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Régimes de change dans les pays émergents

L'article analyse le choix du régime de change dans les pays émergents et en développement. Il propose un modèle étendant celui d'Aizenman et Hausmann pour introduire les déterminants du choix. Le modèle est testé sur un échantillon de pays et suggère que les régimes intermédiaires demeurent adaptés à ces pays.

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Régimes de change dans les pays émergents

L'article analyse le choix du régime de change dans les pays émergents et en développement. Il propose un modèle étendant celui d'Aizenman et Hausmann pour introduire les déterminants du choix. Le modèle est testé sur un échantillon de pays et suggère que les régimes intermédiaires demeurent adaptés à ces pays.

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Le choix d'un régime de change dans les pays émergents et

en développement peut-il être optimal en dehors des


solutions bipolaires ?
Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni
Dans Revue économique 2011/2 (Vol. 62), pages 133 à 162
Éditions Presses de Sciences Po
ISSN 0035-2764
ISBN 9782724632118
DOI 10.3917/reco.622.0133
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Le choix d’un régime de change
dans les pays émergents
et en développement peut-il être optimal
en dehors des solutions bipolaires ?
1Jean-Pierre
Allegret*
Mohamed Ayadi**
Leila Haouaoui Khouni**

Cet article analyse le choix du régime de change dans les pays émergents et en
développement. Nous proposons un modèle s’inscrivant dans la littérature carac-
térisée par la détermination d’un indice d’intervention du taux de change. Nous
étendons le modèle élaboré initialement par Aizenman et Hausmann [2001] afin de
faire apparaître les principaux facteurs présidant aux choix du régime de change.
Le modèle est testé sur un échantillon de pays émergents et en développement.
Nous déterminons la probabilité d’occurrence d’un régime de change donné en
prenant en compte les déterminants du modèle théorique. Nos résultats suggèrent
que les régimes intermédiaires demeurent bien adaptés aux pays émergents et en
développement.
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CAN tHe CHoiCe of AN exCHANge rAte regiMe
iN eMergiNg ANd deveLoPiNg eCoNoMies be oPtiMAL
if it fALLs beyoNd tHe CoNfiNes of biPoLAr soLutioNs?

This paper studies the choice of the exchange rate regime in emerging and
developing countries. Our model extends the approach proposed by Aizenman
and Hausmann [2001] in order to introduce the main determinants of the exchange
rate regime choice. The model is tested with a multinomial logit approach on a
sample including emerging and developing countries. We determine the probabi-
lity of occurrence of a given exchange rate regime by taking into account the deter-
minants from the theoretical model. Overall, our results suggest that intermediate
regimes remain well adapted to developing and emerging countries.

Classification JEL : F33 ; F41

* université de Lyon, École Normale supérieure de Lyon, groupe d’analyse et de théorie


économique Lyon-st-Étienne (gate-lse), 93 chemin des Mouilles, bP 167, 69131 ecully Cedex.
Courriel : allegret@[Link] (auteur correspondant).
** UaqUap-isg, université de tunis, 41 rue de la Liberté, 2000 bouchoucha, tunisie.
Courriels : [Link]@[Link] ; [Link]@[Link]
Nous tenons à remercier les participants au 54e Congrès de l’Association française de science
Économique (Paris, septembre 2005) où une première version de ce texte a été présentée. Nous
remercions plus particulièrement les rapporteurs anonymes de la revue pour leur lecture attentive,
leurs remarques et leurs suggestions. toute erreur ou omission demeurent à la charge des auteurs.

133

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

INTRODUCTION

Les crises de change qui ont particulièrement affecté les pays émergents
au cours des années 1990 ont ravivé les débats relatifs au choix du régime
de change. une caractéristique importante des pays émergents est d’avoir
mené des politiques structurelles visant à accroître considérablement leur
degré d’intégration aux marchés financiers internationaux1. Parallèlement, un
nombre important de ces pays, soit pour des raisons de crédibilité, comme
en Amérique centrale et latine, soit pour des raisons de compétitivité comme
en Asie de l’est et du sud-est, a adopté des régimes d’ancrage souple, dits
régimes intermédiaires, de leur monnaie à une devise. Pour beaucoup d’entre
eux, par exemple le Mexique (1994), la Corée du sud et la thaïlande (1997), le
brésil (1999), les crises ont donné lieu à une transition brutale vers des régimes
de flottement. A contrario, les pays à ancrage dur, comme l’Argentine et Hong
Kong, ont résisté à cette vague d’attaques spéculatives. de cette succession de
crises de change s’est alors dégagé le consensus selon lequel les régimes de
change intermédiaires ne pouvaient constituer une politique crédible. Les solu-
tions de coins – ancrage dur et flottement libre – seraient les seules solutions
soutenables2.
La pertinence de ce nouveau consensus a fait l’objet d’intenses débats. sur
le plan empirique, de nombreuses études ont montré la persistance des régimes
intermédiaires même après les crises de change3. Calvo et reinhart [2002] ont,
quant à eux, identifié une « peur du flottement » (fear of floating) liée au fait
que les dépréciations n’ont pas les mêmes effets dans les marchés émergents
que dans les pays développés. frankel [1999] a contesté les fondements théo-
riques de ce consensus soulignant, d’une part, qu’il ignore le fait qu’il existe un
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large spectre dans le choix possible du degré de rigidité/flexibilité du taux de
change et, d’autre part, que, compte tenu de la variété des chocs qui affectent
les économies, et compte tenu de leur évolution au cours du temps, il n’existe
pas a priori de régime de change qui soit optimal en tout point du temps. Les
autorités doivent dès lors arbitrer entre les avantages et les coûts de la rigidité
et de la flexibilité4.
Les pays émergents et en développement sont donc confrontés, non pas au
choix d’une des deux solutions de coins, mais plutôt au choix du degré de rigidité
– ou de flottement – du taux de change. La suite de cet article approfondit cette
question. L’objectif est de s’interroger sur le degré de flexibilité optimale du
taux de change nominal en identifiant certains déterminants clefs du choix du
régime de change. si la littérature empirique sur la question est très importante,
elle ne permet cependant pas d’aboutir à des conclusions robustes. Les résultats
empiriques dépendent du choix de l’échantillon des pays, de la période d’étude,

1. Ainsi, l’indice d’intégration financière internationale de Lane et Milesi-feretti (estimé par


le ratio actifs et engagements extérieurs/pib) est passé pour ce groupe de pays de 70,4 % en 1980 à
123,6 % en 2004.
2. Les études empiriques montrent que les régimes d’ancrage intermédiaires sont davantage
sujets aux crises que les régimes extrêmes. voir notamment rogoff et al. [2004].
3. Levy-yeyati et sturzenegger [2005] ; bénassy-Quéré et Coeuré [2000].
4. Pour une analyse de la littérature sur cette question, rogoff et al. [2004], Allegret [2005].

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Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

de la méthode d’évaluation et de la classification des différents régimes de taux


de change1.
Afin d’essayer d’améliorer la robustesse des travaux consacrés au choix du
régime de change, ce travail propose une démarche différente. un modèle théo-
rique fondé sur la détermination d’un indice d’intervention du taux de change est
d’abord développé2. Les régimes de taux de change fixe et totalement flexible
apparaissent alors comme des cas particuliers (frenkel et Aizenman [1982]).
Prenant appui sur le modèle théorique développé par Aizenman et Hausmann
[2001], de nouvelles variables sont introduites. elles ont été choisies en raison
de leur rôle important identifié dans la littérature théorique et empirique sur les
régimes de change. Ainsi, le degré de réactivité des prix aux variations du taux
de change apparaît comme l’un des fondements de la peur du flottement. de
même, les analyses en termes d’effets de bilan3 ou de sudden stop (Calvo et al.
[2008]) montrent que l’endettement des agents en devises exerce une influence
déterminante dans le choix des régimes de change. dans cette perspective, nous
avons introduit dans le modèle théorique un financement de l’activité par la dette
à la fois en monnaie domestique et en devises.
Les modèles fondés sur les indices d’intervention ont peu fait l’objet de vali-
dation empirique. Les auteurs ont ainsi, à la manière de frenkel et Aizenman
[1982], plutôt procédé à des simulations4. Ce travail essaie de dépasser cette
limite en proposant un test empirique permettant d’évaluer la pertinence du
modèle théorique sous-jacent. dans la lignée des travaux de bénassy-Quéré
et Cœuré [2002] et de ceux de von Hagen et Zhou [2007], nous estimons un
modèle de choix discret (Logit multinomial non ordonné) pour déterminer la
probabilité d’occurrence d’un régime de change donné. Ce type de modèle a pour
avantage d’offrir le même statut aux différents régimes de change retenus pour
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l’analyse. en ce sens, ils rendent mieux compte du contexte auquel sont confron-
tées les autorités : choisir non pas uniquement entre des régimes extrêmes mais
entre des régimes offrant différents degrés de flexibilité. Nous nous démarquons
de la littérature relative à ce type de modélisation en introduisant et en testant
l’hétérogénéité inter-pays et l’hétérogénéité inter-temporelle. Ceci nous permet
d’obtenir des estimateurs plus précis et d’améliorer la qualité de prédiction du

1. Les principaux déterminants des régimes de change sont fondés sur cinq approches princi-
pales : les zones monétaires optimales, la nature des chocs, la crédibilité des autorités, la trilogie
impossible et l’effet de bilan lié aux engagements en devises des agents publics et privés. Levy-
yeyati et al. [2007] trouvent pour un échantillon de 183 pays sur la période 1974-1999 que les
approches en termes de zmo, de trilogie impossible et d’effets de bilan sont particulièrement perti-
nentes pour expliquer le choix des régimes de change. von Hagen et Zhou [2007] montrent que les
critères des zmo sont pertinents pour un échantillon de plus de cent pays en développement, pays
émergents et pays en transition. Pour une revue de la littérature, voir entre autres von Hagen et Zhou
[2007] ainsi que rogoff et al. [2004].
2. Pour une analyse de la littérature sur cette question, voir Haouaoui-Khouni [2005].
3. Krugman [1999], Cespedes et al. [2002] et Aghion et al. [2004] ont élaboré des modélisations
théoriques montrant le rôle déterminant de l’endettement des agents domestiques en devises, tandis
que des travaux empiriques récents ont confirmé le rôle du currency mismatch comme déterminant
de la peur du flottement (Cavallo et izquierdo [2009] ; fiess et shankar [2009]).
4. frenkel et Aizenman [1982] se donnent ainsi des valeurs ad hoc afin de démontrer la perti-
nence de leur modèle. de même, Allegret et al. [2007] utilisent des estimateurs des fonctions de
production et de demande de monnaie afin d’évaluer certains paramètres et fixent d’une manière
ad hoc d’autres variables explicatives de la flexibilité optimale du taux de change. L’utilisation
de paramètres estimés introduit un certain degré d’imprécision dans la mesure de cette flexibilité
optimale.

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Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

modèle. en outre, nous avons cherché à faire des estimations inter-temporelles,


et non sur certaines années particulières, afin de pouvoir tirer de nos estimations
quelques implications de politique économique.
Nos estimations portent sur trente-cinq pays en développement et émergents
sur la période 1980-2007. Les résultats suggèrent que les variables retenues dans
cette analyse permettent de bien rendre compte de l’évolution des régimes de
change dans les pays émergents et en développement. si, pour l’ensemble de
l’échantillon, ces résultats confortent les régimes de change intermédiaires comme
régimes les mieux adaptés, nous apportons des éléments d’explications au recul
de ce régime de change au cours des années 2000 pour les pays émergents.
La suite de ce travail est structurée de la manière suivante. La section 2 présente
le modèle théorique fondé sur une extension du modèle de Aizenman et Hausmann
[2001]. La section 3 teste la pertinence empirique du modèle proposé. La section 4
conclue en soulignant les principales implications des résultats obtenus.

LA FLexIbILITé OpTImALe DU TAUx De ChANge :


UNe DéTeRmINATION ANALyTIqUe

Après avoir présenté le modèle de base, celui-ci est élargi en introduisant un


nouveau facteur de production sous la forme d’un capital quasi fixe. Ce facteur
de production peut être financé soit en monnaie domestique, soit en devises
conduisant à souligner les influences respectives de la dette domestique (via un
effet taux d’intérêt) et de la dette en devises (via un effet bilan) dans le choix du
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régime de change.

Le modèle de base

Le modèle comporte deux périodes notées 1 et 2. La production de la deuxième


période est déterminée par une courbe de Phillips augmentée des anticipations
d’inflation. Les producteurs maximisent leurs profits anticipés dans une écono-
mie où l’emploi de la deuxième période est déterminé par des contrats nominaux
avec prédétermination des salaires à la fin de la première période, et ce, dans un
contexte d’information incomplète (Aizenman et frankel [1985]) sur les chocs
de la période 2. Les autorités déterminent le degré optimal de flexibilité du taux
de change en vue de minimiser la perte provenant d’une situation sous-optimale
en matière d’emploi, de production et d’inflation en présence d’un biais discré-
tionnaire à la barro-gordon. Le modèle n’est pas micro-fondé au sens où ne
sont analysés ni les arbitrages de politique économique, ni les modifications de
comportements des agents lorsque la politique monétaire change. L’objectif du
modèle est d’identifier, dans un cadre théorique rigoureux, des déterminants au
choix d’un régime de change.

Équilibre sur le marché des biens et services et le marché de l’emploi


La production est représentée selon une fonction Cobb-douglas :
LogY2 = b log L 2 + n2 avec 0 < b < 1 (1)

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Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

avec y2 , la production, L2 , le niveau de l’emploi et n2 le choc réel de productivité


en t2 qui suit une loi normale de moyenne égale à zéro.
La fonction d’offre de travail s’écrit :
log LS2 = log A + f log ` W2 P2j avec f > 0 (2)
avec W2 , le taux de salaire nominal, P2 , le niveau général des prix, A un para-
mètre incluant tous les facteurs fixes de l’emploi, et f l’élasticité d’offre de
travail par rapport au taux de salaire réel.
Les formes réduites des fonctions de production et d’emploi en seconde
période, exprimés en termes de leurs déviations par rapport à leurs niveaux de
long terme, s’écrivent respectivement :
y2 = log Y2 - log Y2.0 = bb8 p2 + E 2 ^nhB + n2 , avec b = _1 1 - bi (3)
l2 = log _ L 2i - log _ L 2.0i , b8 p2 + E 2 ^nhB . (3')
avec b l’élasticité de la demande de travail, p2 l’écart entre le niveau des prix en
2 et le niveau anticipé _log P2 - E1 log P2i .
selon l’équation (3), la fonction d’offre agrégée représentée par l’écart entre
le niveau de production courant en période 2 et le niveau d’équilibre de cette
période, dépend du prix et des chocs de productivité anticipés _E 2 ^nhi et réalisés
^nh . L’équation (3') montre que le niveau d’emploi en période 2 dépend à la fois
du niveau des prix et de l’espérance du choc de productivité.
Le modèle fait l’hypothèse qu’à l’équilibre – c’est-à-dire lorsque tous les
ajustements sont réalisés – la parité des pouvoirs d’achat est validée mais que
les prix domestiques sont visqueux à court terme. Les prix domestiques sont
ainsi fonction de la variation passée des taux de change. Ainsi, pour tout t, il
apparaît que :
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S - St - 2
Pt = Pt - 1 >1 + i e t - 1 oH (4)1
St - 2
avec st le taux de change nominal en t (le prix de la monnaie étrangère en termes
de monnaie domestique) et i l’effet de la variation des taux de change sur les
prix soit le pass-through.
L’équation (4) montre la réactivité des prix aux variations du taux de change.
L’erreur d’anticipation du niveau des prix de la période 2, notée p2 , est fonction
de celle du taux de change de la première période, notée s2 , multipliée par le
coefficient de pass-through i, soit :
p2 = is1. (5)
Plus la réactivité des prix au taux de change nominal est élevée, plus l’inflation
tend elle-même à augmenter à la suite d’une dépréciation de la monnaie domes-
tique. Autrement dit, le coût de la flexibilité du taux de change en termes d’ins-
tabilité des prix est plus important dans les pays où le pass-through est plus élevé.

Équilibre sur le marché de la monnaie


L’équilibre sur le marché de la monnaie est donné par :
d2 + m2 = log Y2 + log P2 ; m2 = m2.0 - cs2 ; s2 = log S 2 - E1 log S 2 (6)

1. Nous empruntons cette expression à Hausmann et al. [2000] pour formaliser la question du
pass-through.

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Revue économique

avec m2 l’offre de monnaie contrôlée par la banque centrale et d2 le choc nominal


qui suit une loi normale de moyenne égale à zéro. Afin de simplifier l’analyse,
nous supposons que la fonction de demande de monnaie repose uniquement
sur un motif d’encaisses de transaction1. Le choc nominal est un choc de liqui-
dité exprimé par la différence entre la demande de monnaie _log Y2 + log P2i et
l’offre de monnaie de la banque centrale _ m2i .
Le coefficient c approxime le degré de fixité adopté par la banque centrale.
Ainsi, un régime de flottement pur correspond à c = 0, c’est-à-dire qu’il
n’y a aucune intervention, et un régime de taux de change fixe correspond
à c " 3. Les autorités interviennent par la variation de la masse monétaire.
Le taux de change indique la valeur de ^n - dh exprimant le différentiel des
chocs qui frappe l’économie et non chacun d’eux pris séparément. La valeur
du coefficient } qui représente le rapport des chocs réels et nominaux est
donnée par la régression de E 2 ^nh = ^n - dh } 2. en supposant que E^nh = 0
et ^n - dh = 0, et en se basant sur l’hypothèse d’indépendance des chocs tel
que Cov^n, dh = 0, on peut déduire l’estimateur (Aizenman et frankel [1985]) :
Cov _n,^n - dhi V^nh
.
V^n - dh V^nh + V^ dh
}= =

La politique optimale de change


La détermination de la politique optimale du taux de change repose sur
l’identification des objectifs du gouvernement. L’équation (7) ci-dessous est
le développement d’une fonction objectif classique à la barro-gordon qui
s’écrit :
H = E1 a~ 7log P2 - log P1A 2 + 7 k log L 2 - log L 2A k
2
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avec k H 1 et ~ H 0.
Le premier terme de droite représente l’objectif d’inflation, alors que le second
celui du plein-emploi. Le paramètre ~ mesure le poids accordé à l’inflation dans
la fonction objectif des autorités. L 2 représente le plein-emploi sur un marché
sans friction qui s’exprime par :
log L 2 = log L 2.0 + bxE 2 ^nh avec 0 G x G 1.
on pose x = f .
f+b
en remplaçant les différents termes par leur expression : p2 = is1 ;
E 2 ^nh = ^n - dh } et log L 2 = log L 2.0 + b8 p2 + E 2 ^nhB dans ]Hg, on obtient :
H = E1 a~ 7log P2 - log P1A 2 + 8^ k - 1h log L 2.0 - b^1 - kxh } ^n - dh
(7)
- b _log P2 - E1 log P2iB l .
2

L’équation (7) représente ainsi l’arbitrage que doivent opérer les autori-
tés dans le choix de la politique monétaire et de change en vue d’atteindre les
objectifs d’inflation et de chômage.

1. L’introduction du taux d’intérêt ne modifierait pas les résultats essentiels du modèle. voir
aussi Aizenman et Hausmann [2001].
2. L’équilibre sur le marché de la monnaie implique d2 - cs2 = c2 + is2 , en utilisant les rela-
tions (3) et (5), l’égalité suivante est obtenue : s2 _bi + ci = d - bbE2 ^nh - n. Ainsi le taux de
change est une fonction linéaire de ^d - nh indiquant la valeur de ^n - dh .

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Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

^ k - 1h reflète l’écart entre le taux naturel et le taux désiré de l’emploi ; k = 1,


correspond à l’absence de biais discrétionnaire. on note donc que la réalisation
du plein-emploi passe par le contrôle de l’inflation.
À la fin de la première période, les autorités monétaires décident de la politi-
que de la période 2, c’est-à-dire déterminent m2.0 et c à un niveau qui minimise
la fonction de perte. Les autorités choisissent un régime de taux de change allant
du rattachement rigide au flottement pur. Ceci revient à résoudre le problème de
minimisation de H par rapport à log P2 . La solution est1 :
b^ k - 1h
log P2 = log P1 + log L 2.0 - H} ^n - dh (8)
~
b ^1 - kxh
2
avec H = 2 .
~+b
L’erreur d’anticipation pour la période 2 _ p2i et l’inflation anticipée
_ p = E1 log P2 - log P1i peuvent être exprimées à partir de la période 1 pour la
période 2 en considérant que l’écart effectif _log P2 - log P1i est égal à la somme
des deux composantes :
b^ k - 1h
p= log L 2.0 avec un biais inflationniste proportionnel à k - 1 et
~ ~
p2 = - H} ^n - dh . (8')
en utilisant la relation (5) et en supposant que p = is, le taux de change de
la période 2 s’écrit :
H} ^n - dh
s2 = - . (8")
i
sachant que E^nh = } ^n - dh, puis en égalisant (8') et (8"), la politique du
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taux de change optimal c* s’écrit :
R V
S eb + V^ dh o ~ + 1
e 2 o
W
S V ^n h b W
c* = SS - b WWi . (9)
^1 - xk h
T X
Les variables b, x et k sont telles que b < 1 ; x > 0 et k < 1 x . Pour k, cela
implique que le biais discrétionnaire et l’élasticité d’offre de travail ne doivent
pas être très importants2.
de l’équation (9), on peut déduire que la stabilité du taux de change est
d’autant plus préférée que :
– l’impact de la variation du taux de change sur les prix (représenté par i) est
important, nous attendons une corrélation positive entre ce paramètre et un taux
de change fixe ou fortement géré ;

1. Les producteurs font des anticipations rationnelles telles qu’ils anticipent le comportement
d’optimisation de la banque centrale de sorte que : E d dH n = 0 .
d log P2
E1 %~ _log P2 - log P1i - b 8^ k - 1h log L2.0 - b^1 - kxh } ^n - dh - b _log P2 - E1 log P2iB/ = 0 de

sorte que E1 log P2 = log P1 + ^ k - 1h log L2.0 . en remplaçant cette expression dans la condition
b
~
de premier ordre, l’équation (8) est obtenue.
2. Comme le soulignent Aizenman et Hausmann [2001], cette hypothèse est plausible pour des
valeurs raisonnables des paramètres. si l’élasticité de l’offre de travail f = 1 et b = 2 3 ce qui est
équivalent à k < 4.

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Revue économique

– la volatilité des chocs nominaux _ Vni relativement aux chocs réels _ Vdi
est grande ;
– la perte associée à l’inflation ~ est importante ;
– le biais discrétionnaire mesuré par k est élevé (fonction disciplinante des
changes fixes).

L’équation (9) suggère aussi que les régimes extrêmes – le flottement pur
_c* = 0i et la fixité totale _c* " 3i – répondent à des conditions très restrictives
et finalement peu réalistes pour les pays émergents et en développement.
C’est notamment le cas si l’on considère les conditions sur les chocs réels et
nominaux. La flexibilité pure suppose l’absence totale de volatilité des chocs
nominaux (vd tend vers 0), alors que la fixité totale repose sur l’absence de
volatilité des chocs réels (vn tend vers 0).

Flexibilité du taux de change


et imperfection du marché du capital

un nouveau facteur est introduit dans la fonction de production sous la


forme d’un capital quasi fixe noté Zt . La nouvelle fonction de production s’écrit
alors :
log Y2 = b log L 2 + z log Z 2 + n2 ; avec b + z < 1.
L’acquisition du capital quasi fixe précède l’embauche et la production. Par
rapport au modèle de Aizenman et Hausmann [2001], une nouvelle hypothèse
portant sur les sources de financement du facteur capital quasi fixe est introduite.
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Ce facteur de production peut être financé par une composante domestique et
une composante étrangère, telle que z1 = az et z2 = ^1 - ah z. Lorsque a = 1,
le capital est totalement financé en monnaie domestique. Lorsque a = 0, tout le
capital est financé en devises.
La composante domestique _ Z d i est financée par le crédit bancaire au prix
PZ.1 . Ainsi, le coût réel de cette composante est PZd.1 ^1 + r h, avec r le taux
d’intérêt réel domestique1.
La composante complémentaire _ Z w i peut être financée en devises. son coût
réel sera PZw.1 ^1 + r*h s2 s1 ; r* étant le taux d’intérêt réel étranger.
La nouvelle écriture de la fonction de production est la suivante :
log Y2 = b log L 2 + z1 log Z d.2 + z2 log Z w.2 + n2 (1')
avec b + z1 + z2 < 1.
La demande des facteurs de production par les entrepreneurs respecte les
conditions de maximisation du profit. Le coût réel de chacune des composantes
du facteur quasi fixe est ainsi égal à la valeur anticipée de sa productivité
marginale.
À la différence de Cespedes et al. [2002] et d’Aghion et al. [2004], nous ne
nous intéressons pas à l’arbitrage auquel peuvent être confrontées les autorités
entre défendre le régime de change et laisser la monnaie se déprécier. Notre

1. L’inflation anticipée s’écrivant _ p = E1 log P2 - log P1i, le taux d’intérêt réel est égal à
r = i - p.

140

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

analyse se focalise sur l’influence des modalités de financement de la dette sur


le choix du régime de change. Autrement dit, on cherche à identifier l’influence
respective – et par là même séparée – de la dette domestique et de la dette en
devises sur le choix du régime de change.

Financement mixte et uniquement en monnaie domestique : 0 < a G 1


il s’agit de considérer le cas où le capital quasi fixe peut être financé soit
en monnaie domestique, soit en devises, mais d’éviter le cas extrême d’un
financement en devises uniquement ^a ! 0h . Le niveau de production aléatoire
correspondant à l’utilisation de la composante Zd du facteur quasi fixe tout en
respectant la condition de maximisation du profit s’écrit :

log Y2 = b e1 + o log L 2 + z2 e1 + o log Z w


z1 z1
1 - z1 1 - z1
log 8 PZd.1 ^1 + r hB +
z1 z1 z1
+ log z1 - n+n
1 - z1 1 - z1 1 - z1
(10)
log 8 PZd.1 ^1 + r hB
z1
= bl1 log L 2 + z2 l1 log Z w.2 + a1 -
1 + z1
z1
+ n + n2
1 + z1 2

où l1 = e1 + o et a1 =
z1 z1
log z1 .
1 - z1 1 - z1
La relation (10) montre que la politique qui consiste à réduire le taux d’intérêt
permet d’accroître la production anticipée proportionnellement au crédit utilisé
_z1i pour financer le capital.
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en rappelant que z1 = az, la relation entre le niveau de production en
période 2 et le taux d’intérêt réel s’écrit :
dY2.0 az Y2.0
< 0 1.
^1 - azh ^1 + r h
=-
dr
Cela revient à considérer que l’élasticité d’offre de production par rapport au
az
taux d’intérêt réel est égale à : - .
1 - az
Étant donné l’importance du financement par le crédit pour les pays émergents
et en développement, il est utile d’introduire cette relation entre le taux d’intérêt
et la production dans une nouvelle fonction de perte pour faire apparaître ces
considérations. Cette nouvelle fonction de perte montre l’effet du taux d’intérêt
et celui du choix du régime de change sur la production, soit :
E _log Y2i - E &~ 9_ p2 - p1i 2C + 7log L 2 - k log L 2A 0 .
2
(11)
L’équation (11) traduit le fait que le gouvernement fixe sa politique moné-
taire en vue de maximiser la production anticipée ajustée à la baisse par le coût
de l’inflation et l’écart entre l’emploi effectif et l’emploi désiré. La nouvelle
fonction de perte s’écrit :
I
H = H - E _log Y2i . (7')

dY2.0 Y
= d1 - n 2.0 . il en résulte que
1. Cette relation peut aussi s’écrire comme suit : 1
dr 1 - az 1 + r
si a augmente alors az augmente et _1 1 - azi augmente.

141

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

I
La flexibilité optimale du taux de change _I c*i sera la solution de d H = 0.
dc
or,
I d E _log Y2i d H
-< F
d log Y2 dr
0 = dH = dH - =
dc dc dc dc dr dc
(12)
dH z1 Y2.0 dr
.
dc 1 - z1 ^1 + r h dc
= +

en rappelant que c* est la solution de la première fonction de perte, soit


d H dc = 0, alors pour c = c*, la relation suivante apparaît :
dIH z1 Y2.0 ] r g dr
< 0.
dc c = c* _1 - z1i ^1 + r h dc c - c*
= (13)

La réduction de la flexibilité augmente le bien-être en raison de l’effet favo-


rable du taux d’intérêt sur la production. si on note I c* le régime de change opti-
mal en présence d’un besoin de financement du capital, on constate par rapport
au modèle de base que I c* > c* .
Pour comprendre le mécanisme sous-jacent, il convient de rappeler que le
taux de change agit aussi bien sur les prix des biens et des salaires que sur les
prix des actifs financiers. dans le cas où le régime de change est flexible, tout
choc (positif ou négatif) des termes de l’échange se transmet au taux de change.
Les agents économiques qui détiennent leur épargne sous forme d’actifs domes-
tiques seront doublement lésés par la détérioration des termes de l’échange. ils
verront leurs revenus diminuer en raison de la baisse des prix à l’exportation ; en
plus, la dépréciation du taux de change réduira la valeur réelle de leurs actifs en
monnaie domestique. Ainsi, en raison du risque plus élevé, la détention d’actifs
financiers en monnaie domestique se fera à un taux d’intérêt réel plus élevé.
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en conséquence, un effet attendu est que les régimes de change fixes aient des
marchés financiers profonds et des taux d’intérêt réels faibles.
La flexibilité augmente ainsi le taux d’intérêt réel en raison du risque plus élevé
de l’emprunt lié au flottement de la monnaie _ dr dci < 0. dans les économies où les
producteurs comptent sur le système bancaire pour financer leur besoin en capital,
une baisse dans la flexibilité du taux de change (c* élevée) offre plus de gains. Ce
gain est proportionnel à l’importance du besoin en capital. Ainsi, plus de fixité offri-
rait plus de gains aux pays émergents et en développement qu’aux pays développés.

Financement mixte et uniquement en monnaie étrangère : 0 G a < 1


il s’agit d’exclure le cas où a = 1, c’est-à-dire l’éventualité d’un financement
exclusif en monnaie domestique. Le niveau de production aléatoire correspon-
dant à l’utilisation de la composante Zw du facteur quasi fixe tout en respectant
la condition de maximisation du profit.
log e PZw.1 ^1 + r*h 2 o + v2 (14)
z2 s
log Y2 = bl2 log L 2 + a2 + z1l2 log Z d.2 -
1 - z2 s1

avec l2 = e1 + o ; a2 = log z2 et v2 = n2 e1 + o.
z2 z2 z2
1 - z2 1 - z2 1 - z2
La dépréciation du taux de change s ` s2 s1j exerce un effet négatif sur la
production. en effet, une dépréciation de la monnaie domestique entraîne un
alourdissement du poids de la dette extérieure libellée en devise. il en résulte

142

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

une baisse des profits qui réduit la richesse nette des entreprises. Cette réduction
entraîne à son tour une baisse de l’investissement et donc de la production.
I
La flexibilité optimale du taux de change _I c*i sera la solution de d H = 0. en
dc
suivant le même raisonnement que précédemment, la nouvelle fonction de perte
par rapport à c et s est dérivée :
I d E _log Y2i d H
-< F
d log Y2 ds
0 = dH = dH - =
dc dc dc dc ds dc
(15)
dH z2
Y2.0 ds
= +
dc 1 - z2 dc
dI
H d log Y2.0 ds z2 ds ^1 - ah z ds
< 0 . (16)
- ^1 - ah z dc
=- = =
dcc= c* d s dc 1 - z 2 dc 1
La réduction de la flexibilité augmente le bien-être en raison de l’effet favorable
de la stabilité du taux de change sur la production. A contrario, une augmentation
de la flexibilité se traduit par une augmentation de la dépréciation du taux de
change qui entraîne un alourdissement du poids de la dette. L’effet bilan apparaît
à travers l’impact de la variabilité du taux de change sur la dette en devise. La
relation (16) décrit un effet de bilan négatif qui est d’autant plus important que
le poids de la dette en devise (a faible) dans la dette totale est élevé.
du modèle précédent découlent trois implications que l’on peut tester :
1. Le degré optimal de flexibilité du taux de change tend à baisser lorsque :
– l’impact de la variation du taux de change sur les prix domestiques est élevé
(peur du flottement) ;
– les chocs nominaux relativement aux chocs réels sont élevés. Le choix du
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régime de change par rapport aux chocs se fait en termes de volatilité relative et
non en termes absolus. il ressort du modèle que le pays qui se trouve confronté à
des chocs de liquidité relativement plus importants que les chocs réels a tendance
à opter pour plus de fixité qu’un pays qui fait davantage face à des chocs de
demande domestique ;
– la perte associée à l’inflation est élevée. Plus les autorités accordent de
l’importance au problème de l’inflation (~ élevé), plus elles auront tendance à
opter pour une fixité du taux de change ;
2. dans les économies où les producteurs comptent sur le crédit pour financer
leur besoin en capital, une baisse dans la flexibilité du taux de change (c* élevée)
offre plus de gains. Ce gain est proportionnel à l’importance du besoin en capital.
3. un régime de change fixe permet de réduire l’effet bilan.

UN mODèLe empIRIqUe DU ChOIx D’UN RégIme De ChANge

L’objectif est ici d’expliquer l’influence d’un certain nombre de variables


explicatives – liées au modèle théorique développé précédemment1 – sur le
choix du régime de change dans les pays émergents et en développement. Notre

1. L’annexe A1 présente la construction de nos variables ainsi que les sources.

143

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

échantillon comprend 35 pays, dont 20 pays émergents, sur données annuelles


couvrant la période 1980-20071.
La classification de facto retenue des régimes de change est celle de reinhart
et rogoff. elle offre, en effet, la possibilité d’étudier l’évolution des régimes de
change sur une longue période, et ce, avec une base homogène. elle se distingue
aussi des autres classifications sur deux aspects principaux. en premier lieu,
les deux auteurs intègrent, dans leur analyse, l’existence des taux de change
multiples et des marchés parallèles, ce qui permet d’avoir une vue plus complète
des régimes de change. en second lieu, ce sont les régimes dits de long terme qui
sont étudiés. Les régimes de change sont ainsi estimés sur des périodes de cinq
ans. une conséquence importante doit être notée : des modifications de régimes
de change temporaires, c’est-à-dire se produisant à l’intérieur de la période de
cinq ans, seront comptabilisées comme changements de régimes dans les autres
classifications et non par reinhart et rogoff si entre-temps le taux de change
est revenu à sa position initiale. L’objectif poursuivi est bien d’identifier des
tendances longues et par là même de ne pas donner un poids trop important à
des perturbations temporaires des changes. sur la période étudiée, si les régimes
intermédiaires représentent encore la majorité des régimes de change, on observe
une nette évolution entre la période 1990-1999 (marquée à la fois par une accé-
lération de l’intégration financière internationale et la multiplication des crises
de change) et les années 2000-2007. en effet, alors que les années 1990 ont été
marquées par un pourcentage élevé de régimes intermédiaires, et ce, quel que
soit le groupe de pays, les pays en développement ont eu tendance, au cours des
années 2000, à adopter davantage de régimes intermédiaires pendant que les
pays émergents optaient pour plus de flexibilité.
Le modèle théorique développé précédemment permet-il de rendre compte
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de ces évolutions ? Afin de répondre à cette question, un modèle logit multi-
nomial non ordonné est utilisé. La variable endogène étant discrète, elle prend
les valeurs 0, 1 et 2 qui référent aux trois régimes de change. Notre modèle
de choix de régime de change définit l’effet des différentes variables explica-
tives identifiées par notre modèle théorique (pass-through, rapport des chocs,
inflation, dette externe et dette domestique) sur la probabilité d’occurrence des
trois différents régimes2. P ` Yi = 0 Xi j est défini comme la probabilité d’occur-
rence d’un régime de flottement pur sachant l’ensemble des variables explica-
tives xi , P ` Yi = 1 Xi j la probabilité d’occurrence d’un régime intermédiaire et
P ` Yi = 2 Xi j celle d’un régime d’ancrage dur.
Le modèle offre le même statut aux trois catégories de régimes de change
retenus. Cette analyse est conduite en trois étapes. Le pass-through est d’abord
estimé pour chaque pays de l’échantillon. Les chocs réels et nominaux sont ensuite
calculés. enfin, les résultats du logit multinomial des différentes estimations sont
analysés.
Les tests d’exogénéité ont été appliqués afin de rechercher la présence
d’un éventuel biais d’endogénéité qu’il convient alors de corriger. dans le cas
contraire, les estimations des paramètres de notre modèle par une application

1. L’annexe A2 présente la liste des pays de notre échantillon.


2. Nous supposons que les régimes sont mutuellement exclusifs, c’est-à-dire que
2
/ P_ Yi = ji = 1, 6i.
j=0

144

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

directe d’un estimateur Logit multinomial, supposant l’indépendance entre les


termes d’erreurs et les variables explicatives, seraient non convergentes. Nous
avons utilisé l’approche des fonctions de contrôle pour tester et corriger le biais
d’endogénéité susceptible d’exister entre le régime de change et la variable dette
externe pour obtenir des estimateurs convergents (Wooldridge [2008]).
Les fondements de l’approche sont les suivants. soit le modèle simplifié :
y1 = x1d + a y2 + u1 , tel que y1 est la variable expliquée, x1 la matrice des
variables explicatives du modèle et y2 une variable explicative corrélée avec
le terme d’erreur u1 du modèle. Notant X = 7 X1, X 2A la matrice des variables
exogènes, où x2 la matrice des variables instrumentales externes au modèle
et posant l’hypothèse selon laquelle E _ Xl u1i = 0, on utilise la forme réduite
y2 = xP + v2 , puis la projection de u1 sur v2 , soit u1 = t $ v2 + e1 . en rempla-
çant u1 par sa valeur dans le modèle simplifié on obtient notre fonction de
contrôle : y1 = x1d + a y2 + tv2 + e1 .
Par construction E _ v2 e1i = 0 et E _ Xl1 e1i = 0. Ainsi le nouveau terme d’erreur
e1 n’est plus corrélé avec y2 , en plus de son indépendance avec v2 et x1 . Par
conséquent, la fonction de contrôle va nous permettre non seulement d’éliminer
le problème du biais d’endogénéité, mais aussi de tester la significativité du coef-
ficient t. L’effet non significatif de v2 correspond à l’absence de toute corrélation
non observée entre y2 et u1 et garantit ainsi l’absence de biais d’endogénéité. Le
tableau 1 donne les valeurs du test de khi2 relatif à l’hypothèse d’exogénéité de
la variable « Dette externe » par rapport au choix du régime de change.

Tableau 1. Résultats des tests d’exogénéité

test d’exogénéité
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Pays Période
khi_2 stat p_value
tous les pays 1980-2007 19,64 0,0001
tous les pays 1980-1989 11,54 0,0031
tous les pays 1990-1999 22,21 0
tous les pays 2000-2007 1,08 0,5813
Pays émergents 1980-2007 29,06 0
Pays en développement 1980-2007 8,56 0,0138
Les chiffres en gras correspondent aux statistiques relatives à l’acceptation de l’hypothèse d’exogénéité de la
variable « Dette externe ».
Source : estimation des auteurs.

L’hypothèse d’exogénéité est rejetée dans la majorité des cas sauf lorsqu’on
considère les estimations relatives à la période 2000-2007. Par conséquent,
nos estimations se baseront sur la régression étendue associée à la fonction de
contrôle modifiant ainsi légèrement la spécification de notre modèle en ajoutant
la variable terme d’erreur estimé v1 .

mesure de la réactivité des prix aux variations du taux de change

Hausmann, Panizza et stein [2001] proposent d’estimer la réactivité des prix


aux variations du taux de change (pass-through) à partir de la spécification
P = pW|fi avec P l’indice des prix domestiques, W les salaires et f l’indice des

145

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

prix internationaux en monnaie domestique (obtenue par le produit de l’indice


des prix internationaux et d’un taux de change nominal)1. p est un paramètre
(mark up), | et i sont respectivement les élasticités de long terme des salaires et
des prix étrangers2. Pour estimer l’équilibre de long terme entre les prix domes-
tiques et les prix internationaux, nous utilisons la relation suivante exprimée en
log :
p = p+if , (25)
avec p = log P et f = log f.
Les estimations selon un modèle à correction d’erreurs donnent lieu pour
certains pays à des résultats non stables, ce qui nous a amenés à recourir aux
techniques les mieux appropriées selon les caractéristiques des séries3. Ainsi,
pour les séries stationnaires, nous avons utilisé la méthode des moindres carrés
ordinaires, tandis que pour les séries non stationnaires nous avons opté pour
un modèle à correction d’erreurs. Lorsque les séries ne sont ni stationnaires ni
coïntégrées, l’estimation de box et Jenkins a été préférée.
dans le tableau 2 sont présentées les moyennes des coefficients de réacti-
vité pour l’ensemble de l’échantillon et par groupe de pays4. Plus le coefficient
du pass-through est élevé, plus les prix domestiques sont sensibles aux varia-
tions du taux de change nominal. d’une manière générale, et conformément à
d’autres études empiriques sur la question (Ho et McCauley [2003]), on observe
un léger recul du degré de pass-through sur l’ensemble de la période. Cepen-
dant, des évolutions sensiblement divergentes apparaissent entre les pays en
développement et les pays émergents.

Tableau 2. Coefficients de réactivité des prix par période par groupe de pays
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1980-2007 1980-1989 1990-1999 2000-2007
Moyenne tous les pays 0,42 0,44 0,42 0,40
Pays émergents 0,31 0,26 0,39 0,28
Pays en développement 0,54 0,63 0,45 0,53
Asie 0,34 0,55 0,25 0,17
Amérique latine 0,43 0,35 0,49 0,44
Afrique 0,41 0,45 0,42 0,34
Moyen-orient 0,61 0,47 0,49 0,96
Source : calculs des auteurs.

si, durant les années 1990, les pays en développement ont enregistré une
baisse de leur pass-through et les pays émergents une hausse, les années 2000
sont marquées par des évolutions inverses. La transition vers un environne-
ment de plus faible inflation, notamment grâce à la mise en place de politique

1. La variation la plus importante de f est imputable aux variations du taux de change.


2. Les auteurs suivent les méthodologies de brower et ericsson [1998] et garcès diaz [1999].
3. Nous avons traité les problèmes d’intégration et de cointégration des séries en utilisant les
tests de dickey fuller Augmenté. Les résultats montrent que si certaines séries sont stationnaires, ce
n’est pas le cas pour la majorité d’entre elles. Nous avons ensuite testé l’existence d’une relation de
cointégration entre tout couple de séries intégrées.
4. Pour plus de détail voir Haouaoui Khouni [2005].

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monétaire plus crédible (ciblage d’inflation), se traduit par une baisse du pass-
through. Le degré de pass-through des pays d’Amérique est globalement plus
élevé que celui des pays d’Asie et d’Afrique. Le passé inflationniste de ces pays
explique la sensibilité des prix aux variations du taux de change (goldfajn et
Werlang [2000]).
dans l’objectif de vérifier si la sensibilité des prix aux mouvements du taux de
change est un facteur explicatif dans le choix du régime de change pour les pays
émergents et en développement, nous utiliserons l’indice de réactivité comme
variable explicative1.

Importance relative des chocs

Les chocs réels et nominaux constituent un élément essentiel dans notre


modèle théorique du choix de régime de change. Nous mesurons les chocs réels
par la variance du pib réel et les chocs nominaux par celle des taux de croissance
de l’agrégat M2. L’annexe A3 présente l’évolution des chocs réels et nominaux
dans les pays émergents et en développement. Les pays émergents tendent à avoir
une volatilité réelle plus faible que les pays en développement. C’est une consé-
quence d’une diversification plus importante de la production dans les premiers
qui les rend globalement moins exposés à des chocs de termes de l’échange,
facteurs de volatilité macroéconomique2. une partie importante de la décennie
1990 montre une volatilité du pib réel plus élevée dans les pays émergents, et
ce, en raison des crises financières qui ont particulièrement frappé ce groupe
de pays. de la même manière, l’amélioration de la situation macroéconomique
de ces pays, à partir de la fin des années 1990, s’est accompagnée d’un recul
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significatif de la volatilité réelle. Ce recul répond aussi à la baisse de la volatilité
à l’échelle mondiale au cours de la période dite de la « grande modération ».
La volatilité du pib réel dans les pays en développement repose sur les mêmes
ressorts, même si elle est moins marquée : efforts de stabilisation macroécono-
mique et baisse mondiale de la volatilité réelle. L’évolution de la volatilité nomi-
nale dans nos deux groupes de pays depuis les années 1980 suit étroitement les
épisodes de très fortes inflations. Plus précisément, la hausse de cette volatilité à
partir du milieu des années 1980, commune aux pays émergents et en dévelop-
pement, s’explique par la résurgence d’épisodes de très haute inflation rendant
les agrégats de monnaie très instables3. Les programmes de stabilisation dans
les pays émergents latino-américains ont joué un rôle important dans le recul de
la volatilité nominale. il en va de même des réformes financières menées dans
les deux groupes de pays qui ont favorisé l’approfondissement financier des
économies domestiques.
dans nos estimations nous n’avons retenu que la composante cyclique de la
volatilité du pib réel et de l’agrégat monétaire M2. Nous avons ainsi décomposé

1. Les résultats complets de l’estimation du pass-through par pays et sur les différentes périodes
sont disponibles auprès des auteurs sur simple demande.
2. dans notre échantillon des pays émergents, le Chili est une exception importante. en effet, de
nombreux travaux empiriques ont montré que la volatilité du pib de ce pays était étroitement associée
à la volatilité des cours du cuivre dont il est le principal producteur mondial.
3. Citons notamment les cas du brésil et d’israël pour les pays émergents ; ceux de la bolivie
et du ghana pour les pays en développement.

147

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

la volatilité globale de ces deux variables en tendance et en cycles à l’aide du


filtre de Hodrick-Presscott (HP). Pour effectuer cette décomposition, le choix
d’une valeur pertinente du paramètre lambda est important. Le lambda habituel-
lement utilisé pour les séries annuelles ^1 = 100h est peu adapté. Nous avons
donc choisi un lambda de 6,25 tel que préconisé par ravn et uhlig [2002]1.
Nous avons aussi considéré, non pas les chocs pris un à un, mais leur importance
relative. Ce choix répond à une double logique. d’une part, d’un point de vue
économique, il importe de déterminer si les chocs réels tendent à prédominer ou
non relativement aux chocs nominaux. d’autre part, d’un point de vue économé-
trique, la forte volatilité des chocs peut affecter les estimations économétriques.
Le fait de prendre le rapport des chocs réduit l’effet négatif de cette volatilité
élevée.

Les résultats de l’estimation2

Significativité globale des modèles


Notre modèle de choix de régime de change considérant la régression étendue
est le suivant :
R V
P _ yi = 0i = S 1 W
SS e1 + / exp _bk X k io WW
S 2 W
k=1
RT VX (26)
S exp `b j X j j W
P _ yi = j i = S W j = 1,2
S e1 + / exp _b X io W
2
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S k k W
k=1
T X
tel que :
b j Xi = b0j + b1j PTHi + b2j Lraphpchoci + b3j Dette_domi
(27)
+ b4j Dette_exti + tDetext_resi
avec PtHi le pass-through pour le pays i, Lraphpchoci le rapport des chocs pour
le pays i, Dette_domi la dette domestique du pays i, Dette_exti la dette externe
du pays i, Detext_resi le terme d’erreur v2 ajouté par l’équation de régression
étendue afin de corriger le biais d’endogénéité.
Les valeurs de la statistique du rapport de vraisemblance (khi2, tableau A4
en annexe) montrent que l’estimation du modèle comprenant tous les pays sur
l’ensemble de la période est significative. Néanmoins, les tests de changement
structurel concluent à la pertinence, d’une part, de la division de notre échan-
tillon de pays en pays émergents-pays en développement et, d’autre part, du
choix des différentes sous-périodes.

1. dans leur étude relative aux cycles dans les pays en développement, rand et tarp [2002]
montrent que la longueur des cycles dans ce groupe de pays est plus courte que celle observée
dans les pays industrialisés : entre 7,7 et 12 trimestres pour les premiers contre 24 à 32 pour les
seconds. Nous avons aussi détrendé nos séries à l’aide du filtre de baxter-King. Les résultats de nos
estimations ne sont pas modifiés par ce choix.
2. L’estimation du modèle Logit multinomial s’effectue à l’aide d’un logiciel stata 10.1, en
utilisant l’instruction mlogit.

148

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

La valeur de la statistique du test relatif à l’hypothèse de changement struc-


turel entre pays émergents et pays en développement est suffisamment élevée
^LR = 158,4h pour suggérer que ces deux groupes de pays se comportent effec-
tivement de manière différente. Concernant le choix des sous périodes d’analyse,
toujours en utilisant un test de changement structurel, trois sous-périodes sont
considérées (1980-1989, 1990-1999 et 2000-2007). La valeur du rapport de vrai-
semblance confirme l’existence d’un changement structurel à la fin des années
1980 et celle des années 1990 ^LR = 272,9h . Ces résultats sont corroborés par
les principaux faits économiques ayant affecté les pays émergents sur l’ensemble
de la période. il convient notamment de rappeler les nombreuses crises de change
– frappant particulièrement les régimes intermédiaires – au cours des années
1990, alors que la période 2000-2007 est plutôt marquée par un déclin du nombre
de crises de change et par une amélioration importante des fondamentaux de
nombreux de nos pays grâce au boom des matières premières.
Le tableau A4 montre que la prise en compte de ces sources d’hétérogénéité
améliore la significativité du modèle. de plus, la qualité prédictive du modèle
est améliorée une fois prise en compte les différentes sources d’hétérogénéité. en
effet, sur la période 1980-2007, le degré de prédiction correct passe de 60 % pour
l’ensemble de l’échantillon à plus de 65 % lorsque nous distinguons les pays
émergents des pays en développement. Cette amélioration est encore plus nette
lorsqu’on distingue les trois périodes. À titre d’exemple, pour les années 2000,
le degré de prédiction correct est de plus de 75 % contre 60 % pour l’ensemble
de la période.
Les différentes valeurs prises par le pseudo r2 de Mac fadden suggèrent que
la distinction pays en développement-pays émergents améliore la qualité du
modèle. Cette conclusion est confirmée, entre autre, par les critères d’informa-
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tion d’Akaike (AiC). en conséquence, les prédictions correctes et les indicateurs
de la qualité de l’ajustement confirment les résultats des tests de changements
structurels.

L’importance relative des variables explicatives du modèle

Le tableau de l’annexe A4 présente les coefficients estimés ainsi que les


z value correspondantes, différenciés par pays et par période. L’interprétation
des coefficients estimés s’effectue en référence au régime de change flexible. Le
tableau de l’annexe A5 résume, quant à lui, les effets marginaux des différentes
variables explicatives du modèle sur les probabilités d’occurrence des trois
régimes de change. ils renseignent sur l’importance relative de chaque variable
explicative sur la probabilité d’occurrence des différents régimes.

Effet du pass-through
Concernant l’effet du pass-through, les résultats de la régression pour
l’ensemble des pays et sur toute la période (1980-2007, tableau A4) confirment
la relation de réactivité des prix aux variations du taux de change déduite préa-
lablement dans le modèle théorique. relativement au régime flexible, les proba-
bilités d’occurrence des régimes d’ancrage dur et intermédiaire augmentent avec
le pass-through puisque nous avons des coefficients estimés de la réactivité des
prix aux variations du taux de change positifs et statistiquement significatifs.

149

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

Autrement dit, en présence d’une forte sensibilité des prix aux variations du taux
de change, nous pouvons affirmer que nous avons un rejet clair de la flexibilité
du taux de change.
en considérant l’effet marginal (tableau A5), on note que celui-ci est néga-
tif pour le régime flexible et positif pour le régime intermédiaire. La valeur
prise par cet effet, précise que l’augmentation du pass-through d’une unité,
entraîne une augmentation de plus de 27 % dans la probabilité d’avoir un régime
intermédiaire.
en procédant à la distinction pays émergents-pays en développement, nous
notons que cet effet marginal est encore plus important dans les pays émergents.
une augmentation d’une unité de cette variable entraîne une augmentation de la
probabilité d’avoir un régime intermédiaire de 36,5 % dans les pays émergents
mais de seulement 8 % dans les pays en développement. on note, néanmoins, que
cette variable perd de son pouvoir explicatif durant les années 2000 (tableau A5),
ce qui correspond bien à la baisse de la réactivité des prix aux variations du taux
de change notée précédemment.

Effet de l’importance relative des chocs


dans notre modèle empirique, nous nous démarquons de l’ensemble des
travaux sur la question par la prise en compte des chocs nominaux et réels en
termes relatifs et non en termes absolus. Ceci reflète bien le cas où les écono-
mies font face aux différents types de chocs de manière simultanée, mais c’est la
volatilité du choc le plus important qui compte dans le choix du régime optimal.
Le fait de subir à la fois des chocs réels et nominaux suggère que les régimes
intermédiaires sont ainsi mieux adaptés à ces économies.
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Ces résultats sont corroborés par notre estimation sur la période 1980-2007,
puisque les coefficients estimés des effets marginaux des chocs sont positifs pour
le régime intermédiaire alors qu’ils sont négatifs pour les régimes extrêmes, ce
qui est conforme à l’intuition en faveur du choix d’un régime intermédiaire.
Ces résultats sont particulièrement vérifiés pour les pays émergents pour
qui ce rapport des chocs augmenterait la probabilité d’occurrence du régime
intermédiaire de 4 %. Ceci permet de retrouver les comportements différents
suggérés par le graphique A3. en effet, nous avons noté que les pays émergents
faisaient face à des chocs réels relativement plus faibles que les chocs nominaux.
Les pays en développement continuent à avoir des chocs réels importants, et ce,
en dépit d’un recul à la fin de la période, ce qui explique la baisse de la probabilité
d’occurrence d’un régime d’ancrage dur.

Le biais discrétionnaire
Pour estimer le biais discrétionnaire, nous avons utilisé plusieurs1 proxy se
rapportant à l’inflation, car plus le biais discrétionnaire est important plus l’infla-
tion l’est aussi. selon le résultat de l’estimation, l’inflation, quand elle n’est pas
hyper élevée, est corrélée négativement au régime d’ancrage dur. Nous avons des
coefficients de l’inflation négatifs et statistiquement significatifs pour les régimes
d’ancrage dur relativement au régime flexible. il apparaît que, relativement au

1. La variance de l’inflation et son logarithme, le taux de croissance de l’indice des prix à la


consommation et son logarithme.

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Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

régime flexible, la probabilité des ancrages durs diminue et celle des régimes
flexibles augmente avec l’inflation, puisque les coefficients estimés relatifs à
l’inflation sont, pour la période 1980-2007, négatifs et statistiquement significatifs
(tableau A4). La distinction pays émergents-pays en développement montre que,
pour ces derniers, l’inflation augmente la probabilité d’occurrence de la flexibi-
lité de 0,5 %, alors que les pays émergents tendent à s’orienter davantage vers les
régimes intermédiaires. Ces résultats suggèrent que les effets de crédibilité sont
importants. Ainsi, alors que la théorie suggère que l’ancrage nominal – et donc
l’adoption d’un régime de change rigide – est nécessaire pour réduire les pressions
inflationnistes, de nombreux pays en développement ont encore des imperfections
institutionnelles rendant fragile le choix de tels régimes de change. A contrario,
les pays émergents ont considérablement renforcé la qualité de leur architecture
institutionnelle domestique depuis les années 1990. La qualité des institutions a été
identifiée dans plusieurs travaux empiriques comme un déterminant des régimes
de change (Alesina et Wagner [2006] ; Levy-yeyati et al. [2007]). ils suggèrent
que les régimes d’ancrage ne sont pas soutenables lorsque les institutions sont
faibles, y compris lorsque les tensions inflationnistes sont présentes. Nos résultats
convergent avec ces travaux en ce qui concerne les pays en développement. dans
les pays émergents, des institutions crédibles nous semblent exercer une double
influence sur le choix du régime de change : d’une part, lorsque l’inflation est
stabilisée à un faible niveau, ces pays peuvent opter pour des régimes de flottement
associés à une cible d’inflation ; d’autre part, lorsque l’inflation est encore à un
niveau élevé, l’ancrage souple apparaît soutenable.

Canal du crédit et effet bilan


L’élargissement du modèle théorique a permis de mettre en évidence l’effet
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bilan lié à la dette externe libellée en devises ainsi que l’effet lié au recours au
crédit domestique. Les deux composantes de la dette agissent de la même façon
en termes de choix de régime de change. en effet, une dette élevée (domestique
ou étrangère) réduit la probabilité d’avoir un régime intermédiaire. sur les diffé-
rentes périodes de notre analyse, nous avons des coefficients estimés de la dette,
domestique et externe, négatifs et statistiquement significatifs, pour les régimes
intermédiaires relativement à la flexibilité totale. Les effets marginaux montrent
que la dette domestique a pesé davantage durant les années 1980 et 2000 que
pendant les années 1990. de plus, nous pouvons affirmer à la lecture des effets
marginaux que la composante externe de la dette a joué un rôle plus grand dans
la réduction de la probabilité d’occurrence d’un régime intermédiaire (1,34 %
contre 0,2 %). Ce comportement est plus révélateur du choix des pays émergents
que des pays en développement, pour qui la dette domestique ne contribue que
pour 0,02 % dans la réduction de la probabilité d’avoir un régime intermédiaire.
bénassy-Quéré et Cœuré [2002] notent, à ce propos, que « ce comportement est
cohérent avec le fait que le régime intermédiaire mène à une instabilité du taux
d’intérêt et avec le fait qu’un plus puissant canal de taux d’intérêt augmente les
besoins pour la sauvegarde du régime intermédiaire ».
Les coefficients estimés de la dette externe (tableau A4), pour l’ensemble
des pays et particulièrement les pays émergents, sont positifs et statistiquement
significatifs en ce qui concerne le régime d’ancrage dur relativement à la flexibi-
lité totale, confirmant, par là, les propositions dégagées par le modèle théorique,
à savoir que les pays ayant une dette généralement libellée en devises préfèrent
une fixité de leur taux de change à un régime flexible.

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Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

Le modèle théorique a montré que dans les économies où les producteurs


comptent sur le système bancaire pour financer leur besoin en capital, une baisse
dans la flexibilité du taux de change (c* élevée) offre plus de gain. Celui-ci est
proportionnel à l’importance du besoin en capital. Ainsi, davantage de fixité
offrirait plus de gains aux pays en développement qu’aux pays émergents1.

La constante
La constante associée au régime intermédiaire est positive et significative,
ce qui pourrait signifier que la probabilité de choisir un régime intermédiaire
serait plus élevée que ne l’aurait prédit les variables explicatives, reflétant encore
probablement une adhésion de facto au régime intermédiaire et un rejet des
solutions en coins.

Les prédictions des modèles

Les résultats des différentes prédictions « in-sample », en s’appuyant sur la


probabilité prédite la plus élevée pour chaque pays, sont synthétisés dans le
tableau 3. il s’agit d’un résumé du tableau A6 (annexe) qui donne ces probabilités
pour tous les pays et pour les années retenues (1996, 2000 et 2004).

Tableau 3. Prédictions du logit multinomial pour les régimes de facto en pourcentage


(en %)

flexible intermédiaire Ancrage dur


Prévision « in-sample » année 1996
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valeur observée (yrr) 19,05 71,43 9,52
Prédiction modèle (mlogit)* 29,85 64,42 5,72
Prévision « in-sample » année 2000
valeur observée (yrr) 26,19 59,52 14,29
Prédiction modèle (mlogit)* 31,38 58,68 9,94
Prévision « in-sample » année 2004
valeur observée (yrr) 23,81 57,14 19,05
Prédiction modèle (mlogit)* 26,62 56,15 17,22
(*) en tenant compte de l’hétérogénéité dans le temps.

La lecture du tableau 3 nous permet de conclure que le modèle prédit correc-


tement l’évolution des régimes de facto entre 1996, 2000 et 2004. en effet, entre
1996-2000, une tendance aux régimes de coins est enregistrée aussi bien par les
régimes de facto que par les régimes prédits par le logit, alors qu’entre 2000 et
2004 c’est la flexibilité qui tend à baisser, tandis que les régimes d’ancrage durs
ont plutôt tendance à augmenter aussi bien selon la classification de facto de
reinhart et rogoff que selon les prédictions du mlogit. Néanmoins, il faut noter
que les résultats des prédictions cachent en fait un changement de régime par
certains pays qui ne peut pas être pris en compte par cette technique de comptage.

1. rappelons que la réduction de la flexibilité augmente le bien-être en raison de l’effet favo-


rable du taux d’intérêt sur la production.

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L’ancrage dur est correctement prédit pour le Panama (1996, 2000 et 2004), le
Malawi (2000 et 2004) et pour l’Équateur pour 2004. Le modèle prédit la flexi-
bilité en 2000 pour l’Équateur. Cependant, les régimes intermédiaires de facto
de l’Équateur et du Malawi en 1996 sont correctement prédits par le modèle.
Le modèle prédit correctement la flexibilité pour l’Afrique du sud (2000), le
ghana (1996) Madagascar (2000 et 2004), la république dominicaine (2004) et
l’uruguay pour 2004, alors qu’il prédit un régime intermédiaire pour l’indonésie
(2000 et 2004) et le ghana (2000). en 1996, le modèle prédit correctement vingt
et un régimes intermédiaires sur les vingt-six, soit 80,7 % de prédiction correctes.
entre 2000 et 2007, les régimes intermédiaires de la bolivie, du Chili, de
l’Égypte, du guatemala, de l’inde, de la Jamaïque, du Pakistan, des Philippines,
de l’uruguay, et du venezuela sont correctement prédits par le modèle.

CONCLUSION

Ce travail a cherché à montrer l’existence d’un régime de change optimal


en dehors des solutions de coins en prenant en compte l’utilisation du taux de
change comme instrument d’ajustement, le rôle de la réactivité des prix aux
variations du taux de change et l’importance du canal financier. Pour ce faire, le
modèle de Aizenman et Hausmann [2001] a été étendu en introduisant la ques-
tion du pass-through, et en écrivant une fonction de production qui permet de
montrer que pour les pays émergents et en développement caractérisés par des
marchés financiers imparfaits et des inégalités d’accès aux marchés internatio-
naux, un régime de change stable offre un gain supplémentaire par l’augmenta-
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tion de la production. Les résultats théoriques ont été consolidés par des estima-
tions de logit multinomial sur un échantillon de trente-cinq pays émergents et en
développement. un test et une correction du biais d’endogénéité de la variable
dette externe en utilisant la fonction de contrôle ont été élaborés. en outre, des
tests de changements structurels ont validé l’hétérogénéité des comportements
entre pays émergents et pays en développement d’une part et entre les trois
décennies (1980, 1990 et 2000) d’autre part. Les estimations obtenues montrent
qu’il est important de distinguer entre différentes sous-périodes et entre les pays
émergents d’un côté et en développement de l’autre afin d’analyser l’évolution
des régimes de change. il apparaît notamment que les pays émergents tendent
à se déplacer vers les régimes de flottement, évolution qui n’est pas observée
dans les pays en développement. Nos résultats suggèrent que cette évolution
n’est pas nécessairement le résultat des crises de change des années 1990. en
effet, si, immédiatement après, on observe bien un recul sensible des régimes
intermédiaires dans l’ensemble des pays étudiés, ces régimes ont rapidement
repris de l’importance par la suite. dans cette perspective, la tendance des pays
émergents à choisir davantage les régimes de flottement, depuis les années 2000,
reflète plutôt l’amélioration de leurs fondamentaux. L’inflation est désormais
maîtrisée, expliquant le recul du pass-through, et la dollarisation des écono-
mies domestiques a fortement reculé à la fois en termes de financements interne
qu’externe1.

1. voir en ce sens l’étude du fmi [2009] et izquierdo et talvi [2009].

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Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

en définitive, il faut préciser que l’utilisation de données annuelles ne


permet pas toujours d’apprécier avec précision les trajectoires individuelles.
de ce point de vue, le modèle théorique élaboré dans ce travail doit permettre
dans des recherches futures de travailler sur des données haute fréquence afin
d’expliquer les évolutions de régimes de change dans les pays émergents et en
développement.

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Revue économique

ANNEXES

Annexe 1
Liste des variabLes et sources

Variables explicatives

variables définition et sources


La réactivité des prix domestiques aux variations du taux de change nominal bila-
pth téral vis-à-vis du dollar des États-unis (données mensuelles ; fmi, international
Financial Statistics).
Calculés par la variance des taux de croissance des pib réels (données annuelles ;
Chocs réels
fmi, international Financial Statistics).
Calculés sur la base de la variance de la croissance de la masse monétaire M2
Chocs nominaux (données annuelles fmi, international Financial Statistics et banque Mondiale,
World Development indicators).
Le log du rapport des chocs nominaux aux chocs réels. Les variables de pib
Lrapchocs et de M2 ont été détrendées à l’aide du filtre Hodrick-Prescott précédemment
définis.
L’inflation domestique mesurée par la variation relative de l’indice des prix à la
inf consommation (ipc) (différence première en pourcentage) (données annuelles
fmi, international Financial Statistics).
Le crédit domestique au secteur privé en % du pib (données annuelles banque
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dette_dom
Mondiale, World Development indicators).
Le ratio de la dette externe au pib (calculé à partir de données annuelles banque
dette_ext
Mondiale, World Development indicators).
elle correspond au terme d’erreur estimé v1 d’une régression de la variable dette
detext_res31a
externe sur un ensemble de variables exogène (Lane et Milesi-ferretti [2007]).

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Variables endogènes yi

Les variables endogènes yi font référence aux régimes de change ; i prend la valeur 0
pour les régimes de flottement, la valeur 1 pour les régimes intermédiaires et la valeur 2
pour les régimes d’ancrage dur. Le tableau ci-dessous donne la correspondance entre la
classification de reinhart et rogoff [2004] et celle retenue ici.

Catégories variable
description
de r-r endogène y
1 2 Absence de cours légal séparé
2 2 rattachement pré-annoncé ou caisse d’émission
3 2 bande horizontale pré-annoncée d’amplitude G à ! 2 %
4 1 rattachement de facto
5 1 rattachement glissant pré-annoncé
6 1 bande glissante pré-annoncée d’amplitude G à ! 2 %
7 1 rattachement glissant de facto
8 1 bande glissante de facto d’amplitude G à ! 2 %
9 1 bande glissante pré-annoncée d’amplitude H à ! 2 %
10 1 bande glissante de facto d’amplitude G à ! 5 %
11 1 bande fluctuante d’amplitude G à ! 2 %
12 0 flottement géré
13 0 flottement libre
14 0 en chute libre (Freely falling)
Marché dual dans lequel les données sur le marché parallèle sont
15 *
omises
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* Pour les pays figurant certaines années dans cette catégorie, nous avons consulté la chronologie pays fournie
par les auteurs (e. ilzetzki, C.M. reinhart et K.s. rogoff [2008], The country chronologies and background
material to exchange rate arrangements in the 21st century: which anchor will hold?).

Annexe 2
Liste des pays de L’échantiLLon

Notre échantillon comprend 35 pays dont 20 pays émergents (marqués d’une * ci-
après) et 15 pays en développement. dans la catégorie pays émergents, nous avons retenu
les économies couvertes soit par l’institute of international Finance, soit par Morgan
Stanley.

Afrique du sud* Costa rica guinée-bissau Jamaïque israël*


bolivie Égypte* Haïti Koweït* Philippines*
botswana el salvador Honduras Madagascar rép. dominicaine
brésil* Équateur* Hong-Kong* Malaisie* trinité et tobago
Chili* fiji inde* Pakistan* turquie*
Colombie* ghana indonésie* Panama* uruguay*
Corée du sud* guatemala iran Pérou* venezuela*

157

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


Revue économique

Annexe 3
voLatiLité comparée des chocs réeLs et nominaux dans Les pays émergents
et Les pays en déveLoppement

Volatilité des chocs réels

300

250

200

150

100

50

0
80
82
84
86
88
90
92
94
96
98
00
02
04
06
08
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
20
20
20
20
20
Pays émergents Pays en développement
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Volatilité des chocs nominaux

1 000 000

100 000

10 000

1 000

100

10

1
80
82
84
86
88
90
92
94
96
98
00
02
04
06
08
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
20
20
20
20
20

Pays émergents Pays en développement

Source : calculs des auteurs à partir des données du Fonds monétaire International.

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Annexe 4
résuLtats des estimations

AIV-1 Estimations 1980-2007 AIV-2 Estimation par période


Tous les pays Pays en développement Pays émergents 1980-1989 1990-1999 2000-2007
intermé- Ancrage intermé- Ancrage intermé- Ancrage intermé- Ancrage intermé- Ancrage intermé- Ancrage
diaire dur diaire dur diaire dur diaire dur diaire dur diaire dur
pth 1,16*** 1,09*** 1,85*** 2,89*** 1,51*** 0,58*** 2,07*** 1,90*** 1,52*** – 1,19*** 0,51*** 5,03***
– 3,754 – 3,518 – 3,584 – 4,732 – 2,972 – 1,315 – 2,102 – 2,406 – 3,829 (– 1,220) – 0,748 – 3,795
Lraphpchoc 0,03*** 0,01*** – 0,14*** – 0,06*** 0,16*** – 0,02*** 0,03*** 0,01*** – 0,08*** 0,27*** 0,0747* – 0,63***
– 1,119 – 0,216 (– 2,299) (– 0,674) – 3,865 (– 0,206) – 0,367 – 0,131 (– 1,512) – 2,234 – 0,857 (– 2,606)
dette_dom – 0,01*** – 0,01*** – 0,01*** – 0,02*** – 0,03*** – 0,01*** – 0,03*** – 0,01*** – 0,01*** 0 – 0,03*** – 0,01***
(– 3,186) (– 1,738) (– 1,274) (– 1,969) (– 3,235) (– 0,854) (– 3,341) (– 0,844) (– 2,139) – 0,145 (– 2,308) (– 0,574)

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


dette_ext – 0,05*** 0,03*** – 0,01*** – 0,02*** – 0,13*** 0,11*** – 0,10*** 0,04*** – 0,04*** 0,05*** – 0,03*** 0
(– 4,341) – 2,83 (– 1,945) (– 2,674) (– 3,638) – 3,637 (– 2,434) – 1,289 (– 4,555) – 3,474 (– 2,410) – 0,116
inf 0 – 0,05*** – 0,10*** – 0,11*** 0 – 0,05*** 0 – 0,06*** 0 – 0,07*** – 0,06*** – 0,12***
(– 1,058) (– 4,614) (– 6,946) (– 5,127) (– 0,695) (– 3,218) (– 0,349) (– 3,325) (– 1,236) (– 2,517) (– 2,259) (– 3,025)
detext_res31a 0,06*** – 0,04*** – 0,01** 0,04*** 0,15*** – 0,11*** 0,12*** – 0,07*** 0,05*** – 0,05*** 0,04*** 0,01***
– 3,986 (– 2,978) (– 1,169) – 2,075 – 3,602 (– 3,325) – 2,507 (– 1,977) – 3,623 (– 2,527) – 1,607 – 2,685
Constante 3,37*** – 2,15*** 2,03*** 1,27*** 8,47*** – 7,03*** 5,83*** – 2,6*** 2,59*** – 3,63*** 3,53*** – 3,33***
– 5,071 (– 3,501) – 5,84 – 2,424 – 3,893 (– 4,014) – 2,662 (– 1,612) – 5,223 (– 4,037) – 3,742 (– 1,318)
Nombre d’observations 394 456 334 344
850 138
Prédictions correctes 65,99 % 65,13 % 54,80 % 70,35 %
60,00 % 75,36 %
Pseudo R2
0,196 0,196 0,204 0,179
khi2 0,102 0,34
log de vrais. 154,3 167,4 143,3 104,3
aic 168,2 – 317,2 – 343,9 – 279,3 – 238,8 88,18
– 740,3 413,8 519,8 393,2 340,2 – 85,75
1 107,2 199,5
statistique z entre parenthèses ; *** p < 0,01 ; ** p < 0,05 ; * p < 0,1.

159
Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

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160
Annexe 5
effets marginaux associés aux estimations
Revue économique

5.1. Effets marginaux associés aux estimations de la période 1980-2007

tous les pays Pays émergents Pays en développement


Flexible intermédiaire Ancrage dur Flexible intermédiaire Ancrage dur Flexible intermédiaire Ancrage dur
pth – 0,28*** 0,27*** 0 – 0,36*** 0,37*** 0 – 0,10*** 0,08*** 0,02*
(– 3,753) – 3,664** – 1,122** (– 2,886) – 2,882** (– 0,576) (– 2,028) – 1,866** – 1,246
lraphp_choc – 0,01*** 0,01*** 0 – 0,04*** 0,04*** 0 0,01*** – 0,01*** 0
(– 1,114) – 1,128** (– 0,208) (– 3,835) – 3,902** (– 0,914) – 1,492** (– 1,512) (– 0,534)
dette_dom 0,00*** – 0,00*** 0 0,01*** – 0,01*** 0 0 0 0
– 3,186** (– 3,108) (– 0,702) – 3,116 (– 3,120) – 0,49 – 1,415** (– 1,101) (– 1,135)
dette_ext 0,01*** – 0,01*** 0 0,03*** – 0,03*** 0 0 0 0
– 4,177** (– 4,345) – 1,645** – 3,429** (– 3,536) – 1,086 – 1,517** (– 1,343) (– 1,108)
inf 0,00*** 0,00*** – 0,00*** 0,00*** 0 0 0,01*** – 0,00*** – 0,00*
– 2,805** – 2,051 (– 2,640) – 1,691** – 1,098** (– 1,589) – 3,161** (– 2,972) (– 1,649)
detext_res31a – 0,01*** 0,01*** 0 – 0,03*** 0,04*** 0 0 0 0
(– 3,835) – 4,004** (– 1,631) (– 3,400) – 3,501** (– 1,084) – 0,397** (– 1,163) – 1,062
statistique z entre parenthèses ; *** p < 0,01, ** p < 0,05, * p < 0,1.

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5.2. Effets marginaux associés aux estimations par période

1980-1989 1990-1999 2000-2007


Flexible intermédiaire Ancrage dur Flexible intermédiaire Ancrage dur Flexible intermédiaire Ancrage dur
pth – 0,51*** 0,51*** 0,010 – 0,35*** 0,35*** 0 – 0,12** 0,07** 0,050
(– 2,153) – 2,123** – 0,727 (– 3,768) – 3,79*** (– 0,719) (– 0,875) – 0,513* – 1,120
Lraphp_choc – 0,01*** 0,01*** 0 0,02*** – 0,02*** 0 – 0,01** 0,02** – 0,010

Revue économique – vol. 62, N° 2, mars 2011, p. 133-162


(– 0,367) – 0,366** (– 0,0208) – 1,49*** (– 1,518) – 0,651 (– 0,736) – 1,096* (– 1,214)
dette_dom 0,01*** – 0,01*** 0 0,00*** – 0,00*** 0 0,00** – 0,01** 0
– 3,422** (– 3,422) – 0,299 – 2,105** (– 2,109) – 0,540 – 2,376* (– 2,390) – 0,539
dette_ext 0,03*** – 0,03*** 0 0,01*** – 0,01*** 0 0,00** – 0,01** 0
– 2,484** (– 2,516) – 0,789 – 4,363** (– 4,398) – 0,695 – 2,437* (– 2,511) – 0,734
inf 0 0 0 0 0 0 0,01** – 0,01** 0
– 1,082** – 0,519** (– 1,112) – 1,486** (– 0,417) (– 0,894) – 2,375* (– 2,164) (– 1,010)
detext_res31a – 0,03*** 0,03*** 0 – 0,01*** 0,01*** 0 – 0,01** 0,01** 0,010
(– 2,554) – 2,599** (– 0,804) (– 3,495) – 3,517** (– 0,669) (– 1,710) – 1,546* – 1,027
statistique z entre parenthèses ; *** p < 0,01, ** p < 0,05, * p < 0,1.

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Jean-Pierre Allegret, Mohamed Ayadi, Leila Haouaoui Khouni

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Annexe 6
prédictions du modèLe

1996 2000 2004


Pays yrr_art mlogit yrr_art mlogit yrr_art Mlogit
Afrique du sud 0 1 0 0 0 1
bolivie 1 1 1 1 1 1
botswana 1 1 1 1 1 1
brésil 1 1 0 1 0 1
Chili 1 1 1 1 1 1
Colombie 1 1 0 1 1 1
Corée du sud 1 . 0 . 0 .
Costa rica 1 1 1 1 1 1
Égypte 1 1 1 1 1 1
el salvador 1 1 1 1 2 1
Équateur 1 1 2 0 2 2
fiji . . . . 1 .
ghana 0 0 0 1 1 1
guatemala 1 1 1 1 1 1
guinée bissau 1 . 2 . 2 .
Haïti 0 1 0 1 0 .
Honduras 1 1 1 0 1 1
Hong Kong 2 . 2 . 2 .
inde 1 1 1 1 1 1
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indonésie 1 1 0 1 0 1
iran 0 1 0 1 . .
israël 1 . 1 . 1 .
Jamaïque 1 1 1 1 1 1
Koweït 1 . 1 . 2 .
Madagascar 0 1 0 0 0 0
Malawi 1 1 2 2 2 2
Pakistan 1 1 1 1 1 1
Panama 2 2 2 2 2 2
Pérou 1 1 1 1 1 1
Philippines 1 1 1 1 1 1
république dominicaine 1 1 1 1 0 0
trinité et tobago 1 . 1 . 1 .
turquie 0 1 1 0 0 2
uruguay 1 1 1 1 0 0
venezuela 1 1 1 1 1 1
% prédictions correctes 85,1 % 70,4 % 80,7 %

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