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Hypertrophie bénigne de la prostate

L'hypertrophie bénigne de la prostate est une affection fréquente chez les hommes âgés qui provoque une augmentation de volume de la prostate et une compression de l'urètre, entraînant des difficultés à uriner. Elle peut rester silencieuse ou nécessiter un traitement médical ou chirurgical en fonction de la gravité des symptômes.
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Hypertrophie bénigne de la prostate

L'hypertrophie bénigne de la prostate est une affection fréquente chez les hommes âgés qui provoque une augmentation de volume de la prostate et une compression de l'urètre, entraînant des difficultés à uriner. Elle peut rester silencieuse ou nécessiter un traitement médical ou chirurgical en fonction de la gravité des symptômes.
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Questions relatives à l’hypertrophie

bénigne de la prostate
Qu’est-ce que l’hypertrophie bénigne de la
prostate (HBP) ?
Encore dénommée adénome de la prostate, il s’agit
d’une affection bénigne touchant la prostate. Cette
affection est caractérisée par une augmentation de
volume du tissu glandulaire qui compose la prostate,
particulièrement dans la zone autour de l’urètre.
L’urètre s’en trouve ainsi progressivement comprimé.
Il s’en suit une difficulté croissante pour uriner.
Quelle est la différence entre cancer de la
prostate, adénome de prostate et hypertrophie
bénigne de la prostate ?
Adénome de prostate et HBP sont une même
maladie qui se caractérise par une
hypertrophie locale non cancéreuse du tissu
glandulaire constituant la prostate.
Le cancer de la prostate est une
transformation maligne du tissu glandulaire.
D’abord localisé, il tend à sortir de la glande
pour se propager aux organes voisins et à
distance (métastases).
L’hypertrophie bénigne de la prostate est-elle
une maladie fréquente ?
L’HBP clinique (c’est-à-dire avec présence de signes
urinaires) concernerait en France plus de 6 millions
d’hommes de plus de 60 ans.
La fréquence augmente avec l’âge : environ 20%
autour de 40 ans, plus de 50 % autour de 70 ans.
Chaque année, 100 000 hommes sont opérés de
l’HBP.
Comment se manifeste l’hypertrophie bénigne
de la prostate ?
L’HBP est longtemps silencieuse et peut le rester. La
compression progressive de l’urètre est responsable
de deux types de troubles urinaires :
des signes irritatifs liés à la rétention d’une
certaine quantité d’urine malgré la fin de la
miction : augmentation de fréquence des
mictions le jour, apparition de mictions
nocturnes de plus en plus fréquentes, envies
répétées et impérieuses d’uriner quelquefois
accompagnées de fuites urinaires.
des signes obstructifs liés à la nécessité de
franchir l’obstacle prostatique : nécessité de
pousser pour uriner, faiblesse du jet, mictions
rallongées, gouttes retardataires en fin de
miction.
L’hypertrophie bénigne de la prostate peut-elle
entraîner la stérilité et/ou une impuissance ?
La prostate n’ayant aucun rôle sur la production des
spermatozoïdes, l’érection et le mécanisme
d’éjaculation, l’HBP n’entraîne pas de risque de
stérilité ni d’impuissance. En revanche, le traitement
chirurgical parfois nécessaire entraîne très
fréquemment un problème d’éjaculation rétrograde
(le sperme va dans la vessie lors de l’éjaculation au
lieu de sortir par l’extrémité de la verge). C’est
également le cas avec certains traitements médicaux
destinés à traiter l’HBP.
L’hypertrophie bénigne de la prostate peut-elle
dégénérer en cancer ?
Bien qu’elles touchent toutes les deux les éléments
glandulaires de la prostate, HBP ne dégénère jamais
en cancer. Cependant, les deux affections peuvent
coexister. Ceci explique le dépistage systématique du
cancer de la prostate par le dosage du PSA (Antigène
Prostatique Spécifique) dans le cadre de la prise en
charge d’une HBP. De même, en cas d’intervention
chirurgicale, le tissu prostatique retiré est
systématiquement analysé.
L’hypertrophie bénigne de la prostate favorise-
t-elle les infections urinaires ou génitales ?
À cause du résidu restant après chaque miction,
l’infection des urines à partir de bactéries présentes
dans l’urètre est plus fréquente. L’infection des urines
vésicales entraîne l’infection de la prostate
(prostatite), ce qui peut majorer l’obstruction par
compression de l’urètre pour aboutir à une rétention
aiguë d’urine. L’infection peut aussi se propager de
façon rétrograde au reins (pyélonéphrite) et aux
testicules (orchi-épididymite).
La formation de calculs liés à la stase urinaire
chronique est aussi un facteur favorisant les
infections urinaires.
Comment savoir si j’ai une hypertrophie
bénigne de la prostate ?
Le diagnostic d’HBP ne peut être porté que par un
médecin à l’issu d’un interrogatoire, d’examen
physique et parfois d’un bilan complémentaire. En
revanche, ce diagnostic n’est envisagé qu’en
présence de troubles urinaires (difficulté à uriner,
mictions de plus en plus fréquentes ou apparaissant la
nuit) qui doivent donc amener à consulter. Parfois, le
diagnostic est porté au décours d’une complication
apparaissant malheureusement d’emblée (prostatite
infectieuse, rétention aiguë d’urine), mais cela ne
justifie pas actuellement de rechercher
systématiquement par échographie une HBP
silencieuse en l’absence de signes urinaires. Ce
d’autant plus qu’il n’existe pas de corrélation entre
volume de la prostate et l’intensité des troubles.
Y a-t-il une fatalité de l’hypertrophie bénigne
de la prostate ? est-ce héréditaire ?
Bien qu’elle n’ait pas été formellement identifiée sur
le plan génétique, il existe une réelle prédisposition
familiale à l’HBP et ce d’autant plus qu’elle survient
précocement. Ces formes « familiales » sont
caractérisées par des HBP avec un important volume
prostatique.
Comment mon médecin traitant peut détecter
que j’ai une hypertrophie bénigne de la
prostate lors d’une consultation au cabinet ?
L’interrogatoire pour préciser la nature des troubles
urinaires est un temps important pour le médecin. En
effets, les troubles urinaires liés à l’HBP sont
facilement identifiables (contrairement au cancer qui
est totalement silencieux dans sa phase de
développement intra-prostatique) : augmentation des
mictions, le jour et la nuit, nécessité de pousser pour
uriner, faiblesse du jet et longueur de la miction…
Un toucher rectal est alors effectué pour évaluer le
volume de la prostate et sa consistance et rechercher
un éventuel nodule palpable au bout du doigt qui peut
évoquer un cancer prostatique associé.
En fin de consultation, le médecin peut décider de
prescrire un bilan et éventuellement un premier
traitement s’il le juge urgent.
Quelles sont les examens que va me prescrire
mon médecin traitant s’il suspecte une
hypertrophie bénigne de la prostate ?
Classiquement, le bilan d’une HBP comprend :
une échographie vésico-prostatique et
rénale pour mesurer la taille de la prostate,
rechercher un résidu vésical après miction
signant la rétention dûe à l’obstacle prostatique
et rechercher une éventuelle complication
(calcul, dilatation uretérale,…).
Une prise de sang comprenant PSA
(marqueur sanguin pour dépister le cancer de
prostate), créatininémie (évaluation de la
fonction rénale).
Une analyse d’urine (ECBU) pour rechercher
une infection et/ou une hématurie (sang dans
l’urine).
Débimétrie (non systématique) pour mesurer
objectivement la valeur du débit mictionnel.
Ces examens sont laissés à l’appréciation du
médecin en fonction des symptômes.
Dois-je prévenir mon ou ma partenaire si j’ai
une hypertrophie bénigne de la prostate ?
L’HBP n’ayant aucun retentissement sur la sexualité,
l’information du conjoint est affaire de personne. En
revanche, en cas de complication infectieuse,
l’abstinence sexuelle est de rigueur bien que les
germes impliqués ne soient pas le plus souvent
d’origine vénérienne et donc à faible pouvoir de
contagiosité.
Quels sont les traitements possibles ?
Le traitement est fonction de la gravité des troubles.
Les traitements médicaux (phytothérapie, alpha
bloquants et inhibiteurs de la 5 alpha-réductase)
réduisent plus ou moins efficacement les troubles
urinaires sans éliminer l’adénome. Les traitements
chirurgicaux permettent soit de diminuer l’obstruction
(incision cervicoprostatique) soit d’enlever
l’hypertrophie (résection endoscopique et
adénomectomie par voie haute).
L’hypertrophie bénigne de la prostate
nécessite-t-elle toujours un traitement ?
L’HBP ne nécessite un traitement que si elle est
responsable de troubles urinaires mal vécus par le
patient ou si une complication est survenue. Le
constat fortuit d’une grosse prostate non suspectée
cliniquement lors d’une échographie vésicale prescrite
pour un autre motif sans rapport avec l’HBP ne justifie
pas de traitement, ce d’autant qu’il n’existe pas de
corrélation stricte entre la taille de la prostate et
l’intensité de l’effet obstructif par compression de
l’urètre. Ainsi, une HBP silencieuse ou bien supportée
fera l’objet d’une simple surveillance annuelle, tandis
qu’une HBP avec troubles urinaires importants ou
complication nécessitera un traitement adapté.
Qu’arrive-t-il en l’absence de traitement de
l’hypertrophie bénigne de la prostate ? Quelles
sont les éventuelles complications ?
L’HBP peut rester silencieuse toute la vie ou entraîner
des troubles mineurs bien supportés selon les
individus. Mais, en l’absence de traitement, une HBP
avec des signes cliniques s’aggrave le plus souvent
inexorablement avec le temps et entraîne des
complications. Celles-ci sont parfois le mode
d’entrée brutal dans la maladie à la faveur d’un
facteur surajouté.
Les principales complications possibles sont :
la rétention aiguë d’urine (impossibilité
totale et brutale d’uriner) qui nécessite un
traitement évacuateur en urgence par sondage
ou pose d’un cathéter sus pubien.
l’infection des urines qui réalise une
prostatite majorant l’obstacle à la miction et
peut se propager aux reins (pyélonéphrite) et
aux testicules (orchiépididymite)
calculs vésicaux (liée à la sédimentation
engendrée par le résidu vésical chronique)
insuffisance rénale (à un stade évolué)
Les traitements médicaux de l’hypertrophie
bénigne de la prostate sont-ils efficaces ?
Les médicaments utilisés dans l’HBP servent à
diminuer les troubles urinaires ressentis (ils ne
guérissent pas) et sont de trois types :
la phytothérapie : d’efficacité inconstante
mais très bien tolérés ;
– les alpha bloquants : les plus efficaces
rapidement (en quelques jours en diminuant le
tonus musculaire des fibres intra-prostatique
autour de l’urètre) ;
les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase qui
agissent sur le long terme (plusieurs mois) en
diminuant le volume prostatique et donc
réservés aux grosses prostates.
Finalement, les traitements médicaux améliorent
les symptômes et réduisent le risque de
complications mais n’évitent pas forcément
définitivement une opération.
Les traitements de l’hypertrophie bénigne de
la prostate permettent-ils de conserver une
sexualité normale ?
Phytothérapie et alpha bloquant n’influent pas sur la
sexualité. En revanche, les inhibiteurs de la 5 alpha-
réductase, par leur interférence avec le métabolisme
de la testostérone, peuvent entraîner une baisse de la
libido (ainsi qu’une augmentation du volume des
seins) qui ne survient que dans 5 % des patients
environ.
En cas de traitement médical, doit-on le
prendre à vie ?
Les traitements médicaux n’éliminent pas d’adénome
de la prostate. Aussi, a priori ils sont destinés à être
utilisés quotidiennement en permanence et relayés
par une intervention chirurgicale en cas de
complications ou de perte d’efficacité.
Dans la pratique, il n’est pas rare de procéder par des
cures de plusieurs mois espacées de périodes sans
traitement ou, à elles seules, les mesures hygiéno-
diététiques peuvent suffire pendant plusieurs mois.
Car les troubles liés à l’HBP évoluent par poussées et
les traitements médicamenteux doivent être au mieux
adaptés aux poussées.
Par ailleurs, il est nécessaire de rappeler au patient la
nécessité de prendre garde aux traitements prescrits
pour d’autres maladies qui peuvent exagérer
l’obstruction (anticholinergiques) ou interférer avec le
traitement pris pour l’HBP.
Faut-il avoir un régime alimentaire particulier
en cas d’HBP ?
Des mesures hygiéno-diététiques systématiques
associées au traitement médical sont toujours utiles.
Les abus d’épices et d’alcool, sont connus pour
exacerber l’HBP et majorer les troubles mictionnels.
En revanche, l’absorption régulière de boissons et
l’activité physique régulière sont conseillées.
Quand doit-on se faire opérer ?
La chirurgie est le recours incontournable en cas
d’HBP compliquée (infections urinaires à répétitions,
rétention aiguë d’urine, calculs vésicaux, gros
diverticules vésicaux, dilatation des cavités rénales
avec ou sans insuffisance rénale) ou la présence de
signes urinaires sévères non améliorés par le
traitement médical maximal bien conduit.
Quelles sont les interventions chirurgicales
possibles ?
Trois techniques sont utilisées :
la résection endoscopique prostatique qui
consiste à raboter l’adénome à l’aide d’un
résecteur positionné dans l’urètre est la
technique actuellement la plus utilisée.
l’incision cervicoprostatique qui consiste à
ouvrir l’urètre prostatique longitudinalement en
passant par l’urètre est réservé au petits
adénomes ;
l’adénomectomie par « voie haute » (en
passant par une incision sus pubienne) est
réservée actuellement aux formes compliquées
et lorsque le volume de la prostate est
important (> 60 cc).
Quelles sont les risques liés à l’intervention
chirurgicale ?
Seul traitement radical, la chirurgie présente le risque
lié à l’anesthésie (générale ou rachianesthésie) qu’elle
suppose.
Dans les suites opératoires, il existe des risques
d’hémorragie et de rétention par caillotage (réduit par
le sondage systématique quelques jours associé au
maintien d’une bonne diurèse).
A distance, des possibilités d’incontinence ou de
sténose urétrale sont possibles mais faibles.
Les risques d’impuissance existent, mais le principal
effet indésirable est celui de l’éjaculation rétrograde
(le sperme passe dans la vessie lors de l’éjaculation)
avec la chirurgie par voie haute et la résection
endoscopique.
Questions relatives au cancer de la
prostate
Avoir la prostate, est-ce une maladie ?
Non, la prostate est une glande retrouvée chez tous
les hommes (jamais chez la femme). Elle sert à
fabriquer le liquide séminal (milieu de « survie » des
spermatozoïdes).
Elle peut augmenter de taille avec l’âge et parfois
gêner la miction (l’action d’uriner). C’est alors le plus
souvent une tumeur bénigne et non un cancer
(« hypertrophie bénigne de la prostate »). C’est ce que
l’on appelle (à tort) : « avoir la prostate ».
Qu’est-ce que le PSA ?
Devez-vous vous faire doser le PSA ?
Le PSA est dosé sur un simple prélèvement sanguin
dans tous les laboratoires d’analyse. C’est le test le
plus efficace actuellement pour déceler le cancer de
la prostate avant qu’il ne donne des signes cliniques.
Cependant, son dosage systématique dans un but de
dépistage ne fait pas l’unanimité. L’ANAES
(émanation du ministère de la santé) a conclu sur
l’absence d’arguments suffisants pour recommander
le dépistage. L’AFU (Association Française
d’Urologie) recommande le dosage annuel de PSA et
un toucher prostatique à partir de 50 ans et jusqu’à
75 ans, intervalle où le traitement précoce a le plus de
chances d’influer sur la survie. La limite inférieure
peut-être abaissée jusqu’à 45 ans en cas
d’antécédents familiaux de cancer de prostate ou
d’origine africaine.
Le dosage de PSA est également utile dans le suivi
d’un cancer de prostate traité.
Est-ce que l’augmentation de la concentration
dans le sang de PSA signe la présence d’un
cancer de la prostate ?
L’augmentation du chiffre de PSA ne signe pas la
présence d’un cancer de la prostate. En particulier, un
chiffre inférieur à 10 ng/ml (normale généralement
fixée à moins de 4 ng/ml) correspond plus souvent à
un problème bénin (adénome = hypertrophie bénigne
de la prostate, inflammation, infection, autres causes
non cancéreuses,…) qu’à un cancer de la prostate.
Par ailleurs, le chiffre de PSA peut fluctuer et il faut le
confirmer dans les 2 mois.
Plus le chiffre de PSA est élevé, plus le risque de
cancer augmente.
Comment établir définitivement le diagnostic
de cancer de la prostate ?
En cas de suspicion de cancer de la prostate (PSA
élevé et/ou toucher de la prostate anormal), une
biopsie de la prostate est réalisée. Il s’agit d’un
« carottage », c’est-à-dire d’un prélèvement de tissu
prostatique avec une aiguille (8 à 12 prélèvements
sous contrôle échographique en passant par le
rectum).
Le diagnostic de cancer ne peut être posé que sur la
constatation au microscope (examen
anatomopathologique) de cellules cancéreuses.
Comment prédire la gravité d’un cancer de la
prostate ?
Tous les cancers de la prostate n’ont pas la même
évolution. Certains peuvent rester longtemps stables
et d’autres progresser rapidement avec un risque de
dissémination locale et à distance, en particulier vers
les os (métastases).
Il n’est pas possible de prédire de façon précise, chez
un individu en particulier, l’agressivité d’un cancer de
prostate. Certains facteurs peuvent cependant donner
des indications statistiques.
Un cancer est d’autant plus grave « en moyenne » que
:
le PSA est élevé,
la maladie n’est plus localisée à la prostate,
l’aspect au microscope du tissu prostatique
prélevé lors de la biopsie évoque une forme »
agressive » (selon la classification de Gleason).
Qu’appelle-t-on le score de Gleason ?
L’aspect au microscope du tissu prostatique prélevé
lors de la biopsie peut-être classé selon une
classification dite de « Gleason ».
Gleason est un médecin qui a décrit cette
classification qui va de 2 à 10. Plus le tissu cancéreux
se rapproche de l’aspect normal, plus ce score est
faible et moins le cancer est agressif. Et inversement.
La majorité des cancers de prostate sont classés
entre 5 et 7.
Doit-on modifier son alimentation et son
hygiène de vie en cas de cancer de la
prostate ?
Certaines études préliminaires (études de laboratoire
et études de population) ont montré que la graisse
animale était possiblement un facteur favorisant du
cancer de la prostate alors que les produits
traditionnels de l’alimentation asiatique – soja,
poisson, légumes (en particulier les tomates qui
contiennent du Lycopène), fruits – étaient
protecteurs.
Il n’y a cependant pas de preuve scientifique formelle
quant à la prévention et encore moins quant au
bénéfice thérapeutique. En 2007, nous devrions
obtenir les premiers résultats d’une étude américaine
comparative évaluant l’effet du sélénium et de la
vitamine E dans la prévention du cancer de la
prostate.
En cas de traitement à base d’hormones
(hormonothérapie) pour un cancer de la prostate, il
est essentiel de respecter certaines règles pour
atténuer les effets indésirables du traitement :
éviter la prise de poids en contrôlant
l’apport calorique,
faire de l’exercice quotidien (exemple : 30
minutes de marche par jour) pour protéger les
os de l’ostéoporose (« décalcification »),
entretenir le capital musculaire et améliorer
l’humeur.
Est-ce que le cancer de la prostate est révélé
habituellement par des troubles urinaires ?
C’est en fait rarement le cas depuis le diagnostic
précoce par dosage du PSA. Dans les cancers
diagnostiqués précocement, la tumeur est de petite
taille et ne gêne pas la miction (action d’uriner). Le
cancer localisé de la prostate ne donne pas de signe,
argument important des défenseurs du dépistage. Les
troubles urinaires associés à un cancer de la prostate
restent cependant possibles dans 2 situations :
Le cancer de la prostate est associé (sans
relation de cause à effet) à un adénome
(hypertrophie bénigne de la prostate) qui est
responsable des troubles urinaires.
Le cancer de la prostate est déjà à un stade
évolué et obstrue le canal urinaire (urètre).
Peut-on prendre un traitement pour prévenir le
cancer de la prostate ?
La chimioprévention désigne la prise régulière d’un
agent pharmacologique pour prévenir la survenue
d’une maladie.
Les résultats d’une étude évaluant les capacités de
chimioprévention d’un médicament, habituellement
utilisé pour le traitement des troubles urinaires sur
hypertrophie bénigne de la prostate, ont été publiés
récemment. Un traitement quotidien par un comprimé
de ce produit pendant une durée de 4 ans avait
diminué l’incidence du cancer de la prostate par
rapport aux patients qui n’en prenait pas. Cependant,
les cas de cancers prostatiques déclarés chez les
patients traités par ce médicament semblaient plus
agressifs. Cette constatation a tiédi l’ardeur des
défenseurs de la chimioprévention par ce produit.
D’autres agents sont en cours d’évaluation.
Vers 2007, nous devrions avoir les résultats d’une
étude évaluant les capacités de chimioprévention du
cancer de la prostate par la prise régulière de
sélénium et de vitamine E.
A-t-on isolé des facteurs prédisposant au
cancer de la prostate ?
Il y a peu de facteurs de risque admis de façon
consensuelle par la communauté médicale. Il s’agit
de :
– l’âge : même si le cancer de la prostate peut
survenir rarement avant 50 ans, statistiquement, le
risque de développer un cancer de la prostate est
d’autant plus important que l’homme est âgé.
les antécédents familiaux : le risque d’un
individu augmente d’autant plus que le nombre
d’hommes atteints d’un cancer de la prostate
dans sa famille directe (ascendants et
collatéraux directs) augmente.
la population afro-américaine (et
probablement afro-européenne).
Plusieurs autres facteurs sont suspectés mais
non étayés par des preuves (comme l’obésité,
la sédentarité, les régimes riches en graisses
animales, le manque de vitamine D).
Qu’est-ce que le PSA libre ?
Le PSA circule dans le sang sous 2 formes : une
forme liée à une protéine (la forme la plus commune)
et une forme libre (en proportion moins importante).
Le résultat de PSA rendu par le laboratoire
correspond au PSA dit « total », c’est-à-dire l’addition
des 2 formes = forme liée + forme libre.
Les études les plus récentes montrent que plus la
proportion de PSA libre est importante plus le risque
de cancer est faible (et inversement). C’est une notion
statistique qui ne peut être appliquée de façon
tranchée chez un individu en particulier. Cependant en
pratique, pour un chiffre de PSA total compris entre 4
et 10 ng/ml, si la proportion de PSA libre est
supérieure à 25%, le praticien est rassuré : il y a très
peu de risque que cette augmentation de PSA soit
due à un cancer de la prostate. Inversement, pour une
proportion inférieure à 12%, le risque d’avoir un
cancer est important. Entre ces 2 pourcentages (et
c’est la majorité des cas), il est difficile d’accorder au
PSA libre un rôle majeur dans la décision de procéder
ou non à une biopsie de la prostate.
Le PSA libre permet donc d’apporter une précision
supplémentaire au PSA total et, dans certains cas,
d’encourager ou au contraire de freiner l’indication de
biopsie.
Y a-t-il une association entre la survenue du
cancer prostatique et la sexualité ?
Aucune étude convaincante n’a montré une relation
entre l’activité sexuelle et la survenue d’un cancer de
la prostate. Une étude de population a montré une
diminution de la fréquence de survenue du cancer
chez les hommes ayant eu depuis l’adolescence des
éjaculations fréquentes et régulières. Cette étude
n’est cependant pas validée par la communauté
scientifique et reste en contradiction avec des études
antérieures.
Y a-t-il une association entre la progression
du cancer prostatique et la sexualité ?
Le diagnostic de cancer prostatique ne doit pas
modifier la vie sexuelle de l’homme. Il n’y aucun
argument en faveur de l’influence de l’un sur l’autre. Il
n’y a aucun risque pour les partenaires. Cependant, le
traitement du cancer peut altérer la sexualité, voire
entraîner une impuissance dans certains cas.
Est-il préférable d’avoir une prostatectomie
radicale (ablation totale de la prostate) par
voie coelioscopique ?
La prostatectomie radicale consiste à enlever la
prostate dans son ensemble ainsi que les vésicules
séminales (2 petites poches appendue à la prostate,
jouant le rôle de réservoir de liquide séminal).
C’est exactement le même principe par voie
chirurgicale classique (dite à ciel ouvert) ou par
cœlioscopie. Dans le premier cas, une incision est
faite sous le nombril pour aborder la prostate et dans
le 2ème cas, cet abord se fait par 5 orifices (qui
permettent l’introduction d’une caméra et
d’instruments chirurgicaux adaptés).
Il n’y a actuellement pas de preuve d’une supériorité
de l’un de ces abords en ce qui concerne le taux de
guérison. Des études sont en cours, évaluant en
particulier la durée de convalescence ainsi que les
résultats sur la continence et la sexualité de chacun
de ces abords.
Faut-il continuer la surveillance si une biopsie
prostatique ne retrouve pas de cancer de la
prostate ?
Oui.
La preuve d’un cancer de la prostate est apportée par
la biopsie (prélèvement par carottage de tissu
prostatique à l’aide d’une aiguille dans le but de
l’analyser au microscope). Malheureusement, une
biopsie négative, bien que rassurante, ne suffit pas à
exclure un noyau cancéreux à côté duquel l’aiguille
est passée.
Dans certains cas, l’urologue peut être amené à
proposer une nouvelle biopsie, en augmentant, s’il le
faut, le nombre de prélèvements de tissu prostatique.
Quels sont les risques de la biopsie
prostatique ?
Il est habituel (et sans gravité) d’avoir à la suite d’une
biopsie un peu de sang dans les urines, les selles et le
sperme. Un saignement abondant – extériorisé ou
collecté sous forme d’une poche (hématome) – est
considéré comme une complication. Les risques sont
faibles en l’absence de traitement qui empêche le
sang de coaguler normalement (comme les
anticoagulants), ou des problèmes constitutionnels de
la coagulation. Il faut donc prévenir votre urologue
dans ces cas pour prendre les mesures adéquates.
Une infection de la prostate (prostatite) peut
compliquer une biopsie. Cette situation est également
rare, les biopsies étant faites sous antibiotiques,
après s’être assuré qu’il n’y a pas d’infection urinaire.
Si de la fièvre et des frissons survenaient dans les
heures ou jours qui suivent une biopsie, il faut
consulter rapidement pour avoir le traitement
adéquat.
Il n’y a aucun argument qui puisse faire penser que la
biopsie « accélère » le processus du cancer : la notion
du » coup de pied dans la fourmilière » n’est pas
fondée.

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