Méthodes de Calcul Neutronique de Cœur: Giovanni B. BRUNA
Méthodes de Calcul Neutronique de Cœur: Giovanni B. BRUNA
de cœur
par Giovanni B. BRUNA
Docteur en Physique Nucléaire, Université de Gênes
Chargé de missions au Département Performances de Cœur de la société Framatome
et Bernard GUESDON
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Mécanique et du Génie Atomique
Adjoint technique au Chef de Division Procédé de la société Framatome
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— la réactivité, qui mesure en transitoire l’écartement de la * L’unicité de la solution δΦ = 0 est garantie par l’alternative de Fredholm (cf. chapitre
Équations aux dérivées partielles [A 650] dans le traité Sciences fondamentales) car le
population neutronique par rapport aux conditions d’équilibre et, terme de source défini par l’équation (2) n’est pas orthogonal à la solution de l’adjointe
en conditions stationnaires, le défaut de bilan neutronique. S’agis- de l’équation (1).
sant d’une grandeur intégrale, ce paramètre est, à tout instant et On transforme ainsi une équation, inhomogène par nature, en
pour une configuration de cœur donnée, unique et indépendant de une équation homogène, d’où un gain de simplicité et, surtout, de
la position ; rapidité de calcul**.
— la puissance, qui traduit en termes macroscopiques la distri-
bution spatiale des événements de fission dans le cœur. Ce para- ** En réalité, la forme générique du terme est : = ρ P 0 Φ 0 + δ , où la composante
mètre dépend des caractéristiques des milieux et de la distribution δ est définie dans le sous-espace orthogonal à Φ 0 . Dans le cas général, l’équation (4)
en espace et en énergie des neutrons à l’intérieur du système est remplacée par le système :
multiplicateur. Il peut être, de ce fait, extrêmement sensible aux
A0 Φ0 + P0 ( 1 – ρ ) Φ0 = 0
conditions locales. (7)
A 0 δΦ + P 0 δΦ = δ
Pour le concepteur, l’objectif des calculs neutroniques de cœur
est d’évaluer ces deux paramètres avec la précision maximale δΦ, composante de la solution orthogonale au fondamental, a alors valeur non nulle et
compatible avec la taille et la complexité des problèmes à traiter, le flux conserve toutes ses composantes, y compris celles non calées sur le mode fonda-
mental.
l’utilisation de méthodes numériques et les limites imposées à leur
qualification par les incertitudes expérimentales. Les grandeurs Cette procédure mathématique mérite quelques commentaires :
ainsi calculées, assorties d’incertitudes et de marges, sont — en imposant la proportionnalité entre le terme inhomogène et
comparées aux valeurs limites de conception établies à partir des le flux neutronique [relation (2)], on vide arbitrairement celui-ci de
critères de sûreté, pour vérifier le respect de ces derniers. tous les modes autres que le fondamental : en d’autres termes, on
La réactivité et la distribution de puissance, qui revêtent une impor- projette le système sur le mode fondamental en engendrant arti-
tance égale dans les études de conception, ne sont toutefois pas des ficiellement, entre les valeurs réelle et calculée du flux, des
grandeurs homogènes et ne relèvent pas du même domaine de défi- différences qui pourraient être notables dans quelques cas parti-
nition. culiers (réacteur sous-critique à l’arrêt, transitoires, etc.) ;
— en revanche, la réactivité est, de par sa définition, tout à fait
Alors que la puissance est, à tout instant, l’image de la distribu- insensible aux modes supérieurs : liée au mode fondamental, sa
tion instantanée des fissions dans le système multiplicateur (elle valeur est identique si on la calcule dans l’état réel du système ou
représente donc une réalité objective), la réactivité est une grandeur dans sa projection sur le mode fondamental. On dispose ainsi d’un
qui, en conditions stationnaires, ne possède pas de véritable signi- paramètre absolu qui ne dépend que des propriétés intrinsèques
fication physique. Objet mathématique, elle traduit l’exigence, tou- du système multiplicateur et reste insensible à son état.
jours présente dans les études, de décrire, par des équations
statiques et homogènes, des situations dans lesquelles la popula- L’équation (4) peut aussi s’écrire sous d’autres formes.
tion neutronique ne serait pas en équilibre. Dans ce cas, au lieu En définissant :
d’introduire explicitement dans le bilan, qui lie le nombre total de 1 1
disparitions de neutrons par absorption et/ou fuite A0 Φs au nombre k eff = -------------- et λ 0 = ---------- (8)
1–ρ k eff
de production par fission P0 Φs , un terme inhomogène relevant de
ce déséquilibre : où le paramètre k eff prend le nom de facteur de multiplication
A 0 Φ s + P0 Φ s = (1) effective, on obtient les formes canoniques :
avec A0 et P0 opérateurs d’absorption plus fuites (disparition) et P0
A + --------
- Φ = 0 (9)
de production du système multiplicateur, 0 k eff 0
Φs flux de neutrons,
on fait implicitement l’approximation : ou encore :
A 0 Φ 0 + λ0 P 0 Φ 0 = 0 (10)
= ρ P0 Φ 0 (2)
L’équation (10) admet une adjointe dans laquelle figurent les
avec : t t
opérateurs A 0 et P 0 , transposés de A 0 , P0 :
Φs = Φ0 + δΦ (3)
t
où ρ est une constante de proportionnalité qui prend le nom A t0 Φ*0 + λ 0 P 0 Φ*0 = 0 (11)
de réactivité,
Φs est la solution de l’équation inhomogène (1), dont la solution Φ*0
, est appelée flux adjoint ou importance neu-
tronique. Cette définition n’est strictement rigoureuse que lorsque
δΦ est la différence entre Φs et Φ0 ’ Φ0 (mode fondamental) t t
les opérateurs A 0 et P 0 coïncident avec les inverses de A0 et P0 .
étant la solution de l’équation aux valeurs propres asso-
ciée à l’équation (1) : En multipliant les deux membres de l’équation (2) par Φ *0 et en
réarrangeant les termes, on obtient la définition générique de la
réactivité :
A 0 + ( 1 – ρ )P 0 Φ0 = 0 (4)
〈 Φ* 0 , 〉
ρ = ----------------------------------- (12)
Cette approximation équivaut à prendre en compte la seule 〈 Φ* 0 ,P 0 Φ 0〉
composante de Φs parallèle au mode fondamental, car la fonction
δΦ doit satisfaire strictement l’équation : où le symbole < > indique, classiquement, une intégration sur
l’espace (ici la totalité du système) et sur l’énergie.
(A0 + P0) (Φ0 + δΦ) = ρ P0 Φ0 (5) Nota : pour plus d’information sur la définition de la réactivité, se reporter à [2] [17]
et au paragraphe 6.
qui, tenant compte de l’équation (4), implique la relation :
(A0 + P0) δΦ = 0 (6)
laquelle, en conformité avec l’alternative de Fredholm* [1], admet
comme seule et unique solution : δΦ = 0.
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2. Techniques de calcul et :
νΣ f, 1 0 . 0
0 νΣ f, 2 . 0
2.1 Équation de Boltzmann [ νΣ f, gg′ ] =
0 0 . 0
et approximation de la diffusion 0 0 . νΣ f, G
En conditions stationnaires, le bilan neutronique d’un système où [χg, g ’] este la matrice de distribution en énergie des neutrons
nucléaire multiplicateur est régi par une équation, en général issus de fission et [ν ∑f, gg’ ] l’opérateur de fission multigroupe du
inhomogène. Moyennant des hypothèses simplificatrices, cette système.
équation peut, dans un bon nombre de cas pratiques, être écrite Le couplage en énergie entre les neutrons qui engendrent les
sous la forme générique d’une équation aux valeurs propres fissions et ceux qui en sont issus est négligé, en s’appuyant sur
appelée équation de Boltzmann (10). une analyse statistique. Cela permet de simplifier le terme [χg, g’]
La résolution de cette équation par voie numérique comporte sa en le transformant en un vecteur de la forme :
discrétisation en espace, en énergie et en probabilité d’interaction
et/ou de direction des neutrons, selon l’approximation choisie pour χ1
l’opérateur de transport (fuites, cf. Annexe). Or, le système d’équa- χ2
tions obtenu après discrétisation reste en général trop complexe [ χg ] =
pour les performances de calcul des ordinateurs utilisés. Il est alors .
résolu en faisant appel à d’autres simplifications. C’est ainsi que, χG
dans les études, on adopte l’approximation de la diffusion.
Dans la théorie de la diffusion, l’équation d’état du système peut Les opérateurs A0 et P0 , qui ne dépendent pas explicitement du
être obtenue à partir de celle du transport, soit sur la base de temps, sont homogènes dans des sous-domaines en espace et en
considérations physiques [3], soit mathématiquement par un déve- énergie, et sont variables en dimension selon la discrétisation
loppement asymptotique (par exemple [18]). choisie.
L’écriture de l’équation de la diffusion comporte plusieurs Écrite sous forme explicite pour chaque maille i et pour chaque
approximations et simplifications par rapport à la forme intégrale groupe d’énergie g, l’équation (13) devient :
d’origine de l’équation du bilan en transport :
L
J dS œ + Σ a, i + ∑ Σ i
g → g′
— le flux est supposé isotrope en tout point de l’espace et à
∑
g g g
+ Φoi V i (14)
toute énergie, moyennant toutefois une correction d’anisotropie
œ=1 Sœ g′
introduite au niveau du bilan comme terme correctif global du
–∑ Σ i + λ 0 χ ν Σ f, i Φoi V i = 0
nombre d’interactions entre les neutrons et la matière ; g′ → g g g′ g′
— la géométrie est simplifiée par homogénéisation, notamment
g′
en ce qui concerne la description des crayons et parfois des
assemblages ; avec i et g indiquant respectivement une maille et un groupe
— le courant est approximé en tous points au premier ordre en d’énergie, L le nombre de mailles adjacentes à i, dS œ la surface de
g
imposant la loi de Fick [3] : J0 = – D grad Φ0 , avec D coefficient de contact entre i et une des mailles génériques adjacentes œ, Φ 0i le
diffusion rendant compte des propriétés des milieux. flux moyen du groupe g et Vi le volume de la maille i.
L’équation générique de la diffusion s’écrit, après condensation Pour les calcules des REP, on retient habituellement deux groupes
en énergie, homogénéisation en espace et discrétisation des opé- d’énergie : le premier, dit rapide, englobe tous les neutrons d’éner-
rateurs en espace et énergie : gie supérieure à 0,625 eV, le second, dit thermique, regroupe les
neutrons d’énergie inférieure à 0,625 eV (1,82 eV chez certains
A 0AΦ0 + λ0 P
0 0 Φ0 =
. 0 . 0 (13) concepteurs). Cette répartition est justifiée par la dépendance de
1
l’énergie des sections efficaces de fission de l’U235, utilisé généra-
avec λ0 = 1/keff –Σ2 → 1 A2 0 . 0
lement comme combustible dans les REP. L’augmentation exponen-
où : A0 = –Σ3 → 1 –Σ3 → 2 Ag . . tielle des sections efficaces de l’U235 dans le domaine thermique
explique que, dans ce type de réacteurs, les neutrons appartenant
. . . . .
. –Σ au deuxième groupe, en dépit de leur nombre limité, engendrent
–Σ G→1 –Σ G→2 G→G–1 AG plus de 70 % des fissions [3] [4].
Pour les calculs des RNR, on adopte en général un découpage à
et : Ag = – div [D (r ) grad] + Σag (r ) 1 g G
six groupes d’énergie centré sur les domaines rapide et épithermi-
que du spectre (on entend par domaine rapide la région d’énergie
P0 = [χg, g’] [ν Σf, gg’] 1 g, g′ G
supérieure à 500 keV, par domaine épithermique celle comprise
G étant le nombre de groupes énergétiques, Σ la section efficace, entre 500 keV et quelques eV où se situent les grandes résonances
r le vecteur position, avec de façon générique : des sections efficaces neutroniques). Un découpage plus fin, en 25
groupes, est utilisé si besoin en fonction des problèmes traités [3]
[4].
χ 1, 1 χ 2, 1 . χ G, 1
En ce qui concerne l’espace, les calculs sont généralement effec-
χ 1, 2 χ 2, 2 . χ G, 2
[ χ g, g′ ] = tués au niveau du crayon, car c’est ponctuellement qu’il faut véri-
. . . . fier le respect des limites de conception et des critères de sûreté.
χ 1, G χ 2, G . χ G, G
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Selon la géométrie du problème, l’équation (13) est assortie de Dans les méthodes de conception, on partage le calcul en deux
conditions aux frontières : flux ou courant nul aux interfaces. Elles parties, ce qui permet de traiter indépendamment les deux
sont de la forme : niveaux d’hétérogénéité :
∂ Φ0 — d’une part, l’interaction des neutrons avec la matière, avec ses
α Φ 0 + β ---------- = 0 (15) spécificités énergétiques et spatiales qui relèvent d’effets locaux liés
∂n
à la géométrie des milieux, à la dépendance énergétique des sec-
où n indique une direction générique et α, β des constantes de pro- tions efficaces et à la distribution des neutrons en énergie (spectre
portionnalité. neutronique). Ce premier aspect comporte une modélisation très
Le système a une solution unique. Cela peut être démontré en précise et détaillée des milieux physiques à un nombre élevé de
–1 groupes d’énergie, mais limitée à une région restreinte en espace
définissant l’opérateur intégral Q = A 0 P 0 et en appliquant le théo- (de l’ordre du libre parcours moyen des neutrons). Il est traité par
rème de Perron-Frobenius [1] [5]. Le flux, solution de l’équation, est les codes de cellule, appelés aussi codes de spectre, dont le rôle
alors déterminé à un facteur multiplicatif près. principal est celui de générer des sections efficaces pour les calculs
de cœur (§ 2.3) ;
En général, on choisit comme condition de normalisation la puis-
— d’autre part, le bilan neutronique du système, paramètre plus
sance nominale du réacteur, exprimée par l’intégrale 〈 κΣ f , Φ0 〉, où
global et macroscopique qui traduit, en premier abord, le couplage
le paramètre κ indique l’énergie thermique dégagée en moyenne
entre régions du cœur, couplage qui est entretenu majoritairement
dans le système pour chaque fission (*), ou bien on impose une
par les neutrons rapides peu sensibles aux effets locaux. Cet
source de fission unitaire.
aspect nécessite une description du système dans son ensemble
(*) L’énergie directement dégagée dans le cœur provient du ralentissement des frag-
ments de fission, de l’atténuation des γ de fission, du ralentissement des neutrons issus
qui peut être très simplifiée en ce qui concerne le nombre de grou-
de fission, de l’atténuation des γ de capture, de l’excitation des noyaux par capture neu- pes d’énergie et la prise en compte de l’hétérogénéité locale des
tronique. Le terme κ tient compte, de façon globale et forfaitaire, de tous ces apports, milieux. Cette description est du domaine des codes de cœur.
ramenés aux sources de fission. Dans le cas d’un combustible standard, la contribution
des captures s’élève à quelques pourcent du total, mais cette valeur augmente cependant Les codes de cellule présentent des particularités qui tiennent de
sensiblement en présence de forts absorbants, poisons consommables et/ou grappes de la sophistication des modèles physiques et du type de données à
contrôle. fournir aux codes en aval (on verra par la suite comment ces don-
nées dépendent étroitement du mode de résolution adopté).
Toutefois, tous ont des caractéristiques communes, à savoir :
2.2 Séparation des étapes : calculs — ils utilisent une quantité extrêmement importante de données
de base (sections efficaces microscopiques de tous les isotopes
de cellule et calculs de cœur intervenant dans la composition des milieux, concentrations isoto-
piques, géométrie détaillée, etc.) ;
— ils font appel à un ensemble d’approximations et de modéli-
Afin de rechercher la solution de l’équation (13) assortie de ses
sations physiques qui s’appuient sur un processus de calcul numé-
conditions aux frontières (15), il est indispensable de connaître
rique sophistiqué, dans lequel elles sont étroitement imbriquées ;
explicitement la valeur de toutes les composantes spatiales et
— ils gèrent des masses énormes d’informations non seulement
énergétiques des opérateurs matriciels A0 et P0 , dans chaque élé-
pendant l’exécution du calcul proprement dit, mais aussi en sortie
ment de volume de l’espace (hyper-espace) dans lequel le pro-
quand il s’agit de mettre en forme les données à transmettre aux
blème est défini et borné. Dans l’approximation de la diffusion, la
codes de cœur.
dimension de cet espace est égale au nombre de dimensions spa-
tiales considérées plus le nombre de groupes. Les codes de cœur diffèrent assez considérablement entre eux
en ce qui concerne les options retenues pour discrétiser l’équation
Or en raison des spécificités physiques du processus d’interac-
du bilan neutronique et les méthodologies adoptées dans sa réso-
tion des neutrons avec la matière, de sa dépendance en énergie et
lution, mais ils restent très proches sur le plan de la modélisation
de la géométrie des milieux, le calcul de ces composantes est, en
physique et des résultats fournis. Seule la prise en compte de
général, très complexe. Pour mémoire, la figure 1 rappelle de
l’évolution des paramètres en fonction des conditions locales et de
façon schématique l’allure des sections efficaces microscopiques
l’épuisement peut présenter des différences notables d’un code à
d’absorption de l’uranium 235 en fonciton de l’énergie.
l’autre. En revanche, l’intégration de ces codes dans l’environne-
ment plus général des châines de calcul peut se faire de façon très
variée en fonction des expériences et des exigences propres à
chaque concepteur (§ 7).
La figure 2 montre, de façon schématique, le découpage entre
les deux niveaux d’hétérogénéité dans un calcul type : celui d’un
cœur de REP comportant du combustible MOX, mélange d’oxydes
d’uranium et de plutonium. Elle met en évidence la structure très
hétérogène du crayon combustible, avec la succession de quatre
régions aux dimensions et aux propriétés différentes : la pastille, le
jeu interstitiel, la gaine et, extérieurement, le modérateur-réfrigé-
rant. La composition et la géométrie du crayon combustible déter-
minent l’importance de l’autoprotection des résonances (**). La
modélisation de ce phénomène, extrêmement important dans la
physique des réacteurs nucléaires, est une fonction majeure des
codes de cellule.
Figure 1 – Allure de la section efficace microscopique (**) Les discontinuités locales, brusques et parfois importantes, des propriétés neutro-
niques de la matière nucléaire sont dues, pour l’essentiel, à la nature résonnante des sec-
d’absorption de l’U235 (les résonances à très haute énergie ne sont tions efficaces microscopiques des isotopes et à la distribution spatiale des matériaux. La
pas représentées) prise en compte, fidèle et précise, de ces variations n’est possible actuellement que dans les
calculs probabilistes, qui admettent une description continue des propriétés énergétiques et
spatiales des milieux. Dans les calculs déterministes, ces inhomogénéités sont lissées, en
espace et en énergie, dans les processus de mise en groupes et d’homogénéisation des sec-
tions efficaces.
Le nombre moyen d’interactions des neutrons avec la matière est affecté par ces
approximations ; on constate alors une dérive des taux de réaction, variable avec le phé-
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Figure 2 – Deux niveaux d’hétérogénéité dans les calculs neutroniques : cas d’un REP à combustible MOX
nomène considéré. Pour contrebalancer cette tendance on adopte, dans les calculs, des certains domaines d’énergie. Les taux de fission et d’absorption
procédures spécifiques capables de rétablir, tout au moins partiellement, le bilan des
réactions neutroniques. Ces procédures se regroupent, dans l’essentiel, en deux grandes
neutroniques en sont modifiés d’autant (figure 3).
familles :
— celles qui adoptent localement un raffinement du maillage en énergie auquel on
superpose une description très détaillée des milieux physiques ;
— celles qui font appel au calcul de l’autoprotection des résonances. On utilise alors
des algorithmes appropriés qui ont pour objectif la recherche de sections efficaces
2.3 Génération des sections efficaces
effectives, obtenues grâce à l’application d’un principe d’équivalence. Ce formalisme, qui
s’avère particulièrement efficace pour le calcul des REP, comporte l’évaluation d’un ou plu-
pour les calculs de cœur
sieurs paramètres, dits facteurs d’autoprotection, dont le calcul peut être parfois
complexe.
L’autoprotection s’articule en deux volets, dont le principal est directement lié à la
composante énergétique, l’autre étant associé à la composante spatiale. Dans le cas d’un
Les sections efficaces microscopiques de tous les isotopes
barreau combustible d’UO2 , placé en milieu infini dans un environnement de type REP, présents dans le cœur et dans son environnement immédiat sont
l’autoprotection de l’uranium 238 s’élève à quelque 30 000 × 10–5, dont seulement 15 % compilées dans des bibliothèques, appelées aussi librairies, issues
sont dus à la composante spatiale. d’organismes internationaux. Actuellement, on fait référence à la
La figure 2 montre aussi, très schématiquement, la sensibilité de bibliothèque JEF-2 (Jointly Evaluated File ) livrée en 1992, résultat
la distribution des neutrons en énergie, dit spectre des neutrons, d’une collaboration entre les pays d’Europe et le Japon, élargie
aux caractéristiques des milieux ; ainsi la présence de forts absor- récemment à d’autres partenaires dont les États-Unis. Les données
bants, les grappes de contrôle par exemple, et la nature du contenues dans ces bibliothèques ne sont pas utilisables directe-
combustible, oxyde d’uranium ou oxyde mixte d’uranium et pluto- ment. Un traitement préalable, comportant l’intégration des para-
nium, modifient sensiblement la population neutronique dans mètres de résonance, la mise en groupes et la condensation en
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des étapes approximation-simplification-équivalence. Sous l’évolution du combustible et sa modélisation dans les codes de
certaines conditions, on peut, notamment, démontrer que, en raison calcul, se reporter à [3] [4] [5] ;
des compensations d’erreurs, le résultat d’un calcul de diffusion à — d’autre part, pour le calcul des REP, de fournir les informa-
mailles centrées, avec un seul point de calcul par région peut être, tions locales nécessaires à la définition des paramètres d’interpo-
même en présence de forts gradients, très proche de la solution lation. En raison du couplage étroit existant entre la production de
analytique de référence [24]. puissance et les conditions physiques des milieux dans les REP
(températures, densité du modérateur, etc.), ces informations sont
élaborées par des fonctions des codes, simulant un calcul thermo-
hydraulique sous forme simplifiée, ou bien elles sont transmises
2.5 Corrections ponctuelles directement par un module de calcul thermohydraulique couplé
des opérateurs avec le code de cœur.
Les données ainsi calculées permettent l’évaluation des para-
mètres physiques locaux utilisés, moyennant interpolation dans les
Nous avons vu que l’équation d’état d’un système nucléaire mul- tables multiparamètrées préparées par le code de cellule* pour
tiplicateur, après condensation, homogénéisation et discrétisation mettre à jour, à chaque pas de temps et en chaque node, les
des opérateurs de l’équation de Boltzmann sur un maillage donné, composantes des opérateurs définissant l’équation d’état du
peut s’écrire [équation (13)] : système multiplicateur.
A 0 Φ 0 + λ0 P 0 Φ 0 = 0 (*) La génération des tables multiparamétrées est effectuée en faisant varier de façon
couplée ou indépendante, toutes choses égales par ailleurs, un certain nombre de para-
mètres, choisis parmi les plus significatifs, autour du point de fonctionnement théorique
Cette équation comporte, outre les hypothèses réductrices sur la retenu pour le calcul nominal des constantes nucléaires, et en recalculant les sections effi-
forme de la solution que nous avons déjà discutées précédemment, caces dans ces conditions. Le nombre de paramètres considérés dépend du niveau
deux niveaux supplémentaires d’approximation qui touchent aux d’approximation choisi et des caractéristiques du code en aval. En général, pour les REP,
valeurs des composantes des opérateurs, à savoir : sont pris en compte, a minima, les températures du combustible et du modérateur, la
concentration de bore dans le modérateur et l’empoisonnement xénon. La génération de
— l’indépendance sous forme explicite du système par rapport ces tables est effectuée, de façon indépendante, à toute étape d’évolution.
au temps ;
— la connaissance parfaite et généralisée des composantes des
opérateurs dans tout le système. Ordres de grandeur des temps
et fraction de neutrons retardés en jeu
La première approximation implique que l’évolution du système
dans le temps, s’il y a lieu, est assimilée à une succession infinie
Temps de vie des neutrons prompts ......................... << 10–3 s
d’états stables, chacun très peu différent de son prédécesseur et
Valeur de référence pour les calculs
tout à fait indépendant et découplé de lui. En absence d’interven-
de conception des REP à combustible UO2 .............. 30 µs
tions externes qui viendraient perturber le système, cette approxi-
mation adiabatique est parfaitement justifiée en raison de l’écart Temps de vie des précurseurs de neutrons différés >1s
existant entre les constantes de temps des phénomènes en jeu Temps de vie des familles dont la vie
(pour plus d’information sur les cinétiques chimiques, se reporter est la plus longue......................................................... ≈ 1 min
au chapitre Théorie des réacteurs nucléaires, [B 3 025] et [2] [7]) :
— le retard avant l’apparition des neutrons de fission, quelques Retard avant l’apparition des effets
dizaines de secondes pour ceux dont l’attente est la plus longue de contre-réaction ........................................................ >1s
(moins d’un pourcent du total), une fraction de seconde (< 10–3 à Période des oscillations engendrées
10–7 s, selon le système considéré), pour tous les autres ; par les produits de fission à vie courte..................... > 10 h
— le changement des propriétés nucléaires des milieux,
consécutif à la production d’énergie (épuisement du combustible et Période de stabilité des propriétés neutroniques
accumulation des produits de fission) plusieurs heures, voire des matériaux par rapport
quelques jours avant que l’on puisse constater le moindre effet à l’épuisement du combustible nucléaire ................. ≈ 1 mois
significatif.
Fraction de neutrons retardés :
La seconde approximation concerne, pour chaque palier, les opé-
dans les REP (en moyenne) ........... entre 450 et 700 × 10–5
rateurs qui décrivent le système et qui sont supposés connus et
dans les RNR.................................... de l’ordre de 350 × 10–5
déterminés en tout point.
Si cette connaissance est parfaitement envisageable d’un point
de vue théorique, dans la pratique, en raison de considérations de
coût, d’encombrement mémoire et d’efficacité de calcul, seules les
sections efficaces d’un nombre très restreint de points sont acces- 3. Calculs du transport
sibles directement. Toutes les autres peuvent être reconstruites
grâce à des algorithmes qui prennent en compte les valeurs locales des neutrons
des paramètres. Les méthodes plus modernes et plus sophisti-
quées font appel à l’interpolation dans les tables multiparamétrées,
d’autres à des développements analytiques, d’autres encore à une
combinaison des deux. 3.1 Méthodes déterministes (analytiques)
Les deux approximations décrites ci-dessus nécessitent la pré-
sence dans les codes de calcul de cœur de sous-programmes Dans la plupart des cas, il n’est pas possible de résoudre direc-
capables : tement par voie analytique l’équation générale du transport (cf.
— d’une part, de mettre à jour les données relatives aux Annexe), mais on peut en rechercher des solutions approchées par
compositions isotopiques du combustible nucléaire afin d’y inté- diverses méthodes numériques.
grer les effets de la production d’énergie. Il s’agit là, en général, de
En faisant abstraction de la variable temps, le flux est une fonc-
sous-programmes dits de calcul d’évolution qui, à l’aide de formu-
tion de six variables : une pour l’énergie, deux pour la direction
lations analytiques, ou, plus souvent, de méthodes de résolution
angulaire et trois pour l’espace. Le plus souvent, on cherche une
matricielles, résolvent, par node, les équations d’évolution des
solution indépendante du temps (on ne traite explicitement ce der-
nuclides sous une forme simplifiée ; pour plus d’information sur
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nier que pour l’analyse de situations transitoires), ce qui revient à une somme finie de termes du développement (formule de quadra-
déterminer le flux Φ (r, E, Ω) en tout point d’un milieu de volume V. ture).
■ Discrétisation par rapport à l’énergie, calcul multigroupe Ces polynômes sont orthogonaux : 〈 P œ ⋅ P m〉 = 0 si œ ≠ m , ce qui
On discrétise la plage d’énergie dans laquelle se trouvent les conduit à exprimer les sections efficaces et le flux suivant le
neutrons (de plusieurs millions d’électronvolts, partie haute du formalisme :
spectre de fission, à quelques millièmes d’électronvolt, partie L
∑ ----------------
2œ + 1 œ
basse du spectre) en intervalles E g B E B E g + 1 (§ 2.2). On réduit Σ(r, E′ → E, µ) = Σ ( r , E ′ → E ) Pœ ( µ ) (19)
4π
ainsi un problème dépendant de l’énergie en un système d’équa- œ=0
+1
tions couplées : équations multigroupes, chacune d’entre elles œ
ayant la forme d’une équation mono-énergétique, où apparaissent avec Σ ( r, E′ → E ) = 2π Σ ( r, E′ → E, µ ) P œ ( µ ) d µ
des valeurs du flux Φg (r, Ω) et des sections efficaces Σg (r, Ω) par –1
L
groupes d’énergie :
∑ ----------------
2œ + 1
Φ ( r, E, µ ) = Φ œ ( r, E ) P œ ( µ )
et (20)
Eg + 1
4π
Φ g ( r, Ω ) = Φ ( r, E, Ω )dE œ=0
Eg +1
(16)
avec Φ œ ( r, E ) = 2π Φ ( r, E, µ ) P œ ( µ ) d µ
Eg + 1
Σ ( r ,E ) Φ ( r, E, Ω ) –1
et Σ g ( r, Ω ) = ----------------------------------------------dE
Φ g ( r, E, Ω )
Eg En règle générale, les sources sont traitées comme étant isotro-
pes.
■ Discrétisation par rapport à l’espace
En portant les expressions (19) et (20) dans l’équation générale
On découpe le volume à étudier en un ensemble de volumes élé- du transport, on obtient un système de N + 1 équations différentiel-
mentaires (maillage) qui peuvent chacun être considérés comme les.
quasi homogènes et, suivant les cas, on calcule un flux au centre
ou à la périphérie des mailles. Comme nous l’avons vu précédem- Dans la solution globale, l’importance du polynôme diminue rapi-
ment, le choix du maillage est lié à la technique de résolution dement lorsque son degré augmente, aussi limite-t-on le dévelop-
numérique que l’on met en œuvre. pement aux premiers termes. Si l’on s’arrête à = N , on dit que
l’on utilise l’approximation PN ; la pratique conduit à choisir N
■ Discrétisation par rapport à l’angle impair.
La discrétisation du problème par rapport aux directions angu- On peut montrer que limiter le développement aux harmoniques
laires peut se faire : d’ordre 0 et 1 (approximation P1) ramène à la théorie de la diffusion
— en tenant compte de la distribution des vitesses des neutrons (cf. chapitre Ralentissement et diffusion des neutrons [B 3 014]).
après leur naissance et/ou à l’issue des chocs ; dans ce cas, on
■ Méthodes des ordonnées discrètes
développe les sections efficaces de ralentissement avec le flux en
polynômes et on découpe l’espace des directions en secteurs : Dans cette méthode [25], on remplace les directions Ω’ et Ω par
c’est l’approche intégro-différentielle ; un ensemble limité de directions Ωi .
— en considérant seulement la probabilité que les neutrons, en se Soit Φi (r, E, Ωi ), le flux angulaire dans la direction Ωi , on va
propageant en ligne droite, puissent atteindre un point quelconque choisir les directions Ωi , leur nombre N et leur poids respectifs ωi
du système avant d’interagir avec la matière : c’est l’approche inté- pour que :
grale. N
Φ ( r, E, Ω ) dΩ = ∑ ωi Φ i ( r, E, Ω i ) (21)
4π i=1
3.1.1 Méthodes intégro-différentielles
Quand le flux présente une symétrie azimutale, on repère les Ωi
■ Développement sur des harmoniques sphériques par le seul paramètre Θ et l’on utilise µi = cos Θi , avec µ0 = – 1 et
µN = + 1. On choisit pour valeur de µi les N racines du polynôme de
Dans l’espace, on repère la direction Ω par deux paramètres, les
Legendre de degré n (n pair) et pour ωi les solutions de :
angles θ et ϕ : lorsque le système présente une symétrie azimutale,
comme dans le cas des géométries plane ou sphérique, un seul N
2
∑ ωi
angle suffit à repérer la direction. n
µ i = ------------- avec n = 0, 2, 4 ... (2N – 2) (22)
n+1
Une méthode couramment utilisée consiste à développer le flux i=1
angulaire et les sections efficaces sur une base de fonctions appro-
priées, en général des harmoniques sphériques suivants : Dans les méthodes intégro-différentielles, on fait l’approximation
d’une variation linéaire de Φ (r, E, Ω) entre les Ωi ; on peut ainsi expri-
( 2œ + 1 ) ( 1 – m ) ! m im ϕ
mer simplement les termes de l’équation intégro-différentielle fai-
Y œ ,m ( θ , ϕ ) = ----------------------------------------------- P œ ( cos θ ) e (17) sant intervenir les dérivées par rapport aux coordonnées
4π ( 1 + m ) !
angulaires [26]. La précision et la complexité des calculs aug-
avec œ et m entiers. mentent avec N ; en général, on se limite à N = 4 ou 6, méthodes
appelées S4 ou S6 , parfois à N = 8, méthode S8 , rarement au-delà.
Si le milieu peut être considéré comme isotrope, ce qui est le plus
Si on fait l’hypothèse que le flux est linéaire à la fois en fonction
souvent le cas dans les calculs de cœur, alors la section efficace
de l’espace et de l’angle sur chaque intervalle de la discrétisation,
Σ (r, E’ → E, Ω’ → Ω) ne dépend que d’un paramètre : l’angle Θ que
on peut mettre en œuvre une technique de résolution numérique
font Ω’ (après choc) et Ω (avant choc), et que l’on va repérer par
basée sur le schéma diamant [3] [4].
µ = cos Θ :
2 3
3 µ –1 5µ – 3µ
P0 (µ ) = 1, P1 (µ ) = µ, P2 (µ ) = ----------------- , P 3 ( µ ) = ----------------------- (18)
2 2 3.1.2 Méthodes intégrales (probabilité de collision)
Les P œm sont les fonctions associées de Legendre qui pour m = 0 Si l’on suppose les sections efficaces indépendantes du temps,
se réduisent aux polynômes de Legendre P œ ( µ ) . On peut alors alors les neutrons qui arrivent en r, à l’énergie E et dans la direction
remplacer dans l’équation intégro-différentielle les intégrales par
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MÉTHODES DE CALCUL NEUTRONIQUE DE CŒUR _____________________________________________________________________________________________
Ω ont été créés dans l’ensemble des points r’ tels que r’ = r – x Ω, Toutefois, leur utilisation demande d’éviter l’apparition de phé-
et ils ont parcouru la distance r’ – r sans subir de choc. nomènes numériques tels que la distorsion du flux calculé dans
On passe de la forme intégro-différentielle à une forme intégrale certaines directions privilégiées par le calcul (effet de raies).
en introduisant le terme : Les méthodes des probabilités de collision sont utilisées pour la
Σ
r détermination des constantes neutroniques utilisées dans les cal-
Σ̃ tx = – t ( r′, E, Ω )dx culs de cœur (§ 2.2), ce qui se fait avec des codes de réseaux tels
A que Apollo [32] [33] en France ou Wims [34] en Grande-Bretagne.
probabilité de propagation en ligne droite entre le point de départ
A et le point d’arrivée générique r.
On montre alors [3] que l’équation du transport se met, dans le
3.2 Méthodes probabilistes (Monte-Carlo)
cas d’un milieu à une dimension, sous la forme :
∞ Dans le paragraphe 3.1, on a vu que les erreurs systématiques
˜
Φ ( r, E, Ω ) = e– Σ tx q ( r′, E, Ω ) dx (23) provenaient non seulement des incertitudes sur les données fonda-
0 mentales de base (sections microscopiques) mais aussi des
approximations méthodologiques. Parmi ces dernières, on peut
avec q(r’, E, Ω) représentant le nombre de neutrons d’énergie E et citer la séparation espace-direction angulaire-énergie des neutrons
de direction Ω émis en r’ = r – x Ω, auquel on ajoutera éventuelle- dans les calculs spectraux, la non-utilisation systématique de modé-
ment les sources. lisation tridimensionnelle et l’approximation énergétique multi-
Ce formalisme se généralise à plusieurs dimensions. groupe dans les études de projets industriels. Ces études sont
Dans la méthode de résolution par probabilité de collision [27], relatives à des calculs de cœurs de réacteurs, des piscines de
on découpe l’espace en éléments de volumes V i , que l’on va stockage d’assemblages usés, des calculs de protection et toutes
considérer comme homogènes, et l’on calcule les facteurs de pro- autres études mettant en jeu des neutrons.
babilité de collision ij qui représentent la probabilité qu’un neu- À l’opposé, les méthodes de Monte-Carlo [8] sont capables de
tron émis dans le volume Vi subisse sa première interaction dans simuler des configurations complexes en trois dimensions en trai-
le volumeVj . On entend par neutron émis dans Vi tout neutron qui tant de façon continue et simultanée l’énergie, l’angle et la direction
y a été créé ou dont les caractéristiques (énergie, direction) y ont des neutrons. Ces méthodes permettent de lever certaines incerti-
été modifiées suite à une diffusion ou à une autre interaction. tudes propres aux méthodes déterministes. Les erreurs résultant
On décrit ci-dessous le principe de la méthode dans le cas où des méthodes sont bien sûr celles implicites aux données fonda-
l’on suppose les chocs isotropes. mentales de base ainsi que celles inhérentes à la méthode qui pren-
nent la forme d’une erreur statistique. En effet, comme son nom
On note Σ t et Σ s les sections efficaces totale et de diffusion
l’indique, la méthode de Monte-Carlo est une méthode de résolution
dans le volume générique V,
numérique basée sur l’application de propriétés des variables aléa-
P et Φ la source moyenne et le flux moyen dans V. toires et sur l’utilisation de techniques d’échantillonnage au hasard.
On commence par calculer les probabilités de collision ij : Elle fait appel aux méthodes statistiques et aux probabilités.
vj
3
d r′ Σ t ( r′ )
vj
3 e tx
– Σ̃
d r ------------2- Σ s ( r ) Φ ( r ) + P ( r )
4πx
3.2.1 Principe
ij = --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- (24)
vj
3
d r Σs ( r ) Φ ( r ) + P ( r )
La mise en œuvre de la méthode commence par la construction
d’histoires de particules en considérant la succession des événe-
ments suivants :
Si Vi est petit, on pourra supposer que la densité des départs de — émission de particules sources (répartition spatiale, énergétique
neutrons y est uniforme d’où : et angulaire) ;
— choix d’un parcours dans un milieu de section efficace
Σ tj 3
ij = ------ d r ′
Vi vi
vi
3 e tx
– Σ̃
d r -------------2-
4π x
(25)
totale Σ t ;
— nature du noyau rencontré et type d’interaction ;
— diffusion isotrope ou anisotrope.
Puis, on calcule le flux moyen dans chacun des volumes par : L’histoire de la particule est poursuivie jusqu’à sa disparition soit
par absorption dans le système, soit par fuite. Chaque événement
Vi Σ ti Φ i = ∑ ij Vi ( Σ sj Φ j + Pj ) (26) décrit ci-dessus est traité d’une manière aléatoire en utilisant des
nombres au hasard (tirage) et en comptabilisant certaines quantités
j
numériques relatives aux situations rencontrées au cours des his-
Ce calcul se résume à la résolution d’un système linéaire de la toires ainsi construites. C’est donc le dépouillement statistique de
forme (26). ces histoires qui donne les informations recherchées [9].
Il est possible de prendre en compte une anisotropie linéaire des ■ Tirage selon une loi de probabilité quelconque
chocs en modifiant la formulation (24) par une correction de
En général, les événements aléatoires étudiés ne correspondent
transport [28].
pas à une distribution équiprobable mais plutôt à une distribution
quelconque ƒ (x ) sur un domaine [a,b] de x. Par définition :
3.1.3 Domaines d’application
b
ƒ (x ) d x = 1 (27)
Les méthodes intégro-différentielles sont particulièrement utili- a
sées pour le calcul du flux dans des milieux hétérogènes où les
variations spectrales du flux sont importantes. Ces méthodes sont On peut tout aussi bien considérer l’intégrale :
relativement simples à mettre en œuvre dans le cas des géomé- x
tries à une dimension, code ANISN [29] ; elles deviennent plus ƒ(x’ ) dx’ = F (x) (28)
complexes pour les cas à deux ou trois dimensions, codes Dot et 0
Tort [30] [31].
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qui exprime la probabilité que la variable aléatoire prenne une <g > et <g 2> ne sont pas connus et donc σ N ne peut être calculé.
valeur inférieure ou égale à x, F (x) varie toujours de 0 à 1. On peut néanmoins l’estimer en posant :
La méthode de Monte-Carlo repose sur le fait qu’à partir d’une
2 2
séquence de nombres équiprobables sur [0, 1] il est possible <g > = g
d’atteindre une variable aléatoire distribuée selon ƒ(x ) sur [a, b]. Il
suffit de tirer des nombres si selon une séquence équiprobable et 2 N 2 1 2
<g> = -------------- ( g ) – ------ g (34)
de calculer xi correspondant par l’équation : N–1 N
si = F (xi ) (29) 2
(à noter que ( g ) est un estimateur biaisé de <g 2>), il vient :
Exemple : soit : 2
2
g – ( g)
ƒ(x ) dx = K exp (– Kx ) dx ( σN )2 ≈ ------------------------
N–1
- (35)
avec K constante de proportionnalité
On voit ainsi que l’erreur probable commise en prenant l’estima-
La probabilité pour un neutron parti de x = 0 de subir une réaction tion g N à la place de <g > varie comme 1 ⁄ N (racine carrée de
entre x et x + dx. la variance ou écart-type). Pour réduire cette erreur d’un facteur 10,
On a : il faut étudier 100 fois plus d’histoires. C’est un inconvénient
x sérieux de la méthode de Monte-Carlo, aussi l’a-t-on améliorée en
F(x) = ƒ(x’ ) dx’ = 1 – exp (– Kx) utilisant des techniques de réduction de variance.
0
Si on tire si , on calcule :
1
3.2.2 Techniques de réduction de la variance
x i = – ----
-
K ln ( 1 – s i )
Pour que l’écart-type soit faible, il faut donc effectuer un très
x i est la distance à laquelle a lieu l’événement réaction dans l’histoire grand nombre de tirages, ce qui se traduit par un grand nombre de
de ce neutron. particules devant atteindre et, éventuellement, traverser la cible
d’intérêt. Afin de réduire le nombre de tirages (histoires), on utilise
On procède ensuite, par exemple, au choix entre une réaction de des techniques particulières dites techniques de réduction de la
diffusion ou une réaction d’absorption en tirant un nouveau s. Les variance. Deux des techniques les plus souvent utilisées sont le
sections étant Σa et Σs avec Σ = Σa + Σs , si s B Σa /Σ on retient qu’il splitting [35] [36] et la pondération par importance.
y a absorption sinon qu’il y a diffusion. On poursuit l’analyse en
recherchant la direction du nouveau parcours, puis la distance par- Il faut noter que, si la méthode de Monte-Carlo est utilisée pour
courue avant la nouvelle réaction et ainsi de suite. On enregistre au obtenir une réponse en réactivité (milieu multiplicateur de neutrons)
fur et à mesure toutes les quantités pour lesquelles on désire des d’un système quelconque, tous les neutrons doivent participer au
résultats. processus. Pour minimiser l’écart-type, la seule solution est donc
le traitement d’un nombre suffisant et, par conséquent, important
■ Analyse statistique d’histoires (quelques millions). Les techniques de réduction de
Si l’on veut calculer la vraie moyenne : variance qui sont discutées ci-après ne sont donc appliquées qu’aux
problèmes spécifiques de protection ou de propagation de parti-
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■ Pondération par importance De nombreuses méthodes ont été développées pour atteindre
L’autre procédé de réduction de variance n’est pas fondamenta- cet objectif. Elles évoluent très rapidement et on assiste à l’heure
lement différent du splitting, il repose aussi sur l’utilisation de actuelle, avec le développement des ordinateurs, à une montée en
l’importance. puissance des modules résolvant directement l’équation du trans-
port dans des géométries complexes. Ces méthodes ne sont pour
La notion de pondération, c’est-à-dire la théorie des jeux biaisés l’instant pas parvenues à maturité et les concepteurs continuent à
en mathématique statistique, correspond dans notre cas à un flux faire appel principalement aux outils résolvant l’équation de la dif-
de particules biaisé : fusion neutronique.
Φ I ( x ) = Φ (x ) I ( x ) (36)
Comme il a été dit au paragraphe 2, les calculs de distribution
où la fonction I (x ), appelée importance, est choisie grande dans spatiale de neutrons à l’intérieur du réacteur comportent la traduc-
les régions de l’espace où sont recherchés les résultats. D’où tion de l’équation de la diffusion en un système d’équations algé-
l’expression suivante des flux biaisés : briques. En pratique, le domaine sur lequel l’équation d’état du
réacteur est définie et bornée est subdivisé spatialement en un
1 ensemble de régions dites mailles (ou points de calcul) dans les-
Φ I ( x ) = Φ ( x ) ----- exp ( Kx ) (37)
A quelles l’équation est intégrée spatialement. Ce procédé, appelé
discrétisation, permet de passer d’un problème aux dérivées par-
La notion d’importance est fondamentale et l’intérêt du biaisage tielles (dont la solution analytique n’existe pas pour un réacteur
est de réduire la variance sans altérer l’espérance mathématique, réel) à un problème numérique.
c’est-à-dire, dans le cas de la résolution du transport par une
méthode de Monte-Carlo, de traiter uniquement les particules Plusieurs techniques de discrétisation sont possibles.
contribuant au résultat recherché en éliminant ainsi la plus grande ■ L’une d’entre elles, utilisée encore actuellement pour les études
partie des particules inutiles. neutroniques de conception des réacteurs de puissance, est celle
Cette méthode demande des réglages des différentes impor- des différences finies (cf. chapitre Approximation des équations aux
tances données suivant les chemins parcourus par les particules. Le dérivées partielles. Méthodes aux différences finies [A 550] dans le
choix de l’importance n’est pas prédominant sur le résultat. Un traité Sciences fondamentales). Elle consiste à évaluer le courant de
mauvais choix donne un résultat correct mais au détriment d’un neutrons (exprimé par la loi de Fick) entre une maille et l’autre, dans
écart type plus important et/ou d’un temps de calcul détérioré. une direction donnée, de la façon suivante :
(Φ – Φ )
3.2.3 Domaines d’application J = – D grad ( Φ ) ≈ – D ------------------------
a b
- (38)
h
L’utilisation de méthodes de Monte-Carlo couvre le domaine où D est la constante de diffusion, a et b sont deux points du
complet allant du traitement des sections efficaces de base (neu- domaine où le flux Φ doit être évalué et h leur distance. Dans cette
trons, gamma, etc.) jusque, et cela grâce à la puissance croissante approximation, la dérivée spatiale est approximée, au premier
des ordinateurs, aux calculs de cœur ou de piscines de désactiva- ordre, par un rapport de différences. On présente plus de détails sur
tion. cette approximation dans le paragraphe 4.2.
Ces méthodes permettent de prendre en compte exactement les ■ Une autre technique utilisée en neutronique est celle des élé-
particularités d’une géométrie donnée et des interactions particules/ ments finis. Elle consiste à exprimer le flux comme développement
matière. Ces dernières sont : de fonctions de base (normalement des polynômes) :
— pour les neutrons : choc élastique avec anisotropie quelconque,
réactions inélastiques et réactions (n → 2n ), capture, fission et ther- Φ = a0 + a1 f1 (x, y, z ) + a2 f2 (x, y, z ) + ... (39)
malisation dans un gaz libre ou avec liaisons moléculaires ; Dans ce cas, la dérivée spatiale qui exprime le courant est for-
— pour les gamma : diffusion Compton, effet photoélectrique et mulée analytiquement. L’intégration dans chaque maille (avec pro-
production de paires. jection sur les fonctions orthogonales) conduit à des équations
L’utilisation des méthodologies Monte-Carlo comme référence dont les inconnues sont les coefficients de ces fonctions. Étant
pour la validation peut s’appliquer, entre autres, à des études de donné que cette technique n’est pas utilisée industriellement pour
problèmes neutrons ou gamma à courtes distances des sources les études de conception, elle ne sera pas détaillée ici. Pour plus
(échauffement, dommage, irradiation, etc.), de problèmes de péné- d’information, se reporter au chapitre Méthode des éléments finis
tration profonde en neutrons ou gamma dans des géométries [A 656] dans le traité Sciences fondamentales et [5] [10] [40] [41]
complexes et de problèmes critiques avec multiplication des neu- [42].
trons de fission. Citons quelques noms de codes les plus généra- La technique de discrétisation utilisée de préférence actuelle-
lement utilisés dans le monde : Tripoli en France [37] MCNP [38] et ment pour les études des REP est l’expansion nodale (§ 5). Pour les
Vim aux États-Unis [39]. RNR, on adopte toujours la technique des différences finies (§ 7.3).
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maille est égale à la valeur du flux en son centre, le courant à la Le choix de la taille de chaque maille conditionne la précision du
surface d’une région peut être écrit : résultat. Un maillage trop large ne permet pas de suivre des varia-
tions rapides de flux. Un maillage trop serré augmente par ailleurs
Da ( Φs – Φa ) Db ( Φb – Φs ) l’influence des erreurs de troncature sur le résultat, étant donné que
J = – --------------------------------- = – ---------------------------------- (40)
ha ⁄ 2 hb ⁄ 2 la différence de flux qui apparaît dans la relation (47) peut porter sur
les derniers chiffres significatifs*. En général, l’augmentation du
En éliminant le flux surfacique, on arrive à exprimer le courant nombre de mailles introduit des instabilités numériques qui aug-
par l’intermédiaire des flux dans les deux mailles : mentent le nombre d’itérations.
(*) L’effet de maillage est analysé en détail dans le paragraphe 2. Il est important
J = Rab (Φb – Φa ) d’observer qu’il n’est pas le seul effet de modèle qui doit être repris : l’hétérogénéité
énergétique et spatiale sont autant de sources d’incohérence des résultats des calculs de
avec : cœur.
Da Db
--------
- --------
ha hb
R ab = 2 ---------------------------- (41)
Da Db
- + --------
--------
4.3 Processus de calcul
ha hb
Une autre façon d’approximer la dérivée du flux pour représen- Le système homogène décrit dans le paragraphe 4.2 peut être
ter la loi de Fick consiste à écrire : écrit en forme compacte :
1
D m ( Φa – Φb ) A 0 Φ 0 = --------- P 0 Φ 0 (48)
J = – ------------------------------------- (42) k eff
ha hb
------ + ------ où A0 est l’opérateur matriciel qui décrit la diffusion, l’absorption
2 2
et le ralentissement des neutrons (il contient les termes Rij , Σa , Σr)
où Dm est une constante de diffusion pondérée selon la relation : et P0 est l’opérateur matriciel de production de neutrons (il contient
les termes de source).
h a Da + h b Db
D m = ---------------------------------
- (43) Ce système ne peut être résolu directement en raison de la taille
ha + hb des matrices A0 et P0.
la constante de couplage entre les mailles a et b étant alors : La méthode couramment utilisée consiste à passer par l’inter-
médiaire d’un système non homogène plus facile à résoudre. En
ha Da + hb Db effet, la relation (48) peut être séparée en deux équations, à savoir :
R ab = 2 ---------------------------------
2
- (44)
( ha + hb ) A 0 Φ 0 = P˜ (49)
Pour une maille à la frontière du domaine, le courant est formulé
1
à partir des conditions aux limites (§ 2.1). On considère ici la seule P˜ = --------- P 0 Φ 0 (50)
condition d’annulation du flux. Que ce soit l’une ou l’autre des k eff
façons d’approximer la dérivée du flux, le courant s’exprime tou-
Le processus itératif consiste alors à résoudre plusieurs fois le
jours par (Φs = 0) :
système (48) en réévaluant, à chaque fois, le terme de source P˜ à
Da Φa l’aide de l’équation (50).
J = – -------------- (45)
ha ⁄ 2 La valeur propre est calculée à chaque itération. Plusieurs métho-
des de calcul existent, parmi lesquelles on retiendra les suivantes :
et la constante de couplage devient : (n)
(n) 〈 P0 , Φ 〉
Da k eff = ---------------------------
(n)
(51)
R ab = ------
- (46) 〈 A0 , Φ 〉
ha
ou :
En introduisant la relation (42) dans l’équation homogène de la
(n)
diffusion (§ 2.1) et en intégrant sur le volume de la maille, le cou- (n) 〈 f, P 0 Φ 〉
rant disparaît. La résolution du problème est alors ramenée à celle k eff = -------------------------------
(n)
- (52)
d’un système de NG équations (N étant le nombre de mailles et G 〈 f, A 0 Φ 〉
le nombre de groupes de neutrons) où les inconnues sont les
valeurs du flux dans chaque maille pour chaque groupe de neu- ou encore :
(n)
trons. (n) 〈 P0 , Φ 〉 (n – 1)
k eff = ---------------------------------
(n – 1)
- k eff (53)
Dans ces conditions, en utilisant les définitions (8), l’équation (14) 〈 P0 , Φ 〉
devient, pour chaque maille i et groupe g :
L Le symbole <,> indique classiquement une intégration en espace
∑ Rgiœ Φ g – Φ g S iœ + Σ ga, i + ∑ Σ gi → g′ Φ g0i V i et en énergie sur tout le domaine et n représente l’indice d’itéra-
0i 0œ tion.
œ=1 g′
La relation (51) est obtenue en intégrant l’équation (48) sur
∑ Σi + --------- χ ν Σ f ,i Φ 0i V i = 0
g′ → g 1 g g g′
– (47) l’espace et l’énergie. La relation (52) est obtenue en effectuant une
k eff
g′ convolution de l’équation (48) sur une fonction générique de
g l’espace et de l’énergie. Cette fonction peut être redéfinie à chaque
où R iœ est la constante de couplage entre les mailles i et œ , définie
itération. Dans certains codes de calcul à deux groupes d’énergie,
par une des relations (41), (44) ou (46) et S iœ est la surface de
elle est supposée égale aux flux rapides (hypothèse dite du flux
contact entre ces deux mailles (L vaut 6 en géométrie rectangulaire
rapide autoadjoint ) et ne dépend pas de l’énergie. La relation (53)
3D).
est obtenue en substituant l’équation (50) relative à l’itération n – 1
Ce système, en général, ne peut pas être résolu directement : sa dans l’équation (48) relative à l’itération n.
solution est donc recherchée par une approche itérative.
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Avant la première itération, le flux est initialisé à une distribution d’appeler itération de diffusion l’itération interne (parce qu’elle
arbitraire par maille et par groupe. représente la diffusion des neutrons produits par la source P˜ ) et
Le processus itératif est arrêté lorsque l’erreur maximale en itération de source l’itération externe.
espace et en énergie est inférieure à un seuil préétabli ou défini par Il n’est pas nécessaire de faire converger totalement le processus
l’utilisateur (critère de convergence) : de diffusion à chaque itération de source. La procédure courante
est d’effectuer un nombre fixé par avance d’itérations de diffusion
(n) (n – 1)
Φi – Φi pour chaque itération de source et de ne tester que la convergence
(n – 1)
- <ε
max i ------------------------------------- (54) du processus externe.
Φi
La vitesse de convergence peut être augmentée par des métho-
Cet algorithme qui converge naturellement (dans les situations des d’accélération [11] [12] [13]. Notamment, pour réduire le nom-
courantes en neutronique) est connu sous le nom de méthode des bre d’itérations de diffusion, on applique la méthode de
puissances (cf. chapitre Méthodes numériques de base [A 1 220] surrelaxation qui consiste à appliquer une extrapolation aux flux
dans le traité Sciences fondamentales et [43]. calculés :
La résolution du système (49) et (50), bien que simple, n’est pas Φext = ω Φ (n ) + (1 – ω ) Φ (n – 1) (58)
possible en général de façon directe à cause de la taille importante
des matrices. Sa solution est obtenue par un autre processus itératif. où ω est un réel compris entre 1 et 2 [11].
Parmi les méthodes de résolution, les plus utilisées sont celles de Pour réduire le nombre d’itérations de source, on applique la
Jacobi ou de Gauss-Seidel (cf. chapitre Méthodes numériques de méthode de Wielandt [12] qui consiste à écrire l’équation (48) sous
base [A 1 220] et, pour plus d’information [11] [12] [13]. Elles peuvent la forme :
être appliquées point par point ou par lignes de mailles. θ 1–θ
A 0 – --------- P 0 Φ 0 = ------------ P 0 Φ 0 (59)
■ La méthode de Jacobi par points consiste à calculer le flux Φ dans k eff k eff
une maille en explicitant le système (48) sous la forme suivante :
(n) (n – 1) où θ est un réel légèrement inférieur à 1 [13].
A′ Φ
i = P˜ + R Φ
i i S∑ iœ œ (55) iœ Le problème est ainsi ramené au précédent avec les transforma-
œ
tions suivantes :
où A′i est la sous-matrice du système dans le point i. Dans un calcul θ
à deux groupes de neutrons, il s’agit d’un système de deux équa- A 0 → A 0 – --------- P 0 Φ 0
k eff
tions et deux inconnues. (60)
1–θ
■ La méthode de Jacobi par lignes consiste à expliciter le même P 0 → ------------ P 0 Φ 0
k eff
système pour l’ensemble des mailles i appartenant à une ligne.
Dans ce cas, il est possible de définir des matrices de transformation Une autre méthode d’accélération consiste à résoudre périodi-
qui, appliquées à l’intérieur du système, en rendent la matrice trian- quement le même problème sur un maillage plus grossier de façon
gulaire. La transformation est la suivante : à déterminer des facteurs correctifs à appliquer aux mailles du pro-
(n) (n)
blème de base. Cette méthode, très efficace lorsque le nombre
Φi = Mi + Qi + 1 ( i = i1 , i2 ) (56) élevé de points retarde trop la propagation de l’information du cal-
cul entre une maille et les autres (maillages fins), est dite coarse
où i1 et i2 sont les indices des mailles délimitant la ligne. Son intro- mesh rebalancing [13].
duction dans l’équation (55) conduit au système :
Mi = Bi + Ci Mi – 1 ( i = i1 , i2 ) (57)
4.4 Domaines d’application
où les matrices [C ] et [B ] sont calculées à partir de [A ] et [P˜ ] .
La matrice Mi pour la maille fictive précédant la maille i1 est
déduite à partir des conditions à la frontière. L’application progres- En général, le domaine d’application d’une chaîne de calcul est
sive de la relation (57) de la maille i1 à la maille i2 permet de déter- beaucoup plus sensible à la méthode d’évaluation des sections
miner les matrices M et Q dans chaque point. En parcourant ensuite efficaces (les données du calcul de diffusion) qu’à la méthode de
la ligne dans le sens contraire au précédent, les flux peuvent être calcul du flux. Les limites d’application de l’équation de la diffusion
déduits par application de la relation (56), après les avoir initialisés ont été énoncées au paragraphe 2.1. On parlera donc ici du
dans la maille fictive au-delà de i2 par prise en compte des domaine d’application de l’équation de la diffusion en différences
conditions à la frontière. finies (pour ce qui concerne l’équation de la diffusion en méthode
nodale, (§ 5.4)).
■ La méthode de Gauss-Seidel diffère de celle de Jacobi (par points
Dans les études de conception des REP, la méthode des différen-
ou par lignes) seulement par le fait que les flux utilisés pour calculer
ces finies est utilisée à une dimension pour analyser des phénomè-
la solution dans un point ou dans une ligne (à droite du signe =)
nes qui se développent principalement selon la direction axiale,
viennent en partie de l’itération en cours (ceux du point ou de la
comme les oscillations xénon et pour simuler les transitoires de
ligne déjà calculés) [11] [12]. La matrice A’ contient donc les termes
capacité de puissance. Elle est utilisée à deux dimensions (2D) en
Rij qui modelisent le couplage entre la/les maille(s) courante(s) et
géométrie plane (x, y ), pour des calculs où la composition axiale du
celles qui n’ont pas encore été calculées. Cette méthode converge
réacteur ne présente pas de discontinuités importantes. Toutefois,
plus rapidement que celle de Jacobi, mais elle a l’inconvénient de
la représentation des fuites de neutrons selon l’axe z nécessite tou-
créer une dépendance entre le calcul d’un point et celui des autres.
jours un calcul d’équivalence à partir d’une modélisation en trois
Elle est donc bien adaptée aux ordinateurs de la génération actuelle
dimensions (3D). L’utilisation de la modélisation à 2D est acceptable
mais moins adaptée aux ordinateurs à processeurs parallèles.
pour simuler certaines situations du fonctionnement courant et
Une itération du processus qui conduit à la solution du système pour les études de repositionnement du combustible des REP. Elle
(48) est appelée itération interne, une itération globale sur l’équa- n’est, en revanche, jamais satisfaisante pour les réacteurs à eau
tion (47) est appelée itération externe. Étant donné que ces proces- bouillante (REB) où le changement de phase liquide/vapeur doit être
sus peuvent être utilisés à l’intérieur d’autres algorithmes itératifs impérativement analysé en 3D.
(comme celui d’application des contre-réactions, de calcul de para-
mètre critique ou d’évolution du combustible), il est plus approprié
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L’utilisation en 3D se généralise à tout type d’étude de conception : valeurs des flux moyens par maille et les valeurs des courants aux
elle s’applique tout particulièrement à l’insertion partielle des barres interfaces. Nous la rappelons ici pour faciliter la lecture :
de contrôle (la distribution axiale de sections efficaces présente alors
L
de fortes discontinuités). Les calculs à 3D de conception des REP sont
dS œ + Σ a, i + ∑ Σ i
g → g′
∑
g g g
normalement exécutés avec au moins 9 (3 × 3) mailles par assem- J
Φ 0i V i
blage combustible dans les directions (x, y ) et une cinquantaine de œ=1 Sœ g′
mailles selon l’axe z, de façon à modéliser les grilles de maintien du
∑
g
combustible. – Σ g ′ → g + λ0 χ ν
g
Σ f, i
g
Φ 0i V i = 0
g′
i
Le passage du modèle 3D au modèle 1D se fait par des calculs
de condensation. En 2D, le niveau de détail peut être passé ■ Réévaluation des couplages
jusqu’au crayon combustible et à la lame de réfrigérant qui sépare On s’attache à définir une relation entre les niveaux de flux des
un assemblage d’un autre. En 3D, un calcul discret au niveau du mailles et les courants neutroniques. Ce sont ces relations qui cou-
crayon est toujours possible, mais il devient très volumineux. plent les nodes entre eux.
Dans les études des RNR, on adopte en général une méthodolo-
gie 3D en géométrie hexagonale z, seules les études paramétriques ■ Exemple
et de dégrossissage étant effectuées à deux dimensions en géomé- L’équation de couplage est bien souvent le résultat d’une hypo-
trie (R, z ). Le nombre de mailles utilisées pour discrétiser spatiale- thèse de continuité du flux homogène associée à une approxima-
ment le problème (aussi bien que le nombre de groupes d’énergie) tion de la loi de Fick notée Fick-gross :
conditionne la précision du calcul, par le biais de l’effet de maillage.
g g
g Φi – Φi œ
Il intervient donc directement dans la définition des marges de g
conception et le dimensionnement des provisions qui sont appli- J iœ = – D i ---------------------- (61)
hi ⁄ 2
quées aux résultats de calculs (le nombre de mailles a par ailleurs
une forte influence sur les temps de calculs). où, pour chaque couple de mailles adjacentes i et œ , on a :
g
J iœ valeur algébrique du courant neutronique dans le groupe g
passant de i à œ ;
5. Méthodes nodales g
D i valeur du coefficient de diffusion dans le groupe g
sur la maille i ;
avancées g
Φ i valeur moyenne du flux neutronique dans le groupe g
sur la maille i ;
g
Φ iœ valeur du flux surfacique dans le groupe g
Historiquement on peut dire que les méthodes nodales de à l’interface entre les mailles i et œ ;
conception sont l’aboutissement des efforts des neutroniciens pour hi largeur de la maille i.
résoudre l’équation de la diffusion. Les premières générations de
codes neutroniques souffraient des faiblesses des ordinateurs qui, Le couplage entre les mailles est assuré par les relations de
limités en taille mémoire, ne permettaient qu’une faible discrétisa- continuité des flux surfaciques et des courants :
tion spatiale. Les méthodes nodales diffusives sont le résultat de la g g g g
mise au point d’une procédure interne au processus de J iœ = J œi et Φ iœ = Φ œi (62)
convergence du code qui permet une meilleure évaluation du cou-
plage entre les mailles homogènes de calculs. Les relations (14), (61) et (62) forment le système complet
d’équations que l’on doit résoudre pour trouver la solution du pro-
Les paragraphes suivants décrivent succinctement la théorie à la blème, selon le schéma suivant :
base de cette amélioration ainsi que sa mise en place dans les
codes. Système : bilan neutronique du node n
opérateur courant : loi de Fick-gross
continuité des courants
continuité du flux homogène
5.1 Principe de l’équivalence nodale Paramètres : sections efficaces moyennes
Inconnues : flux moyens
Le problème de l’équivalence nodale a été formalisé comme suit : courants aux interfaces
supposant connue une référence neutronique hétérogène (une Le problème est donc : Quelle transformation faut-il faire subir à
solution de l’équation de Boltzmann) et supposant défini par ce système pour qu’il conduise à une solution représentative de la
ailleurs un maillage homogène, quel traitement faut-il faire subir à référence ?
l’équation de la diffusion pour que la solution trouvée sur le modèle Il est possible de reproduire sur un maillage homogène et avec
homogène soit cohérente avec la référence hétérogène ? [44]. un opérateur de diffusion les flux moyens hétérogènes, les courants
La notion de cohérence est ici fondamentale et reflète les gran- hétérogènes aux interfaces, les flux hétérogènes aux interfaces, et
deurs que l’on souhaite conserver en passant de la référence au l’ensemble des taux de réactions hétérogènes [44].
modèle homogène. Le processus d’équivalence repose sur les modifications suivan-
L’algorithme de résolution de l’équation de la diffusion est sup- tes.
posé se décomposer en deux étapes principales dont l’enchaîne- ● Sur le système
ment est le suivant.
1 ) Continuité des courants (méthode d’intégration transverse) :
■ Calcul des flux comme nous l’avons vu précédemment, l’évaluation classique des
courants d’interface se fait très souvent par l’application de la loi
On résout l’équation du bilan neutronique multigroupe sous la
de Fick en supposant que le flux varie linéairement entre la surface
forme de l’équation (14), ce qui permet d’établir un lien entre les
et le centre de la maille et que les flux surfaciques soient continus ;
cela assure une relation entre les flux moyens de deux mailles
adjacentes et le courant qu’elles échangeant.
2 ) Continuité du flux homogène : si on souhaite conserver le cou-
rant à l’interface de deux mailles adjacentes et la forme de l’opé-
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rateur de calcul des courants (Fick-gross ), alors il est inévitable qu’il composantes hétérogènes des facteurs de discontinuité) par les for-
faille relâcher la contrainte de continuité du flux homogène mules suivantes [46] [47] :
(figure 4). Le lien entre le flux homogène et le flux hétérogène est
introduit sous la forme de facteurs de discontinuité. À la place de la
condition de continuité des flux homogènes, on a donc la condition r, g
motif
r, g g
Σ hét ( r ) Φ hét ( r ) d r
2
Σ hom
de continuité des flux hétérogènes. Ces facteurs dépendent de la = ------------------------------------------------------------------------
g 2
méthode d’évaluation des courants et des sections efficaces ; ils Φ hét ( r ) d r
permettent de prendre en compte l’homogénéisation de la région et motif
Φ
(63)
de compenser les approximations numériques de la méthode
g
het ( r )
d’intégration. En fait, bien souvent on distingue deux composantes dS
g S
Φ
du facteur de discontinuité : df hom = -----------------------------------------
-
g
— la composante d’hétérogénéité de la maille due à l’homogénéi- hom ( r ) dS
sation du milieu [45] ; S
— la composante numérique d’interface, qui contraint un modèle avec
r, g
Σ hom section efficace homogène pour la réaction r dans
numérique à reproduire une référence. Cette dernière est évaluée le groupe g,
à l’intérieur même du moteur nodal. r, g
Σ hét ( r ) section efficace hétérogène pour la réaction r
dans le groupe g,
g
Φ hét ( r ) flux hétérogène dans le groupe g,
g
Φ hom ( r ) flux homogène dans le groupe g,
g
df hom facteur de discontinuité pour la surface S et dans
le groupe g.
Figure 4 – Raccordement des grandeurs flux et courant
aux interfaces g g
ϕi ( u ) = Φ i ( u, v, w ) dv dw (64)
– 1 ⁄ 2 BvB1 ⁄ 2
– 1 ⁄ 2 BwB1 ⁄ 2
● Sur les grandeurs La spécificité de la méthode d’expansion nodale est d’éviter
— utilisation des sections efficaces pondérées par les flux de l’intégration analytique coûteuse des équations transverses en
référence et les volumes ; supposant que les flux 1D peuvent décomposer sur une base de
— introduction à côté des sections efficaces habituelles de fac- fonctions Fn (u ).
teurs de discontinuité (composante hétérogène). Dans ce qui suit, nous ferons l’hypothèse que la base de
Cette démarche, bien que prouvant la possibilité de réaliser un décomposition est la suivante :
algorithme de calcul homogène capable de reproduire une réfé-
rence hétérogène, ne peut en aucun cas conduire directement à une F0 ( u ) = 1
méthode opérationnelle. En effet, la construction du système F1 ( u ) = u
d’équations équivalent nécessite la connaissance de la référence
hétérogène qui n’est évidemment pas connue. Il faut donc recenser 2 1
F 2 ( u ) = u – ------
les paramètres utilisés dans le système équivalent, qui sont calculés 12
à partir de la référence et déterminer une méthode simplifiée d’éva- (65)
F 3 ( u ) = u – --- u
2 1
luation. En pratique, on cherche la solution sur des motifs bidimen-
4
sionnels correspondant aux zones d’homogénéisation en leur
imposant des conditions aux limites arbitraires (courant nul dans
F 4 ( u ) = u – --- u – ------
2 1 2 1
beaucoup de cas). On obtient les sections efficaces (y compris les 4 20
∑
g n
ϕi ( u ) = cg Fn ( u ) (66)
n=0
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les flux moyens par maille. Une procédure standard de détermina- ■ Flux intranodaux
tion est basée sur la résolution d’un problème dit à 2 nodes [45]. Supposons que la distribution du flux dans le groupe g puisse se
Dans cette méthode, on construit pour chaque interface entre les décomposer sur une base fonctionnelle, alors la détermination des
mailles un système d’équations qui comporte 10 G équations, G distributions se fait par la résolution d’un système d’équations. Les
étant le nombre de groupes d’énergie considéré : inconnues du système doivent être telles que les valeurs moyennes
Pour chaque groupe g, on obtient les équations suivantes : nodales soient conservées.
1) Conservation du flux moyen dans les mailles L’analyse des formes du flux homogène obtenues grâce à des
adjacentes du problème à deux nodes ....... 2 équations calculs de référence à maillage de calcul très fin conduit à la
2) Continuité du courant.................................... 1 équation conclusion qu’il est nécessaire d’avoir un développement des flux
3) Continuité du flux hétérogène...................... 1 équation à deux groupes sur une base comportant 13 fonctions. Une bonne
4) Résidus pondérés d’ordre 0, 1 et 2 pour base de représentation des flux homogènes à deux groupes est
les mailles adjacentes du problème à deux résumée ci-après ; les éléments de base sont des produits de fonc-
nodes .......................................................................____________
6 équations tions et l’on a grisé ceux qui sont retenus pour les développements
des fonctions flux.
d’où 10 équations (0)
L’ordre k de la méthode des résidus pondérés est défini par :
Groupe 1
1⁄2 2 g
g ∂ ϕi g g g g
Wk ( u ) –Di - + Σ t, i ϕ i ( u ) – S ( u ) + L ( u ) du = 0
----------- (67) P 0 (u ) P 1 (u ) P 2 (u ) P 3 (u ) P 4 (u )
2
–1 ⁄ 2 ∂u P 0 (v )
où Sg est la source neutronique et Lg les fuites transverses à la P 1 (v )
direction u.
P 2 (v )
Les fonctions de pondération W peuvent être arbitraires. En
général, on fait les choix suivants pour les trois premiers ordres : P 3 (v )
P 4 (v )
W0 (u ) = F0 (u ) W1 (u ) = F1 (u ) W2 (u ) = F2 (u )
(0)
5.3 Prise en compte de l’épuisement
Groupe 2
Les valeurs des sections efficaces utilisées dans le bilan neutro- Q 0 (u ) Q 1 (u ) Q 2 (u ) Q 3 (u ) Q 4 (u )
nique ou dans les équations de couplage 1D sont issues de calculs
de motifs en transport réalisés en amont du calcul de cœur (géné- Q 0 (v )
ration de tables paramétrées). Ces calculs représentent au mieux Q 1 (v )
les états dans lesquels les mailles de calculs se trouvent réellement
Q 2 (v )
dans le cœur au cours des cycles. La prise en compte de l’évolution
du combustible est réalisée en épuisant le motif à la puissance Q 3 (v )
moyenne du cœur.
Q 4 (v )
Dans le cas où le motif a été calculé en milieu infini, il est souvent
nécessaire d’introduire des corrections aux sections efficaces pour
prendre en compte la forme macroscopique de l’épuisement [48].
Cette modélisation est essentielle si l’on veut limiter le nombre de Les fonctions Pi sont en général choisies sous forme polyno-
mailles de calculs. miale, tandis que les fonctions Qi sont un mélange de polynômes
et de fonctions hyperboliques, ce qui permet de représenter plus
précisément les variations rapides du flux thermique aux interfaces
des assemblages.
5.4 Reconstruction fine Le calcul nodal fournit les valeurs moyennes par maille
suivantes :
(0)
Lorsqu’on effectue un calcul nodal, le processus itératif a oublié
les hétérogénéités des assemblages et il ne connaît plus que les
grandeurs moyennes par maille. Pour fournir au concepteur les Grandeurs nodales Nombre
informations crayon par crayon dont il a besoin pour ses études, il
est nécessaire de reconstruire ces informations à partir des valeurs G
g
moyennes du calcul de cœur et des calculs de motifs [49]. À titre Φm moyenne volumique
d’exemple, nous détaillerons ici la méthode de reconstruction 4G
radiale de la puissance crayon par crayon. g
Φ mS moyenne surfacique
La détermination de la puissance intranodale homogène se
déroule en plusieurs étapes qui sont : g 4G
J mS
— étape 1 : détermination des flux homogènes intranodaux ; moyenne surfacique
— étape 2 : détermination des distributions intranodales des Total 9G
sections efficaces de production d’énergie ;
— étape 3 : calcul de la distribution de puissance homogène
intranodale.
On constate que le calcul nodal ne fournit que 9 grandeurs inté-
grales. On aboutit donc à un système d’équations sous contraintes.
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Il faut donc définir 4 grandeurs homogènes supplémentaires pour — le calcul de cœur dispose de données sufissantes pour choisir
pouvoir résoudre le problème. dans la base de résultats du calcul de spectre les distributions de
Une possibilité, qui a fait largement ses preuves, est la détermi- puissance correspondantes (modèle de contre-réaction) ;
nation des flux homogènes aux coins des assemblages. Cette — alors, la distribution de puissance reconstruite crayon par
méthode possède l’avantage de contraindre la solution aux coins crayon s’obtient immédiatement par la formule :
des assemblages, ce qui la stabilise. La recherche des flux homo- motif
gènes aux coins se fait en estimant le flux hétérogène local. Pour Phét (u, v ) = λ Phom (u, v ) P hét ( u, v ) (69)
ce faire, on a recours à une première valeur du flux homogène au
coin. Cette procédure fournit autant d’estimations de flux aux coins où λ est une constante de normalisation définie par :
qu’il y a de mailles le partageant. Comme le flux surfacique moyen,
le flux calculé aux coins n’a aucune raison d’être continu. Seul le
flux hétérogène doit l’être ; c’est pourquoi on est amené à calculer assemblage hom
P ( u, v ) dudv
λ = --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- (70)
ce dernier.
motif
Pour des raisons évidentes, et bien que le flux hétérogène soit P
assemblage hom
( u, v ) P hét ( u, v ) du dv
continu, il n’y a pas de raison pour que l’on trouve les mêmes motif
valeurs du flux hétérogène selon les mailles que l’on prend. C’est et P hét ( u, v ) est la distribution de puissance évaluée sur le motif
pourquoi, bien souvent on effectue la moyenne des valeurs trou- avec le calcul de spectre dans des conditions voisines des mailles
vées. On évalue ensuite les différentes valeurs du flux homogène du calcul de cœur.
au coin. À la fin de cette étape, nous disposons de 13 équations et
13 inconnues, ce qui permet de calculer les flux intranodaux homo-
gènes.
5.5 Domaines d’application
■ Sections efficaces intranodales
La logique de détermination est ici rigoureusement la même que
pour les flux : on suppose connue la forme du développement et, Les codes nodaux ont été développés pour traiter les cœurs de
en utilisant au maximum les résultats du calcul homogène nodal, types REP, REB ou RNR. Dans tous ces domaines ils ont permis
on se ramène à la résolution d’un système d’équations. Une bonne d’atteindre des précisions jusque-là jamais obtenues dans un
représentation des sections efficaces est donnée par une décom- contexte industriel et cela pour des gestions du combustible de
position de la section sur une base polynominale de degré 2 : plus en plus performantes et variées (gadolinium, MOX zoné, etc.).
(0) Ils permettent aussi de traiter les géométries à pas carré ou hexa-
gonal. Leur réussite est à mettre au compte de l’apport théorique
important [44] [48] qui a permis de résoudre un à un les problèmes
P0 (u ) P1 (u ) P2 (u ) rencontrés pour jeter les bases des premières chaînes nodales de
P0 (v ) conception :
— introduction d’une technique rigoureuse d’homogénéisation
P1 (v ) des constantes de diffusion (notion d’équivalence nodale) ;
P2 (v ) — introduction d’une méthode de reconstruction crayon par
crayon (déshomogénéisation ) ;
— prise en compte de l’épuisement dans les mailles de calculs
(dépendance spatiale des sections efficaces).
et le code nodal fournit les grandeurs suivantes :
(0) Depuis, de nombreux codes de calculs basés sur ces principes
de base ont été développés et on assiste à la floraison de nom-
breuses chaînes de calculs presque identiques pour ce qui est des
Grandeurs nodales Nombre principes de base. Ainsi, tous les grands concepteurs ont choisi de
réaliser leurs chaînes nodales sur l’enchaînement d’un code de cel-
≡≡≡≡≡≡ lule d’assemblage (le motif d’homogénéisation est un assemblage)
g
κΣ f ,m moyenne volumique G
et d’un code nodal avancé permettant de reconstruire entre autres
======= la puissance crayon par crayon.
g
κΣ f ,mS moyenne surfacique 4G La seule chose qui différencie encore les codes nodaux, c’est le
lien entre le calcul de cœur et les calculs d’assemblages, c’est-à-dire
Total 5G la modélisation des contre-réactions. Ces contre-réactions permet-
tent au calcul de déterminer les grandeurs d’assemblages dont il a
besoin (sections efficaces, distribution de puissance, etc.) pour
Contrairement au cas des flux, nous disposons directement du représenter au mieux les grandeurs correspondantes pour chaque
nombre correct de données pour reconstruire la fonction intrano- maille de la géométrie du cœur.
dale correspondant à la section de production d’énergie. Quel que soit le modèle, tous essaient de prendre au mieux les
effets d’historique de l’épuisement et d’environnement qui ne peu-
■ Puissance homogène intranodale vent être vus par des calculs en milieu infini. En effet, le dévelop-
La puissance homogène est obtenue directement par le produit pement d’assemblages de plus en plus particuliers avec notamment
des distributions de flux et de sections : des hétérogénéités aux frontières (gadolinium périphérique, zonage
MOX, etc.) et les gestions du combustible avec des grappes forte-
G
ment insérées dans le cœur rendent nécessaire l’introduction de
∑
g g
P hom ( u, v ) = κ Σ f ( u, v ) Φ ( u, v ) (68) raffinements à la méthode [50].
g=1
Les méthodes nodales ont aussi été appliquées avec succès en
Si l’on suppose que : cinétique pour traiter des transitoires accidentels, ce qui fait que
— le calcul de cellule fournit, en plus des sections efficaces, des les concepteurs ont à leur disposition toute une panoplie d’outils
distributions de puissance crayon par crayon sur son motif de permettant de mener à bien l’ensemble des études de neutronique
calcul ; dont ils ont la charge. Les méthodes nodales sont maintenant arri-
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vées à maturité mais des développements restent à envisager pour sa contribution asymptotique à la réaction en chaîne. Ainsi, à un
le futur, notamment en ce qui concerne : neutron de très haute énergie situé près du bord du cœur correspond
— le raffinement du traitement des équations transverses ; une faible valeur du flux adjoint, alors qu’un neutron thermique au
— l’optimisation de l’algorithmique des codes ; centre de la région combustible est caractérisé par une valeur élevée
— l’amélioration du traitement des conditions aux frontières de cette fonction.
(réflecteur). L’existence du flux adjoint trouve sa justification dans la direction
La prochaine grande étape industrielle serait l’abandon de l’équa- privilégiée qui conditionne le déroulement des histoires neutro-
tion de la diffusion et le développement d’outils capables de résou- niques en physique des réacteurs. Les neutrons possèdent à la nais-
dre directement l’équation du transport en 3D. sance une énergie élevée (2 MeV, en moyenne, dans les REP
classiques, à peine plus dans les RNR) mais, lorsqu’ils sont absorbés
ou quittent le système, ils n’en conservent qu’une partie réduite.
Pendant leur vie à l’intérieur du cœur, ils cèdent, en effet, tout ou
6. Méthodes de perturbation partie de leur énergie cinétique à l’environnement. Ceux qui pro-
duisent des fissions ont des descendants dont l’énergie est plus éle-
en physique des réacteurs vée que la leur, et ainsi de suite. Il s’instaure de cette façon un
processus cyclique en énergie qui se traduit en forme mathématique
par la non-réversibilité de certains opérateurs figurant dans l’équa-
tion d’état du système.
6.1 Méthode CPT (Classical Perturbation
■ Usachev en 1955 [52] proposa la première formulation complète
Theory ) et cohérente de la CPT, en y incluant aussi le calcul du temps de vie
des neutrons prompts et la fraction efficace de neutrons retardés ;
Les méthodes de perturbation ont joué un rôle important en phy- (pour plus d’information sur ces paramètres essentiels en cinétique
sique des réacteurs depuis les débuts des applications de l’énergie des réacteurs, cf. chapitre Théorie des réacteurs nucléaires [B 3 025]
nucléaire, notamment dans le domaine des expériences critiques et [2] [7]).
et des mesures. En accord avec cette formulation, toute variation d’une
composante générique des opérateurs de l’équation de Boltzmann
■ Déjà Wigner en 1945 [51] en proposait la formulation plus élé- du système produit une variation de la réactivité qui vaut * :
mentaire, la CPT (Classical Perturbation Theory, théorie classique
des perturbations), issue directement des concepts classiques de la *
〈 Φ 0 , [ δA + ( 1 – ρ ) δP ] Φ ′〉
mécanique quantique, pour mesurer le poids en réactivité de petits δ ρ = ---------------------------------------------------------------------
*
- (74)
échantillons de matériaux introduits dans une pile atomique. 〈 Φ 0 , P ′ Φ ′〉
Dans les premières années du développement du nucléaire civil,
les méthodes de perturbation occupèrent une place très impor- avec δρ variation de réactivité recherchée,
tante dans les analyses de sûreté car, en raison des moyens de cal- Φ’ solution de l’équation d’état du système dans les
cul très limités, les études étaient généralement effectuées dans conditions asymptotiques après perturbation,
l’approximation à zéro dimension, moyennant l’utilisation de coef- [δA + (1 – ρ) δP ]
ficients de sensibilité obtenus justement à l’aide de la méthode représentant la perturbation générique des opérateurs
CPT. de l’équation de Boltzmann.
La définition du flux adjoint, parfois appelé aussi importance neu- (*) Cette équation est obtenue, sans introduire aucune approximation, à partir de
tronique s’est avérée essentielle au développement de la méthode l’équation d’état du système après perturbation qui s’écrit de façon générique :
CPT. A’ Φ’ + λ’ P’ Φ’ = 0
Le flux adjoint est la solution unique de l’équation (11) : avec A’ = A0 + δA,
λ’ = 1 ⁄ k eff
′ = (1 – ρ’) avec ρ’ = ρ + δρ,
t * t *
A0 Φ0 + λ0 P0 Φ0 = 0 (71) P’ = P0 + δP,
Φ’ = Φ0 + δΦ
assortie de conditions aux frontières génériques du type : A0 , P0 , Φ0 , ρ étant respectivement les opérateurs, la fonction propre et la réactivité de
l’état de référence avant perturbation.
*
* ∂Φ 0 En remplaçant directement les définitions dans l’équation, on a :
α Φ 0 + β ---------- = 0 (72)
∂n (A0 + δA) Φ’ + [1 – (ρ + δρ )] (P0 + δP ) Φ’ = 0
Cette équation est l’adjointe de celle du bilan neutronique du < Φ *0 , ( A 0 + δA ) Φ ′> + < Φ *0 , [ 1 – ( ρ + δ ρ ) ] ( P 0 + δP ) Φ ′> = 0
système en forme homogène [équation (10)] :
et :
A 0 Φ 0 + λ0 P0 Φ 0 = 0 < Φ *0 , A 0 Φ ′> + < Φ *0 , ( 1 – ρ )P 0 Φ ′> + < Φ *0 , δA Φ ′>
+< Φ *0 , ( 1 – ρ ) δP Φ ′> – < Φ *0 , δ ρ P Φ ′> = 0
Les flux adjoint possède des propriétés mathématiques similai-
res à celles du flux. Il est notamment associé à la même valeur pro- Réarrangeant et faisant appel aux propriétés du flux adjoint, on obtient :
pre λ0 et défini positif sur tout le domaine énergétique et spatial.
De plus, il satisfait les conditions d’orthogonalité suivantes : < Φ *0 , [ δA + ( 1 – ρ )δP ] Φ ′> = < Φ *0 , δ ρ P′ Φ ′>
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Si on fait l’approximation que la perturbation n’affecte pas (ou qui respecte strictement la condition d’orthogonalité :
peu) le flux, on peut simplifier l’équation précédente qui devient
l’expression perturbative classique au premier ordre : 〈 ∗ , Φ 0〉 = 0 (79)
ψ∗ = ψ + a Φ 0 (82)
6.2 Méthode GPT (Generalized Afin de garantir l’unicité de la solution, il faut choisir le coefficient
Perturbation Theory ) a de façon à faire disparaître le deuxième terme de l’équation. Cette
opération de filtrage, effectuée systématiquement pendant le calcul
de ψ*, est connue sous le nom de décontamination du mode fon-
Au milieu des années 1960, Usachev [54], Lewins [55] et damental.
Gandini [56] généralisèrent la théorie des perturbations à toute
sorte d’observable, paramètre physique pouvant être mesuré (et/ou En remplaçant maintenant l’équation (81) dans la partie spectrale
calculé), qui peut être représenté sous la forme d’un rapport de de l’équation (77), on obtient, au premier ordre :
quantités intégrales, linéaires du flux et/ou du flux adjoint.
δ spectral
= – 〈 ψ∗ , ( δA + λ 0 δP ) Φ 0〉 + δ λ 0 〈 ψ∗ , A 0 Φ 0〉 (83)
Pour reconstruire la valeur d’un observable d’un système multi- --------
plicateur dans des conditions perturbées, la théorie généralisée des
perturbations, ou GPT (Generalized Perturbation Theory ), appelée Si, conformément aux hypothèses, la perturbation ne modifie pas
aussi, historiquement, théorie des perturbations généralisée, fait la réactivité du système, le terme δ λ0 <ψ *, A 0 Φ0> est nul ; le cas
appel à une fonction particulière, dite fonction importance généra- échéant, il peut être pris en compte comme correction dite de reactivity
lisée, qui est la solution unique de l’équation du bilan adjointe du reset. Cette correction (mise à zéro de la réactivité = rétablissement
système à laquelle on ajoute une terme inhomogène, appelé source des conditions de criticité du système après perturbation) simule
généralisée. Ce terme, qui est strictement orthogonal au mode l’action des moyens de contrôle utilisés dans le but de rétablir la
fondamental, contient, au premier ordre, l’information sur la nature criticité du système, après perturbation. Il existe plusieurs façons
de la perturbation et son impact sur le flux. d’introduire cette correction selon le mode opératoire que l’on veut
Soit un observable générique écrit sous la forme d’un rapport simuler [57] [58].
de quantités intégrales linéaires dans le flux :
〈 h 1 , Φ 0〉
= ----------------------
- (76) 6.3 Développements récents
〈 h 2 , Φ 0〉
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— d’autre part, la quantification du niveau d’incertitude affectant Le système Smart est basé sur une modélisation 3D de type nodal
l’évaluation de tels paramètres dans le cas où la procédure prévue avancé, à deux groupes d’énergie. Il met en œuvre la méthode
a été appliquée conformément aux prescriptions, dans l’intervalle d’expansion nodale utilisant des coefficients de discontinuité intra-
de validité défini ci-dessus. nodaux et des formes intranodales polynomiales pour les fuites
L’information expérimentale utilisable dans le processus de qua- transverses, les sections efficaces, etc. Ce système est complété par
lification peut avoir son origine, selon le type de paramètres une modélisation 1D axial.
recherchés et la quantité d’informations disponibles : Le modèle de contre-réactions de Smart qui intègre un calcul de
— dans les expériences spécifiques et ciblées, effectuées dans thermohydraulique canal fermé est basé sur une tabulation multi-
les maquettes critiques des centres de recherche ; paramétrée des sections efficaces. Les paramètres utilisés sont
— dans les essais de démarrage et le retour d’exploitation du l’épuisement du combustible, la concentration en bore, le niveau
parc nucléaire en fonctionnement, qui constituent le retour d’expé- xénon, la densité de l’eau, la température combustible, la présence
rience d’exploitation. de grappes de contrôle ainsi qu’un paramètre représentatif de l’his-
toire spectrale du combustible. L’évolution du combustible est cal-
Les expériences critiques fournissent des informations très pré- culée avec un modèle d’épuisement microscopique. La chaîne
cises** sur les valeurs de la réactivité et les distributions fines des d’évolution comprend, pour une utilisation standard, 36 noyaux
taux de réaction. Elles permettent, en outre, d’appréhender les lourds et produits de fission.
effets d’interaction des absorbants et d’en mesurer l’efficacité rela-
tive. Le retour d’exploitation porte, pour l’essentiel, sur les cartes La reconstruction des valeurs locales de flux, de puissance, de
de flux prises par scrutation à des instants précis de la vie du sys- taux de réaction et d’épuisement du combustible est réalisée par la
tème, les durées de cycle, les efficacités différentielles des groupes convolution d’un flux homogène intranodal et de facteurs de forme
d’absorbants, les effets de puissance et température. Il fournit, en hétérogènes tabulés lors de calculs de réseau en transport (§ 5).
outre, les informations permettant d’effectuer, sous certaines Cette méthode de reconstruction de puissance est également utili-
conditions, des analyses de combustible irradié. sée pour évaluer l’activité au niveau des tubes instrumentés pour le
(**) La précision expérimentale obtenue sur des maquettes critiques particulièrement traitement des cartes de flux.
soignées peut être assez élevée, notamment en ce qui concerne les distributions de taux Pour rendre l’utilisation de la chaîne SCIENCE conviviale et effi-
de fission dans les systèmes hétérogènes. Citons ici, pour mémoire, les travaux effectués
dans le cadre de la mise en œuvre de la maquette Épicure dans le réacteur Éole du Centre cace, celle-ci est dotée d’une environnement d’utilisation moderne
d’études nucléaires de Cadarache [85] [86]. s’appuyant sur les techniques d’interfaces homme/machine dispo-
La qualification est indispensable à l’obtention des autorisations nibles sur station de travail. Elle se présente en fait comme un bureau
requises des Autorités de Sûreté. Elle est tout aussi nécessaire d’étude complet pour l’ingénieur et lui apporte tous les services dont
pour apprécier la possibilité de traiter des modifications de projet il a besoin [76].
ou des demandes de l’exploitant, qui conduisent à l’utilisation de Ainsi, l’utilisateur de SCIENCE à sa disposition un éditeur graphi-
la chaîne de calcul en dehors du domaine d’utilisation déjà qualifié. que qui lui permet de décrire l’étude qu’il veut réaliser sous la forme
d’un enchaînement de tâches élémentaires. Les modules qui exé-
cutent ces tâches sont choisis dans une base de procédures de cal-
cul fournie à l’utilisateur. La saisie des données est réalisée grâce
7.2 Chaîne de calcul de conception à des interfaces graphiques associées à chaque procédure. L’éditeur
des REP graphique général permet également de lancer un calcul, ou un
enchaînement de calculs, et d’en contrôler l’exécution.
Nota : se reporter utilement aux chapitres spécialisés sur les REP [B 3 000] [B 3 060] Les principaux résultats physiques peuvent être repris par un
dans ce traité. outil de posttraitement : l’utilisateur visualise alors ses résultats sur
La chaîne de calcul SCIENCE (Système de Calcul Intégré pour des écrans graphiques ou peut en extraire certains pour les trans-
l’Étude Neutronique des Chaudières à Eau), mise en service en férer à des outils classiques de traitement de données.
1995 à Framatome pour la conception neutronique des REP, est un La chaîne SCIENCE intègre également une base de données rela-
bon exemple d’un outil moderne d’analyse du cœur qui allie une tionnelle destinée à gérer les données technologiques correspon-
modélisation physique de haut niveau et un environnement d’uti- dant aux différents projets et les informations concernant les
lisation évolué [75]. études déjà réalisées.
La qualité et la précision des résultats obtenus avec cette chaîne La qualification de la chaîne SCIENCE est issue essentiellement
reposent en tout premier lieu sur la qualité des modélisations phy- de l’exploitation du retour d’expérience des réacteurs de puis-
siques qu’elle met en œuvre : sance. En effet, le suivi d’exploitation accumulé sur l’ensemble des
— des calculs d’assemblages en transport, par la méthode des réacteurs Framatome en fonctionnement ainsi que sur les autres
probabilités de collision, réalisés au moyen du code Apollo 2-F (ver- réacteurs pour lesquels Framatome a fourni des recharges repré-
sion industrielle du code Apollo-II ). Le code Apollo-II est développé sente plus de 400 cycles-réacteurs. Cet ensemble couvre une très
par le CEA ; il a été adapté, industrialisé et qualifié par Framatome large gamme de gestions du combustible : taux d’épuisement, ges-
pour ses besoins propres et il est intégré à SCIENCE sous l’appel- tions classiques par tiers, cycles longs, gestions à haut burnup,
lation Apollo-2-F ; gestions avec combustible gadolinié ou avec combustible pluto-
— des calculs de cœur en 3D par la méthodologie nodale avec nium, etc.
méthode d’expansion et reconstruction fine de puissance couplée Les essais physiques de démarrage et les cartes de flux pério-
avec un modèle de contre-réactions par tables multi-paramétrées, diques fournissent de nombreux éléments de validation des claculs
réalisés au moyen du code Smart. en termes de réactivité. À titre d’exemple, la figure 5a présente un
Le schéma de calcul mis en œuvre avec Apollo-2-F pour la généra- dépouillement, sur environ 200 cas, des mesures de concentration
tion des grandeurs nécessaires à un calcul Smart est basé sur le en bore critique réalisées lors de chaque carte de flux. Les résultats
découplage du calcul de cellule et du calcul spatial (calcul de cœur ). montrent une parfaite adéquation des calculs.
Le calcul de cellule est réalisé avec un découpage énergétique à 99 L’analyse de la qualité des distributions de puissance calculées
groupes sur une géométrie assemblage simplifiée par des regroupe- avec Smart est effectuée sur la base de comparaisons directes sur les
ments (modélisation multicellule ), chaque cellule étant discrétisée. activités dans les tubes instrumentés. La figure 5b correspondant au
Le calcul spatial est réalisé avec un découpage énergétique réduit à 6 traitement d’environ 150 cartes de flux concerne les activités inté-
groupes sur une géométrie assemblage discrétisée comportant des grées sur la hauteur active du cœur et la figure 5c concerne les acti-
cellules homogènes. vités locales calculées en 3D (environ 100 000 points). Elle permet de
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« Formulaire »..........................................................
Valeurs toutes corrections effectuées ...................
+ 260
+ 120 (1)
Fuites = dS
n ( r ,v , Ω , t )v Ω dS
(1) L’incertitude associée est de ± 310 × 10–5. qui, en utilisant le théorème d’Ostrogradsky [1], permet d’exprimer
la divergence du vecteur n (r, v, Ω, t ) v Ω par :
Pour certaines grandeurs, telles que puissances ponctuelles et div[n (r,v, Ω, t ) v Ω] = v Ω∇n (r, v, Ω, t )
taux de dommage, il n’y a pas en général de facteurs correctifs à où ∇n est le gradient de n (r, v, Ω, t ).
prendre en compte (dans les zones fissiles) : ceux-ci sont, au niveau
Si d3r est suffisamment petit pour que ∇n puisse y être
du projet, fondus dans les incertitudes. Elles sont donc issues du
considéré comme uniforme, alors le terme de fuites s’exprime par :
calcul de base.
Les incertitudes prises en compte dans le projet neutronique des Fuites = v Ω ∇n (r, v, Ω, t ) d3r dv d2Ω dt
RNR sont données à un intervalle de confiance de 2 σ et, en général,
se combinent quadratiquement. Les principales sont les incertitudes
sur les niveaux de réactivité, sur les taux de réaction (fission Pu239, Disparitions de neutrons
fission U235, fission U238, capture U238, etc.), sur les puissances
(puissances linéiques, puissances intégrées), sur l’effet Doppler et Toute collision d’un neutron de vitesse v et de direction Ω avec
les coefficients de réactivité, et sur l’effet de vide sodium. Une dis- un noyau de la matière contenue dans l’élément de volume d3r
cussion approfondie sur les incertitudes est présentée dans [81]. retournant r conduit :
La qualification du formulaire Carnaval-IV est basée sur l’inter- — soit à une absorption, le neutron disparaît alors totalement ;
prétation de dizaines d’expériences effectuées en France sur — soit à une modification de la direction ou de la vitesse du neu-
maquette critique et sur le retour d’expérience des essais de démar- tron (le plus souvent les deux à la fois), le neutron disparaît ainsi
rage et de redémarrage du réacteur Superphénix. On trouvera les de la population de vitesse v et de direction Ω.
principaux éléments de la validation et qualification de Carnaval-IV
dans [82] [83] [84].
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Soit Σt(r, v, Ω, t ) la section efficace totale du milieu au point r et On préfère en général utiliser le flux neutronique, produit de la
à l’instant t, les disparitions de neutrons par collision correspondent densité angulaire de neutrons par leur vecteur vitesse, plutôt qu’une
à: distribution de population (car les taux de réactions s’expriment
Disparitions = Σt(r, v, Ω, t ) v n (r, v, Ω, t ) d3r dv d2Ω dt simplement par le produit d’un flux par une section efficace), soit :
Φ (r, v, Ω, t ) = vn (r, v, Ω, t )
On utilise plus couramment l’énergie E que la vitesse v du neu-
Arrivées par transfert en énergie tron. L’équation du bilan s’exprime alors par :
1 ∂Φ ( r, E, Ω, t ) 3 2
De tous les neutrons présents dans le volume d3r entourant r, de ---- ---------------------------------- = – Ω∇ Φ ( r, E, Ω, t )d rdEd Ω
v ∂t
vitesse v’ et de direction Ω’ quelconques, certains vont subir une
3 2
collision qui, par diffusion élastique ou inélastique, va les amener – Σ t ( r, E, Ω, t )Φ ( r, E, Ω, t )d rdEd Ω
à la vitesse v dans la direction Ω.
∞
La section efficace différentielle de transfert Σs(r, v’ → v, Ω’ → Ω, t ) 2
+ dE′ d Ω ′ Σ s ( r, E′ → E, Ω′ → Ω, t )x
caractérise ce phénomène. 0 4π
Par sommation sur toutes les vitesses et directions des neutrons
présents en r, on calcule ceux qui après choc vont avoir la vitesse 3 2
v et la direction Ω, soit : Φ′ ( r, E′, Ω′ , t ) d rdEd Ω
Transferts =
+ P ( r, E, Ω, t ) + Q ( r, E, Ω, t )
∞
2
dv′ d Ω′ Σ s (r, v′ → v, Ω′→Ω, t)
0 Cette équation, dite équation du transport ou équation de Boltz-
4π
mann, est différentielle par rapport au temps et à l’espace et inté-
3 2
grale par rapport à l’énergie et à la direction des neutrons.
v ′n′ ( r, v′, Ω′ , t ) d r dv d Ω dt
En régime stationnaire, productions et disparitions des neutrons
s’équilibrent, et le système reste stable. En l’absence de sources
extérieures, l’équation précédente peut alors s’écrire sous la forme
compacte :
Productions de neutrons A0 Φ 0 + P0 Φ 0 = 0
dans l’élément de volume
avec :
On distingue deux sortes de sources de neutrons.
A0 = –[Ω∇Φ0(r, E, Ω, t ) + Σ t (r, E, Ω, t ) Φ0 (r, E, Ω, t )] d3r dE d2Ω
Les sources de fission P (r, v, Ω, t ) dont l’intensité est proportion-
nelle au taux de réaction en chaque point et à chaque instant : ∞
2 3 2
Productions = P (r, v, Ω, t ) P0 = dE′ d Ω ′ Σ f ( r, E′ , t ) Φ0′ ( r, E′, Ω′ , t ) d r dE d Ω
0 4π
∞
2
= dv ′ d Ω ′ Σ f ( r, v ′ → v, ′ → , t )v′n′ ( r,v ′, ′,t ) représentant respectivement les opérateurs intégraux de dispari-
0 4π tion (absorption plus fuites) et de production du système multipli-
cateur. On retrouve ainsi l’équation (10) dans le cas particulier
En général, ce terme se simplifie car on considère la production
λ0 = 1.
de neutrons de fission comme isotrope et on ne tient pas compte 1 ∂Φ ( r, E, Ω, t )
de la dépendance énergétique des neutrons incidents dans le spec- Si l’on définit : = ---- ---------------------------------- – Q ( r, E, Ω, t )
v ∂t
tre de fission.
Les autres sources de neutrons, notées Q (r, v, Ω, t ), incluent, par en remplaçant dans l’équation du bilan les formes compactes pré-
exemple, les sources de démarrage. Dans un réacteur en fonction- cédentes, on retrouve aussi l’équation (1).
nement, ces sources sont en général faibles vis-à-vis de la produc- Cette équation est l’expression du bilan neutronique dans
tion de neutrons par les fissions ; elles sont le plus souvent l’approximation qui consiste à négliger les neutrons retardés. Dans
négligées lorsque l’on suppose le cœur critique. le cas plus général, la définition de contient un terme relevant de
la présence de ces neutrons retardés. Comme il est montré en [17],
ce terme est extrêmement important pour les études cinétiques.
Bilan global
∞
2
+ dv ′ d Ω ′ Σ s ( r, v′ → v, Ω′ → Ω, t )x
0 4π
3 2
v ′n′ ( r, v ′, Ω′ , t ) d r dv d Ω
+ P ( r, v, Ω, t ) + Q ( r, v, Ω, t )
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P
O
U
Méthodes de calcul neutronique R
de cœur
E
N
par Giovanni B. BRUNA
Docteur en Physique Nucléaire, Université de Gênes
Chargé de missions au Département Performances de Cœur de la société Framatome
S
et Bernard GUESDON
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Mécanique et du Génie Atomique
A
Adjoint technique au Chef de Division Procédé de la société Framatome
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