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F.

DEL REY EI1

ENERGETIQUE

CENTRALE NANTES

page 1
page 2
SOMMAIRE DU POLYCOPIE

PREMIERE PARTIE : THERMODYNAMIQUE A L'EQUILIBRE


CHAP I : INTRODUCTION -------------------------------------------------------------------------------- page 5
1. PRESENTATION HISTORIQUE
2. DEFINITIONS PREALABLES

CHAP II : LES PRINCIPES DE LA THERMODYNAMIQUE ---------------- page 17


1. PRINCIPE ZERO
2. PREMIER PRINCIPE
2.1 EN SYSTEME FERME
2.2 EN SYSTEME OUVERT
3. SECOND PRINCIPE
3.1 INSUFFISANCE DU PREMIER PRINCIPE
3.2 ENONCE DE PRIGOGINE
3.2.1 EN SYSTEME FERME
3.2.2 EN SYSTEME OUVERT
4. TROISIEME PRINCIPE

CHAP III : THERMODYNAMIQUE ANALYTIQUE ------------------------------ page 35


1. EQUATION D'ETAT
2. COEFFICIENTS CALORIMETRIQUES
3. RELATION DE REECH
4. FONCTIONS THERMODYNAMIQUES

CHAP IV : PROPRIETES THERMODYNAMIQUES DE LA MATIERE


1. DESCRIPTION page 44
2. GAZ PARFAIT
3. FLUIDE DE VAN DER WAALS

CHAP V : TRANSFORMATIONS ENERGETIQUES ------------------------------ page 53


1. INVENTAIRE DES PRINCIPALES TRANSFORMATIONS
2. TRANSFORMATIONS ISOBARES REVERSIBLES
3. TRANSFORMATIONS ISOCHORES REVERSIBLES
4. TRANSFORMATIONS ISOTHERMES REVERSIBLES
5. TRANSFORMATIONS ADIABATIQUES
5.1 REVERSIBLES EN SYSTEME FERME
5.2 IRREVERSIBLES DANS LE VIDE
5.3 IRREVERSIBLES A TRAVERS UNE SECTION ETRANGLEE
5.4 REVERSIBLES A TRAVERS UNE SECTION ETRANGLEE
6. TRANSFORMATION POLYTROPIQUE REVERSIBLE
7. ANALYSE EXERGETIQUE

page 1
CHAP VI : SYSTEMES DIPHASES ------------------------------------------------------------- page 95
1. EQUATION DE CLAPEYRON
2. FONCTIONS THERMODYNAMIQUES
3. TRANSFORMATIONS TRAVERSANT LA COURBE DE SATURATION
4. DIAGRAMMES THERMODYNAMIQUES
5. TABLES DE DONNEES THERMODYNAMIQUES

CHAP VII : MACHINES THERMIQUES -------------------------------------------------- page 120


1. ETUDE THEORIQUE DES CYCLES THERMODYNAMIQUES
2. ETUDE DES CYCLES MOTEURS
2.1 CYCLES A VAPEUR CONDENSABLE
2.2 MOTEURS FONCTIONNANT EN CIRCUIT OUVERT
2.3 MOTEURS FONCTIONNANT EN CIRCUIT FERME
3. ETUDE DES CYCLES INVERSES
3.1 CYCLES A COMPRESSION DE VAPEUR
3.2 CYCLES A ABSORPTION DE VAPEUR

SECONDE PARTIE : THERMODYNAMIQUE HORS EQUILIBRE page 175

CHAP VIII : TRANSFERTS THERMIQUES DANS LA MATIERE ------ page 178


1. TRANSFERT CONDUCTIF
1.1 EQUATION GENERALE
1.2 APPLICATIONS
1.3 ANALOGIE ELECTRIQUE
1.4 RESISTANCE DE CONTACT
2. TRANSFERT CONVECTIF
2.1 EQUATION GENERALE
2.2 APPLICATIONS

CHAP IX : ETUDE DU TRANSFERT RADIATIF------------------------------------- page 194


1. INTRODUCTION
2. DEFINITION DES GRANDEURS INTERVENANT EN [Link]
3. RAYONNEMENT DU CORPS NOIR
4. RAYONNEMENT DES CORPS REELS
5. LOI DE KIRCHHOFF
6. BILAN THERMIQUE EN PRESENCE DE RAYONNEMENT

page 2
CHAP X : THERMODYNAMIQUE DES PROCESSUS IRREVERSIBLES
1. INTRODUCTION page 217
2. BILAN DE MASSE
3. BILAN D'ENERGIE
4. BILAN D'ENTROPIE
5. HYPOTHESE DE L'EQUILIBRE LOCAL
6. LOI FONDAMENTALE DES PROCESSUS HORS D'EQUILIBRE
7. PROCESSUS IRREVERSIBLES LINEAIRES
8. PROCESSUS LINEAIRES COUPLES : EFFETS THERMOELECTRIQUES
9. PROCESSUS IRREVERSIBLES NON LINEAIRES

TRAVAUX DIRIGES ---------------------------------------------------------------------------------------------------- page 229

CONTROLES ET DS ----------------------------------------------------------------------------------------------------- page 243

REMERCIEMENTS ET BIBLIOGRAPHIE --------------------------------------------------------------------- page 250

page 3
AVERTISSEMENT

Ce texte est délibérément incomplet.

Il n’est pas conçu pour être étudié indépendamment du cours oral d’Energétique, mais constitue un
document de travail permettant de suivre ce dernier avec un effort minimum.

• Il contient :
- Le tirage de presque tous les transparents de cours avec les points de départ et
d’arrivée de tous les raisonnements.
- Tous les résultats et la plupart des figures et des dessins.
- Des exercices avec correction permettant à chacun de vérifier sa bonne
compréhension du cours, à la fin de chaque chapitre.
- Une bibliographie succincte d’ouvrages utiles que l’on pourra trouver à la
bibliothèque, située à la fin du document,.

• Il ne contient pas :
- Quelques exemples et figures et la plupart des commentaires.
- Les démonstrations des formules.
- Le texte de transparents supplémentaires développés sur des points précis
présentant un intérêt particulier.
- Les solutions des applications de cours.

Tout ceci sera donné pendant l’exposé oral du cours et permettra de compléter judicieusement ce
document.

Il est recommandé de se munir de surligneurs ou de crayons de différentes couleurs pour compléter


les dessins et faciliter la mise en relief des données contenues dans ce cours.

page 4
PREMIERE PARTIE :

THERMODYNAMIQUE
A L'EQUILIBRE

CHAPITRE I
INTRODUCTION

1. PRESENTATION HISTORIQUE

1.1 LA THERMODYNAMIQUE CLASSIQUE

L’étude scientifique de la Mécanique commence en 1638 avec la publication par Galilée des
'Discours sur les deux sciences nouvelles'. Les travaux de nombreux chercheurs (Kepler, Hüygens,
Halley, Hooke...) et tout particulièrement de Newton (étude de la gravitation universelle, 1665),
trouvent leur apogée, en 1687, avec la publication par ce dernier des 'Principia Mathématica
Philosophae Universalis'. La Mécanique a véritablement trouvé son statut scientifique et, ses
principes étant bien établis, elle peut explorer maintenant de nouveaux domaines.

L’émergence des principes de la Thermodynamique est autrement plus laborieuse bien que les
préalables de cette étude soient contemporains de ceux de la Mécanique :
- Expériences sur la pression atmosphérique par Pascal au Puy
de Dôme, qui continue l’oeuvre de Toricelli. Elles mettent fin à 'l’horreur du vide' (1648).
- Construction de la première pompe à vide par Otto Von
Guericke (les hémisphères de Magdebourg, 1650, conception du cylindre et du piston pour faire
travailler les forces atmosphériques).
- Loi de Boyle-Mariotte en 1660 : le produit PV d’un gaz est
constant à température constante.

Mais la nécessité de disposer d’une énergie mécanique importante grâce aux ‘machines à feu’,
autant que la lenteur des savants à conceptualiser ce nouveau domaine scientifique, favorisent un
développement technique important, largement en avance sur les données théoriques de l’époque.
Cette expansion technique est le fait d’artisans : Savery est un ancien marin devenu mineur,
Newcommen est serrurier, Watt est horloger. Le temps des ingénieurs et des mathématiciens
viendra lorsque la théorie aura fait des progrès suffisants.

Tout d’abord apparaissent des 'machines atmosphériques'.


A l’aide de différentes méthodes, on fait le vide dans un cylindre comportant un piston puis, en
mettant ce dernier en contact avec l’atmosphère, on obtient un travail mécanique permettant
d’actionner différents dispositifs (pompe, moteur...).

page 5
- De 1660 à 1680, diverses machines à poudre dont la 'marmite' de Denis Papin.
- De 1680 à 1769, les machines à vapeur (d’eau) :
. 1698 Savery conçoit une pompe pour épuiser l’eau des mines.
. 1711 Newcomen construit le premier moteur atmosphérique.
. 1765 Watt invente le condenseur.
. 1769 Watt, encore lui, invente le régulateur centrifuge, la machine à double effet, la bielle-
manivelle.
Puis on remarque que l’augmentation de la pression de fonctionnement, bien au delà de la
pression atmosphérique, se traduit aussi par des gains de rendement. En 1800, les brevets de Watt
tombant dans le domaine public et la technique ayant fait de notables progrès, apparaissent les
machines à haute pression.
Les premiers thermomètres : Ferdinand II, duc de Toscane (1654, thermomètre à alcool), Amontons
(1702, thermomètre à air), Fahrenheit (1724, thermomètre à mercure ), Réaumur (1730, échelle
thermométrique), Celsius (1740, échelle centésimale), ont permis le repérage d’une grandeur
nouvelle, inconnue en mécanique, la température. Mais il manque une échelle absolue pour mesurer
vraiment cette grandeur et surtout on n’a pas d’idée claire sur ce qu’est l’énergie thermique.
La notion d’énergie, qui est au centre de l'étude thermodynamique, est apparue avec l’étude des
phénomènes mécaniques. En mécanique, le mouvement, en première approximation, peut être
interprété comme une transformation réciproque d’énergie potentielle en énergie cinétique, la
somme des deux - appelée énergie mécanique - étant constante.
En réalité, on fait alors usage d’une représentation simplifiée car l’énergie mécanique ne se
conserve pas, sa dissipation correspondant à l’apparition d’un autre type d’énergie. Ainsi, l’étude
réelle du pendule n’est ramenée à un problème de mécanique qu’en introduisant une force spéciale,
dite de frottement qui ne dérive pas d’un potentiel. En fait, une forme d’énergie nouvelle est
apparue : la chaleur, appelée aujourd’hui énergie thermique.
Après s'être appellée phlogistique, la chaleur est devenue le calorique, notion introduite par
Boerhave en 1705 et défendue par Lavoisier et Laplace (1783). Dans la conception de l'époque, il
s’agit d’un fluide matériel, au même titre que l’oxygène ou l’azote, qui s’écoule d’un corps à un
autre et dont les propriétés physiques et chimiques restent à découvrir.
Cette interprétation matérielle de la chaleur se répand malgré les intuitions de certains chercheurs,
notamment Benjamin Thomson, comte Rumford, pour qui, en 1798, 'le calorique c’est du
mouvement '. Cette interprétation – correcte - de la chaleur en tant qu’énergie ne s’imposera
qu’après les travaux de Joule, en 1845.
On peut dire que la thermodynamique, en tant que science, démarre vraiment avec la publication,
par Nicolas Léonard Sadi Carnot, des ‘Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les
machines propres à développer cette puissance’ (1824). On trouve dans cet opuscule, publié à
compte d’auteur et passé presque complètement inaperçu (seul Clapeyron le lira et le fera connaître
en 1834) :
a) La nécessité d’un fonctionnement cyclique.
b) La nécessité d’une 'chute de calorique' d’un niveau de température T1 à un niveau de température
T2, pour produire un travail mécanique.
c) La description du cycle idéal, devenu, par la suite, le cycle de Carnot.
d) La démonstration que deux machines idéales, fonctionnant entre les mêmes niveaux de
température T1 et T2, ont le même rendement, indépendant de la nature du fluide.
Tous les éléments permettant de poser un principe d’étude sont réunis : ce sera le principe de
Carnot, que Clausius reformulera plus tard en Second Principe de la thermodynamique.
Carnot, qui fait l’analogie entre une chute d’eau et une chute de calorique, postule ici que le
calorique (comme l’eau) se conserve pendant la chute. Il se rend par la suite compte de son erreur,

page 6
entrevoit la correspondance travail-chaleur et en donne une valeur approchée, mais il meurt jeune,
trop tôt pour faire connaître ses nouvelles idées. Son frère Hippolyte les publiera, à titre posthume,
en 1878, après la résolution du paradoxe par Clausius.
Entre 1841 et 1847, à la suite d’expériences très délicates, J. P. Joule établit :
a) l’effet Joule en électricité,
b) l’équivalence entre le calorique et le travail mécanique (4,22 J cal-1)
Ces résultats, tout d'abord accueillis avec beaucoup de scepticisme, sont progressivement adoptés,
notamment grâce à W. Thomson, futur lord Kelvin, qui travaille maintenant avec Joule.
En 1842, J.R. von Mayer dans ses 'Remarques sur les forces inanimées de la nature' formule le
premier principe et calcule à son tour l'équivalent mécanique de la calorie (3,7 J cal-1). Ce travail,
peu étayé expérimen- talement, passe inaperçu. Aujourd'hui Joule et Mayer sont considérés comme
les pères du Premier Principe de la thermodynamique.
Le scepticisme affiché à l'époque vient du conflit apparent entre les résultats de Joule et ceux de
Carnot. Ou bien Carnot a raison, ce que l'on a vérifié, et cela entraînerait que le calorique se
conserve (on ne sait pas encore que Carnot a abandonné cette hypothèse inutile), ou bien Joule a
raison, c'est l'énergie qui se conserve et non la chaleur, qui n'en est qu'une des formes; mais que
devient alors le principe de Carnot ?
C'est R. Clausius qui lève le paradoxe en 1850 en publiant 'De la force motrice de la chaleur et
des lois qui peuvent s'en déduire'. Pour lui, la machine transforme en travail une partie de la chaleur
issue de la source chaude et Joule a raison, car la chaleur est quantitativement comparable au
travail. Mais une partie seulement et le reste doit nécessairement être cédé à la source froide. Carnot
a raison car la chaleur n'est pas une énergie de la même qualité que le travail et la transformation
travail-chaleur a un prix : elle s’effectue avec un rendement, inférieur à 1, dont la valeur dépend des
températures T1 et T2.
En 1854, Clausius généralise l'équation de Carnot Q1/T1 + Q2/T2 ≤ 0 à n sources et découvre une
nouvelle fonction d'état qu'il nomme entropie. En 1900, Thomson établit l'échelle thermométrique
absolue. En 1906, Nernst (prix Nobel en 1920) propose une formulation du troisième principe,
complétée par Planck en 1911.
La thermodynamique, bien établie sur ses principes, est devenue une science adulte, comme la
mécanique en 1687.
L'exploration commence par le domaine de l'équilibre, c'est la thermodynamique des phénomènes
réversibles : étude des gaz, des machines thermiques, de la chimie de l'équilibre (Gibbs)..
Cette thermodynamique propose une description purement macros- copique qui présente l'avantage
de la simplicité, mais elle ne parvient pas à expliciter les concepts de base les plus importants :
quelle est la nature de la température, de la chaleur, de l'entropie, elle ne propose pas de réponse à
ces questions.

1.2 LA THERMODYNAMIQUE STATISTIQUE


A côté de la thermodynamique classique, se développe progressivement une approche
probabiliste, fondée sur une analyse microscopique des propriétés de la matière. Elle tire son origine
de la théorie cinétique des gaz (Bernoulli, 1738), considérablement développée par Kronig (1856),
Maxwell (1860) et Boltzmann (1870). L. Boltzmann est le premier à mettre en évidence la
contradiction apparente entre la réversibilité microscopique et l’irréversibilité macroscopique que
tout un chacun peut constater. En 1872, il établit l’origine statistique du second principe et propose

page 7
une formulation devenue célèbre pour l’entropie (S = k Ln Ω , voir chapitre II), qu’il interprète en
terme de désordre. Il est considéré comme le père de la physique statistique.
L'un des avantages de la thermodynamique statistique est que les concepts de température, de
chaleur et d'entropie apparaissent naturellement avec leur signification concrète.

1.3 LA THERMODYNAMIQUE DES PHENOMENES IRREVERSIBLES


La formulation classique du second principe se présente plus comme un programme que comme
un énoncé bien défini avec des régles générales de calcul à l'aide de quantités observables. En
particulier le manque de précision du calcul de la création d'entropie δSint a rapidement limité la
thermodynamique à l'étude des états d'équilibre.
En absence d’équilibre, la matière est le siège de phénomènes de transport de matière, d’énergie et
de réactions chimiques. Ce sont là des phénomènes dissipatifs qui confèrent à l’évolution son
caractère irréversible que la théorie du XIX ème siècle a eu tant de difficultés à maîtriser. Ces
phénomènes irréversibles peuvent être classés, en simplifiant, en deux grandes catégories :
. Tant que les contraintes subies par le système demeurent modérées, les phénomènes
dissipatifs sont faibles et le milieu reste homogène : il s’agit d’évolutions proches de l'état
d'équilibre.
. Au contraire, lorsque les contraintes s’accroissent, le système s’écarte progressivement de
l’état d’équilibre et le milieu cesse d’être homogène. Des phénomènes nouveaux apparaissent alors.

1.3.1 LES PROCESSUS LINEAIRES

L’étude de la thermodynamique des phénomènes irréversibles a été initiée par J. Fourier, dans son
étude de la conduction thermique, en 1822. Il s’agit du domaine des évolutions proches de
l’équilibre, mettant en jeu des processus linéaires. Outre la conduction thermique, entrent dans ce
champs d'étude la conduction électrique, la diffusion de la matière, les effets thermoélectriques
(effets Seebeck, Peltier et Thomson), l'étude de la viscosité…
Dans ce domaine d’approximation linéaire, les travaux, commencés par De Donder, ont bien
avancé grâce aux contributions de L. Onsager (1931, prix Nobel en 1968) et de I. Prigogine (1947).

1.3.2 LES PROCESSUS NON LINEAIRES

Il s'agit ici de systèmes loin de l'équilibre, qui sont le siège de contraintes importantes et soumis à
de grands flux d'énergie et de matière. Au delà du seuil d’instabilité, où la matière est encore
homogène, le système peut présenter une structure temporelle (périodique dans le temps) ou une
structure spatio-temporelle. Dès le seuil d’instabilité franchi, les solutions stationnaires deviennent
multiples et seules certaines d’entre elles sont stables. Dans ces conditions, les processus, non
linéaires, suivent des chemins comportant une série de bifurcations où la matière a de nombreuses
opportunités pour s'auto-organiser.
Entrent dans ce domaine d'étude : l'hydrodynamique, la catalyse chimique et la biologie en général.
Les contributions les plus importantes (1954) sont dues à P. Glansdorff et surtout à I. Prigogine,
prix Nobel de chimie en 1977.

page 8
2. DEFINITIONS PREALABLES

• L'ENERGETIQUE est la science qui étudie les transformations et les transferts de l'énergie.
• La THERMODYNAMIQUE est la branche de l'Energétique dans laquelle les échanges d'énergie sont
restreints aux termes calorifiques et mécaniques.

• CADRE DANS LEQUEL SE PLACE CE COURS :


a) Thermodynamique phénoménologique
On s'intéresse ici non au comportement individuel des particules mais au comportement moyen de
l'ensemble. Le nombre de variables décrivant le système se réduit considérablement, c'est la
thermodynamique macroscopique ou phénoménologique.
b) Conservation de la masse
Les systèmes considérés ici sont soit immobiles soit en déplacement à une vitesse très inférieure à
la vitesse de la lumière. Par ailleurs, les transformations ne mettent jamais en jeu des réactions
nucléaires. Les conversions masse-énergie sont donc supposées négligeables, ce qu'on traduit par
l'axiome de conservation de la masse.

EXTERIEUR
2.1 SYSTEME THERMODYNAMIQUE DU
SYSTEME
Un système thermodynamique est
constitué par un très grand nombre de
particules se trouvant à l'intérieur d'une
surface fermée appelée frontière.
SYSTEME
Cette frontière peut être :
- déformable ou indéformable
- imaginaire ou réelle.
Le système est défini par un observateur qui
est supposé se trouver dans le milieu extérieur
qu'il contrôle.

FRONTIERE
DU
SYSTEME
2.2 ETAT DU SYSTEME

Il dépend du bilan des transferts, entre le système et l'extérieur, concernant :


- la masse M,
- l'énergie calorifique (chaleur) Q,
- l'énergie mécanique (travail) W.

UN SYSTEME : EST APPELE :

Sans transfert de CHALEUR ADIABATIQUE


Sans transfert de MASSE FERME
Avec transfert de MASSE OUVERT
Sans transfert de MASSE ni d' ENERGIE ISOLE

page 9
2.3 LES VARIABLES ET FONCTIONS D'ETAT

• Les termes de variables et fonctions d'état sont des synonymes pour ce qui est de la description
du système.

- Les grandeurs dépendant de la masse du système sont dites extensives. Exemples : U, V, H, S. On les
représentera par des majuscules. Elles sont souvent utilisées pour l’étude des systèmes fermés.
- Les grandeurs ne dépendant pas de la masse sont dites intensives. Exemples : P, T, ρ (densité), x
(titre), u , v , h , s. On a : U = u M , V = v M etc. (M : masse du système). On les représentera par
des minuscules, sauf P et T. Elles sont souvent utilisées pour l’étude des systèmes ouverts.
- Variables extensives et intensives sont souvent associées dans une même expression, on parle
alors de variables conjuguées.
Exemples : P et V dans δW = - P dV ou T et S dans δQ = T dS

Remarque : certaines grandeurs ne sont ni extensives ni intensives.


Exemples : Le temps ou l’espace.

• La variation d'une fonction d'état dF, entre deux instants t et t+dt, peut être écrite sous la forme :
dF = dFext + dFint.
dFext est la variation due à un échange avec l'extérieur.
dFint est la variation due à une production ou destruction interne.

Exemple : ∆F = ∆Fext + ∆Fint

Variation du nombre de billets Création de billets


de banque qui se trouvent à la Billets échangés neufs et destruction
banque de France aux guichets de billets usagés
Nous utiliserons cette description pour l’étude des fonctions d’état U et S.

2.4 EQUILIBRE ET RÉGIME PERMANENT

- Un système est dans un état d'EQUILIBRE lorsque ses variables intensives sont constantes dans le
temps et l'espace, et lorsque les flux, ou la somme des flux (énergie, matière) et les créations
(entropie) sont nuls.

Exemple :
∂T ∂T
T = =0
T P ∂t ∂x
P
∂P ∂P
= =0
∂t ∂x

Maison en été, fenêtres ouvertes, la température et la pression extérieures étant constantes.

page 10
- Un système est dit en REGIME PERMANENT ou STATIONNAIRE lorsque ses variables intensives
locales (ou leurs moyennes) sont constantes dans le temps et lorsque les flux (ou la somme des
flux) et les créations (ou leurs moyennes) sont constants dans le temps également.

Exemple :

∂T
=0
T ∂t
To Po ∂T
P
≠0
∂x

Maison en hiver, la température intérieure étant régulée

2.5 VARIANCE

Toutes les variables décrivant un système en équilibre ne sont pas indépendantes. La variance d'un
système est le nombre de variables intensives nécessaire et suffisant pour décrire un état d’équilibre
du système. Cette fonction introduite par Gibbs vaut : var = c + 2 - φ, c étant le nombre de
constituants et φ le nombre de phases.

Exemples :
Vapeur d’eau : c=1 φ =1 var = 2 (P et T)
Eau en mélange diphasé (liq + vap) c = 1 φ =2 var = 1 (P ou T)
Eau au point triple (sol + liq +vap) c = 1 φ =3 var = 0 (aucune)

2.6 CHANGEMENT D'ETAT


F
Un changement d'état est le passage d'un
état énergétique initial (Pi Vi Ti Mi) à un
état énergétique final (Pf Vf Tf Mf). I

Un changement d'état est obtenu grâce à des transformations énergétiques.

Lorsque le système revient à son état initial, après


une suite de transformations, on parle de cycle.

page 11
Une transformation est dite isotherme si la température du système est maintenue constante. Elle
est dite monotherme si la température initiale est la même que la température finale, du fait
généralement du contact, au début et à la fin, avec le milieu extérieur.
De même pour la pression (iso et monobare).

2.7 TYPES DE TRANSFORMATIONS Y

a/ Une transformation réelle est


généralement IRREVERSIBLE.
Elle se produit dans un seul sens,
et le plus souvent,
les variables d'état
décrivant le système x
ne sont pas homogènes.

On ne peut pas la décrire ni la représenter par une évolution continue des paramètres d'état.
Exemples :
• Décharge d’une pile Leclanché
• Compression d’un fluide visqueux (frottements)
• Effet Joule Y

b/ La transformation est dite


QUASI-STATIQUE lorsqu'elle
est suffisamment lente pour qu'à
chaque instant, le système soit
très proche d'un état d'équilibre.
x

c/ Une transformation quasi-statique qui peut être renversée de telle façon que le système et le
milieu extérieur reviennent à l'état initial est une transformation REVERSIBLE.
Les transformations quasi-statiques et réversibles sont représentables par des évolutions continues
des variables d'état.
Exemples :
• Décharge d’un accumulateur au plomb
2 PbO ⇔ Pb + PbO2
• Compression lente d’un fluide non visqueux
• Effet Peltier

page 12
2.8 AUTRES DEFINITIONS

Uniforme est un qualificatif qui s'applique à une grandeur intensive gardant la même valeur en
tout point du système.
Si cette propriété s'étend à toutes les grandeurs intensives, on parle alors de système homogène. Le
système est dit hétérogène lorsque ce n'est pas le cas.

Si toutes les variables intensives du système sont indépendantes de la direction, on dit que le
système est isotrope. Dans le cas contraire, il est anisotrope.

Une phase est un ensemble de particules dans lequel les grandeurs intensives sont soit homogènes
soit des fonctions continues de l'espace. Un système peut être monophasé ou polyphasé selon qu'il
comprend une ou plusieurs phases.

Un flux est une grandeur extensive qui traverse une surface par unité de temps. On parle aussi
bien de flux de matière que de flux d'énergie. La densité de flux est la valeur du flux par unité de
surface traversée.

2.9 UNITES ET CONSTANTES PHYSIQUES

2.9.1 UNITES DE BASE DU SYSTEME INTERNATIONAL (S.I.)

Le système métrique est né avec la Révolution française. Il s'est imposé à l'échelle mondiale à la
fin du XIXeme siècle. Le système international d'unités comprend aujourd'hui 7 unités de base et 13
unités dérivées.

GRANDEUR UNITE DANS LE DEFINITION


SYSTEME S.I.
Longueur mètre (m) Trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant la
durée de 1/299 792 458 seconde.
Masse kg Masse de l'étalon prototype en platine iridié à 10 % réalisé
en 1889.
Temps seconde (s) Durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation
(ou plutôt durée) correspondant à la transition entre les deux niveaux
hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133.
Température kelvin (K) Fraction 1/273,16 de la température thermodynamique du
point triple de l'eau.
Quantité de matière mole (mol) Quantité de matière d'un système contenant autant d'entités
élémentaires qu'il y a d'atomes dans 0,012 kg de carbone
12.
Intensité de courant ampère (A) Intensité d’un courant électrique qui provoque une force
électrique de 2 10-7 N m-1 lorsqu'il traverse 2 conducteurs parallèles,
de longueur infinie, séparés par une distance de 1 m.
Intensité lumineuse candela (cd) Intensité lumineuse directionnelle d'une source qui émet
un rayonnement de 54 1011 hertz et dont l'intensité
énergétique dans cette direction vaut 1/683 W par
stéradian.

page 13
2.9.2 UNITES DERIVEES EN THERMODYNAMIQUE
Ces unités sont définies à partir d'une formule physique et d'une ou plusieurs unités de base ou
dérivées.
GRANDEUR UNITE DANS LE DEFINITION
SYSTEME S.I.
Fréquence hertz (Hz) Fréquence d'un phénomène dont la période est égale
à 1 seconde.
Force newton (N) Force qui, appliquée à une masse de 1 kg, lui confère
une accélération de 1 m s-2.
Pression pascal (Pa) Pression résultant de l'application orthogonale d'une
force de 1 N par m2.
Energie joule (J) Energie correspondant au travail d'une force de 1 N
se déplaçant de 1 m dans sa propre direction.
Puissance watt (W) Puissance correspondant à 1 J s-1.

2.9.3 UNITES SUPPLEMENTAIRES


Ce sont des unités d'angle. Les valeurs numériques de ces angles sont indépendantes du choix des
unités du système S.I.
Radian (symbole facultatif : rad) : unité d'angle plan sans dimension. C'est l'angle au centre d'un
cercle qui découpe sur celui-ci un arc de longueur égale au rayon du cercle. Le plan tout entier
correspond à un angle de 2π rad.
Stéradian (symbole facultatif : sr) : unité d'angle solide sans dimension. C'est l'angle au centre d'une
sphère, placé au sommet d'un cône, qui découpe sur la sphère une surface égale au carré du rayon.
L'espace tout entier correspond à un angle solide de 4π sr.

2.9.4 UNITES D ‘ENERGIE HORS SYSTEME


1 cal = 4,184 J ; 1 thermie = 106 cal ; 1 kWh = 3,6 106 J ;
1 BTU (énergie nécessaire pour élever d’un degré Fahrenheit la température d’une livre d’eau) ~ 1055 J ;
1 cv ~ 736 W ;
1 tep (tonne d’équivalent pétrole) : 41,868 GJ

Unités de pression

UNITES pascal bar atmosphère atmosphère mm Hg livre par


technique (at) normale (Torr) pouce carré
2
kgf/cm (atm) (psi)
pascal 1 10-5 1,0197 10-5 0,9869 10-5 0,007501 14,504 10-5
bar 10 5 1 1,0197 0,9869 750,1 14,504
atmosphère
technique 0,9807 105 0,9807 1 0,9678 735,62 14,224
2
kgf/cm
atmosphère
normale (atm) 1,0133 10 5 1,0133 1,0332 1 760 14,696
mm Hg (Torr) 133,32 1,0332 10-3 1,3595 10-3 1,3158 10-3 1 19,336 10-3
livre par pouce
carré (psi) 6890 0,0689 0,0703 0,0680 51,717 1

page 14
2.9.5 CONSTANTES PHYSIQUES

Nombre d’Avogadro : N ~ 6,022 1023 particules mol-1.


Constante des gaz parfaits : R ~ 8,314 J mol-1 K-1.
Vitesse de la lumière dans le vide : co = 299 792 458 m s-1 (par définition).
Accélération de la pesanteur (au niveau de la mer) : g ~ 9,8066 m s-2.

page 15
Résumé-synthèse du chapitre I

page 16
CHAPITRE II

LES PRINCIPES DE
LA THERMODYNAMIQUE

1. PRINCIPE ZERO (Maxwell 1872)

Si deux systèmes thermodynamiques A et B sont


en équilibre thermique avec un même troisième C, A
ils sont en équilibre thermique entre eux.
Ceci définit une grandeur commune aux trois C
systèmes : c'est une variable d'état appelée
température : tous les systèmes en équilibre
thermique ont la même température.
B

L'échelle thermodynamique de mesure de la température, ou échelle absolue, est définie en


choisissant la valeur 273,16 kelvins (K) pour la température d'un gaz parfait, en équilibre avec de
l'eau, au point triple.
Il existe différentes échelles thermométriques :

Echelle Symbole Relation à l'échelle Kelvin θ0 θ100


KELVIN K T 273,15 K 373,15 K
CELSIUS °C t = T - 273,15 0°C 100°C
FAHRENHEIT °F 9/5 (T-273,15) +32 32°F 212°F

2. PREMIER PRINCIPE (FIRST LAW) (Clausius 1850)

Le premier principe est une loi empirique établie à la suite de réflexions s'appuyant sur les
mesures expérimentales de Joule. Enoncé clairement par Mayer et Clausius, il concerne les
systèmes fermés. Le cas des systèmes ouverts sera déduit de celui établi en système fermé.

2.1 SYSTEME FERMÉ

2.1.1 ENONCE
a/ Définition
• Pour tout système fermé, il existe une fonction des variables d'état, appelée ENERGIE TOTALE, U*.
C'est une grandeur extensive, définie par :

U* = U + Ep + Ec, avec :

page 17
U : énergie interne, contenue dans le système et dépendant de la constitution moléculaire de celui-ci.
Ep : énergie potentielle d’interaction avec l’extérieur qui varie, par exemple, avec la position z du
système dans le champ de gravitation.
Ec : énergie cinétique macroscopique, qui dépend de la vitesse moyenne, c, de l'ensemble du
système par rapport à un référentiel fixe.
1
On a donc : U* = U + M c 2 + M g z (M : masse quelconque).
2
• U* , U (et Ep , Ec aussi) sont des fonctions d'état :
- ∆U*12 et ∆U12 , notamment, ne dépendent que de l'état initial et de l'état final de la
transformation.
- dU* et dU sont des différentielles exactes.
- Si la transformation est cyclique, on a : ∆U* = ∆U = O.
Remarque : Ep est souvent négligeable dans le cas des gaz.

b/ Energie totale d'échange


On a vu que, formellement, la variation d'une fonction d'état peut être écrite comme la somme
d'un terme d'échange avec l'extérieur (flux) et d'un terme dû à des processus internes (création). On
a ici : dU* = δU*ext + δU*int et dU = δUext + δUint .
La variation du terme δU*ext d'un système fermé qui n'échange que de l'énergie mécanique et
calorifique avec l'extérieur, est :
δU*ext = δW + δQ
. W représente le travail mécanique total du système, provoqué par les forces extérieures de
pression (*). Il regroupe des travaux utiles (compression ou détente) et des travaux consommés par
les forces de frottement.
- C'est un transfert d'énergie à la frontière du système, lié à la déformation de celle-ci.
W est une fonction de parcours.
δW est seulement une forme différentielle.

- Convention de signe :
δW = F dx ⇒ δW = -Pext dV
avec la convention (dite du porte monnaie) :
. travail reçu par le système : δW > 0,
. travail cédé par le système : δW < 0.
- Lorsque la transformation est quasi-statique ou réversible, on a : Pext ≡ P
et δW = - P dV
P
On représente le travail
par une surface
dans le : Aire
DIAGRAMME positive
DE CLAPEYRON.

(*)
Plus généralement W est le travail associé aux
variations des variables d’état extensives du
système (volume, charges électriques..). v

page 18
. Q est la chaleur.
- C'est un transfert d'énergie interne par conduction à la frontière du système.
Q est une fonction de parcours (comme W).
δQ est seulement une forme différentielle.

- Avec la même convention que pour W, on a :


. chaleur gagnée par le système : δQ > 0 ,
. chaleur perdue par le système : δQ < 0.

APPLICATION DE COURS
a) Peut-on dire d'un système qu'il possède du travail, de la chaleur ?
b) Quelle différence y a t-il entre les concepts de travail et de chaleur ?

Réponse :
Non, ce sont des énergies en transfert, à la frontière du système, contrairement à l’énergie chimique
ou à l’énergie interne par exemple.
Le travail est un transfert macroscopique d’énergie mécanique grâce à une partie mobile, la chaleur
est un transfert microscopique d’agitation thermique par une paroi conductrice, sans déplacement
d’une partie mobile.

c/ Conservation
La fonction U* est conservative : L'énergie totale d'un système isolé est invariable.
Comme dU* = δU*ext + δU*int, on a : δU*int = 0.

d) En résumé
Pour tout système fermé, on a : ∆U* = W + Q et dU* = δW + δQ.

Cette écriture est générale et indépendante, par exemple, du caractère réversible ou irréversible de
la transformation. Elle est, par contre, limitée aux systèmes fermés qui n'échangent de l'énergie que
sous forme mécanique ou calorifique et dont les points de départ et d'arrivée sont des états
d'équilibre.

2.1.2 CAS PARTICULIER

Un cas particulier fréquemment rencontré est celui où on peut négliger l'énergie cinétique et
l'énergie potentielle du système fermé (ou les variations de ces énergies). On a alors :
 1 
∆U* = ∆  U + MC 2 + Mg z  ≈ ∆U
 2 

Le premier principe s'écrit dans ce cas : ∆U = W + Q.

page 19
2.2 SYSTEME OUVERT

2.2.1 FLUIDE MONOPHASE A COMPOSITION FIXEE

Système fermé

Système ouvert (volume


de contrôle)

a) Bilan d'énergie en systèmes fermé / ouvert


On cherche à établir le bilan d'énergie U* dans le système ouvert, représenté par le volume de
contrôle, pendant l'instant dt :
dU* = U*(t+dt) - U*(t).

On se sert pour cela du bilan d'énergie dans le système fermé :


. A l'instant t : U*( t ) + u*e dMe
. A l'instant t + dt : U*(t+dt) - u*s dMs (dMs <o)

Le premier principe en système fermé s'écrit :


δW + δQ = [ U*(t+dt) - U*( t ) ] - [ u*s dMs + u*e dMe ].

En système ouvert , ce principe devient :

dU* = [ U*(t+dt) - U*(t) ] = δW + δQ + [ u*s dMs + u*e dMe ].

b) Expressions du travail δW

Le travail des forces de pression extérieures se décompose en deux termes :


• un travail de transvasement, δWtr , qui est le travail nécessaire pour faire entrer ou sortir le
fluide, pendant l'intervalle de temps dt :

page 20
dx
δWtr = Fdx = F . C dt
Force de pression Vitesse moyenne
sur la section S du fluide

. dM CS
Or M= = , donc C dt = v dM
dt v S
donc : δWtr = P v dM, avec :
. dM e C eS
. pour le fluide entrant : M e = = avec dMe > 0
dt ve

. dM s CsS
. pour le fluide sortant : M s = − = avec dMs < 0
dt vs
. .
Remarque : M e et M s sont > 0 .

D'où : δWtr = Pe ve dMe + Ps vs dMs .

Ce travail de transvasement n'est pas visible pour l'utilisateur de la machine.

• Un travail technique ( ou travail utile, ou travail des parties mobiles ) : δWm.

Ce travail est le seul que "voit" l'utilisateur de la machine (il le fournit ou bien il en est le
bénéficiaire).

c) Expression de la chaleur δQ

• Comme δW, la chaleur δQ se décompose en deux termes : δQtr et δQéchange. Mais ici δQtr ≈ 0
(sauf si la vitesse du fluide est importante) et donc δQ ≈ δQéchange .

d) Expression du premier principe en système ouvert

Le premier principe s'écrit alors :

[ U*(t+dt) - U*( t ) ] - [ u*s dMs + u*e dMe ] = δWm + δQ + Pe ve dMe + Ps vs dMs

dU* = δWm + δQ + (u*s + Ps vs) dMs + (u*e + Pe ve) dMe

dU* = δWm + δQ + h*s dMs + h*e dMe

h = u + Pv est L'ENTHALPIE
1 2
h* = u* + Pv est l'enthalpie " totale " : h* = u + Pv + c +gz
2
h et h* sont des fonctions d'état comme u et u*.

page 21
2.2.2 EXTENSION A PLUSIEURS FLUIDES

Dans le cas général où différents travaux et chaleurs sont échangés par différents fluides
transférés entre le système et l'extérieur, nous obtenons :
dU* = Σ δWm,k + Σ δQi + Σ h*s,j dMsj + h*ej dMej
k i j
δQ2

dM1 dM2

dM3
δQ1 δW1

2.2.3 CAS DU REGIME PERMANENT (R.P)

Raisonnons sur un seul fluide :

dMe = - dMs = dM, donc :


. dM
En régime permanent, on a à la fois : M= = cons tan te ,
dt
dU*
=0
dt

δWm δQ dM  * * 
0 = + −  h − he 
dt dt dt  s 

1
∆h * ∫ dM = ∫ δWm + ∫ δQ . Soit finalement : ∆h* = wm + q
0 masse =1 masse =1

APPLICATION DE COURS
On considère une tuyère dans laquelle se produit, en R.P, la détente adiabatique réversible d'un
fluide. Donner l'expression de la variation d'enthalpie totale de l'unité de masse du fluide qui la
traverse.

page 22
2.2.4 CALCUL DU TRAVAIL Wm
a/ Si l'appareil ne comporte pas de partie mobile
Par définition : wm = 0

b/ Si l'appareil comporte une partie mobile : 2 cas à distinguer


. cas d’une transformation réversible

wm = w - wtr , avec : δw = - P dv et δwtr = Pv dm .

On admet que l’admission et l’échappement se font de manière isotherme et isobare. On a :


s 1 0
w tr = ∫ Pe v e dM e + Ps vs dM s = Pe v e ∫ dM e + Ps vs ∫ dM s = Peve – Psvs
e 0 1
P
s s
wm = ∫ − Pdv - Peve + Psvs Sur le diagramme P,v la surface
e sous la courbe est comptée à
s partir de l’axe des pressions
avec - Peve + Psvs = ∫ d (Pv) , donc
e
s
wm = ∫ v dP
e
e
v

. cas d’une transformation irréversible (par frottements)


Lorsque le fluide est visqueux, une partie du travail mécanique est converti en chaleur : c'est le
phénomène de frottement visqueux, qui s'accentue avec la vitesse de déplacement du fluide. On a
alors :
δwm = v dP + δwf

APPLICATION DE COURS
Calculer le travail d'une pompe à eau, comprimant ce liquide, en R.P, de manière réversible de
105 à 106 Pa. On prendra vl ≈ 10-3 m3 kg-1.

page 23
APPLICATION DE COURS
Calculer le travail d'un kg d'eau passant réversiblement, en R.P, dans une chaudière : entrée eau
liquide à 55 °C et 70 bars, sortie eau vapeur saturante à 70 bars et 285 °C.

3. DEUXIEME PRINCIPE (SECOND LAW)

3.1 INSUFFISANCE DU PREMIER PRINCIPE

Le premier principe est un principe de conservation. Il permet de faire le bilan des différentes
formes d'énergie échangées par le système thermodynamique. Il établit pour cela une équivalence
théorique entre le travail et la chaleur, exprimés tous les deux dans la même unité : le joule.
Toutes les transformations imaginables sont a priori possibles, au niveau du premier principe, à
condition de respecter l'équation de bilan.
Dans la réalité, il en va autrement.

Exemples :
La chaleur passe spontanément d’un corps chaud vers un corps froid.
Deux gaz différents mis en contact, se mélangent spontanément.
Etc.
Le deuxième principe a pour objet de compléter le premier principe en déterminant :
- les transformations possibles et le sens dans lequel elles vont se produire.
- le niveau d'irréversibilité de ces transformations.
- le rendement de production d'énergie (mécanique, le plus souvent) d'une machine thermique.
C’est un principe d’évolution
Historiquement, différents énoncés sont apparus, concernant les machines thermiques. On les
trouvera détaillés au chapitre VII.
Plus tard, il y eut des formulations plus générales, dont l'énoncé de Prigogine (1953) que nous
allons adopter.

3.2 ENONCE DE PRIGOGINE

3.2.1 EN SYSTEME FERME

a) Définition
Pour tout système fermé, il existe une fonction d'état extensive, appelée ENTROPIE S , qui possède
les propriétés suivantes :

page 24
. L'entropie (comme l'énergie totale), entre deux instants t et t + dt, peut varier sous l'influence
d'opérations :
- externes : échange avec l'extérieur,
- internes : création d'entropie.

dS = δSext + δSint

. dS est une différentielle exacte.

b) Entropie d'échange
δQ
L'entropie d'échange avec l'extérieur vaut : δSext = .
T

c) Entropie interne
La création d'entropie résulte de l'existence de phénomènes irréversibles :

Non uniformité de : Autres


Température Composition Pression
Conduction Diffusion Frottement Rayonnement
Convection Réaction chimique Viscosité Conduction électrique

Le terme de création d'entropie est :


δSint > 0 si la transformation est irréversible,
δSint = 0 si la transformation est réversible.

d/ Conséquences
• Un système isolé quelconque, hors d'équilibre, évolue spontanément jusqu'à ce qu'il ait atteint
l'entropie maximale compatible avec les contraintes imposées de l'extérieur ; l'état ainsi atteint
est l'état d'équilibre thermodynamique du système isolé.

1
• Dans le cas d'une transformation réversible, la création d'entropie δSint étant nulle, est le
T
facteur intégrant de la fonction de parcours δQ.

APPLICATION DE COURS
Déterminer la variation d'entropie d'un système fermé monophasé, avec transfert d'énergie
thermique.

Fluide non
visqueux T température
uniforme

δQ

page 25
Réponse
Fluide non visqueux,


pas de frottements mécaniques
Uniformité de la température ⇒ Opération
réversible δSint = 0
de la pression

Système fermé ⇒ pas de flux de matière

δQ
Donc dS = δSext =
T Instant t :
se dMe

3.2.2 CAS DES SYSTEMES OUVERTS


S (t)
A l'instant t, l'entropie du
système fermé s'écrit :

S (t) + se dMe

S(t) étant l'entropie du


volume de contrôle (syst ouvert) Instant t + dt :

A l'instant t + dt, elle devient : S (t + dt)

S (t+dt) - ss dMs (dMs < 0)


Ss dMs

La variation d'entropie, pendant l'instant dt, dans le système fermé est dSf :

dSf = S (t+dt) - ss dMs - [ S (t) + se dMe ]

δQ
Par définition, elle vaut : dSf = + δSint , donc :
T

δQ
dS° = S(t+dt) - S(t) = + se dMe + ss dMs + δSint
T
≥0
Variation d’entropie δSexterne
en système ouvert

δQ
Soit, de manière générale : dS ≥ + se dMe + ss dMs .
T

page 26
3.2.3 SYSTEMES OUVERTS EN REGIME PERMANENT

En régime permanent, on a :

. dM
M= e = − dM s = dM = cons tan te
dt dt dt

dS
=0
dt

d  δQ  d dM
d'où :   + (δSint ) − (s s − s e ) =0
dt  T  dt dt

dM
En divisant par le débit , il vient :
dt

d  δQ  d
 + (δSint ) = (ss − s e ) = ∆s
dM  T  dM

δQ
∆s dM = + δSint
T
1
∫0 dM ∫
δq
∆s = ∆s = + δs int
T
δq
ou encore : ds ≥ ( = : cas réversible ).
T
L’expression est analogue à celle d'un système fermé.

d
N.B. Le terme
dt
( )
δSint est appelé production d'entropie P(S). Il fait l'objet d'un calcul explicite au
chapitre des transformations hors d'équilibre.

APPLICATION DE COURS (d'après Borel)


Déterminer la variation d'entropie d'un système diphasé, ouvert, avec transfert thermique,
frottements et dévalorisation interne par non uniformité de la température.

page 27
3.3 EXEMPLE : COMPRESSEUR AVEC FROTTEMENTS

Considérons un compresseur qui reçoit en régime permanent un travail mécanique wm. Si le fluide
utilisé est visqueux, une partie du travail wm, qu'on appelle wf, est dissipée par frottements au sein
du fluide et se convertit donc en chaleur qf. Par ailleurs, on admet qu'on peut négliger les variations
d'énergies cinétique et potentielle.

3.3.1 SECOND PRINCIPE


P
sortie
On a : wm ?
δq δq δq f wf ?
ds = + δsint = + et δwf = δqf
T T T

Soit T ds = δq + δwf (éq 1).

La courbe est représentée par un nuage de points car les entrée


paramètres ne sont pas homogènes.
v

3.3.2 RETOUR AU PREMIER PRINCIPE


La combinaison de du et de ds donne :
dh = Tds + v dP. Soit T ds = dh - v dP

Si les variations d'énergies cinétique et potentielle sont négligeables, on a en régime permanent :


dh ~ dh* = δwm + δq

Donc T ds = δq + δwm - v dP (éq 2).

La combinaison des équations (1) et (2) permet d'obtenir :


δwm = v dP + δwf qui est l'expression introduite au paragraphe 2.2.4 .

page 28
Le calcul direct par intégration de chaque terme est impossible. On contournera cette difficulté
grâce à une transformation polytropique : la courbe est en pointillé sur le diagramme P,v (voir
chapitre V pour plus de détails).

3.4 CONCLUSION

• Le Premier Principe régit le bilan de l'énergie d'un système. Chaleur et travail y jouent des rôles
équivalents.

• Le Second Principe, où travail et chaleur jouent des rôles cette fois-ci différents, s'occupe :
- de la qualité de l'énergie : l'énergie mécanique est une forme d'énergie plus noble que l'énergie
thermique. La diminution de la qualité de l'énergie (par frottement, par exemple) est un
phénomène de dissipation de l'énergie.

- du niveau de l'énergie thermique : l'énergie thermique à haute température a un niveau plus


élevé que l'énergie thermique à basse température. La diminution du niveau de l'énergie
thermique est un phénomène de dévalorisation de l'énergie.

Dissipation et dévalorisation de l'énergie sont des phénomènes de dégradation de l'énergie.

• On dispose avec l'entropie d'une fonction permettant de prédire le sens spontané d'évolution d'un
processus se déroulant en système isolé.

3.5 INTERPRETATIONS DE LA NOTION D'ENTROPIE

3.5.1 L'ENTROPIE EN THERMODYNAMIQUE STATISTIQUE

Un système de N particules, se trouvant dans un état macroscopique donné (P1 , V1 , T1 , m1 ,


U1 , etc. ), exige la connaissance des 3 variables de position et des 3 variables de quantité de
mouvement de chaque particule, soit 6 N variables.
Un point dans l'espace des phases à 6 N dimensions représente un état microscopique.
Le nombre d'états microscopiques Ω, correspondant à l'état macroscopique observé, peut être
calculé à l'aide des formules statistiques.

En 1872, Boltzmann introduit l'équation fondamentale :


S = k Ln Ω , avec k = 1,38 10-23 J K-1 .
L'évolution d'un système a lieu lorsqu'il passe d'un état moins probable (Ω1) à un état plus probable
(Ω2, avec Ω2 > Ω1) et son entropie augmente.
Or, plus un système possède une valeur de Ω élevée, plus son désordre est grand.
L'entropie d'un système isolé peut donc être interprétée comme une mesure du désordre des
molécules qui le constituent.

3.5.2 L'ENTROPIE ET L'INFORMATION

Des études récentes (L. Szilard, C. Shannon, C. Brillouin) ont montré qu'il existe une relation
formelle entre l'entropie et l'information obtenue sur un système physique.

L'information est définie comme une donnée brute, résultant d'une observation. L'étude des
collections d'informations permet d'acquérir une "connaissance" scientifique. La formulation

page 29
scientifique des lois résulte des comparaisons, modélisations et classifications des différentes
connaissances partielles.
L'élément humain n'intervient que pour fixer la valeur (subjective) de l'information.
Si un problème comporte P réponses également probables, la connaissance de la réponse exacte
fournit une quantité d'information égale à : I = K Ln P. Si on choisit K = k (Boltzmann),
l'information est assimilable à de l'entropie.

Dans le cadre de la théorie de l'information, l'entropie d'un système physique peut être considérée
comme une mesure de l'incertitude où l'on se trouve sur la structure de ce dernier.
L'information est de la néguentropie (ou entropie négative) et toute observation ou expérience
effectuée sur un système physique conduit automatiquement à un accroissement d'entropie du
laboratoire. Il est alors possible de comparer cet accroissement d'entropie à la quantité d'information
obtenue et de définir un rendement d'observation, toujours inférieur à 1, évidemment.

3.5.3 DECOHERENCE ET IRREVERSIBILITE

La décohérence quantique, découverte récemment, est un phénomène très rapide par lequel la
matière réagit vis à vis de l'environnement en 'choisissant' une forme et un trajet précis.
. A l'échelle microscopique (quelques angströms) la matière se comporte comme des "paquets
d'onde", avec les attributs étranges de la physique quantique (non localité, non séparabilité, dualité
onde-corpuscule, complémentarité des fonctions d'onde, etc..).
. A l'échelle mésoscopique (de quelques nm à quelques µm), elle réagit avec la matière
environnante et il y a "réduction des paquets d'onde" en particules localisées.
. A l'échelle macroscopique (au dessus de quelques µm), la matière obéit aux lois de la physique
classique.
La décohérence est à l'origine de ce passage irréversible du comportement quantique au
comportement classique.

3.5.4 L'ENTROPIE ET LA FLECHE DU TEMPS

En mécanique (classique ou quantique) les équations sont invariantes par rapport à un


retournement du temps (t en - t) : Fondamentalement, il n'est pas possible de distinguer le passé du
futur.
Ce temps réversible ne coïncide pas avec l'impression subjective d'un temps qui s'écoule dans une
seule direction (flèche du temps) : Les phénomènes physiques macroscopiques nous apparaissent
bien irréversibles. L'irréversibilité étant traduite par l'entropie, l'augmentation d'entropie d'un
système isolé est aussi associée à l'écoulement du temps. C'est la seule variable physique possédant
cette caractéristique.

APPLICATION DE COURS :
Puisque les systèmes physiques évoluent spontanément vers le désordre moléculaire, comment
interpréter l'apparition de la vie, processus qui s'accompagne d'un ordre croissant ?

Réponse :
Les systèmes physiques évoluent spontanément vers le désordre lorsqu’ils sont isolés. Au contraire,
lorsqu’on étudie des systèmes ouverts, sièges de grands flux d’énergie et de matière et loin de
l’équilibre, on observe une tendance vers l’auto-organisation et ces systèmes deviennent
progressivement plus complexes produisant des structures dites dissipatives où l’entropie diminue
car l’ordre augmente.

page 30
Ceci ne contredit pas le second principe car le système isolé, constitué par la structure dissipative et
son environnement, voit son entropie augmenter. En effet la dégradation de l’environnement
produit plus d’entropie que le système n’en détruit en s’organisant.

3.5.5 LA NOUVELLE ALLIANCE (PRIGOGINE)

On observe depuis le milieu du XXieme siècle un renversement du statut de l'entropie. Initialement


assimilée à la mesure d'une imperfection - les irréversibilités dégradent l'énergie dans une machine
thermique - l'entropie va acquérir une nouvelle dimension avec l'étude des phénomènes hors
d'équilibre. Sous l'effet des irréversibilités certains systèmes retournent bien à l'équilibre, mais ce
n'est pas le cas général comme on l'avait crû jusqu'alors. Beaucoup de systèmes au contraire s'en
éloignent et, dans ce dernier cas, l'augmentation d'entropie traduit souvent une création d'ordre.
L'irréversibilité est alors source d'une auto-organisation de la matière qui trouve la possibilité de se
complexifier. Ce point qui fait l'objet de recherches récentes, sera abordé au chapitre de la
thermodynamique des processus hors d'équilibre.

4. TROISIEME PRINCIPE

L'entropie n'est déterminée par le deuxième principe qu'à une constante près. Ceci est gênant pour
l'intégration de fonctions comme dG = V dP - S dT car le résultat dépend de la valeur de la
constante utilisée pour S.

Cette indétermination est levée par le troisième principe qui s'appuie sur l'hypothèse faîte par
Nernst en 1906 : Lorsque la température s'approche du zéro absolu, l'entropie massique de tout
corps cristallisé, chimiquement homogène, tend vers la valeur zéro.

En 1911 Planck proposa d'admettre que pour tous les systèmes en équilibre stable, l'entropie est
nulle au zéro absolu. C'est le postulat de Nernst-Planck. Il permet de donner une valeur absolue à la
fonction S.

Plusieurs conséquences découlent du troisième principe, notamment

a) L'inaccessibilité du zéro absolu : il est impossible d'atteindre le zéro absolu en un nombre fini
d'opérations (Nernst, 1912).

b) L'effondrement des capacités calorifiques à zéro kelvin : les valeurs des capacités calorifiques
des solides tendent vers zéro lorsqu'on s'approche du zéro absolu. C'est ce que confirme l'expérience
(voir chapitre III).

c) L'effondrement des coefficients thermoélastiques à zéro kelvin :

1  ∂V  1  ∂P 
α=   et β=   (voir chapitre III).
V  ∂T  P P  ∂T  V

page 31
***************************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
***************************************************
ENERGETIQUE Chapitres I et II (réponses page suivante)
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

II-1 F 1
a) Donner un exemple de variation de température sans échange d'énergie thermique.
b) Donner un exemple d'échange d'énergie thermique sans variation de température.

II-2 F
Un système est dans un état d'équilibre et possède une certaine énergie interne. Peut-on savoir s'il a
récemment reçu de la chaleur ? du travail ?

II-3 F c
Le premier principe implique-t-il une identification de la chaleur comme énergie ?

II-4 F c
On actionne énergiquement une pompe à vélo : elle s'échauffe. Pourquoi ?

II-5 F c
Un gaz contenu dans un récipient A se détend dans le récipient B, initialement vide, après ouverture
d'un robinet de communication R. Les deux récipients sont rigides. Quel travail le gaz reçoit-il de
l'extérieur ? Y a-t-il une différence suivant que la détente est brusque ou lente (R étant très peu
ouvert, par exemple) ?

II-6 M c
Deux corps identiques, de masse m et de capacité calorifique massique constante C, sont
initialement aux températures T1 et T2 (avec T1 > T2). On les met en contact et l'ensemble est isolé
de l'extérieur.
a) Quel est le signe de la variation totale ∆S de l'entropie du système ?
b) Calculer ∆S et vérifier le résultat obtenu en a)

1
Symboles : c : avec correction complète (sinon, résultats seulement) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile.
page 32
REPONSES

II-1
a) Frottements (W → Q).
b) Vaporisation de l'eau, par exemple à : P = 1 atm et T = 100 °C.

II-2
Non, car il y a une infinité de chemins menant à un état donné.

II-3
Le premier principe implique une identification de la chaleur au travail mécanique, mais ces deux
termes sont des transferts d'énergie à la frontière du système plutôt que des énergies proprement
dites.

II-4
La compression rapide du gaz augmente son énergie interne car le processus est adiabatique, le
transfert thermique étant trop lent pour se produire au début. L'énergie interne étant proportionnelle
à la température, celle-ci s'élève également.

II-5
Le système étudié est fermé et les parois, représentant sa frontière, sont indéformables. Le travail
reçu ou perdu par le système est donc nul, et ceci que la détente soit lente ou rapide. Ce processus
est irréversible et s'accompagne d'une augmentation d'entropie. Si la détente est rapide, c'est la
détente de Joule-Gay Lussac.

II-6
a) L'énergie thermique transfère irréversiblement du corps le plus chaud vers le plus froid : ∆Stotal =
∆Sext + ∆Sint > 0, car ∆Sext = 0 (système isolé) et ∆Sint > 0.
b) Pour calculer ∆Stotal, on imagine un chemin réversible permettant de passer de l'état initial (2
T + T2
corps à T1 et T2 ) à l'état final (2 corps à 1 ):
2
T + T2
1) Echauffement réversible du plus froid : ∆S1 = m C Ln ( 1 ).
2 T2
T1 + T2
2) Refroidissement réversible du plus chaud : ∆S2 = m C Ln ( ).
2 T1
3) Mise en contact des deux : ∆S3 = 0.

D'où : ∆Stotal = ∆S1 + ∆S2 + ∆S3 = m C Ln


(T1 + T2 )2 > 0, car (T1 − T2 )2 > 0.
4 T1T2

page 33
Résumé-synthèse du chapitre II

page 34
CHAPITRE III

THERMODYNAMIQUE ANALYTIQUE

On applique ici les deux principes à des systèmes thermodynamiques à composition fixe - pas de
réaction chimique - dont l'état ne dépend que de deux variables indépendantes : système monophasé
liquide ou gaz. Le cas des systèmes diphasés sera abordé au chapitre VI et celui des systèmes à
composition variable au chapitre X.

1. EQUATION D'ETAT

C'est l'équation qui, reliant les variables d'état, décrit complètement le système étudié. Pour un
système fermé monophasé, par exemple, on a :

f (P,V,T) = 0 ( masse = constante)

1.1 PROPRIÉTÉS DES FONCTIONS D'ÉTAT

Soit f (X,Y,Z) = 0, la fonction d'état. Alors :

 ∂Z  1
  =
 ∂Y  X  ∂Y 
 
 ∂Z  X

 ∂Z   ∂Z 
• Z = Z ( X, Y ) et dZ =   dX +   dY
 ∂X  Y  ∂Y  X
Si Z est fonction d'état, d Z est une différentielle totale (ou exacte).
On peut l'écrire : d Z = AdX + BdY ,
 ∂A   ∂B 
avec :   =  ( égalité de Schwarz ).
 ∂Y  X  ∂X  Y

• On a également :       = −1
∂X ∂Y ∂Z
 ∂Y  Z  ∂Z  X  ∂X  Y

1.2 UTILISATION DES DERIVEES PARTIELLES :


COEFFICIENTS THERMO-ELASTIQUES

• On définit les coefficients suivants :

1  ∂V 
◊ coefficient de dilatation isobare : α =  
V  ∂T  P

page 35
1  ∂P 
◊ coefficient d'augmentation de pression isochore : β =  
P  ∂T  V

1  ∂V 
◊ coefficient de compressibilité isotherme : χ T = −   .
V  ∂P T

1  ∂V 
◊ coefficient de compressibilité adiabatique : χS = −   .
V  ∂P S

• On démontre que : α = β P χT .

2. COEFFICIENTS CALORIMETRIQUES

2.1 DEFINITION EN SYSTEME FERME


On a, pour l'unité de masse de matière (1 kg) ou de quantité de matière (1 mole) qui évolue de
manière réversible, en système fermé, sans énergies cinétique et potentielle : δQ = dU – δW = dU +
PdV
 ∂U   ∂U 
Avec dU =   dT +   dV , d’où :
 ∂T  V  ∂V  T

 ∂U   ∂U 
δQ =   dT + [   + P ] dV
 ∂T  V  ∂V  T
δQ = CV dT + lT dV
Par extension aux trois couples de variables indépendantes :
δQ = CV dT + lT dV
δQ = CP dT + hT dP
δQ = λ dP + µ dV
S’il y a n moles ou m kg, n ou m multiplient les coefficients calorimétriques sauf lT et hT qui en
tiennent déjà compte.

2.2 RELATIONS ENTRE COEFFICIENTS CALORIMETRIQUES

On démontre les relations suivantes :

lT =
CP − CV
; hT = −
(C P − C V ) ; λ=
CV
; µ=
CP
 ∂V   ∂P   ∂P   ∂V 
       
 ∂T  P  ∂T  V  ∂T  V  ∂T  P

page 36
2.3 RELATIONS DE CLAPEYRON ET DE MAYER

On démontre les relations suivantes :

 ∂P 
◊ lT = T   (1ère Relation de Clapeyron)
 ∂T  V

 ∂V 
◊ hT = − T   (2ème Relation de Clapeyron)
 ∂T  P

 ∂C v   ∂ 2P   ∂C P   ∂ 2V 
◊   = T   et   = − T  
 ∂V  T  ∂T 2   ∂P  T  ∂T 2 
 V   P

 ∂P   ∂V 
◊ CP − Cv = T     (Relation de Mayer).
 ∂T  V  ∂T  P

2.4 EXTENSION EN SYSTEME OUVERT ET EN R.P.

dh* = δwm + δq = d ( h + 1/2 c2 + g z )

δq = dh + d ( 1/2 c2 ) + d ( g z ) - δwm

δq ≈ dh – v dP

( ) ( )
δq ≈ ∂h dT + [ ∂h - v ] dP
∂T P ∂P T
δq ≈ CP dT + hT dP

Si les variations d'énergie cinétique et potentielle sont négligeables et si la transformation est


réversible on obtient, comme dans le cas précédent :

δQ = CV dT + lT dV
δQ = CP dT + hT dP
δQ = λ dP + µ dV

3. RELATION DE REECH
Cp
On démontre qu'on a : χT = γ χS , avec γ =
Cv

page 37
Donc :
P
 ∂V  isentropique
 
χ  ∂P  T
γ= T = ,
χS  ∂V 
 
 ∂P S

 ∂P   ∂P  isotherme
soit :   =γ   .
 ∂V S  ∂V  T v

4. FONCTIONS THERMODYNAMIQUES

4.1 FONCTIONS NOUVELLES

Une transformation mathématique, appelée transformation de Legendre, permet de changer


d'ensemble des variables, donc de fonction thermodynamique. A partir des fonctions U et S, on
définit ainsi trois autres fonctions d'état.

La fonction de départ est : ∆U = W + Q (système fermé).


On en déduit : dU = - P dV + T dS

 ∂U   ∂U 
D'où : T=  et P = − 
 ∂S  v  ∂V s

4.1.1 ENTHALPIE

Elle est définie par la relation : H = U + PV. On en déduit :


dH = T dS + V dP

 ∂H   ∂H 
D'où : T=  et V= 
 ∂S  P  ∂P s

4.1.2 ENERGIE LIBRE (HELMHOLTZ ENERGY)

Elle est définie par la relation : F = U - TS. On en déduit :


dF = - S dT - P dV

 ∂F   ∂F 
D'où : S= −   et P= −  
 ∂T  v  ∂V  T

page 38
4.1.3 ENTHALPIE LIBRE (GIBBS FREE ENERGY)

Elle est définie par la relation : G = H - TS.


On en déduit : dG = V dP - S dT

 ∂G   ∂G 
D'où : S= −   et V= 
 ∂T  P  ∂P T

Remarque : Les fonctions U, H, F, G ne sont connues qu'à une constante près.

4.2 RELATIONS DE MAXWELL

Des équations précédentes on déduit quatre équations exprimant l'égalité de Schwarz, qui sont
appelées relations de Maxwell :

 ∂T   ∂P   ∂T   ∂V 
Avec U :   = −  . Avec H :   = 
 ∂V S  ∂S  v  ∂P S  ∂S  P

 ∂S   ∂P   ∂S   ∂V 
Avec F :   =  . Avec G :   = − 
 ∂V  T  ∂T  v  ∂P  T  ∂T  P

4.3 RELATIONS D'HELMHOLTZ

En combinant les équations précédentes, on obtient :

 ∂F   ∂G 
U = F − T  et H = G − T 
 ∂T  v  ∂T  P

4.4 POTENTIELS THERMODYNAMIQUES

On cherche à prévoir le sens d'évolution d'un système thermodynamique, soumis à certaines


contraintes, grâce à des fonctions qu'on appelle potentiels thermodynamiques, par analogie avec la
fonction énergie potentielle en mécanique. On raisonne ici sur un système fermé.

page 39
a) Le système est isolé thermiquement
δQ δQ
Evolution ⇒ dS = + δSint ou dS >
T T
Le potentiel thermodynamique est ici l'entropie.
L'entropie augmente jusqu'à sa valeur maximale.
La condition d'équilibre est : dS = 0.

b) Le système évolue à température et volume constants

δW = dU - δQ = 0.
δQ
Evolution ⇒ dS > , donc dU - T dS < 0, ou : d(U - TS) < 0.
T
Le potentiel thermodynamique est ici l'énergie libre.

L'énergie libre diminue jusqu'à sa valeur minimale.

La condition d'équilibre est : dFTV = 0.

c) Le système évolue à température et pression constantes

δW = dU - δQ = - P dV
δQ
Evolution ⇒ dS > ,
T
donc dU - T dS < - P dV, ou : d(U + PV - TS) < 0.

Le potentiel thermodynamique est ici l'enthalpie libre.

L'enthalpie libre diminue jusqu'à sa valeur minimale.

La condition d'équilibre est : dGTP = 0.

page 40
***********************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
***********************************************
ENERGETIQUE Chapitre III (réponses au verso)
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

III-1 F2
 ∂P   ∂V 
Démontrer les expressions suivantes : l T = T  , h T = −T   .
 ∂T  V  ∂T  P

III-2 F
 ∂C v   ∂ 2P   ∂C P   ∂ 2V 
Démontrer que   = T  et   = −T 2  .
 ∂V   ∂T 2   ∂P  T
 T  V  ∂T  P

III-3 M

Démontrer que, pour une mole de gaz d'équation f ( P,V, T ) = 0 , on a :

 ∂P   ∂V 
CP − C v = T     .
 ∂T  V  ∂T  P

III-4 F

CV CP
Démontrer que, pour le même système, on a : λ = et µ= .
 ∂P   ∂V 
   
 ∂T  V  ∂T  P
III-5 M

 ∂P   ∂P 
Démontrer la relation de Reech :   = γ  .
 ∂V S  ∂V  T

2
Symboles : c : avec correction complète ( sinon, résultats seulement ) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile.
page 41
REPONSES

III-1
Avec dU = Cv dT + (l - P) dV et dS = Cv dT + l dV .
T
Cp dT + h T dP
Avec dH = Cp dT + (hT + V) dP et dS = en utilisant les propriétés des
T
différentielles exactes (égalités de Schwarz).

III-2
 ∂Cv   ∂Cp 
Les expressions précédentes donnent   et   dans lesquelles il suffit d’introduire :
 ∂V T  ∂P T

 ∂P   ∂V 
lT = T   et h T = −T   .
 ∂T  v  ∂T  P

III-3
 ∂V   ∂V 
Avec δQ = Cv dT + lT dV = Cp dT + hT dP et dV =   dT +   dP .
 ∂T  P  ∂P T

III-4

Idem avec δQ = λ dP + µ dV.

III-5
 ∂T   ∂T 
A partir de λ dP + µ dV = 0 (adiabatique réversible) et de λ = Cv   et µ = CP   ,
 ∂P  v  ∂V  P
 ∂P  Cp  ∂P 
on obtient :   =   .
 ∂V S C v  ∂V T

page 42
Résumé-synthèse du chapitre III

page 43
CHAPITRE IV

PROPRIETES THERMODYNAMIQUES
DE LA MATIERE

1- DESCRIPTION

. L'état solide : chaque atome s'agite autour d'une position moyenne dans un réseau cristallin. La
rigidité est importante.

. L'état liquide : l'agitation thermique est plus importante. La viscosité du liquide entraîne
l'apparition de frottements lors des mouvements.

. L'état gazeux : Le degré de liberté est encore accru. La température est toujours donnée par la
moyenne statistique de l'énergie cinétique d'agitation thermique (1/2 m C2 = 3/2 kT). La pression
résulte de la somme de l'énergie potentielle d'interaction et des chocs des molécules.

. L'état de plasma : son désordre est encore plus important que celui du gaz : les électrons et les ions
positifs ne sont plus liés.

Ces différents états de la matière peuvent être représentés par des volumes sur un diagramme à 3
dimensions : (P,V,T) (voir dessin).
Les changements d'états y sont représentés par des surfaces.

REPRESENTATION DANS L’ESPACE DE LA SURFACE D’UN CORPS REEL QUI SE


CONTRACTE EN SE SOLIDIFIANT (D’aprés (1) ).
page 44
2 GAZ PARFAIT

2.1 ÉQUATION D'ETAT

L'équation d'état, f (P,VT) = 0, peut être trouvée à partir de raisonnements de physique statistique.
Elle peut être déduite également des lois de Boyle-Mariotte, Avogadro, Gay-Lussac, Charles et
Dalton. Cette équation d'état est :

a/ en système fermé : PV=nRT

. Avec P : Pression en pascal (Pa).


Autres unités :
1 atm = 1,013 105 Pa
= 1,013 bar (1 bar = 105 Pa)
2
= 1,033 kgf/cm
= 760 mm de mercure.
3
. V : volume (en m ).
. n : nombre de mole (en mol).
. T : température (en kelvin).
. R : constante du gaz parfait : R = 8,3144 J mol-1 K-1.

b/ en système fermé ou ouvert : PV=mrT

. avec m = masse ( en kg ).
r = constante du gaz parfait par unité de masse :
R
r= , avec M : masse molaire.
M

APPLICATION DE COURS
-1
Calculer r pour l'oxygène avec M02 = 32 g mol .

Réponse : r = 8.3144/32 10-3 = 260 J kg-1 K-1.

c/ En système ouvert : P v = r T 3 -1
. Avec v : volume par unité de masse ( m kg ).

Ces trois expressions sont équivalentes.

2.2 LIMITES D'UTILISATION

Le gaz parfait est un ensemble de particules sans interaction. Ceci est vrai :
- tant que la pression du fluide est suffisamment faible pour qu'on puisse négliger les forces
d'interaction moléculaire (pression inférieure à 1 atm),
- tant qu'on est situé loin du domaine de liquéfaction.

page 45
Malgré ces restrictions, l'équation P V = m r T est souvent utilisée à des pressions nettement plus
élevées ; r est alors "ajusté".

2.3 COEFFICIENTS CALORIMETRIQUES DU GAZ PARFAIT

 ∂P 
. lT = T   = P
 ∂T  V

 ∂V 
. h T = −T   = -V
 ∂T  P

 ∂P   ∂V 
. CP − Cv = T     = R
 ∂T  V  ∂T  P

. Les chaleurs spécifiques dépendent surtout de l'atomicité du gaz.


a/ pour les gaz monoatomiques :
Cv ~ 3 cal mol-1 K-1 ( γ = 1,67 )
-1 -1
Cp ~ 5 cal mol K .

b/ pour les gaz diatomiques :


Cp et Cv augmentent faiblement avec T
Aux basses températures :
Cv ~ 5 cal mol-1 K-1 ( γ = 1,40 )
Cp ~ 7 cal mol-1 K-1.

. A partir des relations précédentes, on déduit que :

. dU = Cv dT : l'énergie interne d'un gaz parfait ne dépend que de la température (1ère loi de Joule).

. dH = Cp dT : l'enthalpie d'un gaz parfait ne dépend que de la température (2ème loi de Joule).
Ces deux relations sont particulièrement importantes.

Cv l dT dV
. dS = dT + T dV = Cv +R
T T T V
Cp hT dT dP
. dS = dT + dP = Cp −R
T T T P
λ µ dP dV
. dS = dP + dV = Cv + Cp
T T P V
1  ∂V  1 1 1
. α =   = ; β= ; χT =
V  ∂T  P T T P

. Les courbes isothermes d'un gaz parfait sont des hyperboles équilatères dans le diagramme de
Clapeyron.

page 46
3- FLUIDE DE VAN DER WAALS

3.1 EQUATION D'ETAT

La loi du gaz parfait n'est qu'une loi limite. Lorsque la pression s'élève, les interactions
augmentent. Van der Waals a proposé en 1873 une équation qui en tient compte :

a
(P + ) (V - b) = RT (pour 1 mole)
V2

accroissement
interne de covolume (m3)
pression (Pa)

Valeurs de a et b pour une mole de gaz :

Molécule a (N m4) b (m3)

-5
He 3,44 . 10-3 2,34 . 10
-2 -5
H2 2,48 . 10 2,66 . 10
-1 -5
O2 1,38 . 10 3,18 . 10
-1 -5
N2 1,3 . 10 3,8 . 10
-1 -5
C02 3,66 . 10 4,29 . 10
-1
N20 5,8 . 10 3,19 . 10-5
-5
Hg 2,92 . 10-1 5,5 . 10

3.2 ISOTHERMES DANS LE DIAGRAMME DE CLAPEYRON

. On obtient 3 possibilités, différentes selon le domaine d'utilisation :

- 1 seule racine réelle (domaine du G.P.) à haute température.


- 1 racine réelle, sur une courbe avec point d'inflexion, pour la température critique Tc.
- 3 racines réelles, à basse température ( T < Tc ).

page 47
. Au point d'inflexion, on a :
 ∂P   ∂ 2P 
  = 0 ;  2  = 0
 ∂V  Tc  ∂V  Tc

Lorsqu'on applique à
RT a
P = − , on obtient :
V − b V2

Vc = 3 b

8a
Tc =
27 R b
a
et Pc =
27 b 2

Le fluide de Van der Waals permet l'approche du phénomène de liquéfaction.

APPLICATION DE COURS
Les coefficients de l'équation de Van der Waals, donnés dans le tableau pour le gaz carbonique,
permettent-ils de retrouver les coordonnées critiques expérimentales de ce gaz, qui sont : Pc = 74
bars, vc = 0,95 10-4 m3 mol-1, Tc = 31 °C ?

Réponse
Oui, avec une grande précision pour Tc (on trouve 303.8 K au lieu de 304.1 K) et Pc (on trouve 73.7
bars au lieu de 74). La précision est mauvaise pour vc (1.29 10-4 m3 mol-1 au lieu de 0.95)

4- AUTRES FLUIDES

4.1 FLUIDE DE CLAUSIUS

 a' 
P +  (V − b ) = RT (1)
 ( ) 2
 T V + c 

 a' 
 P +  (V − b ) = RT (2)
 T V2 

Proposée en 1880 par Clausius, l’équation (1) constitue une amélioration de l’équation de Van der
Waals pour les volumes spécifiques élevés et les pressions et températures basses.

L’équation (2) en est une forme simplifiée, connue aussi sous le nom d’équation de D. Berthelot.

page 48
4.2 FLUIDE DE REDLICH-KWONG

 a 
P +  (v − b ) = rT
 T 0,5 v (v + b ) 
 

4.3 FLUIDE DE BEATTIE-BRIDGMAN

rT  c   b  A  a 
P= 1 -   v + B0 1 −  − 0 1 − 
v 2  vT 3    v  v 2  v 

page 49
*****************************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
*****************************************************
ENERGETIQUE Chapitre IV (réponses au verso )
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

IV-1 F 3
Calculer la constante du gaz parfait, dans les unité du système international, sachant que, dans les
conditions normales de pression et de température, une mole de G.P occupe un volume de 22,42 litres.

IV-2 F
Quelle "masse molaire" faut-il attribuer à l'air sec dont la composition est la suivante :
ELEMENTS MASSE MOLAIRE ( g ) % EN VOLUME
N2 28,016 78,03
O2 31,9988 20,99
Ar 39,944 0,94
CO2 43,9982 0,03
H2 2,0158 0,01

IV-3 FM
a) Estimer la masse d'air contenue dans une pièce de 50 m3.
b) Estimer la masse totale de l'atmosphère terrestre.
L'air est considéré comme un gaz parfait à la température de 27°C et on lui attribue une "masse
molaire" de 29 g. Le rayon terrestre vaut 6400 km.

IV-4 F c
Deux échantillons identiques de gaz parfait subissent des compressions réversibles de V à V/2, l'une
isotherme, l'autre adiabatique. Pour laquelle des deux la pression finale est-elle la plus grande (sans
calcul) ? Et la variation d'entropie (idem) ?

IV-5 F
Calculer le volume occupé par 20 grammes de vapeur d'eau à la pression de 10 atm, à 150°C, en
supposant qu'elle se comporte comme un gaz parfait. Masse molaire de l'eau : 18 10-3 kg.

IV-6 F
On sait que le produit PV / T est constant pour une mole de gaz parfait, quelque soit le type de gaz
étudié. On considère 1 g de gaz, le produit PV/T n'est plus constant. Pourquoi ?

1
Symboles : c : avec correction complète ( sinon, résultats seulement ) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile.

page 50
REPONSES

IV-1

Avec T = 273,15 K et P = 1,013 105 Pa (conditions normales), on obtient :


R = 8,314 J mol-1 K-1.

IV-2

M = 28,97 g mol-1.

IV-3

a/ m ~ 58 kg.
b/ On prend 105 Pa ~ 104 kg /m2 et S = 4 πR2 ⇒ m ~ 5 1018 kg.

IV-4

a/ Le volume final est le même mais la température est plus élevée après la compression
isentropique. En effet ∆Uisoth = 0 tandis que ∆Uisen = W, puisque Q = 0.
L’énergie interne augmente donc après la compression isentropique, sa température aussi, et donc la
pression également puisque PV = n RT.

b/ isentropique : ∆S = 0 ; isotherme : ∆S < 0 car Q < 0 et transformation réversible ( δSint = 0).

IV-5

V = 3,9 l.

IV-6

PV m PV m
= nR est indépendant du type de gaz. Comme n = , on a : = R qui dépend de
T M T M
la masse molaire du gaz étudié, pour une masse totale identique (m = 1g) de ce gaz.

page 51
Résumé-synthèse du chapitre IV

page 52
CHAPITRE V

TRANSFORMATIONS ENERGETIQUES

1 - INVENTAIRE DES PRINCIPALES TRANSFORMATIONS

Une transformation énergétique est une opération qui conduit un système d'un état d'équilibre à un
autre état d'équilibre. Dans les transformations abordées ici, seules interviennent les énergies
mécaniques et thermiques.

Faciles à réaliser
Très difficile
à réaliser

∆ =0
∆T ∆P = 0
ISOTHERME ISOBARE ∆V = 0
POLYTROPIQUE ISOCHORE

Q=0 FERMÉ FERMÉ


OUVERT ADIABATIQUE
FERMÉ OUVERT
Chaudière OUVERT
FERMÉ OUVERT condenseur Rare

SYSTEME FERMÉ SYSTEME OUVERT

RÉVERSIBLE IRRÉVERSIBLE
RÉVERSIBLE IRRÉVERSIBLE

isentropique

VITESSE
VITESSE VITESSE
PRESQUE NULLE
VITESSE NON NULLE FAIBLE
IMPORTANTE
Détente de Détente de
VITESSE Compresseur
Cylindre avec Joule FAIBLE Joule-Thomson
Turbine
un piston VITESSE
Compresseur IMPORTANTE

Turbine tuyère
isentropique isentropique

page 53
2 - TRANSFORMATIONS ISOBARES REVERSIBLES D'UN GAZ PARFAIT

2.1 EN SYSTEME FERME

W12 = − P ( V2 − V1 ) 
 (1)
 ∆U12 = m C v (T2 - T1 )
Q12 = m C p (T2 - T1 ) 

∆H12 = m Cp ( T2 -T1 )
T
∆S12 = m Cp Ln 2 ( par exemple )
T1
(1) Remarque : On remplace m Cv par n Cv selon l'unité de Cv; de même pour Cp.

2.2 EN SYSTEME OUVERT ET EN R. P.

2 
w m12 = ∫ v dP = 0 
1 
 ∆h* ≈ ∆h = C p (T2 − T1 )
q12 = ∆h* ≈ ∆h = C p (T2 − T1 ) 



1 2
En effet : ∆h* = ∆ ( h + c + g z ) ~ ∆ h , si on néglige les variations d'énergies cinétique et
2
potentielle.

T2
∆s12 = Cp Ln (par exemple)
T1

3 - TRANSFORMATIONS ISOCHORES REVERSIBLES D'UN GAZ PARFAIT

3.1 EN SYSTEME FERME

2 
W12 = − ∫ P dV = 0 
1 
 ∆U12 = m C v (T2 - T1 )
Q12 = m C v (T2 - T1 ) 


∆H12 = m Cp (T2 -T1)
T
∆S12 = m Cv Ln 2 (par exemple)
T1

page 54
3.2 EN SYSTEME OUVERT ET EN R. P.

Transformation non utilisable en système ouvert, sauf cas particulier (pompage d'un liquide : voir
cycle de Rankine ).

w m12 = v ( P2 − P1 ) 

 ∆h * ≈ ∆h = C p ( T2 − T1 )
q12 = C v ( T2 − T1 ) 

T2
∆s12 = Cv Ln (par exemple)
T1

4 - TRANSFORMATIONS ISOTHERMES REVERSIBLES D'UN GAZ PARFAIT

4.1 EN SYSTEME FERME

V 
W12 = m r T Ln 1 
V2

 ∆U12 = m C v ( T2 − T1 ) = 0
V 
Q12 = − m r T Ln 1 
V2 

∆H12 = m Cp (T2 -T1) = 0

V2
∆S12 = m r Ln (par exemple)
V1

4.2 EN SYSTEME OUVERT ET EN R. P.

v 
w m12 = r T Ln 1 
v2

 ∆h * ≈ ∆h = C p (T2 − T1 ) = 0
v 
q12 = - r T Ln 1 
v2 

v2
∆s12 = r Ln (par exemple)
v1

Remarque pour m = 1 kg on a : W12 = wm12 car les travaux d'admission et d'échappement, en


système ouvert, sont égaux et de signe inverse.

page 55
5 - TRANSFORMATIONS ADIABATIQUES D'UN GAZ PARFAIT

Il y en a plusieurs sortes, selon que le système est ouvert ou fermé et que la transformation est
réversible ou irréversible.

5.1 ADIABATIQUE REVERSIBLE

5.1.1 EQUATIONS DE LAPLACE

dV dP
A partir de : dS = Cp + Cv = 0,
V P

on démontre qu'on a :

P V γ = cons tan te 
 Cp
T V γ −1 = cons tan te  avec γ = = constante
1− γ  Cv
γ 
TP = cons tan te 

5.1.2 FONCTIONS THERMODYNAMIQUES EN SYSTEME FERME

m r P2 V2 − P1V1
Q = 0 ⇒ W12 = ∆U12 = ( T2 -T1 ) =
γ −1 γ −1
m r γ
∆H12 = m Cp ( T2 -T1 ) = ( T2 -T1 )
γ −1
2 δQ
∆S12 = ∫ + δS int = 0.
1 T

5.1.3 FONCTIONS THERMODYNAMIQUES EN SYSTEME OUVERT ET EN R.P.

Si on néglige les variations d'énergies cinétique et potentielle, on a :

γ r γ
q = 0 ⇒ wm12 = ∆h12 = ( T2 -T1 ) = (P2 v 2 − P1v1 )
γ −1 γ −1

∆h12 = Cp ( T2 -T1 ) = ( T2 -T1 )
γ −1
2 δq
∆s12 = ∫ + δs int = 0.
1 T

page 56
5.2 DETENTE ADIABATIQUE IRREVERSIBLE DANS LE VIDE

On laisse se détendre un gaz comprimé dans un


récipient vide : C'est la détente de Joule. Elle se
produit en système fermé, sans travail ni chaleur.
On a : ∆U = 0 Gaz
comprimé vide

5.3 DETENTE ADIABATIQUE IRREVERSIBLE D'UN SYSTEME OUVERT, A


TRAVERS UNE SECTION ETRANGLÉE ( DETENTE DE JOULE-THOMSON )

L'énoncé général du Premier Principe en système ouvert, à l'état stationnaire, permet d'écrire :

∆h* = wm + q
avec ici : wm = 0 :
q = 0 :

P1 P2 < P1

dM dM

Donc ∆h* = 0
1 2
Or ∆h* = ∆ (h + c + g z) avec
2
c ~ 0 :
∆z ~ 0 :

donc : ∆h = 0

QUESTION : Le gaz étant parfait, quelle conséquence pour ∆T ?

page 57
APPLICATION DE COURS
Calculer la variation d’entropie d’un kilogramme de gaz parfait passant, en régime permanent, de 4
à 1 bar dans un détendeur de Joule-Thomson. On donne : r = 287 J kg-1 K-1.

5.4 TRANSFORMATIONS ADIABATIQUES REVERSIBLES D'UN SYSTEME OUVERT


: CAS D'UNE DETENTE A VITESSE NON NULLE A TRAVERS UNE SECTION
ETRANGLEE

La pression ne chute pas brutalement comme dans le cas précédent, mais évolue de manière
continue. On suppose qu'il n'y a aucun frottement : l'opération est réversible (détente idéale). On a :
∆s = O.

5.4.1 CAS DES TUYERES IDÉALES

On distingue les tuyères convergentes et


convergentes-divergentes.
Une tuyère convergente idéale est un canal dont la
section intérieure diminue progressivement jusqu'à
l'extrémité, appelée col, et dans laquelle le fluide se
détend de manière isentropique.

On a :
dh* = δwm + δq = 0
h1 + 1 c12 + g z1 = h2 + 1 c22 + g z2
2 2 ENTRÉE
COL
page 58
ou : d (h + 1 c2 ) = 0
2

Comme dh = v dP + T ds = v dP, on a :

2 1 2
h2 - h1 = ∫ v dP = − (c 2 − c12 )
1 2

L'opération de détente est :

5.4.2 CAS DES TURBINES IDÉALES

Une turbine idéale est une machine tournante où


circule un fluide qui y produit un travail en se
détendant de manière isentropique.

Elle est composée d'un stator (fixe) et d'un rotor


(tournant). Le fluide s'écoule entre les deux,
comme à travers une multitude de tuyères
solidaires d'un axe tournant. Le rotor constitue la
partie mobile produisant un travail wm.

On a :

dh* = δwm + δq = δwm


dh* = dh + d ( 1 c2 ) + d (g z)
2

dh* ~ dh ⇒ wm ~ ∆h (approximation)

Comme ∆h = ∫T ds + v dP , on a :

wm = ∫v dP

L'ensemble turbine comprend un ou plusieurs étages, chaque étage étant constitué d'une rangée
d'aubes fixes (distributeur) suivie d'une rangée d'aubes mobiles (roue de turbine) : voir dessin.

page 59
page 60
APPLICATION DE COURS
Une masse de 1 kg de vapeur d'eau est détendue, en R.P., dans les aubages d'une turbine depuis
l'état initial 1 jusqu'à l'état final 2.
a) Calculer le travail mécanique fourni par la vapeur.
b) Montrer que les variations d'énergie cinétique et potentielle du gaz sont négligeables devant celle
de son enthalpie.
c) Calculer la puissance de cette turbine, sachant qu'elle fonctionne en régime permanent avec un
débit massique de 10 kg s-1.

Etat 1 Etat 2
PRESSION ( bar ) 100 16
TEMPÉRATURE ( °C ) 700 380
VITESSE ( m s-1 ) 70 100
ALTITUDE ( m ) 6 3
ENTHALPIE ( kJ kg-1 ) (*) 3863,6 3204,4

(*) valeurs extraites des tables thermodynamiques de l’eau qui seront distribuées lors de l’étude du
chapitre VI.

Réponse

wm = ∆h* puisque q = 0
= ∆ (h + 1 c2 + g z)
2
∆h* = h2 – h1 + 1 (c22 - c12 ) + g (z2 – z1)
2
∆h* = (3204.4 – 3863.6) 103 + 1 (1002 – 702 ) + 9.81 (3 – 6)
2
∆h* = - 659200 + 2550 - 29.4

page 61
5.4.3 COMPARAISON TUYERE / TURBINE

TUYERE TURBINE

Accélération de l'écoulement d'un fluide

Induction d'une force Récupération du travail


De réaction de détente
dirigée en sens inverse sur un arbre rotatif
de l'écoulement

Mise en mouvement
d'alternateurs

5.4.4 ORIGINE DU PHENOMENE D'ACCELERATION

DETENTE . à très grande vitesse


. avec le moins de frottement possible

⇒ DETENTE ISENTROPIQUE
A travers
une section étranglée : isenthalpique totale.

page 62
Amont de la Aval de la
tuyère tuyère

Pi Pf
vi vf
Ti Tf
ci ≈ 0 cf ≈ 0

ENTRÉE
COL

L'écoulement est unidirectionnel et se fait en R.P.

u (x, y, z, t) = u (x) ⇒ P(x), v(x), T(x), C(x)

ENERGIE Est convertie ENERGIE


h* = cte
THERMIQUE en CINETIQUE

5.4.5 ÉTUDE DE L'ÉCOULEMENT MONODIMENTIONNEL D'UN GAZ PARFAIT, EN


R.P., DANS UNE TUYERE CONVERGENTE IDÉALE

a) Equations de base entrée col


x

♦ Conservation du débit massique

Dm = masse = débit volumique . masse volumique


temps

Sx c x
En régime permanent : Dm = = constante
vx

♦ Gaz parfait : Pv = r T

page 63
♦ Conservation de l'enthalpie totale :

1 2
h*x - h*e = ( hx - he ) +
2
(
c x − c e2 ) =0
La 2ème loi de Joule permet d'écrire :
γr
hx - he = Cp (Tx - Te ) = (Tx - Te )
γ −1

On a donc :

γr 1 2
γ −1
(Tx - Te ) +
2
c x − c e2 ( )=0
♦ Détente adiabatique réversible, l'entropie se conserve :
Pe v eγ = Px v γx

Teγ P 1e − γ = Txγ P 1x− γ


-1
Te v eγ = Tx v xγ - 1

b) conditions d'extremum
On cherche la relation entre les variables d'entrée et la position d'extremum, si possible limitée à
une seule variable : la pression.

On sait qu'à la plus petite section correspondra la vitesse la plus grande.

On utilise donc Dm comme fonction à étudier pour déduire les relations entre Px et Pe au col, ou
S
bien c qui lui est égale.
v
 Dm 
∂ 
La variable choisie étant P, c'est la condition  S  = 0 qui donnera la relation recherchée.
 ∂P 
  x = x col
c) Etude de la fonction

Dans la fonction Dm on cherchera à éliminer les variables v, T, c, et on conservera les termes Pe ,


S
ve , Te , Ce et γ comme conditions aux limites et comme paramètre.

Approximation :

On admettra, pour simplifier, que ce << cx , de telle façon que

c 2x − c e2 ≈ c 2x

page 64
Avec cette approximation, on obtient : C p (T − Te ) = − 1 (c 2 − c e2 ) ≈ − 1 c 2
2 2

2γr
c≈ ( Te − T )
γ −1

γ −1  γ −1 
 P γ 2γr   P  γ 
⇒ T = Te   et c≈ Te 1 −   
 Pe  γ −1
  e 
P


1
Dm c  Pe v eγ γ
Formons = avec v =  
S v  P 
 

 γ −1 
2 γ r  P γ 
Te 1 −   
γ −1 P  γ −1 
  e 
2
c  2 γ r Te  P γ  P γ 
= 1
=   1 −  P  
v γ − 1 v e2  Pe 
P

γ   e  
v e  
 Pe 

Te Pe
Comme = , on obtient :
v e2 r ve

 2 γ +1 
Dm 2 γ Pe  P  γ P γ 
=   −  
S γ − 1 v e  Pe   Pe 

 

On sait qu'au col, cette fonction passe par un extremum, et on cherche cet extremum en fonction de
 Dm 
∂ 
P:  S  =0
 ∂P 
 S=Scol
1
Dm 1 −1 u'
La fonction est analogue à une fonction u , dont la dérivée vaut : u' u 2 = . Elle
S 2 2 u
s'annule pour u' = 0.
 2 γ +1 
2 γ Pe P
Ecrivons : u = A x − x γ  avec A =
 γ
et x = ,
  γ −1 ve Pe
 

 2−γ 1
 2 γ γ +1 γ 
donc : u' = A x − x =0 , ou encore :
γ γ 
 

page 65
2−γ 1
γ γ
2x − ( γ + 1) x = 0 , pour x = xcc (cc : conditions critiques au col).

2−γ 1− γ
x cc γ γ +1 γ γ +1
Soit encore : 1
= ou x cc = .
2 2
x cc γ
γ γ
 γ +1 1− γ Pcc  2 
Donc : x cc =  , soit : =  γ −1
 2  Pe  γ + 1 

La pression critique est la pression minimale que peut atteindre le fluide au col.

1
 2  γ −1
2 γ M Pe 2
• Le débit critique vaut alors : Dm = Scol   (M étant la masse molaire
 γ +1 (γ + 1) R Te
du gaz).

• Calculons la vitesse critique au col :

 γ −1 
2 γ r   Pcc  γ  2γr  2 
c cc = Te 1 −   = Te 1 − γ + 1
γ − 1   Pe   γ −1  
 

2 γ r  γ −1
c cc = Te  
γ − 1  γ + 1 

2γ 2γ
c cc = r Te = Pe v e
γ +1 γ +1

La vitesse critique est la vitesse maximale que peut atteindre le fluide au col.

• Cherchons son expression en fonction de la température au col :

1
 2γ  P 
c cc =   Pe v e , avec : v e = v cc  cc  γ
 γ +1  Pe 
γ
P  2 
Reportons cc =   γ −1
Pe  γ + 1 

page 66
γ −1 1
 2  P  P 
On obtient : γ   Pe v e = γ  cc  γ
Pe v e  cc  γ
 γ +1  Pe   Pe 
γ −1 1 1− γ 1

γ γ γ γ
= γ Pcc Pcc Pe Pe Pe v cc = γ Pcc v cc

c cc = γ Pcc v cc = γ r Tcc

• Déterminons l'expression de la vitesse du son dans le fluide :

Contrairement au cas des liquides, où une perturbation de pression est transmise instantanément,
dans les gaz elle se propage à une vitesse finie, appelée vitesse du son cson. En se limitant au cas
2  ∂P 
des ondes planes, on peut montrer qu'on a : cson =   .
 ∂ρ S
Dans le cas du gaz parfait, on obtient :
 ∂P 
Pv γ = K ou P = Kρ γ ce qui donne :   = γ P v , d' où :
 ∂ρ S
2
cson =γPv=γ rT ⇒ cson = γ r T

Conclusion : la vitesse critique du fluide au col est la vitesse du son.

APPLICATION DE COURS
Considérons une tuyère convergente idéale, alimentée en régime permanent avec de l'air à la
pression Pi = 50 bars. Déterminer la pression et la vitesse de l'air au col, dans les deux cas suivants :
a) La pression dans le récipient final vaut Pf = 20 bars.
b) La pression dans le récipient final vaut Pf = 30 bars.
On admet que l'air se comporte comme un gaz parfait avec γ = 1,4 .

page 67
5.4.6 RÉGIMES D'UNE TUYÈRE CONVERGENTE IDÉALE

c
P
cson
a) Régime subsonique

Pi > Pf = Pc > Pcc.

Le débit dépend de (Pi – Pf ) et


de la section au col.
Pcc

x
c
P
cson
b) Régime sonique adapté

Pi > Pf = Pc = Pcc.

Le débit est maximal et dépend


de la section au col.

Pcc

x
c
P
cson
a) Régime sonique non adapté

Pi > Pf et Pc = Pcc > Pf.

Le débit est bloqué à sa valeur


maximale.

Pcc

x
page 68
5.4.7 EVOLUTION DU DÉBIT MASSIQUE DANS UNE TUYÉRE CONVERGENTE
IDÉALE

On sait que, à pression initiale fixée, le débit massique augmente lorsque la pression finale
diminue, jusqu'à atteindre une valeur maximale : c'est le phénomène du blocage sonique.

Pi
On représente ici le débit massique Dm en fonction du rapport τ = , appelé taux de détente.
Pf

Dm

Régime sonique non adapté

Régime
subsonique
Régime sonique adapté

1 τc τ
Taux de détente
critique

page 69
APPLICATION DE COURS : cas d’une tuyère convergente idéale

Répondez par V ou par F aux affirmations suivantes selon qu'elles vous paraissent Vraies ou
Fausses. Justifiez votre réponse par un bref commentaire.

1°) La pression au col d'une tuyère convergente est égale à la pression critique si la pression initiale
est supérieure à la pression finale.

2°) La pression critique ne dépend pas de la pression finale.

3°) La pression critique est toujours supérieure à la pression finale.

4°) La pression critique est une pression théorique qui peut être égale ou non à la pression réelle au
col.

5°) La pression critique est la plus faible valeur que peut prendre la pression au col, pour des
conditions d'entrée fixées.

6°) La vitesse au col ne peut dépasser la vitesse du son, sauf si la pression finale est inférieure à la
pression critique.

7°) La vitesse au col est soit sonique, soit subsonique. Cela dépend des valeurs relatives de la
pression finale et de la pression critique.

8°) La vitesse du son dans un gaz parfait ne dépend que de ses caractéristiques (γ, r) et de sa
température.

9°) La vitesse du son dans un gaz parfait ne dépend que de ses caractéristiques (γ, r) et de sa
pression.

10°) La vitesse du son à l'entrée est différente de la vitesse du son à la sortie d'une tuyère.

page 70
5.4.8 EQUATION GENERALE DES TUYERES IDEALES

Théorème d'Hugoniot

cS

On a les expressions suivantes :

ENTRÉE SORTIE
COL
• dh* = δwm + δq = 0

1 dP
⇒ dh + d ( c 2 ) = 0 ⇒ v dP + T ds + c dc = 0, ou + c dc = 0.
2 ρ

2  ∂P  dρ c dc
En utilisant cson =   , il vient : =− 2 .
 ∂ρ S ρ c son

• Le débit se conserve en R.P. :


dρ dSect dc dSect  dρ dc 
Sect c ρ = Cte, d'où + + = 0 , et = −  +  .
ρ Sect c Sect  ρ c 

• En combinant les deux équations on obtient la formule d'Hugoniot :


dSect dc  c 2 
.
= − 1
Sect c  cson
2 

c dSect dc
En utilisant le nombre de Mach, Ma =
cson
, il vient :
Sect
=
c
( )
Ma 2 − 1 .

APPLICATION DE COURS
Utilisez la formule d’hugoniot pour retrouver les conditions de fonctionnement des tuyères.
Réponse : Il y a 3 cas possibles selon la vitesse de l’air en entrée :
1°) C < Cson
Tuyère convergente Tuyère divergente
dSection dSection
Section Section
dC dC
>0 : <0 :
C C
dP dP
= - c dc = - c dc
ρ ρ

page 71
2°) C = Cson
2
c dSection
Implique 2
=1 ⇒ = 0 ⇒ S = Scol
c son Section
3°) C > Cson

Tuyère convergente Tuyère divergente


dSection dSection
Section Section
dC < 0 : dC
C >0
C
dP dP
= - c dc = - c dc
ρ ρ

5.4.9 REGIMES D'UNE TUYERE CONVERGENTE - DIVERGENTE IDEALE


Il y a 5 régimes d'écoulement :
1) Régime subsonique : Pf = Ps > Pcol > Pcc.
2) Régime sonique adapté : Pf = Ps = P* , Pcol = Pcc , Ccol = Cson . Blocage sonique du convergent.
3) Régime sonique non adapté
Pcol = Pcc Blocage sonique du convergent, ondes de choc dans le divergent.
4) Régime supersonique adapté
Pf = Ps = P** , Pcol = Pcc , Cs > Cson . Blocage sonique du convergent, le divergent se comporte
comme un canal accélérateur sans ondes de choc.
5) Régime supersonique non adapté
Pf <Ps = P**, Pcol = Pcc, Cs>Cson. Blocage sonique du convergent, le divergent est accélérateur sans
ondes de choc. Ondes de détente en aval de la tuyère.

page 72
REMARQUE : Les raisonnements et les expressions [(1) à (7) notamment], établis pour la tuyère
convergente, restent vrais pour une tuyère convergente-divergente.

5.5 RENDEMENT ISENTROPIQUE D'UNE TURBOMACHINE

Les détentes dans les turbomachines peuvent souvent être considérées comme adiabatiques mais
non comme réversibles. On caractérise généralement ces détentes par un rendement isentropique.

. Par exemple, on calcule le rendement d'une tuyère réelle en comparant l'énergie cinétique à la
sortie de la tuyère réelle à celle d'une tuyère idéale (qui est isentropique):

1 2
− c exp érimental
η tuyère = 2
(h s − h e )calculé

. Le rendement d'une turbine réelle se calcule en comparant le travail fourni au travail d'une turbine
idéale (tous deux négatifs) :
w réel
η=
w isentrop

. Pour un compresseur, on a évidemment :


w isentrop
η= car wréel est le plus grand des deux.
w réel

Ces rendements, mesurés dans les conditions nominales, sont généralement compris entre 0,9 et 1
pour les tuyères et les turbines et entre 0,8 et 0,9 pour les turbocompresseurs.
On ne confondra pas ces rendements isentropiques avec les rendements polytropiques (définis
plus loin et dont le calcul est plus délicat) pour lesquels la transformation idéale qui sert pour la
comparaison n’est pas isentropique mais polytropique.

APPLICATION DE COURS

1°) De l'air, initialement à la pression Pi = 10 bars et à la température Ti = 300 K, est détendu en R.P.
dans une tuyère convergente idéale et ensuite éjecté à l'extérieur, à la pression finale Pf = 5 bars.
a) Calculer, pour les quatre points caractéristiques (récipient initial,
entrée, col, récipient final), les valeurs des variables P , T , v , c .
b) Peut-on calculer le débit massique Dm ?
2°) Calculer Tcol et ccol pour Pf = 6 bars (autres conditions identiques).
Données : On admettra que l'air se comporte comme un gaz parfait avec γ = 1,4 , rair = 287 J kg-1
K-1 . On prendra également : 1 bar = 10 5 Pa , Se / Ss = 10.

page 73
2°) Calculer Tcol et ccol pour Pf = 6 bars
(autres conditions identiques).

On a Pcc < Pf :
10 bars
le régime est donc subsonique
6 bars
Donc Pcol = 6 bars 5.28 bars

1− γ
 P 
Tcol = Te  e  γ = 259.3 K
 Pcol 

page 74
 γ −1 
2γr   Pcol  γ 
c col = Te 1 −    = 286 ms-1
γ −1   Pe  
 
On calcule la vitesse du son pour vérifier notre résultat :

cson = γ r Tcol = 322 ms-1 On a bien ccol < cson : vitesse Mach 0.89

6 - TRANSFORMATION POLYTROPIQUE

On introduit une loi empirique : PVX = constante, x étant un réel positif, qui permet de paramétrer
une transformation réelle, réversible ou non, grâce à une transformation réversible imaginaire. On
l'appelle : transformation polytropique.
On l’applique ici à un gaz parfait.

6.1 EN SYSTEME FERME

On a : ∆U12 = W12 + Q12 avec Q12 ≠ 0

2 m r
W12 = − ∫ P dV = ( T2 -T1 )
1 x −1
x−γ x−γ
Q12 = ∆U12 - W12 = m r ( T2 -T1 ) = . W12
(γ − 1)(x − 1) γ −1
Remarques :

Si la transformation réelle est L’exposant x de la transformation Chaleur


réversible et polytropique vaudra
Isotherme Q=-W
Adiabatique Q=0

Si la transformation réelle est irréversible L’exposant x de la transformation polytropique qui


la représente, sera
Par ex : compression adiabatique
Par ex : détente adiabatique

m rγ
∆H12 = ( T2 - T1 )
γ −1

2 dU − δW
∆S12 = ∫
1 T

page 75
6.2 EN SYSTEME OUVERT ET EN R. P.

On a : ∆h*12 = wm12 + q12 avec q12 ≠ 0

2 rx
w m12 = ∫ v dP = (T2 − T1 )
1 x −1
q12 = ∆h*12 - wm12

Si on peut négliger les énergies cinétique et potentielle, on obtient :


γ r
∆h*12 ~ ∆h12 = (T2 − T1 ) . D'où :
γ −1
x−γ 2 dh * − δw m
q12 = r (T2 − T1 ) ∆s12 = ∫
( γ − 1)( x − 1) 1 T

Les remarques faites au paragraphe précédent à propos des valeurs de l’exposant x sont également
valables ici.

6.3 REPRÉSENTATIONS GRAPHIQUES DANS LE DOMAINE


DU GAZ DE QUELQUES TRANSFORMATIONS

a) DIAGRAMME P, v
P

P P

v v

page 76
b) DIAGRAMME T,s

s
T
On peut représenter des travaux par une chaleur sur le
diagramme T, s en utilisant :

6.4 EXEMPLE D' UTILISATION : COMPRESSEUR ADIABATIQUE IRREVERSIBLE


(voir également TD 1)
Un compresseur adiabatique irréversible reçoit un travail total wm. Une partie de ce travail sert à lutter
contre les forces de frottement, wf, et le reste est utilisé pour la compression proprement dite, le travail
efficace weff. On se propose de calculer le rendement de ce compresseur : ηx = weff / wm.

1
On a : wm = ∆h* = ∆h + ∆ ( c2 ) + ∆ (g z)
2

δwm ≈ dh = v dP + T dS. Cette expression n’est pas intégrable sur le chemin de la transformation
irréversible.

page 77
wm = ∫ v dP + T dS

wm = weff + wf

P P T 10 bars
s 10 bars s
s
1 bar

e 1 bar e

v v e
s

Rendement polytropique
Le rendement polytropique du compresseur s’écrit donc :

w eff rx
ηx compr = = (Ts − Te ) / r γ (Ts − Te ) .
w m réel x − 1 γ −1

Pour une turbine, c’est l’inverse, on aurait :


w m réel
ηx turb = .
w eff

Attention à ne pas confondre les rendements polytropique et isentropique d’une machine, ce sont
des caractéristiques différentes correspondant à des valeurs différentes. Le rendement isentropique
est plus facile à calculer (pas besoin de x) mais il correspond moins à la réalité, car les points finaux
des transformations réelle et isentropique sont différents. Dans les notices techniques des appareils
figurent tantôt l’un, tantôt l’autre, parfois les deux.

page 78
7 - ANALYSE EXERGETIQUE (AVAILABLE ENERGY)

7.1 APPROCHE CLASSIQUE : LES DEUX PRINCIPES

[On commence avec un probléme qui nous fera voir les insuffisances de l’approche classique et le
besoin d’une approche différente.]

PROBLEME 1
Un compresseur porte de l'air de la pression P1 = Po = 1 bar et la température T1 = To = 15 °C, à la
pression P2 = 4 bars. Il fonctionne de manière adiabatique et irréversible, l'irréversibilité provenant
des frottements, et consomme une énergie de 200 kJ kg-1.
1°) Calculer son rendement isentropique. Quelle remarque peut-on faire sur la validité de ce
rendement ?
2°) Calculer son rendement polytropique. Quelle remarque peut-on faire sur la validité de ce
rendement ?
3°) Imaginer une transformation réversible permettant de répondre à ces remarques et calculer le
nouveau rendement.
4°) Comparer ces trois rendements. Conclusion ?
Données : L'air sera considéré comme un gaz parfait avec γ = 1,4 , r = 287 J kg-1 K-1. On néglige
les variations d'énergies cinétique et potentielle.

page 79
7.2 APPROCHE NOUVELLE : EXERGIE ET ANERGIE

Le calcul du rendement thermique d'une machine ne fait intervenir que le premier principe. La
notion de rendement isentropique ou polytropique fait intervenir les deux principes, mais reste
incomplète.
L'utilisation combinée des deux principes et la prise en compte du milieu ambiant extérieur
conduisent à l'analyse exergétique.

C'est le français Gouy qui, en 1889, a proposé le premier, sous le nom d'énergie utilisable,
l'emploi d'une nouvelle fonction thermodynamique pour généraliser le fait qu'une partie seulement
de l'énergie thermique peut être convertie en énergie mécanique. L'allemand Rant a proposé en
1956 de l'appeler 'Exergy'.

• Définissons l'exergie comme la partie utilisable d'une quantité de chaleur apportée, à une
température T, à un système en présence d'un milieu ambiant à la température To :
To
dEx = (1 - ) δQ = δQ - To dS.
T
Le reste de l'énergie calorifique est appelée anergie :
To
dAn = δQ = To dS. C'est de l'énergie inutilisable.
T

• En généralisant ce concept d'exergie on peut calculer le travail maximal qu'une transformation,


ou qu'une machine thermique, peut fournir(*), en présence d'un milieu ambiant donné, en se plaçant
dans le cas où la transformation, ou l'ensemble des transformations, est réversible.
Le rendement exergétique se calcule alors par le rapport du travail réellement fourni au travail
maximal.
(*)
: ou le travail minimal qu'il faut lui fournir si elle en consomme, par exemple dans le cas d'un compresseur.

• L'application des deux principes, en régime permanent, permet


d'écrire, pendant un temps dt : ∑ ∆Ex + ∆An = 0.
. Si la transformation est réversible : ∑ ∆Ex = 0 et ∑ ∆An = 0.
. Si la transformation est irréversible : Ex r An.

7.3 EXERGIE D'UN SYSTEME FERME

7.3.1 ENERGIE UTILISABLE


Considérons un système fermé de masse unité, dans lequel on peut négliger les variations
d'énergies cinétique et potentielle. Calculons le travail maximal qu'il peut céder à l'extérieur.
On a : du = δw + δq.
Le système étant en contact avec la source ambiante à la température To, on peut écrire : ds =
δq
+ dstotal où dstotal est la variation d'entropie de l'ensemble : système + extérieur.
To
D'où l'expression du travail : δw = du - To ds + To dstotal,
ou encore : δw = d (u - To s) + To dstotal.
On appelle énergie utilisable le terme : fut = u - To s
et travail non compensé le terme : To ∆stotal.

page 80
APPLICATION DE COURS
δq δq
Démontrer qu'à partir de la variation d'entropie ds = + δsinterne , on peut écrire : ds = + dstotal.
T To

APPLICATION DE COURS
Reprenons le compresseur du problème 1, qui comprime de l’air de 1 à 4 bars et de 288 K à 487.1
K, en présence d’un milieu extérieur à 288 K. On suppose que l’air se comporte comme un gaz
parfait avec γ = 1.4 , r = 287 J kg-1 K-1. On néglige les variations d'énergies cinétique et potentielle.
Calculer ∆Ssystème de deux manières différentes :
δQ
1°) Par dSsystème = + δSint ,
T
δQ
2°) Par dSsystème = + dStotal ,
To
pour :
A) Le compresseur réversible (polytropique corrigé par la PAC),
B) Le compresseur réel (adiabatique irréversible).

page 81
APPLICATION DE COURS
Calculer, par une méthode directe, le travail maximal reçu par l'utilisateur d'une machine opérant
la détente d'un gaz parfait depuis la pression P1 et la température T1, en tenant compte de la
présence du milieu extérieur qui est à la température et à la pression T0 et P0. Pour simplifier, on
raisonnera en système fermé.
Comparer l'expression obtenue à celle donnée dans le cours.

APPLICATION DE COURS
Dans le cas du compresseur du problème 1, Calculer le travail maximum que peut fournir l’air
obtenu après compression (à 487.1 K et 4 bars), en présence du milieu extérieur (à 288 K et 1 bar),
si on le détend en utilisant une transformation isentropique suivie d’une isotherme réversible.

page 82
7.3.2 EXERGIE

Lorsqu'une transformation fait passer le système d'un état initial 1 à l'état final correspondant aux
conditions ambiantes (To , Po), le travail fourni au milieu extérieur vaut :
w = ∆fut + To ∆stotal.

Le travail reçu par le milieu extérieur vaut :


|w| = u1 - uo - To (s1 - so) - To ∆stotal

Expression dans laquelle ex = u1 - uo - To (s1 - so) est l'exergie


et an = u1 - ex = uo + To (s1 - so) est l'anergie.

7.4 EXERGIE D'UN SYSTEME OUVERT EN R.P.

7.4.1 ENTHALPIE UTILISABLE


On raisonne d'abord sur un système pour lequel on peut négliger les variations d'énergies cinétique
et potentielle, le travail des parties mobiles s'écrit : δwm = dh* - δq ≈ dh - δq
Ce travail est fourni au milieu ambiant dont la température To et la pression Po sont supposées
constantes.
La chaleur δq, échangée avec ce milieu, intervient dans le calcul de l'entropie, comme
δq
précédemment : ds = + dstotal ,
T0
d'où l'expression du travail : δwm = dh - To ds + To dstotal,
ou encore : δwm = d (h - To s) + To dstotal.

On appelle enthalpie utilisable le terme : gut = h - To s


et travail non compensé le terme : To ∆stotal.

7.4.2 EXERGIE

Lorsqu'une transformation fait passer le système d'un état initial 1 à l'état final correspondant aux
conditions ambiantes (To , Po), le travail fourni au milieu extérieur vaut :
wm = ∆gut + To ∆stotal.

Le travail reçu par le milieu extérieur vaut :


|wm| = h1 - ho - To (s1 - so) - To ∆stotal, expression dans laquelle
ex = (h1 - ho) - To (s1 - so) est l'exergie et
an = h1 - ex = ho + To (s1 - so) est l'anergie.

Ce travail est maximal lorsque la transformation est réversible, c'est à dire pour To ∆stotal = 0, soit :
|wm| = h1 - ho - To (s1 - so) = (h1 - To s1) - (ho - To so).

page 83
7.4.3 GENERALISATION

. L'exergie est donc une fonction d'état non pas du système seul (fonction d'état intrinsèque, par
exemple Η ou U) mais du système en relation avec le milieu ambiant : elle est dite fonction d'état
extrinsèque. Comme son nom l'indique, c'est une grandeur caractérisant la capacité du système à
fournir de l'énergie au milieu extérieur.
Le travail maximal que peut fournir une machine, en présence d’un milieu extérieur et entre deux
états donnés, est donc égal à son exergie. Une partie de l'énergie ne pourra jamais être convertie en
travail, c'est l'anergie. Une autre partie correspond à un travail dégradé à cause des dissipations, c'est
le travail non compensé ou pertes d'exergie.

. Si les énergies cinétique et potentielle ne sont pas négligeables et si M est la masse du système,
l'exergie vaut:
1
Ex* = H - Ho + M (c2 - c2o) + M g (z - zo) - To (S - So)
2

w 'm
. Si le système fournit un travailw 'm ,
le rendement exergétique vaut ηEx = − .
∆Ex
To ∆s total
S'il reçoit un travail w 'm (compresseur), le rendement exergétique vaut : ηEx = 1 − .
w 'm

Ce rendement fournit une bonne indication sur la performance d'une machine thermique, meilleure
que le rendement thermique classique.

page 84
PROBLEME 2

De l'eau est détendue dans une turbine depuis le point A (600 °C, 40 bars) jusqu'au point C
(80 °C, 0,2 bar). La détente est adiabatique et irréversible, une partie du travail étant dissipé à cause
des frottements.
1°) Calculer le rendement polytropique de cette détente. Quelle remarque peut-on faire sur la
validité de ce rendement ?
2°) Imaginer un dispositif externe permettant de passer de A à C de manière réversible et calculer
ainsi le travail maximal que le système peut fournir, en présence d'un milieu extérieur à la
température de 25 °C. Comparer les machines théorique et réelle du point de vue des deux principes
de la thermodynamique. Comment les différentier ?
3°) Calculer le travail maximal en vous servant des formules donnant l'exergie. Comparer à la
valeur de la question 2°. Conclusion ?
4°) Imaginer un chemin constitué de une ou de plusieurs transformations réversibles permettant au
système de passer de l'état A à l'état C, en produisant un travail maximum. Comparer ce travail à
celui calculé en 2° et 3°. Conclusion ?

Données :
Point A
T P = 40 bars
T = 600 °C
v = 0,09885 m3 kg-1
h = 3674,4 kJ kg-1
s = 7,3688 kJ kg-1 K-1

Point C
P = 0,2 bar
T = 80 °C
v = 8,277 m3 kg-1
h = 2648,2 kJ kg-1
s = 8,0244 kJ kg-1 K-1

page 85
PROBLEME 3

Le compresseur de l'exercice 1 doit fournir de l'air à la pression de 4 bars et à la température de


30 °C. Pour cela, l'air en sortie du compresseur est envoyé dans un échangeur en contact thermique
avec un courant d'eau provenant de l'extérieur.

Données : On prendra pour le compresseur un débit de 1 kg par seconde pour lequel la puissance
consommée est de 200 kW. On suppose que l'eau de refroidissement entre à la température de 15 °C,
en sort à la température de 45 °C. Cpeau= 4184 J kg-1 K-1. On néglige les variations d'énergies cinétique
et potentielle ainsi que les pertes de charge dans les canalisations et l'ensemble fonctionne en régime
permanent. L'air sera considéré comme un gaz parfait avec γ = 1,4 et r = 287 J kg-1 K-1.

1°) Calculer la variation d'exergie dans le compresseur et son rendement exergétique. Comparer aux
valeurs obtenues dans l'exercice 1. Conclusion ?
2°) Calculer la variation d'exergie dans l'échangeur et son rendement exergétique.
3°) Faire un bilan des variations de l'exergie pour l'ensemble de l'installation et calculer son
rendement exergétique global. Dresser un tableau des gains et des pertes exergétiques de
l'installation.

page 86
PROBLEME 4

On étudie une autre solution permettant de fournir de l'air à la pression de 4 bars et à la


température de 30 °C.
L'air en provenance du milieu extérieur (P1= 1 bar, T1 = 288 K) est envoyé dans le premier étage
d'un compresseur, d'où il sort à la pression de 2 bars (point 2). Il traverse ensuite un échangeur en
contact thermique avec un courant d'eau provenant de l'extérieur (entrée de l'eau T6 = 288 , sortie T7
= 318 K), d'où il ressort à la température T3 = 300 K. Il est envoyé alors dans un second étage de
compresseur, d'où il sort à P4 = 4 bars, puis traverse un second échangeur (entrée de l'eau T8 = 288
K , sortie T9 = 318 K), d'où il ressort à T5 = 303 K.

Données : Les deux étages de compression fonctionnent de manière adiabatique et irréversible avec
un rendement isentropique de 0,7030 et un débit de 1 kg par seconde. Cpeau= 4184 J kg-1 K-1. On
néglige les variations d'énergies cinétique et potentielle et les pertes de charge dans les
canalisations. Les échanges thermiques sont supposés isobares et sans pertes. L'air sera considéré
comme un gaz parfait avec γ = 1,4 et r = 287 J kg-1 K-1. L'ensemble fonctionne en régime
permanent.

1°) Calculer la variation d'exergie dans chaque appareil et le rendement exergétique correspondant.
2°) Faire un bilan des variations de l'exergie pour l'ensemble de l'installation et calculer son
rendement exergétique global. Dresser un tableau des gains et des pertes exergétiques de
l'installation.
3°) Comparer aux valeurs obtenues dans l'exercice 3. Conclusion ?

page 87
PROBLEME 5

On désire mettre en place une turbine à gaz capable de produire, sur l'arbre, une puissance nette de
200 MW.
Cette T.A.G est formée par un compresseur adiabatique qui admet de l'air dans les conditions
ambiantes (T1 = T0 = 300 K, P1 = 1 bar) et le comprime jusqu'à la pression P2 avec un rendement
isentropique ηc = 0.90. L'air est ensuite envoyé dans une chambre de combustion isobare d'où il sort
à la température T3 = 1200 K et on admet que tout se passe comme si l'air était mis en contact avec
un fluide chaud à la température moyenne de 2200 K. L'air est ensuite détendu dans une turbine
adiabatique, dont le rendement isentropique vaut ηt = 0.90, d'où il ressort à la température T4 et à la
pression ambiante.

Données : On néglige les variations d'énergies cinétique et potentielle. L'échange thermique est
supposé isobare et sans perte. L'air et les gaz brûlés seront considérés comme un gaz parfait avec γ
= 1,4 et r = 287 J kg-1 K-1. L'ensemble fonctionne en régime permanent.

1°) Déterminer les conditions optimales de fonctionnement de cette T.A.G, permettant d’obtenir le
& air .
plus grand travail. Calculer P2, puis T2, T4 et le débit m
2°) Calculer la variation d'exergie dans le compresseur et son rendement exergétique.
3°) Calculer la variation d'exergie dans la chambre de combustion et son rendement exergétique.
4°) Calculer la variation d'exergie dans la turbine et son rendement exergétique.
5°) Faire un bilan des variations de l'exergie pour l'ensemble de l'installation (air + axe T.A.G) et
calculer son rendement exergétique global. Comparer celui-ci au rendement thermique.
Conclusions ?

page 88
PROBLEME 6

On modifie la T.A.G. précédente de façon à pouvoir récupérer la chaleur perdue avec l'éjection
des gaz. L'air en sortie du compresseur traverse un échangeur où il est mis en contact avec l'air en
sortie de la turbine. On appellera point 2 : entrée de l'air comprimé dans l'échangeur, point 5 : sortie
de cet air; point 4 : entrée de l'air (et des gaz brûlés) dans l'échangeur, point 6 : sortie de ce fluide de
l'échangeur. On pose T6 - T2 = T4 - T5 = 40 K.

1°) Faire un bilan des variations de l'exergie pour l'ensemble de l'installation (air + axe T.A.G).
Calculer son rendement exergétique global et son rendement thermique.
2°) Comparer ces valeurs à celles calculées dans l'exercice précédent. Conclusions ?

page 89
*****************************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
*****************************************************
ENERGETIQUE Chapitre V (réponses pages suivantes )
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

V-1 F 4

On considère les états A et B d'un gaz parfait , tels que VA = 10 l , PA = 2 atm , TA = 50 °C


et PB = 10 atm , TB = 175 °C. Pour passer de l'état A à l'état B, on fait :
- Une compression adiabatique réversible AC
- Une compression isotherme réversible CB.
1°) Calculer VB
2°) Calculer PC et VC
3°) Calculer QAB , WAB , ∆SAB
On donne γ = 1,4 , R = 8,32 J mol-1 K-1. Le système étudié est fermé.

V-2 M

On comprime un gramme d'un gaz de Van der Waals de manière isotherme et réversible dans un
cylindre fermé.
a) Calculer les énergies thermique et mécanique échangées.
b) Calculer la variation d'énergie interne.
c) Que vaudraient Q , W , et ∆U si ce gaz était parfait ?
Valeurs numériques : a = 0,366 J mol-2 m3 , b = 4,29 10-5 m3 mol-1 ,
R = 8,32 J mol-1 K-1. Masse molaire du gaz : 44 g mol-1.
Etat initial : V1 = 0,05 litre , T = 15 °C. Etat final : V2 = 0,01 litre , T = 15 °C.

V-3 F

1°) Calculer le volume occupé par un gramme de vapeur d'eau à la pression de 5 atm et à 150 °C.
2°) Calculer le travail nécessaire pour comprimer cette vapeur d'eau de 5 à 50 atm à
T = 150 °C .
3°) Calculer la quantité de chaleur cédée par le gaz lors de la compression.
La vapeur d'eau est assimilée à un gaz parfait. Le système étudié est fermé.
On prendra : MH2O = 18 g , 1 atm = 105 Pa , R = 8,32 J mol-1 K-1.

1
Symboles : c : avec correction complète ( sinon, résultats seulement ) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile.

page 90
V-4 M

Une tuyère convergente-divergente est alimentée avec de l'air comprimé à 300 °C et sous une
pression de 20 bars. Le milieu dans lequel débouche le divergent est à une pression de 2 bars.
L'écoulement dans la tuyère étant isentropique et la vitesse de l'air étant supposée très faible à
l'entrée, on demande de déterminer :
1° - La pression, la température et la masse volumique de l'air au col.
2° - Le diamètre que doit posséder le col pour que le débit massique de la tuyère soit de 15 kg/s.
3° - Le diamètre que doit posséder la section de sortie pour que l'air y arrive avec une pression
exactement égale à 2 bars.
4° - La température de l'air dans la section de sortie ainsi déterminée. On assimilera l'air à un gaz
parfait diatomique : γ = 1,4 , r = 287 J kg-1 K-1 , 1 bar = 105 Pa.

V-5 M-D c

Au cours d'une détente adiabatique dans une turbine réelle, de la vapeur d'eau passe des
conditions 1 : P = 8 bars , h = 883 kcal kg-1 , s = 1,94 kcal kg-1 K-1 (T = 600 °C),
aux conditions 2 : P = 0,16 bar , h = 660 kcal kg-1 , s = 2,01 kcal kg-1 K-1 (T = 140 °C).
Pour s = 1,94 kcal kg-1 K-1 et P = 0,16 bar, les tables de la vapeur d'eau donnent : h = 633 kcal
kg-1 (T = 80 °C). Le système fonctionne en R.P. On a : r = 461,9 J kg-1 K-1.
1°) Calculer la variation d'entropie. A quoi peut-on l'attribuer ?
2°) Calculer le rendement énergétique de la production de travail, par rapport à une turbine idéale.
3°) Calculer le travail dépensé pour lutter contre les forces de frottement en faisant une analyse
polytropique.

V-6 M

Un compresseur, fonctionnant de manière réversible et en régime permanent, prend de l'air à la


pression P1 = 1 bar et à la température T1 = 300 K et le porte à la pression P2 = 5 bars. La
compression n'est pas tout à fait adiabatique puisque le fluide perd sous forme de chaleur, au profit
du milieu extérieur, l'équivalent de 10 % du travail qu'il reçoit. On peut assimiler la transformation
réelle à une transformation polytropique réversible d'un gaz parfait. On admet que les énergies
cinétique et potentielle du gaz sont négligeables. On prendra pour l'air : γ = 1,4 et r = 287 J kg-1
K-1. Calculer la puissance consommée par ce compresseur, sachant que le débit d'air vaut Dair = 10
kg s-1.

V-7 M c

Au cours de la détente de Joule, un gaz parfait passe du volume V1 au volume V1 + V2. Donner les
expressions des variations d'énergie interne et d'entropie que subit le gaz.

page 91
REPONSES

V-1
VB = 2,78 10-3 m3 ; Vc = 4.40 10-3 m3 ; Pc = 6,4 105 Pa.
QAB = -1,38 103 J ; WAB = 3310 J ; ∆SAB = -3 J K-1.

V-2
a) Q = - 92,16 J g-1 ; W = 77,04 J g-1.
b) ∆U = - 15,12 J g-1.
c) WGP = 87,6 J g-1 ; Q GP = -87,6 J g-1 ; ∆UGP = 0.

V-3
1°) V = 3,91 10-4 m3.
2°) W = 450 J g-1.
3°) Q = -450 J g-1.

V-4
1°) Pc = 10,56 bars > Pfinale ⇒ régime sonique au col. Tc = 477,5 K ; Pc = 7,706 kg m-3.
2°) Cc = 438 m s-1 et diamètrecol = 75 mm.
3°) Cs = 745 m s-1 et diamètresortie = 104,5 mm.
4°) Ts = 297 K.

V-5
1°/ ∆s12 = 2,01 - 1,94 = 0,07 kcal/kg = ∫ δq/T + δs int = ∫ δs int . Cette variation d'entropie est due à
une opération irréversible : la dissipation d'énergie par frottements.
2°/ ∆h*réel ≈ ∆h = 660 - 883 = - 223 kcal/kg, si on néglige les variations d'énergies EP et EC. De
même, ∆h*isent ≈ ∆hisent = wmisent = 633 - 883 = - 250 kcal/kg.
223
D'où : η = = 89 %
250
3°/ On suppose ici que le travail de la turbine réelle peut être représenté par la somme d’un travail
polytropique (efficace) et d’un travail dépensé à lutter contre les forces de frottement :
∆hréel = wm réel = wm polytropique + q polytropique = weff + wfrott .
1− ε
rε T1  P2  ε
wm polytropique = (T2 - T1) et =  d'où ε = 1,2366 et
ε −1 T2  P1 
wm polytropique = - 265,3 kcal/kg. Par conséquent : wfrott = 265,3 - 223 = 42,3 kcal/kg.

V-6
ε = 1,34615 , Puissance = 1,716 MW.

page 92
V-7

1°) Premier principe en système fermé et pas de variations d'énergie cinétique et potentielle
appréciables ⇒ ∆U = W + Q.
Le travail W n'est pas calculable avec δW = - P dV car la pression du fluide n'est pas uniforme. Par
contre, on peut dire que le travail fourni ou reçu par l'extérieur, qui dépend de la variation de
volume total du système, est nul car ce dernier ne varie pas (volume indéformable). Or Wfluide = -
Wextérieur. Par conséquent : Wfluide = 0.
La chaleur Q = 0 car l'évolution est adiabatique.
Donc ∆U = 0.
Comme il s'agit d'un gaz parfait, ∆U = m Cv ∆T ⇒ ∆T = 0. Bien que les températures initiale et
finale soient égales, on ne peut cependant pas parler de transformation isotherme. En effet, comme
la pression, la température n'est pas uniforme au cours de la détente du gaz.
2°) ∆SJOULE = ∫ δQ/T + δSint = ∫ δSint . On ne peut calculer ce terme directement mais, comme
S est une fonction d'état, on peut le calculer par un autre chemin, réversible, à condition de garder
les mêmes états initial et final. Ceci impose que la transformation réversible soit isotherme.
∆Srev = ∫ δQ'/T + δS'int avec δQ' = m Cv dT + lT dV et δS'int = 0.
Donc ∆Srev = 1/T ∫ lT dV = 1/T ∫ P dV = m r Ln (V1 + V2)/V1 = ∆SJOULE. Comme prévu, ce terme
est positif.

page 93
page 94
CHAPITRE VI
ETUDE DU CORPS PUR DIPHASE
LIQUIDE / VAPEUR

Certaines transformations énergétiques peuvent amener un gaz à se liquéfier : c'est une


transition de phase.
Ce phénomène doit être évité dans certains cas (turbines à vapeur : corrosion).
On cherche au contraire à le favoriser lorsqu'on désire obtenir un échange thermique
important.

VAPORISATION
LIQUIDE VAPEUR
LIQUEFACTION

SUBLIMATION
SOLIDIFICATION

CONDENSATION
FUSION
SOLIDE

Les transitions de phase se produisent, le plus souvent, de manière isobare et isotherme.


La fonction thermodynamique la mieux adaptée à leur étude est l'enthalpie libre : G (voir
chapitre III).

a/ La plupart des transitions de phase se font avec une brusque variation du volume et de
l'entropie massiques. Il existe une chaleur de transformation : L = T ∆s. Dans chaque phase
dg = vdP - sdT et il y a discontinuité dans les dérivées première et seconde de g. Ces transitions
sont dites de première espèce. Les transitions les plus usuelles (vaporisation, liquéfaction...) entrent
dans ce groupe.

b/ Il existe des transitions moins communes, non étudiées dans ce cours, qui se font sans
brusque variation des volume et entropie spécifiques. Il n'y a pas de chaleur de transformation. Elles
sont dites de deuxième espèce (transformation ordre/désordre dans les alliages, par exemple).

page 95
page 96
1 - EQUATION DE CLAPEYRON : COURBE P = F(T)

Au cours d'une transition de phase, l'enthalpie libre reste constante :

P g = u + Pv - Ts
dg P,T = v dP - s dT = 0
A : liquide saturant :
gA = gl
B : vapeur saturante :
gB = gg
dgAB = 0 gA = gM = gB

 dP  sg − sl B δq 1 B
  = avec : sg − sl = ∫ = ∫ δq
 dT  A, B, M vg − vl A T T A

Lvaporisation
s g − sl =
T
 dP  L
d'où :  =
 dT  T( v g − v l )

 dP  L
Loin du point critique :   ≈ , car vg >> vl pour P → 0
 dT  Tv g

APPLICATION DE COURS

Montrer que la relation liant la pression à la température lors d'une vaporisation/liquéfaction peut
se mettre sous la forme : log10 P = A log10 T + B/T + C.
A, B, C, sont des constantes dépendant de la nature du corps étudié.

Réponse L (cal g-1)


Pour H2O
 dP  L 600
  =
 dT  T( v g − v l )
Linéarisation de L
400
rT
Avec L (T) = a T + b , vl << vg , v g = .
P
200
 dP  L P (a T + b )
  ≈ =
 dT  T vg r T2
T (°C)
100 200 300 374

page 97
dP a dT b dT
= +
P r T r T2

a b 1
Ln P = Ln T − + constante
r r T

2795
Dans le cas de l’eau on obtient : log10 P = - 3.863 log10 T − + 17.443
T

APPLICATION DE COURS

Calculer l'énergie calorifique nécessaire pour faire passer, de manière réversible, 1 kg d'eau de
- l'état initial 1 (liquide pur , température : θ1 = 40 °C , pression : P1 = 1 atm)
- à l'état final 2 (vapeur sèche , température : θ2 = 200 °C , pression : P2 = 1 atm).

DONNEES : LH2O ( P = 1 atm , θ = 100 °C ) = 539 kcal kg-1.


Cp,liq = 1 kcal kg-1 K-1 , Cp,vap = 0,474 kcal kg-1 K-1 .

Réponse
P

Isotherme
200 °C
200 °C

1 2 3 4
domaine
domaine domaine gaz
liquide mélange
diphasé

2 3 4
Q = ∫ Cp dT + ∫ L dx + ∫ C' p dT
1 2 3
Q = Cp (T2 - T1) + L (x3 – x2) (*) + C’p (T4 – T3) (*) sera démontré plus loin
Q = 1 (100 – 40) + 539 (1 – 0) + 0,474 (200 – 100)
Q= 60 + 539 + 47,4
Q = 646,4 kcal/kg

Remarque : le terme de chaleur latente est une très grande valeur = 83 % du total (d’où les cycles en
systèmes diphasés).

page 98
2 - FONCTIONS THERMODYNAMIQUES D'UN
SYSTEME DIPHASE LIQUIDE / VAPEUR

2.1 TITRE EN VAPEUR D'UN MÉLANGE DIPHASÉ

masse de vapeur
x= ⇒ 0 ≤ x ≤1
masse totale du mélange
P

vM = xM vg, M + (1 - xM) vl, M

v M − v l, M
xM =
v g, M − v l, M

De même, on a pour s :

s M − s l, M
xM = et donc s M = xM sg,M + (1 – x M) s l,M
s g, M − s l, M

et ceci est vrai également pour h , u etc.

h M − h l, M
xM =
h g, M − h l , M

u M − u l, M
xM =
u g, M − u l , M

page 99
2.2 CHALEURS SPÉCIFIQUES LE LONG DE LA COURBE DE SATURATION

• On avait pour un P
fluide monophasé :

 ∂Q 
Cp =  
 ∂T 
 P

 ∂Q 
Cv =  
 ∂T 
 v

P
• On a pour la vapeur saturante :

 ∂Q 
Cg =  
 ∂T  x =1

et pour le liquide saturant :

 ∂Q 
Cl =  
 ∂T  x =0
v
• Loin du point critique, on a :

. côté liquide Cl = Cv,l = Cp,l > 0

. côté vapeur Cg = Cv,g = Cp,g est variable et peut prendre des valeurs positives ou négatives.
dL L
On démontre qu'on a : Cg - Cl = −
dT T

• Près du point critique, on a :


. côté liquide C l → ∞
. côté vapeur C g → − ∞

APPLICATION DE COURS

Dans le cas de l'eau,


Cl = 1 cal g −1 K −1 (supposée constante)
loin du point critique,
on a : L = 796 - 0,695 T cal g-1 (T en kelvin)
T << Tc = 374,15 °C.
Déterminer l'expression de Cg. Ce terme est-il positif ou négatif ? Calculer Cg pour T = 200°C.

page 100
Réponse

dL L 796 − 0,695 T
Cg = Cl + − = 1 – 0,695 -
dT T T
796
Cg = 1 - cal g-1 K-1. Domaine d’utilisation : de 0 à 200 °C, environ.
T
Comme T < 647 K (374 °C), Cg est négatif.
Pour T = 200 °C, on trouve Cg = - 0.68 cal g-1 K-1

2.3 FONCTIONS THERMODYNAMIQUES

a) Energie interne

- Etat initial : A0 (arbitraire)


- A0A : échauffement du liquide
saturant : T P augmentent
- AM : transition de phase à
P et T constantes

A M A A M M
UM - UA0 = ∫ dU + ∫ dU = ∫ δW + ∫ δQ + ∫ δW + ∫ δQ (calcul en système fermé)
A0 A A0 A0 A A

A A M M
UM - UA0 = − ∫ P dV + m ∫ C l dT − ∫ P dV + m ∫ L dx
A0 A0 A A

UM = UA0 + 0 + m Cl (TA – TA0) - P (VM – VA) + m LM XM


Avec : VAo ~ VA ~ Vl (verticale)
XAo = 0 et VM – Vl ~ XM Vg M
UM = UA0 + m Cl ( T - TA0 ) - PM XM Vg, M + m LM XM.

ou encore :

UM = m Cl T + m x L - P x Vg + CONSTANTE , ou par unité de masse :

u M = Cl T + xM L - P xM vg M + CONSTANTE , avec m = 1 kg.

page 101
b) Enthalpie

Avec h = u + Pv , on démontre de la même façon :

h M = PM vl,M + Cl TM + xM LM + CONSTANTE.

c) Entropie

δq
De même, avec ds = , on démontre :
T
x L
s M = Cl Ln TM + M M + CONSTANTE.
T

3 - TRANSFORMATIONS TRAVERSANT LA COURBE DE SATURATION


P

Un exemple est donné sur une transformation


isentropique.

Question :
La détente isentropique d'une vapeur d'eau saturée,
entraîne-t-elle le passage dans le domaine mixte ?
La réponse est importante, par exemple, pour
l'utilisation des turbines. v
xL
s = Cl Ln T + + CONSTANTE.
T

dT  xL dL  L
T C l − T + x dT  + T dx = 0

3.1 CAS DU LIQUIDE SATURANT : x = 0

P  dx  C
  =− l
 dT  x =0 L

dx
Cl > 0 ⇒ <0
dT

détente : dT < 0 ⇒ dx > 0


début de vaporisation.

page 102
3.2 CAS DE LA VAPEUR SATURANTE : x = 1

 L dL  L dL
C l − T + dT  dT + L dx = 0 et − T + dT = C g − C l

P
 dx  Cg
  =−
 dT  x =1 L

• Si cg < 0 ( cas le plus fréquent)


dx
⇒ >0
dT
détente : dT < 0 donc dx < 0
⇒ Liquéfaction.

• Si cg > 0
détente : dT < 0 donc dx > 0
⇒ Vapeur sèche.

APPLICATION DE COURS

Un cylindre fermé à volume variable contient 1 g d'eau liquide saturante à 300 K (point 1). On
effectue une détente adiabatique réversible qui abaisse sa température de 10 K (point 2).

1°/ Calculer le travail fourni par le système. On admettra que la vapeur d'eau se comporte comme
un gaz parfait, même sur la courbe de saturation, à condition que la pression soit inférieure à une
atmosphère. On se servira des formules établies en cours et des valeurs numériques et
approximations suivantes :

La pression de vapeur saturante est donnée par la formule de Bertrand :


log10 P (atm) = 17,443 - 2795/T - 3,863 log 10 T (T en kelvin ).
On a : C1 = 1 cal g-1 K-1 , r = 0,462 J g-1 K-1, MH2O = 18 g mol-1, V1 = 1 cm3 g-1, LH2O = 796 - 0,695
T cal g-1, 1 atm = 105 Pa, 1 cal = 4,18 J.

page 103
4. DIAGRAMMES THERMODYNAMIQUES

L'état d'équilibre d'un fluide monophasé, chimiquement inerte, peut être défini au moyen de 2
variables intensives. Ces 2 variables peuvent être choisies parmi les paramètres P et T, mais aussi
parmi les fonctions d'état u, h, s, à condition de fixer, pour le fluide considéré, l'état auquel on
attribue la valeur conventionnelle zéro, qui servira de référence (u0, h0, s0).
Pour un fluide diphasé la variance vaut 1 et donc une seule variable intensive suffit à définir l'état
d’équilibre du système.
Les diagrammes thermodynamiques permettent de représenter commodément les transformations
réversibles et de faire rapidement un bilan approché des énergies en jeu et une estimation du
rendement du système étudié.

page 104
Les transformations réelles - le plus souvent irréversibles - y sont également représentées par
commodité. Il faut cependant se souvenir que seuls les états initial et final sont connus avec
certitude. La courbe qui représente la transformation entre ces deux états est seulement indicative
(on devrait dessiner un nuage de points).

4.1 DIAGRAMME P, V (OU DIAGRAMME DE CLAPEYRON )

page 105
4.2 DIAGRAMME T, s (OU DIAGRAMME ENTROPIQUE)

Domaine d'application :

page 106
Exemple : Diagramme entropique de l'eau

page 107
4.3 DIAGRAMME ENTHALPIE-ENTROPIE h, s

page 108
Domaine d'application :

page 109
4.4 DIAGRAMME P, h ( OU DIAGRAMME DE MOLLIER )

Dans l'étude des machines frigorifiques, au lieu du diagramme (h,s), on utilise couramment un
diagramme (P,h) , ou plutôt (log10 P, h) , proposé par MOLLIER.

Domaine d’application :

page 110
Exemple : Diagramme P, h de l'ammoniac

page 111
5. LES TABLES DE DONNEES THERMODYNAMIQUES
Elles sont plus précises que les diagrammes thermodynamiques. Ici ne sont données que les
grandeurs relatives à l'eau (liq/vap), sous forme de 7 tableaux brièvement décrits ci-dessous.
Pour simplifier les calculs, on admettra que 1 atm ~ 1 bar ~ 1 kgf/cm2.

P P

v T

Tab 1
Température Pression Volume

P
(bar)

500
Point critique

Tab 4
Tab 7
50

Tab 6
Tab 3
5

0.5 Tab 5

Tab 2

0.05
T (°C)

50 100 200 300 400 500 600 700


page 112
APPLICATION DE COURS

1°) A l'aide des tables thermodynamiques, donner les valeurs numériques des :
- volumes massiques,
- enthalpies massiques,
- entropies massiques
a/ de l'eau à 1 atm (ou 1,033 kgf/cm2) et 240 °C (point !),
b/ de l'eau à 1 atm (ou 1,033 kgf/cm2) et 100 °C (point "),
c/ de l'eau à 1 atm et 80 °C (point #).

2°) Porter les points ! " (avec x = 0,6) et # sur le diagramme entropique de l'eau. Vérifier que les
valeurs de v, h, s, issues des tables, sont compatibles avec celles du diagramme T,s.

Réponse au 1°)

v1 = 2.405 m3 kg-1 ; h1 = 705.5 kcal kg-1 ; s1 = 1.9101 kcal kg-1 K-1.


Il manque une donnée : le titre sans lequel on ne peut rien calculer. On choisit x = 0.6 (arbitraire),
donc v2 = 1.004 m3 kg-1 ; h2 = 423.5 kcal kg-1 ; s2 = 1.18 kcal kg-1 K-1.
v3 = 1.029 10-3 m3 kg-1 ; h3 = 80 kcal kg-1 ; s3 = 0.2565 kcal kg-1 K-1.

Réponse au 2°)

Les valeurs trouvées en portant les


points sur le diagramme T, s sont les
mêmes que celles issues des tables
thermodynamiques.
Elles sont plus rapides à obtenir mais
moins précises.

page 113
APPLICATION DE COURS (2EME PARTIE)

Un cylindre fermé à volume variable contient 1g d'eau liquide saturante à 300K (point 1). On
effectue une détente adiabatique réversible qui abaisse sa température de 10 K (point 2).

1°/ Calculer le travail fourni par le système (pour mémoire).

2°/ Calculer ce travail en vous servant des données des tables thermodynamiques extrapolées (ci-
dessous, en caractère gras) :
Exemple : P17 = P15 + (P20 – P15)*2/5

T P vg L sl sg
(°C) (Pa) (m3/kg) (kcal/kg) (kcal/kg, K)
15 1737.7 77.973 588.9 0.0536 2.0972
" 17 1995.8 69.9 587.7 0.0605 2.0863
20 2382.9 57.836 586 0.0708 2.0699
25 0.0877
! 27 0.0943
30 0.1043

APPLICATION DE COURS

Un mélange de vapeur et d'eau liquide est, dans un état initial, déterminé par son titre (x1 = 0,94)
et par sa pression (P1 = 10,22 atm).
Préciser, à l'aide des tables thermodynamiques, sa température, ses volumes massiques et ses
enthalpies massiques.
Déterminer l'état final de l'eau dans chacun des deux cas suivants (les transformations sont
supposées réversibles) :
1°/ Le fluide perd à pression constante une quantité de chaleur égale à 29 kcal/kg. Calculer x.
(réponse : x2 = 0,88)
2°/ En partant du même point initial, la température du fluide s'établit à 165 °C à la suite d'une
transformation isochore. Calculer x (réponse : x3 = 0,67).

Dessiner les 2 évolutions dans les diagrammes P, v , h, s et T, s.

page 114
APPLICATION DE COURS

Un kilogramme d'un mélange de liquide et de vapeur d'eau se trouve dans un état caractérisé par :
P1 = 1 atm et x1 = 0,80.
Il reçoit, lors d'une transformation isobare réversible, une quantité de chaleur égale à 155,4 kcal.
Déterminer de manière complète les caractéristiques des points initial et final.

Point 1 Point 2
Pression ( bar) 1
Température ( °C)
Titre 0,8

6. MELANGE D’UN GAZ ET D’UNE SUBSTANCE CONDENSABLE

6.1 INTRODUCTION

Beaucoup de gaz utilisés couramment sont des mélanges de fluides dont la composition peut
varier du fait de la condensation ou l’évaporation d’un ou plusieurs constituants. Le cas le plus
courant est celui de l’air contenant de la vapeur d’eau qu’on appelle air humide. Cet air peut
contenir une masse variable d’eau et la variation de cette masse avec la température est à l’origine
de nombreux phénomènes dont la pluie ou la condensation de l’eau sur les vitres en hiver. Les
propriétés du mélange air-eau sont utilisées dans les domaines suivants : chaudières à condensation,
climatisation, séchage, condensation dans le bâtiment, tours de refroidissement des centrales
d’énergie, métabolisme humain (confort thermique et santé).

Dans les conditions atmosphériques ordinaires, l’air sec est un mélange de gaz. Il se compose de
78 % d’azote, 21 % d’oxygène et de petites quantités de gaz rares, de dioxyde de carbone, etc. Dans
l’atmosphère qui nous entoure, il existe toujours de petites quantités de vapeur d’eau en proportions
variables, dépendant principalement de la zone géographique. Lorsque la proportion maximale de
vapeur d’eau qui peut exister dans l’air est atteinte, on dit que l’air est arrivé à saturation. A
saturation, la pression de vapeur d’eau, appelée pression de vapeur saturante, est une fonction
croissante de la température, par exemple de 3 mm Hg vers – 5 °C à 28 mm vers 25 °C. Le plus
souvent, cette pression n’est pas atteinte et l’air humide peut être considéré comme un mélange
d’air sec et de vapeur d’eau surchauffée.

Selon la loi de Dalton, chaque gaz se comporte dans le mélange comme s’il occupait seul tout le
volume du mélange à la température du mélange. Ceci revient à considérer que la somme des
pressions partielles de chacun des gaz qui composent le mélange est égal à la pression totale du
mélange. En supposant que les deux composants de l’air humide se comportent comme des gaz
parfaits, il vient : P = Pa + Pv, où P = pression de l’air humide, Pa = pression partielle de l’air sec,
Pv = pression partielle de la vapeur d’eau. Les valeurs Pa et Pv sont proportionnelles aux quantités
relatives d’air sec et de vapeur d’eau. L’air humide est donc saturé quand la pression partielle de

page 115
vapeur d’eau est égale à la pression de saturation de l’eau à la température du mélange Pvs. Dans
tous les autres cas on a Pv < Pvs.

6.2 TEMPERATURE DE ROSEE

La température de rosée Tr est la température à laquelle il faut refroidir l’air humide pour atteindre
la saturation, la quantité d’eau restant constante. Cette température est telle que : Pv = Pvs (Tr).
Sur la figure suivante on peut voir que si l’on diminue la température de l’air humide non saturé, à
pression constante, on peut arriver à la saturation (processus 1→2). Si la vapeur d’eau surchauffée
dans l’air humide est à l’état 1 (température initiale T1), l’air peut se refroidir jusqu’à la température
T2 sans condensation. A partir de T2, état pour lequel la pression partielle de vapeur d’eau est
identique à la pression de saturation à cette température, si la température continue de diminuer, la
vapeur va se condenser. P

La température pour laquelle la pression partielle de


vapeur est égale à la pression de saturation est appelée
T
température de rosée. Ici c’est T2.
1
2

v
6.3 TENEUR EN VAPEUR D’EAU OU HUMIDITE ABSOLUE

mv
Par définition y représente la masse de vapeur d’eau présente dans 1 kg d’air sec : y = .
ma
Pv V
m R T R Pv Pv
Si on admet que l’air est un gaz parfait, il vient : y = v = v = a = 0.622
ma Pa V R v P − Pv ( )
P − Pv
Ra T
6.4 L’HUMIDITE RELATIVE

L’humidité relative Ψ est le rapport entre la quantité de vapeur d’eau d’une masse d’air et la quantité de
vapeur contenue dans la même masse d’air à saturation, à la même température. Cette grandeur s’exprime
usuellement en %.
P
Ψ = 100 v . A la saturation, Pv = Pvs et Ψ = 100 %.
Pvs
Exemple : de l’air contient 7 g d’eau/kg. A la même température, à saturation, il peut contenir 14 g
d’eau/kg. Son humidité relative est donc de 7/14 = 50 %.

6.5 LE DEGRE DE SATURATION

Le degré de saturation µ est le rapport entre l’humidité absolue de l’air humide et l’humidité
absolue de l’air saturé a la même température.

page 116
PV
0.622
y P − PV P − PVS
µ= = =Ψ
y S 0.622 PVS P − PV
P − PVS
On remarque qu’à température ordinaire la pression de vapeur est petite devant la pression de l’air
humide P, donc le degré de saturation µ est proche de l’humidité relative Ψ. C'est pourquoi on ne
l’utilisera pas en pratique.

6.6 L’ENTHALPIE

L’enthalpie h de (1 + y) kg d’air humide est calculée comme la somme de l’enthalpie d’1 kg d’air
sec et de l’enthalpie correspondant aux y kg de vapeur d’eau contenue dans l’air humide :
H = ha + y hv .

6.7 LES DIAGRAMMES PSYCHROMETRIQUES

Pour la détermination rapide et approchée des propriétés de l’air humide, il est pratique d’utiliser les
diagrammes psychrométriques. Les diagrammes habituellement disponibles se rapportent à une pression
normale de 1 atmosphère et à 1 kg d’air sec avec un contenu variable en vapeur d’eau. Il y en existe de
différentes sortes car le nombre de variables est assez grand.

Dans le diagramme de Carrier sont représentées en ordonnée l’humidité absolue et en abscisses la


température de thermomètre sec. Dans ce diagramme on peut aussi voir les diverses familles de
courbes d’humidité relative, de température de thermomètre humide et volume massique d’air
humide. La température sèche est la température mesurée avec un thermomètre ordinaire, par
opposition à la température dite humide qui est mesurée avec un thermomètre muni d’un manchon
de tissu trempant dans un réservoir d’eau (voir TP Climatisation pour plus de détails).
L’évaporation de l’eau du manchon se fait en prélevant sur le bulbe du thermomètre humide une
chaleur latente et ce thermomètre indique une température inférieure à celle du thermomètre sec.
Quand on est à saturation, l’évaporation de l’eau du manchon ne se fait plus et les deux
températures deviennent égales.

Pour une valeur fixée d’humidité absolue et de pression totale, on peut trouver rapidement les
valeurs de la pression partielle de vapeur et le point de rosée. De la même manière, si l’on connaît
l’humidité absolue et la température de thermomètre sec, on peut repérer rapidement les valeurs de
l’humidité relative, le volume massique, ainsi que la température de thermomètre humide. Tout ceci
sera mieux compris en utilisant effectivement ce diagramme à l’occasion du TP de climatisation.

Humidité absolue
(kg de vapeur d’eau
/kg d’air sec)
v v

v (m3/kg)

Température sèche (°C)

page 117
*****************************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
*****************************************************
ENERGETIQUE Chapitre VI (réponses au verso )
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

VI-1 M 5 c

La pression saturante de la vapeur d'eau entre 0 et 130°C est représentée en fonction de la


température absolue T par la formule empirique suivante, donnée par Rankine, :
Ln P = A - 5020 / T , où A est une constante, T la température en kelvin, et P la pression en pascal.
La chaleur latente de l'eau est : L = (3335 - 2,91 T) 103 J kg-1.

1° - Calculer le volume massique, vg, de la vapeur saturante à 100°C sous 1 atmosphère. On


admettra, puis on vérifiera, que vg est beaucoup plus grand que le volume du liquide saturant v1. On
ne fait aucune hypothèse sur l'équation d'état du gaz.
Données : A la pression d'une atmosphère, la masse volumique de l'eau liquide est : ρ ≈ 103 kg m-3
; on prendra 1 atm ≈ 105 Pa.

2° - a) Comparer ce résultat à celui qu'on obtiendrait en assimilant la vapeur d'eau à un gaz parfait.
Est-ce que l'équation du gaz parfait permet, à cette pression, de décrire correctement le
comportement de la vapeur d'eau, même sur la courbe de saturation ?
Données : MH2O = 18 10-3 kg mol -1 , R = 8,32 J mol-1 K-1.
b) La vapeur d'eau saturante peut-elle être encore assimilée à un gaz parfait à T = 200°C et
P = 15,9 105 Pa ?
On comparera les valeurs calculées pour le volume spécifique de la vapeur d'eau saturante
aux valeurs expérimentales extraites des tables de thermodynamique :
- à P = 1 atm et T = 100°C : vg = 1,673 m3 kg-1
- à P = 15,9 atm et T = 200°C : vg = 0,127 m3 kg-1.

3° - a) Montrer qu'on peut calculer la pression de vapeur saturante, en fonction de la température,


par l'expression :
Ln P = α - β / T - γ Ln T, si on admet que la vapeur se comporte comme un gaz parfait et que la
chaleur latente de vaporisation varie de manière linéaire avec T : L = Lo - bT.
b) Calculer β et γ pour la vapeur d'eau.
Données : r = 462 J kg-1 K-1 , L = (3335 - 2,91 T) 103 J kg-1.
c) Comparer ces résultats à la formule empirique de Bertrand :
log10 P (atm) = 17,44 - 2795 / T - 3,863 log10 T ( T en Kelvin ).

1
Symboles : c : avec correction complète ( sinon, résultats seulement ) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile.

page 118
VI-2 F

En utilisant les tables thermodynamiques de l'eau, déterminer :


a) la pression de vapeur saturante de l'eau à 20° C,
b) le volume massique d' un kg d'eau liquide saturante à 115° C,
c) l'entropie d'un gramme d'eau vapeur saturante à 200°C,
d) la chaleur latente de vaporisation de l'eau à 175°C.

VI-3 M

Un kilogramme de mélange liquide-vapeur d'eau entre dans une turbine idéale avec une pression de
9,1 atm et un titre de 0,97. Il est détendu jusqu'à la pression de 0,16 atm. Calculer à l'aide des tables
thermodynamiques :
a) le titre final,
b) le travail mécanique cédé par la vapeur au rotor.

page 119
REPONSES

VI - 1
L dP 5020 P
1°/ Avec vg ~ et = , on obtient :
dP dT 2
T T
dT
vg ~ 1,67 m3 kg-1 ; très voisin de la valeur tabulée (écart 1%o).

2°/ a/ v g ~ 1,72 m3 kg-1 ; voisin de la valeur tabulée (écart 3 %).


b/ v g ~ 0,1375 m3 kg-1 ; écart : 8 % par rapport à la valeur tabulée ( pression trop élevée pour
un gaz parfait ).

dP Lo − bT Lo b
3°/ ≈ d'où : LnP = − − LnT + α .
dT rT rT r
T.
P
c/ Pour comparer à la formule de Bertrand, il faut passer en log décimaux. On obtient :

β' = 3138 (au lieu de 2795)


γ' = 2,74 (au lieu de 3,86). C'est le même ordre de grandeur. La formule de Bertrand est la plus
précise.

VI - 2
a/ 0,02383 kg cm-2 ( ~ atm)
b/ 1,056 10-3 m3 kg-1
c/ 1,5363 cal K-1
d/ L = ∆H = 662,4 - 177 = 485,4 kcal kg-1.

VI -3
a/ x = 0,792
b/ travail moteur : wm = - 144,5 kcal kg-1.

page 120
CHAPITRE VII

MACHINES
THERMIQUES

INTRODUCTION

• Les machines thermiques fonctionnent grâce à un fluide auquel on fait subir des transformations
cycliques.

• Le bilan des échanges d'énergie (travail et chaleur) dépend du Premier Principe :

Energie thermique Energie Mécanique

Cycle ⇒ ∫ d (fonctions d’état) = 0 ⇒ Bilan énergétique

• Le sens des évolutions, les pertes dues aux irréversibilités sont déterminés par le Second Principe :

Energie thermique Energie Mécanique

Energie réellement utilisable ? Notion de rendement ?

• Le but de ces échanges d'énergie est :


- la production d'énergie mécanique ou cinétique,
ou bien :
- le transfert d'énergie thermique d'une source froide vers une source chaude, grâce à un
travail mécanique.

1 - ETUDE THEORIQUE DES CYCLES T0

1.1 CYCLE MONOTHERME


W
T0

Q
page 121
a) En système fermé.

δQ
2ème principe : dS = + δS int
To
soit : δQ = To dS − To δSint , d'où Q = T0 ∆S − T 0 ∫ δSint

Pour 1 cycle : (∆S) cycle = 0


Avec δSint ≥ 0, on a : Q = - T0 ∫ δSint ≤ 0
Comme ∆Ucycle = 0 ⇒ Wcycle ≥ 0

Il est impossible de produire un travail si, dans une évolution cyclique, le système n’est en contact
qu’avec une seule source thermique. (Enoncé de Kelvin)

b) En système ouvert et en R.P. :


∆h*cycle = 0 ⇒ wm, cycle ≥ 0

La conclusion est la même.

1.2 CLASSIFICATION DES CYCLES DITHERMES

Les conditions thermodynamiques auxquelles doit satisfaire un cycle du fluide sont :

- 1er Principe : W + Q1 + Q2 = 0 (En système fermé, avec ∆EP et ∆EC négligeables, W : Wcycle)
δQ
- 2ème Principe : dS = + δS int
T
δQ δQ
∫ dS = 0 ⇒ ∫ + ∫ δSint = 0 , et δSint > 0 ⇒ ∫ ≤0
T T
Q1 Q 2
D’où : + = 0 si le cycle est réversible
T1 T2
Q1 Q 2
+ < 0 si le cycle est irréversible
T1 T2

1.2.1 CYCLES MOTEURS (ou cycles ’directs’ ) :


P
On a : W= - ( Q1 + Q2 ) < 0

⇒ Q1 + Q2 >0

3 cas possibles :
a) Q1 > 0 , Q2 > 0
b) Q1 < 0 , Q2 > 0 et Q 2 > Q1

c) Q1 > 0 , Q2 < 0 et Q1 > Q 2

page 122
v
L'énergie thermique transfère toujours dans le sens des températures décroissantes. Le fluide est chauffé
et refroidi par les sources chaude et froide, sa température est donc intermédiaire entre T1 et T2.

T
T1
a)

T2

T
T1 b)

T2

T
T1 c)

T2

T Q1 = + 1000 J
T1 Q1 > 0

W = - 450 J

T2
Q2 < 0 Q2 = - 550 J
s

page 123
1.2.2 CYCLES FRIGO (ou cycles "inverses" ) Wcycle ou wm cycle > 0
P
On a : W = - ( Q1 + Q2 ) > 0

⇒ Q1 + Q2 <0

Source chaude

3 cas :
a) Q1 < 0 , Q2 < 0 Source froide
b) Q1 > 0 , Q2 < 0 et |Q2| > Q1
v
c) Q1 < 0 , Q2 > 0 et |Q1| > Q2 .

Parmi les 3 cas envisageables, le seul intéressant est le cas c) :

Grâce au travail mécanique reçu (compression), le niveau de température du fluide peut être
supérieur à celui de la source chaude et, du fait de la détente, son niveau de température peut être
inférieur à celui de la source froide.

T1

T2

Le Système
(le fluide)

Cède Q1 à la
Prélève Q2 à la
source chaude
source froide
(qui se réchauffe)
(qui se refroidit)
Reçoit un travail
W (compresseur)

page 124
APPLICATION DE COURS

Le bureau des brevets reçoit d'un inventeur les caractéristiques d'un moteur nouveau, capable de
fournir une puissance de 350 kW, en consommant 550 kW thermiques pris à un thermostat à 1000 K
et en rejetant 200 kW thermiques dans un condenseur isotherme à 400 K.
Le bureau donnera-t-il suite à cette proposition ?

1.3 CYCLE DE CARNOT

Exemple : cycle de CARNOT moteur :

SOURCE CHAUDE : T1

Q1

CHAUDIERE
TURBINE

AXE DE COUPLAGE
WComp WTurb

CONDENSEUR
COMPRESSEUR

Q2

SOURCE FROIDE : T2

C'est un cycle ditherme réversible constitué de :


- 2 isothermes,
- 2 isentropiques.

page 125
1.3.1 RENDEMENT D'UN CYCLE DE CARNOT

Le rendement d'un cycle moteur quelconque est défini par :


Wcycle w m,cycle
η= (système fermé) ou : η = (système ouvert )
Q fourni q fourni

avec : . W (ou wm)cycle : travail mécanique produit par le cycle,


. Q (ou q)cycle : chaleur fournie au cycle.

Ici nous avons : Wcycle + Q1 + Q2 = 0 ⇒ W = Q 1 + Q 2

W Q1 + Q 2 Q
D'où : ηCARNOT = = =1+ 2
Q1 Q1 Q1

Q1 Q 2
Comme on a : + =0 (cycle réversible)
T1 T2

Q2 T T2
il vient : =− 2 et on a donc : ηCARNOT = 1 − .
Q1 T1 T1

APPLICATION DE COURS
Calculer le rendement du "moteur" soumis au bureau des brevets par l'inventeur de l’application
de cours précédente (avec Q1 = 550 kW ; W = - 350 kW).
Quelle remarque peut on faire ?

page 126
1.3.2 REPRESENTATIONS DE CYCLES DE CARNOT MOTEURS

P T

v s
P T

v s

APPLICATION DE COURS

Une masse unité de gaz parfait décrit un cycle réversible de Carnot. La source chaude est à la
température T1 et la source froide à la température T2. Le système étudié est considéré comme
fermé.
1°) Donner les expressions des chaleurs échangées au cours de chaque transformation.
2°) Donner les expressions des travaux échangés au cours de chaque transformation.
3°) Faire le bilan énergétique du cycle .
4°) Etablir l'expression du rendement du cycle en fonction de T1 et T2.

Solution Raisonnons en système fermé, avec m = 1 kg.


P
1°) A→ B : isotherme T1 :
v A
q1 = r T1 Ln B > 0
v
A

T1 B
C→ D : isotherme T2 :
v
q2 = r T2 Ln D < 0
v
C
D C
D→ A et B→ C : s = Cte , q = 0 T2

v
page 127
v
B
2°) A→ B : isotherme : wAB = - q = - r T1 Ln
v
A
B→ C : isentropique : wBC = cv (T2 – T1)

v
D
C→ D : isotherme : wCD = - r T2 Ln
v
C
D→ A : isentropique : wDA = cv (T1 – T2).

3°) wBC = - wDA ⇒ wcycle = wAB + wCD


v v
wcycle = - r T2 Ln D − r T Ln B
1
v v
C A

v v
qcycle = r T2 Ln D + r T1 Ln B
v v
C A

∆ucycle = w cycle + qcycle = 0

4°) On écrit : w cycle + q1 + q2 = 0

− w cycle q1 + q 2 q
ηth = , avec q1 : chaleur reçue ηth = =1+ 2
q1 q1 q1
vD
− r T2 Ln
q2 vC
= = ?
q1 vA
r T1 Ln
vB

dT dv
Comme : ds = c v +r et ds = 0 de B à C et de D à A, on a :
T v
T2 v
c v Ln + r Ln C = 0
T1 vB
T1 v
c v Ln + r Ln A = 0
T2 vD

Donc :
T2 v 
C v Ln = r Ln B 
T1 vC vB vA vA vD
T v ⇒ = ⇒ =
C v Ln 2 = r Ln A  vC vD vB vC
T1 vD 

q T T
⇒ 2 =− 2 ⇒ ηth = 1 − 2
q1 T1 T1

page 128
DEMONSTRATION DIRECTE

• 1er principe : w cycle + q1 + q2 = 0

w cycleq1 + q 2 q
ηth = − = =1+ 2
q1 q1 q1
avec q1 : chaleur fournie au système , q1 > 0.

δq
• 2ème principe : ds = , car les transformations sont réversibles.
T
q = ∫ Tds
P
q1 = T1 ( s B − s A ) (1) A
q 2 = T2 ( s D − s C ) ( 2)

Comme DA et BC sont isentropiques : T1 B

sA = sD et sB = sC

ou encore : sB - sA = - ( sD - sC ) D C
T2
( 2) q 2 T T2
= =− 2 ⇒ ηth = 1 − v
(1) q1 T1 T1

Les deux températures extrêmes étant fixées, le cycle de Carnot est, parmi tous les cycles, celui
qui a le meilleur rendement.

1.3.3 CYCLES DITHERMES IRREVERSIBLES

Considérons une machine et une machine


ditherme réversible : ditherme irréversible :

T1 T1

Q1 Q1

W W’

Q2 Q’2

T2 T2

page 129
Faisons les fonctionner ensemble, la machine irréversible dans le sens normal, la machine réversible
dans le sens inverse :

T1 T1 T1 :

Q1 - Q1

W’ -W W’ - W

Q’2 - Q2

T2 T2 T2 :

• Machine monotherme ⇒ WTotal = W' - W > 0 et QTotal = Q'2 - Q2 < 0


Donc W' > W.
Comme W' et W sont négatifs, il s’en suit : W > W' ,

d'où : ηREV =
W
Q1
> ηIRREV =
W'
Q1

Le rendement d'une machine ditherme irréversible fonctionnant entre 2 sources de chaleur à des
températures données, est inférieur à celui d'une machine réversible fonctionnant entre les mêmes
sources.

page 130
1.3.4 BILAN D’ENTROPIE POUR CHAQUE MACHINE DITHERME (réversible et irréversible)

a) Cas du moteur réversible Système isolé


Température

Infini TRAVAIL
Milieu
extérieur

SYSTEME

1000 K SOURCE CHAUDE

400 K SOURCE FROIDE

Bilan d’entropie :
Système + Extérieur

b) Cas du moteur irréversible Système isolé


Température

Infini TRAVAIL
Milieu
extérieur

SYSTEME

1000 K SOURCE CHAUDE

400 K SOURCE FROIDE

Bilan d’entropie :
Système + Extérieur

page 131
1.4 CYCLES POLYTHERMES QUELCONQUES

• Lorsqu'on considère un système monotherme, on obtient :

δQ
dS ≥ .
T0
• Si ce système est mis en contact successivement avec n sources et s'il reçoit de la ième source (à
température Ti) la quantité de chaleur Qi , on aura alors pour cette suite de transformations :

n Q
∆S ≥ Σ i .
i =1 Ti
• Si le système considéré décrit un cycle, on a :
n Qi
∆S = 0 ⇒ Σ ≤ 0.
i =1 Ti
• Si des échanges de chaleur δQ se font successivement avec des sources à température T s ,
variable continûment, on obtient :

δQ
∆S = 0 ⇒ ∆S ≥ ∫ .
Ts
C'est l'inégalité de Carnot-Clausius pour un cycle quelconque.

Tmin
• Le rendement de ce cycle est : ηpolyth ≤ 1− , Tmax et Tmin étant les températures
Tmax
extrêmes des sources.

1.5 DIFFERENTES FORMULATIONS DU SECOND PRINCIPE CONCERNANT LES


CYCLES

ENONCE DE CARNOT :
Si une machine thermique cyclique fournit du travail mécanique, elle échange nécessairement de
la chaleur avec au moins deux sources à des températures différentes.

ENONCE DE KELVIN :
Une machine thermique cyclique n'échangeant de la chaleur qu'avec une seule source thermique,
ne peut produire de travail mécanique.

ENONCE DE CLAUSIUS :
Lorsqu'un cycle fonctionne sans échange de travail, la chaleur provient de la source chaude et est
cédée à la source froide.

ENONCE DE CLAUSIUS-DUHEM :
Il n'existe pas de processus dont le seul effet serait de faire passer de la chaleur d'une source froide
à une source chaude.

page 132
APPLICATION DE COURS
"Un système ne peut pas fournir de travail mécanique s'il échange de la chaleur avec une seule
source thermique". Cet énoncé du second principe est-il correct ?

2 - ETUDE PRATIQUE DES CYCLES MOTEURS

. Bien que présentant le meilleur rendement, le cycle de Carnot est peu utilisé dans la pratique. En
effet :
- Les transformations isothermes sont difficiles à réaliser.
- Les températures élevées, compatibles avec un fort rendement, ne peuvent être atteintes
qu'avec des pressions énormes.
- Le rendement est optimal mais le travail massique du fluide est assez faible.

. C'est pourquoi un certain nombre de cycles différents ont été développés pour répondre à des
besoins spécifiques :
- Cycles de production d'énergie électrique,
- Cycles de production d'énergie propulsive.
Le cycle le plus courant est le cycle de Joule (ou cycle de Brayton)
. Dans certains de ces cycles, le fluide se déplace en circuit fermé : Rankine, Hirn , Stirling…
Dans ces cycles, une masse constante de fluide traverse, à des moments différents, des
appareils qui sont autant de systèmes ouverts.

. Dans d'autres cycles, le fluide se déplace en circuit ouvert : Cycle de turbine à gaz, de
turboréacteur, Diesel, Beau de Rochas…
Dans ces cycles, le fluide, de l'air le plus souvent, est pris à l'extérieur, puis :
- traverse, à des moments différents, des appareils différents (systèmes ouverts) puis
est rejeté à l'extérieur.
ou bien :
- dans le même appareil, un cylindre en général, le fluide subit successivement
différentes opérations avant d'être rejeté à l'extérieur.

. Si les propriétés thermodynamiques du fluide (coefficients Cp, r, γ) ne changent pas de manière


importante, on peut étudier globalement ces cycles aussi bien comme des systèmes ouverts que
comme des systèmes fermés.
Par contre, le travail échangé dans un appareil déterminé devra être calculé en considérant le
système réel : ouvert ou fermé.

page 133
. Les machines mettant en oeuvre ces différents cycles peuvent être classées en deux catégories :

- Les machines rotatives axiales à combustion externe ou turbomachines. (Le turbocom-


presseur, qui est une turbomachine comme la turbine, consomme du travail et n'est pas étudié ici).
Le fluide agit sur des ailettes et des aubes et entraîne un axe tournant. Du fait des grandes
ouvertures, le débit de fluide et la puissance développée, qui lui est proportionnelle, peuvent
atteindre des valeurs considérables.

- Les machines alternatives à piston, à combustion interne. Leur mise au point et leur
développement ont précédé les premières d'un demi-siècle. L'action du fluide moteur donne lieu à
un déplacement rectiligne de pistons dans un ou plusieurs cylindres, converti ensuite en mouvement
rotatif par un système de bielle-manivelle.
Les puissances obtenues sont moins grandes qu'avec les turbomachines, mais l'encombrement plus
réduit et la meilleure souplesse de ces moteurs sont autant d'arguments en leur faveur.

. Pour toutes ces machines, on raisonnera d'abord sur des cycles idéalisés avant d'aborder les cycles
réels.

2.1 CYCLES A VAPEUR CONDENSABLE

Ce sont des moteurs à combustion externe car la chaleur est transmise, à partir des produits de
combustion, au fluide moteur qui se déplace en circuit fermé. Chaque appareil fonctionne, pour sa
part, comme un système ouvert. Ces cycles sont destinés à la production d'énergie électrique grâce à
un alternateur monté sur le même axe que la turbine. La puissance électrique installée est :
P = D . ηalt . wm,cycle(1) (D : débit de vapeur, ηalt : rendement de l'alternateur).
(1)
wm,turbine , si le système comporte une pompe au lieu d’un compresseur.

2.1.1 CYCLE DE CARNOT

a/ Etude générale

Chaudière isotherme
Turbine
isentropique

Compresseur isentropique

Condenseur isotherme

page 134
T h

s s

− wm cycle
. Le rendement thermique vaut : ηCARNOT =
q fournie

q + q 2 (h B − h A ) + (h D − h C ) hD − hC
η= 1 = ⇒ η =1+ .
q1 hB − hA hB − hA

Avantage : Rendement optimal.

Inconvénients : améliorés avec le cycle de :

. Le compresseur travaille
en système diphasé :
⇒ corrosion, maintenance.

. Faible travail massique :


⇒ masse de fluide importante.

. La turbine travaille
également en système diphasé :
⇒ corrosion, maintenance.

b/ Etude du cycle de Carnot en considérant qu'il est formé par quatre appareils fonctionnant comme
des systèmes ouverts.

On raisonne sur m = 1 kg.


Système ouvert
. CHAUDIERE (AB) Régime permanent
1er Principe : ∆h* = wm + q

∆h* ~ ∆h : à cause de la faible variation de vitesse du fluide

wm = 0 : pas de partie mobile

q1 = ∆h = hB - hA : pression constante

page 135
. TURBINE (BC)
1er Principe : ∆h* = wm + q

∆h* ~ ∆h : faible variation de vitesse du fluide

q = 0 : isentropique
C
wm = - ∫ P dv − ∫ − d (Pv) = ∫ v dP
wtransvasement B

. CONDENSEUR (CD)
1er Principe : ∆h* = wm + q

∆h* ~ ∆h
wm = 0 idem
q2 = ∆h = hD - hC chaudière

. COMPRESSEUR (DA)

∆h* ~ ∆h
q=0 idem
A turbine
w m = ∫ v dP
D

BILAN GENERAL

. Travail total
wm cycle = wm turbine + wm compresseur

C A
wm cycle = ∫ v dP + ∫ v dP = h C − h B + h A − h D Car dh = v dP + T ds
B D

. Chaleur totale
qcycle = hB - hA + hD - hC = - wm

. Rendement
− w m cycle (h C − h B + h A − h D ) h − hA hD − hC h − hC
η = = − = B + = 1 + D
q1 hB − hA hB − hA hB − hA hB − hA
q T
η = 1+ 2 = 1− 2
q1 T1

. Premier principe
∆h*cycle ~ ∆h cycle = wm cycle + qcycle = 0

page 136
c/ Etude du cycle de Carnot en imaginant qu'il est formé par quatre appareils fonctionnant
comme des systèmes fermés.

C'est une analyse formelle.

Variations d’ EP et Ec négligeables, ∆U = W + Q

. CHAUDIERE (AB)
B
W = − ∫ P dV = −PA (VB − VA )
A
Q1 = M ∆h = M (hB - hA)

. TURBINE
C
W = − ∫ P dV
B
Q=0

. CONDENSEUR
D
W = − ∫ P dV = − PC (VD − VC )
C

Q2 = M ∆h = M (hD - hC)

. COMPRESSEUR
A
W = − ∫ P dV
D
Q=0

BILAN GENERAL

. Travail total

C A
Wcycle = − PA ( VB − VA ) − ∫ P dV − PC ( VD − VC ) − ∫ P dV
B D

C A
Wcycle = [ - ∫ P dV + PC VC – PB VB ] + [- ∫ P dV + PA VA – PD VD ]
B D

C A
Wcycle = ∫ V dP + ∫ V dP
B D

Wcycle = M (hC - hB + hA - hD)

page 137
Chaleur totale
Qcycle = Q1 + Q2 = M (hB - hA + hD - hC).

. Rendement
h D − hC
η = 1 +
hB − hA

T2
η = 1 −
T1

. Premier principe
∆Ucycle = Qcycle + Wcycle = 0.

d/ Conclusion sur les différentes manières d'analyser un cycle

Le cycle réel est constitué par la mise en circuit, fermé le plus souvent, de quatre systèmes ouverts.

• La première analyse correspond au système réel.


Elle donne un bilan exact :
- appareil par appareil,
- pour le cycle complet.

• La seconde manière d'opérer est seulement une analyse formelle.


On l'emploie dans certains cas, par commodité. Elle conduit à un bilan exact sur le cycle complet.
Les valeurs de η, Qtotal, Wtotal sont correctes.
Par contre, elle conduit à des résultats erronés si on considère le travail relatif à chaque appareil.

page 138
2.1.2 CYCLE DE RANKINE

Objectifs : - diminuer le travail de compression,


- éliminer le compresseur travaillant en diphasé.
Solution : utilisation d'une pompe.

B
TURBINE
Chaudière

A
C

E
CONDENSEUR
D

D’

P T
A
B
E B
A

D’ C
D’ C
v s

η=
(h B − h C ) − (h E − h D' )
hB − hE

h
Inconvénients :
- Rendement médiocre.
B
- Travail massique encore
trop faible.
A - Fonctionnement de la
E
turbine en milieu diphasé.

C
D’ s

page 139
2.1.3 CYCLE DE HIRN

Objectifs : - augmenter le travail massique du cycle,


- améliorer le rendement.
Solution : surchauffer la vapeur à pression constante.

B TURBINE
CHAUDIERE
A C

E CONDENSEUR
D
POMPE

D'

( h B' − h C ) − ( h E − h D ' )
η= h
h B' − h E

2.1.4 CYCLE DE HIRN AVEC RESURCHAUFFE

Objectif : permettre à la turbine de fonctionner avec un titre de


vapeur aussi proche de 1 que possible.
Solution : une seconde surchauffe.

page 140
B"

B'

A
C
C'

POMPE D'

CONDENSEUR

(h B' − h C ) + (h B" − h C' ) − (h E − h D' )


η=
(h B' − h E ) + (h B" − h C )

h
B' B''

A
C

E
C'
D'
s

2.1.5 CYCLE A SOUTIRAGES

Le rendement d'un cycle de Rankine est inférieur à celui de Carnot à cause de la branche D'EA.

page 141
7
. Pour se rapprocher du
SURCHAUFFEUR rendement de Carnot, on
soutire une partie de la vapeur
6 en sortie du premier étage de
1er ETAGE
turbine qu'on mélange au
5 DE TURBINE
fluide en sortie du condenseur.
CHAUDIERE Le point représentatif se
rapproche alors de la courbe à
titre nul. On fait de même
4
REGENERATEUR pour les cycles de Hirn.
POMPE A DE VAPEUR

3 8
. Dans certains cycles, la
vapeur extraite de la
turbine et l'eau venant du
condenseur ne se
2 mélangent pas mais
2em ETAGE
DE TURBINE
échangent de la chaleur
POMPE B dans un réchauffeur.
CONDENSEUR
1

7
Remarque
5 Le point 8 correspondant au début du
6 soutirage peut être au dessus ou au
4 dessous de la courbe de saturation.
8
2 3
1
9 s

2.1.6 CYCLES REELS

Le cycle réel peut s'écarter du cycle idéal à cause de différentes pertes :


- pertes thermiques au niveau de la combustion,
- chutes de pression et pertes thermiques au niveau des tuyauteries : admission, extraction,
échangeurs,
- frottements dans la turbine et échange non adiabatique : CD devient CD',
- frottements dans la pompe et échange non adiabatique : EF devient EF'.
Dans ce cours on ne considérera que des échanges adiabatiques.

page 142
T Compressions et détentes seront consi- C
dérées comme adiabatiques irréversibles

. Le rendement isentropique
de la turbine est :
A h − hC
B η turbine = D' .
hD − hC

. On a de même pour la
pompe :
F F'
h − hE
ηpompe = F
h F' − h E

E D D'

Remarque : le rendement de la pompe n'a qu'une très faible influence sur le cycle.

. Pour connaître les caractéristiques du cycle réel :


- on détermine les points du cycle théorique (cycle idéal), puis
- en utilisant ηturbine (et éventuellement ηpompe), on calcule les points du cycle réel.

2.1.7 PRODUCTION SIMULTANEE DE TRAVAIL MECANIQUE ET DE CHALEUR (OU


COGENERATION)

Un grand nombre d'industries ont à la fois besoin de force motrice - ou d'électricité - et d'énergie
thermique pour le chauffage.

Deuxième circuit d’eau

CHAUFFAGE
CONDENSEUR
page 143
T

Au travail recueilli, wcycle, doit


être ajoutée, en tant que produit
utile, la chaleur qui sert au
chauffage, et qui aurait été
cédée en pure perte à la source
froide, dans un cycle classique.

Le rendement est donc théoriquement de 1.


Ceci ne change pas avec les pertes de la turbine, qu'on retrouve sous forme de produits de
chauffage.
Interviennent par contre : le rendement mécanique du rotor (~ 0,95),
celui de l'alternateur (~ 0,95)
et celui de la chaudière (~ 0,85).
Du point de vue de l'économie d'énergie, aucune machine thermique génératrice ne peut se
comparer aux installations à cogénération.

En France, le ‘gisement’ industriel de la grande cogénération (plus de 8 MWe par installation),


exploitable dans les conditions du marché, est estimé à 3000 MWe et celui des réseaux de chaleur
et du tertiaire à environ 2500 MWe. Au rythme de 500 MWe par an, les besoins pourraient être
couverts d’ici 2010.
Les installations de moins de 12 MWe font l’objet d’une obligation légale d’achat par EDF.
La petite cogénération (50 à 500 kWe) est encore peu développée en France en 1998, une vingtaine
d’unités pour 3 MWe, alors que le potentiel se situe entre 250 et 500 unités par an. Cette situation
contraste avec celle de l’Allemagne par exemple : plus de 1500 unités pour plus de 300 MWe
installés.
Les secteurs les plus adaptés sont les hôpitaux et cliniques, l’hôtellerie, les centres commerciaux et
les écoles.
Selon ExpertGaz (GDF), notre pays aurait enregistré 580 MWe de nouvelles installations en 1997 et
1320 MWe en 1998. Pour 1999, le volume était de 958 MWe et, pour l’an 2000, 752 MW. les
chiffres sont de plus en plus modestes car les contrats transitoires mis en place par le gouvernement
français sont moins favorables à cette forme de production d’électricité.
Fin 2000, le parc français représentait une puissance cumulée de 4225 MW. La part de la
cogénération dans la production d’électricité culmine à 3 % dans notre pays, contre 50 % au
Danemark, par exemple.

page 144
2.1.8 EXEMPLES DE REJETS DE CENTRALES THERMIQUES

On compare ici les ordres de grandeurs des rejets de différents polluants en sortie de centrale
(après traitement des fumées) selon le type de centrale de production d’énergie électrique.
Par ailleurs, on sait qu’une taxe, nommée TGAP, frappe les centrales de plus de 20 MWth qui
rejettent plus de 150 t/an de SO2, NOx, HCl, COV et lubrifiants.
A partir de l’année 2001, les rejets de carbone sont également taxés, mais seulement pour les
entreprises consommatrices d’énergie et non pour les centrales productrices.

Rejets moyens de polluants, en sortie de centrale, après traitement des fumées :

Type de centrale Combustible SO2 NOx CO


en g/kWh therm en g/kWh therm en g/kWh therm
Classique de conception Fuel lourd 2 0,8 0,2
ancienne
Classique de conception Fuel demi lourd 0,4 0,25 0,03
moderne
Centrale à cycle combiné Gaz naturel 0,04 0,15 0,02

Type de centrale Combustible CO2 PS COV


g/kWh électrique en g/kWh therm en g/kWh therm
Classique au charbon Charbon 900 0,5 0,15
(rendement ≈ 35 %)
Classique de conception
moderne Fuel demi lourd 600 0,05 0,002
(rendement ≈ 45 %)
Centrale à cycle combiné
(rendement électrique ≈ Gaz naturel 400 0,01 0,001
50 %)

NB : 1 kWh est l’énergie produite par une puissance de 1 kW fonctionnant pendant 1 h. Le kWh
vaut donc 3,6 106 J. Le kWh thermique est l’unité d’énergie de la chaudière tandis que le kWh
électrique est celle de l’énergie disponible sur l’alternateur.

Par exemple, une chaudière de 250 MWth fonctionnant 8000 h par an produit 2 109 kWh d’énergie
thermique par an, soit 2 Térawattheures.

page 145
2.1.9 SCHEMA DE FONCTIONNEMENT D'UNE CENTRALE THERMIQUE

Document EDF

page 146
2.2 MOTEURS A GAZ FONCTIONNANT EN CIRCUIT OUVERT

• Le fluide transfère en circuit ouvert.

• L'énergie calorifique est apportée lors d'une combustion interne.

• Ces cycles sont plus particulièrement destinés à propulser des véhicules, cette propulsion
pouvant être :

- aérienne : turboréacteur, turbopropulseur…


- terrestre : Beau de Rochas, Diesel rapide…
- maritime : Diesel lent.

• Contrairement aux cycles de production d'énergie électrique, le fluide utilisé ici reste gazeux
durant toutes les opérations.

. HYPOTHESES SIMPLIFICATRICES :

- Le fluide est le plus souvent de l'air additionné de combustible ou de résidus de combustion. Le


fort pourcentage d'air permet de le traiter comme un fluide de composition fixe aux propriétés
thermodynamiques constantes.
Nous assimilerons le fluide à un gaz parfait.

- La combustion interne sera remplacée par un apport de chaleur, obtenu grâce à une source
thermique extérieure.

- L'admission et l'échappement des gaz seront traités comme un rejet de chaleur à l'extérieur.

2.2.1 CYCLE DE BRAYTON/JOULE

P
A • 2 isobares réversibles :
B
q1 = Cp (TB -TA) > 0

q2 = Cp (TD -TC) < 0

• 2 isentropiques :

γ −1 γ −1
TA  PA  γ TB  PB  γ
=  = 
TD  PD  TC  PC 
D C

page 147
γ −1
1− γ
q P  γ v 
Rendement : η = 1 + 2 , d'où : η = 1 −  D  = 1 −  D  .
q1  PA   vA 

vD
η = 1 − τ C1− γ avec τ C = : rapport de compression volumétrique.
vA

a/ Turbine à gaz T.A.G (aussi appelée turbine à combustion TAC)


Les TAG sont alimentées soit au gaz de synthèse issu de gazeifieurs à charbon à lits fluidisés, soit
au fioul vaporisé, soit au gaz naturel (méthane), choisi pour sa moindre pollution. C’est le fioul
domestique qui est le combustible le plus utilisé par les TAG installées en France par EDF.

B
A
CHAMBRE DE
COMPRESSEUR COMBUSTION TURBINE
ISENTROPIQUE ISENTROPIQUE

D C

Les transformations
BC’ et DA’,
irréversibles, non
représentables en toute
rigueur, sont portées sur
le dessin par
commodité.

Le cycle théorique des T.A.G. (ABCD) se transforme en cycle A'BC'D lorsqu'on tient compte du
caractère irréversible de la compression et de la détente. Le rendement :
( h B − h C ) − (h A − h D ) ( h − h C' ) − ( h A ' − h D )
ηthéorique = devient : ηréel = B
hB − hA h B − h A'

page 148
Le cycle des turbines à gaz sert de base pour les CHAMBRE DE
COMBUSTION
cycles des turbopropulseurs et turboréacteurs. Il peut
également servir à la production d'énergie électrique,
comme le cycle de Hirn, mais, ici, le fluide moteur
n'est pas condensable.
C T

Les turbines à gaz de ce type doivent respecter des


normes précises en ce qui concerne les rejets de REFROIDISSEMENT
polluants (directive GIC) : VIRTUEL

Oxydes de soufre (en équiv SO2)


Combustible Valeurs limites
CO
Gaz naturel 35 mg/Nm3
Gaz naturel 100 mg/Nm3
Fioul domestique 200 mg/Nm3
Comb liquides 150 mg/Nm3
Autres combustibles liquides 850 mg/Nm3
Poussières
Oxydes d’azote (en équiv NO2) Gaz naturel 5 mg/Nm3
Puissance Gaz naturel Comb liquides Comb liquides 30 mg/Nm3
3
50 < P < 100 MWth 100 mg/Nm 400 mg/Nm3 COV : non imposé par la directive
P >100 MWth 75 mg/Nm3 300 mg/Nm3

Nm3 est le volume de l’air (et des gaz brûlés) en m3, ramené aux conditions normales : P = 1 atm, T = 273 K.

La source principale des pertes est l’énergie contenue dans les gaz d’échappement. On récupère
cette énergie grâce à un échangeur en sortie du compresseur.

T
C’
B

A A’ C
A’
CHAMBRE DE B
C’
COMBUSTION
A

C T

C
D
D
s

page 149
b/ Turboréacteur
C’est une turbine à gaz à laquelle on a ajouté une tuyère.

B
P C AB : Compression
adiabatique :

BC : Echauffement
D
isobare :

CE : détente adiabatique :
E
A
v EA : refroidissement isobare qui permet
de retrouver l'air dans les conditions initiales. Cette étape s'effectue en dehors du turboréacteur.

. La turbine extrait des gaz l'énergie nécessaire à l'entraînement du compresseur :


wmAB = - wmCD

. Le rendement du turboréacteur vaut:


E cinétique − ∆h DE h − hE
η= = = D
chaleur reçue par le fluide q12 hC − hB

Différents types de turboréacteurs

page 150
APPLICATION DE COURS
Donner les principales différences entre les cycles de Hirn et de T.A.G.

HIRN T.A.G.
Cycle :
Fluide :
circuit :
combustion
chauffage multiple
travail de
compression :

D’après VICHNIEVSKY

page 151
c/ Statoréacteur

Si l'air qui entre dans le diffuseur possède une vitesse importante (avion très rapide : Mach > 2), la
pression augmente dans cet appareil au point que l'intervention du compresseur peut devenir inutile.
Ceci supprime la nécessité de la turbine entraînant le compresseur. On en arrive à la conception du
statoréacteur imaginé par R. Lorin en 1912 et expérimenté par R Leduc à partir de 1933 :

Avantages : - conception très simple,


- aucune pièce mobile.

Inconvénients : - fonctionne uniquement à grande vitesse,


- rendement faible.

d/ Turbopropulseur

Le principe est le même que pour le turboréacteur, mais la turbine sert à la fois à :
- entraîner le compresseur,
- entraîner une hélice montée sur le même arbre.

On a : wturbine = - (wcompresseur + whélice)


Les vitesses atteintes sont subsoniques.

T PA
C

B
D

A
s
Diagramme théorique du turbopropulseur
page 152
2.2.2 MOTEURS ALTERNATIFS A COMBUSTION INTERNE.

a/ Cycle de Beau de Rochas-Otto (ou moteur à 4 temps à allumage commandé).

* CYCLE IDEALISE

3
P T
3

2
4

2 4

1 1
v s

On a : q1 = Cv (T3 -T2) > 0 et q2 = Cv (T1 -T4) < 0.


w cycle
Le rendement η = − est calculé avec :
q1
wcycle + q1 + q2 = 0,

2 isentropiques,
v v
τ C = 4 = 1 : rapport volumétrique de compression.
v3 v2

On obtient finalement : η = 1 − τ C1− γ .

NB : Si m ≠ 1 ⇒ W = m . w , Q1 = m . q1 etc.

Remarques : On a le même rendement que pour le cycle de Joule. Ce rendement croît avec le taux
de compression, mais il y a risque d'auto-inflammation du combustible, ce qui limite sa valeur.

page 153
* CYCLE REEL

Moteur à 4 temps : 2 aller retour = 4 courses = 2 tours

Allumage commandé : balayage rapide de la cylindrée : de 3000 à 8000 tours/mn

Wi
* Rendement thermique indiqué : ηi = (*) Le Pouvoir Calorifique Inférieur n'inclut pas
Q1 la chaleur latente de vaporisation du
Wi : surface dans le diagramme indicateur de Watt combustible : la vapeur d'eau contenue dans les
Q1 : énergie thermique fournie par le combustible (PCI) (*) gaz brûlés n'est pas condensée.

We Pme
* Rendement mécanique : ηm = = , avec :
Wi Pmi
We : travail effectif sur l'arbre moteur,
Pme : pression moyenne effective d'un cycle,
Pmi : pression moyenne indiquée d'un cycle.

page 154
On a : Wi = Pmi Vcylindre , We = Pme Vcylindre et
2
π D
Vcylindre = d , avec :
4
d : course du piston,
D : diamètre du cylindre.

* Rendement thermique effectif : ηe = ηi . ηm

* Puissance indiquée
Pmi .Vcyl int . N
Pour un moteur à 4 temps : P = (en watt), avec :
i 120

Vcylint : cylindrée totale =Vcyl. nbre cylindres.


N : nbre de tours par minute.
(dans un moteur à 4 temps, le piston effectue 2 "Aller-Retour" (ou tours) par cycle, soit 4 courses)

Application de cours
On fait suivre à une masse de 0,01 kg d'air, considéré comme un gaz parfait, un cycle Beau de
Rochas fonctionnant avec un rapport de compression volumétrique rc = 8 et les conditions
d'admission suivantes : PA = 1 atm , ΘA = 27 °C. La température de fin de combustion est TC =
2600 K.
On donne : r = 286 J kg-1 K-1 , γ = 1,4 , 1 atm ≈ 105 Pa , T = θ +273.

Calculer les températures et pressions aux différents points A, B, C, D, du cycle, les énergies
thermiques échangées Q1 et Q2 , le travail mécanique Wcycle et le rendement de ce cycle.
Déterminer la puissance de ce moteur, sachant qu'il tourne à 6000 tours par minute .

REPONSES P

PB = 18,38 atm TB= 689,25 K


PC = 69,3 atm PD= 3,77 atm
TD = 1131,7 K

Q1 = 13661,9 J
Q2 = - 5946,6 J

⇒ Wcycle = - 7715,3 J

v
Rendement : η = 56,47 %. Puissance : P = 385,8 kW (524cv).

page 155
b/ Cycle de Diesel ou moteur à 4 temps à allumage par compression

Pour éviter le cliquetis qui apparaît lorsque le rapport volumétrique devient élevé, on injecte le
combustible après la phase de compression. Celui-ci s'enflamme spontanément et brûle à pression
constante.

Injection de
combustible
T
P
3
2 3

isobare
4
2

4
isochore
1

v 1 s

Cycle théorique de Diesel

On a :
. q1 = Cp ( T3 - T2 ) > 0
. q2 = Cv ( T1 - T4 ) < 0.

En utilisant :
. wcycle + q1 + q2 = 0
. s1 = s2 et s3 = s4
v
. rC = 1 : rapport volumétrique de compression
v2
v
. rD = 4 : rapport volumétrique de détente,
v3
−γ −γ
1 rD − rC
On démontre que le rendement vaut : ηdiésel = 1 − (voir application de cours)
γ rD−1 − rC−1

APPLICATION DE COURS
On fait suivre à une masse de 0,01 kg d'air, considéré comme un gaz parfait, un cycle diesel
fonctionnant avec une température TC et une pression PC de fin de combustion de 2600 K et 69,3
atm. Les conditions d'admission sont les suivantes : PA = 1 atm, θA = 27 °C.
On donne : r = 286 J kg-1 K-1, γ = 1,4 , 1 atm ≈ 105 Pa , T = θ + 273.
Calculer les températures et pressions aux différents points A, B', C, D, du cycle, le rapport de
compression volumétrique r'C = VA/VB' , les énergies thermiques Q'1 et Q'2 échangées , le travail
mécanique W'cycle et le rendement de ce cycle.
Déterminer la puissance de ce moteur, sachant qu'il tourne à 1500 tours par minute .

page 156
P
REPONSES

VA/VB' = r'C = 20,64


TB' = 1007 K

Q'1 = 15945,9 J
Q'2 = Q2 = - 5946,6 J

⇒ W'cycle = - 9999,3 J

v
Rendement : η = 62,7 %. Puissance : P = 125 kW (170cv).

APPLICATION DE COURS
Donner les principales différences entre les cycles de Beau de Rochas et de Diesel.

COMPARAISON DE CYCLES

BEAU DE ROCHAS DIESEL


PRESSION MAXIMALE 70 bars 70 bars
(durée très brève) (durée assez longue)
TEMPERATURE MAXIMALE 2600 K 2600 K
RAPPORT DE COMPRESSION 8 20,6
TRAVAIL MASSIQUE 770 kJ kg-1 1000 kJ kg-1
RENDEMENT 56,5 % 62,7 %
THEORIQUE
PUISSANCE 386 kW 125 kW

PARTICULARITES Bougie , carburateur Injecteur


carburant spécial carburant rustique

Pour mémoire : HIRN avec RESURCHAUFFE

PRESSION MAXIMALE 100 bars


TEMPERATURE MAXIMALE 950 K
TRAVAIL MASSIQUE 1600 kJ kg-1
RENDEMENT THEORIQUE 42,5 %

page 157
c/ Cycle de Sabathé ou diesel mixte ("diesel rapide ").

Combustion 22' : à volume constant.


Combustion 2'3 : à pression constante.

2'
P 3

Injection de 4
combustible

3
isochore
T

isobare
2’

1
s

2.3 MOTEURS FONCTIONNANT EN CIRCUIT FERME ENTRE DEUX SOURCES


D'ENERGIE THERMIQUE.

Ce sont des moteurs utilisant deux transformations isothermes, aux températures T1 et T2 (T1 > T2).
T
Leur rendement théorique est η = 1 − 2 . La difficulté tient dans la réalisation pratique de
T1
transformations isothermes rapides.

page 158
a/ Cycle de Carnot :
. La masse de fluide qui accomplit le cycle,
P de l'air le plus souvent, est invariable et
opère en circuit fermé.

. Le fluide reçoit ou cède de la chaleur dans


isotherme des échangeurs (source thermique).

isentropique
isentropique
isotherme

b/ Cycle d'Ericsson :

P
. Le travail fourni par un cycle de Stirling est
supérieur à celui fourni par celui d'Ericsson, lui-
même plus grand que celui du cycle de Carnot.
isotherme

isotherme

c/ Cycle de Stirling :

P
La réalisation pratique de ce moteur se heurtait à des
difficultés techniques importantes, notamment des
problèmes d’étanchéité des cylindres, qui semblent
isotherme résolues aujourd’hui. Ce moteur devrait avoir un
développement important en cogénération d’énergie
dans les maisons individuelles, en Europe.
isotherme

page 159
3 - CYCLES INVERSES

Objectifs : - production de froid,


- conditionnement thermique des locaux,
- production de chaleur avec un fort rendement.

2 systèmes : . Cycles à compression de vapeur,


. Cycles à absorption de vapeur.

3.1 CYCLES A COMPRESSION DE VAPEUR

Le fluide reçoit un travail W qui sert à T


extraire de la chaleur d'une source froide T1
(effet frigorifique) pour la transférer sur
Q1
une source chaude (effet pompe à chaleur
ou P.A.C.).

T2 Q2

3.1.1 CYCLE DE CARNOT


s
C'est l'inverse du cycle moteur.
P
On calcule l'efficacité :
q2 T2
. frigorifique : ε F = =
w cycle T1 − T2 T1
− q1 T1
. calorifique : ε PAC = = . T1
w cycle T1 − T2 T1

Le plus souvent εF et εPAC sont des isentropique


isentropique
coefficients supérieurs à 1. T2

P
3.1.2 CYCLE DE JOULE THEORIQUE

Les transformations isothermes, difficiles à


C B’ B
réaliser, sont remplacées par des isobares.

On a :
B D
w cycle = ∫ v dP + ∫ v dP isentropique
A C
car il n’y a pas de travail des parties mobiles A
en BC et DA. D T2
v

page 160
B D B D
w cycle = ∫ v dP + T ds + ∫ v dP + T ds donc : w cycle = ∫ dh + ∫ dh
A C A C

wcycle = hB – hA + hD - hC

Coefficients de performance :
q DA hA − hD
• frigorifique : εF = =
w cycle ( h B − h A ) + ( h D − h C )

−q
BC = hB − hC
• calorifique : ε PAC =
w cycle (h B − h A ) + (h D − h C )
L'installation comprend :
- un compresseur isentropique : AB
- un condenseur : BC
- un détendeur isentropique : CD
- un évaporateur : DA.
Le détendeur isentropique (turbine), coûteux et encombrant, est remplacé en pratique par un
détendeur isenthalpique.

3.1.3 CYCLE FRIGORIFIQUE PRATIQUE

DETENDEUR DE JOULE-THOMSON

CONDENSEUR EVAPORATEUR

COMPRESSEUR

P T

v s
page 161
P

h
(*) Note : la transformation CD, irréversible, non représentable en toute rigueur, est portée sur les dessins par
commodité.

B
w cycle = ∫ v dP
A

B
w cycle = ∫ v dP + T ds = h B − h A
A
hA − hD
Coefficient de performance frigorifique : ε F = .
hB − hA
h B − hC
Coefficient de performance calorifique : ε PAC = .
hB − hA

3.1.4 MODIFICATIONS DUES AU RENDEMENT DU COMPRESSEUR ET AUX PERTES


DE CHARGE.

♦ On introduit des modifications afin de :


- Garantir le fonctionnement en
P
phase vapeur du compresseur :
SURCHAUFFE.

- Assurer une liquéfaction


complète :
SOUS-REFROIDISSEMENT.

page 162
♦ La prise en compte des transformations réelles introduit des modifications supplémentaires :

• Le travail réel est effectué dans un • Il y a des pertes de charge au niveau du


compresseur non isentropique : compresseur :
w augmente, ε diminue. w augmente, ε diminue.

P P

h h

APPLICATION DE COURS

On désire chauffer un appartement avec une pompe à chaleur fonctionnant selon un cycle de
Carnot. Le condenseur est à la température de 18 °C et l'évaporateur est placé dans le courant d'eau
froide d'une rivière, à 4 °C.
a) Calculer l'efficacité de cette machine.
b) L'électricité consommée par le compresseur est produite dans une centrale thermique, avec un
rendement de 35 %. Est-il plus intéressant de brûler le fuel directement dans la pièce ou de produire
de l'électricité pour actionner la pompe à chaleur ?

page 163
APPLICATION DE COURS

Un réfrigérateur à compression utilise l'ammoniac comme fluide entre les pressions de 2,9 bars et
10 bars. Il entre dans le compresseur au point A, à la température de -10 °C. Il est comprimé de
manière isentropique jusqu'en B, puis condensé de manière isobare jusqu'en C (PC = 10 bars , TC =
25 °C), avant d'être détendu de manière isenthalpique : point D. L'évolution DA est isobare.
Représenter ce cycle sur un diagramme de Mollier. Calculer ses coefficients d'efficacité εF et εPAC.

A B C D E
P (bar) 2,9 10 10 10 2,9
T (°C) - 10 25 25 -10
X 1 1 1 0

REPONSES
Utiliser le diagramme de Mollier ci-dessous
On trouve : TB ~ 75 °C,
xE ~ 0,125
hA ~ 1,75 MJ kg-1,
d'où : εF = 6,28 et εPAC = 7,28 .
hB ~ 1,93 MJ kg-1,
hC = hD ~ 0,62 MJ kg-1.

page 164
3.1.5 PROBLEMES DUS AUX FLUIDES FRIGORIGENES
Dans les industries du froid, c'est le fluide frigorigène lui-même qui assure les fonctions de
création (frigorigène) et de transport du froid (frigoporteur). Son utilisation présente un certain
nombre d'inconvénients :
- fuites inévitables dont la détection est difficile et longue durée
de vie dans l’atmosphère,
- absorption de l'huile de lubrification,
- destruction des joints d'étanchéité,
- augmentation de l'effet de serre,
- destruction de la couche d'ozone stratosphérique par le chlore.

• L'action sur l'ozone est quantifiée par le PAOS ou potentiel d'action sur l'ozone stratosphérique (ODP
en anglais). La référence est le PAOS du R11, l'un des fluides les plus agressifs de ce point de vue.

Potentiel d'action sur l'ozone stratosphérique PAOS


de divers frigorigènes (d’après AFEAS sept. 1995)
Frigorigènes PAOS Frigorigènes PAOS
R11 * (R011) 1 R123 0,02
R12 * (R012) 0,9 à 1 R124 0,022
R22 * 0,055 R125 0
R23 0 R134a ** 0
R32 0 R141b 0,11
R113 0,8 R142b 0,065
R114 * 1 R143a 0
R115 0,6 R152a 0
R13B1 7,8 R500 0,74
R717 (NH3) 0 R502 0,33
R744 (CO2) 0 R290 (propane) 0
* : Interdiction dans les installations neuves depuis 2000, disparition complète en 2015.
** : Le R134a est un HFC destiné principalement à remplacer le CFC R12, du moins dans les
applications de froid modéré (maxi : - 10 °C), car les courbes de pression se différentient nettement
à partir de cette température et, avec le R134a, on doit augmenter la taille des installations pour
compenser les pertes de performance. Applications : réfrigération, conditionnement d'air et pompes
à chaleur. Fluide choisi officiellement par les fabricants de systèmes de climatisation automobile, le
R134a est interdit à partir de 2009 pour cette application à cause de son trop grand potentiel de
réchauffement global (PRG, voir ci-dessous). Le CO2 ou le R152a sont des remplaçants potentiels.

• L'action sur l'effet de serre est quantifiée par le PRG : Potentiel de Réchauffement Global (ou
GWP : Global Warming Power, en anglais) avec le CO2 comme référence. (e) : estimation

Potentiel de réchauffement global PRG


de divers frigorigènes (d’après AFEAS sept. 1995)
Frigorigène PRG rapporté au CO2 sur une période de :
20 ans 100 ans 500 ans
R011 500 4000 1400
R012 7900 8500 4200
R022 4300 1700 520
page 165
R113 5000 5000 2300
R114 6900 9300 8300
R115 6200 9300 13000
R13B1 6200 5600 2200 (e)
R717 NH3 0 0 0
R744 CO2 1 1 0
R123 300 93 29
R124 1500 480 150
R125 4600 2800 900
R134a 3400 1300 420
R141b 1800 630 200
R142b 4200 2000 630
R143a 5000 3800 1400
R152a 460 140 42
R500 6000 (e) 6300 (e) 3100 (e)
R502 5000 (e) 5600 (e) 6900 (e)
R290 (propane) 31 11
Le code chimique des frigorigènes : Les CFC, HCFC et HFC ont pour formule générale C(x+1) H(y-1) Fz Cl(2x+5-y-
z), les chiffres x, y et z étant, dans cet ordre, ceux de la désignation commerciale des produits. Par exemple, le R123 a
pour formule chimique : C2 H F3 Cl2 (formule brute) soit CF3 - CHCl2 et le R502 (avec y = 10) : C6 H9 F2 Cl3.

. L’Union européenne s’est engagée, dans le cadre du protocole de Montréal, à supprimer


progressivement la mise sur le marché des CFC (chlorofluorocarbones). La production et la
commercialisation des CFC vierges sont interdites en Europe depuis le 1/1/1995. Elles sont encore
autorisées dans certaines régions du monde (Afrique...)
. Les HCFC (hydrochlorofluorocarbones) sont des substances réglementées par le protocole de
Montréal et nécessaires pendant une vingtaine d’années pour effectuer la transition vers des
substances non polluantes, tout en respectant les contraintes techniques et économiques. Elles
remplacent les CFC sur les installations existantes, sans adaptation, et seront interdites en Europe à
partir de 2015.
. Les HFC (hydrofluorocarbones) sont des substances nouvelles, sans chlore, susceptibles de
remplacer à long terme les CFC dans de nouvelles installations frigorifiques dimensionnées pour
elles. Mais ces composés, inoffensifs pour l’ozone, augmentent l’effet de serre. Leurs rejets dans
l’atmosphère a beaucoup augmenté en France depuis l’an 2000 à cause du développement de la
climatisation automobile. On pourrait les remplacer par des hydrocarbures (ex : isopentane) mais il
y a alors des problèmes de sécurité, de toxicité ou d’inflammabilité.
On dispose également d’autres substances :
- l’ammoniac est très utilisé dans l’agro-alimentaire et l’industrie, mais il est toxique et
inflammable.
- Le gaz carbonique est le plus écologique de tous ces fluides mais il nécessite des pressions
très élevées : 60 bars à 20 °C, 13 bars entre 0 et –5 °C. Il est actuellement utilisé plutôt comme
fluide frigoporteur.
Tous ces produits interviennent bien sûr dans le secteur de la réfrigération et de l’air conditionné,
mais aussi dans le domaine des isolants, des solvants, des mousses et des aérosols.
En France, le parc de pompes à chaleur installées est de l’ordre de 180 000 unités et le marché se
développe au rythme d’environ 4000 nouvelles unités par an. Certaines de ces pompes à chaleur
sont à refroidissement par air ; d’autres utilisent des réseaux de tubes enterrés.

page 166
Compléments de cours

• L’effet de serre
La Terre reçoit de la part du soleil un rayonnement important, principalement dans le domaine
visible du spectre électromagnétique et rayonne à son tour vers l’espace, mais dans le domaine
infra-rouge. L’atmosphère de la Terre contient des gaz qui absorbent en partie ce rayonnement
infra-rouge (vapeur d’eau H2O et gaz carbonique CO2, surtout) et le renvoient vers le sol, c’est
l’effet de serre. Ces gaz font que la température de l’atmosphère près du sol est de 15 °C, au lieu de
- 18 °C sans eux. C’est donc un effet bénéfique pour la vie sur Terre.
Mais, en brûlant des combustibles fossiles et en créant de nouveaux procédés industriels, l'activité
humaine a fait augmenter l’effet de serre existant. Les six gaz responsables de cette augmentation
de l’effet se serre sont : gaz carbonique, méthane, protoxyde d'azote, hydrofluorocarbones,
hydrocarbures perfluorés, hexafluorure de soufre. C’est cette augmentation de l’effet de serre qui
pose problème.
Les prélèvements d’air préhistorique faits dans la calotte glaciaire confirment une étroite corrélation
entre teneur en CO2 et température sur plusieurs centaines de milliers d'années. Depuis 1850, la
température moyenne de l’air au voisinage du sol a augmenté de 0,4 °C à 0,8 °C, parallèlement à la
concentration des gaz à effets de serre : + 30 % pour le CO2. Les prévisions du Groupe International
d’Experts sur le Climat (GIEC) tablent sur un réchauffement de 1,4 °C à 5,8 °C d'ici 2100. C'est un
bouleversement considérable, dont les conséquences ne sont pas toutes connues mais qui se feront
sentir partout sur la planète et modifieront grandement notre environnement. Aujourd'hui, les premiers
signes de ce réchauffement de la planète sont déjà visibles : canicules, inondations, désertification,
floraisons précoces, fontes importantes des glaces arctiques et antarctiques, réduction des glaciers de
montagne, migrations d’insectes vers le Nord, dissémination des maladies…

• L'appauvrissement de l’ozone stratosphérique


L’ozone est un gaz de couleur bleue, de formule O3, présent un peu partout dans l’atmosphère à
faible dose mais un peu plus concentré dans la stratosphère, vers 25 km d’altitude, où il absorbe une
partie des rayons ultraviolets du soleil, les UVB. L’ozone protège de ce fait les organismes vivants à
la surface de la terre. Il est détruit dans la stratosphère par le chlore contenu dans des fluides
frigorifiques, les CFC, appelés fréons, que rejettent différents appareils industriels. La couche
d’ozone une fois réduite permet le passage des rayons ultraviolets qui déclenchent à leur tour des
cancers cutanés. Ceci est nettement sensible aux antipodes, en Australie par exemple, où les
habitants s’abritent en permanence des rayons solaires.
Des mesures internationales prises en 1987 (Protocole de Montréal) pour protéger la couche
d’ozone ont permis de réduire la production de ces fréons de 80 à 90 % pour les remplacer d’abord
par des HCFC puis par des HFC. Mais le décalage entre les mesures politiques et les processus
atmosphériques est tel qu’on a dû attendre 2002 pour constater enfin l’arrêt de l’accroissement de la
teneur en fréons dans la stratosphère. On estime que la destruction de l’ozone stratosphérique aurait
atteint son maximum en 1998 et diminuerait par la suite. Si les engagements internationaux sont
tenus, si les pays en voie de développement cessent leur production autorisée (Chine et Inde,
notamment) et si la lutte contre la contrebande est efficace (10 000 t/an, actuellement), la
restauration de la couche d’ozone interviendrait vers 2050.
NB : il existe aussi au voisinage du sol une couche d’ozone, dit troposphérique, produit par des
réactions chimiques entre les résidus de combustion des hydrocarbures et l’action du soleil. Cette
production est importante en été, là où le rayonnement solaire est fort. Cet ozone est un polluant,
dangereux à respirer quand il dépasse une certaine teneur (alerte de pic d’ozone), et il n’améliore en
rien la restauration de l'ozone stratosphérique.

page 167
3.2 CYCLE INVERSE A ABSORPTION DE VAPEUR

CONDENSEUR CONDENSEUR
q' > 0
q1 < 0 q1 < 0
CHAMBRE
D'EVAPORATION
(I) ( II ) N
COMP
( II )
W>0 POMPE
W>0

CHAMBRE
q2 > 0 q2 > 0 D'ABSORPTION

EVAPORATEUR EVAPORATEUR

Pour réduire le travail de compression : (I), on liquéfie le fluide en le faisant absorber par un liquide
dans une chambre d'absorption. Ceci permettrait l'utilisation d'une pompe au lieu du compresseur :
(II).

CONDENSEUR (III) : En pratique, la compression


q' > 0 s'effectue seule, par élévation de
q1 < 0 température au contact de l'air ambiant,
CHAMBRE et aucun appareil mécanique n'est
D'EVAPORATION nécessaire.

( III )

Le fluide utilisé le plus souvent est de


CHAMBRE l'ammoniac et l'absorbant est de l'eau
q2 > 0 D'ABSORPTION liquide. La séparation du gaz et de son
absorbant liquide nécessite un apport
d'énergie q', à la température T'.
EVAPORATEUR

1er principe : q1 + q2 + q' = 0


q1 q 2 q '
2ème principe : + + =0 (si le fonctionnement est réversible)
T1 T2 T'
d'où :
q2 T2  T1  T1  T1 
ηF = = 1 −  ηPAC = 1 − 
q' T1 − T2  T'  T1 − T2  T' 

page 168
L'efficacité maximale est obtenue lorsque le cycle est réversible et que la température T' est très
supérieure à T1.
Le cycle à absorption présente un rendement moins bon que le cycle à compression. Il ne se
justifie que si :
- on dispose d'une source de chaleur gratuite (énergies solaire, géothermique..),
- on ne désire par alimenter un compresseur (camping).

APPLICATION DE COURS

Un réfrigérateur fonctionne selon un cycle de Carnot entre les températures de 27 °C et -10 °C.
Calculer son coefficient d'efficacité εF selon qu'il est à compression de vapeur ou à absorption. La
température de la chambre d'évaporation est de 227 °C.

page 169
**************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
*****************************************************
ENERGETIQUE Chapitre VII (réponses au verso )
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

VII-1 M c 6
T
On montre dans le cours que, pour un fluide
diphasé suivant un cycle de Carnot, on a :
h − hC
ηcycle = 1 + D
hB − hA
Démontrer, à partir de cette formule, que :
T
ηcycle = 1 − 2 .
T1
s

VII-2 M c

Démontrer que, pour un gaz parfait suivant un cycle Beau de Rochas, le rendement du cycle s'écrit :
ηcycle = 1 − rc1− γ , rc étant le rapport de compression volumétrique.

VII-3 D c

Démontrer que, pour un gaz parfait suivant un cycle de Diesel, le rendement du cycle s'écrit :
1 rd − γ − rc − γ
ηcycle = 1 − , rc et rd étant les rapports volumétriques de compression et de détente.
γ rd −1 − rc −1

VII-4 M

Pour mettre en place une unité de production d'électricité, on étudie un cycle de Hirn en
raisonnant sur une masse de 1 kg d'eau et en considérant que les transformations sont réversibles.
Les pressions extrêmes du cycle sont : 0,1605 atm et 70,539 atm .
La température extrême de surchauffe est de 600 °C. On prendra : 1 bar ~ 1 atm ~ 1 kgf/cm2 et on
assimilera 70 et 70,54 atm , 0,16 et 0,1605 atm.

1°) Représenter ce cycle sur les diagrammes P,v et h,s . Pour cela, on prendra la lettre A pour le
liquide entrant dans la chaudière et les lettres suivantes pour les autres points caractéristiques du cycle.

1
Symboles : c : avec correction complète ( sinon, résultats seulement ) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile.

page 170
2°) Calculer les coordonnées du cycle :

Coordonnées A B etc.
P
T
x
h
s

3°) Calculer le travail du cycle et son rendement.

4°) Quel débit de vapeur faudrait-il pour produire 300 MW (1 MW = 106 W), sachant que
l'alternateur couplé à la turbine possède un rendement de 90% ?

NB : Les tables thermodynamiques sont indispensables pour résoudre ce problème .

VII-5 M-D c

1°) Le cycle de Carnot est peu employé dans la pratique pour réaliser un moteur, bien qu’il possède
le meilleur rendement possible. A cela il y a des raisons que vous exposerez brièvement.
2°) On se propose d’explorer en détail l’une de ces raisons en considérant qu’un kilogramme d’air
effectue un cycle de Carnot réversible dans le sens moteur. Le point de départ est le point A (T2 = 300
K, constant dans tout le problème) puis le gaz subit une compression isotherme amenant à l’état B,
suivi d’une compression isentropique : point C où le volume est le plus faible du cycle. Ensuite une
chaudière isotherme, à la température T1 permet la détente du gaz jusqu’au point D et une détente
isentropique ramène celui ci en A.
a) Sachant que la contrainte est le rapport volumétrique de compression a = VA/VC = 10, donnez
l’expression du travail du cycle en fonction de a et des températures du cycle T1 et T2.
b) Déterminer la position de l’extremum et exploitez votre résultat en traçant sommairement la
courbe Wcycle = f (T1) dans la gamme 300 à 800 K (1 point tous les 100 K). Signalez sur la courbe
les zones qui ont une signification physique et celles qui n’en ont pas.
(NB : pour interpréter correctement, on aura intérêt, lors de la résolution, à poser x =
T1/T2).
c) Dans quelle zone de la courbe se placera t on si on cherche, comme c’est l’usage, un compromis
entre bon rendement et travail massique important ? Comparez le travail maximum, en J kg-1,
qu’on peut obtenir de ce cycle avec les ordres de grandeur qu‘on connaît pour le travail massique
d’un cycle Beau de Rochas, de Diesel et de Hirn. Quelles conclusions peut on en tirer ?
3°) Pour améliorer le travail massique, on envisage d’augmenter le rapport volumétrique de
compression jusqu’à la valeur de 400, une valeur intermédiaire entre celle d’un cycle de Diesel et celle
d’un cycle de Hirn.
a) Calculer les valeurs des pressions volumes et températures des points A et C et présenter les
résultats sous forme d’un tableau récapitulatif.
b) Quel problème technique voyez vous pour atteindre ces valeurs ?

Comme il s’agit d’une évaluation des possibilités du cycle et malgré des pressions parfois un peu
élevées, l’air sera considéré comme un gaz parfait avec : γ = 1,4 et r = 286.7 J kg-1 K-1. On prendra
dans la troisième partie PA = 1 bar.

page 171
REPONSES

VII-1 M c

D
hD - hC = QCD = ∫ L dx = L2 (T2) (xD - xC)
C
hB - hA = L1(1-0) = L1 (T1)

hD − hC L (T ) ( x D − x C )
η = 1+ = 1+ 2 2
hB − hA L1 (T1 )

L1 x B L2 x C
De B à C (isentropique) :Cl Ln T1 + = Cl Ln T2 +
T1 T2
L2 x D
de A à D (isentropique) : Cl Ln T1 = Cl Ln T2 +
T2
T2  T1 L1  T2  T1 
D'où : xC = C l Ln T + T  et xD = C l Ln T 
L2  2 1 L2  2

L1 T2 L2
xD - xC = et (x D − x C ) = − L 2 L1 T2 = − T2
T1 L 2 L1 L1 T1 L 2 T1
T
d'où η = 1 − 2
T1

VII-2 M c

− w cycle
η=
q1
q1 = Cv (T3 - T2)
q2 = Cv (T1 - T4)

q1 + q 2 q T − T1
η= =1+ 2 =1− 4
q1 q1 T3 − T2
Comme s = constante de 1 à 2 et de 3 à 4 ⇒
γ −1 γ −1 γ −1
T2  v1  T3  v 4  v 
=  et =  =  1 
T1  v 2  T4  v3   v2 
T2 T3 T T T −T T T
= ⇒ 4 = 1 = 4 1 ⇒ η = 1− 4 = 1− 1
T1 T4 T3 T2 T3 − T2 T3 T2
v1
η = 1 − rc1− γ avec =r
v2 c

page 172
VII-3 M

− w cycle q + q2 q q1 = C p (T3 − T2 )


η= = 1 =1 + 2 
q1 q1 q1 q 2 = C v (T1 − T4 )

q2 cv  T4 − T1 
=  
q1 c p  T3 − T2 
γ −1
γ −1
T P  γ v 
s = cons tan te ⇒ 2 =  2  =  1  = rc γ −1
T1  P1   v2 
γ −1
γ −1
T3  P3  γ v 
=   =  4  = rd γ −1
T4  P4   v3 

⇒ T2 = T1 rc γ −1 ; T3 = T4 rd γ −1
1− γ
T1 T2  rc 
T3 − T2 = rd ( γ −1
T4 − rc )(T1 γ −1
=
T4 T3  rd 
)
T4 − T1 T − T1 1 − T1 / T4
= γ −1 4 1
=
T3 − T2 rd T4 − rc γ −
T1 r γ −1 − r γ −1 T1
d c
T4
T2 v 2 v 4 v 2 r
isobare ⇒ = = . ( puisque v1 = v 4 ) = d
T3 v 3 v 3 v1 rc
1− γ −1 1− γ −γ
T1 rd  rc  r   rc  r 
=   =  c    =  c 
T4 rc  rd   rd   rd   rd 

−γ
r 
1−  c 
r 
T4 − T1
=  d
T3 − T2 −γ
γ −1 r
rd γ −1
− rc  c
r 
 d
−γ −γ
1 rd − rc
ηDIESEL = 1 −
γ r −1 − r −1
d c

page 173
VII-4 M

VII-5
1°) Isothermes difficiles à réaliser avec un gaz, travail massique faible, pressions très élevées si on
veut de hautes températures, compatibles avec un bon rendement.
2°) a) Avec wcycle = - qcycle et les isentropiques (T2 vAγ-1 = T1 vDγ-1 etc..), on obtient :
 1 

 T −1   γ
w cycle = r (T2 − T1 ) Ln a  2  
T
  1  
C’est un travail négatif, comme on pouvait s’y attendre, car T2 < T1 et Ln [ ] > 0.
b) On obtient :
dw cycle r T  r T2 r
= − r Ln a − Ln  2  − + =0
dT1 γ − 1  T1  γ − 1 T1 γ − 1

page 174
Soit :
1 T
− Ln x + − 1 + ( γ − 1) Ln a = 0 avec x = 1
x T2

La résolution de cette équation donne x = 1.6773 pour un travail négatif maximum, soit T1 = 503.2
K, et, au-delà de T1 = 754 K, le travail devient positif (théoriquement impossible car c’est un cycle
moteur). Dans l’intervalle 300 à 800 K, le travail croît négativement, décroît puis devient
faiblement positif entre 754 et 800 K (zone sans signification physique).

c) Le compromis à trouver correspond à la zone où le travail est un peu moins grand que le travail
maximum et le rendement un peu plus grand que ce qu’il serait pour ce travail maximum. Par
exemple, T1 = 550 K. Le point important est que le travail massique ne dépasse jamais 59 kJ kg-1.
C’est une valeur très faible, comparée aux 770 kJ kg-1 du cycle Beau de Rochas, aux 1000 kJ kg-1
du cycle Diesel ou, encore pire, aux 1600 kJ kg-1 du cycle de Hirn avec ressurchauffe ! ! Et comme
T1 n’est pas très élevée, le rendement n’est pas très bon non plus. Donc, même en dehors des
problèmes de réalisation pratique, ce cycle ne présente pas d’intérêt.
3°) Avec a = 400 et PA = 1 bar, on obtient le travail maximum pour T1 = 1483 K et donc :

A C
P (Pa) 105 1977 105
v (m3 kg-1 ) 0.86 0.00215
T (K) 300 1483

La pression nécessaire au point C est impossible à atteindre. Et le rapport de compression de 400 est
peu commode à réaliser avec un gaz pur (ce le serait avec une vapeur condensable). C’est dommage
car le travail massique a beaucoup augmenté, atteignant enfin une valeur convenable (wcycle = - 677
kJ kg-1), quoique un peu faible devant celle du cycle de Diesel ou de Hirn. Seul le rendement serait
vraiment bon (79.8 % pour T1 = 1483 K).

page 175
SECONDE PARTIE :

THERMODYNAMIQUE HORS
D'EQUILIBRE

INTRODUCTION

La THERMODYNAMIQUE A L'EQUILIBRE (chapitres I à VII) étudie les possibilités de conversion


d'énergie - notamment celles de l'énergie thermique - et leurs conséquences, et se limite à cela.
Ainsi, le second principe pose que la chaleur transfère spontanément depuis la source chaude vers la
source froide mais ne précise pas de quelle manière s'effectue ce transfert (qui est irréversible de
toute façon et donc hors d'équilibre).

C'est l'objet de la THERMODYNAMIQUE HORS D'EQUILIBRE (chapitres VIII à X) de détailler les


mécanismes des processus irréversibles, et en particulier des transferts d'énergie thermique, et d'en
préciser la vitesse.

1 HYPOTHESES
1.1 TEMPERATURE
La température est une variable d’état qui caractérise le degré plus ou moins grand d’agitation des
particules de la matière qu’on étudie. C’est une grandeur statistique qui correspond à une moyenne
et, par exemple, la température d’une particule ou celle d’un point géométrique (au sens
mathématique) ne sont pas définies.
Il faut donc qu’il y ait ‘suffisamment’ de matière pour que la notion de température ait un sens. Ce
‘suffisamment’ introduit le domaine mésoscopique, intermédiaire entre les domaines microscopique (pas
assez de particules) et macroscopique (plus qu’assez). Compte tenu de la valeur énorme du nombre
d’Avogadro (6 1023), le domaine mésoscopique habituel couvre la zone de quelques centaines de nm à
quelques µm. La dénomination ‘température d’un point’ sous entend donc ‘température d’un très petit
volume autour du point considéré, mais suffisamment grand pour que la moyenne statistique ait un sens’.

1.2 E. T. L.
Les phénomènes de transfert thermique sont irréversibles par nature et le système étudié est
nécessairement hors d’équilibre thermodynamique. Pour pouvoir néanmoins représenter ces
phénomènes grâce à des fonctions continues de l’espace et du temps, il faut :
- que les variables et fonctions d’état soient définies. On a vu que c’est le cas depuis l’échelle
mésoscopique jusqu’à notre échelle macroscopique.
- que les variations de ces fonctions de l’espace et du temps soient assez faibles. Pour cela, on
suppose que chaque état du système est très voisin d’un état d’équilibre thermodynamique et qu’on
peut le décrire localement et instantanément comme s’il était en équilibre. C’est l’équilibre
thermodynamique local, ou ETL. Les transformations sont donc supposées quasi-statiques, à défaut de
réversibles.

page 176
1.3 PRESSION
La plupart des systèmes étudiés sont en contact avec l’air et les transformations se produisent
alors à la pression atmosphérique. On les considérera comme monobares. Ceci permettra, en
particulier, de définir la capacité calorifique (CP).

2 LES DIFFERENTS MODES DE TRANSFERT THERMIQUE

En pratique courante, on distingue 4 modes de transfert thermique :


- transfert thermique par conduction,
- transfert thermique par convection,
- transfert thermique par rayonnement thermique,
- transfert thermique par transition de phase.
. Parmi ces 4 modes, le véritable transfert thermique est toujours dû à la CONDUCTION : un flux
d'énergie interne se propageant par contact.

. La CONVECTION associe au transfert conductif un transport de matière. Ceci augmente


considérablement la valeur du flux, mais le mécanisme de base reste celui de la conduction. Ainsi, le
transport d’énergie thermique (un fluide chaud se déplaçant dans une conduite, par exemple) qui vaut
Q = m Cp ∆T n'est pas considéré comme un transfert thermique s'il n'est pas associé à de la
conduction.

. Le RAYONNEMENT THERMIQUE est de l'énergie électromagnétique. Il est d'origine thermique mais


ce n'est pas un transfert thermique. En pratique, il est souvent considéré comme tel par commodité.

. La TRANSITION DE PHASE (liq / vap, le plus souvent) n'est pas non plus un transfert thermique. Mais
elle peut participer à l'équation de bilan comme gain ou perte thermique et elle est associée aux
transferts thermiques à ce titre. La transpiration, par exemple, occasionne une perte qui fait partie
de la régulation thermique humaine.

Par souci didactique, ces 4 modes de transfert thermique sont étudiés dans ce cours séparément :
transition de phase au chapitre VI, conduction et convection au VIII, rayonnement au IX.
Dans la réalité, le plus souvent, ils interviennent simultanément.

3 CHALEUR
La chaleur étant une énergie thermique en transfert à la frontière du système, on s’abstiendra de
raisonner en ‘transfert de chaleur’, même si cette expression – commode - est passée dans le
langage courant.
J
3.1 FLUX ET DENSITE DE FLUX
On appelle flux thermique dΦ la puissance thermique (énergie interne)
r r
traversant une surface dS, orientée par une normale n : dΦ = J . n dS
r r r dS
Si la surface S est fermée, on a : dΦ = - J . n dS, n étant alors le vecteur n
unitaire de la normale orientée vers l’extérieur du volume délimité par S.
J est le vecteur densité de flux et son caractère vectoriel implique une direction de transfert. Pour la
conduction thermique, nous verrons qu’elle est donnée par – grad T. Pour le rayonnement, la

page 177
propagation pouvant se faire dans toutes les directions, on définira un flux et une densité de flux
hémisphériques.
Entre deux instants consécutifs, on a : δQ = Φ dt.

3.2 Régime de propagation


Lorsque la température dépend du temps, on dit que le régime thermique est variable ou
transitoire. Lorsqu’elle n’en dépend pas, le régime est dit permanent ou stationnaire. Ceci a été
discuté au paragraphe 2.4 du chapitre I.

3.3 Bilan thermique


Le bilan thermique résulte de l’application du premier principe de la thermodynamique : il n’y a
jamais et nul part création d’énergie totale.
Pour le système considéré : pendant un instant dt, l’énergie thermique qui entre, plus,
éventuellement, l’énergie thermique générée à l’intérieur (effet Joule, par exemple), moins l’énergie
qui sort, tout cela égale l’énergie stockée (ou déstockée). Il en résulte une modification dT de la
température du système, pendant ce même instant dt.

page 178
CHAPITRE VIII :

ETUDE ELEMENTAIRE
DES TRANSFERTS THERMIQUES
A TRAVERS LA MATIERE

Le transfert thermique dans la matière résulte d'une répartition non uniforme des températures à
travers celle-ci. Il en existe deux modes selon que la matière est immobile (transfert conductif) ou
en déplacement (transfert convectif).

. LE TRANSFERT CONDUCTIF concerne essentiellement les solides et accessoirement les fluides


maintenus artificiellement immobiles (difficile à réaliser).

. LE TRANSFERT CONVECTIF apparaît à l'intérieur des fluides en mouvement et également à l'interface


solide / fluide. On en distingue deux formes :
-La convection naturelle ou libre : le mouvement du fluide est provoqué par la
différence de densité, elle-même résultant d'une différence de température.
-La convection forcée : le fluide est mis en mouvement grâce à un appareil (pompe,
ventilateur ..). Son déplacement est alors peu influencé par les différences de température.
L'écoulement en convection forcée peut être :
- laminaire,
- turbulent.

1. TRANSFERT THERMIQUE A TRAVERS LA MATIERE IMMOBILE :


TRANSFERT CONDUCTIF (CONDUCTION OU DIFFUSION THERMIQUE)

1.1 EQUATION DE LA CONDUCTION EN REGIME


QUELCONQUE DANS UN MILIEU ISOTROPE

La conduction est un transfert d'énergie interne par simple contact. C'est un phénomène
irréversible dont les lois ont été données par J. Fourier (Traité analytique de la chaleur, 1822).

1.1.1 LOI DE FOURIER

C'est une approximation linéaire valable au premier ordre pour des gradients de température
suffisamment faibles et pour un système en équilibre thermodynamique local (ETL). On écrit :
J = - λ grad T , expression dans laquelle :
φ
. J est la densité de flux, ou flux (φ) par unité de surface (S) : J = , en W m-2.
S
. Le signe - provient de la convention : J > 0. La densité de flux est comptée positivement dans
le sens d'écoulement de la chaleur, c'est à dire vers les températures décroissantes.

page 179
. λ est la conductivité thermique du matériau considéré, un terme positif dont voici quelques
valeurs à température ambiante :

Matériau λ (W m-1 K-1) Matériau λ (W m-1 K-1)


Argent 430 Eau 0,6
Cuivre 390 Hydrogène 0,19
Aluminium 230 Bois 0,08 à 0.2
Fer 80 Laine de verre 0,040
Acier Inox 20 Oxygène 0,027
Verre 1 Air sec 0,024
Béton 0,80 Gaz carbonique 0,017

De manière générale, la conductivité thermique dépend de la direction considérée (ex : béton armé),
de l'humidité éventuelle du matériau (ex : bois ) et de sa température (dessin ci-dessous).

Dans le cadre de ce cours, Conductivité thermique (W m-1 K-1)


on supposera le plus souvent que les
milieux étudiés sont homogènes, secs, et
que l'intervalle de températures est assez
restreint pour qu'on puisse négliger la
variation de λ avec la température.
La conductivité d'un matériau sera donc
le plus souvent considérée comme
constante.
Par ailleurs, on sait que :
- le transfert s'effectue toujours des
points les plus chauds vers les points les
plus froids (second principe),
- le gradient de température en chaque
point est normal à la surface isotherme
passant par ce point, la surface isotherme
étant le lieu des points de l'espace où la
température est constante. T (K)

1.1.2 SOURCES INTERNES DE CHALEUR


Dans certains cas (par exemples : conducteurs électriques, réacteurs chimiques ou nucléaires ), il
y a production locale d'une chaleur q par une source interne; par définition, q est la puissance
produite par unité de volume, en W m-3.

page 180
1.1.3 EQUATION DU TRANSFERT THERMIQUE PAR CONDUCTION

a) Transfert en régime transitoire

a1) Propagation unidirectionnelle


Utilisant le premier principe, on fait un bilan énergétique sur un élément de volume défini par x et x
+ dx et par une section fixe isotherme : dS = dy dz.

T (x) T (x+dx)

J (x) q J (x+dx)

x x+dx

(J (x) - J (x+dx) dy dz dt + q dx dy dz dt = m C dT = dx dy dz ρ C dT
avec ρ : masse volumique et C : chaleur massique.

∂T  ∂T 
En développant avec J(x) = - λ   et J(x+dx) = - λ  
 ∂x  x  ∂x  x + dx
et en supposant que λ, ρ et C sont indépendants de T,

∂T  ∂ 2T 
on obtient : ρ C =λ +q .
∂t 2
 ∂x 
Cette équation n'est pas invariante par remplacement de t en -t, contrairement à ce qui se produit
pour les équations de propagation habituelles. Cela traduit l'irréversibilité de la conduction
thermique.
En outre, les variables d'espace jouent un rôle plus marqué que les variables de temps. C'est une
caractéristique des phénomènes diffusifs. En effet, on peut écrire l'équation sous la forme :

∂T  ∂ 2T  q
= DQ  +
∂t 2
 ∂x  ρ C

λ
On appelle diffusivité thermique, le terme DQ = , qui est une caractéristique du matériau.
ρC
L'équation a alors une forme tout à fait générale, typique d'un phénomène de diffusion : la chaleur
ne se déplace pas comme une onde mais diffuse à travers le matériau.

page 181
a2) Propagation tridirectionnelle dS

Considérons un milieu matériel immobile de capacité calorifique C et de


masse volumique ρ, dans lequel est générée, par unité de volume, une
puissance thermique q. Définissons un volume V, limité par une surface
r n
fermée S et une surface élémentaire dS, de normale n orientée vers
l'extérieur, que traverse un flux d'énergie thermique JQ (x,t). V

Le premier principe permet d'écrire le bilan d'énergie dans le volume V :


S
l'énergie transférée par la surface + l'énergie engendrée dans le volume =
l'énergie stockée ou déstockée dans le volume.
r r
• L'énergie transférée par la surface dS vaut dQ = - J Q . n dS dt
→ r
Soit pour la surface totale ∫Σ λ grad T . n dS dt , qui vaut d'après le théorème d'Ostrogradski

∫V div ( λ grad T) dV dt
• L'énergie engendrée dans le volume vaut : ∫V q dV dt
∂T
• L'énergie stockée dans le volume vaut : ∫V ρ C dV dt
∂t
• Etablissons l'égalité en supprimant dt :
∂T →
∫V ρ C dV = ∫V div ( λ grad T ) dV + ∫V q dV , soit encore :
∂t
∂T
ρC = div (λ grad T) + q
∂t
C'est l'équation la plus générale de la conduction thermique.

a3) Conductivité constante


Si le milieu est homogène et si la conductivité ne dépend pas de la température, on a :
div (λ grad T) = λ (div grad T).
Puisque div grad T = laplacien ∆T , on peut écrire :

∂T λ q ∂ 2T ∂ 2T ∂ 2T
= ∆T + avec : ∆T = + +
∂t ρC ρC ∂x 2 ∂y 2 ∂z 2

a4) Différents types de régime

. Si la température ne varie pas avec le temps, le régime est dit permanent.


. Si de plus q = 0 , l'énergie interne se conserve.
. Si le régime est permanent et que l'énergie interne se conserve, alors le flux se conserve
également.

page 182
b) Transferts en régime permanent

∂U ∂T
• Par définition : =0 , =0 .
∂t ∂t
• Si q≠0 ⇒ q
∆T + = 0 : équation de Poisson.
λ

. Si q = 0 ⇒ ∆T = 0 : équation de Laplace.

∂ 2T 2 ∂T
.Notes : Laplacien en coordonnées sphériques : ∆T = +
2 r ∂r
∂r

∂ 2T 1 ∂T ∂ 2T
Laplacien en coordonnées cylindriques : ∆T = + +
∂r 2 r ∂r ∂x 2

1.2 APPLICATIONS DE L'EQUATION DE LA CONDUCTION

Il n'existe pas de solution générale aux équations de transfert thermique par conduction. Il faut
traiter chaque cas séparément et la difficulté du problème à résoudre dépend le plus souvent de la
complexité des conditions initiales et aux limites.

1.2.1 TRANSFERTS EN REGIME PERMANENT

a) A travers une paroi plane

q=0 , ST = constante.
T1
Normale à la surface orientée dans le sens du
transfert thermique.

Propagation unidirectionnelle.

λ  ∂ 2T 
R.P. ⇒  =0
T2 ρ C  ∂x 2 

∂T
= constante
∂x
e x
0 ∂T
φ= −λ S = constante
∂x
Rth
φ=
λ
(T1 − T2 ) S , d'où : T1 − T2 = e φ
e λ S
e 1
R th = correspond à la résistance thermique.
λS
On écrit parfois aussi : φ = U S (T1 - T2) où U est le symbole choisi pour le coefficient global de
conduction par unité de surface.

page 183
b) Transfert radial dans un tube

q = 0.
x
Température constante le long de l'axe xx'.
r
Conduction seule : T1 et T2 sont fixées et T1 > T2.

Normale à la surface orientée dans le sens du transfert thermique.


L
∂T λ  ∂ 2T 1 ∂T ∂ 2T 
=  + + 
∂t ρ C  ∂r 2 r ∂r ∂x 2 
r1
T1 ∂T ∂ 2T
avec = 0 (RP) et = 0 (symétrie).
r2 ,T2 ∂t ∂x 2
x'

d 2T
1 dT 1 dT dT
D'où : + = d (r ) = 0 ⇒ r = constante
2
r dr r dr dr
dr
dT
Comme φ = − λ 2 π L r , on en déduit φ = constante, tandis que J ≠ constante.
dr

D'où par intégration : T 1 - T2 = φ


1 r
Ln 2 ou bien φ = 2π L λ
(T1 − T2 )
2πLλ r1 r
Ln 2
r1
1 r
avec Rth = Ln 2
2πLλ r1

1.2.2 TRANSFERTS EN REGIME TRANSITOIRE


Les conditions aux limites sont rarement des températures imposées, car c'est très difficile à
réaliser. Le plus souvent, elles sont déterminées par les échanges à la frontière, par convection ou
(et) rayonnement. On en donnera un exemple au paragraphe suivant.

1.3 ANALOGIE ELECTRIQUE

Il y a analogie formelle entre les lois d'Ohm et de Fourier (voir chapitre X), d'où les notions
similaires de conductances et de résistances électriques et thermiques.

ELECTROCINETIQUE THERMOCINETIQUE
Ecoulement de charges δq de chaleur δQ
Conductivité σ λ
Densité de courant, flux J = - σ grad V J = - λ grad T
Equation en régime α q
∆V + = 0 ∆T + = 0
permanent : ε λ
Loi d'Ohm, de Fourier V2 - V1 = Relect Ielect T2 - T1 = Rtherm φtherm
Résistance Relect = longueur/(σ S) Rtherm = longueur/(λ S)

page 184
avec, pour l'électricité, J : densité de courant, σ : conductivité, V : potentiel, α : densité volumique
de charge, ε : permittivité.

Les bons conducteurs électriques sont, le plus souvent, de bons conducteurs thermiques. Pour les
métaux, la loi de Wiedemann-Franz donne la relation entre les deux conductivités :
λ π2k 2
= T ≈ 2,5 10-8 T où e est le charge de l'électron et k la constante de Boltzmann. Cette loi
σ 3e 2
n’est pas valable pour les non-métaux. Par exemple, le diamant est un bon conducteur thermique et
un mauvais conducteur électrique.
Le concept de résistance thermique est très fréquemment utilisé dans l'étude de la conduction, en
régime permanent. On peut également l'utiliser en convection et en rayonnement.
Il faut noter cependant que l'éventail des valeurs des conductivités électriques (dans un rapport de
1023 environ) est beaucoup plus grand que celui des conductivités thermiques (104 environ).
Contrairement à ce qui se passe en électricité, il n'existe pas de bon isolant thermique, seulement de
plus ou moins bons conducteurs.

1.4 REMARQUE SUR LES UNITES

Les unités internationales n'ont pas encore remplacé, dans certains domaines, des unités plus
anciennes, notamment les unités M.K.H.
unités S.I. unités M.K.H.
φ W kcal heure-1
J W m-2 kcal heure-1 m-2
λ W m-1 K-1 kcal heure-1 m-1 K-1

1.5 RESISTANCE DE CONTACT


Le contact entre deux solides peut être idéal (parfait) ou réel (imparfait).
. Si le contact entre les deux parois solides est parfait, la distribution des températures subit une
simple réfraction au passage de l'interface, où il y a :
- continuité des températures,
- égalité des flux, en régime permanent si q = 0.
. Si le contact est imparfait, on observe, en régime permanent, une brusque discontinuité de la
∆T
distribution de températures ∆T sur une faible distance : il existe une résistance de contact RC = .
φ
A l'interface, on conserve l'égalité des flux en régime permanent si q = 0.

page 185
1.6 MECANISMES DE LA CONDUCTION THERMIQUE
Il faut distinguer le cas des fluides de celui des solides car les porteurs d’énergie interne, qui sont
à l’origine du transfert thermique, sont différents.

1.6.1 LES GAZ


Les porteurs d’énergie sont ici les particules elles mêmes (molécules ou atomes). Chauffer un gaz
revient à augmenter l’énergie d’agitation moyenne de chacune de ses particules, énergie qui vaut
u(T) = 3/2 kT si on les considère comme un gaz parfait en déplacement.
Le transfert thermique résulte de la non uniformité de cette agitation et il s’effectue à l’occasion
des nombreux chocs entre ces particules. On pourrait le considérer comme un transfert d’énergie
cinétique.
La conductivité thermique d’un gaz dépend de sa nature. Elle est en approximativement
proportionnelle à T et indépendante de la pression, sauf pour les vapeurs saturées, dans la gamme
0.01-10 bars. Elle dépend de la pression pour des valeurs très basses (10-3 bar) ou très élevées de
celle-ci.
La conductivité des gaz étant très faible, la conduction est ici le plus souvent masquée par la
convection.

1.6.2 LES LIQUIDES


Le mécanisme de conduction est comparable à celui des gaz mais les valeurs des paramètres sont
différentes et la conductivité des liquides est, en général, bien supérieure à celle des gaz.

1.6.3 LES SOLIDES


- Pour les solides cristallisés, la première cause de la conduction thermique est une vibration des
ions du réseau cristallin, autour de leurs positions d’équilibre, qu’on appelle phonon. Plus
précisément, le phonon est une particule fictive représentant le quantum d’énergie de vibration du
milieu conducteur. Les phonons excitent d’autres phonons et il y a propagation d’énergie interne de
proche en proche.
- La seconde cause est attribuée aux électrons de la bande de conduction, le mécanisme de
conduction électronique ressemblant un
peu à celui existant pour un gaz parfait.
On a : λ = λelect + λvibra.
Pour les métaux, aux températures usuelles, la contribution électronique est la plus importante.
Comme les mécanismes électroniques déterminent aussi la conduction électrique, on comprend
pourquoi un métal bon conducteur thermique est aussi bon conducteur électrique (voir loi de
Wiedemann-Franz).
Pour les isolants thermiques, c’est le transfert dû aux phonons qui est prépondérant.

1.7 LES LIMITES DE LA LOI DE FOURIER


- La loi de Fourier est une loi phénoménologique. Elle constitue une approximation linéaire de la loi
de conduction thermique, valable seulement au premier ordre pour des gradients de température
suffisamment faibles. Mais son importance pratique est considérable.
- Cette loi suppose une réponse instantanée du milieu conducteur à une perturbation de température.
En fait les porteurs élémentaires, responsables du phénomène de conduction, se déplacent à vitesse
finie, mais très grande en général. Par exemple, on a des temps de réponse (relaxation après
page 186
perturbation) τ de l’ordre de 10-10 à 10-11 s dans un métal bon conducteur. Cependant une
perturbation thermique par laser, par exemple, peut prendre en défaut la loi de Fourier si
l’impulsion du laser a une durée encore plus brève (par ex 10-12 s). Une autre possibilité est le cas
des gaz raréfiés. Lors de ces phénomènes peu courants où on ne peut négliger τ, l'équation de la
chaleur (avec λ = constante) devient :
∂ 2T ∂T λ q
τ + = ∆T +
2 ∂t ρC ρC
∂t

2. TRANSFERT THERMIQUE AVEC DEPLACEMENT DE MATIERE :


TRANSFERT CONVECTIF (OU CONVECTION)

2.1 EQUATION DE LA CONVECTION EN REGIME QUELCONQUE DANS UN


MILIEU ISOTROPE

La convection est un transfert thermique faisant intervenir la conduction (par contact mécanique
entre deux parties d'un même fluide ou entre une paroi solide et un fluide) et le transport de chaleur
dans le fluide en mouvement. C'est un problème à la fois de thermique et de mécanique des fluides,
difficile à résoudre dans la plupart des cas.

Si on s'intéresse seulement à la quantité de chaleur échangée entre le fluide et la paroi solide, il est
possible d'écrire cet échange sous la forme apparemment simple : J = h Tp − Tm ( )
(et φ = J S).
Expression appelée " loi de Newton ", dans laquelle :
. S est la surface de la paroi solide dont la température est Tp,
. Tm est la température moyenne du fluide au voisinage de la paroi,
. h est le coefficient d'échange convectif , unité : W m-2 K-1 (S.I.) ou kcal h-1 m-2 K-1 (M.K.H.).
Il ne dépend pas de la nature de la paroi, mais des propriétés du fluide (vitesse, viscosité, masse
volumique, conductibilité thermique, chaleur spécifique..), de la nature de l'écoulement (laminaire,
turbulent…) et de l'écart de température si l'écoulement est naturel.
. La valeur absolue provient de la même convention de signe que pour la conduction thermique :
la densité de flux est choisie positive dans le sens du transfert thermique.

Ordres de grandeur des valeurs de h :

fluide h en convection naturelle h en convection forcée


(W m-2 K-1) (W m-2 K-1)
Argon 3 à 30 5 à 100
Air 5 à 40 10 à 300
Huile 50 à 1500
Vapeur d'eau 100 à 1000 300 à 12000
Métal liquide 6000 à 110000

page 187
2.2 APPLICATIONS DES EQUATIONS DE LA CONDUCTION ET DE LA CONVECTION

2.2.1 TRANSFERTS EN REGIME PERMANENT

a) Paroi plane en contact avec deux fluides

Tm1 φ = constante

h1 Tp1 (
φ = h1 Tm1 − Tp1 S )

φ=λ
(Tp1 − Tp2 ) S
e

(
φ = h 2 Tp 2 − Tm 2 S )
λ Tp2
h2
Tm2 φ1 e 1 
Tm1 − Tm 2 =
S  h1 λ h 2 
+ +

0 e

1  1 e 1 1
φ= (Tm1 − Tm 2 ) avec R th =  + +  .
R th  h1 λ h 2  S

b) Transfert dans un tube cylindrique en contact avec deux fluides

φ = constante
L
Normale à la surface orientée dans le
h2 sens du transfert thermique.

∂T
R.P. : =0
h1 Tm1 ∂t
r1 T1 Tm1 > Tm2

∂T
Géométrie cylind. : =0
∂x
Tm2
r2 ,T2

φ  1 1 r 1 
Tm1 − Tm 2 =  + Ln 2 + , (L : longueur du tube)
2πL  r1h1 λ r1 r2 h 2 

T − Tm 2 1  1 1 r 1 
φ = m1 , avec R th =  + Ln 2 +
R th 2πL  r1h1 λ r1 r2 h 2 

page 188
2.2.2 TRANSFERTS EN REGIME TRANSITOIRE
La résolution des équations de transfert thermique étant laborieuse dans le cas général, on donne
ici un exemple très simplifié où la température, qui dépend habituellement des variables x y z t, ne
dépend que du temps.

Application de cours (d'après [4])

On chauffe une petite bille métallique sphérique (rayon r, capacité calorifique C, masse
volumique ρ ) jusqu'à la température T0.

Puis on la refroidit brutalement en la plongeant dans de l'eau à la température Teau (trempe). On


suppose que la température de la bille reste uniforme car son épaisseur est faible et son coefficient
de conduction est important.

Déterminer la loi de variation de la température de la bille en fonction du temps et de T0, Teau , r, C,


ρ, et du coefficient de convection bille/eau : h.

REPONSE :

Bilan : l'énergie qui transfère provient du refroidissement de la bille est :


h S (T - Teau) dt = - ρ C V dT ,
avec V = 4/3 π r3 et S = 4 π r2.

L'équation à résoudre est une équation différentielle du premier ordre :

dT hS d (T − Teau ) hS
=− (T − Teau ) ou =− (T − Teau ) ,
dt ρCV dt ρCV

dont la solution générale est de la forme :

T - Teau = A eBt .

La condition initiale : T = T0 pour t = 0 permet de déterminer les constantes :


A = T0 - Teau ,
B = - hS/ρCV = - 3h/rρC,

donc : T - Teau = (T0 - Teau) e-3ht/rρC.

page 189
Résumé de cours chapitre VIII

page 190
**************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
*****************************************************
ENERGETIQUE Chapitre VIII (réponses au verso )
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

VIII-1 Fc (1)

Des panneaux composites, préfabriqués, sont constitués par une plaque de plâtre d'épaisseur 10 mm
associée à une plaque de polystyrène d'épaisseur e2. Le fabriquant donne la résistance thermique
pour S = 1 m2 et pour différentes valeurs de e2 :

e2 (mm) 20 30 40 50

Rth (K W-1 ) 0.5 0.73 0.97 1.21

1°) Calculer la conductivité thermique du plâtre et celle du polystyrène.


2°) On utilise un panneau 10 + 50 (mm) pour isoler un mur en pierre d'épaisseur e0 = 30 cm et de
conductivité λ0 = 0,82 W m-1 K-1.
Comparer les pertes par mètre carré de paroi avec et sans isolation lorsque les températures
extérieure et intérieure sont respectivement de -5 °C et 20 °C .
Les coefficients d'échange convectif sont : hi (intérieur) = 9,09 W m-2 K-1 et he (extérieur) = 16,67
W m-2 K-1.

VIII-2 M c

Etablir la relation donnant, en régime permanent, la répartition de la température à l'intérieur d'un


cylindre plein dans lequel la chaleur est engendrée de façon homogène et transmise par conduction.
On prendra : λ : conductivité calorifique du matériau. q : quantité de chaleur engendrée par unité de
volume et par unité de temps. r0: rayon du cylindre.
T0: température à la surface du cylindre.

 dT 
On a au centre :   =0.
 dr  r = 0

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
(1) symboles : c : avec correction complète (sinon, résultats seulement) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile

page 191
VIII-3 F c

Un fil électrique produit par effet Joule une puissance Q par unité de longueur, qui est dissipée
dans l'atmosphère à la température Ta, en régime permanent. Ce fil est recouvert d'un isolant de
conductivité calorifique λ et de coefficient d'échange avec l'atmosphère h.
a) En supposant que le contact entre le fil et l'isolant est parfait, donner l'expression de la
température To à l'intérieur du fil en fonction des rayons ro et ri du fil et de l'isolant.
b) Montrer qu'il existe une valeur de ri pour laquelle la température du fil est minimale.

VIII-4 F

De l'eau s'écoule dans un tube métallique de 1 m de longueur, de 2 cm de diamètre intérieur et de


1 mm d'épaisseur. Ce tube est calorifugé extérieurement avec un matériau dont la conductivité
thermique est de 0,14 kcal h-1 m-1 °C-1. La conduite calorifugée a 4 cm de diamètre extérieur. L'eau
pénètre à 30 °C et s'écoule à la vitesse de 34 cm mn-1. Elle sort à la température de 28 °C. L'air est à
la température de 10 °C. Le coefficient d'échange thermique entre le calorifuge et l'air vaut 12,2
kcal h-1 m-2 °C-1. En donnant les résultats dans les unités du système SI, calculer :
a) la puissance thermique perdue par l'eau,
b) la résistance thermique entre l'eau et l'air ambiant,
c) le coefficient d'échange de chaleur entre le tube et l'eau.
On admet que la résistance thermique du tube est négligeable et qu'on est en régime permanent. On
prendra, pour la température de l'eau, sa température moyenne dans le tube. Ceau = 4,18 kJ kg-1 K-1 ,
ρeau = 1000 kg m-3 , 1 cal = 4,18 J.

VIII-5 M c

Soit une plaque métallique portée à la température T0. Elle se refroidit par convection naturelle au
contact de l'air à la température Tair < T0.
Afin d'augmenter son refroidissement , on soude à sa surface une barre cylindrique de rayon r et de
très grande longueur L (théoriquement infinie ). Son rayon étant faible devant sa longueur, on fait
l'hypothèse que la température de la barre est constante sur chaque section et ne dépend que de la
direction x. L'air autour de la barre est aussi à la température Tair. Les coefficients sont notés :
λ conductivité de la barre, h coefficient de convection barre/air. On se trouve en régime permanent.
1°) Donner l'expression de la température de la barre en fonction des températures Tair , T0 et de la
distance x.
2°) L'efficacité de refroidissement de la barre étant définie par :
η = Φ(perdu par la barre)/Φ(perdu par la section en absence de barre), donner son
expression en fonction de λ , h et r.

To
Tair
T(x)

x
plaque

page 192
REPONSES

VIII - 1

λ1 λ
φ= (θ1 − θ 2 ) S = 2 (θ 2 − θ3 ) S
e1 e2

La résistance thermique totale vaut :

e 1 e 1
Rth = 1 + 2 = a + b e2
λ1 S λ 2 S
∆R th 1 1 (50 − 20) 10 −3 1
=b= ⇒ λ2 = ≈ 0,0422 W m −1K −1 avec S = 1 m2.
∆ e2 λ2 S 1,21 − 0,5 S

(NB : Un calcul avec d’autres valeurs de Rth donne des résultats légèrement différents, les données
du fabricant manquant un peu de précision).

e e e1 10 −2
On en déduit 1 = S R − 2 λ1 = = . D'où : λ1 ≈ 0,4 W m-1K-1
λ1 λ2 e 5 10 − 2
SR − 2 1,21 −
λ2 0,0422
(idem que pour λ2 : Les valeurs sont de 0,397, 0,452, 0,455 et 0,384).

2°/ La résistance thermique du mur seul vaut :

1  e 0 1 1  0,3 1 1
R0 = + + = + + ≈ 0,536 W-1 K.
S  λ 0 h i h e  0,82 9,09 16,67

Pour un écart de 25 °C, la densité du flux de chaleur est :

∆θ 25
J0 = = ≈ 46,64 W m-2.
R S 0,536
Lorsque le mur est isolé par le panneau, la résistance thermique devient :
R = 0,536 + 1,21 = 1,746 W-1 K.

25
Les pertes ne sont plus que J = = 14,32 W m-2.
1,746

Conclusion : l’isolation réduit les pertes d’environ 70 %.

VIII-2

Considérons le transfert en un rayon r < r0, en régime permanent : l'équation

page 193
∂T λ  ∂ 2T 1 ∂T ∂ 2T  q
=  + + + , équation différentielle aux dérivées partielles ,
∂t ρ C  ∂r 2 r ∂r ∂x 2  ρ C
 
 2 
d T 1 dT 
devient : 0 = λ  + + q : équation différentielle simple.
 dr 2 r dr 
 

d 2T dT q  dT  d 2T dT
r + =− r ; or d  r  = r +
dr 2 dr λ  dr  dr 2 dr

 r dT  q
donc : ∫ d   = ∫ − r dr
 dr  λ
dT q 2 te  ∂T 
r =− r + c . Comme   =0 ⇒ cte = 0
dr 2λ  ∂r  r = 0
dT q T q r q 2 2
=− r ∫T dT = − ∫ r dr ⇒ T = T0 − (r − r0 )
dr 2λ 0 2λ r0 4λ

VIII-3

Flux échangé par convection : φ = 2π ri l h ( Ti - Ta)


dT
Flux échangé par conduction : φ = − λ 2π r l
dr
Ti φ 1 ri dr
∫To dT = − ∫ro
λ 2π l r

φ 1 ro
Ti − T0 = ln d’où :
2π l λ ri

φ  1 1 ri 
a/ To = Ta +  + Ln  (l = 1)
2π  hri λ ro 

∂To φ  1 1 1
b/ = − + 
∂ri 2π  h ri 2 λ ri 
 

∂To
=0 pour ri =
λ [W m −1
K −1 ] = [m]
∂ri h [W m −2
K −1
]
VIII-4

a/ Débit = section . vitesse . masse volumique = 1,78 10-3 kg s-1


φ (flux) = Débit C (Tsortie – Tentrée) = - 14,88 W

page 194
T − Tair
b/ R th = eau = 1,2766 K W-1
φ

c/ hi = 122,8 W m-2 K-1

NB : On a converti les kcal h-1 en W (unité internationale) :


λ = 0,1625 W m-1 K-1 et he = 14,165 W m-2 K-1.

VIII-5

1°) En régime transitoire :


p : périmètre : 2π r
S : section : π r2

dT   dT 
−λ  S dt − − λ  S dt + h p dx (T − Tair ) dt ] = m C dT
dx  x  dx  x + dx

∂T
En R.P. : m C = 0 et :
∂t
 d 2T 
S λ
2
 dx = h p dx (T( x ) − Tair ), ou encore
 dx 
d 2θ hp
= α 2θ avec : θ = T − Tair et α2 =
2 Sλ
dx
La solution générale est : θ( x ) = A eα x + B e − α x

Les conditions aux limites sont :


. x = 0 : θo = To -Tair = A + B
. x → ∞ : 0 = A eα x + 0 ⇒ A = 0 ⇒ B = To -Tair

− 2h x
⇒ T = Tair + (To − Tair ) e λr

2°/

φo : flux perdu par la section seule φo = h S (To - Tair)

φ1 : flux perdu par la barre dφ1 = h p dx (T(x) -Tair)

∞ hp φ1 P 2λ
φ1 = h p ∫ [T( x ) − Tair ] dx = (To − Tair ) donc η = = =
o α φ0 S α hr

page 195
CHAPITRE IX :

ETUDE ELEMENTAIRE DU TRANSFERT


THERMIQUE PAR RAYONNEMENT
ENTRE CORPS OPAQUES

1. INTRODUCTION
• RAYONNEMENT :
C'est un échange d'énergie à distance, entre les corps matériels, par l'intermédiaire des ondes
électromagnétiques, dans le vide ou les milieux transparents. Il est caractérisé par :
- sa vitesse de propagation C = C0/n,
- sa longueur d'onde λ (mètre) ou
- sa fréquence ν = C/λ (hertz), avec
Co : vitesse de la lumière dans le vide; n : indice de réfraction du milieu traversé.

• RAYONNEMENT THERMIQUE :

Ce rayonnement est dû au mouvement des électrons sous l'effet de l'agitation thermique. Tous les
corps dont la température est supérieure à zéro kelvin émettent spontanément (à travers un milieu
transparent) du rayonnement thermique. Cette émission augmente avec la température et couvre, le
plus souvent, un spectre continu de longueurs d'onde.

T (kelvin)

λ
10-4 1Å 1 µm 1 mm 1m 1 km 103 km
RAYONS γ
RAYONS RAYONS X MICRO ONDES ONDES RADIO
COSMIQUES

page 196
On subdivise le rayonnement thermique en cinq domaines principaux :
De 0.1 à 0.38 µm : ultraviolet
De 0.38 à 0.76 µm : visible
De 0.76 à 15 µm : infrarouge proche
De 15 à 100 µm : infrarouge moyen
De 100 à 500 µm : infrarouge lointain.

Dans ce chapitre, on posera tout d'abord les définitions des grandeurs intervenant dans le
rayonnement (flux, émittance, luminance..), puis on étudiera le comportement du corps noir qui
représente le cas le plus simple. Le cas des corps réels sera abordé en dernier lieu, en corrigeant le
modèle du corps noir.

2. DEFINITION DES GRANDEURS INTERVENANT DANS LE


RAYONNEMENT THERMIQUE

• Une première caractéristique du rayonnement thermique concerne le domaine de longueur d'onde


où il intervient. La longueur d'onde est elle-même associée à la température du corps, comme on
le verra plus loin.

• Une seconde caractéristique du rayonnement thermique est sa direction de propagation D. De


nombreuses propriétés (émissivité, coefficient d'absorption ..) dépendent d'elle.

Nous définissons ainsi des grandeurs G :

- monochromatiques Gλ (et) ou

- directionnelles GD.

Le bilan énergétique est obtenu par une double intégration sur toutes les longueurs d'onde du
spectre (et) ou sur toutes les directions de l'espace. Cela donne alors des grandeurs :

. Gtotale (sans l’indice λ),

. Ghémisphérique (sans D).

2.1 GRANDEURS RELATIVES AUX SURFACES EMETTRICES

2.1.1 FLUX D' UNE SOURCE : Φ

Le flux d'une source est la puissance émise par cette source dans tout l'espace où elle peut rayonner.

page 197
2.1.2 EMITTANCE MONOCHROMATIQUE : Mλ

L'émittance (appelée parfois exitance) monochromatique d'une source est la puissance émise par
unité de surface de la source et par unité de longueur d'onde dans l'ensemble des directions où elle
peut rayonner.

dΦ λ
Mλ =
dS

2.1.3 LUMINANCE MONOCHROMATIQUE DIRECTIONNELLE : Lλ,D

a) Définition générale

Le flux rayonné par un élément de surface dS1, dans un pinceau issu du centre O1 de dS1 et
découpant une aire dΩ sur la sphère de centre O1 et de rayon unité, est proportionnel à :

- la surface émettrice efficace : dS1 cos i1,

- l'angle solide, dΩ, dans lequel l'émission est considérée,

- l'intervalle spectral, dλ, autour de λ,

- une fonction, Lλ,D , appelée luminance monochromatique directionnelle.

On a la relation : dΦλ,D = Lλ,D dS1 cos i1 dΩ dλ

La luminance Lλ,D est définie par la formule ci-dessus; elle dépend de la longueur d'onde et de la
direction, mais aussi de la nature de l'émetteur (conducteur, semi-conducteur, isolant), de son état
de surface (poli, mat) et de sa température.

N1 Sphère de centre
O et de
rayon unité

i1 Direction moyenne
d'émission
dS1
dΩ
O1

page 198
b) Flux radiatif se propageant entre deux surfaces
N2

N1

i2

i1
02

01
dΩ
RECEPTEUR
EMETTEUR dS2
dS1 , L1λ

Le flux reçu par l'élément de surface dS2 est égal au flux émis par dS1 dans l'angle solide. On a :

dS2 cos i 2
dΩ = , où l = O1O 2 est la distance moyenne séparant les deux éléments de surface.
l2

dS1 cos i1 dS2 cos i 2


Finalement, il vient : dΦ λ , D = L1,λ dλ
l2

2.1.4 RELATION ENTRE EMITTANCE ET LUMINANCE DANS LE CAS D'UN


RAYONNEMENT ISOTROPE

• Certains corps émetteurs ont une luminance qui varie avec la direction d'émission. Pour les
métaux polis, par exemple, la luminance augmente avec l'angle i1 et passe par un maximum pour
i1 voisin de 90 degrés.

• Si la luminance de l'émetteur ne dépend pas de la direction d'émission, la puissance reçue, dans


un angle solide déterminé, dépend uniquement du cos i1 de l'émetteur. Le rayonnement de
l'émetteur est isotrope.

On dit que ce corps obéit à la LOI DE LAMBERT.

Les corps qui suivent cette loi sont appelés corps mats. C'est approximativement le cas des corps
isolants.

Dans le cas où le rayonnement est isotrope, on peut établir une relation entre l'émittance et la
luminance de l'émetteur : Mλ = π Lλ

page 199
Démonstration

Considérons une surface émettrice dS1 et une surface réceptrice située à une distance importante sur
la sphère Σ de rayon R.

Considérons tous les rayons lumineux qui font avec la normale N un angle compris entre i1 et di1.

Ces rayons sont situés dans l'espace compris entre deux cônes de révolution d'axe ON et de demi-
angles au sommet i1 et i1 + di1.
N

Σ M'
M

i1 + di1 P

R
i1

dS1
O

L'angle solide dΩ qu'ils définissent est mesuré par la surface de la couronne que découpent les deux
cônes sur la sphère Σ.

La surface découpée vaut 2 π r dr, avec r = PM et dr = MM'.

2πr dr
dΩ = . Comme sin i1 = r / R et dr/R ≈ di1 , on a : dΩ = 2 π sin i1 di1.
R2
La puissance totale rayonnée dans tout l'espace, par unité de surface est :

π π
2  sin 2 i1  2
M 0λ = 2π L λ ∫ sin i1 cos i1 di1 = 2π L λ   ,
0  2  0

d'où : Mλ = π Lλ

page 200
2.1.5 RECAPITULATION DES GRANDEURS CARACTERISTIQUES DU RAYONNEMENT EMIS

CLASSIFICATION SELON LA COMPOSITION


CLASSIFICATION SELON LA GEOMETRIE :
SPECTRALE DU RAYONNEMENT
DIRECTION, SURFACE
GRANDEURS TOTALES GRANDEURS MONOC
FLUX TOTAL FLUX MONOC
GRANDEURS
HEMISPHERIQUES Pour une source φ dφ
φλ =
d'aire dS dλ

unité : unité :
EMITTANCE TOTALE EMITTANCE MONOC

Par unité de surface dφ dM


M= Mλ =
de la source dS dλ

dS
unité : unité :
INTENSITE TOTALE INTENSITE MONOC

GRANDEURS Pour une source dφ dI


I= Iλ =
DIRECTIONNELLES d'aire dS dΩ dλ

unité : unité :
LUMINANCE TOTALE LUMINANCE MONO
N
Par unité de surface dφ
L=
de la source projetée dΩ dS cos i dL
Lλ =
perpendiculairement dλ
i
à la direction
d'émission
dS
unité : unité :
( D'après référence {4} )

page 201
2.2 GRANDEURS RELATIVES AUX SURFACES RECEPTRICES

• Lorsqu'un rayonnement incident atteint la surface d'un corps :

Φr . Une partie est réfléchie :


Φr = r Φi

Φi La réflexion est le renvoi du rayonnement incident, sans


modification de longueur d'onde. Suivant les cas, la
réflexion peut être diffuse ou spéculaire.
Φa . Une partie est transmise :
Φt = t Φi
Les corps transparents ne le sont en général que dans
certaines bandes de longueur d’onde. Si un corps est
totalement opaque on a : t = 0.
. Une partie est absorbée :
Φt
Φ a = a Φ i.
L'absorption est la conversion irréversible du rayonnement incident en énergie interne.
La conservation de l'énergie permet d'écrire : r + t + a = 1.
Les trois coefficients sont généralement des fonctions de la longueur d'onde et de la direction : rλ,D
, tλ,D , aλ,D .
. r = 1 correspond à un miroir parfait.
. t = 1 correspond à un transparent parfait.
. a = 1 correspond à un absorbant parfait. Un absorbant parfait est appelé corps noir, bien qu'il ne
paraisse noir qu'à la température ordinaire. C'est un corps qui joue un rôle fondamental dans l'étude
du rayonnement thermique.

3. RAYONNEMENT DU CORPS NOIR (indice 0)

3.1 DEFINITION DU CORPS NOIR

Le corps noir est défini par ses propriétés en tant que récepteur : Il absorbe intégralement le
rayonnement qu'il reçoit, quelles que soient la longueur d'onde et l'incidence de celui-ci. On peut
réaliser un tel corps en prenant une enceinte dont la surface intérieure est recouverte de noir de
platine (a ~ 0,98), percée d'un petit trou. Ses propriétés en tant qu'émetteur restent à étudier.

Rayonnement Rayonnement
absorbé émis
page 202
APPLICATION DE COURS : Quelle est la surface du corps noir ainsi défini ? et sa température ? La
forme de l’enceinte convient elle ?

3.2 LUMINANCE DU CORPS NOIR L0λ

L'étude théorique de ce problème a eu une importance considérable dans le développement de la


physique puisqu'elle a conduit M. Planck en 1900 à introduire la théorie des quanta.
Les études antérieures, basées sur l'hypothèse d'une variation continue de l'énergie, avaient abouti à
une succession de lois partielles (lois de Wien, de Rayleigh, de Stefan-Boltzmann..), sans parvenir à
établir l'expression fondamentale de L0λ .
• On peut établir la loi de Planck en traitant le "rayonnement noir" comme un gaz de photons
béissant à la statistique de Bose-Einstein.

Nous donnons ici, sans les démontrer, les expressions théoriques de la luminance monochromatique
du corps noir, dans le vide, en fonction de λ ou de ν.

2 h C 02 λ−5 expressions dans lesquelles on a :


∗ L0λ =
hC 0
e λkT − 1 h = 6.6255 10-34 J s : constante de Planck,
k = 1.3805 10-23 J K-1 : constante de Boltzmann,
ou bien : C0 = 2.99776 108 m s-1 : vitesse de la lumière dans le vide,
ν : fréquence en hertz,
2 h ν3
∗ L0ν = λ : longueur d'onde en mètre
 hν  T : température en kelvin.
2  kT 
C 0  e − 1
 
 

En pratique, on utilise plutôt la forme suivante :

C1 λ−5 avec :
L0λ =
C2
C1 = 2hCO2 = 11,909 10-17 W m2 Sr-1,
e λT −1
C2 = hCO/k = 1,4388 10-2 m K.

• Cette fonction est indépendante de la nature des parois et de la direction considérée : Le


rayonnement d'un corps noir est isotrope et suit la loi de Lambert.

• On peut représenter graphiquement la luminance, sur un plan, à longueur d'onde constante et


température variable, ou à température constante et longueur d'onde variable. En régime
permanent, c'est cette dernière représentation qui est la plus intéressante.

page 203
3.3 CONSEQUENCES DE LA LOI DE
PLANCK

3.3.1 PREMIERE LOI DE WIEN


La position du maximum d'émission (λmax)
dépend de la température du corps émetteur.

dL0λ
= 0 ⇒ λmax T = 2898 µm K.

Loi établie expérimentalement par W. Wien en
1895

3.3.2 DEUXIEME LOI DE WIEN

L'amplitude du maximum est donnée par :


L0λ max = B T5 (avec B = 4,1 10-6 W m-3 sr-1 K-
5
).

3.3.3 LOI DE STEFAN-BOLTZMANN

a) L'émittance monochromatique du corps noir est :

2 π h C 02 λ−5
M 0λ =π L0λ = .
hC 0
e λkT −1

page 204
b) L'émittance totale est donnée par :
∞ 5 4
0 dλ = 2 π k T 4 = σ T4 (avec σ = 5,67 10-8 W m-2 K-4)
M0 = ∫ Mλ
0 15 C02 h 3

Cette loi, établie expérimentalement par Stefan en 1879, a été démontrée en 1884 par Boltzmann
à partir d'un raisonnement de thermodynamique statistique.

3.3.4 FLUX EMIS DANS UNE BANDE SPECTRALE


Le flux émis par un corps noir de surface S, dans la totalité de la bande spectrale, est :

Φ0 = M0 S = S σ T4.

Cette fonction couvre en général un large spectre et présente une faible variation pour les petites ou
les très grandes longueurs d'onde. On se contente souvent d'un spectre plus étroit, appelé bande
spectrale pratique (B.S.P.), contenant plus de 96 % de la puissance totale et dont la longueur d'onde
varie seulement de 0.5 λmax à 5 λmax.

APPLICATION DE COURS
Un corps noir, de 1300 cm2 de surface, est à une température homogène de 400 °C. Calculer en
régime permanent :
a) l’émittance de ce corps,
b) le flux qu'il émet dans tout le demi-espace,
c) sa luminance,
d) la bande spectrale pratique contenant plus de 96 % de son rayonnement thermique,
e) la puissance qu'il émet dans et hors de sa B.S.P.

page 205
3.4 FONCTIONS THERMODYNAMIQUES DU
RAYONNEMENT A L'INTERIEUR D'UNE ENCEINTE
On donne ici le traitement classique du rayonnement du corps noir tel qu'il était abordé avant
l'introduction de l'hypothèse de Planck.
Considérons une enceinte solide, fermée, totalement isolée et de volume V, contenant le vide ou
un fluide parfaitement transparent. Etudions le rayonnement à l'intérieur de ce système lorsque les
parois sont à une température constante et uniforme.

A tout instant, chaque élément de la paroi émet par sa


luminance spectrale et absorbe, réfléchit ou diffuse le
dΩ rayonnement qu'il reçoit.

M N
Il existe à l'intérieur de l'enceinte une énergie
électromagnétique U dont la densité par unité de volume
dS
est notée u et la densité spectrale uλ :
U du
u= et u λ =
V dλ

3.4.1 PREMIERE LOI DE KIRCHHOFF


Kirchhoff a montré que, dans les conditions décrites ci-dessus, la luminance est une fonction
universelle de la température et qu'elle ne dépend pas de la nature des parois ni de la direction des
rayons lumineux.
Pour démontrer cela, imaginons qu'on dispose d'une enceinte complètement fermée, constituée de
deux chambre à la même température reliées par un canal muni d'un filtre permettant de ne laisser
passer qu'une bande étroite de radiations.
Si nous supposons que, du fait de la nature différente des parois, les luminances des deux chambres
T ont des valeursdifférentes Lλ et L'λ ,
T
cela signifie que l'une des chambres
recevra plus d'énergie
électromagnétique que l'autre. Cette
L'λ énergie se convertira en énergie

thermique et on aura donc obtenu un
FILTRE
transfert thermique entre deux corps à
la même température initiale.
Ceci se traduira finalement par une élévation de la température de l'un et un abaissement de la
température de l'autre sans travail mécanique, ce qui est interdit par le second principe.
On a donc forcément Lλ = L'λ , la luminance monochromatique, ainsi que la luminance totale, ne
dépendent que de la température.
Ainsi, bien que les parois soient de nature quelconque, le rayonnement présent dans une enceinte
fermée est le rayonnement du corps noir dont la luminance est donnée par la formule de Planck.

page 206
3.4.2 RELATION ENTRE u ET L
Considérons l'énergie contenue à un instant donné dans un élément de volume pris autour d'un
point M.
• Considérons tout d'abord celle qui se propage dans l'angle solide dΩ ; elle vaut Lλ dS dΩ dλ.
En une seconde, elle occupe un cylindre de base dS et de longueur c, soit un volume c dS.
L λ dΩ dλ
L'énergie par unité de volume est donc .
c
L dλ 4π
• La densité spectrale d'énergie, dans toutes les directions, vaut : uλ = λ ∫ dΩ = L λ dλ .
c c
4π 4πL
• La densité totale d'énergie vaut : u = ∫ L λ dλ = .
c c
Lλ ne dépendant que de T, il en est de même pour u dont on se propose de retrouver l'expression.

3.4.3 ENERGIE INTERNE ET LOI DE STEFAN


Le système étant fermé, on a : dU = δW + δQ et δW = - P dV.
En effet, le rayonnement électromagnétique exerce une pression P, en général très faible mais
mesurable, sur la surface qui le reçoit. On montre que P = u(T)/3 (voir cours d'électromagnétisme).
Avec δQ = V Cv dT + lT dV , Cv étant la chaleur spécifique du vide à volume constant, on a :
dU = V Cv dT + (lT - u / 3) dV.
Comme U = V u, dU = V du + u dV et donc :
 du  4u
Cv =   et lT =
 dT  v 3

 ∂P  dP 1 du du 4 dT
Sachant que l T = T  , il vient = d'où = .
 ∂T  v dT 3 dT u T

On a donc : u = a T 4 et U = a V T4.
4 π L(T )
Sachant que u (T) = et que M = π L, il vient :
c
πuc ca 4
M= = T = σ T 4 : C'est la loi de Stefan.
4π 4

APPLICATION DE COURS
Calculer u, P et Cv pour T = 6000 K (rayonnement solaire). Quelles remarques peut-on faire ?

Réponse : u = 1 J m-3 , P ~ 0,3 Pa , Cv = 4 a T3 = 2,6 10-3 J m-3 K-1. Ce sont de très faibles valeurs.
C'est seulement pour T = 150 000K qu'on obtient P ~ 1 bar et pour T ~ 106 K qu'on a Cv ~ 3000 J
m-3 K-1 , valeurs courantes dans la matière ordinaire.

page 207
3.4.4 ENTROPIE DU SYSTEME

Avec dU = T dS - P dV = u dV + V du, il vient :

4 a V T3 4 a T4 4a 3
dS = dT + dV = 4 a V T 2 dT + T dV
T 3T 3
dS =
4a
3
( )
3 V T 2 dT + T 3 dV =
4a
3
( )
d V T3
4a 16 σ
D'où : S = V T3 = V T3 ,
3 3c
avec S = 0 pour T = 0 K (troisième principe).

APPLICATION DE COURS
Donner l'expression de V et de T qui correspond à une évolution isentropique de ce système.
Quelle remarque peut-on faire ?
4a 3
Réponse : Avec dS = 4 a V T 2 dT + T dV = 0 , on obtient :
3
1 dT 1 dV
V dT + T dV = 0 , d'où + = 0 ⇒ T V1 3 = constante.
3 T 3 V
Le vide contenant le rayonnement se comporte comme un gaz parfait pour lequel γ = 1,33.
a
L'équation d'état est ici P = T 4 . Le volume est une variable indépendante.
3

3.4.5 AUTRES FONCTIONS THERMODYNAMIQUES DU SYSTEME

a) Enthalpie

H = U + PV
u 4 a T4
H=Vu+V =4P= V
3 3

b) Energie libre

F = U - TS = u V - TS
4 a T4 a T4
F = a T4 V - V=− V
3 3

b) Enthalpie libre

G = H – TS

G=0

Ce résultat est concordant avec le fait que les variables P et T sont indépendantes.

page 208
4. RAYONNEMENT DES CORPS REELS

Le rayonnement des corps réels est d'une étude complexe à cause du très grand nombre de
paramètres qui y interviennent et de l'ignorance dans laquelle on se trouve, le plus souvent, à leur
sujet : composition hétérogène du corps, état de sa surface, géométrie complexe, température non
uniforme, régime d'échanges thermiques variable...
Nous n'abordons ici que des cas simples constitués par des corps purs, solides, homogènes,
limités par des surfaces optiquement lisses et, généralement, en régime permanent.

4.1 EMISSION AUTOUR D'UNE DIRECTION

La puissance émise par un corps de surface dS1, à la température T, autour d'une direction D
faisant un angle i1 avec la normale à la surface du corps, est :

2h C02 λ−5
dΦ = ε λ ,D dλ dS1 cos i1 dΩ .
hC 0
e λkT −1

. ε λ ,D est l'émissivité du corps. C'est un terme sans dimension, toujours inférieur à 1, qui dépend
de la température du corps, de la longueur d'onde émise et de la direction d'émission.
N1

i1 Direction moyenne
d'émission

dS1
dΩ

4.2 EMISSION DANS TOUT LE DEMI-ESPACE

• La puissance émise dans toutes les directions du demi-espace au-dessus de dS1 est :

λ =∞ 2h C02 λ−5
Φ= ∫ ∫ ε λ ,D
hC 0
dλ dS1 cos i1 dΩ.
λ = 0 Directions
e λkT −1

• Dans certains cas (corps noir, corps diffusant), la puissance émise est indépendante de la
direction d'émission. On peut alors écrire :

λ =∞ 2h C02 λ−5
Φ= ∫ ελ hC 0
dλ ∫ dS1 cos i1 dΩ.
λ =0 Directions
e kT
λ −1
L'intégration dépend de la forme de ε = f(λ) et de la géométrie considérée.

page 209
4.3 EMISSION DES CORPS GRIS DIFFUSANTS

On appelle corps gris diffusant un corps dont l'émissivité est une constante inférieure à 1, quelles
que soient les longueurs d'onde, température et direction d'émission. On a alors :

λ =∞ 2π h C 02 λ−5
M=ε ∫ dλ = ε σ T4.
hC 0
λ =0
e kT
λ −1

Le flux s'écrit dans ce cas : Φ = ε S σ T4.

5. RELATION ENTRE EMISSION ET ABSORPTION :


DEUXIEME LOI DE KIRCHHOFF
On démontre que pour un corps quelconque, en équilibre thermique, on a :
aλ,D = ελ,D .
C'est la deuxième loi de Kirchhoff ou loi de Draper.

• S'il s'agit d'un corps gris diffusant, on a : a = ε < 1.

• S'il s'agit d'un corps noir, on a : a = ε = 1 .

Démonstration :
Considérons une enceinte isolée, se comportant comme un corps noir à la température T et dans
laquelle on a fait le vide. Elle contient un corps quelconque, de petites dimensions, qui est à la
même température, l'équilibre thermique étant établi.
Dans un angle solide dΩ, autour d'une certaine direction D, le corps émet un flux monochromatique :

dΦe = ελ,D L0λ dS cos i dΩ dλ.


Il reçoit de la part de l'enceinte, dans le même angle solide et le même intervalle spectral, un flux :

dΦr = L0λ dS cos i dΩ dλ.


La fraction effectivement absorbée est :

dΦa = aλ,D L0λ dS cos i dΩ dλ.


dΩ D
Comme on est en équilibre thermique,
on a : dΦe = dΦa,
N
d'où : aλ,D = ελ,D .
dS (VIDE)

CORPS
NOIR

page 210
APPLICATION DE COURS
Une pièce métallique, de 0.05 m2 de surface, se comporte comme un corps gris diffusant avec un
coefficient d'absorption a = 0,7. Elle rayonne l'essentiel de sa puissance, en régime permanent, de
1,45 µm à 14,5 µm. Calculer le flux qu'elle émet dans tout l'espace.

Réponse :
T ≈ 999,3 K
Φ ≈ 1979 W.

6. BILAN ENERGETIQUE EN PRESENCE DE


RAYONNEMENT THERMIQUE

6.1 ECHANGE RADIATIF

. Un élément de surface, soumis à un rayonnement hémisphérique ou directionnel dΦi(λ, D) prend,


grâce à l'énergie qu'il absorbe, une température T. Il émet en retour un flux total hémisphérique
dΦe(T). Le régime permanent est atteint lorsque ses paramètres macroscopiques ne varient plus,
notamment sa température, du fait de l'égalité des flux. Le corps est en équilibre thermodynamique
local (ETL).
. Si tous les corps impliqués dans l'échange sont à la même température, et si toutes les variables
intensives sont constantes, on parle d'équilibre thermodynamique parfait (ETP).

APPLICATION DE COURS
Une sphère métallique creuse et vide, dont la surface extérieure est parfaitement réfléchissante et
la surface intérieure parfaitement absorbante, est isolée dans l'espace à une certaine distance d du
soleil. Elle porte une petite ouverture de surface S, constamment orientée normalement au
rayonnement solaire. En assimilant celui-ci au rayonnement d'un corps noir à 6000 K et en
admettant que la sphère est à une température uniforme T, calculer cette température.
Donnée : le soleil est vu depuis la sphère sous un angle apparent de 32 minutes.

Réponse
La puissance reçue par l'ouverture, en provenance du soleil, s'écrit :
1
φi = ∫ dφi = ∫ Loλ dλ ∫ dSo cos io dS cos i . L°λ est la luminance du soleil. Puisque c'est un
d2
o σ T04
corps noir, on a : ∫ Lλ dλ = , avec To = 6000 K.
π

page 211
Découpons une couronne de surface dSo, sur l'hémisphère solaire. On a :
dSo = R dio 2 π r = R dio 2 π R sin io.
dS : surface de l'ouverture; dS ~ S, compte tenu de ses faibles dimensions.
i : angle que fait le rayonnement solaire avec la normale à l'ouverture; cos i ~ 1.
d : distance du soleil à la sphère. Il s'agit de la distance terre-soleil, car l'angle de 32 minutes est
l'angle apparent du soleil vu depuis la terre. Par conséquent, d sera considéré comme une constante
indépendante de la position de dSo sur le soleil.

dSo
io S

dio
r d

SOLEIL SPHERE

. La puissance reçue par la sphère vaut :


π/2
σT04 2 π R2
φi = S ∫ sin io cos io dio
π d2 0

R2 1
φi = σ T04 S 2
d2 2
R
Comme on a tg α = ~ α (en rad), φi = α2 S σ T04
d

α = 16'

R d

SPHERE

. La puissance émise dans tout l'hémisphère par l'ouverture vaut :

φe = S σ T 4 , car il s'agit d'un corps noir.

. L'équilibre thermique local (ETL) est atteint lorsque φe = φi , c'est à dire pour T = α TO.
Avec α = 0,0465 rad, on obtient T = 409 K, soit 136 0C.
Remarque : la température est indépendante de la surface de l'ouverture.

page 212
6.2 ECHANGE THERMIQUE EN GENERAL

Du fait de la présence des gradients thermiques, la matière est alors le siège d'un transfert
conductif. A la surface de celle-ci, il y a simultanément un transfert par convection et un transfert
radiatif. A l'équilibre thermodynamique local il y a égalité des flux.

page 213
***********************************************
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
***********************************************
ENERGETIQUE Chapitre IX (réponses au verso )
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

IX-1 Mc7
En utilisant l'expression donnée par la loi de Planck pour la luminance du corps noir, déterminer la
valeur numérique de la constante de la loi de Wien : λmax . T = constante, λmax étant la longueur
d'onde pour laquelle, à une température donnée, la luminance est maximale.

IX-2 FMc
La terre est à une distance de 150 millions de kilomètres du soleil. Celui-ci a un diamètre de 1,390
million de kilomètres et une température de surface de 5800 K. Il rayonne comme un corps noir .
Calculer la puissance solaire reçue par 1 m2 de surface terrestre, normale au rayonnement incident,
en supposant l'atmosphère parfaitement transparente.

IX-3 FMc

Donner les expressions de CV, CP, lT et hT caractéristiques du rayonnement thermique à l'intérieur


d'une enceinte fermée, de volume V, maintenue à la température T.

IX-4 Fc

Puisque on a : λ = co/ν, pourquoi l'expression de L°λ contient-elle λ-5 tandis que celle de L°ν ne
contient que ν3 ?

IX-5 Fc

Avant que Planck n'introduise sa célèbre formule de la luminance du corps noir, Wien avait trouvé
une expression, L°λ = 2 C1 λ-5 e-C2/λΤ, qui recoupait les résultats expérimentaux obtenus dans
l'infrarouge tandis que Rayleigh et Jeans en avait obtenu une autre qui rendait bien compte des
résultats obtenus aux hautes fréquences : L°λ = 2 C1/C2 T λ-4.
Comment peut-on retrouver ces expressions à partir de la formule de Planck ?

********************************************
7
Symboles : c : avec correction complète ( sinon, résultats seulement ) ;
F : exercice facile ; M : difficulté moyenne ; D : exercice difficile.
page 214
EXERCICES POUR AUTOCORRECTION
********************************************
ENERGETIQUE Chapitre IX (réponses au verso )
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
RECAPITULATION : CONDUCTION + CONVECTION + RAYONNEMENT
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

IX-6 Mc

Un radiateur de chauffage central , dont la surface extérieure de 1 m2 se comporte comme un


corps noir, est alimenté par de l'eau chaude, en provenance d'une chaudière, entrant à la température
TE et ressortant à la température TS. Le radiateur chauffe la pièce dans laquelle il se trouve, à la fois
par convection et par rayonnement. L'air de la pièce est à la température Tair .
On a les données suivantes : TE = 48 °C ; TS = 46,5 °C; Débit eau = 0,14 kg s-1; Tair = 17 °C ; Ceau
= 4180 J kg-1 K-1 ; hair / radiateur = 10 W m-2 K-1.
On admet qu'on est en régime permanent . On prendra pour la température de surface du radiateur
la valeur moyenne de sa température.
Calculer la température de surface du radiateur. Quelle est la puissance transmise par conduction ?

IX-7 F

Quelle est la puissance instantanée perdue par un homme nu dans une pièce dont l'air est à la
température de 18 °C. On donne :
Speau ≈ 1,4 m2 , Tpeau = 32 °C , hair/peau = 9 W m-2 K-1 , εpeau = 0,9 .

IX-8 MDc

Un homme se tient dans une pièce dont l'air est à la température de 18 °C et la surface des murs à la
température de 16 °C. Il est recouvert (sur toute sa surface : hypothèse simplificatrice) d'un
vêtement d'épaisseur uniforme de telle manière qu'il soit en équilibre thermique.
On donne : Speau ≈ Svêtement = 1,4 m2 , εvêtement = 0,9 , Tpeau = 32 °C , hvêtement/air = 9 W m-2 K-1 ,
métabolisme humain : 150 W , λvêtement = 0,3 W m-1 K-1. On admettra que la puissance rayonnée
par les murs et absorbée par le vêtement est égale à : Svêtement . 0,8 . σ Tmurs4 .
Calculer l'épaisseur du vêtement.

page 215
REPONSES

IX-1

h C 02 λ− 5
La dérivée de L0λ = par rapport à λ est
h C0
e λkT − 1
 A A
dL B   hC
− 5 λ− 6 e λ + 5 λ− 6 + A λ− 7 e λ  avec D : dénominateur, B = hC 0 , A = 0
2
= 
dλ D 2 kT
 

 A A A
dL  λ A −1 λ   A A
= 0 ⇒ − e + 1 + λ e  = 0, soit e λ 1 −  = 1. Posons x =


5
  5λ  λ
 
x
⇒ e− x = 1 − : Equation à résoudre par approximations successives.
5
A h C0 h C0
On trouve x ≈ 4,96511. Donc λ m = = ou λ m T = = constante,
x kxT kx
6,62 10 − 34 3 108
avec constante = ≈ 2,898 10-3 m K.
1,38 10 − 23 4,96511

Si λ est exprimée en micron, alors : λmT = 2898 µm K.

IX-2

a) Première solution : voir application de cours.


b) Deuxième solution : le soleil rayonne dans tout
l’espace une puissance :
4
φ = Ssoleil σ Tsoleil = 4π R 2 σ T.4
Cette puissance, à la distance de la terre, se répartit d
sur une sphère de surface : ∑ = 4 π d2.

La puissance captée par un m2 de surface terrestre, est :

2
4π R 2 σ T 4 R
φ' = =   σ T 4 ≈ 1377 W m-2. Σ
4π d 2 d

page 216
IX-3
u aT 4  du  4 aT3  du  4 aT 4
P= = , CV =   = , CP =   = 0, lT = = 4 P,
3 3  dT  v 3  dT  P 3
 dV 
hT = − T   = 0.
 dT  P

IX-4
L'égalité porte sur L°λ dλ = - L°ν dν et non sur L°λ = L°ν.

C02
Comme dλ = d(CO/ν) = − dυ , on retrouve ν3 à partir de λ−5.
υ2
Pour les mêmes raisons, on a λmT = 2898 µm K pour le maximum de la courbe L°λ , alors qu'on a
λmT = 5100 µm K pour le maximum de la courbe L°ν .

IX-5
−5
h C 02 λ− 5 2 C1 λ
Expression de Planck : L0λ = =
h C0 C2
e λ kT − 1 e λ T − 1
C2
a) Si e λ T >> 1 ( λT << 14000 µm K ) ⇒ formule de Wien.
C2
b) Si e λ T << 1 ( λT >> 105 µm K ) : ex ~ 1 + x ⇒ formule de Rayleigh.

IX-6
. 4
Gains : φ1 = m C (TS - TE). Pertes : φ2 = S σ T + h S (T − Tair ) = φR + φC .
En R.P les 2 valeurs sont égales : φ1 = 0,14. 4180 (48-46,5) ~ 877,8 W.
On calcule T par approximations successives : T ~ 319 K (46 °C).

D'où φrayonnement = 587,1 W , φconvection = 290 W et φconduction ~ 877 W.

IX-7

φperdu = 794,6 W

Remarque : cette valeur est très supérieure au métabolisme de base (150 W). La température de
surface ne peut donc pas se maintenir.

page 217
IX-8

La puissance engendrée dans le corps humain transfère jusqu’à la peau (Tpeau = 32°C) puis à travers
le vêtement, par conduction. A la surface de celui-ci, le flux gagné (puissance du métabolisme +
puissance captée du rayonnement des murs) vaut le flux perdu (convection + rayonnement).

Tp − Ts
150 = λ S
e

Tp − Ts
λ
e
[ ] [
S = S ε σ TS4 + h (TS − Tair ) - S ε mur a peau σ Tmur
4
]
avec Pmurs = 443 W.

TS PR = S ε σ T4s PC = hS (Ts-Tair) PT = PR + PC - Pmur


(K) (W) (W) (W)
295 541 50.4 148.5 < 150
295.5 544.7 56.7 158.4 > 150
295.1 541.79 51.66 150.46 ≈ 150
295.08 541.64 51.408 150.06 ≈ 150

D'où : e = 2,78 cm.

page 218
CHAPITRE X :

THERMODYNAMIQUE DES

PROCESSUS IRREVERSIBLES

1. INTRODUCTION
1.1 GENERALITES
• Les chapitres I à VII n'ont traité que des processus à l'équilibre thermodynamique. C'est un cadre
d'étude très restreint mais, cependant, on a pu déterminer les paramètres qui nous intéressaient :
- Grâce à l'existence d'états d'équilibre initial et final et à la notion de fonction d'état. Par
exemple la création d'entropie δSint(t) est toujours calculée de manière indirecte.
- Grâce à la notion de transformations réversibles.
Lorsque les phénomènes réels sont trop éloignés des conditions idéales, on corrige ces dernières
au moyen de coefficients empiriques, comme les rendements isentropiques dans l'étude des
machines thermiques. L'évaluation la plus fine de l'irréversibilité est obtenue alors avec
l'introduction du bilan exergétique.

Cette thermodynamique, qu'on devrait plutôt appeler thermostatique, s'avère être une méthode très
utile dans des domaines divers de la physique, de la chimie et de la biochimie.

• Mais tout ceci laisse ouverte la question de l'évolution au cours du temps des différentes
transformations, évolution pendant laquelle le système est le plus souvent hors d'équilibre.
✫ Ainsi les réactions chimiques, les phénomènes de diffusion (de chaleur, de matière, de porteurs
de charge..), les phénomènes de dissipation de l'énergie mécanique ou les processus biologiques
complexes ne sont pas gouvernés par la thermodynamique de l'équilibre. Pour simplifier, on peut
dire qu'on cherche ici à calculer explicitement la fonction δSint(t), ou plus exactement le terme de
production d'entropie P(S) = δSint /dt.
✫ Développée depuis 1920, cette thermodynamique étudie les systèmes qui sont maintenus
éloignés de l'équilibre par les contraintes qu'exerce sur eux le milieu environnant. On distingue
deux domaines différents :
- L'étude du domaine proche de l'équilibre a débuté avec l'introduction par De Donder de
l'affinité chimique, approche généralisée par Onsager et Casimir qui l'ont étendue aux phénomènes
irréversibles couplés : thermoélectricité, thermodiffusion de matière. Les évolutions décrites par
cette thermodynamique linéaire sont en général stables. Elles présentent, pour des contraintes
données, une solution unique et ne sont pas créatrices d'ordre.
- Par contre, lorsqu'on s'éloigne suffisamment de l'équilibre, au delà d'un seuil dit critique,
les flux de chaleur et de masse deviennent importants. Ceci entraîne un phénomène d'instabilité et,
au cours de l'évolution, apparaissent alors des bifurcations. Le système présente des solutions
multiples avec création d'ordre.

page 219
Prigogine écrit :'' La conclusion la plus générale qu'on peut tirer est que, alors que près de
l'équilibre la désorganisation et l'inertie sont la norme, au-delà du seuil d'instabilité, la norme est
l'auto-organisation, l'apparition spontanée d'une activité différentiée dans le temps et dans l'espace ".

1.2 NIVEAUX DE DESCRIPTION


On définit plusieurs niveaux de description spatiale de la matière.
- Le niveau macroscopique permet d'appréhender des systèmes de grande taille dont la limite
inférieure est d'une dizaine de microns. Les systèmes qui relèvent de ce niveau comprennent un
nombre fini de régions homogènes et dans chacune d'entre elles les variables d'état intensives ont la
même valeur mais des valeurs différentes d'une région à l'autre. Ces valeurs étant discontinues à la
frontière entre deux régions on appelle ces systèmes des 'systèmes discontinus'.
- Le niveau mésoscopique permet de décrire des systèmes dont la taille est inférieure à une dizaine
de microns mais supérieure à quelques dizaines de nanomètres. Les cellules qu'ils aborde sont donc
petites mais contiennent encore un nombre très important de molécules. On admet qu'on peut
considérer les variables d'état intensives comme des fonctions continues (par morceau,
éventuellement) du temps et de l'espace. Ces systèmes sont considérés comme 'continus', ce qui
permet de leur appliquer l'arsenal du calcul différentiel et intégral.
- Le niveau microscopique permet de décrire la matière à l'échelle des molécules, avec des
dimensions qui vont de l'angström à quelques dizaines de nanomètres.

2. BILAN DE LA MASSE
(voir ' introduction à la thermodynamique des processus irréversibles' de Prigogine)
2.1 DESCRIPTION MACROSCOPIQUE

2.1.1 SYSTEME FERME A COMPOSITION VARIABLE

• Considérons un système fermé comportant c constituants (i = 1 .. c ) entre lesquels une réaction


chimique est possible.
La modification de la masse mi du constituant i pendant l'instant dt peut se calculer de la manière
suivante : dmi = νi Mi dζ , νi étant le coefficient stoechiométrique, Mi la masse molaire du
constituant i, et ζ le degré d'avancement de la réaction, nombre sans dimension introduit par De
Donder et qui varie entre 0 et 1.
Au lieu de la masse du constituant, il est souvent utile de considérer les nombre de moles ni . On a
alors : dmi = νi dζ .
Par exemple pour la réaction N2 + 3 H2 ↔ 2 NH3 , nous avons :
dm N dm H dm NH dn N dn H dn NH
dζ = 2 = 2 = 3 = 2 = 2 = 3 .
− MN − 3 MH 2 M NH −1 −3 2
2 2 3
Puisque la masse totale est constante, on a : dm = ∑ dmi = 0 soit dm = dζ ∑ νi M i = 0 ce qui
i i

entraîne ∑ νi M i = 0 . La vitesse de la réaction chimique est définie par v = .
i dt
dn i dmi
On a donc = νi v et = ν i Mi v .
dt dt

page 220
• Considérons maintenant le cas où plusieurs réactions chimiques (j = 1 . . . r) sont possibles entre
les mêmes composés.
La variation totale de masse dmi est alors : dmi = Mi ∑ νij dζ j .
j

2.1.2 SYSTEME OUVERT A COMPOSITION VARIABLE

Dans les systèmes ouverts nous pouvons écrire pour le composé i :


dmi = dmi, ext + dmi, int
dmi, ext étant la variation de masse due aux échanges avec l'extérieur
dmi, int étant la variation de masse due aux changements à l'intérieur
On peut donc écrire :
dmi = dmi, ext + M i ∑ ν ij dζ j ou bien dni = dni, ext + ∑ ν ij dζ j
j j
et donc dm = ∑ dm i = ∑ dm i,ext + ∑ M i ∑ ν ij dζ j
i i i j
Comme on a ∑ M i ν ij = 0 , Il s'ensuit que dmint = ∑ dm i,int = 0
i i
et on a donc dm = dmext .

Cette équation exprime le principe de conservation de la masse dans les systèmes ouverts.

APPLICATION DE COURS
Considérons un système formé de deux phases I et II, chacune étant ouverte et l'ensemble fermé.
Calculer la variation de masse dans chacune et la variation de masse de l'ensemble.

2.2 DESCRIPTION MESOSCOPIQUE


z
La variation de la densité locale de
masse ρ (kg m-3) dans le volume
considéré est égale à la somme :
- des flux d'échanges de matière φ (ρ) à
travers la surface Σ, x
- des productions ou disparitions de
matière σ (ρ) dans le volume V
y
∂ Vρ
= Φ (ρ) + P (ρ) = - ∫Σ φ (ρ) dΣ + ∫V σ (ρ) dV
∂t
Expression qu'on peut transformer par le théorème d'Ostrogradsky
∂ Vρ
= Φ (ρ) + P (ρ) = - ∫V div φ (ρ) dV + ∫V σ (ρ) dV
∂t
Ou encore localement ∂ρ/∂t = div φ (ρ) + σ (ρ)
La conservation de la masse s'exprime par σ (ρ) = 0.

page 221
3. BILAN D'ENERGIE

3.1 DESCRIPTION MACROSCOPIQUE

3.1.1 SYSTEME FERME A COMPOSITION VARIABLE

L'énergie totale peut s'écrire : dU* = δU*ext + δU*int avec δU*int = 0


U* est fonction des variables indépendantes V, T et m, elle même étant une fonction du degré
d'avancement ζ :
 ∂U *   ∂U *   ∂U * 
dU* =   dV +   dT +   dζ .
 ∂V  T ,ζ  ∂T  V,ζ  ∂V  T,V

De cette formule on peut tirer une expression pour δQ :


δQ = Cv, ζ dT + l T, ζ dV + kT,V dζ
Si le système n'échange que de l'énergie mécanique et calorifique, on peut naturellement écrire :
dU* = δQ - P dV.

3.1.2 SYSTEME OUVERT A COMPOSITION VARIABLE

On écrit dU* = dΦ - P dV , expression de même forme que celle obtenue en système fermé, mais
dans laquelle le terme d'échange dΦ remplace le simple flux de chaleur δQ. L'expression de dΦ
dépendra du cas considéré.

APPLICATION DE COURS
Considérons le système précédent formé de deux phases I et II. Calculer la variation d'enthalpie
dans chacune et sa variation dans l'ensemble.

3.2 DESCRIPTION MESOSCOPIQUE

Le formalisme utilisé pour décrire la densité locale de masse peut être étendu à chaque forme
d'énergie : énergies cinétique, potentielle, énergie interne et énergie totale.

4. BILAN D'ENTROPIE

4.1 DESCRIPTION MACROSCOPIQUE

L'entropie a été introduite au chapitre II. On sait que sa variation peut se mettre sous la forme dS =
δQ
δSext + δSint avec δSext = et, pour les processus irréversibles, δSint > 0.
T

page 222
4.1.1 SYSTEME FERME A COMPOSITION VARIABLE
. Pour un système à un seul composant on peut écrire :
dU* = - P dV + δQ , d'où δQ = T dS = dU* + P dV.
. Gibbs a étendu l'expression de la chaleur aux systèmes dont la composition est variable (c
composants, une réaction chimique) :
c
δQ = dU* + P dV = T dS + ∑ µ i dn i , expression dans laquelle µi est le potentiel chimique molaire
i =1
de l'espèce i et ni le nombre de mole correspondant.
c
D'où l'égalité de Gibbs : dU* = - P dV + T dS + ∑ µ i dn i .
i =1
De la même manière on peut définir les trois relations suivantes :
c c
dH = T dS + V dP + ∑ µ i dn i dF = - S dT - P dV + ∑ µ i dn i
i =1 i =1
c
dG = V dP - S dT + ∑ µ i dn i ,
i =1

les expressions du potentiel chimique :


 ∂U   ∂H   ∂F   ∂G 
µ i =   , µ i =   , µ i =   , µ i =   ,
∂n
 i  V,S ∂n
 i  P,S n
 i  V ,T
∂ n
 i  P ,T

et les valeurs des variables P, V, T et S :


 ∂U   ∂F   ∂H   ∂G 
P = −  = −  et V=  = 
 ∂V S,n i  ∂V  T,n i  ∂P S,n i  ∂P  T,n i

 ∂U   ∂H   ∂F   ∂G 
T=  =  et S=−  =−  .
 ∂S  V,n i  ∂S  P,n i  ∂T  V,n i  ∂T  P,n i

On peut donc écrire la formule de Gibbs pour l'entropie :


dU * P dV c µi
dS = + − ∑ dn i ,
T T i =1 T
et comme δQ = dU* + P dV et dni = νi dζ , on obtient :
δQ c dζ δQ dζ c
dS = − ∑ υi µ i = +A avec A = − ∑ υi µ i ,
T i=1 T T T i =1
fonction appelée affinité chimique par De Donder.

Dans l'expression de dS, il est clair que le premier terme représente la variation d'entropie due aux
échanges avec l'extérieur et le second terme la création d'entropie :

δSint = A , c'est un terme toujours positif ou nul.
T

page 223
dζ δSint 1
Et comme v = , on a P (S) = = A v > 0 , expression dans laquelle A et v ont toujours
dt dt T
le même signe.
c
A l'équilibre, on a A = − ∑ υi µi = 0.
i =1

APPLICATION DE COURS
Considérons le système précédent formé des deux phases I et II. Calculer la variation d'entropie
dans chacune des phases et la variation d'entropie de l'ensemble.

. Considérons maintenant le cas où plusieurs réactions chimiques (j = 1 . . . r) sont possibles entre


les mêmes composés.
1 r
On obtient δSint = ∑ A j dζ j , terme toujours positif ou nul, avec
T j=1
c δSint 1
Aj = − ∑ υij µi . On a finalement P (S) = = ∑ A j v j > 0.
i =1 dt T j
A l'équilibre, on a A 1 = A2 = . . = Ar = 0.

4.1.2 SYSTEME OUVERT A COMPOSITION VARIABLE

Le point de départ est encore la formule de Gibbs, mais avec des échanges de masse et donc un
dΦ c µ i A dζ
flux échangé dΦ au lieu du flux de chaleur δQ : dS = −∑ dn i,ext + .
T i=1 T T
Dans cette expression, seul le terme exprimant l'échange d'entropie avec l'extérieur est modifié par
rapport aux systèmes fermés :
dΦ c µ i
δSext = −∑ dn i,ext .
T i=1 T

APPLICATION DE COURS
Considérons le système précédent formé des deux phases I et II, chacune ayant une température
bien définie. Calculer la variation d'entropie du système global et distinguer les deux termes δSext et
δSint.

page 224
4.2 DESCRIPTION MESOSCOPIQUE

Comme pour la masse et l'énergie, on peut z


écrire que la variation de la densité volumique
locale d'entropie Sv (J K-1 m-3) dans le volume
considéré est égale à la somme :
- des flux d'échanges d'entropie Js à travers la
surface Σ, x
- des productions ou disparitions d'entropie σs
dans le volume V
y

∂ V Sv
= Φ (S) + P (S) = - ∫Σ J (Sv ) dΣ + ∫V σ (S v ) dV .
∂t
Expression qu'on peut transformer par le théorème d'Ostrogradsky

∂ V Sv
= Φ (S) + P (S) = - ∫V div J (Sv ) dV + ∫V σ (Sv ) dV .
∂t
∂ Sv
Ou encore = = - div J (Sv) + σ (Sv) = - ∇ Js + σs .
∂t

C'est l'écriture locale du bilan d'entropie

5. HYPOTHESE DE L'EQUILIBRE LOCAL


Bien que le système étudié soit globalement hors d'équilibre, on suppose qu'on peut le découper
en cellules élémentaires dans lesquelles l'équilibre thermodynamique est réalisé avec une bonne
approximation. Les valeurs des variables intensives T, P, µi . . restent identiques dans chaque
cellule mais sont différentes d'une cellule à l'autre. De même, les expressions des fonctions établies
précédem- ment pour l'équilibre thermodynamique, par exemple les formules de Gibbs, restent
valables dans chaque cellule.
Cette hypothèse de l'équilibre local est justifiée a posteriori par la valeur des conclusions qu'elle
permet d'obtenir et par leur bonne confrontation avec l'expérience.

6. LOI FONDAMENTALE DES PROCESSUS HORS D'EQUILIBRE

6.1 EXEMPLES DE PROCESSUS IRREVERSIBLES

Les phénomènes irréversibles apparaissent dans un système thermodynamique lorsqu'il y a un


déséquilibre, c'est à dire lorsque les variables intensives ne sont pas uniformes. Cette non
uniformité peut concerner, par exemple, la pression (⇒ frottements), la température (⇒ conduction
thermique), la composition chimique (⇒ diffusion de matière et ou réaction chimique) ou le
potentiel électrique (⇒ conduction électrique).

page 225
a) Transport de chaleur
Considérons deux corps homogènes, respectivement à la température T et T+∆T avec ∆T << T,
mis en contact au temps zéro et isolés de l'extérieur. On suppose que T ne varie pas pendant le
transfert.
δQ
Pendant l'instant dt, ils échangent une énergie thermique δQ et le premier gagne une entropie
T
δQ
tandis que le second perd .
T + ∆T
Dans le système isolé, il y a une création d'entropie :
1 1  δQ ∆T
dSint = δQ  − =
 T T + ∆T  T T + ∆T
La production d'entropie par unité de temps vaut :
dSint d δQ / T ∆T
P(S) = = qu'on peut écrire : `P(S) = JS XS > 0
dt dt T + ∆T

JS est le flux (il s'agit en fait d'une densité de flux) ou courant d'entropie interne.
XS est la cause de ce flux interne, ici le gradient thermique, qu'on appelle aussi force
thermodynamique ou force généralisée (driving force).

APPLICATION DE COURS

On considère un conducteur de section constante Σ, parcouru par


un flux thermique.
Ecrire l'équation de bilan de l'entropie massique entre deux sections Jth (x) σ (s) Jth (x+dx)
x et x+dx du conducteur en régime permanent. En déduire
l'expression du taux de production volumique d'entropie. Montrer
que c'est un terme nécessairement positif. x x+dx
T (x) T (x+dx)

b) Transport de charges électriques


Considérons le cas de la conduction électrique, en régime station- naire, par exemple dans un
conducteur cylindrique homogène parcouru par un courant de charges électriques.
Ce phénomène est régi par la loi d'Ohm :
Je = - σ grad V , comparable à la loi de Fourier Jth = - λ grad T
Je étant la densité de courant ou flux de charges électriques, en A m-2
σ la conductance et V le potentiel en volt.
Un raisonnement analogue au précédent (voir ouvrage de Pérez) conduit à l'expression suivante :
grad V 1
σ (s) = - Je , comparable à σ (s) = - Jth grad
T T

page 226
c) Transport de matière par diffusion
Le phénomène de diffusion pure - pas de convection - d'un gaz (1) dans un autre (2) est régi par la
loi de Fick :
Jmat,1 = - D1/2 grad ρ1 , loi comparable formellement aux deux précédentes.
Jmat,1 est le flux de masse du composant 1 en kg m-2 s-1,

D1/2 est le coefficient de diffusion du composant 1 dans le composant 2 en m-2 s-1,


ρ1 , est la masse volumique du composant 1 en kg m-3.
Un raisonnement analogue au précédent conduirait à l'expression suivante :
grad ρ1
σ (s) = - Jmat,1 , comparable aux expressions déjà vues.
T

6.2 GENERALISATION
dSint
Comparons les différentes expressions obtenues pour σ (S) = :
dt
PHENOMENE P(S)
A
vchim
Réaction chimique simple T
1
- Jth grad
Conduction thermique T
grad V
- Jelect
Conduction électrique T
grad ρ
- Jmat
Diffusion de matière T

On voit qu'elles peuvent se généraliser, pour un processus irréversible i, sous la forme :


dSint
σ (S) = = Ji Xi et s'il y a plusieurs transformations couplées, compte tenu du caractère
dt
extensif de l'entropie, on peut écrire :
dSint
σ (S) = = ∑ Ji Xi , expression dans laquelle :
dt i
Ji sont les vitesses ou flux (densité de flux en réalité, mais nous continuerons de les appeler flux)
des divers processus irréversibles existants : réaction chimique, conduction thermique, etc..
Xi sont les forces conjuguées correspondantes, appelées encore forces thermodynamiques
généralisées (driving force). Ce sont les causes des flux internes, par exemple l'affinité chimique
pour la réaction chimique, le gradient thermique pour Jth , etc.
C'est la formule fondamentale de la thermodynamique macroscopique des phénomènes
irréversibles.
Le second principe impose que l'on ait : σ (S) = Σ Ji Xi ≥ 0.
A l'équilibre thermodynamique nous avons pour tous les processus irréversibles : Ji = 0 , Xi = 0.

page 227
7. PROCESSUS IRREVERSIBLES LINEAIRES

A chaque processus hors d'équilibre i est associé un flux Ji qui résulte d'une cause Xi . Quelle est
la relation entre Ji et Xi ?

7.1 LINEARISATION

Pour répondre à cette question, on suppose que près de l'équilibre on peut écrire une relation
linéaire de la forme : Ji = Li Xi + des termes, Li étant fonction des variables d'état qui caractérisent
l'équilibre thermodynamique (P, T, µi ..), mais indépendante des gradients, c'est à dire des Xi .
Par exemple, dans le cas de la conduction thermique on peut écrire :
∂T 1 L ∂T
Jth = - λ = Lth grad = th , avec Lth = λ T2.
∂x T 2
T ∂x
C'est le cas aussi de la conduction électrique et de la diffusion de matière, tous étant des
phénomènes de transport entrant dans le cadre de la thermodynamique des phénomènes
irréversibles linéaires.

• Si on produit simultanément 2 phénomènes irréversibles, par exemple de la conduction


thermique et la conduction électrique dans un même conducteur, on obtient une interférence
faisant apparaître de nouveaux effets à cause du couplage entre les deux phénomènes : ce sont ici
les effets thermoélectriques Seebeck, Peltier..

• S'il y a n forces (i = 1... n) et autant de flux (k = 1... n), on écrit n équations de la forme :
n
Ji = ∑ Li k Xk ,
k =1
exprimant ainsi que le flux i peut être provoqué par la contribution de toutes les forces.
Li k est la matrice carrée des coefficients phénoménologiques.

7.2 RELATIONS DE RECIPROCITE D'ONSAGER

Onsager écrit en 1931 que la matrice Li,k est symétrique, pourvu qu'un choix convenable soit fait
pour les flux et les forces (et notam- ment en absence de champ d'induction magnétique et de force
de Coriolis), c'est à dire qu'on a :
Li k = Lk i .
Par exemple, lorsque le flux Ji du processus i (par exemple conduction thermique) est sous
l'influence de la force Xk du processus k (par exemple conduction électrique), alors le flux Jk est
sous la dépendance de la force Xi par l'intermédiaire du même coefficient Li k.
La démonstration de cette relation fait appel à la théorie des fluctuations en mécanique statistique et
ne sera pas donnée ici.

"L'importance des relations d'Onsager découle de leur généralité. Elles ont été soumises à de
multiples tests expérimentaux. Leur validité a démontré que la thermodynamique du non équilibre
conduit, à l'instar de celle de l'équilibre, à des résultats généraux indépendants de tout modèle
moléculaire particulier. La découverte des relations de réciprocité correspond vraiment à un
tournant dans l'histoire de la thermodynamique" (I. Prigogine, Physique temps et devenir).

page 228
APPLICATION DE COURS

Ecrire les équations du flux et les relations d'Onsager pour n = 2.


Expliciter chaque terme avec i = 1 : conductivité thermique,
i = 2 : diffusion de matière.

7.3 THEOREME DE PRIGOGINE

Il concerne les systèmes ouverts en régime permanents. Le système est dans un état stationnaire
de non équilibre. Dans un tel état certaines forces sont constantes et certains flux peuvent être nuls.

Prigogine a démontré en 1945 que si cet état stationnaire est suffisamment proche d'un état
d'équilibre, la création d'entropie est alors minimale : c'est le théorème du minimum de production
d'entropie.

Borel écrit dans (1) : ‘‘alors que pour un système isolé en équilibre l'entropie est maximale et la
production d'entropie est nulle, pour un système ouvert en régime permanent l'entropie est constante
et la création est en général non nulle : elle est continue et constante’’.
Si le système est suffisamment proche d'un état d'équilibre, cette valeur est un minimum.

La valeur de ce minimum est fonction des contraintes extérieures indépendantes du temps qui
permettent de définir l'état d'équilibre.
Si on modifie ces contraintes, on modifie l'état d'équilibre et donc le régime stationnaire et la valeur
du minimum d'entropie qui le caractérise.

Exemple
Considérons le flux thermique étudié en application de cours.
A chaque instant il est créée dans le système une entropie P(S) = δSint/dt, exactement compensée
par un flux sortant φ(S) = δSext/dt, de telle façon qu'on ait dS/dt = 0, par définition du régime
permanent.
Démontrer que P(S) est un minimum revient à étudier la fonction dP(S)/dt. Cette démonstration est
complexe dans le cas général et nous ne la ferons pas ici.

8. PROCESSUS IRREVERSIBLES LINEAIRES COUPLES

Nous étudierons en cours le couplage entre conduction thermique et conduction électrique,


mettant en évidence différents effets thermoélectriques : Peltier, Seebeck, Thomson.

page 229
9. PROCESSUS IRREVERSIBLES NON LINEAIRES

Le domaine non-linéaire s’étend évidemment au delà du domaine linéaire et commence là où ce


dernier devient instable. C’est pourquoi la première démarche consiste à étudier les conditions de
stabilité des états linéaires de non-équilibre.

Le terme ‘branche thermodynamique’ désigne dans ce cas toute la zone, depuis l’équilibre
jusqu’au non-équilibre linéaire, où la stabilité est assurée. Cette zone peut se trouver rétrécie par la
présence d’écoulement ou par un écart trop grand par rapport à l’équilibre de telle manière que les
relations linéaires ne sont plus vérifiées.
Au delà de cette zone d’équilibre, les équations sont désormais non-linéaires et permettent de ce
fait des solutions multiples pour des conditions identiques.
On voit alors apparaître une première instabilité, suivie d’une seconde et ainsi de suite jusqu’à
l’émergence de nouveaux modes d’organisation spatio-temporelle du système.
Près du seuil d’instabilité, l’approche thermodynamique permet une analyse générale des problèmes
très variés qui se posent.
Par contre loin de ce seuil, les solutions proposées perdent ce caractère de généralité en ce sens
qu’elles dépendent largement du problème posé.
Ce domaine fait toujours l’objet de recherches intenses sans que l’on voit actuellement s’imposer
une démarche générale satisfaisante.

page 230
TRAVAUX DIRIGES

page 231
E.C.N
EI 1

TD !
PROBLEME D' ENERGETIQUE
(extrait du D.S. de février 1990)

Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre V :


Transformations Energétiques

Un compresseur fonctionnant en régime permanent admet de l’air (point I) à la


pression PI = 1 bar et à la température TI = 300 K (milieu extérieur) et le refoule dans tous les cas à
la pression P = 7 bars. Les opérations d'admission et d'échappement sont supposées isobares et
isothermes. L’air est assimilé à un gaz parfait avec : γ = 1,4 et CP (chaleur massique) = 1000 J kg-1
K-1. Ces valeurs sont uniformes dans tout le domaine étudié. On admet qu’on peut négliger les
variations d’énergies cinétique et potentielle.
On étudie l’efficacité du compresseur selon qu’il est monoétagé ou biétagé et que la transformation
est réversible ou irréversible, en comparant les travaux consommés, calculés par unité de masse
d’air.

1 COMPRESSEURS REVERSIBLES
On suppose, pour commencer, que l'air se comporte comme un fluide non visqueux et qu'il n'y a
aucune autre source d'irréversibilité.

1.1 COMPRESSEUR ISOTHERME


La compression est faite de manière isotherme (point A).
1°) Le travail de ce compresseur doit-il être calculé par - ∫ P dV ou par ∫ v dP ? Discuter la validité
de ces deux procédés dans le cas général. Calculer la valeur du travail (Wm, T). Quelle remarque
peut-on faire ?
2°) Représenter ce travail par une surface sur les diagrammes (P,v) et (T,s).
3°) Le débit d’air valant 2 kg s-1, calculer la puissance consommée par ce compresseur.
1.2 COMPRESSEUR ISENTROPIQUE MONOETAGE
La compression est faite maintenant de manière adiabatique réversible (point B).
4°) Calculer le travail (Wm, S) que consomme ce compresseur.
5°) Représenter ce travail par une surface sur les diagrammes (P,v) et (T,s).
1.3 COMPRESSEUR ISENTROPIQUE BIETAGE
L’air est comprimé maintenant jusqu’à la pression P1 dans un premier étage (point 1), puis il est
refroidi dans un échangeur jusqu’à la température initiale (point 2), avant d’être comprimé de
nouveau dans un second étage jusqu’à la pression finale (point 3). Les deux compressions sont
faites de manière isentropique, le refroidissement est isobare.
6°) a) Donner l’expression du travail (Wm) que consomme ce compresseur biétagé.
b) Déterminer la pression P1 (ou P2) la plus avantageuse.
c) Calculer, dans ce dernier cas, le travail du compresseur biétagé et la chaleur cédée à
l'échangeur.
7°) Représenter le travail par une surface sur les diagrammes (P,v) et (T,s).
8°) Comparer les travaux des compresseurs isentropiques mono et biétagé. Conclusion ?

page 232
9°) Quel serait le travail d'un compresseur multiétagé dont le nombre d'étages serait extrêmement
grand ?

2 COMPRESSEURS MONOETAGES IRREVERSIBLES

On tient compte maintenant des frottements qui se produisent à l'intérieur du cylindre : Le


compresseur fonctionne de manière irréversible. Le travail dissipé à cause des frottements est noté
Wf. On néglige les autres sources d’irréversibilité.

2.1 COMPRESSEUR ADIABATIQUE


La compression est faite de manière adiabatique (point F) et la température finale est TF = 700 K.
1°) Calculer le travail (Wm) que consomme ce compresseur. Peut on représenter ce travail dans le
diagramme (P,v) ?
2°) Calculer le travail efficace (Weff ) de ce compresseur en supposant qu’il est égal au travail
(Wm,ε) d’un compresseur polytropique réversible ayant les mêmes états initial et final (analyse
polytropique).
3°) Calculer le travail nécessaire pour vaincre les frottements liés aux forces de viscosité. Calculer
la chaleur polytropique (Qε). Montrer que Wf est de la forme ∫ T ds.
4°) Calculer les rendements
- isentropique : ηs = Wm,s / Wm ,
- polytropique : ηε = Wm,ε / Wm .
Quelles remarques peut-on faire sur la validité de ces rendements ?
5°) Représenter sur un diagramme de coordonnées (T,s) les différents travaux. Comparer les aires
correspondantes. Quelles conclusions peut-on en tirer ?

2.2 COMPRESSEUR REFRIGERE


Il y a maintenant un échange thermique avec l'extérieur à travers les parois du compresseur. On
admet que le travail de frottement garde la même valeur que dans le cas du compresseur
adiabatique. La température finale (point F ' ) est TF ' = 500 K.
6°) Faire une analyse polytropique, comme pour la question 2, et calculer le travail (Wm,k) et la chaleur
(Qk) du compresseur polytropique.
7°) Calculer le travail (W'm ) et la chaleur (Q') du compresseur réel.
8°) Calculer les rendements
- isentropique : η's = Wm, s / W'm ,
- polytropique : ηk = Wm, k / W'm .
9°) Représenter sur un diagramme de coordonnées (T,s) les différents travaux. Comparer les aires
correspondantes. Quelles conclusions peut-on en tirer ?

3 COMPARAISON

Classez les différents compresseurs par ordre d'intérêt pratique. Justifiez votre classement.

page 233
E.C.N.
EI 1
TD "
PROBLEMES D'ENERGETIQUE
Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre VI : Corps pur diphasé,
chapitre VII : cycles de conversion thermomécanique de l'énergie.

I
3
Un récipient clos, indéformable, de 1 m , est entièrement occupé par de l'eau.
1°- Quelle est la masse d'eau à l'état de vapeur quand la température est de 20 °C, la fraction liquide
occupant 1/1000 du volume total ?
2°- Quel est le titre x dans ces conditions ?
3°- On chauffe le récipient jusqu'à vaporisation complète de l'eau. Quelle quantité de chaleur doit-
on fournir ?

Note : Le volume de l'unité de masse de l'eau liquide vl sera traité comme une constante soit 1
dm3/kg.
Masse molaire de l'eau : 18 g.
- On assimilera bar et atmosphère dans les formules du cours.
- On assimilera la vapeur d'eau saturante à un gaz parfait.

---------------------------
II
1- Un gramme d'eau se trouvant à l'état de vapeur saturante à 200°C (point A) est détendu
isentropiquement jusqu'à 40°C (point B). Le volume du système est alors ramené isothermiquement et
de manière réversible jusqu'à une valeur VC telle qu'une compression isentropique faite à partir de ce
point amène une condensation totale de l'eau lorsque la température atteint la valeur initiale 200°C.
1°) a) Calculer les coordonnées (P, V, T, x) des points A, B, C, D, dans le système SI, en vous
servant des données numériques ci-dessous.
b) Refaire ce calcul en vous servant des tables des propriétés thermodynamiques de l'eau.
c) Comparer les résultats obtenus.
1- P

D A

B'
E C B
V

page 234
2- a) Calculer les travaux et les quantités de chaleur échangés dans chacune des quatre
transformations (A à B), (B à C), (C à D), (D à A) (en joule).
b) En déduire le rendement du cycle.
c) Comparer cette valeur à celle que fournit directement le second principe. Discuter la fiabilité
des deux procédés de calcul.

3- On considère le cycle A B E D A. Son aire étant supérieure à celle du cycle précédent, le travail
fourni, -Wcycle , est plus grand. Peut-on en déduire que son rendement est plus grand ?
Discuter cette proposition. Vérifier la conclusion qu'on donnera en calculant le rendement du cycle
A B E D A.

4- Prenant le gramme d'eau se trouvant dans l'état A, on le détend de manière isenthalpique. Y a t-il
condensation ?

Données numériques :
- On indique que pour des pressions inférieures à 0,1 bar, on peut employer l'équation des gaz
parfaits sur le côté vapeur de la courbe de saturation.
- Le volume d'un gramme de vapeur d'eau saturante à 200 °C est 0,127 10-3 m3.
- Masse molaire de l'eau : 18 g.
- R ≈ 8,32 J mol-1 K-1.
- On prendra cl égal à 1 cal g-1 K-1 à toute température.
- La pression de vapeur saturante de l'eau est donnée par la formule de Bertrand :
- log10 P (atm) = 17,443 - 2795/T - 3,863 log10 T (T en kelvin).
- Chaleur latente de l'eau : L = 796 - 0,695 * T cal g-1 (T en kelvin).
- 1 atm ≈ 105 Pa , 1 cal ≈ 4,18 J.

------------------------------
III

1°) On étudie l'effet frigorifique qu'on obtiendrait en faisant parcourir réversiblement à une mole
d'ammoniac le cycle A B C D E A.
Les isothermes EA et CD sont à -10°C et +25°C. Les pressions correspondantes sont 2,9 et 10 bars.
Le point de départ A est situé sur la courbe de saturation. La compression AB est assimilable à une
isentropique de gaz parfait. BD est une évolution isobare, DE est parcouru sur la courbe de
saturation qu'on assimilera dans cette région à une verticale.

C
D B

A
E M
v

page 235
On appelle Q2 la chaleur échangée par la mole d'ammoniac avec l'extérieur dans la transformation
EA et Wcycle le travail reçu par la mole au cours du cycle. Calculer l'effet frigorifique σFRI défini par
le rapport : σFRI = Q2/Wcycle.

2°) Prenant la mole d'ammoniac dans l'état C, on la refroidit à volume constant jusqu'à l'état M.
Calculer la chaleur échangée au cours de cette transformation.

Données numériques :
R = 8,315 J mol-1 K-1 ; 1 bar = 105 Pa.
Ammoniac :
Masse molaire 17 g.
Chaleur spécifique du liquide sur la courbe de saturation :
cl = 1,11 cal g-1 K-1.
Chaleur latente de vaporisation à -10 °C : 309,64 cal g-1.
Chaleur latente de vaporisation à +25 °C : 278,66 cal g-1.
Le volume massique vl du liquide vaut 0,0015338 l g-1 à -10°C et 0,0016588 l g-1 à +25 °C.
On vérifiera qu'il est négligeable devant vg.
Chaleur spécifique Cp en dehors de la courbe de saturation Cp = 0,482 cal g-1 K-1.
La vapeur d'ammoniac sera assimilée à un gaz parfait, même sur la courbe de saturation.
ATTENTION : cette hypothèse, nécessaire ici puisqu’on ne dispose pas des tables thermodynamiques
de l’ammoniac, ne doit pas être généralisée à d’autres problèmes sans justification.

page 236
E.C.N.
EI 1

TD #
PROBLEME D'ENERGETIQUE
(extrait du D.S. mai 1990)
Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre VI : Corps pur diphasé,
chapitre VII : cycles de conversion thermomécanique de l'énergie.

Pour mettre en place une unité de production d'électricité, on compare 3 cycles de conversion
thermomécanique de l'énergie en prenant comme base de calcul une masse de 1 kg d'eau et en
considérant les opérations réversibles. Les pressions extrêmes du cycle sont : 100 atm et 0,1 atm (1
atm ≈ 1 kg/cm2).
1°) Après avoir schématisé dans un diagramme (T,s) un cycle de Rankine et mentionné les 4
opérations principales, calculer :
- le titre de vapeur en fin de détente
- le travail du cycle
- le rendement du cycle.
2°) Faire une étude comparable à la précédente mais en considérant :
a) Un cycle de Hirn, sachant que la température extrême de surchauffe est de 600°C.
b) Un cycle de Hirn avec une surchauffe identique à la précédente suivie d'une deuxième
surchauffe à 35 atm conduisant également à 600°C.
3°) a) En comparant les 3 cycles envisagés, indiquer celui qui présente le plus d'intérêt. Justifier
la réponse.
b) Sans faire de calcul, indiquer quelles conséquences entraînerait la prise en compte de
détentes irréversibles.
4°) Pour le cycle le plus performant, quel débit horaire de vapeur faudrait-il pour produire une
puissance électrique de 200 MW (1 MW = 106 W), sachant que l'alternateur couplé à la turbine
possède un rendement de 95% ?

NB : Les tables thermodynamiques de l'eau sont indispensables pour résoudre ce problème.

page 237
E.C.N.
EI 1

TD $
PROBLEMES D'ENERGETIQUE
Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre V :
Transformations Energétiques

1° - De l’air est détendu adiabatiquement et avec une très faible vitesse d'écoulement à travers
une section étranglée dans laquelle on a déposé du verre fritté. En amont de cette section, la
température et la pression sont uniformes et respectivement égales à 25 °C et 10 bars. En aval de la
section étranglée, la pression est uniforme et égale à 1 bar.
L’air est assimilable à un gaz parfait diatomique de masse molaire M = 29 g. On prendra γ = 1,4 et
R ≈ 8,32 J mol-1 K-1.
Calculer les variations d'énergie interne, d'enthalpie et d'entropie d'un kilogramme de ce gaz dans
cette détente.

2° - Dans une autre expérience, le même gaz est détendu toujours adiabatiquement mais avec
une vitesse d'écoulement c dans une tuyère idéale.
Calculer les variations d'énergie interne, d'enthalpie, d'entropie et d'énergie cinétique d'un
kilogramme de ce gaz entre 2 sections où la pression a varié de 10 à 1 bar. La température dans la
section amont est 25 °C.

---------------

II

La partie terminale d’un turboréacteur d’avion est constituée par une tuyère convergente-divergente
dans laquelle un gaz (air + gaz brûlés) se détend avec un écoulement monodimensionnel,
isentropique (pas de choc) et permanent. Ce gaz provient d’une chambre de combustion et passe par
une turbine, d’où il sort à la pression de 30 bars et à la température de 300 °C et, après détente dans
la tuyère, il se retrouve dans l’atmosphère.
La pression en sortie de tuyère est à chaque fois égale à la pression dans l’atmosphère et le débit
d’air vaut 20 kg s-1. Le gaz considéré sera assimilé à un gaz parfait diatomique de masse molaire
M = 29 g. On prendra γ = 1,4 et R ≈ 8,32 J mol-1 K-1.
1°) Tout d’abord l’avion vole au niveau de la mer et la pression atmosphérique vaut 1 bar. En
faisant les hypothèses nécessaires, calculer les coordonnées de l’air (P, v, T, c) pour les 4 points
suivants : entrée de la tuyère, col, sortie de la tuyère, milieu extérieur. Déterminer la section de la
tuyère à la sortie, au col et en entrée.
2°) Maintenant l’avion vole en altitude et, la pression extérieure ayant changé, des volets sont
actionnés en sortie du divergent pour modifier sa section et adapter ainsi le fonctionnement de la
tuyère à la nouvelle pression extérieure. La section de sortie vaut maintenant 22,91 10-3 m2.
Calculer les nouvelles conditions (P, v, T, c) en sortie de tuyère.

page 238
E.C.N.
EI 1

TD %
EXERCICES D'ENERGETIQUE
Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre VIII :
Transferts thermiques

La paroi d'un four est composée de trois couches successives de briques : une couche de
briques réfractaires (λ1 = 1,4 W m-1 K-1) de 15 cm d'épaisseur, une couche de briques isolantes (λ2
= 0,2 W m-1 K-1) et une couche de briques ordinaires (λ3 = 1,2 W m-1 K-1) de 22,5 cm d'épaisseur.
Les briques réfractaires ont, du côté four, une température de 982°C. La température des briques
isolantes au contact avec les réfractaires est de 938°C et celle de la surface entre les briques
isolantes et les briques ordinaires est de 138°C.
Calculer l'épaisseur des briques isolantes et la température à la surface extérieure du four.
On admet qu'on a atteint le régime permanent.

--------------------

II

De la vapeur saturée, à T1m = 120°C, s'écoule dans un tube en acier de 20 mm de diamètre


intérieur et 25 mm de diamètre extérieur, qui traverse un atelier dont la température est Ta = 20°C.
Calculer les températures de chacune des parois du tube et la puissance calorifique dissipée en
régime permanent par mètre de tube.
On donne : h1 = 6000 W m-2 K-1 (entre la vapeur et le tube)
h2 = 10 W m-2 K-1 (entre l'air extérieur et le tube)
λacier = 37 W m-1 K-1

--------------------

III

Etablir la relation donnant, en régime permanent, la répartition de température à l'intérieur


d'un cylindre plein dans lequel la chaleur est engendrée de façon homogène et transmise par
conduction.
On prendra :
λ : conductivité calorifique du matériau,
q : quantité de chaleur engendrée par unité de volume et par unité de temps,
r0 : rayon du cylindre,
T0 : température à la surface du cylindre.
 dT 
On a sur l'axe du cylindre :   =0
 dr  r =0
--------------------

page 239
IV

Quelle épaisseur faut-il donner à un mur de briques pour que, sa face chaude étant
maintenue à la température Tc = 200°C, sa face froide soit à la température Tf = 50°C ? La
température ambiante est Ta = 20°C. Elle reste constante pendant l'échange.
Coefficient d'échange avec l'atmosphère : h = 20 kcal h-1 m-2 °C-1
Coefficient de conductibilité thermique de la brique : λ = a T(°C) + b avec a = 8 10-6 kcal h-1 m-1
°C-2 et b = 0,6 kcal h-1 m-1 °C-1.
(Réponse : 0,15 m avec λ moyen ; 0,15025 m avec λ variable).

page 240
E.C.N.
EI 1

TD &
PROBLEME D'ENERGETIQUE
Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre VIII :
Transferts thermiques

On se propose d'étudier l'intérêt du calorifugeage d'une conduite cylindrique métallique isotherme


suivant la génératrice.
On notera :
r1 rayon intérieur de la conduite
r2 rayon extérieur de la conduite
r3 rayon extérieur après calorifugeage (on admet que le contact conduite-calorifuge est parfait)
λA coefficient de conductibilité thermique du métal
λB coefficient de conductibilité thermique du calorifuge
h1 coefficient d'échange entre l'intérieur de la conduite et le métal
h2 coefficient d'échange entre la surface extérieure du métal et l'air ambiant
h3 coefficient d'échange entre le calorifuge et l'air (on pourra poser h2 = h3)
θ1m température moyenne à l'intérieur de la conduite
θ2m température moyenne de l'air ambiant
θ1 température de la surface intérieure de la conduite
θ2 température de la surface extérieure de la conduite
θ3 température de la surface extérieure du calorifuge

1°) Calculer l'expression de la résistance thermique du tube avant calorifugeage, en tenant compte
des transmissions de chaleur fluide - métal.

2°) Calculer cette expression après calorifugeage.

3°) Y a-t-il toujours intérêt à calorifuger une conduite ? Etablir la formule permettant de discuter
complètement cette question et faire cette discussion (*). On pourra poser : x = r3/r2 et γ = λB/r2h2,
tous deux sans dimension.
(*) Ne pas poser d’emblée les conditions à respecter pour que l’isolation soit bonne mais étudier tous les cas possibles,
mêmes défavorables, éventuellement.

4°) Application au cas où :


r2 = 0,0125 m
λB = 0,15 kcal h-1 m-1 °C-1
h2 = h3 = 10 kcal h-1 m-2 °C-1
a) Quelle est l'épaisseur de calorifuge la plus défavorable ?
b) Quelle épaisseur minimale de calorifuge a-t-on intérêt à mettre ?

(Réponses
question 3 : Equation à discuter : ∆Rth = 1/K [1/γ Ln x + 1/x – 1]
question 4 : a) e = r3 - r2 = 0,015 - 0,0125 = 2,5 mm
b) e = r3 - r2 = 0,0182 - 0,0125 = 5,7 mm).

page 241
E.C.N.
EI 1

TD '
PROBLEMES D'ENERGETIQUE
Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre IX : Rayonnement

I
Une bande de platine dont les dimensions sont : longueur 1 m, largeur 2 mm, épaisseur 0,05 mm est
noircie sur ses 2 faces de manière à se comporter comme un corps noir. Sa température, en kelvin,
sera notée T. Elle est placée dans une enceinte vide dont la température T0 est fixe. L'enceinte
rayonne vers la bande comme un corps noir. Au départ, par suite de l'équilibre thermique, la
température de la bande est égale à T0. Puis on fait passer un courant électrique dans la bande de
platine et on se propose d'étudier la relation qui peut exister entre la température T de la bande et la
différence de potentiel V imposée aux extrémités de la bande. Les phénomènes de rayonnement
sont les seules causes de transfert de chaleur, la conduction thermique étant négligeable. La
constante de Stefan σ est égale à 5,7 10-8 W m-2 K-4. La résistance électrique R de la bande varie
avec la température selon la loi R = α R0 T, où R0 est la résistance à 0 °C, α une constante égale à
1/273 K-1 et T la température de la bande. La bande de platine, de masse m, a une chaleur spécifique
C. La résistivité du platine à 0°C est ρ = 10-5 Ω cm. La température de l'enceinte est fixée à 0 °C.
On conduira l'étude de la manière suivante :
1°) Etablir l'équation différentielle qui décrit l'échauffement de la bande pendant la période transitoire.
2°) Lorsque le régime permanent est atteint, établir l'équation qui relie la différence de potentiel V
appliquée à la bande à la température T de la bande.
3°) Calculer la température atteinte, en régime permanent, pour V = 10 V.

--------------------------------
II

Un grand disque de rayon R rayonne de l'énergie vers un très petit


S' disque de surface S' (assimilable à dS'). Les deux disques,
(T') parallèles, ont le même axe de symétrie et sont situés à une
distance d dans le vide.
1°) Le grand disque se comportant comme un corps noir à la
d température T, donner l'expression de la puissance qu'il rayonne
vers le petit disque.
2°) Le petit disque se comportant comme un corps noir qui rayonne
sur ses deux faces, calculer sa température T' en régime permanent.

R S 3°) Calculer T' dans le cas où le petit disque se comporte comme un


(T) corps gris diffusant avec un coefficient d'absorption a' (les caracté-
ristiques de rayonnement du grand disque ne sont pas modifiées).
4°) Calculer T' pour un petit disque se comportant comme un
corps noir tandis que le grand disque est maintenant considéré
comme un corps gris diffusant à la température T avec un
coefficient d'absorption a.
Données numériques : R = 1 m, d = 2,65 m, σ = 5,7.10-8 W m-2 K-4, T = 1000 K, a = a' = 0,5.

page 242
E.C.N.
EI 1
TD (
PROBLEME D'ENERGETIQUE
Voir : Cours de Thermodynamique, Chapitre IX :
Rayonnement

ETUDE D'UN CAPTEUR SOLAIRE

On étudie les échanges énergétiques qui se produisent entre un rayonnement solaire de puissance
incidente φi (identique dans tout le problème) et un capteur plan de surface unitaire dont l'absorbeur
se comporte comme un corps noir. Tous les flux sont supposés normaux aux surfaces de captation.
On néglige les pertes par l'arrière ou les côtés du capteur.
1) L'absorbeur est placé dans le vide et sa température θa, en régime permanent, vaut 91,4 °C.
Calculer la puissance incidente φi et les longueurs d'onde des maximums d'émission d'énergie
solaire λmax,i et d'énergie émise par le capteur λmax,a. Déterminer les deux bandes spectrales
pratiques correspondantes. On prendra : T = θ + 273.
2) On recouvre l'absorbeur d'un vitrage en laissant un espace vide entre les deux. Le vitrage a les
caractéristiques suivantes :

fenêtre spectrale 0,2 à 3 µm 3 à 45 µm


coefficient
absorption 0 1
transmission 1 0

a) Ecrire les trois équations de bilan thermique.


En faisant les hypothèses nécessaires, calculer les températures de l'absorbeur Ta et de la vitre
Tvi (côté intérieur) et Tve (côté extérieur), en régime permanent.
b) Vérifier que les hypothèses que vous avez faîtes sont compatibles avec les résultats obtenus.
c) Faire le bilan des puissances échangées au niveau de l'absorbeur, de la vitre et du capteur dans
son ensemble.
3) Le vide étant maintenu entre l'absorbeur et la vitre, le capteur est maintenant placé dans de l'air
faiblement agité dont le coefficient de convection h vaut 10 W m-2 K-1. L'air, supposé être
parfaitement transparent vis à vis du rayonnement solaire, est à la température θair = 10 °C. On est
en régime permanent et on néglige le rayonnement de l'air vers le capteur. Répondre aux mêmes
questions que pour la partie 2.
4) le rendement d'un capteur étant défini par :
η = Puissance récupérée par l'utilisateur / Puissance incidente , calculer sa valeur dans ce cas.

Données numériques:
Constante de Stefan : σ = 5,67.10-8 W m-2 K-4 , température du soleil : Ti = 6000 K.
Conductivité du verre : λv = 0,8 W m-1 K-1 , épaisseur du verre : ev = 5 mm.
N.B. On admet que la quasi-totalité du rayonnement est émise dans une bande spectrale pratique
comprise entre 0,5 λmax et 5 λmax.

page 243
CONTROLES

page 244
Contrôles et coefficients

Les contrôles effectués en Energétique sont au nombre de 4 :

- En cours d’année
. Un projet sera effectué, en binômes, pendant des horaires définis pour le travail en autonomie. Il
représente la note EVC de l’ECUE THERE avec un coefficient de 0,6.
. Les Comptes Rendus de travaux pratiques (TP) auront une note qui représente les 2/3 de la note finale.

- Lors de l’examen final, il y aura un Quizz TP et un devoir surveillé, le tout durant 2h 30 :


. Le Quizz portera sur les TP THERM et sera compté pour 1/3 de la note finale. Il durera 30 minutes
et comportera une dizaine de questions. Un exemple de question est donné ci-dessous. Moyenné avec
les comptes rendus, on obtient la note EVI de l’ECUE THERM coeff 1 (la note EVC coeff 1 est
donnée par les TP de Méca Flu).
. Le devoir surveillé sur le cours et les TD durera 2 heures et son coefficient est de 1,4. Ce DS porte
sur l’ensemble du programme et on en donne deux exemples dans les pages suivantes. Les documents
autorisés sont : 5 feuilles (10 pages) de notes personnelles manuscrites, non photocopiées ni scannées.

La note finale de THERE est formée par la somme du projet (EVC) et du DS (EVI), son coefficient
est donc de 2.
La note finale de THERM est formée par les Comptes rendus et le Quizz THERE, coefficient 1 et la note de
TP Méca Flu, coeff 1.

-------------------------------------------------------

NOM :
PRENOM :
GROUPE :

QUIZZ TP D’ENERGETIQUE

Durée : 30 minutes.
Documents autorisés : 5 feuilles de notes de cours personnelles manuscrites.

-----------
Faire une croix dans la case (ou les cases, plusieurs réponses possibles) correspondant à votre
réponse (2 points par question : 1 pour la case cochée et 1 pour les explications).
-----------
1) Considérons, en régime permanent, une barre de cuivre parfaitement calorifugée, chauffée à une
extrémité et refroidie par un courant d’eau à l’autre extrémité (TP3). Les température de chauffage
et de refroidissement étant constantes, le profil de température de la barre en fonction de l’abscisse
de la barre :
a) est linéaire ?
b) est exponentiel ?
c) est sinusoïdal ?
Justifiez votre (vos) réponse(s) en quelques mots :

page 245
Exemple de réponse

1) Considérons, en régime permanent, une barre de cuivre parfaitement calorifugée, chauffée à une
extrémité et refroidie par un courant d’eau à l’autre extrémité (TP3). Les température de chauffage
et de refroidissement étant constantes, le profil de température de la barre en fonction de l’abscisse
de la barre :
d) est linéaire ?
e) est exponentiel ?
f) est sinusoïdal ?
Justifiez votre (vos) réponse(s) en quelques mots :

Il y a en tout une dizaine de questions comme celle-ci.

----------------------------------------------------

Exemples de DS.

Evidemment, les devoirs passés ne préjugent pas de ce que seront les devoirs futurs puisqu’ils sont
à chaque fois différents. Mais ces exemples permettent de se faire une bonne idée de la difficulté et
de la longueur de ce qui vous sera demandé.
Petits commentaires après correction :

. DS de janvier 2000 : le problème I ressemble au problème du compresseur irréversible, traité


lors des TD, mais appliqué au système diphasé et pour une détente. Les questions 2, 4 et 5 sont
faciles mais demandent une bonne habitude de l’utilisation des tables thermodynamiques, acquise
normalement au cours des nombreux calculs du projet. Les questions 1, 3 et 6 sont moins faciles. Le
problème II permet de vérifier votre compréhension du fonctionnement des tuyères, il n’avait pas
d’équivalent dans les TD ; les élèves s’en sortent bien sauf pour la question 3. Le problème III se
traite avec les lois du rayonnement thermique. La question IV et une question de cours. Il faut
répondre clairement à la question (oui ou non) puis commenter votre réponse.

. DS de janvier 2001 : le problème I est l’exacte réplique d’un problème traité en TD, les valeurs
données ici étant un peu différentes ; malgré cela, seulement un élève sur 10 parvient à trouver la
solution de la question 2. Le problème II est une partie d’un problème traité intégralement dans le
polycopié de cours (exercices pour auto-correction). Il n’y a pas d’exercice sur les transferts
thermiques, seule une question de cours sur le rayonnement et les élèves qui avaient un bon résumé
de cours s’en sortent bien. La question IV est relativement facile pour celui qui a fait le projet mais
incompréhensible pour les autres (on découvre les inconvénients de la sous-traitance).

page 246
ECOLE CENTRALE 24 janvier 2000
NANTES
EI 1

DEVOIR SURVEILLE D'ENERGETIQUE

Durée : 2 h.
Documents autorisés : 5 feuilles de notes de cours personnelles + tables thermodynamiques de l'eau.
Remarque : il sera tenu compte dans la notation de la qualité de la présentation ( écriture lisible,
résultats principaux soulignés ou encadrés, dessins au tracé bien net, etc.) : 1 point.

PROBLEME I (7 points)

Au cours d'une détente adiabatique dans une turbine fonctionnant en régime permanent, de la vapeur d'eau
passe des conditions 1 : P = 6 kgf cm-2, T = 550 °C, aux conditions 2 : P = 0,24 kgf cm-2, T = 160 °C.
1°) La transformation 1-2 est-elle réversible ou irréversible et pour quelle raison ? Dessiner cette
transformation dans un diagramme T,s en portant suffisamment de détails.
2°) Calculer le rendement isentropique ηs de la turbine en utilisant les tables thermodynamiques.
3°) Calculer la valeur de ηs par une autre méthode, différente de celle de la question 2). Comparer
les deux valeurs. Conclusion ?
4°) En faisant une analyse polytropique (Pvx = cte), calculer la valeur de x, le travail massique
dépensé pour lutter contre les forces de frottement et le rendement polytropique ηx de la turbine.
5°) En utilisant les tables, calculer la valeur de γ pour la vapeur d’eau. Vérifier que la valeur de x
obtenue à la question précédente est conforme aux prévisions.
6°) En calculant la valeur de Cp de deux manières différentes, vérifier que la valeur de γ déterminée
en 5) est correcte.
Les tables thermodynamiques de l’eau sont indispensables pour résoudre ce problème.
On néglige partout les variations d’énergies cinétique et potentielle de la vapeur. On pourra utiliser
les formules du gaz parfait pour les questions 3) 4) 5) et 6) si on a vérifié qu’elles sont applicables.
On prendra alors : r = 461,9 J kg-1 K-1 , 1 kgf cm-2 = 0,9807 bar et 1 kcal = 4184 J.

PROBLEME II (6 points)

1°) Soit une tuyère convergente idéale, placée entre un réservoir, où se trouve de l’air à la pression
de 3 bars et à la température de 600 K, et l’atmosphère à la pression de 1 bar.
a) Quel est le régime de cette tuyère ?
b) Calculer les coordonnées au col de cette tuyère : vitesse, pression et température et les donner
sous forme d’un tableau récapitulatif.
c) Dessiner à l’échelle l’évolution de la pression en fonction de x sur un schéma, comme indiqué
ci-dessous.
P (bar)
3

x
page 247
2°) On adjoint un divergent à la tuyère précédente, les pressions initiale et finale étant inchangées.
La section de sortie de ce divergent vaut : Ssortie = k Scol.
a) Calculer la valeur de k permettant que la tuyère convergente-divergente soit adaptée. Donner les
coordonnées de l’air en sortie : vitesse, pression et température sous forme d’un tableau
récapitulatif.
b) Dessiner l’évolution de la pression comme pour 1c) en portant le nouveau profil de tuyère.

3°) La pression finale est maintenant de 0,7 bar, les autres données, dont la section de sortie, étant
inchangées.
a) Calculer la vitesse de l’air en sortie.
b) Dessiner l’évolution de la pression comme pour 2b).

Données : L’air sera considéré comme un gaz parfait avec γ = 1,4 M (masse molaire) = 29 g et
R = 8,314 J mol-1 K-1.

PROBLEME III (4 points)

La terre reçoit de la part du soleil une puissance efficace (normale à sa surface) de 1387 W m-2.
1°) Calculer sa température moyenne (jour-nuit) en régime permanent.
2°) Sa température mesurée vaut 15 °C. A quoi peut-on attribuer la différence avec la température
calculée ?
Données : On admet que la terre se comporte comme un corps gris diffusant à température
homogène et que l'atmosphère est parfaitement transparente pour tous les rayonnements. On
précisera les autres hypothèses nécessaires pour faire ce calcul. Constante de Stefan : σ = 5.67 10-8
W m-2 K-4.

QUESTION IV (2 point)

La variation d’entropie au cours d’un cycle comprenant une ou plusieurs transformations


irréversibles est : positive, négative ou nulle ? Justifier votre réponse.

page 248
ECOLE CENTRALE 29 janvier 2001
NANTES
EI 1

DEVOIR SURVEILLE D'ENERGETIQUE

Durée : 2 h.
Documents autorisés : 5 feuilles de notes de cours personnelles + tables thermodynamiques de l'eau.
Remarque : il sera tenu compte dans la notation de la qualité de la présentation ( écriture lisible,
résultats principaux soulignés ou encadrés, dessins au tracé bien net, etc.) : 1 point.

PROBLEME I (7 points)
La partie terminale d’un turboréacteur d’avion est constituée par une tuyère convergente-divergente
dans laquelle un gaz (air + gaz brûlés) se détend avec un écoulement monodimensionnel,
isentropique et permanent. Ce gaz entre à la pression de 30 bars et à la température de 600 K et,
après détente dans la tuyère, il se retrouve dans l’atmosphère.
La pression en sortie de tuyère est à chaque fois égale à la pression dans l’atmosphère et le débit
d’air vaut 20 kg s-1. Le gaz considéré sera assimilé à un gaz parfait diatomique de masse molaire M
= 29 g. On prendra : γ = 1,4 et R ≈ 8,32 J mol-1 K-1.
1°) Tout d’abord l’avion vole au niveau de la mer et la pression atmosphérique vaut 1 bar. En
faisant les hypothèses nécessaires, calculer les coordonnées de l’air (P, v, T, c) pour les 3 points
suivants : entrée de la tuyère, col, sortie de la tuyère. Déterminer la section de la tuyère à la sortie,
au col et en entrée. Présenter les résultats sous forme d’un tableau récapitulatif.
2°) Maintenant l’avion vole en altitude et, la pression extérieure ayant changé, des volets sont
actionnés en sortie du divergent pour modifier sa section et adapter ainsi le fonctionnement de la
tuyère à la nouvelle pression extérieure. La section de sortie vaut maintenant 19,96 10-3 m2.
Calculer les nouvelles conditions (P, v, T, c) en sortie de tuyère. Présenter les résultats sous forme
d’un tableau.

*********
PROBLEME II (7 points)

1°) Le cycle de Carnot est peu employé dans la pratique pour réaliser un moteur à gaz, bien qu’il
possède le meilleur rendement possible. A cela il y a des raisons que vous exposerez brièvement.
2°) On se propose d’explorer en détail l’une de ces raisons en considérant qu’un kilogramme d’air
effectue un cycle de Carnot réversible dans le sens moteur. Le point de départ est le point A (T2 = 300
K) à partir duquel le gaz subit une compression isotherme amenant à l’état B, suivi d’une compression
isentropique : point C où le volume est le plus faible du cycle. Ensuite une chaudière isotherme, à la
température T1 permet la détente du gaz jusqu’au point D et une détente isentropique ramène celui-ci
en A.
d) Sachant que la contrainte est le rapport volumétrique de compression a = VA/VC, donnez
l’expression du travail du cycle en fonction de a , r, γ et des températures du cycle T1 et T2.
e) Pour a = 10, déterminer la position de l’extremum et exploitez votre résultat en traçant très
sommairement la courbe Wcycle = f (T1) dans la gamme 300 à 800 K. Signalez sur la courbe les
zones qui ont une signification physique et celles qui n’en ont pas.

page 249
(NB : pour interpréter correctement, on aura intérêt, lors de la résolution, à poser x = T1/T2).
f) Dans quelle zone de la courbe se placera t-on si on cherche, comme c’est l’usage, un compromis
entre bon rendement et travail massique important ?
g) Comparez le travail maximum, en J kg-1, qu’on peut obtenir de ce cycle avec les ordres de
grandeur qu‘on connaît pour le travail massique d’un cycle Beau de Rochas, de Diesel et de Hirn.
Quelles conclusions peut- on en tirer ?

Comme il s’agit d’une évaluation des possibilités du cycle, et malgré des pressions parfois un peu
élevées, l’air sera considéré comme un gaz parfait avec : γ = 1,4 et r = 286,7 J kg-1 K-1.

*********

QUESTION III (2.5 points)


Enoncer en quelques lignes les propriétés qui caractérisent et différencient, du point de vue des
échanges par rayonnement thermique, les corps suivants :
- un corps noir
- un corps gris diffusant
- un corps quelconque (corps réel en général).
Présenter ces propriétés, de préférence, sous forme d’un tableau.

*********

QUESTION IV (2.5 points)

On dispose de vapeur d’eau à la pression de 3 kgf/cm2 et la température de 500 °C et on cherche à


effectuer une détente de cette vapeur dans une turbine adiabatique jusqu’à la pression de 0,1
kgf/cm2 et la température de 60 °C. Mais, en pratique, on n’y arrive pas, la détente ne se produisant
pas comme on le souhaite.
Pour quelle raison ? Que faudrait il changer ?
Les tables thermodynamiques de l’eau sont indispensables pour traiter cette question.

page 250
REMERCIEMENTS

Ce document doit beaucoup :

• Aux cours de R. Pointeau et J.P. Frayret, donnés antérieurement à l'Ecole Centrale de Nantes.

• Aux ouvrages indiqués ci-dessous dont on ne saurait trop recommander la lecture.

• Aux élèves qui ont eu le courage de poser des questions pendant les cours ou les TD et ont ainsi
contribué à en rendre le contenu plus digeste.

Malgré le soin apporté à dactylographier ce document, il y subsiste probablement encore des


imprécisions ou des erreurs. Merci d'avance aux élèves qui voudront bien les signaler et aider ainsi
les promotions suivantes (et l'enseignant, aussi).

BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE

(1) BOREL L. THERMODYNAMIQUE ET ENERGETIQUE


(Presses Polytechniques Romandes)

(1bis) BOREL L. THERMODYNAMIQUE ET ENERGETIQUE


NGUYEN D. Problèmes résolus et exercices
BATATO M. (Presses Polytechniques Romandes)

(2) PEREZ J.P. THERMODYNAMIQUE


ROMULUS A.M. Fondements et applications
(Masson)

(3) COUTURE L. THERMODYNAMIQUE


CHAHINE C. Cours, exercices et problèmes résolus
ZITOUN R. (Dunod)

(4) SACADURA J.F. INITIATION AUX TRANSFERTS


THERMIQUES
(Technique et documentation)

(5) TAINE J. TRANSFERTS THERMIQUES


PETIT J.P. (Dunod)

(6) KLING R. THERMODYNAMIQUE GENERALE


ET APPLICATIONS
(Technip)

(7) KONDEPUDI I. MODERN THERMODYNAMICS


PRIGOGINE I. (Wiley)

(8) VIDAL C. AU DELA DE l’EQUILIBRE


DEWEL G. (Hermann)

page 251

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