathons) couronnés
de succès ont eu lieu durant l’année et ont attiré des participants issus de l’ensemble
du SEBC et du MSU. Le premier s’est tenu en février sur le thème de la finance
décentralisée, tandis que le second, consacré au changement climatique, a été
organisé dans les locaux de la BCE en novembre.
Diversité et inclusion
La BCE a continué de stimuler la Refléter la société européenne et instaurer une culture de l’inclusion est une
diversité et l’inclusion
entreprise de longue haleine. Pour y parvenir, la BCE a renforcé sa base
institutionnelle en soutenant ses six réseaux internes de diversité et d’inclusion (D&I)
et en déployant son programme de formation sur l’inclusion destiné au personnel,
aux équipes et aux dirigeants. Pour permettre une culture fondée sur l’inclusion, le
respect mutuel et la sécurité psychologique, deux nouveaux rôles ont été créés :
depuis 2023, le nouveau médiateur prévient et traite les tensions sur le lieu de travail
en recourant au dialogue assisté, et le nouveau conseiller diversité et inclusion aux
ressources humaines (HR D&I Advisor) examine toutes les questions relatives aux
personnes et à la culture sous le prisme de la diversité et de l’inclusion.
La diversité des genres et Tout au long de l’année, la BCE a fait de la diversité des genres l’une de ses
l’intersectionnalité ont constitué des
priorités priorités, tout en intégrant l’ensemble des aspects de la diversité et en favorisant une
culture inclusive. En témoignent la certification EDGE Move & EDGEplus, les
progrès engrangés par la BCE par rapport aux objectifs en matière de genre pour la
période 2020-2026, l’introduction d’un congé parental rémunéré pour le coparent qui
ne donne pas naissance, le pilotage d’un stage pour les talents atteints de troubles
du spectre autistique ainsi que les sessions de sensibilisation et les événements sur
les questions de race et d’appartenance ethnique, les alliés de la diversité, le
handicap et l’inclusion des personnes LGBT+.
La BCE a poursuivi ses actions de Dans sa recherche des meilleurs talents d’Europe, la BCE a participé à plusieurs
sensibilisation ciblée et de
recrutement de talents salons de l’emploi s’adressant aux groupes sous-représentés, dont le plus grand
salon d’Europe consacré aux personnes noires et de couleur organisé par ADAN
(Afro Deutsches Akademiker Netzwerk), le salon Sticks & Stones pour les talents
LGBTIQ+ et leurs alliés, ainsi que le salon herCAREER consacré à la promotion de
la carrière des femmes. Afin d’attirer des candidats porteurs de handicap, la BCE a
publié ses offres d’emploi sur la plateforme myAbility. La BCE a continué de
proposer sa bourse d’études destinée aux femmes afin d’étoffer sa population
féminine et d’inclure des milieux socioéconomiques différents. En outre, dans un
souci constant de solidarité et de soutien, la BCE a lancé une bourse pour
15 étudiants ukrainiens poursuivant un master dans leur pays.
La BCE a publié son plan sur le Durant l’année écoulée, la BCE a travaillé à son plan sur le climat et la nature
climat et la nature 2024-2025
2024-2025, qui décrit les activités sur lesquelles elle se concentrera pour atteindre
ses objectifs stratégiques en matière de climat. Elle a également défini trois axes
d’action prioritaires, à savoir orienter la transition vers une économie verte,
comprendre l’incidence physique accrue du changement climatique et poursuivre les
travaux sur les risques liés à la nature.
Des avancées concrètes ont été réalisées sur plusieurs fronts, couvrant un large
éventail de missions de la BCE (figure 11.3).
91 Cf. « Une transition verte plus rapide profiterait aux entreprises, aux ménages et aux banques, selon
les résultats du test de résistance climatique réalisé par la BCE à l’échelle de l’ensemble de
l’économie », communiqué de presse, BCE, 6 septembre 2023.
92 Pour des informations plus détaillées, cf. Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat, « Climate change 2023 : Synthesis Report », 2023 et Organisation météorologique mondiale,
« The Global Climate 2011-2020 : A Decade of Acceleration », 5 décembre 2023.
93 Cf. Programme des Nations Unies pour l’environnement, « Emissions Gap Report 2023 » pour de plus
amples détails sur l’estimation selon laquelle, compte tenu des niveaux actuels des contributions
déterminées au niveau national, le réchauffement de la planète atteindra pour ce siècle 2,9°C
au-dessus des niveaux préindustriels.
Figure 11.3
Vue d’ensemble des principales actions en faveur du climat
Source : BCE.
La BCE a étudié les retombées Des travaux d’analyse approfondis sont venus soutenir la fonction d’information des
économiques et financières du
changement climatique et ses responsables politiques, du secteur financier et du public sur l’incidence économique
implications pour ses missions et financière du changement climatique et sur ses implications pour les missions de
la BCE 94. En 2023, la BCE a continué d’évaluer les conséquences
macroéconomiques du changement climatique et des politiques d’atténuation et, en
particulier, l’incidence des mesures budgétaires vertes sur les projections établies
par les services de l’Eurosystème et de la BCE. Une analyse basée sur des modèles
examinant les retombées économiques de la tarification du carbone a mis au jour
des effets négatifs modestes sur l’économie. Les résultats de l’enquête sur l’accès
des entreprises au financement et de l’enquête sur la distribution du crédit bancaire
indiquent que les entreprises de la zone euro investissent dans la transition et que
les conditions d’octroi des crédits bancaires sont plus restrictives pour les
entreprises dont les émissions sont élevées et celles qui ne disposent d’aucun plan
de transition crédible. S’agissant des implications pour la politique monétaire, une
analyse récente a étudié les effets du changement climatique sur le mécanisme de
transmission de la politique monétaire et a conclu que, si la transition alourdit le coût
du crédit et réduit les prêts à l’ensemble des entreprises, son effet baissier est plus
modéré pour les entreprises à faibles émissions et celles qui s’engagent sur la voie
de la décarbonation. Plusieurs études ont observé les liens entre le changement
94 Cf. la liste des publications de la BCE sur le changement climatique. Par ailleurs, certains articles de
recherche de la BCE ont été relayés dans de prestigieuses revues scientifiques.
La BCE œuvre à une meilleure La BCE a continué de développer sa méthodologie en matière de tests de résistance
compréhension des risques liés au
climat pesant sur l’économie et les afin d’étudier la capacité de résilience de l’ensemble de l’économie à différents
systèmes financiers et à scénarios de transition et le niveau de préparation des banques qu’elle supervise
l’élaboration d’une réponse
macroprudentielle adéquate face aux chocs économiques et financiers inhérents au risque climatique. En 2023,
la BCE a dirigé le groupe de travail sur la conception et l’analyse de scénarios du
réseau pour le verdissement du système financier (Network for Greening the
Financial System Working Group, NGFS), qui a publié la quatrième édition de ses
scénarios climatiques macrofinanciers à long terme. Ces scénarios constituent une
première référence commune pour l’analyse des risques climatiques pesant sur
l’économie et le système financier. Le cadre reconnaît l’incertitude et les limites de la
modélisation climatique et économique, notamment en ce qui concerne les points de
non-retour. En collaboration avec l’Autorité européenne des assurances et des
pensions professionnelles, la BCE a élaboré des options stratégiques pour réduire le
déficit de protection de l’assurance climatique, étant donné qu’un quart seulement
des pertes dues aux catastrophes liées au changement climatique dans l’UE sont
assurées à l’heure actuelle. La BCE a également analysé les risques liés au
changement climatique pesant sur les États qui sont susceptibles de porter atteinte à
la stabilité financière et aux dépenses budgétaires. La BCE et le Comité européen
du risque systémique ont publié un rapport qui rassemble des informations sur les
indicateurs de stabilité financière les plus importants et établit un cadre
macroprudentiel pour faire face au risque climatique. Ce document suggère
également qu’une forte dépendance économique à l’égard des écosystèmes
naturels pourrait exacerber les risques liés au climat pesant sur la stabilité
financière.
95 Des informations plus détaillées sont disponibles sur le site internet de la BCE consacré à la
supervision bancaire et dans le Rapport annuel 2023 de la BCE sur ses activités prudentielles.
La BCE analyse et alimente les Depuis 2021, les membres du personnel de la BCE contribuent à des formations et à
débats politiques visant à
promouvoir la finance verte au des ateliers techniques multilatéraux avec des homologues d’autres banques
niveau de l’UE et à l’échelle centrales et des parties prenantes à l’extérieur de l’Union européenne. La BCE a
internationale
également participé à de nombreux groupes de travail et événements en compagnie
de banques centrales ainsi que d’autres institutions et instances afin de faire
avancer l’agenda climatique et de tirer parti d’échanges réguliers. Il s’agit notamment
du réseau pour le verdissement du système financier (Network for Greening the
Financial System, NGFS), du Conseil de stabilité financière, du Comité de Bâle sur
le contrôle bancaire, des autorités européennes de surveillance et du Comité
européen du risque systémique, de la Banque des règlements internationaux, du
G7, du G20 ainsi que du Fonds monétaire international.
Des recherches innovantes menées Des recherches innovantes sur les risques liés à la nature ont montré que la
par la BCE ont porté sur les risques
liés à la nature, le lien entre le dégradation des écosystèmes constituera un défi pour les entreprises et
climat et la nature et leur incidence potentiellement pour les banques, puisque pour ainsi dire 75 % des prêts aux
sur l’économie
entreprises dans la zone euro (près de 3 240 milliards d’euros) sont accordés à des
emprunteurs fortement dépendants des services écosystémiques. Par ailleurs, la
BCE a étudié pour la première fois les risques de transition et le lien entre le climat
et la nature. Considérant que le changement climatique et le changement
d’affectation des sols sont les principaux facteurs de la perte de biodiversité,
l’influence des entreprises de la zone euro sur la nature équivaut à la disparition de
582 millions d’hectares d’habitats « vierges » dans le monde. Les recherches
soulignent l’importance d’intégrer le changement climatique et la perte de nature
dans les dispositifs d’évaluation des risques, sachant qu’ils sont inextricablement
liés.
Des travaux sont en cours pour En mars 2023, la BCE a commencé à publier ses déclarations financières annuelles
améliorer les performances
environnementales des opérations en matière de climat pour ses portefeuilles ne relevant pas de la politique monétaire
de la BCE pour compte propre et parallèlement à sa déclaration environnementale annuelle, qui fournissent
des portefeuilles autres que ceux
détenus à des fins de politique conjointement une vue d’ensemble de ses propres incidences environnementales
monétaire
opérationnelles et de l’empreinte carbone 97 de ses émissions financées ainsi que
des objectifs correspondants. Des données actualisées sur les performances
environnementales de la BCE en 2023 seront mises à disposition dans le courant
de 2024.
96 Pour plus d’informations, cf. la page internet de la BCE intitulée « La stratégie fiduciaire de
l’Eurosystème » et les déclarations environnementales de la BCE.
97 Depuis 2010, la BCE a mis en place un système certifié de gestion environnementale pour gérer
l’empreinte environnementale de ses opérations pour compte propre, ce qui a récemment permis de
réaliser des progrès considérables en matière d’économie d’énergie.
Au niveau des activités de banque centrale, l’IA a été déployée à la BCE pour mieux comprendre
les mécanismes de fixation des prix et la dynamique de l’inflation dans l’Union européenne (UE). Le
web scraping et l’apprentissage automatique ont été appliqués pour réunir une quantité
considérable de données en temps réel sur les prix des produits individuels 98. Dans le cadre de la
supervision bancaire, le programme SupTech lancé en 2019 a fourni 14 outils qui aident les
autorités de surveillance à collecter et à analyser d’importants volumes de données quantitatives et
qualitatives, à automatiser les processus, à mieux collaborer et à utiliser l’IA pour accélérer et
affiner l’analyse prudentielle 99.
98 Pour plus d’informations, cf. la page internet du réseau PRISMA (Price-setting Microdata Analysis
Network) (PRISMA) et Moufakkir (M,), « Careful embrace : AI and the ECB », The ECB Blog,
28 septembre 2023.
99 Cf. « Technology, data and innovation – shaping the future of supervision », discours prononcé par
Elizabeth McCaul, membre du conseil de surveillance prudentielle de la BCE, lors de la Supervision
Innovators Conference 2023, Francfort-sur-le-Main, 20 septembre 2023 et « How tech is shaping
banking supervision », The ECB Podcast, 28 septembre 2023.
Je travaille aujourd’hui au Bureau des données, qui vient d’être créé sous la houlette
du responsable principal des données (chief data officer) et dont l’objectif est
d’optimiser la gestion des données institutionnelles (dans des domaines comme
l’intelligence artificielle, par exemple). Je participe aussi au forum sur la diversité et
l’inclusion. Ces fonctions transversales me permettent de travailler avec beaucoup
d’unités organisationnelles et de participer activement à l’élaboration de diverses
politiques de la BCE, ce que je trouve très satisfaisant.
Aujourd’hui, après avoir saisi une offre de mobilité interne en 2016, je travaille au
sein de la Division Services linguistiques. Je m’occupe de la budgétisation, de la
passation de marchés et de la gestion des fournisseurs pour tout ce qui concerne les
traductions et les révisions dans les vingt-quatre langues officielles de l’Union
européenne. Les fonctions de support de ce type jouent un rôle essentiel dans la
communication de la BCE, qui doit être claire et efficace vers des publics d’experts
et de non-experts. Comme partout ailleurs à la BCE, nous nous efforçons de nous
adapter aux nouvelles technologies. Avec mes collègues, nous utilisons par exemple
des techniques relevant de l’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité de nos
processus.
Quand je repense à tout ce chemin exaltant parcouru, je suis fier d’avoir, à mon
échelle, aidé la BCE à devenir cette institution d’envergure internationale qui
maintient la stabilité des prix et assure la sécurité du système financier pour les
quelque 350 millions d’habitants de la zone euro. Je suis aussi reconnaissant d’avoir
eu la possibilité de m’épanouir professionnellement et personnellement tout au long
de ma carrière ici.
À l’époque jeune cadre travaillant pour le « Comité de transition », qui était chargé,
sous la direction de Tommaso Padoa-Schioppa, de superviser le passage sur les
marchés de dix monnaies nationales à l’euro, je me revois encore ce
31 décembre 1998 à minuit. Ce jour-là, qui devait marquer l’aboutissement de tout
ce pour quoi j’avais travaillé depuis mon arrivée à l’Institut monétaire européen au
milieu de 1995, j’étais naïvement persuadé que le travail était terminé. Et je craignais
de me retrouver coincé dans une routine après plusieurs années passionnantes. La
décennie que j’ai passée ensuite à la nouvelle Direction générale Relations
internationales et européennes m’a prouvé le contraire. Grâce à l’intérêt croissant
suscité par notre intégration monétaire, j’ai été amené à mettre sur pied des
programmes d’assistance technique conjoints de l’Eurosystème à destination des
banques centrales et des superviseurs de certains pays voisins de l’Union
européenne.
Dix années plus tard, lorsque la BCE est devenue l’hôte du Comité européen du
risque systémique (CERS), une instance indépendante fondée au lendemain de la
crise financière, un nouveau défi s’est présenté à moi. Début 2010, on m’a en effet
proposé de m’occuper de la mise sur pied de ce comité, en qualité de chef de projet.
Un an plus tard, j’étais nommé chef du secrétariat du CERS. Depuis, j’ai
véritablement savouré chaque journée passée à préserver la résilience du secteur
financier dans un vaste cadre institutionnel, aux côtés des banques centrales et des
autorités de surveillance, européennes et nationales, ainsi que d’un groupe
exceptionnel de collègues de la BCE et des institutions membres du CERS.
Lorsque j’ai rejoint l’Institut monétaire européen en 1995, j’ai fait partie des cent
premiers collègues chargés des travaux préparatoires en vue de l’introduction de
l’euro comme monnaie unique européenne. À partir de 1998, j’ai rapidement appris
comment la BCE coopère avec les banques centrales nationales. Ce fut un plaisir
pour moi de participer à la coordination de tests holistiques et de constater à quel
point les nouveaux systèmes fonctionnaient bien, que ce soit pour la conduite des
opérations de politique monétaire, l’exécution des paiements ou la collecte des
statistiques à l’échelle européenne.
Dans mes temps libres, j’aime lire, cuisiner et faire de la randonnée. Je suis
d’ailleurs membre active du club de randonnée de la BCE. Cette activité me permet
de côtoyer des collègues en dehors du travail et de découvrir de jolis coins de nature
un peu partout en Europe.
[Link]
accounts/html/ecb.annualaccounts2023~[Link]
[Link]
statements/annual/balance/html/ecb.eurosystembalancesheet2023~[Link].h
tml