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Anatomie et Fonction du Système Cardiovasculaire

Le document décrit le système cardiovasculaire humain, y compris la circulation sanguine à travers le cœur et les vaisseaux, le transport de l'oxygène et des nutriments, et les principes de base de la pression sanguine.

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Anatomie et Fonction du Système Cardiovasculaire

Le document décrit le système cardiovasculaire humain, y compris la circulation sanguine à travers le cœur et les vaisseaux, le transport de l'oxygène et des nutriments, et les principes de base de la pression sanguine.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021

Cœur - Vaisseaux - Sang


VUE D'ENSEMBLE DU SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE
Système cardiovasculaire = cœur (pompe) + vaisseaux sanguins (tubes) + sang (liquide)

- On pensait que le sang était consommé par les tissus jusqu'à ce que Harvey (début 17e) prouve que la
recirculation du sang, y compris le transit par le poumon, allait de la cavité gauche à la cavité droite
- Le sang circule des artères vers les veines via les capillaires, découvert par Malpighi (fin 17e)

La partie gauche du cœur est toujours dessinée à droite, tandis que la partie droite du cœur est toujours dessinée à
gauche.

Le rouge représente du sang oxygéné et le bleu représente du sang désoxygéné. /!\ Il ne faut pas croire que le rouge
représente du sang artériel et le bleu du sang veineux.
Dans la circulation pulmonaire le sang qui quitte le ventricule droit pour arriver au niveau du poumon est
véhiculé par une artère et est pourtant désoxygéné. Le sang oxygéné, après passage dans les poumons, reviens
dans l’oreillette gauche via la veine pulmonaire.

La circulation systémique c’est tout le reste. C’est ce qui au départ du ventricule gauche est éjecté via l’aorte et qui se
distribue bien vers le cerveau, les bras et le bas du corps (au niveau du tronc et des différents organes viscéraux au
des membres inférieurs).

On peut considérer que la circulation systémique correspond à peu près à 4 – 4,5 l. Alors que la circulation pulmonaire
correspond à maximum 0,5 à 1 l de sang.

Il existe trois systèmes portes au niveau de la physiologie humaine ; le système porte hépatique (deux réseaux
capillaires qui sont en série), le système porte rénal et le système porte au niveau de l’hypothalamus et de l’hypophyse
(non schématisé ici).

Le système porte hépatique est un élément extrêmement important !


- Pourquoi est-il en série ?
o Tout ce qui est ingéré et qui va être résorbé, va naturellement passer dans la circulation. S’il n’y avait
pas le foie, toute substance toxique se distribuerait directement dans l’ensemble de l’organisme. Le
foie a cette capacité de détoxifier ces composés qui arrivent par la circulation.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
o On a un réseau capillaire qui permet de résorber ce qui arrive au niveau du tractus digestif et le second
réseau capillaire qui permet de distribuer tous ces éléments au niveau du foie pour les métaboliser et
pour les détoxifier le cas échéant.
- Ce système est également important en pharmacologie parce que, de la même façon qu’un nutriment arrive
dans l’organisme via le tractus digestif, tout médicament qui est consommé par voie orale va aussi arriver au
niveau du foie où il va être métabolisé. Une partie du principe actif va donc être transformée et dans la plupart
des cas on aura une réduction de l’activité du médicament. On parle de premier passage hépatique.
o Dans certains cas, lorsqu’on veut obtenir un effet extrêmement rapidement p.ex. dans le cas d’un
infarctus, prendre un médicament par voie orale n’est pas la meilleure solution car cela va prendre du
temps et en plus il sera métabolisé par le système hépatique. Lorsqu’on veut agir vite, on va prendre
des médicaments par voie sublinguale qui va permettre la distribution via le système veineux qui va
permettre d’atteindre le cœur (et en particulier les coronaires qui sont bouchées et qui ont donc
justifié l’infarctus) plus rapidement et sans être métabolisé par le foie. On évite donc l’effet de premier
passage hépatique.
- Le glucose va également, à cause de ce système porte, arriver au niveau du foie avant d’atteindre la circulation
systémique. Il va être stocké de façon à limiter la quantité de glucose qui circule. Une quantité trop importante
de glucose peut être toxique pour les cellules endothéliales.

Le sang descend le long d'un gradient de pression (ΔP).


- Le sang ne circule que d’une région de haute pression vers
une région de basse pression.
o Le sang ne peut circuler que si une région
développe une pression plus élevée que les autres
régions.
- Chez l'homme, le cœur crée une pression élevée lorsqu'il se
contracte.
o Lorsque le cœur se contracte, il exerce une pression
de 120 mm Hg sur le sang.
o Cette contraction (appelée systole) est suivie d’une
phase de relaxation. La pression redescend à 80
mm Hg
o En moyenne, il y a une pression de 93 mm Hg. Ce chiffre est obtenu parce qu’on considère qu’entre
la systole (120 mm Hg) et la diastole (relâchement, 80 mm Hg), sachant que le cœur passe 2/3 de son
temps dans un état plutôt relâché et 1/3 de son temps dans un état contracté, on est plus proche des
80 que des 120. [80 + 1/3*(120 – 80) = 93 mm Hg]
o Ces 93 mm Hg sont ce qu’on appelle, la pression artérielle moyenne, autrement dit, la pression
sanguine à la sortie du cœur.
- Lorsque le sang circule dans le système, la pression est perdue en raison de la friction (= résistance) entre le
sang et les parois des vaisseaux.
o Lorsqu’on arrive dans les veinules et dans les veines, on a une pression qui est de l’ordre de 10 mm
Hg, voire plus faible lorsqu’on arrive dans les veines caves qui ramènent le sang du côté droit du cœur.
o Il va donc falloir trouver des moyens pour aider, mécaniquement, le sang à retourner vers le cœur.
 Pour permettre au sang de remonter vers le cœur, à l’encontre de
la gravité, on a besoin de pression. Cette pression n’est plus
vraiment présente vu qu’on est redescendu à ± 10 mm Hg et c’est
pour ça qu’il y a des sortes de petites valves qui vont permettre au
sang qui remonte de pouvoir retrouver des petits réceptacles qui
vont aider le sang qui progresse à ne pas retomber de là où il vient.
Ces petites valves sont un des moyens qui permettent au sang
veineux de progressivement remonter vers le cœur.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Transport = fonction primaire du système cardiovasculaire
Le transport est la fonction primaire du système cardiovasculaire.

1. Matières entrant dans le corps


- L’oxygène est transporté des poumons vers toutes les
cellules de l’organisme de manière à leur apporter l’oxygène
qui est nécessaire à leur métabolisme.
- Les nutriments et l’eau (tout ce que vient du tractus
intestinal) qui vont pouvoir, grâce au système porte, arriver
au niveau systémique.
2. Matières allant de cellule en cellule
- Les déchets métaboliques qui sont produits par les cellules
(CO2, le lactate, déchets issus du métabolisme spécifique de
certaines cellules, …) retournent vers le foie pour être
métabolisé/transformés/détoxifiés
- Les cellules immunitaires, les anticorps ou protéines de
coagulation sont présents dans le sang en permanence et
vont pouvoir, en fonction des besoins, être délivrées dans les régions à traiter grâce au sang.
- Les hormones, qui se distribuent dans l’organisme au départ des glandes qui les ont sécrétées,
exploitent le sang pour avoir un effet systémique.
- Les nutriments stockés sont également véhiculés grâce au sang.
3. Matières quittant le corps
- Les déchets métaboliques sont expulsés via les reins.
- La chaleur peut également être évacuée grâce au sang qui est au niveau cutané. Lorsqu’on dilate les
capillaires au niveau cutané, on augmente l’échange avec le milieu extérieur ce qui permet de perdre
de la chaleur.
- Le CO2 quitte le corps au niveau des poumons, c’est à nouveau le sang qui véhicule le CO2 vers les
poumons à partir des tissus qui ont respiré, qui ont produit du CO2.

S'il n'y a pas d'O2 dans le cerveau :


- Pendant 5-10 secondes → perte de conscience
- Pendant 5-10 minutes → dommages permanents

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
I. LE COEUR
1. Anatomie du cœur

On dit souvent que le cœur est à gauche, mais cette information est partiellement inexacte parce que le cœur est
assez central dans l’organisme, il se fait qu’il est orienté vers la gauche. La base du cœur est au niveau central et l’apex
(la pointe) du cœur est orienté vers la gauche.

La conséquence de ce cœur qui pointe vers la gauche est qu’il lui faut un petit peu plus de place à gauche qu’à droite,
cela impacte donc la taille des poumons. Le poumon gauche est un petit peu plus petit et comporte 2 lobes alors que
le poumon droit est un petit peu plus grand et comporte 3 lobes.

Une fine couche de liquide péricardique à l'intérieur du péricarde lubrifie la


surface externe du cœur lorsqu'il bat dans le sac.

Le liquide permet d’éviter les frottements entre le cœur et le tissu dans lequel
il se situe.

Le cœur lui-même est composé principalement de muscle cardiaque ou


myocarde, recouvert de fines couches externes et internes d'épithélium et de
tissus conjonctifs.

Les artères et veines coronaires traversent la surface des


ventricules, régulant l'apport sanguin au cœur.

Il faut concevoir le cœur comme une pompe, mais une


pompe avec des vaisseaux. L’aorte, avec la crosse aortique,
sort du ventricule gauche. Le sang va être distribué dans
l’organisme et va revenir au niveau de la veine cave pour
revenir au niveau de l’oreillette droite, puis dans le
ventricule droit. À partir du ventricule droit le sang par vers
les poumons, via l’artère pulmonaire, pour être réoxygéné.
Une fois oxygéné, le sang revient vers le cœur via la veine
pulmonaire au niveau de l’oreillette gauche.

Les vaisseaux qui démarrent au niveau de la crosse


aortique sont appelés les vaisseaux carotidiens, ils montent
vers la tête pour irriguer le cerveau.

D’autres vaisseaux extrêmement importants sont les vaisseaux (artères et veines) coronaires, ce sont les vaisseaux qui
irriguent le cœur. Le cœur a un besoin métabolique important, ce besoin est assuré par les coronaires. Lorsqu’ils se
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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
bouchent, lorsqu’ils voient leur lumière réduite (p.ex. dans un contexte d’athérosclérose), cela peut faire en sorte
qu’un patient va développer une angine de poitrine et in fine un risque d’infarctus par déficit de vascularisation du
cœur, l’empêchant de fonctionner correctement.

Le sang entre dans chaque ventricule par le haut de la chambre mais sort également par le haut ; en effet, au cours du
développement, le cœur embryonnaire tubulaire se tord sur lui-même.

Sur le plan fonctionnel, cela signifie que les ventricules doivent se contracter de bas en haut pour que le sang soit
expulsé par le haut.
Au niveau des ventricules, l’onde électrique arrive au niveau de l’apex et va remonter dans la profondeur du
ventricule, du bas vers le haut.

Les côtés gauche et droit du cœur sont séparés par le septum interventriculaire, de sorte que le sang d'un côté ne se
mélange pas avec le sang de l'autre côté.

Les deux côtés se contractent cependant de manière coordonnée : d'abord les oreillettes se contractent ensemble,
puis les ventricules se contractent ensemble.

Les muscles papillaires assurent la stabilité des chordae (= tendons), mais ils ne peuvent pas ouvrir ou fermer
activement les valves AV. Les valves se déplacent passivement lorsque le sang qui circule pousse sur elles.

Entre les oreillettes et les ventricules, on retrouve des valves, elles sont appelées valves auriculo-ventriculaires. Il y a
également des valves dans les vaisseaux qui quittent le cœur, notamment les valves aortiques et des valves au niveau
des artères pulmonaires.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021

Au moment de la contraction (systole), le ventricule va se contracter et va envoyer le sang au niveau de l’aorte. Pour
faire en sorte que le sang arrive dans l’aorte, mais ne reflue pas dans l’oreillette, on a besoin de la valve auriculo-
ventriculaire gauche, également appelée la valve mitrale. Elle est appelée mitrale parce qu’elle est formée en deux
parties (comme la mitre de Saint Nicolas).

Dans le ventricule gauche, on retrouve également des tendons qui vont maintenir la valve mitrale fermée, empêchant
le sang de remonter dans l’oreillette gauche. La seule possibilité pour le sang est de partir via la valve aortique.

Du côté droit la situation est identique, au moment de la contraction, la valve tricuspide reste fermée pendant que le
sang est éjecté du ventricule droit via la valve semilunaire pulmonaire qui va s’ouvrir.

Au moment de la relaxation (diastole), le cœur se relâche et le sang qui est de retour au niveau de l’oreillette va
pouvoir rentrer dans le ventricule qui n’est plus contracté.

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P.ex. du côté gauche, il y avait une résistance au fait que le sang passe du ventricule vers l’oreillette, mais le passage
du sang (de par l’orientation des tendons) est possible lorsque la pression au niveau de l’oreillette est suffisamment
élevée. Le sang rentre dans le ventricule par la valve mitrale et l’oreillette va se contracter pour augmenter le plus
possible le volume éjecté.

Il faut à tout prix éviter que le sang parte directement dans l’aorte et surtout que le sang qui vient d’être éjecté
revienne dans le ventricule qui est en train de se relâcher. D’où l’intérêt des valves semilunaires qui seront fermées
par le sang qui retombe dans les cupules.

Les valves qui s’ouvrent et qui se ferment sont responsables des bruits du cœur. Les bruits correspondent au
fermetures successives des valves auriculo-ventriculaires suivies des valves semilunaires.

2. Cellules des muscles cardiaques


- Cellules autorythmiques, ou pacemakers (1% du myocarde) = propriété unique du cœur : sa capacité à se
contracter sans aucun signal extérieur
o Spécialisée pour générer des potentiels d'action spontanés
o Le signal de contraction est "myogénique" (provenant du cœur lui-même)
 On n’a pas besoin de motoneurones qui viennent former une jonction neuromusculaire, c’est
simplement d’autre types cellulaires qui viennent initier la contraction au niveau du cœur.
o Des fibres plus petites et moins contractiles que les cellules contractiles
o N'ont pas de sarcomères organisés, ne contribuent pas à la force contractile
- Cellules contractiles (99% du myocarde)
o Fibres striées organisées en sarcomères

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Caractéristiques des cellules myocardiques (99%)
- Fibres beaucoup plus petites que celles des muscles squelettiques
- Habituellement, un seul noyau par fibre (contrairement aux muscles
squelettiques qui sont pour chaque cellule le fruit d’une fusion de
plusieurs cellules ensembles.
- Les disques intercalaires rejoignent les cellules voisines de bout en
bout
- Tubules T plus grands que ceux des muscles squelettiques et se
ramifiant à l'intérieur des muscles myocardiques
- Le réticulum sarcoplasmique est plus petit, ce qui montre que le
muscle cardiaque dépend en partie du calcium extracellulaire pour
se contracter (plutôt comme les cellules musculaires lisses)
- Les mitochondries occupent environ un tiers du volume cellulaire
d'une fibre musculaire, ce qui reflète la forte demande énergétique
de ces cellules
- Les muscles cardiaques consomment 70 à 80 % de l'O2 qui leur est délivré par le sang, soit plus du double des
quantités extraites par les autres cellules du corps. Pendant les périodes d'activité accrue, le cœur utilise
presque tout l'O2 qui lui est apporté par les artères coronaires. Par conséquent, la seule façon d'apporter plus
d'O2 au muscle cardiaque en exercice est d'augmenter le flux sanguin et donc de dilater le coronaires pour
qu’il y ait plus de sang qui passe et plus d’oxygène qui puisse être délivré.

Disques intercalaires
Disques intercalaires = jonctions cellulaires constituées de membranes interdigitées, à 2 composantes :
- Desmosomes = liens solides qui relient les cellules adjacentes entre elles, permettant de transférer la force
créée dans une cellule à la cellule adjacente
- Gap junctions = structures qui relient électriquement les cellules du muscle cardiaque entre elles, permettant
aux ondes de dépolarisation de se propager rapidement de sorte que toutes les cellules du muscle cardiaque
se contractent presque simultanément
o Les gap junctions laissent passer des ions ainsi que des nucléotides entre les différentes cellules (ex :
le sodium qui entre dans la cellule A va pouvoir passer dans la cellule B et justifier une dépolarisation
membranaire qui va ainsi pouvoir être conduite de cellule en cellule grâce au gap junctions).

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3. Couplage excitation-contraction cardiaque (EC)


- Dans le muscle cardiaque comme dans le muscle squelettique, un potentiel d'action déclenche le couplage EC
mais dans le cœur, il prend naissance spontanément dans les cellules pacemakers et se propage dans les
cellules contractiles par des gap junctions ( ≠ Ach des motoneurones somatiques dans le muscle squelettique)
o Chacun des deux types de cellules du muscle cardiaque a un potentiel d'action distinct.

- L'entrée du calcium est une caractéristique clé du couplage EC cardiaque. Ce processus est appelé "calcium
induced calcium release" (CICR). Notez qu'après la contraction, le calcium est transporté de nouveau vers le
réticulum sarcoplasmique (via la SERCA) mais est également retiré de la cellule via l'échangeur Na+,Ca2+- (NCX)
o Les canaux calciques voltage-dépendants localisés au niveau des tubules T vont s’ouvrir
(contrairement à ce qu’il se passe au niveau du muscle squelettique), une partie du calcium
extracellulaire va rentrer dans la cellule et va favoriser la libération de calcium au niveau du réticulum
sarcoplasmique. Plus on a de calcium libéré, plus on aura une contraction cardiaque importante.
o Le calcium va retourner dans le réticulum sarcoplasmique en fin de contraction pour justifier la
relaxation, mais vu qu’il y a également du calcium qui provient de l’extérieur de la cellule, il est
nécessaire de la ramener à l’extérieur via l’échangeur sodium-calcium.
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- La contraction du muscle cardiaque peut être graduée (c'est-à-dire que la fibre varie la quantité de force
qu'elle génère) [dans le muscle squelettique, la contraction d'une seule fibre est tout ou rien].
o La force générée est proportionnelle au nombre de ponts transversaux actifs, lui-même déterminé par
la quantité de Ca2+ liée à la troponine
o La longueur initiale du sarcomère (au début de la contraction) influence la force de contraction.
 Dans un cœur intact, l'étirement des fibres individuelles est fonction de la quantité de sang
dans les cavités du cœur. La relation entre la force et le volume ventriculaire est un élément
important de la propriété de la fonction cardiaque ; voir ci-dessous)
 Plus le ventricule est remplis de sang, plus les cellules contractiles seront étirées, plus
la contraction qui va s’en suivre va être importante (loi de Starling).

On se trouve ici dans le cas des cellules contractiles (99%).

1. La dépolarisation d’origine a été initiée par les cellules pacemakers. Cette dépolarisation arrive au niveau de
la membrane et entraine une inversion de la polarité.
2. Cette dépolarisation va permettre l’ouverture des canaux calciques voltage-dépendants (VDCC) également
appelés les canaux calciques de type L.
3. Le calcium extracellulaire qui rentre dans la cellule va activer certaine récepteurs à la ryanodine (qui ne sont
rien d’autre que des canaux calciques au niveau du RS).
o La différence avec le muscle squelettique : Avec le muscle squelettique on a une association
« physique » entre le VDCC et le RyR. Ici, le VDCC s’ouvre, le calcium rentre et c’est le calcium qui vient
initier la libération de calcium au niveau du RS (CICR).
4. On parle d’étincelles de calcium puisque, plus on aura de calcium, plus on aura une contraction qui sera
importante.
5. La somme des étincelles de Ca2+ crée un signal Ca2+.
6. Les ions Ca2+ se lient à la troponine et justifient une contraction.
7. La relaxation a lieu lorsque le Ca2+ se dissocie de la troponine.
8. Le Ca2+ retourne dans le réticulum sarcoplasmique grâce à la SERCA (pompe).

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
9. Vu qu’il y avait du calcium qui provenait de l’extérieur de la cellule, il faut également expulser le calcium qui
est dissocié de la troponine à l’extérieur de la cellule grâce à l’échangeur sodium-calcium. Le calcium va être
expulsé contre son gradient de concentration, on a donc besoin d’énergie (cette énergie ne vient pas de l’ATP,
mais du gradient en sodium).
10. Le gradient de sodium qui fait fonctionner le NCX est maintenu grâce au fonctionnement de la Na+, K+-ATPase.

Dans le muscle squelettique, la dépolarisation est créée par une entrée de sodium et la repolarisation est crée par une
sorte de potassium. Ici le profil du potentiel d’action est un peu différent ; on a bien une dépolarisation due au sodium
qui rentre dans la celle, on a également une phase de repolarisation qui est dépendante du potassium qui va sortir de
la cellule, mais entre les deux on a un plateau. Ce plateau est la caractéristique du potentiel d’action des cellules
contractiles.

Le plateau est essentiellement du au rôle du calcium (ce qui n’est pas le cas dans le muscle squelettique). Le calcium
qui est impliqué dans la contraction est aussi un ion chargé positivement, à partir du moment où cet ion va rentrer
dans la cellule, on va faire rentrer des charges positives. Au même moment, on a les canaux potassiques qui s’ouvrent
(un peu plus tardivement par rapport aux canaux sodiques) et le potassium va sortir de la cellule. On a donc un ion
chargé positivement qui sort de la cellule et un ion chargé positivement qui entre dans la cellule, ceci fait en sorte
qu’on a une sorte d’équilibre des charges positives qui rentrent et qui sortent de la cellule. Cela crée un maintien de
la dépolarisation pendant environ 200-250 msec.

Au niveau du muscle cardiaque, il faut distinguer les canaux potassiques rapides et les canaux potassiques lents. En
bleu, on voit les fluctuations de la perméabilité au potassium à travers les canaux rapides, qui sont les premiers à
s’ouvrir et à laisser sortir le potassium, ces canaux vont se refermer à la fin du plateau. Au même moment (ou presque),
les canaux potassiques lents vont s’ouvrir et se refermer plus tardivement.

Si on veut faire une comparaison du muscle cardiaque avec le muscle squelettique :


- Les canaux sodiques voltage-dépendants s’ouvrent selon le même principe, cela aboutit à la dépolarisation
- L’ouverture des canaux potassiques lents permet d’aboutir à la repolarisation (comme dans le muscle
squelettique)
- La différence du muscle cardiaque et du muscle squelettique vient du calcium, qui va contribuer au plateau,
au même titre que certains canaux potassiques rapides qui justifient qu’on a un équilibre vu qu’il y a des
charges positives qui rentrent et qui sortent.

L'afflux de calcium pendant la phase 2 allonge la durée totale du potentiel d'action du myocarde, qui dure
généralement 200 msec ou plus (contre 1-5 msec dans les neurones et les muscles squelettiques).

Le plateau évite qu’un deuxième potentiel d’action apparaisse avant que le cœur n’ai eu le temps de se relâcher.
L'allongement du potentiel d'action du myocarde permet d'éviter une contraction soutenue appelée tétanos
(qui serait fatale si elle se produisait dans le cœur).

La prévention du tétanos est importante car le muscle cardiaque doit se détendre entre les contractions pour que les
ventricules puissent se remplir de sang !!!

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Pas de tétanos dans le muscle cardiaque
Rappel

Dans le muscle squelettique, on a un potentiel d’action qui dure quelques millisecondes et une contraction qui peut
être plus ou moins longue selon la fibre musculaire sollicitée (fibre rapide : 10 ms, fibre lente : 100 ms).

L’augmentation de la tension musculaire ne provient pas de la sommation des potentiels d’action, mais d’une
augmentation de leur fréquence. Plus la fréquence des potentiels d’action est élevée, plus il y aura de phases
d’initiation de la contraction avant même que la cellule musculaire n’ai eu le temps de se relâcher complètement.
C’est le processus du tétanos qui permet finalement d’atteindre la tension musculaire maximale jusqu’au moment où
le muscle ne se fatigue.

Muscle cardiaque

Au niveau du muscle cardiaque, il est impossible d’additionner des secousses musculaires et c’est surtout interdit, sans
quoi, on aurait un cœur/un ventricule qui se contracte alors qu’il n’a pas eu le temps de se relâcher. C’est justement
pendant cette période de relaxation que le ventricule se remplit.

Période réfractaire = le temps suivant un potentiel d'action pendant lequel un stimulus normal ne peut pas déclencher
un second potentiel d'action

Dans le cœur, le long potentiel d'action (courbe rouge) signifie que la période réfractaire (fond jaune) et la contraction
(-relaxation) (courbe bleue) se terminent presque simultanément.

Au moment où un deuxième potentiel d'action peut avoir lieu, la cellule myocardique s'est presque complètement
détendue. Par conséquent, aucune sommation ne se produit.

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Dans les cellules pacemakers on a une
dépolarisation membranaire qui va
justifier une dépolarisation franche qui
n’est pas due à des canaux sodiques
voltage-dépendants, mais bien à des
canaux calciques voltage-dépendants.
Ceci sera suivi d’une repolarisation grâce
à l’ouverture des canaux potassiques
voltage-dépendants.

Dans les cellules cardiaques


autorythmiques, le potentiel
membranaire est instable, il commence à
-60 mV et dérive lentement vers le seuil (on parle de potentiel pacemaker, plutôt que de potentiel de repos, car il ne
"repose" jamais à une valeur constante).

Ces cellules contiennent des canaux qui sont différents de ceux des autres tissus excitables. À -60 mV, les canaux qui
sont perméables à la fois au K+ et au Na+ s'ouvrent, ils ont été baptisés les canaux If. Les canaux If appartiennent à la
famille des canaux activés par l'hyperpolarisation des nucléotides cycliques (HCN).

L'afflux de Na+ dépasse l'efflux de K+ : l'afflux net de charge positive dépolarise lentement les cellules autorythmiques,
vu qu’il y a donc plus de charges positives qui rentrent dans la cellule que de charges positives qui sortent de la cellule
(semblable à ce qui se passe dans la jonction neuromusculaire lorsque des canaux cationiques non spécifiques
s'ouvrent).

- Le potentiel membranaire de repos au niveau des cellules contractiles se trouve aux alentours de -90 mV, celui
des cellules pacemakers se trouve autour de -60 mV.
o Ceci prouve que les cellules pacemakers, constitutivement, ne sont pas des cellules contractiles, ce
sont des cellules qui ont évolué (elles n’ont quasiment pas de fibres contractiles, elles ne se
contractent donc pas, mais elles sont là pour initier le potentiel). Elles ont leurs propres canaux ; c’est
p.ex. l’entrée du calcium qui est responsable de la phase de dépolarisation, alors qu’au niveau des
cellules contractiles, c’est l’entrée du sodium qui est responsable de la phase montante du potentiel
d’action.

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- La communication de cellule en cellule se fait grâce au gap junctions chez les cellules contractiles et se fait
grâce au courant If chez les cellules pacemakers.
- Pour la phase de repolarisation, on a du potassium dans les deux cas, mais au niveau des cellules contractiles,
on a du calcium qui justifie une repolarisation très progressive tant que son taux reste élevé dans la cellule
cardiaque (± 200 msec). Une fois que le calcium intracellulaire revient à sa valeur initiale (10-7 M), on a une
repolarisation par les canaux potassiques qui peut avoir lieu.
- Il n’y a pas d’hyperpolarisation au niveau des cellules contractiles, on ne peut pas aller plus pas que -90 mV
(potentiel d’équilibre du potassium). Au niveau des cellules pacemakers, il n’y a pas d’hyperpolarisation
puisque les canaux If sont des canaux activés par l’hyperpolarisation. Dès qu’on arrive à -60 mV, ces canaux
s’ouvrent pour permettre la dépolarisation spontanée.
- Le potentiel d’action des cellules contractiles dure environ 200-250 msec. Celui des cellules pacemakers, dure
généralement 150 msec. Même si on peut accélérer la fréquence cardiaque en accélérant la dépolarisation
spontanée, dans les faits, c’est la cellule contractile qui déterminera la maximum possible (240 contractions
par minute) puisque le temps nécessaire pour une contraction-relaxation est de 250 msec.
- La période réfractaire des cellules contractiles est assez longue et implique le calcium. Les cellules pacemakers
n’ont pas de période réfractaire significative puisque les canaux If ne sont pas activés par la dépolarisation,
mais par l’hyperpolarisation, ces courant ne sont donc pas sous le contrôle d’une dépolarisation, mais d’AMPc,
ce sont donc des canaux très différents. On considère qu’il n’y a pas de période réfractaire.

4. Conduction cardiaque

Tout démarre au niveau des cellules pacemakers, les 1% 1. Les cellules pacemakers se trouvent au niveau du
de cellules avec une dépolarisation spontanée qui ont un nœud sino-auriculaire (SA). C’est là que la
profil de potentiel d’action très particulier grâce au transmission du signal est initiée. Le nœud SA est
courants If qui sont suivis d’une augmentation de appelé comme ça parce qu’on a affaire à une onde
perméabilité au calcium. sinusoïdale et qu’il se trouve au niveau des
Ces cellules pacemakers vont permettre à l’onde oreillettes. C’est à cet endroit que va démarrer une
électrique de démarrer et de passer dans les cellules onde électrique.
contractiles. 2. L’onde électrique se propage d’abord vers les
Les cellules contractiles ont également un profil oreillettes droite et gauche. Ensuite, elle se
particulier au niveau du potentiel d’action. propage via les voies internodales pour atteindre le
- On a d’abord une augmentation de perméabilité nœud auriculo-ventriculaire (AV).
au sodium, puis un plateau (dû à l’augmentation 3. Au niveau du nœud AV, l’onde ne rentre pas dans
de perméabilité au calcium) et puis une les ventricules, mais elle va être emmenée vers
repolarisation justifiée par des canaux l’apex.
potassiques lents et rapides.
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L’onde passe des cellules pacemakers au premières 4. L’onde est emmenée vers l’apex via le système de
cellules contractiles via les gap jonctions (canaux qui His-Purkinje. Ce système permet à l’onde
permettent la communication entre le cytosol des électrique de passer au niveau du septum
cellules pacemakers et des cellules contractiles). Ce sont (séparation du ventricule gauche et droit).
les ions positifs qui passent par ces gap jonctions et qui 5. C’est uniquement lorsque l’onde a atteint l’apex
sont donc à l’origine de cette dépolarisation. Le potentiel qu’elle va pouvoir remonter, mais cette fois-ci dans
de repos va passer de -90 mV à -85 mV, ceci est le seuil la profondeur des ventricules. Ce qui permet donc
auquel les canaux sodiques voltage-dépendants des au ventricules de se contracter en commençant par
cellules contractiles vont s’ouvrir. le bas.
Une fois qu’il est initié, le potentiel d’action passe de
cellule en cellule via les disque intercalaires.

Lorsque les potentiels d'action se propagent dans les L'éjection du sang des ventricules est facilitée par la
oreillettes, ils rencontrent le squelette fibreux du cœur à la disposition en spirale des muscles de la paroi.
jonction des oreillettes et des ventricules. Lorsque ces muscles se contractent, ils rapprochent
Cette barricade empêche le transfert des signaux l'apex et la base du cœur, ce qui fait sortir le sang par les
électriques des oreillettes vers les ventricules. Par ouvertures situées au sommet des ventricules
conséquent, le nœud AV est la seule voie par laquelle les
potentiels d'action peuvent atteindre les fibres contractiles
du ventricule.
Cela fait en sorte que les ventricules ne se contractent pas
du haut vers le bas.
Ceci est nécessaire puisque le sang est pompé hors
des ventricules par des ouvertures au sommet des
chambres.
Une deuxième fonction du nœud AV est de ralentir
légèrement la transmission des potentiels d'action. Ce
retard permet aux oreillettes de terminer leur contraction
avant la contraction ventriculaire commence.

Les pacemakers règlent le rythme cardiaque


- Noeud sino-auriculaire (SA)
o Fixe le rythme des battements du cœur à 70 bpm
o En cas de dommage, des cellules pacemakers plus lentes peuvent prendre le relais
 Nœud AV (50 bpm)
 Fibres de Purkinje (25-40 bpm)
o Le plus rapide, donc le leader
 Il n’y a pas de raison que le nœud AV ou les fibres de Purkinje donnent la cadence vu qu’ils
sont plus lent que le nœud SA.
- Bloc cardiaque complet = perturbation de la conduction des signaux électriques des oreillettes aux ventricules
par le nœud AV
o Le nœud AV prend le relais parce que le nœud SA ne fonctionne pas. On a donc une fréquence
cardiaque d’environ 50 bpm.

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o Fréquence de contraction des ventricules (35 bpm) < fréquence des oreillettes (70 bpm) ; peut
nécessiter le réglage artificiel du rythme cardiaque par un pacemaker implanté chirurgicalement
- Fibrillation (contraction désorganisée)
o Fibrillation auriculaire
 Souvent asymptomatique mais pouvant entraîner des conséquences graves telles qu'un
accident vasculaire cérébral, si elle n'est pas traitée.
 Si la fibrillation auriculaire s’accentue, c’est un peu comme si on augmentait le temps de
séjour du sang dans l’oreillette. Ceci n’est pas bon parce que ça va justifier la mise en place
d’un système de coagulation lié au fait que le sang ne soit pas dans son système de mobilité
habituelle. Ceci pourrait donc entrainer un AVC (au niveau du cerveau) ou un infarctus (au
niveau du cœur).
o La fibrillation ventriculaire
 Dans le cas d’une fibrillation ventriculaire, c’est l’éjection du sang vers la circulation
systémique et la circulation pulmonaire qui est atteinte.
 Urgence vitale immédiate, nécessite un choc pour créer une dépolarisation qui déclenche des
potentiels d'action dans toutes les cellules simultanément, en les coordonnant à nouveau.

L'électrocardiogramme
Enregistrement de l'activité électrique du cœur par le placement d'électrodes à
la surface de la peau est possible car les solutions salines comme le liquide
extracellulaire à base de NaCl, sont de bons conducteurs.

L'ECG montre la somme de l'activité électrique générée par toutes les cellules du
cœur.

Walter Einthoven a enregistré le premier ECG en 1887.

Triangle d’Einthoven
Les électrodes ECG fixées aux deux bras et à la jambe forment un triangle. Chaque paire de deux électrodes constitue
une dérivation, avec une électrode positive et une électrode négative. La localisation de ces dérivations permet de
suivre des modifications dans le trajet de l’onde électrique. Un ECG est enregistré à partir d'une dérivation à la fois.

On est capable, au niveau de la peau, de détecter une onde électrique qui se propage au niveau cardiaque (de manière
atténuée). On va suivre la direction de l’onde électrique.

En fonction de la localisation de la dérivation, la résultante de l’onde électrique va nécessairement à un moment


pointer dans une direction. Si elle va plutôt vers la droite, de - → +, on va voir une augmentation de ce qu’on va pouvoir
détecter grâce à cette dérivation.

Si à l’inverse, l’onde électrique qui est en train de parcourir le cours va plutôt de la droite vers la gauche, on va voir
une détection vis-à-vis de cette dérivation qui va dans l’autre sens.

Si l’onde électrique se déplace perpendiculairement à cette dérivation, il n’y aura pas d’inflexion de la mesure du
voltage détectée au niveau extracellulaire.
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Aujourd'hui, l'ECG à 12 dérivations est la norme pour une utilisation


clinique (rapide, indolore et non invasive).

On mesure le trajet du potentiel d’action pour chacune des dérivations.


Ensuite, toutes ces dérivations sont sommées pour donner le tracé qui
se trouve dans le bas de l’image.

ECG ≠ potentiel d'action unique


- ECG = enregistrement extracellulaire qui représente la somme
de plusieurs potentiels d'action
- Amplitude du signal = 1 mV (réduite par le temps que le
potentiel d'action (110 mV) atteint la surface du corps)
- L'orientation de l'ECG n'est pas indicative d'une dépolarisation
ou d'une repolarisation. La direction du tracé de l'ECG reflète
uniquement la direction du flux de courant par rapport à l'axe
de la dérivation.

- Le potentiel d'action de cette cellule ventriculaire est un


enregistrement intracellulaire réalisé en plaçant une
électrode à l'intérieur de la cellule et une électrode de masse
à l'extérieur de la cellule.
- Le potentiel d'action a une amplitude beaucoup plus grande
car il est enregistré près de la source du signal.
- Une déviation vers le haut représente une dépolarisation et
une déviation vers le bas représente une repolarisation.

ECG : ondes et segments


- Ondes = déviations au-dessus ou au-dessous de la ligne de base
- Segments = sections de la ligne de base entre deux vagues
- Intervalles = combinaisons d'ondes et de segments

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- Vague P : Premier signal électrique qui représente le premier évènement qui à lieu au niveau du cœur,
notamment la dépolarisation de l’oreillette. Cette vague P va aboutir à la dépolarisation du ventricule qui a
lieu un petit peu plus tard.
- Complexe QRS : Le complexe QRS représente la dépolarisation du ventricule.
- Vague T : La vague T correspond à la repolarisation du ventricule.
- La repolarisation de l’oreillette n’est pas représentée parce qu’elle à lieu au moment de la dépolarisation du
ventricule. La dépolarisation du ventricule est un phénomène électrique tellement important qu’il « masque »
le signal de la repolarisation de l’oreillette.
- L’intervalle QT reflète le fonctionnement du ventricule parce que cela intègre à la fois la dépolarisation et la
repolarisation du ventricule.

Traçage de l'ECG

1. Sur l’ECG numéro 1, on peut voir qu’il y a eu 12 battement en 10 secondes ce qui fait un rythme cardiaque de
72 battements par minute. On voit également la vague T, le complexe QRS et la vague T qui se répètent à
chaque battement.
2. On retrouve une situation de block. Comment peut-on voir qu’il s’agit d’un bloc ? Ceci est visible au fait que
l’onde T n’est pas nécessairement suivie par le complexe QRS. On a deux voire trois ondes P avant d’avoir un
complexe QRS. Cela veut donc dire que l’oreillette se dépolarise plus fréquemment que le ventricule. Le block
signifie donc quelque chose d’anormal ; ici on peut suspecter un problème au niveau du nœud SA, le nœud
AV va prendre le relais. Ceci est d’ailleurs visible au fait qu’on a 6 battements en 10 sec, ce qui veut dire que
le cœur bat à 36 bpm.
Le cœur fonctionne toujours, mais il y a une dysfonction au niveau de l’oreillette.
3. Fibrillation auriculaire ; On aperçoit les ondes QRS, mais l’onde P n’est pas clairement visible, ceci signifie donc
que l’oreillette est en train de se contracter à une fréquence trop élevée. Ceci n’a pas trop d’impact sur la

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capacité du ventricule à se contracter, ce qui fait en sorte que cette pathologie est asymptomatique, mais cela
pourrait engendrer des problèmes de coagulation et donc de stroke.
4. On voit clairement que rien ne va, on a affaire à une fibrillation ventriculaire, ceci met en péril la vie du patient.

- Tachycardie = Le cœur bat plus vite que la normale.


- Bradycardie = Le cœur bat plus lentement que la normale.
- Arythmie/Dysrythmie = Le rythme cardiaque est irrégulier.
- Block cardiaque = Il y a plusieurs onde P qui se suivent sans qu’il n’y ait d’initiation de complexe QRS. Cela ne
bloque pas le fonctionnement du cœur, mais cela fait référence à un perturbation de la conduction d’une onde
électrique. Le nœud AV peut prendre le relais du nœud SA et permettre au patient d’avoir une vie presque
normale, pour autant qu’il ne soit pas impliqué dans des activités physiques trop demandeuses d’énergie et
donc d’une augmentation de la fréquence cardiaque trop élevée.
- Syndrome Long QT = Il y a un allongement de l’espace entre le moment Q et la fin de l’onde T. Ceci crée le
risque qu’un complexe QRS apparaisse alors que le cœur n’est pas encore complètement repolarisé. Cela
induit donc le risque de faire un QRS sur un T. Cela donne un ECG en forme de torsade de pointe. Cette
situation peut être induite par des médicaments ; certains médicaments peuvent induire des problèmes
extrêmement graves au niveau cardiaque, même s’ils ne sont pas spécifiquement prescrits dans le cadre d’une
maladie cardiaque (comme les antihistaminiques p.ex.).

5. Cycle cardiaque
Chaque cycle cardiaque comporte deux phases :
- Diastole = temps pendant lequel le muscle cardiaque se détend
- Systole = temps pendant lequel le muscle cardiaque se contracte
- Les oreillettes et les ventricules ne se contractent pas et ne se détendent pas en même temps. Il y a d’abord
une contraction des oreillettes avant la contraction des ventricules.

Règles hydrauliques :
- Le sang s'écoule de la zone de haute pression à celle de basse pression
- La contraction augmente la pression tandis que la détente la diminue
- Le côté gauche du cœur crée une pression plus élevée que le côté droit qui envoie le sang par le circuit
pulmonaire qui est plus court que le circuit systémique. Sur les 5l de sang qui se déplacent dans l’organisme
chaque minute, on a la même quantité qui est pompé par le cœur droit et le cœur gauche, mais vu que la
circulation pulmonaire est moins longue que la circulation systémique, le sang revient plus vite dans le cœur.

Bruits du cœur (Lub-Dup !) :


- Premier son S1 = vibration suite à la fermeture des valves AV .... Lub !
- Deuxième son S2 = vibration suite à la fermeture des valves semi-lunaires .... Dub !
o Le stéthoscope permet d'écouter le cœur à travers la paroi thoracique.
- Il y a également d’autre sons qu’on peut entendre (S3 + S4) qui sont dus à la turbulence occasionnée par le
remplissage des ventricules et des oreillettes.
- D’autre bruits appelés murmures indiquent une fuite au niveau d’une valve.

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On part du nœud SA, l’onde s’est propagée au niveau de l’oreillette et atteint le nœud AV qui permet la conduction à
travers le faisceau de His-Purkinje. Une fois arrivée au niveau de l’apex, l’onde va pouvoir remonter progressivement
dans les ventricules. À la fin de la repolarisation liée à l’onde T, on va avoir un moment avant qu’une nouvelle onde P
apparaisse.

L’onde P correspond à la dépolarisation de l’oreillette, le complexe QRS correspond à la dépolarisation du ventricule


et la repolarisation du ventricule correspond à l’onde T. La repolarisation de l’oreillette à lieu au niveau du Q, mais elle
est masquée par la dépolarisation du ventricule.

Les oreillettes se contractent à la fin de l’onde P, ceci est dû à la petite latence entre le signal électrique et la mise en
place de la contraction. De la même façon que la contraction du ventricule apparait à la fin du complexe QRS.

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1. On se trouve à la fin de la diastole, à la fin de la relaxation des oreillettes. La sang arrive dans les oreillettes
gauche et droite. Vu que les oreillettes sont localisées au-dessus des ventricules, la gravité permet au sang de
rentrer naturellement dans les ventricules.
2. La systole/contraction auriculaire justifie que 20% du sang rentre dans les ventricules. 80% vient de la gravité
et 20% vient de la contraction de l’oreillette.
3. La sang qui se trouve dans les ventricules va devoir être éjecté. On parle ici d’une contraction isovolumique, il
y a une augmentation de la pression sans pour autant que le volume ne change (le volume dans les ventricules
est d’environ 135 ml). La contraction des ventricules va avoir comme conséquence la fermeture des valves
auriculo-ventriculaires. Ceci constitue le premier bruit du cœur (LUB). La pression va augmenter de plus en
plus pour atteindre une valeur supérieure à la pression qui se trouve dans l’aorte et l’artère pulmonaire.
4. En augmentant la pression dans les ventricules, on va à un moment dépasser la pression dans les vaisseaux,
ceci justifie qu’une partie du sang s’échappe via ces vaisseaux. Le sang qui entre dans les vaisseaux représente
environ 70 ml des 135 ml de départ. Ces 70 ml viennent déplacer le sang qui se trouvait dans les vaisseaux, le
sang se déplace donc par à-coups de 70 ml.
5. On observe ensuite une relaxation ventriculaire isovolumique, il reste 65 ml dans les ventricules à la fin de la
contraction et ce volume ne va pas changer pendant la relaxation. La diminution de pression dans le ventricule
à cause de la relaxation entraine le risque que le sang qui est dans l’aorte et dans l’artère pulmonaire retombe
dans les ventricules. D’où l’intérêt d’avoir les valves semilunaires aortiques et pulmonaires dont les cupules
seront remplies grâce au sang qui retombe. Ceci constitue le second bruit du cœur (DUB).

Courbes pression-volume
Passer de A à B, C, D et revenir à A représente le temps qui passe alors que le cœur se remplit de sang puis se contracte.

EDV = Volume diastolique final (= volume max. de sang = 135 ml) → point B
ESV = Volume systolique final (= sang restant dans le cœur = 65 ml) → point D

A → B : Pression auriculaire > Pression du ventricule, les valves mitrales s'ouvrent (point A), le sang auriculaire circule
dans le ventricule, le volume du ventricule augmente mais la pression reste constante, puis avec la contraction
auriculaire (A' → B), la pression augmente un peu.

B → C : Contraction ventriculaire, la valve mitrale se ferme, de sorte que le sang n'ai nulle part où aller et la pression
augmente (isovolumique)

C → D : Pression ventriculaire > pression de l'aorte, les valves aortiques


s'ouvrent (point C), la pression continue d'augmenter à mesure que le
ventricule se contracte, mais le volume diminue lorsque le sang est
expulsé dans l'aorte

D → A : Le ventricule se détend, la pression ventriculaire diminue,


lorsque la pression ventriculaire < pression aortique, la valve semi-
lunaire se ferme, le sang n'a nulle part où aller, la relaxation
ventriculaire continue (isovolumique)

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Courbe rouge (pression dans le ventricule) :
- La pression dans le ventricule est très basse (± 10 mm
Hg).
- On voit une petite augmentation de la pression
lorsque l’oreillette se contracte (après l’onde P).
- Après le complexe QRS, on voit une grande
augmentation de la pression dans le ventricule vu que
c’est à ce moment qu’il se contracte. La pression
monte jusqu’à 80 mm Hg, ce qui correspond à la
pression résiduelle dans l’aorte.
- La pression dans le ventricule devient supérieure à
celle dans l’aorte et une partie s’engouffre dans
l’aorte.
- La pression rediminue après la repolarisation (et donc
la relaxation) du ventricule et retourne vers sa valeur
de base.

Courbe noire (pression dans l’aorte) :


- Lors de la contraction du ventricule, on voit que la
pression dans l’aorte va augmenter vu que le volume
qui se trouvait dans le ventricule est en train d’être
injecté dans le vaisseaux.
- Lorsque que le ventricule se relâche, la pression dans l’aorte diminue. Le sang retombe dans les cupules de la
valve aortique et la ferme.
- Ensuite, la pression dans l’aorte diminue progressivement. L’énergie potentielle qui est liée à l’augmentation
du volume de sang dans l’aorte va pouvoir être transformée et l’élasticité de l’aorte fait que progressivement,
le sang va pouvoir progresser un peu plus loin dans la crosse aortique et au-delà, justifiant une réduction de
pression dans l’aorte, mais sans jamais retomber à 0.

Courbe bleue (pression dans l’oreillette) :


- La pression dans l’oreillette augmente après l’onde P
- Ensuite, l’oreillette se trouve dans sa phase de relaxation jusqu’à ce qu’elle soit à nouveau impliquée dans une
phase de contraction.
- Il y a certaines fluctuations qui s’expliquent par l’impact de la pression sur le ventricule qui influence
l’oreillette.

Le volume dans le ventricule augmente au moment de la contraction de l’oreillette pour atteindre 135 ml. Lors de la
contraction du ventricule, on redescend jusqu’à 65 ml. Ensuite, le volume augmente progressivement lors de la
relaxation du ventricule grâce à la gravité pour atteindre 80% de la contenance totale du ventricule, les derniers 20%
y seront ajoutés grâce à la contraction de l’oreillette.

EXAMEN : Savoir expliquer exactement à quel moment les différentes valves s’ouvrent et se ferment !

i. Fermeture de la valve mitrale (LUB !)


ii. Ouverture de la valve aortique
iii. Fermeture de la valve aortique (DUB !)
iv. Ouverture de la valve mitrale

6. Volume d’éjection, fréquence cardiaque et débit cardiaque


- VFS ou volume de fin de systole (volume de sang après contraction) (ESV en Anglais)
o 65 ml
o Marge de sécurité ; avec une contraction plus forte, le cœur peut diminuer sa VFS
- VFD ou volume de fin de diastole (volume de sang avant contraction) (EDV en Anglais)
o 135 ml
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- SV ou stroke volume (volume de sang pompé par un ventricule lors d'une contraction)
o VFD - VFS = SV (135 - 65 = 70 ml, plus exactement "ml par battement")
o Peut augmenter jusqu'à 100 ml pendant l'exercice
- FC ou fréquence cardiaque (battements par minute) (HR en Anglais)
o Cœur au repos moyen : 70 bpm (plus élevé chez les enfants que chez les adultes)
o Athlètes entraînés au repos : 50 bpm
o Quelqu'un d'excité ou d'anxieux : >125 bpm
- CO ou débit cardiaque (cardiac output) (volume de sang pompé par un ventricule dans une période donnée)
o CO = FC × SV
o CO moyen = 5 L/min (72 bpm x 70 mL/battement)
 Une goutte de sang qui quitte le ventricule gauche via l’aorte mettra un peu moins d’une
minute pour revenir au cœur au niveau du ventricule droit.
 Une goutte de sang qui quitte le ventricule droit va être plus rapidement de retour au niveau
de ventricule gauche (vu que la circulation pulmonaire est plus courte que la circulation
systémique). Elle mettra environ 12 sec, vu que le volume sanguin qui passe par la circulation
pulmonaire est environ égale à 1/5ème du volume sanguin qui passe par la circulation
systémique.
o Cela signifie que chaque minute, au repos, un côté du cœur pompe tout le sang du corps
o Le CO est le même pour les deux ventricules (s'il est mal adapté, le sang s'accumule dans la circulation
derrière le ventricule le plus faible)

La fréquence cardiaque est modulée par le système nerveux autonome


Le rythme cardiaque est initié par les cellules autorythmiques du nœud SA mais est modulé par les entrées neurales
et hormonales.

- La fréquence cardiaque est sous le contrôle du système nerveux autonome. La stimulation parasympathique
freine la fréquence cardiaque.
o La fréquence cardiaque est plus lente lorsqu’elle est stimulée par le système parasympathique que
lorsqu’elle est stimulée par le système orthosympathique.
o Si on coupe la stimulation para- et orthosympathique de cœur, il ne s’arrête pas de battre puisque ce
qu’il lui permet de battre sont les cellules pacemakers (1%) qui sont dotées d’une dépolarisation
spontanée. Par contre le cœur battra de 90 à 100 fois par minute, ceci signifie que le contrôle tonique
du cœur est dominé par la branche parasympathique.
 La fréquence cardiaque de 70 bpm est le résultats de la branche parasympathique qui freine
ce que le nœud SA peut délivrer (90-100 bpm).
- Deux moyens d'augmenter le rythme cardiaque :
o Réduire l'activité parasympathique en réduisant la quantité d’acétylcholine qui va stimuler des
récepteurs au niveau des cellules pacemakers.
o La stimulation de l'activité sympathique (activation du récepteur bêta-1 avec des catécholamines
conduisant à la production d'AMPc et à la liaison au canal cyclique à nucléotides If)

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Tracé gris :
- Tracé du potentiel d’action d’une cellule pacemaker avec la dépolarisation spontanée (de -60 à -40 mV) et puis
une forte dépolarisation suivie de la repolarisation.
- Les canaux If vont s’ouvrir suite à l’hyperpolarisation et se fermer au moment de la dépolarisation. Ils sont
modulés par les nucléotides cycliques et en particulier l’AMPc.
- À partir de la dépolarisation, des canaux calciques vont s’ouvrir.
- La repolarisation à lieu grâce à l’ouverture des canaux potassiques.

Peut-on impacter la vitesse ? Oui


- Tracé rouge
o La liaison de l’acétylcholine au récepteurs muscariniques cholinergiques des cellules autorythmiques
va avoir un impact sur certains canaux.
 L’efflux de potassium va augmenter et l’influx de calcium va diminuer, ceci induit une
hyperpolarisation.
 Dans le cas de l’hyperpolarisation, on va dans le sens opposé que ce qu’on voudrait. C’est
comme si on allait partir de plus bas et que la pente allait être beaucoup plus douce. Elle
atteindra le seuil des canaux calciques voltage-dépendants plus tardivement, ce qui freine
donc la fréquence cardiaque.
- Tracé bleu
o Lors de la stimulation des récepteurs β1-adrénergiques localisés au niveau des cellules
autorythmiques, on va impacter les canaux sodiques et les canaux calciques.
 L’influx de sodium et de potassium augmente, ceci induit une accélération de la
dépolarisation.
 Le temps pour atteindre le seuil de -40 mV est beaucoup plus court que dans la situation
normale. Ceci permet donc d’avoir plus de cycles de dépolarisation-repolarisation que dans la
situation normale.

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Stroke volume
directement liée à la force de contraction, elle-même affectée par 2 paramètres :
- La longueur de la fibre musculaire au début de la contraction (déterminée par l’EDV).
o Plus le volume de sang à l’intérieur du ventricule est élevé, plus le volume de fin de diastole est grand,
plus la contraction sera importante.
o Plus la fibre musculaire/sarcome est longue au début d'une contraction, plus la tension se développe
(loi de Frank Starling).
 Loi Frank-Starling (Otto Frank (allemand) et Ernest Starling (britannique))
 Plus la paroi ventriculaire s'étire, plus le volume d’éjection (stroke volume) augmente,
en d'autres termes, le stroke volume augmente avec l'augmentation de l’EDV
 L’EDV est déterminé par le retour veineux (= la quantité de sang qui entre dans le cœur à partir
de la circulation veineuse), lui-même affecté par 3 paramètres :
 Pompe des muscles squelettiques = compression des veines qui renvoient le sang au
cœur (en particulier dans les jambes ; aide lors de l'exercice mais pas d'assistance
pendant les périodes d'immobilité en position assise ou debout, ceci peut donner lieu
au développement de thromboses etc.).
 Pompe respiratoire = les pressions changent dans l'abdomen et le thorax pendant la
respiration (lorsque la poitrine se dilate et que le diaphragme se déplace vers
l'abdomen, la cavité thoracique s'agrandit et développe une pression
subatmosphérique qui diminue la pression dans veines thoraciques alors que la
pression augmente sur les veines abdominales)
 Innervation sympathique des veines = constriction des veines
 Précharge = degré d'étirement du myocarde avant le début de la contraction
o The Starling curve
 La force (tension) créée par un muscle strié est directement liée à la longueur initiale du
sarcomère.
a) En abscisse, on a le pourcentage du maximum de la longueur initiale du sarcomère.
La zone physiologique se trouve entre 80 et 100%. Sur l’axe des y, contrairement au
muscle squelettique où la tension à 80% de la longueur maximale est égale à 80% de
la tension maximale, le muscle cardiaque à seulement une tension égale à 20% de la
tension maximale à 80% de la longueur maximale du sarcomère.
o Les 20% supérieurs de la valeur maximale de la longueur du sarcomère, vont
pouvoir contracter le cœur de 20 à 100% de sa tension maximale.
b) Pour 135 ml de volume de fin de diastole, on a une force de 70 ml qui sont éjectés.
Lors d’un exercice, le volume d’éjection peut monter jusqu’à 100 ml, ce qui
correspond à un volume de fin de diastole égal à 160-170 ml.
o La loi de Frank-Starling permet d’expliquer s’il y avait un décalage dans le débit du ventricule gauche
par rapport au ventricule droit.
 Si le débit cardiaque est plus important dans le ventricule droit que dans le ventricule gauche,
ça veut dire que le volume de sang est plus important dans la circulation pulmonaire. S’il y a
plus de sang dans la circulation pulmonaire, ça veut dire qu’il y aura une augmentation du
retour veineux, le sang va passer dans l’oreillette et va ensuite se retrouver dans le ventricule
gauche. Ça veut dire qu’on va augmenter le volume de fin de diastole dans le ventricule
gauche, ce qui augmentera également le volume d’éjection du ventricule gauche.
 Une augmentation du débit cardiaque dans le ventricule droit à rapidement justifié une
augmentation de débit dans le ventricule gauche. Ceci permet de remettre les choses à
l’équilibre.

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- La contractilité du cœur (= capacité à se contracter à une longueur de fibre


donnée). La contractilité est une fonction de l'interaction du calcium avec les
filaments contractiles.
o Pour un même volume de fin de diastole, on peut avoir un volume
d’éjection plus grand, simplement parce que le cœur s’est contracté avec
une force plus élevée.
o Plus on a de calcium, plus on aura d’interaction au niveau des filaments
contractiles, plus la contraction sera importante.
o Agent inotrope = tout produit chimique qui affecte la contractilité
 Inotropisme positif = force de contraction accrue (ex : épinéphrine,
norépinéphrine et digitaline)
 Inotropisme négatif = diminution de la force de contraction
o Agent chronotrope = tout produit chimique qui affecte la fréquence cardiaque.

L’adrénaline ou la noradrénaline va se lier à son


récepteur β1-adrénergique, ceci active une protéine
Gs qui stimule à son tour l’adénylate cyclase. Tout
ceci résulte en la formation d’AMPc qui active la
PKA.

La PKA va phosphoryler des cibles importantes pour


la modulation du calcium ; les canaux calciques
voltage-dépendants et le phospholamban.

La phosphorylation des canaux calciques voltage-


dépendants augmente leur temps d’ouverture. La
quantité de calcium qui pourra rentrer dans la
cellule augmentera également. Lorsqu’il y a plus de
calcium, il y aura une meilleure contraction puisqu’il
va permettre la contraction des myocytes.

Le phospholamban est un frein au bon


fonctionnement de la calcium-ATPase. Sauf quand il
est phosphorylé, il se dissocie de la SERCA et elle va pouvoir augmenter le nombre de calcium capturé dans le réticulum
sarcoplasmique. Il y aura donc plus de calcium libéré quand le calcium provenant de l’extérieur de la cellule viendra
interagir avec les canaux calciques du RS.

Plus la quantité de calcium libéré est élevée, plus l’inotropisme est fort et donc plus la contraction sera forte.

Vu que la SERCA capture le calcium plus rapidement lorsque le phospholamban est inhibé par sa phosphorylation, le
calcium passe moins de temps dans le cytosol et ce sera d’autant plus facile d’initier une nouvelle contraction
cardiaque. Le chronotropisme est donc stimulé parce que la fréquence cardiaque augmente.

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Fraction de postcharge et d'éjection
- Postcharge = la résistance à la contraction
o On constate une augmentation de la postcharge dans des situations pathologiques, notamment
l'hypertension et la perte de l'extensibilité (compliance) de l'aorte. Le sang qui s’engouffre dans l’aorte
doit s’engouffrer dans une zone où la pression est plus élevée, c’est donc plus difficile d’y arriver, la
postcharge augmente.
o Si la postcharge accrue devient une situation chronique, les cellules myocardiques s'hypertrophient,
ce qui entraîne une augmentation de l'épaisseur de la paroi (ainsi qu'un besoin accru d'O2 et d'ATP)
pour pouvoir faire face à l’environnement qui lui résiste.
- Comme indicateurs de la postcharge, on peut considérer
o La mesure de la pression artérielle (tensiomètre)
o La fraction d'éjection = % EDV éjecté avec une contraction (échocardiographie)
 SV/EDV à 70 ml/135ml = 52%.
 Avec l'exercice, si la SV passe à 100 ml, la fraction d'éjection passe à 74 %.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
II. LES VAISSEAUX
Sur ce schéma, le cœur a été séparé en
deux parties. Le cœur droit se trouve dans
la partie basse du schéma et le cœur
gauche se trouve dans la partie haute du
schéma.

À la sortie du ventricule droit, via l’artère


pulmonaire, le sang file vers les poumons
où il se fera oxygéner. Le sang partira
ensuite vers l’oreillette gauche avant de
passer dans le ventricule pour ensuite
partir dans la circulation systémique.

La circulation systémique démarre du


ventricule gauche et assure la perfusion de
l’ensemble de l’organisme.

On décrit le système aortique comme étant


un réservoir de pression et le système veineux comme étant un réservoir de volume.
On parle d’un réservoir de pression parce que la pression qui est délivrée par le cœur (qui est une pompe) va être
absorbée en partie dans les premiers décimètres à la sortie du cœur. Les traits pointillés représentent l’élasticité
de l’aorte qui va recevoir le surplus de pression et qui va pouvoir, à un moment donné, le restituer et contribuer
à lisser le côté pulsatile de la perfusion sanguine.

On parle d’un réservoir de volume du côté veineux parce que si on considère la localisation du sang à un moment
donné, on peut dire que à peu près 60% du sang se trouve au niveau des veines pour seulement 10% au niveau
des artères (le reste est au niveau des capillaires et au niveau cardiaque).

Il y a des visses micrométriques représentées au niveau des artérioles parce que c’est à cet endroit là que vont se
décider les modifications de résistance. Si on réduit le diamètre de l’artériole, on réduit la perfusion du lit vasculaire
situé en aval de la visse micrométrique.

Les capillaires sont des zones d’échange, c’est là que les différents tissus vont pouvoir capter l’oxygène, restituer le
CO2, capter les nutriments et restituer les produits du métabolisme pour qu’ils soient transportés vers d’autres
organes.

1. Structure des vaisseaux sanguins


La microcirculation est l’ensemble de vaisseaux de plus faible
diamètre.

La parois des artères est plus épaisse que celle des veines alors que
les veines sont un petit peu plus larges. Ceci est dû au fait qu’au
niveau artériel, on a besoin de faire face à une pression importante
(vu qu’on est juste à la sortie du cœur). C’est également au niveau
des artères qu’il y a moyen de contracter ou dilater certains vaisseaux
pour optimiser la perfusion.

Les parois des vaisseaux sanguins varient en diamètre et en


composition. Les barres montrent les proportions relatives des
différents tissus. L'endothélium et son tissu conjonctif élastique sous-
jacent forment ensemble la tunique intima.
Au niveau artériel, il y a énormément de tissu conjonctif et
énormément du tissu musculaire lisse par rapport à tous les
autres types de vaisseaux. Il y a aussi du tissu fibreux. Cette
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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
proportion plus importante dans les différents types tissulaires justifie l’épaisseur un petit peu plus importante
et justifie aussi la forme d’élasticité (grâce au tissu conjonctif) vu que c’est ce qui va absorber l’augmentation
de pression à la sortie du cœur. Le tissu fibreux va donner une forme de rigidité à l’ensemble pour savoir
résister aux déformations que les artères subissent. Les cellules musculaires lisses sont nécessaires pour
réguler le degré de relaxation des différents vaisseaux.

Au niveau des artérioles, le diamètre moyen n’est que de 30 microns. On est donc bien dans la
microcirculation, c’est là qu’on va réguler finement le degré de dilatation (c’est pour ça qu’on retrouve des
cellules musculaires lisses).

Le réseau capillaire est fait environ exclusivement de cellules endothéliales, ce qui est logique parce que le but
des capillaires est d’optimiser les échanges entre le milieu sanguin et le milieu extracellulaire.
Les échanges entre le sang et le liquide interstitiel se font par capillarité
 Absence de VSM et de tissu conjonctif
 Mais souvent présence de péricytes formant une couche externe en forme de maille qui
module la perméabilité de l'endothélium capillaire dans des organes spécialisés comme les
reins p.ex. (densité +++ dans le SNC, il est parfois nécessaire d’entraver la perméabilité des
capillaires au niveau du SNC pour réduire le risque d’avoir des toxines qui soient délivrées
dans un organe majeur).

Au niveau des veinules, il n’y a pas de tissu musculaire lisse, il y a par contre un peu de tissu fibreux pour
donner une forme de rigidité. Ces vaisseaux sont donc dénués de toute capacité à se dilater ou se contracter.

Les veines possèdent les même types cellulaires que les artères, mais leur proportion est plus faible. Ceci est
dû au fait que la pression dans les veines est plus faible et il y a des valves au niveau des veines qui vont aider
le retour sanguin vers le cœur.

Sphincters capillaires*
Sphincters précapillaires = bandes de muscles lisses qui peuvent modifier le flux sanguin dans les lits capillaires. Il y a
donc moyen d’impacter directement le degré de distribution du sang dans un réseau capillaire donné.
- En cas de constriction : flux sanguin dans les méta-artérioles (= canaux de dérivation reliant les artérioles et
les veinules). On peut vouloir réduire le degré de perfusion capillaire pour minimiser les échanges thermiques
au niveau cutané lorsqu’on se trouve dans un environnement où il fait froid.
- En cas de relaxation : le sang est dirigé vers les lits capillaires adjacents

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Valves veineuses** (flux unidirectionnel)
Les valves veineuses empêchent le sang de repartir de là ou il vient. Lorsqu’on marche, les muscles squelettiques de
part et d’autre de la veine, vont en se contractant appuyer sur la veine et permettre le flux sanguin vers le haut,
puisque les valves empêchent le sang de repartir vers le bas.

Une fois que le sang atteint la veine cave, il n’y a plus de valves.

2. Pression sanguine
Force qui crée la pression sanguine = contraction ventriculaire

(a) Contraction ventriculaire


1. Le ventricule se remplit de sang et atteint ses limites (schématisées par les pointillés). Il va ensuite se
contracter.
2. Le sang est éjecté vers l’aorte et les artères qui se trouvent en aval. Les valves semi-lunaires se sont
ouvertes lorsque la pression dans le ventricule a dépassé la pression dans l’aorte.
3. Après la contraction du
ventricule, le sang s’engouffre
dans l’aorte qui subit donc une
distension. La distension est là
pour représenter le fait qu’on ait
un réservoir de pression.
(b) Relaxation ventriculaire
1. Le ventricule se relâche après la
contraction
2. Le sang qui se trouve dans
l’aorte pourrait redescendre
vers le ventricule, mais est
bloqué grâce aux valves
semilunaire
3. Vu que le cœur passe ± 2/3 de son temps en diastole, ça voudrait dire le sang ne progresse plus
pendant 2/3 du temps après une contraction. En réalité, le retour à la situation de base est rendu
possible grâce à l’élasticité de l’aorte et des premières artères. En revenant à la position de base après
avoir subit une distension, le sang va pouvoir continuer à progresser dans le réseau artériel, vu qu’il
ne peut pas revenir au niveau artériel à cause des valves.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
À l’entrée de l’aorte, on a une pression sanguine qui est de l’ordre
de ± 93 mm Hg, plus on va entrer dans le système vasculaire, plus la
pression sanguine diminue. Ceci est justifié par l’effet de frottement
du sang contre les parois des vaisseaux.

Au niveau des capillaires on se trouve aux alentours de 25-40 mm


Hg. Leur pression est donc inférieure à celle des artérioles, mais
supérieure à celle des veinules. Ceci permet le transport de certains
nutriments à partir du sang vers les cellules sous-endothéliales.

Au niveau des veines, la pression se trouve à environ 10 mm Hg, ceci


justifie donc le besoin d’avoir une aide comme les valves veineuses,
la pompe squelettique et la pompe respiratoire qui permettent
aussi de favoriser le retour du sang vers la partie haute du corps.

Pression du pouls
Les ondes de pression créées par la contraction ventriculaire se propagent dans les vaisseaux sanguins. La pression
dans la partie artérielle de la circulation circule, mais les ondes de pression diminuent en amplitude avec la distance
et disparaissent au niveau des capillaires.

Au niveau du ventricule gauche, la pression peut fluctuer entre 10 et 120 mm Hg au repos. Le graphe n’est pas une
représentation temporelle, mais une représentation topographique, il donne donc une information sur la manière
dont la pression sanguine fluctue dans les différentes régions.

Au niveau des artères, en particulier de l’aorte à la sortie du ventricule gauche, la pression fluctue entre 80 et 100 mm
de Hg. La pression artérielle moyenne est aux alentours de 90-93 mm de Hg parce que on passe 2/3 du temps en
diastole, la pression est donc plus proche de 80 que de 120.
La pression se trouve entre 80 et 120 et pas entre 10 et 120 parce qu’on se trouve dans un réseau artériel qui
possède du tissu musculaire lisse, du tissu conjonctif et du tissu fibreux. Ces tissus justifient un tonus
contractile qui fait en sorte que la pression ne redescend jamais en dessous de 80 mm de Hg.

La pulsatilité s’atténue au fur et à mesure qu’on rentre dans l’arbre vasculaire. Les fluctuations sont de moins en moins
importantes et disparaissent totalement au niveau du réseau capillaire et veineux.

La pression pulsatile est la différence entre la pression diastolique et la pression systolique (120 – 80 = 40 mm Hg).

Lorsqu’on parle d’hypertension, on fait référence à une pression sanguine qui est supérieure à 130-135 mm Hg.

Plus l’écart entre la pression diastolique et systolique est important, plus la pression pulsatile est élevée, plus le risque
de développer des maladies cardiovasculaires et élevé. En général, une pression pulsatile supérieure à 65 mm Hg est
considérée comme reflétant un problème qui est en particulier lié à la perte d’élasticité aortique et donc un risque
accru de développer des maladies cardiovasculaires.
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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Sphygmomanométrie
La pression artérielle est mesurée avec un sphygmomanomètre (un brassard gonflable plus un manomètre) et un
stéthoscope. La pression de gonflage indiquée est pour une personne dont la tension artérielle est de 120/80.

Lorsque le manchon est gonflé, le


stéthoscope ne percevra plus aucun bruit
puisqu’il n’y a plus de sang qui passe à travers
l’artère. Ensuite, le manchon sera relâché et à
un moment particulier, le bruit de Korotkoff
va se faire entendre à travers le stéthoscope,
ceci est le moment précis où la pression
sanguine est suffisante et que le relâchement
du manchon permet le passage du sang.

Le bruit est identifié comme étant le bruit de


la pression systolique, la pression maximale. Il
continue jusqu’à ce que le manchon soit
suffisamment détendu pour permettre un flux laminaire à travers l’artère, à ce moment-ci, le bruit n’est plus perçu et
on considère qu’on est à la pression minimale, la pression diastolique.

- Tension normale lorsque SBP < 130 mm Hg et DBP < 85 mm Hg (" 13 - 8,5 ") ; mieux encore <120 et <80 mm
Hg, respectivement
- Hypertension lorsque la SBP > 140 mm Hg (et la DPB > 90 mm Hg)

Le débit cardiaque et la résistance périphérique déterminent la PAM


C’est important de mesurer la pression artérielle parce que c’est une façon non-invasive d’avoir de l’information sur
l’état cardiovasculaire.

Dans l'aorte : débit sanguin = débit cardiaque (CO) du ventricule gauche

Dans les artères : la circulation sanguine est influencée par la résistance périphérique (RP) (= résistance à l'écoulement
offerte par les artérioles).
Plus les visses micrométriques seront serrées, plus il y aura de résistance au passage du sang. Ça aura donc un
impact sur la PAM.

- Si le CO augmente, le débit d'entrée est augmenté, la pression artérielle moyenne (PAM) augmente si la
résistance ne change pas
- Si le CO reste inchangé mais que la résistance périphérique augmente, le flux sortant est diminué, la PAM
augmente (la plupart des cas d'hypertension sont causés par une résistance accrue)

Les artères agissent comme un réservoir de pression pendant la phase de relaxation du cœur, en maintenant la
moyenne la pression artérielle moyenne qui est la principale force motrice du flux sanguin.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Facteurs qui influencent la PAM

La pression artérielle moyenne dépend du débit cardiaque et des résistances périphériques. Le débit cardiaque est lui-
même le produit de la fréquence cardiaque (HR) et le volume d’éjection (SV). Globalement, la pression artérielle est
proportionnelle à la fréquence cardiaque, au volume d’éjection et aux résistances périphériques.

La pression artérielle est également dépendante du volume sanguin. Plus le volume sanguin est important, plus la
pression sera importante. Ce volume est déterminé par ce que l’on ingère et ce que l’on élimine par la transpiration
ou aux niveau des urines via les reins. Il est distribué dans les veines et dans les artères, plus la dilatation des veines
est faible, plus le volume disponible pour participer à la pression artérielle est faible.

Les modifications du volume sanguin affectent la pression artérielle


- Compensation pour une augmentation du volume sanguin
o L’augmentation du volume sanguin entraine directement une augmentation de la pression sanguine.
Ce n’est pas bon d’avoir une pression sanguine élevée pendant trop longtemps, car cela entraine une
hypertension qui est associée à un risque accru, sur le long terme, à des infarctus et des AVC. Il est
donc important de réguler le volume sanguin.
 Les reins vont permettre d’éliminer un excès de fluide par les urines. Cette réponse est lente.
 Pour pouvoir avoir une réponse rapide face à l’augmentation de la pression artérielle on va
faire appel à une compensation via le système cardiovasculaire.
 On peut réduire la résistance périphérique en dilatant les vaisseaux. Ce qui va donner
plus de place au sang.
 On peut réduire le débit cardiaque (en jouant sur la fréquence cardiaque ou sur le
volume d’éjection) avec pour objectif d’arriver à la réduction de la pression sanguine.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
- Compensation pour une diminution du volume sanguin (lié à une déshydratation ou à un hémorragie)
o Compensations cardiovasculaires : vasoconstriction et stimulation sympathique accrue pour
augmenter le débit cardiaque.
o Les reins ne peuvent pas restaurer le liquide perdu, ils peuvent empêcher une diminution
supplémentaire de la pression artérielle ; la seule façon de restaurer un volume sanguin normal est de
boire ou d'utiliser des perfusions intraveineuses.

3. Physique des fluides


Pression = force exercée par le fluide sur son récipient

Unités (dans le cœur et les vaisseaux) : millimètres de mercure = mm Hg (= torr)

La pression diminue lorsqu’on s’éloigne de la source du différentiel de pression lorsque les fluides sont en
mouvements.

Le débit dans un tube est directement proportionnel à la différence de pression. Plus la différence de pression est
élevée, plus le flux est important.

Flux ∝ ΔP

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Par contre, le flux est inversément
proportionnel à la résistance.

Dans la loi de Poiseuille, on peut considérer que


la longueur des tubes est une constance et que
la viscosité du fluide ne change pas non plus
(sauf dans des situations pathologiques).

La résistance est donc inversement


proportionnelle à la 4ième puissance du rayon.
Un vaisseaux avec un rayon qui est deux fois
plus élevé aura une résistance qui est 16 fois
plus petite.

Le flux peut être décrit comme étant le rapport


entre le différentiel de pression et la résistance.

La vélocité est le rapport entre le flux et l’unité de surface. En quoi la vélocité est différente du flux ? Le flux sera
identique au point X (1 cm²) et au point Y (12 cm²) alors que la vélocité est différente.
Aux deux points, le liquide aura un flux de 12cm³/min. Le volume qui traverse les deux zones est donc
identique.
Par contre, la vitesse à laquelle le liquide passe à travers les deux zones sera différente. Au point X, il a une
vitesse de 12 cm/min alors qu’au point Y, le liquide a une vitesse de 1 cm/min.

4. Résistance artériolaire
Artérioles = principaux sites de résistance variable dans la circulation systémique (= 60% de résistance totale à
l'écoulement)

Selon la loi de Poiseuille : R ∝ 1/r4

La résistance artériolaire est influencée par des mécanismes de contrôle à la fois locaux et systémiques :
- Contrôle local* : autorégulation myogénique ; sphincters précapillaires/méta-artérioles et la régulation
paracrine pour adapter le flux sanguin au besoin métabolique du tissu.
- Contrôle orthosympathique** : pour maintenir la PAM et régir la distribution du sang pour besoin
homéostatique tel que la régulation de la température
- Hormones : en particulier pour réguler l'excrétion de sel et d'eau par les reins, mais de réguler également la
pression sanguine en agissant directement sur les artérioles ou en modifiant le réflexe autonome contrôle

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Contrôle local de la résistance artériolaire (= du flux sanguin)*
- Autorégulation myogénique : Autorégulation qui est créée directement au niveau du muscle lisse.
o Lorsque la pression artérielle augmente localement dans des conditions basales → la vasodilatation
passive et le débit sanguin augmentent (la conséquence immédiate à l’augmentation de la pression
sanguine, est une augmentation du débit sanguin). MAIS au bout d'une minute environ, les
mécanismes de résistance myogénique se mettent en place (grâce à i & ii) ; les artérioles se resserrent,
la résistance augmente et ... le débit sanguin diminue
(i) senseurs (sensibles au stretch) = ouverture des canaux cationiques à portes mécaniques →
dépolarisation de la cellule musculaire lisse → activation du VDCC → entrée de calcium →
vasoconstriction + (ii) élimination rapide des vasodilatateurs grâce à l’augmentation du flux sanguin.
- Sphincters précapillaire/méta-artérioles : pour réguler le flux sanguin dans des lits capillaires donnés en
fermant les sphincters et en court-circuitant le passage des artérioles vers les veinules via des méta-artérioles.
- La régulation paracrine pour adapter le flux sanguin au besoin métabolique du tissu (hyperémie)
o Lorsqu’il y a une augmentation du métabolisme tissulaire, il va s’en suivre (suite à la stimulation de la
respiration mitochondriale) une consommation d’oxygène, il y donc moins d’oxygène disponible et
donc plus de CO2 qui est produit. Ceci favorise la libération de certains vasodilatateurs, le principal
étant le monoxyde d’azote. Le monoxyde d’azote va dilater les artérioles et puisqu’il y a dilatation
artériolaire, il y une augmentation du rayon et une diminution de la résistance qui va justifier
l’augmentation du flux sanguin. Ceci stimulera d’autant plus l’apport en oxygène et en nutriments.
o L’hyperémie réactive est une façon d’apprécier, en clinique, l’état fonctionnel de l’endothélium p.ex.
Lorsque le flux sanguin est réduit par occlusion, une série de vasodilatateurs seront générés. Ces
vasodilatateurs tentent de dilater des vaisseaux pour subvenir aux besoin qui ne sont plus assumés
par le sang, vu que celui-ci est bloqué par occlusion. Ces vasodilatateurs s’accumulent, mais ne
peuvent pas agir puisqu’il y a un empêchement mécanique. Dès que l’on enlève l’élément occlusif,
tous les vasodilatateurs qui ont été générés vont pouvoir exercer leur effet. Il va donc s’en suivre, une
réduction de la résistance et une augmentation du flux sanguin. Il sera possible de déterminer la
capacité réactive du tissu vasculaire en fonction de la quantité de vasodilatateurs qui ont été produits.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Contrôle sympathique de la résistance artériolaire**
- Contrôle tonique du diamètre des artérioles
o Le vaisseau sanguin est sous le contrôle d’un neurone orthosympathique (système nerveux
autonome). Ce neurone va libérer de la noradrénaline qui va interagir avec un récepteur couplé aux
protéines G (récepteur α-adrénergique) et va permettre de contracter ce vaisseau.
o Au niveau basal, on a une fréquence de potentiels d’action qui assure une certaine libération de
noradrénaline. Cela signifie qu’au niveau basal, ce vaisseau est légèrement contracté (c’est ce qu’on
appelle un tonus contractile).
o Dans le cas où la stimulation du neurone fait en sorte que la fréquence des potentiels d’action a
augmenté, il y aura plus de noradrénaline qui sera libérée et le vaisseaux se contractera d’autant plus.
o Si le neurone est moins sollicité, le nombre de potentiels d’action sera diminué et la quantité de
noradrénaline libérée sera plus faible. Ceci entraine un relâchement du vaisseau par rapport à la
contraction basal.
o L’adrénaline peut agir au niveau des récepteurs α-adrénergiques (comme le fait la noradrénaline),
mais l’adrénaline a aussi une affinité pour les récepteurs β2-adrénergiques. Lorsque l’adrénaline agit
sur les récepteurs β2-adrénergiques, il s’en suit une vasodilatation et non pas une vasoconstriction.

- La plupart des artérioles systémiques sont innervées par des neurones sympathiques.
Les artérioles impliquées dans le réflexe d'érection du pénis et du clitoris (contrôlées indirectement par
l'innervation parasympathique, l'acétylcholine provoquant la libération paracrine de monoxyde
d’azote vasodilatateur) font exception à cette règle.

Principaux vasoconstricteurs et vasodilatateurs

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Facteurs qui influencent le flux sanguin périphérique

5. Distribution du sang tissulaire


La distribution du sang systémique varie en fonction des besoins métaboliques.

Ex. muscle squelettique : 20% de débit cardiaque (DC) au repos, jusqu'à 85% du DC
pendant l'exercice.

Si on veut vraiment faire une comparaison du degré de perfusion des différents


organes, il faut rapporter la quantité de sang à la masse des tissus concernés. Il y a 80
fois plus de sang qui perfuse les reins que les muscles squelettiques.

La résistance détermine la distribution du flux sanguin


Flux ∝ 1/R

Comme le flux sanguin total de toutes les artérioles du corps est égal au DC, la
constriction ou la dilatation d'un sous-ensemble d'artérioles a un impact sur le flux
sanguin dans d'autres lits vasculaires.

En d'autres termes, des artérioles de moindre résistance régissent la distribution du


flux sanguin.

4 litres de sang se distribuent de façon égale dans 4 vaisseaux différents. Si on


augmente la résistance d’un des vaisseaux en réduisant son diamètre, il y aura
une réduction du flux sanguin dans ce vaisseaux. Le surplus de sang qui ne peut
pas passer dans ce vaisseaux sera redistribué dans les trois autres vaisseaux
pour maintenir le flux total à une valeur constante (4l/min).

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
6. Barorécepteurs
Le système nerveux central (SNC) coordonne le contrôle réflexe de la pression sanguine et la distribution du sang dans
les tissus.
- Centre de contrôle cardiovasculaire (CVCC)
o Médulla oblongata = centre d'intégration principal pour
surveiller et ajuster le rendement selon les besoins afin de
maintenir l'homéostasie.
- Le réflexe barorécepteur
o Barorécepteurs (= mécanorécepteurs sensibles au stretch)
 Ils sont localisés dans les artères carotides pour
surveiller le flux sanguin vers le cerveau
 Ils sont localisés dans l'aorte pour surveiller le flux
sanguin qui part vers le reste du corps

Le baroréflexe intègre les changements en matière de RP et de DC

1. Les quatre lits vasculaires sont tous perfusés de façon relativement identique au départ. Suite à un évènement,
l’artériole A va se contracter, ceci augmente la résistance au niveau de l’artériole, ce qui engendre une
augmentation de la résistance périphérique totale.
2. Si la résistance périphérique totale augmente, la pression artérielle moyenne augmentera également.
3. Si la PAM augmente, ceci sera détecté grâce au barorécepteurs localisés au niveau de la carotide et de l’aorte.
Les barorécepteurs vont initier le réflexe barorécepteur.
4. Lorsque le réflexe barorécepteur est mis en place, des influx nerveux vont être envoyés au niveau du centre
de contrôle cardiovasculaire au niveau du SNC. Celui-ci mobilisera certains neurones parasympathiques et
orthosympathiques, ces neurones ont des terminaisons au niveau cardiaque, mais aussi au niveau vasculaire.
En fonction de l’information qui a été détecté par les barorécepteurs, ces modifications autonomiques via les
neurones parasympathiques ou orthosympathiques vont tenter de contrecarrer les effets qui ont été détectés.
Dans l’exemple, l’augmentation de la pression sanguine va justifier que l’organisme essaye de répondre en
modifiant l’autre facteur ; si la résistance périphérique totale augmente, l’organisme va diminuer le débit
sanguin pour essayer de restaurer une PAM normale.

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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
Le réflexe barorécepteur
Barorécepteurs = mécanorécepteurs sensibles à l'étirement qui
surveillent la pression du sang circulant vers le cerveau et le
corps.

La vitesse de tir augmente ou diminue, selon que la pression


sanguine augmente ou diminue.

Les signaux de sortie sont transportés par les neurones


autonomes sympathiques et parasympathiques.

Les barorécepteurs sont toniquement actifs, c'est-à-dire qu'ils


envoient des potentiels d'action en continu vers le centre de
contrôle cardiovasculaire à une pression sanguine normale.
Lors d’une augmentation de la pression sanguine, la fréquence
des potentiels d’action augmente également de façon à créer
un signal au niveau du centre de contrôle. Celui-ci va réagir en
limitant l’output orthosympathique et en augmentant l’output
parasympathique.

- Conséquence de la réduction du système orthosympathique :


o Il y aura moins de stimulation des vaisseaux α-adrénergiques par la noradrénaline, il y a donc moins
de constriction et plus de vasodilatation. Ceci diminue la résistance périphérique.
o La réduction de l’output orthosympathique peut affecter le cœur ; soit en agissant sur les cellules
contractiles, soit en agissant sur les cellules pacemakers. Le résultat final sera une diminution du débit
cardiaque.
 Une stimulation β1-adrénergique va avoir des effets inotropes négatifs au niveau des cellules
contractiles. La force de contraction sera diminuée.
 Une stimulation β1-adrénergique va avoir des effets chronotropes négatifs au niveau du nœud
sino-auriculaire. La fréquence cardiaque va diminuer.
o Vu que l’on diminue la résistance périphérique et la fréquence cardiaque, la pression sanguine va
diminuer.
- Conséquence de l’augmentation de l’output parasympathique :
o L’acétylcholine va agir sur les récepteurs muscariniques qui innervent le système des cellules
pacemakers. Ceci va freiner la fréquence de dépolarisation au niveau des courants If et par ce biais là
également contribuer à la réduction de la fréquence cardiaque, du débit cardiaque et donc de la
pression sanguine.

Hypotension orthostatique
- Lorsqu’on se lève, la gravité provoque une accumulation de sang dans les
membres inférieurs, ce qui entraîne une diminution instantanée du retour
veineux et donc une diminution du EDV et du CO (de 5L/min à 3L/min)
entraînant une hypotension (= diminution de la pression sanguine systolique)
- Pendant un alitement prolongé (ou en apesanteur), le baroréflexe s’inactive,
le sang des extrémités inférieures se répartit uniformément dans le corps, ce
qui entraîne une augmentation de la pression sanguine qui déclenche une
augmentation de l'excrétion rénale (-12 % du volume sanguin en 3 jours) ;
lorsque la personne sort du lit (ou retourne sur terre), la gravité provoque à
nouveau une accumulation de sang dans les jambes, une hypotension orthostatique se produit et le
barorécepteur tente de compenser ; Cependant, la perte de volume sanguin empêche le rétablissement d'une
pression sanguine normale, ce qui entraîne des vertiges et des évanouissements.
- Même mécanisme observé en réponse aux médicaments antihypertenseurs (effet de la première dose ; le
corps réagit comme s’il devait réagir à une chute brutale de la pression sanguine, patients âgés sont moins
susceptibles de répondre grâce aux barorécepteurs)
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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
7. Échange capillaire
- Le plasma et les cellules échangent des matériaux à travers de fines parois capillaires (50 milliards de capillaires
avec un échange de surface total de 6300 m²)
- La densité capillaire est liée à l'activité métabolique des cellules (par exemple, minimale dans les cartilages et
maximale dans les muscles et les glandes)
- Les capillaires ont les parois les plus fines de tous les vaisseaux sanguins
o Une seule couche de cellules endothéliales aplaties
o Soutenu par une lamina basale (membrane basale)
o Un diamètre à peine plus grand que celui des globules rouges (les obligeant à passer en file indienne),
en général, les capillaires ont un diamètre de 1 à 3 µm.
- Les capillaires sont continus ou fenestrés.
o Les capillaires continus ont des cellules coalescentes, c’est-à-dire qu’elles sont jointives. Pour passer
de la lumière vers l’espace sous-endothélial, on peut passer soit entre les cellules soit à travers la
cellule via un processus appelé la transcytose ; les vésicules vont capter certaines entités pour ensuite
se fermer du côté de la lumière du capillaire pour progressivement migrer à travers le cytosol et
relarguer son contenu de l’autre côté de la cellule. Parfois, deux vésicules localisés des deux côtés de
la cellule endothéliale peuvent fusionner pour former un canal qui permet de transporter les éléments
d’un côté à l’autre.
 Au niveau de la barrière hémato-encéphalique, les cellules endothéliales sont
particulièrement coalescentes et en plus, il y a des tight junctions qui assurent un
resserrement des cellules entre elles ; ceci crée un environnement encore plus imperméable.
o Au niveau des capillaires fenestrés, il y a plus d’options de passage à travers la couche de cellules
endothéliales ce qui est logique car au niveau des reins et de l’intestin, on a besoin de faire passer des
volumes de fluides plus importants. Il y a un moyen de passage supplémentaire qui vient des fenêtres.
Ces fenêtres sont des pores qui créent un contact immédiat entre la lumière du capillaire et la partie
sous-endothéliale ce qui permet d’avoir des échanges beaucoup plus importants (en particulier le cas
au niveau de la filtration glomérulaire dans le rein).

- La moelle osseuse, le foie et la rate n'ont pas de capillaires typiques mais plutôt des sinusoïdes = vaisseaux 5
fois plus larges que les capillaires, présentant des fenêtres et des espaces entre les cellules pour permettre
aux cellules sanguines de passer (dans le foie, la lamina basale est même absente).

Les capillaires les moins perméables sont ceux au niveau de l’endothélium de la barrière hémato-encéphalique, puis
ce sont les capillaires continus (p.ex. au niveau des muscles), puis se sont les capillaires fenestrés (p.ex. au niveau des
reins). Les capillaires les plus perméables ne sont plus appelés capillaires, mais sinusoïdes, ils laissent passer des
cellules (p.ex. au niveau de la moelle osseuse).
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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
L'échange est facilité par la faible vitesse des capillaires
Plus la vitesse des globules rouges sera lente,
plus les échanges entre la lumière du capillaire et
l’espace sous-endothélial sera facile.

La vélocité (rapport entre le flux et la section) est


extrêmement faible dans le réseau capillaire, ceci
permet de maximiser les échanges.

Cela ne parait pas logique vu que la section du


capillaire est beaucoup plus petite que celle
d’une artère, mais la section de tous les
capillaires est plus grande que la section de
toutes les artères ; la vélocité dans les capillaires
est donc plus faible que la vélocité dans les
artères.

Échange capillaire
L'échange entre le plasma et le liquide interstitiel se fait par voie paracellulaire ou transcellulaire (transcytose).
- Les petits solutés et les gaz se déplacent par diffusion, entre ou à travers les cellules endothéliales, en fonction
de la solubilité des lipides et du gradient de concentration.
- Les plus grands solutés et les protéines se déplacent principalement par transport vésiculaire ou transcytose.
Les vésicules vont capter les solutés et les protéines d’un côté de la cellule pour pouvoir relarguer leur contenu
de l’autre côté.
- Le bulk flow désigne le mouvement de masse d'un fluide résultant d'une action hydrostatique ou gradients de
pression osmotique
o Filtration : mouvement des fluides qui quittent les capillaires
 Causée par la pression hydrostatique
 Filtration nette à l'extrémité de l'artère
o Absorption : mouvement des fluides qui entrent dans les capillaires
 Causée par la pression osmotique colloïdale
 Absorption nette à l'extrémité veineuse

Filtration et sécrétion
- Il y a une filtration nette à l'extrémité artérielle et une
absorption nette à l'extrémité veineuse.
o Lorsqu’on arrive du côté artériolaire, on a la
filtration qui justifie qu’une partie du fluide passe
dans l’espace sous-endothélial. Au fur et à
mesure que l’on rentre dans le capillaire, il y a de
moins en moins de pression hydrostatique et la
pression oncotique devient de plus en plus
favorable à l’absorption. On repart ensuite vers
les veinules.
o Ce système n’est pas tout à fait efficace ; il y a un excès d’environ 3 litres au niveau de la filtration. Il y
a donc 3 litres de fluides qui ne vont pas être récupérés via l’absorption. Ces 3 litres vont être
réabsorbés par les vaisseaux lymphatiques pour pouvoir les ramener par une autre voie dans la
circulation veineuse.
- Exceptions : les capillaires rénaux filtrent le liquide sur toute leur longueur et certains capillaires intestinaux
ne sont qu'absorbants.

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Pressions hydrostatiques et oncotiques
PH = pression hydrostatique = composante de pression latérale du flux sanguin qui pousse le fluide vers l'extérieur à
travers les pores capillaires

π = pression osmotique colloïdale = pression oncotique = pression créée par le gradient protéique du plasma jusqu'au
liquide interstitiel (les autres solutés et ions sont librement perméables et ne contribuent pas au gradient osmotique).

On a une pression hydrostatique de 32 mm Hg à l’entrée du capillaire. Cette pression chute et vaut seulement 15 mm
Hg à la sortie du capillaire. Cette pression hydrostatique est diminuée à cause des forces de frottement du sang contre
les parois du capillaire. C’est ça qui est l’élément déclencheur de la filtration et de l’absorption.

La force qui s’oppose à cette pression hydrostatique est la pression osmotique. Celle-ci est égale à 25 mm Hg au début
et à la fin du capillaire, ce qui est logique vu que les protéines restent à l’intérieur du capillaire. L’eau aura donc toujours
tendance à essayer de rentrer dans le capillaire pour aller « diluer » son contenu.

Au début du capillaire, on a 7 mm Hg (32 – 25) qui sont favorables à la filtration (sortie du capillaire). À la fin du
capillaire on a 10 mm Hg (15 – 25) qui sont favorables à l’absorption (entrée d’eau dans le capillaire). On a donc un
peu plus de filtration que d’absorption. Les 3 l/jour qui sont perdus vont être récupérés au niveau lymphatique.

8. Le système lymphatique
Le système lymphatique interagit avec 3 autres systèmes physiologiques :
- Système cardiovasculaire : Liquide de retour et protéines filtrées des
capillaires vers la circulation système
- Le système digestif : Absorption des graisses absorbées à l'intestin
grêle et de le transférer à la système circulatoire
- Système immunitaire : Servant de filtre pour pathogènes

Le système lymphatique permet un mouvement "passif" à sens unique du


liquide interstitiel (appelé lymphe lorsqu'il se trouve à l'intérieur de la
lymphe) des tissus vers la circulation.

Les vaisseaux lymphatiques aveugles (capillaires lymphatiques) se trouvent à


proximité de tous les capillaires sanguins, ils se rejoignent pour former des
vaisseaux lymphatiques qui possèdent des valves semilunaires (comme dans
les veines). À intervalles réguliers, les vaisseaux pénètrent dans les ganglions
lymphatiques qui contiennent une collection de cellules
immunologiquement actives.

Les plus grands conduits lymphatiques se vident dans la circulation veineuse,


juste sous les clavicules (au niveau de la jonction de la veine jugulaire interne/veines sous-clavières).

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Œdème
= accumulation de fluide dans l'espace interstitiel

- Deux causes principales


o Drainage insuffisant de la lymphe
 Obstruction généralement au niveau des ganglions lymphatiques due à des parasites
(éléphantiasis), cancer, croissance de tissu fibrotique résultant de l'irradiation
 L'ablation des ganglions lymphatiques lors d'une intervention chirurgicale
o Une filtration bien supérieure à l'absorption au niveau des capillaires
 Augmentation de la pression hydrostatique
 ex : insuffisance cardiaque (insuffisance du ventricule droit
entraînant une augmentation de la pression (à cause d’une
accumulation de sang) en amont dans les
oreillettes/veines/capillaires systémiques)
 l’augmentation en pression osmotique va favoriser une
filtration plus importante à partir des capillaires vers les tissus
sous-jacents et donc l’apparition d’œdèmes.
 Diminution de la concentration en protéines plasmatiques
 ex : malnutrition sévère (ascite) ou insuffisance hépatique
 Cela entraine un diminution de la pression oncotique, s’il y a
une diminution de la pression osmotique cela veut dire que
l’eau ne va pas pouvoir retourner vers les capillaires parce que la pression oncotique
ne s’oppose plus à la pression hydrostatique.
 Augmentation des protéines interstitielles
 ex : inflammation (par exemple, en réponse à l'histamine qui rend les parois capillaires
plus étanches, favorisant l'échappement des protéines du plasma)

9. Maladies cardiovasculaires
- Les maladies :
o Maladies intimement liées à la pression sanguine
 Crise cardiaque (infarctus)
 AVC
 Insuffisance cardiaque
 Hypertension
 Athérosclérose
- Facteurs de risque
o Non contrôlable
 Sexe
 Âge
 Histoire de la famille
o Contrôlable
 Tabagisme
 Obésité
 La sédentarité
 L'hypertension non traitée
o Composants variables contrôlables et incontrôlables
 Hypercholestérolémie
 Diabète

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Athérosclérose
Dysfonctionnement de l’endothélium liée
à une accumulation de cholestérol. Le
cholestérol est transporté dans le sang à
l’aide de lipoprotéines appelées LDL.

1. Dans un contexte
d’hypercholestérolémie, on a trop
de LDL-cholestérol. Lorsque ceci
est associé à une pression
sanguine qui est trop élevée, on
aura, à certains endroits de notre
arbre vasculaire (en particulier au
niveau des bifurcations), un
régime plus turbulents au niveau
du flux sanguin et un temps
d’exposition plus long que si le flux
sanguin était continu. Ceci justifie
qu’une partie du cholestérol passe
dans l’espace sous-endothélial.
2. Lorsque ceci se présente, les
macrophages vont ingérer le cholestérol pour tenter de l’éliminer. Le problème est qu’à partir d’un moment
ces macrophages vont faire une indigestion de lipides. Si on ajoute à ça le fait que les lipoprotéines sont moins
protégées, par rapport au stress oxydatif, une fois qu’elles passent dans l’espace sous-endothélial.
3. Elles vont donc justifier une oxydation des LDL ce qui justifie une inflammation locale et une production de
cytokines ce qui entraine une accumulation de macrophages et une prolifération de cellules musculaires lisses
(à cause de ces cytokines).
4. On forme progressivement un environnement sous-endothélial qui occupe de plus en plus de place. Formation
d’une plaque d’athérome qui réduit la lumière du vaisseau. Si on ne fait pas d’exercice physique, il y a
suffisamment de sang qui passe dans les vaisseaux pour assurer l’apport en oxygène, mais dès qu’on fait un
exercice physique lorsqu’on a des plaques d’athéromes, certains territoires seront insuffisamment perfusés, il
y aura donc trop peu d’oxygène qui arrivera. Ceci est appelé l’angor/l’angine de poitrine lorsque cela à lieu
dans un vaisseau coronaire qui perfuse le cœur.
5. Cette maladie est progressive et le risque majeur est que la plaque (qui jusque là était encore couverte par
l’endothélium) se rompt ce qui entraine un risque de formation de thrombus (caillot). On peut avoir un caillot
qui se forme à l’endroit précis de la rupture de la plaque. Ce caillot bouchera d’autant plus le vaisseau en
question, le sang est en incapacité totale de perfuser le territoire qui est en aval.

10. Angiogenèse
= développement de nouveaux vaisseaux sanguins

- Nécessaire à un développement normal


- Cicatrisation des plaies et croissance de la muqueuse utérine
- Améliore la circulation sanguine du cœur et des muscles squelettiques
- Nécessaire à la croissance des tumeurs malignes, plus la masse prolifère et plus elle aura besoin de nutriments
et plus son apport sanguin doit être élevé.
o L’angiogenèse tumorale permet de justifier que des traitements anti-
angiogéniques aient été développés. Ils permettent d’impacter la tumeur
car en réduisant la densité des vaisseaux, on peut réduire l’apport en
oxygène et en nutriments de la tumeur.

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III. LE SANG
1. Les composants sanguins
Le sang est constitué de plasma et d'éléments figurés

Sang
= ¼ ECF
= 7 % du poids total du corps
= 5L (homme) ou 4L (femme)

Ces 5 litres de sang se distribuent à raison de 3 litres


de liquide strict donc de plasma (fait de 92% d’eau et
de 7% de protéines) et puis le reste sont des ions, des
molécules organiques, des gaz. Les molécules
organiques sont des acides aminés, des protéines,
des sucres, des lipides. On retrouve des protéines qui
ne circulent qu’au niveau sanguin et qu'on ne va pas
retrouver ailleurs dans l'organisme de façon aussi
majoritaire (p.ex. l'albumine, les globulines et le
fibrinogène).

Les 2 autres litres correspondent à la place qui est


occupée par les globules rouges, les globules blancs
et par les plaquettes. Dans les globules blancs on va
faire la différence entre lymphocytes, monocytes,
neutrophiles, éosinophiles et basophiles. Ces trois
derniers noms font écho à la coloration que peuvent
prendre ces cellules suite à l'utilisation de certains
agents, on ne va par exemple pas colorer les granules des neutrophiles, on va colorer en bleu avec des indicateurs
basiques les basophiles et on va colorer avec des indicateurs acides en rose les cellules éosinophiles. On a différents
types de globules blancs qui ont tous une fonction particulière.

Protéines plasmatiques
Plasma = liquide interstitiel + protéines plasmatiques

- 90% de protéines plasmatiques = albumine (60%) + 9 autres protéines (globulines, fibrinogène, transferrine,
...)
- Rend la pression osmotique du sang plus élevée que l'IF >< filtration hors des capillaires

L’énorme majorité des protéines plasmatiques c'est de l'albumine. Il y a 60% d’albumine parmi ces protéines
plasmatiques et avec 9 autres protéines on arrive aux 90% ; ça veut dire que quelque part ces 10 protéines (albumine,
globuline, fibrinogène, transferrine, …) représentent la grosse majorité des protéines dans le sang. Elles sont toutes
produites au niveau du foie (cela fait écho à la formation d’œdème qu'on évoquait lorsqu'on est dans le contexte d'une
maladie hépatique, une insuffisance hépatique ; un déficit de synthèse des protéines hépatiques va conduire à des
œdèmes) l’albumine est utilisée pour transporter certaines molécules qui vont s’adsorber à sa surface. Ceci est
évidemment impliqué dans le contexte de la pression osmotique.
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Les globulines, sont nécessaires pour former les immunoglobuline donc les anticorps. Le fibrinogène est à l'origine de
la fibrine qui est une sorte de réseau nécessaire à l'ancrage des plaquettes lors de la formation d'un caillot, d'un clou
plaquettaire. On a également des protéines spécialisées comme la transferrine qui transporte le fer.

Il y a une différence entre le plasma et le sérum, si on récolte du sang (en particulier le plasma) dans un tube où il n'y
a pas de facteur anti-coagulant, on va induire cette coagulation dans le tube et si on élimine le fruit de cette coagulation
de certains facteurs il nous reste le sérum. Le sérum est donc égal au plasma moins les facteurs de coagulation.

Cellules sanguines
L'autre compartiment sont les éléments figurés du sang donc les différentes cellules sanguines.

- Les globules rouges (RBC) - aussi appelés érythrocytes (durée de vie 4 mois)
o transporter l'O2 des poumons aux tissus et le CO2 des tissus aux poumons
- Plaquettes (PLT) (durée de vie de 4 à 10 jours) – produites au départ de mégacaryocytes
o Hémostase et coagulation
o Elles sont impliquées dans la formation des caillots
- Les globules blancs (WBC) - aussi appelés leucocytes
o Réponse immunitaire (contre les bactéries, les virus et les parasites)
 Lymphocytes - également appelés immunocytes
 Cellules B (sécrètent des anticorps)
 Les cellules T (différents types ; contiennent des granules lytiques par exemple)
 Ces 2 types cellulaires sont capables d'attaquer des pathogènes et également des
cellules tumorales qui vont être reconnues comme du non soi, suite à une mutation
les cellules transformées vont exprimer des peptides à leur surface qui vont être
reconnus par les anticorps ou les lymphocytes T et être éliminées.
C'est un petit peu comme si tout cancer qui se développe est en fait une cellule
transformée qui a échappé à la capacité du système immunitaire et en particulier des
lymphocytes d'éliminer ces cellules.
 Monocytes - se transforment en macrophages ; appelés phagocytes
 Granulocytes
 Neutrophiles ; phagocyte attaquant les bactéries/virus (durée de vie 12-24 heures)
 Éosinophiles ; phagocyte attaquant les parasites trop grands pour les neutrophiles ;
déchargent des molécules toxiques des granules (peuvent déclencher une allergie)
 Basophiles ; non phagocytaires ; libèrent de l'histamine (contribuent aux réactions
inflammatoires) ; les basophiles tissulaires sont appelés mastocytes
o La réponse inflammatoire est favorable à l'élimination de certains éléments
pathogènes, mais peut devenir un problème lorsqu'elle est poussée trop loin
car on peut tomber dans des processus allergique
o Les antihistaminiques sont des médicaments que l'on prend pour traiter un
rhume des foins (libération accrue et excessive d'histamine).

2. Hématopoïèse
- Leucopoïèse →WBC
- Erythropoïèse → RBC
- Thrombopoïèse → PLT

L'hématopoïèse est la génération des cellules sanguines (éléments figurés du sang). Pour les globules blancs elle est
appelée leucopoïèse pour leucocyte. Pour les globules rouges elle est appelée érythropoïèse et pour les plaquettes
elle est appelée thrombopoïèse

Donc l'hématopoïèse est physiologique et est favorisée par des cytokines. Pour les globules rouges la cytokine
impliquée est l'érythropoïétine (EPO), elle est produite au départ des reins et favorise la production de globules rouges.
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Physiologie spéciale et éléments de physiopathologie Olivier Feron AW – 2020-2021
C’est une substance qui existe de façon synthétique, qui a été produite au départ pour aider les patients cancéreux
anémiques (déficit de globules rouges) à produire ces globules rouges et leur permettre d'avoir une meilleure qualité
de vie. Cette érythropoïétine a été détournée à des fins de dopage par des cyclistes qui essaient d'augmenter leur
nombre de globules rouges pour favoriser les échanges gazeux, ce qui donne la capacité aux muscles de fonctionner
de façon supra-optimale.

La thrombopoïétine a le même effet que l’EPO, mais est utilisée par les plaquettes. Elle stimule, au départ des
mégacaryocytes, la production des plaquettes. La thrombopoïétine est essentiellement générée au niveau du foie.

Pour les leucocytes on a des facteurs comme le CSF (Colony Stimulating Factor) ou le SCF (Stem Cell Factor) qui sont
produits à différents endroits du corps (au niveau de l’endothélium, de la moelle osseuse). Les cytokines favorisent la
leucopoïèse mais vont également impacter les autres types de cellules sanguines (seront aussi favorables à
l’érythropoïèse et la thrombopoïèse).

La moelle osseuse comme principale source de cellules sanguines


- L'hématopoïèse commence au début du développement embryonnaire et se poursuit tout au long de la vie
d'une personne
- Lors de la 3e semaine de vie fœtale : groupes de cellules dans le sac vitellin qui deviendront des cellules
endothéliales ou des cellules sanguines
- Avec le développement : la production de cellules sanguines s'étend au foie, à la rate et à la moelle osseuse
- À la naissance, le foie et la rate ne produisent plus de cellules sanguines
- Jusqu'à l'âge de 5 ans, l'hématopoïèse se poursuit dans la moelle de tous les os du squelette
- Alors la région active de la moelle diminue
- Chez l'adulte : les seules zones produisant des cellules sanguines sont le bassin, la colonne vertébrale, les
côtes, le crâne et les extrémités proximales des os longs ; mais le foie, la rate et les zones inactives de la BM
peuvent reprendre la production de cellules sanguines en cas de besoin.

On a tendance à dire que la moelle osseuse est l'endroit où chez un individu adulte les différents éléments figurés du
sang sont générés, ceci est correct, mais si on se réfère un peu plus au développement on peut dire que l’hématopoïèse
commence dès le stade embryonnaire. À peu près à la 3e semaine de vie fœtale on va retrouver des clusters de cellules
(dans le sac vitellin) qui sont à l'origine des cellules sanguines mais également des cellules endothéliales. Ces deux
types cellulaires ont donc la même origine hématopoïétique.

Au cours du développement, les cellules sanguines vont être produites à différents endroits dans l'organisme (au
niveau du foie, de la rate, de la moelle osseuse), c'est seulement au moment de la naissance qu’on va mettre de côté
le foie et la rate et ce sera donc seulement la moelle osseuse qui justifiera l'endroit où l’hématopoïèse a lieu. Jusqu’à
l’âge de 5 ans tous les os produisent des cellules sanguines, mais avec le temps on va réduire les régions productrices.
La moelle osseuse au niveau du bassin, de la colonne, des côtes, du crâne et les extrémités proximales des os longs
sera la plus active en termes de génération de cellules sanguines.

Cela ne signifie pas que le foie et la rate ne peuvent pas se remettre à fonctionner pour la genèse de cellules, mais ça
arrivera seulement dans des situations très spécifiques ; p.ex. lorsqu'on a été exposé à une radio, à des radiations (soit
involontaire, soit volontaire dans le contexte d'une radiothérapie). L'organisme essaie de restaurer son pool de cellules
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sanguines et il va faire appel à la moelle osseuse et à d'autres tissus pour essayer de revenir à une situation normale
le plus rapidement possible.

Lorsqu’on parle des éléments figurés du sang on a des cellules


souches pluripotentes (elles ont une capacité de différenciation
dans une multitude types cellulaires). Il y a différents niveaux de
capacité à se différencier, on parle de pluripotentes ou de
multipotentes en fonction de l'engagement dans un sous-type de
cellules.

Il y a à peu près une cellule souche toutes les 100 000 cellules
dans la moelle, la plupart des globules rouge, des plaquettes et
des globules blancs sont donc issus de cellules identiques. Les
cellules souches vont se différencier dans des cellules de plus en
plus spécialisées au fil de leur évolution, les érythroblastes vont
donner naissance aux érythrocytes, les mégacaryocytes vont
donner naissance aux plaquettes et les cellules souches de la
lignée leucocytaire vont donner naissance au neutrophiles,
basophiles, éosinophiles et monocytes.

Les cellules souches sont présentes dans la moelle et ce sont seulement les cellules différenciées qui sont présentes
dans la circulation. Lorsque l'on va faire un transfert de moelle, on va essayer de transférer un maximum de cellules
souches, on va donner des cytokines (p.ex. le CSF) pour essayer d'augmenter la présence de ces cellules souches.

L'hémogramme
Au niveau de la numération sanguine, si
on s'intéresse premièrement aux
globules rouges, on observe les chiffres
qui sont exprimés en nombre de
globules rouges par microlitre. On a à
peu près 5 millions de globules rouges
par microlitre. Le globule rouge à une
durée de vie égale à 120 jours, soit 4
mois.

On a 5 000 à 10 000 globules blancs par


microlitre. La durée de vie d’un globule
blanc varie fortement. Si on prend
l’exemple des neutrophiles, ils ont un
temps de vie de 6h dans la circulation,
si on ajoute à ça le temps de vie dans la
moelle, on peut considérer qu’ils ont
une durée de vie de quelque jours. La
durée de vie des neutrophiles est
courte parce qu'ils sont rapidement consommés par leur fonction (protection permanente contre toute une série de
pathogène ou d'éléments extérieurs).

Lorsqu’on centrifuge le sang on verra les éléments figurés du sang dans le fond du tube, ce sont les globules rouges,
de par leur nombre, qui vont occuper le plus de place, cette place représente à peu près 40 à 50% du volume sanguin
total, c'est ce qu'on appelle l’hématocrite.

L’hématocrite est égal au pourcentage du volume sanguin total qui est occupé par les globules rouges après
centrifugation.

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La quantité d’hémoglobine est exprimée en grammes par décilitre de sang et on parle de chiffres aux alentours de 15-
16 grammes d’hémoglobine par décilitre, cela veut donc dire qu’on a 160g d’hémoglobine par litre de sang. On a une
quantité d’hémoglobine tellement importante qu'on peut facilement comprendre les besoins en fer qui sont
nécessaires à la construction cette protéine. Cette molécule est donc extrêmement importante et abondante, parce
qu’il y a un besoin vital de transporter l'oxygène et le CO2 des poumons vers les tissus périphériques et inversement.

On a à peu près 300 000 plaquettes par microlitre. Les plaquettes ont une durée de vie de l'ordre de 4 à 10 jours.

La moelle osseuse représente un processus qui est métaboliquement extrêmement actif donc pour vous donner une
idée on produit 2*1011 globules rouges par jour, 100 millions de neutrophiles par jour. Cela signifie qu’il faut une
génération permanente de ces éléments figurés du sang. Toute atteinte à la capacité hématopoïétique de la moelle
(p.ex. dans le contexte d'une chimiothérapie) aura rapidement un impact sur le nombre de globules rouges, qui
mènera au développement d'une anémie, ou sur le nombre de globules blancs, qui mènera à une disposition à faire
des infections plus importantes.

Erythropoïèse
Lorsque les cellules souches se divisent elles vont
se diviser en 2, ce qui veut dire qu’une cellule va
rester une cellule souche tandis que l'autre cellule
va s'engager dans le processus de différenciation,
ceci permet de maintenir le nombre de cellules
souches initial et de produire en permanence les
globules.

On parle d’abord d’érythroblastes, dont le noyau


va être condensé, la cellule va ensuite réduire en
taille et à un moment donné on aura une expulsion
du noyau. Ceci signifie que le globule rouge qui
rentre dans la circulation est une cellule sans
noyau.

Le réticulocyte (érythroblaste qui a perdu son noyau) se trouve dans la circulation et après ± 24h de maturation on se
retrouve avec ses érythrocytes (= globules rouges). L’absence de noyau donne une déformabilité maximale aux cellules
qui est liée à leur cytosquelette. Les globules rouges peuvent se faufiler à travers les capillaires, mais L’inconvénient
de l’absence du noyau est le fait qu'ils n'aient pas la possibilité de produire de nouvelles protéines (pas de noyau →
pas d'ADN → pas d’ARN → pas de possibilité de synthèse de protéines).

Les sinusoïdes (capillaires 5 fois plus large que les capillaires classiques) permettent de laisser passer des globules
rouges entre 2 cellules.

Leucopoïèse
Au niveau de la production des globules blancs, on
voit que le processus est identique ; on démarre
d'une cellule souche et on a toute une série
d’étapes qui correspondent à la maturation de ces
cellules (ici : des neutrophiles) qui vont conserver
leur noyau contrairement aux globules rouges. Ça
veut dire que ces cellules sont capables de
produire certaines protéines lorsqu’elles se
trouvent dans la circulation (cela peut même être
leur but premier (ex : des lymphocytes B qui
produisent énormément d’anticorps)).

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3. Les globules rouges

- Des disques biconcaves résultant d'un cytosquelette complexe, offrant la flexibilité nécessaire pour changer
de forme lorsqu'ils passent à travers des capillaires étroits
o Ceci permet d’échanger les gaz (donner l’oxygène et récupérer une partie du CO2)
- Sortes de simples sacs membraneux remplis d'enzymes et d'hémoglobine
o Ces enzymes ont été générées lorsque le GR était encore un érythroblaste (qui contenait un noyau).
- Pas de mitochondries, donc pas de phosphorylation oxydative, la glycolyse étant la principale source d'énergie
- Pas de noyau, pas d'ER, donc pas de synthèse de protéines : pas d'enzyme mais aussi pas de composants
membranaires entraînant une perte de flexibilité de la membrane et rendant les cellules plus âgées plus
fragiles (risque de rupture)
o Lorsqu’ils sont trop abimés, ils vont être récupérés au niveau de la rate pour être détruits.

Les globules rouges qui représentent 40 à 50% du volume total sanguin, les globules blancs représentent moins d’1%,
le reste du volume est évidemment le plasma.

Hémoglobine (Hb)
- Principale composante du RBC, plus connue pour son rôle dans le transport de l'O2
- Une molécule d'hémoglobine est composée de quatre chaînes de protéines globines, chacune centrée autour
d'un groupe hème.
o Les isoformes les plus courantes sont désignées par α, β, γ et δ.
o Dans la plupart des hémoglobines adultes (appelées HbA), il y a deux chaînes α et deux chaînes β
o Dans 2,5 % de l'hémoglobine adulte (HbA2), il y a deux chaînes α et deux chaînes δ.
o La composition de l’hémoglobine a peu d’importance, ce qui est important est sa capacité à lier le fer.
- Chaque groupe d'hémoglobine est constitué d'un anneau de porphyrine avec un atome de fer au centre, 70%
du fer dans l'organisme se trouve dans les groupes hémiques de l'Hb ; le fer provient de l'alimentation

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La synthèse de l'hémoglobine nécessite du fer

1. Le fer est ingéré


2. Il est absorbé via un transport actif
3. Le fer est ensuite transporté au niveau plasmatique grâce à la transferrine (protéine carrier). La transferrine
fait partie des 10 protéines les plus abondantes dans le plasma.
4. Le fer arrive au niveau de la moelle osseuse où il va participer à l’hème, via intégration dans le groupement
porphyrinique, qui est nécessaire à la constitution de l'hémoglobine
5. Le globule rouge a une durée de vie de 120 jours dans la circulation sanguine.
6. Lorsqu’il est trop abîmé il va être récupéré au niveau de la rate. La rate va convertir l’hémoglobine en
bilirubine.
7. La bilirubine va être éliminée par les reins dans les urines (c’est elle qui donne la coloration jaune aux urines).
8. Au niveau du foie, la bilirubine se fait métaboliser en bile pour ensuite excréter cette bile au niveau des selles.
Si on se trouve dans le contexte d'un foie qui est malade, la métabolisation de la bilirubine va être
altérée. Il y aura une partie de la bilirubine qui ne va pas pouvoir être éliminée et qui va justifier d'une
coloration jaune du plasma et de là une coloration jaune au niveau cutané. C’est ce qu’on appelle la
jaunisse.
Chez l'enfant on peut avoir une jaunisse à la naissance appelée ictère du nouveau-né. Cette jaunisse
apparaît vers le 2e ou 3e jour et est due au fait que l’enfant est censé éliminer cette bilirubine lui-même
alors que c’est sa mère qui s’en occupait avant sa naissance. Cette jaunisse se régularise très
rapidement.

Il y a toutefois des exceptions où des enfants vont naître avec une jaunisse, ceci est lié à un problème
hépatique, mais qui est associé au fait que des anticorps de la mère se soient dirigés contre certaines
protéines chez le nouveau-né, ceci va justifier une dégradation importante en globule rouge.

Anémie
Anémie = état caractérisé par une faible teneur en Hb

Il y 2 raisons majeures qui sont responsable de l’anémie :


- Perte accélérée des globules rouges
o Cette perte accélérée des globules rouges est due à des maladies d'origine génétique
 Sphérocytose : on se retrouve avec un globule rouge qui est gonflé. Ce gonflement est dû à
un déficit dans une protéine importante du cytosquelette des globules rouges. Les globules

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rouges perdent leur déformabilité et s’abiment plus
rapidement et vont donc plus régulièrement être
dégradés au niveau de la rate (d’où ce déficit en
hémoglobine et donc en capacité de transport de
l'oxygène).
 Drépanocytose ou anémie falciforme : le globule rouge
malade a une forme de faucille. La maladie génétique
entraine une mutation de l’hémoglobine avec un
glutamate qui est transformé en une valine. Cette
mutation entraine la formation d’une chaine
d’hémoglobine un peu différente appelée HBS. Il y aura
une cristallisation du globule rouge qui rend ces cellules
moins déformables, elles vont s'accumuler et former un
bouchon qui va bloquer certains capillaires. Ce blocage
justifie une mauvaise perfusion et donc une mauvaise
oxygénation des tissus. Cela entraine une hypoxie, une
ischémie et aura comme conséquence une douleur qui
sera ressentie par les patients qui souffrent de
drépanocytose.
- Insuffisance dans la production de ces globules rouges.
o Peut être dû à une déficience en fer, on parle alors d'une anémie ferriprive (peut apparaitre chez une
femme qui a des menstruations abondantes ou des grossesses rapprochées). Cette déficience et fer
va limiter la production de l’hème et donc de l'hémoglobine.
o Peut également être dû à une déficience en vitamines (vitamine B9 (l'acide folique) et vitamine B12).
Ces deux vitamines sont nécessaires à la synthèse de l'ADN, les érythrocytes n’ont pas de noyau et
n’ont donc pas besoin d’ADN, mais tous les éléments qui ont précédé les érythrocytes (érythroblastes
→ réticulocytes) avaient un noyau qui était nécessaire à la multiplication des cellules. Ces éléments là
ont donc un besoin énorme de ces 2 vitamines. La vitamine B12 se trouve essentiellement dans
l’alimentation d'origine animale ce qui peut engendrer des déficits en cette vitamine chez les véganes
et donc des problèmes au niveau des globules rouges (d'où le besoin d'avoir des suppléments).

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4. Mégacaryocytes et plaquettes

Les plaquettes sont produites au départ, d’énormes cellules appelées mégacaryocytes. Ce sont des cellules géantes
qui ont de multiples copies d’ADN dans leur noyau et ce sont des cellules qui sont polyploïdes ; ceci signifie qu’il y a
eu 7 mitoses sans qu'il y ait pour autant eu de divisions cytosolique ou des noyaux. On obtient une masse cellulaire
extrêmement importante et les plaquettes ne sont que des petits morceaux de cette cellule qui vont se singulariser et
passer dans la circulation. Les plaquettes sont des cellules sans noyau, elles sont bourrées de granules qui sont
enrichies dans toute une série de facteurs favorables à l'agrégation plaquettaire mais aussi des cytokines, des facteurs
de croissance. Certaines personnes pensent qu’un plasma enrichi en plaquettes peut permettre de guérir certaines
lésions et utilisent donc un plasma riche en plaquettes pour essayer de guérir des problèmes au niveau des tendons
et des ligaments. Ceci n’a jamais été démontré.

Les plaquettes sont des cellules sans noyau impliquées principalement dans le processus d'agrégation plaquettaire
(l'hémostase). L’hémostase correspond au processus qui empêche le sang de s'échapper d'un vaisseau qui aurait été
lésé ou altéré.

Thrombopoïèse

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5. Hémostase et coagulation
Hémostase = processus consistant à maintenir le sang dans un vaisseau endommagé
Clou = maillage de plaquettes/fibrine pour sceller les vaisseaux endommagés
Hémorragie = fuite de sang des vaisseaux
Thrombus = caillot sanguin qui adhère à la paroi non endommagée des vaisseaux sanguins (peut entrainer une embolie
pulmonaire si le caillot va obstruer l’artère pulmonaire).

Hémostase
L’hémostase implique essentiellement des plaquettes alors
que la coagulation implique des protéines (facteurs de
coagulation).

Hémostase = processus de conservation du sang à l'intérieur


d'un vaisseau endommagé, comprend 3 étapes :
- Vasoconstriction (paracrine, réduire
temporairement le flux sanguin)
o Permet de limiter la perte de sang et de
recruter des plaquettes
- Clou plaquettaire*.
o Adhésion des plaquettes : adhésion au
collagène exposé dans le domaine
endommagé
o Activation des plaquettes : libération de
cytokines dans la zone autour de la blessure
 Permet de recruter d’autres
plaquettes
o Agrégation des plaquettes
- Formation de caillots
o Formation d'un maillage de protéines de fibrine qui stabilise le bouchon plaquettaire pour former un
caillot ; la fibrine est le produit final de la cascade de coagulation parallèle**.
 Ce processus est renforcé par l'action des facteurs de coagulation. Tout comme le collagène,
d'autres protéines, comme le facteur tissulaire, vont être recrutées suite à la lésion. Ceci va
justifier d'une cascade de coagulation où toute une série de protéines (protéases) vont
s'activer les unes après les autres pour in fine produire une entité particulière appelée la
thrombine. La thrombine est un facteur de coagulation qui a pour effet de convertir le
fibrinogène qui ne circule pas habituellement dans le sang en fibrine et cette fibrine est ce
maillage sur laquelle les plaquettes vont pouvoir s’ancrer et favoriser ce clou plaquettaire qui
a été initié, les plaquettes interagissent entre elles cela donne une structuration à cette à ce
caillot qui se forme.
o La rétraction du caillot est favorisée par la " digestion " par la plasmine***
 La plasmine va digérer la fibrine, ceci est un processus appelé fibrinolyse. Le caillot va se
dissoudre et le tissu va se réparer pour donner un vaisseau sanguin intact.

Les antiagrégants et les anticoagulants sont des médicaments qui vont soit perturbé la capacité des plaquettes à
s’agréger, soit bloquer la production des facteurs de coagulation et in fine bloquer la formation de la thrombine.

Ces médicaments ne sont pas utilisés dans un contexte physiologique, mais dans un contexte pathologique (dans un
contexte qui n'est pas celui d'un vaisseau endommagé, mais parce qu'un patient a un peu trop d’athérosclérose p.ex.).

La fibrillation auriculaire est une maladie extrêmement répandue, dans ce cas-là c'est au niveau du cœur qu’il y a une
pathologie. Le cœur est dysfonctionnel car les oreillettes se contractent extrêmement rapidement et sont moins
efficaces, ceci augmente le temps d'exposition du sang à la paroi de l'oreillette et induit une activation des facteurs de
coagulation qui peut induire des infarctus ou des AVC.

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Formation du clou plaquettaire*.
1. Suite à une coupure, le
collagène qui se trouve
sous l’endothélium est
exposé aux plaquettes.
2. Les plaquettes vont
pouvoir reconnaître le
collagène et justifier par
des liaisons spécifiques
avec certaines intégrines
de s'arrêter et recruter
d’autres plaquettes.
3. Il y a différents éléments
qui sont impliqués
comme p.ex. la sérotonine, l'ADP, le PAF (facteur d'activation plaquettaire) qui vont participer au recrutement
de plus de plaquettes et à l’agrégation plaquettaire. Le thromboxane A2 va être formé (molécule qui va agir
comme un vasoconstricteur), la sérotonine agit également comme un vasoconstricteur et renforce donc cette
capacité à biologiquement interrompre la fuite de sang qui a été occasionné par cette lésion.

Alors il est évident que l'ADP et le thromboxane A2, sont des cibles pour le développement de médicaments à usage
antiplaquettaire puisque c’est eux qui entrainent cette agrégation.

Facteurs impliqués dans la fonction plaquettaire

L'exposition du collagène sous-endothélial justifie l’adhésion des premières plaquettes et par la suite le processus
d'activation et d’agrégation pour assurer la constitution de ce clou plaquettaire.

L'ADP et le thromboxane A2 qui sont des acteurs clés, qui sont activés ou libérés en réponse à donc thrombine et aux
PAF respectivement.

Si l'on veut avoir un effet antiagrégant plaquettaire on ne pourra pas faire grand-chose sur le processus initial puisque
c'est un élément structurel, par contre, on peut influencer la production d’ADP et de thromboxane A2. Certains
médicaments antiagrégants sont des inhibiteurs de ces différentes voies signalétique.

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Cascade de coagulation**
La cascade de coagulation est
habituellement représentée avec une voie
intrinsèque et une voie extrinsèque. Cette
représentation permet de montrer les
différents facteurs de coagulation (facteur
XII, facteur XI, facteur IX, facteur X).

Lorsqu’un facteur est activé, il est écrit IXA,


lorsqu’il est inactif, seul son chiffre romain
est utilisé.

Le collagène comme est un initiateur du


processus de recrutement plaquettaire et
intervient également dans la cascade des
facteurs de coagulation. Le facteur
tissulaire est un récepteur pour le facteur
VII, le facteur tissulaire est lui-même le
facteur III (protéine qui est exprimée
uniquement dans l'espace sous-
endothélial) et va justifier l’activation du
facteur VII, le facteur VII étant capable
d'activer le facteur IX qui va à son tour activer le facteur X. Au-dessus du facteur 10 il y a toute une série d'autres
facteurs qui vont être activés selon des cascades signalétique et font référence à des actions protéolytiques.

On parle également de phospholipides. Le facteur X va être activé grâce au facteur IXA pour former le facteur XA et le
facteur XA est essentiel, c'est d'ailleurs la cible de certains médicaments parce que c'est lui qui justifie la formation de
la trombine. La thrombine est l'élément clé pour transformer le fibrinogène circulant en fibrine, la fibrine est la matrice
qui va assurer le maillage pour que les plaquettes qui ont été recrutés puissent former quelque chose de stable pour
permettre le blocage de la lésion vasculaire. La thrombine va rendre ce caillot particulièrement résistant et justifier la
formation de quelque chose qui pourrait être un empêchement à la perfusion du vaisseau et déboucher sur un
infarctus, AVC ou embolie.

Facteurs impliqués dans la coagulation


Le collagène est impliqué dans la voie
intrinsèque, le facteur tissulaire est impliqué
dans la voie extrinsèque. On a également toute
une série de facteurs en cascade.

Les facteurs importants sont la thrombine, le


facteur IIA et le facteur qui est juste en amont le
facteur XA. Ces facteurs sont synthétisés au
niveau du foie et vont ensuite circuler et qui en
fonction de l'endroit où la cascade doit être
favorisée vont justifier une participation directe
à la coagulation.

La vitamine K est également importante. Il y a


différentes sources à la vitamine K, comme le
régime ou les apports nutritifs, les bactéries qui
e
colonisent notre intestin sont une autre source et la 3 source est la source médicamenteuse. On peut prendre des
suppléments en vitamines K. Elle joue un rôle majeur dans la synthèse des facteurs de coagulation, les facteurs II, VII,
IX et X. Le II et le X sont particulièrement importants, des médicaments qui bloqueraient cette capacité de la vitamine
K à synthétiser les facteurs de coagulation seront des médicaments anticoagulants particulièrement puissants, ils ont

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l'avantage d'être pris par voie orale donc ce sont des médicaments qui ont un usage extrêmement facile, mais sont
également à risque car dès qu'on parle de médicaments antithrombotiques, la dose est extrêmement importante
puisqu'on est dans une situation où on peut avoir un impact vraiment grave sur l'état du patient. Si on donne trop ou
pas assez de médicaments antithrombotique, on peut avoir soit une hémorragie qui mettra la vie du patient en péril,
soit favoriser la coagulation et avoir un risque de favoriser les thromboses.

Fibrinolyse***
La fibrinolyse est un processus physiologique. La thrombine
est particulièrement nécessaire pour la formation de
fibrine qui va permettre aux plaquettes de former le
thrombus. La thrombine est également impliquée dans la
fibrinolyse qui va supprimer cette fibrine via le
plasminogène et un activateur tissulaire du plasminogène.
Ces deux dernier permettent la formation de la plasmine
qui va couper la fibrine en petits morceaux pour pouvoir
l’éliminer.

Ceci est logique car si le processus de coagulation ne


s'arrêtait pas une fois initié, ça voudrait dire qu’à la
moindre blessure on mettrait notre circulation sanguine à
mal en induisant une coagulation généralisée. Donc il faut induire la formation d'un clou plaquettaire et le recrutement
de fibrine pour vraiment bloquer la fuite de sang, mais il faut aussi prévoir la régénération du tissu et la synthèse de
nouvelles cellules pour pouvoir reformer un nouveau vaisseau sanguin, il faut éliminer ce qui pourrait faire obstacle à
ce processus dans le sang.

Facteurs impliqués dans la fibrinolyse et l’anticoagulation

Le plasminogène, la plasmine et l’activateur du plasminogène tissulaire (TPA) sont les acteurs importants de la
fibrinolyse. Certains médicaments vont mimer ce TPA et seront utilisés pour dissoudre certains caillots en phase aiguë
d'un infarctus par exemple.

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Table des matières
VUE D'ENSEMBLE DU SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE....................................................................................................... 1
Le sang descend le long d'un gradient de pression (ΔP)............................................................................................... 2
Transport = fonction primaire du système cardiovasculaire ........................................................................................ 3
I. LE COEUR................................................................................................................................................................... 4
1. Anatomie du cœur ................................................................................................................................................ 4
2. Cellules des muscles cardiaques ........................................................................................................................... 7
Caractéristiques des cellules myocardiques (99%) ................................................................................................... 8
Disques intercalaires ............................................................................................................................................. 8
3. Couplage excitation-contraction cardiaque (EC) .................................................................................................. 9
Pas de tétanos dans le muscle cardiaque ............................................................................................................... 12
Rappel ................................................................................................................................................................. 12
Muscle cardiaque ................................................................................................................................................ 12
4. Conduction cardiaque ......................................................................................................................................... 14
Les pacemakers règlent le rythme cardiaque ......................................................................................................... 15
L'électrocardiogramme ........................................................................................................................................... 16
Triangle d’Einthoven ........................................................................................................................................... 16
ECG ≠ potentiel d'action unique ......................................................................................................................... 17
ECG : ondes et segments..................................................................................................................................... 17
Traçage de l'ECG.................................................................................................................................................. 18
5. Cycle cardiaque ................................................................................................................................................... 19
Courbes pression-volume ....................................................................................................................................... 21
6. Volume d’éjection, fréquence cardiaque et débit cardiaque ............................................................................. 22
La fréquence cardiaque est modulée par le système nerveux autonome ............................................................. 23
Stroke volume ......................................................................................................................................................... 25
Fraction de postcharge et d'éjection ...................................................................................................................... 27
II. LES VAISSEAUX ........................................................................................................................................................ 28
1. Structure des vaisseaux sanguins........................................................................................................................ 28
Sphincters capillaires* ............................................................................................................................................ 29
Valves veineuses** (flux unidirectionnel) .............................................................................................................. 30
2. Pression sanguine ............................................................................................................................................... 30
Pression du pouls .................................................................................................................................................... 31
Sphygmomanométrie ............................................................................................................................................. 32
Le débit cardiaque et la résistance périphérique déterminent la PAM .................................................................. 32
Facteurs qui influencent la PAM ............................................................................................................................. 33
Les modifications du volume sanguin affectent la pression artérielle ............................................................... 33
3. Physique des fluides ............................................................................................................................................ 34
4. Résistance artériolaire ........................................................................................................................................ 35

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Contrôle local de la résistance artériolaire (= du flux sanguin)* ............................................................................ 36
Contrôle sympathique de la résistance artériolaire** ........................................................................................... 37
Principaux vasoconstricteurs et vasodilatateurs .................................................................................................... 37
Facteurs qui influencent le flux sanguin périphérique ........................................................................................... 38
5. Distribution du sang tissulaire ............................................................................................................................ 38
La résistance détermine la distribution du flux sanguin ......................................................................................... 38
6. Barorécepteurs ................................................................................................................................................... 39
Le baroréflexe intègre les changements en matière de RP et de DC ..................................................................... 39
Le réflexe barorécepteur ........................................................................................................................................ 40
Hypotension orthostatique ..................................................................................................................................... 40
7. Échange capillaire ............................................................................................................................................... 41
L'échange est facilité par la faible vitesse des capillaires ....................................................................................... 42
Échange capillaire ................................................................................................................................................... 42
Filtration et sécrétion.............................................................................................................................................. 42
Pressions hydrostatiques et oncotiques ................................................................................................................. 43
8. Le système lymphatique ..................................................................................................................................... 43
Œdème .................................................................................................................................................................... 44
9. Maladies cardiovasculaires ................................................................................................................................. 44
Athérosclérose ........................................................................................................................................................ 45
10. Angiogenèse .................................................................................................................................................... 45
III. LE SANG ............................................................................................................................................................... 46
1. Les composants sanguins .................................................................................................................................... 46
Protéines plasmatiques........................................................................................................................................... 46
Cellules sanguines ................................................................................................................................................... 47
2. Hématopoïèse ..................................................................................................................................................... 47
La moelle osseuse comme principale source de cellules sanguines....................................................................... 48
L'hémogramme ....................................................................................................................................................... 49
Erythropoïèse .......................................................................................................................................................... 50
Leucopoïèse ............................................................................................................................................................ 50
3. Les globules rouges ............................................................................................................................................. 51
Hémoglobine (Hb) ................................................................................................................................................... 51
La synthèse de l'hémoglobine nécessite du fer .................................................................................................. 52
Anémie ................................................................................................................................................................ 52
4. Mégacaryocytes et plaquettes............................................................................................................................ 54
Thrombopoïèse ....................................................................................................................................................... 54
5. Hémostase et coagulation .................................................................................................................................. 55
Hémostase .............................................................................................................................................................. 55
Formation du clou plaquettaire*. ....................................................................................................................... 56

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Facteurs impliqués dans la fonction plaquettaire........................................................................................... 56
Cascade de coagulation** .................................................................................................................................. 57
Facteurs impliqués dans la coagulation .............................................................................................................. 57
Fibrinolyse*** ..................................................................................................................................................... 58
Facteurs impliqués dans la fibrinolyse et l’anticoagulation ............................................................................ 58

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